L. v. Bucx, Über Ammoniten I. c. PI. V, fig
Ammon.biarmatus Zier., Verstein. Württemb. 1. c. p. 2. PI. 1, fig. 6. $ perarmatus Quensr., Cephalop. p. 163. PI. 16, fig. 12.
Le test comprimé est composé de tours carrés, garnis de 16 à 18
* Petrefactenkunde. Tübingen 1867, p. 443. PI. 36, fig. 17.
côtes transverses, qui, partant du bord ombilical, forment une pointe saillante et s’abaissent ensuite pour disparaître presque entièrement jusqu’au bord dorsal, où elles forment une seconde pointe, plus longue que la première; le dos est presque plan, un peu convexe; l'ouverture est carrée, à base légèrement échancrée et un peu plus large que le dos.
Hab. dans l’oxfordien inférieur du gouvernement de Twer près du village de Koltzowo, ainsi que dans le jura blanc de Nussplingen au Wurtemberg, et dans l'étage oxfordien de la France et de l'Angleterre.
Le test entièrement pyritisé de Koltzowo est pourvu de tours qui s’embrassent fort peu et dont les tubercules pointus sont très rapprochés les uns des autres; les côtes ne sont distinctes que sur les premiers tours, le dernier n’en montre pas du tout, sauf quelques traces que l’on remarque près de l’ouverture. L’ombilic est médiocrement profond, et le dernier tour y forme un gradin assez haut. Le dernier tour à 11 p. de haut, et 1 p. de large vers la base, ïil est par conséquent un peu plus arge que haut. ‘Les cloisons ne sont pas apparentes dans les fragments de Koltzowo.
Esp. 1219. Ammon. Meyendorffii d'Ors. (FAM. ARMATI). VerneuIL, Paléont. de Russie 1. c. p. 428. PI 32, fig, 4-5.
‘Le test renflé est composé de tours plus larges que hauts, déprimés et ornés en travers chacun de 12 grosses côtes, pourvues vers le bord ombilical de 2 tubercules pointus, dont l’interne sur le milieu des flancs est le plus gros. Les tubercules sont réunis par une petite côte, et le plus gros se divise en deux côtes, qui passent par le dos pour se réunir avec les deux côtes du côté opposé. Deux ou trois côtes simples sont situées entre les rangées de tubercules.
Hab. dans les concrétions calcaires oxfordiennes, disséminées au
milieu des couches argileuses et sableuses qui forment la rive droite du Volga (d’Ors.).
Les jeunes individus sont garnis de côtes, sur les adultes celles-ci disparaissent de plus en plus, et ne se remarquent pas sur le dernier tour, qui est caractérisé par des côtés plats et le dos à peine convexe. Par suite la coupe transversale est presque carrée, l’ombilic est profond et large.
La coquille a!1 p. 101. de diamètre, le dernier:tour offre la largeur de 1:p. 2.1, tandis que la hauteur de l'ouverture est de 8 lignes.
Esp. 1220. Ammon. Lamberti Sow. (FAM. AMALTHEI).
Min. conch. III, p. 73. PI. 242, fig, 1 —3.
Ammon. Leachi Sow. (non d’Ors.), Min. conch. |. c. fig. 4. » ‘Laniberti Quensr., Jura p. 533, var. macera l.c. PI. 70, fig. 17, var. pinguis 1. c. fig. 18, var. inflata I. c. fig. 19. Ammon. Lamberti Sow. Roux, Bull. de Mosc. 1846. PI. B, fig. 5.
Le test discoïde est, dans un âge très jeune, formé de 4 ou 5 tours lisses et déprimés, à dos rond; plus âgé il prend des côtes d’abord peu marquées, bifurquées , s’infléchissant ensuite en avant sur le dos, qui devient anguleux; plus tard les côtes sont presque droites jusqu’à la moitié externe, des côtes simples sont intercalées aux bifurquées, quise réunissent sur le dos avec celles du côté opposé; c’est alors qu’il naît entre les longues côtes deux, trois ou même quatre côtes intermédiaires courtes. Le:bord ombilical est arrondi, et l’ouverture comprimée, plus haute que large; le test encore plus âgé commence à perdre les longues côtes, les courtes s’atténuent également, s’effacent ensuite entièrement et la coquille adulte devient tout à fait lisse.
Hab. dans l’oxfordien inférieur de Popilani, en Lithuanie, dans les couches oxfordiennes inférieures du bord de l’Ounja, affluent de l’Oka aux environs de Tambow et sur le bord du Moskwa et du Volga près de Ssimbirsk, ainsi que dans l'argile oxfordienne inférieure de l’Angleterre, de la France-et de l'Allemagne.
La coquille forme, suivant l’âge, de nombreuses variétés, dont les unes sont comprimées, d’autres renflées; les côtes longues sont grêles, rapprochées et même serrées, les courtes intercalées, au nombre de 2 ou 3, situées près du dos, qu’elles traversent comme les longues; par là le dos devient tranchant, aigu. st
Cette espèce rappelle l'Amm. carinatus #». de l’oxfordien inférieur de Popilani et de Nigranden, qui cependant se distingue parles côtes plus épaisses et par des côtes courtes simples, non doubles ou ‘triples, situées entre les côtes longues; son ombilic est également plus large, le bord ombilical du dernier tour très élargi est anguleux, fortement saillant, et par là l’ombilic devient très profond; son dos ne perd pas les côtes; elles y deviennent au contraire plus larges, légèrement aplaties et plus espacées que sur l’'Am. Lamberti.
L’A muw. validus Paix. décrit.très brièvement par M.neFiscaer
dans le Bulletin de Moscou *, paraît être le même, car il s’est trouvé dans le terrain jurassique des bords du fleuve Moskwa.
Esp. 1221. Ammon. carinatus ». (FAM. AMALTHEI). PI. XXXIV, fig. 8 gr. nat.; a coquille, vue de côté; b vue sur l’ouverture, c fragment d’un des premiers tours.
Zoolog. spec. IT. Vilnae 1830, p. 30. PI. 2, fig. 13.
Testa mediocris, costata, anfractus paullo sese invicem amplectentes, junior testa compressa, costis bifurcatis elongatis, simplices alias et curtas inter se excipientibus, dorso leniter carinato, adultior perquam inflata, anfractu ultimo latissimo, costis latis flexuosis, bifurcatis, rarioribus simplicibus intercalatis, umbilico profundissimo, margine umbilicali ultimi anfractus latissimi angulato, costato, laevi prope suturam.
Hab. dans le calcaire oxfordien inférieur grisâtre de Nigranden et dans le grès oxfordien ferrugineux de Popilani du gouvernement Kowno en Lithuanie.
Au jeune âge la coquille, de grandeur moyenne, est comprimée, ornée de côtes très fines et serrées, et pourvue d’une ouverture plus haute que large; adulte elle s’enfle, les côtes deviennent plus épaisses, restent bifurquées ou simples, et n’offrent jamais plus d’une côte intercalée entre les côtes bifurquées. Le dernier tour est déprimé et s’élargit d’une manière extraordinaire; l’ouverture est en croissant, à bords ombilicaux extérieur et intérieur anguleux, fort saillants, et formant l’ombilic très profond et très large. Les côtes commencent sur le bord ombilical et se bifurquent immédiatement, quoique la côte secondaire ou latérale ne se fixe pas entièrement à la base de la côte principale. Les côtes deviennent de plus en plus épaisses sur le milieu du dos, où elles forment en avant une courbure en arc obtus; l'angle formé par les côtes sur le milieu du dos du tour précédent est plus aigu que celui du dernier tour, mais toujours obtus; cependant le dos ne forme jamais de carène comme celui de l'A. Lamberti.
La coquille à 1 p. 8 L. de haut, le dernier tour a 1 p. de large; lombilic a 11 p. de large et 1/2 p. et plus de haut; l’avant-dernier tour a 4 1. de haut et autant de large; il existe dans l’espace d’une ligne 3 côtes, tandis que sur le dernier tour l’espace de 4 lignes offre 3 côtes.
Cette espèce diffère de l'A Lamberti par sa largeur extra-
* Revue des fossiles du gouvernement de Moscou I. c. 1843. I, p. 109 (sans figure).
ordinaire à l’âge adulte, et par ses côtes complètes constamment bifurquées ou simples; ear il lui manque les côtes courtes, incomplètes, intercalées qui, souvent au nombre de 3, même de 4, caractérisent l'A. Lamberti. Celui-ci perd les côtes quand il est complétement développé, tandis que l'A. carinatus les garde toujours, même à un âge avancé, où il devient très large, à dos arrondi, dépourvu d’une carène quelconque. La carène ne se montre que sur les individus comprimés et plus jeunes, que je suppose être des mâles, tandis que les femelles sont les plus larges, à dernier tour brusquement élargi. C’est une conformation que l’on ne trouve pas dans PA. Lamberti et qui rappelle plutôt l’A. Sutherlandiae Murcx. de l’oxfordien inférieur de l'Angleterre et de la France; les tours s’élargissent brusquement, le dernier surtout devient très large, sans cependant montrer le bord ombilical anguleux; son bord est arrondi, tandis que le bord ombilical, l'extérieur aussi bien que l’intérieur, de l’A. carinatus sont anguleux et réunis entre eux par une face droïte et lisse. Les côtes de l'A. Sutherlandii se trifurquent régulièrement, ou montrent une petite côte intermédiaire entre deux côtes bifurquées; c’est ce que l’on ne voit jamais sur VA. carinatus.
Les côtes de l'A. carinatus sont flexueuses; elles s’infléchissent d’abord légèrement en avant, puis en arrière, avant de passer sur le milieu du dos, où elles s’infléchissent de nouveau en avant, en ÿ formant un angle obtus, légèrement arrondi.
LA. Lamberti Sow., suivant M. d’OrBreny *, est pourvu, à tout âge, du dos aigu et tranchant, l'A. Sutherlandi** a toujours le dos élargi et arrondi, tandis que l'A. carinatus présente les premiers tours pourvus du dos tranchant et les derniers arrondis et élargis, conformation qui lui est tout à fait particulière. |
Suivant l’âge des individus, M. Quexsrenr *** distingue trois variétés de l'A. Lamberti, à savoir: À. macer, pinguis etinflatus, mais le premier a constamment les côtes bifurquées, sans offrir les côtes simples de VA. carinatus entre les côtes bifarqnées; le second est plus large que le premier, mais les côtes sont de la même forme et disposition, comme aussi dans les À. Leachii et omphaloides Sow., qui ne sont que des variétés de l'A. Lamberti. La troisième variété, l'A. Lamberti inflatus, se distingue par le dernier tour, qui cependant West pas aussi élargi que celui de l'A. carinatus, dont les bords om-
* Paléont. fr. Terr. jur. I, p. 482. PI. 177, fig. 5—11. ## ], c. p. 478. PI. 177, fig. 1—4.
Marat cp: »29.
Eichwald, Lethaea rossica. II. 68
bilicaux sont anguleux et non arrondis, comme ceux de lAmm. inflatus. Une autre espèce oxfordienne encore se rapproche beaucoup de l'A. carinatus, c’est PA. goliathus d'Ors., mais le dernier tour est lisse, dépourvu de côtes vers l’ouverture, et l’ombilic est étroit, comme dans les trois variétés mentionnées plus haut de VA. Lamberti; l'A. goliathus dans ce cas a plus de ressemblance avec l'A. macrocephalus qu'avec l'A. carinatus très avancé en âge.
Esp. 1222. Ammon. cordatus Sow. (FAM. AMALTHEI).
Min. conch. I, p. 51. PI. 17, fig. 2—4.
Ammon. Amaltheus Pusca, Polens Paläont. 1. c. p. 154. PI. 14, fig. 4.
,» radians Fiscaer, Oryctogr. Mosc. I. c. p. 169. PI. 6, fig. 3b, Ammon. Turneri (Sow.) I. c. PI. 5, fig. 3; Ammon. Stockesi(Sow.) |. c. p. 170. PI. 6, fig. 1 et À mm. vertebralis (Sow.) Fiscu., Bull. Mosc. 1843. L p. 114.
Ammon. cordatus Sow. d'Ors., voy. VERNEuIL, I. c. p. 442. PI. 34, fie. 1—5. Keys., Petschorareiïse I. c. p. 323. PI, 22, fig. 1. var. Keys. voy. Mippenvorre, Sibir. Reise p. 251. PI. 4,
fig. 7—8.
Ammon. cordatus pinguis Rouizz., Bull. Mosc. 1846. PI. A, fig. 1. » Lamberti (non Sow.) Rouizz. I. c. 1846. PI. À, fig. 2 et Amnon. cordatus Sow. Rouizz. IL. c. 1846. PI. A, fig. 5 et 6.
Le test, comprimé ou renflé, est caréné et garni de 19 à 31 côtes transverses, qui partent du bord ombilical, s'élèvent de plus en plus jusqu’au milieu des flancs des tours, où elles deviennent tuberculeuses, se bifurquent, et, en s’infléchissant fortement en avant, forment la carène dorsale; une côte incomplète est souvent intercalée entre les côtes principales. E
Hab. dans le calcaire oxfordien inférieur de Tenczinek et de Krzeszowice près de Cracovie et de Bzôw dans le royaume de Pologne, dans le même terrain de Popilani et de Nigranden en Lithuanie, au nord de la Russie sur le fleuve Ssyssola, au pays de la Petschora, à Kineshma sur le Volga, à Goliowo, Khoroschéwo et Bronnitza dans le gouvernement de Moscou, sur la Protyva au-delà de Borofsk dans le gouvernement de Kaluga, à Makarjew sur le fleuve Ounja, à Ssaratow sur le Volga, à Werowkine dans le gouvernement de Kharkow, sur Le bord de l’Ilek, aux environs d’Orenbourg, et sur le fleuve Olenek dans la Sibérie orientale.
Les individus de Popilani de ma collection sont très petits, ils ont à peine 6 à 8 L. de diamètre, et les côtes tuberculeuses se bifurquent en s’infléchissant fortement en avant, elles ont quelquefois entre elles une petite côte incomplète, qui forme avec les autres côtes la, petite. carène
du dos élargi; toutes les côtes sont très fines et serrées. Les individus très bien conservés de l'argile noire de Khoroschéwo sont bien plus grands: ils ont 1 p. 9 L de diamètre; l'ouverture a 7 1. de haut, et 81. de large à la base; elle est presque en cœur et Le bord supérieur fait une longue saillie. Les tubercules disparaissent de plus en plus vers le bord de l'ouverture et les côtes intercalées y deviennent plus constantes; l’ombilic est petit et profond; la coquille est pyritisée.
Les individus de Nigranden se distinguent par leur épaisseur, en sorte qu’ils rappellent PA. spinatus Bruc. du lias de la France; la coquille est fortement déprimée et plus large que haute; les côtes sont espacées, assez comprimées et presque tranchantes; elles sont tuberculeuses à leur bifurcation, à dos très large et déprimé, offrant la carène tuberculeuse sur le milieu du dos élargi; l’ouverture devient par là de 1 p. de large et de 7 1. de haut, à base largement échancrée.
Les individus du bord de lPIlek et de l’Olenek sont plus petits et très comprimés; les tubercules à la bifurcation des côtes latérales sont comprimés et très hauts, les côtes intercalées également comprimées comme les tubercules et passent, en s’infléchissant, dans la carène fort tranchante. L’individu de l’Olenek se distingue par deux côtes intercalées, au lieu d’une seule, entre les côtes bifurquées, et par la coquille, qui est un peu plus épaisse que celle de l’Ilek.
LA. Turneri (Sow.) Fiscaer, du schiste argileux inflammable de Bronnitza, paraît appartenir également à l'A cordatus; les côtes infléchies en avant sont simples et non bifurquées, et le dos est à carène tranchante, non noueuse, presque comme sur l'A. Turneri Sow., qui vient du lias de l'Angleterre, terrain qui n’est pas développé en Russie. La fig. 3 de la PI. 5ième de l’Oryctographie de Moscou est si indistincte qu'il est difficile de décider si elle représente l'A. cordatus ou plutôt PA. alternans. Il paraît que c'est la même espèce qué M. pe Frscane* a figurée ensuite sous le nom d'A. Stockesi du calcaire oxfordien de Mjatschkowo dans le gouvernement de Moscou, individu qui suivant M. Bronx ** appartiendrait à l'A margaritatus d’'Ors. du lias moyen de la France. Les côtes infléchies de celui-ci sont cependant toujours simples et non bifurquées comme celles de l’espèce de Mjatschkowo, et c’ést pourquoi je regarde en attendant celle-ci comme variété de PA.
* Oryctogr. de Mosc. I. c. p. 170. PI. 6, fig. 1. F *# Index palaeont. 1. c. p. 50.
cordatus; mas cen nullement l'A. Amaltheus SCHLOTH. du lias, comme on la Là
Esp. 1223. Ammon. alternans L. v. Bucx (FAM. AMALTHEIÏ).
Pétrificat. remarquables 1. c. I, p. 14. PI. 7, fig. 4. Ammon.alternans Keys., Petschorareise L. c. p. 323. PI. 22, fig. 2. ÿ alternans Quensr., Cephalop. I. e. p.96. PI.5, fig. 7—8, et Quensr., Petrefactenkunde 1. c. p. 429. PI. 37, fig. 4. Ammon. subcordatus d'OrB. voy. pu Paléont. de Russie p. 334.
PI. 34, fig. 6—7.
Rouuier , Bull. de Mosc. 1. c. 1846, IV. PI. À , fig. 3—4 et fig. 8, et Bull. de Mosc. 1849, p. 362 PI. L, fig. 88, 89 (non cordatus Sow.); fig. 90 (A. Razoumowskii Rouizxr.), et fig. 109 (A mm. Zieteni Rourz.).
Ammon. angiolinus comte Hurren Czarsxt, Bull. de Mosc. 1. c. 1849. IL, p. 616. PI. 7, fig. 1—5.
Le test caréné est comprimé eb garni de 28 ou d’un plus grand nombre de côtes élevées, aiguës, simples, et infléchies en avant; elles partent du bord ombilical et disparaissent tout à fait près du bord dorsal; une côte, sur 4, est bifurquée vers le dos, dont la carène est très saillante, finement noueuse et marquée de chaque côté d’un sillon entièrement lisse. à
Hab. dans l’argile noire jurassique de l’étage callovien de Kolomna, de Schtschoukino, de Goliowo et de Khoroschôwo près de Moscou, sur le bord du Volga, près de Kineshma, sur la Petschora et l’Ishma au nord de la Russie, aux environs de Ssimbirsk sur Le Volga etsur le bord de l’Ilek aux environs d'Orenbourg, ainsi que dans le jura blanc du Wurtemberg.
Espèce très variable: elle est tantôt comprimée, tantôt épaisse et dilatée, à côtes tantôt plus ou moins droites et complètes, allongées, pourvues de courtes côtes incomplètes situées près du bord dorsal entre les complètes, tantôt les côtes sont arquées, infléchies d’abord en arrière, puis en avant, quelquefois même bifurquées et pourvues à leur bifurcation d’un petit tubercule; la coquille est alors épaisse et renflée (Ammon. angiolinus) et garnie d’une rangée entière latérale de petits tubercules. Les autres individus comprimés manquent de tubercules, mais leurs côtes deviennent quelquefois épaisses et marquées de rares tubercules; c’est alors A. Amaltheus (Sccorx.) var. gib bosa ** de l’argile jurassique noire de Goliowo, le dernier tour très grand est muni de 20 ou d’un plus grand nombre de côtes assez épaisses, dont deux très
# Bull. de Mosc. I. c. 1862, p. 362.
*## TraurscHoLD, Bull. de Mosc. 1860, p. 355. PI. 8, fig. 21.
espacées sont pourvues de gros tubercules, les autres sont renflées à leur extrémité près du dos.
L'échantillon ressemble effectivement à l'A. Amaltheus, et je serais porté à supposer que l'individu qui fut conservé dans une collection particulière à Moscou, sans qu’on connût la véritable localité de son gisement, ne provénait pas des environs de Moscou, mais est originaire de l'Allemagne. J'ai vu peut-être le même individu, il y a quelques années, dans la collection de M. AuerBaca à Moscou et j’ai reconnu surle-champ la roche dans laquelle il se trouve: c'était le lias du Wurtemberg, qui contenait un vrai À. Amaltheus.
Les individus renflés de l'A. alternans de Goliowo sont pourvus de côtes interrompues sur les flancs, en sorte qu’elles forment deux rangées de côtes tuberculeuses, à carène dorsale très finement noueuse; c’est la variété À. angiolinus, changée en pyrite, dont les côtes de la rangée inférieure sont simples, ainsi que celles de la rangée supérieure, lesquelles ressemblent plutôt aux tubercules arrondis qu’à des côtes allongées; l'ouverture est plus large que haute, tandis que celle des individus comprimés est plus haute que large.
M. Rover (1. c. fig. 90) a nommé À. Razoumowski un tel individu de l'argile noire de Goliowo, qui ne diffère de l'A. alternans renflé que par ses côtes tuberculeuses moins nombreuses sur la rangée inférieure, eb par ses côtes comprimées plus nombreuses sur la rangée supérieure; la petite carène dorsale est située au milieu du dos enfoncé, dont les deux côtés sont garnis de côtes comprimées et infléchies en avant. La coquille à 10 1. de diamètre et n’est connue qu’en fragment:
M. Rover (1. c. fig. 8) a nommé A. Zieteni un autre individu très petit, qui est également renflé et garni de la seule rangée inférieure
de côtes comprimées en tubercules, la supérieure semble manquer; c’est
ce qui s’observe souvent sur l’A. alternans de l'argile noire de Khoroschôwo, de Mniowniki et de Goliowo, rappellant également l'A. alternans angiolinus.
Les plus grands individus se trouvent aux environs de Kolomna près des bords du fleuve Moskwa; ils ont 2 p. et plus de diamètre ; ouverture a 8 L. de haut et 7 L. de large; les côtes sont simples, infléchies en avant près du bord dorsal, où il se montre de courtes côtes intercalées et très serrées.
Esp. 1224. Ammon. Mariae d'Ors. (FAM. AMALTHEI).
Paléont. fr. Terr. jur. I, p. 487. PI. 179.
Ammon.Leachii (Sow.) d'Ors. voy. VeRNEuIL |. c. p. 438. PI. 35, fig. 7—9. “ Lamberti (Sow.) v. Bucu, Bull. Mosc. 1846, p. 242.
Le test comprimé est marqué de 18 à 26 côtes transverses simples et bifurquées, infléchies en avant et passant par le dos très comprimé; elles se réunissent avec les côtes du côté opposé; les tours grandissent doucement et forment un ombilic étroit à gradins, car les tours n’embrassent que les Ÿ/4. des tours précédents.
Hab. dans l’oxfordien inférieur de Popilani, sur les bords de la rivière Ounja, affluent de l’Oka, gouvernement de Tambow, et sur les bords de la Moskwa près de Tatarowo, ainsi que dans l'étage callovien supérieur des Vaches-Noiïres du Calvados.
La coquille, de grandeur moyenne, est anguleuse au dos et marquée de côtes qui se bifurquent près du bord ombilical ou plus près du milieu des flancs; elles sont pourvues de côtes intercalées plus courtes près du dos, par lequel les côtes passent pour se réunir avec celles du côté opposé. Le dos est anguleux, sans être caréné, et l’ouverture est plus haute que large; les côtés sont légèrement convexes.
L’individu de Popilani a 1 p. 4 1. de diamètre; l’ouverture a 8 1. de haut et 5 1. de large; l’ombilic à 4 I. de diamètre.
Esp. 1225. Ammon. Chamusseti d'Ors. (FAM. AMALTHET). Paléont. fr. Terr. jur. 1. c. p. 437. PI. 155.
Le test discoïde, légèrement comprimé et caréné, est composé de tours anguleux, presque entièrement embrassants, renflés au bord ombilical, très évidés sur les côtés, qui sont lisses, à l’exception du bord dorsal, où l’on remarque de petites côtes obliques, qui rendent le dos tranchant crénelé; l’ombilic est très étroit.
Hab. dans l'étage callovien du terrain jurassiqne vers le bord de l'Oka dans le gouvernement de Kaluga, ainsi que sur le Mont-du-Chat en Savoie dans l’étage jurassique à À. macrocephalus.
Cette espèce est plus renflée et plus ventrue que les A. cordatus et Lamberti, avec lesquels on à essayé de la réunir *; elle a l’ouverture en cœur, à base profondément échancrée, et à bord supérieur anguleux; le bord dorsal est marqué de courtes côtes également allongées, comme on le voit sur le commencement du dernier tour et sur tous les
por Bull. de Mose. 1857. IL p. 568. PI. 5.
tours précédents. Les Ammon. cordatus et Lamberti sont garnis de côtes incomplètes simples, et d’autres qui se bifurquent, et de tubercules, situés au point de bifurcation, caractère qui ne se retrouve pas sur l'A. Chamusseti; celui-ci n’a que des côtes simples, entièrement égales, qui sont complètes sur les tours précédents des jeunes individus, et incomplètes, longeant le bord dorsal seulement, chez les adultes, dont par suite les côtés sont lisses.
La coquille de Kaluga a 3 p. 6 I. de diamètre, l'ouverture a 1 p. 8 1. de haut, et À p. 5 L. de large à sa base: c’est par conséquent une largeur de la coquille très considérable; l’ombilie n’a que 5 1. de large, c’est-à-dire 1l est si étroit comme on ne l’observe jamais sur les À. co rdatus ou Lamberti, qui par contre ne deviennent jamais aussi ventrus que l'A. Chamusseti.
Esp. 1226. Ammon. Koenigii Sow. (non d'Ors.) (FAM. PLANULATI). Min. conch. I. c. III, p. 113. PI. 263, fig. | —3. Amm.mutabilis Sow., Min. conch. IV, p. 145. PI. 405. ù S v. Bucu, Beitrag z. Kenntn. d. Gebirgsform. Russl. p. 84, et Amm.Koenigiil. ce. p. 85.
Orrez, Juraformation 1. c. p. 550.
Le test discoïde est composé de tours comprimés, pourvus de côtes complètes, légèrement infléchies en avant sur Le bord dorsal, et interrompues sur le milieu du dos; deux côtes incomplètes occupent l’espace entre deux côtes près du bord dorsal; l'ouverture est plus haute quelarge; l’ombilic large et superficiel.
Hab. dans l’oxfordien inférieur du gouvernement d’Orel, près du village de Michaïlowo, sur le bord du fleuve Itzka, et sur l’Ounja, aux environs de Jelatma, ainsi que dans le callovien de Chippenham et de Scarborough dans le Yorkshire.
C’est une espèce bien caractéristique pour l'Angleterre et la Russie, qui à été confondue souvent et même par M. d'OrBreny avec l'A. nodiger du néocomien de Khoroschéwo; le vrai A. Koenigii ne se trouve que sur le fleuve Itzka, où M. Wexerzxi l’a récemment découvert. Il ne S'y trouve cependant qu'en fragments de quelques pouces de long, marqués de côtes naissant sur le bord ombilical et y formant de gros plis espacés, qui se continuent sur les flancs de la coquille, s’abaïissent un peu sur le milieu et se bifurquent indistinctement vers le bord dorsal, ou: * s’infléchissent légèrement et disparaissent sur le milieu du dos, qui reste
lisse. C’est dans ce cas que l’on remarque deux côtes incomplètes, qui occupent l’espace entre les côtes complètes près du bord dorsal.
Les tours sont peu embrassants, et recouvrent à peine un tiers des tours précédents; par suite l’ombilic est large, superficiel et ne montre que de légers gradins au milieu; l'ouverture est beaucoup plus haute que large, à base légèrement échancrée et à dos peu convexe.
Le fragment d’un tour de spire de ma collection, qui fut trouvé sur le bord du fleuve Itzka, à 1 p. de haut et 8 1. de large; les côtes, renflées à leur base, sont espacées jusqu’à 21) L; l’intervalle entre les côtes s'élargit jusqu'à 4 L. sur le milieu des flancs. Les côtes, les complètes aussi bien que les incomplètes, ne se réunissent pas sur le milieu du dos; ce caractère distingue nettement l’A. nodiger néocomien de l'espèce callovienne, l'A. Koenigii.
M. pe Bucu (1. c.) fait mention de l'A. Koenigii sur le bord de l’Ounja aux environs de Jelatma; il y décrit également PA. mutabilis Sow., qui ne s’en distingue pas.
Esp. 1227. Ammon. Hommairii d'Ors. (FAM. HETEROPHYLLI]). Hommaire pe HeLz, Voyage aux steppes 1. e. IE, p. 425. PI. 1, fig. Go)
Le test, comprimé dans son ensemble, est formé de tours très em- brassants, finement striés et pourvus de 7 côtes transverses, plus saillantes sur le dos que sur les côtés, où elles s’effacent près du bord ombilical pour ne laisser que des sillons peu apparents; l’ouverture est plus large au milieu que vers le dos, qui est légèrement comprimé èt arrondi; la base de l’ouverture est profondément échancrée. .
Hab. dans le calcaire jurassique de Kobsel en Crimée, à l’est de Ssoudagh (d’Ors.).
Les tours très embrassants, à ombilic très petit, rappellent l'A. Velledae du néocomien de la Crimée; les flancs sont également convexes, et les cloisons composées de semblables lobes; elles sont symétriques et découpées de chaque côté en sept lobes, offrant des parties impaires, et de selles formées de parties paires et impaires, comme les lobes et les selles de l'A. Velledae; en sorte que l’affinité des deux espèces est très grande, et le gisement de l'A. Hommairii pourrait par conséquent être recherché dans le même néocomien où se rencontre VA. Velledae.
La coquille à 2 p. 5 L. de diamètre; le dernier tour, mesuré au milieu des flancs, est de 1 p. 4 L. de haut et de 1 p. de large.
Esp. 1228. Ammon. Theodosia Desx. (FAM. PLANULATI). VerNEuIL, Mém. géol. de la Crimée I. c. p 32. PI. V, fig. 23— 24.
Demworr, Voyage dans la Russie mérid. 1. c. vol. IT, p. 748.
Le test discoïde, comprimé, est formé de tours peu embrassants, qui naissent aux tubercules du bord ombilical; ceux-ci sont légèrement comprimés et régulièrement espacés; les côtes sont obliques, arquées en avant en 2 ou 3 faisceaux; d’autres côtes, plus courtes, sont situés entre les grandes vers le dos légèrement comprimé; sur le dos les côtes se réuuissent, à angle très ouvert, avec celles de l’autre côté. L'ouverture comprimée est plus haute que large, l’ombilic très large et superficiel.
Hab. dans le terrain jurassique inférieur des environs de Théodosie en Crimée, terrain qu’on nomme ordinairement du lias.
La coquille est marquée de nombreux tubercules comprimés, sur lesquels naïssent de petits faisceaux de côtes, quelques côtes intercalées passent toutes par le dos; les tours sont à demi couverts, l’ombilic est ouvert et large. L'ouverture est pourvue de côtés plans, et sa base est légèrement échancrée par le retour de la spire. On remarque, irrégulièrement éparses sur les tours, des dépressions très obliques, produites par les ouvertures provisoires, à peu près comme sur l'A. triplicatus Sow., avec lequel la disposition des côtes et des tubercules a quelque ressemblance, sauf la compression du test, qui manque.
La coquille a 4 p. 9 1. de haut et 5 L. de large ; le dernier tour à 7 1. de haut, et l’ombilic 9 1. de large.
C’est aussi presque la conformation de l'A. Koenigii Peur. de l’oxford-elay de l'Angleterre, qui cependant se distingue par des tubercules plus espacés, par des côtes plus épaisses, et par le dos lisse à côtes in-
+ terrompues.
M. pe VERNEUIL à recueilli dans le même terrain jurassique un Aptychus, que M. Desxayes présume appartenir à l'A Theodosia. L’Aptychus Theodosia* est allongé, étroit, triangulaire; un des côtés est aigu, l’autre tronqué, droit; la surface est garnie de sillons et de côtes longitudinales tranchantes, en lames parallèles; il a 7 L. de long et 3 1. de large, mesuré au milieu des flancs allongés.
Une autre espèce, lAptychus cuneiformis Rouss.*#, du terrain jurassique de la même localité, ne s’en distingue que peu; elle a presque
* Verneus |. ©. p. 32. PI. VI, fig. 6-7 et Demmorr, Voyage I. c.; p. 788. PI. IE, fig. 2.
** Dewiporr, Voyage 1. c. Il, p. 788. PI. IL fig. 8.
la même forme en cœur, à surface lamelleuse, mais les côtés sont légèrement échancrés, et l'extrémité rétrécie est plus aiguë que les deux moitiés de lAptychus, qui se trouvent réunies.
Esp. 1129. Ammon. Kaffa Rouss. (FAM. PLANULATT). Demporr, Voyage 1. c. IL, p. 788. PI. IL, fig. 3.
Le test, très comprimé et plat, est formé de tours fort peu embrassants et munis de côtes épaisses près du bord ombilical, bifurquées vers le dos, par lequel elles ne passent pas, mais qu’elles laissent lisse et où elles forment un sillon étroit; l’ouverture fortement comprimée est légèrement échancrée à sa base; l’ombilic est très large et ouvert.
Hab. dans le calcaire jurassique aux environs de Théodosie en Crimée.
Les flancs de la coquille sont plans et ornés de côtes serrées infléchies en faucille sur leur milieu; ouverture se continue en une oreillette conique et courte. La coquille a 2 p. 6 L. de diamètre, 5 L de large à l'ouverture, qui a 1 p. de haut. Cette espèce offre une grande ressemblance avec l'A. cryptoceras d'Ors. du néocomien de la Crimée, et elle paraît même se trouver dans le néocomien inférieur.
Esp. 1230. Ammon. Demidoffii Rouss. (FAM. LIGATI). Deminorr, Voyage |. c. IL, p. 542. PL. I, fig. 4.
HommarRe DE Hezz, Voyage aux steppes I. €. III, p. 425. PI. 1, fig. 1—6.
Le test, légèrement comprimé de côté, est formé de tours très embrassants, qui s’élarg'issent lentement et sont parcourus de stries fines et serrées, interrompues sur les côtés par 5 ou plus de côtes ou bourrelets assez épais: ceux-ci se remarquent de distance en distance sur le dernier tour; l'ouverture est presque triangulaire, à dos arrondi et à base profondément échancrée; l’ombilic est fort étroit.
Hab. dans le terrain jurassique de Laspi en Crimée.
La coquille a 1 p. 10 I. de diamètre, 7 1. de large à la base de l'ouverture, qui à 1 p. et plus de haut; le dernier tour embrasse tout à fait l'avant dernier et ne laisse qu’un très petit ombilic.
Cette espèce rappelle beaucoup l'A. tortisulcatus d’Ors. du néocomien, qui cependant se distingue par des sillons, au lieu de côtes, et par Pombilic plus grand.
MM. Bronx* et d’Orgreny ** considèrent l'A. Demidoffii Rouss.
* Lethaea geogn. IIL, p. 360.
#* Hommaire ve Hezz, Voyage aux steppes I. c. III, p. 422.
comme variété de l'A. tatricus Puscn* de l’oxfordien inférieur et supérieur de la Pologne, de l'Allemagne, de la France et de l’Italie, et y réunissent aussi les À Huotianus et ponticuli; mais l'A. tatricus est lui-même si peu connu et si incomplétement décrit que son identité est à considérer comme une question réservée.
M. Agrcx ** fait cependant mention de l'A, tatricus comme se trouvant près du village de Khod, aux environs d’Alaghir, associé aux Nucleolites scutatus, Terebratula tetraëdra et varians, dans le calcaire oolithique ferrugineux de la vallée de Naridon au Caucase, ainsi que dans le calcaire jurassique brun inférieur près d’Oni au district de Radsha en Iméretie. E
Esp. 1231. Ammon. Huotianus Rouss. (FAM. HETEROPHYLL.). Demporr, Voyage 1. c. IL p. 541. PI. [, fig. 6.
Le test, petit et légèrement comprimé, est formé de tours qui grossissent brusquement, sont lisses et marqués de trois bourrelets en côtes transverses, traces de l’ouverture ancienne; celle-ci est plus large que haute, à dos élargi et arrondi, et à base largement échancrée par le retour de la spire.
Hab. dans le calcaire jurassique de Laspi en Crimée.
La coquille ne montre que le dernier tour élargi et arrondi, par là Vombilic est petit et profond. Les arrêts d’accroissement forment des sillons infléchis, comme sur l'Amm., tortisulcatus d'Or8. du néocomien, avec lequel cette petite espèce a de grands rapports, eb appartient peut-être aussi à la famille des Ligati.
La coquille a 10 1. de diamètre et 5 1. de large; le dernier tour à également 5 1. de haut.
Esp. 1232. Ammon. tortisulcatus d’Ors. (FAM. LIGATI). Paléont. fr. Terr. crét. 1. c. I, p. 162. PI. 51, fig. 5-—6.
Le test, suborbiculaire et arrondi, est formé de tours assez embrassants, lisses et marqués chacun de cinq sillons très obliques en avant vers leur moitié interne, puis repliés en arrière et ensuite en avant, représentant un S irrégulier; l’ouverture est plus haute que large, et presque quadrangulaire; l’ombilie est petit, mais ouvert.
Hab. dans le terrain jurassique supérieur ferrugineux de la vallée
# Polens Paläontologie 1. c. p. 158. PI. 13, fie 11. ** Mém. de lAcad. des Se. !. c. VIT 1859, p. 454 et 462.
Nari-Don au Caucase, puis aux environs de Biassala et de Kobsel sur la côte méridionale de la Crimée, ainsi que dans le département de Vaucluse en France, où M. d’OrsBrexy le cite pourtant par mégarde du néocomien supérieur des environs de Carpentras.
La coquille est légèrement comprimée des deux côtés, et déprimée sur le dos: louverture est par là quadrangulaire, à angles très-émoussés; les tours sont apparents dans l’ombilic sur le quart de leur largeur. Les cloisons sont peu profondément digitées et divisées latéralement en cinq lobes formés de parties impaires.
Je ne connais pas l'espèce du Caucase, mais je possède pusiours individus de Biassala, que je rapporte à l'A. tortisulcatus, quoique le terrain dans lequel ils se sont trouvés me semble être plutôt le néocomien inférieur ferrugineux que le jurassique; la forme de la coquille ressemble entièrement à l'A. tortisulcatus, figuré par M. d'OrBreny, mais les sillons ne sont pas inclinés de la même manière que sur celui-ci, car ils ne le sont pas autant en avant; les côtés sont cependant également comprimés et aplatis, et le dos est déprimé, à angles légèrement émoussés; par là l’ouverture devient quadrangulaire; sa base est profondément échancrée par le retour de la spire; l’ombilic est petit et en gradins; le diamètre de la coquille est de 1 p. 9 lignes.
M. d’Orgiexy admet en Crimée près de Kobsel le terrain jurassique et décrit * néanmoins quelques espèces néocomiennes, trouvées à Kobsel, comme les Ammon. Demidoffii, ponticuli, Huotianus, Adelae (subfimbriatus); il est donc permis de supposer que le néocomien y est superposé au terrain jurassique, et que les Amm. tortisulcatus et Brighti (lunula Fiscx.), qu’il cite de Kobsel, s’y trouvent dans le terrain jurassique , tandis que les autres espèces proviennent du néocomien, superposé au jurassique. M. Agicx ** a observé, comme associés à l'A. tortisulcatus dans le Caucase, les Ammonites suivants: Am m. lunula Fisc., gemmatus Parce. (Jason d'Ors.), tatricus Puscx, coronatus ScaLorx., athleta Pair. et Zignodianus d’'Ors.
Esp. 1233. Ammon. Cornuelianus d'Ors. (FAM. NODOSO- COSTATT).
Paléont, fr. Terr. crét. 1. c. p. 364. PI. 112, fig. 1—2.
Le test renflé est formé de tours épais, arrondis, garnis de neuf
* Hommaire DE Hezz, Voyage aux steppes, |. c. III, p. 422—430. #* Mémoires de Acad. des Sc. de St. Pétersb. 1859. I. 1, p. 454.
“grosses côtes bifurquées et pourvues à la bifurcation de deux tubercules; entre ces côtes il en existe d’autres, plus courtes, intercalées, dépourvues de tubercules, mais semblables aux premières; l'ouverture est plus large que haute, et la base est légèrement échancrée par le retour de la spire ; l'ombilic de grandeur moyenne.
Hab. dans le gault des environs de Kislawodsk au nord du Caucase, ainsi que dans le néocomien le plus supérieur, l'argile à Plicatules, près de Vassy, département de la Haute-Marne.
Le dos de la coquille est très large et marqué, sur la partie médiane, d’une dépression qui le rend légèrement carré; les tours sont apparents dans l’ombilic jusqu’à la moitié de leur largeur.
Le diamètre de la coquille est de 2 p. 4 L. ou davantage. Les côtes plus grosses sont munies de deux tubercules, dont l’un est plus petit et situé près du bord ombilical, l’autre plus gros, placé à l’endroit de la bifurcation des côtes.
Esp. 1134. Ammon. mamillatus Scacorx. (FAM. MAMILLATT). D'GrsienyaPaléont. fr. Terr. crét. I, p. 249. PI. 72 et 73. Picrer et Campicae, Matériaux II. 2, p. 207.
Le test renflé est formé de tours peu embrassants et ornés de 16 à 20 côtes saillantes, quelquefois égales, rapprochées ou espacées, d’autres fois inégales; elles sont légèrement interrompues sur le dos élargi et arrondi, et couvertes de lignes transverses de nodosités ou de pointes.
Hab. dans le gault des environs de Kislawodsk au nord du Caucase, ainsi que dans le gault ou grès vert inférieur de la France, de la Savoie et de l'Angleterre.
Cette espèce varie beaucoup par ses côtes: quelques individus ont des côtes étroites et inégales, d’autres des côtes larges et égales, et encore d’autres des côtes inégales; mais des formes intermédiaires établissent des passages des uns aux autres; c’est pourquoi M. d’OrBrany (1. c.) a réuni à l’'Amm. mamillatus ScaLorx., les Amm. monile Sow. clavatus pe Luc. et tuberculifer Lam. dü même terrain.
Esp. 1235. Ammon. Panderi #. (FAM. PLANULATI). PI. XXXVI, fig. 6 a coupe et b cloisons du moule. Die Urwelt Russlands. St. Petersb. 1840. I, p. 103. PI. 4, fig. 7. Amm.alternans (Buca) Fiscu., Oryctogr. Mosc.l. ce. p.171. PL. &, fig. 2, et Am m. polyplocus (Renx.) Fiscu., Bull. de Mosc. Revue de fossiles 1843. I, p. 108. Verneuil, Paléont. de Russie 1. c. p. 430. PI. 33. fig. 1—5.
Le test, légèrement comprimé dans son ensemble, est formé de tours
déprimés et garnis transversalement de 22 à 38 côtes peu élevées, qui partent du bord ombilical, se dirigent un peu obliquement en avant, et se bifurquent vers la moitié de la largeur des côtés; elles se dirigent alors sans s’interrompre sur le dos, pour aller se terminer aux côtes du côté opposé; le dos est arrondi et élargi; la convexité commence déjà sur la moitié de la largeur des côtés; l’ouverture est en croissant, plus large que haute, et fortement échancrée par le retour de la spire.
Hab. dans le grès néocomien noirâtre de Tatarowo sur les bords du fleuve Moskwa, de Khoroschéwo et de Mniowniki près de Moscou, sur le petit fleuve Jaouza dans la ville de Moscou, et à la base du mont Worobyew; puis près de Pless sur le Volga, aux environs de Makaryew sur l'Ounja, affluent du Volga, dans l'argile néocomienne combustible sur le fleuve Oundara près du village de Wassilyewka, aux environs de Ssimbirsk, au-dessus de l’argile blanche de Gorodischtsché, aux environs de Ssysran, au nord de la Russie, dans un calcaire grisâtre à l’embouchure de la Petschora, et en très grands individus dans un calcaire néocomien sur le bord du fleuve Ssoswa, affluent de la Petschora, au sud de son embouchure dans la Mer glaciale, ainsi que dans le calcaire néocomien ferrugineux de Biassala en Crimée,
La coquille, de grandeur très variable, est caractérisée par ses tours déprimés, par ses côtes bifurquées sur le milieu des flancs, et par de rares côtes simples, intercalées entre les côtes bifurquées, par deux ou trois arrêts d’accroïissement en étranglements sur les tours, par son ombilic très large et très ouvert. Les tours suivants recouvrent les précédents jusqu’à la bifurcation des côtes, en sorte que l’ombilic ne montre que des côtes simples. Les côtes sont légèrement infléchies en avant; les premiers tours, même les plus petits, sont déjà pourvus de côtes bifurquées, et les derniers, surtout sur les plus grands individus, présentent des côtes accessoires incomplètes, situées entre les bifurquées. L’ouverture est constamment plus large que haute, même dans les individus les plus jeunes; elle est légèrement échancrée, car les tours ne sont pas très embrassants. Les grands individus de Khoroschôwo ont 3 p. 6 L. de large, et 1 p. de haut au dernier tour; l'ouverture a 1 p. 1 L. de haut et beaucoup plus de large. Les côtes sont plus espacées sur les individus de taille moyenne de Khoroschéwo que sur les plus petits du fleuve Jaouza; elles sont encore beaucoup plus espacées sur les individus très grands des bords du fleuve Ssoswa, d’où j’en possède un à côtes du dernier tour espacées jusqu’à 81. les unes des autres. L'ouverture de son dernier tour a 1 p. 6 I. de haut et 3 p. 5 L. de large; elle devient de plus en
plus large avec l’âge. Le grand individu montre également des côtes simples situées au dos entre les côtes bifurquées.
L’A. Panderi a la plus grande ressemblance avec l'A. biplex, lequel s’en distingue nettement par sa coupe carrée et par ses côtes rég'ulièrement bifurquées à la partie dorsale des tours. En général ces deux espèces et les trois suivantes, appartenant au groupe des Planulati, sont très difficiles à caractériser, mais des comparaisons minutieuses nous obligené à les distinguer en plusieurs espèces, d’autant plus qu’elles proviennent de terrains différents.
L’A. biplex (Sow.) Fiscx. du schiste argileux de Bronnitza, l'A. bifurcatus (ScacLorx.) Fiscu. des bords du fleuve Jaouza dans la capitale de Moscou, et l'A. communis (Sow.) Fiscx. du grès noirâtre des bord du Moskwa aux environs de Tatarowo, paraissent * appartenir à l'A. Panderi. I?A. biplex (Sow.) Rourz. ** var. laevis du grès noirâtre de Khoroschéwo est également l'A Panderi par son ouverture plus large que haute, et par ses côtes qui se bifurquent régulièrement sur le milieu de flancs.
LÀ. polysgyratus (Rex.) Traurscx. ** du terrain néocomien de Kaschpour près de Ssimbirsk est de même l'A. Panderi, car toute sa forme le prouve: les tours sont pourvus de côtes bifurquées, entre lesquelles on remarque des côtes intercalées plus courtes, qui en partie se réunissent aux côtes bifurqnées, et celles-ci paraissent comme trifurquées, bien que ce ne soient que des côtes simples incomplètes, très rapprochées des côtes hifurquées et non réunies avec elles, qui traversent le dos. C’est l'espèce que M. ne Jazvkow paraît avoir nommée A. consobrinus, qui se distingue par la coquille beaucoup plus comprimée, presque entièrement plate.
L'A. versicolor Tr. f n’est qu'une variété plus jeune de PA. Panderi; il se trouve, réuni à celui-ci, dans des géodes ou concrétions calcaires globuleuses de l'argile bleuâtre de Ssimbirsk. L’A. versicolor est, comme lui, un peu comprimé dans son ensemble, à tours légèrement déprimés, embrassant un tiers des tours précédents et offrant un ombilic plus large et moins profond que l'A. Astierianus; les côtes ne deviennent pas plus épaisses sur le dos comme chez celui-ci, mais conservent
* Voy. Fiscuer, Oryctogr. de Moscou I. c. p. 170. PI. VI, fig. 3, et PI. V, fig. 1. ape ## Bull. de Mosc. I. c. 1846. PI. B, fig. 8 et 1848, p. 266. #*# Bull. de Mosce. L. c. 1866, p. 19. PI.3, fig. 4. + Bull. de Mosc. 1. c. 1865. I, p. 8. PI. 2, fig. 3—4.
la grosseur qu’elles ont près du bord ombilical. L’ombilic, très large et superficiel, est fortement développé sur Pindividu de Ssimbirsk, figuré dans le Bulletin de Moscou L. c. PI. 2, fig. 4, et sur un semblable individu très grand du néocomien ferrugineux de Biassala en Crimée. Les côtes de celui-ci sont d’abord légèrement infléchies en arrière au bord ombilical, et passent sur les flancs pour se bifurquer; puis elles s’infléchissent en avant près du dos; une côte simple est rarement intercalée entre les côtes bifurquées, qui, en deux arcs dorsaux, se portent vers l’ouverture. Celle-ei à 1 p. 4 1. de haut et 1 p. 7 1. de large; les côtés sont légèrement convexes, et les bords ombilicaux s'élèvent en légères terrasses arrondies, placées les unes au dessus des autres. La largeur de l’ombilie est de près de 3 pouces.
J'ai recueilli sur le bord du fleuve Jaouza dans la ville de Moscou des individus de l’A. Panderi, qui surpassent même en grandeur l’individu de Biassala; ils proviennent du grès néocomien noïirâtre, et sont garnis de côtes bifurquées, infléchies sur le dos élargi en deux arcs vers l'ouverture; en arrière des côtes bifurquées on observe souvent une côte incomplète, qui se réunit quelquefois avec la côte bifurquée, d’où celle-ci devient trifurquée. L'ouverture a 1 p. 31. de haut et 2 p.61. de large; les lobes sont absolument de la même forme que ceux qu’a si bien dessinés et décrits M. d'Orgreny dans la Paléont. de Russie de M. pe Verneuie 1. c. La fig. 6 a de la PI. XXXVI montre la coupe, et b les cloisons developpées du grand moule du fleuve Jaouza.
Les côtes sont constamment bifurquées, comme celles de l'A. biplex Sow., dont le dernier tour cependant se distingue de toutes les variétés de l'A. Panderi en âge avancé par des côtes qui forment de gros tubercules presque triangulaires au bord ombilical; VA. biplex à également le dos moins convexe et plus déprimé; il forme avec les côtés de la coquille un angle presque droit: sa coupe transverse est toujours carrée.
LA. alternans (v. Bucx) Fisex.,* des sables néocomiens du mont Worobyew de la ville de Moscou, paraît appartenir plutôt à l'A. Panderi qu’au Pallasianus, comme le suppose M. d’Orgrany, car les tours sont assez déprimés et un peu plus larges que hauts; les côtes constamment bifurquées sont accompagnées de distance en distance d’une côte incomplète, intercalée.
* Oryctogr. de Mosc. I. c. p: 171. P1.8, fig. 2.
Esp. 1236. Ammon. bijugus ». (FAM. PLANULATT).
PI. XXXV, fig. 6 gr. nat.; a b premier tour lisse; c d les tours suivants costulés, vus sur l'ouverture de côté; e tours plus grands, vus de côté; ftour le plus grand, vu d'en haut; g le même tour, vu sur l’ouverture.
Ammon.bijugus m., Bull. de Mose. I. c. 1865. II, p. 195. Ammon. coronatus (Sow.) Traurscu., Bull. de Mosc. 1866. I, p.10. PI. 2, fig. 5.
Testa parva perquam involuta, anfractus celeriter increscentes, la- . tiores quam altiores, priores exigui, omnino laeves, subinde utroque in latere costati dorsoque lato, rotundato et laevi, insequentes anfractus depressi, costati, costis bi-raro trifurcis, jam dorsum ornantibus, postremi denique anfractus maxime depressi, bifurcis iisque alternis costis acutis ornati, dorso subplano; umbilico exiguo profundo.
Hab. dans le calcaire néocomien compacte noir de Ssimbirsk, et, à ce qu'il paraît, à Khoroschéwo près de Moscou, dans le néocomien supérieur. |
Petite coquille à tours fortement embrassants et déprimés; chaque tour recouvre près des trois quarts du tour précédent et l’ombilic devient par là très petit et profond; les premiers tours sont lisses et dépourvus de côtes; celles-ci commencent à la hauteur de 6 lignes de la coquille; elles occupent d’abord les côtés et laissent le dos libre, puis elles se bifurquent et passent par le dos arrondi; les tours plus âgés deviennent de plus en plus déprimés, et les côtes fort aiguës et comme tranchantes; les tours de cet âge sont tellement déprimés qu’ils ont 10 1. de large et 5 1. seulement de haut; leur base est faiblement échancrée, le dos légèrement convexe, presque entièrement plan et aplati; les côtes bifurquées se composent de deux branches, dont la droite se réunit, au côté opposé du dos, avec la côte droite, et la gauche avec la côte gauche du côté opposé; de la sorte il s’en développe des zigzags qui forment les côtes bifurquées, et dont les intervalles ont 2 lignes de large. Les premiers tours, lisses à leur origine, s’enveloppent beaucoup plus, et l’ombilic est d’abord fort étroit et profond; puis ils deviennent plus larges et plus déprimés et ne s’embrassent presque pas du tout; ils se fixent simplement au dos aplati des tours précédents, et l’ombilic devient par là plus laïge et moins profond. À leur point de bifurcation les côtes des tours précédents sont marquées d’une petite saillie ou d’un tubercule pointu; mais la pointe ne tarde pas à se perdre et ne se voit pas toujours bien développée. Les côtes sont constamment bifurquées sur les tours des indi-
vidus plus âgés; elles ne sont trifurquées que sur les tours des individus Eichwald, Lethaea rossica, II. 69
jeunes, sur lesquels elles commencent à peine à se diviser, pour passer au dos. J
Ne possédant que des fragments de cette espèce, je ne puis pas donner les détails des mesures; la fig. 5 de la PL 2 du Bulletin de Moscou représente un jeune individu; le dernier tour de mes fragments montre une largeur de 1 p. 11. tandis que la figure citée ne dénonce que 8 1. de large. Le jeune test embryonnaire est globuleux et lisse.
Esp. 1237. Ammon. Pallasianus d'Or. (FAM. PLANULATI). VerneuIL, Paléont. de Russie I. c. p. 427. PI. 32, fig. 1—5.
Le test, de taille moyenne, est comprimé dans son ensemble, et formé de tours aussi hauts ou plus hauts que larges, garnis transversalement, chacun, de 20 ou plus de côtes aiguës, inégalement espacées, bifurquées ou simples; les côtes des tours précédents sont bifurquées, une côte simple placée entre plusieurs bifurquées; les côtes simples des tours plus âgés surpassent en nombre les bifurquées, et 5 ou 6 côtes simples recouvrent ordinairement le dernier tour.
Hab. dans le grès néocomien noirâtre de Khoroschôwo près de Moscou, dans l'argile noire de Bessonow près de Ssimbirsk, ainsi que dans le néocomien chlorité du mont Ssaragoul près d'Orenbourg,
La coquille de Khoroschôwo a 1 p. 7 1. de haut et 7 1. de large à l'ouverture du dernier tour, tandis que la hauteur de l’ouverture est de 8 L.; les côtes sont très aiguës, tranchantes, et forment plutôt des plis que des côtess le dos est arrondi, l’ombilic élargi et superficiel ; les premiers tours sont plus embrassants et recouverts par les suivants jusqu’à la moitié des côtes; les derniers sont beaucoup moins embrassants, et la base des tours n’est que légèrement échancrée. Le dernier tour est quelquefois muni vers l’ouverture d’une petite côte incomplète, placée entre deux côtes complètes. L’A. biplex bifurcatus Quexsr.*, du jura blanc du Wurtemberg, qui a été déterminé antérieurement sous ce nom; il se distingue par des côtes bifurquées plus nombreuses, montrant sur le dos une petite impression en pointe, eb par le manque des côtes simples tranchantes et fortement espacées.
Esp. 1238. Ammon. elatus Traursex. (FAM. CORONATI?). Bull. de Mosc. L. c. 1865, E, p. 8. PI. 2, fig. 1.
Le test petit, légèrement déprimé, est formé de tours peu embras-
#1 Jura l. c. p. 593.1 PI. 74, fig. 2—3.
sants eb marqués de côtes qui d’abord sont simples su ile bord ombilical, où elles forment des tubercules, et puis se divisent en 3 ou 4 côtes en faisceaux, passant par le dos élargi et convexe; l'ouverture est plus large que haute, l’ombilic ouvert et large. ÿ
Hab. dans le calcaire néocomien noir de Poliwna, dans le Lopatine- Owrag près de Ssimbirsk, et dans le néocomien au nord de la Russie.
La coquille est petite, à tours plus larges que hauts, peu embrassants et garnis de 12 à 17 côtés, naissant droites et simples au bord ombilical, s’enflant d’abord en tubercules pointus, et se divisant ensuite en trois ou quatre côtes; celles-ci, légèrement infléchies en avant, passent par le dos élargi et convexe; les côtes naissent aux tubercules en faisceaux au nombre de 3, 4, rarement de 5, et sont entièrement recouvertes par les tours suivants jusqu'aux tubercules, qui sont au nombre de 12 jusqu’à 17 par tour. L’ombilic est profond, les bords des tours sont légèrement convexes et garnis de côtes simples, espacées à 112 1. les unes des autres, chacune est terminée en tubercule pointu. Les côtes dorsales sont légèrement infléchies en avant et très serrées, à peine distantes de %/4 de ligne les unes des autres. L'ouverture a 4 L. de haut et 8 1. de large; la coquille elle-même a 1 p. 5 1. de diamètre, l’ombilic est large de 7 lignes.
Il y à trois autres espèces avec lesquelles celle-ci offre la plus grande affinité: deux sont jurassiques, l'A. Hu mphriesianus et l’A. Braikenridgii*, la troisième est néocomienne, l'A. Astierianus**, La première se distingue nettement par les tours qui sont fort peu embrassants, et par l’ombilic très large et fort peu profond; l'A. Braikenridgii Sow. du jura brun du Wurtemberg, lui ressemble encore plus; il a les tours plus embrassants, lombilic plus profond et plus étroit, en sorte que Les tours, qui se recouvrent jusqu'aux tubercules, ne montrent pas dans l’'ombilic les côtes trifurquées; la seule différence est que le nombre des côtes tuberculifères simples est plus grand, jusqu’à 27, sur l'A Braikenridgii, et à peine de 17 sur l’A. elatus; les côtes simples se divisent en 3, souvent en 4 et même en 5 côtes dorsales, tandis que la bifurcation des côtes prédomine sur l'A. Braikenridgii et que la trifurcation y devient exceptionnelle. L'ouverture de celui-ci est pourvue d'une oreillette toute particulière, que je ne vois pas sur l'échantillon de Ssimbirsk.
# Quensrenr, Jura L. c. p. 397. PI. 54, fig. 2—3. #* Picrer et Campicae, Terr. néoc. de Ste-Croix p. 296. PI. 43, fig. 2. 69 *
Sa ressemblance avec l'A. Astierianus d’Org. du néocomien moyen de la Suisse est beaucoup plus grande, en sorte que j'avais pris VA. elatus effectivement pour celui-là. LA. Astierianus varie beaucoup dans son épaisseur; il est composé de tours apparant dans l’ombilic sur un tiers de leur largeur; il est garni au pourtour de Pombilie de 18 tubercules allongés et atténués en forme de côtes au côté interne, et plus saïllants du côté externe: de chaque tubercule part un faisceau de 3 à 6 côtes droites, simples, aiguës, traversant directement le pourtour externe. On ‘observe les mêmes ornements sur l’A. elatus,
sauf le nombre et l’épaisseur des côtes dorsales, qui ne dépassent jamais le nombre de 5, tandis que les faisceaux des côtes plus délicates de l’A. Astierianus sont au moins au nombre de 6. La seule différence de celuici est l’ombilic plus étroit que la hauteur du dernier tour, tandis que Pombilic de l'A. elatus est plus large que la hauteur de ce tour. En tout état de cause les deux espèces sont très voisines, quant à leur forme générale, et se trouvent aussi dans le même terrain néocomien.
Esp. 1239. Ammon. Auerbachii ». (FAM. PLANULATI). PI. XXXIV, fig. 10 a coquille vue de côté; b vue sur le dos; c grand individu, vu du côté, à lobes; d ouverture du même.
Ammon. Bucklandi (Sow.) Fiscu., Oryctogr. de Mosc. p. 170.. PI. 6, fig. 2, et PL 8, fig. 1.; Amm, colubratus Fisc. 1. c. p. 170. PI. 8, fig. 3; Amm. bifurcatus (Scacorn.) Fisox. I. c. p. 170.
Bull. de Mose. I. c. IL, p. 186.
Ammon.biplex truncatus Trautseu. et À. longifurcatus Trautsca. Bull. de Mosc. I. c. 1861. I, p. 84. PI. 8, fig. 4 et 5.
Testa magna subcompressa, costata, anfractus ambitu sensim increscentes et vix quartam altitudinis anfractus antecedentis partem involventes, costis simplicibus subrectis medioque latere utroque bifurcatis et in dorso compresso arcuatim ad aperturam inflexis, simplicibus costis raro inter bifurcatas interpolatis; apertura obtuso-triangulari et umbilico maximo plano.
Hab. dans le grès néocomien noirâtre sur le bord du fleuve Jaouza dans la ville de Moscou, et à Khoroschôwo près de Moscou, ainsi que dans le terrain néocomien de Ssimbirsk, et de Biassala en Crimée.
Grande coquille, légèrement comprimée dans son ensemble; les tours sont garnis de côtes et fort peu embrassants, recouvrant à peine un quart de la hauteur des tours précédents; les côtes sont allongées, d’abord simples, puis bifurquées au milieu des côtés, parmi lesquelles on observe ça et là des côtes simples, qui naissent, comme les bifurquées, au bord
ombilical, et laissent libre le bord sutural tronqué. Les côtés sont légèrement convexes, la base des tours est beaucoup plus large que leur dos, qui est très rétréci, en sorte que la coupe des tours est triangulaire, à angles obtus; les côtés se perdent doucement dans le dos arrondi. Les individus plus jeunes et complets sont très rares. J’en possède un, recueilli par moi à Khoroschôwo: il est formé des premiers cinq tours, à large ombilic; il a 4 pouces de diamètre et 1 p. de large, son ombilic a une largeur de 2 p., offrant la moitié du diamètre de la coquille.
Les cloisons diffèrent de celles de PA. biplex; le lobe dorsal est très profond et partagé par une petite selle en deux branches aiguës, latérales; la selle dorsale est très large et divisée en deux branches inégales, à nombreuses découpures: le lobe latéral supérieur est très profond et plus large que le latéral inférieur; il est découpé en un grand nombre de branches, dont les trois terminales inférieures sont plus longues que celles du latéral inférieur; la selle latérale est un peu plus large que le lobe latéral inférieur; les lobes auxiliaires sont courts, mais fortement découpés. La ligne du rayon central, en partant de l'extrémité du lobe dorsal, coupe une grande partie de l'extrémité terminale du lobe latéral supérieur et passe au dessous du lobe latéral inférieur.
Les individus se distinguent par les côtes, qui sont tantôt plus épaisses et espacées les unes des autres, tantôt plus fines, plus longues et plus serrées. Le dernier tour d’un tel individu a 2 p. 1 L. de haut, et près de 2 p. de large à la base. Les côtes sont des plis ténus, qui naïssent au bord inférieur tronqué, s’infléchissent en arrière et s'élèvent d’abord obliquement vers le dos, qu’elles traversent en arc double, à cause de leur bifurcation, et vont se réunir aux côtes du côté opposé.
Les bords tronqués des tours forment autant de gradins dans l’ombilic élargi et superficiel; il a 3 p. et plus de large , et laisse voir la bifurcation des tours, car ceux-ci ne recouvrent que le quart des tours précédents. La coquille a dû avoir la largeur d’un pied et plus, et appartient aux plus grandes espèces néocomiennes.
J'ai nommé cette espèce en l’honneur de M. AGERBACH, connu par ses recherches géologiques aux environs de Moscou.
M. pe Fisoner (1.c.) a déjà décrit cette espèce, mais il l’a supposée identique avec l’A. Bucklandi Sow. du lias; il l’a cependant très bien représentée plus tard sous le nom de l'A. colubratus Sow., également du lias d'Angleterre. La coupe de l'A. Auerbachii et ses cloisons sont très bien représentées sur la Planche 8, fig. 3 de l’Oryctographie de Moscou. Je les donne ici sur la fig. 10 c, de Khoroschôwo.
La fig. 10 à b en gr. nat. est un individu du néocomien de Biassala, donné à moi par M. Arexanpre DE Norman et la fig. 10 cd est l'individu de Khoroschéwo en gr. nat.
Esp. 1240. Ammon. Syssolae Keys. (FAM. DORSATI). Petschorareise I. c.p. 326. PI. 20, fig. 1—3.
Petit test, composé de tours légèrement comprimés et peu embrassants; les côtés sont garnis de côtes espacées, renflées aux extrémités en tubercules, qui forment deux rangées, l’une au bord ombilical, l’autre au bord dorsal; les tubercules dorsaux sont allongés et courbés en crochet vers la partie postérieure; le dos lisse est légèrement convexe.
Hab. dans le néocomien près du village de Wotscha sur le Ssyssola, affluent du Wytschegda, au nord de la Russie.
Cette petite coquille n’a que 11 I. de diamètre et le dernier tour a une largeur de 3 L.; Les côtes ne montrent que les extrémités bien développées, car au milieu elles sont interrompues, comme sur le dos. Elle rappelle par là un peu la conformation de l'A. tuberculatus Sow. du gault de l'Angleterre et de la France, dont les côtés sont également munis de deux rangées de tubercules espacés; ceux du dos se dirigent en arrière en courtes côtes infléchies, comme sur l'A. Syssolae, L’ouverture de celui-ci est plus haute que large et légèrement échancrée au bord inférieur; l’ombilie est élargi et superficiel.
Esp. 1241. Ammon. mosquensis Fiscu. (FAM. DORSATI).
Revue de fossiles de Mosc, Bull. Mosc. 1843. I, p.110. PI. 3, fig. 4—7, et A. communis (Sow.) Fiscn., Oryctogr. Mose. [. c. p. 170. PL. 5, fig. 1. Ammon.Fischerianus d'OrBiGnv, VERNEUIL, Paléont. de Russie 1. c. p. 441.
PL 36, fig. 4—8.
Ammon. mosquensis comte KeyserzG, Petschorareise |. c. p. 326. PI. 22,
Le test, fortement comprimé, est garni transversalement , sur chaque tour, de 48 côtes simples et gréles, entre lesquelles on voit des côtes bifurquées vers le dos; d’autres se réunissent par deux près du dos et sont munies d’un tubercuie; les tubercules sont situés entre cinq ou un plus grand nombre de côtes simples; toutes les côtes passent par le dos, se dirigent en arrière et laissent le milieu du dos libre.
Hab. dans le grès néocomien noirâtre de Khoroschôwo sur le bord du fleuve Moskwa, dans la ville de Moscou sur le bord de la Jaouza, et dans un semblable terrain sur le bord de la rivière Oka dans le gouver-
nement de Tambow, ainsi que sur les bords du Ssyssola près du village de Wotscha, et sur le Wisinga au nord de la Russie.
La coquille de Moscou est discoïde, à tours peu embrassants et à ombilic très large et superficiel; les côtes sont minces, et ne se réunissent point sur le dos, mais la pointe se tourné un peu en arrière et laisse un espace libre, qui correspond au siphon. Les côtes principales commencent au bord ombilical et arrivent jusqu’au dos, près duquel on observe, surtout vers l’ouverture, quelques côtes accessoires incomplètes et intermédiaires, qui ne se réunissent pas avec les côtes principales, où paraissent former avec elles une bifurcation. Les petits tubercules paraissent manquer à l'individu de Moscou, décrit par M. De FiscHer, mais M. d’OrBrany en fait mention sur ses échantillons plus grands, qui ont été trouvés sur le fleuve Moskwa près de Khoroschôwo. Les tubercules sont placés constamment sur deux côtes, réunies près du bord dorsal, montrant dans les intervalles 5 à 9 côtes simples, dépourvues de tubercules. L’individu de Khoroschôwo à 2 p. 6 I. de diamètre, sa plus grande largeur à l’ouverture est de 6 1. tandis que sa hauteur est de 11 1.; elle est par conséquent très comprimée, et a le bord inférieur fort peu échancré; l’ombilic a 1 p. 1 L. de diamètre, et montre tous les tours sans les tubercules, ceux-ci étant couverts par les tours précédents.
Je ne connais pas par autopsie cette espèce et je ne suis pas sûr si c’est dans le grès néocomien noirâtre qu’elle s’est trouvée, ou plutôt dans Pargile jurassique noire; les cloisons symétriques, découpées de chaque côté en trois lobes et en selles formées de parties impaires, rappellent beaucoup les espèces néocomiennes, comme par exemple l'A. Renauxianus Prcr. et Came. du gault de la Suisse.
Esp. 1242. Ammon. Carteroni d'Or. (FAM. MACROCEPHALI).
Paléont. fr. Terr. crét. I. c. p. 209. PI. 61, fig. 1—3. Picrer et Campicae, Paléont. suisse. Ste-Croix I. c. p. 294. PI. 42. Ammon. Lambeïti var. pinguis (Quensr.) Rouizz., Bull. Mosc. 1846, IV- PI. À, fig. 3.
Ammon. striolaris (Rein.) TraurscH., Bull. de Mosc. l. c. 1865. I, p.10. PI. 2, fig. 2.
Amm.cuneatus Traurscu., Bull. de Mosc. 1861. I, p. 83. PI. 8, fig. 2. Ammon. juvenescens Keys. Mippewp., Reise in Sibirien I. 1, p. 252. PI V, fig. 1—6.
Le test discoïde est légèrement comprimé dans son ensemble, à tours très embrassants, comprimés et garnis de 80 petites côtes sur le * dos arrondi, et de 15 ou plus de tubercules sur le bord ombilical; les flancs
sont lisses au tiers externe, car les côtes y disparaissent et laissent le milieu des flancs libre; le dernier tour est tout à fait dépourvu de côtes et entièrement lisse; l’ombilic, très petit, laisse apparaître le quart des tours. s
Hab. dans le grès néocomien ferrugineux de l'étage supérieur de Mniowniki et de Khoroschôéwo près de Moscou, dans le grès néocomien noïrâtre de Wassilyewka près de Ssimbirsk, dans le grès néocomien ferrugineux de Ssabli et de Biassala en Crimée, et peut-être dans un semblable terrain néocomien du fleuve Olenek de la Sibérie orientale, aïnsi que dans le néocomièn moyen de Ste-Croix en Suisse. |
La coquille est caractérisée par ses tours très embrassants, l’ouverture, plus haute que large, est très comprimée et fortement échancrée; les côtes disparaissent avec l’âge sur le milieu de flancs et ne restent apparentes qu’en petites traces sur le dos; les tubercules allongés en côtes espacées et légèrement infléchies s’effacent également plus ou moins sur le bord ombilical, eb& le dernier tour devient par là presque entièrement lisse. Les premiers tours au contraire montrent les côtes bien développées jusqu’au diamètre de 2 pouces; les côtes courtes du bord ombilical sont alors plus nombreuses; on en compte jusqu’à 20 et plus, et c’est d'elles que les côtes dorsales plus nombreuses prennent naissance et passent par le dos jusqu’au côté opposé; les côtes sont interrompues sur le milieu des flancs et y laissent un espace vide, surtout sur les individus plus grands de Ssimbirsk, qui, plus âgés, deviennent presque entièrement lisses. Ce sont les individus qui ressemblent le plus à l’échantillon décrit du bord de l’Olenek par le comte pe KeyseruIN&; la surface du dernier tour est presque lisse; les côtes dorsales ne sont apparentes. que sur le dos du tour précédent à sa sortie de l’ouverture, qui est profondément échancrée jusqu’à sa moitié, comme sur l'A. juvenescens, lequel a été considéré avec beaucoup de raison déjà par M. ne Keyser- LING comme espèce de la famille crétacée des Ligati. L’individu à 4 pouces de diamètre, et est un des plus grands connus jusqu’à présent; l’ombilic n’a que 8 1. de large; l’ouverture à une hauteur de plus de 2 p. et une largeur de 1 p. 8 1. au milieu des flancs légèrement convexes; le test est lisse jusqu'aux côtes du bord ombilical (1. c. fig. 1—2). Un autre individu (1. c. fig. 6) montre seulement les côtes dorsales, et les cloisons (L. c. fig. 5) ressemblent tellement à celles ge lAmm. Carteroni de Ste-Croix, figurées par MM. Prcrer et Campione (1 c. p. 295. PI. 42, fig. 1c) qu'il ne reste aucun doute sur l'identité de l’A. juvenescens de la Sibérie orientale avec l'A. Carteroni de la Suisse.
L'espèce de Ste-Croix a en outre les cloisons presque identiques à celles de l'A. bidichotomus, sauf la longueur un peu plus grande du lobe latéral supérieur de l'A. Carteroni et surtout sa terminaison en deux branches au lieu de trois; le premier lobe accessoire est plus grand dans VA. bidichotomus et par là plus voisin de la forme du latéral inférieur; les selles sont plus larges sur l'A. Carteroni, particulièrement la selle externe.
Cette espèce devient plus grande dans le néocomien de Ssimbirsk et sur le bord de l’Olenek qu’à Ste-Croix; un moule du dernier tour de ma collection à une hauteur de 3 p. 6 L., et une largeur de 2 p. 3 I. à l’ouverture vers la base; les cloisons sont très bien marquées et ressemblent à celles figurées par M. Prorer.
