‹ Lethaea rossica, ou, Paléontologie de la RussieChapitre 2 sur 21 · XX VII · texte numérisé non relu

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cueilli près d'Izoume par M. BorissÂk, professeur à Kharkow. Les Né-

rinées, accompagnées de plusieurs espèces de Diceras, se trouvent

également au dessus du calcaire à Terebratula diphya à la porte de France près Grenoble.

Le centre de la Russie est marqué par le grand bassin crétacé qui commence déjà en Galicie, passe de là par la Volhynie et les gouvernements.-de Kiew et de Tschernigow, se développe principalement dans les gouvernements de Kursk, Kharkow, Voronesch, Tambow, Penza et Ssaratow, où il borde le Volga, à Tzaritzine et Kamyschine jusqu’à Ssimbirsk. Le terrain crétacé ne passe pas sur la rive gauche du Volga; mais il reparaît de nouveau sur le haut plateau du Ssyrte aux environs d’Uralsk, et de là il s’étend jusqu’au fleuve Emba, en côtoyant dans toute son extension sud-est le terrain jurassique sur le bord de l’Ilek. La mer crétacée avait sa plus grande largeur, à partir de l’ouest à l’est, au centre de la Russie jusqu’au haut plateau d’Obschtschei-Ssyrte, où le mont Ssaragoul près d'Orenbourg s'élève à uno hauteur considérable ; il formait le bord septentrional du bassin crétacé, comme la chaîne du Caucase formait de la même manière le bord méridional de la mer crétacée, qui à la suite y a eu sa debdcle dans la Caspienne et la Mer Noire.

Au bord du petit fleuve Wetlianka le terrain crétacé du mont Ssaragoul recouvre immédiatement le calcaire jurassique à Ammonites biplex, qui y est stratifié sur le Dyas. Le grès néocomien y à une puissance de 50 pieds; la roche est d’un jaune clair, composée de petits grains chlorités et de quarz, cimentés par une pâte calcaire; elle abonde en fossiles, auxquels appartiennent les Ammonites sulcatus, Turbo Chassyanus, Corbula borealis, Cyprina regularis, Lucina lenticularis etinaequivalvis, Myoconcha cretacea, Ctenostreon distans, Exogyra laciniata et plusieurs autres.

Plus haut vient le gault ou albien, et sur celui-ci repose le turonien, recouvert à son tour par le senonien ou la craie blanche à Belemnitella mucronata, à Thecidea digitata, à Terebratula carnea, pecbtiniformis et chrysalis. Le terrain crétacé borde sans interruption sur le Obschtschy-Ssyrte le terrain jurassique. On peut le suivre sur toute sa largeur, comme au Caucase, tout le long de la chaîne principale.

Les environs de Kursk sont très riches en fossiles, qui se trouvent dans un grès néocomien ferrugineux, dont la couche inférieure se compose d’un sable vert ou jaune rempli de grains de silicate de fer, qui y est stratifié sur la rive gauche du fleuve Krome, près de Maloïe Kortschewo.

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Il y repose sur l’argile jurassique supérieure grise correspondant, comme celle de Moscou, au jura blanc. Le sable devient parfois blanc, et contient une grande quantité de morceaux compactes d’un grès ferrugineux à végétaux fossiles, à Pterophyllum Lyellanum, Cycadites continuus. C’est probablement le même grès néocomien qui se retrouve dans le gouvernement de Moscou. Le grès des environs de Kursk est infraposé à un: sable ferrugineux du néocomien supérieur, contenant des rognons de grès ferrugineux et nominé par les ouvriers russes rogatsch ou ssamorod; il est très riche en ossements de grands Sauriens, d'Ichthyosaures, de Dephinosaures, de Plésiosaures, de Polyptychodons, de Ptérodactyles et de vertèbres de grands Re quins, auxquels sont associées des coquilles, les Crioceras Duvalii, Belemnites Fischeri, Pleurotomaria neocomiensis, Opis bicornis, Gastrochaena socialis, qui remplit en grande quantité le boïs fossile rongé par cette coquille, et de nombreux Spongiaires.

Ce groupe passe plus haut en la couche dite en russe ssourka; c’est une marne sableuse, qui semble correspondre au cénomanien ou tourtia, et forme un sable ferrugineux, dépourvu des masses compactes anguleuses et des rognons arrondis qui remplisseft ie grès infraposé ferrugineux à ossements de Sauriens fossiles. Cette couche contient beaucoup de Pecten, par exemple les Pecten asperetlaminosus, Spondylus spinosus, Exogyra conica, pyrenaica et haliotoidea, et encore plus haut dans le turonien ou glauconie crayeuse le Saurocephalus lanciformis, et dans le sen onien superposé ou opoka des Russes le Neithea quinquecostata.

Le gault sableux de Kursk, superposé au conglomérat néocomien ferrugineux, se trouve fortement développé dans les gouvernements de Kharkow, Tambow, Penza, Ssimbirsk, Ssaratow et rappelle beaucoup Le terrain sableux de Westphalie, sur les bords de la Ruhr, du grand duché de Nassau et des environs d’Aiïx-la-Chapelle; ou y voit partout des couches de grès du plänersand inférieur et supérieur, et en outre une couche plus moderne, d’un troisième pläner, c’est-à-dire une couche de sable fin qui remplit une partie considérable de la vallée d’Ems, pour disparaître en se perdant vers l’ouest dans les collines de Stoppenberg près d’'Essen, dans les vallées collatérales jusqu'à Recklingshausen, en sorte que sa hauteur s'élève jusqu'à 330 —340 pieds au dessus du niveau de la mer. Un sable fin, jaunâtre ou plus foncé, alterne avec une couche d’un sable grossier, qui dans ses assises supérieures contient des troncs d’arbres, .

percés par des Gastrochènes; ce sable, très développé au midi de la Russie, fut pris autrefois par MM. Jazyxow et Pacur pour le terrain éocène.

Les mêmes couches sableuses cénomaniennes paraissent recouvertes dans le district de Zmeyew du gouvernement de Kharkow tantôt par la craie blanche, tantôt par une marne jaune crageuse à stries ou raies rouges; il en est de même à Ekaterinoslaw, où la craie blanche est recouverte par une argile constituant la base du terrain noir ou tschernozème.

Le grès vert du gouvernement de Riazan est superposé en Russie au carbonifère, comme près d’Essen sur la Rubr; on voit cela bien nettement près de Riazan, aux environs de Schourawinka et de Komouschina *,

Le néocomien de Khoroschôwo près de Moscou présente presque les mêmes couches comme au Caucase, en Crimée et au centre de la Russie, au gouvernement de Kursk. Il y est superposé à l'argile jurassique grise, qui correspond au jura blanc de l'Allemagne, caractérisée par les À mmonitescordatusetalternans. Le néocomien, qui la recouvre immédiatement en couche concordante , est composé d’un grès noirâtre à nombreux rognons ferrugineux et à fragments de grès compacte anguleux, entremêlés à des fragments de bois fossile sur le bord du Moskwa à K horoschôwo, à Mniowniki, à Galiowo et sur le bord du fleuveJaouza dans la capitale Moscou. Les fossiles qui se trouvent dans cette couche sont les Belemnites absolutus, Ammonites virgatus et Auerbachii, associés auxAmmonites Astierianus, Bonnetianus et .nodiger, qui se rencontrent plus fréquemment dans le néocomien supérieur, aux Ammonites Panderi, Thracia Archiaci et Frearsiana, Panopaeaneocomiensis, Cardium Jaccardi, Protocardia subhillana, Lyonsia Alduini, Thraciaincerta, Inoceramus sulcatus, Modiola aequalis, uralensis et cuneiformis, Myoconcha Strajewskiana, Pinna Cottae, Pecten crassitesta, Anomia truncata, Spondylus truncatus, Ctenostreondistans,etRhynchonellaretractaRouillieri m.*etbeaucoup d’autres,et parmi lesSpongiairesles Cephalites lacuno sus et ventricosus. La couche néocomienne supérieure qui recouvre celle-là, est un grès vert à grains de quarz très fins et blancs, entremêlés à de nombreus : raïns noirs d’un silicate de fer; la roche est tantôt compacte, tantôt

* Romaxowsui, Verhandlungen d. miner. Gesellsch. St. Peterb. 1855—56.

pag. 100. :

** Le Rhynch.retracta Roen. du terrain crétacé de l’île de Rügen, ca-

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molle et se désagrége facilement en sable vert; elle correspond au gault ou glauconie sableuse et contient Les fossiles suivants: Ammonites catenulatus et nodiger, associés aux AmmonitesCarteroni, Pleurotomaria Crassisiana, Psammobia Gillieroni, Venus Vendoperana, Dupiniana et obesa, Isocardia neocomiensis, Protocardia ventricosa et Michelini, Cardium imbricatarium et Guerangeri, Pecten orbicularis, crassitesta et membranaceus, Astarte mosquensis, Lima Royerana, Terebratula pectoralis, depressa, pseudojurensis, revoluta, sella, Rhynchonella loxiae,.retracta Rouillieri m., Cidaris spathulata; dans le néocomien supérieur ou le gault du mont Worobyew se rencontre le Crioceras spinosum.

Le gault de Moscou est encore plus développé aux environs de Talitzi et de Stepanowo; il contient des rognons allongés ou plus ou moins arrondis, comme le néocomien de Khoroschéwo; le gault est plus foncé à la base et devient plus clair en haut; les rognons y sont également plus clairs ; il est superposé au grès néocomien compacte noirâtre et contient l'Am monites interruptus, empâté ordinairement dans les rognons arrondis, et réunis à l'Ammonites Beudanti, qui se trouve isolé dans le gault; entre autres fossiles on y indique encore l’Inoceramus Cripsii ou plutôt concentricus, le Mytilus Gallienei et l’Isocardia cretacea.

Une autre localité du gouvernement de Moscou est le village de Warawina, où l’on a observé le Ptychodus latissimus, les dents du Lamna raphiodon, du Saurocephalus lanciformis, le Belemnites minimus et d’autres coquilles paraissant indiquer le turonien ou sable argileux à grains chlorités, qui se retrouve entre les stations du chemin de fer de Khotkow eb de Troïtza, et qui contient, outre les écailles du Beryx ornatus (Leuchtenbergensis Auxrg.), des dents d'Oxyrhina Mantelli, de Lamna raphiodon et quelques coquilles crétacées. \ e

Le gault ou glauconie sableuse, identique à celle -de Kursk, se trouve également à Tatarowo près de Moscou; il est de même développé sur le mont Worobyew au bord du Moskwa à la capitale Moscou. Le sable glauconitique passe près du village de Tatarowo en un grès compacte;

ractérisé par son bourrelet très prononcé à 2 ou 3 plis, mérite bien d’être séparé, comme espèce distincte, du Rhynch.plicatilis, c’est le Rhyneh. Rouillie ri que j'ai figuré 1. c. PI. XNIIL, fig. 18, et non la Rhynch.plicatilis, qui est identique au Rhynch. octoplicata (voir les Errata à la fin du volume).

sur le mont Worobyew il est mou et traversé par une couche sableuse ferrugineuse intermédaire, qui contient le Thetis minor et le Crioceras spinosum Auers. fossile très remarquable parce qu’il se rencontre aussi dans le grès ferrugineux de Kursk et prouve que le sable du mont Worobyew appartient au gault et recouvre le néocomien supérieur de Khoroschéwo.

Un terrain marin formait, au gouvernement de Moscou, un petit bassin, qui près de Kotielniki abondaït en îles, composées d’un sable ferrugineux semblable et caractérisé par le Weichselia Ludovicae, le Psammopteris knorriaeformis, le Reussia pectinata et par d’autres Fougères fossiles, tandis que l'Anopaea biloba et l'Ammonites nodiger se retrouvent dans le sable marin du gault de Tatarowo aussi bien que dans le gault de Khoroschéwo.

Le terrain crétacé supérieur, la craie blanche et le cénomanien se rencontrent aux gouvernements de Tschernigow et d’Orel, où, sur le Desna près de Novgorod-Ssewersk et près de Bränsk, la craie blanche offre un grand développement ; les fossiles sont les suivants: Nautilus simplex, Belemnitella mucronata, Pleurotomaria depressa, Pecten membranaceus, Lima multicostata et beaucoup d’autres espèces, auxquelles plus bas, dans le néocomien, vient s'associer le Perna Mulleti.

La craie blanche à Belemnitella mucronata, à Galerites albogalerus et à Ananchytes ovatus est également fort développée à Grodno sur le Niemen, d’où elle passe en Pologne.

Les étages supérieurs du terrain crétacé se retrouvent aussi vers le sud, sur la rive droite du Dniepr aux environs de Kiew, où, près de Buczak, le cénomanien est caractérisé par les Natica vulgaris, Rostellaria Grasiana, emarginulata et subulata, par les Xenophora onusta, Lucina lenticularis, Venus vendoperana, Cardium Raulinianum, Arca glabra, Pectunculus sublaevis, Pecten orbicularis, et un grand nombre d’autres coquilles.

L’argile bleue du même étage cénomanien de Kiew contient les Columbellina maxima, Venus vendoperana, Pecten orbicularis etrarispinus, ainsi que les Cristellaria rotulata et ovalis en nombreux échantillons *,

* C’est le terrain, récemment indiqué par M. Focus (Verhandl. d. k. k. geolog. Reichsanstalt. Wien. 1867. Nr. 9) comme éocène, en suite de plusieurs coquilles éocènes qu’il a cru trouver dans le grès de Buczak et de Tractemirow et dans l'argile bleue de Kiew, espèces que je suppose crétacées.

Le même terrain cénomanien est développé à Ossinowo dans Le gouvernement de Kharkow, où il contient les Beryx Lewesiensis, Scalaria Rhodani, Cardium conniacum, Venus faba et Nilssoni.

En général l’ouest de la Russie est très remarquable par le développement des étages supérieurs du terrain crétacé. La Volhynie en abonde partout; les ravins aux environs de Kremenetz sont occupés par la craie blanche à silex, d’une grandeur très considérable, et caractérisés par les Magas verrucosus, Inoceramus involutus, latus, Brongniartietmytiloides, Neithea quinquecostata et beaucoup d’autres espèces.

La craie blanche est très développée sur les bords du Horyn et du Styr, au nord de Kremenetz, et au sud de cette ville, le long du Zbroutsch et surtout dans les ravins qui communiquent avec la rive droite du Dniestr jusqu’à Jampol, où la craie blanche s’élève à une hauteur de dix toises et plus; elle se continue à Pouest de Kamenetz vers la Gallicie, où les environs de Lemberg abondent en fossiles de la craïe blanche.

J’ai observé près de Mohilew sur le Dniestr toute une forêt fossile, à troncs silicifiés de Pinites undulatus, qui y sont encore fixés par leurs racines au terrain crétacé supérieur. Je n’ai vu nulle part d'aussi énormes blocs de silex de la craie blanche qu’en Volhynie et en Podolie. Les rognons cornés ont souvent un diamètre de 3 pieds et au delà, sont anguleux, enfoncés sur leur surface, comme rongés, et pourvus de nombreuses pointes mousses; la craie blanche ou plutôt tufeau y est stratifiée tantôt sur le schiste argileux primitif, tantôt sur le granit. Ily manque le gault, le néocomien, les étages jurassiques et tous les autres étages plus anciens.

En° Pologne la craie blanche est très développée près de Kielce, d’où elle passe jusqu’à Cracovie: elle se compose, comme en Podolie, de couches très minces de marne crayeuse, de craie chloritée, et contient les Inoceramus Brongniarti, Terebratula carnea, Spatangus cor anguinum et d’autres coquilles; le néocomien y manque et ne se montre bien développé que dans les Karpathes.

Au nord de la Russie, dans le pays de la Petschora, le jura est partout infraposé au néocomien, presque comme aux environs de Moscou. Le comte de KeyserziNG en à fourni les premiers renseignements géologiques; il y à reconnu plusieurs étages, qu’il rapporte cependant tous aux terrains jurassiques. La base de ces étages est l’argile jurassique grise à Ammonites alternans et Ishmae (macrocephalus) et à Belemnites Panderianus; elle est recouverte par le grès néocomien

noirâtre à Ammonites virgatus et polyptychus ou bidichotomus, Astierianus, Pholadomya uralensis et inaequicosta, Panopaea Prevostii et autres coquilles. Cet étage contient des rognons eb des concrétions calcaires noirâtres remplies de fossiles; on y trouve associé du bois fossile, comme à l’embouchure de l’Ishma et sur la Petschora.

Plus haut vient le second étage néocomien, le supérieur, qui paraît correspondre au néocomien supérieur; c’est un grès chlorité brunâtre, qui contient les Ammonites Balduri et diptychus ou bidichotomus, Belemnites absolutus et curtus, Aucella Pallasi; ce dernier constitue partout des récifs à Aucelles d’un calcaire très compacte; il y forme les plus anciens récifs à Huîtres.

Les trois étages, le jurassique, le néocomien et le gault, sont stratifiés les uns au dessus des autres à l'embouchure de l’Ishma, près d’Oust- Ishma et le long de l’Ishma près des écluses de la rivière et en beaucoup d’autres endroits du pays de la Petschora.

C’est donc le même cas ici comme à Khoroschôwo près de Moscou; ou n’y voit à la surface du sol que l’étage néocomien et le gault; mais il y manque les étages crétacés les plus modernes. Néanmoins je possède le Nautilus Perezi Bec. d'un calcaire compacte verdâtre du gouvernement de Vologda, des environs d’Oust-Ssyssolsk, où il existe peut-être un terrain crétacé moderne, comme cette espèce caractérise en France le terrain nummulitique.

Le terrain nummulitique est au contraire très développé au midi de la Russie; il se caractérise par ses Nummulites et passe de la Crimée au Caucase, et de là, également développé, par la Caspienne ïl se continue à la mer d’Aral, où quelques îles sont entièrement composées du terrain nummulitique, qui de là s’étend encore plus loin par l'Asie centrale, au Tibet, au Kaboul et aux Indes orientales; 1l passe également à l’occident, par la Turquie et la Grèce, en Dalmatie, en Italie, en France et aux Pyrénées, et se continue en quelques lambeaux au nord de la France, aux environs de Paris. Le terrain nummulitique est très développé en Egypte, où récemment le professeur O. Fraas* à constaté l’âge crétacé du terrain nummulitique. Les Nummulites, par exemple le Num. cretaceus FRaas, y sont associés, aux environs du Wadi J6ôs, au pied des pyramides, aux vrais Hippurites, dans un calcaire crétacé, qui' ne peut pas être considéré comme éocène, parce que dans li même roche

* Geologisches aus dem Orient, voy. Württemb. naturw. Jahreshefte. 1867, pag. 227.

Eichwald, Lethaea rossica. II. C

escarpée de l'Egypte se trouvent également des Ammonites. Le Numm. arbiensis de la craie de l'Amérique septentrionale est une autre espèce crétacée, qui à beaucoup d’affinité avec le Numm. biarizensis d'ArCH. et est réuni en Egypte près de Samaria au Pyra midella canaliculata d'Ors. en sorte que les Nummulites caractérisent aussi bien le terrain crétacé que le tertiaire ancien.

Le terrain nummulitique forme en Crimée le dernier dépôt crétacé, en stratification concordante avec la craie blanche et également redressée, comme le terrain nummulitique; ces deux terrains sont également inclinés de quelques degrés. C’est là le cas, suivant M. de VerNeUIL *, particulièrement à trois ou quatre verstes de Ssimferopol: un peu au sud de la route de Baghtschisseraï on observe le mieux le terrain nummulitique, qui présente une série de couches bien réglées et bien parallèles entre elles, d’un calcaire marneux, blanchâtre, à apparence crétacée, et de couches ou plus argileuses ou plus arénacées, contenant toutes une immense quantité de Nummulites distans, polygyratus, irregularis et d’autres espèces, associés aux Ovula tuberculosa, Trochus giganteus, Cerithium procerum, Ostrea gigantea et Terebratula carnea. Antérieurement déjà on avait divisé le terrain nummulitique en deux sections, le terrain plus ancien, qui a dû continuer le terrain crétacé — c’est le terrain de la Crimée et de l'Egypte — et le terrain plus moderne, qui a dû être identique au terrain éocène de Paris, et M. BRoNGNIART essaya alors de prouver les différences de ces sections par les fossiles, différents d’après les couches; mais ce n’est que par les observations de M. Fraas que la question a été définitivement résolue: les Nummulites terminent les grands groupes crétacés.

Le terrain crétacé supérieur, les couches turoniennes ou la glauconie crayeuse et les senoniennes ou la craie blanche et craie tufau se trouvent également bien développés au Caucase, surtout en Iméréthie, où la craie blanche repose, comme en Podolie et en Volhynie, sur le granit, et est recouverte par le tertiaire moyen; le district du fleuve Dziroula, près de Baschlebi, de Khunebi jusqu’à Scharapan, montre partout le crétacé supérieur et le tertiaire superposé.

Le terrain nummulitique est en outre très développé dans la Haute-Arménie et passe de là en Perse, tandis que le calcaire àRudistes se continue sur la rive droite de l’Araxe vers Azerbaïdjan, car sur la pente septentrionale de la chaîne de Daradys près du village de Ghergher se trouve

* Mém. géol. sur la Crimée, voy. Mém. de la Soc. géol. de France. TI. 1837, pag. 17.

le Radiolites socialis, et du côté méridional les Caprotines et les Hippurites offrent un grand développement.

Le turonien des montagnes de l'Arménie offre cependant un équivalent du terrain de Gosau des Alpes occidentales; ils est composé, en Arménie, de marnes argileuses et calcaréo-arénacées, de conglomérats très puissants de calcaires à Actéonelles et à Rudistes. Les calcaires turoniens, qui occupent les hauteurs entre les fleuves Kapan-, Tschundur- et Berghuschet-tschaï dans les montagnes méridionales du Karabagh présentent le caractère du terrain à Rudistes, du terrain urgonien àRequinia Matheroni, à Monopleura urgonensis etc.

Le terrain nummulitique se retrouve fortement développé aussi sur le bord méridional de la Caspienne, au Mazenderan, où, suivant les observations de M. Houmaïre pe HELL, on trouve, en traversant l’axe central de la chaîne de l’Alborousse, entre Radkhan et Touwa, un calcaire qui sur le versant septentrional contient des Nummulites, par exemple le Numm. Ramondi, et en descendant à Touwa, un calcaire compacte blanchâtre, qui au lieu de Nummulites contient des concrétions calcaires aplaties à couches concentriques. Un semblable terrain crétacé à Nummulites se présente à Jenibissar dans la vallée de Nekha, au nord de la chaîne d’Alborousse. La roche qui renferme ces fossiles est un calcaire blanc, ordinairement compacte, passant à la marne et au calcaire argileux. Elle forme près d’Astrabad les premières collines de la chaîne, recouvre les pentes du montSandouk, le plateau de Tschehennemi, et couronne les sommités qui dominent la vallée de la Nekha. Le dépôt repose en stratification discordante sur un terrain carbonifère très ancien. M. d’ArcHiaAc a reconnu dans la craie de la vallée de la Nekha les Ananchytes semiglobosus, Terebratula subrotunda et Ostrea globosa Sow., var. Ostreae vesicularis, ainsi que plusieurs espèces nouvelles de Phasianelles et d'Ammonites.

EX. Oryctophytologie ou

description des plantes de la Période moyenne.

La Flore secondaire ou les Plantes de la Période moyenne de la Russie d'Europe et de la Russie d'Asie ne présentent pas des genres très différents de ceux de la Période ancienne; en outre leur nombre n’est pas grand, parcequ'il n'existait alors dans ces pays que de petites îles, dispersées dans la mer jurassique. Elle passa insensiblement à l’état de mer crétacée, qui occupa non seulement tout le midi de la Russie actuelle, mais qui se continua encore jusqu’au centre et même jusqu'au nord de l'empire.

