LIBRAIRIE DE E. SCHWEIZERBART (E. KOCH
Préface.
En publiant maintenant la description des fossiles de la Période moyenne du Lethaea rossica, je touche à la fin d’un ouvrage volumineux qui a exigé de ma part une étude continuelle de 25 ans. Si je n’ai pas réussi à saisir toutes les différences des nombreux terrains de la Russie , c’est que je ne possédais qu'un petit nombre d'espèces caractéristiques, que j'ai recueillies moi-même dans leurs gisements naturels. J'ai dû le plus souvent me servir des descriptions d’autres géologues, cependant je l'ai fait avec une grande réserve, car ni les terrains, ni les fossiles n’y étaient déterminés conformément à leur siraüification, et ce sont principalement les fossiles du terrain crétacé et les différents étages de ce terrain qui, jusqu’à présent peu connus, exigent une nouvelle révision sur leur sol natal. Le terrain néocomien et le gault du centre et du nord de la Russie étaient décrits par plusieurs géologues comme jurassiques ; c'est ce qui a dû donner antérieurement sur la carte géognostique de la Russie des appréciations très incorrectes. Or c'est maintenant le premier essai, quoiqu'il soit très incomplet, que je viens de faire pour lui - donner une base plus sûre et appuyée sur des observations des fossiles, déterminés conformément à leur gisement. Je ne veux pas disconvenir qu'il y aura encore plusieurs méprises de ma part dans cet ouvrage, Car je manquais des secours d’autres géologues et de l'assistance complète des conservateurs des Musées publies. Ce sont surtout les terrains jurassique et crétacé, quant aux fossiles qu’on leur attribuait, qui pour leurs descriptions m'ont donné de grands embarras; car le terrain jurassique , étant confondu avec le néocomien, et vice versa, devait contenir pêle-mêle des fossiles jurassiques et néocomiens, à tel point qu'il était presque impossible d’attribuer les fossiles à l’un ou à l’autre de ces terrains, sans avoir fait de nouvelles recherches sur les lieux-mêmes. C’est dans la description des
fossiles néocomiens du nord de la Russie, déterminés par M.lecomte de KEYSERLING comme des espèces jurassiques, que je réclame particulièrement l'indulgence des géologues, parce que je devais m'en tenir uniquement aux descriptions, qui réunissaient les espèces de deux ou trois terrains différents.
C'était le même cas avec les fossiles du centre de la Russie, déterminés par M. d'Orrieny ; d'accord avec M. Murcxison, comme espèces jurassiques. J'avais déjà essayé en 1846, dans ma Géognosie de Russie, de prouver que le terrain crétacé se trouve bien développé aux environs de Moscou, et c’est précisément la plus grande partie du terrain jurassique de M. Murcnison qui en faisait partie, mais comme je n'étais secondé par aucun des géologues russes, le terrain jurassique, anciennement déterminé, garda sa forme anomale dans la nouvelle édition de la carte géognostique de M. Murcuison en 1863, sans que l’auteur lui-même y participât.
La réunion supposée de deux terrains aussi différents que le jurassique et le néocomien en un seul, est peut-être facile à expliquer par leur stratification concordante et par les étages si peu puissants que la division en deux terrains ne paraissait pas admissible. Néanmoins les deux assises néocomiennes, au-dessus de l'argile jurassique de Khoroschôwo près de Moscou , sont tellement distinctes par leurs fossiles, qu'ils n’y à pas de doute sur leur âge plus moderne que le jurassique.
Cependant les dépôts néocomiens ou grès verts se divisent en Angleterre, en France, en Suisse, en plusieurs étages, et je dus présumer que ces dépôts peu épais de Khoroschôwo se composent de plusieurs étages réunis, et c’est là pourquoi je vois dans le néocomien du centre et du nord de la Russie la réunion des fossiles des étages plus modernes de l’Europe occidentale, comme par exemple ceux du tourtia, et effectivement le cénomanien et la glauconie sableuse de la France. le tourtia de la Belgique, le chalk marl de l'Angleterre, le grès vert d’Aix-la-Chapelle, et le quader inférieur de la Saxe ne semblent être que des étages crétacés inférieurs, synchroniques avec l'étage néocomien de la Russie. Néanmoins les espèces dites identiques avec celles du tourtia présentent quelques caractères très légers qui les distinguent des espèces typiques de la Belgique, quoique ces caractères soient si peu importants que j'ai cru devoir les réunir les unes aux autres.
Lorsque les recherches géologiques se font à de grandes
distances, les unes à lorient de l'Europe, les autres à l'occident, les fossiles identiques affectent toujours un caractère particulier, qui les distingue plus ou moins, à peu près comme la Faune et la Flore actuelles de l’Europe orientale diffèrent de celles de l'Europe occidentale. Nous retrouvonsles mêmes différences dans les fossiles de deux bassins voisins de la Période moyenne, et nous nous trouvons également embarrassés pour déclarer les fossiles crétacés de la Russie identiques avec les mêmes espèces de l'occident de l’Europe; nous y voyons plutôt des espèces un peu différentes, dues à un autre climat, à un autre fond marin, ou à d’autres conditions locales.
La puissance ou l'épaisseur des étages des terrains jurassique et crétacé est incontestablement plus grande à l'occident de l’Europe qu'à l’orient; c'est ce ‘qui indique une mer beaucoup plus profonde que vers l’orient, dans la Russie centrale, où l'océan ne pouvait nourrir qu'un nombre très limité de coquilles et de coraux, qui par suite devaient offrir plusieurs caractères légèrement différents de ceux des espèces d’une mer profonde.
Si nous y ajoutons le manque complet, en Russie, de plusieurs étages jurassiques et crétacés de l'occident de l'Europe, nous voyons une différence qui devait résulter de la nature du sol et du climat. Les étages des pays montagneux de la Suisse, comme aussi ceux du Caucase et de la Crimée, semblent être plus puissants et par conséquent plus complets que ceux des plaines, de la Russie centrale et septentrionale, et les espèces fossiles diminuent également en nombre vers le nord, à mesure que les étages deviennent plus minces, ou elles disparaissent complétement. La mer profonde secondaire continua à faire ses dépôts argileux ou calcaires au Caucase et en Crimée, comme dans les Alpes de la Suisse, tandis qu’elle cessa de produire de semblables assises épaisses au nord de la Russie, parcequ'elle n'avait qu’un bas fond, ou était même plus tard mise à sec. Par suite le nombre des espèces jurassiques et crétacées du nord de la Russie est beaucoup moins considérable que celui que nous rencontrons au Caucase et en Crimée.
Néanmoins j'ai réussi à présenter dans la Période moyenne de la Paléontologie de la Russie un nombre d'espèces fossiles de végétaux et d'animaux beaucoup plus grand que celui qui se trouve décrit dans la Paléontologie de Russie publiée par MM. de VERNEUL et d'Orsieny, et dans le Voyage au pays de la Petschora par M. le comte de KeyserLiNG: ce volume contient la description de 61 espè-
ces fossiles de végétaux de la Période moyenne, tandis que la Paléontologie de M. de VERNEUIL n’en présente que 3 ou 4. Le nombre des Spongiaires et des Coraux s'élève jusqu'à 200 espèces, qui manquent entièrement à la Paléontologie de Russie ; le nombre des Animaux rayonnés s'élève jusqu'à 62 espèces et celui des Annélides jusqu'à 21 espèces, manquant également à la Paléontologie de Russie. M. d’Orgieny ne décrit dans la Paléontologie de Russie que le terrain oxfordien et la craie blanche et y donne la description de 111 espèces de coquilles de différentes classes, auxquelles M. de Keyserune ajoute encore 18 espèces jurassiques, du nord de la Russie, où il n’admet pas le terrain crétacé. Les espèces jurassiques et crétacées, décrites par moi dans la Période moyenne, s'élèvent dans les classes des Mollusques et des Céphalopodes jusqu'à 1041; dans la classe des Crustacés et Insectes jusqu'à 13 et dans la classe des Poissons jusqu’à 60, dans celle des Reptiles jusqu'à 15 espèces, qui toutes manquent également dans l'ouvrage cité. La différence dans le nombre des espèces du Lethaea est grande, parceque j'ai tâché d’y ajouter toutes les espèces décrites aussi par d’autres auteurs dans le Bulletin de la Société des Naturalistes de Moscou, dans l’ouvrage publié par M. Agicu sur la Géologie du Caucase, et dans les publications de plusieurs autres auteurs.