Un petit fragment de Ssabli de ma collection montre que cette espèce se trouve aussi en Crimée dans un grès néocomien ferrugineux ; l’individu est comprimé au dos et marqué de côtes infléchies en avant et très serrées; l'ouverture est beaucoup plus longue que large, lombilic très petit eb profond. L’individu de Biassala est mieux conservé; il à 1 p. 9 L. de diamètre, et 8 L. et plus de large à la base de l’ouverture, qui s'élève jusqu’au delà de 1 p. 1 1. Les côtés bombés sont lisses, le dos est garni des deux côtés de nombreuses côtes obliques et infléchies en avant; le dos entre les côtes est lisse; celles-ci ne descendent que jusqu'à 2 1. sur les côtés. Le bord ombilical est muni de tubercules peu nombreux, qui se continuent en stries indistinctes vers le milieu des côtés.
Ce n’est pas lAmm. striolaris Rex. du jura blanc du Wurtemberg, dont les côtes en faisceaux naissent près de l’ombilic aux côtes simples, plus épaisses et moins nombreuses, tandis que les côtes dorsales de l'A. Carteroni ne forment pas de faisceaux, sont simples et ne se réunissent pas aux côtes ombilicales, du moins sur les individus âgés.
M. Rovurerer à figuré la même espèce de Ssimbirsk sous le nom d'A. Lamberti var. pinguis (Quewsr.)*; elle s’est trouvée sans doute dans le même grès néocomien noirâtre de Wassilyewka et appartient également à l'A. Carteroni, et non à l'A. Lamberti, ni à l'A. cordatus; les côtes principales passent jusqu’au dos, qu'elles traversent en y formant des angles obtus; les côtes secondaires, au nombre de deux ou trois, occupent les intervalles des côtes principales près du dos, comme
sur PA. Carter o nd et l'A. striolaris (Ren.) Traurscx. de la même localité.
* Bull. de Mosc. 1. c. 1848. I, p. 265.
Le dernier tour de l'A. Carteroni devient très haut, à dos presque tranchant, et c’est ce qui me fait supposer que l’A. cuneatus Tr. de Mniowniki est identique avec l’espèce qui se trouve dans le néocomien de Ssimbirsk.
Esp. 1243. Ammon. virgatus L. v. Bucn (FAM. DENTATI).
Explicat. de trois planches d'Ammonites p. 2. PI. 2, fig. 1. Ammon. virgatus Fiscm., Revue de fossiles de Mosc. 1. c. 1843, p. 110. # Hs d'Orgieny, voy. VERNEUIL, Paléont. de Russie I. c. p. 426. - PI. 31, fig. 6 —12, et v. Bucu, Beitr. zur Kenntn. d. Gebirgsform. Russl. 1. c. p: 69.
: E. Horwann, Der Jura von Iletzkaya 1. c. p. 160. PI. 1, fig. 1 —2. Macouarr, Reise nach dem Norden, übersetzi von Fiegie 4790, p. 590.
Le test, comprimé dans son ensemble, est composé de tours peu embrassants et garnis de côtes principales aiguës, qui se divisent en faisceaux de 5 à 9 côtes accessoires, tantôt sur le milieu des flancs aplatis, tantôt à la base des côtes principales, qui s’infléchissent légèrement en avant, offrent les côtes de plus en plus courtes en faisceaux fixés en arrière d'elles près du dos; l’ouverture est plus haute que large, légèrement échancrée par le retour de la spire. Les cloisons: sont symétriques, | découpées de chaque côté en quatre lobes formés de parties impaires.
IJab. dans le grès néocomien noirâtre de Khoroschôwo, de Mniowniki, de Goliowo aux environs de Moscou sur le bord du fleuve Moskwa, et sur le fleuve Jaouza dans la ville même de Moscou; dans le grès néocomien ferrugineux près du village d’Inka sur le bord du fleuve Oka aux environs de Jelatma dans le gouvernement de Tambow, réuni au Rhynchonella personata, dans un calcaire néocomien très compacte aux environs d’Iletzkaya, près du fort Isobilny et sur les collines de Wetljanka, près d’Indersk aux environs d’Orenbourg, dans l'argile néocomienne compacte de Bessonowo, de Poliwna et du village de Wassilyewka près de Ssimbirsk, réuni aux Amm. Carteroni et bidichotomus; dans un calcaire marneux ferrugineux compacte près de Manina aux environs de Kaluga, associé aux Trigonia carinata, Anatina Cornueliana et à lAmm. Astierianus très déprimé (au Musée de Stuttgart).
La coquille est très variable selon l’âge. Les jeunes sont légèrement comprimées, à ouverture presque globuleuse et'à côtes très fines et serrées, qui $’infléchissent légèrement vers le dos et se bifurquent sur le milieu des flanes peu convexes. J’ai fait représenter un tel individu jeune de 5 1. de diamètre, dont l’ombilic à 2 1. de large et montre 4 tours peu
convexes. Dans les individus plus grands l’ombilic dépasse en largeur la hauteur du dernier tour; les côtes des premiers tours sont très espacées, et les faisceaux des côtes courtes accessoires recouverts par le dernier tour. Les plus grands, en fragments, de ma collection, que j’ai recueillis à Khoroschôwo, ont 10 pouces de diamètre, le dernier tour offre une hauteur de 2 p. 10 I. et une largeur de 2 p. Le dernier tour, à bord ombilical tronqué en gradin, ne recouvre pas les faisceaux des 6 courtes côtes, qui commencent déjà à la base des côtes principales; Pombilic a 4 p. de large et davantage. |
Les jeunes individus ont une grande ressemblance avec l'A. polyptychus Keys. du nord de la Russie, où ce dernier semble remplacer VA. virgatus dans le terrain néocomien ; les côtes minces du premier se bifurquent comme celles du second; l’ombilic est également petit dans les deux espèces, dont les cloisons ont presque la même forme symétrique et sont découpées de chaque côté en cinq lobes formés de parties impaires et de selles presque paires; en général c’est un type néocomien remarquable, qui rappelle également l'A. bidichotomus Levm. du néocomien de Ste-Croix.
Les variétés sont très nombreuses; quelques unes offrent les côtes minces et serrées jusqu’à un diamètre de plusieurs pouces; les côtes com- -mencent au bord ombilical, et se divisent immédiatement en 5 ou un plus grand nombre de côtes d’égale largeur, formant des faisceaux triangulaires allongés et très serrés. D’autres variétés se distinguent par de larges sillons, qui séparent les faisceaux des côtes les uns des autres; les faisceaux placés le plus près de l’ouverture se composent de deux ou trois côtes ; et les plus éloignés de lPouverture, sur le dernier tour, deviennent de plus en plus larges, et présentent quatre, cinq ou six côtes; Les sillons entre les côtes principales sont également plus grands, et ont plus de 2 lignes de large; tandis que le premier tour, au centre de la spire, est formé de côtes très minces bi- ou trifurquées, qui sont très serrées et dépourvues des larges sillons, qui ne séparent que les côtes principales du dernier tour. Les premiers tours sont plus comprimés, plats, à dos étroit et légèrement convexe, les derniers plus élargis, légèrement convexes, à dos arrondi.
La fig. 7 de la PI. 31 Paléont. de Russie, représente l'A. virgatus tout jeune de Khoroschéwo; les côtes minces sont bifurquées et très serrées ; elles passent par les côtés convexes et le dos arrondi; la coupe verticale est circulaire, l’ombilic assez large; la fig. 7 est de grandeur naturelle.
L’A. gigas (Zrer.) Rouize.*, du néocomien de Khoroschéwo, paraît être également un jeune À. virgatus grossi.
Esp. 1244. Amm. bidichotomus Levm. (FAM. MACROCEPHALI). PI. XXXIV, fig. 11 gr. nat.: a coquille vue de côté ; b vue sur l'ouverture de
l'individu du bord du fleuve Tzylma.
D’Orsieny, Paléont. fr. Terr. crét. 1840. I, p. 190. PI. 57, fig. 3—4.
Levmérie, Mém. de la Soc. géol. 1. série V. 1842, p. 42. PI. 18, fig. 2.
Ammonit. multiplicatus Forges. Gernirz, Quadersandsteingeb, 1. c. p. 114.
Amm. polyptychus Keyserz., Petschorareise 1. c. p. 327. PI. 21, fig. 1—3, et PI. 22 fig. 9.
Amm.diptychus KeyserL. I. c. p. 327. PI. 20, fig. 4—5, et PI. 22, fig. 10.
Le test discoïde est composé de tours plus ou moins renflés, et apparents dans l’ombilic sur le tiers de leur largeur; ils sont munis de côtes qui prennent naissance au bord ombilical en tubercules comprimés et légèrement infléchis en avant; elles se bifurquent immédiatement une ou deux fois, et passent ensuite par le dos élargi et arrondi; l'ouverture est plus large que haute, l’ombilic plus ou moins rétréci et profond.
Hab. dans le grès néocomien noïirâtre de Khoroschôwo, près de Moscou, plus fréquent au nord de la Russie, sur les bords du fleuve Wytschegda aux environs d'Oustssyssolsk, au confluent du fleuve Ssyssola et de la Wytschegda, plus au nord sur les bords et à embouchure des fleuves Ishma et Tzylma, affluents de la Petschora, aux environs du village Polouschina; également plus vers l’est, sur le bord de l’Oussa, et plus au midi sur les bords du Sopljassa, tous deux affluents de la Petschora, sur la Petschora inférieure vers la Mer glaciale, et au delà de l’Oural sur le Jénisséi, et plus vers l’est sur le fleuve Olenek, affluent de la Mer glaciale dans la Sibérie orientale, ainsi que dans le néocomien de la France et de la Suisse, près de Hauterive, associé à l'O strea Couloni et à lAmmonites Leopoldinus.
Cette espèce se distingue par le grand nombre de variétés qu’elle présente: les unes sont comprimées, à ouverture plus haute que large, les autres plus déprimées, à ouverture plus large que haute. Les côtes varient également: tantôt elles naissent aux tubercules ombilicaux plus distincts et se bifurquent immédiatement plusieurs fois, tantôt elles commencent par des tubercules allongés et comprimés en plis légèrement infléchis, qui se bifurquent en deux branches, dont une seule ou toutes deux se bifurquent de nouveau sur le dos élargi. Les côtes sont tantôt
* Bull. de Mosc. L. c. I. 1849, p. 356. PI. LE, fig. 1 a b.
espacées les unes des autres, tantôt serrées et plus régulièrement dichotomes. En général cette espèce se distingue de toutes les autres par la double bifurcation de ses côtes, qui restent de la même épaisseur des deux côtés et sur le dos, sur le milieu duquel elles s’amincissent quelquefois et disparaissent entièrement, comme sur la variété Amm. diptychus.
L’Amm. diptychus n’est qu'une variété de l'A. polyptychus, comme l’a présumé le comte KeyserzinG lui-même, * qui les a néanmoins établis comme espèces différentes. Le premier présente le plus souvent des côtes simplement bifurquées, et de distance en distance des côtes simples sont intercalées entre les bifurquées et se réunissent avec elles ; par cette nouvelle bifurcation elles rappellent la variété à côtes dichotomes. Les deux variétés, l'A. diptychus, aussi bien que l'A. polyptychus, se distinguent un peu par l’ombilic étroit et profond, et par l’ouverture plus large que haute, comme la petite espèce, l'A. dichotomus Lrym., des marnes de Hauterive, figuré par MM. Prerer et Campicne dans les Matériaux pour la paléontologie suisse **. Les cloisons de l'A. bidichotomus Lævm. Picrer, à lobes très découpés (1. c. PL 41, fig. 4), ne diffèrent pas de celles des A. polyptychus et diptychus, figurées par le comte Keyseruine (1. c. PI. 22, fig. 9 et 10), et prouvent l’identité de ces trois espèces.
J'ai recueilli à Khoroschôwo, dans le grès néocomien compacte noirâtre, un petit échantillon que je ne puis que réunir à l'A. bidichotomus ; les côtes, séparées par de larges sillons, sont tranchantes, naïssent en côtes principales au bord ombilical et deviennent dichotomes sur le milieu des côtés; l’ombilic est plutôt étroit, et ne montre que la moitié des tours, garnie de 10 ou d’un plus grand nombre de côtes principales. L'ouverture est cependant plus haute que large, comme les individus plus grands figurés par MM. Prorer et Campioue (1. c. PI 41, fig. 1.) Le petit individu de Khoroschowo a 1 p. 3 L. de diamètre et 6 IL. de large à la base de l’ouverture, qui à presque la même hauteur; la base de l’ouverture est légèrement échancrée. L’ombilic a 5 L. de large.
Un individu très bien conservé a été recueilli par M. BarBor DE Marwy sur la rivière Wytschegda, aux environs d'Oustssyssolsk; les côtes bifurquées sont tellement serrées que javais songé d’abord à le rapporter à l'A. Hugii Oosr., mais, ne remarquant pas les sillons entre les côtes, je lai réuni ensuite également à l’A. bidichotomus.
* Petschorareise I. c. p. 329.
*# Terrain crétacé de Ste-Croix I. c. p.291. PI. 41, fig. 3 a b c.
L’individu des bords du Woytschegda a les tours beaucoup plus déprimés, la base de l'ouverture esb largement échancrée, et l’ombilic de largeur double de célui de lindividu de Khoroschéwo; les côtes principales forment sur le bord ombilical de vrais tubercules allongés. auxquels naissent les côtes dichotomes, qui parcourent le dos élargi et arrondi.
Le plus grand individu de l'A. bidichotomus polyptychus de ma collection à été trouvé sur le Tzylma; il a 2 p. 5 1. de diamètre, les tours sont déprimés, le dernier à 1 p. de haut et 1 p. 4 L. et plus de large à sa base, qui est fortement échancrée, en sorte que le dernier tour recouvre presque entièrement le précédent: par là l’ombilic est fort étroit et profond.
La variété de l'A. bidichotomus ou A. diptychus a la même grandeur, et les tours fortement embrassants ne laissent qu’un ombilic très petit et profond; les côtes sont très infléchies en avant, comme sur l'autre variété.
Esp. 1245, Ammon. Heeri Oosr. (FAM. LIGATT).
Nouv. mém. de la Soc. helv: L. c. p. 104. PI. 25, fig. 1—6.
Le test discoïde, à dos arrondi, est composé de tours comprimés et ornés de côtes épaisses et très espacées, offrant, sur leurs intervalles, des côtes très fines et plus ou moins nombreuses; les côtes sont légèrement infléchies en avant et passent par le dos; l'ouverture est plus haute que large, l’ombilic assez grand et ouvert.
Hab. dans le grès néocomien noirâtre de Khoroschéwo et de Mniowniki près de Moscou, et aux environs de Ssimbirsk, ainsi que dans un semblable terrain des Alpes fribourgeoises près Châtel-St.-Denis en Suisse.
La coquille est finement costulée, à côtes flexueuses, dont les unes, au nombre de 6 ou 7, sont très fines et placées entre des côtes plus grosses, qui sont plus fréquentes vers l'ouverture du dernier tour; elles se perdent sur les tours précédents, et l’on n’y observe que des côtes très fines.
C’est alors lAmmo n. fulgens Traurson. * du même terrain néocomien de Khoroschôwo; les côtes sont si fines qu’elles ne forment que des stries serrées, infléchies en avant, et à peine apparentes: les côtés des plus petits individus sont presque lisses; quand ils grandissent, les stries très fines commencent à se montrer, d’abord sur le dos, et puis sur les flancs: à mesure que la coquille grandit, les stries en travers des
* Bull. de Mosc. 1. c. 1861. IL, p. 270. PI. 7 et 8 (excl. fig. 9.).
flancs deviennent plus serrées, plus marquées et s’infléchissent en avant ; enfin quand le diamètre à atteint 1 p. 61. les grosses côtes en bourrelets transversaux se développent à des distances plus ou moins grandes, et les stries transversales fines apparaissent sur leurs intervalles.
Le dernier tour est, comme les précédents, comprimé; il a 6 I. de haut et 41. de large; l’ouverture est par conséquent plus haute que large; la base est légèrement échancrée, le dos arrondi. Les stries des flancs sont tantôt très fines, tantôt plus apparentes en côtes plus distinctes. L’ombilic, variable en largeur, a 7 IL. et plus de diamètre sur les grands individus à grosses côtes espacées; sur les jeunes et plus petits il n’a que 3 L. de large, tandis que la coquille présente un diamètre de 9 lignes.
Esp. 1246. Ammon. Astierianus d’Ors. (FAM. MACROCEPHALI).
PI. XXXIV, fig. 12 gr. nat.; à vu de côté; b vu sur l’ouverture d’un petit individu de Khoroschéwo.
D’Orgreny, Paléont. fr. Terr. crét. I. c. I, p. 115. PI. 28. Picrer et Campicux, Matériaux |. c. p. 296. PI. 43. Ferp. Rôuer, Bericht einer Reise nach Russl. 1861. Berlin, p. 224.
Le test, discoïde et le plus souvent renflé, est presque globuleux ; les tours sont fortement embrassants, très convexes et garnis de côtes serrées, qui prennent origine d'un léger tubercule au bord ombilical; elles naissent en faisceaux au nombre de 3, 4 ou 5, et passent, également droites et minces, par les côtés et le dos convexes; l’ouverture est très déprimée, beaucoup plus large que haute, l’ombilic petit et étroit; les tours y sont apparents sur un tiers de leur largeur.
Hab. dans le grès néocomien noirâtre de Khoroschôwo, sur le bord du fleuve Moskwa, dans le sable néocomien ferrugineux du mont Worobyew près de Moscou, au nord de Russie sur la Pebschora, près de Polouschino, aux environs d'Ousttzylma, aussi ailleurs au nord, et en Crimée dans un grès néocomien de Biassala et de Ssabli, ainsi que dans le néocomien moyen des marnes de Hauterive en Suisse, et au midi de la France dans le département des Bouches-du-Rhône.
Cette espèce se distingue principalement par la simplicité et l’égalité de ses côtes, qui sont très minces et fort droites, tandis que les côtes plus épaisses de l'A. bidichotomus sont nettement caractérisées par leur bifurcation double. La coquille est en outre tantôt discoïde, tantôt renflée et globuleuse.
Les individus de la Crimée sont très grands, ceux de Khoroschôwo, tels que je les ai recueillis moi-même, ne sont que très petits et presque globuleux. à
Les échantillons de la Crimée de ma collection, à tours presque entièrement embrassants, ont 3 p. 4 1. de diamètre, l'ouverture à 1 p. 101. de large à sa base, et 11 1. de haut; elle est par conséquent fortement déprimée; l’ombilic à 11 1. de large, et les tubercules ombilicaux sont espacés à 2 lignes les uns des autres. La grandeur et la forme des individus de la Crimée rappellent tout à fait ceux du néocomien du mont Salève près de Genève. l
Les individus de Khoroschôwo (fig. 12 a b de la PI. XXXIV.) sont très petits: ils n’ont que 7 1. de diamètre, l’ouverture a 4 1. de large à sa base, et 8 1. de haut; l’ombilic a 2 1. de large. Les tubercules comprimés qui donnent naissance aux côtes principales du bord ombilical, se divisent en 3 ou un plus grand nombre de côtes secondaires; elles forment des faisceaux, et n’offrent pas de bifurcation; les côtes ne sont pas entièrement droites comme sur les individus âgés, mais légèrement infléchies en avant, surtout sur le dos élargi et arrondi.
Le petit individu de Polouschino sur la Petschora a la même forme et la même grandeur que celui de Khoroschéwo; il y est associé dans le calcaire néocomien compacte à l’'Aucella longicollis; les côtes sont serrées, paraissent aux tubercules comprimés en faisceaux de trois ou
plus de côtes, et descendent plus bas. Je n’ai pas pu observer les cloisons, nï sur les grands individus de la Crimée, ni sur les petits du centre et du nord de la Russie; elles sont pourtant très bien figurées dans les Matériaux pour la paléontologie suisse L. c. PI 43, fig. 4—5, et varient plus ou moins selon que les individus sont comprimés ou renflés.
La belle collection du Musée royal de Stuttgart contient plusieurs échantillons de coquilles et de Céphalopodes d’un calcaire ferrugineux compacte, provenant du village de Manina au gouvernement de Kaluga et donnés au Musée par M. Dorn; ïls semblent provenir d’un terrain néocomien, comme par exemple le fragment d’un grand échantillon de VA. Astierianus très déprimé, associé à l'A. virgatus, au Trigonia carinata AG., à l'Anatina Cornueliana d'Ors. et à d’autres coquilles.
Esp. 1247. Ammon. fulgens lraurscH. (FAM. LIGATI).
Ammon. fulgens var. hybridus Traursem., Bull. Mose. I. c. 1861, p. 270.
PI. VIT, fig. 9, et Amm. fragilis Traursc., Bull. Mosc. 1866. I, p. 18. PI. 3, fig. 3.
an Ammon. semistriatus d'Ors., Terr. crét. 1. c. 1840, p. 136? PI. 41, fig. 3—4.
Le test discoïde, comprimé dans son ensemble, ‘est formé de tours également comprimés, les suivants recouvrent presque entièrement les précédents, à dos arrondi et à côtés un peu renflés, striés sur leur moitié externe et lisses à la moitié interne; les stries sont très fines, égales et serrées; l’ouverture est plus haute que large, et l’ombilic très étroit, à pourtour incliné, dépourvu de gradins.
Hab. dans le grès néocomien noirâtre de Khoroschéwo, et dans un semblable terrain néocomien de Ssimbirsk sur les bords du Volga.
La coquille à une certaine ressemblance avec l’espèce précédente, mais se distingue par son ombilic très étroit, à pourtour incliné, dépourvu de gradins; les tours, se recouvrant tout à fait, ne laissent pas de saillie dans l’ombilic. Les côtés sont peu convexes et striés; les stries ne recouvrent que le dos arrondi et laissent libre la partie inférieure des côtés, comme sur l’A. semistriatus d'Ors. du terrain néocomien de la France, en sorte que je suis porté à réunir les A. fragilis et fulgens var. hybridus à celui-ci, d'autant plus que l'A. semistriatus a la même forme et la même grandeur, sauf l’ombilic, qui, d’après la figure 1. c., est plus petit, maïs marqué, comme sur ceux-ci, d’un pourtour incliné, dépourvu de gradins. M. d’OrBrGeny n’a pas décrit les cloisons; il se peut par conséquent qu’elles aient eu également la forme de celles de PA. fu lgens var. hybridus, dont les lobes ne sont pas bien représentés dans le Bulletin de Moscou IL. c. 1861. PI VIL, fig. 9c. Il existe une grande différence entre ses lobes et ceux de l'A. Tethys d’Ors. de la famille des Heterophylli, avec lequel M. d’Orgr@ny l’a réuni en 1850 dans son Prodrome, et, à ce qu’il paraît, sans connaître les lobes de l'A. semistriatus*. Leslobes de l'A. fulgens sont beaucoup moins découpés et très simples; le lobe dorsal, terminé par deux pointes inférieures, est plus large et plus court que le lobe latéral supérieur, qui est très profond et se termine en trois pointes régulières ; la selle dorsale est plus volumineuse et presque arrondie, plus large que le lobe dorsal et divisée en
* Prodrome de Paléont. stratier. vol. IL, p. 64. Eichwald, Lethaea rossica. II. 70
haut en deux parties inégales à digitations courtes. Le lobe latéral inférieur, très court et étroit, offre à peine la moitié des dimensions du latéral supérieur; ils sont séparés l’un de l’autre par la selle latérale moims large que la dorsale, et divisés, comme celle-ci, en deux parties inégales. Les quatre lobes auxiliaires sont peu marqués et séparés les uns des autres par de petites selles peu découpées.
L’A. fulgens hbybridus a 1 p. 4 L de haut et 4 1. de large, mesuré à la base de l'ouverture, qui a 81. de haut; l’ombilic a 4L de large et montre en dedans 5 ou un plus grand nombre de tours.
Esp. 1248. Amm. Grasianus d’Ors. (FAM. LIGATI). Paléont. fr. Terr. crét. I, p. 141. PI. 44.
Le test, comprimé dans son ensemble, est formé de tours très embrassants et lisses, à côtés fortement aplatis, à dos arrondi et légèrement élargi; par là l’ouverture est presque quadrangulaire et plus haute que large; l’ombilic est petit, et montre les tours en dedans jusqu’à près d’un tiers de leur largeur.
Hab. dans le néocomien inférieur de Biassala en Crimée, aïnsi que près d’'Escragnolles et ailleurs au midi de la France.
Cette coquille se distingue par ses tours, qui grossissent assez rapidement et deviennent presque plus larges près du dos que vers le milieu des côtés; ceux-ci sont entièrement plans et forment avec le bord dorsal un angle obtus. Le bord ombilical est obliquement incliné et recouvre le tour précédent jusqu’à près d’un tiers de sa largeur: l’ombilic est par là en gradins.
La coquille à 1 p. 5 1. de haut et 6 1. de large, mesurée au dos de l'ouverture, qui à 8 1. de long.
Les cloisons semblent être de la forme décrite et figurée par M. d'OrBraxy 1. c. PI. 44; elles sont divisées, suivant sa description, en cinq lobes sur les côtés; le lobe dorsal est étroit et court, la selle dorsale plus étroite que le lobe latéral supérieur, qui à une surface trois fois plus grande que la selle dorsale, il est divisé en trois lobes secondaires nettement séparés; la selle latérale est divisée en trois rameaux inégaux, dont le médian est le plus grand; les quatre lobes accessoires sont très petits et diminuent graduellement.
Esp. 1249. Ammon. sagitta m. (FAM. PLANULAIT). PI. XXXV, fig. { gr. nat.; a coquille vue de côté; b la même, vue sur l’ouver-
ture ; c coquille jeune, vue de côté, individu des bords du Tolya.
Géogn. de Russie (en russe) 1846, p. 483.
Testa magna, compressa, striato-costata, anfractus satis celeriter se invicem amplectentes et ultra dimidiam partem altitudinis sese contegentes, superficies priorum anfractuum costata, Costae e nodulis compressis oriundae bi-trifurcae, illae sequentium vero anfractuum sensim tenuiores, in strias excurrentes tenuissimas, apprime appositas et leniter inflexas; apertura multo longior quam altior, latere utroque convexiusculo, dorsoque obtuso instructa, basi profundius exsecta; umbilico latiore - superfciali gradato:
Hab. dans le calcaire néocomien siliceux sur le bord du fleuve Tolya au nord de l’Oural, et dans le grès néocomien noirâtre inférieur et supérieur ou gault ferrugineux de Khoroschôwo près de Moscou.
La coquille, de grandeur moyenne, est comprimée dans son ensemble; les tours très comprimés grossissent rapidement, et présentent des côtés légèrement convexes, costulés ou striés suivant l’âge; les jeunes ou premiers tours sont garnis de côtes distinctes, qui naissent aux petits tubereules comprimés du bord ombilical, et se bifurquent ou trifurquent en côtes fines passant d’abord par les flancs et traversant ensuite le dos légèrement comprimé et obtus. Les tubercules ne tardent pas à s’effacer sur les tours suivants, et les côtes deviennent de plus en plus fines et forment des stries très serrées et légèrement infléchies sur le dernier tour des individus âgés.
L'ouverture de ceux-ci est fortement comprimée et allongée, les côtés sont légèrement convexes, le dos doucement arrondi, et les deux bords latéraux passent en lobes légèrement allongés et aigus, tandis que le milieu de la base de l'ouverture est profondément échancré.
L’ombilic est assez large, ouvert et montre les premiers tours, garnis de petits tubercules allongés en côtes.
La coquille âgée à près de 8 pouces de diamètre et 1 p. de large au dernier tour, dont l'ouverture à près de 2 p. de haut, mesurée depuis le bord latéral jusqu'au sommet. L’ombilie à 1 p. 2 1. de large et ne s'enfonce que peu. Les premiers tours (voy. L. c. fig. 1a), du diamètre de 1p. 1 L., sont encore pourvus de très petits tubercules et de côtes qui naissent à ces tubercules.
| Cette espèce a une grande affinité avec l'A. septentrionalis, qui
cependant ne montre pas au jeune âge des côtes et des tubercules au bord ombilical ; les premiers tours sont plutôt striés, à stries serrées, tandis que les derniers tours se recouvrent de côtes à peine marquées et effacées près du bord ombilical; le dernier tour est également plan sur les côtés et non convexe, comme celui de l’A. sagitta, dont les cloisons me sont encore inconnues. Il se rapproche un peu de l'A. Gevrilianus d’Ors. du néocomien inférieur de Ste-Croix; celui-ci s’en distingue par les tours à dos tranchant, qui sont en outre beaucoup moins embrassants et entièrement lisses.
L’A. Beudanti BronGx. du gault moyen et inférieur de Ste-Croix, rappelle encore beaucoup plus l'A. sagitta: cependant celui-là se distingue par les étranglements rayonnés ou arrêts d’accroissement, dont il n’existe pas de traces sur l’espèce du nord de l’Oural. De la sorte celui-ci se rapproche plutôt des jeunes individus de l'A. Beudanti, qui sont presque entièrement dépourvus d’arrêts d’accroissement.
L’étage néocomien noirâtre de Khoroschéwo contient également cette espèce, qui cependant y est plus petite, de 2 pouces de diamètre; les tours sont pourvus au bord ombilical de tubercules assez rapprochés; les tubercules se divisent en deux côtes, qui passent par le dos arrondi. Ils sont en outre plus distincts sur les petits individus et disparaissent plus ou moins sur les individus âgés et très grands, comme sur la fig. 1a du Tolya, tandis que la fig. 1c les montre distinctement, de même que les individus de 2 p. de diamètre de Khoroschôwo; l’ombilic est disposé en terrasses, et le test luisant recouvre en partie les cloisons, dont le lobe latéral supérieur est de largeur et de profondeur double de l’inférieur; aussi la selle dorsale est très large et très haute. Un joli individu du grès néocomien noirâtre de Khoroschôwo et d’autres plus petits du grès ferrugineux supérieur ou gault de la même localité existent au Musée paléontologique de Stuttgart.
Esp. 1250. Amm. septentrionalis #. (FAM. HETEROPHYLLI).
PI. XXXV, fig. 2 gr. nat.; a coquille vue de côté: b vue sur l'ouverture d’un individu plus petit du Tolya; c cloisons du grand individu des bords du Tolya.
Géogn. de la Russie (en russe) 1846, p. 483.
Testa satis magna, involuta et transversim striata, anfractus perquam se invicem involventes ut exigua vixdum pars eorum conspicua sit, costis in dorso rotundato subconspicuis striatis, latere utroque evanidis, apertura sagittiformi obtusa, umbilico mediocri, subgradato omnesque an-
fractus antecedentes prae se ferente, lobi septorum in numerosa foliola, ut in Heterophyllis, divisi.
Hab. dans le calcaire néocomien siliceux grisâtre des bords du Tolya au nord de l’Oural, et dans le grès néocomien supérieur ferrugineux ou gault de Khoroschôéwo près de Moscou.
Grande coquille de l’Oural, comprimée dans son ensemble, à tours très embrassants, qui grossissent brusquement et recouvrent les tours précédents jusqu'aux trois quarts de leur largeur; le dos arrondi est marqué de côtes très légères, à peine apparentes sur le dernier tour et finement striées; elles arrivent jusqu’au milieu des côtés et s’effacent vers le bord inférieur, qui est tout à fait lisse. L'ouverture, plus haute que large, est comprimée et s’élargit légèrement vers le bord inférieur; par là sa forme est en flèche, à pointe émoussée obtuse; les côtés sont aplatis, plans. L’ombilic est médiocrement grand, et échancré au delà de la moitié de la hauteur du dernier tour; les tours suivants recouvrent les précédents jusqu’à un quart de leur hauteur, et l’ombilic par suite se présente en terrasses ; il est assez profond et d’une largeur de 1 pouce, tandis que la hauteur du dernier tour est de 1 p. 5 lignes.
L'ouverture du dernier tour se prolonge, des deux côtés du test, en bords latéraux allongés, entre lesquels la base de l’ouverture est profondément échancrée; elle offre, au milieu de l’échancrure, la moitié de la hauteur du dernier tour.
L’individu conservé à l’Institut des Mines à 6 pouces de haut, et le dernier tour est de 2 p. 2 1. de large à la base de l'ouverture du dernier tour.
L'espèce du Tolya appartient au groupe des Ammonites heterophylli, car les cloisons sont très compliquées et les digitations des selles se terminent en feuillets plus ou moins arrondis.
Notre figure (fig. 2 c) les montre en grandeur naturelle. Le lobe dorsal à deux pointes latérales est divisé en deux parties égales par une petite selle étroite à bords crénelés; le lobe latéral supérieur est presque de la même largeur que le dorsal, mais beaucoup plus profond et divisé en trois pointes inférieures, qui ont des pointes accessoires de chaque côté, en sorte que le nombre des pointes est porté à cinq ou plus. Le lobe latéral inférieur est plus étroit, plus court que le latéral supérieur, et se termine en une pointe crénelée. Les deux selles, la latérale supérieure et l’inférieure, sont de forme presque égale, divisées en deux parties latérales crénelées, et celle-ci ne diffère de l’autre que par sa largeur et sa hauteur moins considérables. Les quatre selles accessoires diminuent lentement
en hauteur et en largeur. Les lobes et les selles fortement découpés rapprochent l’espèce de l’Oural septentrional de l'A. Velledae Mrex. des grès verts supérieurs de Ste-Croix; elle ne s’en distingue que par l’ombilice plus grand, car il est très petit sur celui-ci, et ses tours grossissent plus rapidement. 1
L'espèce du Tolya a la plus grande ressemblance avec la coquille beaucoup plus petite du gault de Khoroschôwo, qui se caractérise par des lobes plus simples; elle rappelle par là un peu l'A. dispar d’Ors. des grès verts supérieurs de Ste-Croix, qui a également des cloisons plus shuples, quand il est jeune, et plus compliquées quand il devient plus âgé. L'ouverture de la coquille de Khoroschéwo est, comme celle du Tolya, plus large à sa base que vers le milieu des flancs aplatis, droits.
La coquille de Khoroschéwo à 1 p. 91. de diamètre et 8 1. de large au dernier tour, qui à 9 1. de haut, tandis que l’ombilic à 6 1. de large eb montre les mêmes gradins en terrasses comme l’ombilic du grand individu de l’Oural. L'ouverture est profondément échancrée à sa base, offre 6 1. de hauteur au milien de la base échancrée, tandis que les côtés présentent 8 1. de long, car ils se prolongent en bords latéraux longs et étroits. Les tours très jeunes sont distinctement costulés, à côtes serrées au bord ombilical, les côtes s’effacent de plus en plus sur les tours suivants près du bord inférieur, et ne restent bien marquées que près du bord dorsal, à peu près comme sur l'A. dispar. Les côtés des tours de l'individu de l’Oural sont plus plans que ceux de l'individu de Khoroschôwo, qui sont un peu convexes; ce qui est dû également à la différence d'âge.
Esp. 1251. Amm. catenulatus Fiscx. (FAM. CLYPEIFORMES). PI. XXXV, fig.3 gr. nat. ; a coquille, vue de côté; b vue sur l’ouverture du même
individu des bords du Tolya; ce cloisons.
Ammon. catenulatus Fiscu., Oryctogr. de Mosc. 1837. I. c. p. 269. PI. 8,
fig. 4, et Amm. Roppii Fiscu. I. c. p.169. Bull de Mosc. I, p. 10. 1842. PI.3, fig. 1.
Ammon.catenulatus L. v. Bucn, Karsren’s Archiv. 1842, p. 536. Bull. de Mosc. I. c. 1846. IL, p. 246.
Amm. catenulatus Auers. et Frears, Bull. de Mosc. p. 493. I, 1846. PI. VI, fig. 3—5.
D'Ongieny. Verneuir, Paléont. de Russie l.c. 1845, p. 435. PI. 34, fig. 8—12. Test fortement comprimé, à dos aigu et à ombilic très petit; les tours sont légèrement renflés sur les côtés, et inclinés en pente douce vers l’ombilic; le bord ombilical des tours est arrondi et se continue en uue face oblique et plane; l'ouverture, très comprimée en flèche, à le
bord basal profondément échancré, à échancrure aiguë; la surface des tours est garnie de stries très fines, qui d’abord s’infléchissent légèrement en avant vers le milieu des côtés, et puis se courbent un peu en arrière, pour s’infléchir de nouveau plus fortement en avant près du dos.
Hab. dans le néocomien supérieur, correspondant au gault, de Khoroschéwo et de Mniowniki près de Moscou, ainsi que dans le grès ferrugineux de Kotelniki, et au nord de l’Oural sur le bord du fleuve Tolya.
La coquille, recouverte d’une nacre brillante, à les cloisons symétriques, découpées de chaque côté en cinq ou six lobes, formés de parties impaires et de selles divisées en parties presque paires; M. d'OrBreNY les a exactement décrits et figurés, cependant les stries de la surface ne sont pas bien marquées sur les figures, car elles forment de petits faisceaux, striés longitudinalement, surtout sur les individus jeunes.
La coquille est d’une grandeur très variable; d'ordinaire elle est petite, et c’est alors que son test s’est conservé, à nacre brillante, marquée de stries fines, très serrées et infléchies d’abord en avant ef puis en arrière, pour passer de nouveau par une courbe très prononcée en avant près du dos. Les stries, réunies en faisceaux sur les jeunes, s’effacent sur les individus plus âgés; ceux-ci ont une grandeur considérable, comme par exemple un individu de ma collection, dont le diamètre-est de 4 p. 3 L., et dont la base de l'ouverture à une largeur de 1 p. 2 L. Les individus tout à fait développés, montrant l’ouverture à bords complétement formés, ressemblent tellement à l'A. Gevrilianus d'Or. * du néocomien de la France et de la Suisse, ainsi que du hils du nord-ouest de PAllemagne, qu’on serait tenté de les réunir en une seule espèce, et en effet M. Ferp. Rômer ** à cru reconnaître l'A. Gevrilianus à Khoroschôwo: je suppose que ce sont les grands individus de l'A. catenulatus qu'il y à observés et pris pour l'A. Gevrilianus. l’affinité des deux espèces est si grande que les lobes et les selles, très peu découpés et plutôt crénelés, ont presque la même forme et la même disposition. L’A. Gevrilianus est décrit comme entièrement lisse et les tours auraient leur plus grande épaisseur près de l’ombilic: ceci est aussi le cas pour le grand individu de ma collection, de Khoroschéwo; il est lisse, les individus complétement développés perdant les stries serrées qui existent sur la surface des jeunes; le bord de l’ouverture montre absolument la même forme que celui des individus striés. Le bord est onduleux, s’in-
fPaléontifr.1TerrAcrét.Îlic;p.4199-nP1.745:
** Reise nach Russland 1. c. p. 224.
fléchit d’abord légèrement en arrière, puis en avant sur le milieu des côtés, et vers Le dos de nouveau en arrière, pour retourner plus près du dos en une pointe dorsale aiguë, fortement infléchie en avant. Comme c’est là la courbure des stries fines de l’A. catenulatus, je réunis l’individu très grand avec celui-ci et non avec l'A. Gevrilianus, avec lequel il offre l’épaisseur la plus grande près de l’ombilic, la face suturale oblique et très élevée; l’ombilic de celui-ci ne montre en dedans que les trois tours précédents, de même que le grand individu de ma collection de Khoroschéwo, tandis que les autres individus, de moitié moins grands, montrent au moins six tours bien apparents, quelquefois même sept ou plus, en sorte que l’ombilic fournirait des caractères essentiels pour différencier les deux espèces très voisines. ;
L’individu des bords du fleuve Tolya est fort curieux; il prouve, avec beaucoup d’autres espèces d'Ammonites, que le néocomien: supérieur de Khoroschéwo se retrouve au nord de l’Oural; la coquille de cette localité est conservée au Musée de l’Institut des Mines; sa surface est striée, à stries en faucille, très fines et réunies en faisceaux, qui sont inclinés vers l'ouverture et ne passent pas par le dos caréné.
Les cloisons (fig. 3 c) sont fort découpées, les lobes et les selles de la même forme que sur l’A. catenulatus de Khoroschôwo; l'ouverture de celui-ci est en flèche, à côtés légèrement convexes, comme les jeunes de Khoroschéwo, et l’ombilic égàlement étroit, offrant distinctement les 5 tours, dont l’avant-dernier est recouvert par le dernier jusqu'aux trois quarts de sa largeur et au delà. L’individu à 2 p. 4 1. de haut et 7 1. de large, mesuré sur le dernier tour à la base de l'ouverture.
Esp. 1252. Ammon. uralensis d'Ors. (ex parte) (FAM. PLANULATI).
Verneuil, Paléont. de la Russie I. c. p. 429. PI. 32, fig. 6—10.
Le test, comprimé dans son ensemble, a des tours aussi hauts que larges, ou plus larges que hauts, et ornés au bord ombilical de tubercules comprimés ou pointus, qui d’abord se divisent en deux, trois ou quatre côtes; ces tubercules traversent les côtés et puis passent sur le dos large et arrondi, pour se réunir aux côtes du côté opposé; l'ouverture au jeune âge est plus déprimée que sur les adultes; elle est plus large que haute, et sa base n’embrasse que la moitié des côtes des tours précédents; Pombilic, très large et superficiel, montre tous les tours précédents, pourvus de leurs tubercules pointus.
Hab. dans le calcaire néocomien des petites rivières Tschol, Ssoswa, Tolya et Lopsinga du nord de l’'Oural, au delà du 64€ degré de latitude boréale.
La coquille se distingue surtout par son ombilic large, par ses tours déprimés à ouverture plus large que haute, par les tubercules saillants, comprimés et même pointus qui ornent le bord ombilical des tours et qui se divisent en deux ou trois côtes; ces tubercules passent par le dos élargi et marqué au milieu d’une dépression qui interrompt un peu les côtes. Celles-ci sont également interrompues par deux ou trois étranglements du dernier tour et par quelques côtes isolées, intercalées entre les côtes trifurquées; le nombre des côtes devient par là plus grand, surtout sur les adultes, tandis que les jeunes se caractérisent par les tubercules pointus de leurs bords ombilicaux.
Un individu conservé dans la belle collection de Mad. CaTrzey à St. Pétersbourg, du bord de lairivière Lopsinga, a un peu plus de 2 p. de diamètre et une ouverture large de 1 p. 1 L, tandis que la hauteur de * J'oüverture n’est que de 7 1, mesurée au milieu de l’échancrure. Les tours sont embrassants jusqu’à la moitié des tours précédents, et ne laissent à découvert que les tubercules pointus et une petite partie des côtes bifurquées. L’ombilic à 11 1. de diamètre, et est caractérisé par ses gradins, par les bords ombilicaux saillants, dont celui du dernier tour est le plus élevé; en hauteur il dépasse de 3 I. le tour précédent. Les côtes de cet individu deviennent un peu plus grosses sur le dos et y sont interrompues de distance en distance, tandis que d’autres côtes, surtout sur les adultes, passent directement par le dos et se réunissent avec les côtes du côté opposé: je ne compte au dos que 44 côtes sur le dernier tour de l'individu de la Lopsinga; les adultes en offrent un nombre beaucoup plus grand sur l'individu figuré par M. d’Orgreny (1 c.), l'ouverture a 1 p. 2 I. de large et 9 1. de haut, dimension par laquelle notre espèce se distingue de l'A. triplicatus Sow. du jura brun du Wurtemberg; en outre les tubercules ombilicaux de celui-ci ne sont pas aussi gros et pointus, les côtes sont en général plus comprimées que sur l'A. uralensis. Les tubercules s’effacent même tout à fait sur les individus jeunes de l’A. triplicatus de la rivière Ounja des environs de Tambow et de Doschtschetinsk près de Vladimir.
L’individu du bord de la Ssoswa au nord de l’Oural se rapproche le plus de l'A. triplicatus et ne se distingue que par ses côtes bifurquées, non interrompues sur le dos, à côtes simples intercalées; en outre ses tubercules sont comprimés et découverts sur les tours précédents dans
Pombilic, eb son ouverture est d’égale hauteur et largeur; il à 1 p. 7 L de diamètre, et l’ombilie a 8 1. de large, c’est-à-dire qu’il est un peu plus large que la hauteur du dernier tour. Cet individu rappelle un peu l'A. gonionotus Benexe du dogger subalpin de l'Allemagne septentrionale, et relie l'A. triplicatus avec l'A. uralensis, qui sur le fleuve Ssoswa se trouve dans un calcaire chlorité verdâtre à nombreux petits grains de quarz fumé.
Esp. 1253. Ammon. Studeri Pret. et Came. (FAM. DENTATOà INTERRUPTI).
Matér. de paléont. suisse. L. c. p. 230. PI. 30.
Le test renflé a les tours peu embrassänts et garnis au bord ombilical de tubercules pointus, qui se divisent en deux côtes, offrant de distance en distance une côte intercalée; les côtes se terminent près du bord dorsal en une extrémité renflée par de petits tubercules, placés en rangée régulière transverse des deux côtés du dos, dont le milieu est dépourvu de côtes et légèrement convexe; l’ouverture est presque pentagone et un peu plus large que haute; l’ombilic est assez large et ouvert.
Hab. dans le calcaire néocomien noir de la rivière Lopsinga au nord de Bogoslowsk, ainsi que dans le gault de Ste-Croix en Suisse.
La coquille est comprimée dans son ensemble, les tours sont garnis de tubercules, dont une rangée occupe le bord ombilical, l’autre le dorsal; les premiers sont plus gros, pointus et moins nombreux que les seconds, qui sont plus petits, également pointus et s’effacent de plus en plus vers l’ouverture de la coquille. Les côtes qui partent des tubercules ombilicaux se bifurquent et se portent aux deux tubercules dorsaux; on remarque quelquefois une côte isolée, dépourvue du tubercule ombilical, qui se termine entre deux côtes bifurquées en un petit tubercule dorsal. Les tubercules dorsaux sont séparés par un espace médian lisse, qui est légèrement convexe comme sur l'A. Renauxianus d’Ors. du gault supérieur de Ste-Croix, espèce crétacée qui rappelle beaucoup PA. Studeri. L'un et l’autre est pourvu également de tours peu embrassants.
La coquille a un diamètre de 2 p. 1 L., et est large de 1 p., mesurée à la base de l’ouverture, qui à 9 1. de haut. L’individu conservé dans la collection paléontologique de Mad. Carrzey à St. Pétersbourg ne montre bien ni l’ombilic, couvert par la roche très dure, ni les cloisons, qui cependant, d’après le lobe dorsal et la selle dorsale assez bien visibles, ne se distinguent pas de ces parties de l'A. Studeri de Ste-Croix.
Esp. 1254 Ammon. circumtentus v. Buca (FAM. DENTATO- TUBERCULATT).
PI. XXXV, fig. 4 gr. nat.; a coquille, vue de côté ; b vue sur l’ouverture; c autre individu, vu sur le dos; d cloisons.
Beitr. zur Kenntn. d. Gebirgsformationen von Russland 1. c. p. 103.
Testa mediocris leniter involuta, anfractus compressi, costati, costis subfalciformibus quasi duplicatis, interioribus simplicibus, inflexis medioque testae latere utroque in exiguum tuberculum excurrentibus, exterioribus costis duplicibus subinflexis singulis in majora et longiora tubercula dorsalia exeuntibus, dorso medio sulcato tenuemque funiculum transversim striatum tanquam moniliformem excipiente; apertura subquadrangularis ; umbilicus mediocris subtiliter costatus.
Hab. dans le gault du bord de la rivière Ssoswa, au nord de l’Oural.
La coquille, de grandeur moyenne, est formée de tours comprimés, qui grossissent lentement, sont peu embrassants et recouvrent à peine un quart de la largeur des côtés garnis de côtes infléchies et de forme double: les inférieures sont simples et naïssent au bord ombilical, à tige fine, s’infléchissent d’abord légèrement en arrière, puis en avant et s’enflent chacun au milieu des flancs en un petit tubercule allongé. C’est de cette rangée des côtes inférieures en forme de S que les côtes supérieures prennent naissance en forme de doubles côtes qui s’infléchissent légèrement en arrière et se renflent au bord dorsal en tubercules allongés, épais et alternant avec ceux du côté opposé du dos. Le dos est enfoncé sur sa partie médiane, et pourvu d’un cordon très fin et moniliforme.
Les côtes supérieures, plus grosses que les inférieures, ne sont pas, surtout sur les individus jeunes, aussi nombreuses que celles-ci, qui sont plus serrées et ne donnent pas toujours naissance aux côtes supérieures; les côtés des tours sont comprimés, et par là l'ouverture est presque carrée, à angles arrondis. Comme les tubercules ne sont que très petits, la surface des tours à l’air d’être plutôt lisse; mais d’autres individus offrent des tubercules épineux, formant une rangée médiane sur les deux côtés; Les tubercules dorsaux se prolongent également en épines ou dentelles obliques très longues, et par là le dos paraît comme épineux.
L'individu de la Ssoswa a les lobes et les selles beaucoup moins découpés que l’A. tuberculatus de la France; le lobe dorsal est presque aussi large et aussi profond que le dorsal latéral supérieur, et divisé au fond par une petite selle siphonale, qui occupe la partie.canaliculée du ‘dos. Le lobe latéral supérieur est de largeur et de profondeur double com-
parativement au lobe latéral inférieur, et très peu découpé, comme les cloisons en général. La selle latérale supérieure est distinguée par sa largeur extraordinaire, et divisée en deux parties fort peu découpées; la selle latérale inférieure est moins haute et n’est pas aussi large que la partie inférieure de la selle latérale supérieure. Les lobes et les selles accessoires diminuent de plus en plus en grandeur vers le bas. Par la forme des cloisons si peu découpées l’'Amm. circumtentus se distingue en outre de l’espèce précédente, ainsi que par les ornements de sa surface.
L’ombilic est plutôt petit que grand; il n’a pas la largeur des flancs du dernier tour, et ne montre que les tours précédents garnis de côtes fines et serrées, car les côtes plus grandes sont recouvertes par les tours suivants.
La coquille a 1 p. 6 1. de diamètre et 5 !}2 L. de large, mesurée à l'ouverture.
Cette espèce rappelle l'Amm. falcatus Maxr.* et l'A. curvatus Maxr.** du gault supérieur de l’Angleterre, garnis de deux rangées de tubercules et de côtes qui les réunissent les uns aux autres, mais la disposition des tubercules et des côtes est différente, et on remarque même quelquefois une troisième rangée de tubercules à la base des tours; en outre le dos est légèrement canaliculé et dépourvu du cordon finement strié en travers, ou moniliforme.
Notre espèce présente aussi quelque ressemblance avec l'A. regularis Bruc.** du gault de la France, surtout quant aux lobes et selles des cloisons, qui sont peu découpés, dont le lobe dorsal est un peu moins large, mais aussi profond que le lobe latéral supérieur, tandis que le lobe latéral inférieur est beaucoup plus petit et moins profond que le latéral supérieur, comme sur l’Amm. circumtentus. La rangée de petits tubercules de ce dernier est à peine indiquée sur l'A. regularis, les côtes simples s’élargissent légèrement vers le dos et y sont enfoncées au milieu, comme canaliculées; c’est ce qui rappelle les côtes doubles de PA. circumtentus.
L’A. inflatus Sow. du gault d'Angleterre a également une certaine ressemblance avec l'A. circumtentus par sa carène dorsale saiïllante, qui forme un cordon siphonal, semblable à celui de l’espèce de la Ssoswa.
Les fig. 4 à et b appartiennent au même individu; la fig. 4 c est un autre individu, vu sur le dos, marqué du cordon un peu dérangé.
* D’OrBieny, Terr. crét. I. c. p. 331. PI. 99 #* Picrer et Campicne |. c. p. 212. PI. 27, fig. 10—12. ##* D’OrBieny L. c. p. 246. PI. 71.
Esp. 1255. Ammon. Raulinianus d'Ors. ‘FAM. DENTATO- INTERRUPTT,;.
Terr. crét. L, p. 238. PI. 68.
Picrer et Cawpicue |. c. p. 226. PI.29.
Le test peu comprimé est sujet à des grandes variations; les tours sont garnis de deux rangées de tubercules, dont les uns sont placés au bord ombilical, les autres au dorsal, reliés par des côtes, dont l’ensemble forme un zigzag ou un espace ovalaire, situé entre deux tubercules opposés ; l'ouverture est élargie et anguleuse, l’ombilic de largeur moyenne.
Hab. dans le grès vert inférieur ou gault de T'alitzi près de Moscou, eb aux environs de Kirssanow près du village de Kaloughino au gouvernement de Tambow, ainsi que dans le gault de Ste-Croix en Suisse, enfin dans les Ardennes de la France et près de Folkstone en Angleterre.
Les individus de Talitzi ont une grande ressemblance avec ceux de Ste-Croix, surtout avec les fig. 7 a et 7 c de la Paléontologie suisse; les côtes naissent aux tubercules peu marqués du bord ombilical et se divisent immédiatement en deux, qui en convergeant se réunissent aux tubercules du bord dorsal; d’autres côtes restent isolées. Les tubercules dorsaux sont très grands, comprimés et alternes avec ceux du bord opposé; le milieu enfoncé du dos est lisse, dépourvu de carène. Les tours grossissent assez brusquement, le dernier recouvre la moitié du tour précédent, et la largeur de l’ouverture égale presque sa hauteur; elle paraît anguleuse par suite de la présence de tubercules, qui font des saïllies très prononcées sur le dos et les deux côtés du tour.
La coquille a 1 p. 8 1. de diamètre et une largeur de 8 1.; l’ouverture a la même hauteur, et la base est assez profondément échancrée, L’ombilic a 7 1. de large.
Esp. 1256. Ammon. interruptus Brua. (FAM. DENTATO- INTERRUPTT).
Encyclop. méthod. 1792. Vol. I, p. 41.
Amm. serratus Parxins., Geol. Transact. I. Tome V, p. 57. Amm. dentatus Sow., Min. conch. 1821. PI. 308. Amm.interruptus d'Ors., Terr. crét. 1840. I, p. 211. PI. 31 et 32. Es ï Picr., Grès verts de Genève p. 65. PI. 6, fig. 1 et 2. :4 . Picr. et Campiome I. c. p. 218. PI.28.
Ammon. Engersianus Rouizz. et Fanrk., Jubilaeum semisaeculare Fiscneri DE Warpaeim. Mosq. 1847, p. 18. PI. 3, fig. 7—9, et Amm. Talitzianus Licp49RL2 fs3—5;
Le test est plus ou moins comprimé où renflé, à tours ornés de tu-
bercules ombilicaux comprimés, de chacun desquels partent deux côtes arquées, se terminant au bord dorsal par des tubercules saillants et comprimés: le dos est marqué au milieu par un enfoncement lisse.
Hab. dans le gault de Talitzi, de Nikolskoyé, de Stepanowo, entre Dmitrjew et Kline au gouvernement de Moscou, et dans les environs de Rjazan, associé à l’'Inoceramus sulcatus, ainsi que dans le gault de l'Angleterre, de la France, et de la Suisse près de Ste-Croix, de la Pertedu-Rhône, du Saxonet. j
Les tours sont légèrement comprimés et garnis de côtes relevées, tranchantes et passant insensiblement en tubercules dorsaux; deux côtes partent d’un tubercule ombilical, aussi comprimé et tranchant que les côtes. L'ouverture du dernier tour est comprimée, plus longue que large, et presque carrée; elle a 1 p. de haut, et presque la même largeur à la base.
Esp. 1257. Ammon.lautus Parx. d’Ors. (FAM. DENTATO- TUBERCULATI).
D'Ors., Terr. crét. I, p. 230 PI. 64, fig. 3 —5. Ammon. Brodiei (Sow.) Rouizr., Bull. de Mosc. 1848. I, p. 264, et Bull. de Mosc. I. c. IT. PI. A, fig. 9 a b.
Le test renflé est pourvu de tours élargis au bord ombilical et munis de côtes comprimées, simples et bifurquées, partant des tubercules ombilicaux et se terminant au bord dorsal; le milieu du bord est occupé par un sillon étroit, qui longe la coquille; l’ombilic est grand et profond.
Hab. dans le gault des environs de Rjazan, et dans le gault inférieur de la France près de Boulogne, de l’Angleterre près de Folkstone.
Petite coquille plus ou moins comprimée sur les côtés et marquée en travers de côtes très saïllantes et tranchantes; celles-ci partent des tubercules ombilicaux, se bifurquent et se dirigent vers le dos, où l’une des deux branches se réunit avec un tubercule dorsal peu apparent; une troisième côte isolée est intercalée entre les bifurquées. Toutes ces côtes s’infléchissent en arrière et sont séparées au milieu du dos par un sillon étroit, qui longe la coquille sur tous les tours.
L'ouverture presque carrée du dernier tour est tant soit peu plus large que haute, et se rétrécit doucement vers le bord dorsal.
L'ombilic est plus large que sur les espèces précédentes, et se distingue par le bord ombilical du dernier tour très relevé.
La coquille n’a que 8 lignes ou un peu plus de diamètre; la figure donnée par M. Rovrczrer L. c. est deux fois grossie; ce n’est pas l'A.
Brodiei Sow., qui est de la famille des Planulabti et est particulière au portlandien. :
Esp. 1258. Ammon. Milletianus d’Ors. (FAM. ANGULICOSTATI).
Paléont. fr. Terr. crét. 1. e. p. 263. PI. 77. Picrer et Cawpicue |. c. p. 260. PI. 37, fig. 2—5.
Le test est médiocrement comprimé, à tours ornés de côtes grosses, saillantes et alternativement plus longues, les unes, partant du bord ombilical, passent sur le dos, les autres, intermédiaires, ne commencent qu’au tiers interne de la largeur de chaque tour; toutes sont également espacées sur le dos arrondi; l’ouverture est plus haute que large et légèrement carrée; l’ombilic est de grandeur moyenne, et montre à moitié les tours précédents.
Hab. dans le grès ferrugineux du gault de Stepanowo près de Mos- : cou, dans le gault du Daghestan au Caucase, entre les aouls Koumoukh et Ouloutschra, au nord du Caucase dans le gault des environs de Kislawodsk, ainsi que dans le gault des Ardennes et des Pyrénées orientales en France, et près de Ste-Croix et ailleurs en Suisse.
Je ne connais qu’un fragment de cette espèce, bien caractérisée par ses côtes alternativement plus longues et plus courtes; elle a 1 p. de diamètre, le dernier tour est large de 10 1. de haut et 9 L.; l’ombilic a 8 1. de large. Le dos est arrondi, comme les individus de Ste-Croix, et les côtes y sont espacées jusqu’à 2 lignes.
Esp. 1259. Ammon. Khirghisensis d'Ors. (FAM. DENTATO- REGULARES).
VERNEUIL, Paléont. de Russie L. c. 1845. p. 431. PI. 33, fig. 6—8.
Le test, très comprimé dans son ensemble, est formé de tours comprimés, aplatis sur les côtés, et garni de nombreux tubercules ombilicaux comprimés, de chacun desquels partent, comme autant de faisceaux, quatre ou cinq côtes, qui arrivent jusqu’au bord dorsal, où elles sont séparées, par un espace enfoncé lisse, des côtes du côté opposé; l'ouverture est oblongue, tronquée au dos et profondément échancrée à la base; l’ombilic est très large.
Hab. daus le gault ou grès vert chlorité du mont Ssaragoul aux environs d'Orenbourg.
Les cloisons ne sont pas bien apparentes; on y voit 3, même 4 côtes, qui naissent aux tubercules et s’infléchissent légèrement en avant, une
ou deux intermédiaires, plus courtes et libres, sont placées entre les trifurquées. La coquille a 2 p. 6 1. de diamètre, et 6 1. de large à la base de l’ouverture, laquelle à 1 p. de haut; lombilic à 1 p. 2 L. de large, et les tours précédents sont presque à moitié couverts.
Cette espèce n'appartient nullement à l'A. Jason Ræern., comme le supposent MM. pe KeyseruNe * et Bronx **, mais elle a la plus grande ressemblance avec PA. neocomiensis d’'Ors.*** du néocomien moyen de Ste-Croix, qui ne se distingue que par l’ombilic un peu moins large et par les côtes un peu plus infléchies, d’abord en arrière et puis en avant.
Esp. 1260. Ammon. pretiosus d'Or. aff. (FAM. DENTATI). D’Orgieny, Terr. crét. 1. c. I, p.193. PI. 58, fig. 4—6.
Le test est petit, suborbiculaire, comprimé dans son ensemble, les tours sont garnis en travers de tubercules en-trois rangées, les inférieurs, placés au bord ombilical, sont les plus petits et isolés; les médians sont plus épais, placés sur le milieu des flancs et réunis par deux côtes divergentes avec deux tubereules, dont 15 ou 20 forment la rangée dorsale, séparée par un enfoncement étroit de la rangée du côté opposé; l’ouverture du dernier tour est légèrement anguleuse, se rétrécit en haut et s’élargit en bas; l’échancrure basale n’est pas grande, car les tours sont peu embrassants; l'ombilic est petit, et montre les tours précédents recouverts de tubercules jusqu’à la rangée médiane.
Hab. dans le grès néocomien supérieur ferrugineux d’Antonowo- Poustosch aux environs de Jelatma sur l’Oka, gouvernement de Tambow, ainsi que dans le néocomien supérieur près d’Annot dans les Basses-Alpes.
Les côtés de la coquille sont convexes et garnis de trois rangées de tubercules, dont les inférieurs en côtes légères s’effacent sur les tours précédents et ne forment de petits tubercules que sur le dernier tour; les premiers sont presque cylindriques, le dernier plus comprimé et en coupe transverse presque triangulaire et non circulaire, comme dans l'A. pretiosus de la France, mais elle est également crénelée par la saillie des tubercules, comme sur l'individu d’Antonowo.
Les cloisons, figurées par M. d’OrBrany, sont également découpées sur les deux individus ; elles sont divisées latéralement en 3 lobes, composés
* Petschorareise 1. c. p. 325.
#* Nomenclat. palaeont. I. c. p. 46.
#%% Prcrer et Campicne, Matériaux |. ce. p. 247. PI. 33, fig 1—3.
de parties impaires; le lobe dorsal est aussi long et plus large que le lobe latéral supérieur, et formé de chaque côté de deux rameaux, qui sont quatre ou cinq fois digités et entre lesquels se voient deux digitationssimples. La selle dorsale est deux fois plus large que le lobe dorsal; le lobe latéral supérieur est formé d’un seul rameau et muni de trois digitations terminales et de deux latérales; la selle latérale à la largeur double du lobe latéral supérieur, et est découpée en cinq digitations; la selle et les deux lobes suivants sont plus petits; chaque tubercule de la surface correspond au milieu des selles.
L’individu d’Antonowo à 10 1. de diamètre, et 4 1. de large vers la base de l’ouverture, qui à également 4 1. de haut, mesurée depuis le milieu de l’échancrure de la base jusqu’au sommet de l'ouverture.
L’A. Salteri Saarpe*, de la craie à grains siliceux de Chardstock dans le Sommersetshire, a une grande ressemblance avec l'individu d’Antonowo, mais il lui manque la rangée inférieure de petits tubercules, et les tubercules médians se divisent de distance en distance en 4 côtes, dont deux se réunissent avec les tubercules dorsaux, tandis que les deux autres restent libres près du bord dorsal.
Esp. 1261. Ammon. Balduri Keys. (FAM. CRISTATT). Petschorareise L. c. p. 321. PL 19, fig. 1—6 et 7—9.
Le test, de grandeur moyenne, comprimé dans son ensemble, est . garni de deux rangées transverses de tubercules, dont 18 occupent le bord dorsal, et 8 ou plus le bord ombilical; quelques-uns des derniers se continuent en côtes, qui descendent jusqu’au bord ombilical; l'ouverture du dernier tour est plus haute que large et presque pentagone, lombilic est petit et laisse voir les premiers tours, marqués des tubercules inférieurs.
Hab. dans le calcaire néocomien grisätre du village de Polouschino sur la Petschora, vis-à-vis de l'embouchure de l’Ishma.
La coquille est caractérisée par ses tours, qui s’élargissent brusquement et s’embrassent jusqu’à la moitié des flancs, et même davantage sur les jeunes individus; les flancs sont garnis de stries infléchies en avant en faucille; le dos se continue en un lobe aigu et forme une pointe très jongue; les tubercules dorsaux du dernier tour se prolongent en côtes, qui descendent vers le bord ombilical ou s’effacent sur le milieu des flancs. Ils sont légèrement convexes vers le bord ombilical, dont les tubercules
* Paleont. Soc. I. c. p. 44. PI. 20, fig. 2.
Ejchwald, Zethaea rossica. I. 71
antérieurs en côtes sont plus longs que les postérieurs. Le dos, presque plat, est rendu légèrement convexe par la petite carène siphonale qui longe le dos. La coquille à 3 p. 6 1. de diamètre et 1 p. 1 1. de large à la base de l’ouverture, qui a 1 p. 6 1. de haut; le dos de l’ouverture en coupe transverse est anguleux par la présence de trois saillies anguleuses; le bord inférieur forme deux angles obtus, et l'ouverture devient par là pentagone.
Cette espèce a une très grande affinité avec l'A. Renevieri SHARPE de la craie inférieure de l’île de Wight*, qui s’en distingue un peu par une autre disposition des tubercules et par la carène siphonale moins saillante; les Ammonites varians, inflatus et d’autres espèces crétacées ont également une grands ressemblance avec PA. Balduri, en sorte que celui-ci doit être réuni aux espèces crétacées et vient prouver nettement la présence du terrain crétacé et non du jurassique à Polouschino.
Esp. 1262. Ammon. sulcatus m. (FAM. ANGULICOSTATT).
PI. XXXV, fig. 5 gr. nat.; a coquille vue de côté; b vue sur l’ouverture et le dos. Géognosie de la Russie (en russe) 1846, p. 485.
Testa compressa costata, anfractus compressi se invicem vix amplectentes, tuberculis in margine umbilicali ornati compressis, e quibus costae bifurcae aequales oriundae, recte in dorsum excurrunt, dorso laevi, plano, tanquam sulco exarato, utrinque noduloso; apertura multo longior quam latior; umbilicus latus, apertus.
Hab. dans le gault ou grès vert chlorité de Ssaragoul aux environs d’Orenbourg.
La coquille, de grandeur moyenne, comprimée dans son ensemble, est formée de tours comprimés, à peine embrassants, garnis de côtes égales, qui naissent près du bord ombilical aux tubercules espacés et comprimés, se bifurquent immédiatement en deux côtes droites et passent jusqu’au bord dorsal, où elles se renflent en tubercules. Ceux-ci forment une rangée non interrompue des deux côtés du dos, dont le milieu, aplati et lisse, présente un large sillon, qui longe le bord dorsal. Les tours grossissent lentement et sont fixés simplement les uns aux autres; l’ombilic est large, ouvert et laisse apercevoir en entier les flancs des tours précédents, ornés de côtes bifurquées. Le dernier tour a la hauteur double de celui qui le précède. L'ouverture est presque carrée, à bord supérieur ou dorsal plat, en sillon, et anguleux des deux côtés, à bord basal égale-
* Paleont. Soc. 1. c. p. 44. PL 20, fig. 2.
ment aplati et tronqué des deux côtés; par suite la forme de l'ouverture est presque hexagone, à côtés latéraux tout droits et allongés.
La coquille a 2 p. 8 1. de diamètre et 7 I. de large, mesurée à la base de l'ouverture; elle y est un peu plus large que vers le dos, parce que les tubercules ombilicaux rendent le bord inférieur un peu plus saillant que les dorsaux, qui sont beaucoup plus petits. Le dernier tour a 10 p. de haut et s'applique simplement au tour précédent sans l’'embrasser; celui-ci à D 1. de haut; l’ombilie à 10 L. de large.
Cette espèce à une certaine ressemblance avec l'A. crassicostatus d’Or8.*, qui provient du néocomien supérieur près d’Apt en France, mais se distingue cependant par ses côtes inégales, très épaisses et gagnant le dos sans s’interrompre. Les cloisons de l'A. sulcatus me sont jusqu’à présent inconnues, et j'ignore si notre espèce appartient eflectivement aux Angulicostati.
J’ai appelé cette espèce À. sulcatus en 1846: il existe malheureusement déjà un A. sulcatus Risso, qui reste douteux, parcequ'il n’a pas été décrit jusqu’à présent, en sorte que le nom introduit par moi dans la paléontologie gardera la priorité; deux autres A. sulcatus appartiennent, lun, nommé par M. Beyrion, aux Goniatites, l’autre, A. sulcatus Heu et Zrer. à l'A. convolutus Scxcorx. *
Esp. 1263. Ammon. crassicostatus d’Ors. (FAM. ANGULI- COSTATI).
Paléont. fr. Terr. crét. 1. c. p. 197. PI. 59, fig. 1 — 4.
Ammon. Williamsoni (Puzz.) Rouizz.. Bull. de Mosce. !. ce. 1848, p. 265 (le nom, sans deser ption), et Bull. de Mosc. I. c. 1846. PI. A, fig. 10.
Le test comprimé est garni transversalement de grosses côtes sail- Jantes, qui vont, en augmentant d'épaisseur et de largeur, du bord ombilical au dorsal; elles sont inégales, les unes complètes, les autres, incomplètes et courtes, sont intercalées entre les complètes; la plupart sont simples, mais il y en a aussi qui se bifurquent au bord ombilical et se portent en deux branches vers le bord dorsal. Les tours sont quadrangulaires, aplatis sur le dos, qui est large; ils sont apparents dans l’ombilic sur les deux tiers de leur largeur; l'ouverture est aussi large que haute, et quadrangulaire.
Hab. dans le néocomien supérieur des environs de Rjazan, dans le
* Bronx, Nomenclat. palaeont. L. ce. p. 61.
gault des environs de Kislawodsk, au nord du Caucase, sur les bords des fleuves Tscherek, Khoulam et Ouroukh, venant du pays de Digori, et dans les argiles néocomiennes grises près d’Apt en France.
M. Rourcuter (1. c.) a fait figurer une coquille, sous le nom d'A. Williamsoni Parcz. du terrain jurassique, sans en donner la description; la coquilie est représentée de côté, à côtes un peu flexueuses, qui augmentent en épaisseur vers le dos et y forment le bord dorsal crénelé; elles sont simples et complètes, passant du bord ombilical jusqu’au dorsal, d’autres sont courtes, commencent au dos et n'arrivent pas jusqu’au milieu des flancs, quelques-unes enfin se bifurquent au bord ombilical. Les tours sont légèrement embrassants, et recouvrent un tiers de la largeur des flancs des tours précédents, comme sur l'A. crassicostatus; c’est pourquoi je suppose que l'individu de Rjazan appartient à celui-ci mais la conformation du dos n'étant pas connue et les côtes n'étant que légèrement infléchies et non toutes droites, comme sur lAmm. crassicostatus, je n’ose pas me prononcer sur l'identité des individus. Celui de Rjazan est en outre un peu plus grand; il a 2 p. de diamètre, et le dernier tour a 10 1. de haut; sa largeur n’est pas connue; l’ombilic a 9 L de large. Il y a à peu près 30 côtes autour de l’ombilic; leur nombre est plus grand au dos; M. Rovwrzzrer ne dit pas si les côtes passent sur le dos ou le laissent libre. Au reste cette espèce a également une grande ressemblance avec l'A. Mantelli Sow. du cénomanien de l'Angleterre, de la France et de la Suisse, quoique ses côtes soient droites comme celles de l'A. crassicostatus.
M. »e Buca* fait mention de l'A. fissicostatus (Pnrcr.) comme se trouvant dans le gault inférieur du Daghestan dans des géodes du Tourtschi-Dagh ; ilse peut que c’est plutôt l'A. Dutempleanus d'Or. du gault de la France **, ou même l'A. crassicostatus d’Ors., car M. De Bucx dit que les côtes épaisses sont peu infléchies et le plus grosses sur le dos, comme en général sur les Ammonites crétacées; des côtes courtes sont en outre intercalées entre les côtes principales, et leur bifurcation commence déjà plus près du bord ombilical que du milieu des flancs.
* Zeiïtschr. d. deutsch. geol. Gesellsch. Bd. III. 1, p. 25.
** Picrer et CampicHe, Matériaux |. c. p. 342.
Esp. 1264 Ammon. Thurmanni Prcr. et Came. (FAM. ANGULI- COSTATI).
Matériaux pour la paléont. suisse I. e. p. 25. PI. 34 et 34 bis.
Le test discoïde, comprimé dans son ensemble, est formé de tours comprimés, à côtes assez grosses et saillantes, partant du bord ombilical, et droites jusqu’au delà du milieu des flancs; là elles se bifurquent irrégulièrement ou se multiplient et s’infléchissent en avant; les côtes principales restent distinctes jusqu’au dos aplati, qu’elles traversent pour se réunir aux côtes du côté opposé; d’autres côtes, plus courtes, sont intercalées entre les principales et passent, également épaisses, sur le dos; l'ouverture est fortement comprimée et très haute; l’ombilic petit.
Hab. dans le grès vert du néocomien de Kislawodsk près de Pjatigorsk au nord du Caucase, près de Ssabli et aux environs de Biassala en Crimée , ainsi que dans le néocomien inférieur de Ste-Croix en Suisse; il n’est connu d’aucune autre localité.