Les dépôts secondaires, jurassiques et crétacés, ne sont pas en général riches en végétaux fossiles, et ceux-ci ne présentent jamais des couches aussi puissantes que les terrains carbonifère et dyassique de l’Oural et de l'Altaïi, où la durée des îles et surtout du premier continent à l’orient de la Russie d'Europe a dû être beaucoup plus longue que celle des petites îles pendant le dépôt des végétaux jurassiques et crétacés au centre et au midi de la Russie.

La durée de la Période moyenne en général a dû y être très courte, et c'est la raison pour laquelle on n’y trouve pas la végétation du grès bigarré, du calcaire coquillier et des marnes irisées de l’Europe occidentale ; il y manque même la végétation liassique, kimméridgienne et wealdéenne de l'Angleterre, de la France et de l’Allemagne, preuve que, pendant toute cette époque, une mer vide et incapable de nourrir des animaux et des végétaux inonda les vastes plaines de la Russie actuelle. Cette mer a couvert pendant une longue durée de temps le nord et lorient de la Russie d'Europe et y a déposé

un grès équivoque, dont on a fait un terrain tantôt dyassique, tantôt Eichwald, Lethaea rossica. II. 1

triassique à cause de la tige d’un Calamite, voisin du Calamites arenaceus Jäc., qui s’y trouve très rarement et à des localités très éloignées. Le terrain nommé muet à juste titre par le Baron Az. Meyen- DORF, recouvre immédiatement le dyas, à la pente occidentale de l’Oural, qui se composait d'abord du grès rouge, pénétré généralement d'oxyde de cuivre et passant ainsi insénsiblement à l’état de grès cuivreux, et ensuite du calcaire magnésien, qui abonde également en différentes combinaisons de cuivre et en animaux fossiles marins, tandis que le grès rouge ne contient qu'une Flore et une Faune terrestres.

Si nous passons de là à des siècles plus rapprochés de l’époque actuelle, nous arrivons aux couches jurassiques de la Russie qui semblent le mieux correspondre aux oxfordiennes, et ce ne sont que quelques Fougères et Cycadées fossiles du Caucase et du midi de la Russie qui rappellent le terrain liassique peu developpé et passant insensiblement au terrain oxfordien; nulle part on ne voit des couches d’une houille jurassique; il y manque même les dépôts d’une mer kimmeridgienne et wealdéenne avec ses îles à grandes forêts de Cycadées et de Fougères arborescentes de l'Angleterre.

Pour compenser cette végétation, qui manque à l’orient de l'Europe, il s’y était développé une Flore crétacée, surtout néocomienne et gaultienne, qui occupait le centre de l’ancienne Russie et qui par ses dépôts se rapproche de celle de Blankenbourg dans le Harz et d'Aix-la-Chapelle, où il ÿ avait une végétation semblable et la plus abondante du terrain crétacé. C’est elle qui, avec celle du Harz, doit nous servir comme point de départ pour déterminer les végétaux fossiles de la Russie.

Les troncs d'arbres, surtout ceux des Conifères, qui se trouvent dans les terrains jurassique et crétacé de la Russie, ne sont pas changés en houille, comme ceux du terrain carbonifère, mais pour la plupart silicifiés, comme ceux du grès néocomien; ils Sont pénétrés de chaux carbonatée, comme les troncs de l'argile jurassique et se trouvent presque toujours isolés et souvent mêlés aux coquilles de mer, comme bois de transport. En général la végétation de la Période moyenne à été préparée par celle de la Période ancienne, car on trouve partout les mêmes genres de Plantes fossiles, modifiées pourtant par un climat diffèrent et offrant par conséquent des espèces particulières, distinctes de celles de la Période ancienne. Le nombre des espèces jurassiques et crétacées est cependant

très restreint et prouve qu’elles naissaient dans des îlots qui se paraient d’une végétation tropicale de courte durée.

Les recherches oryctophytologiques sont encore si arriérées en Russie, que je n’ose pas tirer des conclusions générales de la Flore de la Période moyenne, quoique, d’après mes observations actuelles , faites sur les collections peu nombreuses que j'ai pu examiner, je suppose que la végétation d'alors avait beaucoup diminué et qu’elle ne peut pas être comparée à la Flore carbonifère et dyassique de la Russie ancienne.

Ce sont d’abord les Plantes cellulaires qui se recontrent très rarement dans la Période moyenne. Je ne connais jusqu'àprésent que quelques Algues marines, de petits Chondrites, qui se retrouvent dans une marne silicéo-argileuse du grès vert du gouvernement d'Ekaterinoslaw, dans un terrain qui, par suite de sa destruction, forme l'argile siliceuse du midi de la Russie. Il y a aussi quelques Algues marines dans le terrain jurassique de la Crimée et du Caucase, mais elles sont si mal conservées qu'il est presque impossible de les déterminer rigoureusement. La mer jurassique a dû être alors d’une composition particulière, qui ne favorisait pas le développement des Algues marines.

Le terrain crétacé est plus riche en genres d’Algues très curieux. Ce sont les Cylindrites, d'énormes tiges d’Algues marines, qui se trouvent dans les gouvernements de Simbirsk et de Tam-

bow, comme en Saxe, et indiquent par là que le climat d'alors a dû être le même dans ces-pays si éloignés les uns des autres.

Les Plantes vasculaires sont plus fréquentes dans la Période moyenne. Parmi les acotyledones acrogènes ce sont surtout les Fougères qui prédominent dans le terrain jurassique du Caucase méridional et du midi de la Russie d'Europe, comme p. e. les C yclopteris, Sphenopteris, Alethopteris, Acrostichites, Pecopteris, et Taeniopteris, qui se trouvent aussi, mais en d’autres espèces, dans la Période ancienne, et les Reussia, Weichselia, et Psammopteris, qui se montrent pour la première fois dans la Période moyenne, surtout dans le terrain néocomien de Kline dans le gouvernement de Moscou, dans lequel se trouve aussi un Calamites curieux, comme aussi près de Karowa dans le gouvernement de Kalouga, et un Equisetites près de Reschëtka aux environs de Simbirsk. Les Lyopodiacées, si

riches en genres parodoxes de la Période ancienne, sont limitées de

à un petit Lycopodites du terrain jurassique de Kamenka dans le gouvernement d'Ekaterinoslaw.

Le plus grand nombre des Plantes fossiles de la Russie est connu jusqu'à présent dans la classe des Dicotylédones gymnospermes; elles sont également fréquentes dans le terrain jurassique et dans le terrain crétacé.

C’est ainsi que de la famille des Cycadées un Zamites se trouve près de Kamenka et un autre près d'Iletzkaya dans un terrain jurassique, un Pterophyllum dans le même terrain à Petrowskaya dans le gouvernement d'Ekaterinoslaw, tandis que les vrais Cycadites se rencontrent dans le grès néocomien de Kline aux environs de Moscou et près de Tim dans le gouvernement de Koursk.

La famille des Conifères était répandue beaucoup plus généralement en Russie. Le Widdringtonites se trouve dans le terrain jurassique du midi du Caucase, le Cupressites et le Geinitzia dans le néocomien des environs de Moscou et de Meziritsch dans le gouvernement d'Ekaterinoslaw, les Cupressinoxylon, riches en variétés d'âge divers, se rencontrent également dans le néocomien des gouvernements d'Ekaterinoslaw, de Kharkott, de Pensa, de Tambow, de Simbirsk, de Saratow, de Moscou, d'Orel et en beaucoup d'autres localités.

Une espèce d'Araucarites existe dans le néocomien de Kline, une autre dans le terrain jurassique de Khoroschôwo près de Moscou, tandis que dans le néocomien de Talitzi et de Khoroschôwo on reconire un Pinites; une autre espèce de ce genre est jurassique et se trouve à Popilani près de Kowno et en Pologne. Le genre équivoque d'Arthropitys a été irouvé dans le terrain crétacé de Novgorod Sewersk.

Quant aux familles des Bétulacées et des Cupulifères, leurs troncs se rencontrent en Russie, mais dans des terrains encore douteux, tandis que les empreintes de leurs feuilles sont assez fréquentes près de Kamyschine, dans un grès qui me semble appartenir au néocomien.

Les Dicotylédones angiospermes, auxquelles appartiennent un Daphnogene du grès crétacé d’Ossinowo dans le gouvernement de Tschernigow, et des fruits drupacés d’un Amygdalus et de Cerasus du néocomien de la Crimée, appartiennent à des genres qui ménagent déjà le passage aux espèces tertiaires.

Enfin nous devons faire mention des Monocotylédones, qui sont jusqu'àprésent très rares en Russie; je n’en connais qu'un Cyperites, qui provient d'un terrain crétacé problématique de lembouchure de la rivière de la Léna dans la Sibérie orientale, et un Fasciculites encore plus problématique du néocomien de Kline près de Moscou.

La flore de la Période moyenne en général se rapproche vers sa fin et à cause des nombreuses plantes Conifères et des Dicotylédones angiospermes, de la Flore tertiaire et prouve suffisamment que le climat d'alors n'était plus aussi chaud, que celui de la Période ancienne; elle fait voir en même temps que les îles pourvues de la Flore d'alors, ont dû être très petites et dispersées à des grandes distances dans l'océan de la Période moyenne; ces îles doivent avoir eu en outre qu'une très courte durée, car on ne trouve nulle part des couches de houille, pour la formation des quelles il fallait d’un laps de temps beaucoup plus long, mais au contraire on rencontre partout des troncs d'arbres isolés assez bien conservés et transportés dans la mer loin des îles sur lesquelles ils ont dû croître et qui furent détruites par les vagues peu de temps après leur apparition au-dessus du niveau de la mer.

——L He 6—

Exposition systématique des végétaux fossiles.

Classe première.

Plantes cellulaires.

Ordre premier.

Alques.

Les Plantes cellulaires se recontrent très rarement dans les terrains de la Période moyenne de la Russie; ce ne sont que quelques espèces marines de Chondrites qui se trouvent dans une marne argileuse crétacée d'Ekaterinoslaw et dans un terrain jurassique de la Crimée. Les Algues d’eau douce n’ont pas encore été rencontrées dans ces terrains de la Russie.

Famille première.

Floridées.

La fronde coriace ou cartilagineuse est ramifiée, à rameaux cylin-

driques plus ou moins longs, distribués sans ordre, et à séminules très petites.

Genre I. Chondrites STerns. voy. vol. I, pag. 57.

Ce genre se trouve dans les terrains de la Période ancienne et moyenne.

Esp. 1. Chondr. serratus m.

PI. I, fig. 1. grandeur naturelle.

Frons ramosa, bifida, ramis principalibus tumidis, subcompressis, inaequalibus, inflexis, utroque margine denticulato, denticulis simplicibus vel duplicibus, deorsum inflexis.

Hab. dans un grès vert argileux du gouvernement d’'Ekaterinoslaw, ainsi que dans celui de Kharkow.

La fronde rameuse est dichotome, à rameaux principaux enflés, inégaux, plus ou moins infléchis et légèrement comprimés; les deux bords sont dentelés, les dentelures courtes, tantôt simples, tantôt bifides, la surface des rameaux est finement pointillée et offre de petites granulations.

Cette espèce est caractérisée par les bords dentés de la fronde. Les dentelures très inégales sont placées tantôt d’un côté, tantôt des deux côtés des rameaux, qui sont allongés et droits, ou courbés et courts. Les dentelures sont enflées à leur base pointues à leur extrémité et infléchies vers le bas; elles imitent de petits becs d'oiseaux et occupent en général les deux bords des rameaux comprimés.

C’est la seule plante observée jusqu’à présent dans le grès vert des gouvernements de Kharkow et d'Ekaterinoslaw. Cette espèce ressemble un peu au Gyrochorte ramosa Heer * du terrain jurassique de la Suisse, quoique celui-ci se compose d’un ruban étroit, contourné tantôt d’un côté, tantôt de l’autre et crénelé aux deux bords: il est également rameux; les rameaux très courts sont lisses ou crénelés, et n’offrent jamais de dentelures comme le Chondrites serratus.

Esp. 2. Chondr. aequalis Broxex. Végét. foss. Paris. 1828, pag. 58. PI. V. fig. 4.

Deuvorr, Voyage dans la Russie mérid. vol. IT, pag. 748.

La fronde est bi-ou tripinnée, à pinnes filiformes, simples, allongées et légèrement enflées à l'extrémité.

Hab. dans un calcaire compacte jurassique près de Kaffa en Crimée.

La fronde est quelquefois plus rameuse, à rameaux très grêles, souvent dichotomes, plus courts et flexueux; elle ressemble alors au Chondrites difformis Az. BronGx., dont cependant les pinnes sont filiformes et légèrement renflées à leur extrémité.

Il en existe une seconde variété en Crimée, dont M. Brox- GNIART ** à fait une espèce particulière, le Chondr. orientalis, et une troisième, qu’il a nommée (1. c. pag. 748) Chondr. Huotii, sans la décrire en détail; celle-ci se trouve dans la même localité, réunie, à Ti-

* O0. Hzer, Die Urwelt der Schweiz. Zürich. 1864. PI. IX, fig. 11. pag. 142. ** Voy. An. de Dewivorr, Voyage dans la Russie méridionale vol. II, pag. 748.

renair en Crimée, à d’autres végétaux fossiles indéterminables, à l’état de lignite *.

Genre II. Cylindrites Gorpr.

La fronde cylindrique bifide est renflée au point de la bifurcation; elle s’enfle dans des intervalles indéterminés. La surface munie de Pécorce est tuberculée, à tubercules pourvus de petits enfoncements et à fossettes plus grandes, placées entre les tubercules en rangées quelquefois assez symétriques. L’intérieur de la fronde est rempli d’une substance celluleuse ou d’une espèce de moélle, recouverte par une écorce épaisse, munie de l’épiderme à sa surface.

Ce genre se trouve dans le terrain crétacé.

Esp. 3. Cylindr. tuberosus "».

PI. IV. fig. 13. et PL V. fig. 1 grand. nat. fig. 1 a surface grossie; b axe celluleux; c carène de l’axe; d écorce grossie.

Frons cylindracea, dichotoma, inflato-torulosa, superficies tuberosa, majora tubercula corticis minoribus scrobiculis obsita et foveolis majoribus ab invicem dirempta; cortex medullaque cellulis exiguis exstructi.

Hab. dans un grès vert d’un ravin, dit Berezow, au district de Sysran dans le gouvernement de Simbirsk.

Cette espèce cylindrique se bifurque, la fronde est fortement renflée à la bifurcation; l’intérieur ou l’axe est occupé par une substance celluleuse, (fig. 1 b.) munie extérieurement d’une écorce épaisse également celluleuse (fig. 1 d.). C’est elle qui présente les tubercules à petits enfoncements et les fossettes à d’autres enfoncements plus petits, qui séparent les tubercules les uns des autres. Les fragments ont 2 pouces de long, le cylindre ou l’axe a 7 lignes d'épaisseur, et devient même à la bifurcation d’une largeur de 1, p. 2 1.

Toute la fronde est changée en un grès tendre, composé de petits grains de quartz, qui se détachent facilement les uns des autres, là où l’écorce épaisse s’est conservée encore, également changée en grès compacte quartzeux à tubercules, munis de petits enfoncements et couverts, à ce qu'il semble, d’un épiderme distinct. L’axe celluleux, changé aussi en grès quartzeux, se reconnaît distinctement; il offre à sa surface une petite saillie en carène longitudinale (PI. V, fig. 1 c.), à peu près comme le Cylindrites ou Spongites saxonicus Gerx.; ** cetté saillie me

* Voy. Huor, dans le Voyage de Demiporr I. c. pag. 749. **Gænirz, Charakieristik des sächsischen Kreidegebirges. Dresden. 1839. Tab. XXIII, fig. 1.

semble être une simple côte accidentelle, car elle ne se trouve pas sur tous les individus de Simbirsk. L’épiderme mince est tuberculeux et poreux (voy. L. c. fig. 1 a), l'écorce plus compacte (voy. L c. fig. 1 d) se compose de petites cellules très serrées; elle passe insensiblement dans l’axe celluleux à cellules moins serrées et plus larges, d’où celui-ci devient distinctement poreux, (voy. 1. c. fig. 1 b). Les cellules sont remplies de grains de éüartz et par là l’axe lui-même est silicifié.

Ce fossile très remarquable, considéré d’abord par M. Gernirz comme une Éponge et ensuite par M. GosPpert comme une Algue marine, se rapproche, par son écorce garnie de tubercules à petits enfoncements, et par son axe celluleux, des Fougères et surtout du rhizome du Davallia pyxidata et du Polypodium aureum; mais comme ce fossile est douteux quant à son origine végétale, je le laisse en attendant parmi les Algues, d'autant plus que la fronde, enflée à la bifurcation ou de distance en distance, présente la plus grande ressemblance avec les Algues marines, comme l’a très bien expliqué M. GogpPerr, * qui considère les gonflements comme les acrocystes de Macrocystis et d'Ozothallia. Cependant la structure interne du Cylindrites diffère essentiellement de celle des Algues et le rapproche des Fougères, dont le rhizome a la même conformation, car il est composé d’une moelle celluleuse, d’une écorce plus ou moins épaisse et d’un épiderme indistinct ridé et tuberculé. Les tubercules à rides nombreuses sont disposés pêle-mêle sur le gonflement de la fronde ou entourent en anneaux réguliers la tige cylindrique, dont ils forment l'écorce. Le rhizome du Davallia a un épiderme ridé sem- * blable, mais les tubercules lui manquent, et à leur place on observe des excroissances en soucoupe très petites, d’où naissent les branches latérales, comme on les voit aussi dans le Polypodium aureum. En outre le rhizome de celui-ci présente sur la surface ridée de petits enfoncements, comme pointillés et offrant pour la plupart une disposition réguliere; de ces enfoncements partent les radicelles du rhizome. M. Gosprert ** a décrit presque de la même manière les petits enfoncements de la surface du Cylindrites spongioides, en ajoutant que l’alternance des petits enfoncements et des petites élévations n’est pas irrégulière, mais qu’elle présente une disposition quinconciale ou même spirale, conforma-

* Gogrrerr, Über Cylindrites spongioides, dans le Jahresbericht d. schlesischen Gesellsch. f. vaterl. Culiur. Breslau 1851, pag. 46.

#* Voy. Nov. acta Acad. Nat. Cur. Leop. Carol. vol. XIX, part. 2 et vol. XXIL, part L pag. 357.

tion propre aux Fougères, et qui ne se trouve pas, à ce que je crois, dans les Algues.

Si nous admettons cette conformation du Cylindrites tuberosus comme normale, — nos échantillons l’ont mis hors de doute, — nous ne pouvons pas compter dans ce genre les Cylindrites, décrits comme tels par M. Her, * c. à d.les Cylindr. Langiï et Cartieri, qui en outre viennent du calcaire jurassique blanc de la Suisse, |tandis que les Cylindrites sont caractéristiques pour le terrain crétacé, comme M. Gerxirz l’a très bien constaté.

Esp. 4 Cylindr. regularis ».

PLV te 2 grand. nat. a surface à enfoncements réguliers; b écorce à enfoncements cylindriques; c axe à deux faisceaux compactes; d enfoncements de la surface, grossis.

Frons cylindracea bifurca, superficie corticis foveolata, foveolis majoribus, ovatis, series passim longitudinales regulares exstruentibus, tuberculis minoribus vix emergentibus, axe unam alteramve fasciolam vasorum compactam includente.

Hab. dans un calcaire crétacé près de Kirssanow au gouvernement de Tambow.

Cette espèce diffère de la précédente par les petits tubercules de la grande fronde à peine saillants et par les enfoncements disposés très régulièrement en rangées longitudinales. Les enfoncements sont plus marqués et plus grands que ceux du Cylindr. tuberosus; ils étaient, à ce qu’il semble, destinés au développement des radicelles, comme on l’observe aussi sur le rhizome du Davallia et du Polypodium aureum. id

L’épiderme recouvre l’écorce très épaisse et marquée de plusieurs enfoncements ovalaires, presque cylindriques, qui continuent les fossettes de la surface. La moelle centrale celluleuse ou l’axe présente deux faisceaux compactes, en rubans allongés; ils occupent le centre de l’axe celluleux et sont beaucoup plus compactes que le tissu celluleux tendre ambiant, changé comme eux en une masse calcaire. Ou observe une semblable structure dans la moelle du rhizome des Fougères en question.

Le fragment changé en calcaire n’est pas renflé à la bifurcation de la fronde et semble par conséquent appartenir à une espèce particulière, qui par sa surface criblée de nombreux enfoncements quinconciaux diffère notablement de la précédente.

# ]. c. Zürich 1864, pag. 142. PL IX, fig. 21.

Notre fragment n’a que 11}2 p. de long et 7 1. de large, l’écorce offre une épaisseur de 11} ligne, et la fronde à sa bifurcation l'épaisseur de 11 lignes.

Genre III. Keckia G1ocx.

La fronde, coriace, cylindrique et compacte, est bifurquée, g'énéralement simple ou gazonnante; la surface munie d’enfoncements arrondis assez grands et très espacés les uns des autres; ce sont les anciennes traces de rameaux tombés ou des cicatrices laïssées par la chute des rameaux. Les rameaux se rétrécissent vers leur extrémité pointue et sont même enroulés en crosse avant leur épanouissement.

Je ne compte dans ce genre que le Keckia cylindrica Orro, tandis que le K. annulata GrLocx. à cause de ses cicatrices élargies et très rapprochées les unes des autres constitue le genre Münsteria, dont les cicatrices des rameaux ou frondes caduques sont embrassantes (cicatrices à lapsu frondium amplexicaules).

Esp. 5. Keck. ambigua #».

PI. IV, fig. 13—14 grand. nat.

Frons cylindracea bifurca, foveolis majoribus circularibus absque ordine dispositis, ad ramulos laterales caducos excipiendos praedita.

Hab. dans un grès vert néocomien près du village de Kaloughino du district de Kirssanow dans le gouvernement de Tambow.

La fronde cylindrique allongée est bifurquée et la surface munie d’enfoncements arrondis plus ou moins espacés les uns des autres et disposés sans ordre sur la fronde, laquelle cependant semble être dépourvue de tubercules.

M. Gogpperrt (in litt.) présume, d’après la figure citée qui lui a été communiquée avant la publication de la planche IV, que c’est un rhizome d’une Fougère et M. Recer de St. Pétersbourg est aussi du même avis, mais comme je ne remarque pas la surface ridée du rhizome des Fougères, que je vois au contraire les enfoncements de la surface du Keckia cylindrica très grands et arrondis, je penche à croire que c’est plutôt un genre particulier, qui, dépourvu de tubercules, a plus de rapport avec les Algues marines qu'avec les Fougères et je lui laisse en attendant le nom de Keckia. C’est à ce genre que je rapporte comme seconde espèce le K. cylindrica, dont les ciatrices, après la chute des rameaux, imitent la forme générale du Fucus nodosus. Il se trouve aussi dans un semblable terrain, dans le grès crétacé (Quadersandstein) des environs de Dresde, près de Dippoldiswalde en Saxe.

Les frondes du Keck. ambigua sont souvent gazonnantes et recouvrent avec leurs fragments toute la roche néocomienne, à l'instar du Keck. cylindrica.

La fronde se bifurque sous un angle très aigu; elle a une épaisseur de 4 lignes. Les fragments n’ont que 3 à 4 pouces de longueur.

Le Halymenites cylindricus Srerne. en diffère par ses rameaux opposés et par une fronde dépourvue d’enfoncements à sa surface lisse.

Le rameau à extrémité légèrement enroulée en erosse (1. c. fig. 15) me semble avoir été une capsule à séminules, comme le prouve aussi le Keck. vesiculosa Orr. et le Keck. annulata GLrocx.: c’étaient par conséquent des végétaux marins, de même que le Keck. ambigua.

