‹ Lethaea rossica, ou, Paléontologie de la RussieChapitre 16 sur 21 · EE · texte numérisé non relu

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de Tatarowo près de-Moscou, paraît être un Leda scapha, car les sommets saillants et rapprochés du bord antérieur de la coquille ne permettent pas de réunir cette coquille au Nuc. palmae.

Esp. 647. Nuc. dentigera m.

PI. XXII, fig. 19 a gr. nat.; b— d grossis: b valve droîte, vue de côté, c la même, vue du côté antérieur, d la même, vue en dedans.

Géognosie de la Russie (en russe) 1846. 1. c. p. 473.

Testa parva, subtrigona, inflata, vertice exiguo acutoque marginem anticum occupante, margine cardinali rectangulari, utroque in latere numerosis dentibus majoribus instructo, superficie concentrice striata.

Hab. dans le calcaire jurassique de l’étage oxfordien inférieur de Nigranden et de Popilani.

La coquille est presque triangulaire et bombée, à sommets très petits et aigus, occupant le bord antérieur; les bords cardinal et antérieur sont ornés de nombreuses dents serrées, disposées en deux rangées, qui se réunissent en un angle presque droit sous le sommet.

Le bord antérieur de la coquille est tronqué et droit, le dorsal ou cardinal légèrement convexe; les bords inférieur et postérieur, se réunissant en arrière, forment un demi-cercle.

La coquille a 4!) 1. de large et 4 1. de long, mesurée dans une position de la coquille telle que le bord dorsal reste horizontal et non oblique, comme la fig. 19 d de la PI. XXII le montre.

Le test est épais et les impressions musculaires très fortes; lunule grande et allongée, maïs fort peu profonde; écusson presque nul; sa surface est marquée de-3 ou d’un plus grand nombre de sillons concentriques profonds, qui interrompent les stries fines d’accroissement.

: Esp. 648. Nuc.rhombodes- Keys.

Graf Keyseruinc, Petschorareise 1. c. p 307. PI. XVIT, fig. 10—11.

La coquille en moule est presque rhomboïdale, à sommets épais, saillants et infléchis vers le bord antérieur, et à bords postérieur, antérieur et inférieur formant les trois quarts d’un cercle.

Hab. dans un calcaire jurassique douteux sur le bord de la Petschora, près de Polouschino.

Le moule à 6 1. de large, autant de I. de long et 4 1. d'épaisseur; les impressions musculaires sont nettement marquées et les dents cardinales fortes.

Cette espèce à beaucoup de rapports avec le Nuc. simplex Desx. du néocomien de la France, dont le côté antérieur est également court et presque coupé carrément, et dont la lunule seule fait saillie, tandis que le côté postérieur se rétrécit doucement, quoiqu'il reste plus large que la saillie du bord antérieur. Si le Nuc. simplex est identique au Nuc. rhombodes, le calcaire de Polouschino serait néocomien plutôt que jurassique.

Esp. 649. Nuc. impressa Sow.

PI. XXII, fig. 20 a valve droite, vue de côté; b valves closes, vues sur les sommets.

Petite coquille comprimée et lisse, à sommets très petits, aigus et situés au bord antérieur, qui est très court et presque tronqué, à lunule allongée, comprimée, légèrement excavée et un peu saïllante au milieu; le côté postérieur est rétréci à son extrémité et fortement allongé; le bord cardinal est légèrement convexe.

Hab. dans le grès néocomien de Reschetka aux environs de Ssimbirsk.

Les bords postérieur et inférieur sont tranchants et entiers; la surface du test est lisse, à stries d’accroissement concentriques très fines et serrées. La coquille à 6 1. de large, 5 L. de long, et, à valves closes, une épaisseur de près de 3 lignes.

L’individu de Reschetka est identique avec le Nuc. impressa Sow. * du grès vert de Blackdown en Angleterre et de Marolles au département de l’Aube; celui-ci est pourtant un peu plus large relativement à sa longueur, différence si peu importante que j'ai cru devoir le réunir avec le Nuc. impressa (C’est aussi le Nuc. ovata (Maxr.) Nicss. **, d’un calcaire sablonneux carbonifère de Kœping en Suède et du plänermergel de la Bohème (Gæernirz.)

Le Nuc. margaritacea (Lam.), du même grès néocomien, de argile siliceuse du fleuve Stemassa ***, aux environs de Ssimbirsk, semble être également le Nuc. impressa; la forme et la grandeur de la coquille sont les mêmes et les sommets également petits, comme ceux des individus anglais.

* Min. conchol. E. c. V. London 1825, p. 118. PI. 475, fig. 3.

“* Petrific. suecana 1. ce. p. 16. PI. V, fig. 5

“#% Voy. les Mém. de la Soc. géogr. de St. Pétersb. 1856. vol. XI, p. 128. PI. VI, fig. 2 b.

Esp. 650. Nuc. concentrica Fiscx.

PI. XXII, fig. 11 a valve gauche, vue de côté; b valves closes, vues sur les sommets.

Nuc. concentrica Fisou., Bull. de Mose. |. c. 1849. IN, p. 129. Nuc. arduennensi d'Ors. aff, Paléont. fr. Terr. crét. 1. c. 1843, p. 174. PI. 302, fig. 4—8.

Nucula pectinatae et margaritaceae Pacur aff. voy. les Mém. de la Soc. géogr. de St. Pétersb. 1856 vol. XI, pag. 127—128. PI. VI, fig. 1 a bc et fig. 2 a (excl. reliq.).

RouziEr, Bull. de Mosc. I. c. 1849. IT. PI M, fig. 108 (sans nom).

Petite coquille ovale, subtrigone et légèrement comprimée; elle est presque lisse et marquée de quelques stries d’accroissement concentriques très fines; le côté antérieur est court et tronqué verticalement, le postérieur est allongé, rétréci et anguleux; le bord cardinal est oblique et se réunit avec le postérieur en un angle obtus; le bord inférieur est légèrement convexe.

Hab. dans le grès néocomien noirâtre de Khoroschôwo près de Moscou, eb dans l’argile néocomienne siliceuse sur les fleuves Stemassa, Moura, Tomischewa, Baryschewa et autres des gouvernements de Penza et de Ssimbirsk, ainsi que dans le terrain albien des Ardennes et de la Meuse.

L’individu de Moscou à 6 1. de large, 5 1. de long, et les valves closes ont une épaisseur de 31j2 L.; la surface, bien conservée, est d’un brun luisant et presque lisse, excepté quelques stries d’accroissement concentriques. Les sommets sont aigus et infléchis vers la lunule, qui est assez profonde, bordée et allongée; le bord antérieur fait à peine une * petite saillie arrondie; le postérieur est tronqué obliquement.

La surface est munie de l’épiderme bien conservé; les stries rayonnantes manquent à l'individu de Khoroschôwo, cependant elles semblent se montrer sous l’épiderme et indiquer que le Nuc. arduennensis est la même espèce, décomposée à sa surface.

La figure donnée par M. Rouwizzrer de la coquille du même étage semble être le Nuc. concentrica, nommé par M. pe Fiscner en 1843; les dents cardinales se réunissent en angle obtus avec les autres situées au fond de la lunule devant les sommets très aigus et peu saillants; la région postérieure est marquée d’un angle obtus, sur l'individu de ma collection, maïs l’angle n’est pas aussi distinct sur le test du Nuc. arduennensis de la France, bien que le moule le montre distinctement: les seules stries rayonnantes de la surface distinguent celui-ci du Nuc. concentrica. Je serais par conséquent d'avis de conserver pour

celui-ci le nom de N. concentrica, comme le plus anciennement proposé par M. pe Fiscuer.

Esp. 651. Nuc. producta Niss.

Petrif. suec. IL. c. p. 16. PI. X, fig. 5.

Geinirz, Sächsische Kreide 1. c. p. 77. PI. XX, fig. 26.

Reuss, Bôhmische Kreiïde 1. c. p. 7. PI. 34, fig. 17—920.

Pacer, Schriften der geogr. Gesellsch. Petersb. (en russe) XI, p. 127. PI. VI, fig. 1de.

Pusca, Polens Paläontologie 1. c. p. 62. PI. VE, fig. 10.

La coquille est petite, transverse, elliptique, les deux côtés sont arrondis et le sommet situé plus près du bord antérieur, qui en outre est un peu plus large que le postérieur; l’angle cardinal près du sommet est très obtus.

Hab. dans le grès vert supérieur marneux ou l’argile siliceuse de Reschetka près de Ssimbirsk, sur les fleuves Stemassou, Moura, Tomischewka, Barischa, et en Pologne dans la craie blanche d’Udrieza près de Zamosc, ainsi que dans le plänermergel du Postelberg en Bohème, de Louschütz en Saxe, de la craie blanche en Suède.

Le bord cardinal en arrière du sommet est oblique ou légèrement convexe; en avant du sommet il est légèrement concave; la surface de la coquille est finement striée, à stries d’accroissement concentriques, et le bord inférieur des moules de Reschetka est crénelé: c’est ce qui prouve que la surface de la coquille a dû être striée, à stries rayonnantes. Ces stries manquent à l’espèce des pays étrangers, et il se peut donc que les individus de Reschetka appartiennent plutôt au Nuc. pectinata, comme jeunes moules; les sommets du N. producta sont cependant plus rapprochés du milieu que ceux du N. pectinata, et par là le bord antérieur est plus saïllant.

Esp. 652. Nuc. pectinata Sow.

Min. conch. I. c. II, p. 209. PI. 192, fig. 6—7.

D’Orgieny, Paléont. fr. Terr. crét. IL, p. 177. PI. 303, fig. 8--14.

Nuc. striatula, Rôu. Norddeutsche Kreide. Hannover 1841, p.68. PI. 8, fig. 26.

Pacur, Schriften d. geogr Gesellsch. L. c. XI, p. 127. PI. VI fig. { a bc.

La coquille ovale, plus ou moins triangulaire et renflée, est ornée de côtes rayonnantes, avec lesquelles viennent se croiser les stries d’accroissement concentriques fines. Les sommets épais et légèrement saillants sont situés au bord antérieur, qui est tronqué obliquement et pourvu

d’une lunule cordiforme, presque aussi large que longue, et profondément excavée. Le bord inférieur est elliptique et le plus haut au milieu du bord inférieur.

Hab. dans le grès vert marneux ou l'argile siliceuse de Ssimbirsk près de Reschetka, et sur les fleuves Stemassou, Moura, ainsi que dans le gault de Blackdown en Angleterre et de Ste-Croix près de Genève, dans le gault du bassin parisien et méditerranéen, dans le département de l’Aube et dans le plänerkalk de Strehlen en Saxe; c’est une espèce très repandue, qui caractérise le néocomien.

On ne rencontre que des moules, très difficiles à déterminer, au midi de la Russie, dans l'argile siliceuse de Ssimbirsk et de Penza; les uns appartiennent au Nuc. pectinata, eb ressemblent au N. impressa Sow. de Ste-Croix, en ce qu’ils sont plus hauts au bord antérieur qu’au postérieur, qui est rétréci et arrondi; d’autres sont caractérisés par un test fortement comprimé et strié, et paraissent former une espèce particulière, que j'appelle Nuc. interstriata.

Esp. 653. Nuc. interstriata m.

PI. XXII, fig. 14 a gr. nat.; b surface grossie. Géognosie de la Russie (en russe) St. Pétersb. 1846, p. 510.

Testa rhomboidea, complanata, tenuissime radiatim striata, striis subito abruptis et dehinc novis, tanquam intercalatis, oriundis; lunula compressa elongato-angusta.

Hab. dans l'argile siliceuse crétacée de l'étage albien ou plus moderne de Reschetka dans le gouvernement de Ssimbirsk.

La coquille, de grandeur moyenne, est rhomboïdale, comprimée et arrondie, les sommets sont à peine saïllants, obtus et situés au bord antérieur élargi, qui est comprimé et marqué d’une lunule étroite et allongée, occupant tout le côté antérieur jusqu’au bord inférieur. Le bord cardinal contient des dents nombreuses, qui augmentent en grandeur vers le bord postérieur; celui-ci est plus étroit que l’antérieur et obliquement tronqué à son côté inféro-postérieur.

Les stries rayonnantes sont très nombreuses et serrées; elles sont plus fines que les côtes du Nuc. pectinata et par là aussi d’un nombre double; elles paraissent cesser tout d’un coup, et d’autres s’intercalent à un nouvel accroissement du test, comme le fait voir la fig. 14 b. Cependant ceci w’est-pas la règle, car il existe plus bas une parfaite continuation des stries rayonnantes, sans interruption. Les stries des moules

sont en outre munies de très petits nœuds, surtout vers le bord inférieur de la coquille, en sorte que sa surface doit avoir été granuleuse.

La coquille à 1 p. de large, mesurée au travers de la coquille entre le bord inféro-antérieur arrondi et le supéro-postérieur, qui est également arrondi; elle a 7 1. de long au bord antérieur, qui est la région la plus haute de la coquille. Ne possédant que le moule d’une valve, je ne saurais déterminer exactement l’épaisseur des valves closes; elle paraît être de 2 lignes. 3

Le bord dorsal est légèrement convexe, car les dents cardinales, situées au bord droit dorsal, deviennent de plus en plus grandes, Le bord s'élève un peu plus aù milieu et il s’en développe une légère convexité; il y à au moins 17 dents au bord dorsal et à peine la moitié de ce nombre au bord antérieur, qui se réunit sous un angle obtus avec le bord dorsal.

Les stries d’accroissement sont très espacées et légèrement marquées sur le moule de Reschetka.

Le Nuc. planata Desx., du néocomien de la France rappelle quelque peu le N.interstriaba par sa compression presque égale à celle de la coquille de Reschetka, mais le N. planata a une forme toute différente; sa hauteur égale presque la moitié de sa largeur, tandis que la hauteur du Nuc. interstriata atteint au moins les deux tiers de sa largeur.

Esp. 654. Nuc. macrodon ».

PT XXI, fig. 15 a b gr. nat.; fig. 16 —17 a b c d moules du même, vus de différents côtés. F

Testa subtriangularis, dilatata, incrassata, verticibus inflexis marginique anteriori impositis, margine hoc oblique truncato, dorsali declivi, subeonvexo inque posteriorem marginem rotundatum excurrente, inferiore illo recto, reliquis multo longiore; superficie testae tenuissime radiatim striata striisque incrementi concentricis rarioribus illas decussantibus.

Hab. dans l'argile siliceuse crétacée de Reschetka près de Ssimbirsk.

La coquille, triangulaire et légèrement renflée, est pourvue de sommets situés au bord supérieur et antérieur, légèrement infléchi vers le bord antérieur, qui est obliquement tronqué et orné d’une lunule allongée et assez profonde, surtout sur le moule. Le bord dorsal se continue obliquement en un bord postérieur, qui est fort étroit et arrondi, tandis que le bord inférieur est droit, tranchant et surpasse en longueur tous les autres bords.

La surface est finement parcourue de stries rayonnantes très serrées, nombreuses et croisées par des marques d’accroissement concentriques fines, qui sont très rares et espacées les unes des autres; on compte au moins 6 stries sur l’espace d’une ligne.

La coquille a 1 p. 1 L. de large, mesurée au bord inférieur; elle a 10 1. de long, mesurée sur le bord antérieur, et va en s’amincissant jusqu'à 7 1. au bord postérieur ; les valves closes offrent une épaisseur de 6 1. La lunule elliptique (1. c. PI. XXII, fig. 15 b) est large et longue.

Le moule est lisse, renflé, à bord inférieur crénelé, et muni de grandes dents aiguës au bord cardinal; les rangées des dents, au nombre de 15 du côté dorsal et de 9 du côté antérieur, se réunissent sous un angle obtus et légèrement arrondi (voy. I. c. fig. 17.).

Les impressions musculaires sont très fortes, la postérieure est à peine marquée et légèrement saillante; elle est située au bout de la rangée des dents cardinales, c’est-à-dire sur le dos lui-même. Le bord postérieur se continue encore plus loin en arrière en une partie rétrécie et arrondie. L’impression musculaire antérieure est très saillante, anguleuse et marquée sur son côté intérieur d’un profond sillon, qui prend naissance au sommet et descend jusqu’au bord inférieur (voy. Le. fig. 14 a et fig. 17), caractère qui ne se retrouve pas sur les moules des espèces connues anciennement.

Le moule, vu d’en haut (1. c. fig. 16 c), présente le bord postérieur tranchant, les deux muscles d'attache postérieurs renflés, l’enfoncement de l’écusson large, superficiel et marqué au milieu de traces de petites dents cardinales et de deux grosses fossettes ou enfoncements, situés sous les sommets et destinés à la réception du ligament cardinal interne. En bas du bord antérieur se présentent sur chaque côté les moules de deux muscles allongés, séparés par un profond sillon de la région antérieure du moule.

On remarque en outre de petits nœuds ou granules, qui sont placés en rangée trop régulière pour ne pas avoir une signification physiologique. La fig. 16 a montre, des deux côtés des grosses et profondes fossettes (1. c. fig. 16 c), plusieurs granules en rangée transverse, et plus en arrière sur les côtés (voy. fig. 16 à) une petite crête, et ensuite d’autres granules, au nombre de 3 ou 4, au milieu du côté, le long du bord dorsal: ces granules sont les empreintes de quelques viscères, peut-être de l'ovaire qui y était placé. Le bord inférieur crénelé du moule est tranchant et se dirige en demi-arc vers le bord postérieur. Les deux moules figurés appartiennent peut-être à d’autres espèces; mais je les laisse en

attendant réunis au Nuc. macrodon (la fig. 17 c d) et au Nuc. interstriata (la fig. 16 a b).

Esp. 655. Nuc. dilatata m.

PI. XXIL, fig. 18 a b gr. nat., vu de face; b vu de profil.

Testa inflata, dilatata, utrinque subaequali, margine inferiore antrorsum producto, posteriore superiora versus protracto, dorsali margine convexo; superficie tenuissime striata, striis radiantibus laevissimis, vertice vix prominulo, exiguo.

Hab. dans l'argile siliceuse de l’étage albien supérieur de Reschetka près de Ssimbirsk, et peut-être aussi dans le grès néocomien à Weichselia de Kline, aux environs de Moscou *.

La coquille renflée est élargie, le bord antérieur obliquement tronqué et prolongé en un lobe arrondi et rétréci, le bord postérieur prolongé et arrondi est d’égale largeur avec le côté antérieur, et le bord cardinal légèrement convexe au milieu du dos; le bord inférieur est presque droit ou plutôt demi-circulaire. Les sommets sont très petits, peu saillants et infléchis vers le bord antérieur. La lunule est oblongue et assez profonde, l’écusson à peine marqué. On ne connaît qu'un moule de cette espèce; sa surface est striée, à stries rayonnantes, très serrées, lisses, surtout vers le bord inférieur, tandis que les stries disparaissent insensiblement vers les sommets. La coquille est convexe et le plus bombée au milieu de la surface.

Elle 9 L de large, 5 1. de long, mesurée au milieu du dos, et, à ce qu’il paraît, 4 1. d'épaisseur à valves closes.

Cette espèce présente de grands rapports quant à sa forme avec le Nuc. obtusa Firr. (planata [Desx.] d’Ors.) du terrain néocomien, mais celui-ci est lisse, tandis que le N. dilatata est strié, à stries rayonnantes, très fines et serrées. Il rappelle par ses stries le N. pectinata et le N. interstriata, mais il s’en distingue par sa largeur très considérable et par la convexité plus grande de ses valves.

Le petit sommet et le dos convexe présentent également d’autres caractères, pour la distinguer des espèces voisines.

Le Nuc. sp. indéterminé, dont M. Pacar ** a donné une figure, appartient probablement au Nuc. dilatata; il a été trouvé avec beaucoup d’autres espèces dans l’argile siliceuse albienne près des villages

* Voy. G. pe Fiscuer, Oryctographie du gouvernement de Moscou I. c. p. 176, sous le nom d’Arca nuculoides Fiscn. PI. 19, fig. 3. #* Mém. de la Soc. géogr. St. Pétersb. 1. e. XI. 1856 p. 127. PI. VI, f.ide.

de Boutyrki, de Beclemischew, sur les fleuves Stemassa, Moura, Tomischewka, Barischa, et en d’autres localités des gouvernements de Ssimbirsk et de Pensa.

L’Arca nuculoides G. Fiscner, du grès néocomien supérieur de Kline, en un fragment à peine déterminable, semble également appartenir au Nuc. dilatata.

Esp. 656. Nuc. ovata Manr. (non Nirss.).

Geology of Sussex 1822. PI. 19, fig. 26 et 27. D’Orgicny, Paléont, fr. Terr. crét. p. 173. PI. 302, fig. 1—3.

Coquille ovale-oblongue, fortement comprimée, à stries d’accroissement très légères, surtout sur le bord inférieur; le bord antérieur est court et se porte en avant jusqu’au bord inférieur en lobe arrondi; le bord postérieur est allongé et rétréci.

Hab. dans le grès turonien de Novgorod-Ssewersk du gouvernement de Tschernigow, ainsi que dans le gault de la France et de l'Angleterre.

La coquille est lisse, à peine marquée de quelques stries d’accroissement sur le bord antérieur; la lunule est nulle et le sommet très petit, à angle très obtus au bord cardinal. Elle a 6 L. de large et 4 1. de long, mesurée au dessus du sommet; les valves closes ne présentent que 2 1. d'épaisseur.

Esp. 657. Nuc. Renauxiana d'Ors

Paléont. fr. Terr. crét. vol. IL 1843. I. c. p. 179. PI. 304, fig. 7—9. Nucula Oppeli Traursen., Bull. de Mosc. 1. c. 1865. I, p. 16. PI. IL, fig. 4.

La coquille est petite, ovale, légèrement comprimée et ornée de stries concentriques, les sommets sont saillants et situés sur le bord antérieur, qui est excavé et pourvu d’une lunule profonde et allongée: le bord postérieur, plus allongé que l’antérieur, est arrondi; le bord inférieur est crénelé.

Hab. dans le terrain néocomien supérieur de Ssimbirsk, ainsi que dans le turonien d’Uchaux, département de Vaucluse.

La coquille de Ssimbirsk a 71j2 1. de large, 51) 1. de long et les valves closes sont d’une épaisseur de 4 L Les valves ne montrent pas le dedans du bord inférieur, qui doit être crénelé; maïs comme toute la forme et la grandeur du N. Renauxiana s'accordent parfaitement avec l'individu de Ssimbirsk, il faut supposer que son bord palléal est également crénelé en dedans. Le bord cardinal est légèrement convexe, un peu moins cependant que l’inférieur ; le postérieur est plus étroit que l’an-

térieur, et l’écusson n’est pas nettement bordé, comme aussi la lunule, qui est cordiforme.

Genre LXX. Leda ScHUmACH.

Lembulus Risso.

Les valves sont. caractérisées par leur forme élargie; le côté antérieur, vers lequel le sommet s’infléchit, est plus étroit et allongé en bec; il est muni d’une crête; le côté postérieur est court, épais et arrondi; l'impression musculaire est pourvue d’un sinus léger ou profond. Ce genre se trouve dans les périodes ancienne, moyenne et moderne, principalement dans le terrain jurassique, crétacé et tertiaire.

Esp. 658. Leda claviformis Sow. sp. (non Krôp.). Nucula claviformis Sow., Min. conch. I. c. V, p. 119. PI. 476, fig. 2. Nuc. lacryma (Sow.) Rouizzier, Bull. de la Soc. des Nat, de Mosc. 1846. IV. PI. D, fig. 13 grossie, et 1848. I, p. 274., Zeitschr. d. deutsch. geolog. Gesellsch. 1. c. 1861, p. 410.

La coquille est petite, bombée, sillonnée, à sillons concentriques, très fins: le côté postérieur est arrondi et élargi, l’antérieur rétréci et prolongé en une extrémité pointue; la crête de ce côté forme une petite facette striée, qui s’étend jusqu’au bout pointu. :

Hab. dans l’argile jurassique noire de Goliowo près de Moscou, ainsi que dans le great oolite du Nordhamptonshire.

La coquille se distingue du Leda lacryma Sow. en ce qu’elle est sillonnée et que celui-ci est lisse, sans montrer la crête antérieure aussi développée que celle-là, qui, de couleur brunâtre, se trouve très bien conservée dans l’argile noire de Goliowo.

Cette espèce se distingue du Nuc. rostralis Lam., du grès liassique de Banz, par le bord inférieur légèrement échancré près du bout pointu, et par une autre échancrure légère du bord supérieur, en arrière du sommet.

Esp. 659. Leda lacryma Sow. sp. Nucula lacryma Min. conch. I. c. V, p. 119. PI. 476, fig. 3.

La coquille est petite, ovale, gibbeuse, lisse et brillante, le côté antérieur se continue en avant en un rostre court et aigu, offrant une crête peu marquée au bord supérieur.

Hab. dans le calcaire jurassique de l’étage oxfordien inférieur de Nigranden et de Popilani en Lithuanie, ainsi que dans le great oolite de l'Angleterre.

Cette coquille est plus petite, surtout plus courte et moins large que la précédente, avec laquelle elle a de grands rapports. La crête oblique supérieure du bord antérieur est rudimentaire, presque imperceptible.

Esp. 660. Leda porrecta Reuss.

Nucula porrecta Reuss, Bühmische Kreide I. c. IL, p. 7. PI. 34, fig. 18. Nucula nuda Pair. ? Keyserzine, Petschora-Reise 1. c. p. 307. PI. 17, f. 8-9. Geinirz, Sächsische Kreide I. c. p. 77. PI. 20, fig. 28 — 29 (sous le nom de Nuc. siliqua Gozpr.).

Petite coquille transverse, ovale, élargie, à côté antérieur allongé, rétréci et excavé au bord supérieur au devant du sommet, qui est infléchi légèrement vers ce côté; le côté postérieur est court, élargi, arrondi, et offre une saillie légère, presque anguleuse.

Hab. dans un calcaire, à ce qu’il paraît néocomien, sur la Petschora, vis-à-vis de l'embouchure du fleuve Ishma, également près du village de Polouschino, ainsi que dans le quader inférieur de la Bohème.

Le comte de KeyseruwG à identifié cette espèce avec le Nuc. nuda Parzz., peu connu, qui se distingue pourtant par son côté antérieur plus rétréci, acuminé et obliquement coupé vers le bord inférieur; elle paraît avoir plus de rapports avec le Nucula porrecta Reuss, du quader inférieur de Tyssa et d’autres localités de la Bohème, où elle est très abondante.

Les sommets sont situés près du bord antérieur et éloignés du milieu du bord cardinal; ils sont très courts, obtus, l’angle cardinal est très obtus; sur les individus de la Bohème on compte 20 petites dents cardi-

* nales sur le bord cardinal postérieur, et 28 à 30 un peu plus grandes

sur l’antérieur.

Les impressions musculaires ne sont pas distinctes sur les individus de la Petschora ; ils ont une largeur de 6 L et une longueur de 3 1. mesurés au dessus des sommets. La surface de la coquille est presque lisse, légèrement striée, à stries concentriques rares.

M. le comte pe KeyserziwG à donné L. c. une seconde fig. 7 de cette espèce, qui cependant est plus grande eb paraît se distinguer de la fig. 8—9 par son bord supérieur antérieur tout droit et non excavé; sa surface est plus distinctement marquée par des stries concentriques.

Esp. 661. Leda scapha d’Ors.

Paléont. fr. Terr. crét. 1. c. p. 167. PI. 301, fig. 1—3,.

La coquille est petite, élargie, fortement comprimée et lisse; les

sommets assez saillants sont placés au milieu du bord cardinal et divisent Eichwald, Lethaea rossica. II. 38

la coquille en deux côtés presque égaux, dont l’un, le postérieur, est cependant un peu plus court et plus élargi que l’antérieur, qui est plus rétréci et se courbe légèrement en haut à son extrémité.

Hab. dans un calcaire compacte, à ce qu’il paraît néocomien, à Outessouyouk près d'Orenbourg.

La coquille, en moule noir brillant, a 31/2 1. de large et 2 1. de long, mesurée au dessus des sommets, les valves closes offrent une épaisseur de 11/2 ligne.

Le bord cardinal est épaissi et montre de chaque côté des sommets 15 à 17 dents cardinales, disposées en une rangée droite. Les bords sont tranchants, le bord antérieur à extrémité anguleuse et aiguë, le postérieur arrondi; le bord inférieur est semi-circulaire.

Esp. 662. Leda semilunaris v. Buox.

v. Bucu voy. Karsten, Archiv für Mineralogie etc. vol. 11, p. 315. Reuss, Bühmische Kreide I. c. IE, p. 7. PI. 34, fig. 14—16.

Petite coquille transverse, rétrécie et aiguë d’un côté, élargie, plus courte et arrondie de l’autre; les sommets sont situés presque au milieu du bord cardinal, qui d’un côté contient 10 à 12 dents, et 15 à 18 de Pautre. La lunule est étroite, allongée, et l’écusson lancéolé, bien limité.

Hab. dans un grès turonien du mont Itschka près d’Orenbourg, ainsi que dans le plänermergel de Luschütz et du Postelberg en Bohème.

La coquille a 212 L de large et 11/2 1. de long, mesurée au dessus des sommets. Ce sont des moules qui se trouvent en grand nombre dans un grès quarzeux très compacte; on ne reconnaît que quelques stries d’accroissement concentriques indistinctes sur les moules lisses et brillants. Elle se distingue du Leda Mariae d’Ors., du grès vert, par la lunule et l’écusson, qui ne sont pas aussi developpés sur celui-ci.

Esp. 663. Leda lyncuris ».

PI. XXI, fig. 17 a—d gr. nat.; valve vue de différents côtés.

Router, Bull. de la Soc. des Nat. de Mosc. L. c. 1849. IL. PI. M, fig. 108 a b.

Testa subtriangularis, altero latere dilatato, altero prolongato, attenuato et acute carinato, superficies laevis, nitens, concentrice ac tenuissime striata, dentibus cardinalibus exterioribus majoribus, interioribus minoribus.

Hab. dans l’argile néocomienne ferrugineuse d’Antonowo-Poustosch sur le bord du fleuve Ounja près de Tambow, et dans le grès néocomien noirâtre de Khoroschôwo.

La coquille triangulaire est épaisse et pourvue d’un sommet assez robuste et infléchi vers le bord antérieur rétréci et aigu, à queue plus ou moins allongée. La carène, tranchante du côté antérieur, descend du sommet et se prolonge vers le bord aigu antérieur, limitant un enfoncement lunulaire profond, qui s'élève jusqu'au sommet et dont Le bord est muni de grosses dents; celles-ci sont le plus grosses aux côtés extérieurs du bord cardinal, et deviennent de plus en plus petites vers le sommet. Les impressions musculaires petites, grrondies, et profondes, se trouvent à la base de chaque rangée des dents cardinales. La surface de la coquille est parcourue de stries concentriques très fines et Le test est brunâtre vers le bord inférieur.

La coquille a 6 1. de large et 4 IL. de long, mesurée au-dessus des sommets, les valves closes offrent, à ce qu’il paraît, une épaisseur de 4 lignes.

Le Nuc. mucronata Sow., du terrain jurassique inférieur du lias de l'Angleterre et du Wurtemberg, a de grands rapports avec le Nuc. lyncuris, mais sa carène antérieure n’est pas aussi tranchante et sa surface est parcourue de sillons concentriques profonds, qui, ainsi que le sinus palléal, manquent au N. lyncuris.

M. Roue 1. c. a donné une figure *, sans nom et sans description, d’une coquille provenant d’une localité inconnue des environs de Moscou, que je suppose appartenir à l’espèce qui nous occupe; elle lui ressemble du moins entièrement.

Esp. 664. Leda Mariae d'Or. sp.

Nucula Mariae d'Orgieny, Paléont. fr. Terr. crét. 1. c HT, p. 169. PI. 301, fig. 4—6.

Nucula palmae (Sow.) Traurscu., Bull. de Mosc. 1861. No. I. PI. VIL fig. 2.

La coquille est petite, dilatée, presque naviculaire, fortement comprimée, à sommets rapprochés du bord antérieur, qui est plus court et plus élargi que le postérieur; celui-ci est plus étroit et excavé au bord supérieur; la surface de la coquille est finement striée, les stries concentriques sont plus distinctes vers le bord inférieur ; la lunule et l’écusson sont nettement limités.

Hab. dans le néocomien noirâtre de Tatarowa sur le bord du fleuve Moskwa, près de Moscou, ainsi que dans le gault du bassin parisien, surtout aux Côtes-Noires du département de la Haute-Marne.

La coquille est. plus petite encore à Tatarowa qu'aux Côtes-Noires ;

* Bull. de Mosc. I. c. 1849. IL. PI. M, fig. 108 a b. 38 *

elle à 5 L. de large et 21/2 1. de long, les valves closes offrent une épaisseur de 2 1. La surface est marquée de stries d’accroissement concentriques bien distinctes, surtout vers le bord inférieur; la lunule du bord antérieur allongé est très longue, lisse, et occupe toute la longueur du bord supérieur excavé et oblique; l’écusson est beaucoup plus court, mais distinctement indiqué par un enfoncement du bord cardinal en arrière des sommets saillants. Le bout postérieur du côté allongé est obtus et non acuminé, caractère par lequel le Leda Mariae se distingue du L. semilunaris v. Bucx, qui cependant à de grands rapports avec notre espèce.

Famille quatorzième.

Myophorinées.

La coquille, équivalve et inéquilatérale, est triangulaire, carrée ou ovale et épaisse; elle est entièrement fermée et les impressions musculaires sont fortement prononcées de chaque côté; on y en remarque une grande ovale, surmontée d’une petite, des deux côtés des valves, et en outre une petite impression musculaire * sous les sommets, au fond de la cavité. L’impression palléale est très prononcée et entière. La charnière se compose de dents cardinales divergentes, sillonnées transversalement, dont les deux de la valve droite sont reçues entre les quatre de la valve gauche, qui ne sont sillonnées que d’un seul côté. Les sommets sont contournés en arrière.

Genre LXXI. Trigonia Bruc.

Lyrodon Gozpr., Lyrio don Bron.

C’est le seul genre de la famille; le nom existe depuis 1791, donné par BruGurèRe sans description; en 1802 M. LAmarck donna la définition du genre Trigonia, sans s’apercevoir que ce nom avait déjà été employé en 1773 pour un genre de plantes de la Guiane par AuBzer. Néanmoins les auteurs continuent à garder le nom donné par BRUGUIÈRE, changé moins heureusement par M. Bronx en Lyriodon et par M. Gozpruss en Lyrodon. Ce genre se trouve surtout dans les terrains jurassique et crétacé, mais M. d'Orpreny à observé une Trigonie dans le terrain carbonifère de la Bolivie, et une autre, tertiaire, au Chili; une seule espèce vit encore dans les parties chaudes du Grand océan.

* Voy. d'OrgrGny, Paléont. fr. Terr. crét. I. c. vol. 3. p. 128.

Esp. 665. Trigonia navis Lam.

Brown, Leth. geogn. II, p. 247. PI. 20. fig. 2. Gozpruss, Petref. Germ. IT, p. 202. PI. 137, fig. 4.

La coquille triangulaire a le bord antérieur épaissi et tronqué, il est légèrement convexe, élargi et pourvu, des deux côtés de la commissure, de 10 côtes horizontales, qui à l’extérieur finissent en gros tubercules; la crête diagonale très faible divise les flancs, garnis de 12 côtes noueuses, du corselet, qui est finement strié et dépourvu de carène médiane; les côtes noueuses des flancs sont presque verticales et légèrement infléchies, et les stries du corselet très fines, serrées et obliques, divisées en deux groupes par un léger sillon médian. Les bords antérieur et inférieur se réunissent en angle obtus.

Hab. dans le calcaire jurassique inférieur de Kamenka près de Petrowskaya et d'Izioume au midi de la Russie, ainsi que dans le schiste liassique supérieur de l'Allemagne et de la France. $

Notre coquille constitue le représentant de la famille des Trigonies clavellées d'Ors., laquelle est garnie de côtes ou rangées de tubercules transverses aux flancs: cette espèce appartient aux plus anciennes du genre et ne se trouve que rarement en Russie. Les stries très fines du corselet (area) allongé et tronqué obliquement sont presque verticales et divisées au milieu par un léger sillon transverse.

Esp. 666. Trig. clavellata Park. Sow.

Min. concb. I. c. I, p. 197. PI. 87, fig. 1—2. Bronx, Leth. geogn. 1. c. Il, p. 244.

Quexsrepr, Jura 1. c. p. 442. PI. 60, fig. 13—14.

La coquille triangulaire est arrondie au côté antérieur et inférieur; la crête diagonale noueuse sépare le corselet postérieur, strié verticalement, de la sürface antérieure, qui est garnie de côtes arquées concentriques autour du sommet, irrégulières et noueuses, à gros tubercules; les stries verticales du corselet sont divisées par deux côtes noueuses très minces et interrompues.

Hab. dans l’oxfordien inférieur de Popilani, également sur les rivières Oka et Oundsha aux environs de Jelatma *, près de Kamenka et de Petrowskaya aux environs d’Izioume, et près de Soudagh en Crimée; en Pologne près de Matagoscz et Dombrowka, ainsi que dans les couches

* Voy. Paléont. de Russie par M. DE VERNEUIL |. c. p. 460 (en partie) et Leop. v. Bucn, Gebirgsformat. v. Russland I. c. p. 89 sous le nom de Trigonia striata. 6

moyennes de l’oxfordien de Trouville, et ailleurs en France et en Angleterre.

Les individus de Popilani sont très petits; les bords antérieur et inférieur forment un demi-cercle comprimé, les grosses côtes concentriques noueuses sont espacées les unes des autres et divisées par la crête. diagonale finement noueuse du corselet. Celui-ci est également strié, à stries verticales très fines, entre lesquelles on observe 10 à 12 rangées obliques de petites côtes fort saillantes, presque tranchantes et garnies

.de quelques nœuds. l’intérieur de la valve droite montre les deux dents sous le sommet obtus, et les deux crêtes, qui prennent naissance au sommet et traversent le corselet.

Les petits individus de Popilani ont 9 1. de large et 7'}2 L. de long, mesurés au dessus du sommet.

Les individus de Soudagh ont une grandeur plus considérable, de près de 2 p. de large et de 1 p. 6 L. de long. Le bord antérieur est comprimé en bas et élargi en haut jusqu'à 72 1. Les côtes s'arrêtent au bord antérieur tranchant et sont opposées sur les deux valves réunies.

Esp. 667. Trig. costata Park. Sow.

PI. XXIIT, fig. 12 a valve gauche, vue de côté, gr. nat.; b la même, vue sur le

corselet, grossie (var. Trigonia monilifera Açass.).

Min. conch. I. c. I, p. 195. PI. 85.

La coquille triangulaire est ornée de côtes lisses, parallèles au bord inférieur; la crête diagonale est tuberculeuse et le corselet marqué de stries longitudinales obliques, et de transversales; par là sa surface devient treillissée; deux côtes longitudinales et noueuses occupent le milieu du corselet parallèlement aux stries.

Hab. dans l’oxfordien inférieur de Popilani en Lithuanie, dans le même oxfordien de Katarasse en Crimée, dans le terrain jurassique supérieur, peut-être kimméridien, de Werewkine près de Petrowskaya et d’Izioume au midi de la Russie; à Oni près de Korta dans le district de Radsha au Caucase, et dans le calcaire oolithique supérieur de Malagosez, Sobkow, Korytnice et aïlleurs en Pologne, ainsi que dans le jura brun moyen de l'Allemagne et dans le kimméridien et l’oolithe inférieur de l'Angleterre et de la France.

Cette espèce se rencontre, comme le Trig.clavellata, en nombreuses variétés, qui constituent la famille des Costées d’Acassrz et ont été divisées par lui et M. d’OrBreny en plusieurs espèces.

La plus grande de ces variétés se trouve en Crimée dans un caleaire

jurassique noir et compacte; les côtes sont presque tranchantes, très rapprochées et se perdent quelquefois à la crête diagonale presque écailleuse; les côtes du corselet sont également tranchantes, fines et noueuses.

Les individus de Popilani sont beaucoup plus petits, à côtes arquées moins nombreuses, plus espacées et plus épaisses, à crête diagonale presque lisse, comme les côtes, et à corselet muni d’une seule crête noueuse au milieu.

Les jolis individus du Trigonia monilifera Acass., variété du T, costata, de Petrowskaya, sont plus petits et formeraient plutôt une espèce particulière, dont les caractères seraient les suivants: la coquille triangulaire (voy. la fig. 12 ab) est garnie de côtes serrées et lisses, au nombre de 15 ou plus, qui, parallèles au bord inférieur, passent de la crête diagonale jusqu’au bord rétréci antérieur; la crête est finement striée en travers, les stries très serrées sont presque écailleuses et deviennent de plus en plus larges vers le bord inférieur. Le corselet est finement strié, à stries verticales ou rayonnantes serrées, et à intervalles plus larges que les stries, qui sont quelquefois accessoires aux intervalles; ceux-ci sont striés, à stries transverses très fines et serrées. Les individus ont 5 12 1. de large et 4!) 1. de long. Les moules, qui seuls se trouvent dans le calcaire kimméridien de Petrowskaya, sont lisses, les côtes à peine marquées, la crête diagonale offre un enfoncement oblique et séparant le corselet lisse de la surface antérieure convexe.

Le Trigonia Meriani AGass., espèce différente de celle-ci, se trouve, selon M. Agica *, dans le jura brun inférieur de Korta près d’Oni dans le district de Radsha au Caucase méridional; on la cite généralement dans l’oxfordien supérieur et le corallien de l’Angleterre et de la France.

Esp. 668. Trig. lanceolata Acass.

Myacées I. c. p.38. PI. 4, fig. 4.

Le moule seul est connu et décrit par M. AGassiz; il est bombé, ovalaire et se prolonge en sommets rétrécis et réfléchis presque triangulaires; les muscles d’attache ont laissé une large impression au milieu du moule du corselet: c’est de cette impression qu’un sillon allongé prend naissance et se prolonge jusqu’au sommet. Le bord inférieur est arrondi et la surface lisse,

Hab. dans le calcaire jurassique grisâtre de Nigranden en Lithua-

* Vergleichende Geognosie des Kaukasus I. c. p. 462.

nie, ainsi que dans le terrain oolithique de Moutiers près de Caen en France.

Je ne connais qu'un moule de Nigranden, qui cependant est entièrement identique avec la figure citée de M. Acassrz. Il est allongé, à sommets infléchis en arrière et aigus; ils sont fort espacés, convexes en dehors et concaves en dedans, à bord antérieur tranchant. La surface des moules est lisse et marquée au côté postérieur d’une crête diagonale peu distincte. L’impression musculaire au milieu du côté postérieur est bien marquée, la seconde et petite impression musculaire manque, ainsi que les impressions musculaires antérieures.

Le moule, mesuré au côté postérieur, à 1 p. 8 1. de long et 1 p. 2 1. de large vers le bord inférieur.

Esp. 669. Trig. nodosa Sow.

Min. conch. VI, p. 7. PI. 507, fig. 1.

La coquille très épaisse, un peu carrée, arrondie en arrière, aussi large que longue, à les bords antérieur, inférieur et postérieur réunis en demi-cercle; le bord supérieur est droit; la surface est ornée de rangées arquées de gros tubercules, ces rangées sont anguleuses au milieu et placées autour du sommet. La côte diagonale seule est indiquée par de gros tubercules, le corselet, finement strié, est muni de deux rangées rayonnantes de gros tubercules.

Hab. dans le grès vert de Kislawodsk au nord du Caucase, ainsi que dans le grès vert de Hythe aux environs de Kent.

M. d’Orgreny * à réuni à cette espèce le Trig. rudis Park., le Trig, spectabilis Sow. le Trig. cincta Acass. etle Trig. palmata Desu., dont la forme est plus ou moins différente: la crête diagonale est composée de tubercules arrondis, les rangées des tubercules de la surface sont également arrondies au milieu et non anguleuses, et les tubercules du corselet placés en deux rangées régulières. L’espèce de lAngleterre est entièrement identique avec celle du Caucase.

La coquille de Kislawodsk a 2 p. 6 1. de large et autant de long, mesurée au dessus des sommets, les valves closes sont d’une épaisseur de 1 p. 51. Un autre individu de la même localité à 3 p. 9 L. de large, 3 p. 3 1. de long, et l’épaisseur des deux valves réunies est de 2 pouces.

* Paléont, fr. Terr. crét. 1. c. vol. 3, p. 137. PI. 289.

Esp. 670. Trig. intermedia FAHRK.

PI. XXIIIL, fig. 13 a valve gauche, vue de côté; b les valves réunies, vues sur les sommets, et l’écusson, gr. nat.

Lyriodon intermedium FaurenkouL, Üb. einige Fossilien d. moskausch u. kalug. Gouv. voy. Bull. de Mosc. 1844. IV, p. 796. PI. 19, fig. 2.

Lyrodon clavellatus (Parx.) G. De Fiscuer, Bull. de Mosc. 1843. I, p. 127.

Trigonia clavellata Park. (en partie), d'OrBieny, Paléont. de Russie I. c. p. 460. . à

Coquille transverse, à côté antérieur épais, tranchant, arrondi en bas est aussi large que le côté postérieur, la crête diagonale à petits nœuds divise le flanc en deux régions également larges: l’inférieure ou antérieure, ornée de 15 côtes espacées, arquées, à très petits nœuds épineux, et la supérieure ou postérieure, finement parcourue de stries obliques, presque verticales, serrées, divisées par un sillon horizontal en deux parties doucement élargies vers le bord extérieur; l’écusson allongé elliptique est lisse et reçoit au milieu la large fossette ligamentaire allongée.

Hab. dans le grès néocomien inférieur noirâtre de Khoroschéwo près de Moscou, et dans un semblable néocomien ferrugineux brunâtre de Biassala en Crimée.

Cette espèce est caractérisée par les deux: extrémités également élargies, par le côté antérieur épais et arrondi, en sorte qu’il forme un angle presque droit avec le bord dorsal, qui est court, légèrement concave et obliquement tronqué au bord postérieur; les sommets sont à peine saillants, situés sur le bord antérieur, qui est dépourvu d’une lunule quelconque. La fossette ligamentaire, située entre les sommets et en arrière d'eux, est fermée par le ligament corné élargi; elle est reçue au milieu de l’écusson lisse et elliptique et limitée par le bord finement strié du corselet; ce dernier n’est pas muni des petits nodules ou tubercules qui ornènt le bord intérieur de celui du Trig. clavellata du terrain jurassique, dont le côté postérieur est plus rétréei et allongé, et non élargi et raccourci comme dans le Trig. intermedia. Ces deux espèces se distinguent principalement par leurs dimensions.

Le Trig. intermedia a 1 p. 6 1. de large, mesuré du côté antérieur jusqu’au postérieur, et 1 p. de long, mesuré du milieu du bord inférieur jusqu’au milieu du dorsal; l'épaisseur de l’individu figuré est de 1 p. ou davantage. L’écusson a 11 1. de long et 4 L. de large, la fossette ligamentaire a 7 L. de long et 2 1. de large en arrière des sommets. Le bord inférieur est arrondi, convexe et se continue doucement dans les côtés antérieur et postérieur, pour former avec eux les trois quarts d’un

cercle. Le moule est légèrement comprimé et pourvu des empreintes de côtes rayonnantes, surtout au milieu des moules; par ce caractère notre espèce se distingue du Trig. clavellata, dont le moule est lisse, dépourvu de côtes moulées. Le crochet du moule du Trig. intermedia est beaucoup plus court que celui du Trig. clavellata, dont la dent cardinale de la valve droite est plus longue et moins large que celle du Trig. intermedia; celui-ci ne montre pas l’enfoncement profond qui descend du sommet jusqu’au bord postérieur sur le moule du Trigonia clavellata *.

Le Trig. intermedia présente les plus grands rapports avec le Trig. Fittoni Desx. **, dont le côté antérieur est plus saillant, plus large que le postérieur, qui se rétrécit et s’allonge plus que l’antérieur; la crête diagonale est lisse et non munie de petits tubercules, l’écusson au contraire n’est pas lisse, comme celui de Trig. intermedia, mais strié, à petites côtes transverses; en outre le corselet, très élargi sur celui-ci, est moins large sur celui-là, dont les côtes rayonnantes sont aussi plus espacées et séparées par des interstices très larges; enfin sa fossette ligamentaire est étroite et courte, tandis que dans le Trig. intermedia elle est large et longue. Les deux espèces sont voisines l’une de l’autre par le sillon intermédiaire qui divise le corselet strié en deux parties égales. Les côtes rayonnantes du Trig. Fittoni s’épaississent légèrement et alternent sur le bord antérieur arrondi et élargi, tandis que ces côtes s’amincissent et se changent en une crête aiguë sur Le bord antérieur du Trig. intermedia, qui n’est pas tronqué et obtus, mais plutôt tranchant et acuminé.

Esp. 671. Trig. Jonioi Rouizx.

Bull. de la Soc. des Nat. de Mosc. I. c. 1849. IL, p. 349. PI. K, fig. 80.

La coquille, assez grande, est presque carrée, arrondie aux bords antérieur, inférieur et postérieur, à sommet renflé, élargi et arrondi, la surface ornée de 7 où d’un plus grand nombre de rangées arquées de côtes à petits tubercules espacés, la crête diagonale est lisse et c’est à elle qu’aboutissent les stries presque verticales, très serrées, du corselet. Le bord inférieur des moules est marqué d’un limbe lisse très large, qui part de l'impression musculaire antérieure et longe le bord inférieur.

* Voy. Gozpruss, Petref. Germ. I. c. Il, p. 200. PI. 136, fig. e f (le moule du Trig. clavellata).

** Leyméris, Sur le terrain crétacé du départ. de l'Aube, voy. Mém. de la Soc. géol. T. V. I 1842, p. 7. PI. IX, fig. 6.

Hab. dans le grès néocomien blanc de Kotelniki près de Moscou, et dans le grès néocomien noirâtre de Khoroschôwo.

L’individu figuré par M. Rourzzter a 2 p. 7 1. de large et 2 p. 4 1. de long’; il se distingue du Trig. clavellata, avec lequel il a été confondu *, par sa forme plus arrondie et élargie, par un nombre moindre des rangées de côtes à tubercules, lesquelles sont en outre plus espacées, et par son corselet distinctement strié, à stries très fines et nombreuses, dépourvues de petits tubercules, enfin par la crête diagonale à peine apparente, non épaisse et dépourvue de gros tubercules. Un sillon semble traverser les stries obliques du corselet.

Esp. 672. Trig. Falckii Rourrr.

Bull. de Mosc. I. c. 1849. IL, p. 349 PI. K, fig. 79.

La coquille est triangulaire, ovalaire, plus large, plus renflée et arrondie au bord antérieur; le postérieur est légèrement allongé et rétréci; la surface est ornée de 5 à 7 côtes épaisses et verticales, le bord inférieur du moule présente le limbe large de l’espèce précédente.

Hab. dans le grès néocomien de Kotelniki près de Moscou.

La coquille n’a été trouvée qu’en un moule, qui ne se distingue que par sa forme triangulaire de celui du Trig, Jonioi, marqué du limbe marginal très large, comme celui-là. Le bord postérieur rétréci, pourvu d’une grande impression musculaire arrondie, paraît être un autre caractère qui le distingue de l’espèce précédente; il n’est guère possible de le prendre pour un moule du Trig. literata Parzz. du schiste liassique inférieur, qui à une autre forme et des côtes larges jusqu’au bord postérieur **,

Esp: 673. T'rig. carinata Acass.

Les Trigonies I. c. PI. 7, fig. 7—10, p. 48.

Trig. sulcata Açass. p. 44. PI. 8, fig. 5.

Trig. harpa Desn , LEYMÉRIE 1. c. Mém. de la Soc. géol. de France. vol. V. I, p.81 PL.9, fig. 7.

La coquille triangulaire est beaucoup plus large que longue; la surface est ornée de côtes transverses, très espacées et lisses; la crête

* Zeitschrift d. deutsch. geol. Gesellsch. 1861 , p. 411, et Bull. de la Soc. des Nat. de Mosc. 1858. IV, p. 555.

** Le moule, présenté comme Trig. literata Pie. , sur la PI. V, fig. 7 du Bull. de Mose. I. c p. 554. 1858. IV. du grès néocomien de Kotelniki, n’est pas le Trig. Falckii, mais appartient à un Goniomya.

diagonale est épaisse et noueuse, et le corselet garni de côtes rayonnantes très grêles et noueuses, coupées par des stries transverses très fines et serrées; un sillon, parallèle aux côtes noueuses, traverse celles-ci. .

Hab. dans le grès néocomien supérieur de Khoroschôwo, ainsi que dans le néocomien des bassins parisien et méditerranéen.

C’est tout à fait l'espèce si fréquente dans les Basses-Alpes qui se trouve dans l'étage supérieur du terrain néocomien de Khoroschôwo; elle a jusqu'à 17 côtes transverses sur la surface antérieure; près du bord antérieur les côtes sont infléchies et espacées de 1 ou de 2 lignes. Le sommet est assez aigu et le corselet orné de nombreuses côtes rayonnantes et divisé au milieu par un léger sillon, naissant au sommet, pour se porter jusqu’au bord inférieur élargi du corselet, qui est tronqué obliquement. Les côtes très grêles sont garnies de petits grains, et le corselet présente par là une surface granuleuse. Les côtes grêles sont un peu plus nombreuses que celles du Trig. carinata Acass. des Basses- Alpes; on en compte 6 ou 7 sur la moitié antérieure du corselet de l’individu de Khoroschôwo, et autant sur la moïtié postérieure, séparée de l’antérieure par le sillon médian; le Trig. carinata des Basses-Alpes n’en offre que quatre ou trois rangées sur chaque moitié.

Je possède la même espèce du néocomien supérieur de Khoroschôwo; elle est cependant mal conservée, en moule lisse; on ne remarque pas l'empreinte de la crête diagonale, comme cela devrait être, et les fragments des côtes, existant sur le moule, sont lisses, à peine granuleuses. Le bord supérieur est droit, l’inférieur arrondi, passant des deux côtés en bords antérieur et postérieur également arrondis; il se développe par là un demi-cercle, qui caractérise l’espèce néocomienne.

M. d’Orgreny * fait mention du Trig. elongata Sow. comme se trouvant dans le grès chlorité (néocomien) du mont Ssaragoul près d’Orenbourg, que je suppose être le Trig. carinata Ac. du terrain crétacé; au moins la description s’en accorderait mieux avec cette espèce qu'avec celle du terrain jurassique.

C’est probablement aussi le T'rig. costata (Park.) *, cité dans le néocomien supérieur de Khoroschéwo; il s’en distingue cependant par les 2 sillons longitudinaux du corselet, qui divisent les côtes noueuses très grêles en deux régions presque égales; au lieu des deux sillons il y a des côtes épaisses sur le Trig. costata, espèce qui provient du terrain jurassique.

* Paléont. de la Russie publiée par M. DE VerNEUIL |. c. p. 461. ## Voy. Bull. de la Soc. des Nat. de Mosc. L. c. 1861. No. 3, p. 276.

; Esp. 674. Trig. scabra Lam.

d’Orgieny, Paléont. fr. Terr. crét. vol. 3, p. 153. PI. 296.

La coquille triangulaire, un peu plus large que longue, est ornée de côtes presque verticales et infléchies légèrement vers le bord antérieur épaissi et arrondi; les côtes sont munies de petits tubercules réguliers, serrés; le corselet est orné de semblables côtes, plus petites, tuberculeuses et divergentes sous un angle aigu, en partant des côtes de la surface antérieure; la crête diagonale se présente en sillon, oblique.

Hab. dans le calcaire ferrugineux, à ce qu’il paraît néocomien, du bord de l’Oka près de Jelatma au gouvernement de Tambow, où cette espèce est associée au Rhynchonella personata, et dans le grès

néocomien supérieur ferrugineux de Moscou, au bord du fleuve Jaouza,

ainsi que dans les couches inférieures de la craie chloritée, c’est-à-dire dans le grès rouge turonien d’Uchaux en France.

Je ne connais que des moules de cette espèce, qui cependant ont les plus grands rapports avec ceux du Trig. scabra (voy. d'Or. 1. c. PI. 296, fig. 4). Le moule de Jelatma a le sommet aigu, saillant, le bord antérieur prononcé, arrondi et formant avec le bord inférieur un demi-cercle; le corselet est marqué, au bord postérieur tronqué, de deux sillons longitudinaux, qui se trouvent également sur le moule du Trig. scabra d'Uchaux. Le muscle postérieur occupe le milieu de ce bord, comme sur le moule du Trig. scabra, dont les fossettes dentaires ont la même conformation que celles du moule de Jelatma.

Le moule du Jaouza à la même forme, mais il est moins complet, et j'hésite encore à l'identifier tout à fait avec celui du Trig. scabra.

Le moule de Jelatma, entièrement complet et à bord inférieur crénelé, est de la largeur de 1 p. 41., de la longueur de 1 p. 1 L. Le limbe sous l'impression palléale est très large; le plus large au bord postérieur, il se rétrécit doucement vers le bord antérieur jusqu’à l'impression arrondie du muscle antérieur.

Esp. 675. Trig. inornata d’'Ors.

D'Orgieny 1. c. p. 136. PI. 297, fig. 6—8.

La coquille, un peu triangulaire, est plus large que longue et ornée de côtes verticales arquées et traversées par des stries d’accroissement serrées et lisses; la crête diagonale, lécèrement développée, sépare sous un angle aigu les stries obliques du corselet de côtes de la surface antérieure.

Hab. dans le grès néocomien noirâtre de Khoroschôwo, ainsi que dans le terrain crétacé de Royan en France.

Je ne connais que le moule incomplet de cette espèce, qui offre de grands rapports avec celui du Trig. inornata (figuré par M. d'OrBreNy 1. c.). Le moule est entièrement lisse, dilaté au bord antérieur arrondi; le sommet est saïllant, aigu et situé près du bord antérieur; une légère carène antérieure descend du sommet, et par là le bord antérieur devient tronqué verticalement. Le’bord inférieur est demi-circulaire; le bord supérieur du moule de Khoroschôwo se distingue par de larges crénelures, au nombre de 6 ou 7, que je ne vois que peu développées sur le moule provenant de la craie supérieure de Royan, L. c., en sorte qu’il y a une petite différence et que notre moule pourrait former une espèce particulière; il a 1 p. 3 1. de large et 1 p. de long, mesuré au dessus du sommet.

Les bords du moule sont crénelés, en plis rapprochés et surtout très distincts sur le bord supérieur, tandis que l’inférieur fort incomplet de l'individu de Khoroschéwo ne les montre pas. :

Esp. 676. Trig. caudata Acass.

D’Onrsieny I. c. p. 133. PI. 287, fig. 1—6. +

La coquille triangulaire est beaucoup plus large que longue, à queue allongée, étroite et aiguë; la surface antérieure est garnie de côtes verticales arquées, infléchies vers le bord antérieur renflé et obtus; le corselet étroit et allongé est également orné de côtes courtes transverses, séparées des côtes antérieures par une crête diagonale lisse.

Hab. dans le calcaire néocomien ferrugineux de Biassala en Crimée, ainsi que dans le néocomien de France et du Jura.

Je ne connais qu’un individu assez incomplet de Biassala; il est fortement épaissi au bord antérieur, qui est en outre obtus et presque lisse ; les côtes, plutôt lisses que tuberculeuses, sont verticales ou légèrement infléchies vers le bord postérieur très rétréci et terminé par une extrémité aiguë; une carène limite le bord supérieur de la coquille et c’est près d'elle qu’un sillon longitudinal longe le bord supérieur jusqu’à son extrémité postérieure. La grandeur est celle de la figure citée.

Cette espèce à beaucoup de rapports avec le Trigon. aliformis Parx. (d'OrBrGny, Paléont. fr. Le. PI 291, fig. 1—3) du gault des Ardennes, qui s’en distingue par ses côtes moins larges et prolongées sur l’aréa, par son rostre infiniment plus long et plus étroit; celui-ci se trouve aussi dans le terrain néocomien de Kharikzila du Daghestan au Caucase.

Genre LXXII. Myophoria Bronx.

Trigonellites Scaoru. Lyrodon Gozrr.

La coquille petite, équivalve et inéquilatérale, est convexe, trigone et arrondie, à sommets situés près du bord antérieur et contournés en avant; la charnière est pourvue de deux dents dans la valve droite, et de trois dans la gauche; les dents sont divergentes et striées verticalement aux faces opposées l’une à l’autre, comme celles des Trigonies; il ny a pas de dents latérales. L’impression musculaire antérieure est allongée, située au bord antérieur et près du crochet, et s’élève à son bord intérieur en une haute crête allongée, qui laisse sur le moule un sillon profond; le dent postérieure, située également au bord opposé, est plus écartée du sommet. La surface de la coquille est ornée tantôt d’une carène, qui part du sommet, en se bifurquant, jusqu'au bord inféro-postérieur, tantôt de trois carènes en côtes rayonnantes, d'épaisseur inégale; la surface est garnie de stries d’accroissement concentriques plus ou moins distinctes Ce genre ne se trouve que dans les terrains triassiques.

Esp. 677. Myoph. vulgaris ScHLorx.

Trigonellites vulgaris Scazoru., Petrefactenkunde, I, p. 192. Trigonia vulgaris Vorrz; Puscu, Beschreib. v. Polen p. 59 et 175. Lyrodon vulgaris Gozpr., Petref. Germ. Il, p. 198. PI. 135, fig. 16

La coquille trigone, oblique, à bord antéro-inférieur arrondi, est pourvue d’une crête bifurquée sur le côté postérieur, et de deux plis à peine marqués en arrière des crêtes; la surface est parcourue de stries fines concentriques.

Hab. dans le calcaire conchylien de Bobrownik, de Tarnowic et en d’autres endroits de la Pologne, ainsi que dans tous les étages triassiques de l’Allemagne.

Le moule porte deux impressions musculaires et l'impression palléale entière; l’impression musculaire antérieure est placée entre le bord extérieur du moule et le sillon profond de la dent cardinale antérieure.

Esp. 678. Myoph. curvirostris SCHLOTH.

Trigonellites curvirostris ScuLors., Petrefactenkunde I, p. 192. Lyrodon curvirostris Gorpr., Petref. Germ. Il, p. 198. PI. 135, fig. 15. v. SrromBEcx, Deutsch. geol. Zeiïtschr. Ï, p. 183 et 209.

Cette petite coquille a le bord antéro-inférieur arrondi, le postérieur tronqué et le dorsal oblique; les sommets sont fortement saillants et la surface ornée de trois côtes divergentes, dont la postérieure n’est que

légèrement indiquée; les plis concentriques de la surface y sont plus distincts que sur l’espèce précédente.

Hab. dans le calcaire conchylien de Sandomir et de Bobrownik en Pologne, ainsi que dans tous les étages triassiques de l’Allemagne. Cette espèce se distingue par le grand nombre de variétés qu’elle présente, et ménage le passage à plusieurs autres espèces, dont les caractères sont plus ou moins constants.

Famille quinzième.

Chamacées.

La coquille des Chamacées est arrondie, renflée, un peu irrégulière et très inéquivalve, la valve plus grande et fixe a le gros sommet allongé, recourbé et légèrement contourné; l’impression palléale est entière, et les deux impressions musculaires sont grandes ; sur chaque valve la charnière est pourvue d’une dent grosse et bilobée. Cette famille est constituée par un seul genre.

Genre LXXIII Chama L.

Diceras Lau. Arcinella Scauwacx.

Ce genre se trouve dans le terrain jurassique supérieur, le crétacé moyen et le tertiaire; il est très abondant dans les mers actuelles des régions chaudes et tempérées.

Esp. 679. Cham. cornu copiae d’Ors.

d’OrgBreny, Paléont. fr. Terr. crét. vol. 3, p. 689. PI. 464, fig. 3—7.

La coquille est petite, renflée, garnie de côtes et de stries rayonnantes ; la valve supérieure, qui est la plus petite, est convexe et arrondie, l’inférieure, la plus grande, est fixe et allongée, à sommet oblique, contourné légèrement de côté; le bord inférieur est crénelé.

Hab. dans le terrain crétacé, probablement turonien, de Baktschissaraï en Crimée, ainsi que près de Rouen au nord-ouest de la France.

Le moule seul s’est trouvé jusqu'à présent en Crimée; il a de larges et longues fossettes pour la réception des dents énormes qui le caractérisent. Le moule de la petite valve est plus large que long; elle a 6 1. de large et 5 L. de long, son sommet est court et saillant; la grande valve, en moule, a également 6 1. de large, mais 7 lignes ou plus de long, le crochet est recourbé vers l’intérieur.

Dans ce genre de Mollusques, les valves très pesantes sont pourvues des crochets fort allongés et contournés tantôt à gauche, tantôt à

droïte; la dent cardinale fort épaisse et longue et les deux fossettes larges et profondes, situées près de la dent cardinale, présentent quelques rapports avec la structure des Caprines, des Hippurites et des Radiolithes, en sorte que MM. Quexsrent et Woopwarp ont proposé récemment * de placer les Rudistes dans la famille des Chamacées ou du moins dans leur voisinage parmi les Mollusques acéphales. Nous attendons avec impatience les belles recherches de M. Barre sur les Rudistes, qui seules peuvent résoudre cette question épineuse.

Famille seizième. ; Unionidées ou Naïades.

Les coquilles équivalves et inéquilatérales des Unionidées sont très variables dans leur forme et leur épaisseur; la charnière est tantôt dépourvue, tantôt pourvue de dents très variées; le ligament est extérieur, les impressions musculaires se voient en général, une du côté postérieur, et deux du côté antérieur; l'impression palléale est entière. La plupart des espèces habitent l’eau douce.

Genre LX XI T. Unio RETz.

M ya L.

La coquille est mince ou épaisse et presque close; la charnière est en général formée à chaque valve de deux dents, qui sont de forme très variable. Ce genre ne se trouve pas dans le terrain jurassique, mais bien dans le crétacé et le tertiaire, et vit encore dans les fleuves et Les rivières.

Esp. 680. Unio Nordmanni ».

PI. XXIV, fig. 1 a valve gauche, gr. nat., vue de côté; b valves réunies, vues sur les sommets.

Testa transversa, magna, inflata, convexa, verticibus parvis, vix prominulis, anteriora spectantibus, margine antico rotundato, dilatato, lunula ante vertices vixdum apparente, postico margine sensim attenuato, rotundato, scutello elongato, superficiali; superficies transversim rugosa, rugis concentricis inaequalibus.

Hab. dans la craie blanche de la Crimée, à ce qu’il paraît aux environs d'Inkerman.

Coquille transverse, renflée, convexe, à sommets petits eb à peine

saillants, situés plus près du bord antérieur que du postérieur; ils sont

* Handbuch d. Petrefactenkunde, Tübingen 1866, p. 646 et 645. Eichwald, Lethaea rossica. II. 39

déprimés, recourbés en avant et contigus; une lunule, à peine apparente en enfoncement superficiel, se voit au devant des sommets, et en arrière d'eux un écusson allongé, encore plus superficiel, longe le bord supérieur. Le bord antérieur est élargi, arrondi, le postérieur, plus allongé et plus rétréci, est également arrondi. Le bord inférieur est elliptique. La surface est ridée transversalement, .à rides concentriques, assez profondes, inégales, bien visibles sur le moule.

Je ne possède que le moule de cette espèce, recueilli par M. Az. pe Norpmaxx en Crimée, dans une localité inconnue, à ce qu’il paraît d’Inkerman où de Simferopol. La coquille en moule semble avoir été bâillante au côté postérieur. Elle. a 3 p. 5 1. de large et 2 p. 6 IL. de long, le moule des valves closes offre une épaisseur de près de 2 pouces.

M. Firron a observé dans le terrain néocomien l'Unio Martini*, une espèce qui à beaucoup de rapports avec l’'U. Nordmanni, lequel cependant s’en distingue par une épaisseur plus considérable et paï la longueur, mesurée au dessus des sommets, plus grande que celle de PUnio Martini; en outre les sommets de ce dernier sont rapprochés du bord antérieur, qui est plus large que le postérieur non bâillant.

M. Pusca ** fait mention de l’'Unio minutus dans un grès juras-, sique blanc de Sandomir en Pologne, mais la description et la figure de son espèce sont si incomplètes, qu'il est difficile d’y voir un Unio; faisons remarquer qu’en général on n’a pas encore découvert d'espèces jurassiques de ce genre, et que celles qu'on y avait rapportées, ont dû être rangées ailleurs par suite d’un examen plus attentif.

Famille dix-septième.

Carditidées voy. [ pag. 87.

La coquille équivalve, inéquilatérale, est symétrique, épaisse et en-

tièrement fermée, les dents cardinales sont obliques et très grosses; il y a une impression musculaire de chaque côté des valves.

Genre LXXV. Cardita Bruce. voy. III, p. 87.

Venericardia Law.

La coquille, épaisse en général, est ornée de côtes rayonnantes; la charnière est munie de deux dents obliques, dirigées du même côté, ou de deux dents inégales, l’une courte, droite, située sous le sommet, l’autre

* D'Orgieny, Paléont. fr. Terr. crét. L c. p. 127. PI. 284. ** Polens Paläontologie 1. c. p. 55. PL. 6, fig. 9.

oblique, prolongée sous le ligament. Ce genre se trouve dans les terrains jurassiqué, crétacé et tertiaire, et vit encore dans les mers actuelles.

Esp. 681. Cardita tetragona Quensr.

Jura I. c. p. 763. PI. 93, fig. 18.

La coquille est quadrangulaire, à sommet situé presque au milieu du bord cardinal, dont les deux côtés sont obliques, l’antérieur est à peine échancré et un peu plus court que le postérieur; la surface lisse et brillante est marquée de nombreuses stries d’accroissement, presque écailleuses.

Hab. dans le calcaire jurassique brun de l'étage oxfordien inférieur de Nigranden et de Popilani en Lithuanie, ainsi que dans le jura blanc de Nattheim. |

La petite coquille de Popilani, en moule, a 6 1. de long et 5 L. de large; les deux côtés sont anguleux, à angles obtus, le bord inférieur, vis-à-vis du sommet, forme un angle semblable, mais moins obtus. Les bords crénelés à l’intérieur prouvent que la surface de la coquille était garnie de côtes rayonnantes, dont les traces sont à peine visibles sur le moule.

Esp. 682. Cardita Constantii d'Ors.

PI. XXIV, fig. 2 a valve, vue de côté, gr. nat.

Cardita Constantii d'Ors. aff. Paléont. fr. Terr. crét. 1. c. p. 89. PI. 269, fig. 1—5.

La coquille est plus large que longue, transverse et ornée de 12 à 15 côtes rayonnantes, étroites et croisées par des stries d’accroissement concentriques, dont l’inférieure près du bord inférieur forme un étage distinct; le petit sommet est situé sur le bord antérieur obliquement tronqué.

. Hab. dans le grès néocomien noirâtre de Khoroschôwo près de Moscou, ainsi que dans le gault du bassin parisien et des Ardennes.

La coquille transverse est fort élargie et marquée d’une lunule cordiforme plus large que longue, eë d’un écusson plus long et lisse; les côtes sont séparées par des intervalles lisses de largeur presque égale; le bord inférieur crénelé du moule présente un sillon ou enfoncement transverse, suivi d’un escarpement, qui longe le bord et offre l’aspect d’un étage.

La coquille n’a que 4 1. de large et 3 1. de long, mesurée au bord antérieur au dessus du sommet. C’est un individu jeune, tandis que le

Cardita Constantii de la France est adulte, de grandeur triple, et offre des côtes écailleuses. :

Le petit moule de Khoroschôwo présente 12 ou un plus grand nombre de côtes rayonnantes, lisses, qui sont un peu plus étroites près du sommet que leurs intervalles; son bord antérieur très épais est tronqué et lisse; les côtes sont interrompues près du bord inférieur par un escarpement en étage, au delà duquel elles se continuent jusqu’au bord inférieur.

Esp. 683. Cardit. tenuicosta FrTT. sp.

D’Orsi6ny, Paléont. fr. Terr. crét. 1. c. p. 87. PI. 268, fig. 1—5. Genirz, Kreide v. Sachsen I, p. 76 PI. 20, fig. 9.

Petite coquille très renflée, presque orbiculaire, plus longue que large et ornée de 40 ou d’un plus grand nombre de côtes rayonnantes, coupées par des stries d’accroissement concentriques très nombreuses. Le bord antérieur arrondi est un peu plus étroit que le postérieur. Le sommet, tourné en avant, divise la valve en deux moitiés égales.

Hab. dans un grès cénomanien quarzeux de Novgorod-Ssewersk aux environs de Tschernigow, d’Ossinowo près de Kharkow, de Buczak près de Kiew, et dans le grès vert d’Antipowka au bord du Volga, ainsi que près de Dienville dans le département de l'Aube, et à Strehlen près de Dresde.

La coquille de Buczak est petite, comme celle du plänerkalk de Strehlen; elle n’a que 4 L. de large et presque autant de long; son contour est orbiculaire et les bords sont crénelés; le sommet est renflé et contourné légèrement en avant; la valve est plus bombée que le Cardita dubia d'Ors., dont notre espèce ne se distingue que par une forme plus arrondie.

L’individu d’Antipowka est plus grand. Il a les dimensions de la coquille du gault du bassin parisien, c’est-à-dire 10 I. de large et 9 1. de long, les valves closes offrent une épaisseur de 5 1. Le bord antérieur est plus étroit que le postérieur; sa plus grande épaisseur est près du bord cardinal aux sommets, et les côtes rayonnantes sont plus larges que leurs intervalles; leur nombre n’est pas au delà de 30. Je ne connais que le moule intérieur, dont l’épaisseur diminue rapidement à partir du sommet vers les bords inférieur, antérieur et postérieur, qui sont fort tranchants et crénelés.

Esp. 684. Cardit. dubia d'Ors. sp.

Venericardia dubia Sow., d'Ors., Paléont. fr. Terr. crét. 1.c. p. 92. PI. 270, fig. 1—5.

La coquille oblongue est comprimée et garnie de 36 côtes tuberculeuses, le bord antérieur est court et tronqué, le postérieur allongé et arrondi.

Hab. dans la craie nummulitique de Simféropol en Crimée, ainsi que dans la craïe chloritée du Mans en France.

La coquille n’est pas bien conservée; elle a 1 p. et plus de large et 11 I. de long, mesurée obliquement au dessus des sommets, qui sont peu saillants; les côtes, assez épaisses, sont garnies de petits nœuds; elles sont espacées, et les intervalles portent de petites lames saillantes, Cette espèce est caractérisée par sa forme oblongue, transverse.

M. Puscu * fait mention de deux espèces nouvelles de Cardites, du Cardita obliqua et du Card. angusta, qui ont été trouvées dans la marne crayeuse de Kazimirz en Pologne; mais les figures en sont assez indistinctes et la description si courte, que je ne suis pas à même de dire si elles appartiennent au genre des Cardites, ni à quelles SHDÈES de coquilles fossiles il faut les rapporter.

M. Muromsow ** fait également mention du Venericardia planicosta Sow. du London-clay, comme se trouvant à Antipowka sur le Volga, où 1l y a pourtant, suivant moï, du grès vert, en sorte que je doute, du London-elay à Venericardia planicosta dans cette localité, et je suppose que le terrain tertiaire ancien y a été indiqué par suite de quelque méprise, et que les coquilles suivantes également indiquées à Antipowka par le même géologue, savoir les Calyptraea trochiformis Lam., Turritella edita Lam. Crassatella sulcata Sow. et d’autres, ne s’y trouvent pas non plus: c’est peut-être aussi la raison que M. DE Verxeuts n’en fait pas mention dans sa Paléontologie de Russie.

Genre LXXVI. Cardinia Ass. voy. vol. I, p. 1005. Unio (ex parte) Sow.. Thalassides Berç. et Quexsr., Sinemuria Cmrisr. Pachydon Srurscrs.

La coquille transverse est épaisse, la lunule profonde et presque ronde, l’écusson allongé; au dessus des dents cardinales il y à une fossette étroite et profonde pour la réception du ligament. Ce genre se trouve dans le calcaire carbonifère, le lias et l’oolithe.

* Polens Palaeontologie 1. ce. p. 67. PI. VII, fig. 5 et 7. ** Geology of Russia in Europe vol. I, p. 288.

‘Esp. 685. Cardinia Listeri Sow.

Unio Listeri Min. conch. 1. c. II, p. 123. PI. 154, fig 1, 3—4, et Unio h ybridusl.c. PI. 154, fig. 2.

Thalassites depressus Quensr. Jura p. 44. PI. 3, fig. 6—13.

La coquille, fort épaisse, est triangulaire, et un peu plus large que longue, le sommet occupe le bord antérieur, qui sous la lunule est légèrement prononcé et arrondi; la surface est garnie de sillons concentriques profonds et réguliers.

Hab. dans un calcaire jurassique argileux de l'étage oxfordien inférieur ou le lias de la Crimée, près de Ssoudagh, ainsi que dans le lias inférieur du Yorkshire, du Wurtemberg et de la Suisse.

La coquille est transverse, à bord antérieur arrondi un peu plus large que le postérieur, qui est tronqué obliquement.

C’est tout à fait l'espèce liassique, mais je ne suis pas sûr qu’elle a été trouvée en Crimée près de Ssoudagh, où pourtant le lias a été constaté par plusieurs observateurs.

Famille dix-huitième.

Astartidces.

La coquille, assez épaisse, est pourvue de deux dents cardinales divergentes et fortement prononcées; le ligament est tantôt interne (Crassatella), tantôt externe (Astarte); l'impression palléale manque de sinus; l'impression musculaire est double de chaque côté, ou simple du côté postérieur et double de l’antérieur.

Genre LXXVII. Astarte Sow.

Crassina Lan.

La coquille épaisse, arrondie, ovale ou allongée, est équivalve, inéquilatérale, entièrement fermée: la charnière très solide, munie sur la valve droite de deux fortes dents égales divergentes, et de deux enfoncements; sur la gauche, de deux dents inégales; le ligament extérieur est court. Ce genre se trouve dans les terrains jurassique eb crétacé; il manque au terrain tertiaire inférieur, tandis qu’il abonde dans le crag, et vit encore dans les mers septentrionales.

Esp. 686. Ast. Voltzii Gozpr.

Petrefacta Germ. p. 190. PI. 134, fig. 8.

Quensrepr, Jura p. 313. P1. 43, fig. 13—15. ï

Petite coquille presque sphérique, à sommets à peine saillants, con-

tigus et rapprochés du bord antérieur; la surface des valves est pourvue de côtes concentriques bien marquées, dont les interstices, finement parcourus de stries concentriques, sont à peine visibles; le bord inférieur est crénelé en dedans.

Hab. dans le jura brun de Nigranden et de Popilani en Lithuanie, ainsi que dans l'Alsace et le Wurtemberg, se présentant déjà dans l’étage à Ammonites torulosus.

La forme est très variable, le test est en général sphérique, mais quelquefois un peu plus long que large; les sommets sont à peine saillants, comme chez les individus de Nigranden et de Popilani, dont la largeur, de 3 lignes, égale presque la longueur.

Ce n’est pas l’espèce suivante, pour laquelle elle a été prise. Je ne connais pas l’Ast. Voltzii Hôx. Gozpr. (?), cité comme se trouvant dans le terrain néocomien de Moscou *; c’est plutôt l’Ast. Dupiniana d'Ors. (voy. plus loin).

Esp. 687. Ast. gryphaeoïdes Far.

Fasrexxonr, Bull. de la Soc. des Nat. de Mosc. 1844. IV, p. 789.

Bron, Geschichte d, Natur. 1848. Nomenclator palaeont. I. c. p. 115.

Astarte cordiformis (Dusx.) Rourzzier, Bull. de Mosc. 1. c. 1849, IT, p. 392 (sans tieure); Bull. de Mosc. I. ce. 1846. IV. PI. D, fig. 15 ** a—f (sans description), et Bull. Mosc. 1848. I, p. 275. PI. E, fig. 1.

Ast. cordata Traurscu., Bull. de Mose. I. c. 1860. IV, p. 347.

La coquille est petite, très convexe, presque sphérique, à peine plus large que longue, à sommets très saillants; la surface est munie de 13 ou d’un plus grand nombre de côtes espacées, à interstices deux fois plus larges que les côtes et munis de fines stries concentriques; les sommets, fort prolongés, sont rentlés et contournés vers la lunule ovalaire, très profonde et limitée par des bords obtus. Le bord inférieur est crénelé sur les adultes, lisse ou plutôt indistinctement crénelé sur les individus jeunes.

Hab. dans l’argile jurassique noire de Goliowo, de Dorogomilow près de Moscou, et dans la marne sablonneuse d’Antonowo-Poustosch près de Jelatma, sur le bord de l'Oka, à ce qu’il paraît dans le terrain néocomien, mais je ne le connais pas à Popilani.

La valve droite n’a qu’une dent cardinale, la gauche en a deux,

* Bull. de Mosc. 1. c. 1862. IV, p. 372.

#* La fig. 15 f—g grossie de la PI. D citée est très exacte et montre très bien les différences spécifiques d'avec l’Astarte Buchiana d’Ors. (borealis d'Onrs.).

comme l’Astarte Voltzii; le bord inférieur des jeunes individus est lisse ou presque lisse; on a désigné ceux-ci sous le nom d’Ast. cordata var. integerrima*. Les plus grands individus ont 41) lignes de large et 31/2 1. de long; d’autres n’ont que 3 1. de large et de long, et autant de lignes d'épaisseur, à valves closes; ils sont par conséquent parfaitement sphériques: par leurs sommets allongés et infléchis ils se distinguent de l’Ast. Voltzii, qui est garni de côtes plus minces et plus rapprochées; cependant l’affinité de ces deux espèces est en général très grande.

Les individus du bord de l’Oka ont 41/2 I. de large et autant de long, les sommets sont très prolongés et infléchis vers le bord antérieur, où il y à une profonde lunule cordiforme nettement bordée; en arrière des sommets on voit un écusson allongé, très étroit et également bordé, à bord distinct. Les valves closes ont 4 1. d'épaisseur. Le bord antérieur est arrondi et plus étroit que le postérieur. Je suppose que ces individus proviennent d’un terrain jurassique sablonneux-ferrugineux des bords de POka, et que le néocomien lui y est superposé, comme à Khoroschôwo.

Ce n’est pas l'Ast. cordiformis Des. de l’oolithe inférieur de Bayeux, lequel est plus grand, moins convexe et présente les côtes moins relevées, plus rapprochées les unes des autres et la lunule moins profonde.

Ce west pas non plus l’Astarte Buchiana d’Ors. ou l'A. borealis d'Ors., avec lequel il a été souvent confondu; celui-ci se trouve (voy. plus loin) dans le néocomien, superposé au jurassique, à Khoroschéwo et à Goliowo.

Esp. 688. Ast. depressa Müxsr. GoLpr.

Petref. Germ. p. 192. PI. 134, fig. 14.

Astarte minima (Przz) Rourzuer, Bull. de Mosc. I. c. 1846, IV. PL E, f. 2 (sans description), et Bull. de Mosc. 1. c. 1848. I, p. 275 (saos figure).

Astarte elegans minor TraursoH, Bull. de Mosc. I. c. 1860. IV, p. 346. PI. VIL fig. 12.

Astarte depressa GoLpr., Quexsrepr, Jura p. 505. PI. 67, fig. 29—34.

La coquille, arrondie et fortement comprimée, est garnie de.côtes concentriques tranchantes, dont les interstices sont parcourus de stries

* Bull. de Mosc. I. ce. 1860. IV, p. 348. L'Astarte Buchiana d'Ors. (borealis d’Ors.) du terrain néocomien ou gault y a été confondu avec PA starte gryphaeoides Fagr. du terrain jurassique. M. RouiLuier (|. c. 1849, p. 391) a également pris à tort l’'Ast. Buchiana d’Ors. pour l'A. gryphaeoides Fame. et celui-ci pour l’Ast. cordiformis Desx.

également concentriques; les côtes espacées sont toujours distinctes près des sommets saillants et disparaissent vers le bord inférieur crénelé et arrondi, qui reste lisse eb n'offre que des stries concentriques fines très serrées; mais quelquefois toute la surface des valves très comprimées est pourvue de côtes concentriques fort rapprochées et le bord inférieur est lisse en dedans. ;

Hab. dans le calcaire oxfordien inférieur ou jura brun de Nigranden et de Popilani en Lithuanie, dans l'argile jurassique noire de Goliowo près de Moscou, et près d’Iletzkaya sur le bord du petit fleuve Outessouyouk, ainsi que dans le jura brun de Rabenstein et des Lochen près de Bahlingen au Wurtemberg.

La coquille, assez épaisse, offre des sommets situés vers le bord antérieur; la lunule est étroite et allongée, l’écusson également étroit, mais plus long et marqué de bords tranchants, aïnsi que la lunule; chaque valve n’a qu’une dent principale au bord cardinal. L’individu le plus grand de Goliowo à 5 !2 1. de large et de long, son épaisseur est de 2 1, les côtes espacées ne se trouvent que près des sommets; un autre individu, plus petit et pourvu de côtes très rapprochées sur toute la surface des deux valves, n’a que 4 1. de large et de long et une épaisseur à valves closes de 1 ligne.

Esp. 689. Ast. minima Pre. aff.

Geology of Yorkshire I, p. 182. PI. IX, fig. 23. Gozpruss, Petref. Germ. I. c. p. 192. PI. 134, fig. 15. Quexsrepr, Jura 1. c. p. 444 PI, 61, fig. 4.

La coquille, très petite et sphérique, a les sommets saillants, situés un peu plus près du bord antérieur, et la surface munie de côtes concentriques très rapprochées; les interstices presque lisses sont plus étroits que les côtes.

… Hab. dans un calcaire jurassique ferrugineux à 25 verstes du bord de la petite rivière Outessouyouk aux environs d’Iletzkaya, ainsi que dans le jura brun du Wurtemberg et de l'Angleterre.

La coquille est très petite; elle n’a que 1 IL. de large et de long, les valves closes offrent une épaisseur un peu moins grande; c’est donc la plus petite espèce que l’on connaisse. La lunule et l’écusson sont profonds et lisses.

M. DE Bucx la cite aussi des environs d'Iletzkaya *; le bord inférieur est, selon lui, fortement crénelé et les côtes concentriques au

* Beiträge |. c. p. 99.

nombre de 14 à 16; elle ressemble beaucoup aux individus très petits du jura brun du Wurtemberg, qui se trouvent par milliers dans la marne argileuse bleuâtre à Ammonites coronatus.

Esp. 690. Ast. pulla Rôw.

Rôxer, Oolithengebirge v. Norddeutschland I. c. Hannover 1836, p. 113. PI. VI, fig. 27.

Astarte Goldfussi OPrez, Juraformation p. 404.

Petite coquille un peu plus large que longue, ovalaire et légèrement convexe; elle est épaisse et munie de plis épais ou côtes tranchantes au nombre de 6 à 8, situées concentriquement et séparées par des interstices plus larges et lisses.

Hab. dans le terrain jurassique oxfordien près de Czenstochow aux environs de Hutka du royaume de Pologne, et dans le calcaire jurassique aux environs de Stettin et de Künigsberg, en masses roulées.

La coquille se caractérise par les côtes épaisses et tranchantes au sommet; leurs côtés sont finement garnis de stries concentriques, occupant aussi les interstices; elle a 21/2 L. de large et 2 1. de long; les valves closes offrent une épaisseur de 2 1. Le bord inférieur est crénelé, et les valves n’ont qu’une seule dent au bord cardinal.

Cette espèce ressemble à l'Astarte Parkinsoni Quensr. * du jura brun, qui cependant est plus large et dont les côtes plus nombreuses ne sont pas tranchantes au sommet.

Esp. 691. Ast. complanata Rôx.

Die Verstein. d. norddeutsch. Oolithengeb. 1. c. p. 112. PI. VI, fig. 28.

La coquille ovalaire, élargie, subtétragone, est plane et ornée de 6 à 8 côtes concentriques en plis tranchants striés.

Hab. dans le calcaire brunâtre jurassique inférieur près de Kamara en Crimée (Barry), associé au Protocardia aequistriata.

Cette espèce ressemble beaucoup à l’Ast. pulla, mais s’en distingue par les tests très plans, moins épais, moins arrondis aux bords postérieur et inférieur; par là sa forme devient presque tétragone; la coquille est un peu plus large, la lunule et l’écusson sont plus étroits.

Cette espèce du lias supérieur du nord de l'Allemagne a 3 1 de large, 21/2 1. de long, et, à valves closes, une épaisseur 1 1. ou davantage.

Ce n’est pas l’Ast. complanata Bull. de Mosc. L c. 1861, JE

* Jura L. c. p. 506. PI. 67, fix. 36.

PL 7, fig. 4, qui semble appartenir aux jeunes individus de l’Ast. mosquensis.

Esp. 692. Ast. laevis Gozpr. aff.

Petref. Germ. 1. c. p. 193. PI. 134, fio. 20.

La coquille est convexe, à sommets saillants et contournés vers le bord antérieur; la surface ornée de sillons concentriques espacés et pointillés; les interstices très larges sont légèrement bombés.

Hab. dans le coral-rag oolithique de Novosselowka dans le district de Pawlograd aux environs de Kharkow, ainsi que dans le coral-rag de PAllemagne septentrionale.

La coquille, presque orbiculaire, est légèrement convexe, à sommet saillant et à surface lisse et sillonnée; les sillons sont séparés par des interstices de différente largeur; les plus larges occupent le milieu de la surface; ils apparaissent comme pointillés, à ce qu’il semble par suite du bord inférieur des interstices, qui était crénelé, comme le bord inférieur de la valve: c’est peut-être une différence d’avec l'espèce type; elle n’a que 3 ou 4 sillons concentriques, tandis que celle du midi de la Russie a 7 ou 8 sillons concentriques, dont les supérieurs sont très espacés sous les sommets, et les inférieurs très rapprochés. La coquille a

5 1. de large et 4!) I. de long, les valves closes offrent une épaisseur de 31) lignes.

Esp. 693. Ast. elegans ZIET. Quensr.

Quensrepr, Jura p. 763. PI. 93, fig. 31.

Astarte eleganti aff. Sowersy, Min. conch. 1. c. Il, p. 86. PI. 137, fig. 3.

Petite coquille arrondie; légèrement convexe et garnie de côtes très minces et nombreuses, d’égale largeur avec les interstices, qui sont occupés par une ou plusieurs stries concentriques.

Hab. dans le grès jurassique de Nigranden en Lithuanie, ainsi que dans le jura blanc de Nattheim dans le Wurtemberg.

La coquille est orbiculaire ou tant soit peu plus large que longue, les côtes sont très rapprochées et séparées par des interstices très étroits. La coquille a 5 1. de large et 41/2 1. de long.

C’est aussi l'Ast. arduennensis d'Ons. de l'étage oxfordien de la France, mais l’espèce de SowerBy ne semble pas être celle de la Russie, ni celle de la France.

Esp. 694. Ast. scalaria Rôm.

Norddeutsch. Oolith. Hannover 1836, p. 114. PI, VI, fig. 24.

Astarte tectiformis Travsiee: Bull. de Mosc. L c. 1866. L:-p48: 21.4; fig. 9.

La coquille est presque trigone, oblique, comprimée ou légèrement convexe, la surface ornée de côtes tranchantes, séparées par de larges sillons; les sommets sont rapprochés du bord évasé antérieur; le bord postérieur est plus allongé et descend plus vers le bas que l’antérieur très court.

Hab. dans l'argile jurassique de Goliowo près de Moscou, ainsi que dans le calcaire portlandien de Wendhausen, près de Hanovre.

La coquille est garnie de 10 à 14 côtes tranchantes; les sillons entre les côtes sont assez larges et superficiels.

L’individu de Goliowo est plus comprimé que ceux de l'Allemagne; il est aussi un peu plus grand, c’est-à-dire de 3 l}2 1. de large et de 3 1. de long. Le nombre des côtes tranchantes est le même et la forme générale également identique, en sorte que l’affinité est très grande et fait supposer presque une identité complète des deux espèces.

Esp. 695. Ast. retrotracta Rourx.

Bulletin de la Soc. des Nat. de Mosc. I. c. 1847. IT, P- 414. Bull. de Mose. L. c. 1848. I, p. 284. PI. G, fig. 29.

Petite coquille très convexe, un peu plus large que longue et munie de stries concentriques très serrées, qui n'offrent pas de sillons distincts entre elles. Les sommets sont rapprochés du bord postérieur, qui est élargi et arrondi, le bord antérieur est allongé et plus étroit que le postérieur; le bord inférieur est crénelé.

. Hab. dans l'argile jurassique de Goliowo près de Moscou.

Les sommets occupent la moitié postérieure des valves, ce qui rend celles-ci inéquilatérales; ils se dirigent distinctement en avant. La lunule est ovalaire, profonde et limitée par des bords tranchants; elle est plus large que l’écusson. Les impressions musculaires sont simples, ovalaires et égales entre elles; il existe cependant une dent accessoire postérieure très forte au dessus de l'impression musculaire; une autre, antérieure, également placée au dessus de l'impression musculaire, est crénelée transversalement.

La coquille a 3 L. de large, 21/2 1. de long, et une épaisseur de 2 L. à valves closes; elle fait le passage aux Lucines.

Esp. 696. Ast. Falcki Rouiz.

Bull. de Mosc. 1. c. 1849, Il, p. 392, PI. M, fig. 102. La coquille, assez grande, est quadrangulaire, très épaisse, princi-

paiement au bord cardinal; elle est parcourue de stries très fines, serrées et fort nombreuses; les bords de la coquille sont obtus, et l’antérieur évasé légèrement près des sommets. La lunule est arrondie et beaucoup plus large que l’écusson, qui est très étroit et allongé.

Hab. dans l'argile jurassique noire de Goliowo près de Moscou.

Le bord inférieur, crénelé en dedans, est droit ou légèrement arrondi; le cardinal est court, très rélevé et haut et passe en pente vers le bord postérieur arrondi et élargi.

La coquille a 1 p. 5 L. de large, 1 p. 2 1. de long, son épaisseur à valves closes est de 1 p. Elle ressemble beaucoup à l’Astarte mosquensis, qui s’en distingue par une forme différente, plus large et plus rétrécie en arrière; l’Ast. Falcki manque en outre de la carène obtuse, qui descend obliquement sur la partie postérieure de l’'Ast. mosquensis pour se rendre au bord inféro-postérieur.

Le test, d’après l'observation de M. RourcLrer, est composé de deux couches, dont l’intérieure est formée de filaments parallèles, verticales à la couche extérieure; il a le plus d'épaisseur immédiatement au dessous de la charnière, et s’amincit considérablement vers l’impression palléale. C’est un caractère qui se retrouve aussi sur l’Ast. mosquensis (Puschia planata Rouizr.), en sorte que ces deux espèces sont très voisines; cependant celle-ei se trouve dans l’étage néocomien, et celle-là dans l'étage jurassique, stratifié immédiatement sous le grès néocomien noirâtre.

Les premières couches du sommet de l’Ast. Falcki, séparées des suivantes par un sillon plus profond, annoncent un individu très jeune au commencement de son développement; c’est ce qu’on observe aussi sur l’'Ast. mosquensis. Les jeunes individus, au premier développement du test, se rencontrent souvent isolés et ont été pris pour une espèce particulière (voy. l’'Ast. mosquensis).

Esp. 697. Ast. mosquensis d'Or.

Paléont. de la Russie I. c. p. 455. PI. 38, fig. 18—20.

Puschia planata (Sow.) Rouizzier, Bull. de Mosc. 1. c. 1847, II, p. 418 et Bull. de Mosc. L c. 1546, IV. PL E, fig. 4. Bull. de Mosce. L. c. 1848, I. PLH, fig. 30 et fig. 32 (non Cyprina choroschowensis).

Astarte complanata (Rôx.) Traurscu., Bull. de Mosc. I. c. 1861. I, p. 18. PI. VII, fig. 4. é

Lucina Frearsiana Rouic., Bull. de Mosc. I. c. 1846, IV. PIE, fig. 5 et Bull. de Mosc. 1. c. 1848. I, p. 276.

La coquille, de taille moyenne, est plus large que longue, ovalaire,

légèrement comprimée, et pourvue d’une carène qui part des sommets et descend obliquement jusqu’au bord inféro-postérieur ; la surface est parcourue de stries concentriques très serrées; les sommets occupent le bord cardinal, au dessus de la lunule; le bord antérieur est élargi et arrondi, le postérieur rétréci et allongé; l’inférieur est lisse en dedans et parfaitement droit.

Hab. dans le grès néocomien noirâtre de Khoroschéwo, de Mnidwniki, et des bords du Jaouza près de Moscou; selon M. RouIzLtER aussi dans le terrain jurassique de Moscou (1 ec. Bull. Mosc. 1848. I, p. 276; c’est alors l’Ast. Falckii Rovizz. qui s’y trouve).

Les stries concentriques sont séparées par des sillons lisses d’égale largeur avec les stries. Le bord antérieur est évasé sous les sommets, sur lesquels on remarque, comme dans l’Ast. Falcki, les premières couches du test distinctement séparées des suivantes, qui sont plus larges. Au premier développement du test, ces couches se trouvent souvent isolées et forment une petite coquille rudimentaire, qui paraît avoir été décrite comme Ast. complanata (Rôm.) du grès noïirâtre de Mnidwniki: les petits individus, de 3 L. de long, sont presque orbiculaires, à sommet peu saillant et situé sur Le bord antérieur, leur surface est plissée, à plis concentriques, serrés, nombreux et assez relevés. — L’A. complanata Rôn. *, de la marne liassique supérieure de Wrisbergholzen, s’en distingue pourtant par sa coquille comprimée, presque quadrangulaire, et par la surface garnie de 6 à 8 côtes très espacées.

La carène obtuse de l’Ast. mosquensis est toujours nettement accusée, principalement sur les moules, et la figure citée de la Paléontologie de la Russie la représente exactement **, La coquille à 1 p.31. de large, 1 p. de long, mesurée au dessus des sommets, eb une épaisseur de 7 1, à valves closes.

Esp. 698. Ast. borealis d’Ors. (non Nisss. nec L.).

Paléontologie stratigraph. I, p. 346. Paris 1847. Astarte Buchiana (Rôm. “**) d'Ors., Paléont. de Russie I. c. p. 456. PI. 33, fig. 23—25.

Petite coquille presque sphérique, épaisse, fortement renflée, un peu plus large que longue, ornée de côtes concentriques très prononcées, à

* Norddeutsch. Oolithgeb. I. c. p. 112. PI. VI, fig. 28. #** On a nié à tort, cette exactitude, voy. Zeitschr. d. deutsch. geol. Gesellschaft. Berlin 1861, p. 416.

#*#* Rômer, Monogr. d. Astarten p. 40, fig. 4.

petits sommets peu saillants et à peine infléchis, et à légère carène oblique postérieure.

Hab. dans le grès néocomien noiïrâtre inférieur et supérieur de Khoroschéwo et de Goliowo près de Moscou et sur le bord de l’'Oka, près d’Antonowo - Poustosch, dans le grès néocomien à grains brillants quarzeux.

La coquille est presque triangulaire et sphérique; les sommets épais sont situés, au dessus de la lunule profonde, au bord antérieur, lequel est excavé en haut et arrondi en bas. Le bord inférieur est crénelé. Elle se rapproche de l’Ast. minima Paru. du grand oolithe, mais elle est bien plus large du côté postérieur; M. De Bucu * cependant Va prise pour celui-ci. Elle à 21/4 1. de large et autant de long; l'épaisseur des valves closes est de 2 lignes.

M. Rourczier cite ** cette espèce dans l'étage aux Ammonites carénées de Goliowo; je suppose que c’est l'étage néocomien, superposé au jurassique, dans lequel elle a été observée près de Goliowo, à moins qu’elle n’ait été confondue par M. Rouirrter avec l'Ast. gryphaeoides, qui s’y trouve dans l'étage jurassique. On la cite du gault, c’està-dire du terrain soi-disant jurassique supérieur de Khoroschôéwo ***. Elle semble se trouver à Khoroschéwo dans le néocomien inférieur et supérieur, à Goliowo et à Antonowo dans Le néocomien inférieur, mais je ne la connais de l’argile jurassique ni de Khoroschôwo, ni de Goliowo.

Il existe déjà un Ast. borealis Nicss. sp. (Crassina borealis Nrzss. Hisina., Leth. suec. pag. 66) du terrain tertiaire supérieur, espèce vivante (le Venus borealis L.), en sorte que le nom donné par M. d'Orgieny doit être changé de nouveau.

Esp. 699. Ast. similis MEnsr. Gozpr.

Petref. Germ. II, p. 193. PI. 134, fig. 22.

La coquille est plus large que longue, comprimée, arrondie des deux côtés et garnie de côtes concentriques élargies, à sommet saillant, les interstices sont superficiels, non profonds, plus larges que les côtes, striés, et la lunule manque de carène.

Hab. dans le calcaire turonien de Traktemirow près de Kiew, ainsi

* Beitrâge z Bestimmung d. Gebirgsformationen I. ce. p. 99 et 101. ## Bull. de Mose. 1. c. 1849. I, p. 391.

##k Bull. de Mosc. 1. c. 1862. IV, p. 371.

que près de Halden en Westphalie, dans le terrain crétacé, et dans les couches alpines de la vallée de Gosau en Autriche *,

Les côtes sont peu élevées; il n’y en a que 8 à 10. Les deux bords latéraux sont arrondis et de largeur presque égale; le crochet saillant occupe le milieu du bord dorsal; l’inférieur est arrondi.

La coquille a 2 L. de large et 11j2 L. ou plus de long. Cette espèce ressemble aussi à l’Ast. laticosta Desx. ** du néocomien de l'Aube, qui est un peu plus convexe et de grandeur double; son bord antérieur est profondément évasé, et le postérieur plus allongé et légèrement convexe, comme les individus de l’'Ast. similis de Traktemirow, dont le bord antérieur est légèrement évasé à la lunule, de même que l’espèce de Halden, figurée par M. Gozpruss L. c. fig. 22 a.

Esp. 700. Ast. striato-costata d'Ore.

Paléont. franc. Terr. crét. I. c. p. 64. PI. 262, fig. 7—9.

La coquille est beaucoup plus large que longue, légèrement comprimée et garnie de côtes concentriques espacées, entre lesquelles on voit des stries fines concentriques; le bord antérieur est court, élargi et arrondi, le postérieur très allongé, rétréci et légèrement tronqué.

Hab. dans le grès noirâtre, à ce qu’il semble néocomien, sur le bord de la rivière Ssoswa au nord de l’Oural, ainsi que dans le terrain néocoiien inférieur de Marolle du département de l'Aube en France.

La coquille se distingue surtout de l’'Ast. numismalis d'Ors. par sa forme transverse, élargie, et par ses stries concentriques fines. Elle a 5 L. de large, 41) L. de long, mesurée au dessus des sommets, et l'épaisseur des valves closes est de 2 lignes.