St. Pétersbourg, le 8. Novembre 1868.
d’'Eichwald.
Entroduction.
La Période moyenne de la paléontologie de la Russie est la moins connue, païce que la Russie d'Europe et de l’Asie se compose d’un pays très étendu, en partie plat et uniforme, en partie montagneux et interrompu par de larges et longues vallées. Les recherches géologiques dans les plaines de la Russie ne peuvent être que superficielles, car il n’y a nulle part des soulèvements plutoniques qui facilitent l’observation des étages les plus inférieurs; ce ne sont que des ravins et les lits de grandes rivières qui nous révèlent les étages situés le plus profondément au sein de la terre. Le centre de la Russie d'Europe est plat et comme onduleux, suite de la contraction de la surface du globe terrestre; c’est pourquoi de petites élévations alternent avec des enfoncements, dans lesquels le terrain néocomien recouvre le jurassique, tandis que les élévations sont composées du calcaire carbonifère, recouvert sur les pentes par le terrain jurassique, comme celui-ci est recouvert dans les enfoncements où ravins par le néocomien. Les recherches géologiques du pays montagneux du Caucase et de la Crimée sont également assujetties à de grandes difficultés à cause des nombreux soulèvements irréguliers et des vallées escarpées ; néanmoins les principaux étages se reconnaissent distinctement, et la stratification, par là bien connue, montre l’âge relatif des couches isolées.
Quoique le pays plat de la Russie soit dépourvu de phénomènes plutoniques quelconques, eb que les étages jurassiques et crétacés aïent presque partout un gisement horizontal ou fort peu incliné, les terrains soulevés du Caucase et de la Crimée présentent la même Flore et la même Faune que les étages non soulevés des plaines de la Russie. Les végétaux du terrain jurassique inférieur de Petrowskaya et de Kamenka sur le Donetz offrent presque les mêmes espèces que celles que l’on observe dans les mêmes étages soulevés du Daghestan et de l’Iméréthie. IL en
est de même quant au terrain néocomien des environs de Ssimbirsk et de Moscou, d’un pays non soulevé, où les animaux fossiles rappellent tellement les espèces néocomiennes du Caucase, à couches très soulevées, que nous ne devons pas douter de leur identité et de leurs dépôts synchroniques. Nous sommes donc obligés de supposer que la même mer jurassique et, après sa débacle, la même mer crétacée a dû couvrir les pays plats très étendus du nord et du midi de la Russie ainsi que ceux de la Crimée et du Caucase, lesquels cependant se soulevèrent à la fin de la Période moyenne et montrent par là des terrains plus anciens, qui leur servent de support.
Cependant il y a fort peu d'espèces d'animaux fossiles des plaines de la Russie parfaitement identiques à celles du pays montagneux du Caucase et de la Crimée; la plupart ne sont qu’analogues et d’autres tout à fait différentes, à peu près comme dans les temps actuels la Faune et la Flore d’un pays plat se distinguent de celles d’un pays montagneux.
Les terrains de la Période moyenne de la Russie centrale sont, pour la plupart, peu développés ou n'existent pas du tout, comme le trias; tandis que les étages inférieurs du terrain jurassique sont si peu développés qu’on est tenté d'admettre la réunion de plusieurs étages de l'Europe occidentale en un seul.
Passons maintenant en revue les trois terrains principaux de la Période moyenne, le triasique, le jurassique et le crétacé avec le nummulitique.
LE Le Triase
Le véritable Trias ne s’est développé qu’à l'occident de la Russie, dans les provinces polonaises, et en Silésie; il occupe la chaîne des Sudètes aux environs de Sandomir. C’est le calcaire coquillier qui y est principalement développé aux sources de la Vistule près de Targowitz, sur sa rive gauche en allant de Kielce à Radoschitz. Il y occupe une altitude de 1242 pieds au dessus du niveau de la mer; le grès bigarré n’y forme qu’un étage subordonné, stratifié immédiatement sur le terrain dyasique rouge.
Le calcaire coquillier y est riche en métaux, en zinc, en plomb, en fer et autres métaux, surtout près d'Olkousch et de Targowitz; il y est recouvert par une argile ferrugineuse, qui semble remplacer le keuper. Le grès bigarré et le calcaire coquillier de la chaîne de Sandomir sont plus inclinés que les mêmes roches aux Sudètes. Le calcaire coquillier y contient les fossiles suivants: le Ceratites nodosus, les Myophoria
vulgaris et curvirostris, Avicula socialis, Plagiostoma striatumetlaeve, Terebratula vulgaris, trigonella et angusta, Encrinus liliiformis, et beaucoup d’autres espèces caractéristiques pour ce terrain, comme par exemple des dents de Poissons et des ossements de Reptiles.
C’est donc le vrai Trias qui y existe, tandis que la Russie en manque apparemment, car le terrain dit en Russie muet par M. Ar. DE MEYEN- DORFF, parce qu’il ne contient point d'animaux fossiles, ne saurait être le - Trias; il est intimement lié au Dyas sous-jacent et constitue une couche supérieure dyasique plutôt quele trias, car il ne contient que rarement ça et là des fragment indistincts du Calamites arenaceus, plante fossile qui se retrouve dans le calcaire magnésien dyasique sous-jacent. Ce terrain douteux est très répandu dans les gouvernements de Vologda, Viatka, Perm, Kazan, Nishne-Novgorod, le long du Volga jusqu’au mont Bogdo, que M. ne Bucx déclare être du calcaire coquillier, quoiqu’on n’y ait trouvé aucune espèce caractéristique. Le mont Bogdo se compose en effet d’une suite de sables, de marnes, d’argile schisteuse, de calcaire argileux et de gypse, qui y recouvrent le dyas ou grès cuivreux et rapellent beaucoup le terrain dyasique rouge (le Rothliegende), auquel il appartient comme couche supérieure littorale à Calamites arenaceus, terrain qui termine les dépôts dyasiques en Russie.
M. pe Jazyxow m'a communiqué en 1845 quelques petits fragments de végétaux qui lui servirent de preuve que le terrain triasique se trouve dans les gouvernements de Kazan et de Nishne-Novgorod ; ces fragments me paraissaient alors être leConvallarites erectus Bron«x. associé à une feuille de Neuropteris et de Pterophyllum indistincts, recueillis près du village de Bourakowo, sur le fleuve Akhtaï, où le Calamites arenaceus avait aussi été trouvé. M. De Jazykow y avait également constaté la présence du Lingula tenuissima Bronx, du calcaire coquillier, en sorte que le trias y devrait être présumé; mais cette coquille est si peu caractéristique et se confond si facilement avec d’autres espèces voisines qui se trouvent dans le dyas que nile Lingula, ni le Convallarites ne sauraient prouver l'existence du trias sur le fleuve Akhtaï ou aïlleurs en Russie. Le mont Bogdo, il est vrai, contient le Ceratites Bogdoanus, mais comme c’est plutôt un G oniatites, et que l’Avicula Dalaïlama du Bogdo se trouve aussi dans le calcaire magnésien dyasique du lac mort près d’Iletzkaya aux environs d’Orenbourg , je suis maintenant porté à considérer le terrain du Bogdo comme dyasique, d'autant plus que j'ai observé dans la collec-
tion des coquilles en moules nombreux, rapportés du mont Bogdo par feu M. Auersacx, l’écaille du Zygosaurus lucius, fossile caractéristique pour le grès cuivreux dyasique de Kargala.