La même roche renferme un grand nombre de débris de cette espèce, mais d’une longueur et d’une largeur différentes; les fragments sont tantôt plus épais, tantôt plus minces et groupés toujours en gazon.

Classe seconde.

Plantes vasculaires acotylédones acrogènes.

Ordre deuxième.

Fougères.

Pour les caractères généraux des Fougères (Filices) voy. vol. I, 1.

pag. 62.

Famille deuxième.

Neuropterideae voy. vol. L 1. pag. 63.

Genre IV. Cyclopteris BRroNGN. voy. vol. I, 1. pag. 63. Ce n’est que dans le terrain jurassique de Kamenka, près de la ville d’Izoume, que se trouvent les espèces de Cyclopteris. Esp. 6. Cyclopt. lingua #».

PI. IL, fig. 4 à grand. nat.; b grossi.

Frons exigua simplex lingulata, extremam versus partem ad latus flexa, basi dilatata, superficie nervosa, nervis a basi radiorum instar exortis et transversim rugoso-striatis.

Hab. dans le calcaire jurassique inférieur ferrugineux de Kamenka, aux environs de la ville d’Izoume, dans la Russie méridionale.

La petite fronde allongée est en languette infléchie vers l'extrémité | supérieure et élargie à sa base arrondie, de laquelle naissent beaucoup de nervures en rayons nombreux. Ces nervures sont de différente longueur, les plus courtes se rendent obliquement vers les deux côtés, les plus longues vers l'extrémité rétrécie ; ils sont très rapprochés, très délicats et striés en travers; les stries transversales sont très rapprochées et fort rugueuses (voy. PI. II, fig. 4 b grossi). Il se peut pourtant que ces stries ne soient que des plis accidentels des nervures.

Les nervures au milieu de la fronde sont tantôt simples, tantôt bifurquées; elles ne sont pas confluents par des nervures latérales, mais restent simples jusqu’à l'extrémité de la fronde.

Le Cyclopt. digitata Bronex., dont M. Dunxer * a décrit plusieurs variétés, semblables au C. lingua, du wealden de l’Allemagne, diffère cependant par ses nervures tantôt parallèles, tantôt divergentes, qui se bifurquent deux ou trois fois; elles sont plus espacées les unes des autres, et les nervures latérales partent quelquefois sous un angle droit des nervures principales, d’où il se développe une surface en réseau dans toutes ces variétés; c’est ce qu’on n’observe pas dans le C. lingua. . La fronde a 2 pouces 4 lignes de long et 8 lignes de large au milieu; elle se rétrécit doucement en bas et à l'extrémité supérieure,

Esp. 7. Cyclopt. incisa m».

PI. IV, fig. 6 grand. nat.

Frons simplex, flabellato-semiorbicularis, incisa, multiloba, lobis rotundatis, ad basin non distinctis nec nisi incisuris superficialibus obviis, nervis tenuibus dichotomis.

Hab. dans un calcaire jurassique ferrugineux de Kamenka, aux environs d’Izoume.

La fronde simple présente 9 lobes distincts et séparés les uns des autres par des incisions moins profondes que dans le Cycl. digitata Broxex., qui est figuré par M. Dunrer *, du wealden de l'Allemagne, et dont les lobes primaires sont divisés par des incisions plus profondes; les incisions secondaires sont moins profondes. Il y a dans le Cycl. incisa en tout 5 lobes primaires à bifurcation distincte, la bifurcation ne passe

* Dunker, Monographie des Wealden von Deutschland. Braunschweig 1846, pag. 10.

## Lie. PIN, fig. 5 6:

pas au-delà du milieu de la fronde, tandis que la fronde du C. digitata est divisée en lobes plus nombreux, qui sont entièrement séparés et distincts jusqu’à la base.

Famille troisième.

Sphenopterideae. voy. vol. I, 1. pag. 78.

Genre V. Sphenopteris BRONGN.

Les espèces jurassiques sont très rares; je n’en connais que la suivante en Russie, dans le terrain jurassique inférieur.

Esp. 8 Sphenopt. prisca ».

PI. IV, fig. 2 grand. nat.; a grossi.

Frons exigua pinnata, pinnulae basi constrictae, nervosae, alternae, inferiores, quod solent, latiores, majores superioribus, nervis basi furcatis ac denuo divisis, indeque trifidis, e basi subradiantibus.

Hab. dans le calcaire jurassique inférieur de Kamenka aux environs de la ville d'Izoume.

Je ne connais que de petits fragments de la fronde, placés sur la même roche avec l’Equisetites australis. Elle ressemble un peu au grand Sphenopteris Hoeninghausi BRoNGx. * dont les frondes sont tripinnées, les pinnules très profondément trilobées ou pinnifides à 5 lobes; ceux-ci sont obtus, arrondis et non tronqués, rétrécis près de leur base et plus ou moins recourbés en-dessous vers leur bord.

Les pinnes de l’espèce de Kamenka sont petiolées ou pourvues d’un rhachis très mince, les pinnules placées alternativement et 3-, 5- ou 7-lobées, à lobes rétrécis à la base, dilatés et arrondis à leur extrémité, mais les pinnules deviennent de plus en plus petites vers l'extrémité, et de la sorte la dernière pinnule est presque aiguë.

Les lobes, surtout les plus grands inférieurs, sont distinctement échancrés, les nervures sont toujours bifurquées ou se divisent au moins 3 ou 4 fois vers l’extrémité aiguë. Les pinnules sont espacées les unes des autres, ne se touchant pas mutuellement. Le rhachis des pinnules est délicat, mince, comme aussi le rhachis principal, qui est filiforme et semble muni de légères stries longitudinales.

Les pinnes ont à peu près 1 pouce de long, les pinnules basales 5 ont lignes. Cette espèce ressemble un peu au Hymenophyllum (Sphenopteris)

* 1. c. pag. 189. PI LIT.

aculeatum Browex., dont cependant la fronde est tripinnée, les pinnes secondaires lancéolées, alternes et profondément tripinnifides; les rhachis

sont bordés d’une large membrane, continue avec les pinnules. Ces der- nières sont à peu près égales entre elles, obliques, cunéiformes, assez courtes; leur extrémité est élargie, presque tronquée, divisée en 2 ou 3 lobes courts, qui sont eux-mêmes bi- ou tridentés, ce qui fait paraître ces pinnules presque irrégulièrement crénelées à leur extrémité.

Famille quatrième.

Pecopterideae voy. vol. I, 1. pag. 84.

Genre VI. Alethopteris Srerwns. 1 c. pag. 84.

Les espèces de ce genre sont plus fréquentes dans le terrain jurassique inférieur de la Russie et se retrouvent en Pologne.

Esp. 9. Alethopt. insignis Laixps. Hurr., Fossil flora II, pl. 106.

PL IL, fo. 6 grand. nat.; a nervures grossies.

Les pinnules de la fronde sont allongées, rétrécies vers l'extrémité et légèrement infléchies vers le bout de la pinne; elles sont fixées au rhachis par leur base entière; une nervure médiane divise les pinnules en 2 parties égales, sur lesquelles les nervures latérales se bifurquent vers Les côtés des pinnules.

Hab. dans un calcaire argileux ferrugineux du terrain jurassique inférieur de Kamenka aux environs d’Izoume.

Les pinnules sont d’inégale longueur, les unes droites, les autres légèrement infléchies; elles sont réunies à leur base. La fronde de l’espèce de Kamenka est pinnée, les pinnes espacées les unes des autres, étalées et fixées à un rhachis court et sillonné. Les pinnes sont bipinnées, à pinnules distinctement confluentes et réunies à leur base; elles sont allongées, ,infléchies“ à leur extrémité plus ou moins obtuse ou à peine pointue; elles sont en outre alternes et ont 4 lignes de large à leur base, et une longueur de 1 p. 4 L, tandis que les pinnules de l'Aleth. insignis de Scarborough ont 2 p. et plus de long et 4 IL de large à leur base, où elles sont tantôt libres, tantôt confluentes.

Les nervures médianes sont distinctes et c’est de leur base que partent les nervures latérales; elles se bifurquent continuellement, comme on le voit par la figure 6 a; à gauche de la pinne, les nervures sont légèrement infléchies, comme aussi les pinnules elles-mêmes. Cette espèce diffère du Pecopt. dilatata par ses pinnules très espacées les unes des autres,

par ses pinnes plus longues et plus infléchies à leur extrémité et par la nervure médiane plus épaisse que celle des pinnes du Pecopt. dilatata.

Esp. 10. Alethopt. whitbiensis Linz.

Hurr., Foss. flor. II, pag. 144. PI. 134.

Les frondes sont larges, bipinnées, à pinnules obliques, linéaires, allongées, rétrécies vers l'extrémité; elles sont contiguës, mais distinctes jusqu’au rhachis, égales, pointues et légèrement infléchies, ou arquées et rétrécies à leur base; les nervures sont simplement bifurquées.

Hab. dans le même terrain jurassique inférieur, qui correspond au jura noir ou liassique du Daghestan au Caucase. *

Cette espèce est propre au terrain jurassique, mais a beaucoup d’analogie avec celles du terrain houiller. Elle ressemble cependant aussi à lAlethopt. insignis de Kamenka, et n’en diffère que par la base des pinnules, qui est également dilatée des deux côtés, et offre les deux moitiés de la base de la même largeur, tandis que leur largeur est inégale dans l’'Alethopt. whitbiensis, c. à d. le côté inférieur est plus étroit que le côté supérieur, qui est profondément convexe; l’inférieur est concave à sa base.

Esp. 11. Alethopt. angustissima STERNS.

Flora d. Vorw. II, pag. 29. PI. 23, fig. a b. — Puscn, Polens Paläontologie. Stuttgart 1837. PI. I, fig. 6. pag. 4.

Le rhachis de la fronde bipinnée est strié, les pinnes sont presque horizontales, alternes, les pinnules également alternes, droites, pinnatifides, les lobes ovalaires, très petits.

Hab. dans un grès jurassique inférieur, peut-être liassique, mais blanc de couleur, contenant beaucoup de Sphérosidérites près de Dziurow et Miktzailow, dans la vallée de Kamiona aux environs de Sandomir en Pologne.

Esp. 12. Alethopt. elegans Gogpe. var. affin. Bull, de la soc. de Mosc. Üb. d. Eisensand v. Kursk. 1853, I, pag. 23, fig. 1.

La petite fronde pinnée a les pinnes linéaires, droites et obtuses, à nervures latérales, naissant sous un angle droit de la nervure médiane. Elles sont fixées par toute leur base à la nervure médiane et espacées les unes des autres.

* Voy. Azicx, Mém. de l’Acad. de Sc. de St. Pétersb. 1859. Vergleichende Grundzüge der Geologie des Kaukasus 1. €. pag. 118.

Hab. dans le grès ferrugineux crétacé des environs de la ville de Tim du gouvernement de Koursk.

Cette espèce rappelle beaucoup l’Aleth. elegans du wealden * de l'Allemagne, mais n’y est pas tout à fait identique, car les pinnes sont opposées, et non alternes comme dans celui-ci; elles sont droites et non falciformes, et les nervures latéraales sont simples et non bifurquées. Nos

échantillons sont trop incomplèts cependant, pour recevoir un nom particulier.

Genre VI. Acrostichites Gorprr.

La fronde est tantôt pinnée à nervures secondaires obliques et bifurquées, tantôt digitée à nervures secondaires anastomosantes. Les organes de reproduction (sori) sont circulaires et occupent la face inférieure de la fronde, Ce genre se trouve dans les terrains triassique et jurassique.

Esp. 13. Acrostich. Williamsoni Liz.

Hurr. 1. c. II. PI. 126.

PI. IL, fig. 3 pinne entière de grand. nat.; 3 a pinnule mâle grossie.; 3 b pinnule femelle grossie et 3 c fragment d’une pinne femelle fertile, un peu grossie,

Bronex., Hist. nat. des végét. foss. I, pag. 324. PI. 110, fig. 1—2.

Gogrrert, Filic. fossil. systema pag. 285.

Les pinnules de l’espèce dessinée sont très rapprochées les unes des autres, très obtuses et d’une forme particulière; elles adhèrent au rhachis par toute leur base élargie, et sont même décurrentes d’un côté de la base, au-dessus de laquelle elles se rétrécissent davantage vers l'extrémité.

Hab. dans un schiste argileux jurassique noir à mica de Räscht, de Kasbine et en d’autres localités du Ghilan et du Mazanderan en Perse, dans un terrain qui se rapproche du lias.

La nervure médiane des pinnules est très délicate, et plus légèrement courbée d’un côté que de l’autre; elle est par conséquent plus rapprockée vers sa base du bord inférieur de la pinnule que du supérieur. Les nervures secondaires naissent obliquement au nombre de 5 ou 6 de chaque côté de la nervure principale; elles s’infléchissent et se bifur-e quent deux fois avant d'atteindre le bord de la pinnule.

La pinnule fertile, L c. fig. 3 b, est remarquable par les organes d réproduction arrondis et très nombreux, qui occupent toute la face inférieure des pinnules. Celles-ci se recouvrent par là mutuellement et ne sont pas éloignées les unes des autres, comme dans l’Acrost. Wil-

* Dunxer, Monographie des Wealden 1. c. pag. 8. PI. 7, fig. 7 a. Eichwald, Lethaea rossica. Il. 2

liamsoni de l’oolithe de Scarborough. Notre plante à été prise antérieurement pour l’Odontopteris Brardii, et le schiste pour un terrain houïller ancien.

Genre VII. Pecopteris Bronax. voy. 1. c. vol. I, 1, pag. 87.

Les espèces de se genre, très fréquentes dans la houille, se trouvent rarement dans le terrain jurassique.

Esp. 14. Pecopt. dilatata m.

PI. IL, fig. 1—2 grand. nat. 1 à, 2 b grossis.

La fronde très large est pourvue de pinnes tellement rapprochées qu’elles se couvrent mutuellement; leur rhachis est épais et muni d’un sillon longitudinal; les pinnules sont allongées, très rétrécies vers leur extrémité supérieure aiguë, confluentes à leur base et réunies entre elles. La nervure médiane n’est pas distincte et ne se forme que par la division des nervures secondaires bifurquées, qui semblent provenir l’une de l’autre plutôt que de la nervure médiane.

Hab. dans le schiste argileux jurassique inférieur ou liassique à mica de Räscht au Ghilan et de Kasbine au Mazanderan en Perse,

. La fronde bipinnée à des nervures bifurquées, la nervure médiane est distincte, et se bifurque continuellement des deux côtés, en passant vers l'extrémité plus ou moins aiguë. Les pinnes sont rapprochées les unes des autres (voy. fig. 1.) à la base, et deviennent de plus en plus espacées vers leur extrémité (voy. fig. 2.), où elles laissent libre entre elles un espace large. Les pinnules sont lancéolées et légèrement infléchies à leur extrémité.

Le rhachis de la fronde est fort épais et pourvu au milieu d’un sillon, qui longe tout le rhachis; un semblable sillon longitudinal occupe les rhachis particuliers des pinnules; ils sont fixés sous un angle peu aigu au rhachis principal et sont opposés les uns aux autres. Leur distance mutuelle est de 10 lignes.

Cette espèce est très répandue en Perse et ressemble beaucoup au Pecopt. whitbiensis Bronx. qui se trouve à l’île de Whitby et près de Scarborough en Angleterre; celui-ci se rencontre aussi dans l’île de Bornholm, en Styrie et en d’autres localités. Cependant les pinnes du P. whitbiensis sont alternes et non opposées, et leurs nervures ne sont jamais que deux fois bifurquées, tandis que cette bifurcation se répète plus souvent dans le P. dilatata.

Esp. 15. Pecopt. meridionalis ».

PI. IV, fig. 3 grand. nat. a; pinnule grossie.

La fronde grande et large a les pinnes et les pinnules très petites et alternes; les pinnes sont allongées, aiguës et espacées; les pinnules forment des lobes presque elliptiques, très rétrécis à leur base et élargis vers l'extrémité aiguë. La nervure médiane est distincte et c’est d’elle que naissent les nervures secondaires simples ou bifurquées.

Hab. dans un grès jurassique inférieur de Räscht au Ghilan, au midi du Caucase.

La fronde à dû être large, les pinnes ont une longueur de 3 —4 pouces et une largeur de 2 p. 21. Leur distance mutuelle est d’un pouce 2 lignes. Les pinnules sont alternes, très espacées, et leur lobe basal est beaucoup plus grand vers l’extrémité que les autres lobes, qui deviennent de plus en plus petits.

Le rhachis principal de la pinne est marqué au milieu d’un sillon longitudinal, de même que le rhachis secondaire des pinnules.

La forme des lobes des pinnules est toute particulière: elle est presque en coin, leur base étant fort étroite et la partie moyenne très élargie; les lobes sont cependant confluents à leur base et par là les plantes diffèrent du Sphenopteris, dont d’ailleurs elles se rapprochent beaucoup.

T1 y à aussi une petite espèce de ce genre, le Pecopteris exilis Par. qui semble se trouver dans un calcaire liasssique ou jurassique inférieur noir en Imérithie, à Tquirbul au bord du T'serdilistsqual, dans une

couche de houille du mont Durghebi; mais M. GogppxrT n’est pas tout à fait sûr de l'identité des échantillons du Caucase avec le Pec. exilis d'Angleterre. *

Genre VIII. Reussia STERN8. et PRESL.

La fronde simple ou pinnée est pourvue de bords entiers, non crénelés et de paquets de graines (sori) allongés, fixés aux nervures latérales, qui partent sous un angle droit d’une nervure médiane très grosse. Ce genre se trouve dans le grès néocomien et crétacé.

Esp. 16. Reuss. pectinata Gorpr.

VerneulL, Paléont. de Russie pag. 502. PI. G, fig. 6 b.

La petite fronde a les bords tout droits et parallèles entre eux, les

* Voy. Paizzrrs, Geology of Yorkshire. vol. I, pag. 46. 1831. PI. VIT, fig. 16 et Asicu, Vergleich. Grundzüge 1. c. pag. 471, où M. Gogprert à donné la description des végétaux fossiles du Caucase.

paquets de graines (sori) sont rapprochés de la grosse nervure médiane et pourvus par ci par là d’une petite ouverture près de la nervure médiane, pour la sortie des graines (spori).

IHab. dans le grès uéocomien de Tatarowo aux environs de Moscou.

Nos petits fragments n’ont que 11/2 pouce de long et 4 lignes de large.

C’est un genre encore douteux. L’individu de Tatarowo a été nommé par M. Auersacua Scolopendrites pectinatus et il en donne deux figures, * qui cependant diffèrent du genre Scolopendrites par les paquets de graines, qui sont allongés, et offrent leur plus grande largeur près de la nervure médiane, à laquelle ils se fixent presque perpendiculairement. M. Gogprert 1. c. ** ajoute pourtant: si le Scolopendrites pectinatus a en effet des sores comme le Filicites scolopendrioides Bronx. il faut supprimer le genre Scolopendrites et lui donner le nom de Reussia; il se rapprocherait par conséquent moins du Scolopendrium que des Asplenium à frondes simples, comme le Reussia.

M. Uncer rapproche *** le Reussia pectinata du Crematopteris ScHmme., mais il me semble que c’est à tort, car les pinnes tout à fait libres de celui-ci ont une autre forme et sont entièrement couvertes de paquets de graines à leur face inférieure, comme dans le Cremat. typica Scarmr. du grès bigarré de Soultz-les-Bains.

Genre IX. Weichselia Srisur.

La fronde très grande est pinnée, bipinnée, à pinnes très-larges et longues et à pinnules élargi-ovalaires, à extrémité arrondie; les pinnules sont alternes, entières, fixées par toute leur base au rhachis, tantôt stériles, tantôt fertiles, à nervures bifurquées, serrées, dont celles du milieu portent les sores. Le rhachis de la fronde est très épais, ligneux et porte des deux côtés les pinnes alternes.

Ce genre se trouve dans le terrain crétacé, dans le Quadersandstein inférieur du Harz et le néocomien des environs de Moscou.

Les caractères génériques ne sont pas encore bien établis et il se pourrait que ce genre dût être réuni au Cyatheites Gorpr., dont les

* Bull. de la Soc. des Natur. de Mosc. 1844, No. 1, pag. 146. PL IV, fig. 1—2. Bull. de Mosc. 1846, IL. pag. 494.

#* VERNEUIL, Paléont. de Russie pag. 502.

#** Genera et species plantarum fossilium. Vindobonae 1850, pag. 137.

sores sont cependant arrondis, fixés à la division des nervures latérales des deux côtés des pinnules, tandis qu’ils semblent occuper les nervures . du milieu ou même toute la face inférieure de la fronde de Weichselia.

Esp. 17. Weichs. Ludovicae STEEL.

PI. I, fig. 1 a—c en gr. nat.; a tige, vue de l’intérieur b pinnule stérile; € pinnule fertile; d une autre grossie et PI. IV, fig. 4 pinnule fertile; fig. 5 une autre stérile de grand. nat.

STIERLER, Fossile Pflanzen des Harzes voy. Palaeontographica publiés par M. Duxxer et de Meyer. Vol. V, cah. 4. 1857. PI. XII et XHIT.

Pterophyllum Murchisonianum sp. Auers. Goepr. voy. VERNEUIL Paléont. de Russie. Paris. 1845, pag. 501. PI. G, fig. 3, 5, 6 a.

Pecopteris Murchisoniana Auers., Bull. de la Soc. des Nat. de Mosc. 1844, pag. 146. PI. IV, fig. 1 a et fig. 4—5 et PI. V, fig. 7, 10— 11 et 1846, IT, pag. 495. PI. IX, fig. 1—3. — Pecopt. Auerbachiana Rouizz., Bull. de Mosc. 1849, I, pag. 16. PI. J, fig. 55.

Les pinnes, très larges et très longues, sont linéaires, à extrémité obtuse et les pinnules, à nervure médiane épaisse, sont infléchies en bas des deux côtés sous un angle obtus. Le rhachis des pinnes est épais et devient creux par la fossilisation, comme aussi le rhachis principal très gros de la fronde, sur lequel, par la chute des pinnes, il reste de petites ouvertures, alternes des deux côtés opposés; un sillon assez profond occupe le milieu de la surface du rhachis principal.

Hab. dans le grès néocomien du village de Klenowka, à 7 verstes au NO. de Kline, près du village Tatarowo dans le gouvernement de . Moscou, et à Karowa au bord de l’Oka dans celui de Kalouga; il se trouve également dans le grès crétacé inférieur du Harz près de Blankenbourg. $

M. Srrexrer (1. c.) a proposé le genre Weichselia pour cette belle Fougère, qui se retrouve dans le même terrain au Harz et aux environs de Moscou et de Kalouga; il l’a reconnue le premier comme genre particulier et c’est aussi pour cette raison que je laisse à l’espèce de Kline le nom donné par M. Srncer. M. AuerBAcE et surtout M. TraursCHoL»D ont supposé que c’est le Pecopteris Murchisoniana Dunx. du terrain wealdéen de l’Allemagne, * et se sont donné beaucoup de peine pour prouver que le terrain de Kline appartient au wealden ou même au jura; mais la petite espèce du wealden est tout à fait différente du Weichselia de Kline et de Karowa. Les pinnules ont des nervures latérales bifurquées, qui sont à peine plus épaisses que

* Dunxer, Monographie des norddeutschen Wealden. PI. VIIT, fig. 2.

la nervure médiane et n'arrivent pas jusd’aux bords des pinnules, tandis que les nervures du Weichselia, surtout dans les individus fertiles, occupent toute la face inférieure des pinnules.