J'ai rapporté moi-même de mon voyage au Caucase plusieurs fragments de cette espèce rare; le dernier tour est garni de côtes épaisses, qui au milieu des flancs s’infléchissent d’abord légèrement en avant et s’enflent chacune en un tubercule indistinct; puis elles vont, en se bifurquant, vers le dos, à concavité contournée en avant; d’autres côtes simples et courtes descendent du dos jusqu’au milieu des flanes. Le dos rétréci eb& aplati est muni de ces mêmes côtes épaisses, les flancs tout à fait aplatis s’élargissent de plus en plus vers le bord ombilical, en sorte que l’ouverture n’a que 5 I. de large au dos; à sa base elle présente une largeur de 8 1. Les premiers tours sont même plus larges au bord ombilical et moins hauts, car la hauteur du dernier tour est de 1 p.51, comme celle de l’'Amm. Thurmanni de Ste-Croix.
Les individus de Biassala sont encore jeunes et très petits; ils n’ont que 1 p. 5 1. de diamètre et 7 1. de large à la base du dernier tour, qui n’a que 8 1. de haut; l’ombilic a 5 1. de large; cependant les côtes se bifurquent également, mais plus près du bord ombilical, et s’infléchissent légèrement en avant près du bord dorsal, où elles passent en petits tubercules, qui longent les deux côtés du dos lisse let légèrement enfoncé. Le point de bifurcation des côtes porte, de distance en distance, un petit tubercule, que l’on remarque aussi sur l'A. Thurmanni de la Suisse, mais les côtés de l’individu de la Crimée se distinguent par deux sillons d'arrêt au dernier tour, qui semblent manquer à celui de la Russie.
Esp. 1265. Ammon. Matheroni d'Ors. (FAM. LIGATI). Paléont. fr. Terr. crét. I. 1. c. p. 148. PI. 48, fig. 1—2.
Le test, légèrement comprimé dans son ensemble, est garni sur chaque tour de huit grosses côtes transversales presque droites, entre lesquelles on remarque de quatre à dix ou plus de petites côtes, dont la moitié seulement descendent jusqu’au bord ombilical. Toutes ces côtes traversent le dos arrondi pour se réunir aux côtes du côté opposé. L’ouverture est oblongue, à bord dorsal arrondi et à base peu échancrée pa le retour de la spire.
Hab. dans le grès néocomien de Laspi en Crimée, ainsi que dans le néocomien supérieur des calcaires marneux bleuâtres à grands Hamites
des Bouches-du-Rhône, mais nulle part ailleurs.
L’individu de Laspi a 3 p. 6 IL. de diamètre; le dernier tour a 1 p. 1 1. de large à sa base, l'ouverture a. 1 p. 2 1. de haut; l’ombilic, très large et superficiel , montre tous les tours précédents couverts jusqu’à un quart de la largeur des flancs; l’ombilic à 1 p. 8 I. de large.
Les côtés sont munis de côtes, dont quelques-unes sont plus grosses et moins nombreuses; on voit huit et plus de ces côtes sur le dernier tour, et entre elles on remarque tantôt deux ou trois, tantôt quatre et plus de côtes plus fines, qui gagnent avec les autres le dos arrondi.
MM. Prcrer et Campicme * supposent que l’A. Matheroni d’Ors. est identique avec l’Amm. cesticulatus Levy. ** du gault de la France, mais celui-ci se distingue de l'A. Matheronïi par ses côtes principales infléchies en faucille, et non droites; elles sont en outre moirs nombreuses que celles de l'espèce du gault; les petites côtes sont également infléchies, eb l’ombilic plus petit que sur l'A. Matheroni, en sorte que l’individu de Laspi se rapproche beaucoup plus de PA. Matheroni que du cesticulatus.
Esp. 1266. Ammon. nodiger ». (FAM. MACROCEPHALTI). PL. XXXVI, fig. 3gr. nat. ; a coquille, vue de côté; b autre individu, vu sur le dos.
Géogn. de Russie (en russe) l. ec. 1846, p. 515.
Ammon. Koenigii (Sow.) d'OrBieny. VERNEUIL, Paléont. de Russie 1845. L cp. 436. PI. 35, fig. 1—6.
Ammon. Koenigii (Sow.) Auergaca et FREars, Bull. de Mosc. 1. c. 1846. I, p. 493. PI. VL fig. 1—2.
* Matériaux pour la paléont. suisse I. c. p. 361. *# D'OrBieny, Paléont. fr. Terr crét. 1 ce. p. 275. PI. 81, fig. 4—5.
Ammon. Koenigii (Sow.) Traurscn., Bull. de Mosc. 1858. IV, p. 553. Ammon. Kaschpuricus Traurscu., Bull. de Mosc. 1866. I, p. 16. PI. 3,
fig. 2.
Testa inflata, anfractus ambitu celeriter increscentes, nodosi et costati, nodis octo majoribus umbilicum coarctatum cingentibus costisque tenuibus numerosis dorsum convexum et latera testae amplectentibus, apertura latior quam-longior, basi late exsecta.
Hab. dans le gault ou grès ferrugineux brunâtre de Kotjelniki et du néocomien supérieur et inférieur de Khoroschéwo près de Moscou, ainsi que dans le même terrain de Kaschpour près de Ssimbirsk sur le bord du Volga.
Jeune, la coquille est très renflée, presque globuleuse, les tours grossissent brusquement et sont fortement embrassants; trois quarts des tours précédents sont recouverts par les tours suivants, et par là l’ombilic devient très petit et profond, à gradins très marqués. Le bord ombilical du dernier tour est garni de huit tubercules espacés, qui ne sont pas apparents sur les tours précédents dans l’ombilic, car ils sont recouverts par les tours suivants. Les jeunes individus mieux conservés en moules, qui seuls se trouvent dépourvus du test, sont caractérisés en outre par des stries ou côtes dorsales transversales, dont trois ou quatre semblent prendre naissance aux tubercules ombilicaux, tandis que deux ou trois côtes de forme pareille occupent les intervalles, en distance égale à celle des autres côtes. Les tubercules sont quelquefois comprimés, allongés et semblent effectivement se continuer aux côtes dorsales, qui passent par le dos élargi et arrondi. pour se réunir aux côtes du côté opposé. L’ouverture est plus large que haute, arrondie au bord dorsal et profondément échancrée à la base, en sorte que sa forme est en croissant. Comme ce sont des moules, on ne connaît pas encore les cloisons, néanmoins M. d’'Orgreny les dit symétriques, découpées de chaque côté en six lobes et en selles formées de parties impaires.
Un individu de ma collection de Kotjelniki a 2 p. 7 1. de diamètre, et 1 p. 2 I. de large, mesuré à la base de l'ouverture, tandis que da hauteur du dernier tour est égale à la largeur, c’est-à-dire qu’elle à 1 p. 21 L’ombilic à 8 I. de large, le dernier tour s'élève jusqu’à 4 L au dessus du précédent, offrant le bord ombilical arrondi et non anguleux.
M. Ferro. Rômer * a recueilli à Kotjelniki un individu incomplet en moule, dont 1] m'a fait cadeau; le fragment, dont je donne une figure
“ Reisebericht |. c Zeiïtsch. d. deutsch. geol. Gesellsch. Bd. IL. i, p. 231.
(sur la PL XXXVI, fig, 3b) a le dernier tour orné de gros tubercules ombilicaux plus rapprochés et plus comprimés, dont chacun se continue ‘immédiatement en deux côtes, entre lesquelles se trouve intercalée une troisième. Le fragment s’élargit brusquement vers l'ouverture et pourrait appartenir à une espèce intermédiaire et même particulière.
Cette espèce se distingue en général par les nombreuses variétés qu’elle présente; celles de Kaschpour sont surtout remarquables: la coquille à 1 p. 5 L. de diamètre; elle est par conséquent jeune et ne montre que deux petits tubercules vers l’ouverture, le bord ombilical est entièrement dépourvu de tubercules; les deux tubercules ci-dessus mentionnés se continuent chacun en trois côtes indistinctes, et de semblables côtes rappruchées recouvrent les côtés et le dos arrondi; c’est là une organisation qu’on observe rarement sur les individus adultes de Kotjelniki.
Esp. 1267. Ammon. nodoso-costatus d’Ors. (FAM. NODOSO- COSTATI).
Paléont. fr. Terr. crét. |. c. I, p. 258. PI. 75, fig. 1—4. Picrer et Campicne, Matériaux pour la paléont. suisse p. 336.
Le test, légèrement renflé, est formé de tours garnis de côtes inégales, dont les unes sont simples et passent par le dos, pour se réunir aux côtes simples et également minces du côté opposé, les autres sont plus grosses, et se terminent en tubercule près du dos; le dos entre les tubercules des deux côtés est enfoncé; d’autres tubercules, placés par paires aux côtes sur le milieu des flancs, forment une, quelquefois deux rangées latérales et transversales, rarement complètes.
Hab. dans le néocomien supérieur de Biassala en Crimée, ainsi que dans le gault de la Perte-du-Rhône, et au midi de la France dans le département de la Drôme.
La coquille peu comprimée est formée de tours grossissant doucement et ornés de côtes qui se bifurquent près du bord ombilical et se terminent par paires aux tubercules dorsaux; les côtes simples se bifurquent également; l’une des branches, en côte simple, passe par le dos, l’autre se termine en tubercule dorsal. Les tubercules des flancs sont plus rares, et ne forment que sur quelques-uns des individus une rangée plus ou moins complète; la troisième rangée manque, et c’est là la différence d'avec l’espèce du gault de la France.
L’ombilic est assez large et profond. La coquille a 81. de diamètre et 41h]. de large au dernier tour, dont l'ouverture a également une hauteur de 41} 1., en sorte que l'ouverture est presque circulaire et légère-
ment anguleuse au pourtour externe, à cause des tubercules dont elle est garnie. Les cloisons des individus de la Crimée ne sont pas distinctes.
Esp. 1268. Ammon. Perezianus d'Ors. (FAM. LIGATI).
Prodrome de Paléont. stratigr. II, p. 99.
Le test, de grandeur moyenne, est formé de tours renflés et garnis de côtes comprimées et tranchantes en plis, dont quelques-unes sont plus grosses, saillantes et garnies de tubercules comprimés; ceux-ci forment une double rangée transversale, l’une sur le dos, l’autre au milieu des flancs; l’ouverture est presque orbiculaire, car les tours sont fort peu embrassants et l’ombilic par là très large.
Hab. dans le néocomien de Biassala en Crimée, ainsi que dans le même néocomien des départements du Var et des Alpes-Maritimes en France, et en Espagne.
La coquille à des tours cylindriques peu embrassants et fixés simplement les uns aux autres; les côtes sont tranchantes, surtout les plus saïllantes; les autres sont simples ou bifurquées et placées dans les intervalles, au nombre de 8, 10 ou plus, entre les côtes saïllantes. La bifurcation des côtes commence rarement sur le bord ombilical, le plus souvent sur le milieu des flancs. Le bord ombilical n’est pas pourvu de tubercules; notre espèce se distingue par là de l'Amm. Astierianus, dont l’ombilic n’est en général pas aussi large et ne montre pas les tours précédents à découvert, comme l’ombilic de l'Amm. Perezianus.
L’individu de la Crimée a 1 p. 7 L de diamètre et 7 1. de large, mesuré à la base de l'ouverture, dont la hauteur est de 7 lignes.
Esp. 1269. Ammon. Bonnetianus Picr. (FAM. ANGULICOSTATI). Mollusq. des grès verts de Genève-p. 50. PL 4, fig. 6.
Le test est discoïde, à tours garnis de tubercules ombilicaux en côtes courtes eb droites, qui sur le milieu des flancs se bifurquent et passent peu distinctes sur le dos; d’autres côtes courtes, accessoires, sont intercalées entre les bifurquées; l'ouverture est plus large que haute, l’ombilic très large et profond.
Hab. dans le grès néocomien noirâtre de Khoroschôwo près de Moscou, ainsi que dans le gault du Saxonet en Suisse.
La coquille, grande et discoïde, est composée de tours s’élargissant doucement, ct légèrement comprimés, surtout vers le dos, qui est rétréci et arrondi; par suite la coupe transverse est presque triangulaire, à
angles obtus. Les côtes principales, au nombre de 20, naïssent aux tubercules comprimés, situés au bord ombilical, et passent, tantôt comme côtes droites et simples sur le dos, tantôt elles se bifurquent sur le milieu des flancs, et n’offrent que rarement une côte accessoire dans l’intervalle de deux côtes bifurquées. L’ombilic est ouvert et très large; les bords ombilicaux des tours sont obtus et garnis de tubercules espacés de 3 I. qui prennent immédiatement la forme des côtes.
= L'ouverture du dernier tour est en coupe transverse presque triangulaire, à angles obtus; elle à 1 p. 2 1. de haut, et 1 p. 9 L. de large à la base, celle-ci est largement échancrée. L’ombilic a 1 p. 5 L. de large, il est très profond. Le dos rétréci est pourvu de côtes peu apparentes; il devient par là presque lisse sur le dernier tour, tandis que le dos des tours précédents montre les côtes plus fortement accusées.
La coquille a en général 4 p. de diamètre, et est rare à Khoro-
schôwo.
Esp. 1270. Ammon. Desori Picot. et Came. (FAM. DENTATI).
Matériaux pour la paléont. suisse 1. c. p. 246. PI. 33, fig. 4.
Le test discoïde est fortement comprimé, à dos tronqué et très peu convexe; les tours sont ornés de côtes fasciculées, naissant par deux ou par trois aux gros tubercules coniques près du bord ombilical; les côtes sont fortement arquées, d’abord convexes en avant sur le milieu des flancs, puis convexes en arrière près du bord dorsal, où elles s’infléchissent de nouveau en avant, et se renflent à leur extrémité. L'ouverture est beaucoup plus haute que large et s’atténue de plus en plus vers le dos, qui est tronqué et lisse; l’ombilic est très large et le bord ombilical pourvu de nombreux tubercules serrés.
Hab. dans le grès néocomien ferrugineux de Féodosie en Crimée, ainsi que dans le calcaire néocomien inférieur roux ou valangien de Ste- Croix en Suisse.
La coquille est très comprimée dans son ensemble; le dernier tour a 1 p. 8 IL. de haut, et 1 p. et plus de large à la base de louverture; Pombilic à 1 p. 2 L. ou plus de large, le bord ombilical est pourvu de tubereules de 1 1. de large et espacés d’une ligne les uns des autres. Les tubercules donnent naissance à deux ou trois côtes fasciculées, qui passent par les flancs aplatis et deviennent un peu plus grosses vers le bord dorsal.
L’ombilic est plus large que celui de l'Amm. neocomiensis Prcr. et Camp. du néocomien inférieur de la France, avec lequel cette espèce a une grande ressemblance; elle s’en distingre par les côtes fasciculées,
car celui-ci n’a que des côtes principales simples, qui naissent également aux tubercules ombilicaux et passent jusqu’au bord dorsal, où quatre ou . cinq côtes accessoires courtes viennent se placer entre les intervalles des côtes principales.
Esp. 1271. Ammon. subfimbriatus d'Ors. (FAM. FIMBRIATI). Paléont. fr. Terr. crét. AY pe 120MPL/95
Picrer et Campicne, Terr. crét. de Ste-Croix I. ce. p. 272, et Picrer et Lori, Terr. néocomien des Voirons I. c. p. 13. PI. 2, fig. 1—4.
Ammon. Adelae d'Ors., voy. Hommaire DE Hz I. c. III, p. 429. PI. 1, fig. 10—11.
Le test discoïde, renflé, est formé de tours ovales ou arrondis, ne se recouvrant presque pas, à dos arrondi, à surface munie de stries fines, ondulées ou droites et festonnées, et de quatre ou cinq côtes droites; l'ouverture est ovalaire, arrondie, à base peu échancrée; l’ombilic est large et ouvert.
Hab. dans le néocomien de Biassala et de Kobsel près de Ssoudagh en Crimée, aïnsi que dans les marnes de Hauterive du néocomien moyen de Ste-Croix, et de St-Martin, près d’Escragnolles, sur la route de Grasse à Castellane.
Les tours de la coquille sont subcylindriques, tantôt déprimés et plus larges que hauts, tantôt comprimés et plus hauts que larges; ïls ne se recouvrent presque pas et sont par conséquent visibles dans toute leur
largeur ; ils sont en outre garnis de petites côtes fines simples ou feston- | nées, lorsque la surface est bien conservée.
Les individus de ma collection ont été recueillis par M. Az. De Norp- MANN à Biassala en Crimée et sont caractérisés par leurs tours déprimés, d’une largeur de 1 p. 8 L. et d’une hauteur de 1 p. 3 L, tandis que les tours des individus de Kobsel, figurés par M. d’Orgieny dans l’atlas du Voyage de M. Hommame DE HELL sont comprimés, et offrent une largeur de 11 1. et une hauteur de 1 p.; M. d’OrBrGny à fait de ceux-ci une espèce particulière, l'A Adelae. La coquille de la Crimée de ma collection a 4 p. 5 I. de diamètre: le dernier tour montre très bien les cinq côtes plus épaisses et saïllantes, qui s'élèvent au dessus des stries fines et festonnées.
Esp. 1272. Ammon. Velledae Miox. (FAM. HETEROPHYLLI).
Guérin, Magazin de zoologie. Paris. 1833. PI. 35. D’Onsicny, Paléont. fr. Terr. crét. I, p 280. PI 82 Picrer et Roux, Mollusq. des grès verts | ce. p. 30. PI 2, fig. f.
Picrer et CAmpicne, Matériaux IL. 2, p. 268. PI 36, fig. 8. Ammon.ponticuli Rouss. Demporr, Voyage au midi de la Russie 1. ce. Coquilles fossiles décrites par M. Rousseau |. c. p. 543. PI. 1, fig. 3.
Le test, légèrement comprimé et à peine ombiliqué, est tonne de tours très embrassants, à dos plus comprimé et légèrement arrondi, et à côtés un peu aplatis; la surface des tours est garnie de petites stries fines, très serrées, flexueuses en avant et également distantes; elles sont plus fortenent marquées vers le dos, plus atténuées vers l’ombilic; l’ouverture est plus haute que large.
Hab. dans le néocomien ferrugineux supérieur de Biassala et de Kobsel de la Crimée méridionale, dans le gault aux environs de Kislawodsk au nord du Caucase, sur les fleuves Tscherek, Khoulam et Ouroukh, ainsi que dans le gault de la Perte-du-Rhône et du Saxonet, dans le grès vert supérieur de Ste-Croix, et de Troyes au département de l’Aube.
La coquille est dépourvue de sillons lorsqu'elle est couverte de son test, et en montre de 4 à 7 sur le moule, suivant l’âge; les sillons sont plus ou moins arqués et quelquefois interrompus ou même comme coudés à leur tiers externe. Les sillons sont plus marqués au jeune âge, comme sur l'A. Huotianus, que M. d’OrBienx * réunit en une espèce avec PAmm. ponticuli Rouss. sous le nom d’A. tatricus Puscn, espèce qui elle-même est douteuse et équivoque. Au moins la figure donnée par M. Pusca ** diffère nettement par des côtes saillantes de PA. ponticuli, qui est finement strié et dépourvu de côtes; il paraît au contraire marqué de sillons lorsqu'il est dépourvu du test.
J'ai préféré réunir l’espèce de la Crimée, ci-dessus mentionnée, avec VA. Velledae Mrcx. du gault de Ste-Croix, parce que les stries fines et serrées la rapprochent plutôt de celui-ci que de A. tatricus, qui paraît être une espèce plutôt jurassique que néocomienne: suivant M. pe Bucn *** c’est lAmmon. cochlearius qui se trouve dans le jura supérieur ou la craie de Sette-Communi.
L'ouverture de la coquille de la Crimée offre le dos arrondi et convexe, et la base très échancrée; ses cloisons sont symétriques, découpées de chaque côté en neuf lobes formés de parties impaires et de selles paires et impaires, qui, selon la description et la figure données par M. d'OrBreny (1. c. p. 423 et PI. 1, fig. 4), offrent la plus grande ressemblance avec ces parties de l'A. Velledae. à
#* Polens Paläontologie 1. e. p. 158. PL 13, fig. 11. ### Polens Paläont. |. c. p. 158, voir la note au bas de la page.
Le plus grand individu de ma collection a 4 pouces de diamètre et plus de 2 p. de large, mesuré à la base de l'ouverture; Pombilic a à peine 3 1. de large; le bord ombilical du dernier tour s’incline doucement vers l’ombilie, sans devenir anguleux.
Je suis porté à réunir à l’espèce de la Crimée l'A. Thetys d'Ors.* du néocomien des Voirons, qui, suivant MM. Prcrer et Lorros **, offre la coquille discoïde, comprimée, à tours presque entièrement embrassants, laissant un très petit ombilic à bord incliné; les stries rapprochées sont légèrement arquées, s’atténuent sur les flancs vers l’ombilic, où elles disparaissent complétement, comme aussi sur l’Ammonite de la Crimée. La coquille des Voirons atteignait, comme celle de la Crimée, une taille très considérable. M. d’OrBreny (1. c. p. 282) suppose que l'A. Velledae, tout en ressemblant beaucoup à l'A. Morelianus du néocomien supérieur de la France, s’en distingue par ses selles pourvues de feuilles bien plus découpées et comme laciniées: c’est par conséquent un jeune individu de l'A. Velledae. L’A. alpinus d'Ors., du gault de la France méridionale des environs d’Escragnolles, semble être aussi un jeune individu de l'A. Velledae, dépourvu de son test, et en moule.
M. Saarpe *** cite l'A. Velledae dans la craie supérieure de Norwich, mais il paraît que°ce n’est pas l'espèce type. -
LA. Huotianus (figuré par M. Rousseau dans le Voyage de M. Demporr 1. c. PL I, fig. 6) semble rappeler plutôt l'A. Timotheanus Picr. du gault de la Suisse que l'A. Velledae ou Demidoffii de la Crimée.
Esp. 1273. Ammon. borealis ». (FAM. MACROCEPHALI)" PI, XXX VI, fig. 1 à moitié de gr. nat.; a coquille vue de côté; b vue sur.
l’ouverture.
Géognosie de la Russie (en russe) 1846, p. 483.
Testa magna, compressa, leniter costata, anfractus ambitu sensim increscentes seque invicem paullo contegentes, costulis priorum anfractuum distinctioribus e tuberculis marginis umbilicalis obortis et sensim dilatatis, longitudinaliter striatis et in dorsum excurrentibus; costulis his anfractuum posteriorum sensim evanidis ultimoque anfractu una alterave costa crassiore notato; apertura testae compressa, exaltata, dorso angus-
* Terr. crét. l. ec. p. 174. PI. 53, fig. 7—9. #* Terr. néoc. des Voirons 1. c. p. 17. PI. 3, fig. 1. ##* Paleont. Soc. 1856, Fossil Moll, from the chalk p. 39.
tato et basi dilatata ac profundius exsecta; umbilico lato, omnes anfractus priores prae se ferente. 1
Hab, dans le calcaire néocomien (?) compacte noirâtre sur le fleuve Ussa, affluent de la Petschora.
La coquille, grande et comprimée dans son ensemble, est formée de tours également comprimés et grossissant doucement, qui au jeune âge sont garnis de côtes légères, naissant aux tubercules ombilicaux espacés et peu appréciables; les côtes commencent aux tubercules allongés et s’élargissent de plus en plus vers ie dos des tours; elles sont aplaties, parcourues de stries longitudinales peu appréciables et passent sur le dos comprimé, pour se réunir aux côtes aplaties du côté opposé. Les côtes s’effacent de plus en plus et forment des stries serrées et très fines sur les tours suivants; le dernier tour n’en offre presque pas, et la surface est entièrement lisse, ornée d’une ou deux côtes plus épaisses, qui vont du bord ombilical jusqu’au dos, où elles se réunissent aux côtes du côté opposé, en s’infléchissant un peu en avant sur le dos. Les flancs des tours sont légèrement convexes, presque aplatis, formant le dos rétréci et le bord ombilical élargi et arrondi. L’ouverture est plus haute que large, à partie dorsale rétrécie et arrondie, à base élargie et profondément échancrée au milieu par le retour de la spire. L’ombilic est très large et superficiel, comme dans les Planulati; les tours précédents sont visibles jusqu'aux trois quarts de leur largeur et s’élèvent en gradins; les premiers tours montrent très bien les tubercules au bord ombilical, l’avantdernier en est entièrement dépourvu.
L'individu de l’Ussa à 8 pouces et demi de diamètre; il a 3 p. de large à la base de l'ouverture, tandis que la hauteur de louverture est de 3 p.9 L; l’ombilic a près de 6 p. de large. ï
Les cloisons sont fortement découpées et ressemblent beaucoup à celles de l'A. coronatus, et l’espèce elle-même à quelque affinité avec VA. uralensis, lequel cependant offre toujours des côtes épaisses, qui, au nombre de 3 ou 4, naissent en faisceaux aux tubercules comprimés plus nettement accusés sur chaque tour. Les larges côtes, légèrement parcourues de stries longitudinales, ne sont distinctes dans l’A. borealis que sur les tours précédents, visibles dans l’ombilic, tandis que les derniers tours n’en offrent que de légères traces.
Esp. 1274. Ammon. Arnoldi Prer. et Camp. (FAM. DENTATO- FLEXUOSI). |
Matériaux pour la paléont. suisse |. c. Génève, p. 252. PI. 35.
Le test, légèrement comprimé, est garni de côtes inégales, les unes complètes, partant de l’ombilic, les autres incomplètes, se réunissant parfois aux premières et formant avec elles des côtes bifurquées; elles sont quelquefois garnies d’un ou deux tubercules sur le bord ombilical et passent tantôt par le dos, pour se réunir avec celles du côté opposé, tantôt elles se terminent par un petit tubercule saïllant sur le dos arrondi, laissaut la ligne siphonale plus ou moins lisse.
Hab. dans le néocomien moyen de Kaschpour et de Gorodischtsché près de Ssimbirsk, ainsi que dans l'étage des marnes de Hauterive et dans la couche à Ammonites Astierianus aux environs de Genève.
On ne remarque pas les tubercules ombilicaux sur les individus de Ssimbirsk, parceque ce sont des individus âgés; alors les tubercules disparaissent, comme sur les individus suisses; les tubercules du pourtour dorsal présentent les mêmes variations. D’ordinaire parmi les individus suisses les uns sont grands, les autres petits; les échantillons de Ssimbirsk n’offrent presque pas de variations, tout au plus les extrémités des côtes sur le dos s’enflent un peu et laissent sur le milieu du dos un espace ‘libre à peine indiqué. L’interruption des côtes n’est pas constante sur les individus suisses, car dans quelques échantillons la côte ne subit qu’un faible abaissement sur la ligne siphonale, comme sur les individus de Ssimbirsk; mais plus souvent cet abaissement disparaît presque complétement.
La fig. 1 de la PL 35 citée représente un échantillon suisse, qui rappelle entièrement l'individu de Ssimbirsk, les côtes sur le milieu du dos n’ont subi qu’un simple abaissement et se réunissent entre elles des deux côtés opposés.
Le dernier tour de la coquille de Ssimbirsk à 1 p. 1 L. de haut, et 61. de large à la base de l’ouverture, tandis que le milieu de louverture présente 7 lignes de large ou davantage. Les lobes ne sont pas encore bien connus, le dorsal est presque de la même profondeur que le latéral supérieur, qui est pourtant plus large et se termine par des pointes inégales; le lobe latéral inférieur est beaucoup plus court, et garde le même niveau avec les lobes auxiliaires, qui sont très petits. Les selles sont fort larges, surtout la latérale supérieure, qui forme deux parties distinctes à branches, dont la première se compose de 5 ou 6 divisions
dentelées, et la seconde de 3 ou 4 branches également découpées; la selle latérale inférieure est un peu moins large, et se compose également de deux parties moins séparées l’une de l’autre, mais à branches découpées comme celles-là.
Un individu plus grand de Gorodischtsché, où il se rencontre associé au Ctenostreon distans, porte au milieu du dos une raie longitudipale, par laquelle les côtes bifurquées sont séparées, comme sur l'individu de la PI. 35, fig. 4 citée. M. Picrer dit que c’est là un cas très anomal, les côtes passant presque sans s’abaisser sur le pourtour du dos.
Esp. 1275. Ammon. strangulatus d'Ors. (FAM. FIMBRIATI).
Paléont. fr. Terr. crét. I, p. 155. PI. 49, fig. 8—10. : Leop, v. Bucs. Agicu, Zeitschr. d. deutsch. geol. Gesellsch. 1851. HIT. 2. p. 41.
Le test, comprimé dans son ensemble, est formé de tours lisses, presque cylindriques, peu embrassants et garnis transversalement de sept étranglements droits, qui divisent les tours en autant de sections convexes; l'ouverture est presque circulaire, un peu plus haute que large, à bords entiers; l’ombilic ouvert montre presque tous les tours découverts.
Hab. dans le calcaire néocomien supérieur rougeâtre aux environs de Biassala en Crimée, dans le calcaire néocomien noïrâtre entre les aouls de Koumoukh et d’Ouloutschra du Daghestan au Caucase, ainsi : que dans le néocomien des environs d’Apt au département de Vaucluse en France.
La coquille est très peu embrassante, les tours sont légèrement échancrés; ils ne grossissent que fort doucement, et la coquille devient par là disciforme; la surface est presque lisse, cependant de fines stries inclinées en avant la recouvrent lorsque le test est bien conservé.
Les cloisons sont profondément digitées et divisées latéralement en deux lobes; suivant M. d'Orgieny, le lobe dorsal est un peu plus long et presque aussi large que le lobe latéral supérieur, divisé en trois digitations aiguës de chaque côté; la selle dorsale bilobée est formée de deux rameaux, divisés eux-mêmes en deux parties; le lobe latéral supérieur est partagé en deux rameaux, dont chacun est pourvu de trois digitations; la selle et Le lobe suivant sont plus petits et de forme peu différente des premiers. Les étranglements forment sur le dos un sillon anguleux, contourné en avant. La coquille a 1 p. 3 L de diamètre eb se trouve près de Biassala, en moule.
Le gisement de PAmm. strangulatus au Daghestan est très
curieux; il s’y trouve dans un calcaire compacte, associé, dans des concrétions bitumineuses, au Mytilus subfalcatus d'Ors.*, à des dents de Sauriens et à des fragments de troncs d'arbre silicifiés, à peu près comme au nord de la Sibérie, sur le bord du Jenisséi.
Esp. 1276. Ammon. Duvalianus d'Ors. (FAM. LIGATI). Paléont. fr. Terr. crét. 1. c. I, p. 158. PI. 50.
Le test, légèrement comprimé, est formé de tours presque cylindriques, peu embrassants et lisses sur le moule, mais marqués sur le test de fines stries obliques en avant et un peu sinueuses; l’ouverture est un peu plus haute que large, presque quadrangulaire ; l’ombilic élargi, peu profond, montre presque entièrement les tours.
Hab. dans le néocomien supérieur des environs de Biassala en Crimée, dans des géodes du néocomien des monts Tourtschi-Dagh au Daghestan méridional, ainsi que dans les couches supérieures du terrain néocomien de Digne en France et dans l’étage aptien des Basses-Alpes.
L’individu de la Crimée est en moule, pourvu en partie du test finement strié et de quelques sillons transverses indistincts. Il a 1 p. 9 1. de diamètre et se trouve associé sur le Toutschi-Dagh à l’'Amm. Calypso d'Or. Celui-ci, du groupe des Heterophylli, est formé de tours très embrassants; il est disciforme, et les tours grossissent rapidement; il a deux ou un plus grand nombre de sillons infléchis, son ouverture est presque ovalaire.
Esp. 1277. Ammon. Emerici Rasp. (FAM. LIGATI). D’Orsreny, Paléont. fr. Terr. crét. I, p. 160. PI. 51, fig. 1—3.
Le test suborbiculaire est formé de tours presque cylindriques, striés en travers et garnis chacun de sept sillons profonds, légèrement flexueux et obliques en avant; l'ouverture est presque circulaire; l’ombilic, profond et large, laisse voir les tours à moitié de leur largeur.
Hab. dans le calcaire néocomien ferrugineux de Biassala en Crimée, ainsi que dans le néocomien supérieur des Basses-Alpes près d’Annot.
La coquille a des tours peu embrassants, marqués de stries transverses plus distinctes sur les jeunes que sur les adultes, qui deviennent de plus en plus lisses, en perdant les stries; les sillons larges et pro-
* Voy. Période moyenne p. 533, où cette espèce est décrite sous le nom de Modiola subfalcata (Mytilus subfalcatus d'Ors., Terr. crét. IL, p. 767).
Eichwald, Lethaea rossica. Il. î 72
fonds au contraire sont plus marqués sur les adultes que sur les jeunes. La largeur du dernier tour est double de celle du tour précédent; il a le bord ombilical arrondi, l'ouverture un peu plus haute que large; sa base est légèrement échancrée. Les cloisons sont indistinctes dans l'individu de la Crimée, qui a 1 p. 10 1. de diamètre et 10 1. de large, mesuré au dernier tour près de l’ouverture; l’ombilic est large de 7 lignes.
Cette espèce offre une grande ressemblance avec l'A Seranonis d’Ors8.* du néocomien inférieur au sud de Castellane des Basses-Alpes, lequel s’en distingue par la coquille bien plus comprimée, par des côtes infléchies en avant, formant un angle aigu sur le dos, et par un moins grand nombre de sillons transverses.
Esp. 1278. Ammon. Jeannotii d'Or, (FAM. MACROCEPHALI). Paléont. fr. Terr. crét. I, p. 188. PI. 56, fig. 3—5.
Le test peu épais est formé de tours grossissant doucement et g'arnis de fines côtes simples et bifurquées, très rapprochées et saillantes; elles se bifurquent sur le milieu des côtés convexes et passent par le dos arrondi et élargi, pour se réunir aux côtes du côté opposé; l'ouverture est un peu plus haute que large, l’ombilic élargi, assez profond.
Hab. dans le néocomien supérieur de Biassala en Crimée, ainsi que dans le même terrain du département des Hautes-Alpes.
La coquille est tantôt légèrement comprimée, tantôt un peu déprimée; les tours, plus ou moins cylindriques, portent de nombreuses côtes fines, serrées, alternativement bifurquées et simples; elles s’infléchissent légèrement en avant, sont peu embrassantes, et recouvrent à peine la moitié de la largeur des tours précédents. La coquille de Biassala à 1 p. 1 L. de diamètre; elle a 6 1. de large au dernier tour, et l’ombilic a près de 5 1. de large. D’autres individus sont plus petits; ceux-ci, qui sont légèrement déprimés, rappellent un peu l'A. Astierianus, qui cependant se distingue par des tubercules au bord ombilical, auxquels les côtes en faisceaux prennent naissance, tandis que les côtes de l’A. Jeannotii sont simples, dépourvues de tubercules et ne se bifurquent que sur le milieu des côtés.
Esp. 1279. Ammon. lepidus d'Ors. (FAM. FIMBRIATI).
Paléont. fr. Terr. crét. 1, p. 149. PI. 48, fig. 3—4.
Le: test peu comprimé est formé de tours presque cylindriques et
*i\Paléont. fr. Térr. crét.L p. 361. Pl. 109, fig. 45.
garnis de côtes linéaires nombreuses, dont, de dix en dix, une est plus forte et plus saillante que les autres; l’ouverture est presque circulaire, à base très peu échancrée, car les tours sont fort peu embrassants et entièrement apparents dans l’ombilic élargi.
Hab. dans le néocomien des environs de Biassala en Crimée, ainsi qu'aux environs de Castellane en France.
La coquille de Biassala offre des côtes moins tranchantes que celle de Castellane; les côtes fort saillantes sont arrondies et plus fortes que celles de l’individu de Castellane; néanmoins les autres caractères sont absolument les mêmes; les tours presque cylindriques ne sont nullement embrassants, et par suite l’ombilic est large et ouvert.
L'individu de Biassala a 1 p. 5 L. de diamètre, et près de 8 I. de large au dernier tour.
Esp. 1280. Ammon. cassida Rasp. (FAM. LIGATI). D’Orgieny, Paléont. fr. Terr. crét. 1. c. p. 130. PI. 39, fig. 1—3.
Le test comprimé est formé de tours grossissant rapidement et munis de côtes transverses flexueuses et espacées, représentant les traces des ouvertures provisoires; les tours sont presque entièrement embrassants et se recouvrent en très grande partie; l’ouverture est ovale, oblongue, arrondie sur le dos et fortement échancrée à la base; l’ombilic est petit et profond.
Hab. dans le calcaire néocomien ferrugineux de Biassala en Crimée, ainsi que dans le néocomien du midi de la France, près de Grasse, dans les Alpes-Maritimes.
La coquille de Biassala est fortement comprimée, le dernier tour recouvre tous les tours précédents; il fait voir une dizaine de traces d’ouvertures provisoires, sous la forme de côtes saillantes plutôt que de sillons; les côtes sont flexueuses, d’abord infléchies en avant, puis en arrière, et de nouveau en avant sur le dos, presque en S légèrement infléchie. Les intervalles entre les côtes sont lisses sur ies adultes, maïs légèrement striés sur les jeunes; un individu très grand a conservé même des stries assez serrées sur le. dernier tour, surtout tout près des côtes. L'ouverture est comprimée, beaucoup plus haute que large, et profondément échancrée à la base par le retour de la spire. L’ombilic est petit et pourvu du bord ombilical anguleux et comme crénelé par les côtes qui y naissent au bord; celui-ci forme un angle droit avec l’ombilic; les tours sont en partie visibles dans l’ombilic.
sai
C’est sans doute le plus grand individu connu jusqu’aujourd’hui; il a 4 pouces de diamètre et 1 p. 5 1. de large, mesuré au milieu des côtés du dernier tour, qui sont légèrement convexes; l'ouverture a 2 p. de haut et 1 p. 4 1. de large à la base; l’ombilic a 10 1. de large.
Esp. 1281. Ammon. angulicostatus d’Ors. (FAM. ANGULI- COSTATI).
Paléont. fr. Terr. crét. 1. c. £, p. 146. PI. 46, fig. 3 —4. Picrer et Lorioz, Terr. néocom. des Voirons p. 23. PI. 4, fig. 3.
Le test comprimé est formé de tours à peine embrassants, à dos déprimé, à côtés aplatis et ornés de deux sortes de côtes: les unes plus grosses et plus longues, les autres, placées dans les intervalles, plus minces et plus courtes; l’ouverture est presque carrée, à angles un peu émoussés; l’ombilic est grand et ouvert, les côtes y sont entièrement visibles.
Hab. dans le néotomien calcaire ferrugineux de Biassala en Crimée, ainsi que dans les couches inférieures du terrain néocomien de Castellane dans les Basses-Alpes, et près des Voirons en Suisse.
La coquille se distingue par sa forme comprimée et par ses côtes inégales, dont les plus élevées partent du bord ombilical, les plus courtes et les moins élevées, du milieu des flancs aplatis: les côtes passent en général par le dos déprimé et se réunissent aux côtes du côté opposé. Le dernier tour en montre 2 ou 3 dans les intervalles des grandes. L’espèce des Voirons présente quelquefois un commencement de déroulement, le dernier tour se séparant un peu du précédent, comme s’il devait former une crosse à la manière des Crioceras.
Les individus de Biassala sont plus grands que ceux des Voirons; l’un d’eux a 2 p. 81. de diamètre, l’autre a même 4 p. et au delà de diamètre, et 1 p. 3 L. de large à la base de l’ouverture, qui à 1 p. 5 IL. de haut; l’ombilic est large de 1 p. 9 lignes. Le grand individu est garni de côtes d’égale grosseur, mais d’inégale longueur; elles passent par le dos, qui est déprimé et forme avec les côtés comprimés presque un carré à angles émoussés. L'ouverture montre une forme presque semblable, à base un peu élargie et légèrement échancrée au milieu par le retour de la spire, tandis que l'individu plus âgé n’est pas échancré.
Le plus grand individu a été trouvé à Biassala; il a 5 p. 6 I. de diamètre, le dernier tour à 1 p. 10 I. de large près de la base, qui est profondément échancrée, tandis que sa hauteur est de 2 p. 11. L'’ouverture est presque cordiforme , à dos légèrement comprimé et arrondi; les
En
côtes sont infléchies, épaisses, et accompagnées sur le dos de courtes côtes accessoires.
Esp. 1282. Ammon. cryptoceras d'Ors. (FAM. FLEXUOSI). Paléont. fr. Terr. crét. 1. c. E, p. 106. PI. 24.
Picrer et Lortoz, Terr. néoc. des Voirons p 20. PI. 4, fig. 4.
Le test comprimé est formé de tours fortement comprimés et garnis : de côtes inégales, flexueuses, dont les unes naissent à l’ombilic, s’infléchissent légèrement sur le milieu des flancs et se terminent au dos par une courbure en avant, tandis que les autres, plus courtes et semblables aux premières, naissent au milieu inférieur des flancs, et n’arrivent pas au bord ombilical.
Hab. dans le néocomien supérieur, associé au Requienia ammonia, aux environs de Nikortsminda en Iméretie, dans le néocomien de Biassala et de Ssabli en Crimée sur le bord de la Mer noire, ainsi que dans le néocomien ou les marnes de Hauterive en Suisse, et près de Castellane dans les Basses-Alpes.
La coquille varie par ses côtes et la formé de l’ombilic; les côtes de l'individu de Ssabli sont plus larges que celles des individus suisses et français; près de l'ouverture, la côte a 2 lignes de large, est aplatie et infléchie en S; la seconde côte large est presque de la même largeur, et on observe dans les intervalles deux côtes un peu plus courtes et un peu moins larges. Les grandes côtes, se terminant des deux côtés du dos, sont légèrement renflées et forment de petits tubercules, qui garnissent en rangées longitudinales les deux côtés du dos; celui-ci est lisse et légèrement convexe.
L’individu de Ssabli à près de 3 p. de diamètre, et 1 p. de large; l’ombilic est couvert par la roche, et par suite de cette circonstance les cloisons ne sont pas bien distinctes.
D'autres individus ont quelquefois Pombilie plus fermé e ils paraissent, suivant M. Picrer, remplacer le type dans la physionomie alpine du néocomien du bassin du Rhône et dans le hils de l'Allemagne.
Esp. 1283. Amm. Leopoldinus d’Ors. (FAM. FLEXUOST). Paléont. fr. Terr. crét. I, p. 104. PI. 22—23. Picrer et Campicur, Matériaux pour la paléont. suisse. 1. ce. p. 241. PI. 32, F. 3-6. Le test, comprimé dans son ensemble, est formé de tours également comprimés sur les côtés, arrondis sur le dos, et garnis, de chaque côté du dos, d’une rangée de tubercules allongés, dont la saillie se continue un
peu latéralement, et d’une seconde rangée bien plus espacée au bord ombilical, sauf sur la surface, qui est lisse; l'ouverture est allongée, plus étroite vers le dos que près de la base, où elle est plus large, et échancrée au milieu par le retour de la spire.
Hab. dans le néocomien de Feodosie et de Biassala au midi de la Crimée, ainsi que dans les couches inférieures du néocomien de Vendeuvre, au département de l’Aube, et près d’Escragnolles, enfin dans les marnes de Hauterive du mont Salève.
Les individus de la Crimée sont très grands; les tours grossissent rapidement, mais sont encore visibles au quart de leur largeur dans l’ombilic. Le dernier tour, fortement comprimé, s’élève très haut et devient presque tout à fait lisse vers l’ouverture, perdant peu à peu les tubercules aux bords dorsal et ombilical. Celui-ci est coupé carrément à angle droit, et les tours précédents sont bien apparents dans l’ombilic. Les tubercules ombilicaux ne se remarquent que sur les jeunes individus, les adultes ne gardent les tubercules dorsaux que jusqu’à un certain âge.
Un individu de Ssabli a 5 p. de diamètre, un autre de Biassala est encore plus grand; il a près de 6 p. de diamètre et 1 p. 9 I. de large, mesuré à la base de l'ouverture; la hauteur du dernier tour est de 2 p. 9 1. Le bord ombilical du grand individu n’est pas coupé carrément, comme sur le petit, mais s'incline doucement vers l’ombilic et devient par là arrondi; il s’élève jusqu’à 7 1. au dessus du fond de l’ombilic. Les tubercules manquent au bord ombilical, mais sont bien développés sur le dos, pour disparaître de nouveau à une grande distance de l’ouverture. Les cloisons sont entièrement semblables à celles qu’a décrites et figurées M. d'OrgBrexyx (1. c.).
Esp. 1284. Ammon. Beudanti Az. Bronax. (FAM. LIGATI).
D'Ongicny, Paléont. fr. Terr. crét. 1. c. p. 278. PI. 33, fig. 1—3. PI. 34. Picrer et Cawpicur, Matériaux. Ste-Croix 1. c. p. 277. PI. 40. Traurscnozp, Bull. de Mosc. 1. c. 1861. II, p. 442. PI. 8, fig. 2.
Le test très comprimé est formé de tours fortement embrassants et garnis, dans les jeunes individus, de stries fines, serrées et infléchies en faucille; sur les adultes le test devient lisse ou marqué de quelques côtes légères, qui ne passent pas par le dos comprimé et arrondi; l’ouverture est allongée en flèche, comprimée en haut et élargie en bas; l’'ombilic est petit, à bord ombilical carré.
Hab. dans le grès vert passant au gault aux environs des villages Talitzi et Stepanowa du gouvernement de Moscou, dans un semblable
terrain de Biassala et en d’autres endroits de la Crimée, et dans le gault du Caucase septentrional sur les bords des fleuves Tscherek, Khoulam et Ouroukh. dans le pays de Digori, ainsi que dans le gault d’Escragnolles et en beaucoup de localités du midi de la France, près de Boulogne-sur-Mer au nord de la France, enfin près de Ste-Croix et en d’autres localités de la Suisse.
La coquille ne se trouve pas en grands individus en Crimée, les petits ont 1 pouce de diamètre et sont régulièrement striés, à stries infléchies en avant et se rapprochant les unes des autres sur le dos, sans passer par celui-ci; l’ombilic est profond, à bord ombilical carré; les grands individus ont 2 p. 2 1. de diamètre et 8 L. de large à la base de l'ouverture, qui à 1 p. 2 L. de haut; l’ombilic a 6 L. de large. Le dernier tour est garni de quelques stries on côtes légères en faucille, devenant de plus en plus espacées vers l’ouverture, s’infléchissant sur le dos en avant, et passant même par le dos. Les cloisons sont fortement découpées, comme sur les individus français.
J'avais supposé autrefois que l'A. Beudanti se trouve aussi dans le néocomien supérieur ou gault de Khoroschôwo, mais ayant pu examiner plus tard de grands individus mieux conservés, munis du dos aigu tranchant, je suis maintenant d’avis que ce sont plutôt des individus très grands de l'A. catenulatus du même terrain néocomien, échantillons que M. Ferp. Rômer paraît avoir identifiés avec l'A. Gevrilianus, dont la forme est également presque celle de l'A. Beudanti.
L’A. Beudanti, entièrement lisse, à côtés plans, inclinés doucement vers le dos arrondi, et à bord ombilical anguleux, de Talitzi, est figuré dans le Bulletin de Moscou (1. c. PL 8, fig. 2); il a près de 3 p. de diamètre et 10 L. de large, mesuré à la base de l'ouverture, qui a 81. de haut.
Esp. 1285. Ammon. Mayoriauus d'Or. (FAM. LIGATI).
Paléont. fr. Terr. crét. I. c. I, p. 267. PI. 79.
Amm. Selliguinus AL. Bronen., Descript. des envir. de Paris 1822, voy. Cuvien, Ossem. foss. IV, p. 178 et 640. PI. 0, fig. 1 (non Sow.).
Ammon. planulatus Sow., Min. conch. PI. 570, fig. 10.
Quexsrepr, Cephalop. I, p. 221. PI. 17, fig. 15.
Le test, légèrement comprimé, est formé de tours aplatis latéralement et garnis de 4 à 6 sillons bien marqués sur chaque tour, partant presque droits de l’ombilic et s'infléchissant en avant vers le dos, qu'ils passent; les intervalles des sillons sont striés ou pourvus de légères côtes
flexueuses, qui naissent, non au bord ombilical, mais vers la moitié des flancs, et se dirigent, en s’infléchissant en avant, vers le bord dorsal; l'ouverture est comprimée, arrondie en haut, élargie à la base, qui est fortement échancrée par le retour de la spire; l’ombilic est large, à bord ombilical carré et laisse apercevoir les tours précédents sur la moitié de leur largeur.
Hab. dans le gault ferrugineux de Biassala en Crimée et aux environs de Kutaïs en Imerétie, associé à l’'Ammo n. osseticus #., ainsi que dans le gault des Ardennes et le grès vert de Ste-Croix, de la Pertedu-Rhône, du Saxonet.
La coquille varie un peu dans son enroulemunt, et l’ombilic devient par là plus ou moins large; les sillons sont toujours bien marqués sur le moule, suivis et quelquefois précédés d’un bourrelet. Les flancs sont aplatis, le dos est arrondi, le bord ombilical anguleux.
L’individu de Biassala à 3 p. 8 L. de diamètre et 1 p. 3 L. de larges mesuré à la base de louverture, qui à 1 p. 4 1. de haut; l’ombilic a plus de 1 p. de haut.
J'ai vu dans le beau musée de Zurich un joli exemplaire de l’A.
Mayorianus, qui suivant M. Escuer vox Der Linra a été trouvé aux environs de Kutaïs.
Esp. 1286. Ammon. Guettardi Rasr.
D’Orgicny, Paléont. fr. Terr. crét. I, p. 53, fig. 1—3.
Petit test discoïde, formé de tours comprimés légèrement et arrondis au dos, portant de fines stries transverses courtes et flexueuses, qui commencent au dos, descendent en s’infléchissant jusqu’au delà du milieu des flancs, et laissent le bord ombilical libre; le moule est marqué de 7 ou 8 sillons arqués, qui ne se voient pas sur le test; l’ouverture est comprimée et profondément échancrée par le retour de la spire, lombilic est étroit.
Hab. dans le néocomien supérieur de Biassala en Crimée, et dans l’aptien du midi de la France, près d’Apt, département de Vaucluse.
La coquille est comprimée dans son ensemble, couverte de son test strié, à côtes serrées et flexueuses; elles sont plus épaisses sur Le dos et s’atténuent de plus en plus vers le milieu des flancs où elles disparaissent; l'ombilic est étroit, à bord ombilical tranchant, se perdant obliquement dans l’ombilic. Le moule est lisse, et le test, élégamment costulé, ne montre presque pas les sillons, qui ne sont visibles que sur le moule.
L’individu de Biassala à 9 1. de diamètre et un peu plus de 3 I. de
large à l’ouverture, dont la hauteur est de 5 L.; l’ombilic n’atteint pas 2 1. de large. 3
L’individu de Biassala, à test bien conservé, offre une grande ressemblance avec l’'Amm. octosulcatus Sxarpe * de la craie supérieure de Norwich; il a moins de sillons que celui-ci, mais leur nombre varie d’après l’âge de la coquille; les stries flexueuses, l’ombilic assez étroit et l’échancrure à la base de l’ouverture sont entièrement semblables dans les individus de localités aussi éloignées que l'Angleterre et la Crimée; cependant celui de la Crimée est plus petit que l'individu anglais.
Esp. 1287. Ammon. tauricus m. (FAM. PLANULATI. PI. XXXVI, fig. 2 moitié de gr. nat.; a coquille vue de côté; b vue sur le dos;
c coupe transversale.
Géogn. de la Russie (en langue russe). St. Pétersb. 1846, p. 526.
Testa maxima compressa, paullo involuta, anfractus leniter ambitu increscentes, compressiusculi, costati, costis priorum anfractuum crassioribus, approximatis, posteriorum illis remotioribus minus crassis, et nodulo prope dorsum instructis, dorso subconvexo, laevi, utrinque nodigero, apertura maxima, altiore quam latiore, umbilico lato, superficiali.
Hab. dans le grès néocomien de Biassala en Crimée,
La coquille, très grande, est comprimée dans son ensemble et formée de tours comprimés, peu embrassants et garnis de côtes, très rapprochées sur les tours précédents, et plus espacées sur le dernier tour; elles sont droites, plus minces près du bord ombilical, plus épaisses près du bord dorsal, où elles portent un ou deux tubercules. Le dos du dernier tour est légèrement convexe, lisse et muni des deux côtés de tubercules en rangée longitudinale. Le bord ombilical est arrondi, obtus et s’élève fort peu au dessus du niveau de l’ombilic. L’ouverture est presque carrée, allongée, à angles arrondis; les côtés sont comprimés, droits, le dos légèrement convexe et le bord inférieur légèrement échancré. Les tours grossissent doucement, l’ombilic est par suite très large et ouvert, en sorte qu'il montre tous les tours jusqu’au dos, laissant même découverts les tubercules des côtes.
L’individu, qui se trouve maintenant au Musée minéralogique de l'Université de Helsingfors avec toute la collection paléontologique de feu M. ArexanDre DE NorDMANN, est très grand; il a 1 pied 4 pouces de diamètre, et 3 pouces 4 1. de large au dernier tour. C’est là aussi la
* Fossil mollusca from the chalk 1. ce. p. 42. PI. 19, fig. 3.
largeur du dernier tour; sa hauteur est de 2 p. 6 L. La plus grande distance des côtes près de l’ouverture du dernier tour est de 10 1; les autres côtes sont moins espacées, et celles de l’avant-dernier tour le sont à peine de 1 L. ou un peu au delà; l’ouverture a 4 I. de large.
Les côtes à tubercules sont espacées jusqu’à 1 p. 1 L. les unes des autres.
Les figures sont dessinées réduites de moitié, sauf l’esquisse des tours en coupe perpendiculaire.
Esp. 1288. Ammon. Dutempleanus d'Ors. (FAM. ANGULI- COSTATI).
Ammon. fissicostatus (non Puizz) d'Ors., Terr. crét. Il. c. p. 261. PI. 76. Amm. Dutempleanus d'Ons., Prodrome I. c. Il, p. 123. 5 j d’Ors. Picr. et Cawe., Terr. crét. de Ste-Croix p. 263.
Test très variable selon l’âge; la coquille de l’âge moyen est comprimée, à bord dorsal arrondi; les tours très serrés sont apparents dans lombilic sur un tiers de leur largeur; sa surface est garnie de côtes droites, inégales, bifurquées, passent sur le bord dorsal en suivant sa courbure. Les plus grandes des côtes, au nombre de dix à douze, sont visibles dès à partir de l’ombilic, sans y former de tubercules; les plus courtes, beaucoup plus nombreuses, leur ressemblent sur le bord dorsal, mais disparaissent vers le milieu des flancs.
Hab. dans le gault du Caucase septentrional, entre les fleuves Tscherek et Khoulam, entre l’Ouroukh et l’Ardon, se retrouve en Crimée, ainsi que dans le gault des Ardennes et ailleurs en France et en Angleterre.
La coquille discoïde se distingue par ses côtes bifurquées au bord ombilical et passant de là sur le dos; les côtes sont légèrement infléchies en avant. Les cloisons sont symétriques, très profondément découpées et divisées, de chaque côté, en cinq lobes, formés de parties impaires (d’Ors.).
Esp. 1289. Ammon. meridionalis ». (FAM. HETEROPHYLLI). PI. XXXVI, fig. 4 gr. nat.; a coquille vue de côté; b vue sur l'ouverture; c les lobes.
Testa mediocris, inflata, subglobosa, anfractus ambitu celeriter increscentes seque inyicem ex toto involventes, costati, costis subrectis, remotis, brevibus alternis cum longioribus, apertura dilatata, subcirculari et umbilico conformi, angustato.
Hab. dans le calcaire néocomien ferrugineux de Biassala en Crimée.
La coquille, renflée et globuleuse, est formée de tours renflés, qui grossissent rapidement et se recouvrent presque entièrement; la surface des tours présente des côtes alternativement plus longues et plus courtes, espacées, droites et légèrement infléchies en avant vers l'ouverture , qui des deux côtés paraît se continuer en courtes oreillettes arrondies. Sur les jeunes l’ouverture est aussi large que haute, sur les adultes elle devient plus large que haute; le dos est très large et arrondi, la base fortement échancrée; l’ombilic est étroit et profond. Les cloisons sont très découpées, divisées sur les côtés en plusieurs lobes formés de parties impaires, et ressemblent-presque entièrement aux lobes décrits et figurés par M. d’Orgiany sur l'A. Rouyanus *, auquel cette espèce fait la transition. ,
Les jeunes sont entièrement lisses et ressemblent complétement à VA. Rouyanus; les stries commencent à se montrer déjà à la largeur de la coquille de 6 à 8 L.; elles sont fortement accusées et forment des côtes distinctes sur les individus qui ont 1 p. 8 1. de diamètre; les côtes sont alternativement plus longues et plus courtes; à cet âge l'ouverture a une largeur de 1 p. 3 L, sa hauteur est d'environ 8 L L'ombilic a 2 L. et plus de large et se présente comme un enfoncement assez profond. Il est plus distinct que celui de l'A. Rouyanus, dont l'ouverture n’est pas ordinairement aussi large que sur l’A. meridionalis. En général l'ombilic plus large, en entonnoir, et les côtes bien marquées distinguent cette espèce de l'A. Rouyanus, qui est lisse, et à ombilic non perforé.
Esp. 1290. Ammon. bicurvatus Micx. (FAM. CLYPEIFORMES).
Paléont. fr. Terr. crét. I. c. I, p. 286. PI. 84, fig. 3 (excl. 1, 2 et 4). Prodrome de la Paléont. stratigr. IL, p. 113. Ammon.bicurvatus, Bull. de Mosc. I. c. 1865. I, p. 22. PI. 3, fig. 17.
Le test discoïde, très comprimé et caréné au dos, est formé de tours très embrassants, munis de très légères côtes, qui partent du bord ombilical, rayonnent d’abord à angle droit jusqu’à la moitié de la largeur des tours, puis s’infléchissent en avant et s’effacent près du dos; l’ouverture est plus haute que large et profondément échancrée à sa base; l’ombilic, assez étroit, laisse voir les tours précédents; le bord ombilical est anguleux.
Hab. dans le gault de l’étage aptien des environs- de Ssimbirsk sur le bord du Volga, et de Karassoubazar en Crimée, ainsi que dans le gault
* Paléont. fr. Terr. crét. 1. c. p. 362. PI. 110, fig. 5,
de la Perte-du-Rhône, et près d'Ervy, département de l’Aube en France.
La coquille est marquée de stries flexueuses en faucille, réunies en faisceaux; le dos est pourvu d’une carène brusquement séparée des côtés légèrement convexes, l’ombilic est étroit et profond.
Le petit fragment de l'espèce de ma collection, que M. A. ne Norp- MANN à recueilli à Karassoubazar, se compose du dernier tour, au fond duquel on observe des cloisons, entièrement semblables à celles que M. d’OrBienY à figurées dans sa Paléontologie française L. c. PL 84, fig. 4; elles sont fortement découpées, le lobe dorsal est un peu moins large et un peu plus court que le lobe latéral supérieur, divisé en deux branches, qui portent de nombreuses pointes. L'individu à été trouvé dans une marne crétacée et non dans le gault.
Esp. 1291. Ammon. Deshayesii Leym. (FAM. ANGULICOSTATIT).
Mém. de la Soc. géol. de France. t. 5. PI. 17, fig. 17, et Amm costellatus Leva. | c. V, p. 32.
Ammon. Deshayesii d'Ors., Terr. crét. 1840. PI. 85, fig. 1—4. RE 5 Bull. de Mosc. 1865. I, p. 22. PI. IIL fig. 16.
Le test très comprimé est garni de côtes flexueuses et inégales s’infléchissant en avant et passent par le dos tranchant, anguleux, sans former de carène.
Hab. dans le calcaire marneux du gault de Traktemirow aux environs de Kiew, dans le gault à proximité de Ssimbirsk sur le bord du Volga, dans des géodes des monts Tourtschi-Dagh au Daghestan, au nord du Caucase dans le gault des environs de Kislawodsk, et en Crimée aux environs de Biassala, ainsi que dans l'étage aptien de la France près de Villeneuve, département de l'Aube.
La coquille est comprimée sur les côtés, qui sont légèrement convexes, le dos, formé par les côtes flexueuses, est anguleux et légèrement tranchant; les côtes sont complètes ou incomplètes; celles-ci sont libres et intercalées, ou se réunissent avec les complètes, qui par là deviennent bifurquées; il existe 40 ou un plus grand nombre de côtes étroites par tour, au bord de l’ombilic très petit; leur nombre augmente près du dos par l’intercalation de côtes courtes.
Le dernier tour de mes fragments a 6 1. et plus de haut, et 3 I. de large au milieu des côtés, qui cependant sont légèrement comprimés par suite de quelque accident; l’ombilic a 3 1. de large. La plupart des côtes sont bifurquées sur le milieu des flancs; les côtes courtes ou secondaires
ne descendent que jusqu’au milieu des côtés, et quelquefois on observe une ou deux côtes principales simples, qui naissent au bord ombilical et vont de là vers le dos entre les côtes bifurquées. Les cloisons sont indistinctes.
L’individu de Ssimbirsk est plus grand et mieux conservé ; il a 2 p. et plus de diamètre; le dernier tour a 10 I. de haut et 6 1. de large; les côtes sont plus grosses que celles de l’individu comprimé de Traktemirow, flexueuses et bifurquées, leur bifurcation commence déjà près du bord ombilical et passe par le dos arrondi: les côtes secondaires restent libres près de l'ouverture, en sorte que les côtes y apparaissent plutôt simples que bifurquées.
Les individus de la Crimée ont 1 p. 8 1. de diamètre, et 7 1. de large, le dernier tour a 9 1. de haut, l’ombilic 11 1. de large; les côtes sont légèrement infléchies, se bifurquent vers le bord dorsal, qui est lisse et dépourvu de côtes au milieu.
L’A. fissicostatus Paizz., du gault de l'Angleterre et de la France, a une grande ressemblance avec l'A. Deshayesii, et ne s’en distingue que par ses côtes, qui se bifurquent déjà au bord ombilical.
Je possède un individu incomplet en moule de la craie marneuse chloritée de Karassoubazar en Crimée, qui paraît également appartenir à l'A. Deshayesii; il a des côtes plus espacées, les unes en sont simples, les autres bifurquées, ou plutôt des côtes plus courtes sont intercalées entre des côtes plus longues; les tours sont peu embrassants, l’ombilic est large; les côtés sont légèrement convexes; l'ouverture est plus haute que large.
Esp. 1292. Ammon. gollevillensis d’Ors. (FAM. LIGATI). PI. XXXVI, fig. 5 gr. nat.; a coquille vue de côté: b vue sur l’ouverture. Sarre, Fossil mollusca of the chalk of England. Paleont. Soc. 1856. London. Part. IT. Cephalop. p. 48. PI 17, fig. 2.
Amm.Lewesensis Sow. d’Orgieny, Paléont. fr. Terr. crét. p. 336. PI. 101 (excel. 102).
Le test discoïde est comprimé dans son ensemble; les tours sont ornés de côtes courtes, n’existant que vers le dos, qu’elles traversent en s’infléchissant en avant et formant un angle obtus sur le milieu du dos, qui est coupé par un sillon droit longitudinal, comme trace du siphon; l'ouverture est plus haute que large, et la base profondément échancrée; l’'ombilic, assez large, est en gradins.
Hab. dans l’argile néocomienne de Bessonowo près de Ssimbirsk, ainsi que dans la craie chloritée de l'Angleterre et de la France.
L’individu de Ssimbirsk a 1 p. 4 1. de diamètre, le dernier tour a 8 1. de haut, et 5 L. de large au milieu des flancs; l’ombilic a également 51. de large: sa grandeur offre par conséquent à peine la moitié de celle des individus anglais et français qui se trouvent dans la craie supérieure; l'individu de Ssimbirsk se distingue aussi par les côtes plus serrées, ornant le dos, qui est légèrement comprimé; les flancs sont faiblement convexes; les côtés naissent sur les tours précédents aux petits tubercules ombilicaux, qui cependant sont à peine apparents dans le seul individu que je dois à la bienveillance de mon défunt ami M. De Jazyxow. Le bord ombilical est obtus et s'élève verticalement au dessus du fond de Pombilic; les tours recouvrent trois quarts des tours précédents et forment par là des gradins élevés dans l’ombilic, comme sur l'A. gollevillensis, dont cependant l'individu de Ssimbirsk forme une variété remarquable. Il a été trouvé dans un terrain plus ancien que la craie supérieure, et par ce motif je trouverais plus convenable de le nommer A. Jazykowii, en l’honneur de son inventeur.
Esp. 1293. Ammon. Agassizianus Pier. (FAM. LIGATI).
Mollusq. des grès verts I. c. p. 47. PI. 4, fig. 3—4.
Ammon.ventrocinctus Quensr., Cephalop. I, p. 223. PI. 17, fig. 14.
Ammon.mutabilis (Sow.) v. Buca (ex parte), Beitr. zur Gebirgsform. Russl. I. c. p. 84.
Ammon. mutatus TraurscH., Bull. de Mosc. I. c. II. 1862, p. 210. PI. VI, fig.1. à
Le test discoïde, de grandeur moyenne, est comprimé, à tours peu embrassants, fortement comprimés et garnis de 12 à 19 tubercules costiformes, larges et mousses, qui ne vont que jusqu’au dos; celui-ci est arrondi et lisse; l’ouverture est plus haute que large, l’ombilic très large et superficiel.
Hab. dans le grès ferrugineux du néocomien supérieur de Dmitrijewa sur l’Oka près de Jelatma, gouvernement de Tambow, ainsi que dans le gault du département du Var et du Saxonet.
La coquille est tantôt épaisse, à tours un peu plus larges que hauts, tantôt discoïde et très comprimée, à tours beaucoup plus hauts que larges; les côtés sont aplatis et portent des tubercules costiformes espacés, qui ne s'élèvent pas autant sur le dernier tour que sur les précédents, où ils sont plus rapprochés et plus nombreux. L’ombilic, entièrement ouvert,
est très large, à bord ombilical saillant en gradin vertical, comme sur les Planulati, avec lesquels cette espèce a aussi une certaine affinité par ses lobes fort découpés et tout à fait particuliers. M. Quexsrtenr les a déjà décrits en détail: le lobe dorsal est plus grand que les deux lobes latéraux de forme presque égale; le lobe sutural s'incline obliquement et devient très long, comme il l’est rarement chez les Ammonites du terrain crétacé, mais le plus extraordinaire c’est Le lobe ventral, formant un cornet allongé, qui, avant d’entrer avec sa pointe aiguë dans le cornet du lobe ventral précédent, s’entoure d’un limbe de lobes large, conformation fort extraordinaire, que je ne reconnais pourtant pas dans le dessin des lobes de l'A. mutatus au Bulletin de Moscou, où ces parties ne sont pas bien représentées.
La coquille de Dmitrijewo a près de 3 p. de diamètre, et 4 1. de large au dernier tour, qui a près de 11 1. de haut; l’ombilic à 1 p. 6 I. de large; elle est beaucoup plus comprimée que l'A. ventrocinctus, figuré par M. Quexsreprt du gault d’Escragnolles, et qui se rapproche plutôt de la figure donnée par M. Picrer de l’individu du gault du Saxonet. M. pe Bucx l’a très bien décrit, sous le nom d’A. mutabilis, du néocomien de Dmitrijewo.
Esp. 1294. Ammon. Cottae Rôm. (FAM. PLANULATI).
Fr. An. Rôuer, Norddeutsche Kreide 1. c. p. 86. PI. 13, fig. 4. Ammon. Cottae Quensr., Cephalop. Le. I, p. 217. PI. 17, fig. 6.
Petit test comprimé dans son ensemble, à tours un peu plus hauts que larges et munis sur les flancs aplatis de côtes très minces, infléchies en avant, naissant au bord inférieur et passant par le dos arrondi, pour se réunir aux côtes du côté opposé; les intervalles des côtes principales sont pourvus de côtes secondaires courtes; l’ouverture est cordiforme ; la base, légèrement échancrée, ne recouvre que le tiers du tour précédent; l’ombilic est petit et assez profond.
Hab. dans le grès ferrugineux du néocomien supérieur près d’Antonowo-Poustosch sur le bord de l’Oka aux environs de Jelatma, dans le calcaire crétacé de Nikitenka sur le bord du fleuve Ssoura aux environs de Penza (teste Pacur), ainsi que dans le plänermergel de Teplitz, de Postelberg et de Prisen en Bohème, associé à des Baculites et à des Hamites.
Cette petite coquille douteuse ne m’est connue que par un fragment du moule, et je l’ai réunie avec doute à l’espèce de la Bohème. Le fragment, une seule loge, à une’ grande ressemblance avec cette dernière;
c’est une loge du dernier tour, qui a 4! 1. de haut et 4 1. de large; les flancs sont aplatis et garnis de côtes légères etinfléchies en avant, entre lesquelles on observe d’autres côtes plus courtes, qui avec celles-ci passent par le dos arrondi et légèrement rétréci.
Les lobes décrits et figurés par M. Quexsrent sont découpés autrement que sur les Planulati; le lobe dorsal est un peu plus large que le latéral supérieur à trois pointes ; celui-ci est plus large que le latéral inférieur, sous lequel les lobes secondaires ne descendent que fort peu, en sorte qu’il n’y existe pas de vrai lobe sutural; le lobe ventral est étroit, long et pouvu d’une seule pointe.
La figure donnée par M. Rômer de l’individu de Teplitz ressemble beaucoup plus à l'individu d’Antonowo que celle de Postelberg représentée par M. QuexsreprT; elle montre des côtes fines naissant au bord ombilical et passant, en se bifurquant, sur le dos: les côtes de l’individu d’Antonowo sont également fines et comme bifurquées près du dos; les côtes secondaires ne se réunissent pas avec les principales, mais restent libres dans les intervalles. L'ouverture de l'individu de T'eplitz est plus haute que large, comme celle de l’individu d’Antonowo; cependant je ne
suis pas bien sûr que c’est l'espèce de M. Rômer, que M. Bronx déclare être un Scaphites.
Esp. 1295. Ammon. Rotomagensis Az. BronGx. (FAM. ROTOMA- GENSES).
D’Orgieny, Terr. crét. 1. c. IL, p. 345. PI. 105 et 106.
Picrer et Cawpicue, l'err. crét. de Ste-Croix I. c. p. 190. PI. 25, fig. 1—3. SHaRPE, Chalk of England I. c. p. 33. PI. 16, fig. 1.
Le test discoïde, renflé, est formé de tours carrés, garnis de côtes simples, droites, s’élevant près de l’ombilic en un tubercule comprimé, s’abaissant un peu sur les flancs et se relevant vers le dos, où elles se terminent par deux tubercules saillants et arrondis; le dos est en outre orné sur la ligne médiane d’une rangée de tubercules, semblables à ceux des côtes; l'ouverture est carrée, presque aussi large que haute; l’ombilic large et superficiel.
Hab. dans la craie marneuse de l’étage cénomanien moyen près du village de Stepanowo sur le bord du Wolgouscha, affluent du Volga au gouvernement de Moscou, dans le grès vert ferrugineux aux environs de Kursk, également dans des géodes du calcaire cénomanien du Karabagh au sud du Caucase, associé à plusieurs Radiolites et Nérinées, sur la pente méridionale du Mourow-Dagh.
La coquille est caractérisée par son épaisseur, par ses tours carrés, par la régularité de ses tubercules, sensiblement égaux et disposés en cinq rangées. Les côtes varient en nombre: il y en a tantôt 8, tantôt 21 ou plus; elles sont quelquefois bifurquées dans les jeunes, au point de départ dans l’ombilic. Le dos est large, un peu convexe et pourvu de cinq rangées de tubercules, si la rangée médiane ne manque pas.
Esp. 1296. Ammon. Mantelli Sow. (FAM. MAMMILLATI).
Terr. crét. 1. c. p. 340. PI. 103—104.
Picrer et Cawricu, Terr. crét. de Ste-Croix 1. c. p. 200. PI. 26.
Le test discoïde, légèrement renflé, est composé de tours, garnis de côtes, qui, partant du bord ombilical, s'élèvent d’abord en un léger tubercule, puis se rendent sur le dos et sur l’autre côté; entre ces côtes il y en d’autres, du même nombre, qui alternent avec les premières, et s’atténuent au tiers interne de la largeur de chaque tour.
Hab. dans l'étage cénomanien aux environs de Kutaïs en Imérétie, associé aux Belemnitella mucronata, Exogyra conica et haliotidea, ainsi que dans le cénomanien de Ste-Croix en Suisse.
La coquille porte de grosses côtes inég'ales, terminées par un tubercule comprimé, saïllant sur le bord dorsal et en portant ordinairement un second moins visible au tiers des côtés. Les tours sont toujours apparents dans l’ombilic sur la moitié de leur largeur. L'ouverture est arrondie ou légèrement comprimée. Les cloisons symétriques sont assez fortement découpées, et formées de chaque côté de trois lobes et de trois selles, divisées en parties paires.
Esp. 1297. Ammon. Moussoni Oosr. afin. (FAM. HETEROPHYLIT).
W. À. Ooster, Céphalop. des Alpes suisses. Nouv. Mém. de la Soc. helvét. Vol. XVIL Zurich 1860, p. 106. PI. 21, fig. 2—7.
Le test, discoïde et comprimé latéralement, est formé de tours également comprimés et recouvrant presque entièrement les tours précédents; ils sont g'arnis de petites côtes ou stries sinueuses, réunies en faisceaux, qui prennent naissance au bord ombilical et passent, en s’élargissant, jusqu’au dos arrondi; l'ouverture est plus haute que large, et l’ombilic fort étroit ne laisse voir qu’un petit nombre de tours.