Nous retrouvons le même terrain dans d’autres localités de la Russie méridionale: un assemblage de grès, d’argilesrouges, vertes et jaunes, de sable et de conglomérats avec des fragments de quarz est, entre autres, très développé sur le bord de la rivière Bakhmoutka et a été rapporté par M. Le PLray aux marnes irisées. Le sel et le gypse y existent aussi bien que dans les environs de Slaviansk, mais comme ceux-ci y manquent des fossiles caractéristiques pour le trias, M. Murcuisox hésite, avec beaucoup de raison, à y voir des marnes irisées et penche plutôt à y voir une dépendance de son système permien, c’est-à-dire du terrain dyasique.
Plus loin vers le nord de la Russie M. Ropert à supposé la présence du terrain triasique aux environs de Jaroslaw, près de Kineschma, puisqu'il y avait trouvé un Ceratites peu caractéristique en un moule indistinct; mais comme le terrain argileux jurassique à Ammonites alternans, infraposé au néocomien, y est stratifié avec le terrain dyasique à Terebratula Roissyi Lev., ce terrain ne saurait être triasique *, mais doit être dyasique.
Le terrain triasique manque également à la Crimée et au Caucase; il n’est pas non plus à admettre au nord de la Sibérie, à l'embouchure de la rivière Lena, d’où j'ai décrit, il y a plusieurs années, le premier Ceratites de la Russie, quine paraît pas s’y trouver dans le trias, mais dans un terrain crétacé très ancien, contemporain peut-être du néocomien.
HI. Terrain jurassique.
Le terrain jurassique est très développé dans la Russie d'Europe et d'Asie, et montre quelques caractères très singuliers, qui le distinguent du terrain jurassique de l’occident de l’Europe. F
Le terrain liasique, tel qu’il est caractérisé par ses fossiles en Allemagne, en France, en Angleterre, ne s’est pas déposé en Russie, et rappelle dans ce cas le terrain triasique, qui y manque également. Le lias y est intimement réuni au terrain jurassique inférieur, et ce n’est que dans le Caucase et la Crimée qu’il se trouve développé de cette manière.
La mer secondaire de la Russie, entre la fin de la Période ancienne et le commencement de la Période moyenne, -se caractérise par le man-
“ Le Ceratites douteux en moule que j'ai eu occasion de voir chez M. Rousseau à Paris, paraît même appartenir aux Ammonites du terrain néocomien, dont les lobes ménagent souvent la transition aux lobes des Ceratites
que complet des animaux triasiques et liasiques ; nous sommes par conséquent obligés de supposer que le pays d'alors était mis à sec et que des glaciers primitifs lerecouvraient au nord de la Russie aussi bien que dans le Caucase. Partout le calcaire carbonifère, le terrain dyasique et l'étage jurassique inférieur furent couverts par des glaciers, au nord de la Russie aussi bien que dans le Caucase. Les glaciers par leur mouvement continuel-charrièrent des fragments des roches sous-jacentes et formèrent de petits rognons, ou de grandes boules, quise rencontrent maintenant dans le calcaire jurassique du nord de la Russie : elles y acquièrent tantôt la grosseur des boulets de canon, tantôt elles sont plus petites, comme au Daghestan, où ces rognons sont ferrugineux et d’un pouce ou plus de diamètre. Les boules calcaires du nord de la Russie, plus grandes, se composent ordinairement de calcaire à Ammonites subfascicularis d'Ors.etàAmmon.Frearsi d’Ors., comme à l'embouchure du fleuve Schtschougor, affluent de la Petschora, où les boules, d’un diamètre de 7 pouces, semblent appartenir à un calcaire jurassique, de même que des rognons plus petits remplissent le calcaire jurassique du Daghestan.
Le terrain jurassique de la Crimée et du Caucase est décrit en détail par MM. Dugois pe MonrPereux et Agicx; ce sont pour la plupart des grès ferrugineux, des marnes arénacées et des argiles schisteuses, réunies à des schistes marneux à sphérosidérites, qui, à Alaghir près du village de Khod, contiennent une houille jurassique d'une qualité assez médiocre, à structure ligneuse.
. La couche jurassique la plus inférieure rappelle beaucoup le lias par les végétaux fossiles qu’elle contient; la vallée d’Ouloutschra au Daghestan abonde en végétaux fossiles, parmi lesquels M. GoxpPeRT a reconnu les Taeniopteris-vittata, Alethopteris whitbyensis, Equisetitescolumnaris, un Cycadites, un Carpolithe et beaucoup d’autres fragments, qui en général rappellent des espèces liasiques d’Autriche et de Bayreuth en Bavière.
Les mêmes espèces de plantes se retrouvent en Iméréthie près de Tquirboul, associées à d’autres, comme au Pecopteris exilis aff. au Pterophyllum caucasium Gogpr. espèce intermédiaire entre le Pterophyllum Preslianum Gogpr. (Zamia pectinata BRONGN.) et le Pteroph. taxinum Gowpr., deux espèces qui se rencontrent également dans l’oolithe de Stonesfeld; en outre on:y trouve aussi du bois fossile d’un Pinites et les feuilles d’un autre Conifère.
Les mêmes plantes se retrouvent à Petrowskaya et à Kamenka près d’'Izoume sur le Donetz, dans un terrain jurassique inférieur ; c’est un grès
calcaire ferrugineux qui les contient et qui rappelle également le lias de Bayreuth; M. BLozpe et après lui M. Lewaxkowsxr, professeur à Kharkow, y ontrecueilliles Zamites Becheï, Pterophyllum dubium, Cycaditeslatifolius, Taeniopteris vittata, Cyclopteris digitata et d’autres espèces; ce sont presque les mêmes plantes qui se trouvent dans le terrain cité au Daghestan et en Iméréthie; c’est par conséquent une flore contemporaine, qui s’était développée sur le bord du Donetz, ainsi que dans le Caucase montagneux.
Il se peut que le même terrain argileux existe aussi en Crimée; M. Huor l’a rapporté au lias, quoique cela soit plutôt un terrain jurassique inférieur, dans lequel se trouve une Algue, le Fucoides Huotii, Bron«Gx., dont la tige épaisse et fort allongée présente des deux côtés de longues branches latérales. L’ancienne mer jurassique à plantes liasiques commença, à ce qu’il paraît, en Crimée, et de là s’étendit jusqu’au Donetz, où quelques îles jurassiques étaient couvertes de la même végétation tropicale que les îles du Daghestan et de l’Iméréthie. De semblables îles se trouvèrent aussi en Perse, au bord méridional de la Caspienne, où les Peco pteris dilatata et meridionalis, l'A crostichites Williamsoni Lunpr. et d’autres plantes fossiles se trouvent dans le Ghilan et au Mazenderan, et indiquent le climat du Caucase et le terrain liaso-jurassique de la Crimée et du Donetz.