Les pinnes du Weichselia Ludovicae sont fort allongées, très rapprochées les unes des autres, en sorte qu’elles se recouvrent presque les unes les autres; elles sont très ouvertes ou étalées et légèrement infléchies vers l'extrémité obtuse; les pinnules des deux côtés de chaque pinne sont légèrement infléchies vers leur face inférieure postérieure, qui porte les paquets de graines. Les pinnules sont courtes, très rapprochées les unes des autres et légèrement infléchies, tandis que la base entière est fixée au rhachis épais.

Le rhachis principal de la fronde est très épais et marqué d’une large cavité en dedans, à ce qu'il semble, après la destruction de la moelle. Il à (voy. PL I, fig. 1 a) 8 lignes de large et plus. La fronde à une largeur de 8 pouces et sa longueur doit avoir été d’un pied et demi. Les rhachis particuliers prennent naissance alternativement des deux côtés du rhachis principal, sous un angle très grand, presque droit; ils sont éloignés de 4 lignes les uns des autres; les pinnes ont 6 lignes de large, et sont si rapprochées qu’elles se recouvrent mutuellement.

: Les individus dessinés se trouvent tous en empreintes sur le grès, et c’est là la raison pour la quelle on ne connaît pas bien les nervures des pinnules, surtout aux pinnules stériles; les fertiles (voy. PL I, fig. 1 c d grossie) les montreut plus distinctement, parce que les paquets des graines s’y trouvént à la face inférieure.

M. Ausrpac a fait dessiner la même espèce, * qui cependant diffère un peu de la figure que j'ai donnée PL. I, fig. 2 en grandeur naturelle, par ses pinnules plus espacées, en sorte qu’elles ne se recouvrent pas; ce sont peut-être des pinnes stériles, car les fertiles plus âgées sont toujours plus rapprochées et se recouvrent les unes les autres.

L’individu figuré par M. Rourzzrer (1. c.) a les pinnes espacées de 3 lignes et tout à fait opposées les unes aux autres, en sorte que cela paraîtrait être une espèce particulière, que M. GogpperT à nommée Pterophyllum filicinum; * il ny a pas de doute que l'individu ne soit aussi un Weichselia, et peut-être même le W. Ludovicae. Dans ce cas il faut présumer que c'était un individu jeune, à pinnules moins développées et par là espacées les unes des autres; les pinnes oppo-

* Bull. de la soc. des Natur. 1846, No. IF, pag. 500. PI. IX, fig. 1—3. *#* VerneuUIL, Paléontol. de Russ. 1. c. pag. 501. PI. G, fig. 4 a b.

sées de l'individu de M. Rover, sont dus peut-être à une erreur du dessinateur.

M. Gorpperr (1. c.) a déterminé en 1845 ces fragments d’après des dessins très incomplets. C’est pour cette raison qu’il à cru y voir un Pterophyllum; ce n’est pas même un Pecopteris, mais plutôt un genre voisin du Cyatheites Gogpr., que M. STEHLEr à nommé Weichselia, et dont un grand échantillon de Blankenbourg, que je lui dois, est tout à fait identique à l’espèce de Klenowka.

Genre X. Camptopteris STERNS.

La fronde épaisse est pinnifide, les nervures primaires sont droîtes, les secondaires arquées et forment un réseau à mailles hexagonales; les nervures tertiaires sont très petites, se divisent de nouveau et forment des mailles carrées ou hexagonales. Ce genre se trouve dans les terrains triassique et jurassique.

Esp. 18. Camptopt. Nilssoni STERNS.

Flora d. Vorw. IL, pag. 168.

La fronde pinnifide a des lobes ovalaires, élargis, obtus et presque opposés.

Hab. dans le terrain liassique de la côte méridionale de la mer Caspienne près d’Asterabad, aux environs de la chaîne d’Albrousse.

Le rhachis est cylindrique et strié, à côtes parallèles assez épaisses.

Famille cinquième.

Danaeaceae.

La fronde pinnée a des nervures secondaires simples ou bifurquées, qui prennent naissance, d’une nervure médiane très droite et épaisse, sous un angle droit; les paquets de graines sont ovalaires, linéaires, fixés aux nervures secondaires à la face inférieure de la fronde, et rapprochés des bords.

Genre XI. Taeniopteris BRONGY.

La fronde simple ou pinnée est pourvue de nervures secondaires simples ou bifurquées, qui prennent naissance sous un angle droit d’une nervure médiane épaisse; les paquets de graines sont linéaires et placés parallèlement aux deux côtés des nervures secondaires vers les bords de la fronde. Ce genre se trouve dans les terrains triassique et jurassique.

Esp. 19. Taeniopt. vittata Lino. Hu.

PT. IE, fig. 5 grand nat.; a fragment grossi.

La fronde lancéolée est linéaire, à bords entiers et à extrémité rétrécie et aiguë; les nervures bifurquées ont un rhachis très court.

Hab. dans le calcaire jurassique inférieur ferrugineux de Kamenka près d'Izoume du gouvernement d’Ekaterinoslaw, dans un terrain liassique du Dhagestan, de la vallée d’Ouloutschra, ainsi que dans le lias de Hoer en Scanie, de Whitby et de Gristorpebai près de Scarborough en Angleterre.

Les pinnes lancéolées sont rétrécies à leur base et vers l'extrémité, et garnies de nervures nombreuses très serrées et bifurquées, prenant naissance d’une nervure primaire très courte; celle-ci reste quelquefois simple, sans se bifurquer, ou se bifurque dès son origine au rhachis.

La plus grande largeur de la fronde égale 7 lignes, la longueur est de 3 lignes; d’autres frondes sont plus longues et plus larges.

Le Taeniopt. vittata L. Hurr. diffère légèrement des individus de Kamenka, dont la division des nervures est toute différente; les individus d'Angleterre offrent deux ou trois nervures primaires simples jusqu’aux bords extérieurs et occupent les espaces entre les nervures bifurquées, tandis que les individus de Kamenka n’ont qu’une seule nervure primaire simple, placée entre les nervures bifurquées. En outre la base de sa fronde est plus décurrente que dans la figure donnée par Linpzey et Hurow; l’extrémité des individus anglais est échancrée; elle est aiguë dans les individus de Kamenka. Sa nervure médiane, en côte épaisse, est pourvue d’un sillon longitudinal et se termine à la base en une tige plus grosse que dans le Taen. vittata de l'Angleterre. M. GoepPERT * a proposé par conséquent de nommer les individus du Caucase, qui ressemblent à ceux de Kamenka, Taen. crassipes.

Famille sixième.

Marattiaceae.

Les tiges des Marattiacées sont herbacées et couvertes d’écailles charnues à cicatrices après la chute des frondes; un cylindre ligneux, composé de nombreux faisceaux vasculaires, contient beaucoup de vaisseaux scalariformes. Les radicelles accessoires épaisses sont pourvues à l’intérieur d’un vaisseau central stelliforme. Les paquets de graines sont sessiles, à spores presque carrées.

* Agice, vergl. Grundzüge der Geogn. des Caucasus I. c. pag. 473.

Genre XII. Psammopteris m.

Bull. de la Soc. des Nat. de Mosc. 1861, No. 3.

La tige très courte semble se composer de nombreux cylindres pétiolaires redressés verticalement et réunis entre eux pour former une tige herbacée presque conique, à base plus large et pourvue d’une branche latérale, comme les Marattia parmi les Fougères herbacées. Les cylindres présentent, après la chute des frondes, des cicatrices presque ovalaires ou arrondies, disposées en quinconce par suite des bases des frondes qui entourent la tige en spirales; les plus jeunes sont placées plus haut que les plus âgées ; Les bases pétiolaires sont striées à leur surface et semblent réunies les unes aux autres par des faisceaux vasculaires. Ce genre se trouve dans un grès néocomien.

Esp. 20. Psammopt. knorriaeformis ».

PI. I, fig. 2a b grand. nai., figuré des deux côtés opposés; c d cicatrices; e bases de rhachis pétiolaires; x branche basale. PI. V. fig. 3 a la même tige en un fragment muni de courtes bases de frondes (x) -- fig. 4 moule d’une autre tige: a cylindres ou bases de frondes; b radicelles agglomérées.

La tige à branche basale est garnie à sa surface de nombreux cylindres verticaux ou de bases des rhachis de la fronde, qui sont rétrécies aux extrémités et parcourues à leur surface de stries longitudinales. Les bases pétiolaires forment des rangées spirales, ascendantes, régulières, à extrémité supérieure marquée d’une cicatrice après la chute de la fronde. Les cicatrices sont disposées en quinconce; le sommet de la tige très courte est arrondi et rétréci.

Hab. dans le néocomien de Kotelniki près de Moscou et peut-être dans un terrain semblable de Koursk.

Cette tige conique et courte me semble appartenir à une Fougère herbacée de la famille des Marattiacées. M. Traurscnozp * en fait un Knorria, de la famille des Lepidodendrées, qui ne se sont pas encore trouvées dans un terrain de la Période moyenne, et M. GOoEPPERT suppose, d’après la figure que je lui avais communiquée avant la publication, que c’est un Conifère, voisin du Pinites protolarix nodosus, sur le bois duquel on observe effectivement des renflements allongés avec une cicatrice terminale semblable, après la chute d’une feuille; mais ces gonflements ne sont jamais aussi symétriques et ne forment pas des rangées spirales autour de la tige, comme dans le Psammopteris. En outre Le bois

* Bull. de la Soc. des Nat. de Mosc. 1858, IV, PI. V, fig. 8; le sommet de la tige èst tourné vers la base dans la figure citée.

fossile des Conifères se prête très bien à la silicification, en sorte qu’on remarque toujours sur la coupe transversale les couches concentriques annuelles, tandis que la cavité de la tige des Fougères, comme aussi celle du Psammopteris, se remplit ordinairement de grès, et ne présente pas de structure apparente. Les bases des frondes de celui-ci sont également creuses au centre et dépourvues d’une structure quelconque, remplacée par le même grès dans l'individu de Kotelniki de la collection de M. Aver- BACH à Moscou. Le sommet arrondi, caractéristique pour les Marattiacées herbacées, diffère également d’un tronc de Conifère; sa hauteur est très grande et sa forme plutôt cylindrique que conique; qu’on y ajoute encore la branche latérale à la base élargie de la tige et il devient très probable que c'était une Fougère herbacée. J’en donne encore une autre figure plus détaillée sur la PL V, fig. 3, pour montrer les différences de cette tige et pour faire davantage ressortir les bases des frondes (1. c. x), dont les unes sont comprimées et élargies, à cavité distincte, les autres plus cylindriques ou fusiformes et striées à leur surface, les stries ou côtes offrant la longueur des cylindres. Ceux-ci sont en outre réunis entre eux par des filaments, qui prennent naissance à leur base en petits faisceaux vasculaires, conformation toute particulière de cette tige.

-Je possède dans ma collection encore un autre fossile en moule, voy. PI V, fig. 4, qui me semble appartenir au même genre. C’est probablement la base d’une tige (1. c. fig. 4 a) plus petite et composée à, ce qu’il paraît, de semblables cylindres redressés et légèrement courbés, et de nombreuses radicelles (1. c. b b), placées à côté de la tige et marquées de nombreux enfoncements. Les enfoncements laissés par les radicelles pourries se continuent en canaux contournés en différentes directions, comme les racines accessoires des Fougères en général. Il s’en développe une masse poreuse agglomérée, à peu près comme le Temskya Cord. pour lequel j'ai cru au commencement devoir prendre ce fossile. J’abandonne la rectification de cette observation à une découverte ultérieure plus favorable. Ce fossile s’est trouvé dans un terrain néocomien ferrugineux des environs de Koursk, où il se rencontre réuni aux moules de feuilles du Quercus spathulata, dont je donne la description plus loin. Le moule de la tige a une largeur de 8 lignes et contient 5 cylindres à faisceaux vasculaires; les radicelles placées au côté gauche de la tige forment une agglomération de la largeur de 1!}2 pouce et d’une longueur semblable.

Ordre troisième.

Calamariae.

Famille septième.

Calamiteae (voy. vol. I, pag. 160).

Les Calamitées ont une tige articulée, entourée de rameaux en verticilles; ceux-ci sont placés autour des articulations de la tige, et de distance en distance ils sont pourvus de longues feuilles étroites en verticilles, comme on le voit distinctement dans le Calamites (Equisetites) Meriani Bronex. * Les organes de reproduction, en épis allongés, se trouvent aux sommets des rameaux et non à l’extrémité des tiges, comme dans les Equisétacées. La détermination des epèces est difficile et en génèral douteuse, car M. Quexsrepr à fait récemment l’observation que le Calamites arenaceus JÂc. n’est que le noyau de lEquisetum columnare BRoNGx.

Genre XIII. Calamites Sucx.

La forme des côtes et des sillons, tant à la surface de l'écorce articulée que sur le noyau intérieur, fournit presque les seuls caractères des espèces, et si les individus sont dépourvus d’écorce, la détermination spécifique en est très difficile. C’est par conséquent un genre pour la détermination duquel il reste encore beaucoup à faire. On le trouve surtout dans le terrain houiller de la Période ancienne, mais il passe de là à la moyenne, où il se rencontre dans le terrain jurassique.

Esp. 21. Calamites australis ».

PI. IV, fig. 8 grand. nat. a surface de l'écorce grossie; b écorce gr. nat. c cicatrices des articulations; d gaîne interne. PI. V, fig. 5 a gaîne corticale du même individu à petites côtes (x); fig. 5 b fragment d’un rameau strié, à trois cicairices (y) pour fixer autant de feuilles linéaires; fig. 5 c tige fendue du même individu.

Caulis cylindraceus mediocris, sulcatus, costae inter sulcos longitudinales vix crassiores sulcis costarum instar tenuiter striatis; articuli cicatricibus vel foveolis teretibus à lapsu ramorum verticillatorum praediti et

* Hger, Urwelt der Schweiz. Zürich 1864, pag. 51, fig. 28. #* Neues Jahrb. d. Mineralogie u. s. w. 1842, pag. 305.

internodia tenui epidermide longitudinaliter striata obtecta; rami foliis linearibus verticillatis cincti.

Hab. dans le terrain ferrugineux jurassique inférieur de Kamenka près d’Izoume dans le gouvernement d’Ekaterinoslaw.

La tige, cylindrique et légèrement comprimée, a un pouce de large, et est très longue. Les articles ont 1 p. 1 ligne de long; les côtes de la tige sont presque de la même largeur que les sillons; elles sont, comme ceux-ci, munies de stries longitudinales très délicates.

La tige est pourvue de cicatrices (1. c. PL IV, fig. 8 c) arrondies et placées aux articulations, sur lesquelles elles n'apparaissent qu'après la chute des rameaux verticillés; les côtes de l’écorce prennent naissance aux articulations, et l'écorce couvre une gaîne ou membrane intérieure très mince. Celle-ci (1. c. fig. 8 d) est également parcourue de stries longitudinales très serrées et intimement attachée à l’écorce, dont les côtes se moulent sur la membrane en stries longitudinales. Les Calamites se trouvent souvent uniquement sous forme de cylindres striés, dépourvus de leur écorce.

Une autre membrane ou gaîne extérieure enveloppe l'écorce et semble, dans l’espèce qui nous occupe, remplacer la gaîne dentelée des Equisétacées. La membrane, légèrement striée, couvre en enveloppe très mince toute l’écorce entre les articulations, s’élève d’un article placé plus bas jusqu’ à l’article supérieur, suivant et occupe par conséquent tout l’espace entre ces deux articles. Elle diffère par là de la gaîne dentée de l’Equisetites, qui offre un espace libre au dessus de chaque articulation. J'avais cru d’abord que cette gaîne du Calamite ou espèce d’épiderme n’est que l'empreinte de son écorce, maïs elle diffère de cette dernière sous beaucoup de rapports. Pour permettre d’en mieux juger, je l’ai fait représenter sur la PI. V, fig. 5 a; elle est légèrement striée, à stries longitudinales, semblant provenir des côtes corticales qui s'étaient moulées sur la gaîne. Les stries sont de deux sortes: les unes sont plus fines, à peine distinctes, les autres plus épaisses (L c. fig. 5 x), mais munies de petites piqûres ou enfoncements, aux quels se fixèrent, à ce qu’il paraît, de petits aiguillons ou d’autres excroissances, que l’on ne remarque pas sur les côtes de l’écorce. Je suis donc porté à présent à supposer que ce n’est pas l'empreinte de l'écorce, mais une gaîne qui enveloppait celle-ci et qui correspond à l’épiderme du Calamite. 11 y a en outre sur la même roche, près de la tige du Calamite, de petits rameaux (1. c. fig. 5 b) également striés, mais n’offrant pas les articulations de la tige. On observe à leur place de petites cicatrices (1. c. y), placées en verticilles autour des ra-

meaux, et auxquelles étaient attachées, à ce qu’il semble, les feuilles allongées et étroites, comme dans le Calamites Meriani dela Suisse. Le rameau figuré présente 9 côtes longitudinales et 3 cicatrices arrondies, dont chacune est placée entre deux ou trois côtes dans de petits enfoncements, qui, réunis en rangée transversale, semblent correspondre aux articulations de latige. Les feuilles étroites, attachées aux cicatrices, entouraient les rameaux en verticilles semblables, à ceux des rameaux qui entouraient la tige.

D’autres empreintes sur la même roche sont plus longues et plus larges (1 c. fig. 5 c); elles sont fendues à leur partie supérieure et me semblent présenter une tige comprimée et fendue du même Calamite. Les empreintes montrent souvent une tige entière bien conservée, mais fortement comprimée; on remarque distinctement l'écorce des deux côtés, à l’intérieur et à l'extérieur, et une cavité très comprimée entre les deux côtés. Ce sont les fragments qui ont été considérés autrefois comme feuilles d'un Flabellaria, et ils me semblent effectivement avoir quelque ressemblance avec un Bambusium, dont la tige très large et cylindrique se fend aussi très facilement par une légère compression en deux ou plusieurs parties, comme l’a figuré M. Uncer. * Ces deux genres cependant ne se sont trouvés jusqu’à présent que dans le terrain tertiaire et c’est la raison pour laquelle je préfère ranger les fossiles en question parmi les Calamites, d’autant plus que je ne vois pas dans les fragments la structure des Graminées, auxquelles appartient le Bambusium.

L'individu figuré (1 c. PI. IV, fig. 8) ressemble un peu à l’'Equisetites lateralis Parc. ** du terrain jurassique inférieur de Scarborough, qui cependant est moins large et dont les cicatrices, dues à la chute des rameaux, sont plus grandes et isolées aux articulations et non verticillées.

Genre XIV. Calamitea Corr.

Les troncs à rameaux verticillés du Calamitea sont striés par des côtes longitudinales. Le corps ligneux est pourvu de lacunes, qui entourent en deux rangées concentriques une moelle celluleuse centrale, formée de vaisseaux scalariformes et prosenchymateux, alternant avec des vaisseaux vasculaires. Les rayons médullaires, également composés de pareils faisceaux vasculaires, sont très nombreux. Ce genre se trouve dans le terrain dyassique de la Saxe et, à ce qu’il semble, dans un terrain néocomien de la Russie.

* Uxcer, Chloris protogaea. Leipzig 1847. PI. 40, fig. 1. #* Geology of Yorksh. oolite. PI. X, fig. 12

Esp. 22. Calamitea inaequalis ».

PI. IE, fig. 10. PI. IL, fig. 21. PI. V, fig. 6 en grand. nat. de Klenowka; 6’ coupe transversale de la moelle centrale d’un individu de Karswo; 6‘ coupe longitudinale du même; aa rayons médullaires; les vaisseaux scalariformes.

Calamites arenaeeus affin. GoPr. Verneuiz Paleônt. de la Russie pag. 501.

Calamitenstengel Auxrsaca, Bull. de Mosc. 1844. I. pag. 147. PI V, fig. 8 —9.

Equisetites Meriani (Srerxs.) Géognosie de la Russie 1846 (en russe) pag. 513.

Equisetites inaequalis #., Bull. de Moscou 1861. No. 3.

L’écorce de la tige cylindrique est striée par des côtes longitudinales nombreuses; elle se compose à l’intérieur d’une double zône de lacunes, dont les extérieures sont les plus grandes et les intérieures les plus petites. Ces zônes entourent en deux cercles la moelle centrale et percent un tissu cortical, composé de vaisseaux scalariformes. Les articulations ou cloisons de la tige sont distinctes, épaisses et fort espacées les unes des autres. La moelle centrale contient des vaisseaux scalariformes verticaux et d’autres horizontaux, qui forment les rayons médullaires très nombreux, disposés en rangées simples; de petites lacunes verticales percent ça et là le tissu médullaire.

Hab. dans le grès néocomien de Klenowka dans le gouvernement de Moscou et de Karowo, et dans celui de Kalouga.

M. Gorprert * n'ayant en 1845 vu que des dessins très incomplets de cette espèce, disait, ,si l’espèce de renflement que l’on aperçoit est une véritable articulation, on pourrait y voir un Calamites, voisin du Cal. arenaceus du keuper. Si le bourrelet n’est autre chose que le résultat d’une brisure, ce qu’il est impossible de distinguer, alors on ne peut rien dire de précis.“ C’est sans doute une articulation, car elle se répète sur plusieurs fragments, et les articulations sont éloignées ordinairement de deux pouces ou plus les unes des autres. La surface de la tige est pourvue de côtes épaisses, comme celle des Calamites ordinaires, mais elle est finement striée au jeune âge, et par là Les petits individus ressemblent aux Equisétacées.

La tige silicifiée des grands individus, dont l’un, figuré en grandeur naturelle sur la PI V, fig. 6, se trouve dans la collection de M. AuerBACH à Moscou, se compose de l'écorce d’une épaisseur de trois lignes, et de la moelle centrale beaucoup plus large. L’écorce présente deux couches,

* VERNEUIL, Paléontol. de la Russie, pag. 501.

une extérieure (fig. 6 c) et une intérieure (1. c. fig. 6 d), dont chacune est munie de côtes longitudinales, réunies deux à deux dans les interstices ou sillons des côtes. Les côtes de la couche intérieure sont doubles en nombre de celles de l’extérieure et reposent dans des sillons longitudinaux plus larges de la moelle medullaire (PI V, fig. 6 a). Les lacunes les plus grandes (1. c. fig. 6 a) forment le cercle extérieur de l’écorce et les plus petites l’intérieur (1 c. fig. 6 b.), et entourent la moelle, qui est également parsemée de quelques petites lacunes sur sa coupe transversale.

L'individu de Karowo, qui se trouve dans le Musée de l’Institut des mines à St. Pétersbourg, est pourvu de la moelle centrale bien conservée, et se distingue par là tout à fait de la structure des Equisétacées; elle offre la structure d’un vrai Calamitea à moelle celluleuse. La moelle se compose, en section verticale (Le. PL V, fig. 6“), de nombreux vaisseaux scalariformes, qui montent verticalement en faisceaux assez épais et sont infléchis, tantôt d’un côté, tantôt de l’autre; d’autres vaisseaux rayés, placés horizontalement (1. c. aa), constituent les rayons médullaires et forment des faisceaux pareils composés, où des rangées simples.

La section horizontale (1. c. fig. 6‘) présente les mêmes faisceaux vasculaires, les uns (1. c. fig. 6‘ aa) en rayons médullaires, partant du centre de la moelle, pour se rendre à sa périphérie, les autres (1. c. fig. 6‘ bb) en faisceaux verticaux ascendants et formant des faisceaux plus épais. C’est entre ces faisceaux que se présentent, par ci, par là, les ouvertures de petites lacunes de la moelle.