Esp. 701. Ast. Moreauana d’Ors. af.

Paléont. fr. Terr. crét. p. 60. PI. 259.

La coquille est plus large que longue, légèrement comprimée, ovalaire, oblongue, très inéquilatérale, le côté antérieur obtus, le postérieur plus élargi et presque anguleux; la surface marquée de stries d’accroissement concentriques; la lunule est très courte et excavée.

Hab. dans le néocomien du Biassala en Crimée, ainsi que dans un semblable terrain près de Brillon en France.

Cette espèce, grande en France, est petite en Crimée, elle n’a que

# Zirrez, Über die Bivalven der RoSneRoue der nordôstlichen Alpen. pie noie P- 53. PI. 8, fig. 6.

* LeyMÉRIE, le terrain crétacé de l’Aube, voy. les Mémoires de la Soc. géol. de France. V, 1. 1842. Paris p. 4. PI. 4, fig. 4.

8 1. de large et 6 L de long; la surface est marquée de nombreuses stries concentriques, et les sommets sont légèrement infléchis en avant et rapprochés du côté antérieur, qui est arrondi et court, tandis que le côté postérieur s’élargit et se prolonge considérablement, et offre le bord inféro-postérieur presque anguleux.

Les valves de Biassala sont incomplètes et dérangées dans leur position naturelle, en sorte que je ne puis pas juger de leur épaisseur, qui ne semble pas dépasser 3 lignes; le genre où cette coquille doit être rangée n’est pas non plus bien déterminé.

Esp. 702. Ast. Veneris m. v. Bucx.

L. v. Bucu, Beiträge zur Bestimmung d. Gebirgsformationen von Russland 1840. Berlin p. 106.

Verneuil, Paléontologie de Russie 1. c. p. 456. PI. 38, fig. 21 —22.

Graf v. KeysERLING, Petschorareise; Astarte Veneris I. c. p.309, et Cyprina Syssolael. c. p. 309. PI. 17, fig. 17—18 (exclusis reliquis).

Astarte Veneris Ercaw., Die Flora und die Fauna d. Grünsandes v Moskwa, voy. Bull. de Mosc. I. c. 1862. IX, p. 28.

Astarte Panderi Rouizz., Bull. de Mosc. I. c. 1846,IV. PLE, fig. 7. Bull. de Mosc. I. c. 1847. IT, p. 413. Bull. de Mosc. 1. c. 1848. I. PI. G, fig. 28, et Ast. ovata (Paize.) Rouizuiur, Bull. Mosc. I. c. 1846, IV. PL B, fig. 13, — Bull. Mose. 1. c. p. 410, 1847 et PI. G, fig. 26. 1848. I, p. 282.

La coquille, de taille moyenne, est un peu moins large que longue, épaisse et arrondie; les sommets, situés au bord antérieur, au dessus de la lunule élargie et allongée, sont épais et fort saïllants; la lunule est élargie, non profonde et à bords obtus, l’écusson est plus long et plus étroit que la lunule et dépourvu de bords tranchants; les nymphes sont plus ou moins distinctes; le bord inférieur des valves est lisse en dedans.

Hab. dans le néocomien du nord de l’Oural, sur le bord du fleuve Tolya sous le 64° degré de latitude boréale, sur les fleuves Ssyssola et Wisimga au pays de la Petschora. Le Cyprina Syssolae Keys. L c. p. 309. PI. 17, fig. 17—18, appartient à l’Ast. Veneris, quise distingue parfaitement du Cyprina Syssolae L c. fig. 19 —22, trouvé dans le néocomien inférieur et supérieur de Khoroschéwo près de Moscou, et dans argile néocomienne de Bessonnow, près de Ssimbirsk.

La surface des valves est finement striée, à stries plus distinctes autour des sommets, et à stries indistinctes et inégales sur le milieu et vers le bord inférieur des valves. Les bords sont arrondis et forment trois quarts d’un cercle; l’antérieur est un peu plus étroit que le postérieur, qui s’élargit et se continue immédiatement dans le bord supérieur. Les sommets sont situés plus près du bord antérieur, qui est profondé-

ment évasé; lunule ovalaire, élargie et allongée. Eichwald, Lethaea rossica. IL | 40

La coquille de l’Oural a 1 p. de large et autant de long, mesurée au dessus des sommets, les valves closes offrent une épaisseur de 712 1.; les individus du grès néocomien noirâtre de Khoroschéwo ressemblent tout à fait à l'individu de l’Oural, excepté la longueur, qui est un peu moindre, c’est-à-dire de 10 1, tandis que la largeur est de 1 p. C’est aussi la largeur plus considérable d’un variété de l’Astarte Panderi de M. RouIzutER, qui, selon cet auteur, la distingue comme espèce particulière de l’'Ast. Veneris; je ne vois pas de différences entre ces deux espèces, qui se trouvent en outre dans le même terrain néocomien et dans la même localité, à Khoroschéwo.

L’'Astarte Veneris n’est pas rare dans le néocomien inférieur de Khoroschéwo; il semble même se trouver dans le néocomien supérieur de cette localité, car il y est cité également *.

Quant à l’'Ast. Panderi Rourzz.**, on suppose que sa charnière est moins solide, la région cardinale moins large et les dents en général plus faibles que celles de l’Ast. Veneris, mais il a la même conformation de la charnière et des dents cardinales, ainsi que les stries de la surface, quoiqu’elles soient un peu moins nombreuses; on en compte 6 à 8, dont celles du sommet sont plus rapprochées; leur nombre augmente jusqu'à 15 ou plus; les interstices plus espacés sont pourvus de stries plus fines, tout à fait comme sur les individus de l’'Ast. Veneris de l'Oural, et il ne reste d’autre caractère, pour distinguer les deux coquilles, que le nombre moins grand des stries d’accroissement de lPAst. Panderi, qui est aussi un peu plus comprimé, tandis que l’Ast. Veneris est plus convexe, caractère qui se retrouve aussi dans des variétés plus élargies de celui-là. Je suis même porté à réunir avec l’'Ast. Veneris le Cyprina Syssolae, espèce qui se trouve sur le fleuve Ssyssola au nord de la Russie, et qui ne se distingue de l’Ast. Veneris du nord de l’Oural et du même terrain néocomien, ni par la forme du test, ni par son moule intérieur. La charnière de l’'Ast. Veneris, du néocomien supérieur de Khoroschéwo, est pourvue d’une lunule peu profonde et très large, et d’un écusson également peu profond et très allongé, mais dépourvu des nymphes saillantes: c’est là cependant un caractère qui n’est pas constant et qui varie considérablement selon les variétés des deux espèces, comme la largeur et la longueur des valves; car il en existe d’autres variétés, dont la lunule est petite, presque superficielle, et l’écusson petit, à peine limité par des bords saillants.

L’Ast. ovata (Prix) Roux, du néocomien inférieur de Khoro-

# Bull. Mose. 1. c. 1862. IV, p. 372.

#*% Bull. de Mosc. 1847. IE L. c. p. 418.

schéwo, ne diffère pas non plus de l’Ast. Veneris, et je l’ai réuni avec ce dernier à cause de sa forme semblable et de ses côtes concentriques relevées, à interstices espacés et finement striés, quoique la lunule et l’écusson soient plus larges, plus longs et plus profonds qu’ordinairement.

Je suppose même que le Lucina fornicata Traursox.*, de l'argile néocomienne de Ssimbirsk, appartient à l’'Astarte Veneris, var. Panderi, car ce n’est pas un Lucina, mais un Astarte, à sommets peu saillants, rapprochés du bord antérieur, et à surface bombée et munie de plis concentriques serrés; le bord inférieur est arqué et crénelé en dedans. La lunule est.à peine bordée, et la grandeur de la coquille est la même que celle de l'Ast. Veneris.

Esp. 703. Ast. laticosta Desx.

Leynérie, Sur le terr. crét. du départ. de l’Aube, voy. Mém. de la Soc. géol. de Fr. vol. V. 1, p. 4. PI. 4, fig. 4.

Petite coquille subtrigone, transverse, à côtes saillantes concentriques assez écartées; les sommets sont saillants et situés au milieu du bord dorsal, la lunule et l’écusson grands et profonds; le bord supérieur droit descend plus bas du côté postérieur que de l’antérieur, lequel est occupé par la lunule élargie et allongée; le côté postérieur est un peu plus large et plus arrondi que l’antérieur ; l’écusson, dont la longueur est double de celle de la lunule, est pourvu d’un bord tranchant sur les deux valves.

Hab. dans le grès néocomien noiïrâtre de Khoroschôwo près de Moscou, ainsi que dans le terrain albien du département de l'Aube, et dans les couches alpines de la vallée de Gosau en Autriche **.

La coquille, presque trigone, est renflée près des sommets, et devient de plus en plus comprimée vers le bord inférieur, qui est tranchant, lisse et entier en dedans. Elle a 11 1. de large et 10 1. de long, les valves closes offrent une épaisseur de 5 1} lignes.

La surface de la coquille est garnie de côtes concentriques, dont le nombre est variable; les individus de l’Aube n’en contiennent que dix à douze, ceux de Khoroschôwo jusqu'à vingt deux, en comptant aussi les petites côtes autour des sommets: c’est pourquoi les côtes plus nombreuses sont moins écartées que celles des individus de l'Aube. La forme de l’individu de Khoroschéwo est pourtant la même; le bord supérieur postérieur descend obliquement plus bas que l’antérieur, qui est

* Der Inoceramenthon von Ssimbirsk voy. Bull. de Mosc. I. c. 1865, I. Moscou p. 14. PI. 3, fig. 7.

** Zrrrec, Gosaugebilde der nordôstl. Alpen I. c. p. 52. PI. 8, fig. 5. 40 *

légèrement échancré et occupé par la lunule, comme sur les individus de l'Aube. L’écusson est large, allongé et profond, la lunule est plus large et lancéolée. Les interstices des côtes ne sont pas tout à fait lisses, mais légèrement striés, à stries concentriques. *

Cette espèce a beaucoup de rapports avec l’Ast. Veneris, qui cependant s’en distingue par la coquille plus épaisse, presque sphérique, par le bord inférieur obtus, non tranchant, et par la surface finement striée, à stries concentriques inégales, tandis que l’Ast. laticosta est muni de côtes concentriques distinctes. Le moule de l’Ast. laticosta de Khoroschôwo est plus large que long et marqué sur le côté postérieur d’une carène obtuse oblique, qui descend du sommet jusqu’au bord inféropostérieur. La carène est à peine indiquée sur la surface de la coquille, dont les deux côtés tranchants sont également élargis et arrondis.

L'Ast. Fittoni * Desx., du terrain albien, a les plus grands rapports avec l’Ast. laticosta et ne s’en distingue que par la longueur plus grande relativement à sa largeur.

Esp. 704. Ast. ovoides v. Bucx.

Venus ovoides v. Bucu voy. KarsTEN, Archiv f. Mineralogie 1842 et BRON, Jahrb. f. Mineralogie 1845, p. 181.

Astarte Duboissiana d’'Ors., Paléont. de Russie I. c. Paris 1845, p. 455. , PL 388, fig. 14—15 (excluso nucleo fig. 17— 18). : Astarte ovoides v. Bucu; Rouizz., Bull. de Mosc. 1. c. 1847. IE, p. 412. PI. G. fig. 27.

Lucina lyrata (Przc.) var. RouizL., Bull. de Mosc. 1. c. 1848. I, p. 276 et Bull. Mosc. I. c. 1846, IV. PI. E, fig. 6 (?).

La coquille, plus large que longue, est convexe, inéquilatérale et garnie de plis concentriques ou côtes tranchantes, séparées par des interstices striés concentriquement; le bord antérieur est élargi et arrondi, le postérieur rétréci et allongé; le bord inférieur élargi, elliptique et crénelé en dedans.

Hab. dans le grès néocomien noirâtre de Khoroschéwo près de Moscou, et près du village de Karta-yol sur le bord de PIshma.

La coquille, de taille moyenne, a été nommée déjà en 1842 par M. DE Bucux Astarte ovoides, et M. d'Orsreny l’a décrite en 1845 SOUS le nom de Ast. Duboissiana; le premier nom a la priorité. M. Rouz- LIER a méconnu cette espèce de son côté et l’a déterminée comme Ast. lyrata Par. du terrain jurassique. Elle a 1 p. 9 L. de large, 1 p. 6 I. de long et une épaisseur de 101/2 1. Les sommets, rapprochés du bord

* Leymérie, Sur le terrain crétacé du départ. de l’Aube dans les Mém. de la Soc. géol. 1. o. V. 1, p. 5. PI. 4, fig. 2.

antérieur, sont infléchis l’un vers l’autre; la lunule est profonde, plus longue que large, l’écusson occupe presque tout le bord cardinal, et est trois fois plus long que la lunule; il est profond et marqué de bords carénés. Le ligament extérieur occupe la moitié de la longueur de l’écusson. Les bords sont tranchants, excepté le cardinal, qui est élargi et obtus. Le test épais est très fragile et se compose de deux couches. Le moule (1. c. 17—18) réuni par M. d'Orsieny à l’Ast. Duboissiana n’appartient pas à celui-ci, mais plutôt à l’Astarte transversa Levu. du néocomien moyen.

Cette espèce a été confondue par M. d’Orgreny (1 c.) avec une autre espèce voisine, du terrain oxfordien de la France, qui s’en distingue par une plus grande largeur; elle est très abondante dans le grès noirâtre de Khoroschéwo et caractérise cet étage, et ne se trouve pas dans leterrain jurassique, mais, sous le nom d’A st. illunata Levx., dans le terrain albien du département de l'Aube; celui-ci a la même grandeur, la même forme arrondie et ne se distingue que par le ligament un peu plus large et les bords de l’écusson plus allongés que ceux de l’Ast. ovoides, dont cependant les côtes concentriques striées se développent sur l'A. illunata -en stries concentriques très serrées.

Esp. 705. Ast. porrecta v. Bucx.

Beiträge zur Bestimmung d. Gebirgsformationen in Russland. Berlin 1840, p. 94. PI. IL, fig. 3—5.

TraurscHozn, Der Inoceramenthon von Ssimbirsk, voy. Bull. de Mosc. I. c. 1865. 1,p. 1. PI. I fig. 1.

La coquille, de grandeur moyenne, est plus large que longue, la surface finement striée, à stries concentriques plus fines vers le bord inférieur que vers les sommets; ceux-ci sont rapprochés du bord antérieur, qui est profondément évasé, à charnière élargie et épaissie, et à bord inférieur crénelé elliptique.

Hab. dans l'argile néocomienne de Bessonow, près de Ssimbirsk, et près du village de Karta-yol sur le bord du fleuve Ishma *,

La coquille transverse est pourvue d’une lunule allongée et d’un écusson beaucoup plus long, à bords carénés; le bord antérieur est arrondi, crénelé en dedans et évasé en dessous des sommets; le bord postérieur, également crénelé en dedans, est plus large que l’antérieur. Les impressions musculaires sont assez’ profondes, l’antérieure plus grande que la postérieure.

* Graf v. KevserLiNG, Petschorareise 1, c. p. 310,

La coquille à 1 p. 7 1. de large, 1 p. de long, et les valves closes” ont une épaisseur de 10 lignes. |

Ce n’est pas l’Astarte porrecta Reuss *, du grès crétacé à P yropes de la Bohème, nommé en 1846, en sorte que le nom de M. »E Bucx doit avoir la priorité.

L’Astarte porrecta v. Bucu, associé à l’Ast. maxima Quensr., a été indiqué dans le terrain jurassique brun de Popilani en Lithuanie, mais, par suite d’une méprise, selon moi, car je ne l’ai rencontré ni à Popilani, ni à Nigranden **.

Esp. 706. Ast. subobtusa d’Ors.

Astarte obtusa Keyserz., Petschorareise 1. c. p. 310. PI. 17, fig. 25 —26. Ast. subobtusa d'Ors., Prodrome de Paléont. I. c. Paris. 1850. I, p. 364.

Petite coquille transversale, ovalaire, à sommets saillants situés presque au milieu du bord cardinal, et légèrement rapprochés du bord antérieur; la lunule courte est aplatie, à peine concave; l’écusson, de la même largeur, est un peu plus long.

Hab. dans un calcaire douteux, à ce qu’il paraît néocomien, de la Petschora près du village de Polouschino. ,

La surface de la coquille est pourvue de petites côtes concentriques, à interstices inégaux et finement striés. La coquille a 5 L. de large, et de long, et les valves closes offrent une épaisseur de 2 lignes.

M. Sowergy avait déjà nommé en 1817 une espèce Ast. obtusa, c’est pourquoi M. d'OrBreny à changé ce nom en Ast. subobtusa.

| Esp. 707. Ast. Roemeri Rouwizz.

Bull. de Mosc. 1. c. 1849. IT, p. 395. PI. M, fig. 108.

Zeïtscbr. d. deutsch. geol. Gesellsch. Berlin 1861, p. 416

Astarte oblongata Des. Ast. elongata d'Or8., Paléont. fr. Terr. crét. 1. c. 1843, p. 68. PI. 263, fig. 81—9—11.

La coquille, de grandeur moyenne, est ovalaire, beaucoup plus large que longue, à sommets à peine saillants et situés près du bord antérieur, qui est très court et plus large que le bord postérieur très allongé et étroit; la surface est parcourue de stries très fines, concentriques et serrées.

Hab. dans le grès néocomien inférieur noïrâtre de Mniéwniki et de Troïtzkoyé, près de Moscou.

Les deux bords latéraux sont arrondis et inéquilatéraux, l’antérieur

* Reuss, Bôhmische Versteinerungen I. c. vol. I, p. 2. PI. 33, fig. 18.

#* GRewinGu, Geologie von Liv- und Kurland, voy. Archiv f. d. Naturkunde. Dorpat 1861. Serie I, vol. II, p. 700.

est très-court et le postérieur très-long; la lunule est plus étroite que lécusson,. qui est de largeur double, et caréné. Les sommets ne font pas de saillie.

La coquille à 1 p. 2 1. de large et 8 1. de long, les valves closes offrent une épaisseur de.5 lignes.

Je ne vois pas de différence entre l’'Ast. oblongata DEsx. ou Ast. elongata d’Ors.* et l'A. Roemeri; PA. oblongata est également comprimé, obtus aux extrémités eb orné de stries ou plis concentriques, inégaux; une carène oblique descend des sommets jusqu’au bord postéro-inférieur ; elle se voit aussi sur l’Ast. Roemeri, quoiqu’elle n’y soit pas aussi bien accusée que sur l'A. oblongata, dont la lunule est très-étroite, comme aussi l’écusson. L’Ast. oblongata caractérise le néocomien inférieur du bassin parisien, et ne diffère de l'A. Roemeri que par ses plis un peu plus épais et inégaux, conformation individuelle et peu importante, et par le bord postérieur un peu plus épais et plus rétréci que celui de lAst. Roemeri.

Esp. 708. Ast. substriata Levm.

Mém. de la Soc. géol. I. c. V. 1. 1842, p. 4. PL. 6, fig. 3.

La coquille, de grandeur moyenne, est plus large que longue, comprimée, très arrondie et marquée de stries d’accroissement irrégulières plus fortement accusées près des bords inférieur et postérieur, où elles se relèvent en plis concentriques. Le côté antérieur est très court et arrondi, le postérieur prolongé et arrondi.

Hab. dans le grès néocomien supérieur verdâtre d’Iletzkaya aux environs d'Orenbourg, ainsi que dans l’albien du département de l’Aube et dans le néocomien de l'Yonne en France.

La coquille est en général plus large que longue, à sommets saillants, situés près du côté antérieur, à lunule très petite ou presque nulle, et à écusson étroit, assez court et pourvu de la lamelle ligamentaire distincte pour fixer le ligament externe. Les plis concentriques sont très irréguliers, inégalement espacés, et des stries rayonnantes, à peine visibles, viennent se croiser avec les plis concentriques sur le bord postérieur fortement allongé.

# Cest l’Ast. oblongata Desn., mais comme ce nom a été déjà employé par Sowergy pour une espèce du crag (il l’a nommée pourtant Ast. oblonga et non oblongata), M. d'Orsieny l’a changé en elongata. M. DEsnaves a nommé cette espèce déjà en 1842 dans les Mém. de la Soc. géol. de Fr. vol. V, partie 1. (voy. Levmérie, Terrain crét. de l'Aube p.5. PI. 6, fig. 1.), et ce nom a la priorité, car l’'Ast. oblonga Sow. n'est qu’une variété de l’Ast. bipartita Sow.

La coquille a 1 p. de large et 10 L. de long, à valves closes elle n'offre qu'environ 4 1. d'épaisseur; elle est par conséquent très comprimée. |

L'espèce de l'Yonne s’en distingue un peu: elle est moins large, quoiqu’elle soit toujours plus large que longue, le bord antérieur est plus prononcé, et le côté postérieur dépourvu des stries rayonnantes, que l’on observe sur le côté postérieur et même sur l’antérieur des individus d'Iletzkaya, où elles se voient sous la surface et semblent indiquer plutôt la structure interne de la coquille que des stries de la surface ellemême. Le bord inférieur est entier.

L’écusson est distinct, la lunule rudimentaire et petite, comme celle de l'Ast. illunata Leym.*, que M. d’OrBiexy ne considère que comme une variété de l’Ast. substriata, en sorte que la lunule peut être grande et peut même manquer, certains individus étant pourvus d’une lunule, les autres en manquant.

Esp. 709. Ast. Dupiniana d'Ors.

Paléont. fr. Terr. crét. 1. c. p. 70. PI. 264, fig. 4—6.

? Astarte Voltzii (Goupr.) Traurscnozp, Bull. de Mosc. 1. c. 1861. I, p. 81. PI. VIL, fig. 5.

? Ast. minima (Pæize.) ibid. I. c. p. 82. PI. VII fig. 6.

Petite coquille, aussi longue que large, comprimée et garnie de stries concentriques peu marquées; elle est courte du côté antérieur, allongée et très obtuse du côté postérieur; le bord inférieur est crénelé.

ITab, dans le calcaire néocomien noiïrâtre de Mnidwniki et sur le fleuve Jaouza, dans la ville de Moscou, peut-être aussi dans un grès vert d'Antipowka sur le Volga, ainsi que dans le gault du bassin parisien.

La coquille, très petite, est légèrement renflée et parcourue de stries concentriques très rapprochées; elle à 2 1. de large et autant de long, mais je n'en connais que le moule extérieur, que j'ai recueilli sur le Jaouza. Les autres individus, que j’ai réunis à l’A st. Dupiniana, se sont trouvés à Mnidwniki; on les a pris pour d’autres espèces, l'un pour l’'Ast. Voltzii Goror. **, l’autre pour l’Ast. minima Pr. ***; mais l’Ast. Voltzii est plus bombé, à côtes moins nombreuses, plus espacées et à intervalles munis de stries, parallèles aux côtes. L’Ast. minima n’a pas la moitié des côtes qui se trouvent sur le test de la fig. 6 du Bulletin de Moscou, et je suis plutôt d’avis de considérer les deux espèces comme

* Mém. de la Soc. géol. I. c. PI. 6, fig. 2 ** Gozpruss, Petref. Germ. 1. c. PI 134, fig. 8. *%# PæiLLirs, Geol. of Yorksh. 1. c. PI. 9, fig. 28.

PAst. Dupiniana, qui a, comme elles, des stries fines nombreuses. Le petit individu, désigné sous le nom d’Ast. minima, a en outre beaucoup de rapports avec l’Ast. nana Reuss * du plänermergel de Priesen en Bohème, à cause de sa longueur, qui est un peu plus considérable, et il se peut que ce soit effectivement l’Ast. nana. Je ne le possède pas, et j’en juge seulement d’après la figure citée.

Les côtes nombreuses des individus orbiculaires empêchent leur réunion avec l’Ast. gryphaeoides, dont les jeunes ont pourtant presque la même forme.

Esp. 710. Ast. Buchii Rôm.

F. Rôuer, De Astartarum genere p. 20, fig. 4.

Rexevier et Picret, Fossiles du terrain aptien de la Perte-du-Rhône. Genève 1858, p. 85. PL. X, fig. 1.

La coquille, de grandeur assez considérable, est presque trigone, assez comprimée, à sommets situés près du bord antérieur, qui est profondément évasé; la lunule est profonde; l’écusson très long, large et marqué d’un bord caréné; la surface des valves porte des stries d’accroissement peu visibles sur la partie supérieure du test, tandis que l’inférieure est garnie de côtes concentriques larges. Le côté antérieur est beaucoup plus court que le postérieur, qui cependant est également arrondi. Le moule est très plat ét lisse, son bord inférieur est finement crénelé.

Hab. dans le cénomanien d'Ossinowo près de Kharkow, aïnsi que dans l’aptien inférieur de la Perte-du-Rhône.

Je ne possède que le moule incomplet d'Ossinowo; il a 2 p. 6 I. de large et 2 p. 3 1. de long, mesuré au dessus des sommets. Le bord dorsal est épais et légèrement convexe; l’écusson est étroit et allongé; le bord inférieur est elliptique et se perd peu à peu dans les bords antérieur et postérieur.

Esp. 711. Ast. Konducki d'ArcH.

Vicomte d’Arcurac, Sur les fossiles du tourtia voy. Mém. de la Soc. géol. de Fr. vol. Il. Série IT, p. 302. Paris. 1846.

Grande coquille orbiculaire, subéquilatérale, à très petits sommets recourbés; la surface des valves est régulièrement convexe et couverte de stries d’accroissement concentriques nombreuses et inégales; la lunule est étroite et profonde, l’écusson très long et muni d’un bord caréné, tranchant.

* Rauss, Bôhm. Kreide IE, p. 3. PI. 33, fig. 18.

Hab. dans un grès aptien compacte de la colonie allemande de Neusatz en Crimée, ainsi que dans le tourtia de Tournay en France.

La coquille est marquée de stries concentriques inégales, entre les- quelles on en observe d’autres qui sont plus délicates et plus régulières, surtout au voisinage des sommets. Le bord cardinal est fortement arqué, et la charnière composée sur la valve gauche d’une dent cardinale, placée sous le sommet, avec une fossette en arrière, puis au delà se voit une dent divergente. Le bord inférieur est arrondi et simple.

La coquille a 3 p. 10 1. de large et autant de long, les valves closes offrent une épaisseur de près de 1 pouce.

Le Lucina lenticularis Reuss, du terrain crétacé d’Aïx-la-Chapelle, lui ressemble beaucoup, mais il est plus plat que PAst. Konincki, et sa surface porte des stries très fines et très régulières.

Genre LXX VIII. Opis Dzre.

La coquille équivalve, cordiforme, est épaisse, à sommets très saillants; la charnière très-prononcée se compose sur la valve gauche d’une grande dent triangulaire ou comprimée, et en avant, d’une cavité étroite, profonde; la valve droite est pourvue d’une cavité et d’une dent correspondante, et de deux impressions musculaires du côté antérieur et d’une du côté postérieur; le ligament est externe et l'impression palléale entière.. Ce genre se trouve dans les terrains jurassique et crétacé.

Esp. 712. Op. similis Des.

Quexsrepr, Jura 1. ce. p. 445. PI. 61, fig. 6 et 7.

- La coquille est petite, trigone et finement parcourue de stries concentriques très serrées, fines sur les côtés et plus épaisses sur la carène obtuse, qui est dépourvue du sillon sur la région médiane.

Hab. dans le jura brun de Pomorshani près d’Olkousch en Pologne.

Les sommets sont épais et recourbés, la lunule est petite et non profonde; la carène dorsale se continue dans le bord inférieur et forme un lobe aigu; le bord est crénelé en dedans. La coquille a 41) L. de large et 6 1. de long.

Esp. 713. Op. megalodus w.

PI. XXIV, fig. 4 a valve droite, gr. nat.; b la même grossie, de côté; c la même, vue en dedans; d la même, vue sur la lunule.

Testa trigona, inflata, costata, costis concentricis prominulis, interstitiis costarum longitudinaliter ac subtiliter striatis; dorso carinato, carina à vertice ad inferiorem marginem descendente, ab anteriore sulcum profundum excipiente; lunula magna, profunda, laevi, cordiformi. |

Hab. dans le grès néocomien ferrugineux près d’Antonowo-Poustosch sur le bord de l’Oka aux environs de Jelatma.

Petite coquille trigone, plus ou moins sphérique, arrondie, à sommets très saillants et recourbés; la surface est ornée de côtes concentriques, transversales, élevées, traversant la carène sous un angle aigu. Les interstices profonds entre les côtes sont marqués de stries transverses, parallèles aux côtes et moins distinctes sur la région médiane de la coquille que sur la région postérieure.

La lunule est très profonde et lisse; elle est séparée, par des bords bien limités, de la région médiane de la coquille; les deux lunules réunies forment un enfoncement en cœur. La carène dorsale est marquée du côté antérieur d’un sillon, qui le longe du sommet jusqu’au bord inférieur ; un autre enfoncement, plus large et moins limité, occupe la région postérieure de la coquille, en partant du sommet jusqu’au bord inférieur, où il s’élargit considérablement. ”

La charnière est plus large que haute, et munie d’une forte dent très allongée oblique, près de laquelle on observe une fossette profonde pour la réception de la dent de l’autre valve; la dent dépasse le bord cardinal étroit.

Je ne possède que la partie supérieure cardinale de la valve, et je ne puis pas indiquer par conséquent les différentes dimensions de la valve.

Cette espèce ressemble beaucoup à l'Opis cardissoides GoLpr. du jura blanc de l'Allemagne; celui-ci s’en distingue cependant par la charnière plus haute que large, par la dent cardinale verticale et non oblique, par la lunule moins profonde, par les côtes plus délicates, et par le manque de stries transversales serrées à la surface. —

Esp. 714. Op. annoniensis d'ARCH.

Vic. d’Arcurac, Sur les fossiles du tourtia, voy. Mém. de la Soc. géol. de Fr. vol. IT, 2. 1846, p. 305. PI. 14, fig. 10.

Opis lunulata (Sow.) Rouizz., Bull. de Mosc. 1. e. 1848,1, p. 282. PI. G, fig. 25, et Bull. Mosc. 1. c. 1847. II, p. 407.

La coquille trigone, étroite, tronquée en arrière et arrondie en avant, a la surface légèrement striée, à,stries transverses, très fines, inégales, se perdant presque tout à fait sur la région postérieure, qui est élargie et marquée d’une proéminence allongée limitant l’écusson; la lunule cordiforme est élargie et peu profonde; le bord inférieur est crénelé en dedans.

Hab. dans le grès néocomien noirâtre de Khoroschéwo, ainsi que dans le tourtia de Tournay.

La coquille est garnie de plis transverses ou stries nombreuses très

serrées, elles deviennent plus épaisses sur la carène médiane des vieux individus. Les sommets sont fort saillants, recourbés et contigus; la lunule cordiforme est limitée par un bord relevé, qui passe immédiatement dans la surface convexe du côté antérieur de la coquille. Le bord inférieur est divisé par la carène obtuse en deux parties inégales, dont l’une, l’antérieure, est élargie et arrondie, et l’autre tronquée et oblique, absolument comme dans DORE annoniensis d'ArcH. du tourtia de Tournay en France.

La coquille de Khoroschéwo a 6/}2 1. de Be et 9 L de jt les valves closes offrent une épaisseur de 7 lignes.

L'Opis lunulata Sow. *, du great oolite de l'Angleterre, est beaucoup plus court et plus large; la carène dorsale tranchante forme un lobe très aigu au bord inférieur, et un sillon longe la carène des deux côtés; la surface est en outre marquée de côtes plus distinctes et très régulières. L'Opis similis Desn. est également plus large que l’'Op. annoniensis, qui s’en distingue par sa longueur et par sa lunule mieux limitée. L'Opis angulosa d’Ors.**, du terrain kimméridien du cap de la Hève, a également beaucoup de rapports avec l’espèce de Khoroschéwo: il a la même forme, la facette postérieure ornée de deux carènes obliques, dont l’extérieure ou la dorsale est plus accusée que l’intérieure ou la cardinale. Le bord inférieur est simple, non crénelé, et c’est presque la seule différence d’avec l’Opis annoniensis, dont les bords sont distinctement crénelés. - IL est pourtant curieux de voir à Khoroschéwo des espèces néocomiennes dont la ressemblance est si grande avec les espèces kimméridiennes.

Esp. 715. Op. bicornis Gex. Sp.

Opisbicornis Reuss, Kreideformation v. Bühmen IL, p. 2. 1846. Arcabicornis Gen. Kislingswalda 1843, p. 14. PL 5, fig. 10—12. Opis Galliennei d'Ors., Paléont. fr. Terr. crét. 1843—47. PI. 257 bis, fig 5. La coquille se trouve en moule très renflé, à crochets acuminés, fortement prolongés et infléchis; elle est légèrement carrée, arrondie en avant, tronquée en arrière et un peu évasée en arrière, le bord inférieur est arqué.

Hab. dans le grès néocomien ferrugineux de Koursk, ainsi que dans le plänerkalk inférieur de Plauen en Saxe et dans le tourtia près de Tournay.

* Morris et Lycerr, Mollusca from the great oolite. Part IT. London 1853 (Paleont. Society), p. 80. PI. VI fig. 3.

“* Dorcrus, La faune kimméridienne Paris. 1863, p. 59. PI. 11, fig. 12-14. ##* Voy. mon mémoire Über den Eisensand von Kursk, Bullet. de Moscou 1. c. 1853. No. 1.

Le côté antérieur est tronqué, le postérieur légèrement échancré, et la surface des flancs convexe; un sillon profond part de l'impression musculaire postérieure et aboutit à la pointe du crochet allongé. L’impression musculaire antérieure est plus grande que la postérieure et se fixe, comme celle-ci, à la base épaisse du crochet. La coquille, mesurée au dessus des crochets, à 3 p. de long.

Esp. 716. Op. brevirostris ».

PI. XXIV, fig. 5 valve gr. nat., vue de côté.

Testa elongata, transversim striato-rugosa, verticibus exiguis, inflexis, latere antico subdilatato, lunula profunda praedito, postico binis carinis interque eas binis sulcis instructo.

Hab. dans le grès glauconien quarzeux ou turonien du mont Itschka aux environs d’Orenbourg.

La coquille, légèrement allongée, convexe, est lisse, pourvue de stries concentriques d’accroissement, à peine visibles, plus distinctes au bord inférieur; le côté antérieur est légèrement dilaté et arrondi, offre la lunule assez profonde, plus longue que large. Le côté postérieur est marqué de deux carènes obliques, qui se prolongent en haut dans le sommet, eb en bas en deux échancrures du bord inférieur, qui est lisse et non crénelé. Le sommet très petit est aigu et légèrement infléchi en avant. L’écusson allongé et étroit est limité par la carène intérieure. Le ligament était fixé sur une lame à peine saiïllante de la commissure.

La coquille à 11 1. de long et 8!} 1. de large, les valves closes offrent, à ce qu'il paraît, une épaisseur de 5 lignes.

Je ne suis pas sûr que c’est un Opis, car je ne connais que des moules, qui ne permettent pas d'observer la charnière, mais comme la forme de la coquille offre beaucoup de ressemblance avec l’'Op. elegans d’Ors.*, de la craie chloritée, je l’ai rapporté au genre Opis. L'espèce citée ne diffère de l’individu d’Orenbourg que par une grandeur moindre et par ses sommets plus allongés et plus épais.

Genre LXXIX. Crassatella Lau.

Ptychomya AGass (suivant Picrer).

La coquille transverse, oblongue, équivalve et inéquilatérale, est épaisse et fermée; la charnière est pourvue sur la valve droite de deux dents divergentes et de trois fossettes, dont l’antérieure est très large, et susceptible de recevoir le ligament interne; l’autre valve n’a qu’une forte dent et deux fossettes sur chaque côté pour la réception des deux

* D'Orgrcny, Paléont. fr. Terr. crét. L. e. p. 55. PI. 254, fig. 4-9.

dents de la valve droïte; l'impression palléale est entière. Les impressions musculaires sont profondément excavées, une d’un côté et deux de l'autre, ou deux de chaque côté, les deux accessoires supérieures sont très petites. Ce genre se trouve dans les terrains crétacé et tertiaire, et vit encore dans les mers actuelles.

Esp. 717. Crass. truncata Puscx.

Polens Palaeontologie. Stuttgart 1837, p. 77. PI. 8, fig. 3.

La coquille est petite, lisse, à sommets saillants, le côté antérieur court et arrondi, le postérieur plus allongé, tronqué et passant en un lobe inférieur aigu. L

Hab. dans la craie blanche d’Udricza en Pologne.

L’impression musculaire antérieure est simple et petite, la postérieure également simple et allongée; le genre semble douteux et cette espèce appartient peut-être aux Venus. La lunule est profonde, l’écusson allongé et étroit; une carène oblique, prenant naissance au sommet, descend en lobe aigu jusqu’au bord inféro-postérieur ; le bord supéropostérieur est également aigu. Le Crassatella vindinnensis d’Ors. *, du terrain turonien du bassin parisien, rappelle beaucoup l’espèce polonaise; le côté postérieur du Crass. vindinnensis est long, tronqué obliquement et prolongé en un rostre court, mais sa surface est garnie de stries concentriques , non lisse, comme celle du Crass. truncata, dont la largeur est de 10 L. eb La longueur de 7 lignes.

Esp. 718. Crassat. taurica m.

PI. XXIV, fig. 6 a moule gr. nat., vu de côté ; b le même, vu sur les sommets: x impressions musculaires supérieures très petites; xx impressions musculaires très grandes.

Testa maxima, transversa, oblonga, vertice anticum marginem angustum rotundatumque spectante, postico margine prolongato, latiore et rotundato; impressione musculari anteriore et posteriore duplice, utraque superiore exigua subtriangulari, inferiore utraque magna, anteriore rotundata, posteriore elongato-ovata, superne acuminata; impressione palli simplice, margine testae inferiore denticulato.

Hab. dans la marne crayeuse de Baktschissaraï et d’Inkerman en Crimée.

La coquille, en moule, très grande et très renflée vers les sommets, est transverse, oblongue ; les sommets sont situés près du bord antérieur, qui est légèrement rétréci et arrondi; le bord postérieur est élargi et

* D’Orgicny, Terrains crétacés L. c. p. 79. PI. 266, fig. 1 —3.

arrondi. Le moule montre les impressions musculaires paires de chaque côté; les deux très grandes inférieures et les deux très petites presque triangulaires, superposées aux grandes, dont l’antérieure est presque orbiculaire, et la postérieure allongée, se rétrécissant légèrement en haut, où elle est acuminée. L’impression palléale est épaisse, arquée et entière.

Le moule à 3 p. 3 1. de large et 2 p. 9 L. de long, à valves closes il offre 1 p. 8 1. d'épaisseur près des sommets; à partir de là, l’épaisseur diminue de plus en plus vers le bord inférieur, qui par là devient tranchant. Il est en outre crénelé en dedans. Ce caractère distingue notre espèce de l’'Astarte gigantea, qui a le bord inférieur toujours lisse en dedans, et qui est plutôt comprimé que renflé près des sommets.

Le moule du Crass. taurica est pourvu d’un enfoncement entre la grande impression musculaire et la légère carène qui descend obliquement des sommets vers le bord intérieur de l’impression antérieure.

Les deux petites impressions musculaires, situées au dessus des grandes, sont caractéristiques pour cette espèce, car les autres espèces de Crassatelles n’en montrent que deux sur le côté antérieur, tandis que le côté potérieur ne présente que la grande impression musculaire, la petite faisant défaut. Le Crassat. Galliennei d'Ors., du terrain crétacé supérieur, n'offre qu'une petite impression musculaire, située à une grande distance vers le côté intérieur de la grande impression musculaire antérieure.

Esp. 719. Crassatella ligeriensis d'Or. aff, Paléont. fr. Terr, crét. p. 77. PI. 265, fig. 3—5.

La coquille, de grandeur moyenne, est presque trigone, assez épaisse et ornée de stries concentriques, qui, sur le côté postérieur, forment de petites côtes lamelleuses, imbriquées, interrompues par une carène oblique obtuse, placée sur le milieu du côté postérieur, où elle est coupée carrément par les stries concentriques. Une seconde carène oblique est placée plus près du bord dorsal postérieur et coupée également par les stries concentriques. L

Hab. dans le grès néocomien noïâtre de Khoroschôwo, ainsi que dans la partie inférieure du terrain turonien du Mans en France.

La coquille est plus large que longue; elle a près de 1 p. 8 L de large et 1 p. 5 L. de long, les valves closes offrent à peu près 8 1 d'épaisseur ou davantage. La surface est striée, les stries concentriques sont inégales; les unes sont plus épaisses, d’autres plus fines; celles-ci occupent, au nombre de 6 à 8, les interstices entre les stries plus épaisses, marquées par des sillons concentriques qui les contiennent. La carène,

Obtuse du côté postérieur, est suivie par une seconde, moins marquée, qui semble former le bord de l’écusson allongé et elliptique, au milieu duquel on observe les nymphes allongées et étroites, pour fixer le ligament extérieur, comme dans les Astartes, auxquelles cette espèce ménage le passage.

Le sommet est situé sur le bord antérieur; il est fort peu saillant, obtus et marqué en avant d’une lunule profonde et courte, à bord antérieur peu évasé. j

Le caractère de notre espèce repose sur les marques d’accroissement garnies de stries concentriques, dont 6 à 8 sont séparées par des sillons concentriques; les stries du côté postérieur deviennent imbriquées et légèrement écailleuses, comme on le voit également sur les individus du département de l’Aube, dont les sommets sont pourtant plus saillants que ceux de l'individu de Khoroschéwo.

Esp. 720. Crass. borealis m.

Graf KeyserLinc, Petschorareise 1. c. p. 309 PI. 17, fig. 23—24.

Petite coquille épaisse et striée, à stries concentriques serrées, le sommet est situé presque au milieu du bord cardinal. Le moule est pourvu de deux impressions musculaires égales, très fortes et grandes.

Hab. dans un terrain, probablement néocomien, sur le bord de la Petschora au nord de la Russie.

6 Ce n’est qu’un moule que le comte KeyserziNG décrit et rapporte

au genre Crassatella, sans donner un nom à cette espèce. Les deux grandes impressions musculaires légèrement échancrées et les deux impressions musculaires très petites en tubercules, placées au devant des sommets, prouvent suffisamment que le moule doit appartenir au genre Crassatelle. Les deux côtés, antérieur et le postérieur, sont arrondis et presque d’égale largeur, l’inférieur est légèrement arrondi, et le sommet large et saïillant occupe le milieu du bord cardinal.

La coquille à 7 1. de large et 6 L. de long, et offre une épaisseur de 4 lignes.

M. De KeyseRLING suppose que c’est le terrain jurassique qui s’est développé sur la bord de la Petschora inférieure, mais les Crassatelles n’ont pas encore été rencontrées dans le terrain jurassique et je serais plutôt d’avis d'y présumer un terrain néocomien.

Famille dix-neuvième.

Lucinidées.

La coquille mince, équivalve et équilatérale, est arrondie ou ovale, entièrement fermée et pourvue de dents cardinales doubles, très variables, divergentes, et de deux dents latérales plus ou moins distinctes; le ligament externe est souvent caché en dedans. Les impressions musculaires

sont nettement séparées et allongées; l’impression palléale est entière. L'intérieur des valves est ponctué ou rayé.

Genre LXXX. Corbis Cor.

La coquille, renflée et entièrement fermée, est équivalve, subéquilatérale, à sommets infléchis et renflés; la charnière est composée d’une ou de deux dents cardinales et de deux dents latérales plus ou moins compliquées; le ligament est extérieur, et les impressions musculaires très prononcées sont simples du côté antérieur et doubles du postérieur; l’une, extérieure, est grande et oblique, l’autre, intérieure, petite et séparée de l’extérieure par un étranglement. L’impression palléale est entière. Ce genre se trouve dans les terrains jurassique, crétacé, tertiaire, et vit encore dans les mers des régions chaudes.

Esp. 721. Corb. sublaevis Keys.

Petschorareïse p. 308. PI. 17, fig. 12—13.

La coquille est plus large que longue, les sommets sont rapprochés ‘du bord antérieur, qui est arrondi comme le postérieur ; l'impression musculaire postérieure est plus petite que l’antérieure, qui est plus large; une troisième impression, très petite, accessoire, se trouve au dessus de antérieure près du sommet.

Hab. dans le grès douteux néocomien ou jurassique (comte Keys.) du bord de la rivière Ishma (pron. Ijema) près des écluses les plus fortes.

Le moule est marqué, à l’entour du sommet, de petits tubercules en

points, et la coquille offre des stries concentriques inégales.

L’individu de lIshma à 1 p. 8 L. de large et 1 p. 5!)2 L. de long, les valves closes offrent une épaisseur de 1 p. 101/2 L.; le bord inférieur est lisse, non crénelé, les sommets sont très rapprochés l’un de l’autre.

Cette espèce à quelques rapports avec le Corbis rotundata d’'Ors. * de la craie blanche de la France, quoique celui-ci soit plus long que le Corb. sublaevis et présente une forme presque orbiculaire; sa surface convexe est parcourue de stries concentriques inégales, traversées par des stries rayonnantes.

M. d’Orgrany “* donne à cette espèce le nom de Unicardium sub-

laeve.

Esp. 722. Corb. ovalis Beax aff.

v. Bucx, Beiträge zur Bestimmung der Gebirgsf. v. Russl. L. ce. p. 86 et 101. Pazrres, Geology of Yorkshire I. c. vol. I, p. 111. PL. 5, fig. 29.

La coquille transverse est plus large que longue, la surface striée, à stries concentriques très fines, serrées, et à sommets renflés, espacés l’un de l’autre; la lunule allongée, descendant des sommets jusqu’à la moitié de la longueur du bord antérieur.

Hab. dans le terrain jurassique douteux près d’Orschewa sur le bord de l’Oka aux environs de Jelatma, et sur le bord du fleuve Ilek aux environs d'Orenbourg.

M. pe Bucu a rapporté cette espèce au Corbis ovalis du KellowWays-rock de Scarborough, mais la lunule allongée la semble distinguer de celui-ci. Sa largeur est de 1 pouce, sa longueur est beaucoup moindre. Les stries concentriques deviennent plus épaisses et plus serrées sur le bord postérieur près des sommets, où, d’après M. pe Bucx, elles se cachent; le bord antérieur, moins large et plus court, offre Les stries presque également prononcées.

Esp. 723. Corb. rotundata d'Ors.

Paléont. fr. Terr. crét. 1. c. p. 113. PI. 280.

La valve est grande, arrondie, renflée, à sommet élargi et infléchi; la surface est striée, à stries concentriques inégales, d’épaisses alternant avec des fines.

Hab. dans un calcaire néocomien marneux à grains ferrugineux de Biassala en Crimée ***,

# Terr. crét. 1. c p. 113. PI. 280, fig. 1—8. #* Prodrome 1. c. I, p. 366.

##% M. Baizy (Quart. journal of the geol. Soc. of London. 1857, p. 142) mentionne un Corbis ou Arcopagia de la craie supérieure d’'Inkerman, mais n’en donne pas la description.

La coquille, orbiculaire, renflée et épaisse, est couverte de stries épaisses alternant avec de plus fines, irrégulières ; les sommets sont renflés et recourbés en dedans; la largeur des valves égale à peu près leur longueur, en sorte que la circonférence des valves est presque circulaire, quoique en général la longueur soit un peu plus grande que la largeur. La lunule est cordiforme, profonde; l’écusson lancéolé, aigu, très étroit.

La longueur, mesurée sur les sommets, est de 2 p. 3 L, tandis que la largeur à 2 p. 7 L., les valves closes offrent une épaisseur de 2 p.; je ne connais qu'une seule valve, dont la charnière est cachée par la roche calcaire adhérente.

La surface est couverte de côtes épaisses, inégales en largeur et très basses; elles sont finement striés, à stries concentriques très serrées; les interstices entre les côtes sont plus larges que les côtes et également parcourus de stries plus fines. Les côtes paraissent plus distinctes près du bord inférieur et deviennent plus serrées près du sommet. Les bords sont obtus, l’antérieur est presque égal au postérieur et arrondi comme V'inférieur. Les sommets occupent le milieu du bord cardinal. Les stries rayonnantes du Corb. rotundata de la France manquent à l'individu de la Crimée, peut-être parce que sa surface est mieux conservée que celle des individus de la France: les stries rayonnantes semblent appartenir à la structure interne des valves.

Il se peut que le Cardita obliqua Puscn*, du terrain crétacé marneux de Wloszczewo près de Konileps et de Kadzimierz en Pologne, appartienne aussi à cette espèce, avec laquelle il a beaucoup de rapports, au cas que ce n’est pas le Corbis cordiformis d'Or8. du néocomien de la France: celui-ci cependant se distingue par ses stries rayonnantes, qui manquent à l'individu de la Pologne.

Genre LXXXI. Lucina Brüc.

Loripes Pour, Ungulina Daur.

La coquille transverse ou orbiculaire des Lucines est inéquilaté- rale, le bord postérieur légèrement tronqué, plus court que l’antérieur, qui est plus allongé; la charnière est composée de deux petites dents cardinales, de deux latérales sur une valve, et d’une dent latérale sur l’autre. Le ligament est extérieur et quelquefois un peu caché. Impressions musculaires au nombre de deux dans chaque valve, l’antérieure allongée, la postérieure arrondie. L’impression palléale est entière. Ce genre se trouve dans les terrains jurassique, crétacé et tertiaire; Les

* Polens Palaeontologie L c. p. 67. PI. 7, fig. 5. A1 *

espèces en sont plus fréquentes dans l’océan actuel, sur des fonds sablonneux, au niveau des marées basses.

Esp. 724. Luc. despecta Parrx., Lycerr. et More. Geologie of Yorksh. IL. c. I. PI. 9, fig. 1.

Lucina obliqua Goupr., Petref. Germ. 1. c. PI. 146, fig. 14.

— cardioides d'Arcn., Descript. du départ. de l’Aisne, voy. Mém. de la Soc. géol. de Fr. vol. V, p. 373. Paris 1842. PI. 25, fig. 6. PI. 27, fig 3. Morris et Lycerr, Paleontogr. Soc. Mollusca from the great oolite 1853, p. 69.

PI. 6, fig. 16—17.

La coquille est presque orbiculaire, oblique, convexe, à petits sommets aigus, rapprochés du bord antérieur, le bord postérieur très court, l’antérieur prolongé, la surface est mar quée de nombreuses stries concentriques, serrées.

Hab. dans le calcaire oxfordien de Tambow et, à ce qu'il paraît, dans le même terrain de Goliowo, ainsi que dans le great et inferior oolite de l'Angleterre et de l'Allemagne.

La coquille, transverse ou orbiculaire, est garnie de stries concentriques fines, plus marquées vers le bord inférieur; elle a le bord antérieur presque deux fois plus long que le postérieur, qui est d’égale largeur avec celui-ci. L’impression musculaire y est d’une longueur double de celle du bord antérieur.

La coquille à 10 L. de large et 9 L. de ne les valves closes offrent une épaisseur de 6 1. Les sommets sont petits, inclinés en avant, et la charnière étroite est munie sur la valve gauche d’une dent cardinale forte, lamelleuse et pliée *, les deux dents latérales sont petites et écartées. Le limbe large, qui entoure les bords du moule jusqu'aux impressions musculaires près du bord cardinal, caractérise cette espèce.

Le Lucina cardioides d’Aro. estle jeune L. despecta Paix, qui est plus convexe, ses stries sont plus élevées et plus régulières; le Luc. obliqua Gozpr. est également la même espèce, d’après MM. Lycerr et Morris. Je suppose même que le Lucina rosea Traurscn. ** appartient également, comme très jeune individu, au Luc. despecta; il n’a que 2 1. de large et presque autant de long. La couleur rose clair est accidentelle; les sommets sont rapprochés du côté plus court et plus rétréci, tandis que l’autre côté est plus allongé et plus élargi; la surface est lisse et luisante; le limbe élargi du bord inférieur est nettement accusé.

# D’Arcurac, Mém. de la Soc. géol. 1. c. p. 373. ** Bull. de la Soc. des Natural, de Mosc. p. 349. 1860. IV. PI. VIT, fig. 13.

Je possède un petit moule, à ce qu’il paraît de Lucina despecta, qui provient du calcaire jurassique d’Iletzkaya près d'Orenbourg. Le moule n’a que 2 1. de large, presque autant de long, et, à valves closes, une épaisseur de 1 1. Son ensemble rappelle beaucoup l'espèce de Tambow: la grandeur est la même, les bords sont tranchants et les impressions musculaires répondent à celles du moule de Tambow.

Esp. 725. Luc. semicardo Quensr.

Jura L. c. p. 763. PI 93, fig. 34.

Petite coquille luisante, suborbiculaire, un peu plus large que longue; les sommets sont très petits, peu saillants, rapprochés du bord antérieur et infléchis vers ce bord; la lunule très petite n’est pas bordée, et les deux côtés sont également arrondis; la surface est garnie de stries d’accroissement très fines, égales eb serrées.

Hab. dans le calcaire jurassique de l’étage oxfordien inférieur de Nigranden, ainsi que dans le jura blanc du Wurtemberg.

La coquille est légèrement bombée, transverse, à surface brunâtre et\luisante; les stries très fines sont à peine marquées. Elle a 6 L de large, à peu près 5 L. de long, et les valves closes sont d’une épaisseur de 21) L L'individu de Nigranden est plus petit que celui du Wurtemberg, qui est plus large. La charnière n’est pas connue, et il se peut qu’il appartienne à un autre genre, quoique sa forme offre les plus grands rapports avec le Luc. semicardo.

Esp. 726. Luc. corrosa Keys.

Betschorareise I. c. p. 308. PI. 17. fig. 14—16.

La coquille ovalaire a les sommets fort peu saïllants, situés au milieu du bord cardinal; les deux côtés sont arrondis et acuminés; la surface est garnie de stries d’accroissement concentriques très fines, les interstices sont finement ponctués.

Hab. dans le calcaire jurassique de la Petschora près de Polouschino.

Le bord postérieur de la coquille est un peu plus large que l’antérieur; la plus grande largeur est au milieu des deux bords; elle a 5 L, la longueur est de 4 L, et les valves closes sont d’une épaisseur de 2 lignes.

Esp. 727. Luc. Cornueliana d’Ors.

Paléont. fr. Terr. crét. L. c. p.116. PI. 281, fig. 3—5 (sous le nom de Luc. pisum).

Luc. lyrata Rourzr, (non Pur. nec Sow.), Bull. de Mosc. E c. 1846. IV. PL.E, fig. 6. Bull. de Mose. ]. c. 1847. IL p. 419, et 1848. I, p.275. PI. H, fig. 31.

La coquille, de grandeur moyenne, est ovalaire, à peine plus large que longue, assez convexe et à plis concentriques inégaux et fortement marqués; les interstices sont lisses sur les jeunes individus et striés sur les adultes, à stries très fines et parallèles aux plis; le côté postérieur est plus étroit que l’antérieur; les sommets sont saïllants, aigus et contournés à la lunule, qui est très profonde et lancéolée. Les nymphes allongées remplissent plus de la moitié de l’écusson.

Hab. dans le grès néocomien noirâtre de Khoroschéwo, dans un semblable terrain sur le bord du Ssalmysch près d’Orenbourg, dans le grès néocomien ferrugineux ou plutôt albien près d’Ekaterinoslaw, aux environs de Pawlograd, ainsi que dans le néocomien de Bettancourt-la- Ferrée en France.

La coquille présente plusieurs variétés, qui dépendent de l’âge des individus: elle est tantôt comprimée et ornée de plis concentriques serrés, entre lesquels il n’y æ# pas de stries concentriques plus fines, la lunule est un peu plus étroite que l’écusson; tantôt elle est munie de plis plus marqués et relevés, qui rappellent parfaitement les côtes du Lucina Cornueliana de la France; les intervalles portent des plis concentriques plus fins et nombreux; celle-ci est plus convexe, a 1 p. 41. de large, 1 p. 2 1. de long, et, à valves closes, une épaisseur de 8 lignes.

Le côté antérieur des individus de Khoroschôwo est en général plus allongé que le postérieur, qui est en outre légèrement tronqué à son point de réunion avec le bord inférieur, comme l'individu de Bettancourt. La lunule, profonde et lisse au fond, est pourvue de bords distincts et acuminés, tandis que les bords de l’écusson sont plus longs et moins tran® chants.

Le Luc. Fischeriana du néocomien des bords du Ssalmysch aux environs d'Orenbourg * à le côté postérieur plus allongé que l’antérieur, comme les individus plus jeunes du Luc. Cornueliana de Khoroschéwo tandis que l'individu de Bettancourt présente le côté antérieur plus long que le postérieur, comme en général les individus adultes de Khoro-

schéwo, dont le côté postérieur est légèrement tronqué en bas.

Une espèce très voisine du Luc. Cornueliana de Khoroschôwo est le Luc. valdensis Prcr. qui cependants’en distingue par sa largeur plus considérable et par les intervalles lisses entre les plis concentriques ; les

# L. v. Bucn, Die Gebirgsform. Russl. 1. c. p. 98. PI. IT, fig. 1—2, sous le nom de Luc.lyrata Pur.

plis concentriques du Luc. valdensis sont plus rapprochés près des sommets et de plus en plus espacés vers le bord inférieur de la coquille.

C’est une conformation que l’on observe aussi sur le Luc. lineata Roumxrer * de l'étage jurassique de Khoroschôwo, comme je l’indique plus loin, en réunissant les deux espèces.

Esp. 728. Luc. heteroclita d'Ors.

Paléont. de Russie par M. pe Verneuiz I. c. p. 460. PI. 39, fig. 9—10. Astarte orbicularis (Sow.) G. Fiscuer, Bull. de Mosc. 1843. I, p. 127. PI. 5, fig. 1, et Astarte elegans (Sow.) I. c. PL 5, fig. 2.

La coquille, de grandeur moyenne, est ovalaire et fortement renflée, la surface est marquée de plis concentriques tranchants, les sommets renflés, inclinés en avant, occupent le côté postérieur très court et tronqué, le côté antérieur est allongé, élargi et arrondi.

Hab. dans le grès néocomien inférieur noirâtre et le supérieur ferrugineux de Khoroschôwo.

La coquille est plus large que longue; elle est fortement renflée et les sommets épaissis sont infléchis vers le côté antérieur, le côté postérieur est très court et élargi. Le bord cardinal avant les sommets est très enfoncé, sans montrer de lunule bien distincte; les nymphes manquent également avec l’écusson bien marqué. La surface est ornée de plis concentriques espacés, à intervalles lisses, non striés. Le bord inférieur est tranchant, non crénelé.

La coquille a 1 p. 8 1. de large et 1 p. 7 IL. de long, les valves closes offrent une épaisseur de 1 p. 1 1. ou davantage.

Les individus de cette espèce qui se trouvent dans le néocomien inférieur, sont toujours munis du test, ceux du néocomien supérieur de Khoroschéwo en sont toujours dépourvus et plus petits que les individus du néocomien inférieur; les moules sont striés, les stries concentriques plus prononcées au bord inférieur, les impressions musculaires très prononcées, l’antérieure plus grande et surtout plus longue que la postérieure, qui est plus petite eb arrondie.

° M. d’Orgreny ** a fait récemment de cette espèce son Unicardium heteroclitum, parce que les dents ne sont pas celles d’un Lucina, mais plutôt celles d’un Unicardium; c’est aussi la raison qui à engagé M. De Fiscuer à en faire un Astarte; en effet notre espèce se dis-

* Rouizuier, Bull. de Mosc. 1. c. 1846. IV. PI. E, fig. 3. ** Prodrome de Paléont. stratigr. L. c. p. 367.

tingue des Lucines par le manque de la lunule et de l’écusson, et se rapproche plutôt de l’'Unicardium.

L'Astarte elegans (Sow.) Fiscm. me semble appartenir plutôt à lUnicardium heteroclitum d’Ors. qu'au Lucina Fischeriana, dont les sommets ne sont pas aussi saïllants qu’ils sont indiqués sur la fig. 2 de la PL 5 de M. pe Fiscuer (1. c.).

Esp. 729. Luc. inaequalis d’Ors.

Verngulz, Paléont. de Russie 1. c. p. 459. PI. 39, fig. 6—8.

La coquille, de grandeur moyeñne, mince et fragile, est transverse, ovale, fortement comprimée et garnie de stries concentriques inégales très serrées; le côté antérieur est allongé et arrondi, le postérieur très court, tronqué obliquement au bord supérieur et anguleux au postérieur.

Hab. dans le grès néocomien glauconien de Ssaragoul près d’Orenbourg, et dans un calcaire verdâtre à très petites lames de mica du sommet d’une montagne à 3 verstes du fleuve Je et à 600 verstes au nord de Touroukhansk.

Cette espèce est caractérisée par son test transverse, très dilaté transversalement, par là le côté antérieur devient plus allongé et le postérieur très court. Les sommets sont à peine saillants et infléchis légèrement en avant, où le bord supérieur est évasé et forme une lunule à peine distincte; le bord antérieur, qui commence au bout inférieur de la lunule, est légèrement dilaté et arrondi. L’écusson oblique est rudimentaire, et se prolonge jusqu’au milieu du bord postérieur, qui passe immédiatement dans le bord inférieur presque droit. L’écusson est plus long et plus étroit que la lunule. Le bord inférieur est le plus long et légèrement arrondi; l’antérieur est arrondi en demi-cercle, et le postérieur anguleux.

Les stries concentriques sont fines et inégales, des stries très fines sont placées entre d’autres un peu plus épaisses.

La coquille à 6 1. dé large. Celle du bord du fleuve Jénisséi est d’une grandeur double; elle à 1 p. et plus de large, est également comprimée et garnie de stries d’accroissement concentriques égales. Je ne, connais pas l’espèce du néocomien de Mniéwniki; on y trouve plutôt le Luc. Cornueliana, dont les plis, en.lames élevées très minces, sont égales et placés en rangées concentriques régulières; les sommets sont aussi situés au milieu du bord supérieur et divisent la coquille en deux moitiés presque égales; par là le côté antérieur n’est pas aussi allongé que celui du Luc. inaequalis.

Esp. 730. Luc.’rostrata m.

PI. XXIV, fig. 7 gr. nat.; a valve droite, vue de côté; b valves closes, vues sur les sommets.

Géognosie de Russie (en russe) 1846, p. 484.

La coquille, de grandeur moyenne, est transverse, très dilatée, en sorte que le bord antérieur élargi devient deux fois plus long que le postérieur, qui est oblique et pourvu de l’écusson aussi large que la lunule; il descend jusqu’au bord postérieur très court, et forme avec lui un angle obtus. Les sommets sont situés tout près du bord postérieur, légèrement contournés vers la lunule, qui est excavée, lancéolée et pourvue, comme l’écusson, de bords carénés. Le bout aigu de la lunule s’élève en une petite pointe. La surface du test est parcourue de stries d’accroissement concentriques égales et espacées; les intervalles sont occupés par des stries concentriques très fines. Le bord postérieur est comprimé ou enfoncé, l’enfoncement se dilate de plus en plus jusqu’au bord inférieur.

Hab. dans le même grès néocomien glauconien du mont Ssaragoul.

La coquille, trois fois plus grande que le Luc. inaequalis, a beaucoup de rapports avec cette espèce; elle est également transverse, mais plus élargie, le bord antérieur se dilate d’une manière extraordinaire; il est arrondi et plus large que le postérieur, qui est anguleux à sa partie inférieure, où l’écusson se réunit avec lui. Le bord postérieur ne présente que la moitié de la longueur de l’écusson, qui, tronqué obliquement et appartenant au bord cardinal, forme sur le Lucina rostrata le bord postérieur de la coquille, tandis que la lunule seule forme avant les sommets très petits le bord cardinal horizontal. La lunule est excavée, lancéolée et limitée par des bords en carène, dont le bout extérieur est aigu et forme une petite saillie anguleuse. Le bord postérieur est légèrement comprimé des deux côtés et forme un enfoncement superficiel, qui se dilate en bas et arrive jusqu’au bord inférieur.

La surface est garnie de stries concentriques épaisses, assez régulières et espacées, surtout au milieu des deux côtés; les intervalles portent des stries concentriques très fines.

La coquille à 1 p. 7 1. de large, 1 p. 1 L. de long, et, à valves closes, une épaisseur de 5 L Elle a les plus grands rapports avec le Luc. inacqualis, maïs elle s’en distingue par une grandeur plus considérable, par l’écusson et la lunule limités de bords carénés, par l’enfoncement superficiel au bord postérieur, et par les stries d’accroissement espacées et séparées par des sillons concentriques.

Esp. 731. Luc. Dupiniana d'Ors.

Paléont. fr. Terr. crét.1. c. p. 117. PI. 281, fig. 6—8.

La coquille, de grandeur moyenne, est transverse, très bombée, inéquilatérale, les sommets sont petits, renflés, très saillants, et rapprochés du bord postérieur; la surface est garnie de plis concentriques inégaux, les deux côtés sont arrondis et obtus; la lunule manque.

Hab. dans le grès néocomien ferrugineux près de Jelatma, sur le bord de l’Ounjia (Unsha), à Antonowo-Poustosch, ainsi que dans le néocomien du bassin parisien.

La coquille est subéquilatérale et très épaisse; les sommets sont situés plus près du bord postérieur que de antérieur, et contournés légèrement vers le devant; le postérieur est plus large et plus court que l’antérieur, qui s’allonge davantage, et reste également arrondi et presque aussi large. La surface est ridée, les rides ou plis sont Inégaux et concentriques, les uns sont épais et rapprochés du bord inférieur arrondi, les autres très fins et placés dans les intervalles des plis épais ou même sur eux. Le Lucina Dupiniana de la France se distingue un peu par une coquille presque aussi épaisse que longue, tandis que lindividu de l'Ounjia est plus large et un peu plus long, car il a 1 p. 2 1. de large, 1 p. de long, et, à valves closes, une épaisseur de 9 lignes.

La lunule lui manque, comme au Luc. Dupiniana de la France; l’écusson est rudimentaire; le ligament extérieur était probablement caché à l’intérieur; c’est ce que fait supposer l’écusson très petit, presque nul. L’écusson et la lunule manquent aussi totalement à quelques autres Astartes, comme par exemple à l’Astarte Guerangeri d'Org., du terrain crétacé supérieur.

La coquille est inéquilatérale, la région antérieure. beaucoup plus allongée que la postérieure, à peu près comme sur le Luc. rostrata, duquel notre espèce se rapproche le plus, quoique ce dernier ait la lunule et l’écusson très bien accusés. Les deux côtés de la coquille sont obtus et presque également élargis, mais comme le bord postérieur oblique descend des sommets, C'est-à-dire que le bord cardinal s’y réunit au postérieur, celui-ci devient un peu plus large que l’antérieur.

Esp. 732. Luc. corbisoides d'Ors.

Verneuiz, Paléont. de Russie 1. c. p. 459. PI. 39, fig. 4—5.

La coquille, de grandeur moyenne, transverse, est fortement comprimée, ovale et munie de stries concentriques très irrégulières; le bord

es at. nc

postérieur est un peu plus court et plus étroit que l’antérieur; les côtés sont arrondis; le bord supérieur au devant des petits sommets à peine saillants n’est pas évasé, et l’inférieur est légèrement arrondi.

Hab. dans le grès néocomien glauconien de Ssaragoul près d'Orenbourg, et près du village de Voskressensk aux environs de Gorodischtsché . du gouvernement de Ssimbirsk.

Cette espèce ne diffère guère du Luc. inaequalis; elle est pourtant plus égale, offre le côté antérieur un peu plus long que le postérieur qui est parfaitement arrondi, e6 non anguleux au milieu du bord. Cette espèce manque du bord évasé devant les sommets. Le côté postérieur semble être légèrement enfoncé, comme dans le Luc. inaequalis, c’est ce qui augmente un peu leur affinité mutuelle.

La coquille à 1 p. 2 1. de long, 11 L. de large, et une épaisseur, à valves closes, de près de 5 L.; ce sont là des dimensions qui diffèrent également de celles du Luc. inaequalis.

Esp. 733. Luc. Phillipsiana d’Ors.

Verneul, Paléont. de Russie 1. c. p. 458. PI. 39, fig. 1—3.

La coquille, de grandeur moyenne, transverse, est ovale, presque orbiculaire et munie de plis concentriques très marqués, serrés et séparés par des intervalles lisses; le côté antérieur est le plus court et arrondi, le postérieur est plus étroit et tronqué; une carène obtuse descend obliquement des sommets vers le bord postéro-inférieur.

Hab. dans le grès néocomien glauconien de Ssaragoul près d’Orenbourg, à Antipowka sur le bord du Volga, et dans un semblable terrain sur le bord de l’Ounsha près de Makariew.

La coquille, voisine par son aspect général du Luc. Fischeriana, s’en distingue par son côté postérieur plus long, et par ses plis plus serrés, non élevés; elle est encore plus voisine du Luc. corbisoides, mais s’en distingue par sa longueur plus considérable et son bord inférieur plus arrondi; la carène oblique obtuse la distingue de toutes les autres espèces de Lucines. La lunule courte, à bords à peine évasés, et l’écusson très allongé et étroit la caractérisent également. Elle à 11 1. de large et près de 9 1. de long. Le Luc. Phillipsiana offre la plus grande ressemblance avec le Luc. Vibrayeana d’Ors. du grès vert de la France *; cependant celui-ci a les sommets beaucoup plus saillants, le bord antérieur plus évasé et les stries concentriques de la surface moins

* Paléont. fr. Terr. crét. p. 122. PI. 283, fig. 5—7.

égales et moins élevées: ces différences ne sont peut-être dues qu’à l’âge des divers individus.

Le comte pe KeyseruwG * suppose que c’est là l’espèce qui a été trouvée dans la Sibérie orientale dans un terrain jurassique douteux sur la rivière Olének, mais il paraît que c’est plutôt le Lucina Cornueliana néocomien, dont nous avons déjà parlé plus haut.

Je possède un petit individu, du calcaire crétacé d’Antipowka , que je crois pouvoir réunir au Luc. Phillipsiana; il est un peu plus large que long, la longueur est plus considérable que celle des autres Lucines; elle est de près de 6 1. la largeur n’est que de 6!h2 1, et les valves closes offrent 21/3 L. d'épaisseur: par conséquent c’est un jeune individu, dont la surface est garnie de plis concentriques égales et très serrées. Son bord antérieur est élargi eb arrondi, Le postérieur muni du pli oblique rudimentaire en carène obtuse. Les sommets sont peu saïllants, la lunule et l’écusson fort rudimentaires.

Esp. 734. Luc. valdensis Pror. et Came.

Paléont. Suisse. IV, livr. 5ième, p. 288. PI. 122, fig. 7.

La coquille, plus large que longue, est comprimée et munie de stries d’accroissement concentriques en côtes inégales, fines, relevées et séparées par des intervalles plus ou moins espacés.

Hab. dans le grès néocomien noirâtre de Khoroschôwo près de Moscou, ainsi que dans le grès vert qui est à la base du gault (aptien supérieur) de Ste-Croix près de Genève.

La coquille est comprimée, ovale, presque équilatérale, à sommets peu saillants; le côté antérieur est arrondi, le postérieur légèrement anguleux vers l'extrémité de la charnière; l’écusson est étroit et profond, la lunule très courte.

ù La coquille à 11 1. de large et à peu près 8 IL. de long, mesurée au dessus des sommets.

Les plis concentriques ou côtes sont, à ce qu’il paraît, ornées de petites granulations indistinctes sur le tranchant qui se relève verticalement de leur base; les intervalles des côtes sont légèrement striés. Les sommets sont situés presque au milieu du bord dorsal, qui est échancré à la lunule, et légèrement convexe à l’écusson; Le bord antérieur est arrondi comme le postérieur, et l’inférieur est elliptique.

* Minpenporrr, Sibirische Reise Band IL, Theil I, p. 255.

TT

Le Lucina lineata (Gozpr.) Roux. *, ‘du terrain jurassique (?) de Khoroschôwo, paraît être la même espèce, et je suppose que ce n’est pas l’argile jurassique (le 3'èMe étage) de Khoroschéwo, mais le grès néocomien noirâtre qui a fourni à M. Rourzer le Luc. lineata. Celui-ci a les plus grands rapports avec le Luc. valdensis du néocomien de la Suisse, et je suis porté à les réunir tous les deux et à y faire entrer aussi le Luc. Phillipsiana (d'Ors.) Keys. ** du terrain douteux de Taïmyr en Sibérie.

Esp. 735. Luc. Fischeriana d’Ors.

Verneuil, Paléont. de Russie I. c. p. 458. PI. 38, fig. 31—32.

Astarte elegans (non Sow.) Fiscuer, Oryctogn. du gouvern. de Moscou 1837. PI. 46, fig. 6—8, et Bull. de Mosc. L. c. 1843. I, p. 127. PI. V, fig. 2.

Lucinalyrata (non Pize.) v. Bucu, Beitr. zur Bestimmung d. Gebirgsfermationen v. Russland. 1840, p. 95. PI. 3, fig. 1—2.

La coquille, de granüeur moyenne, est presque orbiculaire, légèrement comprimée et garnie de stries concentriques irrégulières serrées, les deux côtés sont arrondis, les sommets saillants et portant en avant une échancrure profonde, à lunule allongée.

Hab. dans le grès néocomien glauconien sur le bord du Ssalmysch près d’Orenbourg, et sur le mont Ssaragoul au fort Khansky, à 25 verstes d'Orenbourg, et dans le grès néocomien de Khoroschéwo.

Cette coquille se distingue par sa forme presque orbiculaire, un peu plus large que longue; Le bord dorsal est profondément évasé au devant des sommets, qui sont légèrement infléchis; l’écusson est plus allongé que la lunule, maïs d’égale largeur .avec elle; il est placé obliquement et descend presque jusqu’au milieu du bord postérieur, qui est arrondi comme l’antérieur et passe immédiatement au bord arrondi inférieur.

L'espèce de Khoroschôwo, que j'ai recueillie moi-même dans cette localité, à 1 p. 4 L de large et 1 p. 2 L de long, les valves closes offrent une épaisseur de 6 lignes; l’individu du bord de l’Ilek près d’Orenbourg, dessiné par M. pe Bucx, à 1 p. 5/2 1. de large et 1 p. 2 L de long ; d’autres individus, que je possède du mont Ssaragoul, ont 1 p. 41. de large et 1 p. 3 1. de long, les valves closes offrent une épaisseur de 61)2 1.; leur test est entièrement silicifié.

Cette espèce a beaucoup de rapports avec le Lucina lenticularis

* Bull. de Mosc. I. c. 1846. IV. PL. E, fig. 3 (grossi) et L. c. 1848, I, pag. *# Mippenporrr, Sibir. Reise Bd. I. Thl.[, p.255. PI. 6, fig. 3 - 4.

Gouvr., figuré en variété à bord supérieur très évasé du grès vert de Laun en Bohème, en sorte qu’il est même difficile de dire si cette variété n’est pas effectivement le Luc. Fischeriana; elle est de la même grandeur, à sommets placés tout près du bord postérieur, qui est oblique et muni d’un écusson allongé, étroit, descendant jusqu’au milieu du bord postérieur, comme dans le Luc. Fischeriana.

L’individu d'Orenbourg, dont M. pe Bucx à donné une bonne figure (1. c.), est caractérisé par la largeur de la coquille, qui est plus considérable que sa longueur, et par le côté postérieur plus allongé que l’antérieur.

Esp. 786. Luc. lenticularis Gozpr.

Petref. Germ. I. c. I, p. 228. PI. 146, fig. 16. Reuss, Verstein. d. Kreide von Bühmen IL. c. IE, p. 4. PI. 33, fig. 20—24. PI. 37, fig. 17. PI. 41, fig. 10.

La coquille, de grandeur très variable, est convexe, orbiculaire, à peine un peu plus longue que large, les sommets très petits sont inclinés vers le bord antérieur, sur lequel il y a une lunule profonde, mais étroite et courte; l’écusson est également profond et plus allongé; la surface est garnie de stries concentriques égales et serrées.

Hab. dans le grès néocomien supérieur du mont Ssaragoul près d’Orenbourg, dans le terrain néocomien douteux du fleuve Outessouyouk aux environs d’Iletzkaya, plus loin à Antipowka sur le Volga, dans la craie marneuse jaunâtre à très petits grains calcaires sphériques de Kamenka près d’Izioume au midi de la Russie, dans le turonien de Buczak près de Kiew, dans l'argile crétacée siliceuse sur le fleuve Stemassa près du village de Tomischew du gouvernement de Tambow, et près du village de Ssosnowka au district de Korssoune du gouvernement de Ssimbirsk, dans le turonien de Novgorod-Ssewersk du gouvernement de Tschernigow, ainsi que dans le grès vert, dans le quadre inférieur, dans le plänerkalk et le calcaire à Hippurites de la Bohème, dans un grand nombre de localités.

La coquille, tantôt convexe, tantôt légèrement comprimée, est ornée de stries concentriques inégales, entre lesquelles il y a une ou plusieurs stries plus fines. Les sommets sont très petits et inclinés vers la lunule, placée dans une échancrure profonde; cette conformation rapproche notre espèce du Luc. Fischeriana. Le bord postérieur a l’écusson tronqué obliquement, et arrondi plus bas, où il passe dans le bord inférieur arrondi.

De très petits individus se trouvent dans l'argile crétacée siliceuse

du bord de la rivière Stemassa *; ils ont 3/3 L. de large et 3 I. de long; ils sont encore plus petits, d'à peine 11/2 L. de long, sur le fleuve Outessouyouk; de plus grands se trouvent à Antipowka; ils ont 111 1. de large et presque autant de long, les valves closes offrent une épaisseur de 3 L Les individus de Kamenka, de grandeur presque égale, sont Les plus convexes et tout à fait orbiculaires. Les plus grands se rencontrent à Buczak; ils ont, en moule interne, 2 p. 5 L. de large, 2 p. 2 L. de long, et, à valves closes, une épaisseur de 9 lignes.

Esp. 737. Luc. turoniensis d'Ors.

Paléont. fr. Terr. crét. L. c. p. 123. PI. 283, fig. 11—12.

La coquille, de grandeur moyenne, est orbiculaire, fortement convexe et ornée de plis concentriques nombreux, entre lesquels’on remarque de fines stries concentriques serrées; les sommets sont très petits, à peine saillants et infléchis légèrement vers la lunule, qui est profonde et légèrement évasée.

Hab. dans le terrain turonien de Buczak et de Traktamirow aux environs de Kiew, ainsi que dans les couches inférieures du bassin turonien de la Loire.

La coquille orbiculaire est très bombée, la surface marquée de plis concentriques imbriqués, entre lesquels il y à 5 ou 6 stries concentriques très fines. Les deux côtés sont également arrondis, ainsi que les bords inférieur et supérieur; le bord postérieur est pourvu près du bord d’un léger enfoncement oblique. Les sommets, à peine saillants, sont très rapprochés l’un de l’autre et s’inclinent légèrement en avant. La lunule lancéolée est profonde, et l’écusson plus long, d’égale largeur avec la lunule. Les sommets de l'individu figuré par M. d’Orgreny du turonien de la France sont plus épais et plus saillants, mais comme leur forme générale ne diffère pas de celle des individus des environs de Kiew, je les ai réunis à l'espèce de la France, d'autant plus que les valves des deux espèces sont également bombées. L’individu de Traktamirow a 1 p. 3 1. de large et autant de long, les valves closes offrent une épaisseur de 9 lignes. :

Le moule offre l'impression musculaire arrondie, légèrement rétrécie, pointue au bord postérieur et élargie près de la petite carène de l’enfoncement postérieur; l'impression musculaire antérieure est allongée, étroite et placée presque verticalement.

* Pacar, Geogn. Untersuchungen im Pensaschen, Tambowschen u. a. Gouvernements p. 128. PI. 6, fig. 3 (en russe).

Esp. 738. Luc. discors ». PI. XXIV, fig. 3 gr. nat. valve, vue de côté.

Testa orbicularis, convexissima, verticibus exiguis margini cardinali medio infixis, vixdum prosilientibus, utroque latere testae costato, costis leniter inflexis, divergentibus et approximatis, mediam testam laevem convexam excipientibus.

Hab. dans le grès turonien de Buczak près de Kiew.

La coquille est orbiculaire, très convexe, à petits sommets à peine saillants, placés au milieu du bord cardinal. Le milieu de la coquille est lisse, dépourvu des plis ou côtes minces qui occupent les deux côtés en rangée longitudinale régulière. Les plis sont légèrement infléchis, divergents, concaves en haut et convexes en bas; les deux rangées latérales sont séparées par un espace uni au milieu de la coquille; cet espace est entièrement lisse près des sommets et Igor Rent strié au bord inférieur, les stries y paraissent horizontales.

La coquille a 61/2 1. de large et 6 L. de long. Elle a beaucoup de rapports avec le Lucina divaricata Lam. du terrain tertiaire inférieur du bassin de Paris; elle s’en distingue par ses plis latéraux plus nombreux et plus serrés, par l’espace médian lisse, dépourvu de plis, tandis que dans le Luc. divaricata, des côtes onduleuses des deux côtés se réunissent au milieu de la coquille et y forment des angles aigus.

Esp. 739. Luc. Roissyi Leym. aff.

Mém. de la Soc. géol. de France. vol. V, part. 1. Paris. 1842. PI. V, fig. 4, p. 4.

Petite coquille subsphérique, ressemblant beaucoup, par la forme de son contour, au Venus (Luc.) vendoperana; mais elle s’en distingue par son épaisseur, qui est constamment plus grande, et par sa taille, qui, au contraire, est toujours bien moins considérable.

Hab. dans le néocomien de la rivière Outessoujouk, à 25 verstes dIletzk, ainsi que dans un semblable terrain du département de l’Aube en France.

Je ne possède qu’un moule d’Iletzk, mais il ressemble tellement au Lucina Roissyi, figuré par M. Levmérie L. c., que je ne doute pas de l'identité des individus, car la description, que j'ai copiée des Mémoires de la Société géologiques, se rapporte tout à fait au petit moule d'Iletzk. Il n’a que 3 L de large et 2 L. de long, et offre, à ce qu’il paraît, à valves closes, une épaisseur de 11} ligne.

Les sommets, très saillants et infléchis vers le côté antérieur allongé,

sont fixés près du bord postérieur, qui est légèrement élargi et beaucoup plus court que l’antérieur. La surface est lisse et convexe.

Famille vingtième.

Cycladinées.

La coquille des Cycladinées, à épiderme corné, est mince, inéquilatérale et fermée entièrement, le ligament externe et l'impression palléale sont entiers; la charnière varie selon les espèces; il y a en général deux dents cardinales dans une valve et trois dans l’autre, ou trois dents dans chaque valve et deux dents latérales lamelleuses.

Genre LXXXII. Cyrene Lau.

La coquille arrondie, allongée ou trigone, est renflée et pourvue de sommets épaissis, saillants et infléchis; la charnière est munie de trois dents cardinales dans chaque valve, et de deux latérales, dont l’une est fixée sous la lunule. Le ligament externe occupe toute la longueur de la partie postérieure allongée de la valve. Ce genre se trouve dans le terrain jurassique supérieur, le crétacé et le tertiaire, et vit encore dans les fleuves et les lacs d’eau douce des pays chauds.

Esp. 740. Cyr. exigua ».

PI. XXIV, fig. 9 gr. nat.; valve gauche, vue de côté.

Testa parva, tenuis, obliqua, ovata, vertice anticam partem supremam occupante, carina obtusa a vertice oblique decurrente versus posteriora, latere antico dilatato-rotundato, brevi, postico prolongato, attenuato.

Hab. dans le calcaire oxfordien supérieur grisâtre de Nigranden en Lithuanie.

La coquille, très petite et transverse, est ovale, élargie et arrondie en avant, allongée et rétrécie en arrière; le sommet est épaissi, court et infléchi; il occupe le bord supérieur et antérieur au dessus de la petite lunule, qui est fort étroite. L’écusson est légèrement marqué et limité près du sommet par une carène courte et obtuse, qui, partant de lui, se dirige obliquement en arrière. Le bord antérieur très court est arrondi et plus large que le postérieur, qui est allongé, rétréci et également arrondi.

Le test est très mince et fragile et la surface striée; sur le moule les stries concentriques sont distinctes en stries d’accroissement. La co-

quille a 4 1. de large et 3 L. de long. Par sa forme elle ressemble par- Eichwald, Lethaea rossica. II. 42

faitement au Cyrena majuscula An. Rôm. *, du wealdéen de Hanovre, qui ne se distingue que par sa grandeur plus considérable; il est aussi plus large, c’est-à-dire de 1 p. 3 L., en sorte qu’on pourrait le prendre pour le jeune de cette espèce, quoique celle-ci ait le sommet plus saillant, la carène obtuse plus distincte, même au bout plus aigu du bord inféro-postérieur.

Esp. 741. Cyr. ambigua ».

PI. XXIV, fig. 10 gr. nat.; a valve droite, vue de côté ; b valves closes, vues d sur les sommets.

Testa ovato-triangularis, convexa, superiora versus inflata, ac leni carina obliqua postice ornata, verticibus submedianis, inflexis ad lunulam cordiformem dilatatam, scutellum angustum, nymphis curtis ac brevibus pro ligamento brevi figendo instructum; superficie testae tenuissime striata, striis concentricis aequalibus approximatis.

Hab. dans le calcaire néocomien près d'Iletzkaya-Saschtschita au gouvernement d'Orenbourg.

La coquille, de grandeur moyenne, est ovale, triangulaire, convexe, surtout vers le bord supérieur; de là elle s’amincit peu à peu vers le bord inférieur, qui devient fort tranchant. Les sommets sont situés presque au milieu du bord supérieur, occupent le bord antérieur au dessus de la lunule, qui est cordiforme et limitée en haut seulement, sa partie inférieure n’est pas bordée; les dents sont inconnues, car les valves sont étroitement fermées. Le bord supérieur est oblique, légèrement bombé et se perd immédiatement dans le bord postérieur, qui est fort étroit et rétréci; il est plus étroit que le bord antérieur arrondi; les deux bords sont tranchants comme l’inférieur. L’écusson est très court et étroit.

Les impressions musculaires sont de largeur inégale, l’antérieure réniforme est un peu plus petite que la postérieure, mais elle est à peine visible et peu distincte; l'impression palléale est entière. Le moule montre une carène légère, qui, partant du sommet, se dirige obliquement vers le bord inféro-postérieur rétréci.

La coquille a 1 p. de large, 11 1. de long, et, à valves closes, une épaisseur de 8 L., au-delà de la moitié des côtés près des sommets.

La surface du test fragile est garnie de stries concentriques très fines et très serrées; elles sont également fines, excepté près du bord inférieur, où le test est pourvu de stries d’accroissement plus marquées.

* Norddeutsch. Oolithengeb. Hannover 1836, p. 117. PI. 9, fig. 1, 3.

Cette espèce ressemble le plus au Cyrene lato-ovata Rôm. * de l’argile jurassique carbonifère d’Oberkirchen au nord de l’Allemagne, mais elle s’en distingue par ses sommets plus épaissis, par les bords antérieur et postérieur moins élargis, et par les stries de la surface moins espacées, plus serrées que sur l'individu jurassique. Elle offre également de l’affinité avec plusieurs espèces wealdéennes du nord de l'Allemagne, décrites par M. Durxer “*, comme par exemple le Cyrene obtusa Rôm., mais elle se distingue par sa forme plutôt trigone, par le bord antérieur plus étroit, le bord postérieur plus rétréci, et par les sommets plus renflés.

Esp. 742. Cyr. Kochii Dunx. aff.

Wealdenbildung 1. ce. p. 38. PI. 12, fig. 8. é

La coquille, assez grande, est presque équilatérale, comprimée, légèrement convexe et striée concentriquement; elle est arrondie au bord antérieur, un peu plus large et plus arrondie au postérieur; la surface est striée concentriquement et Les stries sont fort écartées les unes des autres.

Hab. dans le grès turonien d’Ossinowo dans le gouvernement de Kharkow, ainsi que dans le terrain wealdéen du nord de l'Allemagne.

Je ne connais qu'un moule incomplet et indistinct, que je réunis avec beaucoup de doute à l’espèce citée; au moins la forme en général se rapporte plus à cette dernière qu’à aucune autre espèce; cependant le bord postérieur du moule est moins large et moins rond; il s’amincit légèrement au bout, et est marqué en arrière du sommet d’une dépression oblique, qui forme le bord supérieur dorsal; sans doute cela ne serait pas une raison d'y voir le Cyr. Kochii, car je ne possède que le moule. Le bord antérieur incomplet du moule paraît aussi arrondi que le postérieur. Le sommet est comprimé et fort peu saillant. Le moule est fortement comprimé et indique une coquille également comprimée et lisse. Il a 1 p. 8 L. de large et 1 p. 4 L. de long; les valves closes n'avaient, à ce qu’il paraît, que 5 1. d'épaisseur.

Genre LXXXIII. Cyclas Lau.

Ce genre, offrant une coquille très petite et sphérique, se rapproche beaucoup des Cyrènes et ne s’en distingue que par son test très mince

* Norddeutsch. Oolithengeb. Hannover 1836, p. 116. PI. 9, 4. Duxxer, Wealdenbildung p. 32. PI. 10, fig. 33.

** Norddeutsch. Wealdenbildung. Braunschweig 1846, p. 33. PI. 12, fig. 2. Rôuer I. c. p. 115. PL. 9, fig. 7.

et fragile; les dents cardinales deviennent presque rudimentaires ou manquent tout à fait, tandis que les latérales se développent au détriment des cardinales et sont plus épaisses que ces dernières. Les plus petites espèces constituent le genre Pisidium Prerrr. Le genre Cyclas se trouve dans les terrains wealdéen, crétacé et tertiaire, et vit encore dans des fleuves de l’Europe.

Esp. 743. Cycl globulus ».

PI. XXIV, fig. 11 a gr. nat.; b grossi, valve vue de côté; c valves closes, vues sur les sommets.

Testa minima, subglobosa, leniter compressa, verticibus medianis, obtusis, inflexis, lunula subprofunda, scutello ea longiore minusque immersa, superficie tenuiter striata, striis concentricis approximatis.

Hab. dans le terrain crétacé ou nummulitique de l’île de Koul-Oussouata du lac d’Aral.

Très petite coquille, presque sphérique, légèrement comprimée, à lunule peu profonde, non bordée, et à écusson encore moins profond, plus allongé; les sommets, situés presque au milieu du bord supérieur, sont peu saillants, légèrement obtus et rapprochés l’un de l’autre.

Je ne connais qu’un petit moule de cette espèce; il est strié, les stries concentriques fines sont très serrées. Les bords sont tout à fait arrondis et constituent une coquille sphérique, légèrement comprimée, sur laquelle en haut du bord supérieur s'élèvent les sommets obtus.

Le moule à 11/2 L. de large et presque autant de long, les valves closes offrent l’épaisseur de 1 ligne.

Je ne connais pas bien le terrain dans lequel cette petite coquille a été trouvée, mais je suppose que c’est plutôt un terrain crétacé turonien que du tertiaire ancien (éocène) ou nummulitique.

Genre LXXXIV. Cyprina Lau.

La coquille, de forme variable, est équivalve, inéquilatérale et entièrement fermée, à sommets saillants. La charnière est composée d’une dent cardinale, qui, du côté antérieur, n’arrive pas jusqu’au bord, et d’une dent bilobée, située au bord. La valve droïte est pourvue de deux dents cardinales divergentes, auxquelles correspondent deux fossettes inégales dans la valve gauche; il y existe en outre une dent latérale rudimentaire. Les impressions musculaires sont très marquées, et l’impression palléale estentière. Ce genre se trouve très rarement dans le terrain kimméridien, très fréquemment dans le crétacé, le tertiaire, et vit encore dans les mers actuelles, surtout des régions polaires.

Esp. 744. Cypr. eximia m.

PI. XXIV, fig. 12 gr. nat.; a valve gauche en moule, vue de côté; b valves closes en moule, vues sur les sommets.

Isocardia eximia m., Fauna caspio-caucasia IL. c. 1841, p. 233.

Géogn. de la Russie I. c. (en langue russe) p. 532.

Testa magna, crassa, subtriangularis, inflata, verticibus incrassatis, inflexis anteriora versus et remotis ab invicem, lunula profunda, elongatocordata, scutello profundo prolongato, nymphis elongatis prominulis; impressio muscularis antica reniformis incrassata, postica ovato-triangularis, superficialis.

Hab. dans le grès néocomien vert de Kislawodsk au nord du Caucase. :

Grande coquille presque triangulaire, renflée, à test épais; les bords sont arrondis, l’antérieur plus étroit que le postérieur, qui est beaucoup plus prolongé et plus large que l’antérieur. Le bord inférieur est arrondi et, à ce qu’il paraît, légèrement crénelé. L’impression musculaire antérieure est fortement marquée, réniforme et rapprochée du bord; elle se continué en haut en un enfoncement lunulaire large et très profond, qui monte jusqu'au sommet; du côté supérieur et intérieur de l'impression antérieure on observe un autre enfoncement, presque triangulaire, qui paraît continuer la lunule profonde. L’impression musculaire postérieure est plus large, mais à peine marquée et comme superficielle; elle est oblique ou transverse, et se continue en arrière en une pointe qui touche le bord postérieur du moule.

Les sommets sont renflés, saillants et rapprochés, laissant un espace de 2 I. entre les pointes courbées. La lunule est oblongue, en cœur allongé, profonde et large; l’écusson est plus étroit, allongé et marqué de nymphes fort saïillantes.

La coquille en moule a 3 p. 6 L. de large, 2 p. 10 1. de long, et les valves closes en moule ont 2 p. 3 IL. d'épaisseur; d’autres individus sont plus grands.

Le moule du Cyprina Deshayesiana de M. ne Lorior *, du

néocomien moyen du mont Salève, à les plus grands rapports avec le Cypr. eximia, et je suis même d’avis de les réunir; le moule de Kislawodsk est cependant un peu plus large, l’enfoncement triangulaire à l'intérieur de l'impression musculaire antérieure n’est pas aussi profonde, ni même distinctement marquée sur le Cyp. Deshayesiana, dont les sommets du moule ne sont écartés l’un de l’autre que très peu, de près

* Lonioz, Fossiles du mont Salève. Genève 1861, p. 78, PI. 10, fig. 1—2.

de une ligne, tandis que ceux du Cypr. eximia sont écartés jusqu’à 412 1. les tests bien conservés y sont écartés de 2 L Le bord antérieur du Cypr. eximia est plus saillant que celui de l’espèce du Salève et rappelle le Cypr. rostrata Fiscx. * du néocomien de l’Aube en France et de Blackdown en Angleterre, qui ne se distinguent que peu des deux espèces citées, mais celui-ci est beaucoup moins grand; sa forme en général est presque la même. L’espèce du Caucase a également beaucoup de rapports avec le Cypr. ligeriensis d’Ors. du turonien de la France, qui est pourtant moins large et plus long.

Esp. 745. Cypr. Cancriniana d'Ors.

VerneulL, Paléont. de Russie I. c. p. 457. PI. 38, fig. 26—27. Lucina Cancriniana Routier, Bull. de Mosc. 1. c. 1846, IV. PI. E, fig. 8. Bull. de Mosc. L.c. 1847, I. PI. H, fig. 34, p. 276, et Bull. de Mosc. I. c. 1847. IT, p. 422.

La coquille, assez grande, est ovale, comprimée, lisse et inéquilatérale, le côté antérieur est beaucoup plus court et un peu plus étroit que le postérieur, qui est plus large, arrondi et dépourvu de carène; la lunule n’est pas munie d’un bord bien prononcé, maïs l’écusson elliptique superficiel à les bords carénés, les nymphes très développées et remplissant l’écusson entier.

Hab. dans le grès néocomien ferrugineux et micacé sur le fleuve Tolya au nord de l’Oural, dans le grès néocomien noirâtre de Khoroschôwo, et dans le grès crétacé glauconien du mont Ssaragoul aux environs d'Orenbourg.

La coquille transverse est presque lisse, légèrement striée, à stries concentriques serrées, égales, à sommets peu saillants et situés près du bord antérieur saillant, arrondi, et légèrement évasé en haut; le bord postérieur est plus élargi, plus allongé et également arrondi. Les sommets sont épais, courts et contournés vers la lunule; ils sont très rapprochés et même contigus. |

L’individu figuré par M. d'OrBreny à 1 p. 11 1. de large et 1 p. 6 1. de long, les valves closes offrent une épaisseur de TT

Esp. 746. Cypr. transversa m.

PI. XX V, fig. 1 gr. nat. ; a valve gauche, vue de côté; b valves closes, vues sur les sommets. 1 Géogn. de Russie (en russe) 1846, p. 484.

Testa mediocris, transversa, rotundata, inflata, vertice lato obtusoque

* d'Onrgieny, Paléont. fr. Terr. crét. 1. c. p. 98. PI. 271.

paullo prosiliente, antico latere oblique truncato, paullo prominulo versus inferiorem marginem, postico illo dilatato et rotundato, lunula scutelloque marginibus distinctis instructis, superficie testae concentrice striata.

Hab. dans le grès néocomien brunâtre des bords du fleuve Tolya au nord de Bogoslowsk, et dans un calcaire verdâtre près du fleuve Jénisséi, à D0O0 verstes au nord de Touroukhansk.

La coquille, de grandeur moyenne, est transverse, arrondie, à bord antérieur obliquement tronqué, non evasé sous les sommets, qui sont épais, obtus, et contigus. Le bord antérieur est arrondi et plus large que le postérieur; le cardinal, partant des sommets, se dirige obliquement en arrière et passe dans le bord postérieur élargi, qui descend en demi-are plus bas et se continue dans le bord inférieur, devenant par là elliptique. La lunule est elliptique, profonde et pourvue de bords tranchants, ainsi que l’écusson très allongé, qui est aussi large que la lunule. Les nymphes sont très courtes, petites et n’occupent que le quart de l’écusson, qui se termine en pointe aiguë au côté postérieur.

La coquille à 1 p. 6 L. de large, 1 p. 4 L. de long, et, à valves closes, une épaisseur de 101/2 L La lunule à 4 L. de long, près 3 L de large, l’écusson à près de 1 p. de long et 21}2 L. de large, les nymphes ont 81/2 1. de long et 1 IL. de large. La surface est ornée de stries concentriques très serrées et égales. Le bord inférieur est crénelé endedans.

La forme de la coquille est tout extraordinaire; elle n’a que de faibles rapports avec le Cypr. regularis d'Ors. *, du grès vert de la France, qui est également élargi au bord postérieur, dont cependant les sommets sont plus saillants et infléchis vers la lunule distinctement évasée; le Cypr. regularis est en outre plus petit.

Les individus des bords du Jénisséi sont fortement comprimés, en fragments plus ou moins grands, indistincts; leur surface est parcourue de stries concentriques inégales; la forme est presque orbiculaire, à sommets légèrement saillants et situés plus près du bord antérieur que du postérieur. Les fragments les plus grands ont 1 p. 4 1. de long et à peu près autant de large; ils se trouvent associés au Cyprina regularis d’Ors. du gault de la France.

# Paléont. fr. Terr. crét. l. c. P1 272, fig. 3—4.

Esp. 747. Cypr. cincta m.

PT. XXV, fig. 2 gr. nat.; a valve gauche, vue de côté, ; b valves closes, vues sur

les sommets.

Géogn. de Russie 1. c. 1846, p. 484.

Testa magna, ovato-rotundata, subcompressa, concentrice striata, tanquam numerosis striis aequalibus cincta, margine antico postico latiore, verticibus dilatatis vixdum prominulis, lunula rotunda, superne marginata, inferne aperta, scutello elongato, nymphas angustas excipiente.

Hab. dans le calcaire néocomien argileux sur le fleuve Tolya, au nord de Bogoslowsk.

Grande coquille ovalaire, transverse, à sommets élargis, à peme saillants, rapprochés du bord antérieur, qui est arrondi et plus large que le postérieur; celui-ci se prolonge en arrière, se rétrécit et s’arrondit, en sorte qu’il forme avec les bords inférieur et antérieur trois quarts d’un cercle; la coquille devient par suite ovalaire. Le bord dorsal est oblique, à écusson allongé et étroit, recevant, au milieu des deux côtés arrondis, les nymphes plus courtes que celles du Cypr. transversa; sur celui-ci elles se réunissent en arrière en une pointe aiguë, tandis qu’elles restent espacées et ouvertes sur le Cypr. cincta.

La surface de la coquille est ornée de nombreuses stries d’accroissement concentriques, qui deviennent plus marquées près du bord inférièur, et couvrent la coquille en ceintures égales et serrées.

La coquille à 1 p. 11 1. de long, mesurée au dessus du sommet, 2 p. 7 L. de large, et, à valves closes, 1 p. 1 1. d'épaisseur. Elle diffère par ces dimensions du Cypr. Cancriniana, du grès néocomien du mont Ssaragoul, dont le sommet est plus saïllant. Le Cypr. transversa a également beaucoup de rapports avec le Cypr. cincta; il est pourtant moins large et par conséquent plus long, à bord dorsal légèrement concave, et non droit comme celui du Cypr. cincta; en outre Les nymphes ont une autre forme, et l’écusson est plus distinctement bordé que celui du Cypr. cincta.

Le Venulites mordvensis Tr. * me semble appartenir plutôt au Cyprina cincta que de constituer un genre douteux, Venulites, dont les caractères génériques sont peu connus. Le fragment de la coquille de Ssimbirsk a les plus grands rapports avec le Cypr. cincta, qui est presque aussi grand et comprimé, à surface également striée, à stries concentriques très fines et serrées; la forme allongée, l'impression

* Bull. de Mosc. 1. c. 1865. I, p. 13. PI. 3, fig. 8.

musculaire antérieure, l'impression palléale et la conformation de la charnière. le rapprochent du Cyprina cincta du néocomien argileux du Tolya, en sorte que je suis porté à réunir les deux espèces très voisines, dont la lunule n’est pas bordée et l’écusson étroit, allongé et pourvu d’un bord obtus, fort peu distinct.

Esp. 748. Cypr.rostrata Frrr.

D’Orgieny, Paléont. & Terr. crét. ]. c. p. 98. PI. 271.

Coquille transverse, un peu trigone, fortement renflée, marquée de stries concentriques très serrées et égales; le côté antérieur très court est plus large que le postérieur rétréci et tronqué à son extrémité. Les sommets épais sont prolongés et contournés vers la lunule, qui est cordiforme et profonde.

Hab. dans le grès néocomien du Daghestan au Caucase, ainsi que dans le néocomien du département de l’Aube en France.

La coquille est très renflée, à sommets infléchis presque en spirale et rapprochés l’un de l’autre. Les impressions musculaires sont très fortes, la postérieure plus large que l’antérieure.

La coquille à 2 p. 3 1. de large et 2 p. de long, les valves closes offrent une épaisseur de 1 p. 8!}2 L. ŒÆlle se caractérise par son bord postérieur rétréci et tronqué, offrant l'extrémité inférieure aiguë; la lunule cordiforme a près de 5 1. de large, c’est-à-dire qu’elle est un peu plus large que longue. Les nymphes sont très développées et allongées.