Le terrain jurassique de la Crimée, superposé à ce terrain liaso-jurassique qui dans le Tschadir-Dagh s'élève jusqu’à 4740 pieds, se rencontre avec un grand développement entre Djamataï et Tirenaïr et ne s'élève qu’à une altitude de 80 à 90 pieds au dessus du niveau de la mer; les couches y sont horizontales et contiennent de nombreux fragments de lignite. Des marnes jaunâtres et des schistes sablonneux séparent l’oolithe inférieur liasique d’avec un autre oolithe supérieur blanc, à plus gros grains irréguliers, dont la puissance atteint 40 pieds; l’oolithe supérieur est riche en fossiles et contient suivant M. Dugors des Avicules, les Modiola plicata, Exogyra decussata, Spondylus corallifagus, Ampullaria obesa et plus haut plusieurs espèces de Nérinées, également comme au Caucase.
Les couches liaso-jurassiques à végétaux fossiles du Caucase y sont infraposées, suivant M. Agrcn, à des calcaires brunâtres et arénacés, remplis de nombreuses espèces de Pentacrines, comme du Pentacrinus subteres Münsr.; un peu plus haut par un calcaire à Ostrea crista galli et eduliformis et à nombreuses espèces de Terebratules, comme par exemple les Terebratula perovalis, bipli-
cata var. inflata, vicinalis, bullata, les Rhynchonellatetraëdra, varians, rostriformis et d’autres; parmi les animaux rayonnés on y cite les Nucleolites seutatus, Dysaster analis, et parmi les Mollusques les Pecten demissus, Cucullaea cylindrica, Gervillia tortuosa aff. etc. à
Un autre calcaire oolithique également ferrugineux de la vallée de Naridon contient, suivant M. Agrcu, le Discoidea concava, beaucoup d'Ammonites et de Bélemnites, comme par exemple les Ammon. gemmatus, Jason,lunula, tatricus, tortisulcatus, coronatus, Zignodianus, athleta, les Belemnites canaliculatus et hastatus aff.
Le Kariou, montagne très élevée et la vallée d’Andon au Caucase contiennent aussi de semblables fossiles, entre autres les Terebratula trilobata, inaequilatera, lacunosa et perovalis, Spondylus velatus, Pecten subspinosus et Astraea microconus.
Les calcaires jurassiques de la région moyenne du Caucase ne sont pas schisteux, mais rappellent plutôt un breccia, très bitumineux, qui contient les Terebratula inconstans, spinosa, quadriplicata et dissimilis.
En d’autres endroits du Caucase, comme du côté est de la pente méridionale de la chaîne du Karabagh, prédominent les récifs à Coraux, surtout les Spongiaires, des espèces de Cnemidiu m, ainsi que les Oursins de mer; le Cidaris erenularis y est très fréquent. C’est par conséquent un terrain qui rappelle le coral-rag de la Crimée, aux environs de Ssoudagh.
Le coral-rag du Caucase, au nord de l’Elborus, s'élève, suivant M. ABicH, de 800 à 1000 pieds et y est recouvert, comme partout en Russie, par le néocomien, stratifié immédiatement, comme en Crimée et aux environs de Petrowskaya, sur l'étage jurassique supérieur.
Les couches jurassiques près d’'Izoume, à Petrowskaya et à Kamenka, sur le bord du fleuve Kamenka, affluent du Donetz, sont très instructives pour expliquer d’un côté la stratification des couches semblables de la Crimée et du Caucase, et de l’autre, celle des terrains de Ssimbirsk, de Khoroschôwo près de Moscou, et du nord de la Russie.
M. Bcospe, ingénieur des mines, et après lui M. Murcxisow, ont décrit en détail les couches jurassiques du Donetz. Elles présentent deux affleurements dans la vallée de cette rivière, l’un près de Petrowskaya, non loin de Donetzkaya, l’autre dans le voisinage de Kamenka, petit village où se trouve à la base de la coupe verticale un grès jurassique in-
férieur à lignite et à rognons ferrugineux, renfermant des végétaux fossiles liaso-jurassiques, dont il a été déjà question plus haut. Au dessus de cette couche à plantes terrestres, vient un calcaire çà et là oolithique assez compacte et rempli de rognons cornés aplatis et à fossiles marins, à Trigonia clavellata et Cidaris Blumenbachi. Cet étage passe plus haut en un-calcaire très dur et compacte, légèrement transparent et contenant quelques veines gypseuses ; il est recouvert par un autre calcaire jaunâtre à Gervillia volucris, voisin du Gervillia aviculoides Sow. du terrain oxfordien; il y est réuni aux T'erebratula pecten et sulcata et à l'Avicula anomala Sow. espèces crétacées, qui font reconnaître l'étage à Gervillia volucris comme du néocomien ; cette couche est recouverte encore plus haut par trois autres couches d’un calcaire jaunâtre et compacte, qui abonde en Nérinées *,
Une autre localité également intéressante est celle de Ssimbirsk, sur le bord du Volga; elle a été le sujet de longues études géologiques de mon ancien ami, feu Prerre de Jazvkow**, géologue très distingué, dont la perte prématurée a été regrettée unanimement en Russie. Ia publié en 1842 un tableau synoptique des terrains du gouvernement de Ssimbirsk et y a ajouté pour chaque étage des terrains les fossiles caractéristiques. C’est ainsi qu’il cite dans le jura argileux gris les Ammonites Turneri Sow., triplex Münsr. et subfurcatus Scxcorx.; je ne connais pas ces espèces dans la couche jurassique inférieure, où se trouvent plus sûrement Ammonites alternans v. Bucn et Le Gr yphaeasignata. M, Jazykow dénonce sur son tableau l’argile jurassique grise ou blanche, l’argile de Gorodischtsché et la fait reposer sur des marnes rouges, qu’il compare aux marnes irisées et que je suppose plutôt appartenir au terrain dyasique supérieur de la Russie. L’argile jurassique estrecouverte par le schiste bitumineux à Ammonites Panderi et à Discina maeotis que je range déjà dans le terrain néocomien, en sorte que le terrain jurassique de Gorodischtsché près de Ssimbirsk ne se compose que d’un seul étage, qui correspond aussi bien à l'étage oxfordien qu’au kimméridien eb au portlandien réunis.
C’est aussi le même terrain de Khoroschéwo, de Mniowniki, de Do-
* Geology of Russia in Europe I.c. p. 252, où cet étage est nommé jurassique.
** M. de Jazyxow a laissé une grande et belle collection paléontologique, que ses héritiers ont léguée à l’Institut des Mines, où la description géologique des environs de Ssimbirsk, faite par l’auteur lui-même, reste jusqu'à présent iuédite.
rogomylow et de la capitale de Moscou, où la même argile jurassique grise contient les Ammonites alternans et cordatus, Belemnites Panderiauus, Actaeon Frearsianus, Turritella Fahrenkohli, Pleurotomaria Buchiana, Nucula lacryma, Arca concinna, Avicula signata Roux, Gryphaea signata Rourzz. et d’autres espèces.
Le même bassin jurassique occupe la base de PObschtschy-Ssyrte, au sud d'Orenboure, où-il s'étend, au nord-ouestd’Ouralsk, en traversant la rivière Oural, le long du fleuve Ilek près d’Iletzkaya-Saschtschita, jusqu'aux sources de la rivière Emba. L’argile jurassique y abonde partout en Ammonites cordatus, alternansetTscheffkini, en Belemnites Panderianus,Pleurotomaria Buchiana, Turbo Meyendorffi, Goniomya literata et autres espèces. Elle y est partout recouverte par le terrain néocomien, qui la borde dans toute son extension de l’ouest à l’est. La rive droite du Volga, fort élevée et escarpée, s'étend de Ssimbirsk vers le sud, le long de cette rivière à la ville de Ssinghiéli, et de là encore plus vers le sud à Ssysran et à Kaschpour, et par les villes de Khwalinsk et de Volsk jusqu’à Ssaratow: partout l'argile jurassique grise à Ammonites alternans forme la base du néocomien, offrant la couche intermédiaire d'argile feuilletée noire à Ammonites Panderi et à Discina maeotis., comme à Ssimbirsk. Le terrain jurassique passe de là plus loin vers le nord à Kineschma et à Plüss sur le Volga, .où l'argile jurassique grise contient également les A mmonites alternans et convolutuset le Belemnites Panderianus, et est infraposée à l'argile feuilletée noire à Ammonites Pandert et à Discina maeotis; cette argile est recouverte par le grès néocomien noirâtre à Ammonites virgatus, tandis que largile jurassique ellemême y est stratifiée sur le Dyas à Terebratula Roissyi.