L’écorce carbonisée est plus souvent dépourvue de la moelle centrale; je lai fait dessiner sur la PL IT, fig. 10 et la VL IIT, fig. 21. Ces deux fragments proviennent de Klenowka. L'écorce se compose de côtes très minces, qui, réunies deux à deux (1 c. fig. 21 a), occupent les sillons verticaux de la gaîne médullaire (1 c. b) qui a dû entourer la moelle centrale, dont on ne voit pas de traces dans l'individu figuré. Le fragment à 1 p. 6 1 de long et 9 lignes de large; il existe dix sillons sur cette largeur de la gaîne et un nombre double de côtes très minces sur écorce.

L'autre individu, figuré sur la PI, IL, fig. 10, n’est qu’une empreinte; l'écorce est sillonnée (fig. 10 b) et couverte de la gaine corticale (L c. fig. 10 a), portant de nombreuses ponctuations très rapprochées. C’est une autre preuve, que l'écorce à été couverte d’une gaîne épidermique très mince, de même que les Calamites. Elle se voit sur le fragment dessiné

(1. c. fig. 10) du côté intérieur; dans l’autre fragment(Pl. II, fig. 21) elle manque entièrement, et on n’y voit que la gaîne médullaire du côté extérieur (fig. 21 b.).

Genre XV. Arthropitys Gorpr.

Palaeontograph. Bd. XII. Liefg. IV, pag. 183.

Les troncs arborescents sont rameux, à rameaux verticillés; les rameaux et les troncs sont striés; le corps ligneux entoure une large moelle centrale, composée de vaisseaux scalariformes, qui constituent des couches concentriques, et des rayons médullaires, passant du centre vers la périphérie, qui sont plus ou moins épais et très nombreux. Ce genre se trouve dans le terrain dyassique et le crétacé.

Esp. 23. Arthrop. mirabilis ».

PI. V, fig. 9 a tige en coupe transversale; b coupe transversale de lécorce, très grossie; c coupe longitudinale très grossie.

Lignum fossile (radicis?), e lata basi adscendens, externum stratum e vasis scalariformibus prosenchymatosis constructum, medulla exigua strata concentrica dimidiata interrupta offerens et axin angularem seu cavum centrale cingens.

Hab. dans un grès crétacé de Novgorod Sewersk, au gouvernement de Tschernigow.

Le tronc très petit, silicifié, semble être une racine ou la partie basale du tronc, car on ne voit nulle part des rameaux verticillés, mais la trace de l’origine d’un seul rameau se reconnaît d’un côté. Le tronc s’élève de là en un cylindre irrégulier vers le haut et se compose d’une cavité médullaire angulaire et vide, et de zônes concentriques interrompues et presque en croissant. La moelle, percée par les zônes rudimentaires incomplètes, est entourée par l'écorce striée. Les stries verticales sont formées par des vaisseaux scalariformes en faisceaux longitudinaux; ils sont distinctement striés eu travers; leur lumen est assez grand et se reconnaît déjà à l’oeil nu. Les vaisseaux scalariformes forment de nombreux faisceaux, séparés les uns des autres par des vaisseaux prosenchymateux horizontaux, qui traversent sous un angle droit les faisceaux verticaux et forment des faisceaux vasculaires semblables, disposés horizontalement: or ce sont, à ce qu’il semble, les rayons médullaires, qui traversent toute la moelle centrale et passent de là à l’écorce. La moelle se compose de cellules parenchymateuses, entre lesquelles les faisceaux fibro-vasculaires à vaisseaux séalariformes s'élèvent et forment par leur réunion des rubans vascu-

laires semi-lunaires ou des zônes concentriques incomplètes et interrompues. Les zônes rubanées rappellent beaucoup les faisceaux vasculaires en fer

à cheval des Fougères, surtout de qæelques espèces de Psaronius, et

placent ce genre entre les Psaronius et les Calamites, dont il présente les rameaux verticillés, développés, dans l’espèce décrite et figurée par M. Gorpperr sous le nom de Arthrop. (Calamitea) bistriata.*

Tout le tronc silicifié se compose par conséquent de faisceaux vasculaires, dont les uns forment tantôt les zônes rubanées semi-lunaires par leur réunion plus compacte, tantôt la moelle centrale par leur groupement plus uni et moins compacte. Les autres sont disposés horizontalement et forment les rayons médullaires groupés, qui occupent les espaces laissés libres par l’écartement des faisceaux fibro-vasculaires verticaux.

Les stries des vaisseaux scalariformes sont toujours très régulières et larges; elles occupent toute la largeur des vaisseaux et ne sont que des pores élargis ou des amincissements des vaisseaux en forme de raies; dans tous les endroits où la couche interne des vaisseaux fait défaut, ce sont des vaisseaux punctués, à pores très élargis, qu’on retrouve sur les vaisseaux ligneux ou prosenchymateux des Conifères.

La coupe transversale (1 c. fig. 9 b) du boïs fossile montre très bien le grand nombre des rayons médullaires (1 c. y), ne laissant entre eux qu'un espace très étioit, qui donne passage aux vaisseaux scalariformes, occupant avec eux toute la coupe transversale de l’écorce.

Nous voyons la même structure sur la coupe longitudinale (1. c. fig. 9 c.),

qui est également caractérisée par de semblables vaisseaux scalariformes

ou rayés en faisceaux ascendants (1. c. x), et par d’autres faisceaux horizontaux (1. c. y), dont les uns forment les vaisseaux ligneux, les autre les rayons médullaires. A'la coupe transversale, les vaisseaux scalariformes montrent leur ouverture ou lumen assez large (1 c. 9 c). D’autres vaisseaux occupent le milieu de la, moelle centrale (1. c. fig. 9 d) et constituent par leur réunion les faisceaux fibro-vasculaires qui forment les couches concentriques incomplètes. Une couche pareïlle entoure la cavité centrale de la moelle, et une autre se remarque plus près de l'écorce (1. c. fig. e etf.). C’est de ces couches vasculaires que prennent naissance les nombreux rayons médullaires qui rendent la moelle striée, à stries reconnaissables à l’oeil nu, et qui semblent même atteindre l'écorce (1 c. fig. 9 gg) et la traverser en direction horizontale.

En tout cas c’est un genre de plantes tout particulier, qui à beau-

* 1. ec, PL XXXIT, pag. 185.

Eichwald, Lethaea rossica. II. 3

coup de ressemblances avec les Psaronius et qui par sa structure rappelle les Conifères. Notre espèce paraît même ressembler beaucoup au Rhoiïidium Ungeri Mercxr. *, qui provient d’un grès vert du gouvernement de Saratow. Celui-ci a les mêmes vaisseaux ligneux rayés ou scalariformes et les mêmes rayons médullaires composés, c. à d. formant des faisceaux vasculaires, mais il présente aussi des couches concentriques complètes et des rayons médullaires en rangées simples, que je ne vois pas dans mon individu très petit et caractérisé par ses couches concentriques incomplètes semi-lunaires.

Famille huitième.

Equisetaceae (voy. vol. I, pag. 178.).

La tige des Equisétacées est articulée ou cloisonnée de distance en distance et munie de gaînes corticales dentées, qui sont placées aux articulations ou cloisons. C’est d'elles que naïssent les rameaux isolés et non verticillés. La tige souterraine offre des racines, également articulées, comme la tige principale, qui est creuse en-dedans et dépourvue de la moelle centrale du Calamitea. La tige fistuleuse a une écorce à lacunes placées en double cercle autour de la cavité.

Genre XVI. Equisetites STERNS.

La gaîne membraneuse est plus courte que les entrenœuds ou articles de la tige, et dentée à son bord supérieur. Ce genre se trouve dans la Période ancienne, la moyenne et la moderne.

Esp. 24. Equiset. notabilis ».

PI. IV, fig. 7 grand. nat.

Caulis cylindraceus, mediocris, articulosus, longitudinaliter costatus, costis approximatis, articuli perbreves, denticulati, denticulis obtusis rotundatis.

Hab. dans un grès marneux néocomien près de Reschetka dans le gouvernement de Simbirsk.

La tige cylindrique, de taille moyenne, est articulée ; les articles très courts sont munis de dentelures très petites, arrondies, et de côtes longitudinales parallèles et très rapprochées. Les côtes se terminent audessous de l'articulation en une pointe obtuse, qui va se placer dans une échancrure au dessus de l’article suivant, sur lequel elle se trouve entre deux côtes;

* Palaeodendrolog. I. c. pag. 21, PI. II.

les dentelures du bord inférieur d’un article sont par conséquent alternes avec les dentelures du bord supérieur de l’article suivant. Les articles n’ont qu’une hauteur de 2 lignes et une largeur de 5 lignes, sur laquelle il y à à peu près le nombre double de côtes.

On remarque d’un côté de la tige un sillon longitudinal profond et plus large qu’une côte quelconque; il me semble l'empreinte d’un rameau qui à dû prendre naissance à une des articulations, quoiqu’on n’y remarque par de cicatrices, ce que j’attribue à l’état très incomplet de l’échantillon.

Esp. 25. Equiset. columnaris STERNs.

BronenrarT, Végét. foss. PI, XIII, pag. 115.

La tige très grande a la gaîne sillonnée, les côtes entre les sillons sont applaties et se terminent chacune en une dent triangulaire, qui se prolonge en un appendice filiforme très aigu.

Hab. dans le calcaire jurassique inférieur du Daghestan au Caucase dans la vallée Ouloutschra, absolument comme à Scarborough en Angleterre, à Baireuth en Bavière, et à Gaming en Autriche.

Le Calamites arenaceus JÂc. n’est que le noyau de l'Equisetites columnaris et se trouve dans le terrain triassique et le calcaire magnésien de plusieurs pays; cependant il n’est pas encore bien prouvé que l’Equisetum columnare du keuper de Würtemberg soit le même que l’espèce jurassique.

M. GogpperT * mentionne un Equisetites qui semble identique

avec l’Equisetites gaminensis ETrixéesx; on le trouve dans le

terrain oxfordien inférieur de Tquirbul en Imeréthie.

Ordre quatrième.

Lycopodiaceae.

Les Lycopodiacées se composent de deux familles: des Lépidodendrées arborescentes, qui, très nombreuses dans la Période ancienne, ne se trouvent pas dans la moyenne; et des Sélaginées, végétaux très petits, qui se rencontrent aussi dans la Période moyenne, en genres dont les réprésentants vivent encore dans le monde actuel.

Famille neuvième.

Selagineae v. vol I, pag. 109.

Ces petits végétaux sont herbacés, se bifurquent comme les Lépido- 3 *

dendrées arborescentes; Les feuilles sont petites et disposées en spirales ou opposées.

Genre XVII. Lycopodites BRONGx.

Ce genre, très fréquent dans le terrain houiller et le jurassique, est très rare dans le crétacé.

Esp. 26. Lycopodit. tenellus ».

PI. IV, fig. 1, grand. nat.; a gross.

Caulis herbaceus dichotomus, foliosus, folia alterna, majoribus falculatis acutisque, minoribus tenuioribus inter illa obviis, decurrentibus nec ullas a lapsu cicatrices linquentibus.

Hab. dans un calcaire argileux compacte ferrugineux du terrain jurassique inférieur près de Kamenka, aux environs de la ville d’'Izoume.

Cette petite plante herbacée se bifurque; les feuilles alternes sont falciformes et pourvues d’une nervure médiane épaisse, le dos de la feuille devient par là tranchant, comme le sont les deux côtés. Les feuilles tombées ne laissent pas de cicatrices; elles sont grêles, à extrémité aiguë et infléchie ; décurrentes, et dépourvues de nervures autres que la médiane, qui est en forme de carène.

Le Lycopod. Williamsoni Lpz. Hurr. du terrain jurassique : de Scarborough, ressemble beaucoup au L. tenellus, mais les feuilles en sont plus grandes; de petites sont placées entre de grandes; elles sont distinctement polystiques, tandis que le L. tenellus a les feuilles distiques, les grandes alternes avec les petites, placées entre elles.

La Sélaginelle vivante a de semblables feuilles alternes, de petites fixées entre les grandes, à carène médiane dorsale.

Classe troisième.

Plantes vasculaires dicotylédones, a) gymnospermes.

Ordre cinquième. a ÆZamicue.

Les Zamiées remplacent les Lépidodendrées dans la Période

moyenne, dans laquelle leur nombre va en augmentant de plus en plus jusqu'aux temps actuels.

Famille dixième.

Cycadeaceae voy. vol. L 1. pag. 215.

Les feuilles des Cycadées sont remarquables par les nervures longitudinales très nombreuses qui les parcourent de la base jusqu’à l’extrémité; elles sont quelquefois entassées tellement les unes sur les autres, qu’elles forment une houille jurassique en masse; ainsi en Imerethie.

Genre XVIII. Pterophyllum BRronGN.

C’est un genre très riche en espèces dans le terrain jurassique.

Esp. 27. Pterophyll. Blüdeanum ».

PI. IL, fig. 5 grand. nat.

Pinnae parvi folii elongatae approximatissimae, longitudinaliter striatae, sub angulo acuto et tota basi rhachi infixis, nervis numerosis confertissimis, aequalibus.

Hab. dans un grès ferrugineux jurassique supérieur près de Petrowskaya, district d’Izoume.

La petite feuille se compose de nombreuses pinnes parallèles entre elles et très rapprochées les unes des autres, en sorte qu’elles semblent se recouvrir mutuellement. Les nervures, au nombre de 10 à 12, sont égales et très rapprochées. Les pinnes sont fixées par toute la largeur de leur base au rhachis, qui est très mince, légèrement ondulé et en partie couvert par les pinnules.

Le fragment dessiné de la feuille n’a que 2 pouces de long; on compte sur cette longueur 17 pinnes, dont chacune n’a que 11/2 ligne de large. La longueur n’est pas connue, l'échantillon étant incomplet.

Ce n’est pas le Nilsonia compta Linz. Hurr., qui a les pinnes plus courtes et espacées; son rhachis est fort épais et tout droit. Le Zamites gracilis Kure, du terrain jurassique du Würtemberg, est pourvu de pinnes plus étroites, plus courtes et plus espacées; il à en outre un nombre triple de nervures sur chaque pinne.

Esp. 28. Pteroph. Lyellianum.

Dunx. affin., Monogr. d. Wealden pag. 14. PI. 2, fig. 3. PI. 6, fig. 4.

La petite fronde pinnée a les pinnes linéaires, allongées, inégales en longueur et obtuses, non aiguës; par là cette espèce diffère un peu de l'espèce wealdéenne.

Hab. dans le grès quartzeux des environs de la ville de Tim du gouvernement de Koursk.

Les petites pinnes sont un peu espacées, naïssent sous un angle obtus de la nervure principale, et sont munies de 4 ou d’un plus grand nombre de nervures parallèles. *

Esp. 29. Pteroph. Abichianum Gorpe.

Pteroph. caucasium voy. Agicu, Vergl. Grundz. e. Geognosie des Kaukasus pag. 471. — GorrrerT, Bull. de l’Acad. des Sc. de St. Pétersb. T. III, p. 298.

La feuille est pinnée, les pinnes entières sont très ouvertes ou étalées, élargi-linéaires, égales à la base et rapprochées, arrondies à l’extrémité et munies de 18 à 20 nervures très rapprochées; le rhachis est de la largeur des pinnes.

Hab. dans un calcaire jurassique inférieur ou liassique du Caucase, en Imerethie, dans le district d’Okriba près de Tquérbul, où la houille n’est formée que de feuilles de cette espèce.

Cette espèce tient le milieu entre le Pteroph. Preslianum et le P. taxinum du terrain jurassique de Stonesfeld, mais elle en diffère par les caractères indiqués ci-dessus.

Genre XIX. Zamites GorPr. v. vol. I, 1. pag. 216.

à La

Des feuilles seules ont été trouvées jusqu” à présent de ce genre en Russie, dans le terrain jurassique et le liassique.

Esp. 30. Zam. Bechei Browcx. aff.

PI. I, fig. 9 grand. nat.

Les pinnes sont allongées, lancéolées, légèrement infléchies, à extrémité presque obtuse, et garnies de nombreuses nervures très rapprochées et épaisses; le rhachis est très gros.

Hab. dans le calcaire ferrugineux de l’oxfordien inférieur de Kamenka aux environs d’Izoume.

Notre échantillon est trop incomplet pour être rapporté avec certitude à l’espèce de l'Angleterre, où elle se trouve dans le lias; il diffère en outre par sa grandeur plus considérable, par les pinnes placées plus horizontalement, par leur extrémité plutôt obtuse que pointue, comme dans le Z. Bechei d'Angleterre. Les nervures sont très nombreuses.

La largeur de pinnes est de 41) lignes et par conséquent elle est plus considérable que celle du Z. Bechei, dont le rhachis a 2 lignes de large.

# Dans le Bullet. de la Soc. des Natur. de Mosc. pag. 24. 1853. No. 1, j'ai donné une figure No. 2 de cetie petite espèce, très voisine du Pteroph. Lyellianum.

Esp. 31. Zamit. approximatus #.

PI. IL, fig, 8 a gross.

Pinnae folii elongati oppositae, lanceolatae, extremam versus partem obtusam sursum inflexae et basi dilatata exserta rhachi infixae, nervis, numerosis tenuioribus.

Hab. dans le schiste argileux liassique à mica de Räscht et de Kuzbine, sur le bord du Sefidroute en Perse.

Cette espèce appartient à la section des Zamites à pinnes égales, dont la base est élargie, échancrée au milieu et presque embrassante (c’est le sous-genre Podozamites Fr. BRAUN).

Les pinnes sont si rapprochées qui elles laissent à peine un espace entre elles; les nervures sont très fines, très nombreuses et très rapprochées les unes des autres; on en compte plus de 15, c’est-à-dire plus que dans une autre espèce quelconque. Les pinnes sont attachées immédiatement au rhachis et ont une longueur de 1 p. 1 L. et une largeur de 2 1.

Le rhachis a la largeur de /4 de ligne; il est tout droit et ne se rétrécit que peu vers l'extrémité supérieure.

Le Zamit. Bechei lui ressemble beaucoup, mais en diffère par son rhachis plus épais, de 2 lignes de large, et par les pinnes qui se rétrécissent plus subitement vers l'extrémité.

Il est bien curieux de voir que le terrain jurassique de Kamenka près d’Izoume et d’Iletzkaya près d’Orenbourg, ainsi que celui du bord méridional de la mer caspienne en Perse, offre des Zamites, tandis que le terrain jurassique du Caucase central n’en a fourni encore aucun; il est possible que le Caucase ait eu alors déjà une autre flore que les plaines au sud et au nord du Caucase, ce qui est le cas maintenant encore.

Esp. 32. Zam. angustifolius ».

PI. IE, fig. 7. grand. nat.

Pinnae folüi elongati angustae, longissimae, subalternae, et basi constrictae ac decurrentes, extremam versus partem attenuatae et longitudinaliter striatae.

Hab. dans un schiste argileux à mica du terrain oxfordien inférieur, au bord du Sefidroute, entre Kasbine et Räscht en Perse.

La feuille allongée est pourvue d’un rhachis assez épais, les pinnes sont fort espacées, allongées, à base rétrécie et décurrente; les pinnes ont 2 lignes de large vers la base, tandis qu’elles se rétrécissent jusqu’à 1 ligne vers l'extrémité.

LeZamiteslanceolatus de l’oolithe de Haïburn Wyke près de

Scarborough diffère par sa forme ainsi que par l'insertion des pinnes. Celles-ci sont plus larges au milieu et s’amincissent brusquement vers les deux extrémités; elles sont alternes, non opposées et bien plus éloignées les unes des autres. Les stries longitudinales ou nervures des feuilles sont très minces, de même que dans l'échantillon de Kasbine. Le pinnes sont attachées par un pétiole court au rhachis de la feuille.

Esp. 33. Zamit. lanceolatus Lnor. Hurr., Fossil plant. ITE, PI. 194. PI. IL, fig. 1 grand. nat.

La feuille pinnée est munie de pinnes, qui sont espacées comme chez l'espèce précédente et plus au moins rétrécies à leur base; elles sont tantôt alternes, tantôt opposées, les inférieures lancéolées, les supérieures linéaires, à bords parallèles, et non renflées vers la base, comme les”inférieures.

Hab. dans un calcaire compacte jurassique près d’Tletzkaya-Zaschtschita, aux environs d'Orenbourg; en Angleterre on le trouve près de Scarborough dans le moorland-sandstone, supérieur au great oolite.

Les feuilles ont 3 p. 3 lignes de long et 41, L de large; les nervures longitudinales, au nombre de 24, sont parallèles, très rapprochées et égales. L’extrémité des pinnes est aiguë; les pinnes sont tantôt très rapprochées, tantôt espacées de 3 à 4 lignes; Le pétiole est toujours distinct.

L’individu d’'Iletzkaya a les pinnes plus rapprochées; leur extrémité est moins aiguë et en général moins rétrécie que dans l'espèce de Scarborough.

Genre XX. Cycadites BroNGx.

RENAN An ses UE . os our La, feuille est pinnée ou pinnifide, à pinnes espacées, entières, linéaires et attachées par toute la largeur de leur base, à nervure médiane solitaire Ce genre se trouve dans le terrain jurassique et crétacé. F7 Poe Fe :

[20e Esp. 34. Cycad. affinis m.

Cyc adites Brongniarti (Roem.) Rouizzier, Bull. de la Soc. des natur. de Mosc. 1849, I. PI. J. fig. 56 a b.

PI. IL, fig. 3.

Pinnae folii mediocris lineares medio nervo conspicuo, basi subdilatatae, ac rhachi incrassato infixae.

Hab. dans le grès néocomien de Klenowka près de Kline dans le gouvernement de Moscou.

Les feuilles, de grandeur moyenne, sont pinnées, à pinnes droites,

étroites et pourvues d’une nervure médiane épaisse, qui se dirige de la

base de la pinne jusqu’à son extrémité, et n’offre aucune trace de nervu-

res latérales. Les pinnes sont linéaires et à 1/2 ligne les unes des autres; elles partent sous un angle aigu du rhachis, qui est très épais et presque ondulé, car il est échancré au point où naissent les pinnes, surtout à la base de ces dernières.

Le Cycad. Brongnarti Rom. de l’oolithe, a les pinnes plus longues, plus minces, plus courbées et plus espacées, de sorte que la distance entre deux pinnes est la même que leur largeur respective, tandis que les pinnes du C. affinis sont très rapprochées et se touchent de la sorte mutuellement, ou que leur éloignement ne dépasse pas l/2 ligne.

Ce n’est pas un Pterophyllum, car les nervures latérales lui manquent, ce qui prouve aussi que ce n’est pas le Pteroph. Goeppertianum Dunx. du wealden de l'Allemagne, dont la forme générale est presque la même.

Esp. 35. Cycadit. contiguus ».

PI. IE, fig. 2 grand. nat.

Pinnae exigui folii angustae, extremam versus partem obtusam subinflexae, contiguae, nervis tenuissimis longitudinalibus vix dum distinctis, medio nervo distinctiore.

Hab. dans le grès ferrugineux néocomien de Koursk, près de la ville de Tim.

De cette espèce je ne connais que de petits fragments de feuilles, dont les nervures latérales sont à peine reconnaissables à la loupe; la nervure médiane est un peu plus épaisse. Les pinnes sont étroites, droites, à peine infléchies vers l’extrémité obtuse, et tellement rapprochées qu’elles se touchent mutuellement. Elles ont 5 lignes ou de long et 1 ligne de large ou au delà, et prennent naïssance du rhachis sous un angle presque droit.

Les caractères génériques ne sont pas bien accusés, car il manque une grosse nervure médiane, et il est bien possible que notre espèce appartienne à un autre genre de Cycadées, peut-être au Nilssonia.

Genre XXI. Nilssonia BRONGN.

Les feuilles sont pinnées, à pinnes rapprochées, attachées au rhachis

| par toute la largeur de leur base, et à nervures parallèles, dont quelques-

unes sont plus épaisses que les autres. Ce genre se trouve dans les terrains jurassique et triassique.