Esp. 749. Cypr. Syssolae Keys.

Petschora-Reise I. c. p. 309. PI. 17, fig. 19-22 (exclusis fig. 17 —18).

La coquille est presque trigone, plus large que longue, à sommets fortement saillants et situés près du bord antérieur; la lunule est ovalaire, non bordée, l’écusson allongé, à peine bordé; la surface est garnie de nombreuses stries concentriques, fines et séparées par d’autres plus épaisses en groupes concentriques.

Hab. dans un terrain douteux, à ce qu’il paraît néocomien, sur les fleuves Ssyssola et Wisinga, au pays de la Petschora.

La coquille a 1 p. 2 1. de large et 1 p. de long, le moule a 7 L d'épaisseur et se distingue par les sommets très saillants et les bords fort tranchants. Le bord antérieur est bien évasé en haut, la lunule large et longue se continue plus bas en un bord antérieur arrondi, qui est plus large que le bord postérieur; ce dernier se prolonge en un lobe plus étroit, marqué d’une légère carène. Celle-ci descend obliquement du

sommet, et est presque parallèle au bord dorsal oblique, à écusson large et long.

Les valves représentées par le comte Keyserciw@ |. c. fig. 17 —18 paraissent appartenir à l’Ast. Veneris plutôt qu'au Cyprina Syssolae; M. d'Orsiany * range même celui-ci dans le genre Astarte.

Esp. 750. Cypr. khoroschovensis Rovizr.

Bull. de Mosc. I. c. 1847. IL, p.-421—22, et Bull. de Mosc. |. c. 1848. I, p. 285. PI. H, fig. 33 — 34 (excepta fig 32, Astarte mosquensis).

La coquille est beaucoup plus large que longue, à sommets épais, courts et légèrement infléchis vers la lunule, qui. n’est pas bordée; l’écusson lancéolé est superficiel, limité sur les sommets par un bord court rudimentaire et muni de nymphes allongées et bien prononcées. Le bord antérieur de la coquille est court, arrondi et évasé en haut près des sommets. Le bord postérieur, fort allongé, rétréci et obliquement tronqué, est muni d’une carène obtuse, qui, partant des crochets, se dirige vers le bord inférieur et postérieur.

Hab. dans le grès néocomien noïrâtre de Khoroschôwo près de Moscou. ;

La surface, couverte d’un épiderme corné très mince, est striée, les stries concentriques sont très rapprochées, inégales et deviennent plus épaisses près du bord inférieur. La coquille a 2 p. 5 L. de large et 1 p. 7 1. de long, les valves closes offrent une épaisseur de 1 p. 21} lignes.

Ce n’est pas une variété du Cypr. Cancriniana, dont le bord postérieur, dépourvu de la carène oblique, ne se rétrécit pas autant que celui du Cypr.khoroschovensis. La figure 33 citée ci-dessus est en outre pourvue du bord postérieur tronqué obliquement; en haut et en bas de la troncature il se développe un angle presque droit, qui est caractéristique pour notre espèce. La charnière et les dents sont décrites en détail par M. Rover I. c. p. 422 et figurées par lui L c. PL H, fig. 34 (sous le nom de Cyprina Cancriniana).

Esp. 751. Cypr. laevis Rouizr.

Bull. de Mosc. l. c. 1846, IV. PI. B, fig. 9 a—h, et 1848. I, p. 266.

Petite coquille fortement bombée, plus large que longue; le côté antérieur est assez prononcé et arrondi, profondément évasé en haut sur la lunule, le bord postérieur est fort allongé et rétréci, avec une carène

* Prodrome l. c. I, p. 364.

à peine accusée sur le moule; les sommets sont placés près du bord antérieur et recourbés en avant.

Hab. dans le néocomien supérieur de Khoroschéwo près de Moscou.

La coquille se caractérise par sa forme: elle est élargie en avant, prolongée et fortement rétrécie en arrière; la carène oblique et obtuse, partant des sommets, se dirige vers le bord inféro-postérieur aigu. La lunule cordiforme porte, comme l’écusson, un bord bien prononcé; l’écusson est plus large que la lunule.

Les plus grands individus ont 1 p. de large, 8 1. de long, et, à valves closes, une épaisseur de 7 L. près des sommets. Ce sont eux qui ont le plus de ressemblance avec le Cypr. oblonga d’Ors. * du terrain turonien du Mans en France, qui se distingue par le manque de la lunule et par l’écusson peu excavé, non bordé, quoique les individus de Khoroschôwo offrent aussi la même conformation; néanmoins la forme très oblongue rapproche intimement les deux espèces et les distingue de toutes les autres; la lunule est plus prononcée et l’écusson oblique, fort large. La surface est finement parcourue de stries concentriques serrées et égales, comme le test du Cypr. oblonga. Le Cypr. laevis présente

de grands rapports avec le Cypr. khoroschovensis et semble même identique avec lui.

Esp. 752. Cypr. Helmerseniana d’Ors.

VerneuIL, Paléont. de Russie p. 457. PI. 38, fig. 28—30.

La coquille est petite, presque trigone, assez renflée, aussi large que longue et pourvue de sommets fort saillants, contournés en avant et placés presque au milieu du bord supérieur. Le côté antérieur très prononcé est plus saillant que celui d’une autre espèce quelconque, le postérieur est plus élargi et arrondi; lunule nulle.

Hab. dans le grès néocomien glauconien du mont Ssaragoul près d'Orenbourg. |

La surface porte des stries d’accroissement égales, très fines et très serrées; la lunule est nulle (d’après le texte L. c. p. 457), mais grande et bien marquée sur la fig. 29 de la PI. 38 citée ci-dessus, l’écusson est moins large et dépourvu des nymphes, tandis que celles du Cyprina consobrin a d'Ors. “* du terrain turonien d'Uchaux en France sont bien prononcées; il à beaucoup de rapports avec celui-ci.

* Paléont. fr. Terr. crét. p. 105. PI. 277, fig. 1—4. ## Paléont. fr. Terr. crét. p. 107. PI. 278, fig. 3—6.

La coquille a 8 1. de large; son côté antérieur est légèrement anguleux, le postérieur arrondi et tronqué à l’extrémité.

Il se peut que le Cypr. Helmerseniana soit identique avec l’'Astarte Veneris, qui lui ressemble parfaitement, excepté le bord antérieur plus allongé et plus saïllant et les nymphes non apparentes à l'extérieur, maïs cachées en dedans du test de Cyprine du mont Ssaragoul. L’Astarte Veneris offre de nombreuses variétés, et pourrait contenir de semblables formes à bord antérieur plus saillant, à crochets plus allongés et à nymphes moins apparentes.

Esp. 753. Cypr. bernensis Leyw.

PI. XXV, fig. 13 a gr. nat.; b—d grossis.

Mém. Soc. géol. vol. V, p. 5. PI. 5, fig. 6.

Cyprina rostrata (Firr.) d'Ors., Paléont, fr. Terr. Cet p. 98. PI. 271. — bernensis d’Ors., 1850 Prodrome vol. II, p. 77. — — Levu., Picr., Paléont. suisse IV. livr. 4. Genève 1865,

Petite coquille subtrigonale, épaisse, légèrement comprimée sur les flancs; les sommets sont grands, saïllants, la lunule et l’écusson peu profonds, et celui-ci est bordé d’une carène prononcée. Le côté antérieur est arrondi, assez saïllant et surmonté par la lunule à peine bordée en haut d’une légère carvène. La surface du test est parcourue de sillons concentriques d’accroissement.

Hab. dans le grès néocomien noirâtre de Goliowo et de Khoroschowo près de Moscou, dans le même terrain de Ssimbirsk, et dans le calcaire néocomien d’Antipowka sur le Volga.

La coquille est fortement renflée et n’a que 3 L de Le ge, 21h 1. de long, et, à valves closes, 2 1. d'épaisseur; elle est par conséquent beaucoup plus petite que les individus de Ste-Croix en Suisse, qui cependant ont la même forme subsphérique; en Suisse elle a été trouvée en moule, à Mniéwniki près de Moscou et à Ssimbirsk le test s’est conservé constamment: il est assez épais et sillonné, à sillons concentriques très réguliers; le moule est constamment noir; à Mnidwniki aussi bien qu'à Ssimbirsk et à Antipowka, le test est blanc.

Le côté postérieur présente la longueur double de l’antérieur; il est arrondi et légèrement comprimé à l’extrémité. Le bord inférieur est presque droit, à peine arqué. Les petits individus de Mniéwniki, à test bien conservé et à moule noir, ont les plus grands rapports avec ceux du néocomien de l’Aube,

Esp. 754. Cypr. regularis d'Ors.

Paléont. fr. Terr. crét. 1. c. p. 100. PI. 272, fig. 3—6.

La coquille, fortement bombée, presque sphérique, est à peine un peu plus large que longue, marquée de stries d'accroissement très fines, inégales; le côté antérieur est court, arrondi et légèrement excavé en haut près des sommets, le côté postérieur est plus large et tronqué verticalement; la lunule ovale est plus large que l’écusson, qui, bordé plus distinctement que la lunule, est pourvu de nymphes apparentes; une carène obtuse, partant des sommets, se dirige obliquement vers le bord postéro-inférieur.

Hab. dans le grès néocomien glauconien du mont Ssaragoul, dans la craie glauconienne de Baktschissaraï et de Karassoubazar en Crimée, et dans un grès verdâtre, à ce qu’il paraît néocomien, à 3 verstes des bords du Jénisséi, et à 500 verstes au nord de Touroukhansk dans la Sibérie orientale, ainsi que dans l’albien de Varennes au département de la Meuse. ;

La coquille est presque carrée, fortement renflée, à bord dorsal oblique très court, formant avec le bord postérieur tronqué presque un angle droit. Le bord antérieur est oblique, très court et échancré sous les sommets, qui sont peu saillants et légèrement contournés.

La coquille a 10 1. de large et 9 L. de long, les valves closes offrent une épaisseur de 7 1; elle est un peu moins grande que les individus de la France; ceux de Khoroschéwo sont encore beaucoup plus petits et ne se trouvent qu'en moules moins bombés; l’un d’eux à 8 1. de large et 7 1. de long, les valves closes offrent 41) L d'épaisseur. La forme en général est pourtant la même que dans ceux de la France, en sorte qu’il n’y à pas de doute sur leur identité. L’individu du mont Ssarag'oul aux environs d’Orenbourg a 8 1. de large, 7 L. de long et 51/2 L. d'épaisseur à valves closes, sur ces dernières on remarque distinctement la carène postérieure oblique.

Je ne connais que des fragments des individus de la Sibérie orientale; ils ont 10 I. de large et autant de long; les sommets, peu saïllants, sont infléchis vers le bord antérieur, la lunule est à peine échancrée, le bord dorsal oblique et légèrement convexe. Les stries concentriques très fines sont séparées par des stries plus épaisses et forment par conséquent des groupes transverses, comme on les observe aussi sur le Cypr. regularis du terrain albien.

Esp. 755. Cypr. oblonga d’Ors.

Paléont. fr. Terr. crét. L. c. p. 105. PI. 277, fig. 1—4.

La coquille transverse, oblongue, a les sommets contournés en avant, le bord antérieur court, arrondi et légèrement échancré sous les sommets, le bord postérieur est prolongé, doucement rétréci et arrondi. La lunule est nulle, l’écusson étroit, allongé, non bordé.

Hab. dans la craie glauconienne ou le turonien inférieur près d’'Ossinowo dans le gouvernement de Kharkow, de Buczak près de Kiew, de Biassala, de Baktschissaraï et de Karassoubazar en Crimée, ainsi que près du Mans en France, dans le turonien inférieur.

En France cette espèce est de grandeur double et même triple, mais ressemble tout à fait aux petits individus de la Crimée; ceux-ci, en moules, n’ont que 81/2 L. de large, 71. de long, et offrent, à valves closes, une épaisseur de 51/2 1. Ils montrent à peine une trace de la carène oblique postérieure et ne se distinguent du Cypr. laevis que par le côté postérieur moins allongé et moins rétréci. Les individus de Buczak et d’Ossinowo sont plus grands, et ceux de Biassala ont 1 p. 3 L de large, 1 p. de long, et, à valves closes, en moule, une épaisseur de 7 1. et.davantage. (C’est à peu près la grandeur de la coquille figurée par M. d'ORBIGNY.

Le Cyprinaretracta Tr. * de l'argile de Bessonow près de Ssimbirsk est trop peu connu pour que je puisse en faire une espèce nouvelle; on n’en à trouvé que des fragments très petits et dont la charnière a une grande ressemblance avec celle du Cyprina Cancriniana du néocomien de Khoroschéwo; mais il faut attendre la découverte d’individus plus complets pour tirer la question au clair. Le fragment rappelle également beaucoup le Cypr. khoroschovensis, qui est pourvu d’une earène postérieure obtuse et oblique, unique caractère distinctif du Cypr. retracta, dont les sommets sont aussi rapprochés du bord antérieur que ceux du Cypr. khoroschovensis.

Esp. 756. Cypr. inornata d’Ors.

Paléont. fr. Terr. crét. 1. c. p. 99. PI. 272, fig. 1 —2. Petite coquille oblongue, assez comprimée, peu renflée, le côté an-

térieur étroit est arrondi et légèrement saillant; il est profondément échancré sous les sommets, qui sont contournés entièrement en avant; le

# Bull. de Mose. L. c. 1865. I, p. 13. PI. 3, fig. 6.

bord postérieur est fort élargi et arrondi, et se continue dans le bord dorsal; une légère carène oblique est marquée en arrière de la coquille.

Hab. dans la craie glauconienne de Karassoubazar et de Baktschissaraï en Crimée, ainsi que dans les couches aptiennes ou terrain à Plicatules de Vassy en France.

La coquille de la Crimée est beaucoup plus petite que celle de la France; son moule n’a que 11 1. de large et 9 L. de long; les valves closes offrent une épaisseur de 6 lignes.

Cette espèce se distingue du Cypr. oblonga par son côté postérieur plus allongé et son bord supérieur plus arrondi et non oblique. La surface est finement parcourue de stries d’accroissement très serrées et égales. ji

Esp. 757. Cypr. cordiformis d’Ors. aff.

Paléont. fr. Terr. crét. 1. c. p. 101. PI. 273.

Grande coquille presque triangulaire, renflée, un peu plus large que longue, marquée de fines stries d’accroissement et de sillons rayonnants peu prononcés; le côté antérieur est court, arrondi et fortement excavé sous les sommets, qui sont fortement infléchis; le postérieur est allongé, plus étroit; le dorsal très oblique passe immédiatement dans le bord postérieur; la lunule et l’écusson sont larges et profonds.

Hab. dans le grès turonien d’Ossinowo du gouvernement de Kharkow, dans la marne crayeuse de Karassoubazar en Crimée, ainsi que dans l’albien de Varennes en France.

L'espèce de la Crimée est grande et quelquefois un peu plus comprimée que celle de la France; elle ne se trouve qu’en moule, qui a 2 p. 6 1. de large, et autant de long, les valves closes n’offrent que 1 p. 4 1. d'épaisseur. Les moules ne montrent pas les sillons rayonnants de la surface, mais les stries d’accroissement sont bien distinctes, surtout près du bord inférieur. Les sommèts sont également contournés, presque en spirale, la lunule également large, profonde et limitée par un bord distinct; le bord dorsal est oblique et arrive jusqu’au bord inférieur, comme sur le Cypr. cordiformis du grès vert de la France, en sorte qu’il n’y a presque pas de doute sur l'identité de ces deux coquilles.

Esp. 158. Cypr. intermedia d'Ors.

Paléont. fr. Terr. crét. 1 c. p. 107. PI. 278, fig. 1—2. a La coquille, de grandeur moyenne, est oblongue, fortement renflée et anguleuse, le côté antérieur est court, rétréci et fortement excavé sous les sommets, le postérieur très long, coupé obliquement et terminé par

une saillie presque anguleuse. Le bord dorsal, à écusson large et long, est convexe et épaissi.

Hab. dans la craie glauconienne de Simferopol en Crimée, ainsi que dans le turonien inférieur de Doué en France.

La coquille est fort inéquilatérale, le bord antérieur fait une petite saillie arrondie en bas, et présente en haut une échancrure profonde et large sous les sommets, qui sont courts, acuminés et contournés en avant. Le bord dorsal fort épais est arrondi et descend légèrement en arrière, pour y faire une saillie anguleuse. Le bord inférieur est elliptique et tranchant.

La coquille a 1 p. 8 L. de large, 1 p. 6 L. de long, et, à valves closes, une épaisseur de 1 p. 11. Elle est caractérisée par sa forme entièrement différente de celle de toutes les autres espèces et par l’écusson très large et long, marqué d’un bord distinct. C’est un moule, comme aussi les grands individus de la France.

Genre LXXXV. Tancredia Lyc.

Hettangia Tero. Pullastra Sow. (ex parte).

La coquille équivalve, inéquilatérale, est transverse, lisse, comprimée, donaciforme, à sommets presque médians, petits et contigus, le côté antérieur est rétréci et quelquefois pointu, le postérieur arrondi, convexe, tronqué et pourvu d’une carène oblique; le ligament est court, externe et placé sur une dépression étroite; le bord inférieur est arrondi; la charnière se compose de deux dents épaisses, inégales sur chaque valve, et d’une callosité ou dent latérale postérieure; impression palléale est entière. Ce genre se trouve dans le terrain jurassique.

Esp. 759. Tancer. brevis Lycerr et Morris aff. PI. XXV, fig. 5 gr. nat.; valve droite, vue de côté. Mollusca from the great oolite III. Bivalves. Paleontogr. Society. London

Petite coquille trigone, lisse; stries d’accroissement à peine visibles; sommets peu saillants, placés au milieu du bord dorsal; le côté postérieur est court, anguleux et caréné, le bord inférieur elliptique.

Hab. dans le calcaire jurassique de l'étage oxfordien inférieur de Nigranden et de Popilani, ainsi que dans le great oolite de Minchinhampton.

Les petit sommets médians et infléchis sont contigus; une carène oblique, partant du sommet, se dirige à l'extrémité inféro-postérieure

acuminée; le bord postérieur est tronqué obliquement, et l’antérieur légèrement allongé, à bord cardinal un peu saillant avant le sommet et derrière lui, conformation que ne montre pas le Tancr. brevis de l'Angleterre.

La coquille a 41h 1. de large et 3 1. de long; elle est légèrement

convexe, et la surface à peine marquée de quelques stries d’accroissement concentriques.

Esp. 760. Tancr. gibbosa Lyc. aff.

PI XXV, fig. 4 or. nat. valve droite, vue de côté.

Mollusca of the great oolite. Paleont. Soc. London 1863, p. 68. PI. 35, fig. 7. PI. 36, fig. 11.

La coquille subtrigone est comprimée, à sommets médians saillants, acuminés, le côté antérieur est rétréci, le côté postérieur arrondi; la surface lisse offre quelques stries d’accroissement irrégulières.

Hab. dans le même calcaire jurassique de Nigranden, ainsi que dans le great oolite de Minchinhampton comme l’espèce précédente.

La coquille est plutôt comprimée que renflée, les sommets sont acuminés, saillants et légèrement rapprochés du côté antérieur, qui est un peu plus étroit et plus long que le postérieur, à carène assez marquée.

La coquille a 10 1. de large et 6! 1. de long; elle est fortement comprimée et ressemble beaucoup au Tancr. planata Lyc. * du grand oolithe d'Angleterre, qui ne s’en distingue que par son côté antérieur plus rétréci et plus allongé. Je possède un individu plus petit, en moule extérieur, qui paraît identique avec le T'ancr. planata, car sa carène postérieure est également arrondie et peu marquée, et le côté antérieur plus allongé et plus étroit que le postérieur.

Le genre Hettangia est synonyme du Tancredia, et se trouve dans le lias de Hettange au nord de la France. Celui de Pullastra ne paraît guère s’en distinguer, si ce n’est par le siuns de l'impression palléale, comme dans le Pullastra oblita Sow., sur lequel MM. Morris et Lycerr ont fondé le genre Quenstedtia **.

Esp. 761. Tancr. mactraeoides War.

Whiteaves, More. et Lycerr, Paleont. Soc. 1863, p. 68. PI. 35, fig. 4.

Petite coquille trigone, convexe, à sommets submédians, un peu

* ]. c. Pal. Soc. 1854, p. 94. PI. 15, fig. 10. #* Paleont. Soc. 1854, p. 96.

Eichwald, Eethaea rossica. II. 43

saillants et infléchis; le bord antérieur rétréci est acuminé et légèrement excavé, le postérieur un peu plus élargi, tronqué obliquement et muni d’une carène faiblement accusée.

Hab. dans le calcaire oolithique à Nérinées du district de Pawlowsk dans le gouvernement de Jekaterinoslaw, ainsi que dans le great oolite de Stonesfield en Angleterre.

La coquille est plus convexe que le Tancr. gibbosa, dont la carène est encore moins marquée. Elle a 4 1. de large et presque autant de long, mesurée au dessus des sommets. La surface est pourvue de quelques stries d’accroissement concentriques très légères, dont l’inférieure est le plus visible près du bord inférieur arrondi.

Esp. 762. Tancr.? lithuana ».

PI. XX V, fig. 3 gr. nat.

Solen lithuanus Géogn. de Russie (en russe) 1. c. 1846, p. 491.

Testa mediocris transversa, elliptica, compressa, laevigata, verticibus dilatatis compressis, inflexis, contiguis, submedianis, latere antico nonnihil angustiore, posteriore elongato e6 carina obtusa obliqua prae-

dito.

Hab. dans le calcaire oxfordien inférieur de Popilani et de Ni-

granden.

La coquille, de grandeur moyenne, est transverse, elliptique, comprimée et lisse, à stries d’accroissement concentriques à peine marquées; le côté antérieur est arrondi, fermé et un peu moins élargi que le postérieur, qui est plus allongé et obliquement tronqué près du bord cardinal. Le bord inférieur est légèrement elliptique. Les sommets sont peu saillants, élargis, infléchis et contigus. La valve droite est pourvue d’une fossette profonde, élargie et allongée pour fixer le ligament externe; celle de la vaive gauche est beaucoup plus étroïte. La carène postérieure oblique est très obtuse et peu marquée.

Le test se compose de plusieurs couches, dont les intérieures sont parcourues de stries rayonnantes très fines. Le moule montre les impressions musculaires assez épaisses et ovalaires, à extrémité supérieure pointue, l’impression antérieure est plus forte que la postérieure. Le sinus palléal est indistinct et impression palléale également peu marquée; des stries rayonnantes couvrent toute la surface. La coquille à 2 p. 3 L. de large et 1 p.3 1. de long, les valves closes offrent une épais-

seur de 7 L C’est cette espèce qui paraît avoir été déterminée comme Pano-

paea Lepechinina d’Ors. *, dont la forme est presque la même, mais le Tancredia manque de la forte dent cardinale et des sillons profonds d’accroissement concentriques; en outre, selon M. Desxayes, les Panopées ne se trouvent pas dans le terrain jurassique et caractérisent le crétacé.

Le Quenstedtia (Psammobia) laevigata Parce. sp. **, du great oolite de Scarborough, offre comme genre beaucoup de ressemblance avec le Tancr. lithuana, quoique les impressions musculaires très grandes et épaisses et le sinus palléal indistinct l’en distinguent. Je serais pourtant porté à le placer dans le genre Quenstedtia, au cas que la valve gauche du Tancredia serait munie d’une dent cardinale, que je n’ai pas réussi jusqu'à présent à y observer. En attendant je considère comme douteux le genre auquel appartient l'espèce de Popilani; il serait peut-être plus rationnel d’en faire un Myacites, parce qu’il offre la forme et tous les caractères extérieurs, même la dépression au milieu des flancs, qui se trouve très marquée sur le Myacites Beanii Lvc. et More. du même terrain oxfordien.

Famille vingt-et-unième.

Cardiacées.

La coquille des Cardiacées est de forme très variable: elle est plus ou moins arrondie, sphérique ou transverse ; la charnière est également variable quant aux dents qu’elle contient: il y en à à dents cardinales irrégulières et même nulles, et à dents latérales écartées. L’impression palléale est entière, sans échancrure et le ligament est externe. C’est surtout le genre Cardium, riche en espèces, qui appartient à cette famille, très difficile à distinguer du Protocardia à sinus palléal.

Genre LXXXVI. Unicardium d'Ors.

CardiumL.

La coquille transverse, ovalaire, lisse, comprimée et très mince, à . là charnière pourvue d’une seule dent élargie en cuilleron, et d’une fossette à chacune des valves, placées l’une derrière l’autre; les dents latérales manquent, et les sommets sont petits, élargis, déprimés et contigus; le bord cardinal est allongé, horizontal et muni d’une lamelle parallèle au

* Archiv f. d. Naturkunde von Liv-, Esth- u. Kurland. Serie I, Band II. Dorpat 1861, p. 700.

** Morris and Lycerr, Paleontogr. Soc. Lond. 1854, p. 135. PI. 14, f. 13. 8 »P 43 *

bord cardinal et muni d’un sillon ligamentaire allongé, le ligament est externe, les impressions musculaires sont elliptiques, et l'impression palléale est simple et dépourvue du sinus. La surface est garnie de stries d’accroissement concentriques très serrées, mais les côtes rayonnantes manquent. Ce genre se trouve dans les terrains jurassique et tertiaire *.

*# M. Bronx (Leth. geogn.'Il, p. 276) suppose qu’il se rencontre encore des espèces vivantes d'Unicardium, et fait rentrer dans ce genre des coquilles caspiennes que j'ai décrites sous les noms de Monodacne et Adacne: ce sont plutôt des Bucardes à côtes rayonnantes et à une dent cardinale ou à dents nulles; ils manquent de la lamelle ligamentaire à sillon allongé de l’Unicardium, mais la dent unique, placée sous les sommets des deux valves, est munie d’une fossette située au devant de la dent. La dent cardinale de l’Unicardium est élargie et enfoncée en cuilleron, au milieu de la surface, comme celle des Myes: c’est donc une conformation différente de celle des Monodacnes et Adacnes de la Mer caspienne. En 1842—45 M. Acassiz a décrit ces coquilles sous le nom de Pholadomyes, à cause de leur test bâäillant et de leur sinus palléal profond; ce sont plutôt des sous-genres de Bucardes, pourvus d’un léger sinus palléal, comme les Le da parmi les Nu cules, et les Protocardia parmi les Cardium. Le sinus palléal se trouve également sur lAdacne plicata à surface plissée et vivant encore à l’embouchure du Dnjester dans la Mer noire. C’est un Bucarde bâillant, dépourvu de dents cardinales et portant des plis rayonnants, tandis que le test des Monodacnes caspiennes est plus épais, pourvu d’une seule dent cardinale et ressemble à un Bucarde par ses plis rayonnants et ses sommets saillants, placés plus près du bord antérieur que du postérieur, mais le sinus palléal rappelle quelque peu les Protocardia et les Pholadomya. On trouve dans la Caspienne encore une autre espèce, l'Adacne vitrea, qui, dépourvue de la dent cardinale, présente le sinus palléal très profond et étroit, et rappelle également ces deux genres, dont la surface est finement parcourue de stries rayonnantes, comme celle de plusieurs Bucardes crétacés: c’est l'espèce qui ménage le passage à l’Adacne laeviuscula de la Caspienne, mais qui se distingue de l’'Unicardium, dont la surface est lisse et la charnière munie d’une dent cardivale en cuilleron, et d’une lamelle ligamentaire longeant tout le bord dorsal jusqu’à son extrémité. Le nom d’'Unicardium (d'Or. Prodr. de Paléont. stratigr. E, p. 218) est en outre mal composé; c’est un mot hybride, car les premières syllabes, uni, sont latinesetles dernières, cardium, grecques. Le mot entiersignifie dans cette composition un seul Cardium, au lieu de Cardium à une seule dent cardinale. Quant aux genres Monodacne et Adacne, voy. mon ouvrage Fauna caspio-caucasia, Petropoli 1841, avec beaucoup de planches in 40.

Esp. 763. Unicard. parvulum Morr. et LyceTrT. PI. XXV, fig. 6 a gr. nat. ; valve gauche, vue de côté; b la même, vue sur les sommets.

Monogr. of the Mollusca from the great oolite, voy. Paleont. Soc. 1853, p. 74. PI. 8, fig. 6.

La coquille est légèrement comprimée et élargie, les sommets sont peu saillants, acuminés et situés près du bord antérieur, qui est très court et tronqué obliquement, tandis que le postérieur est allongé, arrondi et bâillant; le bord inférieur est elliptique, le cardinal presque horizontal. La surface est marquée de lignes d’accroissement très fines et inégales.

Hab. dans le calcaire jurassique de l’étage oxfordien inférieur de Popilani, ainsi que dans le great oolite de Minchmhampton.

La coquille très mince est plus comprimée et plus allongée que VUnicard. varicosum More. et Lyc. du même terrain d’Angieterre; elle ressemble un peu à une petite espèce de Panopaea, quoique la dent cardinale élargie et enfoncée au milieu la rapproche plutôt d’une Mye ou Anatine, coquilles dont le bord postérieur est également bâillant. La surface de l’'Unicard. parvulum de Popilani est garnie de plis concentriques assez épais près du bord inférieur et moins prononcés près de la charnière. Le bord antérieur tronqué semble être pourvu d’une carène oblique, obtuse, à peine marquée; elle va du sommet jusqu’au bord inférieur, où elle fait une courte saillie arrondie. Le test est fragile et couvert d’un épiderme corné verdâtre.

La coquille a 5 1. de large et 31/2 L. de long, les valves closes offrent une épaisseur d'environ 2 1. La lamelle ligamentaire longe tout le bord cardinal jusqu’à l’extrémité, conformation qui la rapproche aussi des Panopées.

Genre LXXXVII. Cardium L.

La coquille équivalve, inéquilatérale, est arrondie, renflée ou comprimée; les sommets sont saillants, les dents cardinales au nombre de deux ou d’une seule, et les latérales également du même nombre. Les impressions musculaires sont simples, une de chaque coté des valves; l'impression palléale est dépourvue de sinus. Ce genre se trouve dans tous les terrains, rarement cependant dans les anciens, le nombre des espèces augmente avec les terrains crétacé et tertiaire; il vit encore dans les mers actuelles.

Esp. 764. Card. pachyrrhinum ».

PI. XXV, fig. 9 et 10, fig. 9 gr. nat ; a valve gauche, vue de côté; b les grandes valves closes, vues sur les sommets; fig. 10 un petit individu, vu de côté; sillon

antérieur de la valve gauche.

Géogn. de Russie (en russe) 1846, p. 490.

Testa magna incrassata, ovato-rotundata, verticibus submedianis, prosilientibus inflexis et sibi invicem approximatis, latere utroque testae rotundato, aequali; superficie laevi.

Hab. dans le grès calcaire jurassique ferrugineux de Popilant et de Nigranden en Lithuanie.

La coquille, de grandeur considérable, est renflée, arrondie et presque sphérique, les sommets sont situés au milieu du bord cardinal, saillants et légèrement infléchis en avant; ils sont contigus et pourvus d’une lunule égale en largeur avec l’écusson, qui est pourtant un peu plus allongé. Les deux côtés sont arrondis, et le postérieur à peine plus long que l’antérieur.

La surface de la coquille est lisse, à peine marquée de stries d’accroissement concentriques. La charnière n’est pas bien apparente; les valves sont parfaitement fermées, et ne montrent que les lames ligamentaires allongées et étroites, qui s’observent des deux côtés de la commissure le long du bord cardinal. Les impressions musculaires sont grandes, la postérieure est large et arrondie, l’antérieure plus allongée et un peu moins large.

La coquille à 2 p. de large, 1 p. 8 L. de long, et, à valves closes, une épaisseur de 1 p. 31. Le test n’est pas bien conservé, et le bord inférieur arrondi est comme pourvu de petites crénelures très fines. La plus grande épaisseur se trouve près des sommets, qui sont épais, Infléchis et offrent une pointe distincte.

L’'individu de Nigranden (figuré sur la PI XXV, fig. 9) n’est qu'un moule plus petit; il n’a que 81h L. de long et 10 L. de large, les valves closes offrent une épaisseur de 6 L Les sommets sont petits, situés au milieu du bord cardinal, légèrement infléchis en avant, où le bord antérieur est évasé à la lunule, tandis que le bord cardinal en arrière des sommets offre la même hauteur qu’en avant des sommets, comme l’individu plus grand, décrit ci-dessus. Le petit individu est marqué des deux côtés de la valve d’un sillon léger, qui part des sommets et descend jusqu’au bord inféro-postérieur; le sillon limite le bord postérieur comprimé, qui d'ordinaire dans les espèces de Cardium est muni de stries

rayonnantes. L’impression palléale est entière et éloignée légèrement du bord inférieur arrondi.

Cette espèce à beaucoup de ressemblance avec le Cardium incertum Pr. de l’oolithe inférieur (dogger) de l'Angleterre et des calcaires oolithiques blancs du département de l’Aïsne près d’Aubenton; celui-ci est encore plus petit, également équilatéral et couvert de fines stries d’accroissement concentriques, mais les sommets sont très petits et moins saillants que ceux du Card. pachyrrhinum var. minor; les bords des valves sont simples et non crénelés. La valve trouvée à Aubenton a 71) 1. de large et 6 !}2 1. de long, c’est là une autre dimension que celle de l’espèce de Nigranden, dont la surface paraît avoir été plutôt striée, à stries rayonnantes très fines, qu’à stries concentriques plus distinctes, telles qu’on les voit à la surface du Card. incertum.

Esp. 765. Card. cruciatum ». PI. XXV, fig. 7 a gr. nat. valve gauche, vue de côté; b surface en fragment, grossie.

Teste parva subtriangularis, subobliqua, cardine lato prolongatoque anteriora spectante, superficie testae striata, striis radiantibus totam testam ornantibus, accessoriis alïis inter primarias obviis omnibusque strias incrementi concentricas, remotas et rugosas decussantibus.

Hab. dans l'argile jurassique noire de l'étage oxfordien supérieur de Goliowo près de Moscou, associé à l'Ammonites alternans.

Petite coquille oblique, presque trigone, comprimée, à sommets prolongés, légèrement élargis et infléchis en avant; par suite le bord antérieur est plus arrondi et plus court que le postérieur. La surface du test est striée; les stries sont rayonnantes, serrées, et couvrent toute la surface; elles sont séparées dans les intervalles par des stries accessoires rayonnantes; ces stries sont traversées par les stries d’accroissement concentriques et élevées; la surface devient par là presque imbriquée ou rugueuse, surtout vers les sommets, où les stries concentriques portent des rugosités plus apparentes. /

La coquille n’est pas complète; elle a, à ce qu’il paraît, 5 I. de large et 51)2 1. de long, les valves closes n’offrent que 2 1. d'épaisseur.

Le genre auquel appartient cette espèce n’est pas bien déterminé, car je ne vois pas la charnière ni les dents cardinales, et ce n’est que la forme en général qui paraît indiquer un Cardium.

Esp. 766. Card. boreale m.

PI. XXV, fig. 8 a valve gauche, gr. nat., vue de côté; b valves closes, vues sur

les sommets.

Géogn. de Russie 1. c. 1846, p. 484.

Testa mediocris subelliptica, inflata, verticibus incrassatis submedianis, prosilientibus, inflexis ad se invicem et paullo remotis uno ab altero; superficies subtiliter striata, striis radiantibus approximatis numerosis iisque rariora strata incrementi decussantibus.

Hab. dans un grès ferrugineux douteux, à ce qu’il paraît néocomien, sur le fleuve Tolya au nord de l’Oural.

La coquille, de grandeur moyenne, est elliptique, transverse, à côtés également arrondis et élargis, le postérieur est un peu plus allongé que l’antérieur, car les sommets sont situés un peu plus près du bord antérieur; ils sont assez épais, saillants, infléchis, mais espacés l’un de l’autre. La surface convexe est striée, les stries fines, rayonnantes et très serrées sont coupées par des stries d’accroïssement concentriques assez écartées,. La surface striée rappelle le Card. Voltzii Levy. * du néocomien de la France, qui devient pourtant beaucoup plus grand, bien qu’on en trouve aussi de jeunes individus de la même grandeur que ceux du fleuve Tolya; les rapports entre ces deux espèces sont par conséquent très grands; le Card. boreale ne se distingue que par ses deux côtés entièrement arrondis, tandis que le bord cardinal du Card. Voltzii présente un angle aigu à sa réunion avec le bord postérieur; en outre sa surface est garnie de côtes rayonnantes et non de stries fines, comme celle du Card. boreale, dont la largeur est de 1 p. 1 L. et la longueur de 11 L., les valves closes offrent une épaisseur de 8 lignes.

La roche qui contient l’espèce sur le Tolya, se compose de petits grains de quarz, cimentés par une argile ferrugineuse, dans laquelle on observe en outre de petites paillettes de mica et, à ce qu’il paraît, aussi quelques grains glauconiens.

Cette espèce rappelle un peu le Card. inornatum d’Ors. en moule du néocomien de la Haute-Marne, quoique le bord postérieur de celui-ci soit plus large que l’antérieur, tandis que les deux bords du Card. boreale sont d’une largeur égale; la grandeur des deux espèces est la même, maïs le test manque au Card. inornatum de la Haute- Marne, qui n’est connu qu’en moule.

Cette espèce a de plus grands rapports avec le Cardium Maille-

* D’Orgi6ny, Paléont. fr. Terr. crét. 1. c. PI. 241.

anum * d'Ors. du turonien du bassin parisien; elle est plus large que longue, de la même forme ovalaire et munie de stries rayonnantes, coupées par des stries concentriques espacées. Je ne vois presque pas de différence entre ces deux espèces, et je serais porté à réunir le Card. boreale publié par moi en 1846 avec le Card. Mailleanum d'Or. de l’année 1843.

Esp. 767. Cardium Dupinianum d'Or.

Paléont. fr. Terr. crét. 1. c. p. 26. PI. 242 bis.

La coquille est grande, plus large que longue, comprimée, le côté antérieur court et le postérieur légèrement prolongé et presque anguleux, les sommets sont épais, assez saillants et infléchis en avant; la surface lisse, marquée seulement, près du bord inférieur, de -quelques stries d’accroissement; le bord inférieur est lisse, sans crénelures.

Hab. dans le grès vert de la Sibérie orientale, à 3 verstes du fleuve Jénisséi, au sommet d’une montagne au nord de Touroukhansk, et dans la craie marneuse de Karassoubazar en Crimée, ainsi que dans le gault du département de l’Aube près d’Ervy en France.

Les individus de la Crimée sont très grands, de 2 p. 6 1. de large et 2 p. 3 L. de long; ils sont cependant dérangés par compression, et par suite il est difficile de les mesurer et de juger de letrs dimensions. Ils paraissent avoir été fort bombés. Les sommets sont peu saillants et dépourvus de la lunule, c’est ce qui caractérise plutôt le genre des Astartes, mais les dents cardinales et les latérales ont précisément la forme et la disposition de celles du Cardium typique.

Les individus de la montagne située à 3 verstes du Jénisséi sont plus petits, convexes et tellement dérangés par la compression qu’ils paraissent entièrement plats et laissent par là quelque doute sur leur identité avec l'espèce citée. Les plus petits individus, de 8 1. de large, sont convexes, à sommets épais et saillants, dépourvus d’une lunule quelconque, et striés; les stries d’accroissement concentriques sont assez dis- tinctes et les intervalles finement striés, les stries concentriques disparaissent vers le bord inférieur, et le test devient par là tout à fait lisse.

Les individus plus grands sont entièrement plats par suite d’une compression accidentelle, ils ont 1 p. 4 L. de large et 1 p. 2 1. de long; ils sont plus larges que longs, comme les grands individus du Card. Dupinianum du gault de la France; ils sont marqués de stries concen-

* D’Ongieny I. c. p. 40. PI. 256, fig. 7—12.

triques, comme sur la figure citée de la Paléontologie française, et je présume que les individus de la Sibérie appartiennent à la même espèce, quoique la charnière avec les dents ne soït pas bien distincte.

Esp. 768. Card. Cottaldinum d’Ors.

Paléont. fr. Terr. crét. p. 22. PI. 242, fig. 1—4.

La coquille renflée est striée; des stries rayonnantes fines et serrées couvrent toute la surface; le bord postérieur est tronqué obliquement, et ses deux côtés sont munis de petites côtes obliques, en stries rayonnantes.

Hab. dans le néocomien ferrugineux de Biassala en Crimée, ainsi que dans le néocomien inférieur du bassin parisien.

La surface du test est garnie de fines stries rayonnantes, qui de-

viennent de plus en plus épaisses au bord postérieur. Les stries rayonnantes sont coupées par de rares stries concentriques. Les sommets prolongés sont assez épais, infléchis, et contigus. Les individus de Biassala dépassent un peu en grandeur ceux de la France; ils ont 1 p. 4 L. de large et 1 p. 3 1. de long, les valves closes offrent 11 1. d'épaisseur; ce sont des moules, dont l’écusson est élargi en un enfoncement ovalaire, l’enfoncement lunulaire est également profond et lancéolé, mais plus étroit que l’écusson.

é Un autre individu, du calcaire néocomien brunâtre de Biassala, n’a que 6 L de large et un peu plus de long, les sommets sont moins saillants que sur les individus plus grands en moules, et la forme de la coquille bien conservée, ornée de côtes rayonnantes, est la même que celle des individus de la France et de Khoroschôwo.

Esp. 769. Cardium imbricatarium Desx.

PI. XXV, fig. 11 gr. nat.

Lucina imbricataria Levumérig, Sur le terrain crétacé de l'Aube, voy. Mém. de la Soc. géol. de Fr. vol. V, part. 1. Paris 1842, p. 4. PL. 5, fig. 2. Cardium imbricatarium d'OrBreny, Paléont. fr. Terr. crét. p. 18. PI. 239, Picrer et Campicne, Paléont. suisse. Série IV. Livr. 5ième, Genève 1866. PI. 121, fig. 6—7.

La coquille est grande, arrondie, cordiforme, un peu plus longue que large, à sommets épais, allongés et situés au milieu du bord cardinal arqué; la surface porte des sillons étroits concentriques, réguliers et assez creux, laissant entre eux d’assez larges intervalles, qui forment des côtes plates et imbriquées,

Hab. dans le calcaire néocomien noir sur le bord du fleuve Jaouza près de Moscou, dans l’aptien inférieur de Werewkine près d’Izioume, dans le néocomien de Kislawodsk sur la pente septentrionale du Caucase, ainsi que dans le néocomien inférieur du département de l’Aube près d’Avalleur, et dans le grès vert de Ste-Croix en Suisse.

La coquille est convexe et marquée à sa surface de sillons concentriques, entre lesquels on remarque des côtes concentriques, qui se perdent peu à peu vers les sommets et sont le plus marquées vers le bord inférieur et l’antérieur arrondi; le bord postérieur est séparé du milieu de la coquille par deux sillons rapprochés, qui, partant du sommet, descendent jusqu'au bord inférieur, comme l’a figuré aussi M. Prcrer (1. c. fig. 7 a). Les deux sillons sont bien marqués sur le moule; le reste est entièrement lisse et montre à peine des sillons concentriques. La coquille de Kislawodsk, remarquable par sa grandeur double, est facile à reconnaître; elle a 2 p. 5 1. de large et autant de long; les valves closes offrent, à ce qu’il paraît, une épaisseur de 1 p. 4 lignes.

Le bord cardinal arqué ne laisse pas bien distinguer les dents, cachées par la roche; le sommet est plus saïllant que celui des individus de la France, et le bord postérieur oblique est presque anguleux près du bord inférieur. Celui-ci est arrondi et se perd immédiatement dans le bord antérieur.

L’individu du Jaouza n’a que 3 L. de large et presque autant de long; la surface est garnie de stries concentriques très serrées, le sommet est saillant, infléchi, et le bord cardinal très court, le côté postérieur est pourvu d’une légère carène oblique.

Esp. 770. Card. Conniacum d’Ors.

Paléont. fr. Terr. crét. I. c. p. 28. PI. 244.

La coauille grande, presque sphérique, est très renfilée, un peu plus longue que large, à sommets fort saillants, épais et légèrement infléchis en avant; la surface porte des côtes rayonnantes, égales et marquées,

Chacune, d’une dépression médiane; les côtes sont traversées par des stries d’accroissement concentriques espacées.

Hab. dans le terrain turonien de Buczak aux environs de Kiew, dans la craie blanche d’Inkerman en Crimée *, et dans le calcaire nummulitique de Simferopol, ainsi que dans le turonien aux environs de Cognac du département de la Charente.

# Quart. journ. vol. XIV. 1857, p. 141.

Les individus du midi de la Russie présentent la moitié de la grandeur de ceux du nord de la France; ils n’ont que 1 p. 4 1. de large et 1 p. 5 L. de long, les valves closes offrent 1 p. d'épaisseur; la forme de la coquille devient par là presque sphérique. Les côtes rayonnantes sont caractérisées par leur surface plate et pourvue d’une dépression médiane, qui divise chaque côte en deux moïtiés égales. Près du sommet les côtes sont fines, et deviennent de plus en plus larges vers le bord inférieur, où elles sont coupées par des stries concentriques très fines.

Les individus de Buczak ont les côtes épaisses et par là moins nombreuses que le Card. Cottaldinum d’Ore. de Biassala en Crimée, dont les côtes sont fines, serrées et très nombreuses. L’individu, en moule, de Simferopol est très grand ; il à 2 p. 10 1. de large, 2 p. 8 L. de long, et, à valves closes, une épaisseur de 3 p.; le moule est garni de côtes rayonnantes.

Esp. 771. Card. avus m.

PT. XXV, fig. 12 a gr. nat.; b fragment-grossi. Bemerk. üb. geogn. Karten v. Russl. voy. Bull. de Mosc. 1865. IIL, p. 53.

Testa mediocris aut parva, paullo longior quam latior, vertice incrassato prolongato, inflexo; superficies costata, costis radiantibus tenuibus, interstitiis latioribus laevibus.

Hab. dans le terrain cénomanien de Buczak près de Kiew, et dans le turonien d’Ossinowo, village du gouvernement de Kharkow.

La coquille est plus longue que large, elle est convexe, et les sommets épais et contigus se continuent en une pointe légèrement infléchie en avant; la surface est ornée de côtes rayonnantes très grêles et lisses; les intervalles sont plus larges et lisses.

La coquille a près de 5 IL. de large et 6 1. de long, les valves eloses offrent une épaisseur de 5 lignes.

Les sommets sont lisses; les côtes prennent naissance à la base renflée et élargie des sommets de la coquille, et occupent toute sa surface convexe; les intervalles sont lisses et plus larges que les côtes grêles. Le bord cardinal est court et légèrement anguleux des deux côtés; le bord inférieur est arrondi et fait trois quarts d’un cercle avec les deux côtés latéraux.

Esp. 772. Card. bimarginatum d'Or.

Paléont. fr. Terr. crét. 1. c. p. 39. PI. 250, fig. 4—8. Cardium Ottonis Gemirz, Kislingswalda. PI. I, fig. 31—32. — Quadersandsteingebirge |. c. p. 154.

La coquille allongée est plus longue que large et garnie des deux

LA

PTE

côtés de 30 côtes rayonnantes, granulées; le bord antérieur est plus court que le postérieur.

Hab. dans le turonien de Buczak près de Kiew, et, à ce qu’il paraît, d'Ossinowo près de Kharkow, aïnsi que dans les couches les plus supérieures de la craie de Royan en France.

La coquille ovale, allongée, est plus longue que large; les sommets sont assez prononcés, saillants et infléchis; les côtes rayonnantes, légèrement convexes sur le dos, sont ornées des deux côtés de petites granulations en rangées longitudinales régulières; elles sont en outre coupées par des stries transverses nombreuses et très serrées, comme on l’observe très bien sur le Card. Ottonis, que M. Geiirz réunit lui-même avec le Card. bimarginatum; cependant les ornements des côtes me paraissent différents; car au lieu des côtes munies de plis serrés transverses, presque imbriqués, on observe sur le Card. bimärginatum d’Ors. de petits grains des deux côtés des côtes, et celles-ci paraissent lisses et planes sur le dos; il se peut pourtant que toutes ces différences soient dues à la conservation plus ou moins complète de la coquille. L’individu de Buczak n’a été trouvé qu’en moule, et je ne vois pas bien les ornements en question; les côtes sont lisses et séparées par des intervalles lisses, un peu plus larges que les côtes, qui, même sur le moule, sont traversées par des plis transverses très serrés.

L’individu de Buczak a 4! 1. de large et autant de long; les côtes, lisses au milieu et ornées de petits grains des deux côtes, sont bien marquées du côté antérieur de la petite coquille.

Esp. 773. Card. subdinense d'Ors.

Paléont. fr. Terr. crét. 1. c. p. 39. PI. 250, fig. 1—3.

La coquille transverse, très inéquilatérale, est ornée de côtes rayonnantes, couvertes de petits tubereules; le bord postérieur est très court, l’antérieur fort allongé.

Hab. dans le terrain crétacé supérieur de Baktschissaraï et dans le grès turonien quarzeux d’Ossinowo du gouvernement de Kharkow, ainsi que dans le turonien du Mans en France.

La coquille, plus large que longue, a le bord postérieur fortement élargi, mais très court et tronqué obliquement, tandis que l’antérieur est plus allongé, très rétréci et arrondi; les sommets sont épais, infléchis et rapprochés. La lunule est ovalaire et profonde, l’écusson profond, mais un peu moins large.

La surface est couverte de côtes, qui, partant des sommets, se di-

rigent vers le bord inférieur, et sont garnies de petits tubercules plus espacés que ceux du Card. subdinense du Mans. L’individu de la Crimée, d’une localite douteuse, est un moule, à côtes un peu inégales, dont quelques unes prennent naissance sur le sommet, et d’autres à une petite distance de celui-ci entre les côtes plus longues. Le côté postérieur est enflé, beaucoup plus épais que le côté antérieur, qui se prolonge et se rétrécit beaucoup plus et se termine en une extrémité arrondie.

L’individu a 10 L. de large et 9 1. de long, mesuré au dessus des sommets, les valves closes, en moule, offrent une épaisseur de 8 L Il diffère un peu de l’individu du Mans, dont le côté antérieur allongé ne se rétrécit pas autant que celui de l’individu desla Crimée, -duquel il se distingue en outre par ses côtes plus régulières, prenant toutes naissance au sommet.

L’empreinte de la surface de la coquille d’Ossinowo montre distinctement les côtes à tubercules, et les intervalles des côtes marqués de stries d’accroissement concentriques, très FOEES par là ils paraissent comme imbriqués.

Esp. 774. Card. Carolinum d’Ors.

Paléont. fr, Terr. crét. 1. c. p. 29. PI. 245. :

La coquille transverse est un peu plus large que longue et garnie de côtes rayonnantes, à intervalles pourvus de petits tubercules, par la chute desquels il se présente de petits orifices.

Hab. dans le grès glauconien vert des environs d’Antipowka sur le Volga, dans le grès turonien d’Ossinowo près de Kiew, et en grands individus à Baktschissaraï et à Kharassoubazar en Crimée, ainsi que dans la craie chloritée du bassin pyrénéen.

La petite coquille d’Antipowka est ovale, transverse, à sommets épais, peu saillants et infléchis vers le côté antérieur, qui est élargi et arrondi, le postérieur est un peu plus allongé et également arrondi. Les côtes nombreuses sont égales et séparées par des intervalles étroits, munis de petits tubercules en rangées parallèles aux côtes; après la chute des tubercules il se présente de petits orifices dans les intervalles.

La coquille d’Antipowka a 7 1 de large, 6 1. de long, et les valves closes ont, à ce qu’il paraît, une épaisseur de 4 1. La surface est fortement roulée, elle manque par conséquent des tubercules et des autres ornements du test. Les individus d’Ossinowo sont beaucoup plus grands et très convexes; ils ont 1 p. 5 L de large, 1 p. 5 {2 L de long, et, à valves closes, une épaisseur de 10 L Les plus grands individus sont

ceux de Baktschissaraï et de Karassoubazar; ils ont 1 p. 3 L. de large et presque autant de long; les valves closes, en moules, offrent 9 1. d’épaisseur; les côtes rayonnantes sont séparées par des interstices ponctués.

Esp. 775. Card. Raulinianum d’Ors.

Paléont. fr. Terr. crét. L. c. p. 25. PI. 242, fig. 7— 10.

Petite coquille arrondie, légèrement renflée et ornée de côtes rayonnantes fines et égales, entre lesquelles on voit, dans les sillons, des points également espacés; le moule intérieur est lisse.

Hab. dans le turonien de Buczak près de Kiew, ainsi que dans le gault de Fleville dans les Ardennes.

La coquille est presque orbiculaire, à bord postérieur obliquement tronqué, à sommets situés au milieu du bord cardinal court et arqué; le côté postérieur est pourvu d’une carène postérieure oblique, qui, partant du sommet, se dirige en bas pour y former une saillie presque anguleuse.

L’individu à 9 L. de large et 8 1. de long, le petit sommet est à peine saillant et aigu.

Esp. 776. Card. alternatum d’Ors.

Paléont. fr. Terr. crét. p. 30. PI. 246.

La coquille est moins large que longue, un peu anguleuse aux deux côtés du bord cardinal, et garnie de côtes grêles rayonnantes à petits tubercules, et séparées par des intervalles lisses de largeur égale; le bord inférieur est crénelé, comme celui de toutes les espèces à côtes rayonnantes.

Hab. dans le turonien quarzeux d’Ossinowo aux environs de Kharkow et de Traktamirow près de Kiew, ainsi que dans l’étage turonien de St-Maure en France.

La coquille, assez renflée, a les sommets épais, saillants, infléchis et situés au milieu du bord cardinal, dont les deux côtés sont à peine anguleux; la surface est ornée de côtes rayonnantes à petits tubercules, séparées par des intervalles un peu moins larges que les côtes. Les deux bords latéraux sont également arrondis et forment avec le bord inférieur trois quarts d’un cercle.

La coquille 1 p. 11 L. de large et 2 p. 7 1. de long, à valves closes elle offre une épaisseur de 1 p. 11 L.; je ne possède cependant qu’un jeune individu plus petit, en fragments, d’Ossinowo.

Esp. 777. Card. cenomanense d'Or.

Paléont. fr. Terr. crét. 1. c. p. 37. PI. 249, fig. 5—9. Cardium concinnum (v. Bucu) Rourzier, Bull. de Mosc. 1846, IV. PI.B, fig. 11 et Bull. Mosc. 1848. I, p. 266.

La coquille, arrondie, très renflée et un peu plus longue que large, est garnie de stries rayonnantes nombreuses, les intervalles sont étroits, peu profonds et munis de petits tubercules ; le bord inférieur est crénelé; le moule est lisse.

Hab. dans le néocomien supérieur de Khoroschôwo près de Moscou, ainsi que dans un grès rouge du turonien inférieur du Mans en France.

La coquille, presque sphérique, se trouve à Khoroschéwo, toujours en moules, sur lesquels on remarque cependant les empreintes des stries ou côtes très grêles, surtout distinctes sur la moitié postérieure du test; le bord inférieur est arrondi et entièrement crénelé, ce qui vient prouver que toute la surface de la coquille était couverte de stries rayonnantes.

Les sommets sont épais, prolongés, infléchis et contigus; le côté postérieur est pourvu d’un enfoncement, à carène obtuse, qui, partant du sommet, descend jusqu’au bord inféro-postérieur; le bord postérieur est tronqué, l’antérieur arrondi.

L’individu de Khoroschéwo a 5 L de large, 51/3 L. de long, mesuré sur le sommet très saillant, et, à valves closes, son épaisseur est de 5 L; test presque la grandeur des individus français. L’individu cité et figuré par M. Rourzer appartient, comme Card. concinnum v. Bucx, au Card. cenomanense, dont la moitié des moules sont parcourus de stries rayonnantes, et les autres pourvus du bord inférieur crénelé.

Esp. 778. Card. Guerangeri d’Ors.

Paléont. fr. Terr. crét. I. c. p. 35. PI. 249, fig. 1 —4. Cardita spec. Rouizxier, Bull. de Mosc. 1846, IV. PI. B, fig. 12 et 1848. I, p. 266.

La coquille, plus large que longue et dilatée, est obliquement tronquée en arrière, le bord postérieur forme avec le bord cardinal un angle obtus; le bord antérieur est arrondi; les sommets sont très saillants et infléchis vers le bord antérieur.

Hab. dans le grès néocomien supérieur de Khoroschéwo près de Moscou, dans le grès turonien quarzeux de Traktamirow et de Buczak près de Kiew, dans une marne crayeuse rougeâtre près d'Ekaterinoslaw au midi de la Russie, ainsi que dans le turonien de Ste-Croix près du Mans.

Au côté postérieur la coquille est garnie de petites côtes fines, au nombre de 27, le reste de la coquille est lisse; le bord inférieur n’est pas crénelé, mais entier; la surface est pourvue de stries concentriques d’accroissement, à peine marquées et inégales; le moule est lisse.

Les plus grands individus ont 9 L. de large et 81. de long; d’autres sont plus petits et tous marqués des bords cardinal et postérieur tranchants et fortement saillants; l’écusson est très grand, large et ovalaire; l’enfoncement lunulaire profond et ovalaire, mais plus petit.

Les moules d'Ekaterinoslaw ont presque la même grandeur que les individus du Mans, mais ceux de Traktamirow sont très petits; les moules ont la moitié de grandeur et les plus grands 5 L de large, autant de long et 21j2 1. ou plus d'épaisseur; leur forme est celle des grands individus de Buczak et les côtes rayonnantes fines sont distinctes.

Cette espèce a une grande affinité avec le genre Protocardia et y appartient peut-être avec plusieurs autres des Bucardes ci-dessus décrits, mais comme je ne vois pas l’impression du manteau à sinus, j'ai conservé en attendant ces espèces dans le genre Cardium, d’autant plus que M. Prcrer (dans la Paléontologie suisse, livraison cinquième) énumère encore des espèces semblables à la nôtre et n’admet pas même le genre Protocardia Beyr.

Esp. 779. Card. armenicum ».

Agicx, Verol. Grundzüge d. Geogn. Mém. de l’Acad. des Sc. Série VI, Tome VII. 1859, p. 527. PI. I, fig. 9 a b.

Testa parva transversa, inflata, antice abbreviata et rotundata, postice prolongata rotundata, margine postico inferne truncato, cardine anteriora versus sito; superficies plicis incrementi concentricis approximatis et in postico latere prolongato, tribus quatuorve costis nodosis obliquis ornata.

-Hab. dans le turonien argileux inférieur de la haute Arménie, dans la vallée de Wedi, aux environs du fleuve Araxe, dans la vallée étroite de l’Araxe entre Migri et Ordoubad, réuni à beaucoup de Gastéropodes, aux Omphalia conica Zrckerr, Actaeonella rotundata ZEecx. Nerinaea Buchii Zecx., Turritella difficilis d’Ors. et d’autres.

Petite coquille renflée, douteuse quant au genre, car la charnière n’est pas connue, mais comme M. Agrcx l’a rapprochée du Cardium, sans cependant lui donner un nom spécifique, jai dû nommer et décrire cette espèce. Elle a 51/21. de large, 5 1. de long, les valves closes offrent

4 1 d'épaisseur; elle se distingue surtout par trois ou quatre côtes Eichwald, Lethaea rossica. Il. 44

noueuses obliques du côté postérieur, et par des plis d’accroïssement concentriques sur le reste de la coquille. Le sommet est assez saillant, situé au bord antérieur, qui est court et arrondi, tandis que le côté postérieur se prolonge dans la région arrondie et tronquée en bas.

Sur la même Planche ILE, fig. 9 c L c. est figuré par M. ABICH un autre individu du genre Cardium, qui, par sa forme tout différente, doit appartenir à une autre espèce, car la coquille est presque elliptique, le côté postérieur est un peu plus large .que l’antérieur ; les côtes noueuses obliques sont en outre plus nombreuses, au nombre de 6 ou 7, et occupent tout le côté postérieur, tandis que le reste du test est garni de plis concentriques beaucoup plus espacés, et que le sommet, plus petit et plus pointu, est fixé presque au milieu du bord cardinal; la grandeur de la coquille est un peu plus considérable que celle du Card. armenicum.

Le seul Cardium qui a quelques rapports avec celui-ci, est le Card. Germani Prer. et Came. * du terrain crétacé de Ste-Croix, dont les sommets sont pourtant plus épais: le bord antérieur est muni de stries rayonnantes, tandis que les stries rayonnantes du bord postérieur sont noueuses, comme celles du Card. armenicum.

Esp. 780. Card. aralense ABicH.

Mém. de l’Acad. des Sc. L. c. 1859, p. 544. PI. V, fig. 3. Traursca., Bull. de Mosc. I. c. 1859. IT, p. 305. PI. 1, fig. 1.

La coquille très grande est bombée, à côté antérieur plus large et plus court que le postérieur, qui est plus étroit, plus prolongé et arrondi; le sommet est épais, fort saïllant et infléchi; il occupe presque le milieu du bord cardinal droit, et est légèrement rapproché du bord antérieur. La surface ést garnie de côtes nombreuses, aplaties et striées, les stries concentriques très fines et serrées se remarquent surtout vers le bord inférieur, qui est crénelé en dedans.

Hab. dans un calcaire glauconien des environs du lac d’Aral.

Cette espèce, d’après la fig. 1 de la PI. 1 du Bulletin de Moscou, a 2 p. 10 L. de large et 2 p. 7 L. de long, les valves closes, en moules, offrent une épaisseur de 2 p.; elle a les plus grands rapports avec le Card. Voltzii Leym. des couches aptiennes du bassin parisien. La surface de la coquille du Card. Voltzii, de la même grandeur, est ornée de côtes rayonnantes fines et égales, coupées par des stries d’accroissement concentriques fort espacées, comme le Card: aralense, qui porte des impressions du côté postérieur, comme celui-là; les

* Paléont. suisse. 1866. Livr. IV. PI. 12°, fig. 5.

sommets présentent la même position sur les deux espèces. Je suppose par suite que le calcaire glauconien dans lequel s’est trouvé le Card. aralense, pourrait appartenir à l'étage turonien plutôt qu’au terrain tertiaire.

Esp. 781. Card. semigranulatum Sow. aff.

Min. conch. I. c. vol. II, p. 99. PI. 144.

Agicu I. c. p. 544. PI. 3, fis. 3.

La coquille, de grandeur moyenne, est arrondie, un peu plus large que longue, à peine plus courte et plus étroite sur la région antérieure; les sommets sont situés presque au mileu du bord cardinal, et la surface porte des côtes rayonnantes fines, devenant de plus en plus larges sur la région postérieure, qui offre de légères impressions, comme l’espèce précédente.

Hab. dans la même couche d’un calcaire glauconien des bords du lac d’Aral. |

La coquille n’a que de légers rapports avec le Card. semigranulatum Sow. du London-clay, comme le reconnaît M. Agrcx lui-même. Cette espèce se trouve dans la même couche calcaire sur l’Aral avec le Card. aralense, et il se peut par conséquent que ce soit un jeune individu de ce dernier, bien que sa forme soit un peu différente et les côtes de la région postérieure plus larges que les médianes, tandis qu’elles sont toutes égales sur le Card. aralense.

Cette espèce présente plusieurs rapports avec le Card. M ailleanum d'Ors., du terrain turonien du bassin parisien; néanmoins on y constate aussi quelques différences: les côtes rayonnantes du Car d. Mailleanum sont fines et toutes égales en épaisseur, et coupées par des stries concentriques-plus nombreuses; la région postérieure de celui-ci est un peu plus large que l’antérieure, tandis que ces deux régions sont presque égales en largeur sur le Card. semigranulatum de l’Aral; la largeur étant de 1 p. 7 1 et la longueur de 1 p. 6 1. il en résulte qu’il est plus grand que l'espèce de la France.

Genre LXXX VIII Protocardia Bryr.

Cardium auct.

Le Protocardia est caractérisé par la même forme que le Cardium; il est, comme lui, équivalve, un peu inéquilatéral, bombé, tronqué en arrière, pourvu de 1 ou 2 dents cardinales coniques et d’une dent latérale de chaque côté, le bord inférieur antérieur des valves est entier,

non crénelé; ces coquilles manquent même de la structure intérieure rayonnée; la surface est ornée de stries, concentriques sur la région antérieure, et rayonnantes sur la postérieure; cependant un sinus du manteau éloigne les Protocardia des Mollusques intégropalléales, auxquels appartient le Cardium, et les rapproche des Sinupalléales. C’est donc par cette raison seule que M. Reuss * en à fait une famille à part, celle des Pseudocardidées, qui ne se distinguent des Cardidées que par leur petit sinus palléal, caractère trop peu important pour être pris en considération; car alors le Leda à sinus palléal profond, c’est-à-dire une Nucule des auteurs anciens, devrait être également séparé des Intégropalléales et réuni aux Sinupalléales. Le Protocardia se trouve dans les terrains jurassique et crétacé.

MM. Prcrer et CAMPICHE n’acceptent pas ce genre eb ne font pas même mention de la famille, qu’ils n’admettent pas; le caractère, disentils **, qu’on assigne à ce genre, repose principalement sur une très faible inflexion de la ligne palléale et sur les ornements de la surface, qui ne peuvent guère être considérés comme ayant une valeur générique.

Esp. 782. Protoc. aequistriata Barry.

Quart. journ. 1857, p. 138. PI. 8, fig. 6.

. La coquille subtrigone, convexe, a les'sommets saillants et rapprochés l’un de l’autre: les plis de la région antérieure sont fines et régulières, et la postérieure est garnie de stries rayonnantes plus espacées.

Hab. dans le calcaire jurassique brunâtre (lower lias) de Kamara en Crimée.

La coquille est arrondie-trigone, à sommets petits et obtus; le côté antérieur en est un peu plus élargi et plus arrondi que le postérieur, qui est anguleux et muni de 6 à 8 côtes obliques assez espacées; leurs intervalles offrent la même largeur que les côtes. Les stries concentriques de la région antérieure sont très rapprochées. ‘F

L’individu de la Crimée a 7!}2 1. de large et 512 L. de long. Ila beaucoup de rapports avec le Cardium peregrinum d’Ors.***, du terrain néocomien du bassin parisien, qui cependant s’en distingue par

* Die Kreideformation v Bôhmen 1. €. I, p. 22. *%* Picrer et Campicre, Paléont. suisse I. c. p. 244.

*## Paléont. fr. Terr. crét. 1. c. p. 16. PI. 239, fig. 1—3. Cette espèce y est nommée Prot. peregrinorsum, nom qui n’a pas de signification en latin; MM. Prcrer et CampicHe l'ont changé en peregrinum. M. d’Arcarac écrit Card. peregrinosum, nom également incorrect en latin.

20 côtes simples ou épineuses sur la région postérieure; il est en outre de grandeur double, comparé à l’espèce de la Crimée.

Esp. 783. Protoc. concinna v. Bucx.

PI. XXV, fig. 13 a gr. nat.; b la même valve, grossie; c valves closes, grossies, vues du côté antérieur; d les mêmes, vues du côté postérieur.

Beiträge zur Bestimmung d. Gebirgsf. v. Russland p. 78. Cardium concinnum v. Bucm, d'Org., voy. VERNEUIL, Paléont. de Russie I. c. p. 454. PI. 38, fig. 11—13.

La coquille est petite, presque sphérique, à Lomiets épais, saillants et infléchis l’un vers l’autre; ils sont situés au milieu du bord cardinal, qui fait un angle distinct avec le bord postérieur et souvent aussi avec l’antérieur, dont l’angle est plus obtus. Le bord postérieur, en saillie tranchante, est presque d’égale largeur avec l’antérieur, dont la saillie tranchante du bord commence sous la lunule. Les stries rayonnantes de Varéa s’approchent du bord postérieur et laissent un espace lisse entre elles et le bord ablique.

Hab. dans le calcaire jurassique de l'étage oxfordien inférieur au nord de la Russie sur le fleuve Ssoswa; près de Nigranden et de Popilani en Lithuanie, dans l’argile jurassique supérieure de Goliowo près de Moscou, dans le calcaire oxfordien supérieur de Kotéitschi sur le fleuve Nerskaya au gouvernement de Moscou, à 83 verstes à l’orient de la capitale; sur le bord du fleuve Oka près de Jelatma, dans le gouvernement de Tambow, et peut-être à Kamenka sur le Donetz, et même, à ce qu’il paraît, dans le terrain jurassique de l’étage oxfordien du fleuve Outessouyouk près d’Iletzkaya.

La coquille se caractérise par sa forme presque sphérique; elle a 5 L. de large et un peu plus de long, les valves closes offrent une épaisseur de 4 L.; la plupart des individus sont plus petits, mais il n’y en a pas dont les dimensions dépassent 5 L. en large et en long; et tous ceux qu'on y a rapportés, n’appartiennent pas au Protocardia concinna, mais à d’autres espèces et même à d’autres genres.

La coquille est pourvue de sommets élargis, qui se prolongent et s’infléchissent l’un vers l’autre; les sommets occupent le milieu du bord cardinal, et ils sont légèrement rapprochés du bord antérieur. La région postérieure est pourvue de stries rayonnantes; elles se trouvent sur l’enfoncement postérieur et dépassent la carène oblique obtuse, pour occuper le tiers de la surface du test, dont le reste est marqué de stries concentriques très irrégulières et fines. Le bord antérieur est arrondi comme le postérieur; il s’y développe également une facette, qui cependant n’est

pas marquée d’un bord caréné. Le bord inférieur tranchant est entier, non crénelé, excepté vers le bord postérieur, comme suite des stries rayonnantes. (C’est un des plus grands individus de Popilani que je viens de décrire; il à 41/2 L. de large, autant de long, et les valves closes offrent une épaisseur de 3%/4 L Il y a environ 15 ou un peu plus de stries rayonnantes, qui augmentent en épaisseur à partir du bord antérieur vers la carène de la valve, qu’elles dépassent en 3 ou 8 stries. L’épiderme bien conservé ne montre presque pas de traces des stries concentriques; la surface est lisse et luisante.

Le petit individu du Protoc. concinna, que j'ai moi-même recueilli à Goliowo dans l’argile jurassique, à 21/3 1. de large et autant de long, le sommet petit est situé un peu plus en avant, et le côté postérieur du bord cardinal est anguleux, la coquille est comprimée par suite d’un accident.

Je ne connais pas l’espèce de Khoroschéwo, où l’on suppose qu’elle se trouve dans les couches néocomiennes, superpôsées à l’argile jurassique; beaucoup d’autres espèces ont été confondues avec celle-ci, et l’individu représenté par M. d'OrBreny paraît provenir du terrain jurassique de Kamenka sur le Donetz * et appartient peut-être au Protocardiaimpressa. Les individus de Kotéitschi se distinguent, au jeune âge, par une coquille un peu plus longue que large, adultes ils acquièrent

‘la forme et la grandeur des grands individus de Popilant. Il paraît que le Protoc. concinña typique se trouve aussi dans le calcaire oxfordien d'Iletzkaya, quoiqu'il soit un peu plus petit que l’espèce de Popilani: la coquille à test bien conservé a 2%/4 L. de large et 3 L. de long, les valves closes offrent une épaisseur de 21/3 L.; l'épaisseur la plus grande se remarque près des sommets, qui sont infléchis.

M. Rouen à figuré un Cardium concinnum du grès vert supérieur de Khoroschéwo, qui n’est pas l'espèce typique de M. De Bucs, mais le Card. cenomanense d’'Ors. (voy. celui-ci); M. TrauTsCHOLD ** a également figuré un Card. concinnum de l'argile néocomienne de Ssimbirsk, qui est le Protoc. impressa Desx. (voy. celui-ci); M. DE KeyserRLING à de même figuré un Cardium concinnum var. du pays de la Petschora, qui est le Card. Guerangeri (voy. celui-ci).

Le Card. striatulum Sow. ***, de l’oolithe inférieur de Brora, n’est pas le Protoc. concinna, comme M. pe Bucu l’a bien senti lui

* VerNEuIL, Paléont. de Russie 1. c. p. 454. PI. 38, fig. 11—13. ** Bullet. de Mosc. 1. ce. 1865. PI. 8, fig. 5. #** Min, conchol. L. c. VE, p. 101. PI, 553, fig. 1.

même ; il est tout à fait orbiculaire, à sommets très petits et à peine saillants, en sorte que l’espèce de Sowergy ressemble beaucoup plus au Protoc. Michelini qu'au Prot. concinna.

MM. Lycerr et Morris ont fait double emploi du mot concinnum *; ils ont fait un Cardium concinnum du great oolite de Minchinhampton, qui est orné sur toute sa surface de côtes rayonnantes, coupées par des stries concentriques; c’est done une espèce jurassique, particulière à l'Angleterre. À

La facette postérieure du Protoc. concinna est plus allongée que l’antérieure; les stries rayonnantes dépassent le côté postérieur et la carène obtuse; elles sont tranchantes, et par la décomposition elles montrent les stries concentriques d’accroissement en petites couches aiguës, placées au-dessus des côtes.

Esp. 784. Protoc. Michelini d'Arc.

PI XXV, fig. 14 a valve droite, gr. nat.; b la même, grossie: c valves closes grossies, vues du côté antérieur; d les mêmes, vues du côté postérieur.

Cardium Michelini Vic. d'Arcaiac, Sur les fossiles du tourtia, voy. Mém. de la Soc. géol. de Fr. L. c. T. IE, part. L. Paris. 1846, p. 304. PI. 14, fig. 8. La coquille suborbiculaire est uniformément renflée, les sommets sont petits ou de grandeur moyenne, arrondis, recourbés et contigus; le bord antérieur est arrondi, le postérieur coupé presque carrément à sa jonction avec le bord cardinal. La région postérieure est couverte de stries rayonnantes plus fines et plus nombreuses, au nombre de 30 à 35, séparées par des sillons profonds, dans lesquels on observe de fines granulations serrées arrondies, s’élevant un peu au dessus des stries qui les bordent; la région antérieure du test bien conservé est garnie de stries rayonnantes extrêmement fines et régulières. Les sommets sont plus petits que ceux du Protoc. concinna, situés vis-à-vis l’un de l’autre, et les valves sont très convexes, à bords presque obtus, et formant un cercle complet. Les stries d’accroissement concentriques sont plus distinctes.

Hab. dans le néocomien supérieur de Khoroschôwo et d’Antipowka sur le Volga, ainsi que dans le tourtia de Tournay en France.

La coquille subsphérique est aussi large que longue, à sommets très petits, situés sur le milieu du bord cardinal, qui est légèrement arqué, à lunule ou facette antérieure nulle et à écusson plus large, plus long et bordé d’une carène obtuse peu distincte sur le test bien conservé,

* Mollusca from the great oolite. London 1853, 1. c: p. 65.

mais plus distincte sur le moule, surtout sur les individus d’Antipowka. Ceux-ci ont 51) 1. de large, autant de long, et offrent, à valves closes, une épaisseur de 41/2 L.; la région postérieure est ornée de côtes rayonnantes, entre lesquelles les sillons sont munis de petits orifices, traces de fines granulations tombées. Les individus du grès vert supérieur de Khoroschéwo sont un peu plus grands, offrent une largeur de 61/3 L, une longueur de 6 1. et, à valves closes, une épaisseur de 5 L., c’est-à-dire des dimensions qui diffèrent de celles du Protoc. concinna.

La région postérieure des individus est constamment marquée de côtes rayonnantes, tandis que la surface des valves est lisse, à épiderme bien conservé; je n’ai pu découvrir les stries rayonnantes fines sur aucun des individus ni de Khoroschôwo ni d’Antipowka, et je suppose que ces stries des individus du tourtia correspondent plutôt aux stries de la structure interne du test qu'aux ornements extérieurs: c’est pourquoi on ne les observe pas sur les individus de Khoroschôwo, dont le test est ordinairement calciné ou décomposé; néanmoins le bord inférieur des individus de Khoroschôwo et d’Antipowka est légèrement crénelé, ce qui fait voir que le bord était-crénelé par des stries rayonnantes.

Esp. 785. Protoc. Jaccardi Prcr. et Came.

PI. XXV, fig. 15 a valve droite, gr. nat.; b la même, grossie; c valves closes,

vues du côté antérieur; d les mêmes, vues du côté postérieur.

Cardium Jaccardi Paléont. suisse 1. c. Genève 1866. Série IV, livr. V, p.257. PI. 119, fig. 3—4.

La coquille renflée, subsphérique, est un peu plus large que longue; le côté antérieur est saillant et arrondi, le postérieur est un peu plus long, terminé par une longue troncature droite.

Hab. dans le néocomien inférieur de Khoroschôwo près de Moscou, ainsi que dans l'étage valangien de Villers-le-Lac en Suisse.

Le moule est lisse sur la plus grande partie de la coquille, la région postérieure est marquée d'environ 25 stries rayonnantes, partant des sommets et aboutissant tout le long du côté élargi et tronqué. C’est le caractère de l'individu suisse; je vois la même forme, la même grandeur et les mêmes ornements sur l'individu de Khoroschéwo, qui a 7 L de large et 7 1. de long, les valves closes offrent une épaisseur de 6 L Les impressions musculaires sont superficielles et faibles, le sinus palléal peu marqué, eb le manteau à peine échancré. Les sommets sont plus épais et plus saillants que dans les autres espèces décrites ci-dessus.

Cette espèce se distingue par sa longueur, qui est à peine plus

grande que sa largeur, tandis que le Protocard. peregrina à une largeur qui surpasse de beaucoup la longueur.

Les côtes sont plus épaisses que celles du Protoc. concinna et les sommets plus larges et plus saillants; la carène oblique est nulle ou courte, ne s’étend pas jusqu’au bord inferieur, les bords sont tranchants.

Esp. 786. Protoc. ventricosa d'Or.

PI. XX VI, fig. 1 a gr. nat.; b la même valve droite, grossie; c valves closes, vues du côté antérieur; d les mêmes, vues du côté postérieur.

Cardium ventricosum d’OnBieny, Paléont. fr. Terr. crét. p. 41. PI. 257, fig. 1—3.

La coquille très épaisse, allongée et ventrue, est inéquilatérale, à côté postérieur arqué et dépourvu d’impressions; les sommets épais sont très saillants, allongés et recourbés; le bord inférieur est entier.

Hab. dans le grès vert supérieur de Khoroschôwo, ainsi que dans la craie turonienne chloritée de Rouen.

La coquille ne se trouve qu’en moule, même aux environs de Rouen, en sorte que les stries rayonnantes du côté postérieur ne sont pas visibles sur les individus du nord de la France, mais elles apparaissent un peu sur les individus de Khoroschéwo. Ceux-ci sont également très ventrus, les sommets très saillants, écartés et fortement recourbés, comme sur les échantillons de Rouen. Le bord postérieur est plus large que l’antérieur et, comme celui-ci, dépourvu de l’enfoncement. La surface n’est marquée que de stries d’accroissement concentriques écartées, surtout apparentes sur le bord inférieur.

La coquille à 71} I. de large et 6 1. de long, les valves closes offrent, en moules, une épaisseur d'environ 6 L C’est surtout l’épaisseur qui distingue cette espèce du Protoc. peregrina, dont les sommets sont en outre moins renflés eb moins épais que ceux du Prot. ventricosa, à aréa postérieur moins long que celui du Prot. peregrina, mais beaucoup plus large.

Esp. 787. Protoc. subhillana * Leyx. sp.

Mém. de la Soc. géol. V, 1. Paris 1842, p. 5. PI. 7, fig. 2. D’Orgieny, Paléont, fr. Terr. crét. p. 9. PI. 239, fig. 7—8.

* Il est bien à regretter que les Paléontologistes anglais et français donnent souvent des noms mal composés aux espèces fossiles de Mollusques, comme par exemple Cardium sub-Hillanum, Venus sub-Brongniartiana d’ORs : ce sont des noms barbares, qui montrent le non plusultra d'une nomenclature perverse et vicieuse.

Picrer; Paléont. Suisse 1. c. p. 257. PI. 121, fig. 3—4. Lorioz, L’étage néocomien du mont Salève. Genève 1861, p. 81. PI. 10, f. 4.

La coquille, presque aussi large que longue, est arrondie et presque équilatérale; la surface est garnie partout de petites stries d’accroissement concentriques, fines, un peu plus fortes du côté postérieur, avec lesquelles se croisent d’autres stries rayonnantes également fines, surtout à l’extrémité postérieure; les bords sont arrondis et crénelés.

Hab. dans le grès néocomien inférieur noirâtre près de Moscou, à Khoroschôéwo, associé au Trigonia intermedia FAHRK. ainsi que dans le néocomien de Chenay au département de l'Aube, et dans les marnes néocomiennes de la Suisse.

La coquille est presque équilatérale, le bord postérieur un peu plus large que l’antérieur; les sommets sont renflés, infléchis et presque contigus. Le bord cardinal est droit, les deux côtés arrondis forment avec l’inférieur trois quarts d’un cercle. Les stries rayonnantes se bifurquent et descendent jusqu’au bord inférieur crénelé.

Je ne connais que le moule externe, qui est de la grandeur des individus de la Suisse; il a un pouce de large et autant de long.

Esp. 788. Protoc. impressa Desx. sp.

PI. XX VI, fig. 2 a valve gauche, vue de côté, gr. nat.; b valves closes, vues du côté postérieur.

Mém. de la Soc. géol. I. c. V. 1, p.6. PI. 8, fig. 1 —2.

D’Ongrexy 1. c. Terr. crét. p. 20. PI. 240.

Picrer, Paléont. Suisse 1. c 1V. 5, p. 249. PI. 119, fig. 1.

Cardium concinnum (v. Buou.) Traursos., Bull. de Mosc. 1865. I, p. 14. PI. 3, fig. 5.

Cardium concinnum (v. Bucx) d’Orgieny, voy. Verxeuiz, Paléont. de Russie 1. c. p. 454. PI. 38, fig. 11— 13.

La coquille, assez grande, est tantôt aussi large que longue, tantôt plus longue que large, un peu quadrilatère, arrondie du côté antérieur et coupée obliquement du côté postérieur; la surface est marquée de très légères stries d’accroissement concentriques, et du côté postérieur de 10 ou 11 grosses côtes rayonnantes et séparées du bord postérieur par un espace lisse assez large. ü

Hab. dans le néocomien argileux de Bessonow près de Ssimbirsk, dans le néocomien de Kamenka, sur le Donetz, et dans le calcaire néocomien grisâtre du fleuve Outessouyouk près d’Iletzkaya, ainsi que dans le néocomien à Spatanges de Marolles en France.

La coquille adulte acquiert en France la largeur de 3 p., quoiqu’elle

s’y trouve aussi en individus beaucoup moins grands; les plus petits se rencontrent à Iletzkaya; ils ont 3 L. de large et 21/3 L. de long, c’est-àdire ils sont plus larges que longs; ils sont garnis du côté postérieur de 11 stries ou plis rayonnants, et d’un intervalle lisse au bord postérieur; les stries concentriques sont plus distinctes vers le bord inférieur que près du sommet, qui est rapproché du bord antérieur et infléchi vers ce bord.

Les individus de l'argile de Bessonow sont plus grands; ils ont le bord postérieur légèrement tronqué, à intervalle lisse et très large et à 10 plis espacés, dont les postérieurs deviennent minces et s’oblitèrent; le reste de la surface porte des stries d’accroissement concentriques. L’individu de ma collection à 6 1. de large et un peu moins de long; ïl wa donné maïntenant la conviction que c’est effectivement le Protoc. impressa et non le Michelini, pour lequel je l’avais pris antérieurement, car il manque des stries rayonnantes sur la surface antérieure et médiane, et les stries rayonnantes plus fortes du bord postérieur du Protoc. Michelini sont dépourvues de l’intervalle lisse.

L'espèce figurée dans la Paléontologie de Russie, sous le nom de Cardium concinnum v. Buca, n’est pas, à ce qu’il paraît, le véritable Cardium concinnum v. Bucs, qui se distingue par la coquille moins grande et par les sommets rapprochés du bord postérieur, marqué de 12 à 15 stries rayonnantes et dont le large aréa descend jusqu’au bord inférieur. Le Card. concinnum est presque sphérique et aussi large que long. Je suppose que l'individu figuré dans la Paléontologie de Russie provient peut-être du néocomien de Kamenka et non de Khoroschéwo, où je ne connais pas de coquille semblable soit au Card. concinnum, soit au Card. impressum, excepté le Protoc. Jaccardi Pret. du néocomien de la Suisse, avec lequel la figure de la Paléontologie de Russie à les plus grands rapports, même quant à la grandeur et la largeur de la coquille; je suis donc porté à réunir le Card. concinnum d’Ors. de Khoroschôwo avec le Protoc. Jaccardi.

Esp. 789. Protoc. Hillana Sow. sp.

Min. conch. I, p. 41. PI. 14, fig. 1.

CardiumHillanum d'Ors., Paléoni. fr. Terr. crét. |. c. p. 27. PI. 243.

La coquille, de grandeur moyenne, est un peu plus large que longue, coupée carrément au bord postérieur, et arrondie au côté antérieur; les sommets assez épais sont saillants et infléchis; la surface est garnie de stries concentriques serrées et régulières sur la région antérieure et

moyenne, et de côtes rayonnantes serrées sur la postérieure, où elles passent jusqu'aux bords postérieur et dorsal, sans y laisser d'intervalle lisse.

Hab. dans le grès néocomien supérieur de Khoroschôwo, et dans le turonien d’Ossinowo au gouvernement de Kharkow, ainsi que dans le terrain albien de Fléville dans les Ardennes, et dans les couches alpines de la vallée de Gosau en Autriche.

L’individu d’Ossinowo est en moule de 1 p. 3 1. de large et de 1 p. 1 1. de long, les valves closes ont à peu près 8 1. d'épaisseur. Le côté postérieur, tronqué obliquement, forme à la jonction avec le bord postérieur un angle obtus, légèrement arrondi. Le bord antérieur sous les sommets est peu excavé, et l’écusson est plus étroit et moins long.

Les individus de Khoroschéwo sont plus petits; le plus grand a 7 L de large, presque 8 I. de long et, à valves closes, 7 1. d'épaisseur; le moule montre assez bien l’angle obtus à la jonction du bord dorsal avec le postérieur légèrement coupé, et le bord inféro-postérieur plus allongé que l’antérieur. Je remarque la même conformation de la coquille sur les petits individus du fleuve Wym dans le pays de la Petschora; ils n’ont que 5 l/2 1. de large et autant de long, etoffrent, à valves:closes, une épaisseur de 4 L.; le bord postérieur tronqué obliquement et le bord inféroinférieur allongé et saïllant surtout viennent confirmer ce rapprochement des petits individus de Wym avec le Protoc. Hillana.

Genre LXXXIX. Isocardia Lx.

La coquille équivalve, inéquilatérale, est fortement renflée et pourvue de sommets très saillants, le plus souvent contournés légèrement en spirale vers le bord antérieur, la charnière est munie de deux dents cardinales et d’une seule latérale. Ce genre se trouve dans tous les terrains, surtout dans le jurassique, le crétacé et le tertiaire, et vit encore dans la mer des régions tempérées et chaudes.

Esp. 790. Isoc. corculum ».

PI. XXVI, fig. 3 a valve droite, vue de côté; b valve gauche d’un autre individu plus grand, en moule : c le même, vu sur la lunule des valves closes, gr nat.

Zool. spec vol. I, p. 284. PI. IV, fig. 13.

Coquille de grandeur moyenne, sphérique en cœur, à sommets renflés, très saillants, contournés et écartés; la surface est couverte de stries rayonnantes très fines et serrées; la région postérieure est légèrement enfoncée en arrière des sommets, et la région antérieure en cœur, au dessous d'eux, légèrement concave, et marquée de deux impressions cour-

bées, réunies sous la pointe de chaque sommet. La surface est striée, les stries concentriques, très fines et serrées, sont coupées par des stries rayonnantes également fines et serrées.

Hab. dans le calcaire jurassique de l'étage oxfordien inférieur de Popilani.

La coquille est très renflée, presque sphérique, à sommets très épais et recourbés en avant; le test mince et brunâtre est orné de stries très fines et serrées; il est luisant et se décompose facilement; on ne trouve généralement de cette espèce que des moules intérieurs, dont les impressions musculaires sont à peine visibles, et l'impression palléale assez espacée des bords inférieurs arrondis et obtus, à valves closes.

La coquille est convexe, pourvue d’un léger enfoncement en sillon, qui part du sommet et se dirige obliquement vers le bord inférieur. La surface, marquée de stries d’accroissement concentriques très fines, est ornée, quand l’épiderme s’est conservé, de stries rayonnantes également fines et serrées, qui coupent, sous un angle droit, les stries d’accroissement et qui sont le plus visibles vers le bord inférieur. La région postérieure est enfoncée au milieu du bord cardinal, au dessus de 1a commissure, où l’on observe entre les. sommets un petit enfoncement ou l’écusson, pour fixer le ligament extérieur. La région antérieure est enfoncée en cœur élargi, et marquée, à valves closes du test bien conservé et en dessous des sommets, d’un sillon ou impression arquée, dont les traces se montrent aussi sur le moule intérieur en semblables impressions courbées, qui se réunissent sous les sommets. Les bords de l’enfoncement antérieur sont obtus et forment en bas une petite saillie obtuse. Ce n’est pas l’Isoc. minima Sow. du cornbrash anglais *, qui a les sommets plus petits et l’aréa antérieur moins large et moins profond, sans montrer l'impression arquée sous les sommets; ceux-ci sont plus rapprochés, tandis qu’ils sont plus écartés l’un de l’autre sur l’Isoc. corculum, dont l'épaisseur est beaucoup plus grande.

La coquille a 9 I. de large et autant de long, elle offre, également à valves closes, une épaisseur de 9 I.

L'Isoc. tenera Sow. ** du cornbrash de l’Angleterre se distingue par ses sommets plus saillants et plus allongés, par la fossette antérieure moins large, ne descendant pas aussi bas vers le bord inférieur, et par

* Lycerr, Suppl. to great oolite mollusca I. c. Pal. Soc. 1863. IL, p. 56. PI. 36, fig. 1.

* Lycerr |. c. Paleont. Soc. IT. 1863, p. 57.

le manque du sillon arqué sous les sommets; la surface est cependant également striée, à stries rayonnantes très fines et serrées.

Esp. 791. Isoc. scythica ».

PI. XX VI, fig. 4 a valve droite, gr. nat., vue de côté ; b valves closes, vues sur Ja lunule.

Géognosie de Russie |. c. 1846, p. 488.

Testa mediocris, globoso-inflata, verticibus perquam inflatis et spiraliter inflexis, antico margine truncato, dilatato ac lunula profunda lataque instructa, -postico oblique producto, angustato; superficies testae transversim tenuissime striata. :

Hab. dans le calcaire jurassique du BARON TE de Tambow, sur le fleuve Ounja (Unsha).

La coquille, de grandeur moyenne, est très renflée, presque sphérique, légèrement trigone, à sommets très épais, très saillants, recourbés en spirale et contigus; en dessous d’eux on voit la lunule très large et bordée par une carène obtuse; les impressions en demi-arc sont bien visibles sous.les sommets. Le côté antérieur est bien prononcé, arrondi et un peu plus étroit que le postérieur, qui s’élargit un peu davantage et s’avance en arrière. |

La surface convexe est finement parcourue de stries concentriques nombreuses et serrées.

La coquille à 1 p. 3 1. de long et 1 p. 5 L. de large près du bord inférieur; les valves closes ont près de 1 p. 4 L. d'épaisseur.

Les bords sont très différents: le bord dorsal est oblique et descend vers le postérieur court et arrondi; le bord antérieur fait une saillie plus arrondie et plus marquée. Le bord inférieur est arrondi, élargi et tranchant.

Les stries concentriques très serrées distinguent cette espèce de toutes les autres; elles ne sont pas coupées par des stries rayonnantes, et c’est par là que cet Isocardia diffère de l’Isoc. tenera Sow. *, du great oolite de Minchinhampton, qui est plus petit, à sommets moins contournés en spirale et à lunule moins large que l’Isoc. scythica, dont les sommets sont plus rapprochés du bord antérieur que du milieu du bord dorsal, comme sur l’Isoc. tenera.

* Min. conch. I, p. 171. PI. 295, fig. 2, et Mornis et Lycerr, Paleont. Soc. 1. c. 1853, p. 66. PI. 7, fig. 1.

Esp. 792. Isoc. neocomiensis Acass., d'ORg.

PI. XXVI, fig. 5 a valve gauche, gr. nat., vue de côté; b la même, vue sur la lunule.

Isocard. neocomiensis d'Ors., Paléont. fr. Terr. crét. I. c. p. 44. PI. 250, fig. 9—11.

La coquille allongée, élargie et renflée, est un peu anguleuse; la région antérieure est enfoncée en-dessous des sommets et marquée d’une impression arquée, et la région postérieure pourvue d’un enfoncement plus grand, ovalaire et bien bordé, au milieu duquel s’élèvent les bords de la commissure.

Hab. dans le grès néocomien supérieur de Khoroschôwo près de Moscou, ainsi que dans l’albien du département de l'Aube.

La coquille se distingue par sa longueur, qui est de 8 L.; elle a 71h L de large, et, à valves closes, une épaisseur de 61/2 1. Elle a les sommets prolongés, recourbés en avant et contigus; les côtés sont presque également arrondis, antérieur plus court et pourvu d’une excavation devant les sommets; il s’en développe un petit enfoncement ovalaire, marqué, des deux côtés, d’une impression arquée, comme en général sur les Isocardes. La région postérieure montre, des deux côtés de la commissure saillante, un enfoncement plus large et plus long, à peu près comme sur plusieurs Cardium et sur l’'Isocardia caratonensis d'Or. du terrain crétacé de la France.

Un autre caractère qui rapproche les individus de Khoroschéwo du genre Cardium, sont des stries fines rayonnantes qui se remarquent distinctement sur la région postérieure jusqu’au milieu des valves; elles manquent à la région antérieure, dont l’épiderme ne montre que les stries d’accroissement concentriques. Les bords paraissent entiers, excepté ceux de la région postérieure, qui sont finement crénelés.

Cette espèce est intermédiaire entre les genres Cardium, Protocardia et Isocardia; les sommets petits, à peine contournés, sont contigus, sans former de spirale; les stries rayonnantes, très caractéristiques pour les Cardium et les Protocardia, manquent aux ISocardia en général, mais la petite impression arquée en dessous des sommets sur la région antérieure est caractéristique pour le genre Isocardia. M. d'Orgraxy * a observé que le moule intérieur du Ceromya neocomiensis Agass. offre les mêmes impressions sous les sommets que les Isocardies, et il le place par conséquent dans ce dernier genre, où

Herr cret lc. p.45:

70% ces impressions se remarquent toujours, sous le nom d’Isocardia neocomiensis. Comme les petits individus de Khoroschôwo sont effectivement plus longs que larges, j’ai dû retenir le nom d’'Isocardia neocomiensis pour cette espèce, qui paraît avoir été plus longue au jeune âge, et plus large dans un âge avancé, s’élargissant de plus en plus, à mesure que s’opérait son accroissement.

Cette espèce offre beaucoup de rapports avec lPIsoc. pyrenaica d’Ors., du terrain turonien des Corbières, mais celui-ci s’en distingue par sa partie moyenne légèrement élevée, anguleuse et longitudinale sur chaque valve, et par son bord inférieur anguleux au milieu; ses stries concentriques d’accroissement ne sont pas traversées par des stries rayonnantes sur la région postérieure. L'Isocardia pyrenaica paraît cependant se trouver, au midi de la Russie, dans la craie blanche sur le Dnjestr en Podolie.

M. Prcrer * ne réunit pas l’Isocardia praelonga Desx. de l’albien du département de l’Aube avec l’Isoc. neocomiensis, comme la fait M. d'OrBieny; car l’espèce du néocomien est toujours plus large que longue et garnie de stries rayonnantes du côté postérieur; c’est ce qu’on ne voit pas sur le moule de l’'Isocardia praelonga.

Esp. 793. Isoc massagetica ».

fsocard. multicostata (Nyst.) Agicn, Beitr. zur Palaeont d. armen. Russl. Mém. de l’Acad. des Sc. Série VI. Pétersb. 1859, p. 544. PI. I, fig. 1 et Isoc. nov. sp.? PI. Il, fig. 4 (an species distincta?).

Testa globosa, transversim costata, costis subtiliter striatis, vertice incrassato, prolongato, spiraliter inflexo, lunula cordiformi, profunda.

Hab. dans la craie chloritée de l’île de Koul-oussouat du lac d’Aral, ainsi que, en plus petits individus et en moules, dans la craie blanche de Baktschissaraï en Crimée.

La coquille sphérique se prolonge en un sommet épais et recourbé en spirale; les deux côtés sont arrondis et égaux; le bord cardinal derrière les sommets est oblique et muni d’un écusson étroit, où vient se fixer le ligament extérieur; le bord antérieur est excavé en un enfoncement profond, cordiforme. La surface est garnie de côtes transverses grossières, séparées par des sillons étroits et finement striés; des stries concentriques très serrées se remarquent aussi sur les côtes transverses. Le bord inférieur arrondi est entier, non crénelé et le moule lisse.

La coquille a 10 1. de large et 11 1. de long, les valves closes sont

* Paléont. Suisse IV. livr. 4ième, p. 236.

d’une épaisseur de 71/2 1. C’est donc un jeune individu, mais il en existe aussi de plus grands, comme celui figuré L. c. par M. Agicx, d’un terrain problématique de l’Aral, qu’il suppose être du tertiaire. L’individu a 1 p. 4 1. de large, sa longueur n’est pas connue, car c’est une coquille mal conservée, et l'épaisseur des valves closes est de 2 p. Les sommets sont recourbés en spirale et la surface ornée de semblables côtes grossières et finement striées; elles sont au nombre de 18 à 20 et se dirigent en arc jusqu'à la commissure postérieure de la valve, laissant sur le grand moule, figuré par M. Agicx, un espace libre près de la commissure. M. Agrca n’est pas de l'avis que ce soit l’Isoc. multicostata tertiaire. -

Un autre individu, beaucoup plus grand encore, de la même couche de PAral, figuré L. c. par M. Agicx, présente des dimensions gigantesques > il a 6 p. et plus de long et 41/2 p. de large; les côtes sont cependant plus planes et plus larges, et elles sont également parcourues de stries très fines transverses: C’est peut-être la même espèce à uno âge très avancé.

L'espèce de l’Aral a beaucoup de rapports avec l'Isocardia sulcata Sow. * du London-clay, mais elle s’en distingue au jeune âge par ses côtes transverses très épaisses et finement striées, et par des sillons plus profonds, placés entre les côtes; et à l’état adulte par sa grandeur considérable, sa surface striée en travers et dépourvue de côtes transverses; en outre l’écusson de l’Isoc. massagetica est plus distinct et marqué de stries parallèles au bord dorsal.

Esp. 794. Isoc. ventricosa Puscx.

Polens Palaeontologie I. c. p. 68. PI. 7, fig. 8.

Grande coquille sphérique, à sommets contournés en spirale et écartés l’un de l’autre; la surface est finement striée, les stries d’accroissement concentriques sont espacées et égales; la lunule est grande, élargie et cordiforme.

Hab. dans la craie blanche de Kazimirz sur la Vistule.

La coquille a 3 pouces de long et une épaisseur de 2 p. 81. M. Puscx (1. c.) donne encore la description d’une autre espèce, de l’Isocardia exaltata du calcaire jurassique de Pieklo près d’'Inowladz, mais comme ce n’est qu’un moule à sommets saillants droits et fort écartés, il est douteux qu’il appartienne au genre Isocardia.

* Min. conch. T. I, p.172. PI. 295, fig. 4.

Eichwald, Lethaea rossica. II. 45

Esp. 795. Isoc. cretacea Gorr.

Petref. Germ. I. c. Il, p. 211. PI. 141, fig. 1. Bull. de Mosc. I. c. 1861. IV. PI. 12, fig. 3.

La coquille, de grandeur moyenne, est orbiculaire, renflée, légèrement comprimée, à sommets épais, courts, contournés et contigus; la surface est presque lisse, ou marquée de rares stries d’accroissement concentriques; la lunule est presque ovale et superficielle.

Hab. dans le grès vert de Talitzi près de Moscou, ainsi que dans la craie grisâtre de la Westphalie.

La coquille a 1 p. 10 L. de large, 1 p. 51/2 1. de long, et, à valves closes, une épaisseur de 11 1. elle est par conséquent moins bombée que Pespèce typique.

Genre XC. Hippopodium Cons.

La coquille équivalve, inéquilatérale, est renflée, plus large que longue, transverse, les sommets sont saillants et contournés en spirale, comme ceux de l’Isocardia; le ligament extérieur est allongé, la lunule profonde, mais étroite; la charnière n’est pas bien connue; la valve gauche est pourvue d’une seule dent ridée. Ce genre se trouve dans le terrain jurassique.

Esp. 796. Hippop. angustatum v. Bucx.

Beitr. zur Bestimmung d. Gebirgsform. Russl. p. 107. PI. 3, fig. 6—7.

La coquille, de grandeur moyenne, est transverse, à sommets peu saillants, petits et contournés en spirale, la lunule est profonde, plus large que longue, en cœur, et l’écusson allongé est superficiel; un enfoncement, allant du sommet sur la région antérieure de la valve, s’élargit brusquement vers le bord inférieur, qui par là devient légèrement échancré.

Hab. dans le grès jurassique ferrugineux au nord de l’Oural sur le fleuve Tolya, où je présume qu’il existe un terrain néocomien.

La surface est marquée de stries d’accroissement concentriques très rapprochées et nombreuses; le bord antérieur n’est pas aussi prononcé que le montre la fig. 6 de M. pe Bucu, mais tronqué verticalement; par suite les sommets ne sont pas aussi éloignés du bord antérieur, mais plutôt rapprochés, comme on le voit dans la fig. 7 citée ci-dessus. La partie la plus bombée se remarque au milieu des deux côtés; la plus grande épaisseur se trouve vers le bord antérieur; le bord postérieur paraît être un peu ouvert, caractère qui ne convient pas à ce genre.

Un individu des plus grands a 2 p. 41. de large, offre une hauteur de 1 p. 4 L. au dessus des sommets, et en arrière d'eux, au bord postérieur, une hauteur de 1 p. 9 1. L’épaisseur de l'individu figuré par M. DE Bucux, est de 1 p. 1 1, à la partie antérieure de la coquille; de là elle va en diminuant rapidement vers le bord postérieur tranchant et fermé.

Famille vingt-deuxième.

“ Cythéridées.

Les coquilles équivalves et inéquilatérales sont tantôt orbiculaires, tantôt transverses, ovalairés et comprimées; la charnière est pourvue de dents cardinales divergentes; les dents latérales manquent; le ligament est externe; les valves sont fermées ou presque fermées.

Genre XCI. Thetis Sow.