Les recherches géologiques de M. Murcison nous ont montré pour la première fois que le bassin jurassique du centre de la Russie présente presque la même direction que celui d’Iletzkaya et qu’il traverse, près de Ssimbirsk sur le Volga, la rivière Ssoura, longe le fleuve Alatir et passe de là à l’ouest à l’Oka près de Jelatma, et à Murom; il traverse à Vladimir le Kliazma, pour se terminer à l’ouest presque aux sources du Volga, au nord du bassin jurassique de Moscou.
Le grand bassin septentrional de la Russie, découvert et décrit pour la première fois par le comte de KeyserunG, ne semble pas différer du bassin central de Moscou. La même argile grise à Ammonites cordatus et alternans, sous-jacente au néocomien, commence à Kinesch-
ma sur le Volga et sur l’Ounja près de Makaryew, et passe par les frontières des gouvernements de Vologda et de Viatka, traverse le fleuve Ssyssola et ses affluents, le Witschegda et le Wimm, où il paraît se terminer, pour se développer de nouveau sur les fleuves Milwa, Ouktha, Ishma, Pyschma et sur d’autres affluents de la Petschora, qu’il accompagne jusqu’à son embouchure dans la mer glaciale. Il paraît pourtant que l’argile jurassique est recouverte partout par la base du terrain néocomien, et que c’est celui-ci qui se montre à la surface, et non l’argile jurassique, excepté dans les ravins et les lits des fleuves, où l'argile jurassique se voit en couche horizontale, recouverte par le néocomien et stratifiée sur le carbonifère ou le vieux grès rouge à Goniatites*, au bord du fleuve Tschoud.
Or c’est partout la même couche jurassique à Ammonites alternans et cordatus qui se retrouve aussi bien au centre de la Russie qu’en Crimée et au Caucase; elle réunit plusieurs étages jurassiques de l'Allemagne et de l'Angleterre. M d’Orgrexy l'appelle simplement oxfordien, et je suis tout à fait d'accord avec lui, en ajoutant que c’est le jura blanc moyen de M. Fraas, parce qu’il contient l'Ammonites alternans; c’est le coral-rag inférieur de M. Roemer, parce qu’il contient lAmmon. cordatus; c’est l’argovien ou le terrain à chaïlles de MM. Taurmanx et Marcou, parce qu’il contient en outre les Goniomya literata et Trigonia clavellata; c’est enfin l’oxfordien supérieur ou l'argile des Dives, parce qu’il contient lAmmonites cordatus et le Trigonia clavellata.
Ce n’est pas le jura brun, qui commence avec l'Ammonites Parkinsoni et le Cerithium armatum et qui, beaucoup plus vers l’occident de la Russie, est bien développé à Popilani et à Nigranden en Lithuanie, et à Korytnice en Pologne; il se peut pourtant que cette couche jurassique brunâtre se trouve aussi au Caucase, puisque M. Agrcu y fait mention de l’Amm on. Parkinsoni. Le terrain jurassique repose à Popilani sur le dyas ou même sur le vieux grès rouge.
La base du terrain jurassique de Popilani est un grès gris ou jaune, à grains très fins; il est traversé par de petites veines d’argile noire à
* C’est sur le fleuve Tschoud que s’est développée une grauwacke supérieure à Palaeoteuthis (Cephalapsis), correspondant au calcaire de lEifel, dans lequel se trouve une espèce de Palaeoteuthis semblable à celle hi fleuve Techout, affluent de l’Oukhta, qui tombe dans l’Ishma. Le grès compacte à P alaeoteuthis y est couvert par le schiste argileux dit domanik à Goniatites, qui est attribué par les géologues au vieux grès rouge.
Ammonites ornatus, convolutus, Lamberti et à Belemnites canaliculatus et semihastatus, parmi lesquels se rencontrent aussi des fragments d’un bois fossile. L’argile noire est recouverte par
un sable argileux, qui passe plus haut en un grès compacte jaunâtre; l’argile n’a que 1 pied d'épaisseur, le grès superposé, de 18 pieds, contient une riche Faune fossile, entre autres les Ammonites Jason, ornatus, aculeatus, duplicatus, Belemnites Panderianus, Cerithium armatum et echinatum, Pleurotomaria Wôrthiana, Trigonia navis, Isocardia corculum,Pecten fibrosus, Rhynchonella varians. Le grès compacte est recouvert par un calcaire jaunâtre, contenant presque les mêmes fossiles et s’élevant jusqu’à 6 pieds de haut.
Les provinces polonaises traversées par la Vistule montrent de semblables couches jurassiques, dont les unes correspondent au jura blanc, les autres au jura brun.
Les calcaires jurassiques jaunâtres se sont développés au sud de Kielce, entre Malagoschitz et Korytnice, etrappellent beaucoup le calcaire Dthographique de Solenhofen; ils passent également en un oolithe à grains très fins et sont caractérisés, suivant M. Zeuscuxer, par les fossiles suivants: Ammonites biplex, Trigonia suprajurensis, Exogyra virgula et auricularis, Terebratula subsella et d’autres espèces.
Une autre localité très riche en fossiles jurassiques est Ciechocienek, où les couches sont très puissantes, comme on le voit par le forage d’un puits artésien de 948 pieds de profondeur ; les fossiles suivants se trouvent à cette localité aussi bien que près de Czenstochow et appartiennent à la zone à Cidaris florigemma de M. OPpez. M. ZEUSCHNER y énumère les Rhyn chonella lacunosa, Terebratella loricata et trigouella, Megerlea pectunculus et pectunculoides, Cidaris florigemma, filograna et coronata, Cnemidium rimulosum et Scyphia intermedia, en sorte que c’est déjà un passage à Vargovien de M. Marcou ou au terrain à polypiers spongieux du terrain à chaïlles de M. GRessLy.
En d’autres endroits de la Pologne on voit le groupe supérieur du jura brun ou le callovien, qui suivant M. Zeuscaner se compose de deux couches ou sections distinctes. L’une d’elles se trouve au midi de la Pologne et forme des calcaires jaunâtres ou brunâtres, qui à la base passent en conglomérats ou eu un grès, comme à Sanka et à Szlary; en d’au-
tres localités on remarque des oolithes ferrugineux ou d’un calcaire bleu- Eichwald, Lethaea rossica. Il. b
âtre presque transparent, à grains oolithiques ferrugineux, comme par exemple à Pomorzany, Baline, Rudniki, Wlodowice. Un peu plus vers le nord, cette couche passe en un grès brunâtre compacte, comme à Czenstochow, ou au grès ordinaire, comme à Zaydnschki; la couche a une épaisseur de 8 à 12, même de 30 pieds. La roche abonde en fossiles, surtout à Pomorzany, où l’on observe, suivant M. Zeuscuner, entre autres les Ammonites Parkinsoni, macrocephalus, Herveyi, discus et beaucoup d’autres, Belemnites hastatus et calloviensis, Chemnitzia heddingtonensis, Natica calypso, Pholadomya media et concatenata, Goniomya marginata, Trigonia elongata, Isocardiatenera, Arca oblonga, Avicula Münsteri, Pectenlens, fibrosus,vimineus et demissus, Rhynchonella varians, Terebratula bullata, impressa et emarginata, Cidaris ornata, Pentacrinus pentagonalis, Montlivaltia trochoiïides, Isastraea limitata etc. etc.