Hab. dans la craie marneuse de Karassoubazar en Crimée, ainsi que dans les couches crétacées des Alpes Bernoïses et Fribourgeoïises.
La coquille paraît avoir été plus grande que l’individu des Alpes
suisses; je ne possède qu'un fragment du dernier tour, en moule, sur Eichwald, Lethaoa rossica. II. 73
lequel on observe, autour de l’ombilic étroit et à peine conservé à moitié, 5 ou 6 faisceaux de côtes rayonnées, qui, d’abord très fines, deviennent de plus en plus grosses vers le dos et forment des faisceaux secondaires. dont trois se réunissent ordinairement en un faisceau primaire plus grand. Les faisceaux secondaires se composent de 4 ou 5 côtes plus épaisses que celles qui se voient sur l'individu représenté par M. Oosrer Le. fig. 6 a. Le dernier tour de l'individu en fragment de la Crimée à 1 p. 5 IL. de haut et se distingue de l'A. Velledae du néocomien et de l'A. Beaumontianus de la craie supérieure par les faisceaux des côtes qui se voient sur sa surface.
Esp. 1298. Ammon. Decheni Rôum. (FAM. MACROCEPHALT). Fr. An. Rôxer, Norddeutsche Kreïde 1. c. p. 85. PI. 13, fig. 1.
Le test discoïde est composé de tours demi-embrassants, et garnis de plis très serrés; les plis naissent à la suture, passent par le bord ombilical arrondi et verticalement incliné, et forment chacun un tubercule, auquel naissent deux ou trois plis en faisceaux, qui passent par le dos pour se réunir aux plis du côté opposé; l'ouverture est presque pentagone, à bords arrondis; l’ombilic, large et ouvert, montre les tours précédents jusqu'aux tubercules, placés sur le milieu des côtés.
Hab. dans la craie marneuse des environs de Kiew, entre les villages de Traktemirow et de Monastirski, et dans la craie supérieure de la pente méridionale du Caucase, en Imérétie, entre Moliti et Scharapan, ainsi que dans le quader du nord de l’Allemagne dans la forêt de Teutobourg.
La coquille de la craie marneuse de Kiew est accidentellement comprimée et sa forme naturelle se trouve par là fortement dérangée; néanmoins les tours sont à moitié embrassants, garnis de plis tranchants, qui naissent d’abord en plis simples et légèrement infléchis en arrière, puis passent par le bord ombilical verticalement relevé, et forment des tubercules saillants pointus; c’est d’eux que 2 ou 3 autres plis en faisceaux naissent et passent par les côtés et Le dos, en s’infléchissant en avant. L'ouverture est presque pentagone; sa base est plus large et profondément échancrée au milieu; le dos est arrondi et légèrement rétréci. L’ombilic est large et montre les tours précédents jusqu'aux tubercules.
Les plis sont moins nombreux que ceux de VA. Astierianus du néocomien, avec lequel il a une grande ressemblance; äl s’en distingue
pourtant par l’ombilic plus ouvert et plus large, laissant apercevoir presque la moitié des tours précédents. L’A. Humphrisianus du jura brun s’en distingue par ses côtes arrondies, et par l'ouverture plus large que haute, tandis qu’elle est aussi large que haute et presque pentagone dans l'A. Decheni, par suite des tubercules saillants et pointus, qui rendent le milieu de l’ouverture comme anguleux.
Genre VII. Aptychus Mevrrr.
Les Apbtychus sont des corps problématiques, dont les affinités zoologiques ont été discutées par beaucoup de zoologistes et paléontologistes, sans qu’on soit arrivé à un résultat quelconque; néanmoins je veux encore pour ma part hasarder une explication de l’usage de ces corps extraordinaires. La tête des Seiches vivantes est pourvue en dedans d’un appareil cartilagineux d’une construction compliquée, qui paraît former une espèce de vertèbre capitale, destinée à fixer le cerveau, les yeux, l'organe de l’ouïe, et également les pieds ainsi que quelques muscles et nerfs; donc il est permis de supposer que la tête des Céphalopodes fossiles ne manque pas de semblables cartilages ou vertèbres capitales, qui, composés de deux parties latérales, avaient une forme triangulaire, comme les cartilages de la Seiche vivante, l’un dans la tête, l’autre au dessus de l’œsophage, cartilages destinés au même usage, c’est-à-dire à fixer des parties internes ou à protéger l'ovaire et les embryons, éclos dans la dernière grande loge, dans laquelle l’animal &e retire avec sa tête quand un danger vient le menacer. C’est dans un moment de danger que l’animal succomba et que les cartilages osseux restèrent dans la loge et se changèrent en parties calcaires par la fossilisation. La structure celluleuse ou poreuse de PAptychus rappelle la texture osseuse de ces corps énigmatiques, qui se trouvent rarement dans l’ancienne période paléontologique avec les Goniatites, mais qui deviennent très communs dans la Période moyenne, dans le terrain jurassique supérieur, le néocomien et la craie blanche, en compagnie des Ammonites aussi bien que des Scaphites.
Esp. 1299. Aptych. bifrons ».
PI. XXXVL, fig. 6 gr. nat.
Testa parva duplex, convexa, tenuis, fragilis, utraque parte dimidiata aequali, extus laevi, intus lamellosa.
Hab. dans la craie blanche de Ssimbirsk sur le bord du Volga. 73 *
Petit test convexe et formé de deux moitiés latérales, qui se réunissent au milieu par une suture occupant toute la longueur du test. La surface de chaque moitié est lisse en dehors, lamelleuse en dedans. Les lames concentriques sont des stries d’accroissement, qui laissent des raies sur le moule. Le test est mince, fragile et arrondi aux deux extrémités; il a 7 1. de long et 5 IL. de large.
Les Aptychus se trouvent presque toujours isolés ou dans la dernière loge desAmmonites etdes Goniatites, comme preuve que c’étaient . des parties disjointes intérieures des Céphalopodes; d'ordinaire ils forment deux parties, réunies par une suture médiane; rarement ils se présentent comme des parties entières, non composées de deux parties latérales, comme les tests décrits par le comte ne Keyserzine *, sous les nom d’opercules de Goniatites, du nord de la Russie, où ils se trouvent dans un schiste inflammable sur le bord du fleuve Oukhta. Les petits Aptychus y sont très fréquents et toujours simples, cordiformes ou allongés, car ils manquent de la suture médiane, par laquelle les deux moitiés se réunissent dans d’autres espèces.
Les Aptychus simples qui se trouvent en Angleterre, sur les bords du Rhin et au nord de la Russie, montrent en général une grande différence d'avec les Aptychus composés de deux moitiés égales: les uns etles autres étaient des cartilages capitaux destinés à fixer des parties molles internes de la tête; ce ne sont ni des opercules, ni d’autres parties. externes, et ils forment les premières traces du squelette des Ammonites.
J'ai décrit plus haut un Aptychus triangulaire (PI. XXXIH, fig. 1 d), qui s’est trouvé entre les parties molles du Macrochone striata, et je suppose qu'il y occupait sa place normale, se trouvant enclavé entre des muscles, changés par la fossilisation en parties calcaires. CetAptychus, qui cependant n’est pas poreux, mais concentriquement strié, est très grand; je ne vois pas non plus l’autre moitié, la latérale, qui semble manquer. Il à 1 p. 5 L. de large et autant de long. On trouve aussi dans le grès néocomien supérieur de Wytkrino près de Moscou de semblables corps isolés, que je suis porté à ranger parmi les Aptychus. J’en donne ici deux figures (PL. XXXVI): l’un est lisse, presque ovalaire (1. ce. fig. 7), à extrémité rétrécie aiguë, l’autre (1. c. fig. 8) plus grand, oblong, à extrémité inférieure échancrée, et à supérieure légèrement rétrécie et obtuse, la surface est parcourue de stries transverses serrées. Le seul Ammonite qui se trouve dans ce grès, est lAmmon. nodiger, au-
* Petschorareise |. c.
quel ont dû appartenir les deux pièces, différentes entre elles par leur forme; les cartilages capitaux des Seiches vivantes sont également de forme différente et appartiennent néanmoins à une seule et même espèce de Seiche.
Genre VIII. Rhyncholites F'Aurs-Bicusr.
Ce sont des corps testacés, que l’on suppose être des mâchoires de Nautiles, dont M. de Jazyxorr a observé quelques fragments dans la craie blanche de Ssimbirsk; M. Rousseau en a décrit un autre sous le nom de Rhynchol. antiquatus du calcaire jurassique (?) de la Crimée.
Esp. 1300. Rhynch. antiquatus Rouss.
Demnorr, Voyage I. c. Il, p. 785. PI. I fig. 1.
Le corps est de forme conique, lisse d’un côté, avec un sillon médian, partant de l'extrémité rétrécie, pour se rendre à l’autre extrémité élargie et garnie de deux larges ouvertures, qui s’arrêtent, en s’arrondissant, vers le milieu du test. L'autre côté du corps est formé de lamelles régulières, plus saillantes vers le milieu, où se trouve un bourrelet qui est très large vers l’extrémité pointue. Il y existe encore deux autres bourrelets, qui paraissent former une pièce séparée.
Hab. dans le calcaire jurassique ou plutôt néocomien de Théodosie.
Ce corps singulier à une grande ressemblance avec les Rhynch. sabaudianus, fragilis et Quenstedti, décrits dans la Paléontologie suisse du terrain nécomien des Voirons, et je suppose donc que le terrain de la Crimée dans lequel il à été trouvé, appartient plutôt au néocomien qu’au jurassique.
Genre IX. Crioceras LevelLié.
Le test. multiloculaire est enroulé en spirale sur le même plan et composé de tours non contigus, ou contigus au commencement de la spire; l'ouverture, ronde ou ovale, présente à la base une légère échancrure. Le cloisons sont divisées régulièrement en six lobes, formés de parties impaires, sauf le lobe dorsal, et de selles formées de parties presque paires. Le lobe latéral supérieur est plus long que le dorsal. Les lobes et les selles sont étroits à leur base, fortement élargis à leur extrémité. Le siphon est dorsal et continu. Ce genre ne se trouve que dans le terrain crétacé, le néocomien et le gault,
Esp. 1301. Criocer. Duvalii Læv.
Crioceras Du valii Lev. d'Ors., Pal. fr. Terr. crét. I, p. 459. PI. 113. Crioceras Duvali Bayre et Coguanp, Mém. de la Soc. géol. de France T.IV. 2, p. 24. PI. 3, fig. 1—3. (except. fig. 4.)
Le test, très grand et comprimé, est formé de tours, d’abord contigus au commencement de la spire, et puis disjoints, garnis de grosses côtes inclinées légèrement en avant, chacune de chaque côté, à trois tubercules; des côtes plus minces, au nombre de 6 à 10, dépourvues de tubercules, sont intercalées entre les grosses; les côtes passent par le dos et le ventre arrondis; l'ouverture est fortement comprimée, la base des tours, légèrement convexe, offre des côtes égales, courbées en avant et très serrées.
Hab. dans le néocomien ferrugineux de Biassala en Crimée, ainsi que dans plusieurs localités des Basses-Alpes et de la Suisse, et dans les Cordillières du Chili, associé à lExogyra Couloni, à Arqueros au Chili, aussi bien qu’à Biassala en Crimée.
C’est une espèce très remarquable par sa distribution dans les deux hémisphères ; elle caractérise le néocomien alpin à Ammonites subfimbriatus et à Terebratula diphyoides; les individus de Biassala de ma collection sont entièrement identiques à ceux du Chili; la coquille très grande est comprimée, et les côtes saïllantes portent de chaque côté trois rangées symétriques de tubercules, dont une sur le dos et deux sur les côtés, la rangée supérieure au dessous des tubercules dorsaux, l’inférieure près du bord ombilical. Les tubercules ne se trouvent que sur les grosses côtes, tout à fait comme sur l'individu figuré du Chili dans les Mémoires de la Société géologique. Les petites côtes sont intercalées également au nombre de 2 à 4 entre les côtes grosses. La coupe verticale de la coquille est allongée, ovalaire, à dos légèrement rétréci et arrondi, à base élargie et à peine échancrée vers l’ouverture, et plus échancrée au commencement des premiers tours, dont la base est profondément enfoncée, le dos du tour précédent est marqué de stries fines, obliques, très serrées, qui laissent leurs empreintes dans l’enfoncement ventral de la coquille.
L’enroulement était parfaitement contigu dans les premiers tours ; il est plus disjoint sur les tours suivants, en sorte que le bord ventral de la coquille âgée montre un léger enfoncement, que l’on n’observe ni sur le Crioc. Doronzowii, ni sur le Crioc. spinosum.
Le dernier tour est très comprimé; il est beaucoup plus haut que large; les côtes grosses passent par le dos comprimé; deux côtes minces seulement sont intercalées entre les côtes grosses qui traversent le
dos ; mais les tubercules leur manquent tout à fait: sont-ils peut-être usés, ou ne se trouvent-ils pas sur les moules? La plupart de mes échantillons sont des moules, cependant plusieurs d’entre eux montrent des tubercules rudimentaires, non épineux.
Le dernier tour est également courbé, comme les précédents, et fait voir que notre espèce n'avait pas de crosse droite, comme les Ancyloceras, qui s’en distinguent nettement. MM. Bayze et Coquanp ont à la vérité figuré (1. c. fig. 4) une crosse droite de la Crimée, qu’ils supposent appartenir au Crioc. Duvalii, mais des côtes obliques minces, plus nombreuses entre des côtes un peu plus grosses et dépourvues de tubercules, montrent que c’est un Hamulina plutôt qu'un Crioceras.
Le dernier tour de l'individu de la Crimée a 3 p. 4. 1. de haut, et 2 p. de large, mesuré au milieu des côtés légèrement convexes ou plutôt plans. La coupe verticale est presque ovalaire, allongée. Le tour précédent a 3 p. 5 1. de haut, et 2 p. 8 I. de large à la base; sa coupe est presque triangulaire, à angles émoussés. La base est légèrement échancrée. Un autre fragment a 3 p. 2 1. de haut, et 2 p. 10 1. de large, sa coupe est plus arrondie, comme celle du Crioc. spinosum de Moscou, et les tubercules sont assez saillants et fortement épineux, comme ceux de l’espèce de Moscou, dont les épines se sont moulées sur la roche et sont devenues par là bien distinctes.
Un de plus petits fragments a 1 p. 5 L. de haut, et 1 p. 11. de large; les tubercules usés sont bien visibles, et les grosses côtes seulement passent par le dos arrondi, les petites laissent quelques traces sur le bord dorsal; le bord ventral est profondément enfoncé au milieu, laissant les deux côtés libres et arrondis, ce qui prouve que le tour précédent n’avait à peine que le tiers de la largeur du tour suivant, enfoncé.
Le Crioceras spinosum Auers., du gault de Moscou, se distingue de l’espèce de la Crimée, de la Suisse, du midi de la France et du Chili; il n’est caractérisé que par les tubercules allongés et épineux et par la coupe verticale, qui est presque circulaire. Les tubercules épineux sont plus longs et plus pointus.
Esp. 1302. Crioceras Astierianum d’Org.
Paléont. fr. Terr. crét. I. c. E, p. 265. PI. 115 bis, fig. 3—5.
Crioceras Voronzowii Srerk. Fiscuer, Bull. de Mosc. 1849. I, p.217. PI. I. Le test discoïde, légèrement comprimé dans son ensemble, est formé
de tours, garnis de côtes simples, égales, d’abord légèrement infléchies
ne arrière, et puis sur le dos en avant, un peu plus minces sur les bords
ventral et ombilical que près du bord dorsal, où elles passent sans s’interrompre; les tours sont très comprimés et non contigus, plus ou moins séparés au commencement de la spire; l'ouverture est oblongue, légèrement rétrécie en haut, et élargie à la base, qui est également arrondie et dépourvue d’une échancrure quelconque.
Hab. dans l'argile néocomienne durcie des environs de Ssimbirsk sur le bord du Volga, dans le gault de Kislawodsk à la pente septentrionale du Caucase, et dans un calcaire compacte du néocomien supérieur aux environs de Kutaïs en Imérétie, ainsi que dans les couches inférieures néocomiennes près de Barème dans les Basses-Alpes.
Les tours de l'individu de Ssimbirsk ne grossissent pas aussi brusquement que ceux des individus de Kislawodsk et de Barème, les premiers tours sont forb étroits, et portent, de distance en distance, quelques petits tubercules près des bords supérieur et inférieur; ils s’effacent déjà sur le premier tour, les côtes du second sont lisses et légèrement infléchies. Le premier tour à 5 l: de haut, et le second, espacé à 2 1. du premier, a 1 p. 10 I. de haut, en sorte que c’est un individu intermédiaire entre l'individu de Kislawodsk et celui de Barème. Celui-là a les tours plus contigus et le premier tour plus épais par rapport au second; celui de Barème a les premiers tours plus disjoints et moins épais, comparés au dernier, qui est quatre fois plus large que les précédents.
L'ouverture de l'individu de Ssimbirsk est oblongue ; elle à 1 p.31. de haut et 111. de large, le dos plus rétréci et plus arrondi que la base; celle-ci est presque aussi large que les côtés, qui sont légèrement convexes. La coquille à 4 p. 9. 1. de diamètre, et 1 p. de large à l’ouverture, dont la largeur au milieu des côtés est de 11 L C’est là aussi la grandeur de l'individu de Kislawodsk, dont les côtes sont un peu plus minces que celles de l'individu de Ssimbirsk, où les côtes sont aussi épaisses que sur l'individu de Barème. La coupe verticale de celui-ci est pourtant plus circulaire, de même largeur et hauteur, quoique M. d'OrgiGny dans sa description la dise oblongue et non ronde. Les cloisons de l'individu de Ssimbirsk sont inconnues, sur celui de Kislawodsk elles rappellent, quant aux lobes, celles de l'individu du midi de la France.
Esp. 1303. Crioc. Cornuelianum d’Ors.
Terr. crét. L. ©. p. 465. PI. 115, fig. 1—3.
Le test, légèrement comprimé, est composé de tours faiblement hexagones, ornés de grosses côtes peu flexueuses en avant, et interrom-
pues sur le dos et le ventre, qui sont lisses; les grosses côtes sont pourvues sur le dos d’une pointe saillante conique, et de deux petits tubercules des deux côtés; les intervalles des grosses côtes sont garnis de quatre ou cinq autres côtes plus grêles et offrant les indices de trois tubercules.
Hab. dans le néocomien aux environs de Nikortsminda en Imérétie, ainsi que dans le néocomien de Vassy, département de la Haute-Marne en France.
Le dos de la coquille est anguleux de chaque côté, et lisse au milieu, où il forme une saillie médiane; l’ouverture est hexagone, légèrement comprimée, la spire est composée de tours hexagones plus marqués que le dernier tour.
Esp. 1304. Crioc. Villiersianum d’'Ors.
Terr. crét. I. c. p. 462. PI. 114, fig. 1 —2.
Le test comprimé est muni de côtes droites, moins nombreuses, qui partent du bord ombilical et passent sur Le dos, où chacune est pourvue de deux pointes aiguës; l'intervalle entre deux côtes est garni de vingt ou d’un plus grand nombre de côtes simples et droites; le dos est arrondi, l'ouverture légèrement comprimée.
Hab. dans le néocomien aux environs de Nikortsminda en Imérétie, dans le calcaire compacte néocomien de Ssimbirsk, ainsi que dans le néocomien de Nîmes en France.
La coquille, à spire composée de tours détachés, est caractérisée par des côtes simples, de plus grosses alternant avec de plus grêles; on voit un grand nombre de ces dernières dans les intervalles des côtes grosses, qui en outre sont garnies seulement de pointes au bord dorsal.
L’individu de Ssimbirsk est presque triangulaire en coupe transverse, à bords arrondis, non anguleux, le bord ventral est muni de côtes égales, infléchies en arc.
Esp. 1305. Crioc. Emerici Lév. d'Ors.
Paléont. fr. Terr. crét. 1. e. p. 463. PI. 114, fig. 3—5.
Le test comprimé est garni de côtes transversales, élevées et légèrement infléchies en avant, pourvues chacune des deux côtés de trois pointes aiguës, entre chacune de ces côtes on remarque trois à cinq petites côtes simples sans pointes.
Hab. dans le néocomien aux environs de Nikortsminda en Imérétie
et dans le même terrain de la Crimée aux environs de Biassala et de Laspi, ainsi que dans le même terrain du bassin provençal près de Castellane en France et en d’autres localités.
La spire est composée de tours détachés, presque cylindriques, l’ouverture est légèrement comprimée et entière entre les grosses côtes. Cette espèce se distingue du Crioc. Duvalii par. ses tubercules terminés en pointes très prononcées, tandis que celui-ci ne présente que des tubercules simples. |
Il se peut que ce n’est qu’une variété du Crioc. Duvalii, qui n’a que de simples tubercules, tandis que le Crioc. Emerici offre des tubercules épineux, comme le Crioc. spinosum Auers.; il se peut même que les trois espèces ne soient que des variétés d’une seule et même espèce, dont le Crioc. spinosum représenterait un individu très âgé, et les deux autres des jeunes.
Un bel échantillon fort complet de Laspi en Crimée existe au Musée de Neufchâtel.
Esp. 1306. Crioc. spinosum Avers.
TraurscaoLn, Kreideablogerungen bei Moskau. Bull. de Mosc. 1861. IE, p. 445. PI. XII, fig. 7—8.
Le test très grand est peu comprimé, tantôt presque cylindrique, tantôt triangulaire en coupe transversale, à dernier tour plutôt comprimé que cylindrique ; les tours sont garnis de grosses côtes, entre lesquelles on observe 2 ou 3 côtes plus minces, qui s’effacent sur le dernier tour. Les tubercules des grosses côtes sont épineux, ou forment de vraies épines allongées, placées en trois rangées longitudinales sur le deux côtés du test. L'ouverture du dernier tour est presque circulaire ou légèrement triangulaire.
Hab. dans le gault ferrugineux du mont Worobyew sur le bord du fleuve Moskwa à Moscou, et dans le grès néocomien ferrugineux de Kursk.
Coquille très grande, fort peu infléchie; sa courbure est moins grande que celle du Crioc. Duvalii; les tours sont moins comprimés et garnis de grosses côtes, infléchies en avant, leur convexité sur les dos est contournée en avant; entre deux grosses côtes à longues épines on observe deux ou trois côtes plus grêles, et sur le bord ventral aplati 6 à 8 côtes très minces, intercalées entre deux grosses côtes. Celles-ci sont courbées en avant comme les petites, en sorte que le bord ventral est muni de côtes distinctes, comme aussi le ventre du Crioc. Duvalii.
Le Crioc. Emerici de la Crimée a la plus grande affinité avec le Crioc. spinosum, en sorte que celui-ci n’en serait qu’une variété due à l’âge. Les tours du Crioc. spinosum, découvert par M. AuEerBacx dans le gault du mont Worobyew à Moscou, sont cylindriques, et par suite la coupe est presque circulaire, d’après la figure du Bulletin de la Société de Moscou; l'ouverture à 2 p. 4 1. de haut et 2 p. 1 1. de large; elle ne montre pas la forme presque triangulaire des individus du Crioc. Emericide la Crimée, seule différence des deux espèces, qui en outre se ressemblent presque entièrement.
Genre X. Toxoceras dORs.
Le test, multiloculaire, légèrement arqué et allongé, représente une corne plus ou moins infléchie en arc, qui s’atténue de plus en plus vers la pointe; c’est un cône arqué, grossissant régulièrement à partir du commencement rétréci vers l'ouverture élargie; celle-ci est arrondie ou oblongue, toujours entière eb dépourvue de saillie interne à sa base. Les cloisons symétriques sont divisées régulièrement en six lobes, formés de parties impaires. Ce genre est caractéristique pour le terrain néocomien.
Esp. 1307. Toxoc. annulare d’Ors.
Paléont. fr. Terr. crét. 1. c. p. 480. PI. 118, fig. 1 — 6.
Le test, allongé et légèrement arqué, est garni en travers de côtes arrondies, égales, entières sur les dos, et interrompues ça et là sur le ventre; on remarque de distance en distance un sillon profond, près duquel existe un bourrelet bien marqué et dépourvu de tubercules.
Hab. dans le néocomien de Biassala en Crimée, ainsi que dans le même terrain de Vergons dans les Basses-Alpes.
La coquille n’a été trouvée qu’en un fragment de 10 1. de long et de 6 1. de large, aux environs de Biassala; c’est un fragment intermédiaire, composé de 9 côtes, également larges, droites sur les côtés et ar- - quées sur le dos, la convexité des côtes est contournée en avant. Les côtes ne sont pas interrompues sur le ventre, et notre espèce se distingue par là du Toxoc. annulare des Basses-Alpes; néanmoins ce n’est ni un Crioceras, ni un Ancyloceras; en effet, les côtes dépourvues de tubercules le distinguent de l’un, les côtes égales et plus nombreuses dans les intervalles entre les sillons, de l’autre; en outre le petit fragment est légèrement courbé, comme le Toxocer. annulare; ila 5 L
de haut, et autant de large, en sorte que l'ouverture est presque ronde et non oblongue.
Esp. 1308. Toxoc. Royerianum d’Ors.
Terr. crét. I. c. IL, p. 481. PI. 118, fig. 7—11.
Le test, allongé et conique, est peu arqué, croissant rapidement, légèrement comprimé et muni de côtes inégales, de grosses, très obliques d'avant en arrière, alternant avec des côtes grêles et simples; les côtes grosses sont bifurquées sur le ventre et garnies de chaque côté de trois tubercules, dont le plus gros est placé sur le bord dorsal, le plus petit vers le bord ventral.
Hab. dans le gault inférieur des environs de Kislawodsk au nord du Caucase, ainsi que dans le néocomien supérieur à Plicatules du bassin provençal en France.
La coquille est caractérisée par ses côtes inégales, atténuées sur le ventre et beaucoup plus obliques que celles de l’espèce précédente, qui manquent aussi de tubercules. L’ouverture, légèrement comprimée, est octogone, quelquefois plus large que haute; le dos est un peu anguleux sur les côtés.
Esp. 1309. Toxoc. Emericianum d'Or.
Terr. crét. 1 c. IL p. 487. PI. 120, fig. 5 — 9.
Le test allongé, conique et peu arqué, est garni de côtes égales obliques en avant, et élargies près du dos; elles ont, de deux en deux, trois tubercules aigus de chaque côté, formant autant de rangées longitudinales; le dos est lisse au milieu et anguleux des deux côtés; l’ouverture est octogone par les saillies des tubereules.
Hab. dans la gault inférieur de Kislawodzk au Caucase, et dans le néocomien supérieur de Vergons, Basses-Alpes.
Les côtes simples se trouvent toujours entre deux côtes offrant des tubercules. C’est une espèce très petite, de 2 pouces et au delà de long, et de 31. delarge. Les cloisons symétriques sont formées de lobes divisés en parties impaires, et de selles divisées en parties presque paires (d'Ors.).
Genre XI. Ancyloceras dOrs.
Le test multiloculaire est enroulé sur le même plan, et puis se projette en une longue crosse, qui s’infléchit en un coude légèrement élargi; les premiers tours sont toujours disjoints et largement séparés les uns
des autres; le dernier tour, élargi, reste droit et se réunit en are avec la crosse intermédiaire entre les deux coudes et dépourvue de cloisons, car Panimal se logeait dans la crosse. La surface est garnie de côtes, de grosses alternant avec des minces; l'ouverture est plus ou moins ronde ou allongée. Ce genre est rare dans le terrain jurassique, plus fréquent dans le crétacé.
Esp. 1310. Ancyloc. Matheronianum d’Ors.
Paléont. fr. Terr. crét. I, p. 479. PI. 122.
Le test allongé est formé de la spire et de la crosse nettement séparées l’une de l’autre; la spire est composée d’un tour et demi fort disjoint et mince, et de la crosse très forte, d’abord droite, puis courbée en coude à son extrémité antérieure; la surface présente de grosses côtes, pourvues de chaque côté de trois tubercules, qui forment trois rangées longitudinales, l’une disposée sur le dos, les deux autres sur les côtés. Les intervalles entre les grosses côtes sont occupés par des côtes minces, au nombre de 2 ou 3, placées entre deux grosses côtes. L'ouverture est presque ronde.
Hab. dans le néocomien de Biassala en Crimée et aux environs de Kutaïs en Imérétie, ainsi que près de Barème dans les Basses-Alpes.
Je ne possède de cette espèce qu’un petit fragment, de 1 p. 2 1. de long ; il montre trois grosses côtes à une rangée de tubercules dorsaux, et à deux rangées de tubercules latéraux; une ou deux côtes plus minces se voient dans leurs intervalles. L'ouverture à 9 1. de haut et autant ou un peu plus de large, en sorte qu’elle paraît presque ronde; le bord ventral est légèrement arrondi, et marqué de côtes minces, toutes égales. Les cloisons ne sont pas bien visibles. L’individu est fort usé, par suite les tubercules ne sont pas épineux, comme sur la partie postérieure de l'individu de Barème, mais arrondis par le frottement.
Esp. 1311. Ancyloc. Duvalianum d’Ors.
Terr. crét. I. c. I, p. 501. PI. 124.
Le test (en fragment), de taille grande, est légèrement comprimé et garni de côtes transversales espacées, qui commencent au bord ombilical, passent par les flancs et, légèrement infléchies, se terminent sur le bord dorsal ; deux tubercules un peu pointus les ornent, l’un au bord dorsal, l’autre plus bas vers le milieu des flancs, et quelquefois un troisième tubercule indistinct se voit près du bord ombilical; les intervalles
sont garnis d’une ou de deux côtes légères; l’ouverture est plus haute que large, un peu plus large à sa base que près du dos, qui est arrondi.
Hab. dans le néocomien de Biassala et de Laspi en Crimée, et dans le gault aux environs de Kutaïs au versant méridional du Caucase en Imérétie, associé au Crioceras Astierianum, aïnsi que dans les couches néocomiennes supérieures près de Cassis, département des Bouches-du-Rhône.
L'un des fragments de la Crimée est le coude de la coquille comprimée; l'ouverture a 1 p. 9 L. de haut et 1 p. 8 1. de large à la base, elle s’atténue légèrement vers le dos. Les côtes sont assez grêles et inégalement espacées de 6 à 9 1. Les intervalles contiennent une côte très mince, située près de la côte plus épaisse, et au milieu des intervalles existe une autre côte, à peine appréciable. Les dos est lisse, mais on remarque de distance en distance une légère côte transverse arquée, qui réunit les deux tubercules opposés du bord dorsal.
Esp. 1312. Ancyloc. pulcherrimum d’Ors.
Paléont. fr. Terr. crét. 1. c. [, p. 495. PI. 121, fig. 3-—7.
Le test allongé est formé d’une spire très petite, de deux tours très disjoints, et d’une crosse d’abord conique, puis dilatée et courbée en un hameçon, qui descend parallèlement à la tige médiane de la crosse. Les côtes sont égales sur la spire et la partie postérieure de la crosse; elles sont un peu interrompues à la courbure de la crosse et près de l’ouverture comprimée.
Hab. dans le néocomien de Biassala en Crimée, ainsi que dans le néocomien inférieur de Barème, département des Basses-Alpes.
Je ne possède que des fragments de la crosse du néocomien de la Crimée; ils sont de la grandeur de l'individu figuré par M. d'Orgtexy; la branche antérieure infléchie de la crosse a 6 1. de haut et autant de large, en sorte que l’ouverture est ronde; elle a 1 p. 6 1. de long, mesurée jusqu’à la partie courbée ; la longueur est donc la même que celle de l’individu de la France. La crosse de l’individu de la Crimée se rétrécit légèrement vers la spire, en s’écartant de plus en plus de la branche antérieure; elle a 8 1. de large et 6 1. de haut, est par conséquent déprimée de haut en bas. La longueur de la crosse conservée dans l’individu de la Crimée et de 2 pouces; je n’en connais pas la spire. A sa courbure ou à l’endroit où la crosse passe en hamecçon à l’ouverture, l'individu est marqué de côtes plus espacées que celles qui existent à une grande distance
de ce point; on y observe une interruption des côtes, qui n’est pas aussi considérable sur d’autres espèces. (Çà et là les côtes sont bifurquées vers le bord ventral, et séparées les unes de autres par des distances d’une largeur égale à celle des côtes.
Esp. 1313. Ancyl. decorum ».
PI. XXX VI, fig. 9. gr. nat. : a coquille vue de côté; b vue sur l’ouverture.
Testa incompleta, sola spira conservata, anfractus cylindracei, se in- —)vicem apprime contegentes, depressi, utrinque rotundati, superficie stri- 7 ata, striis gracilibus majora interstitia laevia includentibus ; apertura de-
Z pressa, latior quam longior.
Hab. dans le néocomien de Biassala en Crimée.
La coquille, en fragment, est formée de la spire seule, la crosse manque; la spire a des tours cylindriques, déprimés, à côtés arrondis et à dos un peu plus large que les côtés; les tours se recouvrent légèrement, et laissent au ventre une légère échancrure; les trois tours sont comme déprimés, et par suite la spire est plus large que haute; le quatrième tour à laissé des traces sur l’avant-dernier. La surface est finement striée, à stries écartées et légèrement saillantes, et à intervalles très espacés, lisses. La spire à 3 tours a 1 p. de haut et presque autant de long; l'ouverture a 4 1. de haut et près de 6 I. de large.
Genre XII. Hamites PARK.
Le test multiloculaire est enroulé aux deux extrémités sur le même plan, sans offrir de spire ; par suite de la présence de coudes il forme une ellipse irrégulière; l'intervalle entre les deux coudes est droit et plus ou moins allongé en crosse; la surface est garnie de côtes transverses, pourvues quelquefois de tubercules où de pointes. L'ouverture est ronde ou ovalaire. Ce genre se trouve dans le néocomien. M. de Fiscmer* décrib un test multiloculaire droit, à extrémité conique et pointue, du calcaire crétacé (?) du fleuve à proximité de Borofsk aux environs de Moscou; il le nomme Hamites acuminatus, mais comme la crosse lui manque, le fossile reste douteux et appartient peut-être à un autre genre.
Esp. 1314. Hamit. parallelus Dus.
Dusois pe MonrPereux, Voyage autour du Caucase, vol. VI, p. 350. Deminorr, Voyage au midi de la Russie, vol. IL, p. 750.
Le test, en ellipse allongée, forme deux coudes parallèles entre
* FisCHER, Oryciogr. de Moscou 1. c. p. 189. PI. 45, fig. 2. L'autre, Ha mi-
eux, mais différents en largeur, l’un étant plus gros et l’autre plus étroit, tous les deux sont comprimés des deux côtés; les côtes du grand coude sont plus grosses, celles du petit plus fines, plus serrées et obliques; la coupe des deux coudes est elliptique.
Iab. dans le néocomien de Biassala en Crimée.
La coquille présente des côtes assez épaisses ct bifurquées au bord ventral; des côtes simples sont placées ça et là entre les côtes bifurquées, les intervalles sont d’égale largeur avec les côtes. À son origine au coude, la crosse a 4 IL. de large et 5 1. de haut; elle est par conséquent légèrement comprimée. C’est un individu de ma collection que je suppose être l’espèce nommée et figurée par M. Dugors, sans qu’il en ait donné la description; l'individu n’est pas complet; il n'offre que le coude de l'ouverture, qui ressemble parfaitement à la figure citée.
M. Desxayes mentionne un Hamites annulatus de Biassala, que je présume être identique avec l’espèce ci-dessus, leHamit.parallelus Dus.; ni l’un ni l’autre ne sont décrits, ni même figurés, et ces espèces restent donc douteuses, ainsi que les Hamites intermedius Sow. et plicatilis Sow., mentionnés d’abord par M. Dugotis et ensuite par M. Rousseau, comme se trouvant près de Biassala et d'Ouloussala en Crimée. *
Esp. 1315. Hamit. gigas Rouss. sp.
Baculites gigas Rouss. Dewinorr, Voyage I. c. IT, p. 544. PI. 12, fig. 3.
Le test, gros et allongé, est droit et presque cylindrique; il est légèrement comprimé des deux côtés, qui sont un peu convexes et ornés de côtes fines, rapprochées et situées obliquement; elles sont inclinées en avant et très régulières sur les deux côtés ; les deux bords sont également comprimés et arrondis.
Hab. dans la marne crayeuse de la Crimée, aux environs de Karassoubazar.
Le fragment a 2 p. 101. de long, 1 p. 10 1. de haut, et 1 p. 21. de large; on compte au moins 25 côtes sur un espace de 2 p.; après les côtes on observe le sillon transverse indiquant la trace de l'ouverture provisoire. Les cloisons ne se remarquent pas distinctement.
Cette espèce est caractérisée par sa forme droite, plus comprimée, et
tes Evansi Fiscu., décrit l.e. p. 126 et figuré PI. 9, fig. 4, s’est trouvé dans la calcaire carbonifère (?) de Kalouga et paraît appartenir au genre Cyrtoceras, voy. Leth. rossica vol I, p. 1291.
* Demporr, Voyage I. c. IT, p. 750.
par ses stries en côtes fines plus rapprochées, moins obliques et régulièrement disposées sur les deux côtés. Ces caractères la placent parmi les Hamites plutôt que parmi les Baculites.
Esp. 1316. Hamit. armatus d’'Ors.
Terr. crét. 1. c. II, p. 547. PI. 135.
Le test, très allongé et légèrement comprimé, forme une spire fortement elliptique, composée d’intervalles arqués et de coudes assez brusquement recourbés; la surface est garnie de côtes transversales élevées et pourvues de tubercules au milieu des flancs, et de pointes sur le dos vers la partie antérieure du coude; les intervalles des grosses côtes sont munis de trois côtes plus grêles.
Hab. dans le gault supérieur aux environs de Kislawodsk à la pente septentrionale du Caucase, ainsi que dans le gault de la montagne de Fis en Savoie et à la Perte-du-Rhône.
Les tubercules forment une rangée longitudinale sur les deux côtés de la coquille, maïs quant aux pointes fortement allongées, il n’en existe que trois, placées sur le dos au commencement du coude antérieur. L’ouverture est légèrement comprimée et presque hexagone. |
Genre XIII. Hamulina d'Ors.
Le test est composé d’une partie droite, qui d’abord s’infléchit en fer à cheval, et puis se continue en une partie également droite, parallèle, et rapprochée de la première: c’est là presque le seul caractère distinctif d'avec les Hamites, qui ne présentent pas le rapprochement des deux branches droites. Les ornements du Hamulin a sont aussi quelquefois différents sur les deux branches. Ce genre se trouve dans le néocomien.
Esp. 1317. Hamul. Picteti ».
PI.XXXVIL. fig. 2. gr. nat.; a coquille vue de côté; b extrémité rétrécie; c vue sur l’ouverture.
Testa elongata depressa, recta ac dein inflexa, costata, costis duplicis ordinis, his obliquis, crassioribus, et illis tenuioribus, 4—6 interstitia earum occupantibus, simili modo obliquis inque dorso anteriora versus convexis,
Hab. dans le néocomien ferrugineux de Biassala en Crimée.
Le test déprimé est un peu plus large que haut, ettantôt droit, tantôt légèrement infléchi; il est orné de côtes de deux espèces: les unes ob-
liques, épaisses et fort saillantes, Les autres égalemeut obliques, beaucoup Eichwald, Lethaea rossica. II. 74 ‘
plus grêles, au nombre de 4 à 6 ou davantage, situées dans les interstices des grosses côtes. Les côtes sont en général infléchies en avant, à convexité contournée vers l’ouverture du test. Le dos de la coquille est élargi et arrondi, les côtés sont légèrement comprimés et arrondis, le côté ventral est aplati, presque droit ou même faiblement excavé. Les côtes, les grosses aussi bien que les grêles, présentent la même épaisseur et la même forme sur tous les côtés; mais elles prennent une autre forme sur la partie courbée et réfléchie, les grosses côtes s’effaçant sur les côtés et devenant aussi minces que côtes les grêles situées dans les intervalles des grosses.
La grosseur du coude à ouverture est très considérable; l’ouverture cassée à 2 p. de haut et 2 p. 3. 1. de large, on y distingue bien les grosses côtes, mais les grêles s’effacent presque entièrement.
La coquille plus grêle d’une autre localité des environs de Biassala est moins grosse, parfaitement droite, et marquée de stries ou côtes légères, égales, interrompues de distance en distance par quelques côtes épaisses; les côtes sont obliques et situées irrégulièrement sur les côtés opposés, car les côtes d’un côté se rapprochent plus de l’ouverture que celles du côté opposé: c’est ce qu’on n’observe que sur les Hamulina, et c’est aussi la raison pour laquelle je considère comme appartenant à un Hamulina la crosse figurée par MM. Bavyze et Coquanp* sous le nom de Crioceras Duvalii Le fragment provient de la Crimée, d’où par la bienveillance de feu M. H. de Norpmanx je possède plusieurs fragments tout à fait semblables.
Les côtes en stries de notre Hamulina (1 c. PL. 8, fig. 4) sont également obliques et situées irrégulièrement des deux côtés, interrompues par quelques côtes plus épaisses, représentant les traces de l'ouverture provisoire,
Dans de ma collection, les fragments de la crosse ont 6 p. 6 L. de long et 1 p. 41. de haut, tandis que la largeur entre les côtés est de 1p. 5 1.; par suite la crosse est un peu plus large que haute; elle est légèrement aplatie au bord ventral, arrondie au dorsal. Un autre fragment, de 3 p. 5 L. de long, qui appartient probablement à la même espèce, est au contraire légèrement comprimé entre les deux côtés; car il est un peu plus haut que large, mais les côtes sont également obliques, irrégulièrement situées sur les deux côtés, et coupées par des côtes un peu plus épaisses, représentant les traces de l'ouverture provisoire.
# BayLe et Coquanr, Mém. de la Soc. géol. de Fr. 1851. T. V. 2, p. 34. PI. 8, fig. 4 (exclusis reliquis).
D'autres fragments sont plus étroits et rappellent les figures d’un H amulina non nommé, publiées par MM. Prcrer et de Lorioc du néocomien des Voirons*; l’un des individus représentés à 9 1. de haut et 8 1. de large; il est légèrement courbé et paraît être le fragment près du coude; les côtes des fragments de la Crimée sont égales et rappellent la disposition des côtes du Hamulina des Voirons; c’est ce qui me ‘fait supposer son identité parfaite avec le Hamulina de la Crimée.
Le plus grand fragment de la Crimée à 1 p. 6 1. de haut, et 1 p. 5 1. de large; il est par conséquent légèrement comprimé, le dos et le ventre sont également arrondis. Le fragment, représenté par MM. Bavze et Coquaxp de la Crimée, semble être encore plus grand et plus gros.
L'un des fragments. de l'espèce de Biassala est très gros, il à une hauteur de près de 2 p. et une largeur de 2 p. 3 L, il est par conséquent un peu plus large que haut; les lobes et les sillons sont fortement déoupés.
J'ai dédié cette espèce au savant paléontologiste dont les ouvrages importants sur la paléontologie de la Suisse m'ont fourni de nombreux éclaircissements sur le terrain néocomien en général.
Genre XIV. Anisoceras PIcr.
La coquille est terminée par une crosse, comme les An cyloceras, mais commençant par une région sinueuse à double courbure, qui forme une spire beaucoup plus irrégulière, non comprise dans ce plan. Les cloisons présentent beaucoup plus les caractères des Hamites que ceux des Ancylocères. Ce genre se trouve dans le néocomien.
Esp. 1318. Anisoc. depressum »”.
PI. XXX VII, fig. 1 gr. nat. ; a coquille vue de côté: b vue d’en haut; c vue sur la coupe transversale.
T'esta recta, sensim dilatata, depressa, dorsali parte convexa, Es ali plana, costata, costis e tuberculis lateralibus oriundis.
Hab. dans le terrain néocomien de Biassala en Crimée,
Le test est en fragment droit, déprimé, légèrement élargi vers la partie antérieure; le dos est arrondi, convexe, le ventre aplati; la surface est garnie de côtes peu saillantes sur le dos; on observe des deux côtés de gros tubercules allongés et obliques, qui donnent naissance aux côtes ; le ventre, presque plan, est dépourvu de côtes.
La coquille ne présente qu’un fragment droit de la Ho elle a 4 pouces de long, se dilate à son extrémité antérieure jusqu’à 1 p. 10 1.
* Terr. néoc. des Voirons I. c. p. 33. PI. 7, fig. 5—7. 74 *
et se rétrécit à l’autre extrémité, incomplète, jusqu’à 1 p. 5 L Le fragment à 1p. 31. de haut; par suitela coquille est très déprimée, ornée de côtes peu marquées, dont la convexité est tournée vers la partie élargie antérieure; les tubercules sont plus marqués, obliquement placés et contournés en avant; ils sont espacés jusqu’à 9 1. et occupent le bord latéral à sa partie inférieure, sans se continuer à la partie ventrale, qui est légèrement concave au milieu. Les cloisons ne montrent pas distinctement les lobes. ;
La coupe verticale est triangulaire, à bords arrondis; le dos arrondi se perd immédiatement dans les côtés convexes, la partie ventrale est plane, et les deux bords deviennent arrondis par les tubercules dont ils sont garnis.
L’Anisoceras armatum Pror., du néocomien de la Suisse, se distingue par la compression de ses tours; il devient par là plus haut que large, tandis que l’Anisoc. depressum est plus large que haut.
Genre XV. Ptychoceras dOns.
Le test multiloculaire représente un tube cylindrique, conique, ou comprimé et se reployant sur lui-même, à dernier coude appliqué sur le premier, et soudé avec lui sur toute sa longueur; l'ouverture est ronde ou ovale. Les cloisons symétriques sont divisées régulièrement en 6 lobes, légèrement inégaux. Ce genre se trouve dans le néocomien inférieur.
Esp. 1319. Ptychoc. Emericianum d’Ors.
Paléont. fr. Terr. crét. 1. c. I, p. 555. PI. 137, fig. 1—4.
Test allongé, droit, lisse; la partie antérieure est élargie en un cône plissé, les plis transverses écartés passent par le dos et le ventre, le coude se continue en une partie postérieure droite, plissée légèrement et soudée à l’antérieure, les plis sont obliques, plus rapprochés et s’effacent vers l'extrémité postérieure, l’ouverture est presque circulaire, légèrement échancrée à la base.
Hab. dans le néocomien du Daghestan* au Caucase, ainsi que dans les couches inférieures du néocomien des Basses-Alpes.
La partie antérieure en repli plus court, ornée de côtes saillantes, forme un coude, qui se prolonge à sa partie postérieure en un repli plus long et plissé, à plis obliques, effacés vers l'extrémité rétrécie. Les cloisons sont symétriques, divisées en lobes formés de parties paires et impaires, et en selles formées de parties paires.
* Neues Jahrb. f. Mineralogie 1851. p. 358.
Je ne connais pas l’espèce que M. de Bucx a déterminée sous ce nom et que M. Agicx à observée au Daghestan.
Genre XVI. Scaphites PARK.
Le test multiloculaire est enroulé en spire sur le même plan et se projette ensuite en crosse, c’est-à-dire en une partie reployée vers la spire; celle-ci, régulière dans le jeune âge seulement, est composée de plusieurs tour contigus; le dernier s’allonge plus ou moins et se recourbe ensuite à sa partie antérieure; son ouverture, ovale ou semi-circulaire, et pourvue de bourrelets saillants. Ce genre se trouve dans le terrain crétacé.
1320. Scaph. aequalis Sow.
Le test, elliptique dans son ensemble, a la spire très rapprochée de l'ouverture de la crosse; les tours de la spire, enroulée régulièrement, sont déprimés, très embrassants et pourvus d’un large ombilic; la crosse arquée est courte et garnie de côtes aiguës, tranchantes, peu espacées, qui partent de l’ombilic, se bifurquent et passent sur le dos, présentant entre elles un strie* secondaire libre ; le dos est large, arrondi et quelquefois muni, comme le bord ombilical, de petits tubercules. Les cloisons sont fortement découpées.
Hab. dans le calcaire crétacé de l'étage du plänermergel près de Ssoursk sur le fleuve Ssoura au nord de Penza, où il paraît associé aux Belemnites mucronatus et Ammonites Cottae, dans le terrain crétacé supérieur de Ssarapane en Imérétie au Caucase (var. nodosa),* aiusi que dans le craie chloritée inférieure du bassin parisien près de Rouen; se retrouve en plusieurs localités de l'Angleterre et d'Allemagne.
L’individu de Tractemirow forme une ellipse un peu irrégulière, offrant la partie spirale plus grosse et plus élargie que la crosse, qui est rétrécie et repliée vers la spire; la surface est garnie de côtes tranchantes rapprochées, qui partent du bord ombilical en se bifurquant, et passent par le dos élargi, arrondi et dépourvu de tubercules; ceux-ci se trouvent à peine indiqués au point de bifurcation des côtes.
La coquille à 10 1. de long, la partie enroulée à 5 1. de large et à peu près autant de haut; l’autre partie, en crosse, n’a que 3 L. de large et à peu près autant de haut; l'individu est déprimé accidentellement, et ne montre pas sa forme véritable. JL’ombilie est profond et a 3 I. de large.
Les individus de l’Imérétie se distinguent par leurs tubercules plus développés et forment ainsi la variété noueuse.
# Voy. vol. I, pag. 510.
Esp. 1321. Scaph.constrictus d'Ors.
Paléont. fr. Terr. crét. L. c. 1, p. 522. PI. 129, fig. 8—11.
Ammonitesconstrictus Sow. Puscn, Polens Paläont. I. c. p. 159. PI. 14, fig. 3.
Le test elliptique est formé de la spire et de la crosse très rapprochées et presque en contact, par là l’ombilic est petit et circulaire; la partie spirale est très grande et large, la crosse courte et garnie de côtes rapprochées, comme la partie spirale; la partie médiane, légèrement renflée, est pourvue de côtes beaucoup plus espacées et terminées sur le dos en tubercules.
Hab. dans la craie marneuse chloritée de Karassoubazar en Crimée, dans la craie blanche de Ssimbirsk sur le bord du Volga, de Zamosc, d'Utricza, de Kadzimirz aux environs de Lublin en Pologne, ainsi que dans la craie chloritée près de Valognes au nord de la France.
De l’espèce de la Crimée je ne connais que des moules de la surface externe; les côtes de la partie spirale sont plus épaisses que celles de la crosse: elles se bifurquent et paraissent même dichotomiques, les côtes médianes sont très espacées et se terminent sur les -dos en tubercules, dont les empreintes sont marquées déjà sur les côtes de la spire. La coquille na que 101. de long ; elle est par conséquent plus petite que lindividu de Zamosc, qui se distingue aussi par ses tubercules plus gros et situés des deux côtés du dos élargi et arrondi.
L’individu de Ssimbirsk est garni de côtes transverses, qui passent par le dos arrondi, entre elles on remarque plusieurs côtes courtes, dont deux, un peu plus longues, se continuent en tubercules dorsaux.
Esp. 1322. Scaphit. ornatus Rôm.
Fr. A. Rômen, Norddeutsche Kreide 1. c. PI. 13, fig. 8.
Le test très comprimé est pourvu de tours à dos arrondi et étroit ; les côtés convexes sont garnis de plis, dont 2 ou 3 naiïssent de tubercules, placés sur le milieu des côtés ; les plis passent par le dos et se réunissent aux plis du côté opposé.
Hab. dans le kreidemergel ou quader inférieur de la pente méridionale du Caucase, en Imérétie entre Molitie et Scharapan, ainsi que dans le kreidemergel inférieur de Lemfürde au nord de l'Allemagne.
Un fragment de cette coquille à été seul trouvé à Lemfürde, en sorte que l’espèce du Caucase est encore plus douteuse. Le fragment est orné de deux rangées longitudinales de tubercules, le bord ventral est forte-
ment échancré, et la forme en général montre que ce n’est pas un Scaphites.
Genre XVII. Baculites LA.
Le test, multiloculaire et droit, est conique, comprimé et anguleux, à cloisons découpées, occupant la partie rétrécie, la partie élargie est dé-
-pourvue de cloisons à une grande longueur et présente une longue cavité ;
ouverture est ovale ou comprimée. Les cloisons symétriques sont, selon M. d'Orgiany, divisées régulièrement en 4 ou 6 lobes formés de parties paires, excepté le lobe ventral, et d'autant de selles formées également de parties paires. Ce genre se trouve dans le terrain crétacé.
Esp. 1323. Bacul. anceps Law.
D’Orgi6ny, Paléont. fr. Terr. crét. | ce. 1, p. 565. PI. 139, fig. 1—7. Bacul. vertebralis Defrance, Dict. des sc. nat. vol. IT, suppl. p. 160.
Le test est allongé, à dos comprimé et presque caréné, à ventre élargi et obtus, la surface est lisse ou striée, à côtes transverses, infléchies, obtuses et espacées, les espaces striés, à stries infléchies comme sur les côtes, qui deviennent de plus en plus larges et saïllantes au bord ventral. .
Hab. dans la craie marneuse des environs d'Oulakly, de Badrak, de Ssably, de Karassoubazar en Crimée, dans la craie blanche des environs de Ssimbirsk sur le bord du Volga, dans un calcaire crétacé sur le bord du fleuve Protva aux environs de Borofsk près de Moscou, ainsi que dans le calcaire à Baculites des environs de Valognes au nord de la France, dans la craie blanche des Pyrénées, de l’île de Rügen, de la Suède, près de Quedlinburg et de Blankenburg au nord de PAllemagne, dans la craie blanche de l’Alabama et du Texas de l'Amérique septentrionale, et aux Indes orientales.
M. de Fiscmer* a décrit un individu à cloisons sinueuses des environ de Borofsk près de Moscou, du même calcaire crétacé du bord de la Protva, dans lequel il a observé le Hamites incomplet et douteux cidessus mentionné; le Baculites cependant y paraît également douteux, car la figure s’en distingue un peu, et la description est trop courte pour qu’on puisse bien apprécier la valeur de cette espèce; la surface est décrite comme raboteuse, aplatie d’un côté, les cloisons comme sinuées et peu visiblement dentées; la longueur du fragment est de 3 p. 9 1. et le diamètre de 1 p. 11 lignes.
# Oryctogr. de Mosc. I. c. p. 177. PI. 51, fig. 1.
Esp. 1324. Bacul. ambiguus m.
PI. XXX VII, fig. 3 gr. nat.; a coquille vue de côté, pourvue de la dernière loge; b fragment plus large à lobes; c coupe transversale du même fragment.
Testa recta, elongata, sensim latior, uno latere convexo, altero plano, utroque margine aequaliter angustato, subacuto, superficie sublaevi, obliquis costis evanidis perquam remotis, ultimo loculo elongato.
Hab. dans la craie marneuse de Karassoubazar en Crimée.
Le test, droit et allongé, se dilate de plus en plus vers la dernière loge, l’un des deux côtés est comprimé, légèrement convexe, l’autre aplati, les deux bords, le dorsal et le ventral, sont également tranchants; la surface était garnie de côtes transversales rares et obliquement situées sur le côté convexe, à peine marquées sur le côté opposé, qui est plan; ce n’est que le moule, et par suite la surface ne montre plus distinctement ses ornements.
Je ne possède que des fragments, découverts par M. Al. de Norp- MANN ; l’un d’eux a près de 6 p. de long; ila 1 p. 41. de large à une extrémité, 1 p. 7 L à l’autre, et se dilate par conséquent doucement; il a une épaisseur de 9 I. au milieu de l'extrémité rétrécie, et à l’autre, qui est élargie, son épaisseur est de 11 L C’est un moule, qui ne montre même pas les traces des cloisons. Un autre fragment, de près de 3 p. de long, a 2 p. 21. de large, et une épaisseur de 1 p. au milieu des côtés; le côté aplati y est aussi légèrement convexe, en sorte que la coupe transversale est presque elliptique, un peu moins convexe à l’un des côtés qu’à l’autre. Les deux bords de ce fragment sont légèrement arrondis et moins tranchants que sur l’individu plus rétréci, dont les côtes obliques ne sont pas marquées sur celui-là. Les cloisons sont assez bien distinctes et ressemblent entièrement à celles du Bacul. anceps.
Le Baculites anceps s’en distingue par sa forme symétrique, les deux côtés sont également convexes et de même garnis de côtes épaisses et obliques, qui se réunissent sur le ventre arrondi et fort élargi, tandis que le dos est tranchant et presque aigu; par là sa coupe est ova-
laire, et non elliptique comme celle du Bacul. ambiguus. Il ressemble dans sa coupe plutôt au Bacul. baculoides de la craie de la France, mais celui-ci est beaucoup plus étroit, muni partout de côtes obliques serrées, et les deux côtés de la coquille sont d’égale convexité, c’est ce que l’on n’observe pas dans le Bacul. ambiguus.
Classe sixième.
Crustacés.
Les Crustacés fossiles ne se trouvent que rarement dans les couches crétacées ; ils sont encore très peu connus en Russie, et n’y ont fourni que quelques fragments de leur carapace calcaire, mal conservée et à peine suffisante pour être déterminée.
Ordre premier.
Prothesmiés.
Voir vol. UL, p. 314.
L'ordre des Prothesmiés contient les Cirripèdes, qui ont été rangés antérieurement parmi les Mollusques, quoique leur corps et leurs pieds articulés ainsi que leur système nerveux ganglionnaire prouvent qu'ils appartiennent plutôt aux Crustacés d’un développement mférieur; ils passent aux Mollusques par les tests calcaires qui entourent leur corps charnu.
Famille première.
Cirripèdes voir vol. IL, p. 314.
Les Cirripèdes fossiles ne commencent à se montrer que dans le terrain crétacé supérieur; ils vivent dans toutes les mers actuelles, sont libres lorsqu'ils sont jeunes, et se fixent aux rochers ou à d’autres Crustacés lorsqu'ils deviennent adultes: c’est alors qu’ils s’entourent de valves calcaires principales, dont les unes forment un cône tronqué, composé de six pièces, les autres l’opercule, composé de deux pièces. Les Cirripèdes forment deux sous-familles, les Balanidés et les Lépadidés, dont les premiers se trouvent dans les terrains crétacés et tertiaires et vivent dans les mers actuelles, les seconds se rencontrent également dans ces mêmes terrains et en outre dans le terrain jurassique, et vivent également encore dans les mers actuelles.
* Lépadidés.
Genre I. Pollicipes Law.
Le test, composé de plusieurs valves calcaires, est fixé à un pédoncule charnu, qui, pourvu de nombreuses écailles très petites, contient le
cône, composé de six pièces ou valves principales; ils tournent leurs pointes en haut. Ce genre se trouve dans le grès vert et la craïe supérieure.
Esp. 1325. Pollic. decoratus m.
PI. XXX VII, fig. 7 gr. nat.; a de Badrak; b de Slavänosserbsk.
Valvae laterales, latac, angulatae. sulcatae, medio paullo convexae et media facie triangulari notatae.
Hab. dans le grès chlorité de Slavänosserbsk au midi de la Russie, et à Badrak en Crimée, dans un terrain crétacé supérieur.
Les tests du cône sont élargis, aplatis, anguleux et marqués sur la surface légèrement convexe d’une élévation médiane (le paries), étroite, et presque triangulaire. Le test commence à la base rétrécie, s'élève en haut, en s’élargissant des deux côtés (les radii), et se termine en pointe. Les deux côtés sont les parties latérales anguleuses et striées, à stries longitudinales, tandis que la partie médiane convexe est parcourue de stries transverses: ce sont des stries d’accroissement serrées et inégales en grosseur.
La valve de Badrak a 11 1. de haut, et 6 1. de large au milieu; elle a une épaisseur de l}2 |. La face extérieure est légèrement convexe, l’intérieure est concave, lisse et pourvue en haut d’un bord articulaire, pour se réunir des deux côtés avec les valves voisines.
La valve de Slavänosserbsk a la même forme et presque la même grandeur ; je la suppose identique avec l'espèce de Badrak. La partie articulaire pointue s’est bien conservée et montre très bien le sillon articulaire, en dessous duquel la face interne est munie de petites granulations, que l’on ne remarque pas dans l’autre valve. Elle a une grands ressemblance avec le Pollic. maximus Sow. de la craie blanche de Norwich* en Angleterre, et si les autres valves des individus de Badrak et Slavänosserbsk étaient connues, on serait à même de décider définitivement la question; les opercules manquent.
#* Balanidés. à
Genre II. Balanus L.
Le corps de l’animal articulé est entouré de six valves réunies ensemble et immobiles, à base élargie et aplatie, par laquelle les valves, qui forment un cône, sont fixées à d’autres corps marins, aux Crustacés décapodes ou aux Coraux; les valves laissent en haut une ouverture,
* Min conchol. I. c. p. 640. PI. 606, fig. 5.
occupée par deux tests operculaires, le scutum et le tergum, qui se réunissent par articulation. (Ce genre se trouve dans les terrains crétacé et tertiaire, et vit encore dans les mers actuelles.
Esp. 1326. Balan. angulatus ».
Conus calcareus e testis sex sulcatis et striatis compositus, basi dilatata, plana, singulis testis apicem versus attenuatis, acuminatis, liberis. Hab. dans le grès vert douteux d’Antipowka sur le bord du Volga.
Le cône calcaire, composé de 6 tests, est fixé par la base aplatie, les valves s'élèvent en haut, ont une extrémité aiguë, et forment par leur réunion une large ouverture, qui paraît être plus large que la base. Les valves latérales assez épaisses sont pourvues d’un sillon médian élargi et profond, et de stries latérales nombreuses. La face interne des valves est parcourue transversalement de stries fines et serrées. Les valves sont réunies entre elles sous des angles saillants.
Notre espèce a une grande ressemblance avec le Bal. unguiformis Sow., avec lequel M. Darwix * réunit le Bal. perplexus Nysr du terrain crétacé supérieur de Klein Spauwen en Belgique; je ne les connais pas par autopsie, mais, à en juger d’après la fig. 4 de la PL ITe de la Monographie des Balanidés fossiles, je suppose que c’est une espèce très voisine. Cependant les parois de l’espèce d'Antipowka sont plus épaisses et pourvues sur le milieu de la face d’un large sillon qui occupe toute la longueur des valves; le dedans de chaque valve est perforé par des canaux longitudinaux, placés les uns près des autres, comme chez les Coronules. Les valves s'élèvent sur une base élargie, se réunissent sous des angles, et se terminent en haut par des parties rétrécies et aiguës, qui sont légèrement réfléchies vers l'extérieur, et forment par là une ouverture plus large que celle du Bal. unguiformis Sow. du terrain éocène de l’Angleterre.
Le cône à 5 1. de large à sa base, et 3 I. de haut; il n’est pas régulièrement conique, mais comprimé et anguleux, par ce que les valves se réunissent sous des angles saillants.
Le Chthamalus Ranzani, autre genre de Balanidés, a été trouvé suivant M. Bosquer, dans le terrain crétacé supérieur de la Belgique, et montre par son gisement que le grès vert d’Antipowka pourrait également appartenir au terrain crétacé supérieur. M. Perzozp a même dé-
* Fossil Balanidae and Verrucidae of great Britain, Paleontogr. Soc. 1854: p. 29. PI. 2, fig. 4. a. b.
crit un Balane du terrain carbonifère des environs de Dresde, cependant M. Quensrenr* doute de l'identité de ce fossile avec le genre Balanus.
L’individu d’Antipowka est en si mauvais état que je n’ose pas en donner de figure.
Ordre second.
Phyllopodes.
Le corps de ces animaux articulés est couvert d’une on de deux valves minces et membraneuses; les nombreux genres, dont la plupart sont microscopiques, vivent dans l’eau douce ou dans‘l’eau salée, et se trouvent fossiles dans tous les terrains. j
Famille deuxième.
Limnadidés.
Le corps est couvert d’un seul test horizontal, ou de deux tests verticaux; la tête est réunie au thorax en un seul segment, l’abdomen est composé de plusieurs articulations; les yeux sont sessiles, les antennes très petites, les pieds natatoires très nombreux soutiennent les branchies lamelleuses, ciliées. Les genres Artemia, Apus, Limnadia, Estheria appartiennent à cette famille, mais les Trilobites, placés par M. BURMEISTER également parmi les Phyllopodes, s’en distinguent et appartiennent plutôt aux Isopodes.
Genre III. Estheria RüpPr.
Cyclas Sow. et Posidonomya Bronx (ex parte). Cypris Bear. Cyzicus AupouIN. Isaura Joy. Asmussia Pacar et Panner.
Les deux tests sont inéquilatéraux, ordinairement triangulaires ou presque ovalaires, le sommet est toujours rapproché du bord antérieur, leur surface est parcourue de stries concentriques, plus infléchies vers le bord postérieur que vers l’antérieur; les dents et les fossettes musculaires manquent aux tests. La tête se prolonge en museau, le dos est dépourvu de tubercules, le nombre des pieds foliacés s'accroît jusqu’à 21 paires ; l'abdomen est pourvu de quelques appendices acuminés. Ce genre se trouve dans l’eau douce et saumâtre, et se rencontre fossile presque dans tous les terrains.
* Petrefactenkunde. 1867, p. 364.
Esp. 1327. Esth. Middendorffii R. Jones.
Monogr. of fossil Estheriae. Lond. 1862. p. 111. PI. 4, fig. 12—22.
Les tests, minces et oblongs, ont le bord dorsal droit, et le ventral arrondi, ie bord postérieur est également arrondi et un peu plus large que l’antérieur; celui-ci est coupé obliquement près du sommet, qui s’approche de ce bord; la surface est marquée de rides concentriques régulières, entre lesquelles on remarque des pores en rangées concentriques semblables.
Hab. dans un schiste argileux du terrain jurassique supérieur, appartenant au purbeck et formant un petit bassin d’eau douce dans la Sibérie orientale sur le bord du fleuve Tourga, affluent de l'Onon, au district de Nertschinsk.
La valve est plus large que haute; elle a 8 L de large et 5 L. de haut; le bord dorsal est droit, plus court que le ventral, qui est presque elliptique, et se continue en un bord postérieur inférieur, qui est légèrement saillant, arrondi, et obliquement tronqué près du bord dorsal. Le bord ventral se continue en un bord antérieur non saillant, moins large que le postérieur, et devenant plus prononcé près du bord dorsal, où le sommet peu marqué est fixé près du bord antérieur.
La valve est couverte d’un épiderme très mince, composé jé couches concentriques d’accroissement; lorsque l’épiderme manque, la structure du test montre de très petites côtes verticales et obliques, situées dans les intervalles des couches concentriques; les côtes très fines sont confluentes ou se réunissent quelquefois et forment des bifurcations, comme M. Joxes l’a représenté sur la fig. 15 de la PI. IV. Les petites côtes sont très rapprochées et forment des stries, qui sont même apparentes au travers de l’épiderme.
M. Jones a observé aussi des oeufs, situés dans la masse celluleuse du corps (PL. IV, fig. 16, 20, 21, 22); ils ne se trouvent pas dans tous les individus et sont encore douteux.
M. J. Mücuer * a donné une figure de cette espèce, sans la décrire en détail; il la rapporte au Limnadia, genre auquel notre fossile n’appartient pas, comme l’a maintenant prouvé M. R. Jones.
Esp. 1328. Esther. orientalis ».
PI. XXX VIT, fig.6 a gr.nat.; a coquille vue de côté; b fragment du test, très grossi.
Testa exigua, oblonga, utraque parte extrema, anteriore et poste-
* Mippenoorrr, Sibirische Reise. Bd. I, Theïl 1. Voy. J. Mücrer, Fossile Fische p. 261. PI. XI, fig. 6.
riore, aequabiliter rotundata, margine dorsali subrecto, vertice vix conspicuo, anteriora occupante, inferiore margine convexo; superficie testae epidermide tenuissimo denseque plicato exstructa, plicis, tanquam rugis, approximatis, invicem confluentibus, reticulatis, strias concentricas incrementi numerosas offerentibus ; interna structura granulosa, granulis minimis intervalla striarum incrementi concentricarum adimplentibus.
Hab. dans le même schiste argileux sur le bord du fleuve Tourga, affluent de l’Onon en Sibérie orientale, où il y avait pendant la période jurassique un bassin d’eau douce purbeckien.
Cette coquille se distingue de l’espèce précédente par sa forme et sa structure; elle est oblongue ou elliptique, plus régulière, à bords antérieur et postérieur également arrondis, à bord inférieur elliptique, et à stries d’accroissement concentriques très régulières; les interstices sont occupés par de petites granulations ou globules arrondis, placés les uns près des autres, sans montrer ni côtes verticales bifurquées, ni rides réticulées, comme l’espèce précédente, qui est en outre plus grande.
L’'Esther. orientalis a 61. de large et 41. de haut; il se trouve pêle-mêle avec l'Esth. Middendorffii, mais plus rarement; les valves de l’'Esth. orientalis sont constamment plus petites; les stries d’accroïissement très rapprochées, situées près du bord inférieur, sont plus espacées versle milieu des valves, et les intervalles remplis de petits globules serrés, tandis que sur l’'Esth. Middendorffii les intervalles des stries d’accroissement sont occupés par de petites côtes verticales simples ou bifurquées.
Je n'ai observé ni les pieds, ni la tête de ce petit Crustacé, ce ne sont que les valves qu’on enrencontre, et souvent en grand nombre, disposées sur les couches très minces du schiste argileux, où elles sont associées aux poissons d’eau douce, à l'Ephemeropsis et aux Paludines.
Je connaissais déjà ces fossiles en 1846, où j'en ai fait mention dans ma Géognosie de Russie, publiée en langue russe; je les avais rangés alors dans les Posidonomyes. M. Jean Müizer, professeur à Berlin, * les a décrits après moi dans le Voyage en Sibérie de M. de Mrppew- DORFF sous le nom deLimnadia. Dans sa notice, M. Müzzer considère le terrain argileux comme tertiaire, mais les poissons étant, à ce qu’il me paraît, pourvus d’une colonne vertébrale incomplétement développée, en partie cartilagineuse, je suis porté à y voir un terrain jurassique supérieur, ainsi je l’avais admis déjà en 1846. Je suppose que c'était
* Miopenporrr, Sibirische Reise. Bd. I, Theil 1, p. 261.
un petit bassin purbeckien d’eau douce qui contenait les poissons, les Paludines et les Crustacés d’eau douce, les Esthéries. Je les avais considérés comme appartenant à une seule et même espèce; mais ayant vu plus tard les différents ornements des valves, l’une à petits grains ou globules serrés dans les interstices des stries d’accroissement concentriques, l’autre à petites côtes et rides dans ces intervalles, j'ai donné à l’espèce à surface granuleuse le nom d'Esth. orientalis, et je conserve à l’autre, dont la surface des valves est pourvue de côtes et de rides en réseau, le nom de M. Jones, Esth. Middendorffii.
Dans sa belle monographie des Esthéries, M.R.Joxes ne fait mention que d’une seule espèce de ces Crustacés; il n’a pas trouvé, parmi les nombreux individus qu’il à dû examiner, les valves de l’'Esth. orientalis, qui se distinguent de l'espèce plus grande par leur forme plus elliptique et par la structure granuleuse dans les intervalles entre les couches d’accroissement, conformation qui paraît suffire pour en faire une espèce particulière d'Esthérie.
Le Posidonomya Becheri Bronx, * du terrain carbonifère, présente une certaine ressemblance avec l’'Estheria Middendorffii par sa forme générale, par les sillons concentriques, séparés par des côtes tranchantes également concentriques, et surtout par des stries transverses, simples ou bifurquées, mais son sommet est situé au milieu du bord dorsal très court ou un peu rapproché du bord antérieur; cependant le bord dorsal n’est jamais droit comme celui de PEstheria.
Ordre troisième.
: Lsopodes.
Voir vol. I, p. 1360.
Le corps allongé est composé de trois régions: de la tête simple, du thorax, composé de 7 ou plusieurs segments égaux, qui fixent autant de pieds, et de l’abdomen, ou simple, ou composé de segments réunis entre eux ou libres, en dessous desquels se trouvent les branchies, couvertes par des lames en battants de porte.
Famille troisième.
Idothéidés.
Le corps, plus ou moins allongé ou élargi, est composé de la tête
* Lethaea geogn. L. c. PI. HT 1, fig. 10.
simple à yeux sessiles et à 4 antennes, du thorax à 7 ou plusieurs segments égaux, qui fixent un nombre correspondant de pieds également allongés, et de l’abdomen à plusieurs segments, dont Le dernier est le plus grand.
Genre IV. Cymatoge (xvuaroyn, litus quo undae franguntur).
Corpus elongatum e capite simplici, thorace 7 vel 8 segmentis, et abdomine 5 segmentis anticis angustioribus et sexto magno convexo exstructis; superficies segmentorum granosa.
Le corps allongé se compose de la tête simple, du thorax formé de 7, 8 ou plus de segments thoraciques à côtés aigus, et de l’abdomen articulé; les premières articulations ou segments sont un peu plus minces et plus courts que les segments thoraciques postérieurs, le dernier segment est plus grand et plus large que les premières articulations; les segments en général sont couverts de petites granulations très serrées, comme le corps des Idothés. Ce genre se trouve dans la craie blanche.
Esp. 1329. Cymatoge Jazykowii ».
Bull. de Mosc. I. c. 1863. IL, p. 416.
Corpus elongatum, angustatum, octo quod videtur, segmentis pectoralibus exstructum ïisque inflexis, in extremas partes laterales acutas utrinque excurrentibus, et sex segmentis abdominalibus inaequalibus, quinque anticis angustis, formam pectoralium mentientibus, ultimoque sexto magno, lato, semicirculari et convexo.