Esp. 36. Nilss. elongata Bronex.

HisiGer, Leth. suec. pag. 110. PI. 34, fig. 2. PI. 42, fig. 1.

La feuille est petite, à pinnes alternes ou opposées, très rapprochées, linéaires, obtuses et infléchies, à plusieurs nervures parallèles, dont 4 sont plus épaisses et-les autres plus minces; 2 ou 3 de ces dernières alternent avec celles-là.

Hab. dans un terrain jurassique inférieur, peut-être liassique, de la vallée d’Ouloutschra au Daghestan.

La même espèce se trouve aussi à Hoer au Scanie et en Allemagne dans un terrain liassique, comme au Caucase, mais M. GogPPeRT, qui en fait mention, n’en a observé que quelques fragments de feuilles. *

Ordresixième.

Coniferae.

Les Conifères (voy. vol. I, 1, pag. 228) se trouvent en Russie plus fréquemment dans les terrains de la Période moyenne que dans ceux de la Période moderne; les familles des Cupressinées et des À biétinées présentent surtout des restes fossiles de feuilles et de troncs dans tous les pays où les terrains jurassique et crétacé sont développés. La famille des Taxinées semble plutôt appartenir à la Période moderne, car Les restes en sont presque inconnus dans la Période moyenne.

Famille onzième.

Cupressineae voy. vol. [, 1, pag. 228.

Les arbres ou arbrisseaux de la famille des Cupressinées sont très rameaux, à rameaux épars dans toutes les directions et à feuilles opposées, verticillées ou éparses, linéaires et roides. Les fleurs forment des chatons (amentum), et les fruits des cônes (strobilus). Le boïs se compose de couches concentriques, à vaisseaux poreux. Les genres fossiles de la Période moyenne diffèrent généralement de ceux de la Période ancienne et de la moderne.

Genre XXII. Widdringtonites Enr.

Le trone est ligneux, rameux, à rameaux alternes, portant de courtes feuilles également alternes, disposées en spirales autour du tronc; les feuilles offrent des écailles à base élargie et à extrémité pointue et légè-

* Agicu, Grundzüge der Geol. des Kaukasus 1. c. pag. 473.

rement infléchie. Les cônes sont globuleux, à valves déhiscentes. Ce genre se trouve dans les terrains jurassique, crétacé et tertiaire; le genre Wid-

dringtonia vit encore dans Afrique méridionale et à Madagascar.

Esp. 37. Widdringt. denticulatus ».

PI. IV, fig. 9 grand, nat.

Truncus tener, cylindraceus, rectus, ligneus, ramis foliisque alternis, foliis lanceolatis, rigidis, decurrentibus, acuminatis extremam versus partem acutam subinflexis dorsoque carinato praeditis. Strobili exigui ovati, pedunculati et squamis imbricatis exstructi.

Hab. dans un schiste argileux jurassique noir à mica au bord méridional de la mer Caspienne, aux environs de Räscht.

Le tronc ligneux est droit, cylindrique, à rameaux alternes, munis à leur point de départ du tronc d’une feuille basale; les feuilles des rameaux sont également alternes, lancéolées, roïdes, à extrémité aiguë, légèrement infléchie et à dos caréné. Elles sont courtes, très rapprochées à base élargie et amplexicaule.

Les fragments du tronc conservés à l’Institut des Mines n’ont que 2 lignes d'épaisseur, sont très rameaux et pourvus de petits enfoncements entre l’origine de deux rameaux alternes. Ces enfoncements semblent être la suite de la chute des feuilles ou même de celle des rameaux.

Les feuilles sont distinctement carénées et infléchies à leur pointe aiguë; elles doivent avoir été très dures, parce qu’elles présentent des moules bien conservés dans la roche schisteuse.

Les feuilles sont décurrentes et probablement placées en rangées spirales (folia quadrifariam imbricata), car on remarque quatre rangées de feuilles, alternes et remontant bien haut.

Le petit fruit (1. c. fig. 9) semble avoir été ovalaire et non globuleux, peut-être c’est un chaton; les écailles sont très petites et placées en rangées obliques, spiralées.

Ce n’est pas un Thuites, qui aurait les feuilles opposées, disposées en croix, tandis que dans notre espèce elles sont distinctement alternes.

Le rameau figuré a la hauteur de 4 pouces, les rameaux sont éloignés 11/2 pouce les uns des autres; le tronc figuré a 2 lignes de large.

Genre XXIII. Cupressites Gopr.

Les feuilles très petites sont ovalaires, opposées, le cône se compose d’écailles disposées en spirale; les chatons elliptiques, sessiles, à étamines

dont plusieurs sont attachées à un axe commun. Ce genre semble se trouver dans la houille de la Période ancienne, mais il devient plus fréquent dans la Période moyenne.

Esp. 38 Cupress. obtusifolius #».

PI. IIL, fig. 6—7 à b branche rameuse; c. cône; d. feuilles grossies.

Ramus elongatus tenuis, ramulis sub angulo acuto ab eo oriundis et folia exigua ovato-lanceolata offerentibus, lata basi ramulis infixa et dorso convexo instructa, Opposita.

Hab. dans le grès néocomien de Lytkarino près de Kline dans le gouvernement de Moscou.

Les rameaux sont grêles et recouverts de feuilles très petites, ovalaires, presque opposées, serrées et appliquées contre les rameaux sous forme d’écailles convexes, à base rétrécie et à extrémité aiguë. Le dos des feuilles est bombé, lisse, sans carène, et sans la rainure qui existe sur les feuilles du Cupressus aurea vivant.

La branche représentée en un fragment a 31/2 pouces de long; les rameaux prennent naissance sous un angle très aigu eb sont espacés de 9 lignes ou au delà. La branche n’a que 1 L d'épaisseur; les rameaux sont encore plus minces. La branche est d’égale épaisseur en bas et en haut; les feuilles sont seulement attachées sur la largeur de la branche Les rameaux naïssent sans ordre à la branche. ,

Ce n’est pas un Cunninghamites, qui est pourvu de longues feuilles plus rétrécies et aiguës vers l’extrémité et placées sur des coussinets, qui manquent au Cupressinites. Le Brachyphyllum aussi diffère par ses feuilles, disposées en spirales et non opposées, comme chez le Cupressinites; celui-ci pourrait même former un genre particulier, si le cône (1 c. fig. 6 c) se distingue effectivement par sa conformation de celle des cônes de Cupressites ordinaires.

Genre XXIV. Cupressinoxylon Gospr. voy. vol. III, p. 436.

La structure du tronc fossile est celle des Cupressinées vivantes. La partie fibreuse de l'écorce se compose de cellules quadrangulaires périphériques, et le bois de couches concentriques étroites; la zône externe ou automnale est formée de cellules à parois étroites, et l’interne ou estivale, plus élargie, de cellules à parois minces ou moins épaisses. La moelle centrale aussi présente quelques cellules à parois épaisses. Les vaisseaux ligneux sont pourvus de pores arrondis en simple ou double rangée, selon l’âge du tronc; leur nombre s'élève jusqu’à 25 ou

plus. Des vaisseaux résinifères simples occupent en grand nombre la zône externe, et des conduits résinifères remplissent les rayons médullaires; leur nombre varie. Ce genre n’est pas encore rigoureusement limité; il établit le passage au Pinites et se trouve dans les terrains crétacé et tertiaire.

Esp. 39. Cupressinox. ucranicum Gogpr.

Monograph. des Conifères pag. 21. PI. 26. fig. 1—4. PI. V, fig. 10 a coupe

transversale; b coupe longitudinale parallèle aux rayons médullaires.

F. A. W. Miouez, De fossile Planten in het hertogdom Limburg. Haarlem 1853, pag. 45. PI. IV.

Je me permets de réunir à cette espèce comme sous-espèces ou variétés les plantes suivantes, énumérées par M. C. E. ne Merck, Palaeodendrologicum rossicum. St. Pétersb. 1855, pag. 57 etc.: 8.) Cupress. Kiprianowiil. c. PI. XIX, fig. 7—8. y) Cupr. sanguineum I. c. PI. XIL 6. Cupr. erraticum PI. XIV. &.) Cupr. erraticum et Teredinum PI. XV. 7.) Cupr. volgicum PI. XVI &.) Cupr. sylvestre PI. XII, fig. 1—6. 5.) Cupr. Severzovii PI. XIIL fig. 7—9.

Le bois fossile, dépourvu de l’écorce et de la moelle centrale, est composé de couches concentriques, dont la zône externe étroite présente des vaisseaux ligneux à parois épaisses, et l’interne des vaisseaux à parois minces, des pores peu rapprochés disposés sur les vaisseaux ligneux, très étroits pour la plupart, en simple mais aussi en double rangée, et des rayons médullaires, au nombre de 2 à 25, superposés les uns aux autres. Les vaisseaux résinifères sont ordinairement perl très nombreux, surtout . dans la zône automnale.

Hab. dans le grès néocomien du gouvernement de Kharkow, près de Petrowskaya; dans les gouvernements de Moujalowo près de la ville de Koursk, de Pensa près de Gorodischtsché, de Saratow au bord du Volga, de Simbirsk près de Sysran, d’Orel près de Bränsk, et en plusieurs autres localités de la Russie, entre autres près de Bytschki dans le gouvernement Tambow.

La coupe transversale (1 c. PL V, fig. 10 a) présenté les vaisseaux ligneux plus étroits et à parois épaisses dans la zône automnale des couches concentriques; les vaisseaux résinifères (1. c. x) sont simples et très nombreux, surtout chez les individus adultes, où l’on rencontre même rarement des conduits résinifères composés.

La coupe longitudinale parallèle aux rayons médullaires (L c.b) montre ordinairement les cellules ligneuses à une simple rangée de pores ponctués, mais aussi ça et là une rangée double chez les échantillon adultes. Les cellules ont en outre les deux extrémités droites

ou aplaties et d’une largeur correspondant à leur diamètre transversal, c’està-dire leur bord supérieur est tout à fait horizontal, ainsi que l’inférieur.

Le plus ancien nom de cette espèce est celui que lui à donné M. GorepERT en 1850. M. Mrquez à retrouvé cette plante dans le même terrain près de Limbourg. Il a observé, comme M. GozPperT, de doubles rangées de pores et jusqu’à 25 et plus de rayons médullaires dans le bois fossile, qui est presque partout rongé par des Fistulanes; le bois de Koursk est silicifié et les Fistulanes changées en calcédoïne; il a souvent l'épaisseur de 11/2 pouce et au delà; sa longueur est très considérable. Le conglomérat néocomien qui le contient, rappelle beaucoup le Hils-conglomerat. En d’autres endroits le bois est pénétré par une roche, calcaire ou argileuse, et modifié dans sa forme extérieure.

Me fondant sur ces caractères en général, de je me permets de réunir les espèces proposées par M. de MERCKLIN comme sous-espèces ou variétés d'âge. Il me semble que nous ne devons attribuer une trop grande valeur ni à la largeur des couches concentriques du boïs fossile, ni à la grandeur et au nombre des pores des vaisseaux ligneux, ni aux conduits résinifères simples ou composés, ni à la disposition, très variable, des petits pores aux rayons médullaires. Tout cela dépend de l’âge, de la saison de l’année et du climat, où les individus ont été fossilifiés. Nulle part les erreurs, dit M. GorpperT, ne sont plus fréquentes, mais aussi plus pardonnables que dans la détermination des troncs des Conifères fossiles, dont les fruits, les feuilles, même l’écorce et la moelle nous font généralement défaut. Il serait par conséquent plus naturel de réunir des fragments peu caracteristiques, qui en outre semblent se trouver dans le même terrain crétacé, comme variétés d'âge, dans la même espèce, et de ne faire mention que des fragments de boïs dont les localités et Le terrain sont connus; car peut-on être sûr que le Cupressinox. sequoianum Merckx. * provient effectivement de la Russie? Il fut trouvé dans une collection de minéraux, et non en gisement dans un terrain quelconque de la Russie.

Le Pinites Pachtanus Merck. **, du village de Stalpino près de Pensa, me semble également appartenir au Cupress. ucranicum, car il provient, non d’un terrain tertiaire, mais du crétacé, qui y offre un gisement bien développé. Les conduits résinifères sont composés, comme chez le Cupress. fissum Gozpr., et les pores des vaisseaux ligneux sont en double rangée, comme chez le Cupr. ucranicum âgé.

* L c. pag. 65. PI. XVII.

*# |, ©, pag. 50. PI. IX, fig, 1—8.

Je crois même pouvoir considérer le Pinites mosquensis MercxL. * comme espèce très-voisine du Cupressin. ucranicum, à cause de ses vaisseaux résinifères simples et composés, de ses rayons médullaires placés au nombre de 25 les uns au-dessus des autres, et de ses vaisseaux ligneux d'automne à parois très épaisses.

Quant au Cupress. Fritzscheanum Mercxr. **, du bord du Podkoumok près de Pätigorsk au Caucase, où le grès vert est très développé, je ne me permets pas de prétendre que la différence des caractères soit si grande qu’elle nous oblige d’en faire une espèce particulière. Les nombreux conduits résinifères simples, les rayons médullaires au nombre de 30 dans une rangée, et les couches concentriques ondulées le rapprochent beaucoup du Cupressinoxylon ucranicum, qui est largement répandu dans toute la Russie et se trouve même dans le duché de Limbourg *. La distribution aussi universelle de ce bois fossile dans le même terrain me servira d’excuse, j'aime à le croire, si je me suis également trompé, en comprenant dans une seule et même espèce plusieurs autres qui en diffèrent réellement. Damus veniam petimusque vicissim!

Genre XXV. Geinitzia Enr. Cycadopsis Des.

Les rameaux très minces ont des feuilles allongées, carénées, disposées en quinconce et attachées à des coussinets particuliers, par la chute desquels se forment sur la surface des rameaux les fossettes ou cicatrices . rhomboïdales qui distinguent ce genre. Les cicatrices à enfoncement médian pour la sortie d’ün faisceau vasculaire entourent les rameaux en spirales. Les cônes terminaux sont ovalaires, allongés et composés d’écailles en spirales. Ce genre, très voisin du Sequoia, ne se trouve que dans le terrain crétacé.

# L c. pag. 51. PI X, fig. 1—5.

##% |, c. pag. 67. PI XVIII.

#** M, de Mercxzn (1. c. pag. 76) à préferé ranger le Cupressinoxylon aleuticum #». (Leth. ross. II, pag. 437. PI. XIV, fig. 9 — 12) dans le genre Pinites, quoique les couches concentriques soient étroites et les vaisseaux ligneux munis de stries spirales, se croisant mutuellement, comme d’habitude dans le genre Cupressinoxylon. — Quant au Cupressinox. distichum MxrouL. 1. c. pag. 64. PI. XIX, du terrain tertiaire de la Volhynie, il n'appartient pas à une espèce nouvelle, mais c’est le Pinites Eichwaldianus Gogpr., découvert par moi en 1830 (voy. Naturhist. Skizze u. s w. 1831).et décritpar M Gosr- Perr en 1841 (voy. Archiv. für wissensch. Kunde von Russland. 1841, pag. 3. E122):

Esp. 40. Geinitzia prisca m.

PI. Il, fig. 19 a b grand. nat.; c feuilles isolées en grand. nat.

Cunninghamites prisca Bull. de Mosc. 1861, No. 3, pag. 34.

Folia ramulorum cylindraceorum elongata, angusta, perquam acuminata mediaque carina dorsali instructa, in dilatatam basin s. pulvillum amplexicaulem excurrentia.

Hab. dans le grès néocomien de T'atarowo et Litkarino aux environs de Moscou.

Les fragments de petits rameaux cylindriques sont couverts de feuilles très serrées et disposées en spirales; elles sont allongées, aiguës, à dos caréné. La base des feuilles est dilatée et forme un coussinet amplexicaule. Les feuilles sont très étroites (voy. L. c. fig. 19 b) et se terminent en une pointe fort allongée; elles ont une longueur de l}2 pouce et une largeur d’l}2 ligne. Elles ressemblent aux feuilles de Cycadopsis eryptomerioides Bosa. * du grès crétacé de Kunraad, quoique celles-ci n’aient pas des pointes aussi allongées.

C’est par conséquent une espèce à feuilles presque acérées, comme les feuilles des pins et des sapins du nord de l’Europe ; mais il reste encore à décider si l'espèce décrite appartient effectivement au Geinitzia et non au Cunninghamites, car je ne vois pas les cicatrices rhomboïdales caractéristiques du Geinitzia. Je suppose pourtant que les fragments figurés comme Muscites squamosus ** y appartiennent aussi, car les feuilles ont dû être très grêles.

Esp. 41. Geinitzia cretacea Enpr.

PI. IV, fig. 11 et PI. V, fig. 8a branche à rameaux et à surface pourvue de cicatrices rhomboïdales (b); épiderme à points blancs ou stigmates en rangées longitudinales (c); cicatrice grossie (d) vue de l’intérieur; feuilles alternes (e) et écaille d’un cône de profil et en grand. nat. (f); la même vue de face (g) et grossie (h).

Les fragments des rameaux cylindriques sont très distincts et marqués de cicatrices rhomboïdales disposées en spirales; les feuilles à large base se rétrécissent de plus en plus vers l'extrémité très aiguë; leurs deux bords sont tranchants et le dos caréné.

* Miquec, De fossile Planten van het Krijt in het hertogdom Limburg. Haarlem, 1853. PI. 3, fig. 16, pag. 10.

** Voy. VerneuIL, Paléont de Russie pag. 502. PI. G., fig. 7. M. Gorp- PERT le compare 1 c. avec le Juniperus virginiana et suppose que le Muscites squamatus BRoNGN. était une plante semblable.

Hab. dans le grès néocomien de Kline, de Tatarowo près de Moscou, ainsi que près de Karowo aux environs de Kalouga et de Meziritsch dans

le gouvernement d’'Ekaterinoslaw.

Cette espèce, très caractéristique pour le terrain crétacé, se trouve dans le quader inférieur et le grès vert de Saxe et de Bohème sous le nom de Sedites Rabenhorstii Gen. d'Araucarites Reichenbachii Gen. et de Cryptomeria primaeva Cord., et dans le grès vert d’Aïx-la-Chapelle sous le nom deCycadopsis aquis granensis Deg.; cependant celui-ci semble à peine différer du Geinitzia cretacea. Du moins M. Desey à Aïx-la-Chapelle, auquel j'ai eu la plaisir de montrer la figure citée (1. c. fig. 19), la croit identique à son espèce anciennement nommée Cycadopsisaquis granensis, et suppose même que c’est un Sequoia, quoique ceux-ci ne se soient trouvés jusqu’ ici que dans le terrain tertiaire. Les feuilles de la plante conservée dans sa riche collection d’Aiïx-la-Chapelle sont placées tantôt verticalement, tantôt horizontalement et même infléchies vers le bas, comme dans l'individu de Kline figuré à la PL IV, fig. 11.

L’échantillon de Meziritsch (voy. PL V, fig. 8) est très bien conservé. C’est une branche d’une largeur de 3 lignes et plus, à couches concentriques de vaisseaux ligneux très minces, très rapprochées et traversées par de nombreux rayons médullaires. * Les vaisseaux ligneux sont pourvus de grands pores en rangée simple et munis d’orifices très larges. L’épiderme des jeunes rameaux et des feuilles est marqué de points blancs, produits par autant de stomates en rangées longitudinales. Les feuilles de sapins sont pourvues de semblables stomates, placés en rangées régulières entre les nervures longitudinales des feuilles. Les stomates laissent exsuder dans les sapins une résine blanche, qui reste dans leurs enfoncements, et qui se trouve également dans les stomates fossiles du Geinitzia cretacea de Meziritsch (1 c. fig. 8 bb‘). Les parois des cicatrices de ce dernier ne sont pas aussi épaisses que dans les individus de Tatarowo; cela dépend de l’âge plus ou moins avancé des individus. Les cicatrices sont toujours très profondes (1. c. b); l’une d’elles, grossie (1. c. b‘), présente un enfoncement central pour la sortie du faisceau vasculaire médian, accompagné des deux côtés d’autres enfoncements latéraux moins accusés.

Les feuilles (1. c. fig. 8 e de grand. nat.) sont alternes, lancéolées et

* Je vois très bien les rayons dans mes préparations de la tige. M. GOoEPPERT a fort bien décrit la structure anatomique du bois fossile; voy. Nov. Act. Acad. Nat Curiosorum Leopold. Carol. vol. XIX.

Eichwald, Lethaea rossica. II. 4

fort aiguës, placées en spirales très régulières; les écailles des cônes étaient épaisses, ligneuses (1. c. fig. f. g. en grand. nat. et h. grossi) et ovalaires. L’écaille figurée a les deux bords inégaux, l’un est convexe et l’autre droit; le sommet se continue en une saillie épaisse et pointue, comme les écailles des cônes de Thuja, de Taxodites et même du Pinites Thomasianus Gorpr. * du terrain tertiaire à ambre. Au bas de cette saillie de l’écaille on remarque un enfoncement léger et ovalaire, où la graine semble avoir éte attachée au cône. La forme asymétrique de l’écaille dépend peut-être de ce qu’il y avait deux écailles semblables, réunies par leur bord droit ou le côté moins convexe ; l’écaille a dû offrir dans son enfoncement médian ou basal une seconde graine, placée près de celle de l’écaille voisine.

Les mêmes fragments fossiles ont été décrits par M. Pacar ** comme Pinus spec. trouvée dans une argile siliceuse crétacée près du village de Tomischewa entre Simbirsk et Pensa. Les rameaux figurés offrent des cicatrices rhomboïdales semblables à celles du Geinitzia cretacea ou du Pinus exogyra Cord. qui lui ressemble beaucoup et paraît appartenir aussi au Geinitzia cretacea.

Famille douzième.

Abietineae voy. vol. IL pag. 232.

Les arbres de cette famille sont très hauts et très rameux; ils offrent rarement une hauteur peu considérable et forment alors des arbrisseaux; les feuilles sont roïdes, acérées, linéaires, isolées ou en faisceaux; elles sont rarement courtes, élargies à leur base et pourvues d’une nervure médiane.

Genre XXVI. Araucarites Srerns. vol. I, pag. 239.

Ce genre se trouve non-seulement dans la Période ancienne, mais aussi dans la moyenne et la moderne; ce sont surtout les feuilles et le bois fossile qui se retrouvent dans les terrains jurassique et crétacé.

Esp. 42. Arauc. crassifolius Corpa. Expz.

PI. IV, fig. 10 a grand. nat.; b grossi; c le même en coupe transversale.

Reuss, Versteinerungen der Kreide von Bühmen, pag. 94. PI. 48, fig. 12.

Les feuilles fossiles courtes sont élargies à leur base et pointues à

* Comparez les figures 14 de la PI. 18 du Thuja occidentalis, fig. 2; PI. 22 du Taxodites europaeus, et la fig. 6. PI. 36 du Pinites Thomasianus dans la Monographie des Conifères fossiles de M. Gogrperr. ** Voy. les Mémoires de la Soc. géograph. de St. Pétersb. 1856, vol. XI.

leur extrémité; elles sont épaisses et convexes, à carène médiane dorsale et à deux nervures latérales de chaque côté de la carène.

Hab. dans le grès néocomien de Kline (ou Klenowka) et de Lytkarino près de Moscou, ainsi que dans le gault de Louschitz en Bohème.

Ce sont des feuilles isolées, très petites, qui se trouvent dans le grès néocomien de Moscou; elles sont presque triangulaires, à large base arrondie eb à extrémité très aiguë; une carène médiane va du sommet vers la base épaisse. La section transversale de la base (voy. fig. 10 c) montre 5 ouvertures ou canaux vasculaires, dont le plus grand, celui du milieu, correspond à la carène médiane; les deux autres de chaque côté correspondant aux deux nervures latérales, étaient peut-être des conduits résinifères, comme ceux des feuilles acérées du sapin.