L’étage inférieur du jura brun ou le callovien, composé d’une argile noire à couches subordonnées d’un grès grisâtre, se trouve très développé à Czenstochow, où il contient une houille d’une qualité assez bonne, ou même des troncs d’arbres fossiles, près de Wielun. Cette argile abonde en fossiles, auxquels appartiennent entre autres les Ammonites Parkinsoni, funatus, bullatus, Belemnites hastatus et calloviensis, Nautilus granulosus, Trochus bitorquatus, Pholadomya media, concatenata et Murchisoni, Pleuromya donacina, Avicula Münsteri, Pecten demissus et lens, Rhynchonella varians et concinna, Pentacrinus pentagonalis et d’autres fossiles.
EXX. Werrain crétacé.
Les principaux membres du terrain crétacé, le néocomien, le gault et la craie blanche avec l’étage nummulitique, sontintercalés entre les terrains jurassique et tertiaire. M. d'ORBIGNY à proposé ‘une division plus spéciale du terrain crétacé ct il distingue spécialment: 1) le néocomien inférieur,àBelemnites subquadratus, Ammonites Astierianus, Perna Mulleti, Exogyra Couloni Terebratula tamarindus et depressa; 2) le néocomien supérieur ou l’urgonien, à Ammonites fascicularis, Ancyloceras Emerici, Terebratula diphya, sella et hippopus, et à Radiolites neocomiensis; 3) l’'aptien ou argile à Plicatules et Ostréennes, à Ammonites bicurvatus et fissicostatus, à
Exogyra Coulonietà Plicatula placunea; 4) l’albie n, la glauconie sableuse de M. BronanrarT ou le gault des Anglais, à Bele mnites minimus, Ammonitesinterruptusetmammillatus, Hamites rotundus, Turrilites Astierianus, Thetis minor et Inoceramus concentricus; 5) le cénomanien, la glauconie sableuse de M. BronGniarT ou le tourtia, à Belemnitella vera, Nautilus elegans, Ammonites varians et Rotomagensis, Scaphitesaequalis, Protocardia Hillana, Thetis major, Inoceramus striatus, Pecten orbicularis, Spondylus striatus, et à Exogyra columba ethaliotoidea, Terebratulabiplicata, Radiolites agaricifor mis et Caprina adversa; 6) le turonien, la glauconie crayeuse ou le untere et mittlere Quadermergel, à Ammonites Lewesiensis, Actaeonella laevis, Hippurites cornu vaccinum, Radiolites angeoides et à nombreux Coraux lamelleux; 7) le senonien ou la craie blanche, à Cora x heterodon, Beryx ornatus, Belemnitella mucronata, Ammonites varians, Baculites anceps, Lima Hoperi, Inoceramus Lamarckii, Spondylus truncatus, Gryphaea vesicularis, Rhynchonella retracta Roem. ainsi que Rhynch. plicatilis ou 8-plicata, Terebratula striata et gracilis, Crania Ignabergensis, Ananchytes ovatus, Micraster cor anguinum, Galeritesalbogalerus, Ventriculitesradiatus, Siphonia Koenigiiet Scyphia infundibuliformis; 8) le danien ou le obere Quadermergel, à Mosasaurus Hoffmanni, Callianassa Faujasii, Nautilus danicus, Hamites rotundus, Baculites anceps, Cidaris Forchhammeri. Les étages ne sont pas séparés aussi rigoureusement les uns des autres que M. d'OrgBiGny le suppose, et on rencontre même plusieurs passages des fossiles d’un étage à ceux de l’autre.
Le plus ancien terrain, le néocomien, est superposé partout en Russie au terrain jurassique, comme en Crimée, au Caucase, au centre et au nord de la Russie, le wealdéen y manque partout; en d’autres localités, comme à Karowa et dans le gouvernement de Kaluga, le néocomien est stratifié au-dessus du terrain carbonifère; mais dans la Podolie le crétacé repose sur le schiste argileux azoïque.
La stratification du terrain crétacé en Crimée et au Caucase fournit à la paléontologie des points du repère pour expliquer l’âge relatif des terrains des plaines de la Russie.
Or le terrain crétacé de la chaîne principale du Caucase entre la
Caspienne et la Mer Noire se caractérise par son développement extraordinaïire. (C’est ici qu’on observe d'énormes dépôts calcaires, argileux et sableux, pendant la Période paléontologique moyenne de Russie; maïs les dépôts sont altérés par des éruptions plutoniques, phénomènes qui se manifestèrent surtout dans les dépôts de la haute Arménie et de la Géorgie, où le néocomien, le gault et la craie blanche sont plus altérés que sur la pente septentrionale du Caucase.
Le Caucase et sa continuation, la Crimée, ont les mêmes caractères lithologiques et paléontologiques; les fossiles néocomiens sont nombreux dans ces deux chaînes contemporaines; ils sont tantôt différents, tantôt identiques dans le néocomien et le gault du pays plat de la Russie centrale, surtout aux environs de Moscou et de Riazan. Ces dépôts se rapprochent également de ceux des hautes Alpes de la Suisse, qui cependant se distinguent, par de nombreux caractères, de ceux du néocomien des plaines de la Suisse. M.Sruper a montré que les petits Ammonites ferrugineux du néocomien de la vallée de Justi, accompagnés de Crioceras et de Baculites, constituent les couches les plus inférieures du néocomien, tandis que les grands Ammonites avec d’autres espèces de Crioceras et d'Ancyloceras ne se trouvent que dans les étages les plus hauts, associés au Terebratula diphyoides. Tous les étages ont beaucoup d'espèces communes, en sorte que l’on ne peut pas distinguer d’autres étages que ceux que nous avons mentionnés. En même temps MM. Favre et Lory ont observé que la Faune néocomienne des hautes Alpes est tout à fait différente de celle du Jura suisse. Lorsqu'on examine les fossiles de la vallée de Justi et ceux de Neufchâtel, on croit y voir des terrains différents; néanmoins ce sont des fossiles synchroniques. C’est ici que prévalent les Céphalopodes, là au contraire les Gastéropodes, les Acéphales, les Brachiopodes; la même différence se trouve entre la Faune des Voirons et celle du mont Salève; il n’est pas étonnant de voir la même différence se présenter entre la Faune néocomienne du pays montagneux du Cancase et de la Crimée et celle des plaines de la Russie. ;
La différence paléontologique entre les Alpes et le Jura de la Suisse se voit depuis les dépôts liasique et jurassique jusqu’à l'éocène, où elle acquiert son maximum dans le terrain éocène, qui dans le Jura n’a laissé que des Mammifères fossiles, tandis que dans les Âlpes, au lieu des Mammifères, s’est développé le calcaire à Nummulites, comme en Crimée. Fe Les couches néocomiennes ainsi que les jurassiques sont partout
horizontales au centre et au nord de la Russie et d’une épaisseur peu considérable; c’est ce qui indique que la profondeur de l’océan d’alors n’était pas très grande et que c'était une mer à beaucoup de golfes et de récifs, auxquels participèrent les Huitres aussi bien que les Aucelles, comme par exemple aux environs de Moscou et au nord de la Russie, au pays de la Petschora. La mer y avait partout des bas-fonds, tandis qu’elle a dû être plus profonde au Caucase et en Crimée, au centre des chaînes, car leurs flancs y sont marqués de nombreux bancs à Coraux, de même qu’en Crimée, où les Corau x lamelleux se trouvent en dépôts très nombreux.