Le corps, allongé et étroit, se compose de 8 segments thoraciques, infléchis en arrière, à extrémités latérales aiguës, et de 6 segments abdominaux, dont les 5 premiers sont étroits et ressemblent aux segments thoraciques, en sorte, qu’ils pourraient même appartenir au thorax et former des segments thoraciques ; le dernier segment abdominal est large et convexe , et rappelle l’abdomen des Trilobites et de l’'Archaeoniscus.
Hab. dans la craie blanche de Ssimbirsk aux environs du village de Jazykowo.
Les segments étroits, situés au thorax en rangée interrompue, sont plus nombreux que ceux de l’Idothée vivante, qui n’en a que sept, tandis qu’il y en a distinctement huit dans le Cymatogé, et même 10 ou plus, si les premiers segments abdominaux de forme presque égale sont considérés encore comme thoraciques. L’abdomen serait alors com-
posé de trois segments étroits et du quatrième terminal plus large, convexe et semi-circulaire.
Mon échantillon est cependant si incomplet qu’il est difficile de compter exactement les segments thoraciques et d'indiquer la place aux premiers segments abdominaux, qui manquent des appendices latéraux des Cymothoïdés: cest pourquoi je range le genre Cymatogé plus naturellement dans la famille des Idothéidés, qui se rapproche des genres très voisins des Trilobites de la Période ancienne. Les Cymatogés et les Archaeoniscus sont les dernières traces des Trilobites dans les Périodes moyenne et moderne, dont celle-ci contient aussi un Sphaero ma fossile en Bessarabie, le Sph. exsors.*
Ordre quatrième.
Décapodes.
Les Crustacés Décapodes ont le corps couvert d’un test presque calcaire, la tête réunie au segment thoracique en céphalothorax, et l’abdomen composé de plusieurs segments; les quatre antennes sont allongées, les yeux, à facettes cornées, pedoneulés, la bouche entourée de d paires de pieds maxillaires accessoires, et le thorax garni de 5 paires de pieds thoraciques, qui fixent les branchies; l'abdomen articulé supporte 5 paires de fausses pattes, qui soutiennent chez les femelles les ovules jusqu’à leur développement complet. Les trois sections principales, les Brachyures, les Anomuresetles Macroures, ont des représentants en Russie dans la Période moyenne.
* Brachyures.
Genre V. Prosopon Mrrrr.
Le céphalothorax convexe est plus long que large, à angles arrondis, la région capitale est composée de deux parties latérales et de la partie moyenne presque triangulaire, qui occupe, jusqu’au premier sillon transverse, plus que le tiers du céphalothorax; un second sillon traverse la moitié de la surface, dont la région postérieure est occupée par deux parties latérales plus larges et presque carrées, et par une partie triangulaire moyenne, située entre les latérales. Ce genre se trouve dans le terrain jurassique.
* Ball. de Mosc. L. c. 1863. IT, p. 419.
Eichwald, Lethaen rossica. II. 75
Esp. 1330. Prosop. rostratum Mer.
PI. XXXVIL fig. 5 a gr. nat.; b grossi.
H. v. Meyer, Neue Gattungen fossiler Krebse p. 24. PI. 15, fig. 3.
Le petit céphalothorax finement granulé est divisé par deux sillons transverses en deux régions égales, l’antérieure et la postérieure; la première est composée de deux parties latérales, presque triangulaires, qui s’atténuent en avant. sont terminées chacune par un petit tubercule, et se réunissent, au devant des deux tubercules, en un petite pointe. La partie médiane est presque cordiforme, et se prolonge en une pointe filiforme, située entre les parties latérales. Les deux sillons, légèrement arqués en avant, limitent une petite portion étroite et transversale, située entre les deux sillons; au milieu de sa surface elle est pourvue de deux petits enfoncements. La région postérieure se compose de deux parties latérales, triangulaires comme les antérieures, et un peu plus grandes que celles-ci; la partie intermédiaire, située entre les latérales, est très petite et arrondie.
Hab. dans le jura blanc de Werëwkine près de Petrowskaya du gouvernement de Kharkow, associé au Trigonia costata, ainsi que dans le jura blanc de Stramberg et Kehlheim en Allemagne.
Le petit céphalothorax a 8 1. de long et 2 I. de large.
Je ne connais ni les pieds, ni les autres parties du petit céphalotho- Tax, qui à une certaine ressemblance avec le Trachynotus sulcatus Bezz* du grès vert du Wiltshire; celui-ci pourtant est plus large que long et marqué de 5 sillons transverses.
Genre VI. Podopilumnus M'Cor.
Le céphalothorax est demi-elliptique au bord antérieur, à front muni de 4 dents, et à cavités oculaires profondes ; les bords latéraux antérieurs du céphalothorax sont tranchants et munis de 3 ou d’un plus grand nombre de pointes, dont les postérieures sont plus longues que les antérieures. Les bords latéraux postérieurs sont droits, arrondis et convergents. La surface est garnie de 2 sillons profonds médians et parallèles entre eux, et passent tout droit de la partie postérieure à l’antérieure; deux autres sillons, légèrement arqués, traversant le céphalothorax, sont parallèles aux bords latéraux postérieurs. L’abdomen de la femelle est composé de 7 segments élargis et ovalaires; les 4 pieds postérieurs sont inégaux, légèrement comprimés et très longs, à troisième articula- * Monosgr. of fossil. malacostracous crustacea of Great Britain. London p. 2. 1862. PI. 1, fig. 1.
tion aussi longue que les bords latéraux du céphalothorax. Ce genre se trouve dans le terrain crétacé.
Esp. 1331. Podopil. Fittoni M'Covy. aff.
Le céphalothorax est arrondi en avant, tronqué des deux côtés en arrière ; les sillons médians sont profonds et s’enfoncent dans les sillons demi-circulaires, qui se réunissent sur le milieu du céphalothorax près du bord postérieur; la surface est garnie d’autres petits enfoncements irréguliers.
Hab. dans la craie marneuse de Baktschissaraï, ainsi que dans le grès vert de Lyme Regis.
L'individu de la Crimée est plus grand que celui de l'Angleterre; le céphalothorax a 2 p. 1 1. de large et 1 p. 9 1. de long; il a par conséquent aussi une forme un peu différente de celle du Podop. Fittoni; il n’est pas anguleux en arrière, comme celui-ci, maïs plutôb arrondi. Les pieds-mâchoires à palpes de lindividu de la Crimée ont 6 1. de long et 2 1. de large, le thorax à sa partie inférieure est composé de 5 larges segments, enfoncés au milieu, et offrant la largeur de 1 p. Les pieds ne se sont pas conservés; l’abdomen manque également.
#* Anomures.
Genre VII. Dromiolites Miine EDw.
Le céphalothorax et presque carré, arrondi, convexe, prolongé au front etonduleux des deux côtés, tronqué en arrière; le front est muni de 3 dents, dont celle du milieu est la plus courte; la surface est tuberculeuse, à bubercules granuleux et placés en plusieurs rangées; les dernières paires de pieds, placées au dos, ne servent pas à la marche.
Esp. 1332. Drom.rugosus SCHLOTH. sp.
Reuss, Kreide v. Bôhmen I, p. 15. PI. 7, fig. 29. PI. 11. fig. 23. Agicn, Mém. de l’Acad. des Sc. de St. Pétersb. IX. partie première 1859, p.464.
Le céphalothorax est pourvu de grands orbites, entre lesquels le front, à 2 dents latérales allongées et à 1 dent médiane plus petite, se prolonge en saillie; les deux côtés sont marqués de 5 incisions par autant de gros tubercules, les autres tubercules forment 5 rangées longitudinales sur la surface du céphalothorax; ïls sont marqués de nombreuses petites grauulations.
Hab. dans un grès crétacé argileux de la crête montagneuse de
75 Lo
Korta, sur une pente inclinée vers Oni aux environs de Radsha en Imérétie, ainsi que dans le plänermergel de Postelsberg en Bohème.
Le grès de Korta contient, parmi beaucoup de Coraux et de Spongiaires, de nombreuses carapaces de Crustacés fossiles, que M. ABicu place dans le genre Dromia, voisin de Dromiolites rugosus; le grès devrait par conséquent être considéré comme appartenant au terrain Crétacé supérieur et non au jura.
### Macroures.
Genre VIII. Meyeria M'Cor.
Le céphalothorax est comprimé, muni de plusieurs carènes, et prolongé en un rostre également caréné, le sillon derrière le rostre est anguleux et caréné, l'abdomen sculpté est semi-cylindrique, à second segment très large et arrondi, les appendices caudals sont élargis et divisés en plusieurs iobes par des sillons longitudinaux. Ce genre se trouve dans les terrains jurassique et crétacé.
Esp. 1333. Meyeria vectensis BEL.
Glyphaea Bronnii (Roew.) A. Vosinsuy, Notice sur les restes de Crnstacés fossiles du jura de Moscou. Bull. de Mosc. 1848, p.494. PI.IX, fig. 1—5. Meyeria vectensis BEzz, Fosil malacostr. crust. 1. ce. p. 33. PI. X.
Le céphalothorax se distingue par son rostre et la partie antérieure carénés; le rostre est pourvu de trois carènes latérales parallèles et longitudinales, le bord rostral supérieur est également caréné et tranchant ; la partie antérieure du céphalothorax, séparée du rostre par un sillon vertical, est pourvue de deux sillons obliques, qui se réunissent sur les dos en angle aigu; la surface du céphalothorax est garnie de nombreux tubereules ou granulations, ainsi que les pieds et leurs pinces. ÿ
Hab. dans le néocomien de Khoroschéwo près de Moscou, dans le grès néocomien ferrugineux de Poliwna près de Ssimbirsk, ainsi que dans le grès vert d’Atherfield de l’île de Wight.
Les restes de l’espèce découverte par M. Vosnsxy à Khoroschôwo consistent en deux moitiés de carapace à demi brisées, en une pince et en morceaux de doigts. Le céphalothorax est presque deux fois plus long que haut; il est divisé en trois parties par deux sillons transversaux principaux; les sillons sont fortement marqués et profonds; l’antérieur s’élève perpendiculairement, et divise le rostre de la partie principale du céphalothorax, l’autre sillon est double et traverse obliquement le céphalothorax pour se réunir au dos avec les sillons de l’autre côté sous un angle aigu. Les granulations sont inégales, de plus grosses mêlées à,
de plus petites, entre lesquelles on observe de petits pores. Les premiers pieds se composent d'articles très longs et étroits, munis de nombreux tubercules en rangées plus ou moins régulières, longitudinales; les tubercules de la face intérieure sont plus épais sur l'individu de Moscou (1. c. PI. 9, fig. 8a) et se distinguent par là de l’espèce d’Atherfield, car M. Bezs ne fait pas mention de cette partie dans sa description, parce qu’elle m’était pas distincte; il ne mentionne pas non plus les larges pinces figurées de Khoroschôwo par M. Vosinsxy.
Les autres caractères de l'individu d’Atherfield sont tout à fait identiques avec ceux de l'individu de Khoroschéwo. Le céphalothorax, suivant M. Bezz, est très comprimé et haut, le sillon nuchal, qui divise le rostre d'avec la partie antérieure du céphalothorax, est profond, le rostre a presque le quart de la longueur du céphalothorax, est garni de trois carènes granuleuses de chaque côté et d’une semblable Carène au bord supérieur rostral. La carène inferieure est la plus courte, les deux supérieures deviennent de plus en plus longues; une semblable carène, plus épaisse, munie de petits tubercules et limitée des deux côtés par un sillon assez profond, s’élève du bord rétréci du céphalothorax vers son dos, où il se réunit en angle aigu avec les sillons du côté opposé.
L’individu de Khoroschéwo est plus petit que celui de Pile de Wight; il n’a que 1 p. 6 1. de long et 8 I. de haut.
M. Vosixsky a pris l'espèce de Khoroschowo pour le Glyphaea Bronnii Roew.* du coral-rag de Hersum des environs de Hanovre. En eflet le céphalothorax offre une grande ressemblance avec cette espèce jurassique, mais les pieds à articles longs et étroits paraissent plutôt appartenir au Meyeria vectensis, dont les premiers pieds se caractérisent pas de très longs articles et par des pinces très larges et longues. -Le céphalothorax du Glyph. Bronnii présente, aux bords antérieur et inférieur, une large et profonde échancrure, que l’on n’observe pas sur l'individu de Khoroschôwo, qui se rétrécit insensiblement en avant et passe en un rostre élargi et presque triangulaire. Ajoutons à cela les longs articles de la première paire de pieds, la pince très grosse et comprimée (1. c. fig.2 et 2 a) de l'individu de Khoroschéwo et les longs doigts de la pince (1. c. fig. 8a. b). Il nous paraît plus naturel de considérer cette espèce comme néocomienne Meyeria vectensis, que d'y voir une espèce jurassique.
Une grosse pince a été observée par M. de Jazyrkow dans le grès
*# Norddeutsch. Oolithgeb. p. 51. PI, 20, fig. 33.
néocomien ferrugineux de Poliwna; elle paraît également appartenir au genre Meyeria, peut-être à l'espèce même de Khoroschôwo.
Genre IX. Mecochirus GER.
Eumorphia Herx. v. Meyer.
Petit corps allongé, à petits pieds très longs et fort étroits; le céphalothorax étroit est divisé par un enfoncement presque triangulaire en deux parties inégales, dont l’antérieure , plus petite, est munie d’un petit rostre aigu et pourvu à sa base de deux petits piquants. È
Ce genre se trouve dans le terrain jurassique.
Esp. 1334. Mecoch. socialis Münsr.
Le petit corps allongé est muni de pieds très étroits et longs, à métatarse très grêle, allongé et pourvu d’un ongle très aigu et allongé.
Hab. dans le jura brun à Ammonites ornatus des environs de Kaluga, où il remplit de petites géodes, ainsi que dans le même terrain de Gammelshausen au Wurtemberg. Les petits individus n’ont qu’un pouce de long et se trouvent toujours dans des géodes calcaires du jura brun de Gammelshausen et Oberlenningen; grâce à M. Quensrepr, j'en ai vu un individu des environs de Kaluga, dans la belle collection de l’Université de Tübingen, mais je ne le connais pas dans les collections de Russie.
Genre X. Clytia Mer.
Le céphalothorax est allongé, arrondi au dos, et convexe des deux côtés, il est rétréci aux deux extrémités et échancré en arrière, pour recevoir labdomen; le front s’allonge en un vostre aigu portant de chaque coté quelques piquants. Les côtés sont marqués de deux sillons profonds, qui divisent le céphalothorax en trois régions mégales, dont la postérieure et la plus grande, l'intermédiaire la plus petite. L’abdomen est composé de 5 segments, munis sur le bord antérieur d’un petit sillon pour l’articulation avec le segment précédent; les deux côtés des segments sont marqués d’une impression transversale, et arrondis au bord; les lames natatoires sont plus larges que longues ; l'intermédiaire, carrée, est garnie de plusieurs impressions. Ce genre se trouve dans le terrain crétacé.
Esp. 1335. Clyt. Nordmanni #».
PI. XXX VIT, fig. 4 gr. pat. : a vu de côté; b vu d'en haut.
Corpus elongatum, leniter compressum, subtiliter foveolatum; cepha-
lothorax utrinque attenuatus, duobus sulcis, altero verticali, altero arcuato oblique in dorsum ascendente e6 cephalothoracem in duas partes fere aequales dividente ; primi paris pedes longissimi, tenues, articulis sub angulo inflexis; segmenta 5 abdominalia latiora quam longiora, utrinque fovea transversa elongata notata inque extremas nartes laterales subrotundas excurrentia; laminae natatoriae latae margine denticulato instructae.
Hab. dans la craie marneuse de Badrak, où cette espèce a été observée par M. ARTHUR DE NoRDMANx fils.
Le corps allongé est garni de petits enfoncements très serrés ; il paraît par là comme pointillé; les deux côtés du céphalothorax sont marqués de deux sillons, dont l’antérieur s'élève perpendiculairement vers le dos arrondi, et se réunit près du bord inférieur avec le second sillon; le postérieur, qui s’élève en arc oblique vers le dos, divise le céphalothorax en deux parties presque égales; les sillons arqués forment sur les dos un arc, à convexité contournée en arrière.
Les pieds de la première paire sont très longs et étroits; les deux articles qui viennent après la hanche très petite sont fort longs et étroits; il ont près de 10 1. de long.
L’abdomen est marqué des deux côtés par de profonds enfoncements près du bord antérieur des segments, et par la lame latérale arrondie et également enfoncée sur toute sa surface pour être reçue sous le segment précédent pendant l’enroulement de l’abdomen. Le corps a près de 4 p. de long et 9 I. de large au thorax.
Classe septième.
Insectes.
Les Insectes se retrouvent rarement fossiles dans les terrains d’eau douce, dans l’ambre ou dans des dépôts terrestres; on n’y observe ordinairement que des impressions de leur corps. Les parties molles et délicates, les antennes, les mâchoires cornées, les pieds, les segments thoraciques et abdominaux, ne se sont conservées que très rarement. La Russie, si peu connue relativement à la paléontologie, ne m'a fourni jusqu'ici que les impressions d’une larve d’Orthoptère.
Ordre premier.
Orthoptères.
Les Orthoptères forment plusieurs sections, dont la cinquième comprend les Or thoptères amphibiotiques proprement dits: ils présentent les genres fossiles les plus nombreux et bien conservés dans le terrain tertiaire près d'Oeningen en Suisse. C’est là que M. Hwer a observé, outre un grand nombre de genres d'Hémiptères, d’Orthoptères, un grand nombre de Libelles, de Termites et une espèce d'Ephémère; ces dernières sont précisément les Insectes les plus connus, vivant actuellement dans toute l’Europe. Il est donc très curieux de trouver un sous-genre d'Ephemère, l'Ephemeropsis, comme genre unique d’Insectes observé jusqu’à présent dans la Russie asiatigne, tandis que les terrains d’eau douce de la Russie d'Europe ne nous ont pas fourni la moindre trace des Insectes aquatiques. D’autres Orthoptères, voisins des genres Bittacus et Panopaea, à en juger par la forme de leurs ailes et par les veines de ces ailes, ont été observés dans le lias et le wealden d'Angleterre. Les Libelles des temps passés se distinguent par les veines bifurquées longitudinales des aiïles dépourvues de taches; on les nomme par cette raison de Orthophlèbes, car les veines transverses leur manquent. Les Neuroptères n’ont pas encore été trouvés dans le bassin d'eau douce de la Sibérie orientale, d’où je ne connais que quelques larves ; je ne suis pas à même de reconnaître à quel genre celles-ci appartiennent, et je me vois réduit à leur donner un nouveau nom, celui d'Ephemeropsis, comme appartenant à un genre voisin des Ephemères d'aujourd'hui. :
Genre XI. Ephemeropsis m.**
Larvae corpus elongatum, articulatum, capite magno, thorace simplici, angusto et duobus abdominis segmentis mesothorace et metathorace conjunctis, utrinque alas incomplete evolutas sibique invicem impositas figentibus nec non octo segmentis abdominalibus genuinis instructum, quolibet segmento abdominali filiformi, bifurcatas utrinque lamel-
las branchiales ipsoque postico tres setas PRE IES respiratorias et ciliis ornatas gerentibus.
* Die Urwelt der Schweïz. Zürich 1865, p. 367. * Le mot Ephemeropsis se compose d'Ephemera, l'insecte partout commun, el de ’@W, la vue,c’est-à-dire Insecte ayant l'apparence d'une Ephémère.
Le corps allongé de la larve est composé de la tête assez grande, du thorax simple (le prothorax), de deux segments abdominaux réunis (le mésothorax et métathorax), auxquels se fixent deux ailes ovalaires, supérieures, une de chaque côté, recouvrant les aiïles inférieures, de sorte qu’on n’en voit pas de traces à l'extérieur; les huit segments abdominaux qui suivent, sont d’égale largeur et supportent de chaque côté des houppes branchiales, filiformes et probablement bifurquées, à en juger d’après la structure des genres vivants; le dernier segment abdominal est orné de trois filets terminaux ciliés, dont les latéraux sont aussi longs que l'intermédiaire. Ce genre se trouve dans un terrain purbeckien, qui forme un bassin d’une extension assez considérable dans la Sibérie orientale.
Esp. 1336. Ephemerops. orientalis m.
PI. XXX VII, fig. 8 gr. nat.
Larvae corpus elongatum, duobus stratis chitinicis exstructum, caput duobus striis chitinicis postice conniventibus notatum aliaque macula conjunctorum mesothoracis et metathoracis instructum, segmenta singula abdominis in medio dorso macula simili lucidiore notata et singulis branchialibus lamellis utrinque praedita, tres setae terminales respiratoriae ciliis ornatae.
Hab. dans le schiste argileux de l'étage purbeckien du terrain jurassique sur le bord du fleuve T'ourga, affluent de l’Onon, près du village de Konduyewskaya dans le district de Nertschinsk de la Sibérie orientale.
Je ne connais que la larve seule en impressions peu distinctes et par-là difficiles à caractériser; M. Bessezs, à Stuttgart, à eu l’obligeance de dessiner la figure que j'en donne ; elle paraît suffire pour constater les caractères du genre Ephemeropsis et ses différences d’avec lEphemera.
La partie antérieure de la tête n’est pas distincte; la larve, d’après Pimpression sur le schiste argileux, se compose de deux couches chitineuses très minces; la tête, assez grande eb arrondie, ne montre que deux stries légèrement saillantes chitineuses et convergentes en arrière; elles semblent rappeler les ocelles de lEphemeropsis, quoique ces parties. allongées ne puissent pas être des ocelles, car ceux-ci sont en général formés par un pigment foncé, qui s’efface facilement, surtout par la fossilisation. Il se peut donc que ces parties allongées aient appartenu aux mâchoires, qui seraient visibles par transparence, ou à quelque autre partie de la tête. Le bord antérieur du mésothorax présente un enfoncement plus grand et presque triangulaire, rappelant d’autres enfoncements ar-
rondis pairs, situés au milieu du dos de chaque segment abdominal ; des enfoncements semblables se retrouvent également sur les segments d’autres Insectes et y marquent des endroits plus transparents de la membrane chitineuse des segments abdominaux. Ceux ci sont en outre pourvus de chaque côté d’une houppe branchiale, qui prend origine en un filament simple et se bifurque immédiatement; les houppes par conséquent sont doubles, fixées des côtés des segments abdominaux, comme sur les larves des Ephémères actuelles. Les 3 filets ou soies terminales respiratoires, bien longues et annelées, sont composées de nombreux articles, qui forment de petits tubes courts, cylindriques et ornés de petits cils. :
L’Ephemeropsis orientalis de l'argile schisteuse du fleuve Tourga ne montre que deux aïles, une de chaque côté; il faut par conséquent supposer que les deux autres aiïles se trouvent en dessous des deux ailes ovalaires que l’on voit distinctement marquées sur le mésothorax et le métathorax, mais ce ne sont effectivement que les deux étuis des ailes que l’on à sous les veux. LesEphémères vivent très fréquemment près des fleuves à fond argileux, et c’est ainsi que largile schisteuse à pu les ensevelir dans la Sibérie orientale.
La larve fossile a 2 pouces de long, les segments abdominaux ont 4 lignes de large; l'individu était par conséquent d’une taille plus grande que les Ephémères du monde actuel, qui toutes sont d’une grandeur beaucoup moins considérable.
L’'Ephemeropsis orientalis est associé dans le petit bassin d’eau douce à d’autres genres d'animaux fluviatiles, au Paludina pura, à l'Ancylus orientalis, aux EstheriaMiddendorffii etorientalis, ainsi qu’à plusieurs poissons d’eau douce, Lycoptera macrorhyncha et Middendorffii.
Je n'ai pas figuré l’'Ancylus, car il n'existe qu’en un individu unique, indistinct; les valves n’ont laissé que de légères impressions; elles semblent plates, à sommet presque central, marqués à l’entour du sommet de nombreuses stries ou sillons concentriques et inégales en profondeur; des sillons plus profonds alternent avec des sillons plus fins et plus serrés, surtout près du bord des valves. Le sommet n’est pas tout à fait central, mais situé plus près d’un bord que de Pautre; la valve est presque elliptique, plus large de devant en arrière que des deux côtés; elle a 11) 1. de long et 1 1. de large. :
Quant aux poissons d’eau douce associés àl’'Ephemeropsis, j'en donnerai la description détaillée plus loin; j'ajoute encore ici que j'ai
déjà en 1864 proposé le genre Ephemeropsis aux Naturalistss allemands, réunis alors à Giessen, comme on ie voit par le Bericht der Versammlung der deutschen Ârzte und Naturforscher zu Giessen, de l’année
Classe huitième.
Poissons.
Voir vol. I, p. 1495.
Les Poissons, très riches en genres fossiles de Placoïdes et Ganoïdes dans la Période ancienne, ne se retrouvent qu’en genres très peu nombreux dans la Période moyenne; les Ganoïdes de cette Période sont si peu caractéristiques qu'ils rappellent plutôt les Téléostéens, dont le nombre est très grand dans les terrains jurassique et crétacé, ainsi que dans les mers et les fleuves de la Période actuelle. Le terrain jurassique, surtout Le liasique, abonde en Ganoïdes fossiles de genres éteints, dont les plaques ou écailles osseuses anguleuses sont couvertes d’émail, tandis que les T'éléostéens se caractérisentpas desécailles cornées plutôt minces et dépourvues d’émail, et constituent deux grandes sections par leurs écailles, tantôt arrondies et lisses, les poissons Cycloïdes, tantôt arrondies et dentelées à leur bord postérieur, les Cténoïdes, entre lesquels cependant il n’existe pas des limites bien marquées, mais qui offrent au contraire des transitions fréquentes. Par cette raison M. J. Müzcer les a réunis en un seul grand groupe sous le nom de Téléostéens; G. Cuvier les avait anciennement divisés en Malacoptérygiens et en Acanthoptérygiens. (Ce sont des poissons marins et fluviatiles, dont le nombre des espèces vivantes surpasse maintenant celui des espèces fossiles.
Ordre premier.
T'elecsteens.
Les poissons de cet ordre sont caractérisés par des écailles plus ou moins molles, cornées et dépourvues d'émail; les nageoires dorsales, à rayons articulés, sont pourvues du premier rayon inarticulé, plus gros et
plus fort que les suivants; ces poissons s'appellent Acanthoptérygiens et se ne rencontrent fossiles que dans le terrain tertiaire, tandis que les Malacoptérygiens, à premier rayon des nageoires dorsales mou et articulé, comme les autres rayons, se trouvent déjà dans le terrain crétacé. Les nageoires abdominales sont fixées tantôt derrière les pectorales, tantôt devant celles-ci, comme chez plusieurs Poissons marins et même d’eau douce, qui d’après la forme des écailles se divisent en C ycloïdes et Cténoïdes. Les genres de Téléostéens ont été trouvés jusqu'à présent très rarement dans les terrains jurassique est crétacé de la Russie.
Famille première.
Percoïdés.
Les Percoïdés ont les deux nageoires dorsales très rapprochées eb les abdominales tout près des pectorales, l'os tympanique (le préopercule) est pourvu de fortes dents, surtout à son bord inférieur, l’angle de l’opercule branchial se continue en une forte épine. Ce sont des poissons de mer et d’eau douce.
Genre I. Beryx Cu.
Les poissons de ce genre se retrouvent quelquefois en squelette fossile, muni encore d’écailles bien conservées; les pectorales etles abdominales sont fixées à leur place normale, la dorsale est unique; les rayons deviennent de plus en plus longs jusqu'aux rayons postérieurs mous ; les vertèbres sont courtes et pourvues de longues apophyses épineuses ; les mâchoires sont munies de dents en brosse; ces écailles sont arrondies, striées vers le bord postérieur élargi. Ce genre se trouve dans le terraim crétacé.
Esp. 1337. Ber.ornatus Aaass.
PI XXX VIT, tig. 14—15 gr. nat.
Poissons fossiles IV. LI. e. p. 115. PI. 14b, fig. 1—2. PI. 14e, fig. 1—6. ManreLz, Zeus Lewesensis Geology of Sussex PI. 34, fig. 6. Dixon, fossils of Sussex I. e. p. 371. PI. 36, fig. 1—3. Beryx Leuchtenbergensis AuereacH, Bull. de Mosc.
Les écailles seules se trouvent fossiles en Russie; leur surface est ornée de stries d’accroissement concentriques, ondulées, les écailles sont presque carrées, aussi larges que longues, tronquées en avant et marquées de 4 à 6 plis ou stries rayonnant du centre à la periphérie du bord postérieur.
Hab. dans létage supérieur du terrain crétacé des environs du village de Kharkowo, à la limite des gouvernements de Moscou et de Kaluga, dans la craie chloritée du gouvernement de Tambow au district de Kirssonow, près du village de Kalughino dans un semblable terrain du gouvernement de Ssimbirsk, ainsi que dans le groupe du pläner de Kutschline, de Krondorf et d’autres localités de Bohème, dans le plänerkalk inférieur de Kosstiz et dans le plänermergel de Luschitz, de Priesen et ailleurs en Bohème, dans l'étage supérieur et inférieur crétacé de Sussex et de Kent, où cette espèce est très commune.
Les écailles des individus de Kalughino sont plus arrondies et fixées sur le corps du poisson, les postérieures à moitié recouvertes par les précédentes ; leur bord postérieur libre est strié, comme plissé, à plis rayonnés; les autres bords sont presque lisses et marqués, comme toute la surface, de stries concentriques délicates. Les écailles ont 3 L. de long et 31/2 1. de large; leur bord postérieur présente plusieurs rangées concentriques de petits piquants, par lesquels ce bord paraît comme dentelé. La ligne latérale est en tube, rétréci en arrière et renflé au centre de l’écaiïlle. |
Les écailles des individus de Ssimbirsk sont g'arnies du côté arrondi de plusieurs plis et étaient fixées à une autre partie du corps du poisson que ceux de Kalughino.
Esp. 1338. Ber. dinolepidotus Fiscx.
Bull. de Mose. 1. ce. 1841. 1, p. 465 PI. VIIL.
Les écailles de cette espèce sont plus grandes, finement dentelées, à dentelures plus allongés, très aiguës, et à bord postérieur orné de plis rayonnés, entre lesquels on observe dans les interstices de petites granulations.
Hab. dans la craie blanche du gouvernement de Woronesh. On trouve aussi dans la même localité des vertèbres qui sont profondément sillonnées, à sillons parallèles sur les côtés convexes, se dirigeant du bord postérieur vers l’antérieur.
Famille deuxième.
Salmonés.
Les nageoires sont fort développées, la dorsale est opposée aux abdominales et même placée un peu derrière elles, l’anale est large, la
caudale fourchue; les mâchoires sont armées, ainsi qui les palatins, de fortes dents.
Genre II. Osmeroides AGass.
Salmo Marr.
Le corps des Osméroïdes est plus trapu que celui des Eperlans (Osmerus), et le pédicule de la queue est moins rétréci; la dorsale est plus avancée, et son insertion n’est pas au milieu du dos, mais au tiers antérieur du corps; la caudale ainsi que les abdominales et les pectorales sont très développées, l’anale est assez petite. Le squelette ressemble beaucoup à celui des Clupes, excepté que les côtes sternales manquent (AG). Les dents sont en velours ras, et les écailles peu connues. Ce genre se trouve dans le terrain crétacé.
Esp. 1339. Osmer. Lewesiensis Acass.
PI. XX XVIIL, fig. 16 et 17, a écaille en gr. nat. : b grossie.
Poiss. foss. V. I. c. p. 60.
Les écailles très minces sont presque ovalaires et ornées de stries d’accroissement très fines et serrées, qui occupent les trois quarts de leur surface; le bord postérieur est marqué de quelques sillons, qui prennent naissance au centre et passent jusqu’à la périphérie, où l’on remarque de profondes échancrures.
Hab. dans le grès quarzeux de la craie supérieure des environs d’Ossinovo au gouvernement de Kharkow, dans la craie marneuse d’Akhmate au sud de Ssaratow sur le Volga, ainsi que dans la craie blanche de Lewes en Angleterre.
L’écaille de l'individu d’Ossinowo est allongée transversalement, à bord antérieur lisse et arrondi, à bord postérieur plissé; elle a 6 L. de long et 51) 1. de large; les plis du bord sont au nombre de 7 et se dirigent du centre vers le côté postérieur.
l’écaille de l'individu d'Akhmate est presque circulaire, fixée au corps du poisson; par une base rétrécie et arrondie le bord postérieur est comme coupé par trois incisions en quatre plis, dont les deux latéraux sont plus larges que les médians; la surface paraît lisse, dépourvue de stries d’accroissement distinctes. I’écaille n’a que 1 1. de large. Une autre écaille d’Akhmate est entièrement circulaire, ornée de nombreuses stries d’accroïissement concentriques et très fines; elle est fort mince et pourvue à la face inférieure d’une carène d’attache, qui part du centre et
se prolonge jusqu’au bord postérieur ; l’écaille a 11/4 1. de large et 1 1. de long.
Famille troisième.
Clupéidés.
, Les os intermaxillaires et le supramaxillaire forment le bord de la
mâchoire supérieure; les dents en brosse se trouvent dans les deux mâchoires et tombent facilement; la dorsale unique n’a pas d’autre nageoire située en arrière; l’anale est plus ou moins opposée à la dorsale, les ouvertures branchiales sont larges et passent jusqu’à la gueule; les écailles sont grandes, minces et facilement caduques ; leur bord est entier et l’abdomen tranchant en scie.
Genre III. Lycoptera Mür.
Le corps allongé des Lycoptera est comprimé, la tête assez grande, le museau arrondi, à mâchoires garnies de dents très petites et coniques, les yeux assez grands, situés assez haut et vers le devant, à nageoire dorsale unique, située en arrière et opposée à l’anale, ou située tantôt au devant, tantôt en arrière de la dorsale, les ventrales placées au milieu du corps, derrière les pectorales, qui sont d’égale longueur, la caudale allongée et profondément échancrée à lobes égaux; écailles assez grandes, imbriquées, cycloïdes, à fines stries concentriques et à sillons longitudinaux marqués le plus près des bords inférieur et supérieur des écailles, c’est la surface de la peau recouvrant les écailles qui est sillonnée. Les écailles abdominales , surtout derrière les pectorales et au devant des ventrales, sont plus grandes et comme tranchantes, à peu près comme chez les Clupés, sans former cependant de scie (abdomine non serrato). La colonne vertébrale est légèrement courbée en haut près de la caudale, comme chez les T'éléostéens; elle est composée de vertèbres osseuses, à faces articulaires profondément excavées; leur nombre est de plus de 40; les côtes fines sont fort longues, arquées en avant, et diminuent de plus en plus en longueur vers l'extrémité postérieure; leur nombre semble être de 20 paires. Les ventrales se fixent aux os du bassin, qui sont ällongés et se réunissent sous un angle aigu; les dorsales, Panale et la caudaule s'appuient sur les rayons de ces nageoires, sans avoir de fulcres. Les rayons branchiostiques sont au nombre de 10. L’opercule, composé d’une grande lame supra-operculaire, est arrondi et pourvu de sillons profonds concentriques. La ligne latérale est droite,
ses écailles montrent sur leur milieu le petit tube muqueux; elle s’approche légèrement du dos au dessus de l’anale, et se continue vers la base de la caudale. Ce genre paraît se trouve dans le wealdéen, considéré comme faisant partie du terrain crétacé inférieur.
Esp. 1340. Lycopt. macrorhyncha ».
PI. XXX VIIL, fig. 1—4.
Pholidophorus macrorhynchus, Géognosie de Russie 1846, p. 498. Aethalion macrorhynehus, Bericht über die Versammlung der deutschen Ârzte und Naturforscher in Giessen, 1865.
Corpus nonnihil longius, tenue, caput minus, pectorales et ventrales pinnae breviores; pinnae dorsales annali oppositae aut postpositae, breviores. ( k
Hab. dans le schiste argileux au bord du fleuve Turga, affluent de l’Onon, au district de Nertschinsk dans la Sibérie orientale.
Le corps du poisson est un peu plus long que celui du Lycopt. Middendorffii, qui est en outre plus trapu ; la tête est assez grande, les pectorales et les ventrales plus courtes que dans le Lycopt. Middendorffii, la dorsale située au dessus de l’anale (pinna dorsalis anali opposita), ou derrière l’anale (pinna dorsalis anali postposita), différence principale d’avec celui-ci, dont la dorsale est toujours située au de- vanÿ de l’anale; les mâchoires semblent d’inégale longueur et sont g'arnies de petites dents aiguës, en brosse, la bouche est grande et dépasse les yeux en arrière.
Le Lycoptera macrorhyncha (PI. XXXVIIL, fig. 1—4) montre le poisson entier, sauf le bord antérieur de la tête, qui manque; il est placé sur le côté droit, le côté gauche est très bien conservé, la tête est contenue 41/2 fois dans la longueur totale du corps, la hauteur la plus grande est à l’occiput, maïs celle-ci est moindre que la longueur de la tête; Les yeux sont placés très haut vers le bord antérieur de la tête et présentent à peine 1}, de la longueur de cette dernière. Les rayons branchiostiques, au nombre de 8 ou 9, sont très minces et fixés à la gueule. En général les nageoïres sont plus courtes que celles du Lycopt. Middendorffii, surtout la caudale et les ventrales; celles-ci sont fixées au milieu du corps du poisson, c’est-à-dire à la moitié de sa longueur. La dorsale est opposée à l’anale, ou commence un peu derrière anale; celle-ci contient 14 rayons, celle-là 10, sauf la premier rayon incomplet.
Les écailles sont très bien conservées, surtout sur les côtés antérieurs du tronc; elles sont striées et sillonnées sur la peau du corps, les sillons
sont légèrement onduleux et confluents sur les écailles voisines (PI. XXXVIIL, fig. 1 b), à ce qu'il paraît par une contraction de la peau molle après la mort du poisson; on voit aussi ça et là des écailles isolées, dépourvues de la couverture de la peau, et alors ces écailles sont ornées de sillons concentriques (PL. XXXVITT, fig. 1 c).
La ligne latérale est très distincte et plus rapprochée du bord inférieur que du supérieur; on y compte de 42 ou 43 orifices anguleux le long du corps, et aux dessus d’elle on remarque quelquefois même l’impression de la ligne latérale de l’autre côté.
La fig. 1 de la PI. XXXVIII montre le poisson, d’une longueur de 2 p. 4 L. et d’une hauteur de 6 L. au dessus de l’occiput; les nageoires sont relativement plus petites que celles du Lycoptera Middendorffii. La mâchoire supérieure est munie de dents distinctes; l’inférieure et plus avancée que la supérieure, les petites dents sont à peine appréciables, sauf quelques petites fossettes, qui semblent indiquer les traces des dents tombées. On voit au contraire très bien les dents dans la mâchoire supérieure. Les nageoires pectorales et ventrales sont plus petites que celles du Lycopt. Middendorffii, et l’anale est distinctement placée derrière la dorsale.
… La tête petite (Le. fig. 2a en gr. nat. et fig. 2b, quatre fois grossie), est pourvue de nombreux enfoncements et tubercules, à peu près comme la tête d’un Scorpaena; la surface paraît par là tuberculeuse, surtout en arrière des yeux. Les nageoires pectorales sont de la longueur de la mâchoire inférieure. La petite tête est intéressante en ce qu’elle montre distinctement les dents supra-maxillaires, mais la mâchoire supérieure est déplacée; elle se trouve enclavée entre les autres os de la tête, et c’est pourquoi M. le professeur Kner, de l’Académie des Sciences de Vienne, à l’obligeance duquel je dois les remarques ci-dessus mentionnées, n’a pas pu distinguer les petites dents en brosse, eb doute en général de la présence de dents chez le Lycoptera.
M. J. MéLrer avait déjà observé et figuré les dents supra-maxillaires en 1850; moi-même j'ai fait déjà en 1846 un dessin de l’avant-corps du poisson avec la tête d’un individu garnie de dents dans la mâchoire supérieure, et je donne (PI. XXXVIE, fig. 4) la copie de la figure , en grandeur naturelle, d’une échantillon conservé au Musée de l’Institut des mines de St. Pétersbourg; il s'ensuit que le Lyco pter a était effectivement pourvu de petites dents en brosse dans les deux mâchoires (1. c. îlg. 2 et fig. 4).
L’opercule est grand et parcouru de sillons concentriques, la lame Eichwald, Lethaoa rossica. II. 76
supra-operculaire est sillonnée, comme interoperculaire, et d’une forme ovalaire tout à fait particulière pour un T'éléostéen (1 c. fig. 3a gr. nat.; b grossie).
Les mâchoires de l'individu figuré sont grêles, allongées et aiguës vers la symphyse maxillaire, où elles deviennent tout à fait pointues.
Esp. 1341. Lycopt. Middendorffii J. MüzL.
PI. XXXVIIL fig. 5 —6—7.
Mippexporre, Sibirische Reise Bd. I. Abth. 1. 1859, p. 262. PI. XL, fig 1—2. Aspius suivant Sir Ecerrow, voir R. Jones, fossil Estheriae. London 1862. p. 112.
Corpus nonnihil brevius, altius, pinna dorsalis anali anteposita, pectoralibus et ventralibus longioribus et latioribus.
Hab. dans le schiste argileux wealdéen au bord du fleuve Tourga, affluent de l’Onon, district de Nertschinsk, associé au Lycoptera macrorhyncha, aux Esthéries et à plusieurs coquilles d’eau douce.
Le poisson figuré ici est le plus grand etle plus trapu qui soit connu jusqu’à présent, mais il manque de la tête et de la queue, que jai tâché de faire restituer par le dessinateur. La colonne vertébrale est formée de 30 vertèbres bien conservées ; elles sont plus hautes que longues et pourvues de plusieurs sillons longitudinaux ; le nombre des côtes n’est pas bien distinct; car elles se couvrent les unes les autres sur la partie antérieure du corps; les apophyses éjineuses supérieures sont longues, grêles et s’inclinent fortement vers la partie postérieure.
La tête est assez bien conservée à sa partie postérieure et inférieure, l’opercule branchial surtout, qui est élargi, et parcouru de sillons concentriques profonds, la lame supra-operculaire est large et presque de la grandeur de la lame interoperculaire; les rayons branchiostègues très grêles sont situés en bas de l’opercule et près de la ceinture osseuse de l'épaule. Les pectorales allongées, à rayons bi- ou trifurqués, occupent la région ventrale jusqu’au bassin; les ventrales, qui sont également divisées en rayons bi- ou trifurqués, se continuent jusqu’à l’anus; la dorsale ne montre que les bases de ses 9 rayons; l’anale, placée en arrière de la dorsale , ne contient plus que 10 rayons, à longues apophyses épineuses, pour fixer les rayons.
Les écailles sont plus grandes que dans l’espèce précédente, mais placées sans ordre; elles montrent les sillons transverses de la peau très profonds et distincts; d’autres écailles, isolées, sont garnies de stries d’accroissement concentriques, comme en général chez le Téléostéens
cycloïdes. Les écailles du petit individu (PL. XXXVIIL, fig. 7 a, b) occupent une rangée abdominale tranchante et continue, sans former l’abdomen en forme de scie, comme chez les Clupés, desquels cependant le Lycoptera paraît se rapprocher le plus; le nombre de ces écailles est de 24 ou 25: la fig. 7 a montre le poisson en grandeur naturelle, et 7 b, les écailles abdominales grossies.
L’individu plus petit est conservé dans toute la longueur, sauf la tête à sa partie supérieure, le museau et les bouts pointus de la caudale. La tête est contenue à !/3 dans la longueur et: devait former moins de 1/4 de la longueur totale du corps, si l’on tient compte de la longueur présumée de la caudale, qui manque. Les ventrales sont articulées un peu en arrière de la moitié de la longueur du corps, l’anale commence di-. stinctement au devant de la dorsale, qui ne contient que 9 rayons, tandis que l’anale plus longue en présente 14 ou 15; les rayons diminuent rapidement en hauteur, en partant de l'extrémité antérieure vers la postérieure, le premier rayon s'appuie sur une apophyse basale, qui est plus forte que les suivantes. Les pectorales sont assez bien appréciables; June, en expansion inférieure, à 9 rayons; l’autre, dirigée en arrière, à 10 ou 11 rayons. Les ventrales n’en montrent que 7; la caudale présente les apophyses basales de 19 rayons et en outre au moins 7 apophyses plus courtes dans chaque lobe de la caudale. Le petit individu est figuré sur la PI. XXX VIII, fig. 6 en grandeur naturelle.
Lindividu figuré sur la PI XXXVIIL, (fig. 5a) est le plus grand connu jusqu’à présent, mais incomplétement conservé: outre la tête 1l lui manque la queue, que j'ai tâché de rétablir par celle d’un autre individu (1 c. fig. 4b), pour montrer la distance de l’anale et de la caudale; l’individu est couvert de grandes écailles tachetées de noir et parcourues de sillons transverses irréguliers; la tête, très grande, montre l’occiput seul conservé, et pourvu en bas de la lame interoperculaire, et de l’infra-operculaire, ainsi que de l’os tympanique; plus haut, on voit le supra-operculaire sillonné et à demi conservé; entre celui-ci et l’infra-orbiculaire on voit un enfoncement, marqué de nombreuses granulations, qui paraissent indiquer l’intérieur tubereuleux de la cavité du crâne.
Les nageoires paires sont plissées et par conséquent paraissent relativement plus petites que sur les deux petits individus, qui les montrent en expansion plus large.
Le premier de ces individus (1 c. fig. Ta) est légèrement courbé en haut et pourvu de grandes pectorales et de l’abdomen tranchant, presque en forme de scie, ce sont des écailles allongées (1. c. fig. 7h, grossie) qui,
placées en rangée régulière, y forment l'abdomen tranchant. Les vertèbres sont dérangées et montrent leur face articulaire arrondie; elles passent jusqu’à la base de la caudale en rangée légèrement ascendante.
Le petit individu, dépourvu de la tête (1. c. fig. 6), est caractérisé par sa nageoire anale très grande, dépassant beaucoup la dorsale à son extrémité antérieure, la dorsale est haute et plus large que sur le Lycopt. macrorhyncha; la grande caudale est mieux conservée que sur le petit individu ci-dessus mentionné.
Le plus grande caudale, à rayons infléchis sous un angle aigu (1. c. fig. 5 b), paraît appartenir à l'individu distingué par sa grandeur et décrit ci-dessus (1. c. fig. 5a).
Famille quatrième.
Sphyrénidés.
Les poissons de cette famille ont de grands rapports avec les S combéroïdes; les nageoires abdominales sont situées derrière les pectorales, vis-à-vis de la première dorsale, les mâchoires armées de grosses dents et les intermaxillaires prolongés en un rostre long, comme chez les Xiphias. Les vertèbres ne sont pas nombreuses, ainsi que nous les voyons chez les Sphyrènes vivantes.
Genre IV. Saurocephalus Harr.
Le corps allongé à deux petites nageoires dorsales, réunies par six rayons simples; les abdominales sont situées vis-à-vis de la première dorsale; le museau se prolonge en un rostre allongé, cylindrique et légèrement pointu. Ce genre se trouve dans le terrain crétacé.
Ce genre fut pris autrefois par HarLax pour un reptile; c’est Agassiz qui le premier y a reconnu un poisson de la famille de Sphyrénoides, voisin du Xiphias vivant; il se peut pourtant que ces corps allongés en rostre et creux en dedans soient plutôt les rayons des nageoires isolées, qui alors rappelleraient le T'etrapterus, dont la nageoire est changée en un seul rayon très long ; leCoelorhynchus Owen est, suivant AGassrz, également du même genre. Il se trouve dans les terrains crétacé et éocène.
Esp. 1342. Sauroceph. lanciformis Harr.
Kiprtanorr, Bull. de Mosc. 1860. I, p. 666. PI. X, fig. 4. Dixon, Geology and fossils of the tertiary and cretac. formations of Sussex. Lond. 1830. PI. 31. fig. 12 et PI. 32, fig. 1.
Le dents maxillaires sont coniques, parcourues de stries longitudi-
nales; la mâchoire inférieure se continue en un rostre prémaxillaire allongé, conique, creux en dedans; la cavité n’atteint pas jusqu’à la pointe; la surface de l’os est munie de stries longitudinales irrégulières.
Fab. dans le grès ferrugineux néocomien de Kursk, ainsi que dans le terrain crétacé de Sussex.
Les alvéoles qui reçoivent les dents, se voient distinctement sur la mâchoire de la craie de Sussex, mais ne sont pas appréciables sur celle de Kursk ; les dents de celle-là sont de différente grandeur, et placées obliquement.
Le fragment du rostre de Kursk à # p. 4 1. de long; il à 1 p. de large à la base, et se rétrécit jusqu’à 8 1. vers la pointe brisée, le canal arrive jusqu’à 2 p. 4 1. vers la pointe, présentant à la base une largeur de 8 lignes.
On a trouvé, associées à ces ossements, des dents et des vertèbres (Bull: Mosc. Le. PLX, fig: 1 —2), figurées et décrites par M. KIPRIANOFF. Les vertèbres ressemblent beaucoup à celles de lHypsodon lewesiensis AGass., mais sont un peu plus petites; la structure osseuse spongieuse du rostre prémaxillaire est tellement semblable que M. Ki- PRIANOFF les a réunis avec le Saurocephalus lanciformis. Les vertèbres ont une hauteur de 1 p. 2 1. et une largeur de 9 L Les côtés sont pourvus de deux ares rudimentaires supérieurs et inférieurs pour fixer les apophyses épineuses supérieures et inférieures , et en outre de deux pleurapophyses, pour fixer les apophyses transversales des vertèbres, comme sur les vertèbres de l'Hypsodon lewesiensis.
Les dents de la mâchoire inférieure sont lancéolées, comprimées, assez grandes et au nombre de six ou davantage de chaque côté; M. Kr- PRIANOFF en à donné des figures*; ces dents ont été trouvées isolées et sont dépourvues de la racine; selon M. Kiprranorr, les deux arêtes sont trauchantes, les côtés légèrement convexes, et la substance médullaire est composée de canaux médullaires serrés qui s’élèvent verticalement et se bifurquent sans cesse; la dentine est très mince et perforée par les tubes Calcifères, qui se bifurquent également comme les canaux médullaires.
Esp. 1343. Sauroc. striatus Acass.
Kiprianorr, Bull. de Mosc. 1860. T, p. 666. PI. X, fig. 3.
Le rostre prémaxillaire allongé, conique, se rétrécit doucement vers
* Bull. de Mosc. 1860, p. 48. PI. 1, fig. 2—3,
la pointe brisée; sa surface est couverte d’un épiderme corné, et munie de stries longitudinales plus fines et plus régulières.
Hab. dans le même grès néocomien ferrugineux de Kursk, ainsi que dans le terrain crétacé de Sussex.
Le rostre a 8 p. 3 L. de long; la base est pourvue d’une cavité qui se continue vers la pointe; le rostre en général est plus svelte que le précédent ; il a 81. de large à la base et s’amincit jusqu’à 2 1. vers la pointe brisée: donc c’est sa forme qui le distingue du rostre précédent. M. K1- PRIANOFF à fait (1. c.) des recherches microscopiques sur cet os et les a illustrées par de nombreuses figures.
L’os allongé prémaxillaire de l'individu de Kursk offre en général une grande ressemblance avec le même os du Coelorhynchus rectus Dix. * de l’île de Sheppy; c’est presque l'espèce du Xiphias des mers actuelles, qui cependant est déprimé et non cylindrique ou conique, comme Vos du Saurocephalus, eë n’a pas les alvéoles pour fixer les dents, comme celui-ci.
Genre V. Saurodon Har.
Ce genre, rangé d’abord dans les Reptiles, a été également reconnu par M. Acassiz comme un poisson de la famille des Sphrénidés. Les dents sont caractérisées par leur forme et leur structure anatomique; elles naïssent d’une large racine qui fait partie de la mâchoire, et s’élèvent obliquement et légèrement infléchies en arrière vers la pointe émoussée; la surface est finement striée, à stries verticales serrées. Ce genre se trouve dans le terrain crétacé.
Esp. 1344. Saurod.affinis Krpr.
Kiprianorr, Bull. de Mosc. 1860, p. 41. PI. 1, fig. 1 a—d.
Les dents sont coniques, à large base, adhérant si fortement à la mâchoire qu’elle paraît en faire partie; la surface est finement striée et se renfle de distance en distance, ce qui donne lieu à de petits enfoncements superficiels.
Hab. dans le grès néocomien ferrugineux de Kursk.
Les dents seules ont été trouvées aux environs de Kursk; elles sont assez robustes, à base large, fortement accolée à la mâchoire, et à pointe émoussée. La base est pourvue da nombreuses ouvertures pour l’entrée des nerfs, la substance médullaire est percée de gros canaux médullaires,
2 CPI Xe 4 17
qui s'élèvent verticalement et sont plus éloignés les uns des autres que les canaux médullaires des dents de Saurocephalus; les canaux secondaires, en rameaux collatéraux des canaux principaux médullaires, ne sont pas nombreux et se réunissent entre eux, pour former un réseau léger. La dentine est plus épaisse que celle des Saurocephalus et percée par des tubes calcifères serrés et traversant la dentine presque sous un angle droit; par suite la surface des dents est criblée de nombreux pores.
La dent de Kursk a 11 I. de long, et 6 1. de large à sa base, la pointe ne montre qu’une largeur de 2 lignes.
Ordre second.
Ganoides.
Voir vol. I, p. 1502.
Les Ganoïîdes sont caractérisées non-seulement par leurs plaques osseuses, anguleuses, couvertes d'émail, mais aussi par des nageoires nombreuses, qui les rapprochent des Malacoptérygiens parmi les Téléostéens. Les rayons de leurs nageoires sont articulés, les nageoïres abdominales sont situées à une grande distance derrière les pectorales ; les dorsales, la caudale et l’anale sont remarquables par leur grandeur et leur position. Les branchies sont fixées librement en dessous de la tête entre les deux opercules branchiaux. La colonne vertébrale subit de nombreux changements dans cet ordre des Poissons, tandis que les Placoïdes, les genres les plus anciens de Poissons du vieux grès rouge et du calcaire carbonifère, ne montrent que les apophyses épineuses ossifiées et la corde dorsale cartilagineuse.
Les Ganoïdes Homocerques se trouvent seuls dans la Période moyenne de la Russie; les Hétérocerques y manquent tout à fait; ils appartiennent, comme les Placodermes, lAsterolepis, le Bothriolepis, au terrain le plus ancien, au vieux grès rouge de la Russie. On ne les peut supposer ni dans le terrain jurassique, ni dans le crétacé. Néanmoins M. RourzrieR, ancien professeur de zoologie à Moscou, les a admis dans le terrain néocomien inférieur de Khoroschéwo, supposé par lui jurassique. Il à cru y trouver des fragments des plaques osseuses d'Asterolepis ou de Bothriolepis*
y RouILLIER, Jubilaeum semisaeculare Fiscaert De WaLpneim. Mosk. in folio maj. 1847. 1. c. p. 32. PI, 2. fig. 6.
L’échantillon décrit et figuré par M. Rourzzrer se trouve mainte- nant dans ma collection paléontologique, et je vois que c’est un corps anorganique ou plutôt un moule externe d’un Ventriculites ou d’un autre Spongiaire qui avoisine les Ventriculites. On observe sur ce moule en grès noirâtre de Khoroschéwo de petits grains noirs du grès, ou de petites élévations granuleuses, situées en rangées obliques, parallèles et assez régulières, qui proviennent des enfoncements en rangées obliques de la surface des Ventriculites, dont plusieurs espèces se trouvent dans le grès noirâtre néocomien de Khoroschéwo. Tout le moule est composé de petits grains noirs de grès, disposés en rangées plus ou moins régulières, selon les enfoncements du Spongiaire.
M. Traurscuozn * à décrit ce même corps comme le piquant du Rhabdocidaris remus Dssor, auquel il ressemble encore moins, car il lui manque tout à fait le test calcaire du piquant fossile, sauf la grande largeur du corps, qui écarte toute comparaison avec le piquant d’un Oursin de mer.
Famille cinquième.
Lépidotoïdés AGASS.
Les Lépidotoïdés ont les nageoires placées comme les Cyprinoïdés: la dorsale est toujours située en arrière, presque audessus de l’anale ; les pectorales sont plus grandes que les abdominales; la caudale est homocerque et pourvue de fulcres supérieurs et inférieurs; les fulcres des autres nageoires sont simples et couverts d’émail, comme ceux de la caudale; les écailles, en plaques osseuses, sont anguleuses, rhomboïdales et munies d’une apophyse en dent osseuse allongée, ou de deux carènes osseuses, aiguës, qui passent sous l’écaille précédente; celle-ci les recouvre en partie, et il se forme une couverture très forte, de la quelle les écailles ne se détachent pas facilement. Le squelette est encore cartilagineux ; les vertèbres sont courtes est très déprimées ; les dents des mâchoires sont nombreuses; elles se trouvent aussi sur l'os intermaxillaire, sur le vomer, les palatins et l'os hyoïde.
Genre VI. Lepidotus Acass.
Les corps du Lepidotus est couvert de petites écailles rhomboïdales très épaisses et ornées d’émail; elles sont entre-soudées si solide-
* Bull. de Moscou 1. c. 1861. I, p. 67. PL. 4, fig. 6.
ment, qu’on ne les trouve que rarement isolées, la plupart sont réunies encore aux fragments de la peau, composée de nombreuses écailles. Les os de la tête et de l’opercule branchial sont très développés; l'os tympanique est grand. \
Ce genre se trouve dans les terrains jurassique, crétacé et tertiaire.
Esp. 1345. Lepid. Mantelli Aaass. aff.
Poiss. foss. II, pag. 262. PI. 30, fig. 10—15. PI. 30a, fig. 4—6. PI. 30b, fig.2. PI. 30 c, fig. 1—7.
Rocowicz, Poiss. foss. de Kiew* L. c. p. 67. PI. 9, fig, 27—34.
Les écailles sont anguleuses, rhomboïdales , la surface émaillée est ornée de lignes parallèles aux quatre bords; les angles aigus sont quelquefois allongés et contournés d’un côté, par là les écailles deviennent plus larges que longues.
Hab. dans largile compacte jurassique brune supérieure ou même wealdéenne des environs du village de Pekary près de Kiew, ainsi que dans l’argile wealdéenne et les grès de Hastings en Angleterre et en Allemagne.
Les écailles, de forme très diverse, étaient fixées à différentes places du corps des poissons ; les plus grandes et les plus régulières sont carrées, ont 4 L. de large et 3 1. de long; elles sont pourvues du côté plus élargi d’une petite apophyse, par laquelle elles se fixaient les unes aux autres au corps du poisson.
L’argile brune de Pekary appartient peut-être à la couche néocomienne la plus inférieure, et les écailles pourraient donc se rapporter à une autre espèce, même nouvelle.
Esp. 1346. Lepid. Fittoni Acass. aff.
Poiss. foss. IL, p. 265. 287. PI 30, fig. 1—3. PI. 30 a, fig. 1—3. Rocowicz, I. c. p. 68. PI. 9, fig. 38—39.
Les écailles très épaisses sont rhomhoïdales, plus ou moins régulières, la surface émaillée est toute lisse, dépourvue de stries d’accroissement; les angles aigus sont saillants et peu infléchis de côté.
Hab. dans la même argile brune des environs de Pekary, ainsi que dans le wealdéen et le grès de Hastings en Angleterre et de l'Allemagne.
Les écailles seules ont été trouvées, et même de forme différente,
* Le mémoire de M. Rocowicz, professeur de botanique à l’université de St. Vladimir à Kiew, a été publié en russe sous le titre: Poissons fossiles de l'arrondissement littéraire de Kiew 1860, in 4t° avec 9 planches lithogr.
en sorte que cette espèce est difficile à déterminer. L'une des écailles (. c. fig. 30) est pourvue d’une petite dent sur le bord supérieur, à peu près comme les écailles du Ptycholepis*. C’est peut-être la seule écaille qui prouve la présence du Lepidotus dans largile brunâtre de Pekary.
M. Rocowicz** fait aussi mention du genre Ptycholepis Ac. découvert par lui dans la même argile, en quelques écailles isolées, fragments peu distincts. Il en donne la figure et la description suivante: Ptycholepis bollensis (Aaass.) Roc.
Les deux écailles connues jusqu’à présent du terrain diluvien des environs de Pekary sont assez épaisses, carrées, allongées, l’émail est couvert de plis transverses et parallèles, irréguliers, mais il manque des bords, qui ont dû être striés en direction différente, comme c’est le cas pour les écailles de Ptycholep. bollensis Agass. ** du lias de Bavière; cette conformation prouve que l’écaille de Pekary appartient à une autre espèce et à un autre terrain, plus moderne que le lias. Les fragments sont trop petits pour être mieux déterminés.
Genre VII. Macropoma AGAss.
Les Macropomes sont caractérisés par le grand opercule branchial de leur corps trapu, comme les Co elacanthes, avec lesquels ils partagent la même disposition des nageoires; des deux dorsales, l’une est opposée à l’espace compris entre les pectorales et les abdominales, l’autre à l’espace entre les abdominales et l’anale. Les rayons sont hérissés d’épines et non inermes, comme ceux des Coelacanthes. Ce genre se trouve dans le terrain crétacé.
Esp. 1347. Macrop. Mantelli Aaass. aff.
On ne trouve que des coprolithes de Macropomes au midi de la Russie; ils sont cylindriques, coniques légèrement comprimés et se composent d’une spirale; ils contiennent des dents de Corax, d'Hemipristis, de Ptychodus et d’autres poissons; leur extrémité supérieure est obtuse et arrondie, l’inférieure pointue et rétrécie, leur surface est pourvue de lignes spirales ondulées; leur longueur est de 2 pouces et au delà.
Hab. dans le grès ferrugineux néocomien de Kursk, et dans le gou-
* Quensrepr, Petrefactenkunde I. c. p. 245. PI. 18, fig. 5. 6. ** Rocowicz, |. c. p. 69. PI. 9, fig. 40—41. *#%* Quensrepr, |. c. PI. 18, fig. 5c.
vernement d'Orel; dans la craie blanche de Kremenetz en Volhynie, et aux environs de Woronesh près du village de Ssemenowka, ainsi que dans la craie inférieure de Lewes en Angleterre, et dans le plänerkalk de Bohème.
M. Rocowicz* dit que les écailles de Macrop. Mantelli, associées au coprolithes, existent aussi dans la craie blanche de Kremenetz en Volhynie.
Famille sixième.
Pycnodontés.
Les mâchoires et le palais des Pycnodontés sont pourvus de dents globuleuses, légèrement aplaties et serrées, comme chezlesRaïes, sans cependant offrir la structure tubuleuse des dents de celles-ci. Les genres se trouvent dans les terrains les plus anciens aussi bien que dans ceux de la Période moyenne.
Genre VIII. Gyrodus Aass.
Les dents elliptiques ou allongées, quelquefois circulaires, sont fixées aux mâchoires en rangées très serrées, leur surface est munie d’un sillon qui entoure le sommet enfoncé , en sorte qu’elles sont presque pourvues dun ombilic; elles sont en outre marquées de plis ou stries rayonnées peu profondes et irrégulières, qui cependant disparaissent par la mastication. Par leur forme les dents rappellent celles des Pycnodus et se trouvent dans les terrains jurassique et crétacé. **
Esp. 1348. Gyrod. ellipticus m.
PI. XXX VIT, fig. 11 gr. nat.
Dens fere ellipticus, ovalis, altera parte extrema latiore, altera angustiore, rotundata, superficie medio impressa, foveolata, altera impressio in laterali dentis margine obvia, minus conspicua.
Hab. dans le grès néocomien ferrugineux de Biassala en Crimée.
La dent est presque elliptique, irrégulière, ovalaire, élargie, arron-
* Mém. sur les poiss. foss. de Kiew. I. ce. p. 70. PI. 9, fig. 42.
*% M. Murcuison (Geology of Russia I. ce. p.240) dit qu’un palais du Gyrodus (Gyr. MurchisoniManr. nov. sp., qui sera décrit dans les Medals of creation par M. ManTELL) s’est trouvé dans la roche jurassique des bords du Volga, près de Ssimbirsk; je suppose que c’est plutôt un grès crétacé qui la recèle: la description de cette espèee m'est inconnue.
die à une extrémité, rétrécie et arrondie à l’autre ; le milieu de la surface est pourvu d’un enfoncement allongé superficiel ; un autre enfoncement se trouve sur l’un des bords.
L’enfoncement au sommet de la dent se retrouve sur les dents de Cestracions de la craie blanche de l'Angleterre, et sur les dents d’un Gyrodus qui provient du terrain crétacé de Ste-Croix en Suisse; M. Picrer* ne l’a pas déterminée; elle est plus petite que celle de la Crimée. ;
C’est ici que je dois faire mention d’un genre douteux, du Marquartia dubia Rouizz., qui cependant, comme corps anorganique, parait rappeler en quelque sorte la forme des dents du Gyrodus conicus Aaass. du terrain crétacé de Sussex.
M. Roue, favorablement connu par ses études paléontologiques sur les environs de Moscou, à publié au Bulletin de la Société des Naturalistes de cette capitale la figure (sans description) d’un corps fossile**, qu'il compare avec les Patelles; il le nomme Marquartia dubia, en l’honneur du voyageur français MARQUARDT, qui à donné les premières observations sur les fossiles de Moscou; mais malheureusement c'est un corps anorganique, dépourvu d’un test quelconque, et il doit donc être omis dans la description des Mollusques fossiles du gouvernement de Moscou. Les corps coniques se composent de chaux carbonatée cristallisée, ou plutôt marqués distinctement du clivage du spath calcaire. Ces corps sont tantôt très petits, tantôt plus grands, et toujours groupés en cônes plus ou moins élargis et aplatis, dont la base élargie forme un étage distinct, sur lequel s'élève un autre cône plus petit. Les corps sont parcourus de stries rayonnées, bien distinctes à la surface de chaque cône, et appréciables également à l’intérieur. Les bases des cônes se réunissent ordinairement et s'élèvent à la même hauteur, si les corps sont de la même dimension ; les plus petits forment également des groupes, semblables entre eux.
Ces corps coniques et groupés se trouvent dans le grès néocomien noirâtre de Khoroschéwo et ne sont autre chose que des clous argileux (nagelthon, nagelkalk) des minéralogistes allemands; cette conformation argileuse ou calcaire se trouve dans chaque terrain, dans le plus ancien aussi bien que dans les terrains de la Période moyenne; les Brachiopodes
* Matériaux pour la paléont. suisse IL. PI. VII, fig. 27—33. FINS ###* Bull. de Mosc. I. c. 1846. PI. c. fig. 29.
du jura du Wurtemberg , les deux faces articulaires des Crinoïdes du même terrain sont souvent couvertes de sembiables cônes en clous argileux ou calcaires et rendent très bien raison de la conformation du Marquartia.
Il se peut même que le Gyrodus conicus Aaass. de la craie blanche de Br'ghton, figuré par M. Dixox*, soit le même corps conique, car sa forme rappelle également le Mar quartia dubia de Moscou; si le test calcaire manque au Gyrodus conicus, il n’y aurait pas de doute quant à l'identité du Gyrodus avec le corps anorganique dit argile en clou (nagelthon).
Genre TX. Pycnodus Acass.
Les dents antérieures des Pycnodus sont aiguës, les postérieures très déprimées et aplaties, presque de la forme d’une fève; elles sont elliptiques, et les plus petites arrondies; le palais du poisson contient cinq rangées de ces dents aplaties, mais la mâchoire inférieure n’en montre que trois. Ce genre se trouve dans les terrains jurassique, crétacé et tertiaire.
Esp. 1349. Pycn. Münsteri Aaass.
PI. XXXVIIL fig. 12 gr. nat.
Picrer, Matériaux pour la paléont. suisse LE, p. 9. PI. VIIL fig. 20—28. Pycnod. Münsteri Acass. Rocowicz, |. c. p. 73. PI. 9, fig. 44 - 48.
Les petites dents, placées en plusieurs rangées, se distinguent dans la rangée médiane par leur largeur considérable relativement à leur longueur; leur surface est plane, légèrement échancrée aux bords; les dents latérales sont plus petites et plus ou moins arrondies, presque circulaires où quadrangulaires, à angles arrondis.
ITab. dans le néocomien ferrugineux de Biassala en Crimée, dans le grès vert de Kanew et de Pekary près de Kiew, aïnsi que dans l’aptien inférieur de la Suisse, aux environs de Ste-Croix, et dans le grès vert de Ratisbonne.
Les dents de Biassala ont une grands ressemblance avec celles du Pycen. Couloni AGass. du terrain crétacé de Ste-Croix, elles formaient au moins trois rangées de dents plus grandes, tandis que les rangées latérales présentent des dents plus petites et arrondies.
M. Roaowicz (1. e.) a observé des fragments de mâchoires, réunis
. * Dixon, Fossils of tertiary and cretaceous formations of Sussex. London 1850. PI. 52, fig. 8, p. 370.
121% aux dents du Pycnod. Münsteri dans le grès vert de Kiew; les dents sont tantôt arrondies, tantôt coniques ou comprimées de côté; c'est ce qui me fait supposer que les petites dents globuleuses ou comprimées, décrites par M. Rocow1oz sous le nom de Pycn. podolicus, appartiennent
également à la même espèce, quoiqu’elles se soient trouvées accidentellement dans le diluvien.
Genre X. Sphaerodus Acass.
Les dents des Sphaerodus sont semi-globuleuses, circulaires, la surface supérieure est toute convexe et lisse; elles forment des rangées très régulières sur les mâchoires et sont bien espacées ; les grandes dents se trouvent au milieu des mâchoires, les plus petites sur les bords; elles garnissent les mâchoires aussi bien que le palais et le vomer. Les dents se remplacent en position inverse, la couronne contournée en bas; elles se tournent de plus en plus en dehors et en haut par demi-rotation, et prennent ensuite leur position normale; les anciens naturalistes les nommaient bufonites. Ce genre se trouve dans les terrains jurassique, crétacé et tertiaire.
Esp. 1350. Sphaerod. crassus Agass.
PI. XXX VIIL, fig. 13 gr. nat.
Poiss. foss. IL. 1. c. p. 212. PI. 73. fig. 101—108.
TraurscaoL», Bull. de Mosc. 1861. I, p. 85. PI. VII, fig. 6. Sphaerod. crassus Rocowicz, I. c. p. 74. PI. 9, fig. 57.
La dent est hémisphérique, déprimée d’en haut, la couronne caractérisée par son épaisseur extraordinaire; entre la sommet et le bord on remarque un faible sillon.
Hab. dans l'argile sablonneuse du grès vert de Taturawo près de Moscou, dans le grès vert du village de Pekary aux environs de Kiew, et dans le terrain néocomien de Biassala en Crimée, ainsi que dans le terrain crétacé supérieur de Maestricht. |
La dent a 7 1. de large et autant de long; elle a 4 IL. de haut, elle a la forme du Sphaerod. gigas Acass.* de l'argile de Kimeridge, qui s’en distingue par sa couronne, proportionnellement fort mince.
M. TraurscnoLp à figuré sur la PL VIT, fig. 8, du Bull. de Mosc.
# Poiss. foss. IL p. 210. PI. 73, fic. 83—94. Le Sphaer. neocomiensis Açass., du calcaire néocomien de Neufchâtel, est probablement identique avec le Sphaerod. crassus AG.; c’est une espèce de la taille duSphaerod. gigas, qui ne se distingue pas non plus du Sphaerod. crassus.
1861. I, p. 86, un corps à lui inconnu, qui sans doute appartient à l’osselet de l’ouïe d’un Ganoïde quelconque, d’un Sphaerodus à ce qu'il paraît; l’osselet est ovalaire, plus long que large, et pourvu d’un enfoncement médian en sillon longitudinal, tout à fait comme les osselets de l’ouïe que j'ai décrits autrefois dans les Nova Acta Academiae Leopoldinae Carolinae Naturae curiosorum de l’année 1836.
Le petit osselet de l’ouie de Mniowniki près de Moscou à 3 1. de long et 11/4 1. de large.
J'ai vu en outre, dans la collection de M. Auersacn à Moscou, beaucoup d’osselets de l’ouïe semblables du Sphaerod.gigas, associés aux dents décrites ci-dessus et trouvés dans le grès néocomien noirâtre de Mniowniki.
M. Rocowrcez à donné, dans son mémoire très intéressant sur les poissons fossiles des environs de Kiew, la description et la figure * d’une dent assez grande, hémisphérique, à couches d’accroissement concentriques bien distinctes; il l’a également rapportée au Sphaerod. crassus Aaass. et la cite du terrain crétacé.
Ordre troisième.
Sélaciens.
Les Sélaciens ne comprennent que les Plagiostomes Cuv., qui ont été appelés Placoïdes par M. Acassiz; leurs mâchoires sont armées de fortes dents, la queue et les dorsales de piquants osseux ou ichthyodorulites, qui d'ordinaire se trouvent fossiles presque partout,
Le crâne est cartilagineux comme tout le squelette, mais la peau est couverte de nombreux petits piquants osseux en étoiles isolées, qui sur des Placoïdes fossiles du vieux grès rouge, sur le corps d'Asterolepis, confluent et forment un derme osseux très compacte. Les vertèbres ne montrent que les corps osseux et se retrouvent fossiles, tandis que les arcs restent cartilagineux et se sont rarement conservés. Les Requins, les Hybodontes, les Cestraciontes, les Raiïes et les Chimères sont les seuls genres qui appartiennent, comme autant de familles, aux. Sélaciens, et dont nous trouvons aussi de restes fossiles en Russie, surtout ceux des Requins ou Squalides.