La coquille renflée, sphérique ou transverse, est entièrement fermée; les deux impressions musculaires sont superficielles, et on voit en outre du côté antérieur une petite impression sous le sommet. L’impression palléale, peu marquée au pourtour, forme à la région postérieure un sinus triangulaire et très profond, qui occupe la moitié de la coquille, et se dirige tantôt d’un côté, tantôt de l’autre. Ce genre ne se trouve que dans le terrain crétacé, pour lequel il est caractéristique.

Esp. 797. Thet. minor Sow.

PI. XX VI, fig. 6 a valve gauche, gr. nat. du moule, vue de côté; b fragment du test, grossi.

Min. conch. l. c. vol. 6, p. 21. PI. 518, fig. 5 —6. D’Orgieny, Paléont. fr. Terr. crét. p. 453. PI. 387, fig. 4—7.

La coquille transverse est légèrement comprimée, à côtés arrondis, antérieur un peu plus large et plus court que le postérieur; la surface est marquée de couches d’accroissement écailleuses, surtout vers le bord inférieur; l’épiderme montre, moyennant une bonne loupe, des stries

rayonnantes, formées de points en creux.

Hab. dans le gault du mont Worobyew, sur le bord du Moskwa près de Moscou, sur le Yaouza dans la ville de Moscou, et dans la vallée de la rivière Koïssou au Daghestan, ainsi que dans le gault de l'Angleterre et de la France.

La coquille est plus ou moins comprimée, à surface lisse au milieu et près des sommets, et sillonnée concentriquement vers le bord inférieur, qui par là devient presque lamelleux; la partie lisse est marquée de

points en creux, disposés en rangées concentriques, surtout sur l'individu du fleuve Yaouza à Moscou; il montre sur l’épiderme de la moitié antérieure de petits points tuberculeux, placés en rangées concentriques, tandis que des points en creux rayonnants se trouvent sous l’épiderme sur le test lui-même.

Le bord antérieur arrondi est légèrement évasé en haut avant les sommets, ceux-ci sont assez épais et recourbés vers la lunule, qui n’est pas pourvue Ge bords distincts; le bord cardinal est oblique et pourvu de nymphes allongées et étroites, pour fixer le ligament externe. Le bord postérieur se prolonge en une petite saillie tronquée et passe peu à peu dans le bord inférieur arrondi et écailleux.

C’est l'individu figuré à test épais ou plutôt lamelleux au bord inférieur que je viens de décrire; il a 1 p. 4 L. de large, 1 p. 11/2 L de long, et, à valves closes, à ce qu’il paraît, une épaisseur de 8 L La coquille de la France est un peu plus grande et plus épaisse; celle de Blackdown en Angleterre est moins grande, mais presque aussi épaisse que l'individu de Moscou.

Le test de l’individu du Daghestan est très délicat, à beaucoup de points en creux, placés en lignes concentriques serrées.

Esp. 798. Thet. major Sow.

Min. conch. L. c. vol. 6, p. 20. PL. 513, fig. 1—4. D’Orgicny I. c. p. 454. PI. 387, fig. 8—10.

Coquille lisse, à stries d’accroissement moins épaisses et non écailleuses ; le côté postérieur est légèrement anguleux et plus étroit que l’antérieur. - Hab. dans l’argile néocomienne de Bessonow, village du gouvernement de Ssimbirsk, et dans le gault de Kislawodsk près de Pjatigorsk au Caucase, ainsi que dans le turonien près de Rouen en France et de Blackdown en Angleterre.

L’angle du sinus palléal sur le sommet est moins ouvert que sur le Thet. minor, et la surface est, selon M. d'Orgreny, dépourvue de points en creux et tuberculeux.

La coquille de Kislawodsk à 11 1. de large, 11 L de long, et, à valves closes, une épaisseur de 8 1.; elle est par conséquent aussi grande que les individus de Blackdown. Le test très mince est lisse et luisant.

Il paraît que cette espèce se trouve aussi sur le-mont Worobyew au bord du Moskwa, dans un grès blanc qui doit être plus moderne que le néocomien noirâtre de Khoroschéwo. Elle s’y trouve en petites valves, à

test mince, garni de stries concentriques très régulières et serrées, entre lesquelles'on observe des points en creux, caractéristiques pour notre espèce. L’individu de Ssimbirsk a 9 1. de large et 8 1. de long, les valves closes offrent 4 I. d'épaisseur. Il à beaucoup de rapports avec le Thetis laevigata d'Ors. de l'étage aptien de Saint-Paul du département de l'Oise. et il paraît même que c’est effectivement le Th. laevigata, car.je remarque très bien les lignes concentriques serrées et les rangées de points en creux, formant des stries rayonnantes (voy. d’Or- BIGNY 1. c. fig. 7).

Esp. 799. Thet. caucasia m.

PI. XX VI, fig. 7 gr. nat. de la valve droite.

Venus caucasia m. Géogn. de Russie 1846, p. 532. Thetis major (non d'Ors.) v. Bucu, Versteinerungen von Daghestan, voy. Zeïtschr. d. deutschen geol. Gesellsch. Berlin 1851. Bd. III. Heft I, p. 30.

Testa major antecedentibus, subglobosa, leniter compressa, aequilateralis, verticibus incrassatis et inflexis iisque anteposita lunula ovata et profunda, postpositum ïüis scutellum elongatum et profundum; sinus pallii prope verticem duplex anteriora versus descendens inque He non palli, paralleliter testae margini inferiori, decurrens.

Hab. dans le grès vert de la pente septentrionale du Caucase près de Kislawodsk, et au Daghestan dans la vallée du fleuve Akouscha, réuni à un grand nombre d'Anomies, surtout à l'Anomia laevigata Frrr.

La coquille très bombée est presque équilatérale, le côté antérieur à peine plus étroit que le postérieur, qui est parfaitement arrondi, tandis que l’antérieur forme une petite saillie en haut et devient légèrement oblique en bas. Les deux sinus palléals caractérisent notre espèce: le postérieur fort aïgu commence près du sommet, descend ensuite et s’élève de nouveau en un sinus plus court et plus large, dont la branche extérieure, en descendant, se continue en un arc, qui se porte en arrière parallèlement au bord inférieur du test.

L’individu de Kislawodsk, décrit ici, est plus grand que celui figuré . par M. 2 Bon de la vallée d’Akouscha; il à 1 p. 5 1. de large et 1 p. 41. de long, les valves closes offrent une épaisseur de 1 p. Les impressions musculaires sont superficielles et à peine visibles, les palléales plus distinctes, le test est très mince et lisse.

Genre XCII. Venus L.

La coquille, de grandeur moyenne, est ovalaire, allongée ou transverse, entièrement fermée; la charnière est pourvue de 3 ou 4 dents car-

dinales divergentes et séparées par des fossettes; les impressions musculaires sont au nombre de 3 à chaque valve, dont deux, la postérieure et l’antérieure, sont grandes, et dont la troisième, petite, est située sous la charnière jusque sous la dent cardinale. Le ligament externe saiïllant est placé dans une cavité spéciale. Ce genre se trouve rarement dans le terrain jurassique, plus souvent dans le crétacé, et principalement dans le tertiaire; il vit en un grand nombre d'espèces dans les mers actuelles.

Les Cytherea et Pullastra sont des genres très voisins des Venus, et par cette raison Linné, et récemment M. d'Orgiany, les y ont réunis. |

Esp. 800. Venus suevica Müxsr.

Gozpruss, Petref. Germ. II, p. 245. PI. 150, fig. 14.

Petite coquille presque orbiculaire, peu convexe, comprimée, lisse et marquée seulement de stries concentriques d’accroissement; les sommets, à peine renflés, occupent presque le milieu du bord cardinal. La lunule ovalaire est peu profonde; l’écusson allongé, très étroit, est pourvu d’une carène dorsale aussi longue que l’écusson.

Hab. dans le calcaire oxfordien supérieur compacte et grisâtre de

Nigranden en Lithuanie, ainsi que dans le calcaire portlandien du Wurtemberg.

° La coquille a le bord postérieur presque aussi large que l’antérieur, qui sous les sommets est pourvu d’une légère échancrure; le bord dorsal est oblique; la surface du test est striée, les stries concentriques d’accroissement sont espacées, et les espaces finement striés, à stries également concentriques.

La coquille a 10 1. de long et 11 1. de large; les bords sont arrondis et la coquille devient par là semi-circulaire, un peu plus large que longue.

Esp. 801. Ven. pumila Müxsr.

Gorpruss, Petref. Germ. I. c. p. 243. PI. 150, fig. 7.

La coquille est petite, suborbiculaire, subconvexe et finement striée, à stries concentriques, les sommets sont situés au milieu du bord dorsal; la lunule est convexe, allongée, l’écusson lancéolé.

Hab. dans le calcaire jurassique de l’étage oxfordien inférieur de Popilani en Lithuanie, ainsi que dans le terrain liasique de Banz.

La coquille est légèrement comprimée et peu convexe, le bord dorsal est oblique et légèrement convexe; la lunule du moule est allongée, élargie et assez profonde; l’écusson est moins large et plus long.

Le moule à 6 I. de large et 51/2 1. de long, les valves closes offrent une épaisseur de 31) 1.

Esp. 802. Ven. Ricordeana d’Ons.

Paléont. fr. Terr. crét. 1. c. p. 431. PI. 382, fig. 1—2.

Petite coquille ovale, comprimée, un peu convexe ou bossue au bord dorsal, et dépourvue de la lunule; l’écusson très étroit est caréné sur les bords; les sommets très petits sont à peine saillants et contournés en avant, où la coquille est légèrement excavée; le côté antérieur est court, le postérieur allongé, élargi et acuminé vers le bord inférieur, qui est peu arqué.

Hab. dans le néocomien près de Tzaritzyne, sur le bord du Volga, ainsi que dans le même terrain du bassin parisien.

La coquille est marquée de stries concentriques d’accroïssement, qui sont plus visibles vers le bord inférieur et sur les deux côtés. Elle est plus petite que les individus de la Haute-Marne en France; car elle n’a que 7 1. de large et 41/2 L de long, et se distingue principalement par son bord dorsal convexe et par sa région postérieure, inclinée en arc vers la région inférieure.

Esp. 803. Ven. obesa d'Ors.

PI. XXVI, fig. 8 a valve gauche, vue de côté, gr. nat.; b valves closes vues sur les sommets.

Paléont. fr. Terr. crét. 1. c. p. 434. PI. 382, fig. 9—11.

Petite coquille ovalaire, un peu gibbeuse, très-renflée et presque lisse; le côté antérieur est court et étroit, le postérieur à peine plus long et tronqué à son extrémité.

Hab. dans le néocomien supérieur de Khoroschéwo, et dans le néocomien inférieur noirâtre sur le fleuve Yaouza à Moscou, ainsi que dans le néocomien du département de l’Aube.

La coquille est plus large que longue, les sommets renflés sont rapprochés du bord antérieur, qui est excavé sous les sommets, le bord dorsal oblique fait un angle obtus avec le postérieur, qui est tronqué et se réunit sous un angle semblable avec l’inférieur; une carène obtuse, partant du sommet, se dirige obliquement vers le bord postéro-inférieur. L’écusson est allongé et pourvu d’un bord léger; la lunule est ovalaire, sans bord.

Les plus petits individus se trouvent dans le calcaire néocomien supérieur de Khoroschôwo, à bord postérieur tronqué et à lunule profon-

dément excavée; le moule a 8 1. de large, 61h 1. de long, et, à valves closes, 41/2 1. d'épaisseur. La surface du test est presque lisse, à stries d’accroissement très fines, tandis qu’elles sont plus épaisses sur le Ven. vendoperana, qui à beaucoup de rapports avec le Ven. obesa.

Le Ven. obesa figuré et décrit par M. d’OrrenY ressemble parfaitement aux individus recueillis par moi à Khoroschéwo; ils se distinguent un peu du Ven. obesa, dont M. Prcrer * donne les figures d’après des individus provenant des.terrains valangiens et urgoniens, qui ont les sommets plus épais et plus saillants, le bord postérieur de la coquille non tronqué, et la carène obtuse indistincte.

Esp. 804. Ven. exsularis Keys.

Petschorareise I. c. p. 311. PI. XVIL fig. 29.

Petite coquille ovale, comprimée et marquée de stries concentriques régulières, les sommets très petits sont situés presque au milieu du bord cardinal, et sont fort peu rapprochés du bord antérieur, qui est plus court que le postérieur, maïs également arrondi; les bords sont tranchants et la lunule nulle.

Hab. dans un terrain jurassique problématique, et, à ce qu’il paraît, plutôt néocomien, près du village de Polouschino sur la Petschora.

La coquille est légèrement excavée sous les sommets, et la surface finement striée, à stries concentriques. Elle a 4'}2 L. de large et à peine 4 1. de long.

Cette espèce est aussi douteuse que le genre auquel elle doit être rapportée; elle a quelque ressemblance avec le Venus helvetica Pror. et Cawe., qui, en moule, est plus grand et régulièrement ovale, peu comprimé, à sommets très peu saillants, dont le côté antérieur est très court, le postérieur un peu plus long, un peu plus large et également arrondi. Cette espèce s’est trouvée dans le terrain valangien de Ste-Croix et rappelle beaucoup le Ven. exsularis. Celui-ci a encore plus de rapports avec le Ven. parallela Müxsr. du grès vert de la Bavière, avec lequel il semble même identique.

Esp. 805. Ven. parallela Müxsr.

Gozpruss, Petref. Germ. I. c. IT, p. 246. PI. 151, fig. 2.

La coquille transverse est légèrement anguleuse, les sommets, à peine saillants, sont rapprochés du bord antérieur arrondi et plus court

* Paléont, suisse 1. c. IV. Série 3ième Jivr. p. 175. PI. 110, fig. 13.

que le postérieur, qui est plus large et légèrement tronqué; le bord dorsal est presque parallèle à l’inférieur, qui avec les deux côtés de la coquille forme trois quarts d’un cercle. : |

Hab. dans le grès vert à Antipowka sur le Volga, sur le fleuve Outessouyouk près d’'Iletzkaya aux environs d'Orenbourg, ainsi que dans un semblable terrain de la Bavière. À

. La surface est couverte de stries d’accroissement concentriques bien marquées et nombreuses. L’individu d'Antipowka est un peu plus petit que celui de la Bavière; il à 5 L. de large, 4 1. de long, et, à valves closes, 21/2 1. d'épaisseur. Une carène obtuse, à peine appréciable sur le moule, part du sommet et se dirige obliquement vers les bords inférieur et postérieur. L’individu d’Antipowka à la même grandeur et la même forme que celui du bord de l’Outessouyouk, où il faut supposer le même grès vert.

Cette espèce a quelques rapports avec le Ven. Archiaciana d'Or. qui est pourtant beaucoup plus grand et ne présente pas le bord dorsal droit, mais plus oblique; par là le bord postérieur est plus étroit que l’antérieur et non plus large, comme sur le Ven. parallela: il se peut que celui-ci est identique avec le Ven. exsularis Keys. du nord de la Russie, qui a beaucoup de rapports avec lui.

Esp. 806. Ven. Icaunensis d'Ors.

Paléont. fr. Terr. crét. 1. c. p. 439. PI. 384, fig. 4—6.

Petite coquille arrondie, comprimée, presque lisse, le côté antérieur est plus long que le postérieur, et les sommets sont très petits, légèrement infléchis vers le côté antérieur, qui est allongé et obliquement tronqué; la lunule est indistincte. :

Hab. dans le néocômien sur le fleuve Outessouyouk près d’Iletzkaya aux environs d’Orenbourg, ainsi que près de Marolles au département de l'Aube.

La coquille, fortement comprimée, présente la région antérieure plus

longue que la postérieure; le bord dorsal est oblique, à écusson fort étroit et allongé; l’inférieur est semi-circulaire. La surface est presque lisse les stries d’accroissement concentriques sont très fines et serrées.

La coquille à 6 1. de large et 5 L. de long, mesurée au-dessus des sommets; les individus de Marolles ont la grandeur double. Je ne vois ni les dents, ni l’échancrure palléale, car la coquille s’est bien conservée à cause de son test assez compacte; elle n’a pas été rencontrée en moule.

Esp. 807. Ven. Robinaldina d'Ors.

PI. XXVI, fig. 9 a valve gauche, gr. nat., vue de côté; b valves closes, vues sur les sommets.

D’Orgiceny, Paléont. fr. Terr. crét. p. 435. PI. 383, fig. 5 - 9.

La coquille est ovale, à peine marquée de quelques stries d’accroissement concentriques, le côté antérieur est plus court que le postérieur, qui est de la même largeur ou un peu plus large et arrondi; la lunule manque, eb l’écusson peu profond est allongé et arrondi.

Hab. dans la marne crayeuse de Werewkine, aux environs d’Izioume, et à Marolles dans le département de l’Aube.

La forme oblongue caractérise cette espèce et la rapproche du Ven. Cornueliana d'Ors. du néocomien de la France, dont le côté postérieur est tronqué et anguleux.

L’individu de Khoroschôwo a 9 1. de largé, 8 L. de long, mesuré au dessus des sommets, et, à valves closes, une épaisseur de 5 L.; les stries concentriques sont bien distinctes et ‘le côté postérieur semble être un peu plus large que l’antérieur.

L’individu de Werewkine est plus grand; c’est un moule, qui a 111. de large, 8 L. de long, et, à valves closes, une épaisseur de 6 lignes.

Esp. 808. Ven. faba Sow.

Min. conch. IL. c. VI, p. 129. PI. 567, fig. 3.

D'Orgiexy, Paléont. fr. Terr. crét. I. c. p. 444. PI. 385, fig. 6—8.

A. E. Revuss, Verstein. d. bôhn. Kreiïde I. c. IL, p. 21. PI. 41, fig. 12.

Genirz, Kislingswalda 1. c. PI. 2, fig. 7—9.

Myacites politus Traurscu., Bull. de Mosc. L. c. 1865. I, p. 16. PI. 3, fig. 10.

La coquille, de grandeur variable, est transverse, ovale, comprimée, à plis concentriques plus ou moins serrés et à sommets peu saillants, petits; le côté antérieur court est rétréci, le postérieur long et arrondi; lunule nulle.

Hab. dans le terrain aptien ou l’argile de Bessonow à Ssimbirsk, dans la craie chloritée du mont Ssaragoul près d’Orenbourg, en individus très petits, dans la glauconie crayeuse de Buezak près de Kiew, d’Ossinowo dans le gouvernement de Kharkow, et de Novgorod-Ssewersk dans celui de Tschernigow en individus plus grands, et dans un grès quarzeux aptien sur une montagne à 3 verstes du fleuve Jénisséi, au nord de Touroukhansk, ainsi que dans le grès vert supérieur de Blackdown en Angleterre, dans le turonien de la France près de Rouen, et dans le quadre imférieur de la Bohème,

Cette espèce a tantôt 3 L. de large et 21/4 1. de long, comme les petits individus de Ssimbirsk; elle est même plus petite au mont Ssaragoul; tantôt elle offre 7 1. de large et 6 L. de long, comme à Buczak et à Ossinowo; tantôt 9 1. de large et 7 1. de long, comme les individus du bord du Jénisséi en Sibérie. Ceux-ci sont nettement plissés, à plis concentriques espacés, à bord postérieur plus large et plus arrondi que l’antérieur, qui est pourvu en haut, devant le sommet, d’une échancrure large et peu profonde.

M. Reuss L. c. a observé cette espèce de 3 à 6 1. de long dans le quadre inférieur et le grès à Exogyres de Bohème; les plus grands individus, de 10 I. de large, se trouvent dans le turonien de France; leur surface est plissée concentriquement, à plis très réguliers, serrés.

Le Ven. fabacea Fr. An. Rôm. *, de la marne crétacée supérieure de Quedlinbourg et d’Aïx-la-Chapelle, est probablement la même espèce; elle est un peu plus comprimée et pourvue d’un sinus palléal distinct.

Les petits individus de Myacites politus, de 3 L de large, qui se trouvent dans l’argile de Bessonow, appartiennent également au Venus faba. Leur forme est exactement la même que celle du Venus faba de Kislingswalda, leur test est finement marqué de stries concentriques eb toujours fermé, comme ceux de la craie chloritée du mont Ssaragoul.

Esp. 809. Ven. Dupiniana d’'Ors.

Paléont. fr. Terr. crét. I. c. p. 442. PI. 383, fig. 1—4. Picrer, Paléont. suisse. Série IV, livr. 3ïème, p. 180. PI. 111, fig. 10—11.

La coquille ovale, plus large que longue et peu renflée, est garnie de stries concentriques rugueuses; les sommets sont médiocrement saillants et situés plus près du bord antérieur que du postérieur; Le bord antérieur est évasé sous les sommets et plus étroit que le postérieur.

Hab. dans le grès vert quarzeux du gouvernement de Ssimbirsk, et dans le calcaire néocomien grisâtre sur le bord du fleuve Outessouyouk près d’Iletzkaya aux environs d’Orenbourg, ainsi que dans le turonien - des Ardennes. <

La coquille transverse est légèrement comprimée, à bord dorsal oblique derrière les sommets, et à écusson étroit et pourvu d’un bord des deux côtés; la lunule est également étroite, le bord antérieur est profondément évasé.

La coquille à 9 L. de large et 712 L. de long; les stries d’accrois- .

* Norddeutsch. Kreidegeb. Hannover 1841, p. 72. PI. 9, fig. 13,

sement concentriques sont très marquées et comme rugueuses: les intervalles sont lisses. Elle à quelque affinité avec le Ven. Archiaciana d'Ors.*, qui se distingue par son test entièrement lisse et plus fortement comprimé, et par son bord dorsal moins oblique, et légèrement convexe.

Les petits individus du fleuve Outessouyouk sont pourvus de leur test luisant et garni de stries concentriques inégales; ils ont 3 L. de large et un peu moins de long, les valves closes offrent une épaisseur de 13/4 1. Les deux côtés sont presque d’égale largeur et arrondis; le sommet occupe le milieu du bord dorsal, la lunule est ovale, superficielle et dépourvue d’un bord distinct: ce sont, selon toute apparence, de jeunes individus du Venus Dupiniana.

Esp. 810. Ven. vendoperana Levy». d'Ors.

Lucina vendoperana LeymériE, Mém. de la Soc. géol. 1842. vol. V, p. 4. PI. 5, fig. 3.

Ven. vendoperata et neocomiensis d'Orgreny, Paléont. fr. Terr. crét. L c. p. 439. PI. 384, fig. 7—10.

Prorer, Fossiles du terrain aptien, voy. Paléont. suisse |. c. Genève 1854, p. 71. PI. VIL fig. 9.

La coquille transverse, légèrement comprimée et lisse, à les sommets peu saillants, élargis, et recourbés en avant; la lunule est profonde, allongée et pourvue d’un bord distinct; l’écusson allongé, étroit et également limité par un bord caréné; le bord dorsal est oblique, et l’antérieur sous les sommets largement évasé.

Hab. dans le néocomien supérieur de Khoroschôwo près de Moscou, dans le grès néocomien noïrâtre du fleuve Yaouza dans la ville de Moscou, et dans le turonien de Buczak près de Kiew, ainsi que dans le néocomien et l’aptien de la France.

La coquille de Buczak est un peu plus fortement comprimée que celle de la France; elle à 111/2 1. de large, 8 1. de long, et, à valves closes, 4 I. d'épaisseur; elle se caractérise principalement par la lunule étroite et allongée et par la surface lisse, offrant quelques stries d’accroissement à peine visibles près du bord inférieur.

Les individus de Khoroschôwo sont parfaitement identiques avec ceux de Vendeuvre au département de l'Aube; ils ont 7 1. de large, 6 1. de long, le moule offre une épaisseur de 4 L.; les bords sont tranchants, le dorsal légèrement oblique, à long et profond écusson, et la lunule ovalaire est un peu plus large; cette espèce ménage le passage au Venus

* IL c. Terr. crét. p. 449. PI. 386, fig. 6—7.

obesa, dont elle ne se distingue que par son bord antérieur plus étroit et plus prononcé, -et par son bord postérieur arrondi.

Esp. 811. Ven. immersa Sow.

Geinrrz, Charact. d. sächs. bôühm. Kreïde I. c. p. 76. PI. 20, fig. 5. Reuss, Bôhm. Kreidegeb. IL. c. p. 20. PI. 41, fig. 11.

La coquille, de grandeur moyenne, est transverse et plus ou moins comprimée, les deux côtés sont arrondis, l’antérieur plus court que le postérieur, à sommets saillants et aigus, situés plus près du bord antérieur que du postérieur; la lunule est profonde, allongée et pourvue d’un bord distinct; l’écusson est également limité, profond, maïs plus étroit.

Hab. dans la marne crayeuse d'Akhmate sur le Volga, aux environs de Ssaratow, dans un étage crétacé supérieur sur le fleuve Outessouyouk près d’Iletzkaya, et dans la craie chloritée de Baktschissaraï en Crimée, ainsi que dans le quadre inférieur de Tyssa en Bohème.

La surface est striée, les stries concentriques sont fortement marquées, mais irrégulières. Les individus d’Akhmate, en moule, ont 2 p. 4 1. de large et 1 p. 4 1. de long, les valves closes offrent une épaisseur de 8 1 L’individu en moule de Baktschissaraï est plus petit et comprimé; les sommets sont acuminés et situés sur le bord antérieur, qui partant du sommet en direction très oblique, se réunit en bas avec le bord antérieur, très étroit eb court, tandis que le postérieur est fortement élargi et arrondi.

L’individu du fleuve Outessouyouk n’a que 6 1. de large, 5 L. de long, et, à valves closes, une épaisseur de 2 L; il est muni de stries d’accroïssement concentriques bien marquées; la surface par suite est sillonnée concentriquement; le côté antérieur est élargi et évasé sous les sommets assez saillants, le côté postérieur se prolonge en une extrémité allongée, rétrécie et arrondie.

Famille vingt-troisième.

Tellinidées voy. vol. IL p. 119.

Les Tellinidées embrassent, selon M. d’OrBrany, des genres qui ont entre eux les plus grandes analogies; il y place les Donacilla Lam., Lavignon Cuv., Amphidesma Lam, ÂArcopagia BRowx, Tellina L., Capsa Bruc., Donax L., dont la plupart n’ont pas encore été trouvés fossiles en Russie.

Genre XCIIT. Tellina L. voy. vol. IIT, p. 119.

La coquille est comprimée; les valves, se jetant à l'extrémité postérieure, le plus souvent, un peu à gauche, y forment un pli flexueux; le sinus des impressions palléales est très grand ét occupe plus des deux tiers de la longueur de la coquille. Les impressions musculaires sont au nombre de deux à chaque valve: l’une transverse antérieure, souvent prolongée en pointe sous la dent latérale, l’autre, la postérieure, arrondie, située sous la dent cardinale. Le ligament est externe, saïllant, placé sur des nymphes aplaties, saillantes. Ce genre se trouve dans les terrains cretacé et tertiaire, et vit encore dans les mers actuelles, surtout sous la zone torride,

Esp. 812. Tell. Carteroni d'Or.

Paléont. fr. Terr. crét. p. 420. PI. 380, fig. 1—2. Tellina angulata (Linné) Desn., LevmÉérie, Mém. de la Soc. géol. de Fr. L. c. 1842. V, p.3. PI. 3, fig. 6.

La coquille transverse est fortement comprimée, plate, lisse, à sommets courts, aigus et projetés légèrement en avant; une carène obtuse part du sommet en direction oblique vers le bord postérieur.

Hab. dans le terrain néocomien sur le fleuve Outessouyouk près d'Iletzkaya, ainsi que dans le même terrain près de Marolles dans le département de l'Aube.

La coquille a les sommets situés un peu plus près du bord antérieur que du postérieur; celui-ci est légèrement oblique et se rétrécit un peu à l'extrémité inféro-postérieure, principalement sur l'individu de Marolles, tandis que celui d’Iletzkaya est un peu élargi et arrondi. Le bord antérieur de ce dernier est au contraire un peu plus rétréci que celui de l’individu de Marolles. C’est un moule interne que je possède d’Iletzkaya; il à 1 p. de large, 5 L. de long, et, à valves closes, une épaisseur de 3 1. Le sinus est très profond et le bord inférieur du manteau sous le sommet se prolonge en une pointe aiguë.

Esp. 813. Tell. Moreana d'Or. aff.

Paléont,. fr. Terr. crét. I. c. p. 421. PI. 380, fig. 3—5.

La coquille transverse, ovale et fortement comprimée, est lisse, à côté antérieur très élargi et arrondi, à côté postérieur prolongé, très rétréci et légèrement acuminé.

Hab. dans un grès quarzeux albien aux environs d’Orenbourg, ainsi que dans l’albien de Montfaucon en France.

Notre coquille, un peu plus grande que celle de Montfaucon, a cependant la.même forme, est plus large et arrondie du côté antérieur , et beaucoup plus rétrécie et acuminée du postérieur. Elle à 11 1. de large et 7 1. de long; les sommets sont peu saillants ét placés presque au milieu du bord dorsal.

Cette espèce a de grands rapports avec le Venus? exuta Nizss.* du grès crétacé supérieur de Kôüping en Suède; celui-ci cependant est un peu plus grand, mais de la même forme ovale, il est d’ailleurs lisse eb parcouru de stries concentriques transverses.

Genre XCIV. Psammobia Lau.

Mactromya Agass. d’après Picrer.

La coquille transverse, ovale, comprimée, est légèrement bâillante, les sommets sont petits et peu saillants; la charnière est pourvue d’une ou de deux dents cardinales, les latérales manquent; le ligament est porté sur des nymphes saillantes. Le sinus palléal est profond, régulier, et son axe est à peu près parallèle à la longueur de la coquille. Ce genre se trouve dans les terrains crétacé et tertiaire, et vit encore dans

Esp. 814. Psamm. Gillieroni Prcr. et Came.

Paléont. suisse. Sér. IV. livr. 3ième 1865, p. 146. PI. 109, fig. 11—12. Thracia laevigata (Paizz.) Roue, Bull. de Mosc. 1848. I, p. 266, et Bull. Mosc. 1846, IV. PI. B, fig. 7,

La coquille, fortement comprimée, est peu inéquilatérale et peu bâillante, les sommets sont rapprochés du bord antérieur arrondi, qui est un peu plus étroit que le postérieur; celui-ci est également arrondi, plus large et obliquement tronqué à son extrémité. Une carène obtuse, partant du sommet, se dirige obliquement à l'extrémité inférieure et postérieure ; il s’en développe, au côté postérieur du sommet, une région comprimée. La surface de la coquille est marquée de sillons concentriques.

Hab. dans le néocomien supérieur de Khoroschôwo près de Moscou, ainsi que dans l'étage des marnes de Hauterive de Ste-Croix en Suisse.

M. Prcter ne connaît que le moule, M. RouIzzie a décrit et figuré la coquille à test bien conservé; les sillons concentriques sont plus marqués près du bord inférieur, et la coquille est lisse près des sommets, qui sont très peu saillants et comprimés. La carène oblique est assez tranchante et les extrémités du test peu bâillantes.

| # Nizsson, Petrif. suec. cret. 1. c. 1827, p. 17. PI. 3, fig. 16.

La coquille à 1 p. 6 L de large, 9 L de long, les valves closes offrent une épaisseur de 6 L., l'individu est par conséquent un peu plus grand que celui de la Suisse, mais a parfaitement la même forme; le bord inférieur est elliptique, légèrement convexe, et non échancré comme celui du Psamm. tenuis Pricr. et Camp., du néocomien moyen de Ste- Croix.

Famille vingt-quatrième.

Pétricolidées.

La coquille, libre ou fixée par un byssus, est perforante et logée

dans un fourreau testacé; les valves sont bâillantes du côté palléal, et Le ligament est externe.

Genre XCY. Gastrochaena SPENGLER.

Fistulana Bruc., Lau.

La coquille équivalve, inéquilatérale, présente du côté antérieur l’ouverture bâillante et obliquement acuminée en haut; le ligament est allongé etétroit. Le mollusque se forme, dans des roches ou des coraux, un fourreau calcaire tubuleux, qui tapisse les parois du trou et se prolonge souvent, en dehors, en une extrémité postérieure, anale, d’où sortent les deux siphons, séparés dès leur base. Ce genre se trouve dans les terrains carbonifère *, jurassique, crétacé et tertiaire, et vit encore dans les mers actuelles, en perforant des roches calcaires.

Esp. 815. Gastr. clavigera ».

PI. XX VI, fig. 10 gr. nat., vu de côté.

Testae ectypus piriformis, incrassatus, calcareus, altera parte extrema incrassata rotundata, altera hiante, pro pede exeundo, attenuata; superficie. ectypi striata, striis parallelis lateri testae antico, hiante.

Hab. dans le calcaire jurassique de l’étage oxfordien inférieur brunâtre de Popilani en Lithuanie.

C’est le moule de la coquille qu’on trouve fossile, réuni à quelques débris du fourreau tubuleux, qui ne paraît avoir guère dépassé la coquille en largeur; il est pourvu de stries d’accroïissement, parallèles au bord palléal de la coquille, dont la forme est assez bien exprimée sur le moule; il est presque piriforme, sa plus grande largeur se rencontre au milieu du moule, le bord palléal de la coquille était convexe, le côté anal très

* J'ai donné (dans le vol. I, p. 1033) la description et la figure du fourreau calcaire lisse du Gastroch. antiquissima de Mjatschkowo près de Moscou.

acuminé, et le buccal largement échancré et terminé en pointe. Le moule a dp. 11 L. de long et au milieu 1 p. de large; il est légèrement comprimé de côté. Le côté élargi et arrondi du fourreau tubuleux en moule est fermé, l’autre est ouvert et rétréci, car c’est de ce côté que le pied charnu qui a dû fixer l'animal, sortait, en forme de pédoncule cylindrique très court, du large bâillement du test.

Esp. 816. Gastroch. cylin drica FAHRENK.

Finrenxonz, Verhandl. der miner, Gesellsch. zu Petersb. p. 229 et Bullet. de la Soc. des Nat. de Mosc. 1861. I, p. 20. PI. 8, fig. 1.

La coquille est allongée, étroite et légèrement comprimée; elle se rétrécit peu à peu vers l’extrémité supérieure et s’élargit à l'extrémité inférieure. Les valves sont parcourues de stries transverses, concentriques et arquées, parallèles au bord supérieur élargi. Le bord dorsal est droit, allongé et légèrement enfoncé pour fixer le ligament externe.

Hab. dans le grès néocomien noirâtre de Mniéwniki près de Moscou.

Cette espèce à 1 p. 8 1. de long et 5 L. de large en haut et 3 L. en bas, en sorte que je serais porté à en faire un Lithodomus, genre dont les espèces sont toujours fort allongées et étroites, tandis que les GaStrochaenes sont plus courts et plus larges. Il y a pourtant des Fistulanes presque également allongées et étroites, contenues dans un

tube calcaire libre ou soudé par son bord aux corps que perfore le mollusque.

Esp. 817. Gastroch. sinuosa Prcr. et Camp.

Paléont. suisse. Série IV, livr. I, p. 9. PI. 99, fig. 1.

Fistulana oxfordiana d'Ors., apüd Verneuiz, Paléont. de la Russie p. 471.

La coquille ovale est presque cylindrique, se rétrécit légèrement à l'extrémité anale; le sommet est rapproché de l'extrémité buccale, qui présente la plus grande largeur. Le bord palléal est fortement arqué, car le bord buccal est très bâillant et l’anal sensiblement acuminé et

moins bâillant. La surface est garnie de stries d’accroïissement très si-

nueuses et parallèles au bord palléal.

Hab. dans l’étage néocomien inférieur ou valangien du terrain cré-

tacé de Kamenka sur le Donetz, ainsi que dans le même terrain de Ste- Croix en Suisse.

M. d'Orgrany * a décrit le Fistulana oxfordiana d’une loca-

* Paléont. de la Russie L. c. p. 471. PI. 40, fig. 19—22. Eichwald, Lethaea rossica. II, 46

lité de Kamenka que je suppose être un terrain crétacé et non pas du calcaire oolithique de l'étage oxfordien. La description et la figure du Fistul oxfordiana ont les plus grands rapports avec celles du Gastr. sinuosa, et le gisement est plutôt crétacé que jurassique. D’après M. d’Orgreny, la coquille de Kamenka est oblongue, peu comprimée, les sommets presque terminaux, le côté buccal par là très court, élargi, le côté anal très allongé, rétréci; le côté palléal est ouvert sur son huitième inférieur; tout cela se trouve également sur le Gastr. sinuosa du valangien, et je suis tenté par suite de conserver ce nom pour le Fistul. oxfordiana, dont la surface est également striée, à stries d’accroissement sinueuses. Le Lithodomus Ermanianus d'Ors. s’est trouvé dans le même étage crétacé de Kamenka.

Esp. 818. Gastroch. problematica m.

PI. XXVL, fig. 11 gr. nat.

Testa exigua, ex solo indusio bursaeformi calcareo cognoscenda, tubo hoc infra latiore et rotundato, supra in duos siphones in latus inflexos et connexos excurrente.

Hab. dans un terrain problématique, à ce qu’il paraît du calcaire jurassique noirâtre, près de Bogoslowsk, au nord de l’Oural, en Pologne près de Pieklo à Inowlodz.

- La coquille offre son fourreau calcaire entièrement lisse, en forme d’une petite bourse, quise continue en haut en un col rétréci en deux siphons courts, soudés et infléchis de côté. L’extrémité opposée est élargie, arrondie et montre d’un côté un renflement léger, ovalaire en moule, de l'ouverture du test. Le corps n’a que 91/2 1. de long, et au milieu 4 L de large. Il présente, quant à sa forme et sa grandeur, beaucoup de rapports avec les trous problématiques décrits par M. Quexstept dans la roche liasique du Wurtemberg *.

M. Pusca ** à figuré et décrit une semblable espèce sous le nom de Gastroch. antiqua Parximnson ““*, du calcaire jurassique de Pieklo en Pologne; le test est lisse, bâillant à l’extrémité arrondie et élargie, et se rétrécit en haut; le fourreau calcaire le renferme dans sa cavité et présente la forme d’une bourse, comme celui de l’Oural, avec la différence que le col du fourreau est simple et ne se compose pas de deux siphons soudés, comme celui de l’Oural septentrional.

# Jura I. c. p. 101 et 430. PI. 12, fig. 12.

* Polens Palaeontologie L. c. p. 92. PI. 9, fig. 2. ### Organic remains I. c. vol. 3, p. 199. PI. 14, fig. 6 —7.

M. Zeuscaner m’a communiqué des corps semblables du calcaire jurassique ferrugineux de Zaïonschki près d'Olkousch, que je suppose être le fourreau calcaire du Gastrochaena antiqua? Parx.; les individus sont de diverse grandeur: les uns sont petits, droits, en massue (voy. PI. XXVI, fig. 11 b), d’une longueur de 6 L. et d’une largeur en haut de 4 1, en bas ils se rétrécissent jusqu’à 11/2 1. Les autres sont plus grands et plus larges, offrent une longueur de 1 p. et une largeur de 8 L. en haut: ils montrent en dedans la coquille à stries d’accroissement concentriques épaisses. Cette espèce se distingue également de celle de l’Oural, dont l'extrémité rétrécie est courbée de côté et composée de deux siphons soudés.

Une empreinte du fourreau calcaire, provenant du grès néocomien noirâtre du fleuve Yaouza à Moscou, à beaucoup de rapports avec le Gastroch. problematica de l’Oural, auquel je serais même porté à le réunir et à y voir une espèce néocomienne. L’empreinte a la même forme et la même grandeur; elle se rétrécit en un col mince, infléchi d’un côté, sans montrer pourtant le fourreau lui-même, dont on ne connaît que le moule externe. Il se peut donc que les Gastrochaenes — si ce ne sont pas des Pétricoles — se trouvent également dans le grès néocomien de Moscou; ils y sont associés aux Thetis.

M. Prcrer à décrit récemment le Petricola Meriani Prer. et Came. du gault de la Perte-du-Rhône, dont le fourreau calcaire ne diffère que par la grandeur de l'empreinte citée ci-dessus des bords du Yaouza; il est, comme celui-ci, infléchi de côté à son extrémité rétrécie, et par suite je serais d'avis de réunir l'espèce du Yaouza avec le Petricola

Meriani, au cas que le test offrirait la conformation extérieure de ce dernier.

Famille vingt-cinquième.

Mactracées.

La coquille des Mactracées est transverse, ovale ou presque trigone, équivalve, ouverte ou fermée; les sommets médians sont peu saillants, la charnière est pourvue d’une dent cardinale bifide, et d’une autre, latérale; le ligament interne occupe une fossette cardinale, placée au centre du bord cardinal. L’impression palléale est échancrée,

Genre XCVI. Mactra L.

La coquille est fermée et triangulaire, les dents sont en général bien développées, la lunule nettement accusée et l’écusson presque de la même 46 *

forme; les impressions musculaires sont arrondies, et le sinus palléal peu profond. Ce genre-se trouve dans les terrains jurassique, crétacé et tertiaire, et vit encore dans les mers actuelles.

Esp. 819. Mact. porrecta Gex.

Quadersandsteingebirge 1. c. p. 148. PI. X, fig. 15.

La coquille ovale est peu renflée, à sommets aigus peu saillants et légèrement infléchis vers le côté antérieur, un peu plus allongé et plus acuminé que le postérieur; celui-ci est élargi, obliquement tronqué et relevé par une faible carène, qui s'étend des sommets à l'extrémité postérieure du bord inférieur.

Hab. dans le cénomanien de Buczak près de Kiew, ainsi que dans le quadersandstein supérieur de Kislingswalda.

Le sommet est situé presque au milieu du bord cardinal, la surface est lisse et marquée de quelques stries d’accroissement concentriques. Elle à 9 1. de large, près de 6 1. de long et, à valves closes, une épaisseur de 31/2 1.; l’individu est par conséquent plus petit que celui de Kislingswalda ; il est encore muni de son test. La lunule est plus enfoncée que l’écusson, qui est très superficiel. Une petite carène antérieure, moins marquée que la postérieure, s’étend également des sommets à l’ex-

‘trémité antérieure du bord inférieur.

L'espèce de Buczak à beaucoup de rapports avec le Mactr. angu-

lata Sow. Frrr. du grès vert de Kislingswalda.

Famille vingt-sixième.

Anatinidées.

La coquille transverse, allongée et comprimée, est mince et fragile; elle est bâillante, surtout à l'extrémité anale; les sommets sont presque toujours fendus transversalement; la charnière est munie ou non d’un cuilleron, souvent porté sur une lame ou côte transversale et oblique en avant; le ligament est interne; les impressions musculaires sont au nombre de deux sur chaque valve; le sinus palléal est distinct. Les genres établis par M. AcGassiz, à savoir Gresslya, Corymia, Platymya et Cercomya, rentrent tous, selon M. Prerer *, dans la famille des Anatinidées, avec les suivants.

* Paléont. suisse. Sér. IV. livr. 1, p. 45,

Genre XOVII. Ceromya Aaass.

Lutraria. Lyonsia. Isocardia auct.

La coquille ovalaire, transverse, est inéquilatérale et légèrement inéquivalve, renflée; les sommets sont élargis, épaissis, contigus, recourbés et légèrement enroulés, la lunule est excavée et ovalaire; le côté antérieur arrondi est court, le postérieur légèrement rétréci, allongé et bâillant. Le ligament est externe et la charnière édentée. La surface est parcourue de sillons concentriques profonds. Ce genre littoral se trouve dans la période moyenne, surtout dans les terrains jurassique et crétacé.

Esp. 820. Cerom. donacina Rôm.

Lutraria donacina Fr. An. Rôuer, Oolithgeb. 1836, p. 124. PI. 9, fig. 14.

La coquille inéquivalve, transverse, ovalaire, ventrue, est élargie et tronquée du côté antérieur, rétrécie et acuminée en arrière; les sommets sont épais, élargis, acuminés, infléchis et contigus, ils offrent en avant une lunule profonde et élargie, en arrière un écusson oblique et élargi, à lamelle latérale enfoncée de la valve gauche, pour fixer le ligament externe. La surface est garnie de sillons concentriques nombreux, plus espacés sur le milieu des flancs que près des sommets et au bord inférieur arqué.

Hab. dans le calcaire jurassique brun de Popilani, dans un terrain semblable sur la Petschora, aux toundres du nord de la Russie, ainsi que dans l’oolithe inférieur de la Porta westphalica près de Hanovre.

La coquille de Popilani est de la même grandeur et de la même forme que le Ceromya donacina Rôm., maïs s’en distingue en ce qu’elle n’est pas aussi bâillante en arrière que celle-ci; elle est beaucoup plus acuminée et presque fermée, tandis que le côté antérieur tronqué du Ceromya de Popilani est assez bâillant en bas et non fermé, comme le Cer. donacina du Hanovre: il se peut par conséquent que ce soit une espèce particulière ou au moins une variété à extrémité postérieure acuminée et fortement comprimée.

La coquille des toundres à 1 p. 9 1. de large, 1 p. 1 1. de long, et, à valves closes, une épaisseur de 1 p. 1 L.; elle est par conséquent plus grande que l’individu de Popilani. Elle est ornée de côtes concentriques assez épaisses, qui sur le moule s’oblitèrent à la région postérieure, pourvue d’une impression musculaire arrondie et assez grande, située près du bord supérieur. Un sillon léger descend du sommet jusqu’au bord inférieur; à la région antérieure il est moins marqué sur la coquille de Popilani.

L'individu de Popilani à 1 p. 5 L de large et 1 p. de long, les valves closes offrent 10 1. en épaisseur. La lunuüle est allongée, élargie, profonde et lisse; elle est limitée par un bord atrondi, surtout sur la valve gauche, qui est un peu moins haute que la droite. Le bord antérieur forme un angle presque droit avec le dorsal, qui est oblique et excavé. Le bord inférieur est fortement arqué, bâillant en avant et fermé au bord postérieur presque nul; car les bords dorsal eb inférieur concourent à le constituer en forme de pointe aiguë. C’est la conformation de l'extrémité postérieure qui distingue l'individu de Popilani de celui de la Porta westphalica; celui-ci cependant ne peut aucunement être réuni au Lyonsia (Lutraria) Alduini (d'Ors.) Frscx., du terrain néocomien, comme l’à fait M. BRoNs *..

M. og Buca ** fait mention du Lutraria donacina Rôm. comme se trouvant au nord de l’Oural, cependant d’après sa description il faut supposer que ce n’est pas l’espèce citée ci-dessus, mais plutôtle Panopaea Keyserlingii; car il dit que la coquille est aussi longue que large et qu’elle est bâillante, à surface ornée de stries d’accroissement peu marquées.

Esp. 821. Cerom. excentrica Vorrz, AGass.

Isocardia excentrica Vozrz, Fr. An. Rôwer, Oolith. I. c. p. 106. PI, 7, f. 4.

: La coquille transverse est parcourue de sillons concentriques, les sommets sont élargis, renflés, infléchis, légèrement enroulés et aigus; la lunule est profonde et se continue en arrière, en direction droite sous les sommets, en un écusson excavé et droit. Les valves sont bâillantes des deux côtés, de l’antérieur et du postérieur.

Hab. dans le calcaire oxfordien supérieur de Jelatma près de Tambow, ainsi que dans le portlandien du Langenberg aux environs de Wendbausen au Hanovre.

La coquille transverse est très renflée et les sommets sont élargis, déprimés, acuminés et enroulés, comme sur les Isocardia; le côté antérieur est arrondi et légèrement bâillant, le postérieur légèrement rétréci et beaucoup plus bâillant. Le bord inférieur est elliptique et bâillant du côté antérieur. La surface est garnie de sillons concentriques profonds, entre lesquels on observe des côtes concentriques, qui sont plus espacées sur les flancs que vers le bord inférieur, où elles s’oblitèrent, tandis qu’elles sont plus serrées près des sommets,

# Nomérclator zoologieus I. c. p. 683.

*# Beitrag zur Kenntniss d. Formationen v. Russl. p. 106.

La coquille à 2 p. 2 1. de large et 1 p. 5 L de long, les valves closes offrent une épaisseur de 1 p. 4 lignes.

Les valves sont inégales, la droite plus grande, c’est-à-dire à sommets plus hauts, dépassant le sommet de la valve gauche.

Le Ceromya concentrica Sow. du great oolite de l'Angleterre s’en distingue par la largeur moins considérable et par les sommets très saillants et non déprimés, comme ceux du Cerom. excentrica.

Le gisement de cette espèce ne m'est pas bien connu; je dois un individu de cette coquille à mon ami le Prince Engalitschew, qui la recueillie sur ses terres près de Jelatma au gouvernement de Tambow, où il y a peut-être un calcaire portlandien superposé à l’oxfordien supérieur.

enre XCVIII. Anatina LA.

Cercomya Açass.

La coquille allongée, mince, fragile, est inéquilatérale et inéquivalve, fortement bâillante du côté postérieur; le sinus palléal peu profond; la charnière est composée de chaque côté d’un cuilleron saïllant en dedans de la valve. Le ligament interne est inséré à un osselet calcaire transverse et appuyé sur les cuillerons. Ce genre se trouve dans les terrains jurassique, crétacé et tertiaire, et vit encore dans les mers actuelles.

ZA

Esp. 822. Anat. rugosa BEur.

Beczarni, Sur les fossiles nummul. de Nice, voy.Mém. de la Soc. géol. de France vol. IV. 1, p. 233. PI. 16, fig. 13.

La coquille, transverse et ovale, est sillonnée par des rides concentriques serrées et irrégulières; le côté antérieur arrondi est plus court et plus étroit que le postérieur, qui est élargi, plus allongé et tronqué près du bord cardinal. Les sommets sont peu saillants, et une carène oblique peu marquée s'étend des sommets vers le bord antérieur jusqu’au bord inféro-antérieur.

Hab. dans une marne crétacée aux environs de Jekaterinoslaw au

midi de la Russie, ainsi que dans le calcaire nummulitique de Nice.

La coquille, très comprimée, n’a laissé que le moule interne, qui est fortement sillonné, surtout sur les sommets et vers le bord postérieur; les sillons se perdent au bord antérieur, sous les sommets, où l’on remarque une lunule étroïte, profonde et nettement limitée. La carène antérieure oblique se voit distinctement sur le moule, qui a 1 p. 2 1. de large et 9 1. de long, et offre, à valves closes, une épaisseur de 4 L.

MM. Prcrer et Campicue ont décrit * l’'Anatina brevissima du néocomien moyen de Ste-Croix, qui à beaucoup de rapports avec l’Anat. rugosa, en sorte que je serais presque porté à réunir ces deux espèces, si le gisement ne s’y opposait pas. Les sillons de la surface sont pourtant plus nombreux et plus serrés sur l’'Ant. rugosa que sur le brevissima; le bord antérieur du premier est plus tronqué que de celui du second, qui par ce caractère se rapproche beaucoup de l’individu du midi de la Russie. 7

Esp. 823. Anat. acuminata m.

Cercomya undulata (Acass.) Traursen., Bull. de Mosc. 1861, I. PI. VIL, f. 8.

Testa tenuis triangularis utrinque acuta, transversim striata, verticibus obtusis posticam partem acutam accedentibus.

Hab. dans le grès néocomien argileux de Tatarowo près de Moscou.

La coquille est triangulaire, délicate, à sommets placés plus près de l'extrémité postérieure aiguë, que de l’antérieure rétrécie et légèrement allongée. La surface est couverte de sillons concentriques bien marqués. Elle se distingue du Cercomya undulata de l’oxford-clay par son bord dorsal postérieur prolongé et dépourvu de côtes partant du sommet, et par le bord dorsal antérieur légèrement concave et non convexe. L’individu à 1 p. 7 L de large, et, mesuré au dessus du sommet, 7 1. de long.

Genre XCIX. Lyonsia Turr.

Gresslya Açass. Lutraria Zier. Gozr.

La coquille, inéquilaterale et inéquivalve, est transverse et fragile; elle est en général fortement bâillante au bord postérieur et peu bâillante à l’antérieur, pour le passage du pied du mollusque et de son byssus. Le sinus palléal est presque -triangulaire; les impressions musculaires sont peu marquées, comme le palléal. Il n’y existe point de dents cardinales ou une seule dans la valve gauche, maïs sur la valve droïte on remarque un sillon cardinal, qui se prolonge en avant jusqu’à la lunule et sert à fixer le ligament externe, au milieu duquel se trouve une pièce calcaire oblique. Ce genre se trouve déjà dans le terrain carbonifère ; il est plus abondant dans le jurassique et le crétacé et vit encore dans le grand océan et l'Atlantique.

* M. GRewinéx (Archiv f. d. Naturkunde Liv-, Esth- und Kurlands. Dorpat 1861, p. 701) fait mention du Cercomya undulata Sow., associé au Cercom. longirostris Hac., comme se trouvant dans le calcaire oxfordien grisâtre de Nigranden en Lithuanie.

Esp. 824. Lyons. jurassi BronGx. sp. Acass.

Myacites jurassi Quensrenr, Jura I. c. p. 449. PI. 61, fig. 13.

Acassiz, Mollusq. vol. Il, p. 255. PI. 30, fig. 3—10.

Lutraria jurassi Gocpruss, Petref. Germ. IT, p. 254. PI. 152, fig. 7, et Lutrariatenuistria Gozpr. I. c. PI. 153, fig. 2.

Donacites Alduini (AL. BroxGn.) et Amphidesma recurvum (Pizr,) Puscu, Polens Paläontol. I. c. p. 79. PI. VIIL, fig. 7.

La coquille, de grandeur moyenne, est transverse, rétrécie et munie de sommets élargis, peu saillants et contigus; le sillon cardinal est peu marqué sur la valve droite; il est bien accusé sur la valve gauche; le ligament externe se fixe sur ces sillons. Les côtés antérieur et postérieur sont également bâillants; un enfoncement oblique à peine indiqué part des sommets vers le bord inférieur, qui montre une légère échancrure.

Hab. dans le calcaire jurassique ferrugineux de Popilani et de Nigranden en Lithuanie, dans un semblable terrain au Caucase, et dans le jura oxfordien de Pomorzani près d’Olkousch, de Konopisko et en d’autres localités de la Pologne, ainsi que dans le jura de Bayeux en France.

La surface de la coquille, à sillons transverses très rapprochés, est garnie de petites stries rayonnantes pointillées, comme le Lyons.. Striato-punctata du Wurtemberg, qui cependant se distingue par le bord antérieur plus prononcé, par la lunule moïns grande et par le manque de l’enfoncement oblique antérieur. La coquille se rétrécit peu à peu vers le côté postérieur et s’élargit doucement vers l’antérieur.

L’individu de Konopisko à 1 p. 5 1. de large, 8 1. de long, mesuré au-dessus des sommets, et l’épaisseur des valves closes est de 6 lignes.

L’individu de Popilani est un peu moins grand; il a 1 p. 2 1. de large, 8 1. de long, et les valves closes ont 6 L2 1. d'épaisseur; la lunule est oblique, plus longue que large, l’écusson allongé, pour fixer le ligament convexe et arrondi. Le côté antérieur arrondi est plus large et beaucoup plus court que le postérieur, qui se rétrécit légèrement; le bord inférieur est elliptique.

Le Panopaea rugosa(Gozpr.), décrit par le comte de KEYSERLING, appartient, à ce qu’il paraît, en partie au Lyonsia jurassi, principalement les fig. 4, 9 et 10 de la PI. 18 du Voyage au pays de la Petschora; ils ont été trouvés dans un terrain jurassique sur les fleuves Wisinga et Ssyssola au nord de la Russie *.

* Petschora-Reïse I. c. p. 314.

Esp. 825. Lyons. acuta m.

PI. XX VL, fig. 12 a valve gauche, gr. nat., vue de côté : b valves closes, vues sur : les sommets.

Testa parva triangularis, incrassata, antice dilatato-elongata et postice acuto-elongata, verticibus anticae parti extremae nonnihil approximatis; superficies laevis, leniter transversim et radiatim striata.

Hab. dans le calcaire jurassique de l’étage oxfordien inférieur de Nigranden en Lithuanie.

Petite coquille trigone, fortement renflée, les deux extrémités sont acuminées, surtout la postérieure, qui est rétrécie et fortement acuminée; antérieure est moins prolongée, moins rétrécie et arrondie; la lunule est plus longue que large et très enfoncée, occupant la plus grande partie de la région antérieure, sous les sommets; le côté antérieur, situé plus bas, est très étroit et arrondi. Les sommets sont contigus, l’écusson est allongé et élargi: il occupe le bord dorsal oblique, qui descend jusqu’au côté postérieur très acuminé. La région postérieure est plus longue et plus étroite que l’antérieure. Le bord inférieur est presque droit, à peine elliptique. La coquille est fortement enflée au milieu près des sommets, sa surface est lisse, à peine marquée de lignes d’accroissement fines et nombreuses, coupées par des stries fines rayonnantes, peu visibles même à la loupe.

La coquille à 11 1. de large, 6 1. de long; et, à valves closes, une épaisseur de 6 1. Les valves sont entièrement fermées, comme celles du Lyons. Alduini du grès néocomien de Khoroschôéwo en jeunes individus, qui cependant se distinguent par le bord postérieur élargi et arrondi et par les valves plus fortement comprimées. L’impression cardinale en sillon de la valve droïte n’est pas visible, parce que le bord dorsal n’est pas conservé complétement. :

La forme de cette coquille ressemble plutôt à celle des Panopaea, qui cependant, suivant M. Desmayes, ne se trouvent pas dans le terrain jurassique; le manque du sillon cardinal de la valve droite ne leur assigne pas non plus une place convenable parmi les Lyonsies.

Esp. 826. Lyons. speciosa m.

PI, XXIV, fig. 13 a valve gauche, vue de côté, gr. nat.; b valves closes, vues sur les sommets.

Testa ovato-attenuata, antice inflata, rotundata, dilatata, clausa, postice prolongata, attenuata et rotundata omninoque clausa, verticibus paullo prominulis leniterque compressis, lunula profunda, obliqua et scutellum angustum, elongatum, sulco cardinali dextrae valvae distincto.

Hab. dans le calcaire jurassique de l'étage oxfordien de Nigranden.

La coquille, de grandeur moyenne, est ovalaire, rétrécie au bord postérieur et élargie à l’antérieur, les sommets sont renflés et infléchis, et le milieu des valves sous les sommets est également renflé. La lunule, placée obliquement, est profonde et plus longue que large, l’écusson est étroit et très allongé, marqué du sillon cardinal allongé.

Les côtés sont arrondis, l’antérieur plus large et très court, le postérieur allongé, plus étroit et fortement comprimé; il est entièrement fermé, comme l’antérieur, et le bord inférieur est elliptique. Le bord dorsal est oblique et fermé près du bord postérieur, qui est par suite tranchant. Les sommets sont légèrement rapprochés lun de l’autre et fort peu infléchis. Quoique cette espèce ne soit connue qu’en moule, le sommet de la valve droite est situé plus haut que celui de la gauche et prouve que c’est effectivement un Lyonsia. La surface est pourvue de sillons d’accroissement nombreux, qui se reconnaissent aussi sur le moule. Les impressions musculaires sont petites et superficielles, la postérieure est arrondie; le sinus palléal est élargi, profond et arrondi, le lobe inférieur est acuminé et ne dépasse pas l'impression musculaire postérieure.

La coquille à 1 p. 6 1. de large, 1 p. de long, mesurée au dessus des sommets, et, à valves closes, une épaisseur de 8 1. Le bord dorsal, partant des sommets, descend en direction oblique jusqu’à l’extrémité postérieure, qui est comprimée, arrondie et tranchante; l’écusson est étroit et la lunule assez profonde et ovalaire, elle est placée à peine obliquement et se distingue par là du Lutraria gregaria ZT. de l'étage oxfordien brun de Balingen, dont la lunule est beaucoup plus longue que large et placée bien plus obliquement. Celui-ci se distingue en outre par son bord antérieur presque tronqué, c’est-à-dire moins saillant et plus large, par son bord dorsal légèrement convexe, et par son bord postérieur élargi et bâillant; le bord inférieur est elliptique et plus arrondi; en général toutes les dimensions sont différentes, et par suite le Lyons. speciosa est plus étroit en arrière que le L. gregaria.

Esp. 827. Lyons. meniscus », PI. XXVI, fig. 14 a valve gauche, vue de côté; b valves closes, vues sur le côté antérieur; c les mêmes, vues sur les sommets. Lyons. Alduini (Fiscu.), Graf Keyserrine, Petschorareise I. c. p. 311. PI. 17, fig. 31—32. ” Amphidesmarecurvum (Pair) v. Buca, Beitr. z. Bestimmung d, Gebirgsf. Russl. L c. p. 101.

Lyonsia Alduini (Fisem.) Traurses., Bull. de Mosc. 1863. IV, p. 461. PI. X. B, fig. 8.

Testa mediocris inflata, ovato-dilatata, verticibus tumidis, inflexis, lunula exigua horizontali ïis anteposita et scutello postice prosiliente, sulco cardinali dextrae valvae ligamentum convexum excipiente; margine testae antico lato ac rotundato, postico prolongato latioreque antico; superficies transversim sulcata, sulcis incrementi approximatis striisque radiantibus punctatis ornata.

Hab. dans un grès calcaire douteux, à ce qu’il paraît néocomien, sur le Wisinga, fleuve du pays de la Petschora, sur le Ssyssola près des villages de Wotscha et de Kargor, en grands individus sur l’Ishma près des écluses dites Serdzé dans un grès néocomien brunâtre, sur les bords du Soswa au nord de l’Oural, et dans un semblable terrain au midi de l’Oural près d’Iletzkaya, sur le fleuve Outessouyouk et sur le lac d’Indersk. -

Cette coquille se distingue du Lyons. Alduini par d’autres dimensions et par une forme différente: elle a les sommets très petits et infléchis, la lunule très petite, non oblique, mais horizontale et placée tout en haut, à bord antérieur élargi et arrondi; il est plus saïllant que le bord antérieur du Lyons. gregaria, qui est tronqué et presque d’égale grandeur avec sa lunule; celle-ci est oblique, allongée et moins large. L’écusson est étroit et allongé, le sillon cardinal de la valve droite passe obliquement en arrière, et son bord fait une légère saillie, se continuant dans le bord postérieur, situé obliquement et offrant la même largeur que l’'antérieur. La valve gauche lisse se cache sous la valve droïte, surmontée par le ligament externe convexe. Le bord inférieur est elliptique, arrondi et fermé, comme le postérieur et l’antérieur des individus jeunes et bien conservés.

La surface des grands individus d’Iletzkaya est parcourue de sillons transverses concentriques, coupés par des stries microscopiques, rayonnantes, ponctuées, comme le Lyons. (Myacites) striato-punctata Quewsr. * de l'étage brun du terrain jurassique de Stuifen.

Les individus du nord de la Russie sont les plus grands; l'individu figuré par M. De KeyseruNeG a 2 p. 9 L. de large, près de 2 p. de long, mesuré au-dessus des sommets, et, à valves closes, une épaisseur de 1 p. 4 1.; la lunule profonde est presque horizontale, légèrement oblique, et le bord antérieur, situé sous elle, fait une saillie arrondie, plus prononcée

* Jura L c. p. 450. PI. 61, fig. 12.

que celle du Lutraria gregaria de Balingen. Le bord dorsal présente en arrière une semblable saillie, qui se continue dans le bord postérieur oblique, ce qui ne se remarque ni sur le Lutraria gregaria, ni sur le L. striato-punctata du terrain jurassique. La surface de Pespèce du nord de la Russie est également sillonnée, striée, et prouve l'identité avec les individus d’Iletzkaya, dont l’un a 1 p. 9 L. de large, 1 p. 2 1. de long, et, à valves closes, 10 L. d'épaisseur; c’est l'individu qui est marqué de stries rayonnantes pointillées.

- Le manteau est pourvu d’une large échancrure arrondie et profonde, à lobe inférieur allongé et acuminé; il dépasse l’impression musculaire, qui est arrondie et plus petite que l’antérieure. Les sommets sont élargis, déprimés, et sur la valve gauche le sommet est situé plus bas que sur la valve droite. On a pris cette coquille pour le Lutraria rugosa GoLpr., qui se distingue par sa forme triangulaire et par les sommets plus saillants et placés presque an milieu du bord dorsal Le Gresslya latirostris Acass.* (Lutraria gregaria (Mer. Rôx.) de l’oolithe inférieur de la Suisse, de l'Allemagne et de la France, se distingue par sa forme plus comprimée, par les sommets plus larges et rapprochés du bord antérieur, qui est plus large que le postérieur. Le bord inférieur est presque droit et moins convexe que celui du Lyons. meniscus, dent le bord dorsal est excavé et non convexe, comme celui du L, latirostris.

Esp. 828. Lyons. Alduini Fiscx. sp. (non Az. BRoN@x.).

Donax Alduini (Bronex.) Fiscn., Oryctogr. de Moscou 1. c. p. 175. PI. 46, f.3.

Lyonsia Alduini d'Orgieny voy. VEeRNeuIL, Paléont. de Russie L. c. p. 470. PI. 41, fig. 1—4.

Amphidesma donaciforme (Paic.) Fiscuer, Bull. de Mosc. vol. XVE, p. 35.

Lyonsia Alduini Zeitschr. d. deutsch. geol. Gesellsch. Berlin 1861, p. 421.

La coquille, de grandeur moyenne, est ovale, oblongue, à sommets renflés, infléchis et presque contigus, la lunule petite, profonde et horizontale; le côté antérieur, court et arrondi, est plus large que le postérieur, qui est très allongé et plus rétréci. Le sillon cardinal de la valve droite est bien marqué, et Le bord dorsal se penche obliquement et passe doucement dans le bord postérieur. La surface est recouverte de points microscopiques ou petits grains, fort rapprochés et placés sans ordre sur toute la surface; des sillons concentriques traversent en outre la surface et présentent entre eux de petites stries concentriques.

IHab. dans le grès néocomien noiïrâtre de Khoroschéwo et sur le

* Bron, Leth. geogn. II, p. 270. PI. XXL fig. 8.

fleuve Yaouza à Moscou, et, à ce qu’il paraît, sur le Jénisséi dans un calcaire méocomien compacte, ainsi que sur le fleuve Olenek de la Sibérie orientale (KeyserL. apud Minpexo. L. c.).

La coquille, transverse et renflée, à le bord antérieur plus large que le postérieur, qui se rétrécit doucement et passe dans le bord arrondi, non fermé; le bord antérieur est également bâillant, l’inférieur à peine elliptique, presque droit. La surface est couverte de petits points élevés très rapprochés, comme le Myacites jurassi QuensT. qui se distingue par son bord antérieur moins large, tronqué obliquement et par sa lunule plus allongée, tandis que la lunule de l’espèce de Khoroschéwo est très courte, horizontale et n’occupe qu’un petit espace sous les sommets. Le bord antérieur du Lyons. Alduini est fort élargi, arrondi et occupe Ÿ/4 de la région buccale, tandis que ce bord du Myac. jurassi est rétréci et n’occupe que la moitié antérieure.

La figure donnée par M. d’Orgreny, L c., est très fidèle et je suppose que le sinus palléal est reproduit exactement d’après nature, quoique le comte KevserLING suppose le contraire; il paraît avoir confondu le sinus palléal de l’espèce de la Petschora, du Lyons. meniscus, avec le sinus du Lyons. Alduini du centre de la Russie, et il est naturel que celui-ci doit différer de celui-là; le sinus du Lyons. Alduini est moins large et plus long; il dépasse même l’impression musculaire; le lobe inférieur est moins acuminé, et l'impression musculaire postérieure est beaucoup plus grande que dans le Lyons. meniscus.

Le Lyons. Alduini de Moscou se trouve selon M. d’Orgreny à Trouville, Ecommoy, Launoy et en d’autres endroïts dans le 13ième étage oxfordien, mais il paraît que c’est une espèce différente de celle de Moscou; c’est plutôt le néocomien de Neufchâtel, dans lequel se trouve une espèce de Ceromya, presque identique avec le Lyonsia de Moscou.

Le Donacites Alduini Az. Bronx. du kimmeridge de l’Angleterre est une autre espèce, c’est-à-dire le Pleuromya Alduini AG. le Pholadomya donacina Gozpr. et le Panopaea Brongniartina d’Ors. * du calcaire jurassique brun de la France et de l’Allemagne.

Genre C. Thracia LEACH. BLAINY.

La coquille transverse inéquilatérale, inéquivalve et fragile, est arrondie au bord antérieur, rétrécie et bâillante au postérieur; la valve droite, plus convexe, s’élève un peu plus haut que la gauche; les sommets

* Voy. Brown, Leth. geogn. IT, p. 272.

sont situés presque au milieu du bord cardinal et rapprochés l’un de Pautre; la charnière est dépourvue de dents, et Le ligament en partie externe, en partie se cachant à l’intérieur, avant les sommets, dans un cuilleron; le bord postérieur est toujours muni d’une carère oblique, et le bord cardinal est comprimé. Ce genre se trouve dans les terrains jurassique, crétacé et tertiaire, et vit encore dans les mers actuelles.

Esp. 829. Thrac. incerta Taurx. sp.

Tellina incerta Taurs., Porrentr. 1830, p. 13. Bron, Leth. geogn. II, p. 265. PI. XX!, fig. 6. Thracia suprajurensis Des. d'Ors., Prodr. II, p. 48.

Le bord antérieur élargi de la coquille légèrement comprimée est presque circulaire, le postérieur rétréci, allongé, tronqué et bâillant; les sommets obtus eb peu saillants sont situés presque au milieu du bord cardinal, un peu plus près du bord antérieur; la surface est marquée de stries concentriques fines et rapprochées.

Hab. dans le calcaire jurassique de l’étage oxfordien de Popilani, de l’étage kimméridien de Zaionschki, de Konopisko en Pologne, ainsi que dans le portlandien et le kimméridien de la Suisse, de la France, de l'Allemagne et de l'Angleterre.

La coquille de Konopisko est plus grande que celle de Popilani; elle a 1 p. 10 L. de large et 1 p. 3 L. de long, les valves closes offrent une épaisseur de 8 L.; celle de Popilani n’a que 1 p. de large, 9 L de long, et, à valves closes, 5 L. d'épaisseur. Le bord antérieur, plus élargi et arrondi, est parcouru de stries concentriques plus marquées que le postérieur, où les stries disparaissent plus ou moins, surtout sur la région comprimée du bord dorsal.

Esp. 830. Thrac. scythica m».

PI. XXVI, fig. 15 a valve gauche, vue de côté; b la même, vue sur le sommet, gr. nat.

Géogn. de Russie (en russe) 1. c. 1846, p. 481.

Testa satis magna elliptico-transversa, compressa, postice paullo latior quam antice, verticibus parvis, vix prominulis obtusisque, carina obtusa ab iis ad marginem infero-posteriorem excurrente, margine dorsali postice perquam compresso, margine dorsali antice subconcavo; superficies strlis concentricis numerosis ornata.

Hab. dans le terrain jurassique du fleuve Unsha dans le gouvernement de Tambow.

La coquille, assez grande, transversale, est presque elliptique et fortement comprimée, le test est très mince et orné de stries d’accroissement concentriques, à sommets petits, obtus et peu saillants; le bord antérieur est arrondi et élargi, le dorsal légèrement enfoncé ou concave au devant des sommets, et en arrière d’eux légèrement oblique et fortement comprimé; la carène obtuse, partant du sommet, se dirige vers la partie postéro-inférieure, où elle disparaît; le bord postérieur est élargi et tronqué verticalement; il est presque d’égale largeur avec le bord antérieur. Le bord inférieur est elliptique.

La coquille à 1 p. 11/2 L. de long, 1 p. 81/2 L. de large, et les valves closes offrent une épaisseur de 4 lignes.

La surface, peu convexe, est striée, les stries concentriques sont très rapprochées et tous’les bords sont tranchants. Le sommet est fixé presque au milieu du bord dorsal, un peu plus près du bord antérieur que du postérieur; le bord: supérieur fait un angle’ obtus, à l'extrémité postérieure, avec le bord postérieur tronqué.

Cette espèce offre beaucoup de rapports avec le Thrac. vulvaria d'Ors. du valangien de Ste-Croix, mais celui-ci se distingue par son bord dorsal légèrement convexe, en avant des sommets, par la surface de la coquille légèrement enfoncée au milieu, par les sommets plus larges et par les valves plus épaisses.

Esp. 831. Thrac. aequalis ».

PI. XXVI, fig. 16 a valve gauche, vue de côté; b valves closes, vues sur les sommets.

Géogn. de Russie (en russe) IL. c. 1846, p. 473 et 481.

Testa transversa, elliptica, utroque margine subaequali, rotundato, posteriore subtruncato, leniter latiore quam anterior, verticibus medio margini cardinali impositis, acutiusculis et carina obtusa ab ïis orilunda, moxque evanescente ad inferiorem partem posticam descendente; superficies striata, striis concentricis ad posticam partem rudiores sulcos construentibus.

Hab. dans le calcaire néocomien grisâtre, à grains siliceux luisants, de Jelatma, sur le fleuve Oka près du village d’Inka dans le gouvernement de Tambow.

Petite coquille transverse, comprimée, à sommets à peine saillants, légèrement aigus et situés un peu plus près du bord postérieur; bords antérieur et postérieur presque égaux, celui-ci un peu tronqué et plus large que celui-là, qui est également arrondi. La surface de la coquille

est parcourue de stries, plus fines sur la région antérieure, et plus grossières sur la postérieure, qui par là devient presque écailleuse. Le sommet de la valve droite s’elève plus haut que celui de la gauche. La carène oblique postérieure ne descend pas jusqu’au bord inférieur, mais s’efface avant de l’atteindre.

L’individu de Jelatma à 9 1. de long, 1 p. 6 1. de large, et les valves closes offrent une épaisseur de 6 lignes.

Cette espèce a beaucoup de rapports avec le Thrac. sanctae Crucis* du gault supérieur de Ste-Croix en Suisse, dont les sillons concentriques sont plus apparentes sur les deux côtés de la coquille et dont le bord inférieur est plus droit, tandis qu’il est convexe sur le Thrac. aequalis,

Esp. 832. Thrac. Nicoleti (Acass.) d'Ors.

PicTeT, Paléont. suisse. Sér. IV. Livr. 4ième, p. 113. PI. 108, fig. 2.

La coquille, de grandeur assez considérable, est transverse, fortement comprimée, à sommets médians légèrement saillants et acuminés; là carène obtuse, qui part du sommet en direction oblique postérieure, est à peine apparente; le bord antérieur est beaucoup plus large, arrondi, offrant le bord cardinal convexe avant le sommet; le bord postérieur est métréci, presque acuminé et un peu plus long que l’antérieur; par là le bord cardinal derrière le sommet devient légèrement concave. Les flancs élargis des valves sont enfoncés au milieu.

Hab. dans le grès néocomien d'Iletzkaya, ainsi que dans la limonite néocomienne de Gaïicht sur le lac de Bienne en Suisse.

La coquille est distinctement inéquivalve, le sommet de la valve droite convexe étant plus haut que celui de la gauche, qui est plutôt concave ou enfoncée au milieu des flanes. Le bord inférieur est presque droit, et s'élève doucement au bord postérieur.

La coquille à 2 p. de large, 1 p. 3 L de long, les valves closes n’ont que 6 1. d'épaisseur, mais elles semblent être accidentellement comprimées. Les stries d’accroissement concentriques sont fines, nombreuses et serrées, tout à fait comme celles du Thrac. Nicoleti de Gaicht, auquel M. Prcrer réunit aussi le Thrac. vulvaria (Acass.) d'Ors. du calcaire roux valangien de Ste-Croix, quoique le Thrac. Nicoleti manque de la côte oblique, qui est bien marquée et apparente sur celui-là et

L] * Picrer, Paléont. suisse. Sér. IV. Livr. 3ième, p. 117. PI. 108, fig. 8. Eichwald, Lethaea rossica. II. 47

spécialement sur chaque valve entre la carène oblique postérieure et la commissure fortement comprimée.

Esp. 833. Thrac. Archiaci Prcr.

PI. XX VI, fig. 17 valves, vues de côté, gr. nat.

Pivie et Rexevigr, Paléont. suisse. Sér. I, p. 67. PI. 7, fig. 5.

Petite coquille transverse, légèrement renflée, peu inéquivalve, à bord antérieur arrondi et plus élargi que le postérieur, qui est plus allongé et très bâillant; en arrière des sommets le bord cardinal est excavé, et la région postérieure entre la carène obtuse et la commissure est très comprimée; le bordinférieur est légèrement arqué.

Hab. dans le grès néocomien noirâtre de HGRsonT ainsi que dans le néocomien de la Suisse.

Le test est lisse et marqué seulement de stries d’accroissement assez espacées, concentriques, qui deviennent plus apparentes sur la région postérieure. Il à 1 p. 2 1. de large et 8/2 L. de long, les valves closes offrent 5 1. d'épaisseur. Par là cette espèce se distingue du Thrac. Frearsiana, qui est plus long et moins large. En oùtre le Thrac. Archaci est marqué autour des sommets de quelques stries raÿonnantes, courtes, à peine appréciables dans l’individu de Khoroschéwo.

Esp. 834. Thrac. Frearseana d'Ors.

VerNeuIL, Paléont. de Russie 1. c. p. 471. PI. 40, fig. 17—18.

La coquille transverse est très inéquivalve, la valve droite étant beaucoup plus bombée que la gauche; la surface marquée de stries d’accroissement concentriques eb de stries rayonnantes très nombreuses et serrées, plus distinctes sur le moule que sur le test; la région postérieure entre la carène oblique et la commissure est munie d’une côte ou plutôt d’une carène tranchante, allant presque en direction parallèle avec le bord de la commissure.

Hab. dans le grès néocomien noirâtre inférieur eb brunâtre supérieur de Khoroschéwo, près de Moscou, dans un calcaire grisâtre d’Iletzkaya et d’Indersk au bord du Lac salé près d’Orenbourg.

La coquille renflée est pourvue de sommets situés plus près du bord postérieur, qui est plus large et tronqué; le bord antérieur est plus allongé et plus étroit. Les sommets sont peu saillants, surtout celui de la - valve gauche, tandis que le sommet de la droite s’élève plus haut au dessus de celui-ci. Le bord dorsal en avant des sommets est très oblique, et le bord dorsal en arrière d’eux plus droit et gggurvu d’un sillon liga-

mentaire, parallèle à la commissure postérieure. Le sillon occupe le milieu de la région anale comprimée ; il est bordé du côté extérieur par la crête tranchante, et à l'intérieur par le bord de la commissure. La carène oblique postérieure, qui prend naissance au sommet, est obtuse et montre sur la coquille bien conservée un léger sillon, qui descend avec la carène jusqu’au bord postéro-inférieur. - à

Les striés concentriques de la surface sont assez fortement mar-

De tout sur le test délicat; les stries rayonnantes très fines ne se ee AR que sur le moule, surtout dans les individus âgés. La valve droite est beaucoup plus épaisse que la gauche. La coquille a 1p. 6. de large et 1 p. 1 L. de long, les valves closes offrent une épaisseur 1. C’est là la grandeur des individus âgés; je possède aussi un individu de la même grandeur d’Iletzkaya, à test très mince et lisse, bien conservé; il ne montre que les stries concentriques; le bord postérieur est tronqué et légèrement bâïllant.

Le Thracia laevigata (Parzr.) Rouizr., du néocomien supérieur de Khoroschéwo, paraît appartenir au Psammobia Gillieroni d'Ors. (voy. plus haut).

Esp. 835. Thrac. elongata Fr. An. Rôw. | Norddeutsche Kreideversteinerungen. Hannover 1841, p. 75. PI. X, fig. 2.

La coquille transverse, elliptique, est convéxe, la valve gauche un peu moins convexe que la droite; elle est garnie de stries concentriques espacées, et le moule est parcouru de stries rayonnantes fines et très serrées. Le bord antérieur est rétréci, renflé et arrondi, le postérieur un peu plus large, arrondi et comprimé.

Hab. dans le grès néocomien noirâtre de Khoroschôwo ainsi que dans le hils du Hanovre.

Les sommets, plus rapprochés du bord antérieur que du postérieur, sont renflés et plus saillants que ceux des espèces précédentes; ils sont contigus et le sommet droit est à peine plus saïllant que le gauche.

La coquille en moule de Khoroschéwo à 1 p. 7 L de large, 1 p. de long, les valves closes offrent une épaisseur de 8 lignes.

Fa mille vin gt-se ptième.

Corbulidées voy. IL, p. 116.

La coquille des Corbulidées est inéquivalve, inéquilatérale, bâil-

lante ou fermée; la charnière esb formée par une seule dent cardinale 47 *

He.

dilatée en cuilleron, sur laquelle le ligament interne s’attache, pour être reçue à l’autre valye par une fossette opposée. Vi:

REbroOr (Cortal aus:

La coquille est transverse, trigone, convexe et épaisse; elle est presque toujours inéquivalve, obtuse du côté antérieur et rétrécie du côté postérieur, où ‘elle devient légèrement bäillante; la valve droite est plus convexe et plus grande que la gauche. Les impressions musculaires. sont petites et très écartées, le sinus palléal est peu profond. Ce genre se trouve dans toutes Les HÉANESs terrestres, et vit encore dans les mers actuelles. ee

Esp. 836. Corb. agatha More. Lyc.

Paleont. Soc. 1863, p. 65. PI. 40, fig. 28.

Myacites abbreviatus Quexsr., Jura 1. c. p. 508. PI. 68, fig. 7—8.

Petite coquille presque sphérique, lisse, luisante, les sommets sont élargis, obtus, médians, relevés, le côté antérieur est arrondi, à grande et profonde lunule en cœur, le côté postérieur est court, presque caréné et tronqué.

Hab. dans le calcaire oxfordien supérieur de Popilani et de Nigranden en Lithuanie, ainsi que dans le forest marble de Cirencester en Angleterre, et dans le jura brun de Dettingen au Wurtemberg.

La coquille est sphérique, légèrement comprimée, à carène postérieure partant du sommet et se dirigeant obliquement vers la région inféro-postérieure, qui par là devient acuminée. Le bord cardinal oblique . est fortement tronqué, à commissure un peu saiïllante au bord intérieur ; les sommets infléchis sont contigus, et la lunule plutôt petite que grande.

La coquille a 15/4 L. de large, 114 L de long, et les valves closes offrent une épaisseur de 11/4 L C’est le Myacites abbreviatus Quensr. du jura brun, qui a la même forme et la même grandeur; c’est aussi le Nucula abbreviata Gozpr. * du même terrain.

Je possède de la même localité de Nigranden le fragment d’une autre espèce très grande de Corbule, qui a bp. 8 L de long, et est caractérisée sur le moule par un sillon oblique, partant du sommet, passant près du bord intérieur de la grande impression musculaire postérieure, et se perdant au milieu du moule. Le sommet est petit, infléchi, aigu; du côté antérieur, en-dessous du sommet, on observe un petit tu-

#* Petref, Germ. L. c. PI. 125, fig. 18.

nn. 741 :

La : ! 2 SA sf bercule, et plus bas la dent cardinale en cuilleron élargi, comme dans les Neaera *

Esp. 837. Corb. impressa m.

PI. XXVI, fig. 18 a valve droite, vue de côté, gr. nat ; b la même, grossie.

Testa exigua ovato-acuminata, compressiuscula, postice carinata, anteque carinan acutam impressa; superficies transversim striata, striis. concentricis, approximatis.

Hab. dans l'argile jurassique noire de Goliowo près de Moscou.

Petite coquille presque trigone, légèrement comprimée, à sommets obtus médians et contigus; le côté antérieur de la coquille est arrondi eb légèrement rétréci, à lunule oblique et profonde; le côté postérieur est fortement acuminé et muni de la carène tranchante, qui, partant du sommet, se dirige vers le bord inféro-postérieur et y forme une saillie pointue; le bord cardinal en arrière des sommets est tronqué, oblique, enfoncé, à commissure terminale légèrement saiïllante. La surface est garnie de plis ou stries concentriques très serrées et égales, et d’une

4 impression oblique, qui commence au sommet et descend, en s’élargissant de plus en plus, jusqu’au bord inférieur de la coquille, qui est elliptique | et entier.

La coquille à 3 1. de large et. presque autant de long, les valves closes offrent une épaisseur de LRL Elle e diffère du Corbula borealis d'Ors. en ce qu’elle est. plus comprimée, pourvue d’une impression oblique près de la carène postérieure on ée, et en ce que le bord cardinal en arrière des sommets est fortement enfoncé.

Esp. 838. Corb. borealis dOnrs.

Paléont. fr. Terr. crét. 1. c. p. 472. PI. 41, fig. 5—7.

La coquille est très courte, fortement renflée, presque équivalve et ornée de stries concentriques très régulières; le côté antérieur est court, le postérieur long, tronqué à son extrémité et fortement caréné sur les côtés ; les sommets sont très saillants et excavés en dessous.

Hab. dans un grès jurassique (ou peut- -être néocomien) ferrugineux du mont Ssaragoul et sur les bords de l’Oka.

C’est une espèce différente de la précédente; elle est plus bombée, convexe, à sommets moins larges et moins comprimés, à bord cardinal, en arrière des sommets, moins enfoncé, plutôt saillant, et à carène posté-

* Conf. Corbula musculata Quexsr., Jura I. c. p. 452. PI. 62, fig. 7.

è Li 742 sa

#e Miro plus obtuse, et dépourvue de l'impression qui longe la carène ol le Corb. impressa.

Cette espèce, qui n’a que 2 I. de large, a se trouver dans un terrain néocomien, développé aux environs du mont Ssaragoul et, à ce

“+ Tambow. pe

“# % 4 Esp. 839. Corb. elegans Sow ="

Min. conch. vol. VI, p. 139. PL. 572, fig. 1.

D’Org1exy, Paléont. fr. Terr. crét. 1. c. p. 460. PI. 388, fig. 14— 17. ?

ré qu'il paraît, dans la Russie centrale sur le fleuve Oka aux environs de ë

La coquille est subsphérique, à sommets très saïllants et à côtés inégaux, l’antérieur étant élargi et arrondi, le postérieur allongé, rétréci et excavé. La valve gauche est plus petite que la droite et lisse, celle-ci est munie dé nombreux plis concentriques.

PS Hab. dans le grès aptien de Koktebel en Crimée entre Féodosie et À | Ps Ssoudagh, ainsi que dans l’aptien de Blackdown en Angleterre.

Cette espèce est caractérisée par ses sommets épaissis et fortement saillants, par les valves très convexes et par la lunule et l’écusson fortement enfoncés; la valve gauche est beaucoup plus petite que la droite; ceci n’est pas le cas sur le Corb. elegans Sow., figuré par M. d’Or- » BIGNY de l'étage aptien de 14 Frant C 2, ce qui me fait supposer que c’est

une espèce particulière. 2 4 J’individu de Koktebel 9 près de 2 ] de large, 11/2 L de long et 11 d'épaisseur, à valves closes.

Esp. 840. C orb. truncata Sow.

D’Onrgiexy, Paléont. F4 Térrs crét. 1. c. p. 461. PI. 388, fig. 18—20.

Petite &« quille transverse, trigone, à sommets médians épaissis, à | peine saillan

ts, à à côté antérieur arrondi et tranchant, à côté postérieur -rétréci, acuminé, offrant au bord. inféro-postérieux ur une saillie aiguë.

Hab. dans. la craie blanche. de Ssimbirsk, ainsi que dans l’étage turonien moyen de l'Angleterre. et de la France.

… Ja coquille est bombée. au milieu des valves, fortement comprimée et tranchante aux bords antérieur et postérieur; l’inférieur, également tranchant, est elliptique et légèrement échancré au dessous de la saillie postérieure aiguë, cafactère que je ne vois pas sur le Corb. truncata de la France, dont la carène oblique postérieure est au contraire plus fortement accusée que sur l'individu en moule de Ssimbirsk. Elle a 41/2 1. de large, 3 I. de long et 2 1. d'épaisseur, à valves closes.

La plus grande épaisseur de la coquille se voit près des sommets, qui, en moule, sont très espacés, tandis qu’ils sont contigus sur la valve bien conservée de la France; je trouve même sur l’individu de Ssimbirsk la dent cardinale dilatée en un cuilleron, qui est reçu par une fossette correspondante de la valve opposée.

Genre CII. Neaera GRayr.

La coquille mince, inéquivalve, méquilatérale, est renflée et ventrue du côté antérieur et sous les sommets, et prolongée du côte postérieur en une région rétrécie et acuminée en bec. La charnière est formée d’une dent cardinale plus ou moins élargie en cuilleron, la valve gauche a en outre une dent latérale postérieure. Le ligament est interne et porte quelquefois un petit osselet cylindrique. L’impression musculaire postérieure est située très près de la charnière et presque contre la dent latérale. Ce genre se trouve dans le gault.

Esp. 841. Neaera tenuis m.

PI. XXVI, fig. 19 a valve gauche, vue de côté; b la même, vue sur le sommet, gr. nat.

Testa transversalis, ovata, antice dilatata, rotundata, postice elongata, attenuata et leniter reflexa; vertices parvi, acutiusculi et antice leni carina instructi; superficies transversim et concentrice sulcata.

Hab. dans le grès vert près d’Iletzkaya aux environs d’Orenbourg.

La coquille est transverse, ovalaire, à bord antérieur arrondi, élargi et plus court que le postérieur, qui est allongé, rétréci; la valve gauche est réfléchie à l'extérieur. Les sommets, situés plus près du bord anté- rieur, sont très petits, acuminés et marqués du côté antérieur d’une carène à peine apparente, qui forme en même temps le bord obtus de la lunule. L’écusson est fort étroit et court; la dent cardinale de la valve gauche est élargie, presque triangulaire et se dirige un peu à l’intérieur de la coquille. Elle est le plus bombée au côté antérieur et près des sommets. Tous les bords sont tranchants, le cardinal, en arrière des Sommets, est oblique et passe doucement jusqu’au bord postérieur, qui est acuminé et réfléchi.

La coquille à 10 L. de large, 61)4 L. de long, et, à valves closes, une épaisseur de 2 1. ou davantage.

L’individu est donc plus grand et moins épais que le Neaera sabaudiana Prcr. et Cawe. * du gault de Ste-Croix; les deux côtés de

* Paléont. suisse L. c. IV. livr. 1, p. 40. PI. 100, fig. 7.

celui-ci sont de largeur presque égale, tandis que celui-là a le côté antérieur beaucoup plus large que Le postérieur, qui en outre est plus long que celui du Neaera sabaudiana.

Famille vingt-huitième.

Glycymérinées voy. vol. I, pag. 1036.

Pie s g PRE. | 7 Les genres des Glycymérinées sont plus fréquents dans la période terrestre moyenne que dans l’ancienne et la moderne.

Genre CIIT. Pholadomya Sow. voy. 1. c. pag. 1036. Goniomya, Homomya, Arcomya Açass. Lysianassa Münsr. Pachy- -mya Sow.

La coquille, mince et fortement renflée, est transverse ou allongée et triangulaire, équivalve, inéquilatérale, bâillante aux deux extrémités, surtout à l’anale. La charnière édentée est munie d’une petite fossette allongée et presque triangulaire, et d’une courte lamelle marginale (nymphale) sur chaque valve, pour fixer le ligament externe, qui est très court et mince; les impressions musculaires, au nombre de deux, sont superficielles et inégales, l’antérieure étant allongée et plus étroite que la postérieure; l’impression palléale est profonde. La surface est toujours garnie de plis ou côtes rayonnantes, dont le nombre est en général plus grand sur la valve gauche que sur la droite. Les côtes rayonnantes sont quelquefois coupées par des stries ou côtes horizontales (le genre Goniomya AGass.), par lesquelles la surface devient treillissée. Les espèces lisses n’appartiennent pas aux Pholadomyes, mais aux Panopées. Ce genre se trouve surtout dans le terrain jurassique, plus rarement dans le crétacé et le tertiaire, et vit encore, en une seule espèce, dans l'océan et non dans la mer caspienne *,

*# Le Pholad. caspia Ac. est mon Adacne laeviuscula,etlePholad. crispa A6. mon Adacne plicata, c’est-à-dire un genre différant des Pholadomyes par les valves non renflées, bâillantes au bord postérieur, et pour le passage du grand pied, au bord inférieur près du côté antérieur, lequel est entièrement fermé. Le bord cardinal du moule des Pholadomyes jurassiques est en outre allongé et pourvu d’un sillon large et profond, qui longe le bord jusqu’à l'extrémité postérieure toute droite: ce sillon du moule ne se trouve pas sur les Adacnes, parceque le bord cardinal du test reste mince et égal, tandis qu’il devient de plus en plus épais à la commissure dorsale, et forme par là le sillon ou l’enfoncement marginal large et profond. Une différence des plus caractéristiques est le large bâillement du bord inférieur de la coquille de lAdacne laeviuscula pour le passage du pied de l’animal; il manque en-

*) anguliferae (Goniomyae).

Esp. 842. Pholad. marginata Acass.

Études critiques sur les Myes. PI. I, fig. 15.

Mia codti transverse est ornée de côtes converg'entes, qui deviennent de plus en plus épaisses en passant du sommet vers les bords inféro-antérieur et. inféro-postérieur; les côtes horizontales au milieu du

test sous le sommet, au nombre de 13 ou 14, sont courtes et distantes.

Hab. dans le calcaire jurassique brun de Nigranden en Lithuanie.

La coquille a les sommets placés presque au milieu du bord cardinal et recourbés l’un vers l’autre; la surface est pourvue de stries d’accroïssement concentriques très fines, plus nettement accusées vers le bord inférieur. Les côtes convergentes sont le plus courtes et le plus fines des deux côtés du sommet, où elles se réunissent en angle obtus avec les côtes horizontales médianes.

L’individu de Nigranden a 1 p. 6 L. de large et près de 1 p. de long, mesuré au dessus des sommets.

Esp. 843. Pholad. angulifera Sow. sp.

Mya angulifera Sow., Min. conch. III, p. 46. PI. 224, fig. 6 et 7. — — v. Bucu, Beiträge I. c. p. 80.

Lutraria angulifera Sow. sp. Puscu, Polens Paläont. I. c. p. 81. La coquille, transverse et très élargie, est munie de côtes convergentes, se réunissa t.sur le milieu des valves sous les sommets, sans y

a, de côtes horizontales, qui semblent être rudimentaires ou nulles.

Hab. dans l'étage moyen du calcaire jurassique de Popilani et de * Nigranden, dans le grès ferrugineux près de Panki, à Zwierzyndec en Pologne, ainsi que dans le great oolite de Minchinhampton en Angleterre, et dans le même étage à plusieurs localités de la France.

La coquille est bâillante des côtés antérieur et postérieur; elle est très large et pourvue de chaque côté de 17 côtes, qui se réunissent en angle aigu au milieu. des flancs, sans montrer les côtes horizontales de

Vespèce suivante. Le sommet est placé plus près du bord antérieur que

dans l’espèce précédente. ) “ La coquille a près de D} p. de Mige et 11 p. de long. Les côtés sont arrondis.

tièrement chez les Pholadomyes, mais se trouve bien développé chez les Bucardes: voy. Acassiz, Monogr. des Myes Neufchâtel 1842—45, p. 37 et mon Fauna caspio-caucasia, en 1841. Petropoli. PI. 39, fig. 1 et 3.

En " ‘de

Esp. 844. Pholad. Fran ombtdes AGass.

Bron, Nomencl. palaeont. 1. c. p. 548. # Lutraria trapezicostat a Puscx, Polens Paläont. p. 80. PI. 8, fig. 10:

Coquille transverse, moins élargie, à sommet placé presque au milieu du bord cardinal; le bord antérieur est arrondi et plus rétréci, le postérieur élargi et tronqué; la surface garnie de côtes convergentes sur les côtés, et horizontales au milieu des flancs. Hab. dans l'argile jurassique ferrugineuse de Panki D iereyniec, ainsi que, réuni à lAmmonites Jason, dans le callovien de Gammelshausen au Wurtemberg, et de Mamers au département de la Sarthe en France.

La coquille, fermée du côté antérieur, est fortement bâillante du côté postérieur élargi. Les côtes horizontales deviennent de plus en plus larges en descendant vers le bord inférieur droit et formé par ces côtes, tandis que les côtés sont occupés par les côtes convergentes. La coquille a 1p. 71. de large et 1 p. et davantage de long, les valves closes offrent 1 p. d'épaisseur sur l'extrémité postérieure, qui est la plus épaisse. Cette espèce ressemble beaucoup au Pholadomya (Lysianassa) rhombifera Goupr. * du lias, qui cependant n’est pas aussi bâillant en arrière que le Phol. trapezoides. M. Oppez ** suppose que Je Lutraria trapezicosta Puscx est identique avec le Goniomya ornati Quensr. du callovien ou du jura brun, mais le bord postérieur très bâillant est plus large que l’antérieur, qui ES ; plu: “as et plus à dis Esp. 845. Pholad. Duboisi Acass. sp. d'Ors.

VerneuIL, Paléont. de Russie L. c: p. 469. PI. 40, fig. 15 "16.

Acassrz, Myes p. 12. PI. I a, fig. 2--12. ra

Pholad. proboscidea Acass. I. c. p.17. PI. Ice, fig. 1—9. Ph. scripta AGass. I. c. p.18. PI Lb, fig. 17—19. — Ph. litérata Agass. (non Sow.) L c. p.20. PILI b, fig. 13—16.

Pholad. scripta L. v. Bucn, voy. KarsTEN” 5 Arc AE p. 139, et Goniomya

literata Sow. Quexsr., voy. E. HOrmANN, Verhanc dl. der miner. Gesellsch. Petersb. 1864, p. 150. PI. 4, tig. 3 "

allongé que dans le Gon. ornati.

est droite, fortement renflée et ornée de côtes convergentes, entre lesquelles se développent de courtes côtes horizontales tout près des sommets.

La coquille, élargie et mince,

‘ Petref. Germ. I. c. IL, p. 264. PI. 154, fig. 11. * Orrez, Die Juraformation. Stuttgart 1858, p. 564.

Hab. dans le grès jurassique oxfordien ferrugineux de Popilani en Lithuanie ét de Jelatma sur l’Oka, sur le fleuve Outessouyouk près d’'Iletzkaya aux environs d’Orenbourg, ainsi qu’en France près de Chaumont au département de la Haute-Marne.

Les sommets sont rapprochés du bord antérieur, qui est rétréci et bâillant; le bord postérieur est plus élargi et également bâillant; une carène obtuse, partant du somment, se dirige en arrière vers le bord postérieur et divise l’espace lisse qui occupe le bord cardinal. Les côtes antérieures des flancs sont plus obliques que celles du côté postérieur, qui, étant verticales, coupent le bord inférieur presque sous un angle droit. La coquille a 1 p. 3/2 L. de large et 812 L. de long, les valves closes offrent une épaisseur de 7 lignes.

Les côtes, convergentes en angle aigu sur le milieu des flanes, sont dépourvues de côtes horizontales jusqu'aux trois quarts de la longueur des flancs; c’est donc à une petite distance du sommet que commencent les courtes côtes horizontales, placées entre les côtes convergentes; celles-ci descendent jusqu’au bord inférieur, formant des intervalles de plus en plus larges: c’est un caractère qui distingue notre espèce de toutes les autres.

La même espèce, sous le nom de Goniomya literata Sow., se trouve aussi dans un semblable terrain jurassique au bord du fleuve Outessouyouk près d’Iletzkaya; elle se distingue par les côtes horizontales au milieu des flancs, qu’on ne remarque pas sur le Goniom. literata.

Esp. 846. Pholad. insignis m.

Pholadom. Duboisi (d'Or8.) Comte Czarsxi, Bull. de la Soc. des Nat. de Mose. 1850. II, p. 471. PI. 9, fig. 7—13.

Goniomya 5-scripta (Quensr.) der Jura v. Iletzkaya, voy. Verhandl. d. miner. Gesellsch: Petersb. 1864, p. 157. PI. IV, fig. 36.

Testa magna, transversalis, vertice producto prope marginem anticum angustum et rotundatum disposito, postico margine protracto et marginem cardinalem omnino rectum exstruente, costis convergentibus curtis dimidiam testae partem superiorem prope verticem tenentibus, inferiore parte et latere utroque costis plane destitutis.

Hab. dans le calcaire jurassique de l'étage callovien de Kotéitschi au gouvernement de Moscou, et sur le fleuve Outessouyouk près d’Iletzkaya aux environs d’Orenbourg.

La coquille, assez grande, comprimée, est transverse, à sommets épais, fortement saillants, à côté antérieur rétréci et arrondi, à côté pos-

térieur très élargi et placé en haut, en direction droite au bord cardinal; le bord postérieur, arrondi en arrière, est obliquement tronqué en bas et se perd de la sorte au bord inférieur.

Les côtes n’occupent que la partie supérieure de la coquille près du sommet et en dessous; elles sont assez larges et séparées par des interstices un peu plus larges que les côtes; des côtes horizontales rudimentaires très courtes, au nombre de sept, sont placées près du sommet entre les côtes convergentes, et celles-ci laissent libres les deux côtés et toute la partie inférieure de la coquille, sur lesquels on observe des stries d’accroissement concentriques très marquées. |

Cette espèce a 3 p. 10 1. de large et 2 p. de long, mesurée au dessus du sommet; la plupart des individus sont plus petits, et se rencontrent en fragments.

Ce n’est pas là le Pholad. Duboisi, qui se distingue par les côtes occupant entièrement les deux côtés et les flancs de la coquille jusqu’au bord inférieur, ne laissant libre qu’un petit espace du bord postérieur; en outre la direction des côtes est fort différente; les côtes antérieures du Pholad. Duboisi sont obliques et les postérieures presque verticales, tandis que celles du Pholad. insignis sont également obliques des deux côtés eb moins larges que leurs interstices; Le contraire se voit sur le Pholad. Dub oisi, dont les côtes sont plus épaisses que leurs interstices. — Ce n’est pas non plus le Pholad. 5-scripta Sow. du great oolite de Scarborough, dont les sommets sont situés au milieu du bord dorsal et dont les côtes anguleuses, descendant jusqu’au bord inférieur, sont coupées par des stries d’accroissement concentriques très peu marquées, tandis que celles-ci seules occupent le bord inférieur du Pholad. insignis. Le bord dorsal est très profond et excavé dans celui-ci, c’est ce qu’on n’observe pas chez le Phol. 5-scripta.

Esp. 847. Pholad. scala m.

Pholadomya decorata (Hart) Rouzuer, Bull. de Mosc. 1849. I, p. 352. PL K, fig. 83.

Testa transversa, incompleta, costis aequabiliter convergentibus numerosis, approximatis, exiguas costulas horizontales in medio excipientibus. 3 x

Hab. dans le grès néocomien à Ammonites virgatus à Khoroschôwo près de Moscou.