Néanmoins on ne peut distinguer ni dans les plaines de la Russie, ni aux pays montagneux du Caucase et de la Crimée, autant d’étages particuliers néocomiens qu’en Suisse, parce que les couches n’y sont pas aussi puissantes ni caractérisées par autant d'espèces fossiles. Les espèces des différents étages de la Suisse s’y trouvent réunies dans un seul étage, comme par exemple l’'Exog yra Couloni et le Hamites rotundus, dont le premier se rencontre en Suisse et en France dans le néocomien inférieur et l’aptien, le second dans lalbien et la craie blanche.
M. Bronanrarr, par ses longues recherches au nord de la France, a prouvé que le seul caractère pour déterminer rigoureusement l’âge relatif des différents terrains consiste dans l’observation exacte des corps fossiles organiques qu'ils renferment: il a comparé les fossiles néocomiens du nord de la France, de Rouen, avec ceux de la Savoie et de la Perte-du-Rhône, et y a constaté une identité complète de terrains.
Il existe également une grande analogie des fossiles du nord et du centre de la Russie avec ceux du terrain néocomien de la Crimée et du Caucase, et nous sommes obligés d’y voir des terrains synchroniques. Le terrain néocomien de Khoroschéwo aux environs du Moscou nous fournit un grand nombre d’espèces qui paraissent identiques à celles des Alpes de la Suisse, mais l'identité n’est pas complète, parce que la localité de Moscou se trouve beaucoup plus vers l’orient et lé nord que les’ Alpes suisses, où il y avait, pendant les dépôts néocomiens, d’autres conditions climatériques qu'aux environs de Moscou, et c’est là une raison majeure pour expliquer la différence des fossiles de ces deux localités. La Faune néocomienne de la Crimée et du Caucase au contraire a la plus grande affinité avec celle des Alpes de la Suisse en ce que le climat méridional a dû offrir la même Faune d’une mer profonde dans ces deux localités,
qui ne diffèrent entre elles que par leur situation géographique, l’une plus à Puccident, l’autre plus à l’orient.
On voit la même différence peu importante dans la Faune néocomienne et jurassique de la Suisse orientale et occidentale: celle-ei a une Faune un peu différente de celle-là, quoique ce soit toujours le même bassin. En général la Faune de deux bassins voisins reste la même, mais les espèces ont changé de faciès et diffèrent plus ou moins entre elles, et comme le terrain néocomien change également son faciès, il prend d’autres caractères et on le distingue par un autre nom: on le nomme grès vert, glauconie crayeuse, sables rouges et verts, tourtia, albien.
La Faune du gault de la Perte-du-Rhône est uniquement composée de petites espèces de coquilles, tandis que celle de l’aptien supérieur ne contient presque que de grands individus. * La Faune du gault de Khoroschôwo en diffère en ce que le gault y contient des espèces identiques, mais de différente grandeur, méêlées les unes aux autres: c’est ce qui pourrait rendre raison de ce que l’aptien de la Suisse se trouve réuni à . Khoroschéwo au gault proprement dit.
La Crimée et le Caucase ressemblent dans leur structure beaucoup plus-aux Alpes maritimes et aux Pyrénées; c’est le néocomien qui passe du midi de la France par la Suisse et la Dalmatie en Crimée, et de là au Caucase.
Pour étudier le néocomien de la Crimée, dit M. Dugors, il faut sortir de la cluse et s’avancer dans la combe vers le vallon Chouli, Adeïn- Tschokrak, Biassala. En montant de ce village vers Mangousche, on trouve au-dessus du schiste argileux jurassique une roche sableuse jaune, comme la pierre jaune du néocomien de Neufchâtel. Elle est quelquefois pétrie de gros gravier et devient un poudingue, rempli de pétrificacations. Maïs nulle part en Crimée le néocomien n’acquiert un développement plus intéressant qu'à Mangousche et sur les rives de Badrak et de l’Alma.
Les espèces de Karagatsche, parfaitement identiques avec celles du néocomien neufchâtelois, sont le Nautilus radiatus Sow., qui est très voisin du Naut. elegans de Neufchâtel et du Mormont, ensuite les Terebratula biplicata, Pleuromya plicata, Exogyra Couloni (aquila Gozpr.), Discoidea macropyga Ac. Cidaris clunifera et vesicularis et d’autres espèces, auxquelles à Biassala appartient aussi le Terebratula diphya. Le néocomien repose partout sur le terrain liaso-jurassique à Fucoïdes ou sur le mélaphyre; il est infraposé au gault.
Les couches crétacées supérieures de la Crimée appartiennent, suivant M. Dugors, à la craie blanche et se composent d’une marne blanche dure, à cassure conchoïde, teinte par le fer et mélangée de couches bleuâtres. Les fossiles sont à Baktschisseraï l’Inoceramus Cuvieri, Ostrea vesicularis, en grande abondance, et des Bélemnitelles, L'Ostrea vesicularis cesse quand apparaît l’Ostrea latissima Desx. (lithuana m.); cette espèce passe aussi dans le calcaire à Nummulites qui recouvre immédiatement la craie blanche.
Le néocomien et le gault du Caucase sont, suivant les observations de M. Agrcn, superposés aux calcaires argileux gris, qui correspondent à Pargile jurassique molle des environs de Moscou. Les cimes du Caucase s'élèvent à une grande hauteur en Iméréthie, à Letschgoume et à Radja en Souanie, sur le Tschitkarou-mtha à la hauteur de 9938 pieds, sur le Tischkmeli à 5587 pieds, sur le Korta à 5029 pieds, sur le Dadyasch à 9618 pieds et à Oni à 2770 pieds. Le néocomien y est superposé au calcaire jurassique supérieur à Rhynchonella varians, Lima proboscidea, Pecten fibrosus, Trigonia costata et à beaucoup d’autres fossiles, revendiqués par M. DesxAyes comme jurassiques.
La forteresse d'Akouscha au Daghestan est également situéæ à 4399 pieds au-dessus du niveau de la Caspienne et entourée, dans la partie supérieure de la vallée du Koïssou oriental, par des montagnes formant, sur la route d'Akouscha à Temirkhanschoura, la division des eaux, nommée Anouïi. Ce sont les Inoceramus sulcatus et latus et lExogyra haliotoidea qui y composent le néocomien.
Les montagnes qui entourent la forteresse , à l’ouest du Tschourdi- Dagh, d’une altitude de 7339 pieds, à l’est le Tschounoumeh, de 8850 pieds, et le Khariktzila de 7470 pieds par., se composent du néocomien et du gault superposé au calcaire jurassique; elles appartiennent à la crête principale du Caucase.
La coquille caractéristique pour le néocomien y est lAucella caucasia, qui paraît identique à l'Auc. Pallasii des environs de Moscou et du nord de la Russie, où les récifs à Aucelles caractérisent, comme les argiles à Plicatules et Ostréennes, le néocomien inférieur et supérieur. Le gault recouvre dans la vallée d’Akouscha le néocomien et passe plus haut en des marnes argileuses, devenant de plus en plus calcaires, et constitue ensuite des couches grises, qui rappellent le cénomanien ou tourtia à Exogyres et Inocérames. Des calcaires crétacés compactes à Ananchytes ovatus d’une grandeur remarquable
sont remplis de rognons siliceux et forment l'étage supérieur ou la craie blanche du terrain crétacé.
Le grès vert ou le néocomien, recouvert par le gault, est également développé à Kislawodsk, à la pente septentrionale du Caucase; il s’élève ici à une altitude de 2600 pieds, et son plus grand développement se voit dans les gorges au sud-est deKislawodsk. Le grès vert y est superposé au calcaire jurassique et contient les Ammonites dentatus, Cornuelianus, crassicostatus et Thurmanni, Nautilus pseudo-elegans, Crioceras Astierianum, Trigonia alaeformis, nodosa, Nucula impressa, Exogyra columba.