Il se peut que ces feuilles appartiennent à une espèce particulière de Geinitzia; mais comme elles offrent la plus grande ressemblance avec l’'Araucarites crassifolius Cord. du gault, je les réunis en attendant à l'espèce gaultienne.

La feuille isolée a une longueur de 2 lignes et une largeur un peu moindre. Il y a dans le grès vert d’Aïx-la-Chapelle des fragments de rameaux à feuilles carbonisées, qui ressemblent entièrement à celles de Kline, également carbonisées.

Esp. 43. Araucarit. argillicola m».

PI. V, fig. 12 a coupe transversale; b coupe longitudinale parallèle aux rayons médullaires. Géognosie de la Russie (en russe). St. Pétersbourg 1846, pag. 477. .c coupe longitudinale parallèle à l'écorce.

Fragmenta ligni fossilis nigra, fissilia, e lamellis tenuissimis exstructa, vasa lignea tenuissima, binis ternisve pororum angulatorum seriebus longitudinalibus, totam eorum latitudinem occupantibus, ornata, concentrica strata paullo limitata, cellulis ligneis quadrato- ovatis parvis pachytichis.

Hab. dans l'argile jurassique oxfordienne à Ammonites alternans de Khoroschéwo, de Mucowniki et de Schtschoukino, villages près de Moscou, et près de Soudagh en Crimée, ainsi que dans les toundres du nord de la Russie près de la rivière de Petschora, et dans un terrain jurassique d’Iletzkaya près d'Orenbourg.

Coupe transversale (L c. fig. 12 a): les petits vaisseaux ligneux sont presque carrés, angulaires, légèrement arrondis à la coupe transversale et pourvus de paroïs épaisses; on les voit en 2—3—5 rangées entre 2 rayons médullaires; les cellules sont presque égales en largeur et peu différentes au commencement de l’année et vers la fin.

Coupe longitudinale parallèle aux rayons médullaires (1. c. fig. 12 b): les vaisseaux ligneux sont pourvus de 2, rarement de 3 rangées de pores angulaires à point central; les pores forment des rangées spirales autour des vaisseaux ligneux, qui sont pourvus de parois épaisses, se présentant des deux côtés des vaisseaux à bord épais; les espaces intercellulaires sont également distincts. Les rayons médullaires nombreux offrent de très petits pores.

Coupe longitudinale parallèle à l'écorce (L c. fig. 12 c): les vaisseaux ligneux sont courbés tantôt d’un côté, tantôt de l’autre, les rayons médullaires assez épais les traversant continuellement. Les conduits résinifères simples sont assez grands.

Les fragments de l’Araucar. argillicola de Khoroschôwo sont si fragiles qu'il est très difficile d’en obtenir de bons objets microscopiques. Ils sont en outre argileux et contiennent de petits grains de fer sulfureux.

Les fragments du bois fossile du terrain jurassique de Soudagh en Crimée semblent appartenir à la même espèce; ils sont également noirs, mais beaucoup plus durs et font effervescence comme ceux-là par l’acide nitrique. Les couches concentriques sont également fines, rapprochées les unes des autres, eb coupées par les rayons médullaires nombreux. Les fragments ont une épaisseur de 2 pouces ou plus, et leur surface, dépourvue de l'écorce, porte de petites inégalités écaïlleuses, tandis que le bois fossile de Khoroschôwo est friable et se laisse facilement fendre en lames très minces et parallèles. *

# M. de Mercxzin a nommé, d’une localité inconnue de la Sibérie, un Araucarites subtilis; je suppose que c’est le vrai Arauc. (Peuce) biarmicus Kur., voy. Leth. rossic. 1, p. 248. PI. XXE, fig. 1—3, identique avec l'Arauc. cupreus Gogrr. Monogr. d. fossil. Conif. pag. 233. PI. 43, fig. 2-4; c’est aussi lArauc. permices Mercuz. I. c. pag. 53. PI. X, fig. 6—10 et l'Arauc. Kutorgae Mercxz. 1. c. pag. 56, dont M. Mercxzin semble lui-même admettre l'identité avec l’Arauc. subtilis, car il dit que la fréquence des pores aux cellules ligneuses, placés en 2 rangées longitudinales, ainsi que leur forme rarementsexangulaire ne reposentque sur une variété d'âge. C’est là ce que nous voyons aussisur l’Araucar. cupreus duterrain dyassique de Kargala près d'Orenbourg, localité nommée par l’auteur la Sibérie. Si les rangées de pores deviennent plus nombreuses, s’il y en a quatre ou plus, leur forme hexagonale est plus accentuée et plus régulière ; l'espèce estnommée alors Araucarites permicus Mercuz., dont les petits pores aux rayons médullaires sont également nombreux, suite d’un âge plus avancé des individus. Il existe dans le terrain tertiaire de Vologda, un autre genre très voisin de l'Araucarites, que j'ai nommé Asterodendron (voy. Leth. ross. III, pag. 429, PI. XIV, fig. 4—9); il se distingue

Genre XXVII. Pinites Enpr.

Le tronc fossile du Pinites (voy. Leth. rossic. I, pag. 245 et III, pag. 434) est généralement pourvu de conduits résinifères simples ou composés; ces derniers manquent ordinairement aux Cupressinoxylon. Le Pinites se trouve dans toutes les Périodes géologiques en troncs silicifiés ou pénétrés de chaux carbonatée, de fer sulfuré ebc., mais les feuilles et les fruits en cônes n’ont été trouvés fossiles en Russie que dans les terrains crétacé et tertiaire.

Esp. 44. Pinites undulatus ».

PI. IT, fig. 20 a trois feuilles et b cône fossile. PI. IV, fig. 12. PI. V, fig. 11 a coupe transversale; b coupe longitudinale parallèle aux rayons médullaires; c coupe longitud. parallèle à écorce.

Pinites undulatus m Géognosie de la Russie (en russe) 1846, pag. 511. Pinit. jurensis Fagrenw. et Rouir. Jubilaeum semisaeculare G. Fiscuerr. Mosq. 1847, pag. 20.

Ligni albidi strata concentrica approximata e cellulis ligneis aestivalibus leptotichis quadrangulis varieque inflexis et autumnalibus subito imminutis et compressis pachytichis exstructa, radii medullares inter unam, duas quatuorve cellularum series dispositi, frequentissimi; vasa resinosa simplicia nulla, quoad solent in Peuce, et cellulae ligneae longitudinaliter striatae.

Hab. dans le grès vert de Talitzi et de Khoroschowo aux environs de Moscou, de Troïtzkoyé Kouroyedowo dans le gouvernement de Simbirsk, et en plusieurs localités de celui de Koursk et de Kalouga.

La coupe transversale (PI V, fig. 11 a) se caractérise par des cellules ligneuses estivales carrées, à paroïs très minces, dont la largeur est égale à la longueur; les parois sont rarement droites, dans la plupart des individus elles sont infléchies ou rétrécies au milieu et irrégulières ; les cellules automnales diminuent subitement de grandeur et deviennent fortement comprimées, à lumen à peine accusé en fente très mince; il y en a 3 à5 rangées transversales dans chaque accroissement automnal. Les rayons médullaires sont étroits et très nombreux; il existe 2, 3, rarement 4 rangées

surtout par ses rayons médullaires très nombreux et par l'absence complète de couches concentriques annuelles; la moelle très petite donne naissance aux rayons médullaires, qui se: rendent à la périphérie du tronc. ‘Les espèces d'Araucarites trouvées en Russie montrent toujours les couches concentriques nettement accusées et diffèrent par là de lAsterodendron; ce caractère me semble suffisant pour les distinguer de ce dernier.

de cellules ligneuses ou davantage, placées entre deux rayons médullaires. Les conduits résinifères semblent manquer, au moins aux cellules automnales, comme ceci est ordinairement le cas pour le genre Peuce, auquel doit plutôt être rapportée l’espèce de Talitzi.

Coupe longitudinale parallèle aux rayons médullaires (L c. fig. 11 b): les cellules ligneuses sont légèrement infléchies, comme ondulées, les pores ponctués ne se voient pas distinctement, et au lieu de ces pores la surface des cellules est parcourue de stries longitudinales; il y en a 7 à 9 sur la largeur des cellules, dont les extrémités ne sont pas bien accusées, mais sont comme cachées par les stries. Celles-ci indiqueraient-elles des cellules plus jeunes qui naïssent parmi les cellules plus âgées? Les rayons médullaires sont très rapprochés et marqués de petits

pores placés irrégulièrement.

À Coupe longitudinale parallèle à l'écorce (L c. fig. 11 c.): les rayons médullaires sont très fréquents et disposés entre 2 ou 3 rangées de cellules ligneuses ; ils sont superposés les uns aux autres, 6 à 10 ou plus, en une ou deux rangées, et offrent alors, au milieu des rangées, des cellules à lumen très grand, presque carré.

Les petits troncs de Talitzi (1 c. PL IV, fig 12) sont rongés par des Pholades, qui les ont traversés dans toutes les directions.

J'avais proposé cette espèce déjà en 1846. MM. Rovrzurer et FAHREN- KOHL l’ont nommée en 1847 Pinites jurensis, nom qui n’est pas admissible, parce que le Pinites undulatus ne se trouve pas dans le terrain jurassique, mais bien dans le néocomien de Talitzi et d’autres localités ; le terrain jurassique de Khorochowo contient l'Araucarites argillicola.

Je dois faire mention ici de trois feuilles acérées, chacune d’une longueur de 11/2 pouce (PL III, fig. 20 a), et d’un cône fossile (. c. fig. 20 b) d’un Pinites qui proviennent d'un grès néocomien semblable de Koursk. Les 3 feuilles sont groupées en un faisceau allongé; elles sont très grêles et fort pointues, légèrement infléchies et à dos caréné. Le cône se trouve sur la même roche, réuni aux feuilles; il est petit et se compose de 8 ou 9 rangées spirales d’écailles très petites presque rhomboïdales, dont chacune semble être pourvue d’un petit enfoncement au milieu.

Les feuilles et le cône ont appartenu au même Pinites, sans que, d’après ces petits fragments, il soit possible de déterminer plus rigoureusement l'espèce. Le Cupressinoxylon ucranicu m se trouve aussi dans une roche néocomienne de Koursk, mais c’est un conglomérat gros-

sier, ferrugineux, dans lequel le bois dur à pu se conserver, tandis que les feuilles et les cônes ont été détruits. Les feuilles décrites ci-dessus ne se sont conservées que dans le grès ferrugineux, qui se prêébait mieux à leur conservation; elles y sont réunies aux cônes et aux autres fragments de végétaux fossiles dont il est fait mention plus haut.

Esp. 45. Pin. jurassicus Gorpr.

Arbeït. d. schlesisch. Gesellsch. 1845, pag. 147. PI. IL, fig. 1—5. Merck, Palacodendrol. rossic. 1. c. pag. 48. PI. VIIL, fig. 6 —10.

Le bois fossile, à couches concentriques bien accusées, se compose de vaisseaux ligneux prosenchymateux, à paroïs épaisses (pachytichi), qui deviennent un peu plus étroits vers les limites des couches automnales et sont munies de grands pores placés en une ou deux rangées longitudinales irrégulières ; ils sont plus ou moins éloignés les uns des autres; les rayons médullaires sont simples, très abondants et petits, et se composent de 1 à 10 cellules superposées.

Hab. dans l’étage oxfordien jurassique de Popilani du gouvernement de Vilna, dans le même terrain du gouvernement de Tambow, près de Yelatma, et en Pologne près de Kamenka.

Les fragments du bois pénétré de fer sulfureux sont plus ou moins carbonisés et leur analyse microscopique demande beaucoup de circonspection. C’est sourtout à Popilani, au bord de la Windace, qu’on trouve les fragments du bois, associés à des coquilles marines, sans traces d'autres végétaux fossiles; les morceaux ont souvent la longueur d’un pied et la largeur de plüsieurs pouces. Les jeunes branches n’ont qu’une seule rangée de pores ponctués aux parois assez épaisses des vaisseaux ligneux, les plus âgées en offrent jusqu’à 2 rangées, placées sans ordre. Les rayons médullaires, à nombreux petits pores, sont rapprochés les uns des autres et placés entre les vaisseaux ligneux, sans montrer distinctement des vaisseaux résineux. Vers les limites de leur accroissement, les cellules ligneuses deviennent tout d’un coup plus étroites et forment 3 ou 4 rangées de cellules fortement comprimées, à paroïs très épaisses.

Le Pinites pertinax (Goxpr.) Mercxr. * appartient peut-être à la même espèce; il provient de la même localité de Popilani. Les vaisseaux ligneux n’ont qu’une seule rangée de pores, parceque le bois décrit est jeune; les rayons médullaires sont rapprochés et nombreux, comme dans le P. jurassicus. Son état de conservation est le même

* Mercuiun |. c. pag. 47. PI VIHL fig. 1 —5.

“et l’analyse, par conséquent, en est également difficile. 11 se peut done que le vrai Pin. pertinax Gozpr. soit une autre espèce, d'autant plus que celle de Popilani présente des vaisseaux résinifères simples, dont M. GogpperT ne fait pas mention dans l’espèce de la Silésie supérieure; cependant ils se trouvent selon lui * dans le Pinit. jurassicus. Je me permets par conséquent de le réunir en attendant à ce dernier. Le caractère des vaisseaux à parois épaisses ou minces (vasa pachyticha aut leptoticha) n’est que relatif: ces vaisseaux se trouvent souvent réunis dans la même espèce, de même que les rangées simples ou doubles des pores, aux vaisseaux ligneux: tous ces caractères dépendent aussi bien de l’âge différent du tronc que de la partie du bois qui en a été analysée.

Esp. 46. Pinit. Sternbergii Enpr.

Syn. Conif. pag. 283. Leth. ross. PI. IIL, fig. 18.

Abietites Sternbergii Hisié. Leth. suec. pag. 110. PI. 34, fig. 3.

Les rameaux sont droits et garnis de petits tubercules après la chute des feuilles; celles-ci sont ovalaires, allongées, très rapprochées, distiques et presque opposées; une nervure médiane les parcourt d’un bout à l’autre.

Hab. dans un terrain jurassique d’Izoume du gouvernement d’Ekaterinoslaw, et près d'Orenbourg dans un terrain semblable à [letzkaya.

Les feuilles d’'Izoume sont fixées sur de petits tubercules des rameaux; elles se rétrécissent aux deux extrémités et sont munies d’une nervure médiane distincte; il semble y exister aussi quelques nervures latérales indistinctes. Les feuilles, rapprochées les unes des autres, se touchent mutuellement; elles sont presque opposées, mais aussi quelque peu alternes. Les extrémités en sont plutôt obtuses qu'aiguës.

La longueur des feuilles est de 8 lignes, leur largeur de 1 ligne. Le rameau figuré a été trouvé dans l’étage oxfordien du terrain jurassique d’Izoume; il me semble que la même espèce se retrouve dans un calcaire jurassique d’Iletzkaya, mais on a de la peine à distinguer comme telles les feuilles détachées qui s’y rencontrent.

M. Paizrres ** a réprésente une espèce semblable ou peut-être la même sans lui donner de nom; ellese trouve en Angleterre dans un grès oxfordien supérieur, contenant de la houille. M. HisinGer à observé la même espèce en Scanie, également dans le terrain oxfordien.

* Verhdlgn. d. schlesisch. Gesellsch. f. 1845. Breslau. 1846. pag. 147. ** Geology of Yorkshire 1. ec. PI VI, fig. 24.

Quant aux feuilles fisgurées, elles ressemblent beaucoup à celles du Taxus baccata vivant; elles ont la même forme, et le milieu de leur limbe est également pourvu d’une carène.

Ordre septième.

Luliflorae.

Famille treizième.

Betulaceae.

Les bouleaux et les aulnes, deux genres d’une famille de plantes des climats tempérés de l’Europe, ne se trouvent fossiles que dans le terrain crétacé supérieur et le tertiaire; ils ont laissé des feuilles en empreintes bien conservées, et du bois fossile, qui cependant semble être, partout où il se trouve, d’origine tertiaire.

Genre XXVIII. Betulinium Una.

Les zônes du bois fossile sont peu distinctes, de la largeur de près de 1 ligne; les rayons médullaires sont très étroits et très nombreux, composés de 2 ou 3 rangées de cellules; les vaisseaux poreux sont étroits, à cloisons dans leur cavité, et réunis par 2 ou 3 en faisceaux. Les cellules du boïs sont prosenchymateuses, nombreuses, à cloisons et à parois minces. Ce genre est de l’époque tertiaire, mais semble se trouver aussi dans un terrain crétacé supérieur.

Esp. 47. Betul. rossicum Mercxr.

Palaeodendrol. pag. 33. PI. IV et PI. V.

Notre fragment, assez grand, présente encore son écorce; le bois en est très bien conservé; on distingue les rayons médullaires, la moelle et surtout les zônes concentriques annuelles.

Hab. dans un grès quartzeux friable à quelques grains verts, peutêtre glauconiteux, du gouvernement de Koursk.

Le gisement de ce bois fossile, de 9 pouces de long et de 2 pouces de large, n’est pas connu, et il est donc douteux s’il provient effectivement du terrain crétacé de Koursk; mais comme il à été trouvé dans un gouvernement où le grès ferrugineux crétacé est très développé, il se peut qu’il provienne de ce terrain. Néanmoins il est possible que ce soit le tronc d’un bouleau qui appartiendrait à l’époque actuelle, comme le fragment dont j'ai fait mention dans mon Monde primitif de la Rus-

sie *, qui avait été trouvé en Esthonie; il est également changé en silex et provient sans doute de l’époque actuelle; je n’ai pas supposé, comme on me le fait dire, qu’il provient du terrain silurien **,

Genre XXIX. Alnites GogpPr. voy. Leth. ross. IIT, pag. 438.

Les feuilles sont coriaces, à grosses nervures; la nervure médiane s'étend depuis la base jusqu’à l'extrémité aiguë, les secondaires sont opposées, et réunies entre elles par des nervures très minces en réseau. Ce genre se trouve surtout dans le terrain tertiaire, quoique les feuilles dont il est question ici, proviennent plutôt du terrain crétacé supérieur, comme aussi l'Alnit. Friesii de la Suède.

Esp. 48. Alnit. speciosus #.

PI. IIL, fig. 15 grand. nat.

Folium ovatum, sinistrorsum inflexum, indeque altero latere subconcavum, altero convexum, dentatum, denticulis brevibus, remotis, nervo primario crasso, secundariis oppositis remotis, in denticulis excurrentibus, multosque nervos collaterales ac tenuissimos tenue rete offerentes, sub recto angulo emittentibus.

Hab. dans le grès crétacé quartzeux de Kamyschine près de Tzaritzyne.

Cette feuille n’est pas complète; elle avait 1 p. 8 1. de long, et 1 p. 2 IL. de large au milieu; elle est presque ovalaire, maïs inégale des deux côtés, car elle est infléchie du côté gauche; par là ce côté est légèrement concayve ou presque droit, et l’autre convexe, à dentelures nombreuses; les dents sont élargies, mais courtes et obtuses. La nervure principale est épaisse, infléchie vers le côté gauche et munie de nombreuses nervures latérales opposées et se dirigeant dans les dentelures. L'espace existant entre ces nervures latérales est occupé par un réseau de nervures très minces, qui partent des nervures latérales sous un angle droit et se réunissent aux nervures latérales voisines.

Famille quatorzième.

Cupuliferae.

Le bois des Cupulifères se trouve rarement fossile; ce sont surtout les feuilles dont les empreintes se conservent facilement dans la roche

* Urwelt von Russland, Heft I. St. Petersb. 1840, p. 22. ** Meroxuin, Palacodendrolog. p. 38.

quartzeuse, où elles offrent quelques différences d’avec les Chênes actuels. M. Mrquez a donné à un genre particulier le nom de Debeya, en l'honneur de M. Degey à Aïx-la-Chapelle, auquel la Paléontologie doit beaucoup de découvertes précieuses de la Botanique fossile. Les feuilles de ce genre sont ternées, le petiole porte trois feuilles, dont chacune isolément ressemble à la feuille d’un Chêne; j'ai cru longtemps que les feuilles représentées à la PI. IIT pourraient également appartenir au Debeya; mais la disposition ternée leur manque et je les conserve provisoirement dans le genre des Chênes.

Genre XXX. Quercinium Une.

Les zônes concentriques du bois fossile sont distinctes, les rayons médullaires hétéromorphes, les plus grands sont moins nombreux que les petits, qui sont disposés dans une rangée offrant jusqu'à 20 cellules et au delà, superposées les unes aux autres. Les vaisseaux ligneux prosenchymateux sont poreux et remplis de grandes cellules; ces vaisseaux, surtout les plus petits, sont réunis en faisceaux. Ce genre se trouve d'ordinaire dans le terrain tertiaire, mais semble se rencontrer en Russie également dans le terrain crétacé supérieur.

Esp. 49. Querc. rossicum Mercxr.

Palaeodendrol. pag. 27. PI. VI et PI. VIL.

Les couches concentriques sont très distinctes; les vaisseaux, très

. grands au commencement des couches, forment deux ou trois zônes; dans

le reste du bois les vaisseaux deviennent plus petits et ont une disposition rayonnante; les grands rayons médullaires sont très distincts, les petits très nombreux, disposés en une seule rangée; cellules du bois prosenchymateuses et dispersées sans ordre. .

Hab. dans un grès plutôt crétacé que tertiaire du gouvernement d'Ekaterinoslaw, près d’Alexandrowsk, où semble se rencontre un grès quartzeux crétacé.

Nos fragments de bois fossile proviennent d’un terrain et d’une localité inconnus, et je n’ose rien ajouter à leur description; je suppose pourtant que ce bois à été trouvé dans le terrain crétacé plutôt que dans le tertiaire.

Genre XXXI. Quercus L.

Je rapporte à ce genre les empreintes de plusieurs feuilles, que j'avais prises autrefois * comme telles, mais que j'ai cru devoir rapporter

Voy. Géogn. de la Russie (en russe) 1846, p 513.

plus tard aux Credneria; * cependant elles offrent bien plutôt les caractères des Chênes américains que ceux des Credneria.

Esp. 50. Querc. kamyschensis Gogpr. sp. Leth. ross. PL TITI, fig. 13—14.

Phyllites Kamyschensis Gogpr. Paléont. de la Russ. p. 502. PI. G, fig. 1.

Les feuilles sont ovalaires, allongées, rétrécies ou légèrement élargies à la base, denticulées, à dentelures inégales, espacées, la nervure médiane est épaisse, les nervures latérales se détachent sous un angle droit et se réunissent en réseau par des ramifications latérales transversales.

Hab. dans un grès quartzeux très dur du terrain crétacé supérieur de Kamyschine, près de Tzaritzyne, au bord du Volga.

La feuille se caractérise par sa base rétrécie et même aiguë ou légèrement élargie; les deux côtés de la feuille sont inégaux à la base, l’un descendant plus bas que l’autre. Les nervures latérales sont généralement opposées, d’autres sont alternes et se bifurquent, surtout les deux inférieures. Les dentelures manquent à la base; elles sont nombreuses au milieu et à l'extrémité aiguë de la feuille.

La feuille a une longueur de 6 pouces et au milieu à la base une largeur de 2 pouces 10 lignes. La feuille représentée à la PI II, fig. 18, de la même localité, n’a que la moitié de cette longueur, de même que la fig. 14, laquelle est cependant plus large à la base.

Ce n’est pas un Credneria, car ce genre se distingue par ses nervures principales, qui naissent du rhachis sous un angle droit; c’est là un caractère qu’on n’observe dans aucun autre genre; ses feuilles sont en outre généralement bilobées à leur base et non rétrécies comme les feuilles de notre figure.