Le petit fragment de la coquille ne présente que la partie supérieure près des sommets; il est garni de côtes convergentes, également

obliques, très serrées et plus larg'es que les interstices, et muni de courtes côtes horizontales, placées, comme sur l’espèce précédente, entre les côtes convergentes, offrant le milieu des flancs à côtes horizontales et les flancs à côtes obliques et égaux entre eux; il y a 8 ou un plus grand nombre de côtes courtes horizontales. Le fragment observé par M. RovrszieR n’a que 5 1. de large; il l’a nommé Pholad. decorata; c’est un double-emploi, car il existe depuis longtemps déjà un Pholad.

decorata Hart. du calcaire jurassique du Wurtemberg.

Esp. 848. Pholad.inaequalis m.

Trigonia literata (Prc.) Traursom, Bull. de Mosc. 1. c. 1858. IV, p. 554. BIEN fr. 7.

Testa transversa incompleta, costata, costis anticis minoribus, numerosis, posticis crassioribus, minus numerosis, remotis, illas alternas sub angulo acuto decussantibus; postica parte laevi.

Hab. dans le grès néocomien supérieur de Kotelniki près de Moscou.

Petite coquille transverse, convexe et divisée par une côte postérieure oblique en deux régions inégales; la postérieure est lisse et étroite, l’antérieure élargie et garnie de côtés, dont les antérieures sont plus rapprochées et du nombre double des postérieures; celles-ci sont épaisses et plus espacées, au nombre de quatre; celles-là, au nombre de huit, plus grêles, plus rapprochées, se croisent en angle aigu avec les côtes

plus épaisses. :

La coquille, en fragment, à 1 p. 6 L. de large et 1 p. et plus de long. Ce n’est pas un Trigonia pour lequel elle a été prise antérieurement, mais un Goniomya bien caractérisé, quoiqu'il soit en fragment, et qui diffère des autres espèces connues de Goniomyes, très rares dans le terrain crétacé ancien.

Le Goniom. literata Ac. * de l'argile de Bessonow appartient peut-être au Goniom. designata Gozpr. du terrain crétacé de Kislingswalda.

hi **) coslatae et laeves (Pholadomyae genuinae). | Esp. 849. Pholad. foliacea Acass. aff.

Études critiques sur les Myes p. 102. PI. 7, fig. 8. La coquille transverse, très dilatée et très courte, dans la direction

* Voy. Bull, de Mosc. I. c. 1865. I, p. 14. PI. 3, fig. 9. Ce n’est ni le Gon. literata Sow., ni le Gon. Duboisi d’Ors., marqués de côtes transverses médianes: c’est plutôt le G. designata à sommets très peu saillants, à côtes convergentes incomplètes, ne passant pas jusqu’au bord inférieur de la coquille.

verticale des sommets au bord inférieur; la surface est sillonnée, à sillons arqués, profonds, et la coquille a Le bord postérieur très bâillant et entièrement ouvert.

Hab. dans le calcaire compacte de l’étage oxfordien moyen près de Jelatma dans le gouvernement de Tambow, ainsi que dans le terrain liasique de la France.

La coquille est fortement élargie, c’est-à-dire transversalement dilatée et très courte, en sorte que la largeur est plus que le double de la longueur, mesurée au dessus des sommets. Sa largeur est de près de 3 p., la longueur au dessus des sommets peu saïllants est de 1 p. 41.; je n’en possède qu'un fragment.

Les sillons sont très profonds, fort nombreux et en demi-arcs.

Esp. 850. Pholad. Phillipsii More. et Lyc.

Lycerr, Suppl. monogr. of mollusca from the Stonesfield slate, great oolite etc. Paleont. Soc. 1863, p. 85. PI. 42, fig. 2.

Pholad. Murchisoni Prize, Geol. Yorksh. I. PI. 7, île. 9 (non Sow.). — — (Sow.) Puscx, Polens Paläont. IL. c. p. 84. PI. 8, fig. 11.

La coquille, ovalaire en cœur, est renflée, à sommets épaissis et saillants, le côté antérieur très court et tronqué , le postérieur allongé et fortement bâillant, les flancs sont garnis de sillons concentriques nombreux, irréguliers eb coupés par 7 ou 8 côtes verticales, plus étroites que les intervalles, la seconde côte est la plus grande.

Hab. dans le terrain jurassique ferrugineux brun de Popilani en Lithuanie, dans l'argile jurassique ferrugineuse de Zaïontschki près de Panki, et dans le jura brun inférieur près de Korta aux environs d’Oni dans le district de Radsha en Imérétie, aux environs de Czenstochowa, ainsi que dans le cornbrash de Scarborough en Angleterre.

La coquille est fortement renflée, à bord antérieur élargi, légèrement convexe et bâillant, à bord postérieur rétréci et très bâïllant; le bord dorsal est fort oblique et se perd peu à peu dans le postérieur, l’inférieur est convexe. Les côtes sont noueuses et plus étroites que les intervalles, la seconde est la plus épaisse et fait un angle tranchant au bord antérieur, lequel est traversé par une côte courte et moins nettement accusée.

La coquille de Popilani à 2 p. 7 L. de large, 2 p. 4 L. de long, et 2 p. d'épaisseur, à valves closes.

Elle se distingue du Pholad. Murchisoni Sow. * de l’oolithe

* Sowerg8y, Min. conch. 1. c. VI, p. 87. PI. 545.

751 se

de Brora par les sommets beaucoup plus saillants et par les côtes plus grêles que celles du Pholad. Murchisoni.

he.

ÿ, Comet IL, p. 41. 127.

Pholadomya aequalis Puscu (non Sow.), Polens Paläont. p. 85. PI. 8, f. 12.

Esp. 851. Pholad. concatenata Acass.

La coquille ovalaire, renflée, parcourue de stries concentriques, est garnie de 6 à 8 côtes rayonnantes; le côté antérieur est dilaté, convexe, bâillant, le postérieur allongé, rétréci, légèrement arrondi, lisse, dépourvu de côtes et peu bâillant.

Hab. dans le calcaire jurassique ferrugineux de l’étage oxfordien de Zäïontschki près de Czenstochowa, ainsi que dans le coral-rag supérieur de Hildesheïm.

La coquille élargie a les sommets peu saillants, mais larges, infléchis et contigus; le bord antérieur est beaucoup plus épaissi et plus élargi que le postérieur, qui devient de plus en plus étroit et comprimé. La lunule est ronde et profonde, l’écusson élargi, allongé et marqué de bords tranchants. Les côtes sont séparées par des intervalles plus larges; il n’y à que 8 côtes distinctes, les postérieures étant oblitérées.

La coquille a 2 p. 8 1. de large, 1 p. 10 1. de long, et, à valves closes, une épaisseur de 1 p. 8 L.; mais il existe dans la même localité de petits individus, sur lesquels le nombre de côtes plus minces s’élève jusqu’à dix, et qui se distinguent par l’écusson élargi et profond, à bords

“ranchants et à commissure légèrement relevée. Les stries d’accroisse- "ment y sont plus marquées que sur les individus plus âgés. La région “postérieure, fortement allongée et comprimée, s'élève un peu en arrière - du bord dorsal, qui par là devient légèrement oblique, presque droit; le bord inférieur est arqué et se perd doucement dans le bord postérieur - rétréci.

Esp. 852. Pholad. parvula Rôm.

Fr. An, Rômer I. c. p. 133. PI. 15, fig. 4.

La coquille ovalaire, renflée, est striée, à stries concentriques, la région antérieure est plus épaisse et plus arrondie que la postérieure, qui est comprimée et très bâillante, tandis que l’antérieure est à peine bâillante et convexe, à lunule allongée et profonde; l’écusson est plus large, allongé et à bords tranchants, comme celui de l’espèce précédente. La surface est pourvue de stries concentriques bien marquées et de côtes rayonnantes à peine visibles, presque nulles.

s$ Hab. dans le même terrain jurassique ferrugineux de l'étage oxfordien supérieur à Zaïontschki près de Czenstochowa, ainsi que dans

l'étage jurassique portlandien de Hoheneggelsen au Hanovre. ra Re

La coquille est plus étroite et moins longue que le Pholad. decem-

costata; elle à 1 p. 8 I. de large et 1 p. 2 L. de long, et offre, à à valves closes, une épaisseur de 11 L Le bord antérieur est plus convexe, à lunule allongée et étroite; le bord postérieur moins comprimé, arrondi et plus court, et les côtes rayonnantes à peine appréciables le distinguent du Pholad. decemcostata. L’individu figuré par M. Rômer, du Hanovre, est un peu moins grand et caractérisé par 4 côtes médianes plus marquées que celles de l'individu de la Pologne.

Esp. 853. Pholad. inaequicosta m.

PI. XXVI, fig. 20 valve gauche, vue de côté.

Géognosie de Russie I. c. 1846, p. 484. (1 QE

Testa transversa, ovata, tenuis, inflata, costato-plicata, costis anticis majoribus, remotis, mediis approximatis, posticis plicis remotiusculis, evanidis, omnem partem extremam occupantibus, vertice dilatato vix prominulo, antico latere rotundato angustato, postico leniter dilatato.

Hab. dans un calcaire néocomien grisâtre des fleuves Ssoswa et Manya au nord de lOural.

La coquille, de grandeur moyenne, est transverse, ovalaire, élargie, renflée, à sommets larges et à peine saillants; la région antérieure ar. rondie est plus étroite que la postérieure, qui est un peu plus large, on

rondie et entière. La surface est garnie de côtes, dont les ed

simulent des plis; les 4 antérieures sont très écartées et courbées avant, les 10 médianes sont très rapprochées et rappellent plutôt des plis que des côtes; quelques unes d’entre elles sont accessoires, intercalées; les postérieures, au nombre de 10 à 12, occupent en plis rudimentaires toute la région postérieure jusqu’au bord, et c’est par là que notre espèce se distingue de ses voisines. La lunule allongée est indiquée par un enfoncement superficiel devant les sommets, qui sont rapprochés du bord antérieur. à La coquille a 1 p. 8 L. de large, 11 p. de long, mesurée ausdessus des sommets, et les valves closes offrent à peu près 9 L. d'épaisseur. Elle est bâillante, mais seulement au côté postérieur, l’antérieur est complétement fermé. La surface présente trois parties de démarcation distinctes, en lignes obliques: la première, à 4 côtes écartées, est la plus

courte; la médiane, à plis serrés, est un peu plus longue, et la postérieure, à plis écartés, est la plus longue.

Le Pholad. acuticosta Sow. des couches supérieures du great oolite de l'Angleterre a beaucoup de rapports avec le Phol. inaequicosta, mais s’en distingue par la région postérieure plus large; le nombre des côtes antérieures écartées s'élève jusqu’à sept, et les plis médians, au nombre de 12, sont égaux, serrés et placés au delà de la région médiane, laissant la postérieure lisse et dépourvue de côtes. Le bord antérieur du Pholad. acuticosta est plus élargi que le postérieur, et le sommet plus saïllant, à lunule plus distincte et plus enfoncée que chez le Pholad. inaequicosta. Le Pholad. semicostata Ac. du néocomien moyen de Ste-Croix a encore plus de rapports avec le Phol. inaequicosta, mais la région postérieure est entièrement dépourvue de plis, et l’antérieure est plus élargie que la postérieure, les sommets sont plus saillants, la lunule plus enfoncée, l’écusson profond et plus court que’celui du Phol. inaequicosta; les deux côtés sont également très bâillants; on en rencontre cependant plusieurs variétés qui se rapprochent davantage du Phol. inaequicosta.

Esp. 854: Pholad. parcicosta AGass,.

Études critiq. sur les Myacées 1. e. p. 97. PI. 6, fig. 7—8.

Pholad. ventricosa Gozpruss, Petref. Germ. I. c. IT, p. 266. PI 155, fig. 5. Pholadomya rugo sa Puscx, Polens Paläont. p. 89. PI. 9, fig. 1.

La coquille, très grande et renflée, est presque aussi large que longue, les sommets sont allongés et saillants, le côté antérieur est élargi, légèrement convexe et caréné au milieu par suite des bords légèrement relevés: le côté est fort rétréci et très court. La surface est garnie de 9 à 8 côtes rayonnantes, noueuses.

Hab. dans le calcaire jurassique compacte noirâtre de l'étage oolithique moyen de Ssoudagh en Crimée, dans le jura brun inférieur de Korta près d’Oni en Imérétie, et dans un calcaire jurassique blanc du même étage en Pologne près d’Inowlodz à Pieklo, ainsi que dans le même terrain de la Bavière et de la France. F

L’individu très grand de Ssoudagh a 3 p. 6 L. de long, mesuré au dessus des sommets très saillants, et 3 p. 4 L. de large, les valves closes offrent une épaisseur de 2 p. 8 L Le côté antérieur, très large et convexe, est comme caréné, par suite des bords relevés et saillants dans toute leur longueur. La face antérieure est munie d’une ou de deux côtes

plus courtes que les suivantes, dont les antérieures, plus épaisses que les Eichwald, Lethaea rossica. Il. 48

postérieures, sont distinctement noueuses. La surface des deux valves est en outre coupée par des sillons d’accroissement assez profonds. Le bord postérieur rétréci est arrondi, légèrement bâillant et se perd dans le bord dorsal excavé en arrière des sommets, et dans le bord inférieur convexe. Les intervalles des côtes sont plus larges que les côtes ellesmêmes, et les deux premières côtes sont les plus épaisses et reçoivent entre elles une côte accessoire noueuse.

Esp. 855. Pholad. mediana ».

PI. XXVIT, fig. 1 a valve gauche, vue de côté; b valves closes, vues sur la lunule.

Géogn. de Russie (en russe) 1. c. p. 484.

Testa ovata, transversa, inflata, costata, verticibus incrassatis, abbreviatis, inflexis, utraque parte extrema rotundata, laevi, media 7 costis laevibus inaequaliter remotis ornata, interstitiis costarum multo latioribus.

Hab. dans un grès marneux jurassique (ou néocomien?) du nord de l’'Oural sur les fleuves Ssoswa et Tolya; la roche se compose d’un conglomérat ou grès marneux à très petits Fragments de quarz, entremélés de petits cristaux de mica.

La coquille ovalaire, transverse, est renflée, à sommets élargis, peu

saillants et légèrement infléchis; Le côté antérieur est assez saillant, convexe et bâillant au milieu par suite des bords relevés et espacés; le côté antérieur est arrondi et plus large que le postérieur, qui est plus allongé, rétréci, arrondi et bâillant. Les côtes occupent, au nombre de 7, le milieu des flancs, sont grêles et simples, en plis irréguliers et beaucoup plus étroits que les intervalles très larges. La surface des flancs est coupée par des stries d’accroissement concentriques , plus fortement accusées sur la région postérieure que sur l’antérieure.

Les sommets sont très rapprochés du bord antérieur; la lunule est oblitérée, et l’écusson allongé et profond.

La coquille à 1 p. 9 L. de long, 2 p. 4 1. de large, et les valves closes offrent une épaisseur de 1 p. 4 lignes.

Le Pholadomya ampla AGass. (concentrica (Rôm. GoLpr.) du coral-rag de Hildesheïm à quelques rapports avec le Phol. mediana; il s’en distingue par sa longueur plus considérable, par les sommets situés tout près du bord antérieur, qui est tronqué et moins saillant que celui du Phol. mediana, dont les côtes sont plus minces et arrivent jusqu’au bord inférieur, devenant par là dentelé, tandis que les côtes du Pholad. ampla dépassent à peine le milieu des valves. Le Phol.

mediana se caractérise surtout par les deux flancs également bombés, en sorte qué sa plus grande épaisseur se trouve au milieu des flancs; c’est de là qu’elle retombe également vers les bords supérieur et inférieur.

Esp. 856. Pholad. uralensis d'Ors.

PI. XXVIL, fig. 2 valve gauche, vue de côté.

Verneuil, Paléont. de Russie 1. c. p. 468. PI. 40, fig. 13—14.

La coquille, un peu trigone et très renflée, est presque lisse, marquée d’une seule côte élargie sur le côté antérieur, et de nombreuses stries d’accroissement concentriques sur les flancs, Le côté antérieur est très court et d’égale largeur avec le postérieur, qui est plus allongé et arrondi.

Hab. dans le grès néocomien ferrugineux à petits grains de quarz et à paillettes de mica, sur les fleuves Ssoswa et Tolya au nord de lOural, et près de Biassala et de Ssoudagh en Crimée.

La coquille, très renflée, offre des sommets saillants, infléchis et contigus; un sillon part de la base des sommets et descend obliquement, en s’élargissant, vers le bord antéro-inférieur, où il forme une légère

‘échancrure, séparée de la côte antérieure et indistincte par une autre

échancrure semblable, qui occupe le bord antérieur de la coquille. Ce bord est presque plus large que le postérieur, qui est plus allongé et entièrement lisse. Le bord dorsal descend obliquement vers le bord postérieur; l’inférieur est demi-circulaire. !

L’individu figuré, du fleuve Tolya, est presque dépourvu des échancrures antérieures, e6 son bord antérieur se perd sans interruption dans le bord inférieur, qui passe également dans le bord postérieur. Il à 2 p. 5 L de large et 1 p. 11 IL. de long; l'individu figuré par M. d’OrgBrexy, dans la Paléontologie de Russie, a presque la même grandeur et une épaisseur, à valves closes, de 1 p. 9 L Les valves sont finement striées, les stries très serrées et nom breuses. Fe

Les individus de Tirenaïr et de Ssoudagh au midi de la Crimée sont moins grands et munis de grosses côtes concentriques, seule différence

… d'avec les individus du nord de l’Oural, car ceux de la Crimée ont les

mêmes sillons longitudinaux et la même côte placée entre les deux sillons qui caractérisent l’espèce ouralienne; le bord antérieur est renflé et caréné au milieu, le bord inférieur demi-circulaire et le dorsal oblique; les sommets sont également saillants, allongés et infléchis. L’individu à 1 p. 5 1. de large et 1 p. 4 IL. de long, l’épaisseur des valves closes est de 9 lignes.

Cette espèce, surtout les individus de la Crimée, offre beaucoup de rapports avec le Pholad. donacina Vourz* du kimméridien et du portlandien d’'Einsingen près d'Ulm, mais celui-ci a le bord antérieur tronqué verticalement et pas aussi prononcé que le Phol. uralensis, et outre les deux sillons antérieurs il présente sur sa région postérieure un troisième sillon oblique, qui manque dans le Phol. uralensis.

Le Pholadomya donacina, qui se trouve dans le grès brun très sablonneux du Tourtschidagh au Daghestan, paraît appartenir plutôt au Pholad. uralensis qu’au donacina, lequel est une espèce jurassique, tandis que le Ph. donacina, très voisin de luralensis, Se rencontre au Caucase, où il est recouvert par un étage néocomien à Perna Mulletti, Ostrea Mulletiana, Terebratula nuciformis et autres espèces crétacées; je suppose par suite que le conglomérat micacé du nord de l’Oural, qui renferme les Pholad. uralensis et mediana, appartient également au néotomien inférieur.

Esp. 857. Pholad.lineata Gozpr.

Petref. Germ. IL, p. 268. PI. 156, fig. 4. x

Petite coquille ovalaire, arrondie des deux côtés, tronquée en avant et plus large et plus renflée qu’au bord postérieur; les sommets sont placés au bord antérieur même, et 13 côtes noueuses partent des sommets “et vont aboutir au bord inférieur, qui est demi-circulaire.

Hab. dans le calcaire grisâtre de l’étage oxfordien inférieur de Nigranden en Lithuanie.

La coquille est marquée de stries d’accroissement concentriques, coupant les côtes, qui deviennent par là noueuses; elle a 1 p. 8 L de large et 1 p. 6 L. de long, les valves closes offrent une épaisseur de 1 p. 3 1 L’individu de Nigranden n'offre que la moitié de cette grandeur.

Esp. 858. Pholad. ovulum Aauss.

Mornis et Lycerr, Mollusca of the great oolite, voy. Paleont. Soc. London 1854, p.122. PI. 13, fig. 12.

La coquille, de grandeur moyenne, est ovalaire, transverse, renflée et plus large au bord antérieur qu’au postérieur, lequel est également arrondi, mais moins large; les sommets sont élargis et peu saillants; les plis ou côtes tranchantes sont au nombre de 9; les antérieures plus marquées que les postérieures, qui sont oblitérées.

* L. v. Bucu, voy. Zeitschrift d. deutsch. geolog. Gesellsch. III. 1. Berlin 1851, p. 18.

Hab. dans le calcaire jurassique grisâtre de l’étage oxfordien inférieur de Nigranden en Lithuanie, ainsi que . le great oolite en Angleterre.

La coquille a 1 p. 10 L. de large et 1 p. 1 L. de long, les valves closes offrent une épaisseur de près de 1 p. 1 L Les sommets sont peu saillants, élargis et infléchis l’un vers l’autre, la lunule est petite et profonde, l’écusson allongé, profond et légèrement oblique, les bords anté-

‘ rieur et postérieur sont bâillants, surtout le postérieur, qui est moins large que l’antérieur ; les côtes sont tranchantes en plis espacés, les intervalles antérieurs plus larges que les postérieurs; les extrémités des deux bords seuls sont dépourvues de côtes. La plus grande épaisseur des valves se remarque près du bord antérieur sous les sommets, le bord inférieur est légèrement convexe et marqué de stries d’accroissement concentriques plus épaisses que vers le bord dorsal; elles croisent les côtes tranchantes, qui par là deviennent un peu noueuses près du bord inférieur.

Esp. 859. Pholad. concentrica Rôm.

“Fr. An: Rôwer, Oolith. 1. c. p.130. PI. 16, fig. 2. L v. Bucn, Beiträge 1. c. p. 89.

La coquille, de grandeur moyenne, est ovalaire, renflée et munie de larges sillons placés entre des côtes rayonnantes noueuses et coupées par des stries d’accroïissement concentriques; le bord inférieur est circulaire et se perd immédiatement dans les bords antérieur et postérieur.

Hab. dans le grès ferrugineux de Jelatma sur le fleuve OKRa du gouvernement de Tambow.

La coquille, dit M. ne Bucx I. c., ressemble entièrement au Pholad. concentrica Rôm.: le bord inférieur forme un demi-cercle très régulier, les sommets sont saillants et placés au bord antérieur élargi, tandis que le bord postérieur est rétréci eb arrondi; le bord dorsal est oblique et pourvu d’un écusson allongé. La coquille a près de 2 p. de large et 1 p. 6 L. de long; c’est là une longueur qui distingue cette espèce de toutes les autres.

Esp. 860. Pholad. Goldfussi Acass.

Sur les Mollusques vol. II, p. 127.

Pholadomyatruncata (non AGass.) Forte Petref. Germ. |. c. p.271. II. PI. 157, fig. 6.

Pholad.opiformis Traurscn., Bull. de Mosc. 1860. IV, p. 349. PI. V, f. 14-15.

Pholad. Dunkeri Brauxs, die Stratigraphie und Palaeontographie des süd-

ôstlichen Theiïles der Hilsmulde, voy. Palaeontographica Bd. XIII. Lief. 3. Cassel 1865, p. 138. PL 5, fig. 17—19.

La coquille, très mince, est vvalaire et fortement comprimée de devant en arrière, à sommets petits, infléchis et contigus, le côté antérieur élargi est en cœur allongé et légèrement convexe, à lunule très petite, arrondie; le côté dorsal, très oblique, forme un angle aigu avec le côté antérieur et passe doucement dans le bord postérieur arrondi; celuici se perd dans le bord inférieur rétréci et arrondi. lécusson est profond, allongé et muni des bords tranchants, qui s’oblitèrent à l’origine du bord postérieur. La surface des valves très comprimées est ornée de côtes rayonnantes nombreuses.

Hab. dans l’argile noïre de l’étage jurassique supérieur de Goliowo au gouvernement de Moscou, dans le grès ferrugineux du fleuve appelé la petite Khobda près d’Iletzkaya, ainsi que dans le terrain jurassique bathonien ou dogger près d'Eimen au Hanovre, et dans le calcaire portlandien de la France.

La coquille est très comprimée, — c’est sa forme naturelle 1e côté antérieur est convexe; le dorsal, presque parallèle à l’antérieur, est concave, pourvu d’un écusson profond, et muni de bords presque. tranchants, qui s’oblitèrent plus bas à l’origine du bord postérieur bien aC-

cusé et arrondi; le bord inférieur est également arrondi et plus étroit que les valves aux trois quarts de leur longueur.

La surface est striée, les stries concentriques sont nombreuses, serrées et coupées par des côtes rayonnantes, au nombre de 10 à 12, dont les afitérieures, au nombre de 5, sont plus espacées que les postérieures, situées des deux côtés de l’écusson et partant des sommets, où elles sont le plus prononcées, et coupées par des stries d’accroissement concentriques également prononcées. Les côtes sont parallèles au bord tranchant de l’écusson.

Les sommets sont contigus, obtus et infléchis dès leur commencement; ils sont comprimés, presque en une carène, qui forme les deux côtés de la coquille, comprimée comme les sommets.

La forme générale est toute particulière pour une Pholadomye, elle se répète également sur les Pholad. distorta et monticola, qui cependant ne sont pas si fortement comprimées que le Phol. Gold fussi.

L’individu de Goliowo à 1 p. 6 IL. de long; il a 7 L. de large, mesuré sur le milieu de la coquille au commencement du bord postérieur, c’est-à-dire de devant en arrière de la coquille; l'individu, mesuré entre les deux côtés, à 1 p. 1 1. d'épaisseur; l’écusson à 10 1. de long et 4 I.

de large à l’endroiït où il s’oblitère. La coquille est fortement enfoncée à l'écusson et assez convexe sur le bord antérieur, sous la lunule très petite et arrondie. Les côtes du bord antérieur commencent à une distance de 11 1. au delà des sommets, presque aux trois quarts du côté antérieur, au point où la coquille se rétrécit pour se terminer en une extrémité aiguë. A la commissure les bords sont fermés, ceux du côté postérieur bâillants, comme le bord inférieur.

L’individu de Goliowo constitue une variété intermédiaire entre le Pholad. Goldfussi et le Phol. Dunkeri; celui-ci est muni de côtes plus épaisses et noueuses, qui sont moins distinctes que celles du Phol. opiformis; sa largeur est également plus considérable, parce que le bord postérieur est plus prononcé; le Phol. Goldfussi se distingue au contraire par ses côtes moins marquées, offrant les stries d’accroissement plus fortement exprimées, et par son écusson plus court et plus sinueux que celui du Phol. opiformis.

Esp. 861. Pholad. distorta m.

PI. XXVIT, fig. 3 a valve gauche, vue de côté; b la même, vue sur la lunule; c la même, vue sur le bord cardinal.

Géogn. de la Russie (en russe) 1846, p. 481.

Testa ovato-triangularis, inflata, verticibus productis, acutis, et invicem inflexis, contiguis, lunula subnulla et scutello elliptico, profundo brevique; latera valvarum obtusae carinae instar prominula, et postico margine earum alae instar producto, rotundato; costis vix conspicuis.

Hab. dans le calcaire jurassique compacte de l’étage oxfordien du gouvernement de Vladimir.

La coquille, presque triangulaire, est munie de sommets saillants, comprimés et rétrécis, au devant desquels la lunule est à peine indiquée, et en arrière desquels l’écusson elliptique profond est court et limité par des bords tranchants et complets. Le bord antérieur est convexe, à commissure fermée; les stries d’accroissement concentriques sont épaisses et serrées; elles coupent des côtes, au nombre de deux, à peine appréciables près du bord inférieur des valves. Le bord postérieur s’élève en une aile élargie, arrondie, entièrement lisse, formant avec le bord dorsal un sinus profond et passant doucement dans le bord inférieur arrondi et fortement rétréci. Les deux côtés des valves se dilatent en une carène obtuse et comprimée, pourvue, à ce qu’il paraît, d’une ou de deux côtes, qui, partant des sommets, sont parallèles aux côtes antérieures légèrement indiquées.

La coquille à 1 p. 10 1 de long, 1 p. 3 L. de large, et, à valves closes, 1 p. 3 L d'épaisseur; l’écusson à 5 1}2 1. de long et 4 L. de large; elle est légèrement bâillante au bord postérieur, et fermée à l’antérieur. Les stries d’accroissement concentriques sont plus nettement marquées sur le bord antérieur, et moins accusées sur.le postérieur, où les côtes rayonnantes sont également indiquées.

Cette espèce se distingue du Pholad: Goldfussi var. opiformis par ses sommets plus comprimés et plus aigus, par son bord postérieur élargi en aile et arrondi, ainsi que par les côtes rayonnantes ou nulles ou à peine marquées. La plus grande épaisseur des valves closes s’observe sur le milieu des côtés et non aux trois quarts de la coquille près des sommets, comme sur le Phol. opiformis. Les deux côtes rayonnantes, peu indiquées, occupent le bord inférieur du Phol. distorta, tandis que sur le Phol. opiformis on en remarque quatre ou cinq, qui se rapprochent du milieu du bord antérieur. L’écusson du Phol. distorta est plus court que le bord postérieur, tandis qu’il est plus long que ce bord sur le Phol. Goldfussi, var. opiformis; c’est surtout le bord postérieur prolongé en aïle élargie qui caractérise le Phol. distorta.

Esp. 862. Pholad. monticola m.

PI. XX VII, fig. 4 a valve gauche, vue de côté; b la même, vue sur la lunule.

Géogn. de Russie (en russe)l. c. 1846, p. 484.

Testa mediocris obliqua, perquam inflata, obtuse carinata, carina a vertice utroque oborta, in extremam partem inferiorem producta, verticibus acutis, contortis, lunula exigua rotunda, scutello elongato sinuato; latere antico dilatato convexoque, margine ibidem late hiante, postico latere in marginem alaeformem superne et inferne angulatum producto; inferiore margine obliquo.

Hab. dans le calcaire néocomien supérieur ferrugineux sur le fleuve Tolya au nord de l’Oural, et dans le terrain crétacé marneux près d’Akhmate sur le Volga, au sud de Ssaratow.

La coquille, de grandeur moyenne, est oblique, fortement renflée, à sommets saillants, aigus, infléchis, contournés presque en spirale et contigus; la lunule, petite et arrondie, est distincte; l’écusson, allongé et profond, forme un sinus concave au bord dorsal. Le bord antérieur est très convexe et marqué de stries d'accroissement concentriques, à commissure très bâillante; le bord postérieur, également lisse, est élargi en une aile tronquée; il devient par là anguleux au contact du bord dorsal et de l’inférieur.

L’enfoncement lunulaire profond est muni d’une large dent, conformation qui semble plutôt rapprocher le Pholad. monticula du genre Panopaea. La plus grande épaisseur de la coquille est de 1 p. 6 1, mesurée entre les deux côtés en carène obtuse; elle à 1 p. 11 1. de long et 1 p. 5 L. de large. Les sillons concentriques sont à peine marqués sur les valves, qui sont dépourvues en outre de côtes rayonnantes quelconques.

Les deux valves de l'individu d'Akhmate sont également convexes, tronquées en"avant près du bord inférieur et sur le berd postérieur; la dent épaisse s’est développée dans cet individu, comme dans celui de VOural septentrional.

Cette espèce offre quelques rapports avec le Pholad. distorta, dont les sommets ne sont cependant ni aussi aigus, ni aussi contournés, et qui manque en outre de la dent cardinale épaisse; les côtes, légèrement marquées sur les valves du Phol. distorta, font entièrement défaut sur le Phol. monticola, dont le bord antérieur est fortement bâillant. La forme et la grandeur de ces deux espèces sont presque les mêmes,

Esp. 863. Pholad. elongata Müxsr.

Gozpruss, Petref. Germ. IT, p. 270. PI. 157, fig. 3; cette espèce n’est pas jurassique, mais néocomienne (voy. Picrer plus bas).

Pholad elongata Münsr. Acass., Étud. crit, Myes. p. 57. PI. 1, fig. 16—17. PS SM 07

Pholad. Fabrina Açass. ibid. p. 59. PI. 21, fig. 1— 2.

Pholad. Langii TaurwAnn, Vozrz, Leym., Mém. de la Soc géol. vol. V, p. 24.

Pholad. (Lutraria) ambigua (Sow.) G. ne Fiscner, Oryctogr. de Mosc. p. 176. PI. 19, fig. 2.

Pholad. acuticosta (Sow.) Fiscuer, Bull. de Mosc. L. c. 1843. 1, p. 126. PI. 5, fig. 3.

Pholad. elongata Müxsr. d'OrBieny, Paléont. fr. Terr. crét. L. c. p. 350. PI. 362, et Pholad. Fabrina AGass. I. c. p. 354. PI. 363, fig. 6—7.

Pholad. elongata Münsr. Picrer, Matér. de Paléont. suisse. Série IV. livr. 2ième,, Genève 1865, p. 74. PL. 104, fig. 1 - 4.

La coquille mince, élargie, droïte, un peu arquée, est munie de côtes rayonnantes très aiguës en plis, espacées et plus rares sur la région postérieure, qui est quelquefois même dépourvue de côtes; la région antérieure est courte, arrondie et plus large que la postérieure; le bord inférieur est arqué, le postérieur tronqué.

Hab. dans le grès néocomien blanc de Tatarowo, et dans le grès l néocomien noirâtre de Khoroschôwo près de Moscou, ainsi que dans le

terrain néocomien de l'Aube, de la Haute-Marne, de la Savoie et d’autres endroits, et dans le terrain albien ou gault du bassin parisien. ï La coquille élargie est plus ou moins arquée, très inéquilatérale, le côté antérieur très large et fermé, Le postérieur rétréci et très bâillant. Les sommets sont peu saillants et situés près du bord antérieur, qui est faiblement rostré. Les côtes rayonnantes, en plis tranchants, partent des sommets, sont obliques et séparées par des intervalles plus larges que les côtes; elles laissent libre l’extrémité postérieure. Cette espèce, caractéristique pour le terrain néocomien, est sujette à de grandes variations, qui ont été considérées comme ayant une valeur spécifique; M. Acassrz en à séparé une sous le nom de Phol. Fabrina. Les individus de Tatarowo et de Khoroschowo sont jeunes et appartiennent par suite à cette variation. + L’individu de Tatarowo à 1 p. 5 L. de large et 1 p. de long; il a 12 côtes rayonnantes, tranchantes, assez espacées, et coupées par des stries d’accroissement concentriques très nombreuses et bien marquées; le petit individu de Khoroschôwo, figuré par M. pe Fiscmer sous le nom de Phol. acuticosta, à le même nombre de côtes tranchantes, espacées et coupées par des stries concentriques également marquées; il a 1 p. 1 L. de large et 9 L. de long. Un second individu n’a que 1 p. de large et 7 1. de long, les côtes en plis couvrent toute la surface jusqu’à ‘Textrémité supérieure. Le plus grand individu de Khoroschôwo, de ma collection, a 2 p. 9 L. de large et 1 p. 8 L. de long, mesuré au dessus des sommets, qui sont larges, épais et peu saillants; l'extrémité n’est dépourvue de côtes qu’à une petite distance du bord supéro-postérieur. Les côtes en plis sont au nombre de 14, et coupées, surtout vers le bord inférieur, par des stries d’accroissement concentriques; leurs intervalles ont 2 lignes de large. | Le moule reproduit presque exactement les ornements de la coquille. Celle-ci est en général trois fois plus large que longue, mais on rencontre aussi des formes moins larges et plus longues, comme celle figurée de Tatarowo par M. De Fisomer (1. ec. PL 19, fig. 2), laquelle à beaucoup de rapports avec la variété courte néocomienne figurée par M. Picter *.

Esp. 864. Pholad. Royana d'Or.

Paléont. fr. Terr. crét. 1. c. p. 360. PI. 367. Pholad. canaliculata (Rô.) Rouicuier, Bull. de Mosc. I. c. 1846, IV. PI B, fig. 10.

# Paléont. suisse I. e. p. 76. PI. 104, p. 4.

Pholad, fidicula (Rôm.) Traursen., Zeitschrift d. deutsch. geol. Gesellsch. 1861, p. 422, et Bull. de Mosc. I. c. 1562. IV, p. 395.

La coquille, moins grande que la précédente, est mince, élargie, assez renflée et ornée de côtes rayonnantes, au nombre de 12, tantôt espacées, tantôt rapprochées et coupées par des stries d’accroissement concentriques; les côtes manquent à l’extrémité postérieure, qui est lisse à une grande distance du bord postérieur. Le côté antérieur est très court, fortement rétréci et pourvu d’une lunule profonde et sinueuse; le côté postérieur est élargi, arrondi et plus bâillant que l’antérieur. Le bord dorsal est profond et s'élève légèrement à l'extrémité postérieure, l’inférieur est faiblement arqué, principalement vers le bord postérieur.

Hab. dans le grès néocomien supérieur de Khoroschéwo près de Moscou, ainsi que dans le terrain senonien ou la craie supérieure du bassin pyrénéen de la France.

La coquille de Khoroschéwo a les sommets assez saillants, élargis, infléchis et contigus; ils sont situés près du bord antérieur, qui est séparé des sommets par la lunule allongée et sinueuse, continuant l’écusson tout droit, allongé, et à peine limité en arrière dés sommets par une courte carène obtuse. Les côtes rayonnantes, un peu noueuses, occupent : la région antérieure et médiane, et laissent libre une grande partie de l'extrémité postérieure. Le bord inférieur est légèrement convexe et devient arqué vers les extrémités.

L’individu de Khoroschéwo à 1 p. 6 IL. de large, 1 p. de long, mesuré au dessus des sommets, et, à valves closes, 1 p. d'épaisseur, c’està-dire la hauteur est égale à la longueur.

Ce n’est ni le Pholad. canaliculata, ni le Ph. fidicula; lepremier, du coral-rag de Hersum, n’a que 10 côtes, qui laissent libres les deux extrémités à une distance assez grande, et le second, du dogger du Hanovre, est beaucoup plus grand, offre 12 à 14 côtes rayonnantes; il a le bord antérieur presque aussi large et aussi arrondi que le postérieur; les côtes s’oblitèrent avant d'atteindre le bord inférieur. La plus grande épaisseur des valves closes du Pholad. Royana est au milieu des flancs, tandis qu’elle se trouve à l'extrémité antérieure sur les Pholad. canaliculata et fidicula.

Le Phol. Royana a beaucoup de rapports avec le Phol. elongata du néocomien inférieur de Khoroschéwo; il s’en distingue par sa forme plus arrondie, surtout par son côté postérieur non tronqué, mais arrondi et plus large que l’antérieur; celui-ci fait une saillie arrondie, située en dessous de la lunule d’égale largeur avec la saillie; la surface

de la région postérieure du Phol. Royana est lisse à une distance plus grande du bord postérieur que celle du Pholad. elongata.

Esp. 865. Pholad. interrupta mn.

Pholad. glabra (Acass.) Trautscu., Bull. de Mosc. I. c. 1861. 1, p. 19. PI. VII, fig. 7.

Testa transversa, obliqua, antice latior quam postice, verticibus dilatatis et inflexis, costata, costis remotis, inaequalibus, anticis duabus crassioribus, posticis tribus quatuorve tenuioribus pliciformibus, interruptis, marginem inferiorem semicircularem non accedentibus, scutello sinuato, margine antico oblique truncato, postico rotundato.

Hab. dans le grès néocomien blanc supérieur de Tatarowo, et dans le même grès vert de Khoroschéwo près de Moscou.

La coquille transverse est renflée, et les sommets sont épais, renflés et saillants; ils sont recourbés vers le bord antérieur et pourvus en avant de la lunule courte, profonde et sinueuse, et en arrière d’un écusson allongé, profond et sinueux. La surface est munie de côtes, au nombre de 5 ou 6, les premières sont épaisses et très écartées, les trois postérieures plus grêles, en plis, et inégales, comme oblitérées; elles ne descendent pas jusqu’au bord inférieur, surtout l’une d’entre elles, plus courte, située entre les deux autres, un peu plus longues. La conformation des côtes antérieures, plus épaisses que les postérieures, rappelle le petit groupe des Pholadomya acuticosta et multicosta Aaass. du terrain jurassique, et du Pholad. inaequicosta du néocomien; mais le Pholad. interrupta se distingue par les côtes moins nombreuses

(il n’en offre que cinq), par les sommets plus saillants et recourbés vers

le bord antérieur, qui (dans la figure 7 citée) est plus large que le postérieur et tronqué obliquement; il passe immédiatement dans le bord inférieur et forme avec lui un demi-arc bien limité; les stries d’accroissement concentriques sont parallèles au bord inférieur et coupent les côtes, sans les rendre noueuses.

La coquille a 1 p. 7 L de large et 1 p. de long, mesurée au dessus des sommets, parallèlement à la seconde côte antérieure épaisse; son épaisseur est de 11 lignes; elle est plus grande à l'extrémité antérieure.

Le Pholad. scabra Acass. du lias du Wurtemberg est une espèce toute différente; elle a au moins 12 côtes égales, moins espacées et coupées par des stries d’accroissement très marquées; le sommet n’est pas aussi saillant que celui du Pholad. interrupta, et le bord inférieur n’est pas demi-circulaire.

Le Pholad. ambigua Sow., dulias de l'Angleterre, s’en distingue par d’autres dimensions et par ses côtes épaisses et égales; elles sont au nombre de 8 ou 9, qui toutes descendent jusqu’au bord inférieur, tandis que les côtes du Phol. interrupta sont inégales, incomplètes et n’abteignent pas le bord inférieur.

Cem’est pas non plus le Pholad. Fraasii OPp., du calcaire jurassique de Balingen, espèce dont la forme rappelle le Phol. ambigua,

. maïs qui a 8 à 12 côtes épaisses rayonnantes, noueuses, coupées par des

plis concentriques bien marquées.

Ê Esp. 866. Pholad. Mailleana d'Ors.

Paléont. fr. Terr. crét. p.355. PI. 364, fig. 1—2.

La coquille, à test mince, est transverse, lisse sur Les extrémités, et garnie au milieu des flancs de plis rayonnants espacés et coupés par des Stries d’accroissement épaisses; les sommets épais, saillants et contigus, sont situés au bord antérieur, qui est peu prononcé, court et arrondi.

Hab. dans le calcaire turonien siliceux et glauconien de Zaïontschki en Podolie, ainsi que dans le turonien moyen de Rouen.

La coquille élargie est le plus épaisse à l'extrémité antérieure, et légèrement comprimée à la postérieure, qui est fortement bâillante, arrondie et plus élargie que l’antérieure; cette dernière est à peine bâäillante. Elle a 3 p. de large, 2 p. de long, et, à valves closes, 1 p. 5 L. d'épaisseur. |

Cette espèce offre beaucoup d’affinité avec le Pholad. elongata Müxsr., dont cependant les côtes sont plus épaisses et complètes, descendant jusqu’au bord inférieur, et dont le bord antérieur est plus saïllant que celui du Pholad. Maïlleana. La lunule de celui-ci est ovalaire, beaucoup plus petite, profonde et se continue en un écusson, qui est très profond, fortement élargi, à commissure relevée. La partie postérieure et supérieure toute lisse est dépourvue de stries d’accroïssement concentriques nettement exprimées.

Esp. 867. Pholad. Borissäkii ».

PL XXVII, fig. 5 a valve gauche. vue de côté; b la même, vue sur la Junule ; c la même, vue sur le bord cardival.

Testa fere triangularis, inflata, verticibus compressis, inflatis, elongato-acutis, inflexis et nonnihil distantibus, plicae sex, quinque quatuorve nodosae et obliquae a vertice abortae, ad marginem usque inferiorem descendentes, sibique appositam offerentes unam alteramve plicam rudi-

mentaricam in postica parte, omnesque plicae costis rudioribus sulcisque incrementi concentricis decussatae; latere valvarum utrinque hiantium antico dilatato, truncato, subconvexo medioque carinato, et postico marginem brevem rotundatum eumque laevissimum exstruente.

Hab. dans l'argile cénomanienne bleue de Tractemirow près de Kiew.

La coquille, assez grande, est presque trigone, renflée et comprimée de devant en arrière; les sommets sont fort saillants, renflés, allongés, aigus, comprimés, non contigus, et infléchis l’un vers l’autre; la surface est très convexe, principalement au milieu, et pourvue de 5 ou 6 plis rayonnants plus épais que 2 autres, rudimentaires, qui occupent le côté postérieur. La surface est en outre garnie de grosses stries d’accroissement transverses et de sillons concentriques, qui coupent les plis rayonnants.

Le côté antérieur, élargi en cœur et tronqué, est bâillant au milieu; il est pourvu de stries d’accroissement concentriques et de deux plis noueux, dont l’un est plus court et situé au milieu du côté antérieur, et l'autre, l’inférieur, plus long, près du bord inférieur. Le côté postérieur se dilate légèrement en un bord court, arrondi et plus fortement bâillant,.

Le bord dorsal est très oblique, sinueux et marqué d’un écusson allongé, élargi et profond; il se perd dans le bord postérieur arrondi; le bord inférieur est demi-circulaire et plus large que le postérieur. La coquille à 1 p. 9 1. de large, 2 p. 5 L. de long, mesurée suivant la direction oblique des plis rayonnants, et les valves closes offrent 1 p. 8 1. d'épaisseur; par là cette espèce se distingue du Pholadomya Dunkeri Brauns, du calcaire jurassique du Hanovre, dont les côtes rayonnantes sont plus fortement accusées, distinctement noueuses et comme bifides, tandis que celles du Ph. Borissäkii sont tranchantes et forment de véritables plis. Les sommets de celui-là ne sont pas aussi saillants et recourbés que ceux du Pholad. Borissäkii, dont la lunule est en outre plus profonde et plus courte. La région postérieure près du bord dorsal de ce dernier est presque lisse, c’est-à-dire dépourvue de côtes, tandis que celle du Pholad. Dunkeri est munie de 3 ou 4 côtes noueuses; en outre son épaisseur ne dépasse pas 1 p. 4 L C’est pourtant l’espèce la plus voisine, ainsi que le Ph. distorta et le Ph. decorata Hartu. *, dont les crochets ne sont pas aussi étroits, aussi prolongés et aigus, ni les côtes aussi tranchantes, et le bord dorsal aussi oblique que dans le Phol. Borissäkii. J’ai dédié cette espèce à M. BorissAk, Pro-

* Gozpruss, Petref. Germ. p. 266. PI. 155, fig. 3.

clic tan

fesseur de minéralogie et de géognosie à l’université de Kharkow, qui l’a découverte ainsi que plusieurs autres à Traktemirow.

Esp. 868. Pholad. Carantoniana d'Ors.

Paléont. fr. Terr, crét. I. c. p. 357. PI. 365, fig. 1—2.

La coquille, de grandeur moyenne, est triangulaire, renflée et fortement oblique, les sommets sont très saillants et rapprochés l’un de l’autre; ‘ la surface de la coquille est sillonnée par de larges côtes d’accroissement concentriques, et par des stries rayonnantes occupant le milieu des flancs et une partie du côté antérieur.

Hab. dans le néocomien de Khoroschôwo près de Moscou, et dans le au moyen du bassin pyrénéen.

La coquille est mince, renflée, munie de côtes neue peu saillantes, dont les antérieures sont plus écartées que les postérieures; la région postérieure de la surface est dépourvue de côtes et munie des seules stries d’accroissement concentriques. Le côté antérieur est coupé obliquement, légèrement convexe et caréné au milieu; la lunule est petite, arrondie, profonde, et l’écusson concave, sinueux et élargi. Le bord dorsal oblique se perd dans le bord postérieur élargi et arrondi, lequel, avec le bord inférieur, compose trois quarts d’un cercle. Les sommets occupent le bord antérieur.

La coquille à 1 p. 1 L. de large et 1 p. 6 1. de long, les valves closes offrent une épaisseur de 1 p.; elle a à peine la moitié de la grandeur du Pholad. Carantoniana des Pyrénées, maïs sa forme est ex-

actement la même.

vb ke

Esp. 869. Pholad. navicularis ».

PI. XXVII, fig. 6 a valve droite, vue de côté; b la même, vue sur la lunule.

Bemerkungen üb. d. geogn. Karten v. Russl. voy. Bull. de Mosc. 1865. III, p. 52.

T'esta transversalis, navicularis, inflata, antice dilatata, margine antico prominulo attenuato et oblique truncato, postice protracto, dilatato, rotundato, plicis radiantibus acutis, remotis, quatuor pluribusve à vertice oblique descendentibus, aliis accessoriis lateralibus vix conspicuis.

Hab. dans le calcaire cénomanien brunâtre de Tractemirow près de Kiew.

La coquille transverse, élargie, renflée en avant et comprimée légèrement en arrière, est munie de sommets assez saillants et infléchis vers le bord antérieur; la lunule est profonde et arrondie, l’écusson :continue en direction droite la lunule et se fait remarquer par un enfonce-

ment au bord dorsal, muni d’une carène latérale, qui est parallèle à la commissure. Le bord dorsal s'élève un peu en arrière et se termine en un bord postérieur arrondi et élargi. Le bord antérieur fait une courte saillie arrondie sous la petite lunule, il est tronqué obliquement plus bas, où il passe dans le bord inférieur légèrement convexe.

Les plis médians rayonnants, au nombre de 4, sont très espacés, obliques et coupés par des stries d’accroïssement concentriques très serrées; On y remarque en outre un pli antérieur accessoire rudimentaire, et 3 ou 4 plis postérieurs accessoires, qui sont beaucoup plus écartés que les moyens et laissent à peine libre un petit espace de la région postérieure. no La coquille a 1 p. 9 L. de large, 1 p. 3 L de long, mesurée en direction oblique et parallèle aux plis médians rayonnants, les valves closes offrent une épaisseur de 1 p. 2 lignes.

Le Pholad. Marrotiana d'Ors8., du terrain turonien moyen du bassin pyrénéen, a quelques rapports avec le Phol. navicularis, qui cependant se distingue par le bord antérieur moins saillant et coupé obliquement en bas par des plis inégaux, tandis que les côtes du Phol. Marrotiana sont plutôt des plis également espacés et n’approchant pas du bord postérieur lisse, dépourvu de côtes.

Esp. 870. Pholad. consobrina m.

PI. XX VII, fig. 7 a valve gauche, vue de côté; b la même, vue sur la lunule. Pholadomya fidicula (Sow.) Horwanx, Üb. d. Jura von Iletzkaja, voy. Verhandl. d. miner. Gesellsch. St. Petersb. 1864, p. 159. PI. 4, fig. 35. 4e Testa transversa, dilatata, inflata, verticibus ipsi margini anteriori infixis, ad anteriora inflexis, superficies decem plicis radiantibus perquam distantibus et costis incrementi concentricis, plicas decussantibus ornata , latere testae antico oblique truncato, medio leniter producto, lunula late cordata parva profundaque, scutellum elongatum, sinuosum, sub angulo obtuso cum postico margine connivens.

Hab. dans le calcaire néocomien jaunâtre d’Iletzkaya, aux environs d’Orenbourg. fl :

La coquille transverse, très renflée, a les sommets renflés et contournés vers le bord antérieur, qui est entièrement occupé par eux; la surface est garnie de plis rayonnants obliques, qui sont très espacés et coupés par des côtes d’accroissement concentriques plus épaisses; par suite les plis deviennent noueux. Ils sont au nombre de 9 ou 10, les premiers sont les plus espacés, mais laissent libre le côté antérieur, qui est obli-

quement tronqué. Les postérieurs sont un peu moins espacés et occupent la région postérieure jusqu’au bord dorsal, qui se réunit en angle obtus avec le bord postérieur, et de là se continue en un bord presque droit et légèrement sinueux; le bord postérieur est arrondi, élargi et se perd dans le bord inférieur convexe.

La coquille a 1 p. 5 L de large et 1 p. de long, mesurée à son milieu, en travers des plis rayonnants; les valves closes offrent une épaisseur de 1 p. 1 ligne.

Cette espèce se distingue du Pholad. Favrina Acass., du grès vert de la France, par le côté antérieur très obliquement tronqué et par des plis plus espacés et moins nombreux; elle est en outre plus épaisse et pourvue d’un bord postérieur plus large et plus arrondi. Ce n’est pas le Pholad. fidicula jurassique, qui présente également le bord antérieur très prononcé en une saillie arrondie et les plis beaucoup plus nombreux et très serrés.

Esp. 871. Pholad. caudata Rôx.

Friepr. An. Rômer, Norddeutsch. Kreidegeb, Hannover 1841, p.76. PI. 10, f. 8.

La coquille, de grandeur moyenne, est ovalaire, à sommets saillants, situés presque au milieu du bord dorsal, rapproché du bord antérieur élargi et arrondi; la surface est munie de côtes nombreuses, au nombre de 32 à 36, très serrées, laissant seulement libre la région postérieure

rétrécie et allongée; les intervalles des côtes sont à peine plus larges que celles-ei.

Hab. dans la craie marneuse supérieure de Baktschissaraï, ainsi que dans le même terrain de Kislingswalda, de Quedlinbourg et d’Aixla-Chapelle. à

La coquille est caractérisée par le grand nombre des côtes égales et serrées, par la région postérieure subitement rétrécie et dépourvue de toute côte, et par les sommets très saillants. Elle à 11 1. de large, 1 p. 5 I. de long, et, à valves closes, une épaisseur de 1 p. 2 L Sa lon-

gueur, mesurée au-dessus des sommets, est très considérable relativement

à la largeur, et le bord inférieur parfaitement elliptique.

Esp. 872. Pholad. costifera »m.

PI. XX VII, fig. 8 a valve gauche, vue de côté; b la même, vue sur le côté antérieur; c la même, vue sur le bord cardinal.

Géognosie de Russie 1. c. 1846, p. 510.

Testa subtriangularis, antice perquam inflata, truncata costisque 5 Eichwald, Lethaea rossica. II. 49

radiantibus ornata, postice subito elongata et attenuata, extrema parte perquam compressa, non hiante.

ITab. dans le grès cénomanien quarzeux du village de Reschetka dans le gouvernement de Ssimbirsk.

La coquille, de grandeur moyenne, est presque trigone, à région antérieure très renflée, tronquée verticalement, légèrement convexe au milieu du côté antérieur des valves closes, et garni de 5 côtes rayonnantes et espacées; les bords de la commissure antérieure sont relevés, prononcés et fermés. Les sommets sont situés à l'extrémité antérieure, recourbés et espacés l’un de l’autre; la carène médiane de la commissure s'élève plus haut en saillie tranchante, et est située avant les sommets; la lunule manque, et sa place est occupée par une saillie pourvue de chaque côté d’un enfoncement lunulaire. L’écusson est droit, allongé et profond, à commissure également relevée en carène médiane allongée.

La partie médiane et postérieure de la coquille se rétrécit subitement vers le bord postérieur fortement comprimé; les bords supérieur, postérieur et inférieur sont tranchants.

Le côté antérieur est séparé de la région médiane par une carène légèrement tranchante, qui part du sommet de chaque valve et se termine à son bord inférieur et antérieur.

La région médiane et postérieure est parfaitement lisse, marquée seulement de quelques sillons concentriques, qu’on remarque sur le moule, car c’est le moule seul que je possède, mais il est si caractéristique qu’il indique une espèce particulière.

L’individu a 1 p. 10 IL. de large, 1 p. 3 1. de long, et, à valves closes, une épaisseur de 1 p. au bord antérieur très renflé.

Les impressions musculaires près du bord supérieur, presque au milieu des valves, ont 4 L. de large et 2 L. de long.

Esp. 873. Pholad. taurica ».

PI. XX VII, fig. 9 a valve droite en moule, vue de côté; b valves closes du moule, vues sur le bord cardinal.

Géogn. de Russie I. c. 1846, p. 525.

Testa incrassato-rotundata, antice perquam inflata, verticibus tumidissimis inflexis et approximatis, antica parte verticaliter truncata, postica attenuata, leniter compressa, hiante; superficie antrorsum costis concentricis incrementi praedita crassis, obliquo sulco a postica parte attenuata et laevi diremptis.

Hab. dans le calcaire turonien compacte de Karassoubazar en Crimée.

La coquille transverse est élargie et renflée sur la région antérieure, qui est presque aussi épaisse que longue, mesurée au dessus des sommets renflés et infléchis vers le bord antérieur. Le côté antérieur est élargi, tronqué en cœur et légèrement convexe; les bords sont obtus, et les flancs des valves marqués de côtes d’accroissement concentriques, épaisses, principalement vers le bord inférieur. Le milieu des flancs est coupé par un sillon oblique, qui, partant des sommets, se dirige vers le bord inférieur et sépare la région antérieure, garnie de côtes concentriques, de la région postérieure rétrécie, qui est lisse ou à peine marquée de côtes concentriques. L’écusson est profond et très long.

Le moule, que je possède seul, est dépourvu de côtes rayonnantes; ila 2 p. 2 1. de large, 1 p. 6 1. de long, et, à valves closes, une épaisseur de 1 p. 2 lignes.

Le sillon oblique moyen de la valve droite se montre sur la valve gauche sous la forme d’une carène oblique, en arrière de laquelle le moule se rétrécit subitement, et présente alors beaucoup de rapports avec le Panopaea costifera.

Esp. 874. Pholad. gigas Sow. sp.

Pachymya gigas Sow., Min. conch. VI, p. 2. PI. 504—505. Pholadomya gigas d'Ors., Paléont. fr, Terr. crél. p. 359. PI. 366.

La coquille transverse, dilatée, très épaisse et dont l’épaïsseur égale presque la longueur, est marquée de rides d’accroissement irrégulières; le côté antérieur, très saillant et arrondi, est comprimé, le postérieur est très long et tronqué obliquement. Les sommets sont comprimés ét peu saillants, il en part une carène obtuse, qui se dirige obliquement vers Le bord inféro-postérieur, où elle fait une saillie aiguë,

Hab. dans le calcaire compacte bleuâtre du terrain turonien d’une île du lac d’Aral, ainsi que dans le turonien inférieur de la Malle et les grès inférieurs à Exogyra columba du Mans en France.

La coquille, très épaisse, a 3 p. 3 L. de large, 1 p. 3 L. de long, . mesurée au dessus des sommets, et 1 p. 2 I. d'épaisseur; l’épaisseur est plus grande au milieu des valves; elle y est de 1 p. 81 Je ne connais

que des fragments du test, qui existent dans la collection de l’Institut des mines.

Esp. 875. Pholad. Kazimiri Puscx.

Polens Paläont. p. 88. PI. 8, fig, 13.

La coquille, assez grande et renflée, est également arrondie sur les 49 *

bords antérieur, inférieur et postérieur, et évasée au bord supérieur; les sommets sont fortement saillants et infléchis, situés à l'extrémité antérieure. La surface est garnie de 15 plis rayonnants, épais, dont les premiers partent verticalement des sommets, tandis que les moyens et les postérieurs prennent une direction de plus en plus oblique vers le bord postérieur.

Hab. dans la craie marneuse blanche de Kazimirz sur la Vistule près de Lublin.

Les plis sont très écartés, principalement les postérieurs. Le bord antérieur est élargi, légèrement convexe, la lunule allongée et profonde; l’écusson est oblique et très concave; par là le bord dorsal devient fort

évasé. La coquille a 2 p. 3 L. de large, 2 p. 4 1. de long. et, à valves closes, 1 p. 7 1. d’épaisssur.

Esp. 876. Pholad. dilatata Keys.

Graf KeyserLine, Petschorareise 1. c. p. 315. PI. 18, fig. 11—18.

La coquille transverse, très dilatée, est lisse, à sommets élargis, peu saillants et situés près de la région antérieure, qui est légèrement saillante et beaucoup plus étroite que la postérieure allongée, plus large et fortement bâillante; le bord inférieur est légèrement échancré au dessous , des sommets.

Hab. dans le grès néocomien supérieur micacé, près des écluses dites Serdze, du fleuve Ishma au pays de la Petschora.

Grande coquille caractérisée par sa largeur; la région postérieure s’allonge et se dilate plus que dans d’autres espèces de Pholadomyes, excepté pourtant le Pholad. scaphoides AGass. du terrain valangien de Ste-Croix, qui lui ressemble beaucoup. La région postérieure de celui-ci s'élève à son extrémité également élargie en haut, et le bord dorsal devient par là légèrement sinueux; son sommet, peu saillant, se continue en une carène obtuse et oblique sur la région postérieure; l’écusson est dépourvu du bord en carène dans les deux espèces; la seule différence d'avec le Phol. scaphoides réside en ce que les sommets occupent le bord antérieur, qui est à peine prononcé et arrondi, tandis que ce bord est très saïllant, allongé et fort étroit dans le Phol. dilatata, dont le bord inférieur n’est en outre pas arrondi, comme celui du Phol. scaphoides, mais légèrement évasé.

L'espèce de la Russie septentrionale a 3 p. de large, 1 p. 3 L de long, mesurée au dessus des sommets et en arrière sur la partie postérieure élargie; les valves closes sont d’une épaisseur de 1 p.31 Elle

a tant de rapports avec le Pholad. scaphoïdes que je suis porté à considérer le grès micacé qui la renferme, comme néocomien et non comme jurassique; l’absence de dent cardinale en fait une Pholadomye, quoique la forme en général présente une transition parfaite aux Panopées, et l’on devrait effectivement la ranger dans ce dernier genre.

Genre CIV. Myacites ScHLOTH.

La coquille transverse, dilatée, a les crochets rapprochés du bord antérieur; ils sont contigus, déprimés et fort peu saillants, le côté antérieur des valves est arrondi, le postérieur tronqué, les côtés sont bâillants, principalement le postérieur, qui est légèrement dilaté et réfléchi vers l’extérieur; une impression du bord antérieur part du crochet et, se dilatant de plus en plus, aboutit au bord inférieur. Le ligament est court et externe, supporté par un sillon qui longe le bord dorsal, et forme une pièce particulière sur les deux valves; la charnière est dépourvue de dents, les impressions musculaires sont indistinctes, mais ressemblent à celles des Pholadomyes; le sinus palléal est long et large. Ce genre se trouve dans les terrains jurassique et crétacé et renferme plusieurs espèces des genres Lutraria, Amphidesma, Sanguinolaria, Arcomya, Pleuromya, Homomya et Platymya, placées par MM. Morris et Lycerr dans le genre Myacites.

Esp. 877. Myac.recurvus Paix. sp.

Geol. of Yorksh. I. PI. 5, fig. 25.

Morris and Lycerr, Suppl. to great oolite mollusca, voy. Pal. Soc. London 1862, p. 81. PI. 36, fig. 4.

La coquille, presque triangulaire, est légèrement convexe, à sommets élargis et recourbés et à surface parcourue de sillons concentriques assez profonds; le bord inférieur est convexe.

Hab. dans le terrain oxfordien du royaume, de Pologne près de Konopisko, ainsi que dans le cornbrash et le kelloway-rock du Yorkshire, et dans le terrain à chaïlles du département du Doubs en France.

La coquille est légèrement convexe, à région antérieure très épaisse, courte et tronquée obliquement, à région postérieure allongée, rétrécie de plus en plus et comprimée; le bord postérieur est arrondi et peu bâillant; l’inférieur est elliptique et s’élève plus distinctement vers le bord postérieur, tandis qu’il reste plus bas à la région antérieure, qui est beaucoup plus large et plus épaisse que la postérieure. La lunule est allongée et profonde, et occupe la majeure partie du bord antérieur, qui fait une saillie étroite au bord inféro-antérieur.

La coquille à 1 p. 10 I. de large et 1 p. 2 1. de long, à valves closes elle offre une épaisseur de 1 p. Le test est très mince et très fragile, les stries rayonnantes pointillées manquent sur les individus de ma collection; peut-être se trouvent-elles sur des échantillons mieux conservés; les sillons concentriques sont également bien marqués sur

des individus beaucoup plus petits. L’impression antérieure sous les sommets est nettement accusée.

Esp. 878. Myac. Beanii More. Lyc.

Mollusca from the great oolite, voy. Paleont. Soc. part. II. London 1854, p. 136, PI. 15, fig. 11. |

La coquille ovalaire, dilatée, peu comprimée, est presque équilatérale, à côté antérieur arrondi et pourvu d’une lunule oblique et profonde, à côté postérieur un plus plus large et plus bâillant que celui du Myac. recurvus; le bord inférieur est complétement elliptique, il s'élève également vers les côtés antérieur et postérieur.

Hab. dans le terrain oxfordien du royaume de Pologne près de Konopisko.

La coquille transverse est convexe, légèrement comprimée, à côté antérieur très renflé et à postérieur rétréci fort bâillant; le bord dorsal est pourvu d’un sillon étroit et oblitéré en arrière pour la réception du . ligament. Le bord inférieur est elliptique, s'élève autant en arrière qu’en avant, et diffère par là du bord du Myac. recurvus. La surface est plutôt lisse que sillonnée; les stries concentriques très fines ne forment pas de sillons, et on ne remarque pas non plus sur le test du Myac. Beanii les stries rayonnantes pointillées, qui d’ailleurs sont présumées caractéristiques pour le genre Myacites en général. L’impression antérieure sous le crochet n’existe pas.

La coquille à 1 p. 10 1. de large, 1 p. 2 L de long, mesurée au dessus des sommets, et, à valves closes, une épaisseur de 11 lignes.

Genre CV. Panopaea MÉNARD DE LA GROYE.

La coquille des Panopées est oblongue, fortement bâillante du côté postérieur, et en général peu bâillante du côté antérieur au contact du côté inférieur; les sommets sont peu saillants et infléchis; la charnière est formée d’une dent cardinale conique dans chaque valve; une fossette de la valve opposée sert à sa réception. Le ligament externe est fixé sur des nymphes saillantes. Le sinus palléal est profond. Ce genre se

trouve dans les terrains crétacé et tertiaire et vit encore dans les mers actuelles.

M. Desnayes n’admet pas de Panopées dans le terrain jurassique; il les place toutes dans le terrain crétacé, et c’est pourquoi le nord de l’Oural, comme aussi le midi de la Russie, contient, par le développement du terrain crétacé, un si grand nombre de Panopées.

Les Myopsis crétacés de M. AGassrz sont de véritables Panopées; les Myopsis jurassiques sont pour la plupart, d’après M. Tarquem, des Pleuromyes, parmi lesquelles ne se trouvent pas d’espèces crétacées. Le Pholadomya dilatata Kevs., du nord de la Russie, paraît appartenir, également aux Panopées, parmi lesquelles le Panopaea neocomiensis offre la plus grande affinité avec le Phol. dilatata,

Esp. 879. Panop. neocomiensis (Levm.) d'Or.

Pholadomya neocomiensis Leymérig 1. c. 1842. Mém. de la Soc. géol. vol Mp 9 ePlS; fie: 4:

Panopaea neocomiensis d'Ors., Paléont. fr. Terr. crét. p. 329. PI. 358, fig. 3—8. :

Myopsis neocomiensis et unioides Acçass., Etudes crit. Myes. 1845, p. 257et 258. PI. 31, fig. 5—12.

Panopaea neocomiensis Picrer et Camprcme, Paléont. suisse 1. c. Série IV, livr. 2ième, Genève 1865, p. 49. PI. 100, fig 10—12.

Panopaea Orbignyana RouiLuer, Bull. de Mosc. 1. c. 1847. II, p. 407 et 1848, IL. 1. c. PI. G, fig. 24.

La coquille mince, dilatée, peu renflée et fortement comprimée à l'extrémité postérieure, est marquée de stries d’accroissement concentriques; le côté antérieur est élargi, oblique, légèrement tronqué à son extrémité, et séparé des flancs par une carène obtuse et un enfoncement le long de la carène, qui vont des sommets jusqu’au bord inférieur, ce qui rend la coquille donaciforme. Le côté postérieur est rétréci, très comprimé et arrondi; le bord inférieur est peu arqué.

Hab. dans le grès néocomien noirâtre de Khoroschéwo près de Moscou, dans le grès néocomien ferrugineux de Biassala en Crimée, de Werewkine près d’Izioume, dans le calcaire néocomien à grains de quarz sur le fleuve Outessouyouk près d’Iletzkaya, ainsi que dans le néocomien moyen ou les marnes de Haute-Rive en Suisse, dans le néocomien inférieur de Cinquetral au Jura suisse, dans le néocomien du bassin de la Seine, dans l’étage urgonien de Ste-Croix, dans l’aptien de la Perte-du- Rhône.

Les plus grands individus se trouvent à Biassala: ils ont 2 p. 9 I. de large, 1 p. 5 L. de long, et, à valves closes du moule, une épaisseur de 1p. 11.; de plus petits se trouvent à Iletzkaya sur le fleuve Outessou-

youk; ils ont 1 p. 4 I. de large, 9 1. de long, et, à valves closes, 8 k d'épaisseur; le test est encore bien conservé, et garni de fines stries rayonnantes, qui, vues à la loupe, sont formées de granules disposés en séries régulières, comme le Pan. neocomiensis de Haute-Rive, sur lequel on observe les stries granulées déjà à l’œil nu.

Le Panopaea neocomiensis ou Orbignyana Roux. se trouve aussi dans le grès noirâtre néocomien de Khoroschôwo; j'en possède trois individus bien conservés. Ils ressemblent parfaitement à l'échantillon de l'étage urgonien de la Russille, figuré par M. Prorer L c. PI. 100, fig. 11, et par M. Rouen L c. PI. G, fig. 24. Le test est muni de fines stries rayonnantes, formées de granules et de stries concentriques inégales. Les valves sont très bâillantes au bord postérieur, qui s’élargit légèrement près du bord dorsal; le moule montre, sur la région antérieure, l’enfoncement oblique, qui devient de plus en plus large près du bord inférieur. Le plus grand individu de Khoroschéwo a 2 p. 2 1. de large, 1 p. 2 L. de long, et, à valves closes, une épaisseur de 1 p. Un quatrième individu de ma collection est incomplet à la région postérieure, mais les sommets et la région antérieure ont parfaitement la forme du Panop. neocomiensis; la lunule est ovalaire, profonde et pourvue de bords arrondis, l’écusson est allongé, élargi et dépourvu du bord bien limité. L’individu à 1 p. 7 L. de large et 1 p. de long, mesuré au dessus des sommets, les valves closes offrent une épaisseur de 10 1.;

l'individu a quelques rapports avec le Panop. Constantii d'Ors. du grès vert de la France *.

Esp. 880. Panop. lata Acass.

Myopsis lata Acass., Études crit. Myes I. c. 1845, p. 261. PI. 32, fig. 8—09. Panopaea lata (AGiss.) d'Ors., Picr. et Cawp., Paléont. suisse. IV. 2, p. 57. PI. 101, fig. 3 et PI. 102, fig. 1.

La coquille est courte, peu renflée et très inéquilatérale, les sommets sont situés sur le côté antérieur renflé et arrondi; le côté postérieur dilaté est très allongé, obliquement tronqué et très bâillant. Le bord inférieur est peu -arqué.

Hab. dans le grès néocomien moyen de Tschorgono et de Tirénaiïr en Crimée, ainsi que dans le même terrain de Haute-Rive en Suisse.

Les sommets sont assez saillants; un sillon, qui s'étend du sommet de la partie antérieure jusqu’au bord inférieur, existe sur le moule et

* D’Orgieny, Paléont. fr. Terr. crét. p. 339. PI. 358, fig. 3— 4.

donne à la coquille l’apparence du Lutraria gregaria Gozpr. du terrain jurassique inférieur d’Osnabrück.

La coquille de La Crimée a 3 p. de large, 1 p. 10 I. de long, mesurée au dessus des sommets, et, à valves closes, une épaisseur de 1 p. 41. Les moules sont garnis de plis d’accroissement concentriques. Le bord postérieur élargi caractérise cette espèce et la distingue du Panop. neocomiensis, dont le bord postérieur est beaucoup plus rétréci et fortement comprimé.

Esp. 881. Panop. peregrina d’'Ors.

VerneuIz, Paléont. de Russie 1. c. 1845, p. 465. PI. 40, fig. 10—12.

La coquille, transverse et peu renflée, à le côté antérieur moins court, obliquement tronqué, et le postérieur allongé et arrondi; les stries d’accroissement concentriques sont peu marquées, ainsi que les stries rayonnantes ponctuées.

Hab. dans le grès néocomien supérieur de Khoroschéwo près de Moscou, sur le fleuve Outessouyouk près d’Iletzk, et au bord du lac d’Indersk aux environs des bouches du fleuve Oural *.

La coquille a les sommets saillants, rapprochés du côté antérieur; la lunule est allongée, ouverte et se continue, sous les sommets et en arrière d’eux, en un écusson allongé, également ouvert. Le côté antérieur est plus épais que le postérieur, qui est légèrement comprimé, à bord arrondi et fort bâillant.

Le test est très. mince et rarement conservé, car ce ne sont que des moules qui se trouvent en grande abondance près de Khoroschôéwo. La coquille a 1 p. 7 1. de large, 111. de long, et, à valves closes, une épaisseur de 9 1. Elle à beaucoup de rapports avec le Panop. neocomiensis et ne s’en distingue que par la partie postérieure moins allongée, moins élargie et moins comprimée, et par l’antérieure plus prononcée.

De rares individus de Khoroschéwo sont pourvus du test très mince et fragile; il est muni de stries concentriques inégales et plus marquées près du bord inférieur, où l’on observe les stries fines rayonnantes, formées de granules disposés en séries régulières rayonnantes. Le moule ne montre que très rarement le sillon ou l’enfoncement oblique du Panop. neocomiensis, qui, partant du sommet sur la partie antérieure, se termine au bord inférieur.

* M. d’Orgicny (voy. Paléont. de Russie 1. c. p. 468) le cite aussi du terrain jurassique, de l’étage oxfordien moyen de Trouville, mais peut-être à tort, car c’est une espèce néocomienne.

Le petit individu du lac salé d’Indersk * appartient également au Panop.peregrina, à bord antérieur très prononcé et à sillons concentriques très marqués: ce n’est pas le Panop. Orbignyana Rour., qui se distingue par le bord postérieur très large et très bâillant.

Esp. 882. Panop. Prevostii Drsx., d'Ors.

PI. XX VIT, fig. 10 a valve gauche, vue de côté; b la même, vue sur le bord

cardinal.

Pholadomya Prevostii Desnayes, LeymériE, Mém. de la Soc. géol. V, p. 3. PI. 2, fig. 7.

Panopaea Prevostii Desn., d'Orgieny, Paléont. fr. Terr. crét. 1. c. p. 334. PI. 356, fig. 3—4.

La coquille oblongue, cunéiforme, est très renflée à la partie antérieure, comprimée et rétrécie à la postérieure; Les plis d’accroissement concentriques sont nettement marqués, principalement près du bord inférieur et antérieur; ils sont presque nuls sur la région postérieure, dont l’extrémité dorsale est absolument lisse. Les sommets sont fortement saiïllants, infléchis et rapprochés l’un de l’autre. La lunule est élargie en cœur et profonde.

Hab. dans le grès néocomien du nord de l’Oural sur les fleuves Manya et Sosswa, et peut-être aussi sur le Ssyssola et le Wisinga au ° pays de la Petschora, ainsi que dans les argiles ostréennes et les argiles à Plicatules ou terrain aptien de la Haute-Marne, des Bouches-du- Rhône, de l’Aube, de l’Yonne, des Basses-Alpes.

La coquille est un peu moins grande que celle de la France, mais lui ressemble entièrement; la région antérieure est très élargie et fortement renflée, à sommets élargis, saillants et infléchis, situés tout près du bord antérieur élargi et arrondi; la région postérieure devient rapidement plus étroite et se rétrécit de plus en plus vers le bord postérieur arrondi et bâillant. Le bord inférieur est fort peu arqué et se perd, en s’élevant légèrement, dans le bord postérieur très comprimé.

L’individu de l’Oural a {À p. 11 1. de large, 1 p. 4 1. de long, mesuré au dessus des sommets, et, à valves closes, une épaisseur de près de 1 p. Le test est mince et sillonné par les plis d’accroissement concentriques.

La valve gauche paraît un peu plus petite que la droite, comme

* Bull. de Mosc. I. c. 1863. IV. p. 461. PI. XB, fig. 1.

cela se voit aussi sur le Panopaea rugosa (Gorpr.) Keys. * du grès néocomien des bords du Wisinga; l'individu de la Sosswa à la même forme, une proéminence légère sur la région antérieure, ainsi que sur la postérieure une autre semblable, qui se dirige obliquement de la partie postérieure du sommet vers le bord inféro-postérieur.

Le Panopaea abducta Keys. ** ne semble pas non plus se distinguer du Panop. Prevostii; il est moins grand, mais a la même forme; les sommets sont épais et fort saillants, la région antérieure est très renflée et plus large que la postérieure, qui est fortement rétrécie et comprimée, la surface est parcourue de sillons concentriquss profonds, comme le Panop. Prevostii; la lunule est également allongée et élargie ; je suppose par conséquent qu'il provient d’un grès néocomien et non d’un terrain jurassique du nord de la Russie.

M. le comte KeyseruinG à donné également dans son voyage à la Petschora *** la figure d’un Panopaea peregrina (PI. 18, fig. 4—5), que je suppose être une variété du Panop. Prevostii, car ce n’est pas le Pan. peregrina, dont les valves ne sont pas inégales, et le bord postérieur bâillant et plus large que la figure citée ne le représente; il se trouve en grande abondance sur le Wisinga et le Ssyssola près du village, où selon toute apparence doit se trouver du grès néocomien brunâtre, superposé à un étage jurassique.

Esp. 883. Panop. Keyserlingi d'Or.

Paléontologie stratigraph. 1. c. I, p. 359.

Panopaea rugosa (Gozpr.) KeyserL., Petschorareise 1. c. p. 314. PI. 18, f. 8 (exclusis reliquis).

Panop. rugosa (Gopr.) Keyserr., dans le voyage en Sibérie par M. Minpen- DorFr |. c. p. 254 du vol. IV, partie lière. PI]. V, fig. 7.

La coquille est transverse, allongée dans la direction des sommets vers le bord inférieur; les sommets sont assez petits, plus saillants que d'ordinaire, et pourvus d’un sillon, qui part de la partie antérieure du sommet et aboutit, en s’élargissant de plus en plus, au bord inférieur, qui forme un demi-cercle.

Hab. dans le grès néocomien et non jurassique sur le Ssyssola près du village de Wotscha au nord de la Russie européenne, et dans un cal-

* Graf KeyserinG, Petschorareise 1. c. p. 314. PI. 18, fis. 6-7. Les figures 1—3 de la même Planche semblent de jeunes individus du Pan. Prevostii. Sc pr 943% PL A8, fie 13:

*#* Petschorareise 1. c. p. 314.

caire à petits grains de quarz sur le Taïmyr supérieur au nord de {a Russie sibérienne.

La coquille à 1 p. 5%/4 L. de large et 1 p. de long, mesurée au dessus des sommets; c’est un rapport de la longueur à la largeur qui ne se retrouve pas sur le Panop. rugosa Gorpr., lequel manque en outre du large sillon longitudinal descendant du sommet vers le bord inférieur. Le bord postérieur est tant soit peu plus large que l’antérieur, qui, grâce à son sillon, est un peu évasé au contact du bord inférieur. Ces trois bords passent immédiatement l’un dans l’autre et forment un demi-cerele régulier. . Les sommets sont assez saïllants et rapprochés du bord antérieur; la surface du test est munie de stries d’accroissement concentriques bien marquées.

Les figures 6—7 et 9—10 de la PI. 18 citée du voyage de la Petschora ne ressemblent pas non plus au Panop. rugosa Gozpr., et appartiennent pas à l'espèce qui nous occupe, car la partie postérieure, fortement rétrécie et plus étroite que l’antérieure, ne permet pas de réunir les deux espèces, mais le sillon antérieur, indiqué légèrement sur la partie antérieure renflée, permet de supposer que l'individu à quelques rapports avec le Panop. Keys erlingi: son affinité est encore plus grande avec le Panop. Prevostii, auquel je serais d’avis de le réunir.

Il en est de même quant au Panop. rugosa du Taïmyr, dont la forme presque orbiculaire, à sommets très petits, prouve sa non-identité avec le Panopaea en question, et l’éloigne même du genre des Panopées en général; car c’est plutôt une Lucine, à cause de sa forme orbiculaire, de son petit sommet et de ses plis d’accroissement concentriques très réguliers.

Esp. 884. Panop. acutisulcata Desx. d'Or.

Paléont. fr. Terr. crét. I. c. p. 336. PI. 357, fig. 1—3. Desnaves voy. Levnérie, Mém. de la Soc. géol. vol. V, p. 3. PI. 3, fig. 2.

La coquille oblongue est renflée à sa partie antérieure, et comprimée à la postérieure; la surface est marquée de plis d’accroissement profonds, et devient par là sillonnée, à sillons grossiers et profonds; le côté antérieur est court et arrondi, il offre une lunule oblongue et profonde; le côté postérieur est fort rétréci, allongé et arrondi.

Hab. dans le néocomien ferrugineux de Koursk, dans le grès quarzeux de Buczak, et, à ce qu’il paraît, dans le grès néocomien rougeâtre des environs de Pawlogradsk au gouvernement de Jekaterinoslaw, ainsi que dans le même terrain de l'Aube, de la Meuse, des Ardennes en France.

Le moule seul se trouve à Koursk; il offre les mêmes plis concentriques que le test, Vextrémité postérieure est dépourvue de plis et parfaitement lisse. Il a 1 p. 8 1. de large, 1 p. 1 1. de long, et, à valves closes, 8 1. d'épaisseur.

Les plis ou rides concentriques sont plus fortement marquées sur les sommets que vers le bord inférieur, où elles deviennent plus larges et superficielles. Les sommets sont élargis, infléchis, presque anguleux au bord antérieur, où la lunule allongée et profonde est occupée par les sommets. Le bord antérieur est obliquement tronqué, étroit et arrondi au contact du bord inférieur, qui est légèrement convexe. Le bord postérieur rétréci est marqué d’une impression musculaire allongée, ovalaire, occupant toute l'extrémité postérieure lisse.

L'’individu de Buczak près de Kiew est moins grand; il n’a que 1 p. 2 1. de large et à peu près 8 I. de long; ce n’est qu’un moule incomplet.

Esp. 885. Panop. regularis d’On8s.

Paléont. fr. Terr. crét. 1. c. p. 343. PI. 360, fig. 1—2.

La coquille oblongue, peu épaisse, comprimée, est marquée de plis ou rides concentriques profondes et régulières; le côté antérieur est élargi et arrondi; le postérieur allongé, un peu rétréci et tronqué carrément à son extrémité; les deux côtés sont bâillants, surtout le postérieur.

Hab. dans le terrain turonien quarzeux d’Ossinowo au gouvernement de Kharkow, ainsi que dans le turonien inférieur du bassin méditerranéen.

Les sommets, peu saillants, sont élargis et situés assez loin du bord antérieur; la lunule, presque horizontale, est étroite et allongée, l’écusson occupe le même niveau, est plus long et presque également étroit.

Je ne possède que le moule intérieur d’un petit individu, qui a 1 p. 4 1. de large et 10 I. de long, mesuré au dessus des sommets.

Esp. 886. Panop. borealis m.

PI. XXVII, fig. 11 a la valve gauche, vue de côté; b valves réunies, vues sur

les sommets.

Géogn. de Russie I. c. 1846, p. 484.

Testa transversa, paullo inflata, tenuis, utrinque rotundata et hians, antice angustior, postice dilatata, verticibus submedianis, anteriora versus dispositis, paullo prominulis, inflexis ac contiguis, superficies tenuissime striata, striis incrementi concentricis, densis.

Hab. dans le grès néocomien ferrugineux brunâtre à petits grains quarzeux sur le fleuve Tolya, au nord de Bogoslowsk.

La coquille, de grandeur moyenne, est transverse, presque elliptique, à sommets fort peu saillants, élargis et situés plus près du bord antérieur que du postérieur; celui-ci est un peu plus large que celui-là; il se dilate légèrement à l’extrémité postérieure, et s’élève un peu en haut à son extrémité supérieure, par là le bord dorsal devient un peu concave ; le bord postérieur est en outre légèrement tronqué au bord inféro-postérieur. Le bord antérieur est plus étroit que le postérieur et également arrondi. La lunule allongée est presque horizontale et occupe le même niveau que l’écusson, qui est de la même largeur et à bords arrondis, non carénés. |

La coquille a 2 p. 3 1. de large et 1 p. 31/2 IL. de long; mesurées au dessus des sommets, les valves closes offrent une épaisseur de 1 p. La dent cardinale est allongée, étroite, et une fossette correspondante la reçoit à la valve opposée.

Le Panop. antiqua, de la même localité, offre beaucoup de ressemblance avec le Pan. borealis, mais il est plus grand, plus comprimé près du bord dorsal sous les sommets, et le bord antérieur est distinctement plus large que le postérieur, tandis que sur le Pan. borealis on remarque des dimensions inverses.

Esp. 887. Panop. antiqua m.

Géognosie de Russie I. c. p. 484.

Solen antiquus Eicaw. L. v. Bucx, Beiträge zur Bestimmung der Gebirgsf. in Russland. Berlin 1840, p. 106. PL 3, fig. 8—9.

D’Orgieny voy. VERNEUIL, Paléont. de Russie I. c. p. 1845. PI. 40, fig. 4—5.

Grande coquille presque elliptique, très régulière, comprimée et marquée de plis d’accroissement concentriques; le côté antérieur est court et plus large que le postérieur, qui est très long et aussi arrondi que l’antérieur; les sommets sont peu saillants, élargis, infléchis et rapprochés du bord antérieur.

Hab. dans le grès néocomien ferrugineux à petits grains de quarz et à paillettes de mica sur le fleuve Tolya au nord de Bogoslowsk, et dans le grès néocomien marneux près de Pawlograd dans le gouvernement de Jekaterinoslaw, au midi de la Russie.

La coquille est plus fortement comprimée que le Pan. borealis, dont elle se distingue d’ailleurs encore par le bord postérieur plus rétréci et par conséquent moins large que l’antérieur; le sommet est en outre

moins saillant et rapproché du bord antérieur, dont la lunule est allongée et limitée par un bord arrondi; l’écusson, très long et s’élargissant de plus en plus vers l'extrémité postérieure, est également muni sur chaque valve d’un bord tranchant, qui ne se voit pas sur le Pan. borealis. La dent cardinale est plus longue, cylindrique et placée en dedans sous les sommets. Le test très mince est parcouru de stries rayonnantes serrées, ornées de granules, comme celui du Panop. neocomiensis; ces stries sont coupées de stries d’accroissement concentriques moins serrées.

Le moule de l'individu du midi de la Russie est de la même forme et de la même grandeur: il a 2 p. 10 1. de large, 1 p. 9 L. de long, mesuré au dessus des sommets, et, à valves closes, une épaisseur de 1 p. 11,2 1. Les extrémités sont fortement bâillantes, le sinus palléal est très profond et large; il est arrondi à son bout, vis-à-vis des sommets, au milieu des flancs, et d’une hauteur de 8 1.; l’impression musculaire postérieure est ovalaire, de 4 1. de long et de 3 I. de large. Les rides concentriques de la surface sont nettement accusées sur Le moule et prouvent que c’est bien l'espèce de Panopée qui se rencontre sous le 64° de latitude boréale et au midi de la Russie,

Esp. 888. Panop. Qualeneana d’'ORs.

Verneuiz, Paléont. de Russie 1. c. p. 467. PI. 40, fig. 6—7. Panopaea Dupiniana d'Ors., Paléont. fr, Terr. crét. 1. c. p. 328. PI. 353,

fig. 1—2,

La coquille dilatée est renflée et légèrement comprimée au milieu des flancs près du bord inférieur, qui par là devient un peu évasé; la région antérieure est assez forte, arrondie et de la même largeur que la postérieure, qui s’allonge beaucoup plus en arrière et est très bâïllante.

Hab. dans le grès néocomien ferrugineux micacé sur les fleuves Tschol et Tolya au nord de Bogoslowsk, et près de Pawlograd dans le gouvernement de Jekaterinoslaw, ainsi que dans le néocomien inférieur des départements de l’Aube et de la Meuse en France.

La coquille est marquée de rides concentriques d’accroïssement; le côté antérieur arrondi est séparé des sommets par une lunule allongée, légèrement évasée et profonde; le côté postérieur, fortement allongé, est un peu plus étroit que l’antérieur. Une crête obtuse et peu marquée part des sommets et se dirige obliquement vers le bord inféro-postérieur. Le milieu des flancs est légèrement enfoncé et également évasé au bord inférieur sur le Pan. Qualeniana aussi bien que sur le Pan. Dupiniana, qui n’en est qu’une variété plus allongée.

L’individu du nord de lOural a 2 p. 11 1. de large et 1 p. 5 IL. de long, mesuré au dessus des sommets, les valves closes offrent au milieu une épaisseur de 1 p. 3 L Le petit individu du midi de la Russie a 2 p. 5 1. de large et 1 p. 5 I. de long, les valves closes sont d’une épaisseur de 1 p. 2 L.; il appartient à la même espèce et ne se distingue que par une largeur moins considérable. Les rides d’accroissement concentriques sont également marquées, et même l'impression musculaire du côté antérieur à la même forme oblique et allongée que celle du Panop. Dupiniana; elle occupe la plus grande partie du côté antérieur, placée entre celui-ci et les sommets; on remarque même un léger bâillement au bord inférieur, qui est assez grand du côté antérieur et très grand au postérieur.

Un fait curieux est que l'Oural du nord et la Russie méridionale offrent simultanément tant d'espèces de coquilles néocomiennes, et que même la France n’en manque pas; ce sont surtout les Panopées crétacées qui abondent dans ce dernier pays et indiquent qu'anciennement il présentait un climat très semblable à celui de la Russie.

Esp. 889. Panop. Lepecheniana d’Ors.

Verneuiz, Paléont. de Russie p. 467. PI. 40, fig. 8—9.

La coquille dilatée, peu renflée, est lisse et à peine marquée de stries d’accroissement concentriques; le côté antérieur est beaucoup plus prononcé que celui des espèces précédentes; le côté postérieur est à peine plus large et plus arrondi que l’antérieur; les sommets sont rapprochés du milieu du bord dorsal, très éloignés du côté antérieur.

Hab. dans le grès néocomien ferrugineux du fleuve Tolya au nord de Bogoslowsk.

La coquille transverse est légèrement comprimée, principalement au milieu des flancs près des sommets. Elle à 2 p. de large, 1 p. 1 IL. de long, et 9 1. d'épaisseur, à valves closes.

Les sommets, élargis et assez saillants, sont placés presque au milieu du bord cardinal, à peu près comme ceux du Panop. regularis, dont la forme est cependant toute différente. Les stries d’accroissement concentriques sont presque droites, et par là le bord inférieur est également droit, et non convexe.

Je ne connais dans le terrain jurassique ni le Panopaea Lepecheniana, ni le Pan. antiqua.

Esp. 890. Panop. striata d'Ors.

Paléont. fr. Terr. crét. L. c. p. 341. PI. 359, fig. 1—2.

La coquille, fortement renflée, est presque sphérique, à sommets très saillants, aigus, infléchis et presque contigus ; ils sont situés au bord antérieur, qui est tronqué verticalement et pourvu d’une lunule profonde, cordiforme et élargie; le bord postérieur est plus large que l’antérieur et arrondi; la surface est marquée de rides concentriques d’accroissement épaisses et coupées au milieu des flancs par des stries rayonnantes rudimentaires.

Hab. dans le grès cénomanien ferrugineux de Tractemirow aux environs de Kiew, dans la craie marneuse de Baktschissaraï et de Karassoubazar en Crimée, et dans le turonien inférieur des bassins méditerranéen et parisien.

La coquille rappelle tout à fait la forme des Pholadomyes, mais l'empreinte de la dent cardinale sous les sommets contournés la fait reconnaître comme une Panopée. Les sommets sont très renflés et infléchis; en avant d’eux on observe la lunule profonde, et en arrière l’écusson court et profond est dépourvu du bord tranchant. Le côté postérieur élargi est arrondi et très bâillant. La surface est garnie de rides d’accroissement concentriques profondes, coupées au milieu des flancs par quelques stries rayonnantes, comme dans les Pholadomyes; ces stries pourtant ne sont pas marquées sur le moule.

Les moules de Traktemirow de ma collection n’ont que la moitié de la grandeur de l’espèce de France; ils ont 1 p. 4 L. de large, 1 p.11. de long, et, à valves closes, une épaisseur de 1 p.; ceux de la Crimée sont beaucoup plus grands et atteignent même les dimensions de espèce de la France. -

C’est peut-être une Pholadomye, si les dents cardinales rudimentaires ne lui manquent pas; il paraît cependant qu’il existe également des Panopées dépourvues de dents cardinales.

Esp. 891. Panop. lateralis Aaass. sp.

Myopsis lateralis Acass. Étud. critiq. sur les Myes. p. 259. PI. 32, fig. 6-7. Panopaealateralis Picr., Paléont. suisse. IV, livr. 2ième, p.54. PI. 101, f. 1.

La coquille, assez grande, est oblongue et renflée, le côté antérieur plus court que le postérieur, qui est plus large et un peu tronqué obliquement. Les sommets sont gros et saillants. La surface est marquée de

sillons concentriques profonds et espacés.

Eichwald, Lethaea rossica. II. 50

Hab. dans la marne crétacée ferrugineuse de Pawlograd du gouvernement d'Ekaterinoslaw, au midi de la Russie d'Europe.

Le moule a les deux côtés arrondis, le postérieur un peu plus large que l’antérieur. Le bord antérieur est légèrement bâillant, le postérieur l’est fortement. Le moule à 2 p. 5 L. de large, 1 p. 6 L. de long, et, à valves closes, 1 p. 2 1. d'épaisseur. Les individus des marnes néocomiennes de Haute-rive en Suisse sont un peu plus grands. Cette espèce se trouve aussi dans le même étage du mont Salève. Le moule du midi de la Russie est pourvu, du côté postérieur arrondi et non tronqué, d’une carène obtuse oblique sur la région antérieure, et d’un enfoncement à peine indiqué sur le milieu ce flancs, ce qui le distingue de l’espèce de la Suisse,

Esp. 892. Panop. Carteroni d'Ors.

Paléont. fr. Terr. crét. 1. c. p. 332. PI. 355, fig. 1—2.

La coquille, ovale et courte, est peu renflée, plutôt comprimée et marquée de plis d’accroïissement concentriques irréguliers; les sommets élargis et comprimés sont infléchis et rapprochés du bord antérieur court et arrondi; le bord postérieur est tronqué ophquement et fortement bâillant.

Hab. dans le calcaire cénomanien quarzeux de Traktemirow près de Kiew, ainsi que dans le néocomien de Morteau en France.

Je ne possède qu’un petit échantillon de Tractemirow; il a 7 1. de large et 5 1. de long, mesuré au dessus des sommets. La surface est comprimée au milieu des flancs, comme enfoncée et parcourue de stries concentriques inégales. Le sommet se continue, des deux côtés, en une élévation allongée, obtuse, à peine marquée, que l’on observe aussi sur le petit individu de Traktemirow, n’offrant que le cinquième de la grandeur des individus de la France.

Famille vingt-neuvième.

Solénidées voy. vol. I, p. 1038.

Les genres des Solénidées sont rares dans les terrains jurassique et crétacé; ce sont les mêmes genres qui se trouvent dans la période ancienne.

Genre CVI. Solen L. voy. vol. T, p. 10368.

La coquille est transverse, presque cylindrique, ou comprimée et bâillante sur les deux côtés; les sommets sont plus ou moins rapprochés

de l'extrémité antérieure, qui est munie de 2 dents à la valve gauche, et de 2 fossettes à la valve opposée pour la réception de ces dents; le ligament est externe. Ce genre se trouve dans tous Les terrains, et plus fréquemment dans les mers actuelles.

Æ Esp. 893. Solen Petschorae Keys.

Solecurtus Petschorae Graf KeyserLiNG, Petschorareise p. 316. PI. 17, fig. 33—34.

La coquille transverse a les sommets plus près du bord antérieur, qui est plus court et plus étroit que le postérieur, le bord inférieur est droit et parallèle au supérieur.

Hab. dans le terrain supposé néocomien près du Fier de Polouschino sur la Petschora, au nord de la Russie.

La surface de la coquille est légèrement convexe et ornée de fines stries d’accroissement concentriques très régulières et espacées. Le sommet est à peine distinct et appréciable, et M. d’Orgrany en fait donc à tort une Pholadomye*: c’est plutôt un Solen qu’un Solecurtus; sa forme est celle d’un Solen, quoique les sommets ne soient pas fixés à l'extrémité antérieure et que le bord antérieur soit un peu plus étroit que le postérieur; le bord dorsal. présente un enfoncement allongé pour la réception du ligament extérieur.

La coquille a 10 1. de large et 4 L. de long. Les dents ne sont pas connues, l’individu étant incomplet au bord dorsal.

Le Solen aequalis d’Ors. *, du terrain turonien inférieur du Mans en France, à beaucoup de rapports avec le Sol. Petschoraes: il s’en distingue par les sommets placés au milieu de la largeur, qui en outre est plus considérable que dans celui-ci; d’ailleurs les stries d’accroissement concentriques sont plus serrées, plus fines et son test est fortement comprimé.

M. Agica *** a fait mention du Solecurtus Lamarckii Desmous. (Solen parisiensis Desx.), comme se trouvant dans le grès calcaire chlorité compacte du lac d’Aral, mais il n’en donne ni description détaillée, ni figure, en sorte que l’espèce reste douteuse.

* Paléont. stratigr. 1. c. I, p. 361.

** Paléont. fr. Terr. crét. 1. c. p. 321. PI. 350, fig. 5— 7. #** Mém. de l’Acad. des Sc. Série VI. Scienc. math. et phys. T. VII. Palacont. d. asiat. Russlands, p. 547.

Genre CVII. Leguminaria SCHUMACHER —

Machaera Goupr.

La coquille est pourvue sur la valve gauche de deux dents droites associées à une fossetto, et sur la valve droite de deux fossettes profondes; les valves contiennent dans l’intérieur, sous les sommets, une côte élevée transverse, qui s'étend jusqu'aux deux tiers de leur largeur. Ce genre se trouve dans le terrain crétacé et vit encore dans les mers actuelles. |

Esp. 894 Legum. affinis #.

PI. XX VIL, fig. 12 gr. nat.

Testa magna transversa, anteriora versus sensim latior, postice angustior, utrinque late hians; superficies laevis, vertice noduli instar prosiliente, sulco ab eo oborto, obliquo, ad marginem anteriorem et inferiorem descendente.

Hab. dans le grès ferrugineux turonien du midi de la Russie, sur les fleuves Jantschough et Gantschough près de Pawlograd dans le gouvernement d’'Ekaterinoslaw.

La coquille transverse, dilatée et légèrement convexe, devient de plus en plus large vers l'extrémité antérieure, près de laquelle le sommet est fixé en un nodule à peine saïllant, au devant duquel se trouve la petite fossette pour la réception de la dent unique de la valve opposée ; le moule est orné d’un sillon oblique, correspondant à l’impression de la crête à l’intérieur de la coquille; le sillon, partant du sommet, se dirige vers le bord inférieur et antérieur en direction oblique. Le bord antérieur est obliquement tronqué, le dorsal, droit et allongé, est pourvu d’un léger enfoncement, qui est parallèle au bord dorsal et sert à la réception du ligament externe très étroit. Le bord inférieur, également droit comme le dorsal, devient un peu divergent vers les sommets.

La coquille à 2 p. 7 L. de large, 6 L. de long près de l'extrémité postérieure, et 71} L. de long, mesurée au dessus du sommet.

Voici une espèce peut-être voisine du Legumin. Schumacheri Reuss, mais ne connaissant ni description ni figure de ce dernier, je l’ai nommée Leg. affinis. Elle a quelques rapports avec le Solen rimosus BELL. du terrain nummulitique de Nice, mais celui-ci est plus large à l'extrémité postérieure qu’à l’antérieure; au bord antérieur de cette dernière on observe une petite échancrure, suite d’un sillon partant du sommet et se terminant à peu près à la moitié du bord antérieur, qui est obliquement tronqué comme ce même bord du Legum. affinis.

Le fragment d’un individu plus petit, de 1 p. de large, et de 4 1. de long, se trouve dans le grès turonien d’Ossinowo, associé au Cardium alternatum d’Ors. *; il s’élargit légèrement en arrière (?), comme le Solen rimosus, etest légèrement convexe, sans offrir le côté antérieur complet, en sorte qu’on ne sait pas si le sillon oblique antérieur y existe ou non.

Genre CVIITI. Solenomya Lau. voy. vol. I, p. 1040.

Ce genre se trouve rarement dans le terrain jurassique; il est un peu plus fréquent dans la période ancienne, maïs existe aussi dans la période moderne et parmi les genres vivants; cependant les espèces en sont partout très rares.

Esp. 895. Solenom. Voltzii Rôm. aff. Norddeutsch. Oolithgeb. Nachtrag p. 43. PI. 19, fig. 20.

Petite coquille transverse, dilatée, légèrement convexe, comprimée et ornée de stries rayonnantes, bien marquées sur l'extrémité postérieure; elle est lisse et dépourvue de stries sur l’extrémité antérieure; un enfoncement léger se trouve au devant du sommet, où commence une légère carène obtuse, qui descend jusqu’au bord inféro-antérieur.

Hab. dans le calcaire oxfordien de Nigranden en Lithuanie, et dans le schiste à Posidonomyes du Wurtemberg.

Les sommets sont élargis, peu saillants et infléchis; la surface est lisse près du bord dorsal et marquée de stries d’accroissement très fines; celles-ci sont coupées par des stries rayonnantes, espacées sur la partie postérieure, plus rapprochées et moins marquées sur le milieu de la valve; la partie antérieure en est entièrement dépourvue.

L’individu n’est pas bien conservé; il à 8 1. de large et 5 1. de long, mesuré au milieu de la valve.

Famille trentième.

Pholadinées.

La coquille est libre ou adhérente dans un tube testacé, les valves sont égales, sans ligament, et pourvues, soit à l'extrémité des tubes, soit sur les sommets, de nombreuses pièces accessoires. Les Pholadinées établissent le passage au troisième sous-ordre, aux Tubicolées, qui

* Mém. de la Soc. géol. de France, vol. IV, part. 1. Paris 1851, p. 229. PL. 16, fig. 1—2.

avec les Dimyées et les Monomyées forment l’ordre des Acéphales ou Pélécypodes. Les Tubicolées n’ont pas encore été rencontrées en Russie, à l'exception du genre tertiaire et crétacé des Clavagella, dont une espèce, voisine du Clavag. coronata du terrain tertiaire, paraît se trouver dans le grès néocomien ferrugineux près d’Antonowo-Poustosch au gouvernement de Tambow; elle est cependant en moule dépourvu de la coquille, à plusieurs appendices tubuleux, et si mal conservée qu’il est impossible de la caractériser comme espèce distincte.

Genre CIX. Pholas L.

Xylophaga Turron. Jouannetia Des.

La coquille équivalve, inéquilatérale, est fortement bâillante en avant et en arrière pour le passage du pied et du tube à deux siphons; la charnière fait défaut, les valves étant seulement en contact l’une contre l’autre; une dent en cuilleron, en dedans des valves, part des cavités sous-apicales, et il existe en outre des pièces accessoires en avant de la coquille; deux impressions musculaires occupent chaque valve: l’une en est placée au bord du côté du ligament rudimentaire, l’autre près du sommet. Ce genre se trouve rarement dans les terrains jurassique, cretacé et tertiaire, plus fréquemment parmi les genres vivants; il perce du bois ou l'argile durcie et même des pierres et des coraux, pour y établir sa demeure.