* Rocowicz, L. c. p. 74. PI. 9, fig. 57.
Famille septième.
Squalides.
Les dents des Squalides, très différentes dans leur forme, ont pourtant un caractère d'organisation commun: c’est d’avoir une racine à base osseuse, cachée dans l'épaisseur du derme muqueux, et une couronne qui fait saillie dans la bouche et est recouverte d’une couche émaillée plus ou moins épaisse. La forme différente des dents, surtout à leur couronne, a donné lieu à la création d’un grand nombre de genres parmi les Squalides, bien que ce soient des caractères d’une importance secondaire; mais l’ensemble de l’organisation de ces genres fossiles nous est pleinement inconnu. Les dents ne sont pas enchâssées dans des alvéoles, ni soudées aux bords dentaires des mâchoires, en sorte qu’elles sont indépendantes du squelette cartilagimeux, mais elles se forment dans le derme des bords des mâchoires; elles tapissent en plusieurs rangées la gueule et jouissent d’une mobilité très remarquable; elles peuvent se dresser sur la base dans les mâchoires et opposer les pointes et leurs tranchants à celles de la mâchoire opposée: ce n’est que dans les Requins que l’on observe la mobilité des dents, surtout dans les genres à dents triangulaires allongées et pointues. Les piquants des dorsales, situées au commencement des dorsales et des pectorales, ou sur la queue, sont petits dans des Requins vivant encore dans les mers actuelles, tandis que ces piquants formaient dans des Squalides fossiles des armes très grandes et redoutables.
Genre XI. Otodus Ac.
Les dents larges et comprimées ont les bords parfaitement lisses et tranchants, de chaque côté de la dent ou remarque un bourrelet ou dentelon très développé et d’égale forme comprimée des deux côtés; il est quelquefois acéré, le plus souvent arrondi, rarement dentelé. Les vertèbres de l'Otodus se distinguent par leur grandeur considérable. Ce genre se trouve dans les terrains crétacé et tertiaire.
# Vertèbres."* Esp. 1351. Otod. praedator m.
PI. XXX VIT, fig. 19—20a gr. nat.
Bull. de Mosc. I. c. 1854, p. 15, üb. d. Eisensand v. Kursk. Les vertèbres très grandes ont les côtés pourvues de larges et pro-
* Les grandes vertèbres discoïdes, représentées par M. Acassiz, Recherch.
fonds sillons ; les deux faces articulaires sont très profondes, larg'es et sillonnées concentriquement.
Hab. dans le grès néocomien ferrugineux de Kursk.
Les vertèbres ont 4 p. 4 L. et au delà de diamètre, et 1 p. 10 I. de long; les sillons latéraux se trouvent entre des rayons osseux, qui prennent naissance au centre et passent de là à la périphérie.
Il est presque impossible de déterminer le genre auquel appartiennent les grandes vertèbres dont je donne une figure. D’autres vertèbres, de 2 p. et plus de diamètre, et de 1 p. de long, réunies, le fragment de la colonne vertébrale composé quelquefois de 6 vertèbres, appartiennent peut-être à d’autres espèces d’O to dus; elles ont été trouvées dans l’argile bleue de Kiew et dans le grès vert de Kanew *. D’autres vertèbres encore, moins grandes, se trouvent dans la eraie marneuse de Schokul, village sur le bord de l’Alma, à 25 verstes de Simferopol.
M. Kiprraxow ** a décrit une section de poissons à vertèbres de structure cellulaire et pourvues de tubercules supérieurs et inférieurs pour fixer les neurapophyses etles hémapophyses, qui par là ressemblent tellement aux vertèbres de Reptiles que je suis porté à les réunir plutôt avec ces derniers que de les ranger dans les Squalides.
M. Roaowicz *** a observé dans l'argile bleue de Kiew quelques petits fragments de la peau chagrinée des Requins, observation que j'avais également faite dans la craie blanche de Kremenetz en Volhynie.
La vertèbre (1 c. fig. 20 a. b) est d’une largeur double de celle figurée 1. c. fig. 19c. d, qui a presque la même forme et la même structure; elles proviennent toutes deux du même néocomien de Kursk.
* Dents.
Esp. 1352. Otod. appendiculatus Agass.
Poiss. foss. III, p.270. PI. 32, fig. 1—25.
sur les poiss. foss. PI 40 a, fig. 9—23 et PI. 40b, fig. 11—20 et 23—24, appartiennent à la famille des Lamies; mais il existe, dit-il, un assez grand nom- »bre d'espèces de ce groupe qui ont pu être caractérisées par les dents: il est impossible pour le moment de dire avec certitude à laquelle de ces espèces Chaque forme de vertèbre appartient; je ferai seulement remarquer qu’il me »paraît probable que les plus grandes de ces vertèbres appartiennent au genre »Otodus, ‘dont les dents semblent indiquer des espèces de très grande taille, »Celles à large bord au genre Oxyrhina, et celles d’un diamètre moins con- »Sidérable aux genres Lamna et Odontaspis. (Acassiz vol. I, p. 369.) * Rocowicz, I. c. p. 62—64. PI. X, fig. 1—2.
** Bull. de Mosc. I. c. 1864. PI X, fig. 1—2. *** Mémoire sur les poiss. foss. (en russe) |. c. p. 64. PI. 9, fig. 26. Eichwald, Lethaea rossica. II. 77
Otod.appendiculatus Açass. 1. c. p. 39 Rocowicz, Poiss. foss. de Kiew. P1.5, fig. 1—11.— Otod. macrotus (AGass.), L. ce p. 43. PI. 5. fig. 46—20 et fig. 29. — Otod. microtus Roc.l. c. p. 43. PI. 5, fig. 24—27. — Otod. subplicatus Roc. L c. PI. 5, fig. 28. — Otod. monstrosus Roc, l c. p. 40. PI 5, fig. 12—12a. — Otod. striatus Roc. 1. c. p. 41. PI. 5, fig. 13—14. — Oxyrhina falcata Roc. le. p. 53. PI. 7, fig. 21—25. — Lamna cuspidata (AGass.) Roc. I. c. p. 46. PI. 6, fig. 7—14.
Dixon, The fossils of the terliary and cretaceous formation 1. ce. PI. 30, fig. 25.
La dent, triangulaire et allongée, est de plus en plus élargie à sa base, les bourrelets latéraux sont aigus et bien distincts.
Hab. dans la craie blanche de Kremenetz* en Volhynie, dans le grès vert de Kanew et de Pekary aux environs de Kiew, dans la craie blanche et l'argile bleue de Ssimbirsk et de Kiew et près de Ssarepta, ainsi que dans la craie blanche de l'Angleterre, de la France, de l’Allemagne, et près de Maestricht.
La pointe aiguë de la dent est légèrement infléchie vers le côté extérieur; la face externe, plane et lisse, est garnie d’un pli et légèrement enfoncée ; la face interne est convexe. Les plus grands échantillons, de 7 à 8 1. de long, se trouvent dans la craie blanche de Ssimbirsk.
M. Rocowicz paraît avoir augmenté la synonymie de notre espèce par la création de plusieurs autres, qui ne se distinguent pas de la forme normale; il a par exemple déterminé les dents de l'Otod. appendiculatus comme appartenant au Lamna cuspidata AG. du terrain tertiaire, quoiqu’on ne puisse pas nier que beaucoup de dents fossiles crétacées se trouvent dans le terrain tertiaire, comme par exemple PHemipristis serra et lOxyrhina Mantelli.
Quant aux dents fossiles de Kiew, il est très difficile de savoir à quel terrain elles ont appartenu, car on Les ramasse maintenant, loin de leur gisement, dans un terrain diluvien et dans le grès vert, recouvert par celui-ci.
Les dents des environs de Kiew sont tout à fait identiques avec celles de Fauquemont près de Maestricht.
Esp. 1353. Otod. crassus Aaass.
Poiss. foss. 1. c. III, p. 271. PI. 36, fig. 29—31. Kiprranow, Bull. de Mosc. 1854. 1. c. p 384. PI. 2, fig. 4— 20. Géognosie de Russie (en russe) 1846, p.583.
La racine de la dent est très épaisse et infléchie en arc; les dente-
# Voy. mon mémoire De Pecorum et Pachyd. reliq. foss. dans les N. Acta Acad. Leop. Carol. Nat. Curios. 1. c. p. 757. PI. 64, fig. 3.
ons aigus se trouvent des deux côtés de la racine; les bords de la couronne sont tranchants, la face convexe marquée de plusieurs scissures, cet la face plane enfoncée au milieu près de la base.
Hab. dans le grès vert aux bords des fleuves Tebène et Manisse dans la steppe de Kirghises, dans le grès néocomien ferrugineux de Kursk et d’Orel, ainsi que dans le grès vert de Ratisbonne et de Kellheim.
Les dents varient beaucoup, je suppose donc que lOtod.Renardi Krer.* de Kursk appartient également à lOtod. crassus, car la forme générale est la même; il se trouve très fréquemment dans le grès ferrugineux de Kursk, nommé en russe ssamorod.
La dent de la steppe des Kirghises, trouvée aux environs d’Orenbourg, a 1 p. de long, 71. de large à la base et est pourvue d’une racine épaisse, de près de 5 1. de large au milieu de la racine, et se divise en deux branches latérales épaisses.
Esp. 1354. Otod. basalis GreBez.
Fauna der fossilen Fische, 1. ec. p. 354.
Kiprraxow, Bull. de Mosc. | ce. 1854.
La face interne de la couronne est moins bombée que l’externe, elle devient légèrement convexe, au milieu de la base elle montre un pli, qui se perd plus haut en la convexité générale.
Hab. dans le grès néocomien ferrugineux de Kursk.
Il paraît que lOtod. subbasalis Krpr.* n’est autre chose que lOtod. crassus, avec lequel il se trouve dans le même grès ferrugineux; je suis même porté à y réunir également lOxyrhina Rouillieri Krprrax.**, dont la coupe et la forme générale sont les mêmes que dans l'Otod. basalis.
Esp. 1355. Otod.serratus Aaass.
Poiss. foss. II, 1. c. p. 272. PI. 32, fig. 27—28. Lamna denticulata (Acass.) Rocowicz, 1. ce. p. 47. PE 6, fig. 15—23,
La dent est caractérisée par des dentelons latéraux aigus, surtout à la base du bord postérieur; au lieu d’un seul dentelon, on en observe deux, même trois de chaque côté, Les internes sont les plus longs.
Hab. dans l’argile bleue de Kiew, ainsi que dans la craie blanche
* Bull. de Mosc. I. c. PI. 8, fig. 11—21.
*# Il se peut que l'Otod. macrotus (AGaiss.) en partie Rocowicz, L. ce. PL.5, fig. 21—23, appartient également à l’Otodus serratus AGiss., car il a deux, même trois bourrelets de chaque côté de la base de sa racine.
pri
de la montagne de St. Pierre à Maestricht. Par sa forme extérieure cette dent se rapporte aux Otodus, car la dentine paraît massive, et n’est pas creuse, comme celle du genre Galeocerdo. Notre espèce offre un grand nombre de variétés, comme on le voit par la description de M. Rocowicz, qui l’a réunie à tort au Lamna denticulata Aaass. du terrain tertiaire de Flohnheïm des bords du Rhin: les deux bourrelets latéraux l’en différencient ; les dentelons latéraux ue forment pas des épines cylindriques, mais affectent la forme de dentelures plus ou moins régulières.
Esp. 1356. Otod. semiplicatus Münsr.
AGassiz, Poiss. foss. vol. III, p. 272. PI. 36, fig. 32—38.
Revuss, Kreide v. Bôhmen, I. c. PI. 3, fig. 20—21.
Otodus Brandii Kiprianow, Bull. de Mosc. 1864, p.382. PI. 2, fig. 3 Rocowicz, 1. ce p. 41. PI 5, fig. 15, an Otod. semiplicatus?
La dent grande et large est presque triangulaire, oblique, à pointe peu infléchie en arrière et peu tranchante; la base est large, légèrement : plissée et grosse; les dentelons, dont un seul existe de chaque côté, se perdent quelquefois, ou bien il n’y en à qu’un seul d’un côté, et l’autre manque, comme à la dent de Kursk; l’émail basilaire est largement échancré, et la racine est courbée en arc.
Hab. dans les grès ferrugineux de Kursk, dans le grès vert de Pekary près de Kiew, ainsi que dans le plänerkalk inférieur de Kosstitz en Bohème, dans le pläner de Strehlen près de Dresde, et dans la craie de Quedlinbourg.
La racine de la dent de Pekary est haute et concave à sa base, on y remarque deux dentelons en bourrelets, dont lextérieur est plus grand que l’intérieur, qui est obtus.
Genre XII. Corax Aass.
Les dents des Corax sont caractérisées par l’homogénéité des dentelures sur tout le pourtour de la couronne, garnie d’émail; elles sont massives en dedans, tandis que les Galeus et les Galeocer do ont un cône creux à l’intérieur. Ce genre se trouve dans le terrain crétacé, et n'existe ni dans le tertiaire, ni dans l’époque actuelle.
Esp. 1357. Cor. Kaupii Acass.
Poiss. foss. 1. c. p. 225. PI. 26, fig. 4—8.
Rocowicz, 1. c. p. 32. PI. 3, fig. 27.
Le bord antérieur de la dent est arqué, le postérieur peu échancré, plus fortement dans les petits individus que dans les grands; les dentelures marginales sont fines; les bords sont tranchants, la pointe assez aiguë.
Hab. dans la marne crétacée grisâtre des bords du fleuve Ipouta près de Sourash, dans le gouvernement de Kiew, ainsi que dans le grès crétacé d’Aix-la-Chapelle et de Haldem.
La face externe des dents est entièrement plate, l’interne très bombée, la racine assez épaisse.
Esp. 1358. Cor. falcatus Aaass.
Poiss. foss. IL, p. 226. PI, 26 a, fig. 1—15. Rocowicz, I. c. p. 32. PI. 3, fig. 28--29.
La dent plus élancée est plus conique et plus pointue, sa hauteur surpasse sa longueur ; le bord antérieur est moins arqué, et le postérieur est profondément échancré.
Hab. dans la craie blanche de Kremenetz, ainsi que dans la craie de Brighton et de Kent.
La dent est un peu plus grande que le Cor. Kaupii.
Esp. 1359. Cor. obliquus Reuss.
Kreide v. Bôühmen Î. c. PI. 4, fig. 1—3.
Rocowicz, I. c. pag. 33. PI. 3, fig. 30.
Petite dent plus haute que large, triangulaire, à bords droits et garnis de dentelures aux deux tiers de leur longueur.
Hab, dans le grès vert près du village de Pekary dans le gouvernement de Kiew, ainsi que dans le terrain crétacé de la Bohème.
La pointe est lisse, les faces interne et externe sont lisses, unies et légèrement convexes.
Esp. 1360. Corax heterodon Reuss.
Kreide von Bühmen I. c.
Kiprianow, Bull. de Mosc. 1853. Nr. Il, p. 286. PI. 2, fig. 1. S La dent est triangulaire, oblique, à bords tranchants, carénés et crénelés, un dentelon est fixé à la base du bord concave, la racine est épaisse et large.
Hab. dans le grès néocomien ferrugineux près du village de Kamenowo aux environs de Kursk, et dans la craie marneuse d'Akhmate sur le bord du Volga, ainsi que dans le plänerkalk de la Bohème.
Petite dent aiguë, presque triangulaire, à bord convexe plus long que le postérieur; les bords sont plus distinctement crénelés près de la racine que près du sommet, où les crénelures sont peu marquées; la face interne est plus convexe que l’externe. La dent de Kamenowo n’a que 2 ligne de long.
Cette dent varie beaucoup selon l’âge et la place qu’elle occupe dans la mâchoire; voilà pourquoi elle a été décrite sous trois noms différents par M. Acassrz lui-même, sous le nom de Corax falcatus AG, de Coraxaffinis Ac. et de Corax Kaupii Ac. et d’autres.
La petite dent d'Akhmate appartient probablement aussi à cette espèce; elle a une forme triangulaire d’un côté et est oblongue de l’autre. Le bord tranchant crénelé passe en avant en une pointe très aiguë, qui en arrière paraît obbuse, la base est pourvue de nombreuses proéminences globuleuses: par suite elle prend une forme tout à fait étrange, calleuse. C’est cette forme qui la distingue un peu de la dent du Corax heterodon; mais comme celle-ci varie infiniment, selon la place qu’elle occupe aux mâchoires, il se peut bien que ce soit la même espèce.
Genre XIII. Odontaspis AGass.
Triglochis Müzc. HANLE.
Les dents seules sont connues, elles ressemblent à celles des La mna, mais sont plus cylindriques, plus tordues, à cônes latéraux plus longs et plus pointus. Ce genre se trouve dans le gault supérieur et inférieur.
Esp. 1361. Odont. gracilis Aaass.
PI. XXXVIIE fig. 10, a. b. c. gr. nat.
Picrer, Paléont. suisse III, p. 88. PI. XI, fig. 9—18. Odont. gracilis Açass., Rocowicz, Poiss. foss. de Kiew (en russe) 1860, p.51. PI. 7, fig. 15—16.
Les dents allongées sont pointues, la face externe un peu courbée et présentant ordinairement à sa base une crête, qui s’efface avant le sommet de la courbure; la face interne est très fortement bombée à sa base et marquée de stries ondulées longitudinales ou un peu obliques; les bords sont tranchants jusqu’à la base de l'émail, accompagnés d’un sillon qui les rend minces et aigus.
Hab. dans le grès vert supérieur de Karassoubazar qui correspond à la craie marneuse, dans le grès vert de Kanew près de Kiew, dans le néocomien supérieur de Mniowniki aux environs de Moscou, égatement
dans un terrain crétacé des environs de Ssarepta, ainsi que dans le terrain crétacé de Ste-Croix en Suisse.
De chaque côté on voit un dentelon oblique, quinaît à la moitié de la distance entre la fin de l’émail du côté interne et le bout de la racine ; les dentelons sont triangulaires, striés du côté interne, lisses du côté externe.
Les dents ressemblent beaucoup à l’Odontasp. raphiodon AGass., qui caractérise la craie blanche et la craie marneuse. L’individu de Karassoubazar présente d’un côté deux dentelons, de l’autre il n’y en a qu’un seul, plus petit. Suivant M. AGassrr, les stries manquent sur la face interne, comme aussi sur les dents de Karassoubazar, mais suivant M. Prcrer il en existe sur cette face.
Les dents d'Odontaspis ont, comme les Lamna, un bourrelet de chaque côté, mais il est toujours plus petit, plus cylindrique et surtout plus pointu; les dents elles-mêmes se caractérisent par une forme élancée, qui contraste fortement avec la forme élargie des dents d'Otodus.
La dent de Mniowniki de ma collection a 91. de long, mesurée avec la racine, et 8 l. de large à sa base; son côté plan est légèrement enfoncé près de la base, et celle-ci est parcourue de stries ou sillons allongés, laissant la moitié supérieure lisse; le côté convexe est lisse, et la racine est profondément sillonnée de ce même côté.
Esp. 1362. Odont. raphiodon AGass.
Poissons fossiles. IL. PI. 37 a. fig, 11—16.
Reuss, Kreide von Bühmen, 1. c. p. PI. 21, fig. 43b.
Hemipristis plicatilis Kiprian. I. c. Bull. Mosc. 1854, p. 392. PL 3, fig. 27— 38.7
Squalus Phillipsi Rou., Bull. Mosc. L. c. I. 1848, p. 265. PI. F, fig. 1.
Petite dent longue, infléchie en arrière, et assez épaisse, à bords tranchants; elle est peu convexe d’un côté et de l’autre, à carène médiane longitudinale qui se continue jusqu’à la pointe; elle a 91. de long et 21. de grosseur à la base.
Le Carcharias medius Krprran. *, de l'argile endurcie ferrugineuse de Kursk, paraît être également la même dent, privée accidentellement des dentelons basilaires, comme la dent de Kanew.
Le Lamna (Odontasp.) contortidens (Acass.) Rocow.** n’est pas cette espèce de la molasse, mais bien un fragment de l’'Odont raphiodon AGuss. du terrain crétacé, à ce qu’il paraît du grès vert de
* Bull. de Mosc. I. c. p. 395. PI. 2, fig. 2, #* Rocowicz, I. c. p. 15. PI. VIL fig. 13.
Kanew, car la dent, dont le cône principal seul, sans racine, s’est conservé, est droite et pourvue de grosses stries longitudinales.
Hab. dans le néocomien de Khoroschéwo et de Mniowniki près de Moscou, dans le grès ferrugineux de Kursk, ainsi que dans le grès vert de Quedlinbourg, de Ratishbonne, près de Dresde et en Bohème, partoutdans le pläner, ou dans la craie blanche de Lewes. Je suppose que la dent décrite par M. RouiLzeR comme provenant du Squalus Philipsi, est celle d'Odont. raphiodon; elle est incomplète, car la racine à 2 dentelons lui manque. La base de la dent est parcourue de stries longitudinales ; elle se continue en une pointe aiguë, qui se courbe deux fois, comme la dent de lOdont. raphiodon Ac.; voy. Revss 1. c. PI 21. fig. 42.
Ïl se peut pourtant que ce soit la dent de Sphenodus longidens Agass. de l'argile jurassique de Khoroschéwo, au cas que les deux dentelons latéraux lui manquent.
Esp. 1363. Odontasp. duplex Acass.
Poiss. foss. LIL, p. 297. PI. 37a, fig. 1.
Lamna (0 dontasp.) ornata Rocowicz, |. c. p. 51. PI. 7, fig. 14 a. b. Lamna (Odont.) minuta Rocow. 1. c. p. 52. PI. 7, fig. 22.
La dent droïte, comprimée, est pourvue de deux dentelons de chaque côté du cône principal, les dentelons ou cônes latéraux sont arrondis, surtout le plus grand, ou aigus sur la dent plus jeune; la racine est très renflée. |
Hab. dans le grès vert de Kanew près de Kiew, ainsi que probablement dans le même terrain de la Bohème.
L°O dont. ornata est un peu plus grand que l’'Odont. duplex de Bohème; il a la face convexe striée, à stries serrées à la base; le cône latéral intérieur est obtus et de grandeur double que le cône extérieur. L’O dontasp. minuta, qui se trouve dans la même localité de Kanew avec l’'Odontasp. ornata, n’est qu’une jeune dent de celui-ci ou de lOdont.subulata.
Esp. 1364, Odont. (Lamna) subulata Agass.
Poiss. foss. IE, p. 296. P1.37 a, fig. 5—7.
Kiprianow, Bull. Mosc. 1854. 1. c. p. 394. PI. 3, fig. 39—45. Odontaspis hispida Rosowicz, I. c. p. 50. PI. 7, fig. 11—12. Odontasp. subulata AGass. Rocow. L. c. p. 52. PI. 7, fig. 17—21.
La dent est lisse, très élancée, dépourvue de plis longitudinaux; la
racine est fortement échancrée et munie de chaque côté d’un petit cône très acéré; elle présente une grande ressemblance avec le Lamna gracilis du néocomien.
Hab. dans le grès néocomien ferrugineux de Kursk et d’Orel, dans le grès vert de Kanew, du village de Pekary, de Buczak, de Tractemirow, de Ssoubotow près de Tschighirine au gouvernement de Kiew, aïnsi que dans le néocomien de Neufchâtel, de Ratishonne et de Quedlinbourg, dans le plänerkalk de Bohème.
La dent est très fréquente dans le grès ferrugineux de Kursk et d'Orel, et dans le grès vert de Kiew, et se distingue de POdont. raphiodon par le manque de plis longitudinaux à sa base. Elle est très grêle et très élancée, la face externe est lisse, l’interne pourvue de stries courtes, bien marquées à la base de la couronne. La racine est fortement échancrée et munie de chaque côté d’un ou même de deux petits cônes très acérés. ;
L'Odont.hispida ne paraît pas se distinguer de l’'Odont. subulata; il provient d’une localité inconnue du gouvernement de Kiew, et a de chaque côté deux petits cônes latéraux, dont l’externe est à peine distinct. Il se peut même que la dent représentée par M. Rocowicz comme Lamna (Odontasp.) Hopei(Acass), de l’argile crétacée bleue de Kiew, appartienne également à lOdont. subulata, ce que sa forme élancée et ses cônes latéraux aigus et allongés semblent confirmer *.
Esp. 1365. Odont. Buderi Prer.
Paléont. Suisse II, p. 90. PI. XL, fig. 19— 23.
La dent est allongée, plus ou moins triangulaire, à pointe un peu infléchie en dedans; la face interne sensiblement convexe, sauf près de la pointe, marquée à sa base d’une carène médiane; la face interne a à peu près la même courbure que Pexterne. Les deux bords sont tranchants depuis la pointe jusque vers le milieu, maïs dans la moitié basilaire les bords sont arrondis; l’émail est lisse.
Hab. dans la craie marneuse de Karassoubazar, ainsi que dans le néocomien de Ste-Croix.
La dent de Karassoubazar est plus grande que celles de Ste-Croix.
* Rocowrez, 1. c. p. 49. PI VIT, fig. 8, 8a, 9 et 10, excepté les fig. 5—7, qui appartiennent probablement à l'Otodus appendiculatus.
Genre XIV. Lamna Aaass.
Les dents des Lamna sont triangulaires, à base assez large, ou rarement rétrécie, et à une petite dent latérale fort aiguë, également élargie, tendant même à se diviser en deux; la dent médiane est plate en dehors, convexe et striée en dedans, et se termine subitement en une pointe acérée ; suivant M. Aaassiz la troisième et quelquefvis la quatrième ou la cinquième dent de la mâchoire inférieure sont sensiblement plus petites que les autres, tandis qu’à la mâchoire supérieure les dents, à l'exception de la première, qui est plus petite que les suivantes, vont en diminuant uniformément de grandeur jusqu’à la partie postérieure de la gueule, où elles sont très petites. Ce genre se trouve rarement dans le terrain crétacé, plus fréquemment dans le tertiaire, et vit encore dans les mers actuelles.
Esp. 1366. Lam. constricta m.
Lamnaclegans (Açass.) Rocowicz, I.c. p. 45. PI. 6, fig. 2a. b, 3—5 (exclus. reliqq.) Lamna Hopeïi (Açass.) Rocowicz, |. c. p. 49. PI.7, fig. 3—4 (exclus. reliqq.)
Dens elongatus, acuminatus, media dentis parte dilatata, basi medii coni utrinque constricta, antice laevi, postice longitudinaliter striata, conis . lateralibus acutis, leniter inflexis, radice utraque subrecta, ad se invicem accedente. d
Hab. dans largile crétacée bleue de Kiew, et dans le terrain diluvien des environs du village de Pekary, aux gouvernements de Kiew et d’Orenbourg.
La dent, allongée et acuminée, se caractérise par sa base étranglée, le cône principal s'élève de la base, en s’élargissant légèrement, et se termine en une pointe aiguë tranchante; la dent est plate en avant, convexe en arrière; elle s’infléchit d’abord légèrement en arrière, puis en avant, et présente les bords fortement tranchants. Les cônes latéraux sont petits, acuminés, légèrement infléchis et tout à fait détachés du cône principal. Les stries longitudinales très fortes laissent libre la moitié de la face postérieure de la dent. La racine est assez épaisse, ses deux branches sont presque droites et se rapprochent l’une de l’autre; par là leur ouverture en fer à cheval est étroite.
La couronne a 1 p. 3 L. de long, et près de 6 L. de large au milieu; les branches de la racine ont chacune la longueur de 11 L.; leur largeur et de 9 1. d’une branche à l’autre.
Cette dent se distingue de celle du Lamna elegans, pour laquelle elle fut prise par M. Rocowiez (1. c.), par sa forme élancée toute particulière, par sa base pourvue d’un étranglement bien marqué, et par la partie moyenne du cône principal fortement élargie, ainsi que par les fortes stries longitudinales, qui ne s’élèvent que vers la moitié de la longueur de la dent à sa face convexe. La dent du Lamna elegans AGass. a sa base plus large, et ses stries longitudinales montent plus haut vers la pointe de la dent. En outre la racine de la dent du La mna constricta forme un fer à cheval étroit, tandis que le Lamna elegans du tertiaire ancien est pourvu des deux branches de la racine plus espacées l’une de l'autre, et formant un fer à cheval plus large. Les dentelons latéraux de Lamna ele gans sont des épines beaucoup plus petites, qui atteignent à peine la grosseur de la tête d’une épingle ; quelquefois même ils sont à peine appréciables, ou manquent complétement. Les dentelons deLamna elegans (Aaass.) Roc. au contraire sont très grands et forts pointus et surpassent beaucoup en longueur les dentelons de Lamna elegans Acass. du tertiaire ancien.
Quant aux figures 5 et 6 de la PI. VI du mémoire de M. Roaowrcez, je suppose qu’elles se rapportent plutôt au Lamna compressa Ac. de l'argile bleue de Kiew. :
C’est aussi le Lamna Hopei (Acass.) de M. Rocowicz, qui est caractérisé par la partie moyenne élargie, par la base rétrécie du cône principal et par les deux branches droites de la racine, rapprochées l’une de l’autre, caractères qui manquent à la dent du L. Ho pei du terrain tertiare ancien de l’Angleterre.
Esp. 1367. Lamn. compressa Agass.
Poiss. foss. III, p. 290. PI. 37a, fig. 35—42. Lamna compressa AGass. Rocowicez |. c. p. 46. PI. 5, fig. 30.
La dent plus courte, à base élargie et à pointe légèrement obtuse et inclinée d’un côté, se caractérise par sa face externe un peu enfoncée, ainsi que par la racine élargie et forte, à dentelons latéraux courts et légèrement aigus. . $
Hab. dans l'argile crétacée bleue (teste Rocowrez) près de Kanew et du village de Pekary dans le gouvernement de Kiew, dans le grès diluvien de la rive droite du Dnjepr entre les villages de Petrowtzy et de
* Acassiz III, p 289. PI 37a, fig. 58—59.
Tractemirow, ainsi que dans l’argile éocène de Londres à l’île de Sheppy, et dans le calcaire grossier de Paris.
Cette espèce se distingue du Lamna constr tes par l’élargissement de la base du cône principal, qui se fait graduellement à la partie inférieure de la couronne. Cette dernière n’est pas aussi élancée que celle du Lamna constricta, et les cônes latéraux sont plutôt obtus que pointus.
Il se peut que c’est effectivement la dentdulLamna compressa, qui cependant n’a pas encore été rencontrée dans le terrain crétacé, quoiqu’il n’y ait pas de doute que plusieurs espèces de Squalides sont communes aux terrains crétacé et tertiaire ancien.
M. Rocowicz a figuré une dent incomplétement conservée de la couche supérieure de l'argile bleue de Kiew, qu’il nomme Lamna lata*; elle se distingue par sa base très large et enfoncée au milieu de sa face plate; la racine lui manque: il se peut que c’est également la dent du Lamnacompressa, qui ne diffère que par sa grandeur; au reste le Lamna lata Roc. rappelle également l'Otodus trigonabtus Acass. du terrain tertiaire de Kressenberg **,
Esp. 1368. Lamn. acuminata Aaass.
Poiss. foss. 1. c. IT, p. 292. PI. 37a, fig. 54-57.
Les dents sont assez épaisses, surtout à la base, allongées et de moyenne largeur, les bords sont tranchants; la face externe est plane ou légèrement convexe, la face interne beaucoup plus convexe.
Hab. dans le grès vert de Kanew près de Kiew, ainsi que dans là craie de l'Angleterre et de l'Allemagne.
Cette espèce, très commune dans la craie de l’Europe, n’a pas encore été décrite du terrain crétacé de la Russie; j'en possède un exemplaire légèrement bombé et oblique de Kanew, qui a 10 1. de long et 7 I. de large à la base, à laquelle manquent les dentelons latéraux.
Genre XV. Carcharo don Suirx.
Les dents ont la forme d’un triangle isocèle, celles de la mâchoire supérieure sont un peu plus larges que les dents élancées de l’inférieure ; les antérieures sont entièrement droites, les suivantes ont le bord postérieur de plus en plus échancré, les dernières sont petites et presque
* Rocowicz, |. c. p. 49. PI. 7, fig. 1. 2.
#* AGassiz, |. c. II, p. 274. PI. 36, fig. 35—37.
dépourvues du cône médian; tout le pourtour de l'émail de la couronne est garni de dentelures très distinctes et uniformes dans les dents des deux mâchoires. Ce genre se trouve dans les terrains crétacé, tertiaire, et vit encore dans les mers actuelles.
M. Rocowicz a décrit, dans son mémoire très intéressant sur les poissons fossiles du gouvernement de Kiew, un grand nombre d'espèces de Carcharodon, entre autres les Carch. megalodon AcGass. le ptodon AGass. et Escheri, qui ont été trouvés dans le terrain diluvien de Volhynie, de Podolie, et aux environs de Kiew; il fait en outre mention des Carch. megalotis Acass., productus Ac.et lanceolatus Ac., dont le gisement est présumé dans l'argile bleue de Kiew, que je range au contraire dans le terrain crétacé. Ces fossiles n’ont pas encore été trouvés aïlleurs, ni dans le néocomien, ni dans le crétacé supérieur, et je ne puis que supposer que ces dents ne se sont pas trouvées dans l'argile bleue de Kiew, ou qu’elles n’ont pas été exactement déterminées, et appartiennent peut-être à d’autres espèces de poissons crétacés.
Esp. 1369. Carchar. megalotis Aaass.
Poiss. foss. III, p. 258. PI. 28, fig. 8 —10. Rocowicz, |. e. p. 36. PI. 4, fig. 14—16 a.
Les dents effilées, plutôt trapues, ont la base du cône plus large, et la pointe moins aiguë que celles du Carch. heterodon Acass.; le bord antérieur est régulièrement arqué, le postérieur, un peu évasé; les bourrelets latéraux sont assez développés, régulièrement dentelés et ne se détachent pas bien du cône principal; la racine est épaisse et très concave.
Hab. dans l'argile crétacée bleue et dans le grès vert, au dessus de cette argile aux environs de Kiew, ainsi que dans le sable diluvien sur le bord du Dnjepr près de Kiew; l'espèce type provient, suivant M. Acassir, d’une localite inconnue.
Les dents de l'argile bleue de Kiew sont triangulaires, dentelées sur tout leur pourtour, à bourrelets détachés entièrement du cône principal, et dentelés comme celui-ci; la face bombée est lisse, la face plate enfoncée au milieu, et marquée de quelques scissures, qui se voient aussi sur la face plate; la racine est arquée et épaisse. La longueur de la dent est de 1 p. 9 |., mesurée avec la racine, sa largeur estla même. Les individus très grands sont droits, les petits, un peu recourbés d’un côté et plus enfoncés sur la face plate.
C’est presque la seule espèce crétacée de Carcharodon bien déterminée, les autres sont tertiaires.
Esp. 1370. Carchar. productus Acass.
Poiss. foss. ILE, p 251. PI. 30, fig. 2—8.
Rocowaicz. I. c. p. 37. PI. 4, fig. 18—19.
La dent, incomplétement conservée, ne montre que le cône principai, qui est très allongé, légèrement courbé et pourvu de dentelures inégales, l’un des bords est convexe, l’autre excavé; les bourrelets latéraux semblent manquer. |
ab. dans la même argile crétacée bleue de Kiew, ainsi que dans plusieurs localités des bords du Rhin et d'Italie, dont le gisement est inconnu. Ù | M. Acassiz rapporte à la même espèce différentes dents de plusieurs localités, dont les fig.3, 3’ sont identiques avec la dent de l’argile crétacée bleue de Kiew, ce qui prouverait qu’il existe un plus grand nombre d’espèces crétacées dans le genre de Carcharodon et que c’est précisément celle-ci et la précédente qui devraient y être rapportées.
Les espèces fossiles de Carcharodon sont très nombreuses, tandis qu’on n’en connaît qu’une seule vivante, le Carchar. lamia Cuv. Parmi les fossiles, la plupart se rencontrent dans le terrain tertiaire, et plusieurs sont, quant à leur gisement, d’une origine inconnue: les premières espèces crétacées ont été trouvées dans le gouvernement de Kiew, et il se peut que les espèces d’origine douteuse de l’Europe occidentale appartiennent aussi aux crétacées.
Genre XVI. Carcharias Cuv.
Les dents se distinguent par leur forme et leur grandeur ; les dents de la mâchoire inférieure diffèrent de celles de la mâchoire supérieure, ce qui rend la détermination des dents isolées très difficile; elles sont pourvues d’un cône creux à l’intérieur, ce qui les distingue des dents de Carcharodon, qui sont massives à l’intérieur. Ce genre se trouve dans les terrains crétacé, tertiaire, et vit encore dans le mers actuelles.
Esp. 1371. Carch.tenuis Aaass.
Poiss. foss. 1. c. III, p. 242. PI. 30a, fig. 15. Rocowicz, I. c. p.38. PI. 4, fig. 20.
La dent petite, allongée et étroite, est pourvue d’une pointe acérée et de bords dentelés, à dentelures très fines et égales, l’une, de face, est bombée, l’autre est concave.
Hab. dans le grès vert des environs du village de Pekary près de Kiew, ainsi que dans le grès vert du Sentis, au canton de St, Gall.
M. Rocowrcz, à qui nous devons la découverte de ce fossile dans le grès vert, n’en possède qu’une dent fort incomplète, qui n’a que 5 1. de long et environ 2 1. de large; elle est creusée en dedans et montre par là qu’elle appartient au genre Carcharias.
Genre XVII. Oxyrhina Aaass.
Les dents élancées et aplaties sont plus larges que celles des Lamna; elles sont aussi complétement dépourvues de bourrelets latéraux, ce qui les distingue des dents d'Otodus; cependant il est difficile de les distinguer d'avec ces dernières qui ont perdu leur bourrelets latéraux : les Oxyrhina ont pourtant des dents moins larges, moins triangulaires et plus plates; leur racine et en outre moins épaisse et n'offre jamais des cornes latérales prononcées. Ce genre se trouve dans les terrains crétacé, tertiaire, et vit encore dans les mers actuelles.
Esp. 1372. Oxyrh. Mantelli Aaass.
De Pecorum, Pachyd. et Piscium reliquiis fossilibus, voy. N. Actaæ Acad. Leop. Carol. Nat. Curios. vol. XVIL, pars IL p. 757. PI. 64, fig. 6.
Oxyrh. Desori (Acass.) Rocowicz, Poiss. fossiles de Kiew. PI. VII, fig. 1.
Oxyrh. Mantelli (Acass.) Roc. I. c. p.55. PI. 8, fig. 6—7.
Les dents en général sont de forme régulière et représentent un triangle isocèle; la face externe est plane et montre de chaque côté un sillon latéral parallèle au bord, et deux autres sillons moïns prolongés; la face interne est régulièrement bombée.
Hab. dans la craie blanche de Kremenetz, dans l'argile bleue de Kiew, dans le grès vert de Kanew, ainsi que dans la craïe blanche de l'Angleterre.
L'O xyrh. Desori Roc. est l’'Oxyrh. Mantelli*, car l'espèce de l'argile bleue de Kiew est toute lisse, tandis que la dent del'Oxyrh. Desori Ac. serait plissée à la base; elle est également plus grande et plus étroite que la dent de Kiew, dont les deux branches basilaires sont trop tranchantes pour pouvoir appartenir à l'espèce de M. Acassrz.
Esp. 1373. Oxyrh. macrorrhiza Prcr. Paléont,. suisse 1. c. Terr. crét. de Ste-Croix, p. 83. PI. X, fig. 6—8.
Les dents ont une double racine très longue, rappelant plutôt le type ordinaire de La mn a que de celui d'Oxyrhina; la racine forme deux
* Poiss. foss. II, p. 280. PI. 30, fig. 1—9.
branches plus ou moins aplaties, s’écartant l’une de l’autre sous un angle aigu. La couronne, vue de profil, est très renflée à sa base, la ligne qui limité l’émail à sa partie inférieure remonte beaucoup du côté interne, de sorte que la longueur de l’émail n’atteint quelquefois pas, de ce côté, la moitié de celle qu’il a extérieurement.
Hab. dans le néocomien ferrugineux de Kursk, dans l'argile bleue de Kiew, ainsi que dans le terrain néocomien de Ste-Croix.
La région terminale de la dent est infléchie en dedans chez VOxyrh.macrorrhiza, tandis que la dent de Kursk semble toute droite; la face externe est en forme de fer de lance, ordinairement un peu resserrée vers l’origine de la racine; elle est sensiblement bombée: ses bords très tranchants sont longés par une petite dépression, dans laquelle on remarque cependant vers la base une côte médiane qui se prolonge quelquefois jusqu’au delà du milieu et qui est accompagnée de 2 à 4 sillons basilaires latéraux manquant à la dent de Kursk et aussi à quelques individus de Ste-Croix.
La dent de Kursk a 11 1. de long, et 6 I. de large à sa base, une autre dent n’a que 3%/4 L. de large à sa base.
La roche argilo-sableuse de Kursk semble contenir, outre la dent ci-dessus décrite, un Nummulites indistinct, très large et plat, c'est ce qui confirmerait l'observation de M. Fraas* que les Nummulites se trouvent en Syrie dans le terrain crétacé; il à 1 p. 5 1. de diamètre et est légèrement ondulé.
Les vertèbres trouvées avec la dent ont près de 11 1. de long, et 10 1. de large aux deux extrémités, et se rétrécissent au milieu jusqu’à 8 1. La face articulaire est très concave.
Esp. 1374. Oxyrh. angustidens Reuss.
PI. XXX VII, fig. 8, gr. nat a, vu du côté convexe et plat b, vu sur le bord tranchant c.
Kreide von Bühmen 1. c. p. 6. PI. II, fie. 7 9. Oxyrh.biflexa Roc. Poiss. foss. de Kiew (en russe) 1860. 1. c. p. 55. PI.8, fig. 4—5.
Les dents sont étroites, élancées, infléchies en dehors, et puis en de-
dans; les faces, dont l’une et plate et l’autre bombée, sont toutes lisses, les bords sont tranchants jusqu’à la pointe, qui est plus ou moins obtuse.
* Fraas, Aus dem Orient, voy. Württemb. naturwissensch, Jahreshefte 1867, Heft 2, p. 227. Les Nummulites se trouvent près de Wadi Jôs en Syrie dans le calcaire à Hippurites.
Hab. dans l’argile crétacée bleue de Kiew, dans la marne crayeuse d'Akhimate sur le bord du Volga, au sud de Ssaratow, et dans le terrain crétacé du bord de l’Alma près du village de Schokul en Crimée, ainsi que dans la couche à conglomérats des environs de Bilin en Bohème.
La racine, assez épaisse, se divise en deux branches égales, obliques eb rapprochées l’une de l’autre; elle est légèrement striée, à stries longitudinales, et enfoncée au milieu. Les côtés de la couronne forment des saillies fines, comme membraneuses.
La couronne d’émail a 6 1. de long et près de 2 1. de large, la racine a 4 1. de long. C’est donc une forme toute particulière, dépourvue de cônes latéraux; par ce caractère elle se distingue du Lamna gracilis AG. de la craie, quoique M. Acassrz l'ait figurée sans cônes latéraux. [Il ne possédait que des fragmens de cette espèce, à laquelle pourrait même appartenir l'Oxyrh. biflexa, au cas que les cônes latéraux lui manqueraient effectivement. M. Asicx* a décrit notre espèce sous le nom de Lamna elegans (AG.) du terrain nummulitique des bords orientaux du lac d’Aral; cependant elle manque des deux dentelons latéraux, et son bord est obtus et non tranchant; elle a 10 1. de long et 4 I. de large. Une autre espèce qui a la plus grande affinité avec lOxyrh. a ngustidéns, c’est le Lamna raphiodon de la craie, mais les deux faces sont entièrement lisses et non couvertes de stries longitudinales.
Les échantillons du bord de l’Alma en Crimée ont la grandeur double; l’un d’eux, de 1 p. 4 1. de long, offre la base épaisse et presque triangulaire, la face convexe cst finement striée, à stries longitudinales serrées; l’autre face est toute lisse. Elle à une grande ressemblance avec l'Oxyrh. subinflexa Acass. tertiaire de l'Italie.
Esp. 1375. Oxyrh. heteromorpha Reuss.
Kreide von Bühmen, p. 7. PI, 3, fig. 14—16.
Oxyrh. pygmaea Rocowicz, I. ce. p. 57. PI 8, fig. 12. — Oxyrh.leptodon (A6.), p.56. PL 37, fig. 3-—5. — Oxyrh.brevidens Roc., Le. p.57.
PI. 8, fig. 11.
Cette petite dent est pourvue d’une base très large, qui s’élève rapidement en un cône court, aigu et oblique ou infléchi en arrière, en sorte que l’un des bords est presque droit, légèrement enfoncé, et l’autre forte-
* Mémoires-de l’Acad. des Sc. de St. Pétersb. I. ce. p. 566. PI VI, fig. 2—-3,
L’autre dent, figurée I. c. par M. Agicn, paraît être le Sphenodus longidens. AGass. du terraia jurassique. ;
Eichwald, Lethaoa rossica. IL. 75
ment échancré; la racine est de la même largeur que la base de la couronune émaillée et légèrement enfoncée à sa base. :
Hab. dans le grès vert des environs de Kanew, et dans l'argile bleue de Kiew, ainsi que dans le terrain crétacé supérieur de Bohème.
La petite dent de Kanew n’a que quelques lignes de large et autant de haut; la pointe très oblique de la couronne est presque d’égale longueur avec la base.
Des deux formes extrêmes de notre espèce, M. Rocowiez a nommé Oxyrh. leptodon (Aa.) la plus grande, et Oxyrh. brevidens la plus petite; je suppose que la première est l'individu complétement développé, et la seconde un individu jeune, fixé dans la partie postérieure de la gueule.
L’Oxyrh. pymaea Roc. I. c. p. 58. PI 8, fig. 13 paraît appartenir à la même espèce, qui est caractérisée par la largeur et la grandeur de sa racine, laquelle dans celle-ci est de la hauteur de la couronne, égale à la hauteur de la racine: au moins c’est une dent toute jeune, qui ne saurait suffire pour en faire une espèce particulière. Le petit individu provient également du grès vert de Kanew.
Esp. 1376. Oxyr. rugifera m».
PI XXXVIIL, fig. 9 gr. nat.; a vue du côté convexe ridé; b vu du côté lisse concave.
Dens mediocris acuto-conicus, leniter inflexus, lata basi fixus, externa facie subplana, rugis profundis confluentibus ad apicem usque exarata, interna vero convexa sublaevi, leniter foveolata.
Hab. dans l'argile crétacée bleue des environs de Kiew.
La dent, de grandeur moyenne, est presque conique, acuminée vers l'extrémité supérieure et infléchie, la base très large forme une racine plate, à peine distincte de la masse dentaire. La face antérieure est garnie de rides profondes, confluentes et marquées jusqu’à la pointe émoussée ; la face interne de la dent est lisse, convexe, à peine marquée de quelques enfoncements fort peu appréciables.
La dent est noircie et presque dépourvue de la dentine, dont la couche ne semble que très mince. Elle à près de 4 1. de long, et 3 1. de large à sa base.
Une dent qui lui ressemble le plus, par ses rides, c’est lOxyrh. paradoxa Agass.* des dépôts jurassiques de Tilgate.
* Poissons foss. I. ec. IT, p. 286 et 313. PI. 36, fig. 53—56. M. Acassrz
Genre XVIII. Sphenonchus AGass.
Les dents desSphenonchus sont caractérisées par le cône principal très développé, très gros, cylindrique et recourbé en dedans, formant un crochet fortement arqué; les cônes secondaires manquent. La base du cône est pourvue de petites côtes ou plis, qui cependant laissent la pointe lisse. La racine est également très développée; elle est dilatée sur les côtés et offre en outre un prolongement à la face interne; elle est comme divisée en trois racines secondaires. Ce genre se trouve dans les terrains jurassique et crétacé.
Esp. 1377. Sphenonch. compressus Roc.
Poiss. foss. de Kiew, 1. c. 1860, p. 27. PI. 1, fig 9—10.
La dent est pourvue d’un cône principal très comprimé et fortement recourbé en dedans; les petites côtes en plis n’existent que du côté intérieur du cône; les trois prolongements de la racine n’offrent pas aussi distinctement la forme d’un trépied que celle du Sphen. Martini Ros.* du portlandien de l'Angleterre, qui en outre a le cône principal moins recourbé, presque droit et forme un trépied parfait.
Hab. dans le grès vert des environs de Kanew à proximité de Kiew.
M. Roaowrcz a prouvé par la découverte de cette rare espèce, qui rappelle si vivement le Sphenonch. Martini, que ce genre ne caractérise pas seulement le terrain jurassique, mais qu’il se trouve aussi dans le terrain crétacé, le grès vert, qui se rapproche du néocomien.
Un second individu, à grande et grosse racine, dépourvue de la couronne, trouvé dans la même localité, appartient peut-être à une autre espèce (1. c. fig. 10), car la racine est pourvue de stries ou plis très nombreux et en forme de trépied, comme le Sphenonch. compressus; cet individu très grand ressemble cependant tellement au premier, qu'il paraît n’en être qu’une dent plus développée.
Genre XIX. Galeus Cuv.
Les dents de Galeus sont semblables dans les deux mâchoires; la première est un peu plus petite que les suivantes, qui vont en diminuant insensiblement en arrière; suivant M. AGassiz, leur bord postérieur est
propose de nommer ces dents à surface plissée Meristodon; en effet les plis ou rides forment un caractère tout particulier de ces dents. # AGassiz, poiss. foss. III, p. 203 PI.22a, fig 15—17.
pourvu d’une échancrure plus ou moins considérable, le bord se prolonge par là en arrière comme un talon à grosses dentelures, tandis que le bord antérieur est finement dentelé; la pointe principale est arquée en arrière.
Ce genre se trouve dans les terrains crétacé et tertiaire, et vit encore dans les mers actuelles.
Esp. 1378. Gal. pristodontus Acass.
Poiss. fossiles 1. e. IIE, p. 224. PI. 26, fig. 9 — 13.
La dent triangulaire, à racine épaisse, est formée de bords tranchants et finement crénelés, une carène s'élève du milieu de la racine jusqu’à la pointe, qui est légèrement infléchie.
Hab. dans la craie blanche des environs de Ssimbirsk, ainsi que dans la craie de Maestricht.
M. Agassrz la place maintenant IL. c. dans le genre Corax et l’appelle Corax pristodontus; de la sorte il n’existerait pas de Galeus à Ssimbirsk.
Genre XX. Galeocerdo Müzr. HEXLE.
Les dents de Galeocerdo-sont marquées d’un cône acéré très saillant, et crénelées sur tout leur pourtour, mais d’une manière très inégale; la base de la dent en particulier a de fortes crénelures, tandis que la pointe ne présente qu’une très fine dentelure. (Ce genre se trouve dans les terrains crétacé, tertiaire, et vit encore dans les mers actuelles.
Esp. 1379. Galeoc. gibberulus Agass.
Poiss. foss. de Kiew 1860, p. 232. PI. 26 a, fig. 62—63. Galeocerdo minor (AG.) Rocowrcz, I. c. p. 30. PI. 4, fig 1—9. — parodoxus Rocow., 1 c. p. 31. PI. 4, fig. 10—11.
Le cône de la dent est très élevé, à bords ondulés, les dentelures de la base en avant et en arrière sont très prononcées; elles sont au nombre de trois, et vont en décroissant d'avant en arrière; la base de la couronne est profondément échancrée à la face interne, tandis qu’elle est plus horizontale à la face externe.
Hab. dans l’argile crétacée bleue de Kiew, ainsi que dans la craie marneuse de Haldem.
La hauteur de la dent est à peu près égale à la longueur de la base; le cône est légèrement courbé en arrière ; tout cela se rapporte également aux Galeocerdo minor et paradoxus, décrits et figurés de l'argile bleue de Kiew, en sorte que je conclus à lidentité de ces trois
espèces, qui ne varient que d’après la place qu’elles occupent dans la gueule du poisson et d’après l’âge de celui-ci.
Genre XXI. Hemipristis AGass.
Les dents des He mipristis sont pyramidales, larges à leur base, aiguës à leur sommet et plus ou moins recourbées en arrière ; le côté externe est à peu près plat, le côté interne bombé; l'émail est parfaitement lisse, les bords sont serrés , mais les serratures marginales ne s’étendent pas sur toute la longueur de la dent; elles cessent à une certaine distance du sommet, en sorte que la pointe est entièrement lisse. Ce genre se trouve dans les terrains crétacé et tertiaire.
Esp. 1380. He mipr. serra Acass.
Acass. Poissons, vol. IIL p. 237. PI. 27, fig. 18—30. Hemipristisplicatilis Kiprtavow, Bull. de Mosc. 1854, p. 375. PI. 42, fig. 1. — serra Rocowicz, Poiss. foss. de Kiew (en rus:e) 1860, p. 33- PI. 4, fig 12— 13.
La dent triangulaire est marquée de dentelures distinctes, qui manquent tout à fait au bord concave; la dent porte à la base un pli simple.
Hab. dans le grès crétacé ferrugineux de Kursk, et peut-être dans le même terrain des environs de Kremenetz en Volhynie, ainsi que dans le plänerkalk inférieur de Bohème.
Cette espèce a une certaine ressemblance avec l'O dontaspis raphiodon, qui ne se distingue que par ses dentelons basilaires, perdus peut-être par accident sur lHemipristis plicatilis ci-dessus décrit.
La dent décrite et figurée par M. Rocowrez a la plus grande ressemblance avec celle que M. Acassiz a figurée I. c.; elle est triangulaire, comprimée des deux côtés et infléchie légèrement en arrière; le bord postérieur est par là un peu concave et muni de dentelures assez grosses, antérieur est légèrement convexe et pourvu de dentelures plus petites ; la base est très large, et la pointe aiguë, dépourvue de dentelures, est lisse. Le comte de Münster à recueilli la même la dent dans la craie de Ratisbonne et de Haldem, tandis que M. Acassrz en fait mention comme se trouvant ordinairement dans le terrain tertiaire, et c’est ce qui fait supposer à M. Rocowicz que la dent de Kremenetz à été trouvée dans le tertiaire: il se peut que l’espèce soit également crétacée et tertiaire.
Genre XXII. Notidanus Our.
Les dents du Notidanus se composent, chacune, d’une série de dentelons, dont le premier, qui est le plus grand, est lui-même crénelé à son bord antérieur; les dentelons suivants deviennent insensiblement plus petits, et les derniers ne présentent plus qu’une fine serrature au bord postérieur de la dent; mais ces dentelures, juxtaposées suivant M. Acassiz, ne se réunissent pas pour former une dent composée ; ils ne sont que des arêtes d’une seule et même couronne, qui est elle-même simple, puisqu’elle n’a qu’une seule racine plate. Ce genre se trouve dans les terrains jurassique, crétacé, tertiaire, et vit encore dans les mers actuelles.
Esp. 1381. Notid. micro don Ac.
Poiss. Foss. II, p. 221. PI. 27, fig. 1 et PI. 36, fig. 1 —2. Rocowicz, fossile Fische d. Kiewsch. Gouvern. I. c. p. 29. PI. 3, fig. 25 —26. La dent est petite, allongée, pourvue d’une large base, dont une moitié porte 5 à 8 très petits dentelons, et l’autre une grande dent triangulaire à bord crénelé; elle a 4 à 5 L. de large.
Hab. dans la craie blanche de Ssimbirsk, dans l'argile bleue de Kiew, ainsi que dans la craie de Sussex.
La dent de l'argile crétacée de Kiew se compose d’une série de 8 à 10 dentelons, le bord antérieur du premier dentelon est seul crénelé; en arrière les dentelons deviennent insensiblement plus petits; la racine étroite, commune à tous ces dentelons, est toute droite, non courbée. L’espèce type de Sussex n’a que 5 dentelons, dont le premier est le plus grand, les suivants deviennent de plus en plus petits; néanmoins elle ne diffère pas spécifiquement de la dent trouvée dans l'argile bleue de Kiew, qui par conséquent n’est pas tertiaire, mais distinctement crétacée.
Esp. 1382. Notidan. pectinatus Acass.
Poiss foss. II, Le. p. 221. PI. 36, fig. 3.
Notidan.serratissimus Ac. Rocowioz, I. c. p. 29. PI. 3, fig. 23—24.
Le dentelon principal est plus haut que les autres, au nombre de 9, placés en arrière de lui; en avant du dentelon principal les dentelures sont développées et forment des cônes à peu près aussi saillants que du côté postérieur; au lieu de dentelures on remarque quelquefois sur le dentelon principal de petites crénelures.
Hab. dans la couche inférieure de l’argile bleue des environs de Kiew, ainsi que dans la craie blanche de l'Angleterre.
M. Acassrz dit IL. c. que les dentelons en avant du cône principal correspondent aux fines serratures de la base du premier dentelon du Notid. microdon, et que les dentelons en arrière de lui sont au nombre de sept. L’individu de Kiew en montre même neuf, caractère essentiel duNotid. pectinatus, et au lieu de dentelures en avant du grand dentelon, on y voit de petites et fines serratures de ce dernier, desquelles naissent à la suite les dentelures.
M. Rocowrcez 1. c. a pris le Notid. pectinatus de Kiew pour le Notid. serratissimus AG, qui cependant n’a que quatre dentelons secondaires, placés en arrière du dentelon principal; ce dernier est muni de serratures très fines, semblables à celles du Notid. microdon de la craie d'Angleterre, en sorte que ces deux individus pourraient fort bien appartenir à la même espèce, qui se distinguerait du Notid.serratissimus par le plus grand nombre de dentelures secondaires.
Genre XXIII. Sphenodus Acass.
La dent allongée est pourvue de bords tranchants et d’émail, qui est mieux séparé de la dentine que dans toutes les autres dents de Lamna à dentine solide. Ce genre se trouve dans les terrains jurassique et
néocomien.
Esp. 1383. Sphen. longidens Acass.
Poiss. foss. |. c. IT, p. 298. PI. 37, fig. 24—29. Lamna Phillipsii Rouizz., Bull. de Mosc. 1847, IL, p.372. PIB, fig.6, aussi Bull. de Mosc. IV, 1846.
La dent très aiguë est un peu infléchie au milieu, très pointue, et légèrement courbée; la base est peu striée, à stries longitudinales. Le côté antérieur est plus bombé que le postérieur, qui est tout plan. La dent de Dorogomilow à 91. de long, et la base, mesurée à l'émail, 2 lp 1. de large; il n'existe pas de traces de dentelons accessoires.
Hab. dans l'argile jurassique noire de Doregomilow et de Popilani, ainsi que dans le terrain jurassique du Wurtemberg.
Cette petite dent a 1 p. l}2 1. de long, 8 L. de large à sa base, et 1 1. d'épaisseur.
L'Oxyrhina ornati Quensr.*, décrit par M. Traurtscuoz ** de
* Quexstenr, Jura p. 467. PI. 63. fig. 5. — Handb. d. Petrefactenkunde.
PI 13, fig. 11.
** Bull. de Mosc. 1862. IV, p. 401.
l'argile jurassique des environs de Moscou, est égalementle Sphenodus longidens.
La base des dents de Dorogomilow est légèrement striée, à stries longitudinales ; les stries sont également bien accusées sur la base osseuse élargie des dents, d’où les stries se continuent jusqu’à l'émail, sur lequel on observe encore quelques plis indistincts, tandis que la dent du Sphenoduslongidens serait toute lisse; les deux bords sont tranchants et entiers, non crénelés, et la dent est en outre marquée d’une double courbure.
Esp. 1384. Sphen. ma cer QuensT.
TraurscHoLn, Bull. de Mosc. 1860, IV. PL 8, fis.23—24, et Bull. de Mosc. 1862. IV, p. 401.
Q.ewsrepr, Petrefactenkunde p. 211. PI. 15, fig. 18.
Petite dent courte, grêle et aiguë, à laquelle manque généralement la racine; les plus courtes sont légèrement infléchies et appartiennent à la rangée extérieure.
Hab. dans l'argile jurassique noire de Dorogomilow aux environs de Moscou, ainsi que dans le terrain jurassique blanc du Wurtemberg, à Schnaitheim près de Heidenheim.
Les rangées sont longitudinales ou transversales; quand la racine s’est conservée, elle est toute droite et assez épaisse.
Famille huitième.
Hybodontés.
La peau ou le chagrin se compose de petits grains, en outre les ichthyodorulithes et les dents isolées prouvent que les Hybodontés forment une famille particulière. Les dents pointues en émail prennent naissance sur une racine osseuse, comme celle des Squalides; elles ne sont pas anguleuses mais arrondies et parcourues de rides presque parallèles, partant de la racine vers les pointes des dents; le milieu de ces dents est occupé par une pointe très longue, à laquelle se fixent, des deux côtés, de petites dents latérales, au nombre de 2, 3 ou plus. Les genres sont tous éteints, et ne se trouvent fossiles que dans les terrains anciens jusqu’au crétacé.
Genre XXIV. Hybodus Acass.
Les rayons osseux des nageoires d'Hybodus appartiennent aux
deux nageoires dorsales et ne diffèrent pas plus entre eux que les piquants des deux dorsales des espèces de Requins qui en portent. Les dents des mâchoires se trouvent associées aux rayons osseux, et même à différentes autres parties du squelette, et il ne reste nul doute que ces parties appartiennent au même genre, qui se trouve surtout dans le terrain jurassique et moins fréquemment dans la craie.
* [chthyodorulithes.
Esp. 1385. Hybod. Eichwal di Kre. Bull de Mosc. 1853, I, p. 331. PI. VL fig. 1- 8. Bull. de Mosc. 1855, I, p. 392. PI. 2, fig. 9—15.
Le rayon seul est connu; il est allongé, comprimé, à bord antérieur plus mince que le postérieur, qui est arrondi et obtus, tandis que le bord antérieur est tranchant; deux rangées longitudinales irrégulières de tubercules servent comme ornements du bord postérieur ; on y compte 11 à 15 tubercules.
Hab. dans le grès néocomien ferrugineux de Kursk.
Les deux côtés comprimés de l’ichthyodorulithe sont ornés de côtes longitudinales, entre lesquelles on voit des sillons longitudinaux; il est légèrement courbé et pourvu d’une cavité elliptique en dedans ou de la cavité pulpaire, entourée de trois couches concentriques de dentine compacte.
La première couche de dentine ou l’intérieure se compose de quelques enveloppes étroites, d’une masse solide dure, homogène et transparente; on remarque dans cette couche des canaux médullaires et des tubes calcifères dendritiques, qui vont irrégulièrement de la cavité à la périphérie. La seconde couche de l’ichthyodorulithe se compose d’une dentine plus transparente, traversée par des canaux médullaires longitudinaux et transversaux, contournés en différentes directions. La troisième couche ressemble le plus à celle-ci, mais elle est traversée par des canaux médullaires très fins, en sorte que les canaux médullaires sont tous réunis les uns aux autres. Les tubes calcifères se trouvent dans les trois couches.
Notre espèce rappelle l'H yhod. Fittonii, qui cependant est de grandeur double.
Esp. 1386. Hyb. confluens ».
Hybod. marginalis (Ac) Rocowicz Poiss. foss. de Kiew (en russe) 1860, p. 25. PI 3, fig. 21a. b.
Radius osseus satis magnus, compressus, celeriter versus apicem
attenuatus ac leniter inflexus, utroque latere costatus, costis superne parallelis, inferne confluentibus, margine antico scindente, postico denticulato, denticulis remotis, acutis, sectione triangulari.
Hab. dans le sable néocomien (?) sur le bord du Dnjepr dans la ville de Kiew, où on l’a trouvé en creusant un fossé pour la forteresse de Kiew.
Le rayon, assez long et élargi à la base, est comprimé et s’amincit rapidement vers le sommet légèrement infléchi; les côtés sont garnis de 9 à 11 côtes comprimées, dont les intervalles sont de la même largeur que les côtes vers le sommet, ou régulières; les côtes sont irrégulières et comme bifides et confluentes sur la partie inférieure élargie, et les intervalles plus larges que les côtes; celles-ci y forment un réseau.
L’ichthyodorulithe s’élève presque verticalement, d’abord incliné légèrement en avant, et puis en arrière vers le sommet; le bord antérieur est tranchant, le postérieur tronqué,'à face supérieure armée de dents placées en une série longitudinale et au milieu de la face à peine enfoncée; la face inférieure , dépourvue de dents, est fortement enfoncée ou concave, conformation qui fait que la coupe de la partie supérieure est triangulaire, et non ovalaire, comme c’est le cas pour l’Ichthyod. marginalis Agass * du terrain jurassique de Stonesfield. Celui-ci est en outre pourvu d’un bord postérieur à petites dents obtuses en deux séries longitudinales, irrégulières; les dents, en petits tubercules, sont alternes et séparées les unes des autres par un espace très petit et lisse. Les dents de celui-ci sont également séparées des côtes latérales par un espace lisse, très large, qui au contraire est occupé également par des côtes confluentes sur lHybod. confluens.
Le rayon de Kiew a une longueur de près de 6 p., il est par conséquent presque trois fois plus long que celui de l'Hybod. marginalis; sa largeur à la base est de 1 p. 31.; il se rétrécit jusqu’à 4 L. au sommet brisé.
Le terrain où on l’a trouvé n’est pas bien déterminé. M. Rocowicz présume qu’il est jurassique; c’est possible, mais les preuves manquent; je serais plutôt d'avis de le considérer comme crétacé, car c’est là le terrain le plus développé aux environs de Kiew.
La base avec laquelle le rayon était enfoncé dans les chairs du poisson, est parcourue de stries fines très serrées et s’élevant très haut à la partie postérieure, presque jusqu’à la moitié de la longueur.
# Poiss. foss. ILE, p. 43 et 70. PI. 10, fig. 18 -19 et 21.
Esp. 1387. Hybod. Rogowiczi m.
Hybod.carinatus (Acass.) Rocowiez, |. e. p. 26. PI. 3, fig. 22a.
Radius osseus mediocris, rectus. compressus, leniter apicem versus attenuatus, costatus, costis 8 pluribusve ornatus, margine antico compresso, acuto, postico dilatato, truncato, duabus denticulorum acutorum serlebus longitudinalibus armato; sectione transversa triangulari.
Hab. dans le terrain néocomien des environs du village de Pekary dans le district de Tcherkas du gouvernement de Kiew.
L’ichthyodorulithe est de grandeur moyenne, il est droit, comprimé, et s’amincit légèrement vers le sommet; les côtés sont ornés de côtes presque aussi larges que leurs intervalles; le bord antérieur est légèrement tranchant, le postérieur élargi, tronqué et armé de deux séries longitudinales de petites dents aiguës et espacées.
Sa grandeur n’est pas connue, car M. Rocowiez n’a recueilli que deux fragments paraissant appartenir au même individu, qui avait quelques pouces de long, à en juger d’après ces deux fragments, mais le fragment supérieur est muni de deux séries de dents à son bord postérieur, tandis que linférieur n’en montre qu’une seule série. Le fragment inférieur à 3 L de large.
M. Rocowicz a réuni cette espèce avec lHyb. carinatus Ac.* du lias de Lyme Regis, qui cependant est légèrement arqué vers Les sommet, et qui sur le milieu du bord antérieur porte une arête ou côte saillante plus éloignée de celles des côtés que celles-ci ne le sont entre elles, en sorte que le bord antérieur est comme surmonté d’une quille. Les côtes sont très saïllantes et plus étroites que les sillons qui les séparent, tandis que ceux-ci sont d’égale largeur avec les sillons sur l’'H y bod. Rogowiczi. Les dents ne sont pas aiguës, comme dans celui-ci, mais ce sont plutôt des tubercules plus espacés que les dents de l'Hybodus de Kiew, dont les côtes restent entières jusqu’au somment, sans s’épanouir par ci par là entre les autres, comme sur l’espèce liasique.
La coupe est triangulaire, et non ovalaire comme sur l’'Hybod. carinatus, qui par tous ses caractères et par son gisement dans le lias se distingue essentiellement de l'espèce de Kiew.
Cette espèce a été trouvée dans le terrain diluvien des environs de Kiew, qui sans doute provient de la destruction du terrain néocomien.
** Dents.
Les dents des Hybodus sont tellement semblables dans leur struc-
* Poiss. foss. IL, p. 52. PI. 9, fig. 13—14.
ture microscopique qu'il est difficile de les distinguer spécifiquement ; les tubes calcifères sont tantôt peu nombreux et dendritiques, tantôt plus nombreux et serrés; les canaux médullaires sont également de différente grosseur; l'émail ou montre des tubes calcifères très fins et parallèles, ou est entièrement dépourvu de ces tubes.
Les dents sont grêles et pourvues d’un cône médian plus long que la base de la dent sur laquelle il repose, et qui est flanquée des deux côtés de plusieurs petits cônes secondaires. Ceux-ci vont en décroissant du milieu vers les bords; le cône principal est plus ou moins comprimé de dehors en dedans, en sorte que la face externe est plus plate que la face interne. Les dents des Hybodes offrent des différences semblables à celles qu’on remarque, dans les genres vivants des Squales, entre les dents antérieures et les dents postérieures; suivant M. Acassiz, celles-ci sont arrêtées dans leur développement, et le cône principal, au lieu de prendre la forme élancée et subulée qui lui est propre dans les dents antérieures, reste à l'état de varice ou de bouton plus ou moins saïllant. Toute la surface de la dent, couverte d’émail, est ornée de plis verticaux ou longitudinaux, qui, plus ou moins gros, se laissent poursuivre jusqu’à la pointe du cône médian, mais le plus souvent ils s'oblitèrent à la moitié de la hauteur et la pointe du cône est unie; cependant c’est à la base de l’émail que les plis restent le plus nettement accusés, et lorsque cette base est, étroite, ils y affectent la forme de petits bourrelets. La racine des dents est grosse et osseuse, comme en général chez les Squales. Les dents des H ybodes se trouvent dans les terrains conchylien, jurassique et rarement dans le crétacé; elles sont complétement étrangères aux terrains tertiaires. ainsi qu'aux mers actuelles.
Esp. 1388. Hyb. reticulatus Aaass. aff.
Poiss. foss. LIL p. 180. PI. 24. fig. 26. PI. 22 a, fix. 22 —23. Hybod reticulatus (Ac.) Rocowiez, |. c. p. 20. PI. 2, fig. 16 — 19.
Les dents sont très variables en forme et en grandeur, le cône est très acéré, arrondi et subulé, sa surface est distinctement plissée, les plis sont surtout marqués à la base du cône, où ils forment même de petits bourrelets, mais ils s’oblitèrent insensiblement vers la pointe, qui est même ordinairement tout à fait lisse; sur chaque côté du cône principal il y a trois ou quatre cônes secondaires, qui décroissent en s’éloignant du cône principal; leur nombre est égal des deux côtés; les plis des cônes secondaires s'étendent jusqu’au sommet. La couronne est doublement oblique sur la racine, inclinée à la fois en dedans et en arrière. La ra-
cine est étroite en avant, plus large en arrière, rectiligne ou ondulée à la face inférieure; son tissu est spongieux, réticulé et plus grossier que l'émail, ce qui a valu à cette cspèce son nom spécifique.
Hab. dans l'argile jurassique jaune compacte des environs de Kanew et de Tractemirow, près du village de Pekary, ainsi que dans le lias de Lyme Regis en Angleterre et de Banz en Bavière.
M. Rocowicz a le premier décrit et figuré des dents d’un Hybodus qu’il réunit à PH ybo d. reticulatus du lias: on sait que les dents des Hybodontes varient beaucoup et que les espèces ne se distinguent pas bien d’après les dents seules; pour les déterminer exactement il nous faut avoir les rayons et la peau ou le chagrin et même des mâchoires entières. Les dents de Kanew, si semblables qu’elles soient aux dents de l’'H yb. reticulatus, se trouvent dans une argile jaune compacte, que j'ai rangée, d’après d’autres fossiles décrits ci-dessus, au terrain crétacé, et c’est pourquoi je présume que l’espèce n’est pas l’'Hyb. reticulatus, mais une autre, voisine de celui-ci. Les fig, 16. 18. 19. 19 représentent des dents dont le cône médian n’égale pas en hauteur les deux tiers ou même les trois quarts de la longueur de la couronne, comme c’est le cas sur PHyb. reticulatus; les dents de Kanew semblent trop comprimées, et le cône médian est marqué, au milieu de ses côtés, d’un pli plus long, plus gros et plus tranchant que les plis latéraux; les plis de l'Hybod. reticulatus sont plus épais, ils constituent de vraies côtes, qui occupent la base de la dent aussi bien que son sommet, tandis que le sommet n’est pas plissé sur les dents de l’'Hybodus de Kanew; le cône ne paraît par arrondi, comme celui de lHybod.reticulatus; la racine, étroite en avant, est plus large en arrière; c’est ce qu’on ne remarque pas sur le fossile de Kanew, auquel manque aussi la racine spongieuse et réticulée, ou du moins elle n’est pas exprimée dans les figures de M. Ro-
Gowicz. Je considère en attendant la question sur l’identité de cette espèce comme réservée à un temps plus favorable, où la découverte d’un ichthyodorulithe ou de la mâchoire complète, pourvue dé ses rangées nombreuses de dents, viendra nous fournir les matériaux suffisants pour déter-
miner cette espèce.
Esp. 1389. Hybod. dispar Reuss. “
Kreide von Bôhmen, vol. 2, p. 98. PI. 24, fig 27—28. Hybod. parvus Rocowicz, Poiss. foss. de Kiew 1860, |. c. p.22. PL 3, fig. 2. 2a.