Le terrain quartzeux de Kamyschine n’est pourtant pas tertiaire, mais crétacé; il est identique à un grès pareil de Tatarowo et Lytkarino du gouvernement de Moscou, au grès ferrugineux de Koursk, au grès du village d'Ossinowo près du bord du Desna, et au grès d’Aïx-la-Chapelle.

Esp. 51. Querc. magnoliaefolia ».

PI. IL fig. 12.

Phyllites sp. Gogpr. Paléont. de la Russie L. ec. p. 503. PI. G. flg. 2. Querc.magnoliaefolia Géogn. de la Russie (en russe) p. 513. 1846.

La feuille coriace est lancéolée, lisse, à nervure principale (rhachis)

* Voy. Über den Eisensand von Kursk, Bull. de la Soc, de Mosc. 1853. No. 1.

épaisse, eb à nervures secondaires opposées et simples; les bords de la feuille sont entiers.

Hab. dans le grès quartzeux crétacé de Kamyschine près de Tzaritzyne. j

La feuille rappelle beaucoup celles des Chênes de l’Amérique septentrionale, comme les Querc. semicarpifolia et virens, de même que celles du Magnolia obovata, auquel M. Gosprerr à cru autrefois pouvoir rapporter la feuille figurée par lui (1 c.); je préfère maintenant en faire un Chêne, genre dont plusieurs espèces habitent actuellement encore les tropiques.

La feuille représentée à la PL IIT, fig. 12 est plus grêle que celle figurée par M. GorPrerr 1.c. fig. 2. PI. G., laquelle est plus large au milieu, mais comme toutes les deux proviennent du même grès quartzeux, qu’elles s’amincissent également aux deux extrémités et ont la même nervation, je suis porté à les rapporter à une même espèce. Les nervures latérales sont simples, excepté une seule nervure du côté gauche, qui semble se bifurquer, tandis que les nervures latérales de l’individu plus large figuré par M. GospperT offrent des nervures qui se bifurquent plus fréquemment; ceci provient peut-être de leur largeur plus considérable. Les bords sont entiers chez l’une et l’autre et les feuilles se rétrécissent également vers l'extrémité, qui semble légèrement échancrée.

La feuille a une longueur de 3 p. et une largeur de 1 pouce; elle a moins de 3 1. de large dans l'échantillon figuré par moi. Le pétiole est . court, mais distinct; les deux ailes de la feuille sont également allongées

à leur base.

M. Uncer * suppose que le Phyllites sp. de M. Gorpperr est le Querc. chlorophylla du terrain tertiaire de Parschlug en Styrie, mais celui-ci à l’extrémité de la feuille légèrement élargie et arrondie, non échancrée, comme celui-là, qui en outre n’a pas les bords ondulés et réfléchis, comme l’espèce de Parschlug. L'espèce figurée par moi diffère encore plus de celle-là par son extrémité beaucoup plus rétrécie et aiguë. En outre les nervures latérales sont fort distantes dans l'espèce de Kamyschine, tandis que le nombre en est double dans celle de Parschlug, où les nervures ne naissent pas de la nervure médiane sous un angle aigu, comme chez le Q. magnoliaefolia, mais sous un angle obtus, caractère important pour prouver leur différence.

* Chloris protogaea p. 111. PI. XXXI, fig. 1.

Esp. 52. Querc. spathulata m. PL II, fig. 10. conf. aussi fig. 9. Bull. de la Soc. de Mosc. 1853. No. 1, p. 24, fig. 5, aussi fig. 6

Folium coriaceum, integerrimum, elongatum, extremam versus partem dilatatum, basi angustata, nervis lateralibus remotis apice bifidis.

Hab. dans le grès ferrugineux néocomien de Koursk.

- La feuille coriace, allongée, étroite à sa base, s’élargit légèrement vers l'extrémité; elle en devient spathuliforme. Les bords sont entiers, l'extrémité obtuse, et les nervures latérales, qui naissent sOuS un angle aigu de la grosse nervure médiane, sont alternes et se bifurquent à leur extrémité du côté droit.

Notre empreinte ressemble beaucoup à un Phyllites provenant de l'argile schisteuse du quader inférieur de Perutz en Bohème *, et cela vient à l'appui de notre manière de voir, car nous rapportons le grès ferrugineux à ce même terrain crétacé. Ce n’est pas un Credneria, pour lequel je l'avais pris antérieurement; ce n’est pas non plus un Chêne bien caractérisé; je l’ai cependant réuni aux Chênes, pour ne pas en faire un genre particulier, à l'admission duquel la fig. 9 que j'ai donnée sur la même PI. IIT nous autoriserait encore davantage. Cette feuille du même grès ferrugineux de Tim aux environs de Koursk est caractérisée par sa forme lancéolée, élargie vers l'extrémité incomplète et légèrement échancrée des deux côtés; les nervures latérales, qui partent d’une nervure médiane très épaisse, sont simples et ne se bifurquent pas à leur extrémité, comme ceci se voit sur le Q. spathulata; mais la feuille est trop incomplète pour que nous puissions en faire une espèce particulière. Sa longueur doit avoir été au moins de 3 pouces, sa largeur de 11 à 12 lignes, surtout vers l'extrémité, où elle s’élargit nettement.

Esp. 53. Querc.reticulata m. PI. I, fig. 16.

Bull. de la Soc. de Mosc. Üb. d. Eisensand v. Kursk. 1853. I, p. 24.

Folium incompletum, elongatum, medio dilatatum et utrinque angustatum, reticulato-nervosum, nervis lateralibus sub acuto angulo e medio egressis et retis instar varie conjunctis, majoribus maculis inde obovatis.

Hab. dans le grès ferrugineux de Koursk, près de la ville de Tim.

La feuille est incomplète, mais très bien caractérisée par son réseau de nervures à grandes mailles; la nervure médiane est mince et donne origine à de nombreuses nervures latérales, dont les secondaires prennent naissance sous un angle très aigu; d’autres nervures accessoires naissent

* Reuss, Kreideversteinerungen von Bühmen 1. c. PI L, fig. 9.

sous un angle droit ou obtus; mais celles-ci sont courtes, aboutissent à d’autres nervures collatérales et se réunissent en outre avec les nervures

secondaires, d’où il résulte un réseau à grandes mailles, telles qu’elles

sont propres aux Credneria, auxquels j'avais rapporté autrefois ce genre du terrain crétacé.

Esp. 54. Querc. venulosa #».

PI. II, fig. 11 a petit fragment de la base de la feuille grossie: b grand. nat. Bull. de Mosc. 1. c. pag. 24.

Folium ellipticum, tenui petiolo elongato praeditum, medio nervo crassiore, lateralibus sub acuto angulo ex eo egressis, alternis, simplicibus, interstitiis inter eos tenuissime reticulatis.

Hab. dans le grès ferrugineux du gouvernement de Koursk aux environs de la ville de Tim.

C’est le fragment d’une feuille très caractéristique, que je suppose appartenir à une espèce toute particulière d’un Chêne éteint, ou plutôt d’un Noyer (Juglans), car la feuille ressemble beaucoup au Juglans Humboldtii Srrexz. du terrain crétacé de Blankenbourg dans le Harz.

La feuille à la base très rétrécie et se dilate brusquement vers la partie moyenne, pour se rétrécir de nouveau vers l'extrémité. Les neryures latérales secondaires alternes sont plus minces que la nervure médiane, restent simples et offrent de larges interstices munis de nombreuses nervures très fines (voy. fig. 11 a.), recourbées en bas et s’anastomosant dans d’autres nervures plus fines encore et intermédiaires; cette structure donne lieu à un réseau veineux à mailles très petites, comme on ne le rencontre pas sur d’autres espèces de Chênes.

La largeur de la feuille, au milieu, est de 1 p. 6 lignes; notre fragment grossi (fig. 11 a) n’est que le segment basal jusqu’à la première nervure latérale, d’une longueur de 2 lignes.

J'ai donné cette figure grossie pour compléter ma description antérieure et pour attirer l’attention des Paléontologistes sur un terrain de Koursk, qui mérite leur attention au snprême degré, et qui est fort peu connu jusqu'à présent.

Classe quatrième.

Plantes vasculaires dicotylédones,

b) angiospermes.

Ordre huitième. T'hymeleae.

Famille quinzième.

Laurineae.

Nous n’en connaissons que des feuilles, qui sont coriaces, à 2 nervures presque parallèles à la grosse nervure médiane, caractères qui leur assignent une place dans cette famille.

Genre XXXII. Daphnogene Una.

Les feuilles lancéolées, rétrécies aux deux extrémités, ont la nervure médiane très forte et atteignant l'extrémité aiguë; deux autres nervures latérales, qui naissent à la base près de la nervure médiane, côtoient les bords de la feuille et offrent une petite divergence avec la nervure médiane. Ce genre se trouve dans le terrain tertiaire moyen, ainsi que dans le crétacé supérieur.

Esp. 55. Daphnog. excellens ».

PI. II, fig. 17 grand. nat.

Folium lanceolatum, coriaceum, utrinque attenuatum, basi angustiore decurrente, nervo medio crassiore, lateralibus tenuioribus à medio leniter divergentibus.

Hab. dans le grès crétacé du village d’Ossinowo dans le gouvernement de Tschernigow.

La feuille lancéolée, coriace, est rétrécie aux deux extrémités, surtout à la base, où la feuille devient par là fort étroite et décurrente, quoique la base ne soit pas conservée dans l’individu figuré; j'en ai rétabli la forme moyennant le Daphn. cinnamomifolia Unc., auquel il ressemble beaucoup.

La feuille se rétrécit doucement vers l'extrémité et est caractérisée par sa nervure médiane, un peu plus épaisse que les nervures latérales, qui s’élèvent de la base jusqu'au delà du milieu de la feuille.

La longueur de la feuille en fragment semble avoir été de 212 pouces, et sa largeur au milieu de 8 lignes; sa surface est comme chagrinée, couverte de petites inégalités ou granulations, qui en occupent toute la surface.

Ordre neuvième.

T'erebinthineue.

Famille seizième.

Anacardiaceae.

Les genres vivants de cette famille, Pistacia et Rhus, se trouvent encore actuellement dans l’Europe méridionale, en Perse, et surtout en Amérique.

Genre XXXIII. Rhoidium Una.

Le bois fossile, seul connu de ce genre, a les couches concentriques distinctes, les rayons médullaires très rapprochés et les cellules parenchymateuses disposées en une ou plusieurs rangées. Les vaisseaux à pores sont grands, composés de cellules simples et de grandeur double vers la limite de chaque zône d’accroissement annuelle. Les vaisseaux ligneux à pores sont étroits, à parois minces. Ce genre ne s’est jusqu’à présent trouvé que dans le terrain tertiaire; en Russie il semble se rencontrer aussi dans le crétacé.

Esp. 56. Rhoiïd. Ungeri Mercxr.

Palaeodendrol. p. 21. PI. L fig. 1—2. PI. IT.

Les cellules prosenchymateuses du boïs fossile sont munies de paroïs assez épaisses, à pores placés en une rangée, les cellules sont plus nombreuses à l’accroissement du printemps que vers l’automne; elles sont également rayées, et offrent quelque ressemblance avec les vaisseaux scalariformes d’autres plantes; les rayons médullaires forment des rangées nombreuses ou des faisceaux, placés les uns près des autres.

Hab. dans un terrain crétacé, à ce qu’il semble, aux environs du village de Dourassowka près de Saratow au bord du Volga.

Le fragment de bois fossile est beaucoup plus grand, d’une largeur de 4 pouces, et les couches concentriques sont plus complètes, très nombreuses et très régulières. La moelle centrale occupe une cavité anguleuse et le bois est rongé, à ce qu’on suppose, par des insectes.

Le bois semble différer de celui du genre Rhoidium; il offre cepen- Eichwald, Lethaea rossica. II. 5

dant quelque affinité avec lui. La coupe longitudinale parallèle à l’écorce (voy. Mercxz., L. c. PL IT, fig. 9) montre les vaisseaux ligneux ascendants à pores fort élargis; ces vaisseaux sont traversés par des rayons médullaires, disposés en plusieurs rangées, comme dans l'Arthropitys mirabilis, où cependant je n’ai pu retrouver ni les couches concentriques bien accusées et très rapprochées du bois fossile de Dourassowka (voy. 1 c. fig. 1 et 6), ni les pores des vaisseaux ligneux, ni les rayons médullaires simples, qui caractérisent ce dernier bois.

Les canaux nombreux qui traversent le bois fossile dans toutes les directions, ont été attribués aux Insectes rongeurs; ils semblent cependant plutôt provenir des vers marins, car le boïs a été probablement trouvé dans un dépôt de mer. Ce sont actuellement surtout les Tarets qui criblent le bois flotté, entraîné par la mer, et il est plus naturel de supposer une telle origine aux nombreux canaux du bois fossile qui nous occupe. Les Tarets creusent de larges canaux, qu’ils tapissent ordinairement d’une croûte calcaire si délicate qu’elle a pu facilement disparaître par la fossilisation; c’est pour cette cause qu’il n’en existe pas de traces dans les canaux du bois fossile.

Un artre genre, également douteux, du même terrain crétacé de Saratow, est l’'Evonyminium Auerbachi Meroxr.* Comme la description ne s'accorde pas tout à fait avec les figures données par l’auteur, je n’ose pas en donner ici un extrait et je ne puis non plus rien ajouter à la description, n'ayant pas vu l'original. Je pencheraïs plutôt à le rapporter à un Conifère, voisin peut-être du Pinites undulatus.

Ordre dizième.

Rosifloreue.

Famille dix-septième.

Amygdaleae.

Des fruits fossiles ont seuls été trouvés jusqu'à présent en Russie, tandis que les feuilles aussi des Amandiers se rencontrent en Styrie. Genre XXXIV. Amygdalus L.

Les fruits et les feuilles de l'Amandier fossile se trouvent dans le terrain tertiaire de la Styrie, de Bohème, et le néocomien de la Crimée.

* I, c. p.23. PL L fig. 3. PI III.

Esp. 57. Amygd.taurica ».

PI. III, fig. 22.

Drupa coriacea, putamine ovato-acuminato contecta, altero latere obtuso, altero acute scindente, superficie reticulato-foveolata.

Hab. dans le calcaire argileux néocomien à petits grains de quartz de Biassala en Crimée.

Le fruit coriace ou ligneux est allongé ; ovalaire, obtus à l’un des

bords et tranchant à l’autre; la surface est réticulée, parcourue de sillons

formés par des côtes confluentes.

Le sommet du fruit est aigu, infléchi d’un côté, et la base élargie est arrondie. Il à 1 p. 4 1. de long, et 10 1. de large dans un diamètre et 6 L. dans l’autre. L'épaisseur du péricarpe est de près de 12 ligne.

Genre XXXV. Ce 1 sus L.

Les fruits fossiles du. Cerisier n’ont été trouvés jusqu’à présent que dans le terrain tertiaire de la Styrie; en Crimée ils semblent se rencontrer dans le terrain néocomien, où il y avait probablement une île près du bord de la mer.

Esp. 58. Ceras. meridionalis ».

PI. IT, fig. 23. a face extérieure du fruit; b cavité.

Fructus drupaceus exiguus, rotundus, subdepressus, pedunculatus, pericarpium ligneo-coriaceum, incrassatum, cavum semini excipiendo ad- - aptatum, magnum.

Hab. dans un calcaire ferrugineux néocomien de Biassala en Crimée.

Ce petit fruit est sphérique, légèrement comprimé, à surface inégale, garnie de petits enfoncements très nombreux et placés les uns près des autres. Le fruit était pédonculé, car la base présente un petit fragment de la tige et vis-à-vis, au sommet, une autre trace d’un point fixe, qui doit avoir servi à l'insertion des étamines. Le fruit montre en dedans une cavité ovalaire.

Le fruit a 6 L. de long et 7 L. de large; il était par conséquent lé- . gèrement comprimé. Disséqué, il est un peu plus long que large. Le péricarpe à une épaisseur de 1!}2 L. et la cavité séminale n’est guère grande,

M. Zener * a décrit et figuré un fruit semblable, mais tout à fait sphérique et pourvu d’une cavité très grande; il l’a nommé Baccites * Beiträge zur Naturgeschichte der Urwelt. Jena 1833, p. 12. PI. L fig. 9.

rugosus. Il provient d’un terrain tertiaire à lignite des environs d’Altenbourg en Saxe; il rentre probablement dans le même genre de plantes fossiles, mais appartient à une espèce différente.

Classe cinquième.

Plantes monocotylédones.

Ordre onzième.

Glumaceae.

Famille dix-huitième.

Cyperaceae.

Les Cypéracées ne se trouvent fossiles qu’en espèces très douteuses; on n’a observé que des feuilles, difficiles à distinguer de celles des Graminées, et c’est la raison pour laquelle tous ces fragments ne sauraient suffisamment prouver la présence des Cypéracées dans les terrains de la Période moyenne.

Genre XXXVI. Cyperites Linz. HUTr.

Les feuilles seules se trouvent fossiles, en sorte qu’il est impossible de déterminer rigoureusement ce genre; elles sont linéaires, raides, à carène médiane et à nervures latérales parallèles à peine distinctes. Ce genre se rencontre dans tous les terrains anciens et modernes.

Esp. 59. Cyperit. polaris ».

PL II, fig. 4 a grand. nat.; b grossi.

Folia linearia, rigida, complanata, recta, dorso carinato et lateribus, nervos secundarios tenerrimos offerentibus, transversim ac tenuiter striatis.

Hab. dans des rognons siliceux, probablement crétacés, à l’embouchure de la Lena dans la Sibérie orientale. h

Les petites feuilles, d’une ligne de large et d’un pouce ou plus de long, se rencontrent pêle-mêle dans un silex qui semble provenir d’un terrain crétacé; elles y sont dispersées sans ordre et en telle quantité qu’elles remplissent tout à fait le silex, ce qui nous fait voir qu’il y avait autrefois une belle végétation de Cypéracées ou de Graminées.

Les feuilles présentent une carène dorsale distincte et des nervures latérales beaucoup plus minces, parallèles entre elles et très rapprochées. Les nervures sont en outre coupées par de petites nervures transversales très serrées, qui ne se reconnaissent que dans l’intérieur des feuilles, par une coupe, qui permet de constater leur structure. Les nervures transversales coupent les longitudinales sous un angle droït et forment de la sorte un réseau très délicat.

Le Cyperites protogaeus Hrer*, du terrain liassique de la Suisse, offre quelque ressemblance avec l’espèce de la Lena; mais il ne montre pas les nervures transversales, très caractéristiques dans celui-ci.

Le schiste argileux du Jura inférieur de Räscht au Ghilan, dans lequel se trouve le Pecopteris meridionalis, contient également un Cyperites très voisin de celui de la Lena; il est néanmoins plus long, et pourvu d’une carène médiane, sur laquelle on observe plusieurs stries longitudinales très fines et fort rapprochées; c’est là un caractère qu’on ne voit pas dans le Cyperites de la Sibérie orientale.

Ordre douzième.

Spadiciflorae.

Famille dix-neuvième.

Pandaneae.

Les genres de cette famille sont encore plus douteux, surtout ceux qu’on a rencontrés fossiles dans le terrain crétacé du Harz près de Blankenbourg, et de la Russie, en Crimée.

Genre XXXVII Pandanus L.

Ce n’est qu’un fruit, que je rapporte à ce genre, et dont je me propose de faire mention ici; il n’y a pas de doute que cet objet ne trouve à l'avenir une place plus conforme à sa classification. M. BRONGNIART à nommé les fruits du Pandanus fossile Pandanocarpon, M. Bower- BANK les appelle Nepadites; ces fruits sont très communs dans le terrain tertiaire de l’île de Sheppy; en Russie ils se trouvent dans un terrain jurassique.

* Urwelt der Schweiz. Lieferung IL, p. 81. PI. IV, fig. 18.

Esp. 59. Pand. problematicus #.

PI. I, fig. 24.

Fructus ovato-rotundus, basi lata obtusa, apice brevi acutiusculo, superficie sublaevi, duobus utplurimum tribusve sulcis notatum.

Hab. dans le terrain jurassique entre Ssouya et Soudagh, aux environs de Katarasse, en Crimée.

Ce fruit ovalaire est arrondi à la base et aigu au sommet, qui forme une petite saillie pointue. La surface en est plus ou moins lisse et à peine marquée de stries ou enfoncements longitudinaux, qui vont d’une extrémité à l’autre et semblent indiquer les traces de valves quelconques, qui s’y ouvraient.

Le fruit à 1 p. de long et 10 L de large.

M. Zewker a décrit, du terrain tertiaire des environs d’Altenbourg en Saxe, un Baccites cacaoides, qui ressemble quelque peu au fruit de la Crimée; il en diffère cependant par sa forme générale; son péricarpe ne s'ouvre pas par des valves, qui semblent cependant avoir existé dans le fruit de la Crimée.

D’autres fruits, un peu différents de celui-ci, se trouvent dans un terrain crétacé de Badrak en Crimée.

- M. Sriexzer à décrit * le tronc d’un Pandanus Simildae, également problématique, provenant du terrain néocomien du Langeberg près de Blankenbourg au Harz; le tronc épais est dépourvu d’écorce; des côtes ou stries longitudinales, traversées par des fissures inégales, sont probablement les traces des faisceaux vasculaires verticaux du corps ligneux, dont la structure intime a disparu entièrement.

Ordre treizième.

Principes.

Famille vingtième.

Palmae.

Les tiges et les feuilles des Palmiers se trouvent dans toutes les Périodes, maïs les genres fossiles sont encore si peu connus en Russie que je me trouve fort embarrassé d’en faire mention ici.

Genre XXXVIII F'asciculites Corra.

Les vaisseaux ligneux sont disposés en faisceaux verticaux, sans

# Palaeontographica. Cassel 1855, p. 75. PI. XIV.

composer des zônes concentriques annuelles; ils sont dispersés sans ordre, et chacun se compose d’un corps ligneux, ou de liége, et d’une réunion de vaisseaux propres; les faisceaux principaux sont séparés quelquefois par d’autres faisceaux celluleux. On trouve ce genre dans presque tous les terrains et par conséquent aussi dans les terrains jurassique et crétacé; il se rencontre plus fréquemment dans le tertiaire.

Esp. 61. Fascicul. ambiguus ».

PI. V, fig. 7. a écorce de grand. nat.; b tronc en coupe transversale; c faisceau vasculaire en coupe transversale, grossi.

Caulis mediocris e multis fasciculis vasorum verticaliter adscendentium exstructus, fasciculis vasorum cylindraceïs tegmine corticali obtectis et ab invicem paullo remotis.

Hab. dans le grès néocomien de Kline près de Moscou.

La tige a tout à fait la structure des Monocotylédones et ne peut provenir que d’un arbre voisin des Palmiers, dont les feuilles et la surface de la tige ne sont pas encore connus. Je possède dans ma collection un fragment (1. c. fig. Ta), composé de nombreux faisceaux vasculaires cylindriques, placés les uns près des autres et laissant entre eux un petit espace pour loger un tissu cellulaire. Les vaisseaux sont réunis en grand nombre dans les faisceaux et chacun d’eux est enveloppé d’une gaîne corticale ; les faisceaux vasculaires sont en outre séparés les uns des autres par un espace d’une largeur double.

Une autre empreinte (1. c. fig. 7 a) se trouve à côté de ce fragment de la tige en coupe transversale (1. c. fig. 7b). L’empreinte présente une quantité de petits vaisseaux très fins, placés les uns près des autres, formant ainsi des faisceaux vasculaires; nous avons donc ici le moule de la surface de la tige (voy. L. c. PL. 7 a), dont les vaisseaux, placés en direction parallèle ascendante, constituent des faisceaux plus ou moins épais.

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