Esp. 896. Phol. Waldheimii d'Ors.

PI. XX VIT, fig. 13 a valve grossie; b plusieurs tubes groupés, gr. nat.

Paléont, fr. Terr. crét. I. c. p. 466. PI. 40, fig. 1—3.

Petite coquille sphérique, courte, et pourvue de deux sillons trans-

“verses obliques et profonds, qui deviennent convergents au sommet. Les

sillons divisent la coquille en trois régions, dont les deux antérieures sont les plus larges et munies de stries d’accroissement concentriques, la troisième, supérieure, est la plus petite et entièrement lisse.

Hab. dans le grès néocomien noirâtre de Khoroschôwo près de Moscou, et, à ce qu’il paraît, aussi à Doubowka sur le Volga, aux environs de Tzaritzyne.

La coquille, ovalaire et presque cylindrique, est légèrement échancrée au bord inférieur, par suite des deux sillons qui y aboutissent au bord opposé au sommet. Les bords inférieur et antérieur sont très bâillants, et la région inférieure est beaucoup plus striée que la moyenne, qui est presque lisse. Le sillon entre ces deux régions est pointillé, ce qui

semble provenir des stries d’accroissement qui les traversent eb y finissent. Le sillon qui sépare la région moyenne de la postérieure, est plus large, lisse et se termine au sommet, comme l’autre.

La coquille a 3 1. de large et 2 1. de long, mesurée au dessus du sommet; l'individu figuré dans la Paléontologie de Russie est plus grand. Les individus de ma collection sont groupés, au nombre de 9 à 20, sur le même fragment de bois fossile, du Pinites undulatus. En détachant le bois, on voit les tubes testacés, réunis entre eux, et les Pholades occupent l’une des extrémités des tubes, tandis que l’autre est fermée et arrondie. Les tubes ont tantôt 6 1. de long, tantôt de 1 p. 41. et sont légèrement contournés en différentes directions; les tubes longs ont 3 L. de large à l’extrémité occupée par la coquille, et 4 1. à l’extrémité fermée et arrondie, en sorte qu’ils se dilatent fort doucemeut. Les Pholades en général ne forment pas de tubes testacés comme les T arets, et néanmoins les individus de Khoroschéwo montrent les tubes très développés et comme caractéristiques pour notre espèce. Je possède aussi des tubes testacés groupés dans un bois fossile de Tzaritzyne: l’une de leurs extrémités est fermée, arrondie, et l’autre incomplète et dépourvue de la coquille; je suppose pourtant que c’est la même espèce, car les tubes sont cylindriques, courbés en différents sens et larges de 4 L Les cavités du bois percé sont remplies d’un test calcaire très mince et strié transversalement. La cavité du tube testacé est infiltrée d’un grès grisâtre, à petits grains quarzeux, et le bois, percé par les tubes, est mou et pourri, en sorte qu'il est difficile de dire si ce bois appartient au Pinites undulatus ou à une autre espèce de pins.

J'ai recueilli à Khoroschôwo de petits fragments de tubes isolés, remplis du grès grisâtre et recouverts du test calcaire très mince et strié transversalement: on pourrait les prendre pour des tubes de Serpules, mais le test est trop mince pour qu’on puisse les rapporter à ce genre. Comme ils se trouvent toujours isolés, il n’est pas non plus possible de constater si ces fragments appartiennent aux tubes testacés des Pholades.

L’individu de Khoroschôwo, à coquille bien conservée, offre beaucoup de rapports avec le Phol subeylindrica d'Ors.* du gault de la Meuse, qui cependant se distingue par une forme plus allongée, plus rétrécie et plus comprimée à l'extrémité postérieure; cependant la surface est également garnie de stries et de sillons.

* D'Onrsieny, Paléont. fr. Terr. crét. l. c. p. 306. PI. 349, fig. 5—8.

Genre CX. Teredo L.

Teredo et Septaria Lam.

La coquille est équivalve, inéquilatérale et légèrement comprimée; elle est fortement échancrée en avant et au bord inférieur ; un long cuilleron est fixé à la cavité sous-apicale; la coquille se trouve à l’extrémité d’un tube testacé très long, contourné en différentes directions, et terminé en avant par deux ouvertures courtes correspondant aux siphons; le tube n’est pas toujours fermé à l’extrémité occupée par la coquille; ce n’est que dans les adultes que le tube se ferme par ses paroïs. Les deux siphons sont couverts à Pextrémité opposée par deux palettes testacées, servant d’opercule, et le tube flexueux est quelquefois cloisonné en dedans. Ce genre se trouve dans les terrains jurassique, crétacé, tertiaire, et vit encore dans les mers actuelles.

Les Tarets sont toujours enfoncés dans les Fo les plus durs, qu’ils

perforent, et si l’on les trouve libres, c’est que le bois qui Le contenait s’est détruit.

Esp. 897. Tered. Tournali Leyu.

PI. XX VIL, fig. 14 gr. nat.

Levée, Sur le terrain à Nummulites, voy. Mém. de la Soc. géol. de France 1844. T. I, part. 1, p. 360. PI. 14, fig. 1—4.

La coquille est inconnue, le tube testacé cylindrique, allongé, est fermé d’un côté par une protubérance sphérique, sur laquelle les valves laissent leur empreinte; le tube montre en dedans une série de cloisons assez régulières et très rapprochées ; l’une des extrémités montre les orifices de deux canaux intérieurs (des siphons), séparés par une cloïson très mince.

Hab. dans la marne crétacée de Simferopol en Crimée, dans un grès glauconien quarzeux des environs d’Orenbourg, ainsi que dans les marnes épicrétacées des Corbières.

Ce sont des tubes très douteux à cause des cloisons très rapprochées qu’on remarque sur l’une et quelquefois sur les deux extrémités *; je ne constate pourtant pas la présence de ces tubes dans mes échantillons. Les individus de Simferopoi n’en montrent pas non plus: ce sont des tubes testacés flexueux, de 3 p. et plus de long et de 5 L. et plus de large, ils sont d’égale largeur ou s’élargissent un peu vers l'extrémité fermée, et se trouvent toujours libres en grande quantité dans la marne crétacée de Simferopol; M. Jos. Mürrer ** a trouvé de semblables tubes droits dans

* Voy. la fig. 4 de la PI. XIV de M. Levuérig. ** Picrer, Paléont. suisse I. c. IV, 1. Genève 1864, p. 19.

le grès vert de Vaels près d’Aix-la-Chapelle; c’est par conséquent une espèce de Tar et fossile qui n’a pas percé le bois, mais qui à vécu probablement dans une roche calcaire.

Il paraît que le Fistulana amphisbaena Gen. * du grès quarzeux crétacé de Kislingswalda, et le Serpula amphisbaena Gocnr.** de la marne crétacée de Maestricht et du grès vert de Bochum en Westphalie appartiennent également au Teredo Tournali.

Je serais même porté à réunir à cette espèce de Teredo le tie testacé du Teredo antenautae Sow. du London-clay de l'Angleterre et d’y ranger aussi le Fistulana personata Lam. car la fig. 6ième de la PL 102 du Mineral Conchology montre distinctement les cloisons rapprochées dans l’intérieur du tube et la coquille du Taret à l'extrémité élargie. Cette espèce se trouve également dans un grès glauconien quarzeux aux environs d’Orenbourg; son tube a 3 p. de long et 31/4 L de large; la cavité est occupée par des cloisons très rapprochées, remplies de la roche quarzeuse. Les cloisons disparaissent vers la partie élargie du tube, qui en outre est courbé en différentes directions et associé à POpis brevirostris.

En général c’est une espèce très remarquable de Tarets fossiles, qui se trouve dans des localités très éloignées, en Russie aussi bien qu’en Angleterre et en Allemagne, dans le grès vert, dans le calcaire à Hippurites, dans le plänerkalk, le plänermergel de la Bohème, de la Saxe, près de Kislingswalda, de Quedlinbourg et d’'Ilsebourg au Harz, dans la marne crétacée de Kunraad près de Limbourg et en beaucoup d’autres localités.

Le Teredo Requienianus Marx. de la craie chloritée ou du turonien moyen de Vaucluse, a beaucoup de rapports avec le Teredo Tournali et ne s’en distingue que par sa forme en massue, résultant de ce qu'il s’élargit plus brusquement que celui-ci.

Je possède une roche calcaire argileuse, perforée par un tube testacé flexueux de 4 1. de large; il provient de Ssarepta, où l’on observe le terrain crétacé supérieur. Les grands tubes y sont associés à des

tubes beaucoup plus petits, même très petits, qui semblent être les jeunes, et se trouvent à côté des grands en nombre très considérable; les adultes sont plus fortement courbés et tortillés.

* Geirz, Kislingswalda 1. c. p. 11. PI. 4, fig. 11—14. #* Gozpruss, Petref. Germ. I, p. 239. PI. 70, fig. 16.

Esp. 898. Tered. sulcata ».

PI. XXVIL, fig. 15 gr. nai.

Testa subcylindracea, leniter incrassata versus partem extremam clausam et rotundatam, superficie transversim et regulariter sulcata.

Hab. dans la marne crétacée de Badrak et de Simferopol en Crimée.

Le tube testacé libre, seul connu, n'offre nulle part de trace de la coquille; il s’élargit doucement vers l'extrémité fermée et arrondie; la surface est pourvue de sillons transverses assez profonds et réguliers, placés à une égale distance de 3 1. les uns des autres. Le tube, très mince et fragile, est, en fragments, de la longueur de 2 pouces ou davantage; sa largeur est de 4 1. d’un côté et de 71/2 L. de l’autre.

Ce n’est pas le Ter. Tournali, qui est muni en dedans de cloisons rapprochées, dont la surface, restant lisse, est dépourvue de sillons transverses; il est en outre plus régulièrement droit, et non flexueux comme celui-ci, qui est plutôt conique que cylindrique.

Cette espèce a beaucoup d’affinité avec le Fistulana tubulosa Zarr. * des couches crétacées de la vallée de Gosau en Autriche; la base du,tube est également fermée et arrondie, et montre en dedans la coquille des Fistulanes, que je ne connais pas dans le tube calcaire de Badrak. Celui-ci est encore pourvu de sillons transverses plus profonds .que celui-là, dont la surface n’est que légèrement sillonnée en travers.

Esp. 899. Tered.lignicola #».

Géognosie de Russie (en russe) 1846, p. 510 et 514.

Teredina lignicola Eicaw., Pacar, Mém. de la Soc. géograph. russe (en russe) vol. XI, 1856, p. 143. PI. 8, fig. 2 et Fistulana cylindrica Pacar L c. PI. 8, fig. 1.

Tubus calcareus cylindraceus, tenuis, vel incrassatus, in ligno fossili degens, altera parte extrema clausa, globoso-rotundata, altera tenuiore aperta; superficies laevis vel transversim striata et sulcata.

Hab. dans le grès néocomien ferrugineux des villages de Pestrowko, de Stalypino et en d’autres localités des gouvernements de Ssimbirsk, de Penza, de Ssaratow, de Kharkow, de Koursk.

Le tube testacé, cylindrique, se dilate très doucement d’un côté; il est légèrement renflé de l’autre; l'extrémité élargie est fermée et arrondie, la cavité est toujours remplie de calcédonie et ne laisse plus voir la coquille. La surface du tube est pourvue de quelques stries d’accroisse-

* Zrrre, Die Bivalven der Gosaugebilde 1. c. Wien 1864, p. 4. PI. 1, f. 1.

ment parallèles; les tubes sont tantôt très rapprochés les uns des autres, tantôt plus espacés. Le bois qui lui à servi de demeure est changé en silex et composé de nombreuses couches concentriques annuelles et bien accusées: c’est le bois du Pinites undulatus, percé par cette espèce de Tarets aux environs de Rylsk dans le gouvernement de Koursk.

Le tube isolé a 1 p. 6 1. de long et 2 L de large; il est presque droit ou légèrement courbé du côté plus étroit, mais n'offre jamais les courbures des tubes du Teredo Tournali, qui est d’ailleurs d’une largeur double. Il en existe cependant d’autres individus plus grands, plus épais et renfermés dans le bois fossile du Cypressonoxylum ucranicum Gogpr.; ils sont toujours droits et se distinguent du Teredo Tournali en ce que les cloisons intérieures leur manquent: ils ne se trouvent jamais libres, comme celui-ci, mais percent toujours du bois fossile au gouvernement de Penza; c’est le Fistulana cylindrica Pacar, qui semble même identique aux tubes cylindriques et contournés du Pholas Waldheimii du néocomien de Khoroschéwo.

Esp. 900. Tered. argonnensis Buviex.

\ PI. XX VIL, fig. 16 gr. nat.

D’Orgicny, Paléont,. fr. Terr. crét. 1. c. p. 302. PI. 348, fig. 1—2.

Le tube testacé est légèrement conique, allongé et flexueux, élargi d’un côté eb épaissi en un capitule arrondi, sphérique, offrant les traces de la coquille en empreinte; le tube lui-même est lisse et pointu de l’autre côté.

Hab. dans le grès vert ou gault de Badrak en Crimée, ainsi que dans le même terrain des Ardennes.

Les individus de Badrak sont libres, et non enfermés dans la roche comme ceux des Ardennes; ils ont un pouce et plus de long, d’un côté leur largeur est de 2 1, et de l’autre ils se rétrécissent en une pointe de /4 de ligne; ils sont toujours flexueux, pourvus du capitule moulé de la coquille, qui est limitée plus bas par un col étroit, se rétrécissant de là de plus en plus vers la pointe courbée de côté. Leur surface est lisse eb ne montre pas même de stries d’accroissement transverses.

C’est absolument la forme de l’espèce des Ardennes, laquelle cependant est moins lisse, mais munie de stries d’accroissement transverses plus distinctes; son capitule ne présente pas l'empreinte de la coquille aussi distinctement que les individus de Badrak; c’est par ce caractère que le Tered. argonnensis se distingue également du Ter. lignicola, qui n’a pas le capitule aussi distinctement séparé du tube plus ou moins droit.

Esp. 901. Tered. conulus m.

PI. XX VIL fig. 18 grand. nat.

Testa exigua, conica, recta, altera parte extrema incrassata, rotundata ac clausa, altera attenuata, acuminata, superficie transversim ac tenuiter striata.

Hab. dans le terrain crétacé supérieur près de Kotéitschi dans le gouvernement de Moscou.

Le petit tube testacé, seul fragment dépourvu de la coquille qui fut

trouvé, est conique et tout droit; il se dilate brusquement en une partie extrême arrondie et fermée, et en une extrémité opposée très étroite et ouverte. Le tube n’a que 4 1. de long, d’un côté il a 2 L. de large, et de lPautre près de 12 L Le tube se dilate par conséquent brusquement, c’est ce qui le caractérise et le distingue de toutes les autres espèces de Tarets, comme par exemple du Teredo argonnensis, qui est très flexueux, plus allongé, et moins brusquement élargi au capitule.

Le Teredo conulus se trouve, en nombreux tubes à direction verticale, enfoncé dans un boïs fossile tellement détruit qu’il est impossible de le déterminer spécifiquement, cependant il paraît appartenir au Pinites undulatus. Le terrain jurassique de Kotéitschi est probablement surmonté par le crétacé ferrugineux, car le bois fossile est fortement coloré par l’oxyde de fer.

Esp. 902. Teredo socialis #».

PI. XXVIT, fig. 17 gr. nat. d’un fragment de bois perforé par les Tarets fos- ; siles réunis en groupes.

Gastrochaena socialis #., Über d. Eisensand v. Kursk, voy. Bull. de Mosc. I. c. 1853. No. 1, p. 21.

Tubus cylindraceus, altera parte extrema attenuata, altera incrassata, globosa; rectus vel hinc inde inflexus tubus semper socialis in ligno degens, nec solitarius.

Hab. dans le gault ou grès ferrugineux de Koursk.

Les tubes testacés allongés, coniques ou cylindriques, se dilatent d’un côté et se rétrécissent de l’autre; le bout rétréci est ouvert, et l’extrémité opposée plus ou moins renflée et arrondie en globe, sans montrer Pempreinte de la coquille, qui a dû se trouver en dedans, quoiqu’on n’y en trouve plus de traces. Les tubes sont toujours groupés en grandes sociétés, de petits eb plus courts sont réunis à de grands et de plus longs; d’autres sont droits, grêles, de 1 p. 4 à 8 L de long; d’autres encore sont contournés d’un côté à l’extrémité renflée, et plus droits à l'extrémité

opposée très mince. Le capitule a tantôt 4 L. de large, tantôt il n’en a que 2. Les tubes sont toujours rapprochés les uns des autres, les petits ou jeunes tout près des plus grands, laissant entre les tubes à peine un intervalle libre d’une ligne de large.

Ordre quatrième.

Protopodes.

La coquille conique est légèrement arquée et ouverte aux deux extrémités; le mollusque est pourvu à l’extrémité antérieure d’un tube membraneux, dans l’intérieur duquel se trouve un opercule charnu et conique pour fermer l’orifice; des branchies en plumes sont attachées à la nuque, en arrière de la petite tête pédonculée; le pied est rostriforme.

Famille trente-et-unième.:

Cirrobranchiées.

Cette famille est composée d’un seul genre, du Dentalium, et d’un sous-genre Genicularia; le mollusque, rangé antérieurement dans: les Gastéropodes, est fixé au tube calcaire par un muscle circulaire, et les branchies se composent de deux faisceaux en cirres; la bouche occupe la partie élargie et ouverte du tube, et l'anus l'extrémité opposée, rétrécie et également ouverte. :

Genre CXI. Dentalium L. voy. vol. ILT, p. 135.

Le tube allongé du Dentalium est cylindrique ou anguleux, quelquefois strié longitudinalement. Ce genre se trouve dans tous les terrains et vit encore dans les mers actuelles.

Esp. 903. Dent. Moreauanum d’Ors.

VerneulL, Paléont. de la Russie 1. c. p. 454 *. PI. 38, fig. 10.

Le tube, de grandeur moyenne, n’a laissé que le moule, qui est cylindrique, légèrement arqué, à orifice buccal circulaire élargi, et à extrémité anale rétrécie et brusquement acuminée.

Hab. dans le calcaire oolithique jaune de l’étage oxfordien supérieur

* L'espèce y est nommée Dent. Moreanum, par mégarde à ce qu'il paraît, car le mot Morea, au lieu de Moreau, ne signifie rien; M. Bronn la changé avec plus de raison en Moreauanum, voy. Nomencl. palaeont. p. 415.

‘ près de Kamenka sur le Donetz, dans l’oxfordien inférieur de Nigranden en Lithuanie, ainsi que dans l’étage oxfordien moyen des Ardennes en France.

Le moule de Nigranden n’est pas complet; il est dépourvu de l’extrémité anale; il a 3 1. de large, et 1 p. 2 1. de long; il s’amincit jusqu’à 2 1.; l'individu figuré par M. d’OrgBrany à 1 p. 7 1. de long et l’extrémité anale acuminée brusquement. Le test était lisse et mince, et par là i ne s’est pas conservé; l'individu de Nigranden montre encore des fragments du test mince et composé de plusieurs couches, dont l’extérieure est très fragile, lisse et finement striée, à stries transverses, égales et très rapprochées, qui cependant n'apparaissent distinctement qu'à l’aide d’une bonne loupe.

Le comte de KeyseruiNG fait mention du Dentalium Moreauanum au nord de la Russie sur la Ssyssola, près du village de Wotscha; il y est marqué de stries. annelées obliques très serrées et coupées par d’autres stries longitudinales, également fines, en sorte que c’est là une autre espèce, peut-être le Dent. medium Sow. du terrain crétacé.

Esp. 904. Dent. tenue Müxsr.

Gozpruss, Petref. Germ. IL, p. 2. PI. 166, fig. 6.

Le tube cylindrique est légèrement arqué ou presque droit et très mince; la surface est striée, à stries transverses, obliques, fines et régulières.

Hab. dans le calcaire oxfordien grisâtre de Nigranden, et dans un semblable calcaire brunâtre aux environs d’Tletzkaya sur le fleuve Outessouyouk, ainsi que dans le calcaire jurassique supérieur de Pappenheim en Bavière.

Le tube à 1 p. 8 L. de long et 1 1. de large, et s’amincit légèrement à l'extrémité postérieure; sa surface est presque lisse, à peine marquée de stries transverses fines et serrées. Un autre individu de Nigranden, de 4 1. de long, est caractérisé par la surface en couches transversales, séparées par des sutures distinctes; par là l’individu est comme articulé, * quoique les fausses articulat'ons ne soient que des traces d’accroissement réitéré à larges distances; les fines stries transversales sont également distinctes sur la surface entre les grosses stries d’accroissement.

Esp. 905. Dent. elongatum Münsr.

Gozpruss, Petref. Germ. I. c. IL, p. 2. PI. 166, fig. 5. Le tube cylindrique est à peine strié, à stries d’accroissement très

légères; il est très peu arqué et devient de plus en plus mince vers l’extrémité postérieure.

Hab. dans le calcaire oxfordien inférieur du fleuve appelé la petite Khobda, aux environs de Akh-djar près d’Iletzkaya, ainsi que près de Banz en Bavière. !

Le tube n’a que */4 de ligne de large à l'extrémité buccale; il a 10 1. de long et s’amincit en arrière jusqu’à !/2 ligne.

Esp. 906. Dent. entaloides E. DesLonacn.

Mém. de la Soc. Linn. vol. VIH, p, 128. PI. 7, fig. 36-38. Dental. Parkinsoni Quensr., Handb. d. Petrefactenk. Tübingen 1866, p. 531.

Le tube, assez épaissi, est lisse, cylindrique et plus ou moins allongé, s’amincissant plus sensiblement vers l'extrémité anale,

Hab. dans le calcaire jurassique de l’étage oxfordien inférieur à Ammonites Parkinsoni près de Konopisko en Pologne, et aux environs d’Iletzkaya près d'Orenbourg, associé à lEulima splendens, ainsi que dans l'argile du jura brun du Wurtemberg, aux environs d’Ehningen et de Balingen.

Les individus de Konopisko sont très minces, à peine de l’épaisseur d’une demi-ligne et toujours en petits fragments, qui rappellent de la sorte le Dent. filicanda; le Dent. Parkinsoni se trouve également dans les blocs erratiques du jura brun près de Künigsberg et de Stettin.

L’individu d’Iletzkaya sur le Outessouyouk à 4 L. de long et 1} 1. de large au bord antérieur, tandis qu'il s’amincit brusquement vers l’extrémité opposée et rappelle également wn peu le Dent. filicauda Quexsr.* du jura brun du Wurtemberg, quoique celui-ci se distingue par son tube régulièrement aminci.

Esp. 907. Dent. gladiolus m.

Géogn. de Russie (en russe) St. Pétersb. 1846, p. 477. Dental. subanceps TrautscH, Bull. de Mosc. 1860. IV, p. 350. PI. VIII, - fig. 16-17.

Dent. eylindricum (Sow.) Fiscs., Bull. Mosc. 1843. I, p. 139.

Le tube, de grandeur moyenne, est conique, un peu arqué, et légèrement déprimé, à côtés opposés un peu tranchants; la surface est lisse, à peine marquée de stries transverses très fines, rapprochées, régulières;

# Jura p. 328. PI. 44, fig. 16.

le test est mince à l’extrémité antérieure, et plus épais vers l’extrémité anale; il est très mince du côté convexe et très épais du côté concave.

Hab. dans l’argile jurassique de l’étage oxfordien de Goliowo, de Dorogomilow, de Mniéwniki et de Khoroschéwo, près de Moscou sur le fleuve Moskwa, également au pied du mont Worobyew, et aux environs de Jelatma sur le fleuve Oka, près d’'Antonowo-Poustosch.

Le tube est légèrement déprimé du haut vers le bas; il est par là légèrement tranchant des deux côtés opposés; le test au côté dorsal est mince, et le côté ventral plus épais, tandis que le bord buccal reste égajement mince sur toute sa circonférence. Le tube y a 8 1. de large, mais à une distance de 1 2 pouce de ce point il n’a que 13/4 p. de large, s’amincissant par conséquent doucement vers l’extrémité anale, qui est d’égale épaisseur. La surface est lisse, brillante, et brunâtre. Les stries d’accroissement sont très fines, très serrées et obliques.

Les individus d'Antonowo sur l’Oka ne se distinguent guère de ceux des environs de Moscou et paraissent provenir de la couche jurassique de l’Oka, quoiqu’ils puissent se trouver également dans le terrain néocomien superposé; les côtés sont plutôt arrondis que tranchants, comme les individus jeunes des environs de Moscou; le test au côté dorsal étant mince et le test ventral épaissi, je suppose que c’est le Dent. gladiolus.

Ayant déjà nommé cette espèce en 1846, j'ai dû conserver mon nomau lieu de celui de Dent. subanceps, qui ne lui a été donné au’en 1860.

Esp. 908. Dent. notabile #.

PI. XXVIIL, fig. 1 a gr. nat.; b grossi.

Tubus cylindraceus, elongatus, inflexus, posteriora versus leniter attenuatus et striatus, striis transversis distinctis et approximatis, superficie hinc inde tumida, transversim sulcata, et orificio antico angustato.

Hab. dans le grès compacte crétacé brunâtre, à grains quarzeux plus foncés, aux environs du village de Reschetka dans le gouvernement de Ssimbirsk.

Le tube cylindrique, allongé, est arqué, légèrement rétréci vers l’extrémité anale, à surface ornée de stries transverses très serrées et visibles à l’œil nu; le tube s’enfle çà et là, la surface devient inégale, et des sillons ou stries transverses se reconnaissent partout. L’extrémité buccale antérieure est légèrement rétrécie, à bord renflé.

Le tube est mince et se rétrécit légèrement vers l’extrémité anale infléchie; la longueur du tube est de 8 L, et sa largeur à l'extrémité buccale de 1} 1. ou plus. Les stries annelées passent également distinctes

d’une extrémité à l’autre. Les individus se trouvent réunis en grand nombre sur la roche quarzeuse de Reschetka. Cette espèce rappelle beaucoup le Dent. Mosae Bronx * du terrain crétacé supérieur du mont de St. Pierre à Maestricht, qui en diffère presque uniquement par sa grandeur plus considérable.

Esp. 909. Dent. ellipticum Sow. aff.

Min. conch. I. c. I. p. 159. PL. 70, fig. 6—7. Reuss, Bühm. Kreide I. c. p. 41. PI. XI, fig. 20.

Le tube allongé, épais, cylindrique et légèrement infléchi, est parcouru de stries transverses, très serrées et irrégulières.

Hab. dans le grès vert de Kislawodsk au nord du Caucase, ainsi que dans le même grès de Folkstone en Angleterre.

Le tube ne se trouve à Kislawodsk qu’en fragments de 5 1.; il à 11 1. d'épaisseur; il est assez épais, et à orifice buccal légèrement rétréci.

Esp. 910. Dent. glabrum Gex.

Gæinrrz, Characteristik d, sächs. bôhm. Kreide I. c. PI. 18, fig. 28.

Le tube cylindrique est tout lisse, légèrement arqué eb s’amincit doucement vers l'extrémité anale; les stries d’accroissement obliques sont à peine distinctes, et l’orifice arrondi, presque elliptique.

Hab. dans le grès vert du nord de la Russie sur la rivière Wytschegda, à l’est d’Outssyssolsk, et au sud de l’Oural au mont Ssaragoul près d’Orenbourg, dans le grès vert d’Antipowka sur le Volga, et le grès crétacé de Reschetka au gouvernement de Ssimbirsk, ainsi que dans le plänerkalk de Tyssa en Saxe.

Le tube n’a que 6 1. de long et 1 1. de large; il est légèrement arqué et tout lisse; l’orifice elliptique le distingue des espèces précédentes. Il paraît se trouver également sur le mont Itschka, près d’Orenbourg, quoiqu'il y soit plus petit et s’amincisse plus rapidement vers l’extrémité anale. Les individus de Reschetka sont très petits; ils n’ont que 8 L de long, et l'extrémité buccale est beaucoup plus large que l’anale, qui s’amincit brusquement en une pointe aiguë.

Esp. 911. Dent. striatum Sow.

GeniTz, Characteristik d, sächs. bühm. Kreide I. c. p. 74. PI. 18, fig. 27. Le tube est mince, allongé, droit et strié, à stries, au nombre de 10

* Gozpruss, Petref. Germ, IL, p. 3. PI. 166, fig. 10. Eichwald, Lethaea rossica. Il: o1

à 22, longitudinales, espacées; il s’amincit doucement vers l’extrémité anale.

Hab. dans le grès compacte crétacé de Reschetka dans le gouvernement de Ssimbirsk, ainsi que dans le plänerkalk de la Saxe et de la Bohème.

Le petit tube de Reschetka se distingue par ses stries longitudinales, dont les principales sont plus épaisses, et les secondaires rudimentaires; l'individu à à peine 4 1. de long et l/4 L. de large; il est presque droit et marqué seulement de stries longitudinales très distinctes.

Esp. 912. Dent. medium Sow.

Min. conch. I, p. 181. PI. 79, fig. 5.

Dent. medium Sow. Reuss, Kreideformation Bôühmens. Stuttg. 1845, p. 40. PI. 11, fig. 4.

Geinitz, Characteristik d. sächs. bôhm. Kreïde 1. c. p. 74 PI. 18, fig. 25—26.

? Dental. badense (Parrsca) TraurscH., Bull. Mosc. 1. e. 1859. II. PI. HE,

Le tube, allongé et cylindrique, se rétrécit brusquement vers l’extrémité anale arquée; la surface est ornée de côtes longitudinales épaisses, alternes avec des côtes plus grêles; les stries d’accroissement traversent les côtes et les rendent noueuses.

Hab. dans le calcaire crétacé, à ce qu’il paraît nummulitique, des bords du lac d’Aral, ainsi que dans le grès vert de Folkstone en Angleterre, et dans le plänermergel de Luschutz en Bohème.

La surface du tube a 20 côtes longitudinales principales et autant de côtes accessoires plus minces, placées dans les interstices et coupées par des stries d’accroissement très fines.

C’est une espèce des plus longues et des plus larges, offrant à son milieu une largeur de 7 lignes; elle rappelle le Dentalium badense, mais elle est plus arquée et s’amincit plus brusquement vers l’extrémité anale; des côtes plus épaisses alternent avec de très fines, comme dans le Dent. medium Sow. du grès vert. La coupe est tantôt circulaire, tantôt elliptique quand le tube est accidentellement comprimé. Le Dent. badense de l'étage moyen du bassin tertiaire de Vienne est en outre pourvu au bout d’une fente qui manque au Dent. medium du bord de PAral. — Le Dental. Moreauanum (Keys.) du bord de la Ssyssola est peut-être le véritable Dental. medium Sow. à cause des stries longitudinales, coupées par des stries transverses.

Une autre espèce de la même localité du lac d’Aral, le Dentalium

septemcostatum Agica *, me semble appartenir plutôt au genre des Serpules, car le Serpula subtorquata Müxsr. ** de l'argile bleue crétacée de Rinkerode en Westphalie a les plus grands rapports avec lui; et je suis porté à le placer parmi les Serpules, d'autant plus que le tube est entièrement droit, et non arqué. En outre le petit fragment est orné de 7 côtes longitudinales épaisses et noueuses, que des stries transversales divisent en nœuds allongés, à peu près comme les côtes du Serpula subtorquata, dont cependant le nombre est moins grand et la forme moins régulière.

M. Aron *“** fait également mention du Dentalium grande Desx. du bassin parisien, comme se trouvant dans le même calcaire grénu sablonneux des bords du lac d’Aral, maïs sans en donner une figure, en sorte qu’il est difficile de dire si c’est effectivement le Dent. grande ou une autre espèce; car cela pourrait être tout aussi bien le Dent. medium Sow., dont nous venons de parler; néanmoins M. Agrcn décrit le tube de son espèce comme cylindrique et lisse; il ne dit pas qu’il est orné de côtes longitudinales; c’est pourquoi cette espèce se rapprocherait plutôt du Dent. grande que du Dent. medium.

Genre CXII. Genicularia QUENST.

Le tube petit, droit ou légèrement arqué, est géniculé, à cloisons rudimentaires tantôt simples, ne traversant pas toute la cavité du tube, tantôt munies de petits nœuds placés à égale distance les uns des autres. Ce genre se trouve dans le terrain jurassique.

Esp. 913. Genic. gregaria #.

PI. XXVIIL, fig. 2 a gr. nat.; b grossi.

Tubus gregarius, tenuissimus, cylindraceus, leniter inflexus et apicem versus attenuatus, superficie tanquam articulata, pseudo-articulis membranaceis cavum tubi non permeantibus.

Hab. dans les géodes du grès jurassique compacte ferrugineux près de Jelatma, au gouvernement de Tambow, associé à lAmmonites tri-

-plicatus.

Le tube, réuni en un grand nombre d'individus, est cylindrique, doucement infléchi et s’amincit légèrement vers l’extrémité anale; il est comme articulé par des cloisons, qui n'arrivent pas jusqu’au milieu de la

* Bull. de Mosc. 1859, IL PL 3, fig. 5.

** Gozpruss, Petref. Germ. p. 238. PI. 70, fig. 11. *** Mém. de PAcad. des Sc. de St. Pétersb. T. IX, partie première p. 561. HAS

cavité du tube, et ne traversent que sa paroi très mince; les cloisons sont de petites membranes simples transverses et relevées, serrées, qui n’occupent pas l’intérieur du tube. Le moule lisse remplit celui-ci, il est entier et non articulé.

Les nœuds du Genic. ornata Quexsr. du jura brun manquent au Genic. gregaria, qui par là s'approche plutôt du Genic. annulata Quensr. * du même terrain du Wurtemberg, quoique les anneaux ne soient pas aussi réguliers-sur les individus de Jelatma, où ces organes forment plutôt de petites membranes relevées, qui semblent correspondre aux couches d’accroissement du tube et même occuper l'intérieur des tubes, sans les traverser jusqu’au centre.

Ordre cinquième.

Gastéropodes.

Le nombre de genres fossiles de cet ordre n’est pas aussi considé-

rable que celui des Acéphales; on le divise en plusieurs sous-ordres, dont les suivants ont été observés jusqu’à présent en Russie.

Sous-ordre I.

Aspidobranchiées.

Famille trente-deuxième.

Acméidées.

Les coquilles de cette famille sont oblongues, non circulaires, à sommet moins saillant et dépourvu de lame interne, de perforation et d’échancrure.

Genre CXIII. Helcion Moxr.

Tectura Au. Patelloidea Quoy. Acmaea Escasc.

La coquille patelloïde est lisse, mince et parcourue de sillons plus ou moins profonds, concentriques; elle ressemble tellement à la coquille des Patelles qu’on la confond souvent avec elle, maïs la forme et la disposition des branchies simples, situées dans une cavité du côté droït et formant une série de lames entre le manteau et le pied, font distinguer facilement ces deux genres. Ce genre se trouve dans le terrain crétacé, tandis que les Patelles, d’après d’OrBrexy, sont tertiaires.

* Quensrepr, Jura p. 589. PI. 73, fig. 89.

Esp. 914. Helc. sulciferum ".

PI. XX VIIL, fig. 3 gr. nat.

Patella sulcifera Géogn. de Russie (en russe) 1846, p. 490.

Coquille patelliforme, oblongue, convexe, à sommet situé au tiers de la longueur et rapproché du bord postérieur; la surface est marquée de sillons concentriques assez larges et ornés de stries concentriques

très fines.

| Hab. dans le néocomien de Khoroschôwo près de Moscou, et sur le fleuve Moskwa dans la capitale elle-même, ainsi que dans le gault inférieur de Ste-Croix et de la Perte-du-Rhône.

La coquille conique ne s’élève pas très haut, le sommet est presque tout droit e6 à peine pointu; elle est plus longue que large et parcourue de sillons concentriques superficiels et nombreux, ornés de stries concentriques fines et serrées; le bord est entier. La coquille très mince a 12 L de long et 11 1. de large; sa hauteur ne dépasse pas 5 L, mesurée au dessus du sommet. Le sommet peu saillant est plus rapproché du bord postérieur que de l’antérieur. Le bord postérieur n’est pas bien complet, il ne semble pas pourvu d’une fente, mais paraît légèrement tronqué en arrière.

Cette espèce ressemble tellement au Helcion inflexum Prer. du gault inférieur de Ste-Croix que je suis presque porté à réunir ces deux espèces; mais comme le moule de Ste-Croix ne montre pas les stries concentriques fines, je conserve le nom que j'ai donné, déjà en 1846, à l'espèce de Moscou.

Esp. 915. Helc. planissimum #».

PI. XX VIE, fig. 4 a gr. nat., vu sur le sommet; D gr. nat., vu de profil.

Testa tenuis depressa, planissima, fere circularis, margine reflexo et superficie concentrice striata, vertice vix prominulo marginem posticum occupante.

Hab. dans le grès vert de Kislawodsk, au nord du Caucase.

Petite coquille presque circulaire, mince, fortement déprimée et plane, à sommet à peine saïllant et fixé au bord postérieur; des stries fines d’accroissement entourent le sommet et toute la surface, dont le bord extérieur est réfléchi et lisse.

La coquille à 5 1}2 L. de long et 5 L. de large, elle est par conséquent plus longue que large; elle est toute plane, la hauteur du sommet s’élevant à peine de 1}2 ligne.

Par sa dépression cette espèce diffère beaucoup des espèces connues de Helcion et rappelle un peu l’Orbicula reflexa Sow. du lias de l'Angleterre, qui cependant est tout à fait circulaire et a le sommet fixé presque au centre de la surface.

Esp. 916. Helc. subtile E. Horu.

Ep. Hormann, Monographie d. Gault-Verstein.von Kursk (en russe). St. Pétersb. 1867, p. 63. PI. 18, fig. 4—5.

Petite coquille déprimée-conique, à base circulaire et à surface striée concentriquement.

Hab. dans le gault quarzeux ferrug'ineux de Kursk.

La coquille, très petite, à cône déprimé, est striée, à stries concentriques; elle à 2 1. de haut, et à la base 3!) L de large.

T1 est dit L. c. que le sommet est perforé; si c'est là effectivement le cas, cette espèce ne saurait appartenir aux Helcion, mais rentrerait dans un autre genre; cependant je suppose que le sommet n’est pas perforé et que c’est plutôt un Infundibulum et peut-être même l’Infund. urgonense Picr. Came. de Ste-Croix, qui est presque circulaire à la base, déprimé-conique et strié sur la surface, à stries concentriques ; mais sa grandeur est double de celle du Helc. subtile. j

Esp. 917. Helc. clavatum ».

PI. XX VIIL, fig. 5 a gr. nat., vu sur le sommet; b vu de profil.

Testa exigua tenuis, suborbicularis, vertice clavato, acutissimo, reflexo et marginem posticum accedente.,

Hab. dans le grès néocomien de Khoroschéwo près de Moscou.

Cette petite coquille est presque circulaire, à sommet très saillant en crochet infléchi et rapproché du bord postérieur, qui, au dessous du crochet, est enfoncé et pourvu de petits tubercules irréguliers; la surface antérieure est lisse, et les bords sont incomplets, en sorte qu’il est impossible de dire si la coquille était arrondie ou plutôt plus longue que large.

La coquille en fragments a 2 1. de large et autant de long; sa hauteur est de 1%/4 L; le sommet est très pointu et infléchi en crochet. Elle a quelque affinité avec le Helc. conicum d’Ors. du gault inférieur de Ste-Croix, quoique le sommet soït plus aigu et recourbé en une pointe presque spirale; c’est là ce qui la caractérise et rappelle la forme d’un petit Pileopsis.

Sous-ordre IL.

Cténobranchiées W1Ec.

Famille trente-troisième.

Crépidulidées d'ORB.

La coquille en bonnet est plus ou moins élevée et contournée en spirale; le mollusque est pourvu d’un pied large, arrondi, et d’un manteau entourant le test; la branchie en peigne est fixée en arrière de la tête.

Genre CXIV. Calyptraea Lay.

Infundibulum Montr. Dispotaea et Trochella Say.

La coquille, conique et spirale, est pourvue tantôt d’une lame semicirculaire sur le côté, tantôt d’une lame qui s’enroule en spirale; le mollusque occupe toute la surface inférieure de la cloison, au dessous de la partie spirale. Ce genre se trouve dans les terrains crétacé et tertiaire, et vit encore dans les mers actuelles.

Esp. 918. Calyptr. semiglobosa ».

PI. XX VII, fig. 6 gr. nat. ; a vu sur le sommet; b vu de profil.

Bull. de Mosc. I. c. 1865. IL, p. 51.

La coquille convexe, hémisphérique et lisse, est plus large que haute; la spire est formée d’un ou de deux tours convexes, à bord arrondi, non tranchant.

Hab. dans le grès crétacé d’Ossinowo, village du gouvernement de Kharkow, et près de Kiew, à Buczak.

La coquille ne se trouve qu’en moule, sa surface paraît lisse et la spire à peine saillante et placée de côté, aux trois tiers du côté opposé, dont le bord est parcouru de stries d’accroissement distinctes et séparées . par des sillons grossiers.

La coquille à 1 p. 2 1. de large et 3 1. de haut; elle est un peu moins haute que l’Infundibulum cretaceum d'Ors. de la craie chloritée de Royan, qui s’en distingue par le bord du second tour fort tranchant et occupant presque le milieu de la surface, tandis que ce tour est beaucoup plus espacé du bord extérieur arrondi et confondu avec le tour précédent. Sa forme est hémisphérique, à sommet déprimé, non saillant.

C’est le Calyptr. trochiformis (Law.) v. Bucx * du terrain éocène de Paris, qui s’en distingue par les tours munis de petites épines.

Famille trente-quatrième.

Naticidées voy. vol L, p. 1107.

La coquille épaisse des Naticidées est spirale, sphérique ou déprimée, pourvue d’un ombilic grand ou petit; l’orifice est modifié par le retour de la spire et fermé par un opercule.

Genre CXV. Natica Apaws. voy. vol. III, p. 254.

Le mollusque volumineux rentre entièrement dans la coquille, fermée par l’opercule; les tentacules sont aigus et coniques, le grand manteau est relevé en arrière sur le test, et le pied n’enveloppe pas la coquille. Ce genre se trouve dans presque tous les terrains, et vit encore dans les mers actuelles: cependant on n’en connaît pas d’espèces jurassiques en Russie; elles manquent également au jura du Caucase et de la Crimée, comme à celui du centre et du nord de la Russie; mais elles sont très fréquentes dans le terrain crétacé de la Russie. La distinction des espèces de Natica est très difficile à cause du peu de variété des formes et de l’uniformité de la surface; elle est d’autant plus difficile que l’on n’a souvent que des moules.

Esp. 919. Nat. Calypso d’Ors.

Paléont. fr. Terr. jurass. 1. c. p. 202. PI. 292, fig. 9—10. Actaeon laevigatus Rourzrer, Bull. de Mosc. I. c. 1846, IV. PI. C, fig. 18

et 1848. I, p. 270 (sans description).

= La coquille allongée est conique, à tours grossissant assez rapidement, peu convexes, lisses, presque plats, en légers gradins à bord légèrement renflé; l’ouverture ovale à le bord columellaire un peu encroûté; la base se prolonge en un bord court et excavé.

Hab. dans l'argile jurassique de l’étage oxfordien supérieur de Khoroschéwo et de Goliowo près de Moscou, ainsi que dans le corallien des Ardennes, près de Neuvisi.

L’individu de Goliowo a 8 1. de long et près de 4 IL. de large au dernier tour, qui est ventru et plus long que la spire de 5 ou 6 tours. Les tours sont marqués de stries d’accroissement à peine indiquées; ils

sont séparés par des sutures profondes. L'ouverture est oblongue, pointue en-haut et arrondie à la base.

* Murcmison, Geology of Russia I, p. 286.

La forme générale très allongée rapproche notre espèce des Phasianelles plutôt que des Natiques, mais le N.Crithea de l’oxfordien inférieur des Ardennes, qui a tous les caractères d’un véritable N atica, se caractérise par un semblable allongement presque aussi considérable; son ombilic très étroit est à peine marqué, comme chezle Nat. Calypso, qui cependant n’est pas pourvu près de la suture d’un méplat fortement canaliculé, e

M. Router * à fait figurer une autre espèce de Natique, qu’il nomme pourtant Buccinum laeve, sans en donner la description; la figure est si mal faite qu’il est impossible de décider si c'est effectivement une Natique; néanmoins elle rappelle un peu ce genre, surtout le Nat. Calypso, avec lequel ce fossile s’est trouvé dans la même argile Jurassique noire de Goliowo.

Esp. 920. Nat. Sautieri Coquanp.

Picrer, Paléont. suisse. Terr. crét. de Ste-Croix p. 375. PI. 75, fig. 1 —2.

La coquille est plus longue que large, les tours de la spire sont très convexes et séparés par de profondes sutures; l'ouverture est oblique, ovalaire, aiguë en haut du côté droit, et arrondie en bas du côté gauche; l’ombilic est très profond en forme de trou cylindrique.

Hab. dans le néocomien de Tschorgono, à la source de la rivière Tschernaya en Crimée, ainsi que dans l'étage valangien du néocomien de Ste-Croix.

La coquille conique est pourvue d’une spire très saillante et composée de 4 tours, dont le dernier est le plus convexe; l’ombilic est marqué d’un profond sillon. Elle a 2 p. 8 L. de haut, et le dernier tour a 2 p. de large.

La forme et la grandeur du Natica Sautieri de Ste-Croix correspondent bien avec celles de l'individu de Tschorgono, mais celui-ci est muni d’un seul sillon profond au bord intérieur de l’ombilic, tandis que l'individu de Ste-Croix en a deux au bord extérieur. Je ne possède de la Crimée que le moule, avec un petit fragment du test, muni de petits

pores.

Un autre individu de la source de la Tschernaya est plus petit, et le dernier tour est orné d’un léger enfoncement en sillon transversal, parallèle au bord supérieur près de la suture.

* Bull. de Mosc. L c. 1846, 1. PI. C, fig. 6, et Bull. de Mosc. 1. c. 1848. I, p. 269.

Esp. 921. Nat. Pidanceti Coa.

Prcrer, Paléont. suisse. 1. c. p. 380. PI. 76, fig. 1.

La coquille sigarétiforme est déprimée, à spire très courte, à peine saillante; le dernier tour est très grand, largement étalé, et l'ouverture large, allongée et arrondie; l’ombilic offre un enfoncement ovalaire.

Hab. dans le néocomien de Biassala et de T'erenaïr en Crimée, ainsi que dans le valangien de Ste-Croix en Suisse.

La coquille a été placée autrefois par M. CoquanD dans le genre Sigaret, et d’après PICTET, quelques doutes sont permis à cet égard, puis qu’on ne connaît pas bien la forme de la région columellaire, qui est également trop encroûtée dans mes échantillons. Ces derniers sont beaucoup plus petits que ceux de l’étage du néocomien inférieur de Ste-Croix; l’un d’entre eux montre le profond et large enfoncement de la région columellaire, au lieu d’un ombilic, et la spire peu saillante, comme lespèce de Ste-Croix, quoiqu'il n’ait que 1 p. 2 1. de large à l'ouverture, tandis que celle-ci à près de 3 p. de large. Les deux autres échantillons s’en distinguent un peu par leur spire, qui est plus saïllante au dessus du dernier tour, cependant la forme et la grandeur sont les mêmes que celles du premier échantillon.

Esp. 922. Nat. Sueurii Prer. Renev.

“Paléont. suisse, Fossiles du terrain aptien 1. c. p. 37. PI. 3, fig. 9.

Coquille sigarétiforme, à spire très courte, non saillante au dessus du dernier tour: les tours, au nombre de 3 ou 4, sont aplatis dans leur partie visible; le dernier est arrondi, convexe et marqué de grosses stries d’accroissement; les tours sont séparés par des sutures étroites et profondes ; l'ouverture est très grande, semi-lunaire; l’ombilic nul.

Hab. dans le néocomien de Biassala en Crimée, ainsi que dans le terrain aptien de Ste-Croix.

Le seul individu que je possède de la Crimée ressemble en tout point à l’espèce remarquable de Ste-Croix, qui n’existe également qu’en un seul échantillon. L’individu de la Crimée a les mêmes dimensions; il est plus large que haut; la largeur de l'ouverture est de 1 p. 6 L., sa hauteur de 1 p., mesurée du côté de la spire; la surface est marquée de grosses stries d’accroissement très serrées.

Cette espèce a beaucoup d’affinité avec le Nat. acutimargo Rôm. F de la craie supérieure de Quedlinbourg, qui ne s’en distingue que par

* Fr, An, Rômer, Norddeutsch. Kreidegeb. I. c. p. 83. PI. 12, fig. 14.

l’ouverture plus grande, surtout plus haute, mesurée depuis la base de Vombilic jusqu’en haut près de la spire. Elle ressemble aussi au Nat. hemisphaerica d’Ors. * des terrains corallien eb kimméridien, mais le côté columellaire n’a qu’un simple encroûtement étroit et peu épais, au lieu d’un enfoncement étroit et allongé; la ressemblance est effectivement très grande et remarquable.

Esp. 923. Nat. Clementina d'Ors. Paléont. fr. Terr. crét. 1. c. p. 154. PI. 172, fig. 4. Picrer et Roux, Moll. foss. des grès verts p. 179. PI. 17, fig. 1.

Petite coquille plus longue que large, à spire allongée et formée de 3 tours peu bombés; l'ouverture est oblongue, l’ombilic en fente dans le test de grandeur moyenne, mais infundibuliforme dans le moule.

Hab. dans le néocomien de Biassala en Crimée, aïnsi que dans le gault de Saxonet en Suisse.

Je n’en possède qu’un seul échantillon, dépourvu du test, le moule est lisse et brillant; la spire allongée a les tours plus bombés que Ll’espèce précédente et les suivantes; cette espèce a beaucoup de ressemblance avec le Nat. rotundata Sow. ** du grès vert de Blackdown, mais comme on ne possède que des moules du Nat. Clementina de Ste-Croix, il est, d’après M. Prcrer, tout à fait impossible, d'arriver, sans le test, à une conviction éclairée.

La coquille de Biassala a 8 L de long et 5 L. de large au dernier tour, qui à 41) 1. de haut, et est donc plus long que les tours suivants réunis.

Il paraît que le Tornatella cretacea Puscn “** de la craie chloritée de Kazimirsz en Pologne est également un jeune individu du Natica Clementina, car la petite coquille allongée est pourvue d’un ombilic au bord columellaire calleux, et le bord extérieur est tranchant; le moule ne montre pourtant pas les caractères d’un Actaeon, et il est fort peu distinct.

Esp. 924. Nat. Ervyna d’'Ors.

Paléont. fr. Terr. crét. I. c. p. 159. PI. 173, fig. 7.

Petite coquille plus haute que large, à spire composée de tours con-

* Paléont. fr. Terr. jurass. 1. c. p. 204. PI. 294, fig. 1—2. ** Min. conch. I. c. p. 438, fig. 2, Turbo rotundatus J. de C. Sow.: c’est l’espèce qui a droit au nom de Natica rotundata. *#* Puscx, Polens Palaeontologie 1. c. p. 111. PI. X, fig. 18.

vexes, légèrement saillants en gradins sans dépression; l'ouverture est ovale et l’ombilic presque fermé, pourvu seulement d’une très légère fente, qui dans le moule forme un enfoncement infundibuliforme.

Hab. dans le néocomien de Biassala, de Tschorgono et de Terenaïr en Crimée, ainsi que dans le grès vert de la Perte-du-Rhône près de Genève, et dans le gault près d’Ervy, département de l’Aube.

La coquille est plus grande et plus bombée que le Nat. Clementina, dont la spire est également plus allongée que celle du Nat. E rvyna, qui pour le reste lui ressemble beaucoup; le plus grand individu de Tschorgono à 1 p. et plus de long, et le dernier tour très bombé a 8 1. de large; il a 7 L. de haut et est par conséquent plus long que les 4 tours suivants réunis. L'ouverture est arrondie à la base et aiguë en haut; elle à 7 L. de long et 5 IL. de large; l’ombilie profond à 11/2 L. de large. Les sutures des tours sont profondes et sans dépression, à bord tranchant. S

Les individus de Biassala, dépourvus également du test, sont beaucoup plus petits que ceux de Tschorgono.

Esp. 925. Nat. congrua m.

PI. XXVIIL fig. 7 gr. nat.; a vu de profil; b vu sur l'ouverture. Bull. de Mose. 1. c. 1861. IL, p. 297.

Auersacu et Frears, Bull. de Mosc. Il, p. 493. 1846. PI. VIII, fig. 4—5, sans nom.

Natica vulgaris (Reuss) Traursem., Bull. de Mosc. 1858. IV, p. 552, avec figure.

La coquille allongée, plus longue que large, ne se trouve qu’en moule; la spire est composée de 3 tours, qui grossissent rapidement, sans s’élever très haut, en sorte qu’ils ne remplissent qu'un quart de la longueur du dernier tour très allongé et orné près de la suture de quelques enfoncements arrondis, produits, à ce qu’il paraît, par des tubercules qui y étaient fixés, comme sur tous les tours du Natica margaritifera Gozpr. du terrain ancien de Paffrath *.

Hab. dans le grès néocomien supérieur de Kotelniki près de Moscou.

La coquille est conique, à spire assez saillante et à tours peu convexes:; les sutures sont étroites et les bords des tours sans dépression et marqués, surtout sur le dernier tour du moule, de plusieurs enfoncements

arrondis, qui sur le test ont dû former des bourrelets. Le dernier est très bombé et plus long que large. L'ouverture est oblique, arrondie à

# Gozpruss, Petref. Germ. II, p. 116. PI. 199, fig. 1.

la base, et aiguë en haut à la suture; l’ombilie du moule est ovalaire. La surface montre des stries d’accroissement serrées.

Le moule à 1 p. de haut, et le dernier tour 8 1. de large. L’ouverture a également 8 1. de long et 6 L. de large au milieu. Cette espèce se distingue du Nat. vulgaris Reuss *, du plänerkalk glauconitique de Laun en Bohème, par la spire plus courte; les tours grossissent plus brusquement et sont moins hauts que ceux du Nat. vulgaris. Les bords supérieurs des tours sont dépourvus de la dépression et par conséquent fixés intimement aux sutures, sans former de gradins, comme les montrent également les figures citées du Bulletin de la Société des Natura-

listes de Moscou; par là elles se distinguent du Natica congrua, et rappellent plutôt le Nat. cretacea, dont cependant la coquille est plus déprimée et non allongée comme sur les figures citées; c’est pourquoi j'ai préferé les réunir plutôt avec le Nat. congrua, en supposant que la dépression des bords supérieurs des tours n’est pas aussi marquée que le montre la figure du Bull. de Mosc. 1846, II. PL VILLE, fig. 4—5,

Si, en effet, la dépression des bords aux tours des moules figurés (dans le Bull. de Mosc. 1858. IV, p. 552.) de Kotelniki, est bien distincte et prononcée, je serais porté à les réunirau Nat. vulgaris Reuss, comme l’a fait aussi M. Traurscxozp (1. c.), qui dit que cette espèce ne laisse aucun doute sur son identité avec le Nat. vulgaris du terrain crétacé supérieur, quoique plus tard il ait considéré ce terrain crétacé comme un terrain jurassique. — Quant au Nat. Calypso du même terrain de Moscou, jen ferai mention plus bas, car ce n’est pas un Natica, mais plutôt un Globiconcha.

Cette coquille à beaucoup de rapports avec le Nat, mastoidea Pror. et Came. *** de l’urgonien de Ste-Croix, dont la forme générale est la même, mais l'ouverture est semi-lunaire, et la région columellaire du

test ornée d’une large callosité lisse, qu’on ne remarque pas sur le moule de Kotelniki.

Esp. 926. Nat. Favrina Prcr. et Roux.

Moll. foss. des grès verts de Genève I. c. p. 181. PI. 17, fig. 4.

La coquille, à peu près aussi large que longue, est pourvue d’une spire composée de tours convexes, non canaliculés sur Les sutures, formant

* Le. p. 50. PI. 10, fig. 22.

** Bull. de Mosc. 1862. IV, p. 388.

## Paléont. suisse L. c. p. 381. PI. 76, fig, 2—3.

un ensemble conique; l’ouverture est semi-lunaire, l’ombilic étroit; la surface est ornée de stries d’accroissement distinctes.

Hab. dans le néocomien de l’étage albien de la steppe des Kirghises, au nord-est de la Caspienne, dans le néocomien supérieur de Badrak en Crimée, associé à lAmorphospongia sanguisuga Mrox., et dans le terrain crétacé quarzeux plus moderne du mont Itschka aux environs d’Orenbourg, ainsi que dans le grès vert de l'étage albien de Saxonet près de Genève, et dans le gault inférieur de Ste-Croix.

Les moules de Badrak sont lisses et brillants; la spire est assez saillante, à tours arrondis et non canaliculés. Le moule a 8 1. de long et autant de large au dernier tour.

L’individu du mont Itschka est un peu plus sphérique, à tours convexes, et le test, conservé en partie, est strié, à stries d’accroissement serrées et à bords des tours simples, sans dépression; l’ombilic du moule est profond et l’ouverture semi-lunaire. 4

La même espèce se trouve, à ce qu’il paraît, dans un calcaire siliceux compacte à grains de glauconite et à petits fragments d’ambre, entremêlés de fragments de bois d’un Pinites sur une île à l’embouchure de la Lena dans la mer glaciale: l'échantillon conservé au Musée paléontologique de l’Institut des Mines est enclavé dans la roche et ne montre distinctement que le dernier tour, qui est de 1j; pouce de hauteur

-et de 1 p. de largeur, à surface garnie de stries d’accroissement assez épaisses.

Esp. 927. Nat. Rauliniana d'Or.

Prcrer, Paléont. suisse, grès verts de Genève I. c. p. 183. PI. 17, fig. 5—6.

La coquille sphérique, épaisse, est un peu plus longue que large, renflée et marquée de stries d’accroissement très prononcées; la spire peu saillante est composée de tours également convexes, disposés en gradins par suite des bords des tours déprimés; l’ouverture est semi-lunaire, encroûtée au bord columellaire; l’ombilic est couvert par Le bord columellaire.

Hab. dans le néocomien de Biassala et de Tschorgono en Crimée, ainsi que dans le grès vert des environs de Genève.

La dépression des bords des tours, par laquelle il se développe un méplat aux sutures, distingue notre espèce des précédentes; l’ombilic est assez grand dans le moule et couvert par le bord columellaire dans la coquille à test bien conservé.

Esp. 928. Nat. gaultina d'Ors.

Paléont. fr. Terr. crét. I. c. p. 156. PI. 173, fig. 3—4.

Prorer I. c. p. 184. PI. 18, fig. 1.

Nat. acutimargo Rôx., Norddeutsch. Kreïide p. 83. PI. 12, fig. 14.

Nat. canaliculata Reuss, Kreide von Bühmen I, p. 49. PI. 11, fig. 1. Natica sp. Rouuxr, Bull. de Mosc. 1849. IT, p. 353. PI. K, f. 84 (sans nom).

La coquille, légèrement déprimée, est un peu plus large que longue, renflée et marquée de stries d’accroissement très prononcées, à spire courte et composée de tours convexes et fortement canaliculés sur la suture; l’ouverture est semi-lunaire et l’ombilie grand,

Hab. dans le grès néocomien ferrugineux de Kotelniki près de Moscou, dans le gault inférieur de Kislawodsk au Caucase, ainsi que dans le grès vert de la Perte-du-Rhône et du Saxonet près de Genève.

La coquille, moins sphérique que les précédentes, se distingue principalement par sa forme déprimée, par la spire plus courte, les tours canaliculés et l’ombilic plus large. Elle a 8 L de long, 1 p. de large et se rencontre à Kotelniki toujours en moule à 4 tours et à ombilic ouvert. Elle diffère du Nat. Favrina par le méplat, qui borde les sutures canaliculées.

M. Rourczter à donné 1. c. la figure d’une espèce de Natica des environs de Moscou, sans description eb sans indication de la localité d’où elle provient; je suppose que c’est le Nat. gaultina de Kotelniki, avec lequel elle à les plus grands rapports.

L'espèce de Kotelniki se trouve dans un grès blanc sans grains glauconitiques, qui contient des concrétions quarzeuses semblables à celles d’un autre grès ferrugineux de Kotelniki. Le Nat. gaultina est associé à Kislawodsk aux Cyprina Bernensis Leym., Pectunculus subventricosus Lam, Cardium Raulinianum, Venus Orbignyana Fors. et ovalis Sow., Pecten Dutemplei d'Ors., Mytilus lanceolatus Sow. et à un grand nombre d’autres espèces *.

Esp. 929. Nat. truncata Prcr, Roux.

- Grès verts de Genève. 1, c. p. 185. PI. 18, fig. 2. La coquille déprimée, épaisse, est plus large que longue, à spire très courte, composée de tours très convexes et bordés aux sutures d’un

méplat; l'ouverture ovale est grande, et l’ombilic moyen ou grand. Hab. dans le néocomien de Biassala et de Badrak en Crimée, ainsi

* Agica I. c. Mém. Acad. Sc, IX. 1, p. 491.

que dans le grès vert de la Perte-du-Rhône et du Saxonet près de Genève.

Ce ne sont que des moules qui se trouvent en Crimée; leur dernier tour est fortement déprimé et s’élargit brusquement vers l’ouverture. Le moule à 8 1. de long, et le dernier tour 1 p. de large.

Je suis porté à réunir au Natica truncata une petite coquille des bords du fleuve Olenek, de la Sibérie orientale; elle s’est trouvée dans un calcaire grisâtre, à petits grains noirs, qui rappelle le gault; Vindividu ressemble à la figure citée de M. Prcrer. M. le comte Keyser- LING * l’a décrit sous le nom de Neritina adducta (Pæzx.) du terrain jurassique du Yorkshire; je supposerais plutôt que c’est le Natica truncata ou une autre espèce voisine du grès vert du Saxonet, quoiqu'il soit plus petit. Il a 3 L. de haut et autant de large au dernier tour; mais il est accidentellement déprimé, étant pourvu d’un ombilic très petit et recouvert par le bord columellaire; la surface est parcourue de stries d’accroissement distinctes et nombreuses, et l’intérieur est nacré. Sa forme est entièrement celle du Nat. truncata du Saxonet, L’individu est conservé dans ma collection.

Esp. 930. Nat. Rhodani Pror. Roux.

Grès verts de Genève I. c. p. 182. PI. 17, fig. 3.

Petite coquille sphérique, un peu plus haute que large, à spire très courte, composée de tours peu convexes, dont le dernier est marqué près de la suture d’une dépression oblique à l’axe; l'ouverture est semi-lunaire, épaissie à son bord columellaire, qui rétrécit l’ombilic.

Hab. dans le néocomien de Biassala en Crimée, ainsi que dans le grès vert de la Perte-du-Rhône.

Cette espèce rappelle le Nat. Dupini Levy. ** m gault d’Ervi en France, qui cependant s’en distingue par une sillon transverse, en-

tourant la partie du dernier tour près de son bord supérieur.

Cette espèce n’est pas rare à Biassala; la spire se compose de 4 tours, qui grossissent doucement et ne forment que la moitié du dernier tour; elle à 7 1. de long et 61)2 L. de large. L’ombilic est à demi-couvert par l’enroulement du bord columellaire.

* Minpenporrr, Sibirische Reise 1. c. I. 1, p. 254. PI. IV, fig. 12. ## Paléont. fr. Terr, crét. p. 158. PI, 173, fig. 5—6.

Esp. 931. Nat. serialis ».

PI. XX VII, fig. 8 gr. nat.; a vu de profil; b vu sur l’ouverture.

Géogn. de Russie (en russe) p. 533.

Cassistexta (Lan.) Hezmersen, Bull. scient. de l’Acad, des Sc. de St. Pétersb.

Testa parva globosa, aequaliter lata quam alta, anfractus spirae quatuor planis, in eadem cum ultimo, anfractu planitie dispositis et suturis impressam lineam referentibus ab invicem sejunctis; striis incrementi prope aperturam perquam conspicuis; apertura ovata, infero margine rotundato, dilatato, supero angusto acutoque, columellari late varicoso, umbilicum angustante.

Hab. dans le grès vert de la steppe des Kirghises, sur les bords des fleuves Manisse et Tebene, associé au Chama plauensis Gex. * du pläner inférieur de Plauen près de Dresde.

La coquille sphérique est presque aussi haute que large, à spire peu saillante et formée de 3 tours déprimés, à sutures étroites à peine enfoncées; le dernier tour très bombé est marqué de grosses stries d’accroissement, disposées en rangées obliques; l'ouverture est ovalaire, à bord inférieur élargi et arrondi, à bord supérieur aigu; le bord columellaire calleux recouvre à demi l’ombilic rétréci.

La coquille est pourvue d’une spire très basse, dont les tours sont placés au niveau du dernier tour et forment un plan égal avec lui; elle est tantôt un peu plus saillante, tantôt presque toute plane, à peine saillante, comme dans le Nat. fasciata Gozpr. ** du terrain crétacé de Maestricht. La surface du dernier tour est parcourue de stries d’accroissement épaisses, très marquées près du bord de louverture; l’ombilic, en fente, est recouvert par le bord calleux de louverture.

La coquille a 8 L. de haut et presque autant de large. Cette espèce rappelle le Nat. Dupini Levy. du gault d'Ervy, qui est un peu plus grand et toujours marqué, près du bord supérieur du dernier tour, d’un sillon transverse, tandis que le Nat. serialis ne montre qu'un trait léger en ligne enfoncée, qui entoure les deux derniers tours; ce trait est

* Le Chama plauensis GEIN. (Quadersandsteingebirge. Freiberg, 1849, p. 20. PI. XL, fig. 10— 11) a tout à fait la même forme que lindividu de Plauen, quoiqu'il soit un peu plus petit; le sommet allongé de la valve inférieure est très grêle, courbé et contourné du côlé pourvu d’une carène latérale; la coquille se dilate brusquement vers le bord inférieur arrondi, et présente de ce côté une large et profonde échancrure.

** Petref, Germ. II, p. 120 PI. 199, fig. 14.

Eichwald, Lethaea rossica. II. 52

ordinairement rudimentaire et même nul, c’est ce qui le distingue du sillon profond du Nat. Dupini, dont la spire est en outre plus saillante, à sutures profondes. L'ouverture des deux espèces cependant a la même forme, et son bord columellaire calleux recouvre également l’ombilic de l’une et de l’autre espèce.

Le Nat. epiglottina (Lam.)* Aprc du calcaire nummulitique de PAral appartient également au Nat. serialis, car la forme et la grandeur sont entièrement les. mêmes et le distinguent suffisamment du Nat. epiglottina du calcaire éocène de Paris.

Esp. 932. Nat. Dupini Levm.

D'Orgieny I. c. p. 158. PI. 173, fig. 5 —6.

La coquille est plus haute que large, épaisse et marquée de fortes stries d’accroissement; la spire est composée de tours peu convexes, légèrement excavés sur la suture, et marqués près du bord d’une forte dépression transvérse, surtout distincte sur le dernier tour.

Hab. dans le gault de Kursk, dans le grès néocomien près de Kislawodsk au Caucase, ainsi que dans le gault d’'Ervy en France.

L'ouverture est semi-lunaire et l’ombilic étroit.

La coquille à 1 p. 4 1. de haut et 1 p. et plus de large. C’est dans le grès vert supérieur que l’espèce se trouve à Kislawodsk; elle se rencontre également dans le gault inférieur de la même localité**, Il paraît que le Natic. Geinitzii d'Ors. ***, du gault ferrugineux de Koursk, appartient aussi à cette espèce, quoique l'ouverture mutilée soit dépourvue de bords et ne montre pas les caractères distinctifs.

Esp. 933. Nat. excavata Micx.

Miouezin, Mém. de la Soc. géol. de France 1836. PI. 12, fig. 4. d'Ongieny, Paléont. fr. Terr. crét. 1. e. p. 155. PI. 173, fig. 1—2.

Petite coquille moins haute que large, à spire très courte, formée de tours étroits peu saillants et séparés par des sutures profondes; le dernier tour convexe est comme caréné au bord supérieur, eb marqué d’une dépression semblable à celle des tours précédents; l'ouverture ob-

* Agicu, Beitr. zur Paläont. d. asiat. Russlands, voy. Mém., de l’Acad. des Sc. de Pétersb. 1859, p. 559. PI. I, fig. 5.

** Agicu, vergl. Grundzüge, voy. Mém. de l’Acad. des Sc. de Pétersb. T. IX. partie I, p. 491.

*##* E. Hormann, Monographie d. Gault-Verst. v. Kursk I. c. p. 59. PI. 16, fic. 6.

lique est pourvue du bord columellaire simple, non calleux, et l’ombilic est large et profond.

Hab. dans le néocomien de Biassala en Crimée, ainsi que dans le gault d'Ervy en France.

L'espèce du gault de France est de grandeur double, l'individu de Biassala n’offrant que 4 lignes de haut, et au dernier tour 6 1. de large; c’est ce qui caractérise aussi les grands individus d’Ervy. L’individu de

Biassala est dépourvu du test, et par suite les sutures sont profondes et larges.

Esp. 934. Nat. praelonga Desx.

Desxayes, voy. Levmérie, Mém. de la Soc. géol. de Fr. T. V,I. Paris. 1842, p 13. PI. 16, fig. 8.

D'Orgicxy, Paléont. fr. Terr. crét. p. 152. PI. 172, fig. 1.

La coquille conique est allongée et lisse, à tours arrondis, convexes, légèrement saillants en gradins, et à ouverture ovale et comprimée, à bord extérieur arrondi, et à bord intérieur droit; l’ombilic du moule est très large et profond.

Hab. dans le terrain crétacé de l’argile bleue cénomanienne des environs de Kiew, ainsi que dans le calcaire à Spatangues du néocomien inférieur de Vendeuvre au département de l’Aube.

Je ne connais que le moule très allongé de l'espèce néocomienne; il a 1 p. 6 IL. de long et au dernier tour 9 L. de large; il est composé de 3 tours, qui grossissent lentement et sont divisés par des sutures profondes et larges. L'ouverture du moule du dernier tour est presque semilunaire, à bord extérieur arrondi, et à bord intérieur droit; elle est aiguë à sa base, arrondie et rétrécie en haut; elle a 8 I. de long et 41)2 L de large au milieu. L’ombilic est très large, profond, et également en demilune; il a 6 1. de long et 4 1. de large au milieu.

Esp. 935. Nat. cretacea Gozpr. (non Bron) Petref. Germ. IL, p. 119. PI. 199, fig. 12.

La coquille, de grandeur moyenne, est sphérique, légèrement élargie, à spire assez saïllante et à tours pourvus du bord supérieur caréné et séparé du tour précédent par des sutures profondes, le dernier tour se prolonge en un bord élargi; le bord columellaire de l’ouverture ovalaire est entier, non calleux, et l’ombilic peu profond.

Hab. dans le grès néocomien supérieur de Kotelniki, dans le cénomanien d’Ossinowo du gouvernement de Kharkow, dans le même terrain

de Buczak près de Kiew, et dans la craie marneuse de Baktschissaraï en Crimée, ainsi que dans le grès vert d’Aïx-la-Chapelle.

La coquille ne se trouve qu’en moule; elle est déprimée, à spire peu saillante et formée de quatre tours, qui grossissent brusquement; le bord supérieur des tours est caréné, les sutures sont profondes et offrent un méplat oblique. Le dernier tour est très convexe, s’élargit vers l’ouverture, à bord columellaire simple, non calleux, et l’ombilic est profond et ouvert.

L’individu de Kotelniki à 7 1. de haut et 8 I. de large, mesuré au dernier tour. Les stries d’accroissement sont bien marquées sur les moules, comme indice que le test était pourvu de ces stries. Il à quelque ressemblance avec le Nat. truncata du grès vert, pour lequel je l’aurais pris, si l'ouverture était complète, afin de mieux en juger. Par suite d’un accident, l’individu de Baktschissaraï est trop déprimé et par là encore plus indistinct, quoique sa forme générale se rapporte parfaitement à la figure du Nat. cretacea donnée par M. Gorpruss. L’individu d’Ossinowo est intermédiaire entre les deux autres ; son ombilic est plus grand que celui de l’individu de Baktschissaraï et rappelle par là également le Nat. truncata. G

Quant au Nat. vulgaris Reuss. * du plänerkalk de Laun en Bohème, il ne saurait être confondu avec le Nat. cretacea, car il est

- beaucoup plus allongé, à spire très saillante et offrant plus que la moitié de la hauteur du dernier tour; la surface est ornée de stries d’accroissement, coupées par des stries transverses, ornement qui manque au Nat. cretacea. Je ne l’ai pas observé dans le terrain crétacé de Russie; il se trouve dans le quadersandstein inférieur de Tyssa et de Kislingswalda en Saxe, et rappelle beaucoup le Natica Clementina et même leNat. gaultina.

Esp. 936. Nat. difficilis d'Or,

Paléont. fr. Terr. crét. p. 163. PI. 174, fig. 4.

La coquille allongée est plus haute que large. à spire fort peu saillante et formée de tours convexes; les sutures sont étroites, à peine enfoncées ; le dernier tour s’élargit brusquement vers l’ouverture et devient par là fort oblique; l’embilic est assez étroit et non recouvert par le bord columellaire simple, non calleux.

Hab. dans le cénomanien d’Ossinowo au nord de Kharkow, ainsi que dans la craie chloritée du département de la Charente-[nférieure.

* Rauss, Kreidegeb. v. Bôhmen IL. c. PI. 10, fig. 22.

La coquille, à spire déprimée, offre le dernier tour bombé et fort allongé obliquement vers l'ouverture; il est grossièrement strié, à stries d’accroissement très marquées, presque lamelleuses, comme le Nat. lamellosa Rôm. * de la marne crétacée supérieure de Kislingswalda; la forme de ce dernier est cependant plus droite, et le dernier tour moins oblique et moins prolongé.

La coquille à 1 p. 2 1. de long et 1 p. 1 L. de large; elle a par conséquent la même grandeur que l'espèce type; la surface est marquée de stries d’accroissement grossières, même sur le moule, tandis que ces stries ne se remarquent pas sur le moule de la Charente. L’ombilic de l'individu d'Ossinowo est petit et non recouvert par le bord columellaire simple. 5

Esp. 937. Nat. royana d'Ors.

Paléont. fr. Terr. crét. 1. c. p. 165. PI. 174, fig. 6.

La coquille, plus arrondie et sphérique, est presque aussi large que haute, à spire formée de tours très renflés et convexes; l’ouverture est large et ovale, l’ombilic étroit.

Hab. dans le cénomanien d’Ossinowo au nord de Kharkow, dans la craie marneuse près de Krementschough sur la rive droite du Dnjepr, à peu près à 150 verstes de Buczak; dans le calcaire crétacé supérieur du mont Itschka aux environs d’Orenbourg, ainsi que dans la craie supérieure de Royan dans le département de la Charente-Inférieure.

Je n’en connais que des moules, très difficiles à caractériser; la coquille nest pas même complète, car elle manque du dernier tour; elle à 8 1. de long et 7 IL. de large, ce qui la distingue de l’espèce type; l’ombilic du moule est assez profond et allongé; il paraît avoir été recouvert par le bord columellaire calleux, qui cependant ne s’est pas conservé dans l'individu d'Ossinowo ; il est lisse, et les stries d’accroissement n’étaient pas aussi marquées que sur le Nat. difficilis.

Genre CXVI. Neritopsis Sow.

La coquille hémisphérique, non ombiliquée, à l’ouverture fermée par un opercule pierreux; le bord columellaire est échancré et dépourvu des dents qui ornent le bord columellaire des Nerita. Ce genre se trouve dans les terrains crétacé, tertiaire, et vit encore dans les mers actuelles,

* Norddeutsches Kreidegeb. I. c. p. 83. PI. 12, fig. 13.

Esp. 938. Neritops. costulata Rôm. sp.

Norddeutsche Kreïde 1. c. Hannover 1841, p. 82. PI. 12, fig. 12. Neritopsis ornata D’Ongieny, Paléont. fr. Terr. crét. p. 176. PI. 176, fig. 8—10.

La coquille, fortement déprimée, est plus large que haute et fort élargie à la base; les tours, à peine saillants, sont enveloppés par le dernier tour, qui est très grand et convexe, à ouverture arrondie et aussi large que haute; la surface est couverte de côtes transverses, à interstices plus larges que les côtes, et pourvue de stries longitudinales serrées.

Hab. dans le calcaire chlorité inférieur à l’est d’Oustssyssolsk sur la rivière Wytschegda, ainsi que dans le plänerkalk de Plauen près de Dresde, et dans la couche moyenne inférieure des craies chloritées de Rouen.

La coquille est plus grande que celle de la Saxe et approche en grandeur celle de Rouen; -un petit individu de la Wytschegda à 7 1/2 1. de large et 51) 1. de haut, mesuré au dessus de l’ouverture de la coquille; le dernier tour occupe toute sa hauteur, la spire ne faisant presque pas de saillie au sommet. Les sutures sont peu marquées, la base du dernier tour est convexe, et l’ouverture arrondie, à peine semi-lunaire ; le bord columellaire échancré arrive jusqu’au bord supérieur et forme l’échancrure à Vouverture, qui à 31/2 1. de haut et autant de large.

Famille trente-cinquième.

Rissoïdées.

La coquille des Rissoïdées est petite, allongée, à ouverture entière ou subtronquée, tantôt circulaire, tantôt semi-lunaire, ayant le bord extérieur ordinairement épaissi en dedans et un peu aminci en haut. Les genres Rissoa et Rissoina sont les représentants de la famille; M. Prcrer leur associe aussi le Tylostoma ou Varigera, rangé précé-

demment dans la famille des Actaeonidées ou dans celle des Pyramidellidées.

Genre CXVII. Tylostoma SHARPE.

Varigera d'Ors.

La coquille allongée a la spire plus ou moins saillante; l'ouverture semi-lunaire, moins grande que celle des Naticées, avec lesquelles elle a une grande ressemblance; le bord extérieur est muni d’un épaississement, qui paraît se répéter à certains intervalles pendant la croissance,

de sorte qu’il laisse aussi sur le moule des traces de son existence sous la forme de dépressions régulièrement disposées. Ce genre ne se trouve que dans le terrain crétacé et ne se rencontre plus à l’état vivant.

Esp. 939. Tylost. lineatum #.

PI. XX VIII, fig. 10 gr. nat.; a grossi, vu de profil; b grossi, vu sur l'ouverture ; c grand. nat.

Testa fusiformis, ultimo anfractu perquam convexo, globoso, sublaevi, lineis tamen transversis densis, intervallisque leniter punctatis ornata, striis incrementi numerosis illas decussantibus et simplici sulco longitudinali, vestigia incrementi anfractus indicante notatis, spirae anfractibus sex pluribusve, laevibus, in acutum apicem excurrentibus.

Hab. dans le néocomien ou gault inférieur d’Antonowo sur le bord de l’Oka dans le gouvernement de Tambow.

Petite coquille en fuseau, à dernier tour ventru, sphérique et garni de stries transverses à peine distinctes, séparées par des intervalles légèrement ponctués, eb coupées par d’autres stries d’accroissement très serrées, également peu distinctes, sauf le sillon longitudinal, qui paraît, pendant la croissance, à certains intervalles sur le dernier tour. Les sutures sont assez profondes, séparées par un léger enfoncement en gradin des tours précédents.

La forme de cette petite coquille rappelle celle du Tylostoma Rochatianum Pret. Cawr. * de l’aptien de Ste-Croix, mais sa grandeur est très différente: l’individu d’Antonowa n’a que 4 1. de long, tandis que celui de Ste-Croix à 1 p. 6 lignes.

Esp. 940. Tylost. Rochatianum Prer. Came.

PI. XXVIIE, fig. 9 gr. nat.; a vu de profil; b vu sur l’ouverture. Paléont. suisse I. c. Sér. 3ième, Genève 1861—64, p. 356. PI. 73, fig, 12 — 13.

La coquille allongée est conique, à spire croissant sous un angle un

. peu convexe, et pointue, composée de 5 ou 6 tours en gradins et séparés

par des sutures profondes; le dernier tour est un peu plus grand que la moitié de l’ensemble. L'ouverture est moyenne, arrondie à la base, et

pointue en haut; la surface est lisse, marquée seulement de stries d’ac-

croissement, dont quelques-unes sont les épaississements du bord extérieur résultant de la croissance des tours.

Hab. dans la craie marneuse de l’étage aptien inférieur de Petrowskaya près d’Izoume, ainsi que dans le même terrain de Ste-Croix en Suisse.

# Varigera Rochatiana Picrer, l'errain aptien I. c. p. 33. PI 3, fig. 6.

La coquille a 9 1. de long et 5 1. de large au dernier tour, dont l'ouverture à 4 1. de haut et 3 IL. de large; chaque tour es marqué d’un épaississement longitudinal, représentant la trace du bord antérieur du dernier tour. L’espèce de la Suisse est de grandeur double.

Esp. 941. Tylost. Laharpi Picr. Came.

Paléont. suisse I. c. p.350. PI. 73, fig. 1—2.

La coquille est ovale, à spire composée de 5 ou d’un plus grand nombre de tours convexes, nettement séparés par des sutures en gradins ; le dernier tour est plus court que la longueur de l’ensemble des tours de spire.

Hab. dans le calcaire jaune crétacé du même étage aptien de Petrowskaya, ainsi que dans l’étage valangien de Ste-Croix en Suisse.

La coquille a 1p. 2 1. de long ou davantage, et le dernier tour offre une largeur de 7 1.; il a la moitié de la longueur de l’ensemble des tours de spire. On n’en connaît que le moule, qui est difficile à caractériser.

Esp. 942. Tylost. depressum Pror. Cawr.

Paléont. suisse I. c. p. 355. PL 73, fig. 10—11.

La coquille est plus courte que les espèces précédentes, parce qu’elle est presque sphérique, la spire saïllante est composée de tours en gradins, qui occupent la moitié de la longueur de la coquüille; sur la suture, le dernier tour est fortement déprimé en un large gradin, et le tour précédent est un peu moins haut que le dernier; les tours sont convexes et lisses.

Hab. dans la craie marneuse rougeâtre de l’étage aptien ou urgonien de Petrowskaya près d’Izoume, ainsi que dans le calcaire jaune urgonien de Ste-Croix.

Le moule, que je connais seul, a près de 9 L de long et 6 L. de large; la spire occupe environ la moitié de la longueur de la coquille; le dernier tour est très convexe et comme déprimé. Les traces de la croissance du bord extérieur ne sont pas bien distinctes sur les tours, de même que sur l’espèce précédente, car ce ne sont que des moules incomplets. :

Famille trente-sixième.

Actaeonidées voy. vol. IL, pag. 258.

La coquille operculée est dépourvue d’épiderme, et la columelle presque toujours munie de plis distincts; la surface est marquée de stries ponctuées, c'est-à-dire de petites fossettes en lignes transversales.

Genre CXVIII. Actaeon MonrTr.

Tornatella Law.

La coquille oblongue, à spire courte ou saillante, est marquée de stries ponctuées transversales; l’ouverture, fermée par un opercule corné, est arquée, élargie et non échancrée; le bord extérieur est tranchant et simple ; la columelle est munie tantôt de plis irréguliers assez gros, tantôt elle est dépourvue de plis. Ce genre se trouve dans les terrains jurassi-

que, crétacé, tertiaire, et vit encore dans les mers tropicales. | Le nom Actaeon, donné en 1810, a la priorité sur celui de Tornatella, qui a été publié en 1822 par M. ne LAMARCK, quoique celui-ci soit admis maintenant par quelques paléontologistes; un autre genre À ctaeon, établi pour une Aplysie vivante (Elysia Risso) par M. OKex en 1815, a dû par conséquent disparaître du système. Il existe pourtant des doutes sur la place que doivent occuper certaines espèces tertiaires et crétacées d'Actaeon, qui font des transitions aux Avellanes, A ctaeonines et à d’autres genres, très voisins l’un de l’autre.

Esp. 943. Act. Frearsianus d’Ors.

PI. XXVIIT, fig. 11 a gr. nat.; c grossi, vu de profil, grossi: b vu sur l'ouverture ;

d fragment du test, grossi.

VERNEUIL, Paléont. de Russie 1. c. p. 449. PI. 37, fig. 8—11.

La coquille obiongue, allongée, conique, est formée de tours un peu conxexes, en légers gradins et ornés en travers de 3 ou 4 sillons ponctués; le dernier tour est plus long que la spire; l'ouverture, ovale et rétrécie, a le bord extérieur tranchant, et l’intérieur marqué de 2 gros plis saillants.

Hab. dans le calcaire schisteux jurassique de l’étage oxfordien de Makariew sur la rivière Ounja, dans le calcaire oxfordien supérieur de Kotéitschi sur la Nerskaya, dans l'argile jurassique de Khoroschéwo près de Moscou, et dans l’oxfordien inférieur de Nigranden en Lithuanie, en une variété offrant 8 ou un plus grand nombre de stries transverses sur les tours.

Les individus de Makariew sont plus allongés et moïns larges que ceux de Nigranden; les sillons ponctués de ceux-ci sont en outre plus nombreux et plus rapprochés; la coquille de Nigranden a 212 1. de long et 1 1. de large, tandis que celle de Makariew, de la même longueur, est un peu plus mince; c’est peut-être une variété due à l’âge, modifiée par la localité. On cite * aussi cette espèce du terrain néocomien ou grès

* Bull. de Moscou I. c. 1865. I, p. 18.

noirâtre à Aucelles de Khoroschôwo, mais il paraît que c’est l'argile jurassique noire dans laquelle elle s’est trouvée.

Esp. 944. Act. Petschorae Keys. :

Petschorareise 1. c. p.320. PI. 18, fig. 22—28.

Petite coquille ovale, pourvue d’une spire non saillante; le dernier tour est très grand, sphérique et sillonné, à 20 sillons transverses ponctués, bien appréciables; l’ouverture élargie est arrondie à la base, et aiguë en haut; le bord extérieur est simple et tranchant, le bord columellaire excavé au milieu et pourvu d’un pli.

Hab. dans le calcaire douteux, peut-être néocomien, de Polouschino dans le pays de la Petschora.

La coquille n’a que 3 lignes de long et 1 1. de large; l’ouverture occupe presque la moitié de la coquille, la spire n’est presque pas visible.

Je nai pas vu l'individu décrit par le comte KeysERLING.

Esp. 945. Act. striatulus Keys.

Petschorareise |. c. p. 320. PI. 18, fig. 24— 254 |

Petite coquille allongée, pourvue d’une spire saillante et composée de 3 tours convexes, qui grossissent brusquement, le dernier tour est très long, convexe, il est beaucoup plus long que les tours réunis; l’ouverture

est ovalaire, à bord basal arrondi et obtus, à angle supérieur aigu; le bord extérieur est tranchant, et le columellaire simple, sans pli. L’ombilic est à peine distinct. La surface est striée, à stries très fines, transverses et serrées.

Hab. dans le même terrain, à ce qu’il paraît néocomien, sur la rivière Wisinga, au pays de la Petschora.

La coquille n’a que 2 1. de long; la surface est marquée de stries très fines transverses, coupées par des stries d’accroissement également fines, entre lesquelles il y a, près de la base de la coquille, 11 ou 12 sillons transverses.

Cette espèce a des rapports avec l'Actaeon Dupinianus d'Ors. du terrain néocomien de la France, qui cependant est plus svelte et pourvu d’une spire plus allongée et composée de 4 ou 5 tours, le bord columellaire est légèrement épaissi, et l’ouverture plus longue et moins large que celle de Act. striatulus.

Esp. 946. Act. laevigatus Roux.

Bull. de Mose. I. c. 1846. IV. PI. C, fig. 18 grossie, et I. c. 1848, [, p. 270 (le vom seul, sans description).

Bull. de Mosc. 1. c. 1860. IV, p. 352 (contenant la description d’autres espèces et le nom seulement de celle-ci).

La coquille allongée, conique, a la spire très saïllante et formée de 5 tours, qui grossissent doucement, à sutures légèrement marquées; l’ouverture est oblique, à bord extérieur tranchant, et à bord columellaire dépourvu de plis.

Hab. dans l’argile jurassique de l’étage oxfordien supérieur de Goliowo, de Mniéwniki et de Dorogomilow aux environs de Moscou, et au nord de l’Oural sur la rivière Ssoswa.

Cette espèce est douteuse, car je n’en connais que la figure; celle de Moscou est petite, cependant la grandeur naturelle n’est pas connue, et c’est probablement un moule, car les ornements lui manquent entièrement. ŒElle ressemble un peu à l’'Actaeonina sparsisulcata d'Ors. du lias moyen, qui s’en distingue par l’ouverture plus allongée et plus rétrécie, et par des stries obliques à la base du bord columellaire, qui est légèrement calleux: la spire n’est pas aussi saillante que celle de l'A ctaeon elongatus, en sorte que c’est une espèce particulière, qui cependant a de grands rapports avec le Natica Calypso d'Ors. * de l’oxfordien inférieur des Ardennes; mais celui-ci, plus grand, est pourvu d’un ombilie, recouvert en partie par le bord columellaire légèrement calleux. La coquille elle-même est plus allongée et moins élargie que celle de l'Actaeon laevigatus RouILz., qui paraît manquer également du canal excavé des tours de la spire, tandis que ces tours ne sont pas lisses, comme ceux de l’Act. Calypso, mais ornés, d’après la description, de lignes transversales.

Un petit moule d'échantillons de l'Actaeon laevigatus se trouve aussi dans le terrain oxfordien supérieur de la rivière Ssoswa au nord de l’Oural; il n’a que 213 1. de long et 11/3 L de large au dernier tour, et est à peu près de la grandeur de l’individu de Goliowo, tandis que l’espèce des Ardennes, l’Act. Calypso, a 11 L de long et 6 1. de large au dernier tour, sur lequel on ne remarque pas de stries ou lignes transverses, qui manquent également à la spire. L’ombilic rudimentaire du moule de l’Act. laevigatus de la Ssoswa est encroûté par la base du bord columellaire.

Esp. 947. Act. cinctus Rouizr.

Bull. de Mosc. I. c. 1846, IV. PI. C, fig. 17 grossi et 1847. IT, p. 405, ainsi que Bull. de Mosc. 1848. I, p. 270 (sans description).

La coquille sphérique est pourvue d’une spire fort peu saïllante, et

* Paléont. fr. Terr. jurass. p. 202. LPI. 292, fig. 9—10.

du dernier tour très large et convexe, garni de 6 sillons transverses, espacés irrégulièrement; d’autres stries, plus rapprochées et plus courtes, occupent la base du bord columellaire.

Hab. dans le néocomien supérieur de Khoroschôwo près de Moscou.

La surface de la coquille est lisse et sillonnée, à sillons ponctués, disposés à des distances très différentes; les stries d’accroissement sont très rapprochées; l'ouverture s’élargit brusquement à la base, et se rétrécit en haut; le bord columellaire est profondément concave à sa base et paraît dépourvu de plis; du moins la figure citée n’en. montre pas. La grandeur n’est pas connue, car la figure est grossie, et la grandeur naturelle de l'individu n’est pas indiquée.

M. Router * a donné la figure d’une autre espèce de Goliowo près de Moscou, de l’Actaeon elongatus Rouizz., qu’il a présenté seulement aux traits du contour, en sorte qu’il est difficile de dire si c’est effectivement une espèce d’'Actaeon ou non; l’ouverture n’a pas de plis au bord columellaire, et c’est plutôt un Natica qu'un Actaeon: peutêtre le Natica Ervyna du néocomien de Biassala.

Esp. 948. Actaeon simulatus BRanD sp. aff.

Sowerg8y, Min. conch. 1. c. vol. Il, p. 144. PI. 163, fig. 5 —8. Agicu, Tertiärfossilien v. Aral, voy. Mém: de l’Acad. des Sc. de Pétersb. vol. IX. = 14859, p. 558. PL L fig. 7. |

Petite coquille oblongue, à dernier tour très épais et à spire composée de tours convexes et peu séparés par des sutures; la surface est marquée de sillons ponctués, et l’ouverture allongée et élargie pourvue d’un bord columellaire à 2 plis gros et dirigés vers la base; le bord extérieur est tranchant et strié en dedans.

Hab. dans le terrain nummulitique, ou, à ce qu’il paraît, crétacé supérieur des environs du lac d’Aral, et dans le London-clay de Barton-Cliff en Angleterre. |

La coquille de l’Aral diffère un peu de celle de Barton- Clif, qui semble appartenir au genre Avellana, car M. Sowergy dit I. c. sin one of the specimens from Highgate the outer lip is thickened and crenulated within:* c’est ce qu’on n’observe pas sur l’individu de PAral, qui diffère également, d’après M. Agrca I. c., de toutes les espèces du bassin parisien; je serais par conséquent porté à en faire une nouvelle espèce et à admettre pour la localité de l’Aral un terrain crétacé supé-

* Voy.l.c. PI C, fig. 16 (sans description).

rieur; elle a de grands rapports avec lAvellana (Ringinella) inflata d’Ors. du grès vert des environs d’Ervy et d’autres localités, mais le bord extérieur est également muni d’un péristome épais, comme les Avellanes en général. La coquille du bord de l’Aral à 12 p. de long.

Genre CXIX. Actaeoncella d'Or.

La coquille, bulliforme et lisse, a la spire très courte et enveloppée, l'ouverture est longitudinale et très étroite, surtout en haut, et élargie en bas, où elle forme un léger canal; le bord extérieur est tranchant, et l’intérieur, columellaire, fortement encroûté aux deux extrémités, où il laisse un dépôt calcaire souvent très marqué; la eolumelle est munie de 3 gros plis, qui se continuent dans l’intérieur. Ce genre ne se trouve que fossile, dans le terrain crétacé, ainsi que dans le terrain de Gosau dans les Alpes.

Esp. 949. Actaeonella curta #.

Actaeonella crassa (d'Ors.) var. Agicm, Vergleich. Grundzüge [. c. p. 438 et 526. PL 3, fig. 2.

La coquille ovalaire, épaisse et striée, à stries d’accroissement dis- | tinctes, infléchies, est pourvue de l’ouverture très étroite et longitudinale, à base du bord columellaire sans plis à l'extérieur; les plis n'apparaissent que sur la columelle à l’intérieur; les deux bords sont également encroûtés et striés.

Hab. dans le terrain turonien ou le calcaire à Actaeonelles de la vallée de l'Araxe près d’Ordubad en Arménie.

Par sa forme plus élargie et moins allongée, cette coquille se distingue de lActaeonella crassa d’Ors. de la craie chloritée de la France, qui est d’ailleurs pourvu de 3 gros plis à la base du bord columellaire, tandis que cette base est lisse dans l’Act. crassa; les plis ne se montrent qu'à l’intérieur, à la columelle; la coquille a 2 p. 5 L. de long et 1 p. 7! IL. de large, tandis que l’Act. crassa a 5 p. 10 L de long et 2 p. 7!) 1. de large; le bord columellaire de celui-ci n’est pas encroûté dans toute sa longueur comme celui de l’Act. curta de l’Arménie.

M. Barzy * fait également mention d’une espèce indéterminée d’A ctaeonelle de la craie supérieure d’Inkerman en Crimée; peut-être estce celle-ci ou une des espèces suivantes.

S Quart. journ. XIV, p. 142.

Esp. 950. Actaeonella rotundata ZeKkenr.

Die Gasteropoden der Gosaugebilde, voy. Abhandl. der geolog. Reichsanstalt, Bd.I. Wien 1852, p. 43. PI. VIL fig. 8.

Asicn, Vergleich. Grundzüge I. c. p. 484,

La coquille sphérique se prolonge en une spire très saïllante, aiguë, composée de 10 ou d’un plus grand nombre de tours en gradins peu marqués; le dernier tour est ventru, et l'ouverture très étroite, à bord columellaire muni à la base de 2 ou 3 plis indistincts.

Hab. dans le calcaire à Actaeonelles d’Ordubad en Arménie, ainsi que dans le terrain de Gosau près de Kis Muntsel au sud-ouest de la Transylvanie. {

La coquille à 2 p. de long et 1 p. 5 L. de large au dernier tour, qui est d’une longueur de 1 p. 3 L, et presque entièrement sphérique; la spire allongée et acuminée est légèrement concave.

À L Esp. 951. Actaeonella caucasia Zekeur.

Zexeu, Die Gasteropoden d. Gosaug. I. c. p. 44. PI. VI, fig. 10. Agicn, Vergleich. Grundzüge 1. c. p. 484.

La coquille, allongée et étroite, est pourvue d’une De longitudinale très étroite, et de 3 plis très gros à la base du bord columellaire. Hab. dans le même terrain à Actaeonelles d’Ordubad, et dans -la craie chloritée roulée près de Surnabad et d’Elisabethpol au Caucase. La coquille allongée a la spire non apparente, le dernier tour est fortement allongé et convexe. La coquille, un peu incomplète à la spire, a près de 2 p. de long et 10 L. de large au milieu du dernier tour.

Esp. 952. Actaeonella voluta ZEKEuux.

Zexeu, Die Gasteropod. d. Gosaug. 1. c. p. 42. PI. VIL fig. 6. Agicn, Vergleich. Grundzüge 1. c. p. 484.

La coquille plus petite est ovalaire, turbinée, à spire très saillante, allongée et en gradins, les sutures sont enfoncées et anguleuses, l’ouverture étroite a la base du bord columellaire munie de 3 plis.

Hab. dans le calcaire à Actaeonelles de l'Arménie près d’Ordubad, ainsi que dans le terrain de Gosau en Styrie près de Hiflau.

La coquille à 1 p. de long et 5 L. de large au dernier tour, qui à 71) 1. de long.

Genre CXX. Actaeonina d'Or.

Cylindrites More. Lyc.

La coquille des Actaeonines est ovale, allongée, conique ou fusi-

forme, marquée quelquefois de stries transversales interrompues; la spire est tantôt courte, tantôt longue; l'ouverture allongée est étroite, élargie à la base et sans échancrure; le bord extérieur est simple et tranchant, comme celui des Actaeon, le bord columellaire épaissi est sans plis et sans dents. Ce genre se trouve dans les terrains carbonifère, jurassique et crétacé.

Esp. 953. Actaeonina Loriereana d'Ors.

Paléont. fr. Terr. jur. I. c. p. 168. PI. 286, fig. 3—3.

La coquille très petite est oblongue, renflée au dernier tour, et pourvue d’une spire plus courte que ce tour, qui est orné à la base de plusieurs sillons transverses interrompus; l'ouverture est allongée, étroite, à bord columellaire lisse.

Hab. dans le terrain jurassique de lPétage oxfordien inférieur de Nigranden en Lithuanie, ainsi que dans le même terrain près d’Asnières du département de la Sarthe.

La coquille est lisse et marquée de 7 ou 8 stries ou sillons transverses à la base de la spire; elle n’a qu’une ligne de long et est un peu moins longue que l'individu d’Asnières, découvert par M. Lorière.

Esp. 954. Actaeonina Davoustiana d'Ors.

Paléont. fr. Terr. jur. 1. c. p. 169. PI. 286, fig. 5 —6.

Petite coquille sphérique, ventrue, plus courte que l'espèce précédente, à spire très courte et composée de tours très étroits, à peine convexes et pourvus de quelques stries d’accroissement longitudinales, coupées par des stries transverses simples, qui cependant font défaut chez les individus d’Asnières; l’ouverture est arquée et étroite.

Hab. dans le même terrain oxfordien de Nigranden, et près d’Iletzkaya au bord de la petite rivière Outessouyouk, ainsi que près d’Asnières en France, où notre espèce a été découverte par M. Davousr.

La coquille est plus courte et plus épaisse que l’espèce précédente; les tours de la spire sont moins saillants, et le dernier tour est ventru et strié, à stries transverses.

Esp. 955. Actaeonina volgensis m.

Actaeon Frearsianus (d Or8.) Traurscs., Bull. de Mosc. 1865. I, p. 18. PI. IL, fig. 11.

Testa parva ovato-conica, spira exserta, 3 —4 anfractibus sublaevibus ornata, ultimo anfractu transversim striato, striis punctatis basin cin-

gentibus, aperturae attenuatae margine columellari simplici, non plicato.

Hab. dans l’argile néocomienne de Bessonowo près Ssimbirsk.

Petite coquille ovalaire, conique, à spire pourvue de 3 ou 4 tours, dont les deux derniers sont striés à la base et lisses en haut; ceux qui précèdent sont presque lisses. Les tours sont à peine convexes et séparés par des sutures peu profondes, sans former des gradins. Le bord extérieur de l'ouverture est tranchant, le columellaire légèrement échancré au milieu, et dépourvu de plis quelconques. La coquille a 5 L. de long, et le dernier tour est plus long que l’ensemble des tours de spire.

Ce n’est pas l'Actaeon Frearsianus d'Ors., qui se distingue par des sillons ou stries ponctuées sur tous les tours, et par deux gros plis au bord columellaire, comme la figuré M. d’Orgrexy (1. c.).

Genre CXXI. Avellana dOrs.

Avellana et Ringinella d'Or.

Petite coquille ovale ou sphérique, marquée de sillons transverses ponctués, et pourvue du bord extérieur épaissi en un péristome, à la face interne duquel on remarque souvent des sillons ou lignes saillantes, parallèles aux sillons spiraux extérieurs; le bord columellaire est épaissi et muni à sa base de forts plis, qui rarement peuvent aussi manquer. Ce genre, très voisin de lActaeonina et de l’'Actaeon, paraît caractériser le terrain crétacé et n'existe plus vivant.

Esp. 956. AvellL aptiensis Prior. Came.

Paléont. suisse I. c. p. 197. PI. 61, fig. 8.

La coquille oblongue, allongée, a la spire allongée et formée de tours à peine arrondis en gradins, et séparés par de profondes sutures, le dernier n’occupe pas tout à fait la moitié de la longueur totale; l’ouverture est étroite, à bord extérieur tranchant et pourvu en dedans de lignes parallèles saillantes; l’intérieur est muni de deux dents mousses, situées sur l’échancrure basale.

Hab. dans le néocomien ou gault inférieur d’Antonowo-Poustosch près de Lassino sur le bord de l’Oka dans le gouvernement de Tambow, ainsi que dans l’aptien inférieur de Ste-Croix en Suisse.

La coquille à la surface du dernier tour bombée et ornée de nombreux sillons un peu inégaux, profonds et séparés par des intervalles lisses; les sillons sont occupés par de petites côtes longitudinales très rapprochées, qui les divisent en très petites fossettes carrées, en forme de treillis.

Les individus ne sont presque jamais complets; ils manquent ordinairement de la base de l'ouverture, surtout les individus suisses, tandis que ceux d’Antonowo montrent la base du bord columellaire plus complète; elle y est pourvue d’une échancrure distincte, garnie de sillons plus profonds et plus marqués que ceux de la partie supérieure du dernier tour. Les sillons y sont plus fins et ponctués, comme ceux de la spire.