Le grès vert ou le gault de la Crimée, aux environs de Baktschisseraï, sert de type au terrain crétacé du Caucase. Il se distingue par sa nature grénue et par ses grains chlorités, qui lui donnent l'apparence des grès verts de l’Europe occidentale et de ceux de la Russie centrale près de Moscou. Son épaisseur est variable en Crimée aussi bien qu’au Cau-
“case; ce sont surtout les Exogyres, les Bélemnites et les Nautiles qui y abondent le plus; encore plus bas le grès vert de la Crimée, près de Baktschisseraï et de Badrak, est remarquable par une très grande abondance de Peignes; c’est surtout le Pecten orbicularis, comme à Khoroschôwo, les Pectenlaminosus, Carteronianus, decemcostatus, hispidus, cicatrisatus et le Neithea quinquecostata qui le caractérisent, ainsi que les Lima marottiana, Pholadomya caudata, Inoceramus regularis, Cyprina inornata, Ostrea diluviana et Defrancii. Plus bas ou remarque les marnes bleuâtres, contenant déjà plusieurs Bryozoaires, des espèces d'Eschara et de Ceriopora; cette couche est séparée du néocomien infraposé par une couche du savon fossile ou Keffekelite, une marne blanche fendillée en mille sens. Elle repose immédiatement sur le néocomien, calcaire jaunâtre ou sable jaune, offrant abondamment des P ol ypiers, des Astraea et même desSpongiaires, Scyphies, Manon et d’autres genres.
Le calcaire néocomien de Biassala est également très riche en coquilles caractéristiques pour l'étage néocomien inférieur: il contient entre eutres le Terebratula diphyoides, qui a donné récemment lieu à tant de discussions sur l’âge relatif des calcaires à Terebratula diphya. M. Hésert a cherché en vain une seule raison pour placer ces couches au niveau de Kimmeridge-clay ou de tout autre horizon du groupe jurassique supérieur, et il paraît que le calcaire néocomien compacte rougeâtre de Biassala confirme pleinement l'opinion du géologue
français; car le Terebratula diphya ou plutôt diphyoides y est associé à de nombreuses espèces purement néocomiennes, décrites dans le présent volume du Lethaea: ils faut y ranger les Ammonites tortisulcatus, strangulatus, Emerici, Mayorianus, lepidus, Jeannotii, les Nautilus pseudo-elegans, Neckerianus et radiatus, Ancyloceras pulcherrimum et Matheronianum, Hamites parallelus, Toxoceras annulare, Pleurotomaria Anstediet Favrina, Natica Rhodaniet truncata, Trigonia caudata, Cyphosoma granulosum, Cidaris clunifera et beaucoup d’autres espèces. Je tiens tous ces fossiles de M. Az. de Norp- MANN, qui les a recueillis à Biassala dans la même roche néocomienne compacte, ferrugineuse, et composée de nombreux et très petits grains de quarz. On les observe également dans la roche à Terebratula diphya de Grenoble à la porte de France, dont les individus les plus grands ont tout à fait la forme de ceux des Voirons en Suisse. Les petits individus à ailes écartées de Biassala s’en distinguent un peu par deux sillons qui prennent naissance au sommet et descendent tout droit vers le milieu de l’échancrure, offrant par là un lobe élevé au milieu du flanc, tandis que les grands ressemblent parfaitement au Terebr. diphyoides d’Ors. et Bronx. Cependant M. Prcrer a fait du T'erebratula diphya du calcaire de la porte de France une espèce particulière, qu'il nomme Terebr. janitor; il le place dans le néocomien. L’étage le plus inférieur seul lui paraît du jura oxfordien ou le jura blanc de l'Allemagne; les cinq autres étages superposés sont du néocomien, dont l’un ou l’autre contient encore du calcaire à Coraux*, qui se trouve aussi dans le néocomien de la Crimée et du Caucase.
* L’élage superposé au calcaire jurassique de la porte de France, dit M. Picrer, ménage la transition vers le calcaire lithographique superposé à grains fins et caractérisé par le Terebratula janitor, espèce très voisine du Terebr. diph ya, avec lequel se trouvent beaucoup d'A mmonites du terrain néocomien, en sorte que ce serait ici qu'il faudrait placer le commencement du néocomien, quoiqu’on observe plus haut encore de breccies remplies de coquilles néocomiennes et d’autres espèces jurassiques de l'étage corallien, comme par exemple Terebratulina substriata, Megerlea pectunculoiïdes, Cidaris Blumenbachii, Cidaris glandifera, Acropeltisaequituberculata. Les Coraux jurassiques sont sans doute du même âge que les coquilles néocomiennes, en sorte que la division du terrain jurassique et du néocomien n’y est pas tranchée: il y a des espèces jurassiques qui passent au ierrain néocomien. Encore plus haut on observe les espèces néocomiennes de l'étage inférieur, réunies à d’autres espèces néocomiennes, qui s’y développent
En général la mer néocomienne du midi de la Russie ainsi que celle de la Crimée et du Caucase était d’une grand extension et présentait de nombreux golfes; elle était limitée par la mer jurassique, qui la précédait partout, en sorte que les dépôts néocomiens superposés aux jurassiques sont partout concordants avec eux.
Le gault de Russie est également superposé au néocomien en couches concordantes, comme la craïe blanche recouvre de la même manière le gault, surtout en Crimée et au Caucase; on voit se présenter partout lExogyra Couloni dans le néocomien, l'E xog. columba dans le gault et le Belemnites mucronatus dans la craie blanche.
Les chaînes très hautes du Caucase formaient le grand isthme qui séparait la Caspienne de la Mer Noïre, dont le dernier golfe existe encore maintenant comme mer d’Azow, occupant le bas-fond de l’ancienne mer crétacée. ‘ La côte occidentale du bas-fond en golfe est formée par le plateau granitique qui s’étend de la mer d’Azow en direction nord-ouest vers la Volhynie, et la côte orientale forme la steppe méridionale de la Russie, recouverte par le calcaire tertiaire littoral après la dernière débacle de la mer tertiaire en la mer d’Azow et en la Caspienne.
Ce n’est qu’à une assez grande distance vers le nord, dans les gouvernements d’Ekaterinoslaw et de Kharkow, que le terrain crétacé supérieur apparaît de nouveau près de Slavänosserbst et aux environs d’Ekaterinoslaw, mais ce ne sont que les étages crétacés les plus supérieurs; un peu plus loin au nord, aux environs d’Izoume, on voit ensuite s’élever au dessus du calcaire jurassique à Trigonia clavellata et à Cidarites Blumenbachi, sur le bord du Donetz, le néocomien en calcaire compacte et très dur, à veines de gypse, et plus haut, au dessus du calcaire, un autre calcaire jaunâtre à Gervillia volucris, recouvert par un calcaire à grains très fins, qui est suivi encore plus haut par trois couches calcaires à Nérinées, auxquelles appartiennent, outre le Nerin. Eichwaldiana, les Nerinea Etallioni et Coquandi, dont le premier se trouve dans le valangien, le second dans le néocomien de la Suisse. La couche néocomienne à N'érinées est recouverte immédiatement par une marne crétacée à Crania Ignabergensis, re-
pour la première fois. Le plus haut viennent des marnes néocomiennes à Belemniteslatus, comme espèce caractéristique pour la craie. — Les breccies, composées de coquilles roulées et de fragments de roches calcaires, paraissent arrondies par des glaciers secondaires, qui par leur mouvement continuel brisèrent les roches infraposées et roulèrent les coquilles qu'elles ont contenues. Elles rappellent les poudingues anciens de la Crimée.