La dent est pourvue d’un côte médian, qui égale en hauteur la moitié
de la longueur de la couronne, la racine est courbée en demi-arc, et à la base on remarque sur les deux extrémités quelques pores dirigés vers le côté extérieur de la dent. La couronne est inclinée vers sa partie postérieure; les petites côtes, légèrement infléchies, naïssent à la base des cônes et vont jusqu’à la pointe du cône principal et des cônes secondaires.
Hab. dans le grès néocomien à gros grains des environs de Kanew aux alentours de Kiew, ainsi que dans le terrain crétacé de Bohème.
Cette espèce est crétacée, et si elle est bien déterminée et bien décrite par M. Rocowicz, le grès à gros grains de Kanew doit appartenir au terrain crétacé dans lequel se trouve l'Hyb. dispar. Il en existe un certain nombre de variétés, dépendant de l’âge du poisson, ainsi que de la place antérieure ou postérieure qu’elles occupent dans la gueule ; voilà pourquoi les Hybodus Kessleri, subulatüs et peut-être même PH yb. parvus paraissent appartenir à l’'Hyb. dispar: elles ont été trouvées dans le grès à gros grains de Kanew. M. Rocowrcz les a nommées et décrites, comme il suit:
Hybod. Kessleri Roc. (1. c. p. 21. PI 3, fig. 3—5) à racine de la dent toute droite, étroite en avant, élargie en arrière; la base est ondulée et pourvue de quatre pores ou ouvertures de canaux médullaires sur la partie antérieure de la dent, et de trois autres sur sa partie postérieure; le cône principal a en hauteur les trois quarts de la longueur-de la couronne.
L'Hybod. subulatus Roc. (1 c. p.22. PL 3, fig. 6—11) se distingue du précédent par la racine moins développée, les ouvertures sont diposées irrégulièrement, le cône principal n’a pas de côtes des deux côtés, et les cônes secondaires se trouvent au nombre de cinq de chaque côté: ce sont des différences qui sont dues à la place que les dents occupaient dans la gueule du poisson. Les trois variétés se trouvent en outre dans le même grès à gros grains de Kanew.
M. Rocowicz donne encore la description d’une quatrième espèce, de l'Hybod.parvus (1 c. p. 21. PI 8, fig. 1—2) du grès grisâtre à grains fins de Kanew, qui ne se distingue des espèces précédentes que par sa petitesse, en sorte que je la suppose n'être qu’une dent jeune de la partie postérieure de la gueule: sa couronne élargie est arquée, le cône principal plus court est couvert des deux côtés de côtes peu nombreuses, et les cônes secondaires sont au nombre de 1 à 4 de chaque côté.
LH yb. helochorus Roa.* de l’argile bleue de Kiew, n’est égale-
* Rocowrcz, 1. ce. p. 25. PL 8, fig. 19—20.
ment qu'une variété de l’'Hyb. dispar, dont le cône principal seul s’est développé; il manque d’ailleurs des cônes secondaires. Les Hybod. marginalis (Ac) Roc. (1 c. fig. 21), carcinatus Roc. (1 c. fig. 22) et tuberculatus Roc. (1 c. fig. 20—21) de la même localité de Kiew me paraissent être des variétés de la même espèce.
Esp. 1390. Hyb. bidentatus Roc.
Poiss. foss. de Kiew I. c. p. 23, fig. 13. 13a
La dent a sa racine plus haute du côté intérieur, plus basse du côté extérieur, la couronne est légèrement arquée, à-cône obtus et arrondi à la coupe transverse; les cônes secondaires sont fort peu développés, au nombre de deux de chaque côté; les côtes en stries occupent les deux côtés du cône principal, depuis le sommet jusqu’à la base.
Hab. dans le grès crétacé à gros grains de Kanew, associé aux espèces précédentes, en sorte que ce ne sont que des variétés de l’H yb. dispar Reuss.
M. Rocowicz à comparé l'Hyb. bidentatus avec l’'Hyb. polyptychus Reuss du terrain crétacé supérieur de Bohème, qui cependant n’a pas deux cônes secondaires de chaque côté du cône principal; ses côtes sont aussi plus rares que sur l'Hyp. polyptychus.
L'Hyb. marginatus Roc.*, du grès vert de Kanew, paraît également appartenir à l’espèce précédente; la dent, une des postérieures, est fort développée, et c’est le cône principal qui seul s’est développé; les cônes secondaires font encore défaut.
Toutes ces espèces eb variétés de dents d'Hybodes fournissent la preuve la plus certaine que le terrain de Kanew se rapproche le plus du terrain crétacé supérieur de Bohème **.
Famille neuvième.
Cestraciontes.
Chacune des deux nageoires dorsales des Cestraciontes est munie d’un grand piquant; les dents qui tapissent les deux mâchoires rappelent
* Rocowicz, I. c. p. 24. PI. 3, fig. 14—18,
“* M. SoxoLowsui, général du corps des Ingénieurs des Mines, m'a communiqué un crès grisâtre compacte, recueilli par lui-même sur le bord du fleuve Mrassa dans l’Altaï, qui contenait des dents d'Hybodus, semblables à celles de lHyb. reticulatus, et prouvant que les Hy bo dus se trouveraient à cette localité dans un vicux grès rouge, ou même dans ‘un terrain crétacé.
un peu par leur forme aiguë, surtout les antérieures, les dents des Squalides; les dents des os ptérygoïdiens sont allongées, à crête longitudinale, et à plis transverses qui se dirigent de la crête vers les deux bords; le Cestraction Philippi, de Port Jackson, est le seul représentant de ces poissons dans les mers actuelles.
Genre XXV. Acrodus Aaass.
La partie émaillée des dents de ce genre est, selon M. Acass1z, portée sur un os allongé, de structure granuleuse, et incliné sur son côté interne ; la couronne est renflée au milieu, arrondie sur les côtés et rétrécie aux bouts; la surface émaillée est garnie de rides transverses, qui donnent à chaque dent un aspect particulier. Les rides se ramifient uniformément sur la surface, et vont en divergeant d’une crête ou saillie longitudinale, qui résulte de la réunion des rides médianes. Elles se dirigent vers les bords, en partant tantôt d’un seul point central, comme c'est le cas pour les dents antérieures, tantôt de tous les points de la crête longitudinale, et forment avec elle un angle plus ou moins aigu. Ce genre se trouve dans les terrains triasique, jurassique et crétacé.
Esp. 1391. Acrod.rugosus Aaass.
Poiss. foss. IT, p. 148 PI. 22, fig. 28—29.
Rocowaicz, I. e. p. 17. PL 2, fig. 11.
La dent ovalaire, convexe, est tronquée et infléchie sur les côtés, à surface plus ou moins granuleuse; un pli en crête longitudinale traverse le milieu de la couronne, et de celle-ci naissent d’autres plis transverses ; les plis, d’abord simples, se bifurquent ensuite et deviennent rugueux à quelque distance du pli médian.
Hab. dans le grès vert de Kanew près de Kiew, ainsi que dans la craie blanche de Maestricht.
Les dents de Kiew sont allongées, étroites, légèrement convexes et comprimées sur les côtés, qui sont couverts de petites élévations granuleuses; les plis transverses cependant sont pen distincts et paraissent comme usés.
La dent à 6 1. de long, et 2 1. de haut au milieu de la couronne.
Esp. 1392. Acrod.affinis Reuss.
Kreideformation von Bôühmen, I. PI 3, fig. 3—4. Rocowicz, I. c. p. 18. PI. 2, fig. 12.
La dent allongée, comprimée et convexe sur le milieu de la couronne,
est pourvue d’un pli médian tranchant et de plis transverses très délicats et parallèles entre eux; le pli médian latéral est le plus long et forme une saillie latérale.
Hab. dans le grès vert de Kanew, près de Kiew, ainsi que dans le plänerkalk de Teplitz en Bohème.
La dent a 8 1. de long et près de 2 1. de large; elle rappelle beaucoup la forme élargie du milieu en saillie latérale des Orodus, dents voisines de l’Acrodus, qui représentent celui-ci dans le calcaire carbonifère.
Esp. 1393. Acrod. Kiowensis Roc.
Rocowicz, Poiss foss. de Kiew (en russe), 1. c. p. 17. PI 2, fig. 4 —10.
Les dents trapézoïdales, elliptiques, sont tantôt petites, tantôt assez grandes, et caractérisées par un bord tout droit, par les autres bords arrondis, convexes et échancrés d’un côté. La couronne, très usée, est presque lisse; les côtés seuls montrent les plis transverses; le pli médian longitudinal manque, de même que l'émail.
Hab. dans l'argile crétacée bleue de Kiew.
Les dents sont de forme et de grandeur différentes, les ue petites n’ont que 2 1. de long, les plus grandes 6 L et plus de long et de large; celles-ci sont triangulaires ou carrées, et lisses sur la couronne, à côtés pourvus de plis transverses.
Si ces dents appartiennent effectivement à l'Acrod us, ce serait une preuve de plus que l’argile bleue de Kiew est un terrain crétacé et non tertiaire; la fig. 10 de la PI. 3 citée de M. Rocowrez montre distinctement une petite dent d'Acrodus, qui est elliptique, de 5 L. de long et de 2 1. de large, à côtés plissés.
Genre XXVI. Piychodus Aaass.
Les dents des Ptychodus sont anguleuses, presque carrées, la couronne esé plus large et proportionellement plus haute que la racine; celle-ci est obtuse, tronquée et plus ou moins échancrée sur le milieu, tandis que la partie émaillée est étalée par ses bords, et se relève au milieu, pour former un mamelon obtus de grandeur variable; sa surface est sillonnée transversalement; de gros plis saillants et tranchants sont séparés par des sillons parallèles ou sinueux, tandis que les bords sont garnis de granulations fines ou d’un réseau de plis irréguliers. Ce genre se
trouve dans le terrain crétacé.
Eichwald, Lethaea rossica. II. 79
Esp. 1394. Ptych. mamillaris Aaass.
Poiss. foss. IE, pag. 151. PI. 25 b, fig. 11 - 13. 20. Kierranorr, Bull. de Mosc. 1852. IV, p. 487. PL 12, fig. 3 et PI. 13, fig. 3. Rocowicz, Poiss. foss. de Kiew (en russe) 1860, p. 13. PI. 1, fig, 2.?
La dent carrée est pourvue d’une racine épaisse, et de plis transverses, au nombre de 6 à 9, et même de 2 à 4 seulement sur les dents non développées ; les côtés sont garnis de très petits tubercules.
Hab. dans le grès néocomien ferrugineux de Kursk et d’Orel, dans le silex de la craie blanche de Kremenetz en Volhynie, ainsi que dans la craie blanche de toute l’Europe.
La racine est large, et rétrécie de plus en plus vers sa base; elle fixe la couronne aplatie et plus large encore; les plis et les rugosités de l'émail diffèrent suivant la place qu’ils occupent. La dent a 1 p. 31/2 1. de long et 2 p. 1 IL. de large.
Esp. 1395. Ptych. latissimus Aass.
Poiss. foss. 1. ec. TX, p. 157. PI. 2a et PL 25 b, fig. 24—26. Rocowicz, I. c. p. 15. PI. 1, fig. 3—4. PI.2. fig. 3.
La dent très grande est pourvue de plis fort larges ét espacés, les bords sont très tranchants; entre les plis principaux on voit des plis transverses, ou bien des séries de plis et de mamelons irréguliers , alternant les unes avec les autres. Les côtés de la dent sont munis d’une grosse granulation, ou plutôt de mamelons, qui, selon M. Acassrz, deviennent de plus en plus petits jusqu’au bord de la dent.
Hab. dans la craie blanche de Kremenetz en Volhynie, et dans le même terrain de l'Angleterre, de l'Allemagne, de Bohème et en beaucoup d’autres localités.
Les plis tranchants du sommet de la dent sont quelquefois interrompus ou oudulés , les intervalles plus larges que les plis; ceux-ci sont pourvus de petits tubereules, qui les entourent sur les côtés. Les bords très larges de la dent sont couverts de fort petites granulations confluentes.
Esp. 1396. Ptych. decurrens Agass.
Poiss. foss. IL, p. 154. PI. 28b, fig. 1—8.
Kiprranorr, Bull. de Mosc. 1852. IV, p. 490. PI. 12, fig. 4—5.
La dent, carrée à sa base, est pourvue d’une proéminence relevée; elle est plus petite que les deux précédentes et paraît être une jeune dent du Ptych.latissimus.
Hab. dans le grès néocomien ferrugineux de Kursk et d’Orel, surtout près du village de Podwilié dans le district de Dmitrivew, dans le grès vert des environs du village de Pekary près de Kiew, ainsi que dans la craie blanche de toute l’Europe.
Le milieu de la couronne est fortement bombé, et sillonné de nombreux plis transverses, à bord étalé couvert de granulations plus fines. Le bord postérieur est également échancré et déprimé, Au bord antérieur et postérieur des grands plis, les grains saillants des granulations, au lieu de s’aligner en lignes concentriques, se disposent en rayons, divergeant de la même manière que les prolongements latéraux des grands plis.
Esp. 1397. Ptych polygyratus Aaass.
Poiss. foss. IT, 156. PI. 256, fig. 21—23. PI, 25, fig. 4—11. Kiprranorr, Bull. de Mosc. L. c. PI. XII, fig. 6.
La dent, presque carrée, est garnie de plis très délicats et serrés; ils passent au delà des côtés, qui sont finement granulés et tuberculés.
Hab. dans le grès néocomien ferrugineux aux environs de Kreyewka du district de Kursk, ainsi que dans la craie blanche de Lewes en Angleterre.
Cette espèce est caractérisée par la forme aplatie des dents, par les plis très nombreux de leur surface, qui s'étendent jusqu’au bord, à leur côté interne et à leur côté externe, en sorte qu’il ne reste qu’un bord étroit en avant et en arrière de chacune d’elles qui ne soit pas occupé par les larges plis de la surface de la couronne.
Famille huitième.
Rajacés.
Le genre Myliobates est, selon M. Acassrz, dans la famille des Rajacés celui qui offre le plus d'intérêt pour la paléontologiste, quoiqw’on en trouve de nombreuses espèces dans toute la série des terrains modernes. Elles sont caractérisées par de larges dents, à couronne plate, juxtaposées ou réunies par leurs bords etréunies par de fines sutures, de manière à former de larges plaques osseuses, semblables au carrelage d’un pavé tantôt égal, tantôt inégal, conservant la forme et la disposition des diffé-
rentes plaques qui le composent. Les dents fossiles se trouvent rarement dans le terrain crétacé, fréquemment dans le tertiaire.
Genre XXVII Myliobates Aaass.
Les mâchoires de Myliobates, au lieu des dents pointues des Requins, portent de larges chevrons dentaires, à couronne plate, réunis par de fines sutures des deux bords, en larges plaques parquetées. Leurs parties constitutives forment des chevrons ou des dents plates, égales ou inégales, et disposées en plusieurs rangées symétriques; les dents médianes des deux mächoires se distinguent par leur grand développement transversal, tandis que les chevrons latéraux sont beaucoup plus petits, hexagones et disposés en trois rangées. Ce genre se trouve dans le terrain crétacé, le tertiaire, et vit encore dans les mers actuelles.
Esp. 1398. Myliob. affinis ».
Myliob. striatus (AG.) Rocowicz I. c. p. 11. PI. 1, fig. 1. F
Laminae dentium planorum intermediae transversae, tenuiter striatae, rectae, laterales succenturiatae pentagonae, concentrice striatae.
Hab. dans l’argile crétacée bleue des environs de Kiew. Les pla- - ques dentaires médianes sont très longues et parcourues de stries transverses, serrées; les plaques latérales semblent pentagones et munies de stries concentriques, car leur forme paraît presque ronde d’après la figure citée.
Cette figure représente les chevrons latéraux plutôt arrondis que pentagones ou anguleux; c’est ce qui distingue le M yliob. striatus du terrain tertiaire de l’île de Sheppy d'avec le M. affinis à chevrons latéraux très petits et arrondis.
M. Rocowicz indique, comme grisement du Myliob. affinis, l'argile bleue de Kiew, qu’il suppose éocène, mais comme elle paraît crétacée d’après les nombreuses espèces de poissons qui s’y trouvent, ce serait une espèce crétacée, c’est-à-dire la seule découverte jusqu’à présent dans la craie supérieure.
Les huit chevrons médians ont 2 p. 8 1. de large et chacun a 4 I. de large, tandis que la longueur de chacun est de 2 p. 4 1, longueur plus considérable que celle de toutes les autres espèces de Myliobates connues jusqu’à présent, et même le Myliob. goniopleurus Acass. de l'argile éocène de Sheppy.
Esp. 1399. Myliob. planus ».
Myliob.toliapicus (A6.) Rocowicz I. c. p. 12. PI. 2, fig. 13 —15 et 22.
Laminae dentium planae, parvae, hexagonae, e duplice massa con-
flatae, infima tubulosa, canalibus medullaribus erectis instructae, parallelis, supera denticulata, denticulis erectis, parallelis acutis.
Hab. dans l'argile bleue de Kiew.
Les chevrons médians sont petits, aplatis et composés de deux substances différentes, dont l’inférieure, d’après les recherches de M. Roaowicz, est tubuleuse et pourvue de petits tubes ou canaux médullaires perpendiculaires , serrés, tandis que l’autre, la supérieure, est composée de petites dentelures acérées et serrées. Les chevrons sont hexagones, ont à peu près 8 1. de long et peut-être le quart de cette dimension en largeur, de la sorte ces dents fossiles ont une grands ressemblance avec les chevrons dentaires du Myliob. suturalis AG. de l'Angleterre, d’un gisement inconnu. Celui-ci se distingue pourtant par la forme bombée ou convexe des chevrons médians, tandis que la surface des chevrons médians du Myliob. planus est entièrement aplatie, non convexe, et pourvue de pointes acérées espacées.
M. Rocowicz a réuni l’espèce de Kiew avec le Myliob. toliapicus AG., dont les chevrons médians sont lisses, striés transversalement, et non pourvus de pointes acérées, comme ceux du Myliob. planus, qui se rapproche dans ce cas-là plutôt du Myliob. suturalis.
Le fossile figuré par M. Rocowicz I. c., fig. 22, diffère par sa grandeur double et par des chevrons acérés, formant une surface inégale, presque ondulée; cependant cela pourrait être la suite d’une altération des chevrons par la fossilisation.
Esp. 1400. Myliob. Oweni Aaass.?
an Myliob. affinis #».?
Rocowicz, Poiss. foss. de Kiew I. c. (en russe) 1860, p. 11. PI. 1, fig. 7.
C’est une défense ou le piquant de la queue du Myliob. affinis, dont les chevrons médians sont très grands. Ce piquant est large et plat, sa face est également parcourue de sillons assez larges, réguliers et profonds, ses deux côtés sont armés de longues épines obliques et espacées ; le piquant s’élargit assez rapidement vers la pointe.
Hab. dans l'argile crétacée bleue des environs de Kiew.
Ce n’est pas le Myliob. Oweni Ac., pour lequel M. Rocowicz l’a pris, car celui-ci à la face supérieure du piquant sillonnée, et l’inférieure striée, à stries longitudinales très fines et serrées; ses épines sont en outre plus courtes, plus serrées et ne forment que des dentelures, tandis que les épines duMyliobates de Kiew sont plus longues, espacées les unes des autres et forment par là de vraies épines.
Le piquant de Kiew a 6 p. de long, et 9 1. de large à sa base, qui est également sillonnée comme la partie supérieure du piquant.
M. Rocowicz fait mention, dans son intéressant mémoire sur les poissons fossiles des environs de Kiew, d’un fossile qu’il réunit au Chomatodus AGass. du calcaire carbonifère de l'Angleterre; c’est une dent douteuse, qu’il à recueillie dans l’argile bleue de Kiew et qu’il appelle Chomatodus dubius*. Suivant la description la dent a une couronne plate, lisse et pourvue de petits pores; on observe en outre à la base de la dent deux plis transverses d’un côté, et à la racine deux autres plis longitudinaux: par suite l’auteur suppose que ce fossile se rapproche le plus du Chomat. linearis AG. du calcaire carbonifère de Bristol. Le Chomatodus est, suivant M. AGassiz, une dent allongée d’un Psammodus, dont la couronne est entourée à la base d’une série de plis concentriques plus ou moins saillants et plus ou moins nombreux; le centre de la couronne est tantôt plat, plus ou moins saillant; il s’élève même quelquefois en forme de tranchant acéré. Comme ces caractères manquent à la dent dont M. Rocowicz a donné la figure et la description, et qu’elle a été trouvée dans le terrain crébacé supérieur, supposé éocène par M. Rocowicz, je suis porté à y voir plutôt un fragment de la dent d'Edaphodo n, figuré par M. Rocowicz sur la PI. 8, fig. 19, fragment de la même argile bleue de Kiew, ou d’y soupçonner un Acrodus, à couronne fortement usée. La forme et la grandeur du fragment rappellent effectivement ce genre des dents, qui caractérisent le terrain crétacé.
Famille neuvième.
Chiméridés.
L’affinité des Chimères et des Requins est très grande; elle est telle que l’on pourrait être tenté de les réunir complétement, avec M. AGassiz; l’affinité ressort surtout lorsqu'on compare les mâchoires des Chimères avec les genres éteints de Cochliodus, Ctenodus et Ceratodus. Sir Parier EGerton a le premier reconnu qu'il faut les séparer génériquement, et les diviser en deux groupes, l’Ischyrodon, à grand développement des tubercules de trituration de la mâchoire inférieure, et le Ganodus, dont les tubercules de trituration sont allongés, rapprochés et réunis en une seule protubérance, recouverte par une lame osseuse. Un autre caractère qui distingue les genres, consiste dans la présence d’une lame striée longitudinalement à la face externe du bord
* Rocowicz I. c. p. 18. PI. E, fig. 8.
dentaire des deux mâchoires chez les grandes espèces. Le genre Ed aphodon a été également réuni aux Chimères fossiles.
Genre XXVIII Edaphodon Bucxt.
Le genre Edaphodon a les maxillaires supérieurs munis de trois tubercules de dentine dendritique, faisant saillie sur la mâchoire; deux de ces tubercules sont, suivant AGassiz, au bord interne de l'os, et le troisième, plus long et plus étroit, se trouve le long du bord externe. Le maxillaire inférieur à un large tubercule plat de même structure, qui occupe presque toute sa surface interne, deux autres petits tubercules semblables sont placés obliquement sur le bord dentaire ; ce bord offre en avant et sur les côtés deux échancrures, comme l’Ischyrodon. Ce genre se trouve dans les terrains crétacé et tertiaire.
Esp. 1401. Edaph. Bucklandi Acass. aff.
Rogowvicz, Poiss. fosse. de Kiew (en russe) 1860, p. 60. PI. 1, fig. 5—6. AGassiz, Poiss. foss. III, p. 351. PI. 40d, fig. 1—4, 9—12, 19 —24.
L'espèce type est caractérisée par la grande largeur des mâchoires, par l'épaisseur considérable de la mâchoire inférieure, et par sa structure plus grossière, c’est ce que je ne remarque pas dans l'individu de Kiew, que par suite je serais tenté de considérer comme le représentant d’une espèce particulière crétacée.
Hab. dans l’argile crétacée bleue de Kiew; l’espèce type provient du sable de Bagshot, d’un terrain moderne, encore mal déterminé.
L’individu de Kiew est fort indistinct; la mâchoire, en fragment, supporte deux tubercules de dentine, à canaux médullaires très serrés, faisant saillie sux la mâchoire; le plus grand tubercule est presque carré eb séparé par le plus petit, qui est également carré et légèrement arrondi, L’autre l'individu, plus grand, à au delà de 2 p. de leng, montre la surface peu convexe, marquée d’un enfoncement allongé au milieu, et un autre tubercule beaucoup plus petit, placé à côté du premier, et séparé entièrement de lui, en sorte que la ressemblance avec l'espèce de l’Angleterre n’est que très éloignée; je suppose en conséquence que c’est une espèce nouvelle ou une variété de celle-ci, qui pourrait se trouver dans le terrain crétacé supérieur aussi bien que dans le tertiaire.
Esp. 1402. Edaph. eurygnathus Acass. aff,
Poiss. foss. IT, p. 352.
Edaph.eurygnathus (A6.) Rocowics L. ce, p. 61. PI. 8, fig. 18—19.
Le maxillaire supérieur est plus large et plus pointu, le maxillaire inférieur plus mince; les tubercules sont plus longs et plus étroits que dans l’espèce précédente.
Hab. dans l'argile crétacée bleue de Kiew; l'espèce type provient peut-être du sable de Bagshot.
C’est le même cas avec l'E daph. eurygnathus de l'Angleterre, qui n’a pas beaucoup de ressemblance avec la fossile décrit sous ce nom, de Kiew, par M. Rocowicz; c’est au moins une variété très remarquable, qui se distingue par un os maxillaire très étroit et fortement allongé, à surface inégale, dépourvue de tubercules (PI. 8, fig. 19), dont l'extrémité pointue est entièrement séparée de l’os principal et pourvue d’un bord dentelé, caractère que ne se retrouve pas dans l'Edaph. eurygnathus. L’os de Kiew a plus de 4 p. de long, mesuré avec l’extrémité acuminée, qui cependant en est séparée par un profond sillon; la largeur de l’os est de 8 1. et la surface est marquée de petites élévations, séparées par des enfoncements transverses superficiels. L’autre individu de Kiew, beaucoup plus petit, est composé de trois lobes aplatis, séparés les uns des autres et n’offrent pas non plus de ressemblance avec l’'Edaph. eurygnathus.
Il paraît même que d’autres fragments osseux, décrits comme Ischyrodon minor par M. Rocowicz (1. c. p.59. PI.8, fig. 14—17), du grès vert des environs de Kanew près de Kiew, appartiennent également aux individus d'Edaphodon ci-dessus décrits, et prouvent que le terrain argileux bleu de Kiew doit être un terrain crétacé, alternant avec le grès vert supérieur. M. Rocowicz fait mention des fragments de lIschyrodon Agassizii Bucxz. qui ont été trouvés dans le terrain crétacé de Ssourage. On n’en peut pas dire autre chose, si ce n’est que ce sont des fragments de Chimères fossiles, qui sont trop incomplets pour qu'on puisse les ranger parmi les genres bien connus.
Classe neuvième.
Reptiles,
Les ossements fossiles des Reptiles $e trouvent rarement en Russie dans les terrains jurassique eb crétacé; ce sont pour la plupart des dents, des mâchoires, même des crânes complets, ou autres os isolés, surtout
des vertèbres. Les dents sont caractérisées par l'émail de la pointe de la couronne, par le ciment, situé plus bas, et par la racine osseuse simple, enchâssée dans des alvéoles, comme les dents des mammifères, dont cependant les molaires diffèrent par leurs racines doubles ou triples. Le crâne des Reptiles a le condyle occipital simple, rarement double, comme celui des Lab yrinthodontes, ce qui rappelle la structure des grenouilles. Les ordres des Enaliosaures et des Sauroptérygiens sont ceux dont les genres se trouvent le plus fréquemment parmi les fossiles de la Russie; les Ptérosauriens y sont très rares.
Ordre premier.
Ænaliosaures.
Les Enaliosaures habitaient l’eau de la mer primitive, respiraient moyennant des poumons et nageaient comme les poissons à l’aide de nageoires d’une construction toute particulière; leurs doigts, à nombreuses phalanges aplaties et polygonales, étaient réunis entre eux et formaient des nageoires allongées et élargies, à la manière de celles des Cétacés. Leur peau était nue comme celle des Cétacés, car on n’a rencontré jusqu’à présent ni des écailles, ni d’autres plaques, dont leur corps aurait été recouvert. Leurs vertèbres biconcaves donnaient attache à des côtés épaisses et allongées, comme celles des poissons. Les dents étaient enchâssées dans les alvéoles des os maxillaires et intermaxillaires, comme celles de plusieurs poissons, surtout des Placodermes du vieux grès rouge, qu’ils paraissent remplacer dans des terrains plus modernes de la Période moyenne.
Famille première.
Ichthyosaures.
Le corps des Ichthyosaures est allongé, à tête épaisse et pourvue de grands yeux et de mâchoires allongées en museau de dauphin ; les yeux, entourés d’un anneau de petites plaques osseuses, rappellent ceux des oiseaux rapaces, des lézards et de plusieurs poissons; le cou des Ichthyosaures, à atlas et épistrophée intimement soudés, est très court, presque nul, comme chez les poissons; les vertèbres biconcaves sont dépourvues des pleurapophyses, au lieu desquelles les côtes y sont fixées à de petits tubercules; les neurapophyses sont légèrement soudées aux vertèbres et garnies de très courtes apophyses articulaires obliques. Les
dents coniques, à couronne pourvue rarement de deux arêtes tranchantes opposées, sont composées de la couronne émaillée plus ou moins lisse, du ciment, recouvrant en bas l'émail en anneau court, et de la racine osseuse, à sillons longitudinaux ridés. Les dents se fixaient librement dans un long et profond sillon des mâchoires; il y en avait jusqu’à 40 dans chaque mâchoire. La base de la racine des dents est creusée par une cavité pulpaire conique, dans laquelle se développa la dent de remplacement. Les pieds sont composés d’un humérus très court et robuste à deux faces articulaires pour porter l’ulna et le radius, après lesquels on observe les os carpiens et les phalanges ou os polygonaux en 5 ou 6 rangées longitudinales, correspondant à autant de doigts ; les os carpiens ne se distinguent pas bien des phalanges, formées par les os polygonaux. Les pieds postérieurs sont un peu plus courts que les antérieurs, et leur fémur est remarquable par sa largeur.
Genre I. Ichthyosaures Kün.
Il est difficile de distinguer les espèces des Ichthyosaures, surtout en Russie, où jusqu’à présent on n’a observé que des vertèbres et des dents isolées, qui cependant restent encore douteuses, comme les os carpiens et polygonaux des pieds. Ce genre se trouve dans les terrains jurassique et crétacé.
Esp. 1403. Ichthyos. campylodon Carter.
PI. XXX VII, fig. 21; a vertèbre vue sur la face articulaire antérieure: fig. 21, b vue sur le côté à tubercules latéraux.
Ichthyosaurus campylo don Owen, Paleont. Soc. 1851, p. 79. PI. XXITet XXIIL, et A history of british fossil reptiles. London. V, p. 223 et 226. 1851. PI. 1—7.
Über Ceratiten und Ichthyosauren. Bulletin scientif. de l’Acad. des Sc. de St. Pétersb. T. IX. Nr. 8. 1841.
JAzxKow, Journ, des Mines (en russe) St. Pétersb. 1832. I. p. 183.
Ichthyosaurus platyodon Conys. Fiscuer DE Wazoueim, Bull. des Nat. de Mosc. 1847. I, p. 367. PI. VI, et Ichthyos thyreospondylus Ow. Fiscu., Bull. de Mose. 1. c. p. 369. PI. VII.
Jchthyoterus Fischeri, Rouizier et FanrexxonL, Jubilaeum semisaeculare Fischeri de Waldheim. Mosquae 1847, p. 25. PJ. E, fig. 5—8.
La vertèbre, de grandeur variable, est presque circulaire, subpentagone, très large et très courte, à faces articulaires profondes et à tubercules latéraux d’inégale grandeur, et situés l’un plus bas que Pautre; le bord dorsal est légèrement rétréci, anguleux et pourvu de deux neurapophyses fort distantes.
Hab. dans la couche néocomienne argileuse de Ssysran du gouvernement de Ssimbirsk, et dans le grès du néocomien de Talitzi, de Khoroschôwo et de Mniowniki aux environs de Moscou, aïnsi que dans la craie grisâtre (grey chalk) de Shakspeare’s Cliff près de Dover en Angleterre.
La vertèbre est presque circulaire, arrondie à la base, et légèrement enfoncée au bord dorsal, où les deux neurapophyses forment un angle légèrement saillant; les tubercules latéraux, destinés à supporter les côtes (1. c. fig. 21b), sont plus rapprochés et situés l’un plus haut que l’autre. Les côtés de la vertèbre sont enfoncés en haut et en bas des tubercules, et ceux-ci sont séparés l’un de l’autre par un enfoncement étroit et profond. Les faces articulaires sont marquées de cavités profondes (1. c. PI. XX VIII, fig. 21).
Une autre vertèbre, de largile néocomienne de Ssysran, est plus grande; elle a près de 4 pouces de large et autant de haut, la hauteur surpasse la largeur de 2 lignes; sa longueur de devant en arrière est de 1 p. 81) L.; elle est par conséquent très courte, comme les vertèbres des Squales eb rappelle beaucoup la grande vertèbre figurée par M. Owen (1. c.) de la craie grisâtre de l’Angleterre.
D'autres vertèbres sont plus petites. M. de Fisomer en a figuré une sous le nom d’'Ichth. platyodon Conyb. et d'Ichth. thyreospondylus Ow., dont celui-là est petit et simple, et celui-ci composé de trois vertèbres, qui, se suivant et s’adaptant naturellement, offrent ensemble une longueur de 3 p. 4 1, une largeur de 2 p. et une hauteur de 2 p. 2 1. et au delà. Leur forme subpentagone les rapproche de la vertèbre figurée par MM. Rouizuier et FAHReNKouL I. c. sous le nom de l’Ichthyoterus Fischeri, qui en outre ressemble entièrement à la vertèbre plus grande de l'Tchthyos. campylodon, figurée par M. Owex dans la Paleont. Soc. 1851. PI. XXII.
C’est donc une vertèbre qui appartient à l'Ichthyosaurus campylodon et non à un genre nouveau de Reptiles, nommé Ichthyoterus, et les autres ossements, figurés 1. c. par MM. Rover et Fax- RENKOHL, sous le nom de dent et d’astragale d'Ichthyoterus, n’appartieunent pas non plus à un Reptile, mais forment en partie le fragment de l’andouiller d’un Elan, en partie celui d’un fémur du même Elan subfossile*, fragments qui étaient tombés d’en haut du terrain alluvien recouvrant près de Talitzi le gault infraposé.
* Cest le Cervus alces ou Alces antiquorum Aucr., auquel comme variétés d'âge appartiennent l'Alces savinus Fiscs. etresupinatus RouizL.
Donc le genre Ichthyoterus est composé de la vertèbre de l’Ichthyosaurus campylodon, du fragment d’un andouiller de l’'Elan et du fragment très petit d’un fémur ou d’un autre os du même Elan, en sorte que ce genre doit être rayé de la Paléontologie. La pointe de l’andouiller ou fausse dent, décrite par M. RovwizzteR dans le Jubilaeum semisaeculare de M. de Fischer pag. 25, PI. I, fig. 2—4 et PL V, fig. 6, est courbée en forme de $.; les deux courbures se répètent dans la direction de devant en arrière, et un peu moins d’un côté à l’autre; elle est très comprimée et élargie à sa base, en sorte que l’une des deux faces est fort concave et l’autre très convexe, c’est ce qu’on n’observe jamais sur les dents des Reptiles, mais bien dans le bout des andouillers de l’'Elan. La fausse dent est aussi entièrement dépourvue de la dentine et ne montre que la substance osseuse de l’andouiller. C’est le-fragment de lPandouiller d’un Elan âgé de 7 ans, dont la coupe transverse offre la même forme très comprimée et courbée en S. Les deux figures PL I, . fig. 3—4 et PL V, fig. 6 du Jubil. semisaec. diffèrent entre elles, parce qu’elles proviennent de deux andouillers différents; les véritables dents de Reptiles ne présentent jamais d'aussi grandes différences dans leur forme et leur courbure que ces os fossiles, qui manquent en outre de la cavité centrale par laquelle se caractérisent les dents des Reptiles.
Quant à l’astragale, représenté 1. c. sur la PI. IT, fig. 3—6, comme os du pied de l’'Ichthyoterus, il forme le fragment d’une extrémité de fémur de l’Elan, et non l’astragale d’un Reptile quelconque; il n’a pas non plus été trouvé dans le gault de Talitzi; mais il n’y à pas de doute qu’il provient du terrain d’alluvion, superposé au gault: dans cette localité, ce terrain est si riche en pareils fragments d'os, dit M. RowILLIER 1. c. lui même, qu’il en a pu, dans l’espace de quatre heures, recueillir une vingtaine de pièces, ce qui n’a été le cas dans aucune autre localité connue jusqu’à présent. Toutes ces pièces appartenaient par conséquent au squelette d’un Elan qui, tombées d’en haut, s'étaient mêlées dans le gault à la vertèbre de l'Ichthyosaure, que MM. Roumr et FAHREN- KoL ont décrite comme nouveau genre de Reptiles.
M. de Frscaer* a cru trouver l’Ichthyos. intermediu s Conys. dans le grès uoirâtre de Mniowniki, que je suis porté à réunir plutôt au Plesiosaurus Bernardi Ow. M. le comte de Keyseruw@ **
(Jubil. semisaecal. 1. c. p. 5. PILE IT, IN et IV) qui se trouvent fréquemment subfossiles dans le terrain alluvien du gouvernement de Moscou. # Bull. de Mosc. 1846, p. 101. PI. V.
#* Petschora-Reise I. c. p. 336.
fait mention de la côte d’un Saurien, trouvée sur le bord du fleuve Ssyssola près de Kargor, au nord de la Russie, sans déterminer le genre, en sorte que l’espèce reste douteuse.
J'ai donné sur la PI. XXXVIII, fig. 22 a. b, le dessin d’une petite vertèbre qui a de grands rapports avec la vertèbre de l’Ichthyosaurus tenuirosbris Conys. décrite par G. Cuvier de l'argile jurassique de Kimmeridge*; elle s’est trouvée aux environs d'Orenbourg dans un terrain inconnu, peut-être jurassique, car elle est, quant à sa forme et sa grandeur, presque identique avec la vertèbre de l'argile de Kimmeridge. Elle est pentagone, se rétrécit à sa partie inférieure, et s'élargit en haut, où elle a 1 p. 61. de large, sa hauteur est presque la même; sa longueur est de 8 1. Les faces articulaires ne sont que peu enfoncées ; les neurapophyses sont épaisses et situées sur les bords extérieurs anguleux de la vertèbre; la cavité médullaire est large et située entre les deux apophyses. Les tubercules latéraux, qui servent d’apophyses pour supporter les côtes, sont courts, cylindriques et situés au bord antérieur des côtés. La face vertébrale antérieure est plus large que la postérieure, et par suite les flancs sont légèrement obliques.
Comme il n’est pas possible de juger, d’après la vertèbre seule, à quelle espèce d'Ichthyosaurus elle a appartenu, cette espèce reste douteuse; cependant elle offre la plus grande analogie avec l’Ichthyosaurus tenuirostris.
La dent subarquée, plissée, mais très mal conservée, qui suivant M. de Fiscuer** s’est trouvée dans le terrain jurassique de Moscou, n’appartient pas à un Ichthyosaurus, mais plutôt à un Plesiosaurus, car elle est assez grêle, allongée, infléchie, à couronne plissée et à racine lisse. Elle a de grands rapports avec la dent d’un Plesiosaurus de la craie de Sussex, figurée par M. Owex ***, et fut trouvée probablement dans le grès néocomien noirâtre de Khoroschéwo.
Genre II. Delphinosaurus m. 1552.
Corpus Delphinosauri elongatum, caput magnum, maxilla utraque ossibusque intermaxillaribus longissimis, inferior maxilla profundo sulco externo exarata alveolisque majoribus approximatis duodeviginti pluribusve instructa, dentibus conicis, apicem striatum, vitrea massa exstruc-
# G. Cuvier, Ossem. foss. 1. c. PI. 256, fig. 11. ## Bull, de Mosc. L c. 1847. L, p. 370. PL VL fig. 3. ### Paleont. Soc. I. c. 1851. PI. IX, fig. 8—10.
tum, ac radicem intus cavam osseam exhibentibus; vertebrae majores, circulares, utraque facie articulari concava, canali medullari angusto inter neurapophyses leniter fixas obvio; femur magnum dilatatum, humerus brevis robustus, ossa carpi varia forma et phalanges digitorum superficie sculpta instructae. Genus cretaceum.
. Le corps allongé du Delphinosaure est pourvu d’une tête assez grande, à mâchoires très longues et rétrécies vers leur bout antérieur; le bord extérieur marqué d’un sillon longeant toute la face extérieure et se perdant à la partie élargie de la mâchoire inférieure. La face intérieure des mâchoires est pourvue de nombreuses fossettes en alvéoles très rapprochés, pour fixer 18 ou un plus grand nombre de dents, composées d’une couronne pointue et couverte d’émail, parcourue de stries longitudinales ; la racine épaisse est osseuse et creuse en dedans. Les vertèbres sont très grandes, circulaires, à face antérieure et postérieure concave, et à canal médullaire assez étroit situé entre des neurapophyses caduques. Le fémur, aplati large et très grand, se rétrécit brusquement vers l'extrémité articulaire, qui est comprimée et pourvue d’un petit canal central. L’humérus est court, élargi eb renflé à sa partie supérieure, rétréci à sa partie articulaire, qui est marquée de deux fossettes articulaires pour supporter le radius et l’ulna. Les os des doigts sont de forme très variable et marqués à leur surface de nombreuses rides, comme sculptés à la manière des os du Crocodile du Nil.
Ce genre ne n’a été rencontré jusqu’à présent que dans le néocomien *.
Esp. 1404. Delphinosaur. Kiprianoffii ».
PI. XXX VIII, fig, 18 dent, vue de deux côtés; fig. 18a. b et c sa coupe transver-
sale très grossie, et fig. 23, humérus en gr. nat. PI. XXXIX, fig. 1 fémur en gr.
nat. et 6—7, côtés en gr. nat. PI. XL, fig. 1—5, mâchoires en fragments et en gr. nat., fig. 6—7 os carpien et phalange en gr. nat.
Ball. de Mosc. 1. e. 1854. I, p. 209.
Utraque maxilla et ossibus intermaxillaribus dentigeris longissimis, extus subplanis, laevibus, medio margine interno in laminam prosiliente, conici dentes maxillares et intermaxillares huic laminae leniter infixi; humerus curtus, incrassatus, femur dilatatum, os carpi quadrangulare et phalanx multangularis superne sculpta.
* C'est M. le colonel KipRIANOFF qui a découvert ces os et beaucoup d’autres dans le terrain néocomien de Kursk; s’est en son honneur que j'ai nommé cette espèce Deilphinosaurus Kiprianoffii.
Les mâchoires très longues sont pourvues de nombreuses dents coniques, légèrement infléchies et très rapprochées ; les os intermaxillaires, également allongés et pourvus de semblables dents, dépassent en longueur la mâchoire supérieure, et sont caractérisés par une lame horizontale interne, qui contient les dents dans des alvéoles élargis et très rapprochés.
Hab. dans le grès néocomien ferrugineux de Kursk.
Les mâchoires et les os intermaxillaires en fragments sont les seules parties connues du crâne; cependant ils se trouvent réunis à beaucoup d’autres os, à des vertèbres, à des côtes, au fémur, à l’humérus, à des os des pieds, que je considère également comme appartenant à la même espèce de Delphinosaurus et dont je donne la description cidessous.
Commençons par les mâchoires. La PL XL en donne plusieurs figures en grandeur naturelle. La mâchoire inférieure du côté droit est représentée sur la PI. XL, fig. 1 en un long fragment du milieu de la mâchoire, à laquelle apartient comme partie antérieure du côté gauche le fragment 1. c. fig. 5a. b, et comme partie postérienre du côté droit le fragment L c. fig. 4a. b. L’os intermaxillaire est représenté 1. c. fig. 2 et 3a. b.
La partie médiane de la mâchoire inférieure est très longue, toute droite et un peu plus large en arrière que de devant; elle a sa face extérieure convexe et marquée d’un sillon profond, qui longe toute la surface; la sillon se rapproche plus du bord supérieur maxillaire que de l’inférieur et était destiné à recevoir l'artère et le nerf alvéolaires. La face interne de la mâchoire est concave et pourvue d’une lame saïllante, à l’endroit où le sillon se trouve à l'extérieur (1. c. fig. 1 a l'extrémité élargie postérieure). £
Le sillon se perd à la partie postérieure de la mâchoire inférieure droite (1.c. fig. 4 a), là où elle s'enfonce et forme un trou artériel, comme chez le Crocodile et le Mosasaurus, pour faire passer l'artère à la face interne de la mâchoire (L c. fig. 4b). Celle-ci est épaisse, élargie et marquée en haut d’une élévation arrondie, qui rappelle l’os surangulaire de la mâchoire inférieure du Mosasaurus*, et en bas d’une carène extérieure longitudinale; à ce point la mâchoire à une hauteur de 2 p. 4 lignes.
La partie antérieure de la mâchoire inférieure gauche (PI. XL, fig. 5) est droite et s’amincit doucement vers l'extrémité antérieure, qui est
# Voy. Cuvier, Ossements fossiles 1. c. PI, 246, fig. 5--6z.
incomplète. La face externe, légèrement convexe, est marquée du sillon longitudinal ; celui-ci est pourvu de nombreux orifices artériels, qui reçoivent autant de rameaux de l'artère alvéolaire. La face interne présente à son milieu la saillie en lame médiane longitudinale, qui divise la mâchoire en deux parties, dont l’une, la plus large, est concave et marquée des alvéoles très rapprochés, l’autre est plus étroite; celle-ci montre le canal artériel, dans lequel l’artère et le nerf alvéolaires se répandent, en donnant des rameaux latéraux aux dents. Il paraît que c’est la partie antérieure de la mâchoire inférieure du côté gauche; elle a 1 p. 6 L de haut en arrière, et se rétrécit au devant jusqu'à 11 L La fig.5b montre la face externe et la fig. 5c sa coupe transversale, dans laquelle on remarque l'ouverture du canal artériel, situé au milieu de la coupe. On compte 13 alvéoles sur la longueur de 7 p. du fragment maxillaire L. c. fig.5 a. :
J'ai fait représenter en outre deux fragments de l’os intermaxillaire. L'un d’eux (1. c. fig. 2 a) montre l’os à sa partie postérieure et dépourvue de dents, et en coupe transversale (1. c. fig. 2b); on y voit la lame saillante et le canal artériel oblique pour le passage des rameaux artériels eb nerveux. L'autre os (1. c. fig, 3 a. b) est la partie antérieure et montre le côté externe (L c. fig. 3b) et l'interne (1. c. fig. 3 a) à lame sail- Jante, L c. fig. 3c, à laquelle se voient les traces des alvéoles.
Le premier fragment a 2 p. de large, est convexe à l’extérieur et pourvu d’un canal intérieur (1. c. fig.2b) pour recevoir l'artère et le nerf intermaxillaires, et à l’intérieur (1 c. fig. 2 a) il est marqué d’une saillie en grosse carène longitudinale, qui divise la face interne de l’os en deux parties concaves presque égales, comme le montre la fig. 2b en coupe transverse. L'autre fragment (fig. 3 a. b) est un peu plus étroit; il a à sa partie postérieure 1 p.61. de large, et à l’antérieure 1 p.51. de large, et se rétrécit doucement. La face externe (1. c. fig. 8b) est légèrement enfoncée, presque droite; l’interne (1. c. fig. 3 a) est pourvue d’une haute saillie en carène marginale, pour s’articuler avec l'os maxillaire supérieur ; en dessous de cette saillie on observe une large concavité (1. c. fig. 8 a), pourvue de légères traces d’alvéoles, pour fixer les dents.
Les os maxillaires offrent une grande ressemblance avec la mâchoire inférieure de l’TIchthyosaurus campylo don Ow.*; mais les
dents de celui-ci sont plus espacées et par conséquent moins nombreuses; |
* Fossil Reptilia part III cretac. formations, voir Paleont. Soc. 1851. PI. XXII.
le sillon latéral n’est pas aussi profond et ne longe pas toute la mâchoire ; la coupe transverse de la mâchoire de l'Ichthyosaurus diffère également de celle du Delphinosaurus, quoique, comme celle représentée par M. Owex I. c. PI. XXII, fig. 1, elle rappelle beaucoup la coupe que j'ai donnée sur la PI. XL, fig. 5 c de la mâchoire inférieure du Delphinosaurus; le canal artériel ne passe pourtant pas à travers la carène longitudinale, comme dans l’Ichthyosaurus campylodon, mais bien par le centre de l’os intermaxillaire.
Les dents du Delphinosauru s sont coniques, à légère courbure vers la couronne, qui est un peu comprimée à sa pointe et parcourue de stries longitudinales: la pointe est recouverte de l'émail, et plus bas la couronne se trouve enveloppée du ciment lisse, tandis que la racine est osseuse et comme fibreuse. La racine (P1.38, fig. 18 a) est pourvue de la cavité centrale, destinée à garder la dent de remplacement, comme celle du Crocodile. La cavité s'élève jusqu’à la pointe émaillée de la couronne, et on l’observe par suite à la coupe transversale de celle-ci (1. c. fig. 18 c).
La dent en coupe transversale fortement grossie montre à l’extérieur Pémail plissé sous forme d’un trait clair; à l’intérieur on observe les tubes caleïfères qui montent obliquement. Les tubes, très fins et serrés, paraissent simples, ou se divisent rarement par bifurcation à leur extrémité, eb forment près du centre de la dent trois couches concentriques, dont les deux extérieures semblent doubles et l’intérieure multiple, car on y remarque les lumina des tubes calcifères coupés transversalement et plus serrés que ceux des deux couches extérieures. Les couches concentriques sont également distinctes dans les dents de PEléphant, du Dugong, du Zeuglodon. M. Owen les appelle lignes de contour. Là dent comprimée du Mosasaurus est ornée sur toute sa surface de stries longitudinales.
C’est là une structure qui caractérise les dents du Delphinosaurus comme genre particulier, car les dents de l’Ichthyosaurus se composent, suivant M. Owex *, de tubes calcifères continuellement bifurqués et de couches concentriques à peine marquées et plus nombreuses. C’est aussi la structure des dents des Plésiosaures, dont les tubes calcifères, suivant M. Owen **, sont également bifurqués et coupés par des couches concentriques plus nombreuses que ceux des dents du Delphinosaurus. Si en effet les tubes calcifères de ce genre sont plutôt simples que bifurqués, la dent devrait avoir, quant à sa structure micro-
# Odontography. London 1840—45, p. 278. PI.73A. . ## Odontography 1. c. PI. 74.
Eichwald, Lethaea rossica. IL. 80
scopique, plus de ressemblance avec celle du Mosasaurus*. Elle s’en distinguerait pourtant par les couches concentriques des tubes calcifères, lesquelles manquent à la dent du Mosasaurus.
La racine de la dent du Delphinosaurus est épaisse, comme ventrue, et semble de la sorte d’égale largeur avec les alvéoles des mâchoires, et comme elle fut trouvée avec celles-ci, je suppose qu’elle a dû appartenir à ce genre-ci avec les autres ossements décrits ci-dessous.
Les vertèbres, de grandeur variable, se trouvent le plus souvent avec les mâchoires; les plus grandes sont complétement circulaires, concaves sur les deux faces, ne laissant qu'un espace central très mince entre les deux cavités articulaires, comme sur la vertèbre d’égale grandeur de l’Ichthyosaurus campylodon Ow.**. Cependant on n’y voit nulle part de traces des apophyses transverses, nimême des neurapophyses, qui limitent sur les vertèbres de l’TIchthyos. campylodon le canal médullaire. Ce canal très profond est bien marqué sur la grande vertèbre de Delphinosaurus, mais celui-ci manque presque entièrement des neurapophyses et des tubercules latéraux, par ce que les apophyses en général n’avaient qu’une adhérence très faible, comme elles n'étaient pas soudées intimement avec la vertèbre. Le diamètre de celle de Kursk est de 4 p., sa longueur de 1p. 91, mesurée à partir du bord antérieur jusqu’au postérieur. La masse vertébrale est spongieuse, brunâtre et légère: elle n’est pas ferrugineuse, comme d’autres vertèbres beaucoup plus petites, dont l’une a un diamètre de 1p. 101, et une longueur de 10 L.;
elle est plus lourde, car elle est entièremènt imprégnée d'oxyde de fer. Son
bord dorsal montre le canal médullaire et estpourvu de deux petites proéminences, auxquelles étaient attachées les neurapophyses. On remarque en outre les traces des tubercules latéraux et plusieurs enfoncements sur les flancs de la vertèbre, et les tubercules sont peu indiqués sur le bord dorsal et sur les flancs.
D’autres vertèbres, de grandeur intermédiaire entre les grandes et
les petites, sont également fréquentes dans le néocomien ferrugineux, et se caractérisent surtout par les cavités profondes des deux faces articulaires; elles ne montrent pas la petite protubérance au centre des deux faces articulaires des vertèbres du Plesiosaurus, mais cette protubérance est remplacée quelquefois par un petit trou, qui perce le centre vertébral dans le Delphinosaurus.
* Odontography I. e. PI. 69, fig. 3.
#% Paleont. Soc. 1851. PI, XXIL fig. 3.
A om mm
Le]
Les os des extrémités sont plus rares dans le grès néocomien ferrugineux de Kursk; jy compte les suivants :
Le fémur (1 c. PI 39, fig. 1a) est très grand et comprimé; il s’élargit à sa partie supérieure et se rétrécit à son extrémité inférieure (1 c. fig.1b), qui est également comprimée et présente en coupe transversale une forme elliptique, percée au centre par une cavité étroite, comme les os longs en général. Les deux surfaces sont presque lisses, traversées par ci par là de nombreux orifices vasculaires. L'un des deux flancs est plus échancré que l’autre, qui est presque droit et peu infléchi. La crête supérieure est légèrement arrondie et semi-circulaire; elle a 7 p. de large. La partie inférieure rétrécie n’a que 2 p. 10 1. de large, et une épaisseur de 2 p., qui correspond au petit diamètre de l'os, dont la longueur est de 7 p., mesuré à partir de la crête supérieure jusqu’au bout inférieur brisé. Le fémur en général a une grande ressemblance, quant à sa forme, avec le fémur de l’Ichthyosaurus.
J'ai vu au Musée paléontologique de l’Université de Tübingen un fémur de la même grandeur et de la même forme, qui, d’après étiquette, fut trouvé dans le terrain jurassique des Vaches noires de la Normandie et appartient probablement à un Plésiosaure ou à un M égalosaure.
L’humérus du Delphinosaurus (L c. PI. XXX VIII, fig. 23a—c) est gros et court, comme celui de l’Ichthyosaurus; il est renflé et arrondi à son col supérieur, beaucoup plus mince dans son milieu, et légèrement comprimé et presque carré à sa partie inférieure. Il est marqué de deux enfoncements articulaires pour porter les os de l’avant-bras, Vulna et le radius. Les enfoncements articulaires sont peu profonds et un peu plus longs que larges, voy. la fig. 23 ce de la PI. XXXVIIL L'un d'eux, pour l'articulation de l’ulna, à 1 p. 7 1. de long et 1 p. de large; il est marqué de plusieurs élévations rayonnées, suite de l'articulation avec la tête de l’ulna; l’autre enfoncement a la même grandeur, mais il est plus lisse. L’humérus à 4 p. 1 1. de long, et 3 p. 10 L. de large à sa tête; il a 1 p. 11 1. de large à sa partie inférieure, mesuré dans le sens de la longueur, tandis qu’il a 2 p. 3 1. de large, mesuré au travers des fossettes articulaires. L’un des côtes de l’humérus (1. c. fig. 23 a), qui correspond à la largeur des fossettes, est plus bombé en crête arrondie que l’autre, qui ne s'élève pas en une crête aussi haute que celui-là.
Les phalanges et les os du carpe paraissent se trouver également réunis aux vertèbres et aux os des extrémités dans le même grès néocomien de Kursk; au moins les deux os dessinés sur la PI. XL, fig. 6
et 7, ne peuvent pas être interprétés autrement. L'un d'eux (Le. PL XL, fig. 6) paraît être une phalange du pied antérieur, l’autre (1. c. fig. 7) un 0s du carpe.
L’os du carpe est carré, plus long que large (1. c. PL. XL, fig. 7 a) eb d’une structure spongieuse, comme les vertèbres et les os des extrémités. Le côté supérieur carré (1. c. fig. 7h) est marqué de nombreux enfoncements très petits, qui paraissent rayonner du centre; il a 10 1. de large et est pourvu de quatre faces articulaires. L’une d’elles, représentée sur la même PI. XL, fig. 7 a, correspond à la longueur de l'os carpien et contient de très petits pores, disposés en rayons qui partent du centre vers la périphérie. Sa longueur est de 1 p.21. Los était placé entre quatre autres os carpiens et a dû par suite prendre une forme carrée.
La phalange d'un doigt du Delphinosaurus (Lc. PL XL, fig. 6 a—c) est tout à fait particulière : los est grand et prouve que les phalanges des doigts étaient très larges et courtes; la phalange figurée (1. c. fig. 6a) a 1p. 101. de large, et 1 p. 9 1. de long au milieu (1.c. fig.6 c); sa hauteur est de 1 p. 4 1. (1. c. fig. 6b). La surface est comme profondément sculptée, à rides ou sillons profonds, placés sans ordre, entre des tubercules arrondis, surtout au milieu de la surface légèrement bombée. Celle-ci est convexe des deux côtes articulaires et pourvue de bords légèrement saillants, Les deux faces articulaires, placées en dessous des bords saillants, sont toutes lisses eb légèrement enfoncées. Les deux côtés latéraux (1. c. fig.6 c) sont également enfoncés, surtout au milieu et un peu après, à cause de petits tubercules qui y apparaissent. Le côté inférieur de la phalange est légèrement concave et lisse.
T1 est très intéressant de trouver en Russie un Reptile à phalanges larges, courtes et sculptées à leur surface, à peu près comme les os du crâne de différents Crocodiles vivants. Ni l’Ichthyosaure, ni le Plésiosaure n’ont les phalanges munies de semblables tubercules arrondis et de sillons intermédiaires; par là il est prouvé que ces phalanges ont dû appartenir à un genre tout particulier, que j'ai nommé déjà en 1852 Delphinosaurus à cause de son museau allongé comme celui du Dauphin.
J'ai fait dessiner sur la P]. XXXIX, fig. 6 et 7, deux côtes en fragments, que je suis porté à rapporter au Delphinosaurus, quoique leur forme générale rappelle également les côtes des [chthyosaures. L’un des fragments (1. c. fig. 6 a. b) est allongé et presque triangulaire en coupe transverse, à bords arrondis (1 c. fig. 6 b); il est légèrement courbé et à 8 1. d'épaisseur: c’est l’extrémité inférieure brisée de l’autre
fragment de la côte (1. c. fig. 7), qui se dilate brusquement vers son extrémité supérieure, pour se fixer au tubercule vertébral; l’un des côtés (fig. 7 a) est légèrement convexe, l’autre (fig. 7 b) est pourvu d’une crête latérale, qui part du côté rétréci et monte vers la partie élargie supérieure; celle-ci paraît contenir au milieu un enfoncement ovalaire, peut-être pour recevoir l’artère de la côte.
Ne possédant pas le squelette du Delphinosaurus dans toutes ses parties, je ne suis pas à même de dire avec quel genre de Reptiles il avait le plus d’affinité. Les mâchoires le rapprochent des Ichthyosaures; les dents, si elles lui appartiennent réellement, rappellent la structure de celles des PléSiosaures plutôt que des Ichthyosaures, dont les vertèbres sont cependant plutôt semblables à celles du D'elphinosaurus. Le fémur et l’humérus de celui-ci ont plutôt la forme des os des Ichthyosaures que de ceux des Plésiosaures, mais les phalanges et les os du carpe ont une structure tellement particulière que je serais même porté à assigner au Delphinosaurus des pieds à marcher sur la terre ferme plutôt que des nageoires, qui caractérisent les Ichthyosaures et Plésiosaures.
C’est surtout la phalange presque elliptique en coupe transverse du Delphinosaurus qui se distingue des phalanges plates, polygonales et soudées en nageoire plate de lIchthyosaure et du Plésiosaure. Les os plats de leurs nageoires ne sont pas sculptés à leur surface, ni pourvus de côtés concaves, comme les phalanges du Delphinosaurus, mais plutôt convexes, car ils s’ajustent en forme de pavé, de façon qu'ils forment une nageoire dont les parties n'avaient presque pas de mouvement les unes sur les autres et n’offrent nulle division visible à l'extérieur. Les phalanges du Delphinosaurus au contraire, comparées à celles des nageoires de lIchthyosaurus, paraissent avoir formé des doigts séparés les uns des autres, comme chez les Crocodiles, et réunis entre eux par une membrane natatoire. L'animal vivait dans l’eau de mer, mais il pouvait probablement ramper sur le rivage, comme les Phoques.
Ordre second.
Sauroptérygiens.
Les ossements des Sauroptérygiens se trouvent rarement et tou jours isolés; on rencontre surtout des vertèbres et des dents, qui sont très difficiles à caractériser, en l’absence des autres os du squelette. Les
vertèbres sont biconcaves, à centre des faces articulaires muni d’une protubérance arrondie, et à bord dorsal pourvu de deux fossettes rhomboïdales ou ovalaires à cause des neurapophyses caduques. Le canal médullaire, situé entre ces deux fossettes, est plus ou moins large et profond. Les neurapophyses sont munies à leur base d’apophyses obliques articulaires, antérieures et postérieures, dont les faces articulaires sont ovalaires et placées obliquement. Les pleurapophyses, destinées à supporter les côtes, sont plus ou moins allongées, caduques ou persistantes.
Famille seconde.
Plésiosaures.
Les vertèbres, caractérisées par deux trous vasculaires à leur bord inférieur, se trouvent quelquefois associées dans le même terrain aux ossements des pieds, au fémur, à l’humérus, aux phalanges même; ce sont des os allongés, rétrécis au milieu et élargis aux extrémités, en sorte que les pieds formaient des nageoires, comme chez les Plésiosaures, et
différentes de celles des Ichthyosaures, à os nombréux plats et polygonaux. :
Genre III. Plesiosaurus Conxe.
Spondylosaurus Fisox.
Le corps du Plesiosaurus est allongé, à tête petite, prolongée en un court museau, à cou long, à queue fortement courbée, et à pieds changés en nageoires. La tête porte de petites narines, placées, comme chez l’'Ichthyosaure, devant les yeux, le palais et les alvéoles sont conformés comme chez le Crocodile; les pariétaux et la fossette temporale sont entourés des parties désunies de l’os temporal, comme chez le Léguan, l’œil est entouré par un anneau osseux, et l’orbite composée de plusieurs écailles osseuses comme chez le Léguan. Les dents enchâssées dans des alvéoles, comme chez le Crocodile, sont au nombre de 25 à 27 de chaque côté; elles sont allongées, grêles, légèrement courbées, un peu inégales, et aiguës, émaillées etstriées à leur pointe, à stries longitudinales. Les vertèbres cervicales, au nombre de 35, sont pourvues de côtes très courtes; on compte en outre 21 vertèbres dorsales à côtes plus larges, 2 sacrales et 26 caudales; les vertèbres présentent à leur bord inférieur 2 trous vasculaires, qui traversent le centre vertébral et se terminent au bord dorsal en 2 trous semblables. Les faces vertébrales antérieure et postérieure sont enfoncées et pourvues au milieu d’une protubérance convexe bien marquée; les neurapophyses sont très longues, les
pleurapophyses courtes. Les pieds en nageoires sont composés, comme ceux de l’Ichthyosaurus, de nombreux os qui ressemblent aux phalanges, mais celles-ci sont plus longues, grêles et renflées aux deux extrémités; elles forment de la sorte des nageoires plus longues, plus pointues et moins larges que celles de l’Ichthyosaure,.
Ce genre se trouve dans les terrairs jurassique et crétacé.
Esp. 1405. Plesios. neocomiensis Prcr. Camp.
PI. XXXIX, fig. 2, 3, 4 et fig. 9.
Picrer et Cawricue, Paléont. suisse, livrais. I. Genève 1858, p.42. P1.6, fig. 1—2. Owen, Paleontogr. Soc. vol. XVI. Lond. 1862. p. 11. PI. VI, fig. 1—8.
De cette espèce on n’a trouvé en Russie que des vertèbres, des cervicales, des dorsales et des caudales. Les vertèbres cervicales (1 c. fig. 4 a. b) sont un peu plus larges que hautes et pourvues de pleurapophyses, soudées au corps vertébral, larges et légèrement ascendantes en direction oblique, et de neurapophyses peu marquées, très courtes; les vertèbres dorsales (1. c. fig. 3) caractérisées par la soudure imparfaite des neurapophyses avec le corps vertébral, et les caudales (1 c. fig. 2), légèrement comprimées, sont également dépourvues de neurapophyses, comme les dorsales.
Hab. dans le grès néocomien ferrugineux de Kursk, et dans le néocomien inférieur de Ste-Croix en Suisse.
Les vertèbres, surtout les dorsales, appartiennent évidemment au Plesios. neocomiensis, car elles montrent au centre de la face articulaire antérieure 1.c. fig.3 a) la protubérance semi-globuleuse, entourée par un bourrelet ou une proéminence également arrondie, et par de grandes et profondes fossettes, presque rhomboïdales, suite des neurapophyses caduques à cause de leur soudure imparfaite avec le corps (L. c. fig. 8 c); le canal médullaire est étroit, surtout au milieu entre les neurapophyses, et ne se dilate que vers les extrémités. Le bord opposé de la vertèbre (1. c. fig. 3 b) est marqué de deux trous vasculaires pairs, dont l’un est plus rapproché du bord antérieur articulaire que lautre; le bord dorsal montre aussi deux trous artériels, qui communiquent avec les trous vasculaires du bord inférieur, et dont chacun des trous supérieurs s’ouvre sur chaque côté du bord interne des neurapophyses. Toute la vertèbre est poreuse et couverte d’une croûte lisse et compacte; elle a 2 p. 8 L de large et 2 p. 1 1 de haut, et est presque circulaire; sa longueur est de 1 p. 7 lignes.
La vertèbre cervicale est caractérisée par les pleurapophyses assez
longues, épaisses et situées obliquement, en montant légèrement dans le haut; elles sout soudées intimement avec la partie supérieure et latérale de la vertèbre et étaient destinées à donner attache aux côtes. Les neurapophyses, situées au milieu du bord dorsal, sont à peine saillantes, et forment un large canal médullaire (1. c. fig. 4a). La face articulaire antérieure presque cordiforme offre une largeur de 2 p. et une hauteur de 1p. 71; la longueur de la vertèbre (1. c. fig. 4 b) est de 1 p. 4 1. La pleurapophyse montre que la côte supportée par elle était elliptique en coupe transverse. x
La vertèbre caudale (1 e. fig. 2), que j’attribue peut-être à tort au Plesiosaurus neocomiensis, est légèrement comprimée, la face articulaire antérieure (1 c. fig. 2a) a 1 p. 11 L. de large et 2 p. de haut, sa longueur (1. c. fig. 2 b) n’est que de 1 p. 5 L.; le milieu des côtes lisses est marqué d’un profond trou artériel. Le bord dorsal est dépourvu de toutes traces de neurapophyses ; le canal médullaire est assez large et peu profond.
Les vertèbres ont la plus grande ressemblance avec celles du Plesiosaurus pachyomus Ow. du grès vert de Cambridge; la vertèbre dorsale surtout lui ressemble le plus. M. Prcrer dit * que celle-ci diffère toutefois par le mode d’excavation de ses flancs. Les traces profondes, laissées par les neurapophyses caduques, sont rhomboïdales sur les vertèbres dorsales du Plesios. neocomiensis de Kursk, e6 non elliptiques ou arrondies, comme sur le Plesios. pachyomus.
Le Spondylosaurus Frearsii Fiscx.*, du néocomien des environs de Schtschoukino près de Moscou, paraît appartenir au Plesiosaurus neocomiensis ou au Pl. pachyomus, c’est du moins une espèce de Plésiosaure très voisine. La vertèbre circulaire est marquée par la protubérance arrondie au centre de la face articulaire et entourée par le bourrelet concentrique, comme la vertèbre dorsale précédente; les fossettes rhomboïdales des neurapophyses caduques sont très grandes; celles des tubercules latéraux sont également larges et profondes, en sorte que cela doit étre une des premières vertèbres dorsales, dont la largeur était un peu plus grande que la hauteur; car elle à 2 p. 5 1. de haut et à peu près 2 p. 21. de large; sa longueur n’est que de 1 p. 11.; le canal médullaire à 8 L de large. La surface de la vertèbre est lisse, mais perforée par 7 ou 8 trous pour le passage de vaisseaux; il y en a deux de chaque côté du bord inférieur.
* Bull de Mosc. I. e. 1845, p. 343. PI. VIT et VIII.
Une carène lisse des flancs descend des fossettes rhomboïdales des neurapophyses, pour gagner les pleurapophyses, qui occupent exactement le milieu des flancs latéraux de la vertèbre et, ont suivant M. de Fiscner, la forme d’un entonnoir.
J'ai fait dessiner sur la PI. XXXIX, . 9 a. b, le fragment d’une côte qui paraît appartenir au Plesios. neocomiensis, car sa coupe transversale est presque elliptique, comme la coupe de la côte du Plesiosaurus du néocomien moyen de Ste-Croix*. La côte de Kursk est légèrement courbée et très grêle; elle n’a que 5 L. de large et 3 I. de haut, est légèrement enfoncée à son côté interne, et convexe à l’externe.
Par sa forme elliptique la côte se distingue de celle du Delphinosaurus, qui est plutôt triangulaire qu’elliptique.
Esp. 1406. Plesios. Bernardi Ow.
Paleont. Soc 1851, p. 60. PI. 18 et I. c. 1862, p. 7. PI. 9.
Ichthyosaurus intermedius (Conys.) Fiscuer px WaLpx. Bull. de Mosc. lc. 1846. IL, p. 98. PL. V, fig. 1—4.
Les vertèbres, les cervicales aussi bien que les dorsales, sont caractérisées par de profonds enfoncements laissés par les neurapophyses caduques, et par les pleurapophyses, qui adhèrent cependant assez intimement aux vertèbres; les faces articulaires sont profondes, et ne montrent point de protubérance centrale distincte et semi-globuleuse.
Hab. dans le grès néocomien noïirâtre de Mniowniki, et dans le grès néocomien ferrugineux de Kursk, ainsi que dans le grès vert de Cambridge.
M. Owen L.c. a décrit une vertèbre cervicale du néocomien de Kursk; je possède une vertèbre dorsale un peu plus grande de la même localité ; elle est profondément excavée sur les deux faces articulaires, en sorte qu'il ne reste qu’un espace très mince entre elles; la protubérance centrale y manque entièrement; les enfoncements produits par les neurapophyses caduques sont grands et profonds. La canal médullaire est également profond et opposé à une crête HSE du bord inférieur de la
- vertèbre.
La vertèbre cervicale de Kursk, décrite par M. Owen, à 1 p. 71. de large et 1 p. 41. de haut; elle a 1 p. 3 1. de long; celle de ma collection est de même grandeur et dépourvue de toutes apophyses: à leur place on
* Picrer et Campicug |. ce. p. 46. PI. V, fig. 3.
observé de nombreux enfoncements. La substance spongieuse est brunâtre et ferrugineuse.
La vertèbre cervicale dessinée par M. de Fisomer 1. c., sous le nom de l’Ichthyosaurusintermedius Conys., du grès néocomien noirâtre de Mniowniki près de Moscou, est celle du Plesiosaurus Bernardi Ow. comme le prouve évidemment la fig. 3 de la PI. V citée; la vertèbre, fort peu concave aux faces articulaires, est pourvue de deux pleurapophyses épaisses, qui descendent obliquement de la partie inférieure de chaque côté latéral: ce sont des tubercules très courts pour supporter les côtes cervicales. La vertèbre a 1 p. 11 1. de large et autant de haut, sa longueur est de 7 1.; le canal médullaire à 81. de large; la vertèbre en général est très incomplète; elle est lisse, comme les vertèbres de l’espèce typique.
Esp. 1407. Plesios. planus Ow.
Paleont. Soc. 1. e. 1862, p. 2. PI. I, II et II.
Les vertèbres cervicales sont très déprimées, à bord inférieur quelquefois tout à fait plat ; les faces articulaires sont peu profondes, les enfoncements laissés par les neurapophyses caduques sont elliptiques et plus profonds ; les trous vasculaires du bord inférieur des vertèbres sont séparés par une crête transverse assez haute.
Hab. dans le grès néocomien noirâtre de Khoroschéwo, ainsi que dans le grès vert supérieur de Cambridge.
M. Traurscaorn a publié dans le Bulletin de la Société des Naturalistes de Moscou * les noms de Pliosaurus planus, de Plesiosaurus concinnus et d'Ichthyosaurus brachyspondylus, dont les vertèbres furent trouvées suivant lui, qui s’appuie sur l’autorité de M. K. Owex, dans le terrain jurassique de Moscou. Ne trouvant pas la description de ces espèces de Reptiles fossiles dans les volumes du Paleontographical Society que je possède, je me suis adressé à une dame de ma connaissance à Londres, connue pur son amour pour la paléontologie et membre de la Société géologique de Londres, Madame ExizaBerx CATTLEY , pour avoir les renseignements nécessaires. Mme CaTTLey s’est adressée à M. Rica. Owex et a reçu de lui la lettre suivante: ,Ple- »Siosaurus planus is described and figured in the vol. of the Paleon- »togr. Society for 1864. Plesiosaurus continuus et Pliosau-
* JL. c. 1867. Nr. II, p. 570.
»rus brachyspondylus are described in Part. V of my History of British fossil Reptiles 4 to. 1850.
» My conclusions from the fossils shown me from Khoroschéwo, were in favour of the determination of their bed and matrix, as being NeosComien superior. I entire agree with the excellent and accurate Ercx- »WALD in that conclusion. I am sorry that I cannot tell who brought the moiety of the fossils of Khoroschôwo etc.“ Il n’a pas connu le nom de M. TrauTscHoL».