La coquille a 51/4 1. de long , et 2/2 1. de large au dernier tour; elle est par conséquent plus grande que l'individu de Ste-Croix. Elle a

| quelque ressemblance avec les Actaeonelles par l’échancrure du bord columellaire et par une courte courbure à la base; on ne remarque pas cette conformation sur l'individu de Ste-Croix, parce qu’il est incomplet.

Cette espèce a une grande affinité avec lActaeon Frearsianus, qui s’en distingue par les tours de spire plus convexes, par le manque de lignes saillantes en dedans du bord extérieur de louverture, et par les tours de spire moins nombreux: il n’y en a que quatre dans celui-ci, tandis qu’il y en à 6 dans l’'Avellana aptiensis, dont la grandeur est double de celle du petit Actaeon.

Esp. 957. Avell. edentula ».

Avellana cassis (d'Or8.) E. Hormann, Monographie der Gault-Versteinerungen von Kursk (en russe). St. Pétersb. 1867, p. 64. PI. 18, fig. 6—9.

Testa ovato-globosa, anfractus convexi priores duo parvi, tertius ultimus maximus inflatus, striatus, striis longitudinalibus alias ejusdem crassitiei transversas decussantibus indeque superficies cancellata; apertura semilunata, antico margine semicirculari, postico columellari late excavato; columella non plicata, infra in attenuatam partem extremam excurrente.

Hab. dans le gault quarzeux ferrugineux à fragments d’ossements de reptiles aux environs de Kursk, au midi de la Russie.

La coquille ovalaire, sphérique, est composée de 3 tours, dont les deux premiers sont très petits et grossissent rapidement; le troisième, très grand, est renflé et recouvre presque parfaitement les deux premiers. La surface des tours, surtout celle du dernier, est ornée de stries longitudinales nombreuses, avec lesquelles viennent se croiser d’autres stries transversales, et il se forme de la sorte un treillis très régulier, à facettes parfaitement carrées, dont les bords sont d’égale épaisseur. L’ouverture est presque semi-lunaire, plus haute que large, anguleuse en haut et en bas, à bord extérieur semi-circulaire, à bord columellaire excavé au mi-

lieu et dépourvu de plis columellaires, en sorte que notre espèce rappelle Eichwald, Lethaea rossica. II. 53

beaucoup les Globigoncha, dont elle ne se distingue que par sa surface cancellée et par Le bord extérieur renflé, presque en péristome crénelé. Il se peut pourtant que le moule (1. c. fig. 8) n’appartienne pas à l'espèce décrite, qui a le bord extérieur de ouverture très mince (1. c. fig. 7), mais elle pourrait appartenir à une autre espèce d'Avellane, à péristome crénelé au travers, car les stries transverses de la surface ne paraissent pas correspondre aux profondes crénelures du péristome. L’'Avellana cassis est pourtant muni d’un semblable péristome crénelé en dedans, mais aussi de trois forts plis, dont il n’y a pas de traces sur la fig. T citée ci-dessus; les stries de la surface se distinguent également de celles de l'Avell. cassis, sur lequel elles forment des facettes allongées, à bords supérieurs et inférieurs plus épais que les bords antérieurs eb postérieurs, car ceux-ci correspondent aux côtes transverses plus minces, et celles-là aux côtes longitudinales plus épaisses.

L’individu de Kursk à 1 p.2 1. de long et 11 L. de large, mesuré sur le milieu du dernier tour.

Famille trente-septième.

Pyramidellidées.

Plicacées.

La coquille des Pyramidellidées est sans épiderme, spirale, turriculée, allongée, l’ouverture est peu élargie, entière, sans sinus et canal, ou pourvue d’un léger canal; la columelle est creuse ou non, encroûtée et munie de plis transverses, qui se continuent chez les Nérinées sur toute la longueur de la spire; le bord extérieur est mince et tranchant. Les différents genres et espèces ont un angle spiral plus ou moins grand, mais comme il varie avec l’âge, je n’en fais pas mention dans la description des espèces, et n’en donne pas la mesure.

Genre CXXII. Eulima R1s50.

La coquille des Eulimes est allongée, très lisse, polie, bâillante et non ombiliquée, l’ouverture est ovale, à base arrondie et à sommet aigu; la spire plus ou moins anguleuse, à tours nombreux, tantôt plans, tantôt convexes; l’ouverture est fermée par un opercule corné. Ce genre se trouve dans tous les terrains, et vit encore dans les mers actuelles.

Esp. 958. Eul. splendens ».

PI. XXVIIL, fig. 12 a gr. nat.; b grossi.

Testa parva, elongata, recta, acuminata, anfractus numerosi. sensim

adaucti ambitu et convexi, superficies splendens, striata, striis long'itudinalibus incrementi inflexis, ultimo anfractu leniter marginato, margine obtuso, columella simplici.

Hab. dans le calcaire oxfordien brunâtre sur le bord du fleuve Outessouyouk, à 25 verstes d’Iletzkaya, réuni au Dentalium entaloides du terrain jurassique supérieur.

Petite coquille allongée, droite et acuminée, à tours au nombre de . 8 à 10, convexes, s’accroissant doucement et séparés par des sutures assez profondes; leur surface est polie, brillante et munie de stries d’accroissement longitudinales flexueuses et coupées par d’autres stries transverses très rares et à peine visibles. Les tours sont plus larges que hauts, et le dernier a une hauteur double de celle de l’avant-dernier; il est marqué d’un bord obtus, qui le divise en deux parties presque égales; La base est légèrement bombée, et le bord columellaire simple se continue en une ouverture arrondie en bas et aiguë en haut.

La coquille a 3 1. de long et 1 1. de large au dernier tour; les premiers tours sont pointus et très petits.

Cette petite coquille a la forme d’un Riss o a ou d’un Rissoina; elle offre beaucoup de ressemblance avec le Rissoina incerta d'Ors. * du gault supérieur des environs d'Ervy en France, qui cependant s’en dis-

tingue par le bord extérieur épaissi de l'ouverture, et par les tours plus hauts que larges.

Esp. 959. Eul. intermedia #.

PI. XX VII, fig. 13 gr. nat., vu de profil

Testa magna, conico-elongata, sensim attenuata, anfractus plani, laeves, suturis superficialibus ab invicem dirempti, superficies anfractuum longitudinaliter striata, striis incrementi inflexis.

Hab. dans le calcaire ferrugineux néocomien de Tschorgono en Crimée, à la source du fleuve Tschernaja.

La coquille conique est allongée, elle se rétrécit doucement vers le sommet pointu; les tours, à test bien conservé, sont aplatis, situés au même niveau et séparés les uns des autres par des sutures peu marquées, superficielles, qui cependant deviennent plus profondes sur les moules. La surface du test est finement striée, à stries d’accroissement flexueuses et serrées, comme sur les espèces lisses du genre Chemnitzia d'Or. vers lequel l’'Eulima intermedia ménage la transition; il rappelle

* Paléont. fr. Terr. crét. 1. c. p. 62. PI. 155, fig. 11—13. Dar

beaucoup le Chemnitzia Paiïlletteana d’Ors.* du terrain crétacé chlorité de l'Aube. Celui-ci ne s’en distingue que par les petits tubercules des stries d’accroissement près des sutures, qui manquent à l’'Eulima intermedia.

L’individu de la Crimée n’est pas bien conservé; le dernier tour à 1 p. de large, et se rétrécit doucement vers le sommet; les tours sont placés obliquement, et vers la base ils ont 5 L. de haut. L’ensemble des tours, quand le test est bien conservé, forme un niveau égal, les tours étant plans. Si le test se perd et que le moule seul se présente, les tours apparaissent légèrement convexes et séparés par des sutures profondes.

° Cette espèce a quelque ressemblance avec l’'Eul. Requieniana d’Ors. ** de la craie chloritée moyenne des environs de Vaucluse, qui pourtant s’en distingue par sa coquille plus allongée, subulée et presque droite, non conique.

Esp. 960. Eulim. melanoides DEsx.

Levuérie, Mém. de la Soc. géol. de France. PI. V. PI. 16, fig. 6. D’Orgieny, Paléont. fr. Terr. crét. p. 65. PI. 155, fig. 16—17.

La coquille conique, allongée, est lisse; les tours de la spire sont légèrement convexes, presque plans, et séparés par des sutures assez marquées; l’ouverture est large, aplatie en dessus, et forme une espèce d'angle intérieur.

Hab. dans le calcaire néocomien compacte noïrâtre du fleuve Lobssinja au nord de l’Oural, ainsi que dans le néocomien inférieur de Marolle en France. |

La coquille de l’Oural a 2*/41. de long, le dernier tour ofire 1 16 1. de large et 1 1. de haut; elle est tout à fait lisse, et selon M. d'OrBreNY c’est la plus large de toutes les espèces connues. Elle se trouve associée dans l’Oural à l’Astarte Veneris et au Pleurostomaria septentrionalis.

Genre CXXIIT. Pseudomelania Picr., Came.

Chemnitzia d'Ors.

La coquille allongée, turriculée, épaissie, quelquefois mince, non ombiliquée, est pourvue d’une spire allongée, aiguë, à tours légèrement convexes et séparés par des sutures peu profondes, surtout sur les moules ;

* Paléont. fr. Terr. crét. 1. c. p. 69. PI. 155, fig. 19. “Her p674 PRlM55 6e ds;

le test est orné de stries d’accroissement flexueuses et serrées; l’ouverture ovale est aiguë en haut, arrondie en bas, sans sinus ni canal, à columelle épaisse, participant de la courbure de l'ouverture et dépourvue de plis, à bord extérieur simple, sans bourrelet ni dents. Ce genre se trouve dans les terrains triasique, jurassique et crétacé.

Esp. 961. Pseudomel. corallina d’Ors. sp.

, Chemnitzia corallina Paléont. fr. Terr. jur. p. 69. PI. 250, fig. 14.

Petite coquille conique, à tours convexes, grossissant peu à peu et ornés de côtes longitudinales droites; l’ouverture est ovale.

Hab. dans le calcaire jurassique de l’étage oxfordien inférieur de Nigranden en Lithuanie, ainsi que dans le corallien de Châtel-Censoir près de l'Yonne.

Les individus de Nigranden sont très petits et composés de 3 tours peu convexes; ils ont une longueur de 4 1., et, au dernier tour, une largeur de,2 L Le Chemnitzia corallina d’Ors. de Châtel-Censoir à une grande ressemblance, quant aux ornements de la surface, avec les individus de Nigranden, cependant 1l est plus grand. Les 15 côtes long'itudinales de ceux-ci sont droites et séparées par des interstices assez larges et lisses, tandis que les côtes de l'individu de Châtel-Censoir sont. plus rapprochées et plus nombreuses. Les tours de spire des échantillons de Nigranden sont séparés par des sutures profondes et ne grossissent que très lentement en largeur; Le dernier tour est arrondi, à base convexe. L'ouverture est ovale, oblique, également arrondie aux deux côtés à bord supérieur aigu et à bord inférieur arrondi; l’ombilic est fermé.

Esp. 962. Pseudomel. Fischeriana d'Ors.

VeRrNEUIL, Paléont. de Russie L. c. p. 448. PI. 37, fig. 6.

La coquille allongée est composée de tours qui croissent légèrement, sont convexes et pourvus d’un sillon transversal médian; le dernier tour est un peu plus grand que l’avant-dernier; l’ouverture est ovale, plus haute que large, et se continue à la base en une extrémité infléchie et courte.

Hab. dans le calcaire jurassique oolithique de l'étage kimméridien de Werewkine aux environs d’Izoume.

La coquille en moule est pourvue de tours à bord supérieur plus ou moins tranchant, à bord inférieur obtus et arrondi. Le sillon transversal médian des tours est marqué distinctement sur le moule; le dernier tour

a 1 p. 3 1. de haut et 9 1. de large; l’ouverture a 9 1. de haut et 5 1. de large au milieu; l’avant-dernier tour a 5 1. de haut et 81) 1. de large. Le moule de Werewkine a quelque ressemblance avec le Che mnitzia Danaë d’Ors. du kimméridien de la France, qui présente la même forme conique et une semblable impression en sillon transversal sur le milieu des tours, mais le sillon n’est pas aussi bien marqué, et les deux bords du sillon, le supérieur et l’inférieur, ne s'élèvent pas en côtes rudimentaires transverses, comme sur le Pseudomel. Fischeriana.

Esp. 963. Pseudomel. Germani Prcr, Came.

PI. XXVIIL fig. 14 gr. nat.

Picrer, Paléont. suisse]. c. p. 269. PI. 70, fig. 6—8.

Le moule est allongé, épaissi et pourvu de tours plus convexes, qui croissent légèrement et sont séparés par de profondes et larges sutures; l'ouverture du dernier tour est ovale, aiguë en haut, et arrondie en bas. La surface du test, conservé en petits fragments, est lisse et dépourvue de stries d’accroissement distinctes.

Hab. dans le grès néocomien ferrugineux de Biassala et de Tschorgono, en Crimée, ainsi que dans le néocomien moyen du mont Salève près de Genève.

Les individus de la Crimée sont plus grands et plus épaissis que ceux du mont Salève; les tours sont légèrement arrondis, et munis des deux bords, de l’inférieur et du supérieur, arrondis et également obtus.

Le moule est composé de 5 tours, dont au moins la moitié manque encore ; il se distingue par sa longueur remarquable et par sa spire aiguë, plus aiguë que celle de toute autre espèce crétacée.

Le moule de la Crimée, en fragments, a 2 p. de long et 7 IL. de large; il n’a. que 5 tours, dont le dernier, le plus grand, à 7 1. de haut et 8 I. de large, tandis que le cinquième parmi les précédents a 3 1. de haut et 312 L. de large. Les sutures du moule sont profondes, les tours convexes et couverts par un test très mince en petites parcelles. L'ouverture a 6 I. de haut et 4 I. de large; le bord columellaire est légèrement excavé, l'extérieur est simple.

Genre CXXI y. Nerinaea DErt.

La coquille turriculée, croissant à angle aigu, est composée de tours nombreux, à surface tantôt convexe, tantôt légèrement excayée; l’ouverture étroite est munie de plis sur le bord extérieur et sur le bord columellaire ; ces plis se continuent en dedans le long des tours; l'ouverture

se prolonge en un canal basal court, au dessus duquel il y à un sinus, qui laisse sur les tours un enfoncement transversal, en les divisant en deux moitiés inégales. Ce genre ne se trouve que dans les terrains jurassique et crétacé, eb ne se rencontre plus parmi les Mollusques vivants.

Esp. 964. Nerin. Bruntrutana Taur.

Gozpeuss, Petref. Germ. 1. c. III, p. 40. PI. 175, fig. 5.

Nerinaea triplicata Puscæ, Polens Paläont. p. 113. PI. 10, fig. 16.

Nerinaea podolica, Puscal. c. p. 113. PI. 10, fig. 17 (teste Quexsr.).

Nerinaea Mandelslohi Bronx, Gozpr. I. c. p. 59. PI. 175, fig. 4 (teste QuexsT.).

La coquille, allongée et conique, est légèrement épaissie au milieu; la spire est composée de tours lisses évidés au milieu et pourvus d’un fort bourrelet convexe en bas; par suite les bords des tours sont renflés. L'ouverture comprimée est marquée de trois plis compliqués sur la columelle, et de-deux sur le bord extérieur.

Hab. dans le calcaire jurassique blanc de l’Ossétie sur le fleuve Kariou, et dans le jura blanc de la Podolie et près de Cracovie aux environs d’Inwald, ainsi que dans le jura blanc du Wurtemberg, et en Suisse aux environs de Porrentruy et ailleurs.

La coquille varie beaucoup selon l’âge; elle est lisse et pourvue ou non d’un ombilic, qui se ferme presque toujours à l’état adulte, tandis que l’axe reste creux dans toute sa longueur.

Les individus d’Inwald n’ont que 1 p. 4 L. de long et 8 1. de large à la base, qui est légèrement convexe; l'individu de la Podolie au contraire avait au moins 5 p. 6 L. de long, est à la base convexe d’une largeur de 1 p. 3 L.; les trois plis intérieurs columellaires sont tranchants et parallèles, et les deux extérieurs plus espacés l’un de l’autre que ceuxlà. Les bords inférieurs des tours sont moins renflés et ne font qu’une légère saillie au dessus de la surface; c’est pourquoi M. Quexstenr * suppose que le Nerin. Mandelslohi BronN, à large ombilic, n’est qu'une variété du Ner. Bruntrutana; le Nerin. Mandelslohi a les tours légèrement striés, à stries longitudinales flexueuses et serrées, eb se trouve dans le même étage du jura blanc en Ossétie, dans la vallée d'Ardon, sur le fleuve Kariou, localité dans laquelle le coral-rag est fort développé.

* Petrefactenkunde I. c. p. 515. Tübingen, 1866.

Esp. 965. Nerin. Desvoidyi d’Ors.

Paléont. fr. Terr. jur. 1. c. p. 107. PI. 261, fig. 1—3. Agicx, Grundzüge z. vergl. Geogn. I. c. p. 459.

La coquille, allongée et conique, est dépourvue de l’ombilic; la spire est composée de tours évidés au milieu, à bord inférieur des tours renflé, comme chez les Nerin. Mandelslohi et Brutruntana; la surface est également marquée de stries d’accroissement flexueuses et serrées; l'ouverture est presque quadrangulaire, sans plis au dernier tour, mais offrant sur les tours intérieurs un pli simple obtus sur le bord extérieur, et un semblable pli sur le bord intérieur columellaire.

Hab. dans le jura blanc de l’Ossétie, dans la vallée Ardon, dans le coral-rag à Nérinées entre Djeanataï et Terenaïr en Crimée, ainsi que dans le coral-rag des Ardennes en France.

Cette espèce est plus grande que le Ner. Bruntrutana; elle à 9 à 12 p. de long, et ne se distingue de ce dernier que par la forme quadrangulaire de l’ouverture et par les plis obtus et simples.

Le Nerin. grandis (d’Ors.) des environs de Djeanataï, dont M. Barzy * fait mention, paraît être la même espèce, du Caucase, à moins que ce ne soit le Nerinaea suprajurensis.

‘ Esp. 966. Nerin. Defrancei Dress.

D’Orsieny, Paléont. fr. Terr. jur. I. c. p. 108. PI. 262, fig. 1--2. Agica |. c. p. 459.

La coquille, allongée et conique, est dépourvue de l’ombilic; la spire est composée de tours évidés au milieu, relevés sur le bord inférieur des tours, qui est muni de tubercules assez prononcés; l'ouverture est quadrangulaire, pourvue de deux plis simples sur le bord columellaire, et d’un pli sur le bord extérieur.

Hab. dans le même terrain jurassique blanc de l’Ossétie dans la vallée d’Ardon, ainsi que dans l'étage corallien près de Trouville en France, où c’est l’espèce la plus commune.

La coquille est conique et se rétrécit très doucement; elle a 6 à 8 pouces de longrou davantage, et le dernier tour est de la largeur de 1 p. 7 1. Le bord supérieur des tours se renfle légèrement, comme l’inférieur, mais il est dépourvu de tubercules; les stries d’accroissement sont plus fortement accusées que sur l'espèce précédente.

* Baicv, Quarterly journ. XIV., p. 138.

Esp. 967. Nerin. depressa Vozrz.

D'Orgieny, Paléont. fr. Terr. jur. I. c. p. 104. PI. 259, fig. i—3; sous le nom

de Ner.umbilicata.

Agicx I. c. p. 459.

La coquille, allongée et conique, est largement ombiliquée, à spire composée de tours plans, séparés par des sutures peu profondes; le dernier tour, tronqué à sa base, est un peu anguleux sur le côté, et présente l'ouverture carrée pourvue d’un seul pli simple au bord columellaire.

Hab. dans le jura blanc de l’Ossétie, sur le fleuve Kariou dans la vallée d’Ardon, ainsi que dans le coral-rag des environs de Rochelle au nord de la France, et dans le canton de Soleure.

Le fragment de la coquille a une longueur de 6 pouces et une largeur de 1 p«3 1. au dernier tour, la surface des tours est striée, à stries d’accroissement très serrées, flexueuses.

Le Nerin. depressa offre des ressemblances avec le Nerin. Mandelslohi, maïs celui-ci s’en distingue par la coquille plus étroite et plus allongée, et par trois plis à l’ouverture.

Esp. 968. Nerin. Moreauana d’Ors.

Paléont. fr. Terr. jur. L. c. p. 100. PI. 257, fig. 1—2. Agica I. c. p. 459.

Coquille peu allongée, presque fusiforme, à petit ombilic et à spire composée de tours larges et munis, en travers, de dix tubercules allongés; le dernier tour est légèrement convexe, et l’ombilic entouré d’un léger bourrelet. L'ouverture allongée est comprimée, rétrécie et aiguë aux deux extrémités, le bord columellaire muni de deux plis, et l'extérieur d’un seul pli.

Hab. dans le terrain jurassique de l’étage supérieur blanc de l’Ossétie, sur le Kariou dans la vallée d’Ardon, ainsi que dans l’étage coral-

lien des environs de Saïnt-Mihiel du département de la Meuse.

La coquille à 6 p. de long et 1 p. 71. de large au dernier tour. Les

sutures sont enfoncées, les tours légèrement convexes et garnis de crêtes

en tubercules allongés.

* Le nom Moreana ne paraît pas bien composé et je propose de le changer en Moreauana, comme M. Bron l’a fait pour le Dentalium Moreauanum.

Esp. 969. Nerin. Clymene d’Ors.

Paléont. fr. Terr. jur. 1. c. p. 102. PI. 258, fig. 1—2. Agicu |. c. p. 459.

La coquille, médiocrement allongée, un peu fusiforme, est ombiliquée, à spire composée de tours lisses, ornés de stries d’accroissement flexueuses; le dernier tour très grand est légèrement convexe, comme les précédents, et muni d’un bourrelet, qui entoure l’ombilic; l'ouverture est pourvue de deux plis sur le bord columellaire et d’un pli sur le bord extérieur.

Hab. dans le jura blanc de l’Ossétie, sur le Kariou dans la vallée d’Ardon, ainsi que dans le coral-rag des environs de Châtel-Censoir en France. :

La coquille à 4p. 3 !. de long et 1 p. 5 L. de large au dernier tour; les tours grossissent rapidement, comme ceux du Nerin. Moreauana; celui-ci ne se distingue que-par les tubercules allongés, en rangées transversales régulières, qui manquent au Nerin. Clymene.

Esp. 970. Nerin. Mosae Desx.

D’Orgreny, Paléont. fr. Terr. jur. l. c. p. 114. PI. 265.

La coquille, médiocrement allongée et conique, est légèrement ombiliquée, à spire composée de tours convexes et saillants en gradins; le dernier tour est divisé en deux parties par une dépression transverse, marquée au milieu de nodosités, qui se continuent en haut et en bas en crêtes légèrement striées.

Hab. dans le jura blanc, qui correspond au coral-rag, aux environs de Soudagh et de Yalta, et sur le Tschadir-Dagh en Crimée, ainsi que dans le même coral-rag du département de la Meuse en France.

La coquille à 5 p. de long et 2 p. de large au dernier tour; l’ouverture comprimée est étroite et aiguë aux deux extrémités, le bord columellaire à 3 plis, dont celui du milieu est le plus court; le bord extérieur n’en a qu’un seul, peu marqué.

Cette espèce a beaucoup d’affinité avec le Nerin. Moreauana, mais celui-ci ne grossit pas aussi brusquement que le Nerin. Mosae, et n’a pas le dernier tour divisé. aussi distinctement en deux parties égales, comme ce dernier, en outre le bord columellaire du Nétin. Moreauana n'offre que deux plis. ÿ

Esp. 971. Nerin. Trayersensis Pricr., Camp.

Paléont suisse. |. c. p. 238. PI. 67, fig. 4. La coquille, épaisse et allongée, est pourvue de tours évidés dans

leur milieu, rélevés sur les sutures, et entièrement dépourvus de tubercules; l’ombilic est large et se continue dans l’axe creux, divisé en cavités coniques alternativement rétrécies et dilatées; l'ouverture a un pli au bord extérieur, et deux au bord columellaire ; la surface de la coquille est lisse.

Hab. dans le néocomien de Biassala et de Tschorgono en Crimée, ainsi que dans le calcaire urgonien du val de Travers dans le canton de Neufchâtel.

Je ne possède qu'un fragment à quatre tours d’une localité de la Crimée, qui paraît être Biassala, à en juger par la roche compacte brunâtre qui y adhère. Ila 8 p. de long et 1 1/2 p. de large près de la base, et 1 p. de large vers le sommet, en sorte que la coquille ne grossit que très doucement; les deux bords des tours se relèvent également et forment des ceintures aux sutures. La cavité centrale de l’axe a 41. de large, est circulaire et parcourt toute la longueur de la coquille.

Cette espèce a quelque ressemblance avec le Nerin. gigantea d'Hows. Firm. du néocomien des environs d’Alès en France, qui cependant est plus grand, presque cylindrique et pourvu d’un axe compacte, non creux.

Esp. 972. Nerin. Coqu andiana d'Ors.

Paléont. fr. Terr. crét. IE, p. 75. PI. 15 ù fig. 3—4. Picrer et Camweicue, Paléont. suisse I. c. p. 237. PI. 67, fig 1—2. Nerinaea Visurgis (Rô.) Traursca., Bull. Mosc. 1 c. 1862. IL, p. 566. P1.5, fig. 5.

an Nerin. suprajurensis (Vozrz) BLône, Bull. Mosc. |. c. 1843. II, p. 322.

La coquille allongée, croissant doucement en largeur, a les tours évidés, renflés en ceintures saillantes à leur bord inférieur sutural, et plans au bord supérieur: les ceintures du test bien conservé sont munies de neuf à onze gros tubercules obtus et saillants ; l'ouverture subtriangulaire à deux plis columellaires et un pli au milieu du bord extérieur; l’ombilic étroit s'ouvre par une petite fente et se continue au delà en un axe creux longitudinal par toute la coquille.

Hab. dans le néocomien pisolithique jaune de Werewkine près d’'Tzoume au midi de la Russie, ainsi que dans le néocomien supérieur de Martigues au département des Bouches-du-Rhône, et dans le calcaire jaune urgonien de Ste-Croix en Suisse.

Des moules seuls se trouvent dans le calcaire jaune pisolithique de Werewkine près de Petrowskaya au midi de la Russie; le moule est composé de tours divisés en deux parties, dont l’inférieure est étroite, très

saillante et arrondie en une ceinture transverse, et la supérieure plane et placée en retrait; la partie inférieure en ceinture contient sur le test les gros tubercules, dont l’un ou l’autre est distinctement fixé au sillon qui divise la ceinture du moule du plan supérieur.

Je ne possède qu'un fragment à deux tours, qui à 1 p. 3 L. de long et 1 p. 2 1. de large au dernier tour, tandis que le tour précédent du moule n’a que 10 I. de large. La base du dernier tour est convexe, à large ouverture du moule, -se prolongeant au milieu en un axe creux; le bord extérieur de la base est obtus et arrondi, le plan basal ne s’élève que peu et reste obtus, tandis que cette partie du Nerin. Visurgis forme une extrémité pointue, semblable à l’extrémité opposée, également aiguë. L’ombilic du Ner. Visurgis est tout à fait couvert, le bord columellaire de l’ouverture bien conservée est dépourvu de plis, comme le bord extérieur, qui est marqué au milieu d’un sinus pointu, à cause du bord basal tranchant, et non obtus comme sur le Ner. Cozsuandiana; celui-ci manque aussi des stries transverses, en côtes parallèles très légères.

Le Nerin. Renauxiana d'Or. de l’urgonien de Ste-Croix a une grande ressemblance avec le Ner. Coquandiana, les 2 plis columellaires divisent l’ouverture en trois lobes presque égaux, et le pli du bord extérieur forme un sinus plus large, mais moins profond, comme ceux du bord columellaire ; la largeur de la coquille du Nerin. Renauxiana est pourtant du double. Le Ner. Traversensis est moins large que le Ner. Renauxiana, mais également plus large que le Ner. Coquandiana, et est, quant à la largeur, intermédiaire entre les deux espèces, qui semblent manquer des tubercules aux ceintures.

L’ombilic du moule est large, et se continue en un axe creux et large par toute la longueur de la coquille.

M. Murcrisox fait mention * du Nerin. elegans Fiscx comme se trouvant, réuni au Trigonia clavellata, dans le calcaire jurassique supérieur, mais sans le décrire, en sorte qu’il n’est pas bien sûr si c’est une espèce nouvelle crétacée ou jurassique; au moins ce n’est pas le Nerin. elegans Taurs. du pays de Porrentruy.

Esp. 973. Nerin. Etalloni Picr., Came.

Paléont. suisse. Terr. crét. p. 232. PI. 66, fig. 5 —7. Nerin. santonensis (d’Ors.) Traurscæ., Bull. de Mosc. 1. c. 1862. IL, p. 566. PI. V, fig. 6.

La coquille, conique et médiocrement allongée, se rétrécit brusque-

* Geology of Russia in Europe IL. c p. 252.

quement vers son bout étroit et très pointu; la base est peu convexe, l'ouverture triangulaire peu relevée et munie de deux plis columellaires et d’un pli extérieur moins long; l’ombilic étroit est presque nul dans la coquille complète, car le moule seul à été trouvé jusqu’à présent. Les tours sont légèrement excavés, à bord inférieur très saillant et tranchant, eb à partie supérieure plane et toute droite, non enfoncée.

Hab. dans le calcaire néocomien jaune pisolithique de Werewkine près d’Izoume au midi de la Russie, et dans le néocomien inférieur près Saint-Claude aux environs de Ste-Croix.

La coquille à 2 p. et plus de long, à sa base Le moule a 1 p. 3 L de large, et à la distance d’un pouce de là vers son bout rétréci elle a 8 1. de large; les tours grossissent par conséquent assez brusquement. Le bord inférieur des tours est saïllant, tranchant et séparé du plan supérieur, de largeur double, par un enfoncement ou sillon transverse; les plans de tous les tours s'élèvent en gradins droits vers l’extrémité pointue du moule. L'ouverture est un peu plus haute que large; elle est aiguë en haut et en bas, et marquée d’un lobe columellaire médian plus grand que les deux latéraux; le lobe antérieur inférieur est beaucoup plus petit que le supérieur, parce que le pli extérieur est fixé près de la base du moule.

Ce n’est pas le Nerin. santonensis d'Or. de l'étage portlandien, pour lequel le moule a été pris, car celui-là ne grossit que très doucement et reste cylindrique à une grande distance, tandis que le Ne- rin. Etalloni devient conique dès son commencement et garde cette forme jusqu’à sa base. Les plis de louverture offrent beaucoup de ressemblance avec ceux des espèces précédentes, à la légère différence près que les deux lobes columellaires, le supérieur et l’inférieur, sont très pointus et le médian très large, tandis que les deux premiers lobes sont obtus sur les Nerin. Coquandiana et Traversensis, et que le lobe médian est le plus long sur celui-ci.

Esp. 974. Nerin. Eichwaldiana d’'Ors.

VerNeuIL, Paléont. de Russie 1. c.

La coquille allongée, cylindrique et légèrement conique, est dépourvue de l’ombilic; la spire est composée de tours entièrement lisses, sans former de saillie au bord inférieur; l’ouverture est étroite, allongée, aiguë aux deux extrémités, et munie de deux forts plis columellaires et d’un pli au bord extérieur.

Hab. dans le calcaire néocomien pisolithique jaune des environs de Kamenka sur le Donetz au midi de la Russie, et près de Ssimbirsk.

Cette espèce en fragments n’a que 1 p. 2 1. de long et 4 L. de large au dernier tour; elle se rétrécit jusqu’à 3 1. vers l'extrémité opposée, et indique par là une coquille à peine conique, plutôt cylindrique. L’ouverture est d’une longueur de 6 L. et d’une largeur, au milieu, de 11/41; elle est très étroite et marquée de deux plis columellaires très forts et saillants, laissant entre eux un profond enfoncement; le pli opposé au milieu du bord extérieur est reçu par l’enfoncement des deux plis columellaires.

La surface de la coquille est lisse; les tours, presque plans, sont séparés par des sutures à peine enfoncées et légèrement obliques.

Par ses tours dépourvus de saillie cette espèce se distingue de toutes les autres, excepté peut-être le Nerin. clavus Desconac. * de l’oxfordien supérieur de la France, lequel est également composé de tours plans et lisses, mais son dernier tour est anguleux sur les côtés, tandis que le bord extérieur de l’ouverture du Nerin. Eichwaldiana est convexe; en outre la coquille du Ner. clavus a les sutures plutôt légèrement saillantes qu’enfoncées, le pli columellaire supérieur est plus allongé et infléchi, l’inférieur est très petit et rudimentaire, ainsi que toute l'ouverture quadrangulaire dans le Ner. clavus, c’est-à-dire qu’il est d’une forme toute différente de celle du Nerin. Eichwaldiana.

M. pe VERNEUIL considère cette espèce comme très voisine du Nerin, fibula Desc., mais sa spire, dit-il, est plus courte, ses tours sont plus larges, et la coupe de son moule est un peu différente.

Esp. 975. Nerin. seminodosa #».

PI, XX VII, fig. 16 a gr. nat., vu de profil; b vu sur l’ombilic; c vu sur la coupe verticale. 8

Testa elongata conica, anfractus spirae excavati, margine eorum inferiore nodoso, superiore simplici, laevi, cavitate anfractuum plica simplici marginis exterioris et duplici interioris marginis, suprema plica interiore elongata angustaque, inferiore curta et dilatata, plica externa lata acutaque.

Hab. dans le calcaire néocomien pisolithique jaunâtre de Biassala en Crimée.

La coquille, médiocrement allongée, est conique, les tours de la spire grossissent un peu plus rapidement que ceux du Nerin. Sequana THiee.; ils sont excavés et garnis au bord inférieur des premiers tours d’une très forte série de tubercules transverses, le bord supérieur est lisse; les tubercules manquent aux tours inférieurs près de la base. La base du der-

*-Paléont. fr. Terr. jur. 1. c. p. 97. PI. 254, fig. 8—10.

nier tour ne s'élève pas très haut, mais reste déprimée, presque plate, à-bord basal légèrement tranchant et simple. L'ouverture paraît dépourvue de plis; elle est presque carrée et anguleuse ; les plis ne se montrent distinctement que sur le troisième où quatrième tour; les 2 plis intérieurs ou columellaires sont très différents en grandeur, le supérieur étant grêle et allongé, l’inférieur élargi et court; ils présentent entre eux un lobe allongé, élargi et arrondi, qui surpasse en grandeur les deux autres lobes, le supérieur est aigu et petit, l’inférieur court et élargi. Le pli du bord extérieur des tours est situé au milieu de ce bord; il est court et acuminé, formant un enfoncement presque d’égale grandeur avec celui du pli inférieur au bord columellaire. La base du dernier tour paraît dépourvue de l’ombilic, maïs l’axe central est creux et rempli du calcaire pisolithique.

La coquille à 3 p. de long et 1 p. 6 1. de large au dernier tour, tandis que le septième tour n’a que 6 1. de large à l'extrémité incomplète ; il a dû être plus pointu et plus grêle à l’état complétement conservé. Les tubercules, en séries transverses, ornent les premiers tours; ils sont au nombre de 5 ou 6 dans chaque série; les derniers tours manquent complétement de tubercules. C’est par là que le Nerin. seminodosa se. distingue du Nerin. Sequana Taurm. du coral-rag du Calvados en France et d’Ingolstadt en Allemagne. Celui-ci a d’ailleurs d’autres ornements: les sutures sont munies au bord inférieur detubercules très grands en série transverse, et au dessus d’eux on observe, au milieu des tours excavés, une seconde série de petits tubercules en carènes allongées. Les stries d’accroissement allongées, très serrées et flexueuses, se trouvent sur les tours du Nerin. seminodosa comme sur ceux du Ner. Sequana, dont l'ouverture basale s'élève plus haut que celle du Ner. seminodosa. Le Nerin. Sequana ainsi que le Nerin. Visurgis Rôu. du coral-rag de la France et de l'Angleterre ont des plis semblables à ceux du Nerin. seminodosa et appartiennent par conséquent tous les trois à la même section des Nérinées. Le Nerin. Visurgis ge distingue nettement du Ner. seminodosa par d’autres ornements des tours, surtout par des carènes transverses aux tours excavés, et par les bords saïllants des sutures, dépourvus de tubercules. Le Nerin. Etalloni, de la même section, a également une grande ressemblance avec le Nerin. seminodosa, mais s’en distingue par les ouvertures de tours plutôt triangulaires que carrées, et par le pli extérieur situé en haut du bord extérieur et non à son milieu.

Esp. 976. Nerin. Buchii Kerersr.

Asicn, Vergl. Grundz. I. c. p. 484.

Cerithium Buchii Kerersrein, Deutschl. V, p. 530.

Zexeui, Die Gasteropoden der Gosaugebilde, voy. Abhandl. d. k.k. geol. Reïchsanstalt. I. Bd. 1. Abth. Wien 1852, p. 34. PI. 4, fig. 3—5.

Nerinaea Pailletteana d’Ors., Paléont. fr. Terr. crét. 1. c. p. 88. PI. 161, fig. 1—3.

La coquille allongée , très épaisse, non ombiliquée, est composée d’une spire à tours assez larges, fortement évidés au milieu et ornés sur les bords inférieur et supérieur des sutures de gros tubercules, placés en double série sur les côtes transverses saillantes des tours. Les tours se continuent ça et là en crêtes allongées, qui passent d’un tubercule à l’autre; l'ouverture est allongée, rétrécie et pointue aux deux extrémités ; le bord columellaire très saïllant est garni de 3 plis, et le bord extérieur d’un seul pli. -

Hab. dans le calcaire néocomien jaunâtre à très petits grains de quarz près de Biassala en Crimée, au Caucase entre les colonies allemandes Helenendorf et Tscheïkente, et vers le nord du Karabagh, au mont Trapassar-Dagh, ainsi que dans le grès de Gosau, où cette espèce remplit quelquefois des couches entières, comme aux environs de Vienne et dans l'Autriche inférieure et supérieure.

. Je ne connais que des fragments, composés de 5 tours très larges et fort bas, à base à peine convexe et s’élevant fort peu au bord colummellaire; la coquille est conique et les tours grossissent légèrement; ils sont excavés et parcourus de stries longitudinales d’accroissement serrées et flexueuses, qui arrivent jusque sur la base. Les côtes ou ceintures obtuses sont occupées par une double série de gros tubercules assez espacés, dont quelques-uns se continuent en crêtes allongées.

L'ouverture oblique est allongée et pointue aux deux extrémités; l’ombilic est étroit, presque nul.

Le fragment à 2 p. 7 1. de long, le dernier tour est de 1 p. 8 1. de large, le 5ième offre la largeur de 1 p. 1 1L Les tours, de 6 1. ou moins de hauteur, diminuent peu à peu vers l'extrémité rétrécie de la coquille. L'axe central est creux, à cavité étroite.

Le Nerin. Pailletteana d’Ors. de la craie chloritée moyenne des Brains-de-Reine en France ne s’en distingue pas; l'ouverture est prolongée, légèrement carrée et aplatie à la base; elle est plus large que haute et divisée en cinq lobes.

Le Nerin. Buchii présente aussi quelque analogie avec les Ner.

Renauxiana et Coquandiana, mais il s’en distingue par les trois plis columellaires et par les tours excavés au milieu, tandis que ceux-ci ne le sont qu'aux parties inférieures. La cavité des tours du Nerin. Buchii est marquée à l’intérieur de 4 lobes et à l’extérieur d’un seul lobe, ce qui rappelle plutôt le Nerin. nobilis que les deux espèces citées ci-dessus.

Esp. 977. Nerin. nobilis Münsr.

Gozpruss, Petref. Germ. p. 44. PI 176, fig. 9. Zexeur, Die Gasteropoden der Gosaugebilde 1. c. p. 33. PI. 4, fig. 1—2.

La coquille presque cylindrique, légèrement conique, est élargie et allongée, à spire pourvue de tours obliques légèrement convexes et à sutures légèrement enfoncées. Le dernier tour est convexe, à columelle très saïllante et pourvue de 8 gros plis, et à bord extérieur orné d’un seul pli; l'ouverture est oblique et fort anguleuse à cause des plis pointus et allongés qui occupent l'ouverture; l’ombilic paraît être grand.

Hab. dans le néocomien supérieur du Tzalbuz-Dagh et du mont Sardal près de Helenendorf au Caucase, ainsi que dans les couches de Gosau près de Wiener-Neustadt en Autriche.

Le fragment n’a que 6 p. de long et 1 p. 1 L. de large au dernier tour; il est composé de 7 tours, dont le premier a 1 p. 8 I. de large, ce qui indique que les tours grossissent très lentement.

Esp. 978. Nerin. subplicata #.

Nerinaea indeterminata Asicu, Vergl. Grundzüge 1, c. p. 526. PI. 3, f. 3.

Testa parva, cylindracea, leniter ambitu increscens, anfractus plani, laeves, nodis majoribus eb simplici ut plurimum serie, duplici vero in ultimo anfractu obviis; apertura ovata, non plicata, nec umbilicata.

Hab. dans le calcaire turonien à Caprotines du mont Trapassar- Dagh au Karabagh du Caucase méridional.

Cette petite coquille, décrite sans nom par M. Agrcx, est une espèce bien distincte; c’est pourquoi je me permets de la nommer aussi, ainsi que les espèces suivantes, observées par le même géologue dans le Caucase méridional. Celle-ci se distingue principalement par la surface entièrement lisse et ornée de gros tubercules, en séries simples ou doubles, comme sur le dernier tour; les nœuds ou tubercules, assez grands et serrés, occupent les bords supérieur et inférieur des sutures à peine mar-

quées en lignes superficielles. La base de la coquille est lisse et pourvue Eichwald, Lethaea rossica. Il. 54

d’une columelle saïllante, dépourvue de plis; ceux-ci cependant se trouvent à l’intérieur de la coquille.

Les fragments, d'un pouce de long, n’ont au dernier tour que 7 1. de large; les tours sont un peu plus larges que hauts, et forment à l’extérieur un plan continu.

Esp. 979. Nerin. gradata m.

Nerinaeanovasp.? Agicul. c. p. 526. PI. 3, fig. 4.

Testa parva, cylindracea, gradata, nodis 6—8 approximatis anfractuum majoribus, elongatis, ultimo anfractu duplo latiore antecedentibus, nodis prope marginem superiorem munito; basis convexa in marginem columellarem biplicatum prolongata.

Hab. dans le même calcaire turonien à Caprotines du Trapassar- Dagh au Karabagh.

Petite coquille cylindrique et turriculée, à tours en gradins, ornés de gros nœuds ovalaires serrés et occupant toute la hauteur des tours; il y existe 6 à 8 nœuds sur chaque tour; ils forment des rangées longitudinales très marquées. Les sutures sont enfoncées et séparent les tours en gradins. Le dernier tour à les nœuds fixés au bord supérieur près de la suture, tandis que la partie basale, allongée et sans nœuds, est striée, à stries d’accroïissement distinctes. L'ouverture est oblique, élargie et arrondie en haut, rétrécie et infléchie en bas, où la columelle se continue en un court prolongement.

La coquille en fragment à 1 p. 6 1. de long, et au dernier tour 7 1. de large; elle ressemble à un Cerithium, mais les deux plis columellaires la font ranger dans les Nerinaea.

Esp. 980. Nerin. bivia »m.

Nerinaeaindeterminata Agica L c.p. 527. PI. 3, fig. 7.

Testa parva, conica, nodosa, nodis singulorum anfractuum duplice serie obviis, columella triplicata.

Hab. dans le calcaire turonien à Caprotines du mont Trapassar- Dagh au Karabagh. À

Petite coquille conique, à tours grossissant doucement et séparés par des sutures peu profondes et distinctes; ils sont garnis de deux séries de nœuds arrondis, au nombre de 15 ou plus sur chaque tour.

L'ouverture du dernier tour est allongée, oblique, plus large en haut et plus étroite en bas; la columelle est fort saillante eb marquée de trois

plis, tandis que le bord extérieur de l’ouverture n'offre qu’un seul pli, situé à la partie élargie supérieure de l’ouverture; l’ombilic est nul.

La coquille à 1 p. 1 L. de long, et 6 1. de large au dernier tour; elle est par conséquent plus petite que le Nerin. subplicata, qui n’a que sur le dernier tour deux séries de nœuds.

Esp. 981. Nerin. Abichii m.

Nerinaeaindeterminata Amical. c. p.527. PI. 3, fig. 8.

Testa parva, conica, anfractibus ambitu sensim increscentibus, complanatis, nodos majores ovatos medios, et mihimos superiores et inferiores offerentibus; columella uniplicata.

Hab. dans le calcaire turonien à Caprotines du mont Trapassar au Karabagh.

Petite coquille conique, à tours grossissant doucement et garnis de nœuds de différente grandeur; les nœuds au milieu de tours sont grands, ovalaires, au nombre de 12 ou 13 sur chaque tour, placés en série transverse; ceux des deux bords des sutures, du supérieur et de l’inférieur, sont très petits, plus nombreux et placés en séries semblables près des sutures, qui sont fines et superficielles.

Le fragment de la coquille à 1 p. 6 1. de long, et 7 1. de large au dernier tour, le 5ième tour n'offre que 51/2 1. de large. Par ses ornements cette espèce se distingue de toutes les autres connues jusqu'ici.

Les ornements de la coquille sont presque complétement les mêmes que ceux du Cerithium gallicum d’'Ors. du grès inférieur de la craie chloritée du Mans en France, et rappellent également les ornements extérieurs des Cerithes vivants.

Esp. 982. Nerin. curta m.

Amcm L. c. p.527. PI. 3, fig. 10.

Testa conica, curta, spirae anfractus satis celeriter ambitu increscentes, subconcavi, suturis serie transversa nodorum approximatorum OTnatis; apertura constricta, basi umbilicata; columella triplicata.

Hab. dans le calcaire turonien du Trapassar-Dagh au Karabagh du Caucase méridional, et dans le calcaire néocomien ferrugineux de Biassala en Crimée.

L’individu de la Crimée est conique, en pyramide courte, composée de 6 ou d’un plus grand nombre de tours, qui grossissent assez rapidement en largeur. Les tours sont légèrement excavés, très larges et peu

hauts, les bords des sutures s’élèvent en côtes et sont garnis de 12 à 14 nœuds très grands, arrondis et rapprochés les uns des autres.

La coquille en fragment à 1 p. 3 L. de long, et 1 p. de large au dernier tour de l'individu, qui n’est d’ailleurs pas le dernier de cette espèce, car on n’en possède pas la base bien conservée, mais le tour incomplet est pourvu de l'ouverture en axe creux de 3 2 1. de large; il n’offre pas encore le tiers de la largeur entière de Pindividu, dont le premier tour est tellement étroit et pointu que ce tour n’offre que 1 1. ou plus de large.

L’individu du Karabagh est un peu plus petit et encore plus incomplet; il n’a que 10 1. de long et ne grossit pas aussi rapidement en largeur; il à 6 1. de large au milieu, où il est légèrement convexe, presque bombé, tandis que l'individu de la Crimée s’élève en pyramide droite. La columelle de l'individu du Karabagh est distinctement marquée de trois plis, dont le médian est le plus petit, tandis que les autres sont les plus grands, surtout celui qui occupe le côté supérieur yers l'extrémité pointue.

Cette espèce offre quelque ressemblance avec le Nerin. turbinata Zex. du terrain turonien de Gosau, qui est également pyramidal, quoiqu'il ne grossisse pas aussi rapidement que le Nerin. curta, dont les nœuds des sutures sont plus nombreux et ne forment pas des rangées longitudipales régulières comme ceux du Nerin. turbinata, qui présente les nœuds plus gros, plus espacés et placés en rangées régulières.

Esp. 983. Nerin. taurica ».

PI. XX VII, fig. 15 gr. nat.; a vu de profil; b vu sur la base.

Testa pyramidalis, curta, basi perquam dilatata, anfractus 6 —7, pluresve celeriter ambitu increscentes, basin versus perquam dilatati, concavi, marginibus suturarum erectis nodosque majores leniterque ab invicem remotos offerentibus, axi cavo amplo, perquam dilatato.

Hab. dans la craie blanche marneuse de Simferopol en Crimée.

La coquille pyramidale est courte et fortement élargie à la base; les tours grossissent rapidement en largeur, sont légèrement excavés et pourvus de bords un peu relevés et garnis de nœuds très grands, espacés les uns des autres; les nœuds ne forment pas des rangées longitudinales régulières comme ceux du Nerin. turbinata Zex., dont la cavité centrale n’est pas aussi élargie que celle du Nerin. taurica.

La base de celui-ci est légèrement convexe et marquée d’une cavité aussi large que celle du Nerin. subpyramidalis Münsr.* du calcaire

* D’Ongieny, Paléont. fr. Terr. jur. L. c. PI. 279.

portlandien de l'Allemagne et de la France, qui est de même très largement ombiliqué, lombilic formant un vaste entonnoir; il se distingue du Ner. taurica par les tours entièrement lisses et non noueux. L’individu de Simferopol à 2 p. de long, et 1 p. 8 1. de large au dernier tour; il offre à la base de la coquille la largeur de l’ombilic de 1 p. 1 L et plus. L'ouverture des tours est carrée; le dernier tour a 51. de large, est légèrement convexe à la base, et pourvu d’un bord extérieur obtus et de l’intérieur tranchant. La large cavité ombilicale montre en dedans tous les tours, tout à fait comme le Nerin. subpyramidalis, qui par là laisse apercevoir en dedans les tours, comme les Solarium à grand ombilic. L'ouverture des tours du Nerin. subpyramidalis est munie au bord supérieur d’un pli obtus, que je ne remarque pas dans le Ner. taurica, parce que les cavités sont entièrement remplies de la roche calcaire, mais le pli ne doit pas manquer à l’espèce de la Crimée, les rapports mutuels de la forme en général étant très grands.

Esp. 984. Nerin. monilifera d'Ors.

Paléont. fr. Terr. crét. p. 95. PI. 163, fig. 4—6.

La coquille allongée, conique, non ombiliquée, est composée de tours très étroits, rapprochés et excavés; elle est pourvue aux sutures de nœuds arrondis, striés en travers, au nombre de 17 sur chaque tour. L’intervalle concave entre les rangées de nœuds est formé de petits tubercules allongés obliques; l'ouverture est carrée, à un seul pli rudimentaire.

Hab. dans le calcaire turonien à Actéonelles près d'Ordoubad en Arménie sur le bord de l’Araxe, et dans le calcaire turonien de Bergerac au département de la Dordogne.

Le moule intérieur est en gradins anguleux, parce que la moitié inférieure des tours fait une saillie et que la supérieure enfoncée reste plus étroite. à La coquille à 3 p. de long, et 1 p. 3 1. de large au dernier tour, son extrémité pointue offre à peine 1 1. de large. |

Famille trente-huitième.

Cérithidées.

La coquille des Cérithidées est turriculée, à spire régulière et à tours peu élevés; l’ouverture est oblongue, oblique, terminée en haut par

une gouttière, et en bas par un canal variable, tantôt allongé et recourbé, tantôt presque réduit à une simple échancrure; le bord extérieur de l’ou-

verture est souvent épaissi et sinueux, et le bord columellaire porte quelquefois un ou deux plis, qui persistent sur toute la longueur; le plus souvent il est simple.

Genre CXXV. Cerithium ADans.

Les espèces de Cerithium se trouvent déjà dans le terrain jurassique; elles deviennent plus fréquentes dans les terrains crétacés et très fréquentes dans les tertiaires, où elles sont nombreuses; elles se trouvent également répandues sur les côtes des mers actuelles de toutes les latitudes.

Esp. 985. Cerith. echinatum v. Bucx sp.

PI. XXVIIE, fig. 17 a gr. nat.; b grossi.

Turritella echinata v. Buca, Pétrific. remarq. p-13. PI. 7, fig. 1. Bronx, Leth. geogn. 1. c. 1851, p. 305. PI. 21, fig. 24. Quexsrepr, Jura I. c. p. 417. PI. 57, fig. 15 —16.

La coquille, icane et turriculée, est composée de 9 ou 10 tours plans ou légèrement convexes et grossissant doucement; ils sont garnis de 5 rangées transverses de petits tubercules, réunies par de petites côtes transverses ; les tubercules de tous les tours forment des côtes long'itudinales assez régulières; le dernier tour présente 4, 5 ou nn plus grand nombre de rangées de côtes transverses à tubercules; les côtes basales sont simples, sans tubercules. :

Hab. dans le calcaire jurassique de l'étage oxfordien inférieur de Popilani et de Nigranden en Lithuanie, dans le terrain jurassique de Hutka près Czenstochowa en Pologne, ainsi que dans le jura brun du Wurtemberg.

Cette espèce est variable: les individus de Nigranden sont turriculés, à tours légèrement bombés et garnis de trois rangées de côtes très minces; il y en a 9 ou 10 sur chaque tour; les tubercules obtus, en petits nœuds et fixés sur les côtes, sont réunis par de courtes côtes longitudinales, qui forment des carrés très réguliers avec les côtes transverses. Les côtes moyennes à tubercules deviennent quelquefois minces et disparaissent même tout à fait; c’est alors le Cerith. armatum Gozpr. du terrain jurassique de l'Allemagne septentrionale.

Les individus de Nigranden ont 4 ou plus de lignes de long et 2 I. de large au dernier tour; les 3 rangées transverses de côtes à tubercules sont très constantes; les rangées longitudinales sont tantôt régulières, tantôt irrégulières, eb interrompues.

Les individus de Hutka en Pologne, que je dois à la bienveillance

de M. ZEUSCHNER, Te le nom de Cerith. tortile HerBert DESLONGCH., ne diffèrent pas de ceux de Nigranden et me semblent appartenir au Cerith. echinatum.

Esp. 986. Cerith. armatum GoLpr. sp.

Petref. Germ. 1. c. IL p. 31. PI. 173, fig. 7.

La coquille, petite et turriculée, est plus élancée et composée de 6 à 8 tours, ornés de 2 rangées transverses à tubercules un peu plus pointus; les tours sont séparés par des sutures plus profondes que ceux du Cerith. echinatum, et les carrés, formés par le croisement des côtes transverses et longitudinales, sont légèrement parcourus de stries longitudinales.

Hab. dans le calcaire jurassique de l’étage oxfordien inférieur de Popilani et de Nigranden, ainsi que dans le jura brun à Ammonites torulosus du Wurtemberg.

Notre coquille ne se distingue du Cerith. echinatum que par deux rangées transverses de côtes à tubercules; elle est en outre plus élancée, à tours séparés par des sutures plus profondes; ils deviennent par là plus arrondis que ceux du Cerith. echinatum.

M. Gozpruss a figuré 1. c. un individu, pourvu aux premiers tours de 3, eë6 aux tours suivants de 2 rangées de côtes, mais cela n'empêche pas que ce soit la même espèce, dont les variétés sont très nombreuses. Les côtes basales du dernier tour sont simples, dépourvues de tubercules; les espaces carrés entre les côtes sont moins réguliers et striés, à stries longitudinales, tandis qu’ils sont lisses et réguliers sur le Cerith. echinatum v. Bucx, qui par conséquent n’est pas le Cerith. armatum Gozpr., comme le suppose aussi M. QuensrepT *,

Esp. 987. Cerith. septemplicatum Rôw.

Die Verstein. d. Oolithgeb. 1. c. p. 142. PI. 11, fig. 16. Gozpruss, Petref. Germ. III, p. 33. PI. 173, fig. 18.

La coquille turriculée est composée de tours légèrement convexes et assez hauts; les tours sont garnis de 7 rangées transverses de côtes à tubercules en nœuds, qui réunis entre eux forment 7 à 10 rangées longitudinales de côtes. Les espaces entre les rangées transverses et longitudinales forment des rangées oblongues très régulières et non des carrés. L'ouverture du dernier tour est ovalaire, à columelle lisse et à base ornée de plusieurs côtes simples. :

* Handb. d. Petrefactenkunde 1. c. 1866, p. 514.

Hab. dans le calcaire jurassique de l’étage oxfordien inférieur de Po-

pilani et de Nigranden, dans l'argile jurassique oxfordienne de Dorogomilow près de Moscou, ainsi que dans le coral-rag du Hanovre.

La coquille, en fragment, est composée de 4 à 6 tours, dont le dernier a 2 L de large et 3 1. de haut; les côtes longitudinales sont formées de petits tubercules presque confluents; les rangées sont légèrement courbées et régulières, on quelquefois interrompues sur les tours suivants.

Le petit individu de Moscou (voy. Bull. de Mosc. L.c. p. 116, 1859. IIL. P1, 2, fig. 26) n’est pas décrit en détail, et il se peut que la figure représente une autre espèce; du moins ce n’est pas celle de Nigranden.

Esp. 988. Cerith. russiense d’'Ors.

Cerith. russiense D’Onrgieny, voy. VERNEUIL, Paléont. de Russie I. c. p. 453.

La coquille conique a les tours légèrement convexes, saïllants en gradins et garnis de 13 côtes transverses aiguës, un peu flexueuses et coupées par des côtes longitudinales ; le bord supérieur sutural des tours est lisse et fait une légère saillie.

Hab. dans le calcaire jaunâtre de l'étage kimméridien à très petits grains pisolithiques — ou crétacé inférieur? — aux environs de Kamenka sur le Donetz.

, La figure publiée dans la Paléontologie de la Russie à 1 p. 2 I. de long et 41/2 1. de large au dernier tour; le nombre des tours va jusqu’à 10. M. Bronx * regarde le Cerith. muricatum Sow., auquel M. d’Or- BIGNY à réuni le Cerith. russiense, comme l'espèce typique et y réunit également le Cerith. granulato-costatum Mënsr. le Melania undulata Desz. et le Cerith. millepunctatum Desr., espèces jurassiques. é

Les individus de Kamenka se distmguent pourtant du Cerith. (Turritella) muricatum Sow. par les tours en gradins et par la rangée supérieure à tubercules pointus.

Esp. 989. Cerith. multiplicatum #».

Cerithium septemplicatum (Rôw.) Traurscn., Bull. de Mosc. 1. c. 1859. IL, p. 116. PI. IL, fig. 26.

Testa exigua, conica, anfractus sensim adaucti latitudine, costati, costis longitudinalibus 10 pluribusve singulorum anfractuum, alternis, transversim striatis, margine anfractuum superiore angulato.

*# Leth. geogn. |. c. p. 306.

Hab. dans l'argile jurassique de létage oxfordien du cimetière de Dorogomilow prés de Moscou.

Petite coquille conique, à tours croissant doucement, garnis, chacun: de 10 à 12 ou plus de côtes longitudinales, qui par des stries transverses sont divisées en 4 ou 5 nœuds plus larges que longs; le dernier tour en offre 10 ou plus, et sa base est en outre parcourue de stries transverses serrées. Les interstices des côtes sont plus étroits que les côtes; c’est par là que notre espèce se distingue du Cerith. septemplicatum Rôm. du coral-rag près de Hanovre. Le bord supérieur des tours est anguleux en gradins, autre différence d’avec le Cer. septemplicatum à larges interstices des côtes. L’ouverture du dernier tour se continue en un canal court et aigu; ce tour est trois fois plus long que l’avant-dernier. La coquille incomplète n’a que 2 1. de long, et 1 1. de large au dernier tour.

Cette espèce a presque les mêmes ornements que le Cerith. carbonarium Gozpr. de l’oolithe carbonifère près de Minden en Westphalie; il s’en distingue par 12 à 14 côtes longitudinales, légèrement courbées et garnies de nœuds plus larges, qui alternent avec des nœuds plus étroits.

Esp. 990. Cerith. asperum Roux.

Bull. de Mosc. I. c. 1846, IV. PI. C, fig. 2, et Bull. Mosc. L. c. 1848. L. p. 268.

Testa mediocris turrita, anfractus sensim ambitu adaucti, costatoconvexi, costa singulorum anfractuum majore media, lateralibus aliis multo minoribus inaequalibus, margines superiorem et inferiorem excavatos occupantibus.

Hab. dans l'argile noire oxfordienne de Goliowo près de Moscou.

La coquille, de grandeur moyenne, est turriculée, à tours convexes, grossissant légèrement et munis d’une côte épaisse médiane et de plusieurs autres côtes très minces et inégales, situées aux bords supérieur et inférieur sur les pentes de tours. Les côtes sont traversées par des stries fines d’accroissement très serrées, qui coupent également la grosse côte médiane et les côtes grêles inégales en épaisseur sur les deux pentes des tours. Ceux-ci sont séparés l’un de l’autre par une suture distincte, qui occupe le milieu de la concavité au fond de laquelle les tours se réunissent l’un à l’autre.

Les stries d’accroissement, très serrées et fines sur les deux pentes des tours, deviennent plus épaisses sur la côte médiane, dont la surface affecte par suite un extérieur feuilleté. Les côtes grêles aux deux pentes

des tours sont inégales en épaisseur, une plus fine est placée entre deux autres plus épaisses, dont il y a 4 sur chaque pente, également comme sur la base convexe du dernier tour; la partie inférieure de celui-ci est en outre garnie de stries concentriques simples et très serrées.

Le dernier tour de la coquille incomplète a 4 1. de large et 3 L. de haut; la base du tour ne s’élève que peu, elle est plane plutôt que convexe. L’individu de ma collection est composé de 3 tours, qui grossissent très doucement.

Notre espèce offre la plus grande ressemblance avec le Cerith. tectum d'Or. * des marnes du gault de Dienville, qui s’en distingue par la côte médiane plus tranchante et par les côtes latérales entièrement égales entre elles; ses tours grossissent plus rapidement.

Esp. 991. Cerith. Jazykowii Roux.

PI. XX VU, fig. 18 a gr. nat.; b grossi.

Turritella Jazykowiana Rourzmer, Bull. de Mosc. I. c. 1848, [L. PI. C, fig. 1, et Bull. Mosc. 1847, p. 406.

Testa parva, conica, anfractus ambitu sensim adaucti, costati, costa media acuta, striata, superficie testae inter cosbas simili modo transversim striata, tenuissimis striis transversis aequalibus ornata.

, Hab. dans largile jurassique noire de létage oxfordien supérieur de Goliowo près de Moscou, et d’un terrain semblable de Ssimbirsk.

Petite coquille conique, à tours grossissant très doucement, et garnis de côtes épaisses et de stries fines. Les côtes occupent, à ce qu’il paraît, le milieu des tours, qui est relevé et se continue des deux côtés en pentes légères. Celles-ci se réunissent avec les pentes des tours voisins, et il se développe par là entre les côtes une concavité, qui est occupée par des stries concentriques très fines, au nombre de 10. Les stries sont traversées par des stries d’accroissement plus fines et à peine appréciables, quoiqu’elles laissent des traces de leur présence sur les côtes médianes, qui par là deviennent comme noueuses. Les sutures sont si peu distinctes qu'on n’en remarque presque pas de traces.

L’individu a 31 1. de long, et le dernier tour 1/4 IL. de large.

C’est une espèce intermédiaire entre le Cerithium asperum jurassique et le Cerith. tectum crétacé; elle est plus grêle que le premier, et pourvue de côtes tranchantes comme le second, qui cependant grossit plus rapidement et acquiert la largeur double de l'individu de :

* Paléont. fr. Terr. crét. L. c. p. 369. PI. 230, fig. 4 - 6.

Goliowo. Quant à l'individu de Ssimbirsk, figuré mais non décrit par M. Rover I. c., je ne suis pas bien sûr s’il est identique à l’espèce de Goliowo, car la coquille n’est pas aussi grêle et ne grossit pas doucement, mais plus rapidement; néanmoins la figure offre absolument les mêmes ornements, et je suppose qu’il n'existe pas de différence entre les deux individus.

Esp. 992. Cerith. apicatum ».

PI. XXIX, fig. 3 a gr. nat.; b grossi.

Testa elongata, conica, anfractus sensim ambitu adaucti, excavati inter costas longitudinales, latiores interstitiis seque invicem excipientes vel alternas; costis in apicem subacutum excurrentibus ipsisque interstitiis transversim striatis.

Hab. dans l'argile noire jurassique de l’étage oxfordien supérieur de Goliowo aux environs de Moscou.

Petite coquille conique, allongée, à tours à peine convexes, qui, s’accroissant doucement, sont garnis de côtes longitudinales variqueuses; les côtes sont coupées, comme les interstices élargis, par des côtes transverses très fines, dont on compte 15 ou plus sur la hauteur de chaque tour. Les côtes longitudinales, plus larges que les interstices, commencent aux sutures des tours précédents par une petite saillie ou varice pointue; celle-ci s'élève un peu plus que les côtes longitudinales, qui, légèrement infléchies, correspondent aux côtes des tours suivants et s’abaissent vers la base de ces derniers. Les premiers tours, très minces, sont pourvus de côtes longitudinales alternes et ne correspondant pas d’un tour à l’autre; sur chaque tour il y à en général 6 ou 7 côtes longitudinales. Le dernier tour est un peu plus épais que l’avant-dernier ; la columelle, droite et allongée, se continue en un canal distinct, offrant la base du tour convexe et garnie de petites côtes transverses à la surface. L’ouverbure est presque semi-lunaire, à bord extérieur arrondi, et à bord columellaire presque droit, encroûté.

L’individu de Goliowo à 6 1. de long et 2 1. de large au dernier tour; à partir de là il devient de plus en plus pointu vers son extrémité supérieure aiguë; il est composé de 9 ou 10 tours.

Ma collection présente encore un autre individu, un peu plus court, qui s’élargit pourtant plus rapidement et se distingue par les côtes longitudinales ; il est comme pointu ou variqueux au milieu des tours. L’indi-

vidu est comprimé et par là plus large que l’autre individu, qui est plus élancé.

Cette espèce offre une grande ressemblance avec le Cerith. Aubersonense Prcr. et Camp. des marnes néocomiennes à Bryozoaires, superposées au calcaire roux valangien d’Auberson * près Genève. La coquille, en fragment de 6 tours, a la longueur de 1 p. 8 1., la largeur du dernier tour est de 10 L.; les tours sont médiocrement convexes à cause des côtes longitudinales, qui sont également pointues aux deux extrémités et non variqueuses à leur origine aux sutures; les interstices entre les côtes sont garnis de 6 ou 7 petites côtes transverses, au lieu du nombre double qu’on remarque sur l’espèce de Goliowo. La coquille du valangien, sauf la grandeur plus considérable, ressemble tout à fait à celle de Goliowo, et je suis porté à supposer que celle-ci n’a pas été trouvée dans l’argile jurassique noire, mais dans le grès noirâtre néocomien de Goliowo, superposé à l'argile. |

Esp. 993. Cerith. Cornuelianum d'Ors.

PI, XXIX, fig. 1 a gr. nat.; b grossi.

Paléont. fr. Terr. crét. IT, p. 361. PI. 298, fig. 11-19.

Coquille turriculée, allongée, à tours convexes, grossissant doucement et ornés de côtes longitudinales flexueuses et traversées par des stries transversales en côtes minces et nombreuses; les intervalles sont plus larges que les côtes longitudinales. L'ouverture est ovale, prolongée à la base en un canal court et offrant un sinus au bord columellaire basal; le bord extérieur de l'ouverture est convexe.

Hab. dans le grès vert de l’étage aptien sur une montagne à 3 verstes du bord de la rivière Jenisséi, à environ 600 verstes au nord de Touroukhansk de la Sibérie occidentale.

La coquille, très bien conservée, se caractérise par les côtes longitudinales flexueuses, qui correspondent dun tour à l’autre; les stries transversales en côtes légères sont séparées par des sillons d’égale largeur avec les stries. Les tours sont garnis de 10 côtes longitudinales, croisées par 8 stries transversales. Les sutures sont profondes, et les côtes longitudinales, rétrécies aux deux extrémités, aboutissent aux sutures. L'un des individus de la Sibérie, formé de 6 tours, a près de 6 1. de long, et au dernier tour, 2 1. de large et autant de haut; le dernier tour bombé égale presque en hauteur les trois tours précédents. Le bord columellaire est profondément échancré, et offre un canal très court.

* Paléont. suisse |. c. p. 280. PI. 70, fig. 12— 13.

Esp. 994. Cerith. consobrinum #.

PI. XXIX, fig. 2 a gr. nat.; b grossi.

Testa parva conica, anfractus spirae sensim ambitu adaucti, costati, costis longitudinalibus inflexis, nodulosis, sex nodulis approximatis singulas costas exstruentibus, interstitiis intercostalibus transversim ac tenuiter striatis.

Hab. dans le grès vert des environs de Koktebel, entre Féodosie et Soudagh en Crimée, réuni, à ce qu’il paraît, au Turritella helvetica Pror. Rex. du terrain aptien inférieur de Ste-Croix en Suisse *,

Petite coquille conique, à tours de spire légèrement convexes et garnis de côtes longitudinales et courbées; elles sont composées de 6 nœuds très rapprochés et presque confluents; les côtes sont opposées et correspondent d’un tour à l’autre; les interstices sont parcourus de stries transverses, qui passent en travers en une côte petite et mince d’un nœud à l’autre.

Je ne possède que des fragments à 5 tours; ils ont 5 1. de long et à peine 2 1. de large, aü dernier tour, le cinquième n'offre que 1 I. de large; chaque tour a 19 ou 20 côtes longitudinales moniliformes. La base, légèrement convexe, du dernier tour est parcourue de stries transverses, parallèles, et offre une columelle droite et courte; comme l’ouverture n’est pas complète, je n'ose pas affirmer que c’est effectivement un Cerithium, d'autant moins que le Turritella Charpentieri Prer. Rex. du terrain aptien de Ste-Croix, sauf la grandeur plus considérable, rappelle beaucoup l'espèce de la Crimée; celle-ci cependant se distingue par 6 côtes longitudinales noueuses et légèrement courbées, tandis que le Turritella Charpentieri de Ste-Croix a des côtes droites, ornées de 4 tubercules, et la surface des tours parcourue de stries transverses très fines et nombreuses.

Les Cerithium speciosum Zex. debile Zex. et sexangulum Zxx. du terrain crétacé de Gosau** en Autriche rappellent beaucoup le C'erith. consobrinum et ne s’en distinguent que par les côtes transverses plus épaisses et moins nombreuses, entre lesquelles on remarque en outre des stries transverses plus fines, qui manquent au Cerith. consobrinum.

* Paléont. suisse. L. c. p. 28. PL 3, fig. 2. ** Zexeut, Die Gasteropoden d. Gosaug. 1. c. PI. 23, fig. 1, 2, 3.

Esp. 995. Cerith. Renardi Rourzr, Bull. de Mosc. 1849. IL, p. 378. PI. L, fig. 96.

Petite coquille conique, allongée, à tours non convexes, presque plans, garnis de 20 ou d’un plus grand nombre de côtes longitudinales noueuses, qui forment sur chaque tour 4 rangées transverses; les nœuds sont réunis par des stries en côtes très minces transversales et longitudinales; l'ouverture est presque carrée, la columelle lisse, et le canal court, peu prononcé.

Hab, dans l’argile noire jurassique de Goliowo.

La coquille, en fragment, est mince et de 3 1. de long, chaque tour offre la hauteur d’une ligne. Elle se distingue de toutes les autres espèces par le grand nombre de côtes longitudinales, dont les nœuds paraissent pointus. Le bord extérieur de l’ouverture est anguleux au milieu; le bord columellaire enfoncé ou excavé, et entouré de stries simples, parallèles et serrées.

Esp. 996. Cerith. Strangwaysii Rouizr.

Bull. de Mosc. IL. c. 1849. II, p. 380. PI. L, fig. 97.

Petite coquille conique, à tours aplatis, garnis de 11 côtes longitudinales noueuses, qui forment sur chaque tour trois rangées transverses ; les nœuds des côtes longitudinales sont réunis les uns aux autres par des côtes transverses de la même largeur que les nœuds.

Hab. dans l’argile noire jurassique de Goliowo.

La coquille est turriculée et caractérisée par trois côtes transverses, rapprochées et séparées d'avec les côtes des tours suivants par de profondes sutures. Les nœuds sont disposés sur les côtes transverses, et forment des rangées longitudinales sur la surface de la coquille.

Esp. 997. Cerith. ambiguum ».

PI. XXIX, fig. 4 a gr. nat.; b grossi.

Testa parva, turrita, anfractus spirae sensim ambitu adaucti, costati, costis longitudinalibus acutis, se invicem excipientibus, nodulosis, nodulo majore supero prope suturam obvio, inferioribus quatuor minoribus; costis transversis quinque nodulos costarum longitudinalium connectentibus.

Hab. dans le grès calcaire néocomien de Lassino aux environs de Tambow sur l'Oka.

Petite coquille turriculée, à tours à peine convexes, grossissant dou-

cement en largeur et ornés de côtes longitudinales, qui correspondent

d’un tour à l’autre et sont coupées par d’autres côtes transverses, au nombre de cinq, tandis que les côtes longitudinales sont au nombre de dix ou plus. Les nœuds formés par le croisement de ces deux genres de côtes sont disposés en lignes légèrement courbées et presque tranchantes. Le nœud supérieur est plus gros que ceux qui sont placés plus bas. Les interstices entre les côtes transverses sont lisses. Les sutures sont bien marquées par suite de la présence de la rangée transverse supérieure des - nœuds, qui fait une légère saillie à chaque tour nouveau. Le dernier tour est un peu plus grand que le précédent, la base est convexe et munie de 6 côtes simples, qui entourent la columelle, et dont les interstices sont parcourus de fines stries d’accroissement. La columelle est petite, courte et encroûtée.

Le fragment de la coquille à 4 1. de long, et le dernier tour a près de 2 1. de large; il a 6 tours, dont les premiers, plus pointus, manquent. Les interstices des côtes sont un peu plus larges que celles-ci.

Esp. 998. Cerith. belgicum Mëxsr. Gozpr.

PI. XXIX, fig. 5 gr. nat.

Gorpruss, Petref. Germ. 1. c. p. 34. PI. 174, fig. 5. d’ArcarAc, Fossiles du tourtia, voy. Mém. de la Soc. géol. de Fr. II. 2, p. 344. PI. 25, fig. 3.

La coquille, allongée et turriculée, est composée de tours légèrement excavés au milieu et striés en travers, à stries nombreuses, coupées par des stries d’accroissement; le bord supérieur des tours est renflé et pourvu, près de la suture, d’une forte côte lisse.

Hab. dans le terrain crétacé de Terenaïr en Crimée, ainsi que dans le tourtia de Tournay, aux frontières de la France et de la Belgique.

La coquille est marquée de gradins, par suite de la côte lisse au bord supérieur des tours; leur partie moyenne et inférieure est parcourue de stries transverses concentriques serrées. Le dernier tour, de hauteur double de celle de l’avant-dernier, a la base convexe, ornée de stries concentriques plus grosses et coupées par des stries d’accroïssement. La columelle est droïte, courte et marquée à sa base d’un sinus anguleux.

L'individu de la Crimée est de grosseur presque égale à celui de Tournay; il a 1 p. 8 L. de long, et 71} L. de large au dernier tour; le fragment en contient 7, dont le premier à presque 4 L. de large. Les côtes des premiers tours sont munies de tubercules, qui manquent aux trois derniers tours, tandis que l’espèce type de Tournay les montre sur tous les bords supérieurs renflés, et même sur le dernier tour. Le Cerith.

terebroides * du néocomien de l’Aube a dans ce cas-là la plus grande ressemblance avec l'individu de la Crimée; cependant il est plus élancé, le bord supérieur de tous les tours est orné de tubercules, mais Les stries transverses manquent sur les tours; on ne remarque que des stries d’accroissement longitudinales. Le Cerith. Sanctae-Crucis Prcr. Came. ** du gault de Ste-Croïx aux environs de Genève a la même conformation des tubercules sur le bord supérieur des tours, et les stries transverses très fines, en sorte que, sauf la petitesse de l’espèce de Ste-Croix, l’affinité avec les individus de la Crimée est encore plus grande.

Esp. 999. Cerith. Viteli Pror. Came.

Paléont. suisse. Terr. crét. 1. c. p. 278. PI. 70, fig. 10—11.

Le moule de la coquille est conique, à tours un peu convexes et marqués de dépressions, qui correspondent à des varices; l’ouverture est ovale, presque aussi large que longue, le bord extérieur simple, le bord columellaire pourvu d’un pli à peu près médian.

Hab. dans le grès néocomien de Biassala, et dans la marne crayeuse de Baktschissaraï en Crimée, ainsi que dans le calcaire jaune urgonien de Ste-Croix près Genève.

Des moules semblables à ceux-ci ont été trouvés en Crimée et paraissent appartenir au Cerith. Viteli, cependant je ne puis juger exactement de leur identité. L'ombilic des moules est profond et assez large. Le pli columellaire indique que le moule appartient à un Cerithium; le bord extérieur de louverture du moule montre par ses dépressions qu’il y existait d’autres plis extérieurs, par lesquels se distinguent également les espèces de Cerithium caractérisées par des varices.

L’individu de Biassala en Crimée, composé de 2 tours, a 10 1. de long et 8 1. de large; le dernier tour est pourvu d’un bord obtus, d’un ombilic profond et de l'ouverture plus haute que large; c’est ce qui le distingue un peu de l’espèce type.

L’individu de Baktschissaraï montre plus distinctement les impressions sur les tours, provenant de plis ou dents à l’intérieur des tours.

Esp. 1000. Cerith. depressum ZE.

Die Gasteropoden d. Gosaug. 1. c. p. 116. PI. 24, fig. 6—7. Agicx I. c. p. 484.

La coquille conique, en gradins, est composée de tours quadrangu-

* d’Orgieny, Terr. crét. 1. c. p. 352. PI. 227, fig. 1. *# Paléont. suisse |. c. p. 283. PI. 70, fig. 14.

laires, déprimés, à bord supérieur saïllant et caréné, pourvu au milieu des côtés d’une ceinture tuberculeuse indistincte.

Hab. dans la marne argileuse néocomienne de la vallée de Wedi, qui conduit au haut plateau d'Agman, à 48 verstes de l’Araxès aux environs d’'Erivan, ainsi que dans le terrain crétacé de Gosau, dans la vallée du Russbach en Autriche.

L’individu à 2 p. de long, et 1 p. de large au dernier tour, au - 12ième tour il 'amincit jusqu’à 3 L.; la base du dernier tour est par là très large et son bord caréné tranchant, comme Les bords supérieurs des tours précédents. C’est là surtout le caractère par lequel cette espèce se distingue du Cerith. excavatum du gault de la Crimée, qui a une grande ressemblance avec le Cerith. depressum du Caucase. Celui-ci est plus élancé, à tours plans et à bord supérieur garni d’une ceinture en côte, et de la surface inférieure portant des stries nombreuses et parallèles ; celui-là au contraire est de largeur double à la base, les tours précédents s’amincissent plus rapidement et sont munis du bord supérieur toujours saillant et tranchant, la surface inférieure est en outre munie de quelques tubercules indistincts en rangée transverse. De semblables tubercules se trouvent également sur le bord supérieur des premiers tours du Cerith. excavatum de la Crimée et rappellent l’ornement extérieur des tours du Cerith. depressum, qui en à un nombre double; cependant ce sont deux espèces très voisines, se trouvant d’ailleurs dans un terrain du même âge.

Esp. 1001. Cerith. Ssyssolae Keys.

KeyserLine, Peischorareise 1, c. p. 317. PI. 18, fig. 14—16.

Petite coquille fusiforme, à tours convexes, grossissant plus rapidement eb séparés par de profondes sutures; l’ouverture est ovalaire, rétrécie et aiguë en haut et en bas, à canal assez court et distinct.

Hab. dans le calcaire néocomien aux environs du village de Wotscha sur le bord du fleuve Ssyssola.

La coquille n’a que 41/1. de long, et le dernier tour est presque de la grandeur du précédent; elle a 9 tours, dont le premier est pointu, et le dernier arrondi et se continuant en un canal court et aigu; le bord columellaire est droit, et l’extérieur échancré. La surface des tours est pourvue de stries d’accroissement flexueuses, par lesquelles le bord extérieur de l’ouverture devient échancré,.

Le Cerith. Marollinum d’Ors. du calcaire néocomien jaune de

Marolles dans PAube a une grande ressemblance avec le Cerith. Ssys- Eichwald, Lethaea rossica. IL. D)

solae; il est allongé, à tours assez convexes et lisses, excepté les stries d’accroissement qui les recouvrent; les sutures sont lisses et profondes, l’ouverture plus longue que large, à canal assez prononcé, à bord columellaire simple et à bord extérieur tranchant. Ce sont là tous des caractères du Cerith. Ssyssolae, qui cependant s'en distingue par le manque de stries inégales et concentriques sur la base du dernier tour du Cerith. Marollinum, dont la grandeur également est double de celle de l’espèce du nord de la Russie.

L’individu figuré par le comte De KeyserziNG ne paraît pourtant pas appartenir au genre Cerithium; il a la plus grande affinité avec le Rissoina incerta d'Ors.* du grès vert des environs d’'Ervy du département de l’Aube, auquel il appartient positivement par son péristome, son ouverture sinueuse et par sa grandeur.

Esp. 1002. Cerith. Stemassense Pacnr.

Verhandl. d. russ. geogr. Gesellsch. XI. 1859, p. 129. PI. 6, fig. 4.

Petite coquille composée de 8 tours convexes, qui grossissent doucement, et sont plus larges que hauts; au milieu de chaque tour on remarque deux rangées transverses de petits tubercules, le dernier tour en a quatre; les tubercules sont coupés par des stries longitudinales droites.

. Hab. dans le pläner du bord du fleuve Stemassée au gouvernement de Tambow.

La coquille rappelle beaucoup le Cerith. clathratum Rôm.** du plänerkalk de Strehlen en Saxe, avec lequel il à une si grande ressemblance qu’il est presque identique avec lui.

M. Pacur n’a observé que des moules extérieurs, sur lesquels les ornements n'étaient pas complétement conservés, en sorte que les rangées de tubercules auraient pu être aussi nombreuses que celles du Cerith. clathratum, d'autant plus que le dernier tour de l’individu de Tambow montre effectivement quatre rangées. Les stries longitudinales sont en outre coupées par des stries transverses, et c’est au point du croisement des stries qu’on observe les tubercules, conformation qui ne se voit pas bien sur les moules extérieurs fort incomplets de Tambow, qui les ont garnis, comme je suppose, sur la coquille elle-même; ce fait aide à expliquer, par l'identité de l’espèce, l’âge relatif de l'argile siliceuse du bord du fleuve Stemassée, dont l’âge doit être identique au pläner de la Saxe.

* Paléont, fr. Terr. crét. p. 62. PI. 155, fig. 11—15. *# Rômer, Norddeutsche Kreide. Hannover 1841, p. 79. PI. 11, fig. 17.

Esp. 1003. Cerith. sociale ».

PI. XXVIIL, fig. 19 très grossi, vu de profil. Bull. de Mosc. I. c. 1865. III, p. 51.

La coquille très petite est conique, à tours plans, grossissant peu à peu, et garnis de rangées longitudinales de petits tubercules, dont quatre rangées transverses se trouvent sur chaque tour. Les tubercules sont réunis par de petites côtes transverses; ce sont ces côtes qui forment également les rangées transverses des tours; les sutures sont profondes et très délicates.

Hab. dans le calcaire cénomanien du village de Buczak au midi de Kiew.

Petite coquille pourvue de tours peu convexes et séparés par des sutures assez profondes. Les tours, au nombre de 6 à 8, sont garnis de 8 à 10 rangées longitudinales de tubercules, réunis par des côtes transverses, qui forment trois ou quatre rangées transverses sur chaque tour, et chacune d'elles est séparée de la suivante par une légère strie transverse caractérisant notre espèce. Je ne vois pas de stries d’accroissement longitudinales: elles étaient probablement trop fines pour pouvoir se conserver en empreintes sur la surface.

Les plus grands individus ont 3 1. de long et 1 1. de large au dernier tour; ce tour à la même hauteur et se continue en un canal droit assez distinct.

Les petits individus se trouvent par milliers dans le calcaire siliceux de Buczak; ils ne sont pas associés à d’autres genres de coquilles. Leur forme en général montre une grande ressemblance avec le Melania attenuata Sow. du wealden de l'Allemagne septentrionale et de l’Angleterre, mais cette coquille s’en distingue par les tubercules réunis en plis longitudinaux et par le manque des stries transverses, situées sur les tours du Cerith. sociale entre les rangées transverses des tubercules.

M. pe Bucu * à rapporté notre espèce au Cerith. lima Desx., qui cependant a le nombre double de nœuds très rapprochés sur les tours, et les quatre rangées transverses de nœuds ne sont pas séparées les unes des autres par une strie transverse, comme sur le Cer. sociale; les nœuds des rangées longitudinales de ce dernier sont réunis par de courtes côtes transverses, qu’on ne remarque pas sur le Cerith. lima.

* Murcmson, Geology of Russia. I, p. 286.

Esp. 1004. Cerith. procerum #».

PI. XXIX, fig. 12 gr. nat.

Testa maxima turrita, anfractus sensim ambitu adaucti, compressoplani, margine superiore acuto, inferiore obtuso, apertura obliquo, semilunari, margine antico angulum acutum exstruente et postico rotundato, in brevem canalem excurrente.

Hab. dans le calcaire nummulitique de Shbfero pol en Crimée, associé aux grands Nummulites, aux Ostrea gigantea, Trochus giganteus Dus., Ovula tuberculosa eb à un grand nombre d’autres espèces de Mollusques.

Le moule de la coquille est très grand; c’est le seul fragment qui en existe, le test n'étant pas encore retrouvé. Le moule est composé de 6 ou d’un plus grand nombre de tours, qui grossissené peu à peu et sont lisses, légèrement aplatis et pourvus du bord supérieur aigu, tranchant, et du bord inférieur obtus, les sutures sont profondes et légèrement obliques. L'ouverture semi-lunaire est médiocre, plus petite que la largeur du dernier tour; le bord supérieur ou extérieur est légèrement saillant et muni d’un angle aigu, l’inférieur ou postérieur est arrondi, obtus et se prolonge en un canal court, à ce qu’il paraît, car il est incomplet.

Le moule ne montre nulle part les stries ni les tubercules qui ornent le bord supérieur des tours du Cerithium giganteum Lam., espèce qui s’en distingue par ses quarante tours ou davantage, ornés de gros tubercules et de stries transverses aux premiers tours, les derniers sont lisses. La longueur du Cerith. g'iganteum est de deux pieds et au delà, et le dernier tour a 6 p. et plus de large; les premiers tours se continuent en une petite pointe. Le moule du Cerith. procerum, composé, en fragment, de 6 tours, n’a que 7 pouces de long et près de 4 p. de large au dernier tour. Les tours, en général plus larges que hauts, ont à peu près 3 p. de large et 1 p. 1 L de haut, mesurés sur l’avant-dernier tour. La surface des tours est lisse et plane, le bord supérieur tranchant et enfoncé à l’intérieur pour la réception du bord inférieur obtus du tour précédent. L'ouverture du moule est plus large que haute, le bord columellaire ne montre pas de pli, et le bord extérieur est tranchant, presque dépourvu du canal basal. La base du dernier tour est légèrement convexe ou un peu enfoncée près du bord columellaire, qui était encroûté. La surface du dernier tour est plane et marquée également d’un ford supérieur tranchant, qui se continue en dedans en une pente oblique, et d’un bord inférieur obtus et arrondi, qui se prolonge en un bord columellaire oblique et peu saillant; le bord extérieur et le long canal de l'ouverture sont

épais et feuilletés dans le Cerith. giganteum. On ne remarque pas de trace de cette conformation sur le Cer. procerum, parce qu’il n'existe qu’en un moule, qui n’a que le tiers de la longueur du Cerith. giganteum, mais sa largeur est presque la même; il se dilate plus rapide-

ment que celui-ci.

Famille trente-neuvième.

Turritellidées.

La coquille des Turritellidées est allongée, turriculée, à tours de spire nombreux, pointus à l'extrémité supérieure; l'ouverture est circulaire, quadrangulaire ou ovalaire, dépourvue de sinus et de canal, et les bords sont tantôt continus, tantôt séparés.

Genre CXXVI. Turritella Lan.

La coquille allongée est composée de tours de spire nombreux, serrés et largement unis ensemble, l’ouverture est circulaire ou quadrangulaïre; le bord extérieur n’est pas élargi en bourrelet, caractère qui le distingue des Scalaria à tours de spire séparés. Ce genre remonte à la période ancienne; il se retrouve dans les terrains triasique, jurassique et principalement dans le crétacé et le tertiaire, et vit encore dans les mers

actuelles.

Esp. 1005. Turrit. Fahrenkohlii Rovwrzr.

Bull. de Moscou I. c. 1846, IV. PI. C, fig. 4 Bull. de Mosc. 1848. I, p. 269. * Bull. Mosc. I. c. 1849. IL, p. 377.

Testa parva elongata, conico-turrita, anfractus subconcavi, sensim ambitu adaucti, et suturis profundioribus ab invicem dirempti, costati, costis transversis 5 —6 inaequalibus, infima crassiore reliquis, insequentibus tenuioribus, sensim crassitie adauctis eb suprema iterum crassiore antegressis; ultimo anfractu subconvexo, transversim et concentrice striato, columellari margine prosiliente, laevi, apertura quadrangulari.

Hab. dans l'argile noire jurassique de l’étage oxfordien supérieur de Goliowo près de Moscou, et dans un grès argileux semblable d’Antonowo- Poustosch sur l’Oka.

La coquille, très régulière et élégante, est composée de 12 ou d’un plus grand nombre de tours de spire, peu obliques et séparés les uns des autres par des sutures profondes et marquées d’une strie légère. Les tours sont un peu eufoncés à la surface et ornés de côtes transverses, au

nombre de 5 ou 6 sur chaque tour; la côte supérieure des tours est assez épaisse, les quatre suivantes s’amincissent peu à peu, en sorte que la quatrième est la plus fine; la cinquième ou la basale devient tout d’un coup la plus épaisse, même plus épaisse que la côte suprême. Les côtes sont coupées par des stries d’accroissement flexueuses très serrées; par là les côtes deviennent moniliformes. La base du dernier tour est légèrement convexe, un peu enfoncée à la columelle encroûtée et striée, à stries concentriques au nombre de 9 ou 10, dont les premières ou extérieures sont les plus grandes et plus espacées que les dernières, qui sont rudimentaires et placées près de la columelle.

La coquille a 10 1. de long, et le dernier tour est de 2 1. de large, elle s’amincit doucement vers le premier tour de spire pointu; la surface, presque toute plane, n’est interrompue que par le bord inférieur des tours en côte saïllante.

Les individus de la localité d’Antonowo sur le bord de l’Oka sont plus grands, mais toujours en fragments de 2 ou 3 tours de spire; le dernier tour a près de 3 L de large, il n’a que 5 côtes, dont les 2 extérieures, la supérieure et l’inférieure, sont les plus épaisses, et les 3 intérieures les plus fines; elles sont coupées par des stries d’accroissement longitudinales semblables et flexueuses, en sorte que l'espèce est la même que celle de Goliowo, qui se trouve dans l’argile jurassique, tandis que

celle d’Antonowo provient d’un grès marneux ferrugineux, que je considère comme appartenant au terrain néocomien.

Esp. 1006. Turrit. Krantzii Roux.

PI. XXIX, fig. 7 a gr. nat.; b grossi.

Bull. de Mosc. 1849. IL, p. 378. PI. L, fig. 95.

Petite coquille turriculée, à tours de spire subconvexes et ornés d’une côte médiane plus épaisse, et de deux autres, situées par paires au dessus et en dessous de la médiane; des stries d’accroissement longitudinales saillantes coupent les côtes, et les rendent presque moniliformes; la surface est par suite fenêtrée.

Hab. dans le grès néocomien noir de Goliowo près de Moscou, et dans le grès ferrugineux également néocomien d’Antonowo sur l’Oka.

Cette coquille n’existe qu’en fragments de quelques tours de spire; les ornements les distinguent de l’espèce précédente. La surface est munie d’une côte médiane un peu plus épaisse, de deux autres, placées par paires au dessus de la médiane, et de deux en dessous d'elle; l’inférieure de celles-ci est toujours recouverte par le tour de spire suivant, en

sorte qu’il n’y a qu’une côte fine en dessous de la côte médiane. Les côtes sont coupées par des stries longitudinales, qui forment de semblables côtes fines et constituent, sur la surface des tours, des carrés très réguliers, un peu plus hauts que larges. C’est là la conformation des individus d’'Antonowo; celle des individus de Goliowo s’en distingue un peu: les stries d’accroïssement longitudinales sont plus serrées et non saiïllantes, ne forment pas de carrés réguliers avec Les côtes transverses fines; je présume que c’est une variété, qui se trouve à Antonowo dans un terrain plus moderne, néocomien; le petit fragment est très mince; il n’a que 2 1. de long et %/4 de ligne de large et se compose de 6 tours de spire.

Esp. 1007. Turrit. Vibrayeana d’Ors.

Paléont. fr. Terr. crét, 1. c. p. 37. PI. 151, fig. 10—12. Picrer, Paléont. suisse 1. c. p. 315. PI. 72, fig. 5—7.

La coquille, petite et conique, est composée de tours de spire sans saillie, à peine séparés par une légère suture, et ornés, en travers, de stries et de côtes alternant entre elles, parmi lesquelles on distingue quatre côtes plus hautes et plus épaisses que les autres.

Hab. dans le grès néocomien noïrâtre de Goliowo, associé à l’Astarte numismalis d'Org., ainsi que dans le gault supérieur d’'Ervy du département de l’Aube, et dans le gault inférieur de Ste-Croix en Suisse.

Les tours de spire de Goliowo sont plans, comme ceux de la France et de la Suisse; les sutures sont superficielles et à peine distinctes; les tours sont ornés de sept côtes, dont quatre sont plus élevées que les trois autres, qui alternent avec celles-là. Le dernier tour est fortement caréné, eb la base assez plane. L’individu à 41/2 1. de long, et le dernier tour est large de près de 112 L.; les individus de la France et de la Suisse ont la longueur double et quelquefois triple, mais présentent d’ailleurs les mêmes caractères.

Esp. 1008. Turrit. Nerinaea Rôm.

Norddeutsche Kreide 1. c. p. 80. PI. 11, fig. 21. Geinirz, Verstein. v. Kislingswalde 1. c. p. 10. PI. I, fig. 16—17.

La coquille turriculée à 12 tours de spire excavés sur le milieu et ornés de 5 stries transverses, entre lesquelles on observe sur les tours inférieurs d’autres stries transverses plus fines. La supérieure et l’inférieure des stries sont les plus épaisses, légèrement granuleuses et coupées par de fines stries d’accroissement flexueuses.

Hab. dans le grès néocomien ferrugineux congloméré de Tschorgono en Crimée, dans le turonien d'Ossinowo au gouvernement de Kkarkow, ainsi que dans le kreidemergel de Kislingswalde, et dans le grès vert de Glatz (Turr. Decheniana Gozpr.).

Je ne possède que le moule intérieur, dont les tours de spire, grossissant doucement, offrent tout à fait la forme de l’espèce dessinée par M. Gers 1. c. fig. 16; il a 2 p. 4 L. de long, et les 6 tours sont concaves sur le milieu, séparés par de profondes sutures. Le dernier tour a 81. de large et presque autant de long, le sixième s’amincit jusqu’à 3 L.; les premiers, qui manquent, ont dû être pointus, comme ceux de l’espèce type de Kislingswalde , à laquelle le moule d'Ossinowo ressemble encore davantage. Le dernier tour est convexe à la base, le bord columellaire simple est lisse et descend obliquement vers le bord inférieur de l’ouverture, qui est arrondie et plus haute que large. Le bord supérieur des tours est un peu plus saillant que l’inférieur, comme sur le Turrit. Nerinaea type de Kislingswalde.

Esp. 1009. Turrit. Petschorae Keys. Petschorareise I. c. p. 326. PI. 18, fig. 26.

Petite coquille conique; les tours sont convexes et munis de stries transverses, égales et coupées par des stries d’accroissement encore plus fines; par là les stries transverses deviennent moniliformes : les tours de spire grossissent très doucement, et Le dernier a 3 L de large et autant de haut; l’avant-dernier est un peu plus grand.

Hab. dans un calcaire néocomien près du village de Polouschino sur la Petschora.

L’espèce de la Petschora offre la plus grande ressemblance avec le Turrit. Jaccardi Prior. Came. du calcaire valangien * de Ste-Croix, en sorte que les individus de la Petschora sont même identiques à ceux de la Suisse: ceux-ci sont également allongés, légèrement relevés sur leur milieu et séparés par des sutures peu profondes; l’ouverture est quadrangulaire, plus longue que large; chaque tour est garni de 13 ou 14 côtes fines, dont la supérieure et linférieure sont les plus fortes. Les côtes sont coupées par des stries d’accroissement assez fortement accusées, qui déterminent quelquefois à leur point de croisement un très petit tubercule. Tout cela se voit aussi sur le Turrit. Petschorae, qui, en fragment, à 1 p. de long et 3 1. de large au dernier tour, dont la hauteur est

* Paléont. suisse L. c. p. 313. PI. 72, fig. 1—3.

également de 3 lignes. Le sixième tour a 11} 1, de large et 1 L de haut, grandeur qui répond tout à fait à l'espèce de Ste-Croix, représentée lethig18%a.

Esp. 1010. Turrit. biserialis ».

PI, XXIX, fig. 6 a gr. nat.; b tour grossi.

Géogn. de Russie (en russe) St. Pétersb. 1846, p. 510. Turritella Kireïviana Rource. Bull. de Mosc. 1846. IV, p. 269, PI. C, f. 3, et Bull. de Mosc. I. c. 1847, p. 405.

Testa satis magna, turrita, anfractus spirae subplani, medio leniter impressi s. subconcavi eb striati, striis transversis bijugis, numerosis, margine anfractuum inferiore prosiliente, rotundato, ultimo anfractu apertura rotundata praedito.

Hab. dans le grès quarzeux turonien de Ssimbirsk près du village de Reschetka, près d’Antipowka sur le Volga, et même dans le cénomanien de Buczak aux environs de Kiew. ÿ

La coquille, de grandeur moyenne, est turriculée, à tours de spire qui, grossissant doucement, sont légèrement concaves sur le milieu des tours et font une légère saillie au bord inférieur; la surface est striée en travers, les stries sont nombreuses et réunies par paires; jusqu’à 10 paires de stries viennent orner les tours. Les sutures sont assez profondes, minces et situées obliquement.

Le moule intérieur, figuré par M. Rourzuter 1. c., sans qu’il en donne la description, est concave sur le milieu des tours, et marqué de stries d’accroissement flexueuses; celles-ci sont plus distinctes sur les derniers tours que sur les premiers; les moules manquent des stries transverses.

La coquille, en fragment, est composée de 8 tours; elle a 2 p. de long, eb 7 L. de large au dernier tour; celui-ci à 5 L. de haut et se prolonge en une ouverture oblique et arrondie; la base du tour est légèrement convexe et le bord inférieur arrondi et obtus.

Le Turrit. biserialis a été pris par MM. pe Jazykow, DE Bucn* et Pacar pour le Turr. imbricatoria du bassin tertiaire de Paris, qui cependant est plus grêle et plus pointu, à tours de spire moins enfoncés sur le milieu et garnis de 5 stries transverses simples et espacées, tandis que les stries du Turr. biserialis sont disposées par paires, plus rapprochées et par conséquent plus nombreuses.

Le Turrit. Neptuni Münsr. du terrain crétacé de Tournay a plus de ressemblance avec le Turr. biserialis quant à sa forme générale et

* Muromson, Geology of Russia [, p. 286.

sa grandeur, mais les tours de spire sont complétement plans et ornés de stries transverses nombreuses et inégales, dont quelques-unes sont plus épaisses que les autres, placées au nombre de 4 à 6 entre celles-là; le bord supérieur des tours fait une petite saïllie, et non l’inférieur, comme sur le Turr. biserialis.

L’individu de Buezak ne se trouve qu’en petits fragments, et en un moule extérieur, sur lequel on remarque très distinctement les rangées de stries transverses par paires.

M. Bay * fait mention d’une espèce de Turritelle non déterminée, mais très voisine du Turrit. Bauga d'Ors. ** de la craie supérieure, qui se trouve près d’Inkerman en Crimée. -

Esp. 1011. Turrit. embolus ».

PI. XXIX, fig. 8 a gr. nat.; b grossi.

Testa conica, elongata, anfractus spirae sensim ambitu increscentes et profundis latisque suturis ab invicem dirempti; superficie convexa, medio plana et striis transversis 6 pluribusve notata, striis erassioribus cum gracilioribus alternis, utroque anfractuum margine declivi; ultimo anfractu obtuse marginato, subeonvexa basi in marginem columellarem simplicem excurrente, apertura ovata infra rotundata, supra acuta.

Hab. dans le grès vert de l'étage turonien d’Antipowka sur le bord du Volga.

La coquille conique, allongée, est composée de tours de spire qui grossissent doucement et sont séparés par des sutures profondes et larges, formées par les bords des tours en pente oblique. La surface des tours est parcourue de stries transverses inégales, il y a 2 ou 3 stries en côtes plus épaisses, une sur le milieu des tours plans, et les deux autres sur les bords supérieur et inférieur; on observe entre elles quelques stries plus fines, plus ou moins granuleuses, comme les côtes plus épaisses. Les granulations des côtes proviennent de stries d’accroissement, qui coupent celles-ci.

Cette espèce ne se trouve qu’en fragments de plusieurs tours réunis; les plus longs offrent 9 tours, dont le dernier à 2 1. de haut et 3 L de large; le cinquième n’a que 112 I. de large et 1 1. de haut.

Le Turrit. difficilis d'Ors., du néocomien inférieur de Marolles en France, présente quelque ressemblance avec le Turrit. embolus, mais il s’en distingue par les tours de spire également convexes et munis

* Quart. journ. XIV, p. 142.

$# Paléont. fr. Terr. crét. L c. PE 153; fig13—4

de 6 côtes égales et plus espacées que celles du Turrit, embolus; il est en outre plus grand; les sutures cependant sont de la même conformation,

Esp. 1012. Turrit. pyramis w.

PI, XXIX, fig. 9 a gr. nat.; b grossi.

Testa parva turrita, anfractus spirae sensim ambitu increscentes, transversim costati, singulis iis costula media et sutbura utraque prosiliente instructis.

Hab. dans la marne néocomienne de Koktebel entre Féodosie et Ssoudagh en Crimée.

Petite coquille turriculée, à tours de spire légèrement grossissant en largeur et munis de côtes transverses, dont une sur le milieu des tours, les deux latérales offrent les bords en saillie; les stries d’accroissement sont peu apparentes. Le dernier tour a le bord inférieur arrondi, obtus eb surmonté par la côte inférieure de l’avant-dernier tour; la base est convexe, le bord columellaire ne descend que peu, et l'ouverture est quadrangulaire, à bord antérieur convexe.