Cette lettre ne confirme nullement la notice du Bulletin; car ce ne sont pas les vrais noms des espèces déterminées comme telles par M. Owen et publiées comme jurassiques par M. Traurscaorn: donc le Plesiosaurus concinnus est le continuus, l’Ichthyosaurus brachyspondylus est un Pliosaurus, etle Pliosaurus planus un Plesiosaurus; enfin, le terrain néocomien, déterminé déjà par moi comme tel, doit remplacer le terrain jurassique de Moscou. Il est donc prouvé, suivant l’autorité de M. Owex, que le Plesiosaurus pianus se trouve dans les environs de Moscou, et que ce n’est pas dans le terrain jurassique, maïs bien dans le néocomien supérieur, qu’il à été observé. Cette espèce y est accompagnée par le Plesiosaurus continuus et par le Pliosaurus brachyspondylus Ow.
Esp. 1408. Plesios. continuus Ow.
Polyptchodon continuus Ow. Paleont. Soc. I. c. 1854, p. 47. PI. XIV, fig. 4—6.
Les dents de cette espèce sont très grandes, parcourues de plis longitudinaux, imitant des côtes légères et d’égale largeur avec les interstices ; la cavité pulpaire est large ets’élève très haut à la couronne dela dent.
Hab. dans le grès néocomien noirâtre de Khoroschôwo et de Galiowa près de Moscou, ainsi que dans le grès vert inférieur de Sussex et de Shanklin en Angleterre, et à Ste-Croix en Suisse.
La dent de Shanklin a 3 p. de long et 1 p. de large à sa base; la cavité pulpaire a 9 1. de large à sa base; elle rappelle beaucoup la dent du Polyptychodoninterruptus, et ne s’en distingue que par sa forme fort élargie à la base.
La vertèbre des environs de Moscou, déterminée par M. Owen comme appartenant au Plesiosaurus continuus, n’est pas encore décrite et a été nommée peut-être par M. de Frscuer Plesiosaurus mosquensis *; il n’en existe ni figure, ni description.
* Faurenxogr, Verhandl. d. miner. Gesellsch. zu St. Petersb. 1856, p. 225,
Il se peut que la dent décrite sous le nom de Pliosaurus giganteus Quexsr., de la couche inférieure (néocomienne ?) de Galiowa*, appartienne également au Plesios. continuus, à moins qu’elle n’ait été trouvée dans l'argile jurassique de Galiowa. Dans ce cas ce serait effectivement le Pliosaur. giganteus, du jura blanc du Wurtemberg, car des plis longitudinaux assez espacés et complets alternent avec des plis incomplets, comme chez celui-ci, mais la largeur de la dent vers la base, et la cavité pulpaire qui monte très haut dans la couronne, PME que c’est le Plesios. continuus.
Esp. 1409. Plesios. Fahrenkohlii Fiscx.
S pondylosaurus Fahrenkohlii Fiscu. ne Wazpuem , Bull. de Mose. 1. c. 1846. II, p. 103. PI. VI.
La vertèbre cervicale, très grande et circulaire, est peu concave sur les faces articulaires, dont le centre s'élève en outre en une protubérance convexe très large; les neurapophyses sont intimement soudées avec le corps vertébral et s’amincissent un peu en montant, pour s’élargir de nouveau; elles s’y divisent en deux branches, dont l’intérieure se continue davantage et se réunit avec l’apophyse épineuse, tandis que lextérieure, en apophyse oblique antérieure, est courte et s’articulait avec l’'apophyse oblique postérieure de la vertèbre précédente.
Hab. dans le grès néocomien noirâtre de Moscou.
La vertèbre paraît une cervicale, parce qu’elle manque des tubercules latéraux destinés à supporter les côtes: c’est une vertèbre qui rappelle beaucoup celles du Plesios. Bernardi Ow.: elle ne s’en distingue que par sa grandeur, par le centre bombé en une large protubérance des faces articulaires, par le canal médullaire elliptique, ainsi que par les neurapophyses plus distinctement bifurquées.
La vertèbre a 4 p. 1 1. de large et 3 p. 5 1. de haut, sa longueur est de 3 p. 5 L.; la hauteur des apophyses mesure 3 p. 8 lignes.
Esp. 1410. Plesiosaur. Nordmanni ».
PI XXXIX, fig. 5a. b gr. nat.
Humerus perquam curtus, leniter inflexus, superne compressus et inferne incrassatus, utraque facie articulari pro ulna radioque , lata. Hab. dans le néocomien de Biassala en Crimée. Cet os a été découvert par M. de Norpmanx dans le grès néocomien
* Bull. de Mose, I. ce. 1860. IL, p. 356. PI. VIT, fig. 25.
ferrugineux de Biassala; il rappelle évidemment l’humérus d’un Reptile, et paraît appartenir à un Plesiosaurus.
L’os est très court, presque cylindrique; il s’élargit à son extrémité inférieure, où l’on observe deux faces articulaires (1. c. fig. 5 a, du côté gauche de la figure) pour l’ulna et Le radius; elles sont presque triangulaires et se réunissent au milieu de l'extrémité sous un angle obtus. L’autre extrémité est plus étroite, légèrement comprimée, toute plate (1. c. fig.5 b) et pourvue d’une impression transverse, située vers le bout rétréci de la face articulaire.
L’os a quatre côtes, dont l’un est comprimé et rétréci, l’autre, opposé à celui-ci, concave et arrondi; les deux côtes latéraux sont légèrement convexes et pourvus de plusieurs inégalités.
Cet os rappelle beaucoup l’humérus de l’Ichthyosaurus, mais appartient au Plesiosaurus, dont cette partie ne diffère que peu de celle de lIchthyosaurus. Il à 2 p. 4 1. de long, 2 p. de large à l’extrémité pourvue des faces articulaires de l’ulna et du radius, et 1 p. 7 1. de large à l’extrémité opposée, qui est plus étroite que celle-là.
Genre IV. Polyptychodon Ow.
Les dents du Polyptychodon sont grandes, légèrement infléchies, coniques, complétement cylindriques en coupe transverse, parcourues de plis longitudinaux nombreux, montant de la racine jusqu’à la pointe de la couronne, d'épaisseur inégale, des plis plus épais et plus longs alternant avec de plus grêles et de plus courts; les plis sont de la largeur des interstices. Les dents sont pourvües d’une cavité conique, dans laquelle la dent de remplacement se développe et pousse la dent précédente de plus en plus vers le dehors. Les dents sont enchâssées dans des alvéoles, comme chez les Crocodiles. En outre des dents on a découvert, en Angleterre et en Russie, des fragments de crâné et de mâchoires, des fémurs, des humérus et d’autres os, de grandes vertèbres.
Ce genre se trouve dans les terrains jurassique et crétacé.
Esp. 1411. Polypt. interruptus Ow.
Paleont. Soc. 1. c. 1851, p. 46. PI. XIV, fig. 1—3. Ichthyosaurus Nazimowii Fanrenu., Verh. d. miner. Gesellsch. in St. Petersb. 1856, p. 226. PI. I, fig. 1—2.
Les dents, parfaitement cylindriques en coupe, sont coniques et légèrement courbées vers la pointe ; elles sont fort épaisses à la racine et s’amincissent légèrement vers la couronne pointue; les plis en côtes lon-
gitudinales très minces ont la De de leurs interstices; ils se continuent du côté convexe de la dent jusqu’à la pointe, et sont plus longs, plus nombreux sur le côté concave.
Hab. dans le grès néocomien noïrâtre de Mniowniki près de Moscou, et dans le grès néocomien ferrugineux de Kursk, ainsi que dans les couches inférieures et moyennes de la craie près de Lewes, en Sussex, à Burham près de Kent, à Barnwell près de Cambridge.
La dent à quelquefois 4 p. 6 ïi. de long et 1 p. d'épaisseur, la dentine est entièrement compacte ; la racine lisse est plus longue que la couronne plissée.
Le fragment du crâne, découvert en Angleterre, est très grand et long, presque de la longueur de 3 pieds 6 pouces, une crête longitudinale part de l’occiput et dépasse les os pariétaux jusqu’à la mâchoire supérieure ; des deux côtés des pariétaux on observe les grandes fossettes temporales des Crocodiliens. La forme générale du crâne a la plus grande ressemblance avec le crâne du Plesiosaurus. Les vertèbres, trouvées dans la même localité, sont également très grandes; elles ont 4 pouces 6 lignes de large, 4 p. de haut, et se caractérisent par les faces articulaires à peine enfoncées et presque plates. C’est pourquoi je réunis PIchthyosaurusNazimowii FaHRk. connu seulement par de grandes vertèbres, avec le Polyptych. interruptus.
Cette grande vertèbre de Mniowniki a la même grandeur et la même forme de celle du grès vert supérieur de Cambridge*; elle à 5 p. 6 1. de large à sa face articulaire antérieure, et 5 p. de hauteur à cette même face, tandis que la face postérieure n’a que 3 p. 6 L. de large et presque autant de pouces de haut. C’est une preuve que la vertèbre se rétrécissait de plus en plus à partir du bord antérieur vers le postérieur, et c’est de cette manière que M. Owen a représenté l’atlas du Polyptychodon interruptus (1 c. PI. VI, fig.1). Je suis porté par suite à considérer la vertèbre de Mniowniki, dessinée par M. FanrenxouL (1. c. PI. IL, fig. 1a—c), comme l’atlas de la même espèce de Polyptychodon; cette vertèbre est encore plus grande que celle de Cambridge; elle a une longueur de 3 p. 3 L.; les flancs sont obliques, perforés par de nombreux trous artériels et pourvus d’une saillie transverse en carène, très marquée sur le bord inférieur et les deux flancs; le bord supérieur est pourvu de deux grandes fossettes ovalaires, entre lesquelles on voit le canal médullaire, de la largeur d’un pouce. Les fossettes laissées par les neurapo-
* Paleont. Soc. I. c. 1858, p 22. PI, V, fig. 1—2 et PI. VI, fig. 1—4.
physes caduques ont une largeur de 1p. 61., et une longueur de 1 p. 61. La vertèbre est presque entièrement plate sur les faces articulaires antérieure et postérieure; celle-ci est toute plate, celle-là est à peine légèrement enfoncée, et par cette structure elle ressemble tout à fait à l’atlas du Polyptychodoninterruptus Ow. de Cambridge. lL’animal de Moscou à dû être même plus grand que celui-ci et avait au moins une longueur de 30 pieds.
La seconde vertèbre (Fanrexx. I. c. PL IT, fig. 2) de Mniowniki est une dorsale; car elle est munie de pleurapophyses épaisses pour donner attache aux côtes. La face articulaire antérieure est un peu plus enfoncée que celle de latlas; elle a 5 p. 21. de large et 4p. 6 L. de haut, la postérieure est un peu plus petite et moins enfoncée. Les flancs sont d’une épaisseur variable, le bord inférieur a 2 p. et au delà d'épaisseur, et le supérieur 1 p. 7 L; la vertèbre dorsale rappelle sous ce rapport latlas, qui est également plus épais à son bord inférieur qu’au supérieur.
Le bord inférieur est légèrement arrondi et pourvu de nombreux enfoncements artériels, dont les latéraux sont plus grands et plus profonds. Les flancs sont munis de deux larges pleurapophyses (Fanrexx. 1]. c. PI, If, fig. 2 c); le bord dorsal est marqué de deux larges neurapophyses et du canal médullaire, placé entre celles-ci; il est profond, a 11 L de large au milieu, et s’élargit beaucoup plus vers les parties antérieure et postérieure de la vertèbre (Famrexx. 1. c. PI IT, fig. 2 b).
Genre V. Pliosaurus Ow.
Plesiosaurus Ow. en partie.
Le crâne du P liosaurus est grand, les dents coniques, infléchies, massives, très grandes, à plis très saillants, longitudinaux, laissant libre la pointe de la couronne ; elles sont presque triangulaires, le côté extérieur peu convexe est séparé des deux côtés internes par des arêtes tranchantes; la racine très longue est lisse; on compte jusqu’à 38 dents de chaque côté de la mâchoire, présentant dans le Pliosaurus grandis une rangée d’un pied de long et des dents de 7 pouces de long ; après la quinzième les dents diminuent de grandeur. Les 12 vertèbres du cou sont courtes , à peu près comme celles de lIchthyosaurus, le-corps vertébral offre une longueur de 1 p. 6 1., une largeur de 6 pouces et une hauteur de 5 pouces, c’est-à-dire qu’il est d’une grandeur toute particulière. Les vertèbres pectorales sont plus longues et munies de longues neurapophyses; les vertèbres caudales deviennent plus larges et plus
hautes. Les os des extrémités et les phalanges se distinguent également par leur forme.
Ce genre se trouve dans les terrains jurassique et crétacé.
Esp. 1412. Plios. brachyspondylus Ow.
Plesiosaurus brachyspondylus Ow., Report. brit. Association 1840, p. 78. Bron, Leth. geogn. II, p. 486.
Les vertèbres du cou sont très courtes, comme les cervicales de YTchthyosaurus, les faces articulaires des vertèbres en général peu concaves et dépourvues de la protubérance centrale, le bord inférieur est marqué des deux trous vasculaires, comme les vertèbres du Plesiosaurus; les vertèbres sont en outre fort rétrécies au milieu de leurs flancs.
Hab. dans le grès néocomien noirâtre (ou peut-être dans l’argile jurassique) des environs de Moscou près de Khoroschéwo, ainsi que dans l'argile jurassique de Kimmeridge près d'Oxford.
M. Owex (dans la lettre citée plus haut) considère aussi cette espèce comme néocomienne, et ne la connaissant que par sa citation en question, je ne suis pas sûr si elle est identique avec le Plesiosaurus brachyspondylus Ow.* de l’argile de Kimmeridge près d'Oxford. Dans
ce cas elle aurait dû se trouver dans l’argile jurassique de Khoroschôwo,
infraposée au grès néocomien noirâtre. Dans le Bulletin de la Soc. des Natural. de Moscou ** cette espèce paraît être nommée Ichthyosaurus brachyspondylus Ow. dont les vertèbres proviennent, d’après le passage cité, de la couche à Ammonites virgatus; ce serait dans ce cas la couche néocomienne plutôt que la jurassique où la vertèbre aurait été trouvée; et si c’est effectivement le Plesiosaurus ou Pliosaurus brachyspondylus Ow., il traverserait les couches à partir du jura blanc jusqu’à la néocomienne, comme le Megalosaurus Bucklandi, qui passe en Angleterre à travers de l’oolithe de Stonesfield jusqu’au terrain wealdéen.
Esp. 1413. Plios. Wossinskii Fiscx.
Bull. de Mosc. 1846, 1. c. IE, p. 105. PI. IT et IV. Le fragment de la mâchoire inférieure contient trois dents, grosses, longues, coniques, à arête tranchante d’un côté, légèrement arquées de
* Le Plesiosaurus brachyspondylus Ow. décrit dans le Report of the ninth meeting of the british Association for the advencement of Science, London 1840, p. 78, y est supposé identique avec les Ples recentior Convs. etgiganteus Conys.?
#* Bull. de Mose. L. ce. T1, 1867, p. 570.
autre, et enchâssées dans les alvéoles de la mâchoire; elles sont plissées, à plis moins épais que les interstices, et laissent libre la pointe de la couronne émaillée.
Hab. dans le terrain néocomien sur la rive droite du fleuve Moskwa en avant de Troïtzkoïé.
La longueur de la plus grande dent, incomplète cependant, est de 3 pouces 9 lignes; l’émail en est très épais, la cavité pulpaire monte très haut et a 9,1. de large à la base; la mâchoire en fragment a 6 pouces et plusieurs lignes de long. L'’arête ou la carène longitudinale sépare la face plane des deux autres faces, qui sont un peu arrondies.
Je suppose que ce fragment sous-maxillaire du Plios. Wossinskii appartient à la même espèce que la vertèbre décrite ci-dessus sous le nom plus ancien de Plios. brachyspondylus Ow., et qui fut trouvé dans le même grès néocomien noirâtre de Troïtzkoié*, Il a également une grande ressemblance avec le Dakosaurus maximus Quexsr.** du jura blanc de Schnaitheim dans le Wurtemberg, dont les dents sont cependant un peu plus comprimées et pourvues du bord tranchant légèrement crénelé; en outre elles sont lisses et non plissées, comme les dents du Plios. Wossinskii aussi Les dents du Dakosaurus, animal colossal, dont la longueur du corps entier est présumée avoir été de 50 pieds, rappellent aussi beaucoup celles du Megalosaurus Bucklandi de l’oolithe de Stonesfeld. î
Genre VI. Rhinosaurus Fiscx. 1847.
Le crâne, seule partie connue, est presque conique, à bords tronqués, et composé de nombreux os, pourvus de plusieurs enfoncements très petits et disposés en rayons; les narines sont situées au bout du museau obtus, les grandes orbites au milieu des deux côtés du crâne, et la petite ouverture de l’ouïe occupe le milieu des deux côtés temporaux; Penfoncement pariétal est également petit et occupe le milieu de l'occiput à la limite des os pariétaux.
Ce genre se trouve dans le terrain crétacé.
Esp. 1414. Rhinos. Jazykowii Fiscx.
Fiscuer De Wacpugim, Bull. de Moscou 1847. IF, p. 362. PI. V. Bron, Leth. geogn. Il, p. 471. PI. XXV?, fig. 1.
Le crâne forme un cône obtus, dont la largeur postérieure surpasse
# M. Fanrekouz dit (Verh. d. miner. Gesellsch. St. Petersb. 1856, p.225) que lePliosaurus Wossinskii se trouve dans la couche moyenne de Moscou, c’est-à-dire dans le grès néocomien noirâtre à Ammonites virgatus.
## Jura 1. c. p. 785. À Eichwald, Lethaaa rossica. II. 81
de deux tiers la largeur; de petits tubercules ou grains, presque réguliers sur les frontaux et les nasaux, prennent une forme allongée et rayonnante sur les pariétaux et les temporaux, ces derniers sont marqués de l’orifice enfoncé de l’ouïe. L’enfoncement circulaire à la limite des pariétaux rappelle le foramen Homianum, que M.R. Owex a observé dans plusieurs Sauriens, comme dans l’Igu ana, le Plésiosaure et d’autres Lézards.
Hab. dans l’argile néocomienne de Ssimbirsk.
M. Jazvxow, qui a découvert:le crâne dans les couches argileuses de Ssimbirsk, le prend, comme après lui M. Owen, pour celui d’un Plesiosaurus, avec lequel il a effectivement une grande ressemblance. R. Burueister en fait, mais à tort, un Labyrinthodon, dont il na pas les caractères génériques ;* il manque en effet du double condyle occipital, de la structure particulière des dents et d’autres caractères. Les dents sont minces, pointues, un peu comprimées et distantes; on en compte 24 de chaque côté des mâchoires; les dents de devant de la mâchoire supérieure sont plus longues, diminuent de longueur en arrière, et paraissent finement striées et implantées dans des alvéoles. Les narines, situées au bout du museau arrondi, sont rondes, grandes et espacées, les orbites sont également rondes, distantes et s’inclinent de côté. La mâchoire inférieure est arrondie en arrière et n’a pas l’appendice prononcé en arrière des Enaliosauriens; les os du crâne, distinctement sculptés, rappellent ceux des Crocodiles.
Ordre troisième.
Pférosauriens.
Les Ptérosauriens sont caractérisés par l’excessif allongement du quatrième doigt de devant; ils volaient, non moyennant une aile où le pouce seul est libre, comme dans les chauves-souris, mais moyennant une membrane volatoire ou aile soutenue principalement par un seul doigt très prolongé, tandis que les autres doigts avaient conservé leur brièveté ordinaire et leurs ongles. Les Reptiles volants ont en -outre un long bec d'oiseau, un cou très long, mais une queue courte. Les vertèbres biconcaves ont au centre des deux faces articulaires une protubérance aplatie, tout à fait comme les Plesiosaurus; les neurapophyses sont légèrement réunies avec le corps des vertèbres.
Famille troisième.
Ptérodactyliens.
Les caractères de la famille, les mêmes que ceux de l’ordre, sont
tout à fait extraordinaires: la tête allongée d’un oiseau est munie de dents allongées, pointues et enchâssées dans les alvéoles des mâchoires; Vos intermaxillaire, pourvu de dents antérieures, se continue jusqu'aux narines, situées devant un grand trou, comme dans le crâne d'oiseau; les yeux très grands ont le même anneau osseux que l’Ichthyosaure et les Oiseaux, et les os pneumatiques prouvent le vol aérien des Ptérodactyles, comme Reptiles volants.
Genre VII. Pterodactylus Cur.
Ornithocephalus Süum.
La tête se prolonge en de longues mâchoires, munies de dents longues et aiguës, les pieds de devant ont le quatrième doigt fortement allongé pour donner ättache à la membrane volatoire. Le cinquième doigt v’existe qu’en vestige, les trois autres sont très courts et pourvus d’ongles; le cou très long ne se compose que de 7 vertèbres; les côtes sont soudées au sternum; les os longs sont creux en dedans et pneumatiques.
Ce genre se trouve dans les terrains jurassique et crétacé.
Esp. 1415. Pterod. Cuvieri Bowers.
PI. XXXIX, fig. 8a b phalange en gr, nat.
L’os du grand doigt de devant, qui appartient à cette espèce, est sans contredit Le plus grand et le plus long qui soit connu jusqu’à présent dans le terrain crétacé. La longueur de cet os est trop considérable relativement à son épaisseur pour être un humérus ; il doit être la première ou la seconde phalange du doigt allongé de devant.
Hab. dans le grès néocomien ferrugineux de Kursk, ainsi que dans le terrain crétacé de Durham près de Kent.
L’os allongé est caractérisé par ses deux extrémités renflées, comme la figuré M. J. S. BowerBANK, qui, dans les derniers temps, à réussi à découvrir cette espèce dans la craie inférieure de Kent*. La longueur de l’os fossile de Kent est de 141, pouces, le diamètre de l'extrémité bien conservée est de 2 p. 31. le milieu de l’os diminue jusqu’à 1 p., et s’élargit des plus en plus, jusqu’à 1 p. 3 L, à l'extrémité brisée.
Le milieu de l’os de Kursk est triangulaire en coupe transversale, à angles légèrement arrondis. Les faces articulaires ne s’y sont pas bien conservées, mais sa forme ressemble si bien à l’os de Kent, qu’il ne saurait rester de doute sur l’identité de l’espèce de Kursk avec le Pterod. Cuvieri.
* Owen, History of british fossil reptiles. V. p. 234. PI. 4, fig. 1—2.
L’os allongé de Kursk est droit d’un côté, et légèrement infléchi de l’autre, comme aussi celui de Kent. Les extrémités sont distinctement plus renflées, plus épaisses que le milieu de los, qui est plus mince, également comme l'os de Kent.
Il s’en suit que c’est une phalange du doigt allongé de devant, et que ce n’est pas l’os maxillaire, qui ne devient pas plus épais ou plus renflé vers les deux extrémités.
En outre cet os se caractérise par une crête longitudinale, qui se continue d’une extrémité à l'autre sur le milieu de la surface, un peu plus rapprochée d’un côté que de l’autre; elle est un peu plus tranchante sur l’os de Kursk que sur celui de Kent; elle est interrompue par un canal court transverse près de l'extrémité (PI. XXXIX, fig. 8 b), ce qu’on ne trouve pas sur l’os de Kent. La surface opposée de l’os (PI. XXXIX, fig.8 a) est pourvue d’un large canal, qui occupe presque toute la longueur de l’os, sauf l'extrémité épaissie et mieux conservée, où le canal cesse à la distance de 3 pouces de cette extrémité, et où l’on observe un petit trou communiquant avec le canal, à l'endroit où celui-ci est couvert par une petite production en arc osseux. On observe le même enfoncement en canal large et superficiel sur l’os fossile de Kent*, qui montre en outre une large ouverture pneumatique, correspondant peut-être au trou indiqué sur l’os deKursk. Ce dernier est de un ou deux pouces plus long que celui de Kursk, mais la longueur de celui-ci à dû être plus considérable, car il est brisé à son extrémité plus large.
M. Owex se demande si l’os de Kent ne correspond pas plutôt à Pulna du Ptérodactyle qu'à une phalange du doigt allongé destiné à soutenir la membrane volatoire; le plus petit os figuré par cet auteur ** pourrait bien être l’ulna ou le radius, mais l’os plus long à extrémités renflées et légèrement infléchi rappelle plutôt la phalange du doigt allongé.de devant, c’est-à-dire l’os de Kursk.
L’os fossile de Kursk est triangulaire en coupe, comme celui de Kent, mais sa crête est un peu plus saillante (PI. XXXIX, fig. 8 b); par suite sa forme en coupe présente les deux côtés profondément enfoncés *** et marqués du canal longitudinal.
*# Owen I. c. PI. 4, fig. 1 et 3.
## Owen Le. fig. 3 et 4. I ydit pag. 252: were the bone an ulna or à phalanx of the wingfinger, would determine the end preserved to be a proximal one; but, if the bone were a radius, the concavities a and b might be adapted to some of the smal carpal bones.
#Kk% M. Owen I. c. pag, 251 dit: the shaft (de los de Kent) soon assumes a triedral figure with the angles rounded off.
Cette espèce de Ptérodactyle a dû être un monstre volant, dont l’envergure était de 18 à 20 pieds.
Le Pterod. conirostris Ow. est le même que le Pterod. Cuvieri Bowers., qui à été figuré par M. Drxox comme se trouvant dans la craie de Sussex*,
M. Owex a figuré** deux fragments à extrémités assez bien conservées de l’os du grand doigt ou de l’os volatoire de l’aile antérieure du Pterodactylus conirostris, dans lequel on remarque le même canal, qui passe en dessous d’un arc osseux, comme sur l'os figuré par moï PI. XXXIX, fig. 8a. L’os de la phalange est un peu plus petit que le grand os phalangien du Pterodactylus Cuvieri, eb par cette raison le canal qui longe le côté de l’os est plus petit que celui du Pterodactylus Cuvieri de Kursk. Le canal y est plus profond , plus large, et Varc osseux qui le recouvre est plus distinct qu’il ne l’est dans le Pterodact. conirosbtris.
La gouttière en canal de l’os était destinée au passage d’un vaisseau, comme dans l’humérus de plusieurs Mammifères carnassiers du genre Felis, chez lesquels le canal est couvert par un semblable arc osseux: c’est une conformation particulière aux Ptérodactyles et aux Mammifères.
Le Pterodactylus compressirostris de la craie inférieure de l'Angleterre montre également la crête longitudinale longeant tout l'os, elle est aussi bien développée que dans le Pterodact. Cuvieri du néocomien de Kursk. L’enfoncement longitudinal en gouttière du même os du Pterodact. Cuvieri n’est ni aussi profond ni aussi bien limité que sur l’os de Kursk, mais il est toujours bien marqué, et se termine sur l'os de Kent, vers l’extrémité, par une ouverture allongée pueumatique, que. je ne vois pas sur los de Kursk, peut-être parce qu’il a été oublié dans mon dessin par le peintre. L’original se trouve dans la collection du colonel Kiprraxorr, qui l’a découvert dans le terrain néocomien de Kursk avec beaucoup d’autres ossements dePlesiosaurus et de Delphino Saurus.
* Dixon, Geology and fossils of the tert. and cret. foss. of Sussex p.401. PI. 30, et Quart. journ. of the geolog. Soc. Febr. 1846. **# Owen L. c. Lacertians. V. PI. VII, fig. 7 (sur le petit fragment d’en haut).
Corrections et additions.
Correction aux pages 893 et 3925.
Esp. 332. Rhynchonella Rouillieri m.
J’ai décrit sous ce nom IL. c. le Terebratula bidens (Pur) Rource. (Bull. de Mosc. 1848. PL F, fig. 4—7); maintenant j'ai acquis la conviction que le Terebr. triplicata (Sow.) Rover. I. c. PL F, fig. 8 y appartient également. Je l'avais rapproché (voy. Leth. ross. II, p. 325) du Terebr. retracta RoEm. et par conséquent aussi du Rhynchonella plicatilis Sow., m'appuyant sur l’autorité de M. Bronx (Nomencl. palaeont. pag. 1247), qui les a reunis; M. Davinsox n’était par de cet avis (Palaeont. Soc. brit. cret. brachiop.). La fig. 18 de ma PI XVIII montre distinctement que ce n’est pas le Rhynch. plicatilis, marqué de 35 et plus de plis rapprochés; car le Rhynch. Rouillieri a 2 ou 3 côtes dans le sinus , et 3 ou 4 sur. le bourrelet, tandis que les côtés aïlés n'offrent chacun que 4 côtes assez espacées. Le Rhynch. retracta Roëm., au contraire, est pourvu de plis plus nombreux, il y en a jusqu’à 27, d’après M. F. A. Ror- MER, en Sorte que cette espèce se distingue notablement du Rhynch. Rouiïillieri (1 c. PI XVIII, fig. 18), lequel n’a que 10 à 12 côtes en tout, et au lieu de plis tranchants, ce sont des côtes arrondies qui le distinguent.
Donc c’est le petit nombre de côtes qui caractérise le Rhynch. Rouillieri provenant du grès néocomien noirâtre de Khoroschéwo, de l'argile néocomienne compacte de Bessonowo près de Ssimbirsk et du calcaire néocomien ferrugineux de Biassala en Crimée. Il est en outre de la section des Térébratules pugnacées, tandis que les Rhynch.retracta, plicatilis et tetraëdra (Sow.) Traurso. (Bull. de Mosc. 1861, pag. 72. PI. V, fig. 9), espèces identiques entre elles, appartiennent aux Térébratules concinnées. Le Rhynch. retracta à en effet quelque affinité avec le Rh. Rouillieri par son bourrelet assez saillant et son sinus assez profond, mais le grand nombre des plis le rapproche plutôt du Rh. plicatilis que du Rh. Rouillieri.
Les individns du Rh. Rouillieri (PI. XVIIL, fig. 18 et 24) se caractérisent par leur languette très saïllante, allongée et ornée de 2 ou 3
côtes sur le bourrelet, et de 1 ou 2 côtes dans le sinus, tandis qu’il n’en existe que 4, rarement 5 sur chacun des côtés aïlés. Les côtes latérales sont à peine distinctes sur les jeunes individus de Biassala; les adultes les offrent plus distinctes, mais leur nombre ne dépasse pas le chiffre 4 sur les côtés et elles y restent comme rudimentaires, tandis que les côtes du bourrelet et du sinus atteignent la longueur double de celles-ci.
Le plus grand individu (fig. 24 de la PI. XVIII) du grès néocomien de Biassala n’a que 2 côtes sur le bourrelet, une sur le sinus, ainsi que 3 sur chaque côté; la languette très saillante est fort allongée et ses flanes forment des deux côtés une face triangulaire lisse et très haute; c’est ce qu’on n’observe pas sur le Rhynch. plicatilis, ni même sur le Rhynch. retracta.
Les individus du Rhynch. Rouillieri (PI. XVIII, fig. 18) de l’ar-
gile uéocomienne de Bessonowo sont presque triangulaires, à bourrelet saillant pourvu de 3 côtes et à sinus profond orné de 2 côtes; les côtés, — chacun d’eux en à 4, — ont les bords profondément dentelées; les côtes commencent, sur le milieu des valves et laissent libre l’autre moitié vers le crochet, qui est légèrement infléchi et muni d’une ouverture petite et arrondie.
Les individus de Khoroschôéwo et de Mniowniki près de Moscou sont caractérisés par une languette un peu plus saïllante et ornée de 2 ou 3 côtes sur le bourrelet et de 1 ou 2 dans le sinus, tandis qu’il n’y en a que 3 sur chacun des côtés; les côtes du bourrelet sont un peu plus tranchantes que les latérales.
Les individus de Bessonowo offrent la plus grande ressemblance avec ceux de Khoroschéwo; leur bourrelet est muni de 3 côtes et le sinus de 2 côtes légèrement tranchantes ; les côtes latérales sont cependant moins développées et plus rapprochées les unes des autres que celles du bourrelet et du sinus; les petits individus surtout se caractérisent par des côtes latérales rudimentaires et rappellent par là les individus de Biassala.
Les individus du Rhynch. plicatilis, cites (Leth. ross. L. c. pag. 326) de la craie blanche de Badrak en Crimée et du néocomien au dessus du calcaire à Diceras de Kereïti en Mingrélie (selon Dubois apud Bronx Leth. geogn. IT, pag. 217), n’appartiennent pas au Rhynch. Rouillieri, mais se rapportent, de même que la majeure partie de la description L. ce. pag. 326 et 327, au Rhynch. plicatilis, qui est identique avec l’octoplicata, dont il est fait mention en détail à la page 343 du Leth. ross. IL.
Addition à la page 834:
Genre XXI*. Globiconcha d'Or.
Actaeon d'Ors.
La coquille globuleuse ou ovalaire est pourvue de tours de spire à peine saillants; le dernier tour est très grand et renflé, l'ouverture en croissant est allongée, à bords dépourvus de plis et de dents. -
Ce genre se trouve dans le terrain crétacé.
Esp. 957—958. Globic. Pero wskiana d’Ors.
Actaeon Perowskianus d’Ors. VERNEUIL, Paléont. de Russie I. c. p. 449. PI. 37, fig. 12 —14.
Auricula obscura (Paize.) Fiscuer, Bull. de Mosc. 1. c. 1843, p. 138. | Petite coquille ovalaire, à tours à peine saillants, légèrement convexes et striés transversalement; le dernier tour très bombé a l’ouverture arquée, étroite en haut et élargie à la base.
Hab. dans le terrain jurassique douteux, peut-être crétacé, sur la rivière Ounja près de Makarjew, dans le néocomien noirâtre de Khoroschéwo * et dans un semblable calcaire crétacé sur la rivière l'aïmyr au nord de la Sibérie orientale. À î
Cette espèce a plusieurs rapports avec le Glo bic. rotun data d’Ors. du grès vert du Mans en France, qui cependant s’en distingue par sa forme plus globuleuse et par son ouverture étroite et non élargie à la base. Les premiers tours du Globie. Perowskiana de Makarjew sont striés, et il est à présumer que le dernier tour, qui ne s’est trouvé qu’en moule, le serait également, si le test s'était bien conservé. Il rappelle l'individu de la Sibérie orientale, décrit par M. le comte Keyser- LING (Minpexporrr, Sibir. Reïse I, 1, pag. 254. PI. IV, fig. 10), qui est garni de trente stries transversales très fines. Il s'approche par là également du Globic. (Actaeon) Petschorae Keys. du néocomien de la Petschora près de Polouschino, dont les stries sont pourtant moins . nombreuses et pointillées, comme sur des Actéons véritables, mais sa grandeur de 2 lignes et sa forme générale est la même que celle des individus de Makarjew, et je suppose que c’est la même espèce qui se rencontre dans le même terrain sur l’Ounja aussi bien que sur la Petschora et le Taïmyr. TRLAE
* Le Bull. de la Soc. des Nat. de Mosc. Il. 1862, pag. 361, cite l'Actaeon Perowskianus à tort comme se trouvant dans les trois étages de Khoro-
schéwo, dans l’inférieur jurassique et dans les deux supérieurs néocomiens ou grès verls.
Table générale,
AM. Ammonites alternans 1076. 1085 Actaeon Angiolinus 1076 Perowskianus 1288 annulatus 1043
Abietites Sternbergi 56 angulicostatus 1140 Acardo 362 Argonis 1055 Acmaea v. Helcion Arnoldi 1135 Acrochordocrinus Astierianus 1103
insignis 233 Acrodus affinis 1248 rugosus 1248 Kiowensis 1249 Acrostichites Williamsoni 17 Actaeon laevigatus 803 Actaeonella curta 829 caucasia 830 crassa 829 rotundata 830 voluta 830 Actaeonina Davoustiana 831 Lorierana 831 volgensis 831 Actinocamax v. Belemnites 1013 Agaricia lobata 150 Alveolitestubiporacea 222 Alectryoniaacrodonta 366 Defrancii 365 Deshayesii 365 Ferussacii 365 Alethopteris angustissimus 16 elegans 16 insignis 15 whitbyensis 16 Alnites speciosus 58 Alcyonia 405 Ammonites aculeatus 1058 Adelae 1131 Agassizianus 1150 amaltheus 1074
athleta 1059 Auerbachi 1092 Bakeriae 1044 Balduri 1121 Beudanti 1142 biarmatus 1069 bicurvatus 1147 bidichotomus 1100 bifurcatus 1092, 1041 bijugus 1089 biplex 1060 Bonnetianus 1129 borealis 1133 Braikenridgii 1050. 1066 Brightii 1064 Brodei 1118 Bucklandi 1092 caprinus 1066 carinatus 1072 Carteroni 1095 cassida 1139 castor 1063 catenulatus 1110 Chamusseti 1078 circumtentus “1115 colubratus 1092. 1068 communis 1094 convolutus 1043 Cornuelianus 1084 contractus 1043 coronatus 1043. 1047 crassicostatus 1123 cuneatus 1068. 1095 cordatus 1074
Ammonites
Cottae 1151 crenatus 1068 cryptoceras 1141 Decheni 1154 Demidoffii 1082 dentatus 1068. 1117 Deshayesii 1148 Desori 1130 diptychus 1100 dubius 1041 Duncani1055.1063.1065 duplicatus 1065 Dutempleanus 1146 Duvalianus 1157 Engersianus 1117 Emerici 1131 Fischerianus fissicostatus fragilis 1105 Frearsi 1050
fulgens 1102. 1105 gemmatus 1055 gollevillensis 1149 Gowerianus 1042.1058.
Grasianus 1106 Guettardi 1144 hecticus 1064 Heeri 1102 Herveyi 1050 Hommairii 1080 Humphriesianus
Huotianus 1083 hybridus 1105 interruptus 1117 Ishmae 1049 Jason 1055 Jéannoti 1138 juvenescens 1095 Kaïffa 1082 Kirghisensis 1119 Koenigii 1079. 1126
Ammonites Lamberti 1071. 1076 lautus 1118 Leachi 1071. 1076 Leopoldinus 1141 Lepidus 1138 longifurcatus 1092
lunula 1064 macer 1071 macrocephalus 1049.
mammillatus 1085 Mantelli 1153 Mariae 1076 Matheroni 1126 Mayoranus 1145 Meyendorffi 1070 Milletianus 1119 modiolaris 1051 mosquensis 1094 Moussoni 1153 multiplicatus 1100 Murchisoniae 1067 mutabilis 1079. 1150 nodiger 1126 nodoso-costatus nodosus 1037 okaënsis 1054 ornatus 1065 Pallasianus 1090 Panderïi 1085 Parkinsoni 1041 patruus 1061 perarmatus 1069 perspectivus 1047 pinguis 1071. 1074. 1095 planulatus 1143 .
plicatilis 1043. 1068 polygyratus 1068 polyplocus 1085 polyptychus 1100 ponticuli 1132 Pollux 1063 pretiosus 1120 radians 1074 Raulinianus Razoumowskii Roppii 1110 Rotomagensis rotula 1043 rotundus 1063 sagitta 1107 Selliguinus 1143 septentrionalis 1108 serratus 1117 stenolobus 1053 strangulatus 1136 striolaris 1095
Ammonites Studeri 1114 subcordatus 1076 sublaevis 1051. 1055 subfascicularis 1047 subfimbriatus 1131 subfurcatus 1041 sulcatus 1122 Syssolae 1094 Talitzianus 1117 Tauricus 1145 Theodosia 1081 Thurmannia 1123 tortisulcatus 1085 triplicatus 1043 truncatus 1092 Tscheffkini 1051. 1055.
Turneri uralensis varicoso-costatus Velledae 1131 ventrocinctus virgatus 1098 Williamsoni 1123 Zieteni 1076 Amorphospongia ramosa 111 sanguisuga 111 Amphidesma donaciforme 733 recurvum 729. 731
= Amphidonte 396
Amygdalus taurica 67 Anabacia nummulus 160 Ananchytes depressus 262 ovatus 261 sulcatus 263 Anatina acuminata 728 rugosa 727 Ancyloceras decorum 1167 Duvalianum 1165 Matheronianum 1165 pulcherrimum 1166 Anisoceras depressum1171 Anomia distracta 411 ephippiformis 411 gingensis 409 laevigata 411 truncata 409 Anopaea attenuata 480 cuneiformis 482 lobata 480 Anthophyllum argillaceum 83 obconicum 127 Apiocrinus elongatus 232 incrassatus 232 Parkinsoni 232
* Astarte Buchii
Aporrhais aralensis 942 bicornis 944
obtusa 943
orientalis 945 parallela 944 Sowerbyi 942 Aptychus bifrons 1155 cuneiformis 1081 Theodosia 1081 Arauearites argillicola 51 biarmicus 52 crassifolius 50 cupreus 52 Kutorgae 52 permicus 52
subtilis 52
Arca v. Cucullaea Acromya v. Pholadomya Architectonica v. Solarium Anthropitys mirabilis 32 Asmussia v. Estheria Buchiana 622 borealis 622 complanata 618. 621 cordata 615 cordiformis 615 depressa 616 Duboissiana 628 Dupiniana 632.
elegans 616. 619. 647 Falcki 620
Frearsi 621 Goldfussi . 618 Gryphaeoides 615 Konducki 633
laevis (619 laticosta 627
lyrata 628
minima 616. 617. 632 Moreauana 624 mosquensis 621 oblonga 630
obtusa 630 orbicularis ovata 625 ovoides 628 Panderi 625 planata 621 porrecta 624
pulla 618 retrotracta 620 Roemeri 620 scalaria 619 similis 623 striato-costata 624.
subobtusa 630 substriata 631
Astarte tectiformis Veneris 625 Voltziüi 614. 632
Asterias jurensis 235 quinqueloba 235
Asterodendron Leuchtenbergii 52
Asterolepis jurensis 1207
Astraea approximata 117 ambigua 148 angulosa 149
AstropoliaBradkiana 112
Aucella caucasia 523 concentrica 521 crassicollis 521 mosquensis 519 Pallasii 521
Auloceras inaequilaterum 979
Aulopora compressa 205
Avellana aptiensis 832 edentula 833
Avicula anomala 514 Bronni 516 Cornueliana 508 cuneiformis 482 echinata 505 Fischeriana 519 Geinitziüi 515 inaequivalvis interstriata 506 lata 515 lineata 514 modiolaris mosquensis 519 Münsteri 503 ovalis 516 oxynoti 505 pectiniformis pectinoides radiata 516 russiensis 510 semiplicata 509 semiradiata 510. 512 signata 505 socialis 524 tenuicostata 514 volgensis 512
Baculites ambiguus 1176
anceps 1175
gigas 1168
vertebralis 1175 Balanus angulatus 1179 Barysmilia undulata 128
Barysmilia
serrata 129 Bathycyathustauricus 114 Belemnitella
lanceolata 1022.
mucronata 1019. 1022 plena 1023 subventricosa 1023 vera 1023 Belemnites gbsolutus 993 Beaumontianus 991 bessinus 991 bicanaliculatus biprorus 1005 borealis 1017 canaliculatus 986 centralis 1008 clavatus 990 curtus 1001 digitalis 986 dilatatus 1015 giganteus 992 gigas 992 efflorescens Eichwaldi extensus Fischeri 1016 hastatus 987
latus 1012 magnificus 997 mammillaris 1003 minimus 1010 nitidus 1000 Orbignyanus 1016 Panderianus 998. 1001 pistilliformis 990 pistillum 1013 phatyurus 1014 prolifer 1004 russiensis 1006 semihastatus 989 semisulcatus 987 signifer 1007 subfusiformis 1013 terminalis 1011 unicanaliculatus volgensis 993 Berenicea compressa 205 centrifuga 205 Beryx dinolepidotus 1197 Leuchtenbergensis 1196 ornatus 1196 Betulinium rossicum Biradiolites 357 Birostrites 357 Bothriolepisjurensis 1207 Bourguetocrinus ellipticus 229
Buccinum incertum 908. 947 Keyserlingi 962 praecox 962 stromboides 962 Buchia v. Aucella Bulla punctata 671 splendens 671 Bullina tenuis 972
Calamitea inaequalis 30 Calamites australis 27 Calamophyllia radiata 143 Stockesii 142 taurica 142 Calyptraea semiglobosa 807 Camptopteris Nilssoni 23 Camerospongia Auerbachii 81 Caprina adversa 364 Caprotina Jazyckowii 359 caucasia - 360 russiensis 360 Caratomus avellana 251 Carcharias tenuis 1230 Carcharodon Escheri 1229 heterodon 1229 lanceolatus 1229 megalodon 1229 megalotis 1229 productus 1229. 1230 Cardinia Lasteri 614 Cardita Constantii 611 dubia 613 tenuicostata 612 tetragona 611 Cardium v. Protocardia Cardium alternatum 689 aralense 690 armenicum 689 avus 684 bimarginatum 684 boreale 680 Carolinum 686 cenomanense 688 Conniacum 682 Cottaldinum 682 cruciatum 679 Dupinianum 681 Guerangeri 688 imbricatarium 682 Ottonis 684 pachyrrhinum 678
Cardium Paulinianum 687 semigranulatum 691 subdinense 685 Cassidaria aralensis 961 striata 961 Cassis texta 817 Catillus v. Inoceramus Celleporaconcatenata 199 ectypus 198 globigera 197 orbiculata 199 :
Cephalites lacunosus 85 maximus 82 ventricosus 83 Cerasus meridionalis 67 Ceratites Eichwaldi 1040 euomphalus 1039 Hedenstroemii 1038 Middendorffii 1039 nodosus 1039 semipartitus 1038 Cereopora cryptopora 215 flabellum 218 micropora 216 polypora 215 polytaxis 216 serpens 217 striata 216 thaloidea 216 tubiporacea 222 Cerithium ambiguum 862 apicatum 859 armatum 855 asperum 857 belgicum 863 consobrinum 861 Cornuelianum 860 depressum 864 echinatum 854 januale 910 Jazyckowii 858 multiplicatum 856 procerum 868 Renardi 862 russiense. 856 septemplicatum 855.856 sociale 867 Syssolae 865 Stemassense 866 Strangwaysii 862 Viteli 864 Ceromya v. Anatina Ceromya donacina 725 undulata 728 Cestracion Philippii 1248 Chama cornu copiae 608 laciniata 403
Chama prolifera 403 Chemnitzia v. Pseudomelania Chenondopora leprosa 108 Chenopus v. Aporrhais Chondrites aequalis 7 serratus 6 Cibicides Rozowii 357.84 Cidaris anceps 243 armata 241 Blumenbachü clunifera 241 coronata 237 elegans 244 florigemma 242 foveolata 240 gemmigera 243 gigantea 237 glandifera 240 nobilis 238 spathulata 242 spinigera 242 subelegans 2438 Cirrus rotundatus Cladophyllia Conybearii 112 Clausastraea Pratti Clione Conybeari Clytia Nordmanni Coelocochlea heteromorpha 211 Coeloptychium confluens 80 Goldfussi 79 Jazyckowii 80 variolosum 81 Coelosmilia aurora 122 Columbellina maxima 960 Comoseris vermicularis163 Conoclypus conoideus 254 Conus latus 969 Convexastraea Waltoni 158 Corax affinis 1222 falcatus 1221 heterodon 1221 Kaupii 1220. 1222 obliquus 1221 pristodontus 1236 Corbis ovalis 642 rotundata 642 . sublaevis 641 Corbula agathe 740 borealis 741 elegans 742 impressa 741 truncata 742 Crania ignabergensis 352
Crania spinulosa 352 volgensis 353 Crassatella borealis ligeriensis 639
taurica 638 truncata 638 Crassina v. Astarte Cribrospongia Beaumonti 88 isopleura 88 longiporata 88
- Maximiliana 91 milleporata 91 obesa 91 Crioceras Astieranum 1159 Cornuelianum 1160 Duvali 1158 Emerici 1161 spinosum 1162 Villersianum 1161 Voronzowii 1159 Cristellaria exserta 184 ovalis 184 rotulata 183 Ctenostreon distans proboscideum 457 Cucullaea angularis cancellata 553 compressiuscula 564 concinna D52 Cornueliana 564 cucullata 553 elongata 557 exaltata 572
fibrosa 568 Fischeri 559 fracta 558 Galliennei glabra 568 gracilis 555 lateralis 554 ligeriensis 567 Matheroniana 566 producta 558 reticulata 556 rhombea 568 Rouillieri 561 saratofiensis 560 schtschourowskii sibirica 568 signata 561
subdinensis 570 subelegans 563 taïlburgensis 574
vogulica 561
Cupressinoxylum
Kiprianowii 45
Cupressinoxylum erraticum 45 sanguineum 45 Sseverzowii 45 sylvestre 45 Teredinum 45 ucranicum 45 volgicum 45
Cupressites obtusifolium 44
Cupulispongia rimosa 110 tenuipora 109
Cyathophora luciensis 140 Pratti 140
Cyathophyllum posthumum 168
Cycadites affinis 40 contiguus 41
Cyclopteris incisa 13 lingua 12
Cyclostreon à plicatuloides 407
Cyclas v. Estheria
Cyclas globulus
Cylichnea v. Bullina
Cylindrites v. Actaeonma
Cylindrites regularis 10 tuberosus 8
Cylindrospongia subseriata 95
Cymatoge Jazyckowii
Cyperites polaris
Cyphosoma granulosum 246 nitidulum 247
Cyprina Cancriniana 662 bernensis 668 cincta 664 cordiformis eximia 661 Helmerseniana 667 intermedia 671 inornata 670 Khoroschowensis laevis 666 oblonga 670 regularis 669 rostrata 665. 668 Ssyssolae 665 transversa 662
Cypris v. Estheria
Cyrene ambigua 658 exigua 657 Kochii 659
Dakosaurus 1281 Daphnogene excellens 64 Defrancia reticulata 220 radicula 220 Dentalium badense 862 cylindricum 799 ellipticum 801 entaloides 799 glabrum 801 gladiolus 799 medium 802 Moreauanum 797 notabile 800 Parkinsoni 799 striatum 801 tenue 798 Delphinosaurus Kiprianowii 1262 Diastopora centrifuga 205 Diceras v. Chama
Disaster analis 263 carinatus 263 Discina maeotis 850
Discoidea subueulus 251, Dispotaea v. Calyptraea Donacites
Alduini 729. 733.
Dromiolites rugosus 1187
Edaphodon Bucklandi 1255 Enallohelia anceps Enargetes 358 Encrinus. liliüiformis Ephemeropsis orientalis 1193 Eschara Archiaci contorta 189 cyclostoma 189 excellens 142 propinqua 190 protractra 193 pygmaea 190.
quadrangula 191 ramosissima 195 stigmatophora 194 urceolus 191 volgensis 198 Estheria Middendorffii 1181 orientalis 1181 Equisetites notabilis columnaris 35
Eudea snbelegans 102 Eulima intermedia 835 melanoides 836 splendens 834 Eumorphia v. Macochirus Exogyra angustata 397 aquila 399 auricularis 397 columba 404
conica 400
contorta 406
Couloni 399 haliotoidea 397 Jazyckowii 359 laevigata 399 lateralis 398 planospirites pyrenaica 403 reniformis 397. 403 spiralis 400 striatocostata 404 virgula 397
Fe
Fasciculites ambiguus 71 Fibularia ambigua 255 Fistulana cylindrica 744 Fistulana v. Gastrochaena Flustraea cylindrica 196 Fornatella vw, Actaeon Fungella porosa 219 Fusus biplex 949 conjunctus 952 formosus 946 gaultinus 960 Haccanensis 947 incertus 946 longicaudatus 952 minutus 946
nobilis 951
ornatus 951 regularis 953.
rusticus 950 sabaudianus 947
Ge
Galeocerdo
gibberulus 1236 minor 1236 paradoxus 1236 Galerites albogalerus 248 abbreviatus 248 vulgaris 249
Galeus pristodontus 1236
Gastrochaena socialis 796 clavigera 720 cylindrica 721 oxfordiana 721 problematica 722 sinuosa 721
Geinitzia cretacea 48 prisca 48
Geniculariagregaria 803
Gervillia aviculoides 524 exigua b24 extenuata 526
lata 525
socialis 524 volucris 526 Goniaster jurensis 235 quinquelobus 235
Goniastraea micropora 156 Goniocora socialis 156 Goniospongia Eichwaldi88 Goniomya v. Pholadomya Gresslya v. Lyonsia Gryphaea cardinalis 392
controversa 393
cymbium 391
cymbula 391
dilatata 392. 393
globulosa 394
lucerna 392
radiata 394
signata 396
uncinella 394
Gyrodus ellipticus 1211 HI.
Hamites parallelus 1167 armatus 1169 gigas 1168 Hamulina Picteti 1169
Helcion clavatum 806 planissimum 805 subtile 806 sulciferum 805
Helix laevis 927
Hemiaster monticulus 257 Nordmanni 258
Hemicidaris crenularis 246
Hemipristis plicatilis 1223. 1237 serra 1218. 1237
Heteropora brachiata 214 Constantii 212 cryptopora 215 furca 212
Hettangia vw. Tanceredia
Hippalinus granosus 105
129% Hippopodium angustatum 706
Holaster exilis 260 Holectypus similis 253 Homomya v. Pholadomya Hybodus bidentatus 1247 carinatus 1243 carcinatus 1247 confluens 1241 dispar 1245 Eichwaldi 1241 Fittoni 1241 helochorus 1246 Kessleri 1246 marginalis 1241, 1247 marginatus 1247 parvus 1245 polyptychus reticulatus Rogowiczii 1243 subulatus 1246 tuberculatus 1247 Hydnophora dispersa 138 Hymenocyclus discus 185 ephippium 186 Fortisi 186
parmula 186 patellaris 186
E. JS.
Ichthyoterus Fischeri 1258. 1260
Ichthyosaurus brachyspondylus campylodon 1258 intermedius 1260. 1273 Nazimowi 1277 platyodon 1258 tenuirostris 1259. 1261
thyreospondylus 1258 Idmonea conspicua 207 repens 206 striatula 207 Jerea Cockburni 106 spiculigera 105 Infundibulum . (Calyp-
traea Inoceramus ambiguus 493 aucella 486 bilobus 480 - Brongniarti cancellatus cardissoides
Inoceramus Crispii
Jouannetia v. Pholas Jodamia 357 Isastraea Conybearii 153
Isaura v. Estheria Ischyrodon minor Isocardia corculum
Keckia ambigua 11 1274 Kilvertia constricta 921
Lamna acuminata 1228
Latomaeandra
Cuvieri 490 gryphoides 489 Humboldti 495 intermedius 494
involutus 489
laevigatus 486
lHingua 491
latus 490
lobatus 491
mytiloides 491, 492 regularis 491 sulcatus 484
Greenoughi 154 limitata 154 serialis 154
tenuistriata 153
cretacea 706
eximia 6@l massagetica 704 multicostata 704 neocomiensis 703 scythica 732 ventricosa 705
NH.
compressa 1227 constricta 1226. 1228 cuspidata 1218 denticulata 1219 elegans 1226
Hoperi 1225. 1226 minuta 1224
ornata 1224
Philipsi 1239 raphiodon 1233
concentrica 146 Davidsoni 145 Flemingi 145 Nordmanni 146
concentrieus 485. 529 Leda claviformis 592
cor 485 cordiformis 489
lacryma 592 lyncuris 594
Leda Mariae 595 porrecta 593 scapha 593 semilunaris 594
Leguminaria affinis 788
Lembulus v. Leda
Lepidotus Fittoni Mantelli 1209
Lima aalensis 469 abrupta 462 acutirostris 471 consobrina 468 decemcostata 468 distans 456 Dupiniana 470 elongata 468 Fischeri 464 gigantea 464 gracilis 473 granulata 475 Hoperi 460 incrassata 476 irregularis 475 Mantelli 460 Marottiana 458 minuta 474 multicostata 458 muricata 471 ovalis 473 Phillipsii 462 paucicosta 409 pectiniformis 458 proboscidea 456 rigida 463. 464 rotomagensis 465 Royerana 466 rudis 456. 457 semisulcata 470 simplex 474 striata 458 tegulata 457 undulata 469
Limea biplex 477 duplicata 477 exigua 477
Lingula Beani 354 subovalis 354
Litharaea taurica 165
Lithodomus borealis. 541 dactyloides 541 Ermanianus 541 laevigatus 541
Loripes v. Lucina
Lucina Cancriniana cardioides 644 Cornueliana 645 corrosa 645 discors 656
Lucina despecta 644 Dupiniana 650 Fischeriana 652 heteroclita 647 inaequalis 648 lenticularis 654 obliqua 644 Phillipsiana 651 rostrata 649 Roissyi 656 semicardo 645 turoniensis 654 valdensis 652
Lunulites depressus
Lutraria vw. Ceromya
Lutraria v. Lyonsia
Lycopodites tenellus
Lycoptera macrorhyncha 1200 Middendorffii 1202
Lyonsia v. Ceromya
Lyonsia acuta 730
Alduini 732. 735 jurassi 729 meniscus 731
speciosa 730 Lyrodon v. Trigonia Lysianassa v. Pholadomya
NH.
Machaera v. Leguminaria Macrochone striata 977 MacropomaMantelli 1210 Mactra porrecta 724 Mactromya v. Psammobia Maeandrastraea pseudomaeandra 160 Magas pumilis 319 verrucosus 319
Macquartia dubia 1212 Marsupites ornatus 234 Maeandrina tenella .148
Macochirus socialis 1190
Melania fragilis 945 Meristodon 1235 Mespiloerinus macrocephalus 233 Meyeria vectensis 1188 Micraster
cor anguinum 259 Leskei 259 Millerocrinus Milleri 230 echinatus 231 mespiliformis rosaceus 231 Millepora cervicornis 111 Modiola aequalis 531
Modiola bipartita 531 cuneata 529 cuneiformis dorsata 530 Dufrenoyi 535 Fischeriana 536 gibbosa 529 lanceolata 532 pulcherrima 530 scalprum 529 Strajewskiana 539 Sowerbyana 528 subfalcata 533 uralensis 531 vicinalis 532
Monopleura 361
Monotis decussata 503
elegans 509 Montlivaltia acute-marginata 125 cupuliformis 125 de la Bechei 126 dispar 126
plana 126
rosula 126 trochoides 124 Mopsea fragilis 169
Murex conspicuus 956 Haccanensis 947 Mya v. Unio Myacites abbreviatus 740 Beani 774 politus 714 recurvus 773 Myliobates affinis 1252 Oweni 1253 planus 1252 striatus 1252 toliapicus 1252 Myoconcha cretacea 538 Helmerseniana 538 minima 540 Myophoria curvirostris 607 vulgaris 607 Mytilus aequalis falcatus 533 Fischerianus 536 Galliennei 532 Gibbosus 537 jurensis 534 lineolatus 537 Middendorffii plicatus 528 scalprum 529 Sowerbyanus Strajewskianus uralensis 531
Ne
Natica acutimargo 815
Calypso 808 canaliculata 815 Clementina 811 congrua 812 cretacea 819 difficilis 820 Dupini 818 Ervyna 811 excavata 818 Favrina 813 gaultina 815 Pidanceti 810 praelonga 819 Rauliniana 814 Rhodani 816 Royana 822 Santieri 809 serialis 817 Sueuri 810 texta 817 truncata 815 vulgaris 612
Nautilus albensis 1030
caucasius 1029 costatus 1024 Clementinus 1032 expansus 1032 granulatus 1026 hexagonus 1027 laevigatus 1033 latedorsatus 1028 Neckerianus 1031 Perezi 1035 pseudo-elegans 1029 radiatus 1031 semipartitus 1038 simplex 1034 sinuatus 1026 subaratus 1020 sublaevigatus 1033 usturtensis 1034 ziczac 1027
Neaera tenuis 743
Neithea aequicosta 454 cicatrisata 454 Makowii 464 ptychodes 454 quadricostata 454 quinquecostata 454 ssimbirskiensis 453
Nerinaea Abichi 851
bivia 850 Bruntrutana 830 Buchii 848
Nerinaea Clymene 842 Coquandiana 845 curta 851 Defrancei 840 depressa 841 Desvoidyi 840 Eichwaldiana 845 Etalloni 844 gradata 856 Mandelslohi 839 monilifera 853 Moreauana 841 Mosae 842 nobilis 849 Pailletiana 848 podolica 839 Santonensis 844 seminodosa 846 subplicata 849 suprajurensis 843 taurica 852 Traversensis 842 triplicata 839 umbilicata 841 visurgis 843
Neritopsis costulata 822 ornata 822
Nilssonia elongata 42
Nodosaria congrua 171 paupercula 171 tenuicostata 171
Notidanus microdon 1238 . pectinatus 1238 serratissimus 1238
Nucleolites Beaumontii 179 distans 175 exponens 182 intermedius 177 irregularis 179 granulosus 181 Guettardi 178 laevigatus 176 perforatus 177 Ramondi 178 seaber 176 scutatus 252 spira 182 Tschikhatschoffi 176 tuberosus 181 variolarius 100
Nucula arduennensis 585 bilunulata 580 concentrica 585 dentigera 583 dilatata 590 Eudorae 580 Hammeri 580
Nucula impressa 584 interstriata 587
macrodon 588 | margaritacea 585
ornati 582
ovata 591 palmae 5S2 pectinata 585. 586 producta 586 Renauxiana 591 rhombodes 583 striatula 586 variabilis 581 O.
Odontopteris contortidens 122 | duplex 1224 gracilis 1222 hispida 1224 Hopei 1225 minuta 1224 ornata 1224 raphiodon 1223 Studeri 1225 subulata 1224 “Oliva exilis 968 Omphalia Coquandiana 880 conica 880 Operculina ammonea 183 Opis annoniensis 635 bicornis 636 brevirostris 637 galliennei 636 lunulata 635 megalodus 634 similis 634 | Orbicula maeotis 350 Humphriesiana 351 | Osmeroides | Lewesiensis 1198 Ostrea acrodon 366 acuminata 400 aquila 399 biconvexa 382 carinata 367 choroschovensis 375 concentrica 381 Couloni 399 costulata 371 crista galli 370 curvirostris 384 Defrancii 365 deltoidea 387 diluviana 365
Ostrea disjuncta 374 duriuscula 376 exogyroides 382 extensa 372 flabelliformis 368 flabellula 389 fornix ‘372 frons 366 gibba 382 gigantea 385 gregaria 368. 370 hippopodium 387 impar 373 inflexa 370 Knorri 374 larva 369 latirostris 368 latissima 385 lithuana 384 Marshü 366. 370 mirabilis 384 Millefiana 390 nidulus 371 nodosa 369 obscura 400 pectinata 367 pectiniformis 457 pera 389 plastica 376 plicatuloides 407 prionata 366 sandalina 381 serrata 366 solitaria 370 Sowerbyana 387 striatula 380 undulata 378 ventilabrum 389 virgata 378. 389 virgula 397
Otodus appendiculatus
basalis Brandti CrASSUS macrotus microtus praedator 1216 semiplicatus 1220 serratus 1219
subbasalis 1219 subplicatus 1218
Oxyrhina angustidens 1232
biflexa 1232 Desori 1231 falcata 1218 heteromorpha 1233
Eichwald, Lethaea rossica.
Otodus leptodon 1234 macrorrhiza 1231 Mantelli 1218. 1231 pygmaea 1235 rugifera 1234 subinflexa 1233
Pachyodon v. Cardinia
Pachymya v. Pholadomya Panopaea acutisulcata 780
antiqua 782 borealis 781 Carteroni 785 Dupiniana 783 Keyserlingi 779 lata 776 lateralis 785 Lepechiniana 784 neocomensis 775 Orbignyana 775 peregrina 777 Prevosti. 778 Qualeniana 783 regularis 701 rugosa 779 striata 785
Pecten laminosus 423 lens 453 Leymerii 447 Makowi 454 meridionalis 448 multicostatus 438 Nilssoni 422 nummularis 424 nodoso-cancellatus 445 orbicularis 423 personatus 452 podolicus 453 Royanus 443 septemplicatus 444 sepultus 432 serratus 443 solidus 427 spathulatus 432 striato-punctatus 434 subfibrosus 440 subtextorius 444 subtilis 430 ternatus 449 textilis 445 undulatus 438 vimineus 447 zonarius 434. 431 Pectunculus atavus 575 lens 579
Paludina pura 928 Pandanus problematicus70 Paracyathus denudata 116
… Parasmilia corniculum 121
Parastraea stricta 155 superficialis 156 Patelloidea v. Helcion Pecopteris dilatata 15 meridionalis 19
Pecten affinis 446 annulatus 437 arcuatus 433 articulatus 444 auriculatus 431 Carteronianus 446 campanensis 441 camellatus 445 concentrico-punctatus
Cottaldinus 431 crassitesta 427 decemcostatus 450 demissus 424. 496. 431 dimotus 451 fibrosus 439. 430 giganteus 450 imperialis 427 imbricatus 440 laevis 430
marottianus 578 Petschorae 576 pulvinatus 578 sublaevis 577 umbonatus 576
Pedina excavata 247 Pentacrinus ambiguus 227
basaltiformis 2928 exilis 225 florifer 226 modestus 227 pentagonalis 224 scalaris 224 subteres 225 tenellus 225
Ferna cretacea 496
Fischeri 499 gibba 498 Mulleti 497 mytiloides 500 quadrata 500 -
Pholadomya v. Panopaea Pholadomya
acuticosta 761
aequalis 1751
ambigua 761
angulifera 745
Borissäki 765
canaliculata 762
Pholadomya caudata 769 charantoniana 767 concatenata 751 concentrica 754 consobrina 760 costifera 769 decorata 748 dilatata 772 distorta 759 Duboissii 746. 747 Dunkeri 757 elongata 761 Fabrina 761 fidicula 763. 768 foliacea 749 gigas 771 glabra 764 Goldfussi 757 inaequalis 749 inaequicosta 752 insignis 747 interrupta 764 Kazimiri 771 Langi 761 lineata 756 literata 746 marginata 745 Mailleana 765 mediana 754 monticola 760 Murchisoniae 750 navicularis 767 opiformis 757 ovulum 756 parvula 751 pareicosta 753 Phillipsii 750 proboscidea 746 Royana 762 rugosa 753 scala 748 scripta 746 taurica 770 trapezoides 746 trapezicosta 746 truncata 757 uralensis 755 ventricosa 753
Pholas Waldheimi
Phorus ornatus 925
Phyllites Kamyschensis 60
Pinites jurassicus 55 jurensis 53 pertinax 55 Sternbergi 56 undulatus 53 Pinna abrupta 545 Cottae 544
Pinna cuneata 550 decussata 549 depressa 549 fugax 551 lanceolata 544. 547 maxima 542 procera 549 radiata 548 Robinaldina 549 russiensis 544 subcuneata 550 sublanceolata 546
‘ Pirina pygmaea 250
Pirula ornata 957 decorata 958 conformis 959
Pustulipora dispersa 203
Placuna jurensis 407. 409
Placunopsis jurensis 407
Plagioptychus 363
Plagiostoma punctatum460 elongatum 468
Plesiosaurus Bernardi 1273 brachyspond ylus concinnus 1274 continuus 1275 Fahrenkohlii 1276 mosquensis 1275 neocomiensis 1271 Nordmanni 1276 pachycomus 1272 planus 1274
Plethopora pseudotorquata 219
Pleurotomaria Anstedi 899 bijugata 890 Blancheti 900 Bloedana 894 Buchiana 888 Cassisiana 893 depressa 903 Favrina 900 gaultina 901 granulata 887 Itieriana 902
Lemani 897 Orbignyana 894 Orion 886 Paillattiana 900 provincialis 898 : reticulata 890 Rouillieri 894 russiensis 894 Rütimeyeri 908
scindens 898 septentrionalis 896 trochus 892
Pleurotomaria truncata902 villersiensis 904 Wôrtheana 889
Pleurophyllum argillaceum 83
Pleurostoma seriolatum 93 coarctatum 94 consobrinum 94
Pleurotoma Selysii 954
Plicatula affinis 418 aurita 415 convexa 416 lamellosa 416 placunea 414 producta 413 retifera 414 rudis 416 sarcinula 416 spinosa 413 subserrata 415
Pliosaurus brachyspondylus Wossinski 1280
Plocoscyphia contortolobata 104
Podopilumnus Fittoni 1157
Pollicipes decoratus 1178
Polycoelia reticulata 107
‘Polymorphina
confluens 172 Polyptychodon interruptus Polytremacis Blainvilleana 167 Porospongia Fahrenkohli 86 megastoma 86 quincuncialis 87 regularis 85 Posidonomya vw. Estheria
Posidonomya ornati 478
Parkinsoni 479 Prosopon rostratus 486 Protocardia
aequistriata 692 concinna 693. 698 Hillana 699 Jaccardi 696 impressa 698 Michelin 695 subhillana 697 ventricosa 697 Protoseris Waltoni 162 PsammobiaGallieroni 719 Psammopteris knorriaeformis Pseudomelania corallina 837
Pseudomelania Fischeriana 837 Germani 838
Pterocera Desori bicarinata 930 Keyserlingi 932
Pterodactylus Cuvieri 1283
Pterophyllum Abichianum 38 Bloedeanum 37 Lyellianum 37
Ptychoceras Emericianum 1172
Ptychodus decurrens 1250 latissimus 1250 mammillaris 1250 polygyratus® 1250
Ptychomya v. Crassatella
Pullastra v. Tancredia
Pustulipora madreporacea 204
Pycnodus Münsteri 1213
Pygaulus ovatus 252
Quenstedtia v. Tancredia
Quercinium rossicum 59
Quercus kamyschensis 60 reticulata 62 spathulata 62 venulosa 62
Radiolites Fleuriausianus Rozowi 357. 84 socialis 357 ventricosus 83
Radiopora inaequalis 221
Reptomulticava v. Ceriopora
Requienia ammonia 361 lithuana 361
urgonensis 362 Reteporidea pyromachi 209
Reticulipora flabellata 210 Retispongia patellaris 96 sulcata 95 Reussia pectinata 19 Rhabdocrinus remus 244. 1208 Rhabdophyllia Phillipsii 143
Rhinosaurus Jazykowii 1281 Rhoïidium Ungeri 65
Rhyncholites antiquatus 1157 Rhynchonella acuta 320 aptycha 320 concinna 327. 841 Cookei 339 decorata 333 dissimilis 341 dubia 348 Fischeri 332 furcillata 345 grosse costata 329 grosse sulcata 331 inconstans 327.334.337 intermedia 334. 337 lacunosa 339 limbata 343 loxiae 320 Mantelliana 338 Martini 342 micropterya 344 Moutoniana 320 mutabilis 349 puciformis 335 octoplicata 343 oxyoptycha 333 pecten 334 pentatoma 347 plicatella 341 plicatilis 325 popilanica 349 pulla 332 quadriplicata 341 rostellum 336 Rouillieri 320 senticosa 340 spinosa 340 subobsoleta 327 subtetraedra 327 sulcata 327 tetraedra 326. 342 trilobata 341 triplicata 326 variabilis 320 varians 346 zeuschneri 346 Ringinella v. Avellana Rostellaria acuticosta 935 anserina 939 aralensis 940 bicarinata 930 bispinosa 9832 coarctata 935 carinella 933. 943 emarginulata 936
Rostellaria eximia 941 fissurella 940 grasiana 936 incerta 934 Itieriana 939 Keyserlingi 932 Lorieri 931 macroptera 941 macrostoma 933 Orbignyana 938 Parkinsoni 937. 942 polita 938 pyrenaica 934 Reussi 937 subulata 937 trifida 932
Saurocephalus lanciformis 1204 striatus 1205
Saurodon affinis 1206
Scaphites aequalis 1173 constrictus 1174 ornatus 1174
Scalaria canaliculata 883 cruciana 881 Deshayesi 884 ornatissima 882 Rhodani 883
Scyphia seriolata 93
Septaria v. Teredina
Serpula ampullacea 268 antiquata 272 cincinnalis 271 filiformis 271 flagellum 273 flaccida 269 gordialis 267 heptagona 275 lophioda 277 marginalis 277 Phillipsii 269 plexus 270 plicatilis 277 porosa 274 tetragona 278 triangularis 276
Sinemuria ®. Cardinia
Siphonia pirum 101 piriformis 102 radiata 102 rivuligera 101
Siphonocoelia clavata 103 digitalis 104
Smilotrochus striatus 114
Solarium granosum 927 conoideum 926 Martinianum 936 moniliferum 926 planum 901
Solecurtus Lamarckii 787
Solen antiquus 782 lithuanus 674 Petschorae 787
Solemya Voltzii 789
Spatangus carinatus 263 cor anguinum 259
Sphaerodus crassus 1214
Sphaerulites 356
Sphenoduslongidens 1233.
1238 Terebratula albensis 283
macer 1240 Sphenonchus compressus 1235 Martini 1235 Sphenopteris prisca Spirorbis planorbis turricula 266 Spondylosaurus Fahrenkohlii 1270.1276 Spondylus
Coquandianus 422 lineatus 421
obesus 420 pygmaeus 421 spinosus 420 striatus 422
tauricus 409 truncatus 419 velatus 418 Stellispongia rotula 112 Stomatopora gracilis 202 serpens 202 Stereopsammia inflexa 164 Stichopora centralis 200 Strombus Duboisii 931 Stylina conifera 134
de la Bechei 133 elegans 135 geminata 185
Ploti 136
porosa 136
segregata 137 solida 133 Stylocoenia
dispersa 138 inaequalis 138 milleporata 137 multicollis 139 Synastraea lobata 150 Synhelia approximata 117