La coquille à 4 1. de long, et le dernier tour est de 1 1. de large, les 10 tours de spire sont placés sur un plan, au dessus duquel les sutures en côtes transverses ne s'élèvent que très peu, Les premiers tours sont très pointus et garnis de côtes nettement accusées,

Esp. 1013. Turrit, striato-costata m.

PI. XXIX, fig. 10 a gr, nat.; b grossi.

Testa turrita, longissima, anfractus spirae medio concavi, sensim ambitu increscentes, striato-costati, suturis, e conjunctis marginibus superiore et inferiore exstructis, costarum instar prominulis et striis 6 pluribusve superficiem anfractuum ornantibus.

Hab. dans le même terrain néocomien de Koktebel en Crimée que l'espèce précédente.

La coquille turriculée est droite, allongée, les tours de spire, concaves au milieu de leur surface, grossissent légèrement et s'élèvent en côtes transverses sur les sutures, qui en côtes élevées se composent du bord supérieur et de l’inférieur réunis; la surface des tours entre les côtes suturales est striée, à stries obliques égales, au nombre de 6 ou davantage, occupant la concavité des tours. Le nombre des stries varie: on en compte quelquefois 4, le plus souvent 6 ou même 8. La coquille se trouve toujours en petits fragments, composés de 6 ou plus de tours, et d’une longueur de 7 1; le dernier tour à 3 L de large et une hauteur de 2 lignes.

La surface de la coquille rappelle beaucoup le Nerinaea Dupiniana d'Ors. * du néocomien inférieur de Marolles en France, dont la spire est également allongée et les tours également striés, fortement excavés, de manière à rendre la suture très saïllante; mais les tours restent presque de la même largeur, sans s’élargir de plus en plus vers le dernier tour, dont la base est distinctement ombiliquée; les cavités des tours sont munies en dedans de petits plis.

Esp. 1014. Turrit. difficilis d’Onrs.

Paléont. fr. Terr. crét. I. c. p. 39. PI. 151, fig. 19—20.

Agic, Vergleich. Geogn. d. Kaukasus I. c. p. 478.

Zzexet, Kreideschichten d. Gosau I. c. p. 23. PI. 1, fig. 3.

Turritella sexlineata Rôwx. Norddeutsche Kreiïde 1. c. p. 80. PL. 11, fig. 22. Turrit. sexcincta Gopr., Petref. Germ. IIE, p. 107. PI. 197, fig. 2.

La coquille allongée est conique, à tours de spire convexes, séparés par les sutures élargies, et ornés de 6 côtes transverses simples, les supérieures sont plus épaisses et plus espacées que les inférieures; le dernier tour est muni d’une côté carénée et de deux autres moins distinctes; Pouverture est légèrement carrée et la base lisse.

Hab. dans la marne calcaire néocomienne du Daghestan entre Koumoukh et Ulutschra, près de Tschounou sur la division des eaux d’Anuikh; dans le calcaire compacte chlorité du lac d’Aral, ainsi que dans les couches moyennes de la craie chloritée d’Uchaux près de Vaucluse, dans le calcaire congloméré très compacte de Gosau près de Wiener-Neustadt et ailleurs. i

La coquille à les tours convexes, séparés par des sutures profondes ; les 5, 6 ou 7 côtes montrent quelquefois, dans les interstices, de fines stries, surtout vers la base des derniers tours et sur les sutures. Les 2 côtes moyennes, rapprochées du bord inférieur, sont les plus épaisses et un peu plus saillantes que les supérieures; c’est par là que notre espèce se distingue du Turrit. Verneuileana, dont la côte supérieure est la plus grosse et séparée des côtes iñférieures par un large interstice.

Les individus de Gosau sont entièrement identiques avec ceux que M. Agrox ** à fait figurer des bords du lac d’Aral comme T'urritella angulata J, De C. Sow. du terrain eocène de l’Angleterre et du groupe oummulitique de l’Inde; la côte la plus grosse est représentée plus obtuse et plus épaisse que je ne le vois sur cinq individus de ma col-

* Paléont. fr. Terr. crét. L c. p. 81. PI. 159, fig. 5—8. ** Beitr. zur Paläont. des asiat. Russl. L. c. p. 24. PL I, fig. 4.

lection, reçus de feu M. Eversmanx et qui ne diffèrent en rien des figures données par MM. d'Orgieny et Zekeux; de la sorte il ne me reste pas de doute sur l'identité des individus considérés par M. Aprcx comme appartenant au Turrit. angulata. Cet auteur décrit des stries d’accroissement en croissant, qui paraissent dues à la structure fibreuse du test, car elles n'apparaissent que par suite de la destruction de la surface lisse de la coquille.

L’ouverture du dernier tour est presque carrée, plus élargie et plus légèrement anguleuse à la base qu’en haut de l’ouverture, où elle est arrondie et plus rétrécie; le bord columellaire est simple et encroûté.

L’individu a 3 pouces de long, et le dernier tour est large de près de 1 p.; il a 8 L. de haut. L’individu est composé de 9 tours de spire, dont le premier, bien conservé, a 2 1. de haut et 3 1. de large, les autres manquent; ils ont dû être très pointus.

L’individu de Gosau a les tours également bombés, les côtes également tranchantes, mais il n’y en a que 5 sur chaque tour, et les stries sont plus fines et plus marquées sur les interstices que chez les individus de l’Aral.

Le Turrit. sexlineata Rôm. de la marne crétacée d’Aïx-la-Chapelle ressemble plutôt aux individus de Gosau qu'à ceux du lac d’Aral, car il a 6 côtes également espacées les unes des autres et munies de plusieurs stries très fines dans les interstices des côtes; la strie moyenne inférieure est en outre plus grosse que les autres.

Le Turrit. sexcincta Gorpr. de la même localité d’Aïx-la-Chapelle offre également 6 côtes plus grosses, et sur les interstices 6 stries plus fines, en sorte que cette coquille est tout à fait la même espèce que le Turrit. sexlineata.

Esp. 1015. Turrit. oxyceras m.

PI, XXIX, fig. 11 gr. nat.

Turritella subangulata (Broccu.) Agicx, Beitr. zur Paläont. d. asiat. Russl. 1. c. p.23. PI. Ii, fig. 7.

Testa turrita, anfractus spirae sensim ambitu increscentes, convexi, media costa carinata et striis superioribus et inferioribus nonnullis obsoletis instructi, suturis profundis transversim striatis; ultimo anfractu convexo, margine columellari incrustato, apertura ovata.

Hab. dans l'argile crétacée noirâtre d’une îlè du lac d’Aral.

La coquille turriculée à des tours convexes, à côte médiane très

marquée; cette côte est plus rapprochée du bord inférieur que du supé-

rieur; des stries très fines, au nombre de 3 ou 4, occupent la moitié supérieure des tours, eb 2 ou 3 stries semblables existent à la moitié inférieure; la strie inférieure, en côte distincte, est la plus épaisse. Les sutures sont larges et profondes. Les tours de spire grossissent assez brusquement, caractère qui distingue notre espèce d'avec le Turrit. su bangulata Broccar du terrain tertiaire supérieur du bassin des Apennins; sur cette dernière les tours sont également convexes et non interrompus par une côte moyénne plus saillante au dessus de la surface; en outre celle-ci est garnie de côtes plus grêles, au nombre de 2 ou 3, sur la partie supérieure et inférieure des tours; ces côtes sont oblitérées sur le Turrit. oxyceras.

Les tours de celui-cigrossissent plus rapidement que ceux du Turr. subangulata, oüïils ne s’élargissent que très lentement. Il à 1 p. de long, et 5 L. de large au dernier tour ; sa hauteur est de près de 3 1. La base du dernier tour est lisse autour du bord columellaire, et marquée de stries concentriques vers le bord extérieur arrondi,

Esp. 1016. Turrit. Rauliniana d’Ors.

Paléont. fr. Terr. crét. L. c. p. 39. PI. 151, fig. 17—18,

Petite coquille peu allongée et conique, à tours presque plans, peu séparés par de légères sutures, et très finement striés en travers; l’ouverture est un peu carrée.

Hab. dans le gault siliceux des bords du lac d’Elton aux environs de Ssaratow, ainsi que dans le grès du gault des Ardennes.

La coquille grossit peu à peu; elle est composée de tours plans et séparés par des sutures à peine marquées sur les moules, que je possède en fragments seulement. Le fragment le plus grand a près de 1 p. de long, 4 1. de large, et autant de haut au dernier tour. Les stries transverses sont très fines eb nombreuses; elles se continuent sur la base convexe; le bord columellaire est simple et ne descend que peu vers le bas. L’individu du lac d’Elton est un peu plus large que celui des Ardennes; il contient 4 tours de spire, qui sont les derniers, et présentent une longueur et une largeur un peu plus considérables que ceux du Turrit. Rauliniana des Ardennes.

Esp. 1017. Turrit. Hugardiana d'Or.

Paléont. fr. Terr. crét. I. c. p. 38. PI. 151, fig. 13—16.

La coquille, très allongée et subulée, est composée de tours obliques

convexes, très hauts et garnis, en travers, de 7 grosses stries et de petites stries intermédiaires; l’ouverture ovale est oblongue.

Hab. dans le gault supérieur du lac d’Elton aux environs de Ssaratow, ainsi que dans le grès vert de Cluse en Savoie.

La coquille est très allongée, à tours de spire grossissant très doucement, en sorte qu’elle est presque cylindrique. Les moules, seuls fragments que je connaisse, sont changés en silex transparent, leur surface est légèrement striée, à stries transverses, marquées même sur les sutures des moules. Les fragments, composés de 3 ou 4 tours, n’ont que 2 IL de large au dernier tour. Les premiers tours sont fort pointus et s’amincissent jusqu’à 1 L Les sutures ont ?/4 de ligne de large et sont très profondes, c’est ce qui caractérise cette espèce. D’autres individus sont striés près des sutures et sur les bords des tours, tandis que le milieu de leur surface est lisse, conformation peut-être accidentelle.

Esp. 1018. Turrit. acicularis Reuss.

Bôhn. Kreide 1. c. p. 51. PI 11, fig. 17.

Petite coquille allongée et subulée, à tours convexes grossissant très doucement, parcourus de stries transversales nombreuses, et séparés par des sutures peu profondes; le dernier tour est un peu plus grand que le précédent, Les premiers tours sont très minces et aigus.

Hab. dans le cénomanien de Buczak au sud de Kiew, ainsi que dans le plänermergel de Luschitz en Bohème.

La coquille est composée de 9 tours, qui grossissent très doucement, en sorte que les premiers sont très grêles ef composent une coquille aiguë, pointue. Les tours du moule sont séparés par de profondes sutures, qui sont beaucoup moins apparentes sur la coquille à test bien conservé.

La coquille a 6 1. de long, et le dernier tour 112 1. de large, elle s’amincit jusqu'à {2 L aux premiers tours très pointus.

Esp. 1019. Turrit. granulata Sow.

D'Orgiexy, Paléont. fr. Terr. crét. 1. e. p. 46. PI. 153, fig. 5—7.

La coquille est allongée, à tours peu convexes et séparés par des sutures légères; ils sont garnis de 5 côtes transverses, peu saiïllantes et marquées de granulations très prononcées; la côte supérieure des tours est plus grosse que les autres, et séparée par un sillon assez large.

Hab. dans la craie chloritée de la steppe des Kirghises, aux bords des fleuves Tebène et Manisse; dans un semblable terrain crétacé su-

périeur des bords du lac d’Elton au gouvernement Ssaratow, ainsi que dans la craie moyenne chloritée d'Uchaux en France.

La coquille, de 3 pouces ou au delà de long, et de lJ2 pouce de large au dernier tour, est caractérisée par des stries d’accroïissement très flexueuses, qui coupent les côtes transverses granuleuses, la supérieure en est la plus grosse.

L’individu des environs du lac d’Elton est un moule changé en silex transparent; la côte suprême des tours est bien marquée et séparée du reste des tours par un sillon transversal; les trois derniers tours ont 7 1. de haut, et le dernier 31/2 L. de large.

Genre CXX VII. Omphalia Zrx.

La coquille épaisse, à bord extérieur de l'ouverture échancré, ne diffère des Turritella que par son épaisseur plus considérable et par la columelle ombiliquée, caractère trop peu important pour en faire un genre particulier, et effectivement M. Prcrer n’admet pas ce genre, d’autant moins qu’il en existe déjà un du même nom, l’'Omphalia pe HAAN, parmi les Nautiles. Ce genre est eretacé.

Esp. 1020. Omphal. Coquandiana Zex. sp.

Turritella Coquandiana d'Orgrey, Paléont. fr. Terr. crét. 1. c. p. 44. PI. 153, fig. 1—3.

Zexeui, Die Gasteropoden d. Gosaugebilde I. c. p. 27. PI. 2, fig. 2.

La coquille, courte et ventrue, a la spire composée de tours à peine | convexes, marqués, en travers, de trois côtes saillantes, dont les deux inférieures sont formées de tubercüles quadrangulaires ou légèrement arrondis; la base du dernier tour est garnie de côtes simples; l’ouverture est circulaire, et l’ombilic assez grand.

Hab. dans la craie chloritée de la plaine d’Araxe en Arménie, dans la vallée de Wedi, ainsi que dans le terrain de Gosau près de Wiener-Neustadt en Autriche.

La coquille grossit brusquement vers le dernier tour, qui par là est très épais et ventru; les premiers tours sont pourvus, comme la base du dernier, de côtes simples, et se continuent en pointe; elle a 2 p. 2 IL. de long et 1 p. de large au dernier tour.

Esp. 1021. Omphal. conica Zex. sp.

Zexuzr, Gosauschichten 1. c. p. 26. PI. 2, fig. 1. Cerithium conoideum Sowergy, Transact. geol. Soc. IT. PI. 39, fig. 17.

Cerithium conicum Goupr., Petref. Germ. III, p. 35. PI. 174, fig. 6. Turritella Requieniana d’Or8., Paléont. fr. Terr. crét, p.43. PI. 152, fig. 5 —6. {

La coquille conique est composée de tours de spire rapprochés et quadrangulaires ; ils sont garnis de 4 côtes tuberculeuses, dont les 2 supérieures sont placées près de la suture, et séparées souvent des inférieures par un sillon plus large; l’ouverture est circulaire, l’ombilic étroit.

Hab. avec l’espèce précédente, dans le terrain crétacé de la même localité de l’Arménie, dans la vallée de Wedi, ainsi que dans le terrain de Gosau près Wiener-Neustadt de l’Autriche inférieure.

La coquille est un peu plus allongée et moins ventrue que la précédente, toutes les côtes des tours sont garnies de tubercules presque quadrangulaires, et le moule intérieur a les tours profondément séparés

les uns des autres. Elle à 2 p. 3 1. de long, et le dernier tour est large de 11 lignes.

Genre CXXVIII Scalaria Lau.

La coquille turriculée est composée de tours de spire convexes, à peine contigus et même disjoints, ornés de côtes longitudinales élevées, presque lamelleuses; l’ouverture est arrondie ou ovale, à péristome continu, mince, un peu élargi et recourbé. Ce genre se trouve dans les terrains crétacé, tertiaire, et vit encore dans les mers actuelles.

Esp. 1022. Scalar. Cruciana Pret. Came. var.

PI. XXX, fig, 2 gr. nat.

Paléont. suisse I. c. p. 329. PI. 72, fig. 8—9.

. La coquille conique a les tours assez renflés et séparés par des sutures bien formées; chacun d’eux est muni de 12 ou d’un plus grand nombre de côtes longitudinales obtuses et croisées par des stries transverses très rapprochées; les côtes sont contiguës d’un tour à l’autre et forment des rangées longitudinales, légèrement obliques. L'ouverture est un peu plus large que longue.

Hab. dans le calcaire néocomien moyen de Tschorgono en Crimée, ainsi que dans les marnes néocomiennes de Haute-Rive près Ste-Croix en Suisse.

Les côtes longitudinales sont assez espacées l’une de l’autre, un peu plus larges que leurs interstices, qui sont distinctement striés. Les côtes sont quelquefois divisées au milieu et paraissent comme composées de

deux moitiés; par ce caractère elles se distinguent de celles des individus Eichwald, Lethaea rossica. II. 56

de Ste-Croix, qui sont en outre moins grands et pourvus de tours presque plus hauts que larges; le dernier tour est pourvu d’une carène obtuse. L’individu de Tschorgono, en fragment, a 1 p. 5 I. de long, et 9 L. de large à l’avant-dernier tour; sa hauteur est de 3 lignes.

Esp. 1023. Scalar. ornatissima #. PI. XXX, fig. 1 a gr. nat.; b tour grossi; c base grossie. Turbo ornatissimus m. Géogn. de Russie 1. c. 1846, p. 485.

Testa parva conico-turrita, costata, costis longitudinalibus acuto-lamellosis, üis ultimi anfractus ad aperturam depressam descendentibus, striis transversis subtilibus costas decussantibus.

Hab. dans le grès vert de Baktschissaraï en Crimée, et sur le mont Ssaragoul près d'Orenbourg.

Petite coquille conique, turriculée, à tours légèrement convexes et séparés par des sutures profondes; ils sont garnis de côtes longitudinales, au nombre de 20 à 23, placées obliquement et formant des rangées non interrompues sur les tours précédents; elles passent sur le dernier tour, qui est légèrement déprimé jusqu’à l'ouverture, sont assez élevées en lamelles tranchantes et traversées par de fines stries très serrées. Les stries traversent les interstices aussi bien que les côtes lamelleuses, qui sont comme composées de petits feuillets et par suite paraissent lamelleuses. Les côtes sont légèrement obliques, contournées vers le côté droit, et de la sorte ce côté est un peu concave, tandis que le côté opposé gauche est légèrement convexe. Leurs interstices sont de la même largeur que les côtes. Le dernier tour est plus grand que l’avant-dernier, et les côtes occupent toute la base du dernier tour, qui est dépourvu de l’ombilic. L'ouverture est transversale, déprimée, arrondie des deux côtés, plus large que haute; son bord extérieur est formé d’une côte longitudinale, correspondant au bord renflé de l'ouverture, par lequel les côtes en général se développent avec l’âge sur les tours.

La coquille, composée de 6 tours, grossissant légèrement, a 7 IL. de long, et 4 1. de large au dernier tour; celui-ci à 21/2 1. de haut, et est près de trois fois aussi large que haut. L’ouverture du dernier tour à près de 3 L. de large et 11/2 L. de haut; c’est ce qui caractérise le Scalar. ornatissima, dont le bord extérieur de l’ouverture est arrondi et simple, et le bord columellaire également arrondi et infléchi vers le bord inférieur, qui offre la forme d’un demi-arc déprimé.

Cette espèce rappelle beaucoup le Scalar. Rauliniana d'Ors.*

# Paléont. fr. Terr. crét. L ce. p.57. PI. 155, fig. 1—4.

du gault des Ardennes, qui cependant est plus grêle, à tours à peine convexes, garnis de 7 ou 8 côtes longitudinales; ces côtes ne sont ni lamelleuses, ni tranchantes, comme celles du Scalar. ornatissima, dont l'ouverture est transversale et déprimée, et non ovalaire, comme celle du Scalar. Rauliniana, où elle est plus haute que longue. Les côtes de cette espèce laissent la base lisse et libre, tandis que le Scalaria or-

natissima est pourvu de côtes jusqu’à l'ouverture.

Ce n’est pas le Scalar. Münsteri Rôm. du coral-rag supérieur de Hoheneggelsen au nord de l’Allemagne, comme le suppose M. ne Bucu*; c’est plutôt le Scalar. ornatissima, parce que sur le Berdänka, au sud d'Iletzkaya, d’où cette espèce provient, le terrain du grès vert est très développé.

M. pe Bucx donne à la coquille la longueur d’un demi-pouce, il dit les tours plus larges que longs, les côtes longitudinales très fortes, très rapprochées, au nombre de 14 ou plus sur chacun des tours; les stries transversales sont bien distinctes dans les intervalles des côtes: ce sont là des caractères que l’on observe tous sur le Scalar. ornatissima.

Esp. 1024, Scalar. Rhodani Prcr.

Moll. foss. du grès vert de Genève, p. 169. PI. 16, fig. 3,

Petite coquille subulée, non ombiliquée et formée de tours arrondis et séparés par des sutures simples; les tours sont garnis de côtes allongées, espacées et parcourues par des stries transversales serrées.

Hab. dans le grès vert d’Antipowka, sur le bord du Volga, ainsi que dans le grès vert de la Perte-du-Rhône.

Le moule intérieur seul a été trouvé à Antipowka; il ressemble complétement au moule figuré par M. Prcrer L. c. fig. 3 b.; le moule est lisse, à tours arrondis et séparés par de larges et profondes sutures; les tours du moule n’offrent jamais de traces des côtes longitudinales; les plus grands individus ont 8 1. de long, et le dernier tour est d’une largeur de 3 lignes.

Esp. 1025. Scalar. canaliculata d'Ors. Paléont. fr. Terr. crét. I. c. p. 50. PI. 154, fig. 1. La coquille, allongée eb dépourvue de l’ombilic, est garnie de côtes longitudinales, obtuses et peu élevées, au nombre de 14 à 17 par tour; ceux-ci sont convexes, séparés par des sutures bien accusées, et le dernier

* Beitr. zur Geogn. Russl. I. c. p. 101.

est pourvu d’une carène très obtuse; le dessus est un peu canaliculé; l'ouverture est ovale.

Hab. dans le néocomien de ue au Daghestan, au dessus de la division des eaux d’Unuikh, ainsi que dans le néocomien inférieur aux environs de Marolles du département de l’Aube.

Cette espèce rappelle le Scalar. ornatissima; elle s’en distingue par les côtes longitudinales flexueuses, par l’ouverture ovale, plus haute que large; enfin, les tours sont plus hauts que larges. Elle a 1 p. 3 L. de long, et 4 1. de large au dernier tour; son moule est entièrement lisse.

Esp. 1026. Scalar. Deshayesii Mayer.

Fiscuer et BernarD, Journal de Conchyliologie p.104. Paris 1856, I. PI. 4, fig. 9.

La coquille, petite, ovalaire, à spire courte et épaisse, est pourvue de tours convexes, garnis de côtes lamelleuses inégales, d’épaisses alternant avec des grêles; les sutures sont profondes et presque disjointes; l'ouverture est grande et arrondie.

Hab. dans le terrain nummulitique aux environs d’Akhaltzike au Caucase.

Les côtes sont bianguleuses et composées de lamelles nombreuses. La coquille a une longueur double de sa largeur.

Famille quarantième.

Vermétidées.

La coquille spirale des Vermétidées est régulière et libre au. jeune âge, etse fixe ensuite, souvent par groupe, en s’entortillant en une masse quelquefois très volumineuse. Elle ressemble dans le jeune âge aux Turritelles, mais les derniers tours tendent à se disjoindre et deviennent par là irréguliers et semblables aux tubes des Serpules.

Genre CXXIX. Vermetus Apaws.

La coquille du Vermetus forme un tube calcaire, roulé en spirale dans le jeune âge, irrégulier plus tard, et fixé alors souvent aux corps sous-marins. L’animal des Vermets se distingue de celui des Turritelles par quatre tentacules, au lieu de deux; la coquille irrégulière en tube la rapproche de celle des Serpules, et ce n’est que par les petites cloisons intérieures transverses que l’animal des Vermets forme au commencement de la spire en dedans, à mesure qu’il s'accroît, qu’elle se distingue de celle des Turritelles. . Ce genre se trouve dans les terrains crétacé, tertiaire, et vit encore dans les mers actuelles.

Esp. 1027. Verm.tauricus m.

PI. XXX, fig. 3 a b gr. nat.

Testa ab initio incrementi regulariter contorta, posthac in liberum tubum ab anfractu antepenultimo et remotum prolongata; anfractus complanati, medio leniter impressi, subconcavi et striati, striis transversis, numerosis, approximatis, punctatis, suturis profundis.

Hab. dans la marne crétacée de Baktschissaraï en Crimée, et en moule plus petit dans le cénomanien d'Ossinowo près de Kharkow.

La coquille, en fragments, grossit doucement en largeur; les tours sont plans, à bord inférieur obtus, légèrement saillant et séparé du tour suivant, surtout sur le moule, par une suture profonde, comme chez les Turritelles et Scalaires; le bord supérieur des tours n’est pas saillant, mais arrondi et largement espacé du tour précédent. Les tours sont légèrement concaves au milieu de leur surface et parcourus de stries transverses très nombreuses et fines, comme pointillées; on observe 15 à 20 stries transverses sur chacun des tours. Le dernier tour est marqué par le bord inférieur caréné et par la base presque plane, le tour se projette en une crosse courte et libre, à ouverture ovalaire, plus longue que large.

Les individus, en fragments, sont composés de 3 ou 4 tours médians, dont le premier à 5 L. de large et 3 1. de haut, et le dernier 8 L de large et 5 L. de haut; un autre individu est composé de 2 tours, dont le dernier se continue en une crosse courte: il à 10 1. de large et 6 1. de haut, mesuré au dessus de l’ouverture, qui à 6 1. de long et 41) L de large au milieu.

La crosse est très courte et incomplète, en sorte que son développement entier ne m'est pas connu; elle s'éloigne à 1 ligne et plus de l’avantdernier tour et devient par là libre.

Cette espèce a une grande ressemblance avec le Verm. gaultinus Pier. et Came. * du gault supérieur de Ste-Croix, en sorte que, sauf la grandeur, je serais porté à réunir ces deux espèces; néanmoins la surface des tours est enfoncée au milieu, et le bord inférieur est plus saillant dans le Vermetus tauricus que dans le gaultinus, dont, au contraire, le bord supérieur est le plus saïllant; le dernier tour du Verm. tauricus, en s’écartant de l’avant-dernier, est beaucoup plus écarté chez celui-ci que chez celui-là, dont le dernier tour s’applique intimement à l’avant-dernier, sans y laisser aucun espace libre. Le petit Vermetus

* Paléont. suisse I. c. p. 343. PI. 72, fig. 15—17.

gaultinus a les tours de la hauteur de 1 L, tandis que la hauteur des tours du Verm. tauricus est de 4 L et davantage. Le bord inférieur du dernier tour du Verm. gaultinus est caréné, comme celui du Verm. tauricus, mais sa crosse est beaucoup plus projetée, plus allongée que celle de ce dernier, qui est courte et à peine projetée, peut-être parce qu’elle est incomplète.

Le petit moule d’Ossinowo est composé de 4 tours aplatis et pourvus au milieu de leur face d’un enfoncement, plus marqué sur le dernier tour que sur les premiers; ceux-ci paraissent même légèrement striés sur le moule, le bord inférieur du dernier tour du moule est caréné. Le moule a 9 L de long, et 4 1. de large au dernier tour.

Famille quarante-et-unième.

Haliotidées PICT.

Les coquilles des Haliotidées sont marquées par des trous, des tubes ou une fente dans le bord extérieur de l’ouverture; les ouvertures servent au passage des canaux respiratoires; il s'ensuit que les ouvertures sont destinées à la respiration. Les coquilles sont tantôt auriformes, tantôt turbinées et même très allongées; l’ouverture est dépourvue d’opercule.

\ Genre CXXX. Pleurotomaria Dre.

La coquille des Pleurotomaires est trochoïde, à forme tantôt déprimée, tantôt conique; le bord columellaire est simple, le bord extérieur pourvu d’une fente, qui, en se développant de plus en plus, forme une bande sur les tours, nommée la bande du sinus, vers laquelle les stries d’accroissement s’infléchissent et constituent les chevrons caractéristiques de ce genre. La fente se retrouve en impression sur les moules complets, mais elle manque aux moules incomplets, et alors il est impossible de les distinguer des moules des Turbo et des Trochus. Les Pleurotomaires se trouvent dans toutes les périodes du globe et surtout dans les terrains jurassique et crétacé; ce genre vit encore, mais rarement, dans les mers actuelles.

Esp. 1028. Pleurot. Orion d’Ors.

Paléont. fr. Terr. jur. PI. 425, fig. 1—2.

Grande coquille, en moule, conique, déprimée, plus large que haute

et pourvue de tours arrondis, qui grossissent brusquement, le dernier est légèrement anguleux, à large et profond ombilic.

Hab. dans le jura brun près d’Olkusz aux environs de Pomorzany, ainsi que dans le corallien de la France.

La coquille n’est pas connue, le moule de Pomorzany est plus grand que celui du corallien de la France; il a une hauteur de 2 p. 8 1., et une largeur de près de 4 p. au dernier tour. Les tours arrondis, grossissant rapidement, sont séparés par de profondes sutures, à bord inférieur du dernier tour arrondi. L’ombilic à 1 p. 3 L. de large, son bord intérieur oblique est escarpé. L’ouverture est oblique, déprimée, plus large que haute ; elle se trouve en haut du bord columellaire anguleux, est plus large au milieu et arrondie à l’extérieur vers la base.

Esp. 1029. Pleurot. granulata Sow. sp.

Min. concb. III, p. 37. PI. 220, fig. 2.

v. ZiTeN, Verstein. Württembergs Heft V, p. 47, PI. 35, fig. 4. Quensrepr, Jura p. 414. PI 57, fig. 7.

La gpauille est conique, déprimée, plus large que haute, à tours anguleux grossissant rapidement, ornés de stries transverses serrées et croisées par d’autres stries d’accroissement un peu plus fines et également serrées; les tours sont légèrement convexes et marqués en dessous du milieu de la surface de la bande du sinus plus saïllante et presque lisse, au dessus de laquelle la surface des tours est finement treillissée; en dessous les stries d’accroissement croisent les stries transverses, en sorte qw’elles deviennent granuleuses.

Hab. dans le grès calcaire jurassique de l’étage oxfordien inférieur de Wladimir, de Nigranden et de Popilani, ainsi que dans l’oolithe inférieur de l’Angleterre, de la Bavière et du Wurtemberg.

La coquille, très bien conservée, est ornée d’un treillis délicat; les stries transverses au dessus de la bande du sinus sont plus fines que celles du dessous, où elles forment des stries plus grosses, garnies de petites granulations. Le dernier tour est convexe, strié concentriquement autour du petit et profond ombilic; les stries de la base sont croisées par des stries d’accroissement profondes et flexueuses. L’ouverture est presque quadrangulaire, à bord columellaire encroûté, recouvrant en partie l’ombilic, et à bord extérieur anguleux; le bord inférieur droit forme des deux côtés avec un angle les bords extérieur et columellaire.

La hauteur de la coquille est de 11 1. et la largeur du dernier tour de { p. 3 L.; l'ouverture du dernier tour occupe la moitié de la hauteur de la coquille, et a près de 6 I. de haut et 7 1. de large; la coquille est nacrée en dedans.

M. Lvozrr a donné * une nouvelle et bonne figure du Pleurot. granulata Sow. de l’inferior oolite et du cornbrash de l’Angleterre, de la côte du Yorkshire: la spire plus allongée le caractérise surtout; c’est aussi par ce caractère que le Pleurot. granulata se distingue du Pleur. ornata Sow. sp. de l’inferior oolite de Dundry, dont les côtes sont garnies de tubercules plus grands que celles du Pleur. granulata; mais M. Quexsrepr à observé les deux espèces associées dans le même étage jurassique du Wurtemberg et semble douter de leur différence **, car il existe aussi de semblables individus à spire allongée et à spire courte parmi les Paludina multif ormis tertiaires de Steinheim. M. Gozpuss *** a même décrit et figuré le Pleur. ornata Sow. à courte spire, en le prenant pour le Pleur. granulata Sow.

Esp. 1030. Pleurot. Buchiana d’'Ors.

Paléont. de Russie par M. De Verneuis I. c. p. 451. PI. 38, fig. 1—2. D’Orgieny, Paléont. fr. Terr. jur. I.-c. PI. 417, fig. 1—5.

La coquille, conique et allongée, est plus longue que large, épaisse et pourvue de tours convexes, anguleux au milieu et garnis de stries transverses inégales, croisées par d’autres stries d’accroissement; les tours sont en outre pourvus de la bande étroite du sinus, et l'ouverture est arrondie, à base convexe au dernier tour; le bord columellaire recouvre l’ombilic, qui est très petit eb presque nul.

Hab. dans le schiste argileux de l’étage oxfordien près de Makariew sur l’'Ounja, ainsi que dans le terrain oxfordien de Villers au département du Calvados, de Trouville, et aïlleurs en France.

La coquille à 1 p. #1. de haut, et presque autant de lignes de large au dernier tour; les tours sont convexes et munis de la bande du sinus étroite et très saïllante; elle occupe presque le milieu de la surface des tours, qui sont marqués de stries transverses en côtes légères, très serrées; la base du dernier tour est ornée de stries concentriques en côtes, semblables à celles des tours; il en résulte que cette espèce offre une très grande affinité avec le Pleurot. granulata.

L'ouverture du Pleurot. Buchiana est grande, l’ombilic fermé ou presque fermé, et la bande du sinus, située au milieu des tours arrondis, forme la seule carène.

M. d’Orgreny n’a décrit le Pleurot. Buchiana que du terrain ju-

# Paleontograph. Society. London 1863, p. 24. PI. 31, fig. 8. **° Je. p. 414.

##* Petref. Germ. I. c. IL, p. 73. PI. 186, fig. 3.

rassique de Makariew, et on l’a souvent confondu avec le Pleurot. Bloedeana, espèce néocomienne de Khoroschôwo, qui s’en distingue par la coquille déprimée, à tours arrondis, obtus et pourvus d’une bande de sinus à peine saillante et très étroite, ainsi que par le bord inférieur du dernier tour légèrement arrondi.

Je ne connais pas par moi-même l’espèce de Makariew; la figure donnée par M. d'OrBreny me paraît avoir la plus grande ressemblance avec le Pleurot. granulata Sow., excepté pourtant quelques légères différences: la bande très saiïllante du Pleurot. Buchiana avance au delà du bord inférieur arrondi des tours, qui par conséquent est en retrait, tandis qu’elle ne fait pas de saillie aussi prononcée sur les tours du Pleurot. granulata, dont le bord inférieur des tours avance au delà de la bande du sinus; en outre l’ombilic de celui-ci n’est pas fermé par le bord columellaire, maïs reste ouvert.

M. d’Orgieny à donné dans la Paléontologie française la figure du Pleurotomaria Buchiana de l’oxfordien, étage 13e, de la France, qui se distingue de l'individu de Makariew par une spire plus allongée et par l'ouverture plus anguleuse et plus rétrécie au bord extérieur de la base du dernier tour; la bande du sinus n’est pas aussi saillante et tranchante que celle de l'individu de Makariew; l'individu français rappelle plutôt le Pleurot. Ssyssolae Keys. que le Buchiana.

Le Pleurot. Buchianña est cité dans le calcaire oxfordien de Popilani, mais je suppose que c’est le Pleurot. granulata qui s’y trouve.

Esp. 1031. Pleurot. Wôrthiana d’Onrs.

Paléont. de Russie 1. c. p. 452. PI. 38, fig. 4—5.

La coquille est fortement déprimée, à tours anguleux, ornés de stries transverses, croisées par de fortes stries d’accroissement; le dernier tour élargi, à bord inférieur fort saïllant et tranchant, est pourvu de la base convexe à ombilic large et ouvert, et à ouverture déprimée beaucoup plus large que haute. |

Hab. dans le terrain argileux jurassique de Kineshma sur le Volga au sud-est de Kostroma.

La coquille, que je ne connaïs que par la description de M. d’Or- BIGNY, rappelle beaucoup le Pleurot. Buvignieri d’Ors. * de l’oxfordien de la France, et s’en distingue par le bord inférieur du dernier tour plus tranchant et plus saïllant, et par l'ouverture plus déprimée et à angle

* Paléont. fr. Terr. jur. L. c. PI. 417, fig. 1—5.

plus aigu au bord extérieur que sur le Pleur. Buvignieri, dont l’ouverture est presque ovalaire et pourvue du bord inférieur basal très convexe. Le Pleurot. Wôrthiana a également une grande affinité avec le Pleurot. Rütimegeri Prcr. et Came.* du gault supérieur de Ste- Croix, et je serais d’avis de les réunir, si le terrain, déterminé par M. d'OrBIGNY comme jurassique, près de Kineshma, ne s’opposait pas à cette réunion. Le Pleurot. Rütimeyeri est également déprimé, beaucoup plus large que haut, à dernier tour pourvu du bord inférieur très saillant; la surface des tours est garnie de stries transverses, croisées par d’autres stries d’accroissement. Le Pleurot. formosa Levy. **, de la craie chloritée inférieure de l’Aube, rappelle aussi le Pleur. Wôrthiana et en fait une espèce crétacée plutôt que jurassique.

Le Pleurot. Wôrthiana a 1 p. 2 1. de large, mesuré au dernier tour, et sa hauteur est de 4 L.; la base convexe est striée, à stries concentriques serrées, croisées par des stries d’accroissement courbées; l’ombilic est assez grand et ouvert. Par ses ornements, cette espèce à tant de ressemblance avec le Pleurot. Buchiana que je serais porté à la réunir avec celui-ci et à la nommer Pleurot. Buchiana à spire courte, d'autant plus que leur gisement est le même, l’un dans le terrain jurassique de Makariew, sur l’Ounja qui tombe dans le Volga, et l’autre à Kineshma, sur le Volga, pas loin de Makariew; mais est-ce effectivement le terrain oxfordien, et non le néocomien, qui contient le Pleurot. Wôrthiana? C’est une question réservée à de nouvelles recherches sur les lieux.

Esp. 1032. Pleurot. reticulata Sow. aff

Min. conch. L. c. II, p.128. PI. 272, fig. 2.

La coquille conique est composée de tours qui grossissent assez rapidement et sont munis de stries transverses serrées, croisées par des stries d’accroissement obliques, et de deux carènes, dont l’inférieure est couverte par le tour suivant. :

Hab. dans le calcaire grisâtre oxfordien de Popilani en Lithuanie, ainsi que dans le kimméridien près de Weymouth en Angleterre.

La coquille conique est plus large que haute, les tours sont légèrement convexes, marqués d’une carène et parcourus de stries transverses très légères, à peine visibles et croisées par des stries d’accroissement rares et espacées, qui sur la carène submédiane forment de petits nœuds

* Paléont. suisse 1. c. p. 444. PI. 81, fig. 4. #* Paléont. fr. Terr. crét. 1. c. p. 261. PI. 199, fig. 1—2.

également espacés. Le dernier tour est pourvu de deux carènes tranchantes, égales en épaisseur, et dépourvues de nœuds; elles sont espacées à peu près de %/4 de ligne. La base du dernier tour est convexe et couverte par la roche; je ne connais pas l'ouverture, ni l’ombilic. Les tours forment dans l’ensemble une pente oblique. u

La coquille est composée de 5 tours, dont les sutures légèrement enfoncées interrompent un peu la surface de la coquille. Elle a 3 IL. de haut, et 41) 1. de large au dernier tour. Sa forme générale offre de la ressemblance avec le Turbo depauperatus Lvc. * du forest marble de Burton-Bradstock en Angleterre, mais elle s’en distingue par les tours moins saillants que ceux du Turbo depauperatus, qui sont anguleux et plus saillants; la surface des tours de celui-ci ne forme pas de niveau égal, comme le Pleurot. reticulata, mais elle est inégale et anguleuse; les petits nœuds de la carène transversale sont plus gros, en tubercules plus espacés, et se trouvent également sur les autres carènes des tours. Le Turbo depauperatus a le dernier tour plus large, et sa grandeur en général est beaucoup plus considérable, tandis que l’individu du Pleurot. reticulata de Nigranden est même plus petit que celui de Weymouth; il a, quant à ses dimensions, de grands rapports avec le Monodonta tegulata Lvc.** du forest marble de Layrock, qui cependant est encore plus petit et s’en distingue par les deux carènes plus espacées du dernier tour; ses tours en général grossissent plus rapidement, et le dernier présente la grandeur double des tours précédents.

Esp. 1033. Pleurot. bijugata m.

PI. XXX, fig. 4 a pr. nat.; b tour grossi.

Géogn. de Russie (en russe) 1846, p. 474.

Testa elongato-conica, costata, anfractus convexi, ambitu sensim adaucti, profundis suturis dirempti, costis 10 ornati transversis, in basi ultimi anfractus crassioribus et strias longitudinales approximatas inter se excipientibus; utroque sinus margine prominulo, stria transversa moniliformi suturas singulas occupante, umbilico nullo.

Hab. dans le calcaire jurassique de l’étage oxfordien inférieur de Nigranden en Lithuanie.

Je ne possède qu’un individu incomplet: il est allongé, conique, garni de côtes transverses; les tours sont convexes, arrondis et séparés par des sutures profondes; ils sont marqués, surtout sur la base du der-

* Paleont. Soc. I. c. p. 99. PL. 45, fig. 13, #* Paleont, Soc. I. c. p. 102 PI. 45, fig. 18.

nier tour, par 10 côtes assez épaisses et espacées, dont les interstices sont occupés par deststries longitudinales fines et serrées. La bande du sinus à bords saillants se trouve au milieu des tours, et en dessus on observe encore deux côtes plus minces, à interstices striés comme ceux des côtes basales. Les stries du bord supérieur des tours sont plus épaisses, en plis obliques, et la strie moniliforme au fond des sutures est très fine et traversée en haut par des stries longitudinales très fines, et en bas par des stries plus épaisses, en plis obliques et serrés. Les deux bords de la bande du sinus sont saïllants et paraissent noueux, à nœuds espacés aigus.

La coquille à 8 L de large au dernier tour, qui à 41h 1. de haut; le tour précédent n’a que 6 1. de large et 2 I. de haut, indiquant par là que la coquille a dû croître lentement, pour former un conus allongé. L’ouverture du dernier tour est arrondie; celui-ci forme trois quarts d’un cerele aux bords extérieur et inférieur, et un angle obtus en haut, où le bord extérieur de l’ouverture s’applique au tour; le bord columellaire est également anguleux en haut, où il se fixe au tour; l’ombilic est entièrement couvert par le bord columellaire réfléchi.

Cette espèce rappelle un peu le Pleurot. Cytherea d'Ors. * de Poxfordien inférieur de la France, qui s’en distingue par d’autres ornements et par l’ombilic ouvert; la surface des tours est simplement striée et non garnie de côtes espacées; les interstices ne sont pas aussi distinctement striés, à stries longitudinales serrées; il manque aussi de la strie moniliforme aux sutures.

M. Traurscorn** a décrit le fragment d’un Trochus formosus de l'argile jurassique de Goliowo, que je suppose être le Pleurotomaria bijugata de Nigranden, avec lequel il a la plus grande ressemblance ; il s’en distingue par le test moins allongé, à tours plus déprimés et à base du dernier tour ornée de côtes longitudinales et transversales, qui sont munies de tubercules pointus à l’endroit de leur croisement, les interstices sont en outre couverts de stries longitudinales. Néanmoins on remarque également ces ornements sur le Pleurot. bijugata, et je suis porté à les réunir en une seule espèce, pour laquelle je conserve le nom donné déjà en 1846.

Esp. 1034. Pleurot. trochus TrAuTscH.

Bull. de Mosc. I. c. 1860. IV, p. 353. PI. VIIL fig. 19. Petite coquille conique, à tours plans, à peine convexes et ornés de

* Paléont. fr. Terr. crét. I. c. PI. 412, fig. 6—10. ** Bull. de Mosc. I. c. 1860. IV, p. 353. PI. VII, fig. 18.

deux côtes transverses, dont la supérieure correspondant à la bande du sinus, est un peu moins saillante que Pinférieure, qui correspond au bord inférieur des tours et est plus saïillante; les tours sont garnis de stries transverses, croisées par. des stries d’accroissement droites; il se développe par là de petits carrés sur toute la surface; le dernier tour a la base légèrement convexe , parcourue de stries concentriques très rapprochées; l’ouverture est carrée et l’ombilic fermé.

Hab. dans l'argile jurassique noire de l’étage oxfordien supérieur de Goliowo et de Dorogomilow près de Moscou, et dans un calcaire jurassique du même âge de Vladimir.

La coquille conique (voy. la figure 19 du Bull. de Moscou) se distingue un peu de deux individus de ma collection: ceux-ci montrent distinctement la bande du sinus élevée et garnie de petites stries d’accroissement semi-lunaires, tandis que l’individu figuré n’en montre pas et ne donne que la carène inférieure, en sorte que les deux individus cités rappellent beaucoup le Pleurotomaria Midas d'Ors. * du lias moyen du nord de la France, qui ne se distingue que très peu par sa longueur plus considérable, par l’ouverture plus oblique et prolongée en un angle extérieur basal fort aigu; la bande du sinus est plus rapprochée du bord basal au dernier tour du Pleurot. Midas que chez le Pleur, trochus à deux carènes, où elle se trouve sur le milieu du dernier tour.

La surface des tours de la coquille de Goliowo est élégamment treillissée, tout à fait comme celle de Vladimir et comme celle du Pleurot,. Midas de la France.

Le Pleurot. trochus, à deux carènes, a 5 1. de haut et autant de large, mesuré à la base du dernier tour; le Pleur. Midas a la grandeur double, et est plus long que large; les stries d’accroissement de la surface de celui-ci ne sont pas droites, mais obliques, c’est ce qui le distingue encore plus du Pleurot. trochus, qui les a toutes droites, et formant par là des carrés rectangulaires. La figure donnée au Bull. de Mosc. L. c. montre les stries également obliques, maïs peut-être moins exactes, car il manque aussi de la bande du sinus; sa hauteur a dû être de 41/2 1, et la largeur du dernier tour de 4 lignes.

Esp. 1035. Pleurot. Cassisiana d'Or.

Paléont. fr. Terr. crét. 1. c. p. 266. PI. 202, fig. 1—4.

La coquille est conique, déprimée et plus large que haute, à tours

# Paléont, fr. Terr. jur. L c. p.410. PI. 351, fig. 5 —9.

lécèrement convexes et ornés de côtes transverses, croisées par des stries d’accroissement obliques; par là les côtes deviennent noueuses; la bande du sinus étroite occupe le milieu des tours, qui sont treillissés et noueux.

Hab. dans le grès néocomien ou le gault de Khoroschéwo et de Goliowo près de Moscou, ainsi que dans le grès de la craie chloritée inférieure de Cassis au département des Bouches-du-Rhône.

Cette petite coquille est composée de 5 tours, garnis chacun de deux carènes, dont la supérieure est plus étroite que l’inférieure, qui forme le bord inférieur noueux des tours. Les sutures enveloppent ce bord, qui ne reste bien apparent que sur le dernier tour, sur lequel il forme une saillie plus prononcée que la bande du sinus.

Le dernier tour est par là tranchant au bord inférieur ; la base convexe est parcourue de stries concentriques, croisées par quelques autres stries d’accroissement; l’ombilic est ouvert, arrondi, et l'ouverture ovalaire, plus large que haute, est marquée d’un angle aigu au bord extérieur de la base, et d’un bord columellaire échancré.

Les individus de Khoroschôéwo sont un peu plus petits que ceux de Cassis; ils ont 5 IL. de haut et 6 1. de large au dernier tour, qui n’est pas complet; mais ils présentent la même forme et les mêmes ornements que le Pleurot. Cassisiana.

Esp. 1036. Pleurot. Bloedeana d'Ors.

PI. XXX, fig. 6 gr. nat.; a vu de profil; b vu sur l’ombilic du dernier tour; c vu sur le côté opposé ou supérieur du dernier tour, en dedans.

Cirrus rotundatus (Sow.) G. Fiscer, Bull. de Mosc. I. c. 1843. I, p. 139.

Pleurotomaria Bloedeana d'Or8., voy. VERNEUIL, Paléont. de Russie I. c.

KEYSERLING, Petschorareise I. c. p. 318.

Pleurotomaria Orbignyana Rouize., Bull. de Mosc, 1, c. 1847. IL, p. 402, et Bull. de Mosc. 1848. I, p. 281. PI. G, fig. 20 a—d.

Pleurot. Rouillieri d'Ors., Prodrome I, p. 356.

Pleurot. russica E. Horwann, Monographie d. Gaultversteinerungen v. Kursk. St, Petersb, 1867, p. 58. PI. 17, fig. 3—4 (en russe).

La coquille déprimée est plus large que haute et composée de tours convexes, anguleux sur leur milieu et munis de stries d’accroissement infléchies très distinctes et traversées par la bande du sinus étroite; la carène inférieure est à peine indiquée; le bord supérieur des tours est granuleux, garni de petits tubercules, suite des stries plus épaisses d’accroissement; l’ombilic est petit, mais toujours distinct.

Hab. dans le grès néocomien noïrâtre de Mniéwniki, de Khoroschéwo près de Moscou et dans la capitale elle-même sur le fleuve Jaouza; au nord de la Russie sur le fleuve Tolya et aux environs de Ssimbirsk, près de Gorodischtsché, dans la schiste inflammable, qui y est recouvert par le grès néocomien à Avicula mosquensis Fiscx, et aux environs de Kursk, dans le néocomien.

La coquille, à tours arrondis, est munie de la bande du sinus située au dessus du milieu des tours, et d’une carène légère à peine distincte près du bord inférieur des tours. La surface est pourvue de stries d’accroissement infléchies, longitudinales, très serrées et plus distinctes que les stries transverses, qui sont à peine visibles autour de l’ombilic et qui croisent les stries d’accroissement. Par là celles-ci deviennent granuleuses ou tuberculeuses, surtout au dessus de la bande du sinus, où elles forment quelquefois de petits bourrelets. La base du dernier tour est convexe et ornée, sur des individus bien conservés, de légères stries concentriques, croisées par les stries d’accroissement infléchies ou onduleuses.

Le petit ombilic est toujours ouvert, l'ouverture du dernier tour est grande, arrondie, à bord extérieur simple, e6 à bord columellaire légèrement réfléchi; elle a 8 lignes de large et presque autant de haut; la coquille la plus grande et bien conservée de Khoroschéwo a 1 p. 4 L de haut, et, mesurée à la base, 1 p. 8 1. de large: c’est une espèce qui ne s’est pas encore trouvée dans le terrain jurassique de Russie, car le Pleurot. Buchiana, que l’on a supposé identique avec le Pleur. Bloedeana, s’en distingue par la forme de la coquille et par les stries transverses plus épaisses, formant des côtes concentriques et coupées par de fines stries d’accroissement.

Le plus souvent ce sont des moules qui se trouvent dans le grès néocomien noirâtre de Khoroschéwo, et comme M. d’OrBrGny n'avait à sa disposition que des moules, il en a donné une figure dépourvue du test, à grand ombilic, car le moule Le présente toujours plus grand que le test. La coquille, pourvue du test, resta inconnue à M. d’OrBrany, et c’est elle qui à été figurée par M. Rovrzzter sous le nom de Pleurotomaria Orbignyana, double-emploi d’une espèce de MM. d'Arcrrac et de Ver- Nec. M. Roursrier l’a décrit comme garni de stries d’accroissement obliques, serrées et pourvues de bourrelets près de la suture, au dessus de la bande du sinus. Les stries sont infléchies en différents sens, les supérieures à droite, les inférieures à gauche; la bande se compose de fines stries en demi-cercle. Les sutures sont distinctes, et les tours se réunissent dans les sutures en un angle obtus, car ïls grossissent assez brus-

quement. Les stries transverses, qui croisent celles d’accroissement, sont un peu plus distinctes sur le Pleurot. Orbignyana Rourx. et forment une espèce de réseau, surtout sur la base du dernier tour, tandis que les bourrelets du bord supérieur sont plus grands que sur la variété figurée 1. c. PI. XXX, fig. 6.

Le principal caractère du Pleurot. Bloedeana repose sur la bande très étroite du sinus; elle est à peine saillante et non tranchante, comme celle du Pleurot. Buchiana; la partie supérieure convexe est oblique et moins large que l’inférieure, qui est en outre plus saillante et plus arrondie.

Le dernier tour est plus déprimé que celui du Pleurot. septentrionalis du nord de Bogoslowsk, et l’ombilic est entouré d’un large enfoncement, au milieu duquel on observe l’ombilic plus grand que celui du Pleurot. septentrionalis, où il est presque nul.

Le dernier tour du Pleurot. Bloedeana (voy. PL XXX, fig. 6 c), vu en dedans, est convexe, déprimé et excavé vers le milieu, où s’élève la columelle étroite; la surface y est garnie de stries d’accroissement nombreuses et serrées, qui s’infléchissent au bord supérieur du tour, pour passer à la bande étroite du sinus.

Le Pleurot. rossica a la bande du sinus située à trois quarts de la hauteur du dernier tour; les bourrelets des stries d’accroïssement du bord supérieur sont aussi distincts que ceux du Pleurot. Bloedeana var. Orbignyana de Khoroschéwo, et la partie inférieure des tours est également marquée d’un réseau de stries. L'ouverture est toute ronde, comme celle du Pleur. Bloedeana, et c’est par là que l’espèce de Khoroschéwo et de Kursk se caractérise et se distingue du Pleurot. Brongniartiana d’Ors. de la craie chloritée de Rouen, dont l'ouverture est anguleuse.

Esp. 1037. Pleurot. septentrionalis ».

PI. XXX, fig. 5 gr. nat.; a vu de profil; b vu sur la base; c surface grossie. Trochus septentrionalis Géogn. de Russie (en russe) 1846, p. 484.

Testa conica, anfractus 4 vel 5, satis celeriter ambitu adaucti, subconvexi ac transversim costati, costis granosis, in margine anfractuum superiore remotioribus, in inferiore approximatis, sinu angusto submedio, utplurimum inconspicuo, ultimo anfractu obtuse carinato, umbilico profundo, perquam angusto et apertura subrotunda, superne angulata, basi concentrice grosseque striata.

Hab. dans le grès calcaire néocomien grisâtre à petis grains quar-

zeux très nombreux au nord de Bogoslowsk sur le fleuve Lobssinja dans l'Oural.

La coquille conique est de grandeur moyenne; les tours, au nombre le 4 ou 5, grossissent assez rapidement, sont convexes et marqués de petites côtes transverses, dont les interstices sont moins larges et garnis de stries longitudinales, par lesquelles les côtes deviennent granuleuses.

Celles-ci sont plus espacées sur la moitié supérieure des tours et plus | rapprochées sur linférieure ; la bande du sinus, très peu marquée, les divise en deux moitiés inégales. La moitié inférieure du dernier tour est par suite légèrement carénée, et la base ornée de côtes en stries concentriques rapprochées et épaisses; l’ombilic est très petit et presque nul à la base du tour, et devient de plus en plus étroit en dedans de la coquille. L’ouyerture est arrondie, à bord supérieur anguleux.

La coquille a 1 p. 7 1. de haut, mesurée au dessus de l’ouverture du dernier tour; elle a près de 1 p. 6 L. de large à la base; cependant on rencontre d’autres individus, de grandeur double, dont la base à une largeur de 2 pouces 6 lignes et une hauteur de près de 3 p., comme l’indi-

vidu du bord du fleuve Lobssinja, dont cependant la hauteur entière n’est pas connue.

Esp. 1038. Pleurot. Lemani Lorror.

PI. XXX, fig. 7 gr. nat.; a vu du côté; b vu sur la base.

Animaux foss. du néoc. du mont Salève I. c. p. 39, PI. 3, fig. 9,

La coquille très conique, allongée, est plus haute que large, les tours lisses sont extérieurement aplatis, et garnis d’une côte moyenne et du bord inférieur caréné en côte saillante; le dernier tour est légèrement convexe et pourvu d’un ombilic profond.

Hab. dans le grès vert de l'étage néocomien moyen sur la rivière Wytschegda à l’est de Oustssyssolsk au nord de Russie, ainsi que dans le même terrain du mont Salève.

La coquille est caractérisée par deux côtes, dont la médiane est très saillante et même bien marquée sur le moule (voy. Lorroz P1. 3, fig. 9 b); le bord inférieur des tours, en côte saïllante, est plus marqué sur l’avantdernier tour que sur le dernier, dont le bord inférieur est par suite tranchant. Le bord supérieur des tours n’est pas saillant, mais bien séparé du tour précédent par la suture. La face basale du dernier tour est lisse, légèrement convexe et perforée par l’ombilic profond, l'ouverture est ovalaire, légèrement comprimée; elle est plus large à lombilic, plus rétrécie eb aiguë au bord extérieur caréné.

Eichwald, Lethaea rossica. II. 57

La coquille à 6 L. de haut et 5 1. de large à la base; elle est par conséquent moins haute que l'individu du mont Salève, qui, en moule, ne présente pas aussi bien accusées les deux côtes transverses des tours tout à fait aplatis. M. pe Lorioz fait mention de stries légères des tours, qui sur l'individu de la Wytschegda forment des côtes longitudinales, surtout appréciables sur les premiers tours, et croisées par des stries transversales en côtes légères.

Esp. 1039. Pleurot. provincialis d'Or.

Paléont. fr. Terr. crét. I. c. p. 244. PI. 190, fig. 9—10.

La coquille conique est composée de tours larges, légèrement carénés au bord inférieur et ornés de stries fines; le dernier tour est pourvu au bord inférieur de deux carènes plus marquées, formant la bande du sinus, et de plusieurs stries concentriques, situées à l’entour de l’ombilic.

Hab. dans le calcaire argileux néocomien ferrugineux de Biassala en Crimée, ainsi que dans le néocomien inférieur aux environs de Lates au département du Var.

La coquille, en moule, composée de 4 tours, a 8 1. de long et autant de large au dernier tour, qui a 5 1. de haut. Les sutures sont profondes, l’ombilic est petit et arrondi, ouverture est oblique, ovalaire, anguleuse au bord extérieur et au bord columellaire. L’individu est incomplet et ne montre pas le nombre normal de 5 1}2 tours, mais ressemble parfaitement à celui qui est figuré L. c.

Esp. 1040. Pleurot. scindens #.

PI. XXX, fig. 14 a gr. nat., de profil: b vu sur la base.

La coquille conique est plus large que longue, à tours plans, striés transversalement, à stries très fines, au nombre de 5 ou 6 sur chaque tour et croisées par d’autres stries obliques; par là il se développe sur les tours de petites facettes rhomboïdales, en dessous desquelles on remarque la bande étroite du sinus, limitée par deux côtes très fines. Le bord inférieur du dernier tour est tranchant et muni d’une carène presque noueuse.

Hab. dans le calcaire néocomien ferrugineux de Biassala, dans le calcaire néocomien de Kolibeghi au Daghestan *, réuni à un Baculites et à l'Ammonites Martini, ainsi que dans le néocomien de St. Martin en France.

# L. v. Bucn, Zeitschr. d. deutsch. geolog. Gesellsch. 1851, p. 27.

La coquille très élégante a des ornements un peu différents de ceux du Pleurot. elegans; les facettes rhomboïdales ont la même forme sur les individus de la France et de la Crimée, les stries obliques sont également serrées et distinctes comme les horizontales, qui les coupent; la bande du sinus est fort étroite et située près du bord inférieur des tours, lequel est fort tranchant au dernier tour et muni d’un enfoncement étroit et égal à la bande du sinus, qui longe le bord inférieur.

La base du dernier tour est enfoncée près du bord et légèrement convexe à l’entour de l’ombilic, qui est large, profond et laisse apercevoir les tours précédents.

La coquille à 1 p. de long et 1 p. 41. de large au dernier tour, qui a 4 1. de haut. La base est ornée de stries fines et concentriques à l’entour de l’ombilic.

Esp. 1041. Pleurot. Anstedi En. Fors.

Picrer, Paléont. suisse 1. c. p. 435. PI. 80, fig. 30.

La coquille épaisse est conique, déprimée et plus large que haute; les tours en gradins sont légèrement convexes et marqués de deux carênes, dont la supérieure disparaît sous le bord inférieur du tour précédent, et dont l’inférieure borde la face inférieure des tours, formant la carène basale. La bande du sinus occupe presque le milieu des tours entre les deux carènes et s’élève un peu au dessus de la surface des tours, qui est parcourue de stries transverses parallèles et très serrées.

Hab. dans le néocomien de Biassala en Crimée, ainsi que dans l’aptien supérieur de Ste-Croix en Suisse.

La coquille est composée de tours convexes, qui grossissent assez rapidement; leur surface est marquée de stries transverses granuleuses, serrées et égales, entre lesquelles la bande du sinus s’élève en une strie grêle plus fortement accusée. Le bord supérieur caréné disparaît sous le bord inférieur du tour précédent, et le bord inférieur des tours, surtout celui du dernier tour, est fort saïllant en carène arrondie. La base de ce tour est légèrement convexe, marquée de stries concentriques autour de l’ombilic, qui est petit et profond; le moule le présente d’une largeur double. L'ouverture est presque carrée, plus large que haute, à bord basal convexe, à bord extérieur anguleux et échancré, et à bord columellaire anguleux.

L’individu décrit ci-dessus a 81. de haut et 1 p. de large à la base; il existe à Biassala d’autres individus plus grands, mais leur surface est défigurée par la roche ferrugineuse à poudingues, qui y adhère.

Esp. 1042. Pleurot. Blancheti Prcr. Came.

Paléont. suisse. L. c, p. 421. PI. 78, fig. 1.

La coquille est à peu près aussi large que longue, les tours sont un peu convexes, séparés par des subures excavées et peu profondes; la base du dernier tour est fort bombée et séparée de la surface externe par une carène obtuse.

Hab. dans le calcaire néocomien au nord de Bogoslowsk, ainsi que dans un semblable calcaire valangien roux de Ste-Croix en Suisse.

L’ombilic de la coquille est étroit et se ferme de plus en plus à la croissance du test. La bande du sinus est située à peu près vers le milieu des tours; l'ouverture est quadrangulaire, Les stries d’accroissement sont croisées par des côtes transverses. La grandeur de l'individu conservé au Musée de l’Institut des Mines de St. Pétersbourg est la même que celle de l’échantillon de Ste-Croix.

Esp. 1043. Pleurot. Pailletteana d'Or. aff.

Paléont. fr. Terr. crét. 1. c. p. 241. PI. 189, fig. 1—2.

La coquille conique est composée de tours presque plans et marqués de stries transverses très fines, inégales; le dernier tour est fortement caréné au bord inférieur, et sa base, à peine convexe, est légèrement enfoncée vers l’ombilic; l'ouverture est oblique, aiguë et très large.

Hab. dans le néocomien à poudingues de Tschorgono en Crimée, ainsi que dans le néocomien des Pyrénées orientales.

La coquille est caractérisée par sa forme pyramidale, composée de 5 ou 6 tours, qui sont séparés sur les moules par des sutures profondes. Le moule de ma collection à 1 p. 1 1. de haut, et 1 p. 6 1. de large à sa base. L'ouverture transversale a le bord extérieur anguleux, aigu, le bord columellaire, près de l’ombilic étroit, également anguleux et aigu.

Esp. 1044. Pleurot. Favrina Lorror.

Anim. foss. du mont Salève 1. e. p. 40. PI. 4, fig. 1—2.

La coquille, très grande et conique, est composée de tours plans, qui grossissent rapidement eb sont séparés par des sutures assez profondes; le bord inférieur du dernier tour est arrondi, la base légèrement convexe et fortement enfoncée vers l’ombilie, qui, au milieu de la face basale, est petit et profond. £

Hab. dans le calcaire néocomien à poudingues de Tschorgono et de Biassala, ainsi que dans le même terrain du mont Salève.

La coquille incomplète a 2 p. 7 L de large à sa base, le dernier tour offre une hauteur de 9 1., l’avant-dernier est presque de la même hauteur. Les tours sont plans extérieurement.

La base du dernier tour est légèrement convexe et se perd en un large enfoncement, avant de parvenir à l’ombilic, qui est petit et occupe le milieu du grand enfoncement. Celui-ci forme une sorte d’entonnoir très large, mais peu profond, autour de l’ombilic, qui de son côté est entouré d’un fort bourrelet séparé du reste de la face ombilicale par une dépression circulaire bien prononcée. La description de l’ombilic à entonnoir, donnée par M. pe Lorioz, répond entièrement à la conformation de l’individu de la Crimée. Par cette conformation l’ouverture de la base devient sinueuse près de l’ombilie, offre le bord extérieur à la base anguleux où plutôt légèrement arrondi, non aigu, comme sur le Pleurot. Phidias d’'Or8. du néocomien, qui manque également du bord basal sinueux de l'ouverture.

Esp. 1045. Pleurot. gaultina d'Ors.

Paléont, fr. Terr. crét. I. c. p. 247. PI. 191, fig. 10—11. Solarium planum E. Hormanx, Monograph. d. Verst. von Kursk I. c. p. 59.

Pl'A6 69:

La coquille conique, très dépriméé, à les tours plans, grossissant rapidement et garnis de stries d’accroissement obliques; le bord inférieur des tours est acuminé et tranchant, l’ouverture du dernier tour est déprimée, triangulaire, et l’ombilic ouvert, entouré d’un enfoncement large et marqué d’une carène parallèle au bord extérieur.

Hab. dans le grès néocomien ferrugineux de Kursk, ainsi que dans les marnes du gaulé au nord de la France et de Ste-Croix en Suisse.

Le test n’a été trouvé ni en France, ni en Suisse; l’individu de Kursk est pourvu du test, parcouru de stries d’accroissement obliques; la surface des tours est légèrement convexé près du bord supérieur et légèrement enfoncée près de l’inférieur; au centre la base est enfoncée en entonnoir et marquée d’une carène extérieure, qui est parallèle au bord extérieur tranchant. L’ombilic est ouvert, et l’ouverture très déprimée, triangulaire, où plutôt rhomboïdale, à bords opposés anguleux.

La coquille à 4 tours a 6 I. de long et 11 I. de large, mesurée au dernier tour, qui à une hauteur de 3 lignes.

Le Pleurot. Chavannesi Prer. Came. de l’urgonien de Ste-Croix a une ressemblance encore plus grande avec l'individu de Kursk, et ne s’en distingue que par le manque de la carène basale, concentrique au bord extérieur tranchant de la coquille.

Esp. 1046. Pleurot. truncata Prcr. Came.

Paléont. suisse I. c. p. 432. PI. 80, fig. 1.

La coquille très déprimée est pourvue de tours convexes, qui grossissent rapidement, s’enroulant presque au même niveau, par suite la spire est à peine saïllante et comme tronquée. Le dernier tour a la base légèrement convexe, l’ombilic très large et profond.

Hab. dans le néocomien de Biassala en Crimée, ainsi que dans la couche de la Russille en Suisse, qui est intermédiaire entre la partie supérieure-du néocomien moyen et le véritable urgonien.

La coquille, qui ne se trouve en Suisse qu’en moule, a conservé ça et là le test sur les individus de Biassala, surtout à la base du dernier tour; celle-ci est garnie de côtes concentriques légères, dont les interstices sont occupés par des stries longitudinales très serrées, qui croisent les côtes en angle droit. L'ouverture est presque ronde, légèrement anguleuse au bord extérieur et près de l’ombilic, qui est très large. La base a 1p. 3 1. de large, et le dernier tour offre une hauteur de 5 1.; la spire, qui s’est conservée dans un des individus de la Crimée, s'élève de 2 L. au dessus du dernier tour. Sur le moule les sutures sont profondes.

à Esp. 1047. Pleurot. Itieriana Prcr.

Mollusq. foss. de Genève 1. c. p. 239. PI. 22, fig. 3.

Le moule de la coquille, qui seul est connu, est conique, à tours lisses et plans, à carène au bord inférieur; ils sont à peine enfoncés sur leur milieu, et c’est à partir de là qu’il se développe trois côtes légères à peine apparentes; le dernier tour est marqué de la forte carène basale, qui correspond à une de 3 côtes; la base est presque plane, l’ombilic petit et profond, l'ouverture triangulaire.

Hab. dans le grès vert ou plutôt la marne crétacée chloritée de Baktschissaraï en Crimée, et à la Perte-du-Rhône.

La coquille, an moule, est parfaitement conique, à tours plans, séparés par de légères sutures; l’enfoncement de la surface des tours est plus rapproché du bord inférieur que du supérieur; l'ouverture du dernier tour est triangulaire, déprimée, plus élargie que haute et pourvue du bord extérieur aigu à la base. Le dernier tour a 1 p. de large à la base, et s'élève à 3 L. de haut; son bord inférieur est tranchant; l’avant-dernier tour a 2 1/4 1. de haut et 9 L. de large.

Esp. 1048. Pleurot. Rütimeyeri Pror. Came.

Paléont, suisse |. c. p. 444. PI. 81, fig. 4.

La coquille déprimée est beaucoup plus large que longue et composée de tours convexes, à bande du sinus un peu rapprochée du bord inférieur arrondi et muni de petites côtes transversales, serrées, croisées par des stries d’accroissement et par là noueuses, tandis que les côtes au dessus de la bande sont moins noueuses et presque simples; le dernier tour est convexe à la base, l’ombilic de grandeur médiocre, et l'ouverture elliptique, à angle aigu aux bords extérieur et columellaire.

Hab. dans le calcaire néocomien ferrugineux de Biassala en Crimée, ainsi que dans le gault supérieur de Ste-Croix.

La coquille, fort déprimée, est marquée de côtes transverses simples et moniliformes ou noueuses; le bord inférieur des tours s'élève légèrement au dessus de la surface du tour suivant, et par suite les sutures sont superficielles, le premier tour forme au sommet un petit tubercule arrondi.

L’individu est plus grand que celui de Ste-Croix; il a 1 p. 2 L. de large et 8 1. de haut; la bande du sinus est assez saïllante et rapprochée du bord inférieur des tours.

Esp. 1049. Pleurot. depressa MaxrT. Levy.

Cirrus depressus Manrezz, Geology of Sussex, Lond. 1822, p. 195. PI. 18,

fig. 11.

Levmérie, Terr. crét. de l’Aube, v. Mém. Soc. géol. V, p. 31.

La coquille, épaisse et déprimée, est plus large que haute, à tours grossissant rapidement, anguleux et munis d’une carène rapprochée du bord supérieur des tours, au dessus de laquelle la partie supérieure est aplatie et l’inférieure légèrement excavée; la bande du sinus occupe la partie inférieure près du bord inférieur.

Hab. dans le grès turonien de Novgorod-Ssewersk au gouvernement de Tschernigow, dans la craie inférieure d’'Izoume sur le Donetz au midi de la Russie, ainsi que dans la craie inférieure de Sussex et de Rouen.

La coquille de Novgorod-Ssewersk est fortement déprimée, parce que les tours grossissent rapidement, le bord supérieur des tours est plan, horizontal, et l’inférieur légèrement concave; la carène supérieure est obtuse, et l’inférieure, qui correspond à la bande du sinus, moins obtuse. Le moule incomplet a 6 L de haut et jusqu’à 9 L. de large. Les stries transverses des tours de l’individu de Sussex ne se reconnaissent pas bien sur le moule.

L’individu d’'Izoume, également en moule, est moins déprimé et légèrement conique; les tours grossissent assez rapidement et forment des gradins, séparés par des sutures profondes; le dernier tour, mieux conservé que dans l'individu de Novgorod-Ssewersk, est plus long et plus grand que la spire et se continue en une ouverture presque triangulaire, le bord columellaire est allongé et oblique, le bord extérieur anguleux, et lombilic petit. La forme de la coquille, qui a 6 1. de haut et autant de large, rappelle beaucoup celle d’un Turbo, d'autant plus que la bande du sinus ressemble plutôt à une carène noueuse qu’à une bande du sinus.

L'espèce de Sussex, un peu plus grande que celle de Novgorod-Ssewersk, paraît se distinguer du Pleurot. perspectiva Manr. par la coquille déprimée, par les tours plus arrondis et disposés en gradins, quoique MM. Browx, d'Orgrany et d’autres la réunissent sous le nom de Pleurot. perspectiva Sow. *, qui, remarquable par sa grandeur, n’a pas encore été trouvé en Russie.

Esp. 1050. Pleurot. Duboisi May.

M. Maven, Description de coq. foss. du midi de la Russie, voy. Journal de conchiliol. Paris 1856. I, p. 101, publié par MM. Fiscser et BerNaRDi.

La coquille, très grande et conique, a les tours contigus, plans, légèrement excavés au milieu, le dernier tour a le bord inférieur obtus et la base concave à ouverture presque quadrangulaire, le sinus du bord extérieur est large. =

Hab. dans le calcaire crétacé blanc ou nummulitique aux environs de Simferopol et de Karassoubazar en Crimée.

Cette espèce surpasse en grandeur le Pleurot. Lahayesi d'Or. de la craie chloritée de France, et le test ne présente que des stries d’accroissement; il est lisse, et sa taille gigantesque, sa forme élevée, conique, ainsi que la cavité profonde et large de sa surface intérieure suffisent pour la distinguer. Je ne connais pas cette espèce.

Le Pleurot. gigantea Sow.. de la même grandeur que celle-ci, se trouve dans la craie nummulitique d’Oulakly, entre Badrak et Sably, et près de Simferopol en Crimée.

Esp. 1051. Pleurot. Villersensis Prcr.

Trochus torosus Traurscaozn, Bull. de Mosc. 1858. IV, p. 548. PL 4, fig. 2.

Pleurotomaria Villersensis Prcr., Paléont. suisse L. c. 1861-—64, p. 418 P1-77, fie, 3:

La coquille, en moule, est conique, un peu plus large que longue,

x D’Orgieny, Paléont. fr. Terr. crét. p. 255. PI. 196.

les tours en gradins très marqués sont plans et garnis au bord supérieur d'environ dix-huit tubercules un peu comprimés; le bord inférieur du dernier tour est muni d’une carène assez fortement accusée.

Hab. dans le grès ferrugineux du gault inférieur de Kotelniki près de Moscou, et dans le valangien de Villers-le-Lac, près de Locle en Suisse.

La coquille de Kotelniki représente absolument la même espèce que celle de Villers-le-Lac et ne s’en distingue que par une largeur un peu * plus considérable; elle à 1 p. 10 1. de large à la base, et 1 p. 5 1. de haut, en sorte qu’elle est un peu plus large que longue, tandis que l’espèce de Villers-le-Lac est un peu plus longue que large, quoiïqu’elle ait les mêmes caractères eb Les mêmes ornements que l'individu plus grand de Kotelniki. J'ai donné ci-dessus la description de M. Prerer: elle caractérise également l'individu de Kotelniki, dont les tours sont déprimés en gradins et munis de tubercules arrondis et obtus; le dernier tour est plan en dessous et anguleux par la carène nettement marquée.

La face ombilicale de l’espèce valangienne est plane, l’ombilic du moule, assez grand, était également bien distinct sur la coquille. M. Prc- TET |. €. à pu distinguer par places la bande du sinus; elle est située vers le tiers supérieur des tours, immédiatement sur la partie inférieure des tubercules.

Cette espèce rappelle un peu le Pleurotomaria Phaedra d'Or. du terrain kimméridien de la France, et reproduit alors un type jurassique dans un étage crétacé, de même que l’on rencontre plusieurs Ammonites et d’autres espèces semblables dans les deux terrains en question.

Famille quarante-deuxième.

Trochidées.

Les Trochidées ont une coquille turbinée, épaisse, nacrée, déprimée ou légèrement allongée, à ouverture simple et operculée, à opercule pierreux ou corné.

Genre CXXXI. Turbo L.

La coquille épaisse des Turbo est généralement globuleuse, à spire saillante et composée de tours arrondis, à ouverture arrondie, circulaire, et à bords désunis, l’opercule est pierreux. Ce genre se trouve déjà dans les terrains les plus anciens de la première période; il s’est continué en grandsnombre dans les périodes moyenne et moderne, et vit encore dans les mers actuelles, en général au niveau des basses marées.

Esp. 1052. Turb. viviparoides Rôm.

Norddeutsch. Oolithgeb. I. c. p. 153. PI. 11, fig. 5.

La coquille est conique, à courte spire, les tours sont convexes, lisses, au nombre de 3 ou 4, le dernier tour surpasse en hauteur l’ensemble des ceux qui le précèdent; l'ouverture est presque circulaire.

Hab. dans le calcaire jurassique de l'étage portlandien près de Petrowskaya aux environs d’Izoume au midi de la Russie, dans l’étage oxfordien inférieur de Nigranden en Lithuanie, ainsi que dans le calcaire portlandien des environs de Goslar au Harz.

Les individus de Petrowskaya sont en moules et rappellent par leur forme générale le Tubo viviparoides; ils sont réunis en grandes familles dans une roche calcaire poreuse, qu’ils remplissent sans être mêlés à d’autres espèces, et diffèrent quant à leur grandeur; car quelques-uns sont petits, et d’autres asséz grands pour atteindre près de 3 L. de largeur au dernier tour.

L’individu de Nigranden est pourvu de son test; il est composé de 5 tours: l’ensemble des 4 premiers égale en hauteur le dernier tour, qui a 1 L. de haut et 21/4 L. de large, tandis que la coquille en général n’a que 2 1. de haut. Les tours sont convexes, finement parcourus de stries d’accroissement serrées, et les sutures, sont profondes; les tours grossissent doucement, et le test est mince et moins épais que celui des espèces de Turbo en général. L'ouverture est couverte par la roche: Notre espèce offre la plus grande ressemblance avec la coquille du cave oolite, figurée sous le nom de Delphinula indéterminé par M. Pazrps *.

Esp. 1053. Turb. episcopalis ».

PI. XXX, fig. 9 a gr. nat.; b grossi.

Testa parva conica, vertice subobtuso, anfractus plani, tuberculati, tuberculis duplici serie transversa obviis ac linea transversa intermedia diremptis.

Hab. dans le calcaire jurassique noirâtre de l'étage oxfordien inférieur de Nigranden.

La coquille, petite et conique, a des tours plans, qui grossissent assez doucement, et sont garnis de tubercules en rangée transversale double sur chaque tour, les tubercules forment en outre des rangées longitudinales obliques; ceux des tours supérieurs sont moins grands et en nœuds petits

# Geology of Yorkshire. London 1835, I. PI. 9, fig. 32.

et arrondis; ceux des tours inférieurs sont moins aigus et plus allongés. Ces derniers sont réunis par des stries légères transverses; une strie transversale sépare les tubercules supérieurs d’avec les inférieurs. Les tours sont en outre parcourus de stries longitudinales obliques, irrégulières, situées entre les rangées des tubercules supérieures et inférieures. Les sutures sont peu marquées, et le sommet des tours est obtus, non

aigu, conformation qui caractérise notre espèce, aussi bien que les deux

rangées de tubercules, divisées par une strie médiane sur chaque tour. Le Turb. monilitectus Peux. * du cave oolite du Yorkshire est plus aigu et les tours sont garnis de 3 rangées transverses de petits tubercules, qui ne sont pas divisées par une strie transversale médiane. Le Turb. monilitectus (Pax.) Quensr. ** du jura brun des environs de Neuffen au Wurtemberg, où il se trouve par milliers d'individus, a plus d’affinité avec le Turbo episcopalis de Nigranden, mais il est plus court, plus aigu et garni de tubercules plus petits sur les tours, et même

de 3 rangées transverses de tubercules sur le dernier tour.

La base du dernier tour du Turbo episcopalis est légèrement enfoncée et marquée de stries concentriques et de l’ouverture presque anguleuse; le bord inférieur est tranchant et muni de tubercules légèrement allongés. Le Turbo monilitectus de Neuffen paraît avoir le bord inférieur plutôt arrondi et obtus que tranchant.

La coquille de Nigranden a 4 L de haut, et 3 1. de large au dernier tour.

Esp. 1054. Turb. interceptus ».

PI. XXX, fig. 10 a gr. nat.; b grossi.

Testa parva, conica, anfractus sensim ambitu adaucti, suturis profundis ab invicem dirempti et costulis nodulosis inaequalibus ornati, ultimo anfractu margine inferiore acuto praedito, basi leniter convexa, costulata, costulis concentricis, striis incrementi approximatis, costulas decussantibus, apertura cireulari, umbilicum obtegente.

Hab. dans le grès jurassique de l'étage oxfordien inférieur de Nigranden, réuni à l’espèce suivante, le Turbo subpyramidalis.

La coquille, petite et conique, est composée de tours plans, qui grossissent doucement et sont divisés par des sutures distinctes et profondes; ils sont garnis de petites côtes transverses noueuses, entre lesquelles on remarque des stries transverses également noueuses; les nœuds

* Paris, Geol.of Yorksh. I. c. PI. 9, fig. 33. *# Jura. c. p. 416, PL 57, fig. 1—3,.

proviennent de stries d’accroissement serrées, croisant les côtes, qui par là deviennent noueuses. Le dernier tour est de la hauteur double de Vavant-dernier et muni du bord inférieur obtus; la base est pourvue de côtes concentriques, égales, n’offrant pas des stries plus fines, intercalées entre les côtes plus épaisses sur la surface des tours. L'ouverture est circulaire, les bords columellaire et extérieur sont disjoints, et l’ombilie est couvert par le bord columellaire réfléchi.

La coquille est incomplète et par conséquent sa longueur n’est pas connue, la largeur du dernier tour est de 2 L., et sa hauteur de 1 1. L’avant-dernier tour n’a que 1 1. de large et l 1. de haut; il est marqué d’une carène obtusé, qui correspond au bord inférieur; elle s'élève légèrement au dessus de la suture.

Esp. 1055. Turb. subpyramidalis d'Ors.

PI. XXX, fig. 8 a gr. nat.; b grossi, vu de profil. D’Ongrexy, Paléont. fr. Terr. jur. p. 353. PI. 334, fig. 15 —18. Turb. pyramidalis d’Arcaiac (non Gmez. nec WiLuramson), Mém. de la Soc. géol. de France L. c V, p. 380. PI. 29, fig. 7. é Buccinum incertum (d'Ors.) Rourzz., Bull. Mosc. I. c. I, p. 402. PI. G,

La coquille, turbinée et pointue au sommet, est composée de tours qui, grossissant rapidement, forment des gradins bien marqués; les tours sont garnis de 9 à 11 tubercules allongés et un peu aplatis; des sïllons transverses passent sur les tubercules et recouvrent la base convexe du dernier tour, qui est très bombé et surpasse en grosseur et en hauteur l’ensemble des tours précédents.

Hab. dans le grès calcaire jurassique de l’étage oxfordien inférieur de Nigranden, dans le grès noirâtre jurassique de la rivière Jaouza dans la ville de Moscou, ainsi que dans l’oolithe miliaire de l'étage bathonien du bois d'Eparcy en France.

La coquille de Nigranden et de Moscou a la grandeur double de Pindividu d'Eparcy; elle à 7 L. de haut, et au dernier tour 4 I. de large, tandis que l’avant-dernier tour n’a que 31) 1. de large et 2 1. de haut; le sommet manque, et la coquille n’offre que 3 tours, tandis que le petit individu anglais est composé de 6 tours. La forme et les ornements des deux espèces sont entièrement les mêmes; les tours convexes, en gradins très saillants, sont garnis de tubercules allongés, espacés et croisés par des sillons transverses, qui sont également marqués sur la base du dernier tour. La base est ombiliquée et l'ouverture du tour presque ovale, à bord columellaire légèrement échancré et à bord basal arrondi.

Le moule observé par moi dans la couche supérieure jurassique du fleuve Jaouza dans la ville de Moscou, ne diffère pas de ceux de Nigranden; c’est un moule à base convexe et lisse, et marqué de 11 tubercules allongés, mais dépourvu de stries transverses; l’ombilic est grand et ouvert; les sutures sont profondes et les tours en gradins.

Cette espèce se distingue apparemment du Fusus (Buccinum) incertus d'Ors. * du grès chlorité du mont Ssaragoul aux environs d’Orenbourg, terrain qui ne saurait appartenir au terrain jurassique à cause des nombreuses espèces crétacées que renferme le grès de Ssaragoul. La coquille, figurée I. c., est plus allongée que l'espèce de Nigranden; elle est garnie de tubercules allongés, également traversés par des stries longitudinales, en sorte que c’est sa forme plus longue, en canal court, qui la caractérise comme espèce particulière. M. Rovrzuer (1. c.) donne la figure du dernier tour d’un Buccinum incertu m (d’Ors.), du second étage jurassique de Mniéwniki, qui correspond au grès noirâtre néocomien: je suis pourtant porté à supposer que c’est effectivement l'étage jurassique, c’est-à-dire le troisième étage, dans lequel notre espèce a été trouvée, au cas que c’estle Turbo subpyramidalis; car ce n’est pas le Fusus (Buccinum) incertus d'Ors.

Esp. 1056. Turb. Keyserlingii Rourzz. sp.

Buccinum Keyserlingii Bull. de Mosc. L. c. 1846, IV. PI. C, fig. 5, grossi. Bull. de Mosc. 1. c. 1847. IL, p. 404. Bull. Mosc. 1848. I, p. 281. PI. G, fig. 22, et Bull. de Mosc. I. c. 1849. I, p. 269.

* La coquille, très petite et conique, a des tours convexes, qui grossissent doucement et sont garnis de rangées de nœuds longitudinales, réunies par des côtes transversales, au nombre de 5 sur l’avant-dernier tour, et de 7 sur le dernier, qui est bombé; les trois premiers tours sont lisses, dépourvus de côtes et de nœuds, et marqués d’une carène transverse.

Hab. dans l'argile jurassique oxfordienne de Goliowo près de Moscou. La coquille de ma collection n’a que 2 1. de long et 1 1. de large au dernier tour, qui a °/4 L de haut, c’est-à-dire qu’il est plus long que l’ensemble des 4 tours précédents. L’individu figuré par M. Rourzzrer

1. c. est trois fois grossi et a d’après cela 6 L. de long. Les nœuds for-

ment des rangées longitudinales, au nombre de 15 à 20, réunies par des

côtes transverses peu élevées, dont 6 ou 7 sur le dernier tour, et 4 ou 5

sur lavant-dernier. Les sutures sont profondes, à cause des tours con-

* Paléont. de Russie I. c. p. 452. PI. 38, fig. 5.

vexes. La base du dernier tour est convexe et marquée de côtes concentriques; l'ouverture est allongée, ovalaire; le bord columellaire réfléchi recouvre l’ombilic.

Cette espèce à une grande ressemblance avec le Turbo Itys d’Ors.* du lias moyen du Calvados, qui cependant s’en distingue par des tours garnis de nœuds situés en rangées longitudinales, obliques, au nombre de 40 à 50 sur le dernier tour, et croisées par des côtes transversales beaucoup plus nombreuses que sur le Turb. Keyserlingii; l'ouverture du dernier tour est plus large, arrondie à la base et anguleuse en haut.

Le Buccinum laeve Rouizz.**, du terrain jurassique de la même localité, me paraît être la même espèce en moule lisse, car sa forme est en général entièrement la même. Serait-ce le Melania inaequata Fiscu.***, de Khoroschôwo, décrit trop brièvement, pour qu’on puisse déterminer l’espèce? Il se compose de 6 ou 7 tours, dont les deux derniers sont très grands et plus bombés que les précédents; il a 4 L. de haut, et 3 1. de large au dernier tour.

Esp. 1057. Turb. Eichwaldianus Rourzz.

Bull. de Mose. 1. c. 1846, IV. PI. C, fig. 14 grossi. Bull. de Mose. I. c. 1849, I, p. 270.

Cerithium Januale Traursca., Bull. de Mosc. 1 c. 1860. IV, p. 354.

La coquille est petite et conique, à tours convexes, grossissant doucement et carénés, à deux carènes, dont l’une est située au milieu des tours, et Pautre en dessous; elles sont croisées par des côtes longitudinales: par suite la moitié des tours est simplement striée, à stries longitudinales, et l’inférieure est comme treillissée.

Hab. dans l’argile jurassique oxfordienne de Goliowo près de Moscou.

Les tours convexes sont divisés par des sutures assez profondes, et marqués au milieu d’une carène transversale forte, l’inférieure est moins accusée et à peine visible; les côtes longitudinales sont au contraire plus distinctes sur la moitié inférieure des tours que sur la supérieure; elles … manquent même complétement au dernier tour, dont la base seule est marquée de 3 carènes transverses.

Cest la même espèce que le Cerithium Januale, qui ne sen distingue que par les deux derniers tours, garnis seulement de côtes * Paléont. fr. Terr. jur. 1. c. p. 330. PI. 326, fig. 11—15.

#* Bull. de Mosc. L. c. 1846, IV. PI. C, fig. 6 et I. c. 1847. I, p. 406. **# Bull. de Mosc. L. c. 1843. I, p. 139,

longitudinales, et dépourvus de carènes transverses, parce que l’épiderme paraît manquer aux tours; les côtes ne s’aperçoivent pas non plus sur le dernier tour du Turbo Eichwaldianus. L'ouverture est ovalaire, oblique, arrondie à la base et aiguë en haut. La coquille a 3 1. de long et appartient par conséquent aux plus petites espèces de ce genre.

Esp. 1058. Turb. Jazykowianus d’Ors.

Paléont. de Russie L. c. p. 450. PI. 37, fig. 19—20.

Turbo Meyendorfii (d'Ore.) Rouizzier, Bull. de Mosc. 1. c. 1846, IV. PI. C, fig. 23, et 1847. IT, p. 399, et 1849. I,p.280. PI. G, fig. 16 et Turb. Panderianus Roue. L.c. PI. G, fig. 18, et Bull. de Mosc. 1. c. 1847. IT, p. 401.

Turbo sulcostomus (Pme) Fiscx., Bull. de Mosc. 1843. I, p. 138.

Turbo rhombodes Keys., Petschorareise 1. c. p 318. PI. 18, fig. 19 (excel. fig. 20.).

Turbo sulcostomus (Puarzz.) KeyserL., voy. Minpenporrr, Sibirische Reise. Band I, Theil I. Geognosie. St. Petersb. p. 254. PI. 4, fig. 9.

La coquille conique est plus longue que large, à tours très convexes, ornés de 3 carènes assez inégales, dont les deux supérieures sont granuleuses, les interstices sont pourvus de stries longitudinales très serrées ; le dernier tour est garni de 9 ou 10 carènes plus rapprochées et granuleuses; l’ouverture arrondie, à bord columellaire encroûté et recouvrant l’ombilic.

Hab. dans le grès néocomien noirâtre de Mniéwniki et de Khoroschéwo près de Moscou, sur le fleuve Jaouza dans la ville de Moscou, et dans un semblable terrain de la Sibérie orientale sur la rivière Taïmyr.

La coquille est pourvue de tours convexes, munis de carènes plutôt que de côtes arrondies, séparées par des interstices parcourus de stries longitudinales très serrées, prenant naissance en faisceaux des granulations des carènes. Les premiers tours sont garnis de 3 ou 4 carènes, dont les deux supérieures sont granuleuses, la quatrième est recouverte par le tour suivant; celle-ci et la troisième sont lisses, non granuleuses. Le dernier tour, très convexe, a presque toutes les carènes granuleuses, et leurs intervalles sont parcourus de stries longitudinales, très serrées. L'ouverture est arrondie, le bord columellaire encroûté recouvre l’ombilic, et est séparé du bord extérieur par le bord supérieur de l’ouverture, formé par la base de la coquille; le bord inférieur est arrondi. Les sutures sont très profondes.

Le dernier tour de l'individu du fleuve Jaouza est marqué de 10 carènes granuleuses, dont la troisième et la quatrième sont un peu plus épaisses que les autres; les intervalles sont distinctement striés.

Le plus grand individu provient de Khoroschéwo;. il à 1 p. 2 IL. de

long et 1 p. de large, mesuré sur le dernier tour, qui a 7 1 de haut; l'ouverture a 6 1. de large et 5 1. de haut; les carènes sont tranchantes et plus ou moins dépourvues de granulations, mais les stries parallèles des intervalles sont très distinctes.

Le Turbo cretaceus d'Ors. *, de la craie chloritée inférieure du Mans en France, à une grande affinité avec le Turbo Jazycowianus et ne s’en distingue que par des côtes transversales lisses au lieu des carènes granuleuses; les intervalles cependant sont également striés, à stries parallèles.

Esp. 1059. Turb. Meyendorfii d'Ors.

Paléont. de Russie I. c. p. 450. PI. 37, fig. 17—18. Turbo Wisinganus KeyserL., Petschorareise 1. c. p. 319. PI. 18, fig. 21.

Turbo Wisinganus Re voy. MIDDENDORFF, Ripinisqhe Reise I. c. p. 254. PI. 4, fig. 11.

Turbotuberculato-costatus E. HormAnn, Monographie der Versteinerungen v. Kursk (en russe). St. Petersb, 1867, p. 60. PI, 16, tig. 10.

La coquille conique a les 4 tours convexes, ornés de 3 ou 4 côtes transversales tuberculeuses et séparées par des intervalles striés, à stries longitudinales grossières; la quatrième côte du bord inférieur est recouverte par le bord supérieur du tour suivant; le dernier tour offre 8 à 11 côtes, dont les médianes sont plus épaisses que les autres; l’ouverture est ovalaire, à bord columellaire encroûté et se continuant dans la base de la coquille, qui forme le bord supérieur de l’ouverture.

Hab. dans le grès néocomien noirâtre de Khoroschôwe et de Mniéwniki près de Moscou, dans le calcaire néocomien compacte d’Iletzkaya aux environs d’Orenbourg, dans un terrain semblable sur le bord du fleuve Ssyssola près du village de Wotscha de la Russie d'Europe, sur les fleuves Manya et Ssoswa du nord de l’Oural, et sur le fleuve Taïmyr de la Sibérie orientale, ainsi que dans le grès néocomien ferrugineux du gouvernement de Kursk au midi de la Russie d'Europe.

La coquille conique est un peu plus courte que le Turb. Jazykowianus; les tours, grossissant assez rapidement, sont garnis de tubercules en rangées transversales; les intervalles sont parcourus de stries longitudinales épaisses et espacées, qui paraissent continuer les tubercules des côtes transverses. Le dernier tour est pourvu de côtes inégales, dont les médianes sont plus épaisses; l'ouverture est plutôt ovalaire qu’arrondie; le bord columellaire encroûté recouvre l’ombilic, dont il

* Paléont. fr. Terr. crét. p. 228. PI. 186 bis, fig. 7—8.

n'existe pas de trace sur la coquille, tandis que le Turbo Jazycowianus montre encore une petite fente, et qu'au lieu des côtes tuberculeuses il présente des carènes granuleuses.

Les petits individus des fleuves Ssyssola, Manya et Ssoswa ont 8 L de long et près de 6 1. de large, mesurés au dernier tour, qui a 4 1. de haut. L’individu de Kursk à presque la même forme; il n’a cependant que 7 1. de long et 6 1. de large; ses côtes sont tuberculeuses et non

tranchantes; ce sont donc des côtes et non des carènes; les côtes supérieures du dernier tour sont en outre plus fortement accusées que les inférieures, qui sont plus rapprochées et plutôt lisses que tuberculeuses.

Cette espèce se distingue du Turbo rhombodes Keys. par ce que celui-ci n’a pas de côtes, mais des carènes transverses presque lisses et des intervalles munis de facettes presque rhomboïdales; le Turbo Chassyanus d'Ors. (Puschianus d’Ors.) au contraire s’en distingue par ce que la coquille est plus allongée, les côtes transversales sont lisses, non tuberculeuses, à interstices striés, à stries longitudinales très serrées.

Esp. 1060. Turb. rhombodes Keys.

PI. XXX, fig. 12 a gr. nat.; b épiderme grossi.

Turbo rhombodes Keysere., Petschorareise I. c. p. 318. PI. 18, fig. 20 (excel. fig. 19.).

La coquille conique a des tours convexes, qui grossissent assez rapidement, sont garnis de carènes lisses, séparées par des intervalles plus larges et pourvus de facettes rhomboïdales, enfoncées au centre, le dernier tour est très convexe, à ouverture arrondie, légèrement anguleuse au bord supérieur.

Hab. dans le grès néocomien noïrâtre de Khoroschéwo près de Moscou, et dans un semblable terrain du nord de la Russie d'Europe, sur le fleuve Ssyssola, près du village de Wotscha,

L’individu figuré 1. c. de Khoroschéwo est composé de 4 tours convexes, dont les supérieurs sont munis de 3, et le dernier de 9 ou 10 carènes; les inférieures sont lisses et'les deux supérieures granuleuses, à granulations très fines. Il à 10 1. de long et 9 L. de large, "mesuré au dernier tour, qui à 6 I. de haut; l'ouverture à 4 L. de haut et près de 9 L. de large. Les sutures sont profondes et les tours à carènes plus espacées vers le bord supérieur que près du bord inférieur, où leurs interstices sont très rapprochés.

Cette espèce offre une grande ressemblance avec le Turbo Jazy-

kowianus, eb ne s’en distingue que par d’autres ornements des inter- Eichwald, Lethaea rossica. II. 58

stices, car elle manque des stries longitudinales qui caractérisent celui-ci. Le Turbo Meyendorfii s’en distingue par des côtes tuberculeuses et par des interstices lisses.

Esp. 1061. Turbo Astierianus d'Ors.

Paléont. fr. Terr. crét. 1. c. p. 216. PI. 182, fig. 18—20. Trochus Kutorgae E. Hormaxx, Monographie d. Verst. v. Kursk 1. c. 1867, p. 61. PI. 17, fig. 5—7. :

La coquille conique, ombiliquée, presque aussi large que longue, est composée de 4 ou 5 tours très convexes, garnie de sillons obliques, en direction opposée, qui se croisent et laissent entre eux de petites saïllies rhomboïdales tuberculeuses; on remarque en outre près de la suture inférieure une rangée plus forte de tubercules; l’ouverture du dernier tour est ronde.

Hab. dans le grès néocomien ferrugineux de Kursk au midi de la Russie, ainsi que dans le gault des environs d’Escragnolles (Alpes-Maritimes).

La coquille de Kursk a les tours garnis de tubercules rhomboïdaux, et de tubercules arrondis situés au dessous d’eux; le dernier tour est plus grand que l’ensemble des autres tours. L’ouverture est ronde, à bord supérieur droit, laissant libre un espace de la coquille entre le bord extérieur et le columellaire simple, qui ne recouvre pas l’ombilic.

L’individu, composé de 4 tours, à 8 IL. de long et autant de large, le dernier tour offre une hauteur de 41} lignes.

Une autre coquille fossile de la même localité est décrite et figurée par M. Hormann * sous le nom de Trochus insulsus; il paraît que c’est plutôt le Vermicularia Sowerbyi Mawnr. ** du terrain crétacé de Hamsey; les tours de spire ne sont pas aussi réguliers qu’ils devraient l’être chez un Trochus, ils sont légèrement déprimés et l'ouverture devient par là un peu anguleuse; la spire elle-même est légèrement infléchie de côté et non droite; l’ombilic est profond, comme sur le Vermicularia de Hamsey, avec lequel notre fossile a la plus grande ressemblance.

Esp. 1062. Turb. Chassyanus d’'Ors. 1842.

Paléont. fr. Terr. crét. 1. c. IL, p. 220. PI. 185, fig. 1—2. Turbo Puschianus d'Ors., Paléont de Russie 1. c. 1845, p. 450. PI. 37, * Monographie d. Verst. v. Kursk 1. c. p. 62. PI. 16, fig. 8. #* ManreLz, Geology of Sussex 1. c. p. 111. PI. 18, fig. 14 — 15,

Turbo Puschianus Kevserz., Petschorareise p. 318.

: sue d’Ors. RouizuiEer, Bull. de Mosc. 1847. II, p. 400. PI.G, fig. 17, et Bull. de Mosc. 1558. IT, p. 475.

Turbo undulatus (Pazr.) Fiscuer, Bull. de Mosc. 1843. I, p. 137.

Turbo placidus E. Horwanx, Monographie der Verstein. v. Kursk 1. c. p. 60. PI. XVI, fig. 11.

La coquille conique est beaucoup plus longue que large, à tours * convexes, qui, grossissant doucement, sont garnis de côtes transversales nombreuses, lisses ou légèrement granuleuses; les côtes supérieures sont lisses et simples sur l’avant-dernier tour, les inférieures plus épaisses et tuberculeuses; le dernier tour, très convexe, est muni de 15 côtes à petits tubercules, et croisées par des stries longitudinales serrées, et plus apparentes dans les intervalles des côtes que sur celles-ci: c’est par le croisement des stries sur les côtes que les petites granulations se développent sur celles-ci et forment des tubercules; l’ouverture est arrondie, un peu plus longue que large.

Hab. dans le gault ou grès chlorité du mont Ssarag'oul aux environs d’Orenbourg, dans la craie chloritée de Baktschissaraï, dans le néocomien de Khoroschéwo près de Moscou, sur la rivière Ssyssola près des villages de Kargor et de Wotscha, aïnsi que dans les couches du gault à Escragnolles (Alpes-Maritimes), et à la Perte-du-Rhône.

La coquille est composée de tours convexes, qui grossissent rapidement en largeur et sont garnis de côtes transverses nombreuses, égales, à tubercules très petits; des stries longitudinales serrées ornent les interstices, dont deux plus larges que les autres occupent le milieu du dernier tour; celui-ci est muni de 12 à 15 côtes, tandis que l’avant-dernier n’en à que 5. La base du dernier tour est convexe, l'ouverture presque ronde, un peu anguleuse en haut et en dehors.

L’individu du mont Ssaragoul est plus grand que les deux espèces précédentes ; cependant il n’est pas complet; ie dernier tour, légèrement comprimé, a 10 L. de large et 61/2 L. de haut, l’avant-dernier n’offre que 6 L. de large et 2 L. de haut. Les stries longitudinales des interstices sont situées obliquement et très serrées sur l’individu du mont Ssaragoul, comme sur le Turbo Chassyanus d’Escragnolles, qui lui est entièrement identique; les côtes du Turbo Chassyanus parüissent lisses et non finement tuberculeuses, comme sur celui du mont Ssaragoul, mais comme les stries obliques des interstices des côtes traversent celles-ci, on peut présumer que les côtes étaient également tuberculeuses, et qu'ayant été polies ou roulées, elles en ont perdu leurs tubercules dans la mer

primitive. L’individu du grès néocomien ferrugineux de Kursk n’a que 8 1. de long’; les tours sont convexes, les sutures très profondes et les côtes transverses nombreuses croisées par des stries longitudinales serrées ; l’ouverture du dernier tour est orbiculaire et l’ombilic presque nul. L’ombilic est fermé par le bord columellaire réfléchi; il est ouvert sur le moule.

J'ai préferé pour la présente espèce le nom de Turbo Chassyanus, proposé par M. d'Orsiexy en 1842, tandis que le nom de Turbo Puschianus n’a été publié par le même auteur qu’en 1845.

Je ne connais cette espèce par autopsie que du mont Ssaragoul; M. Rourcuer 1. c. l’admet aussi dans le néocomien de Khoroschôwo, et la figure qu’il en donne lui ressemble effectivement, car les stries interstitielles se continuent en petits tubercules sur toutes les côtes, comme sur Pindividu bien conservé de Ssaragoul de ma collection.

M. d'Orgrany (1 c. p. 221) décrit le Turbo Chassyanus d’Escragnolles comme coquille allongée, conique, .à tours nettement séparés, convexes, légèrement carénés et ornés de côtes, dont trois sont plus grosses sur le milieu des tours que les autres; entre ces côtes se trouvent de petites stries longitudinales obliques; l'ouverture est ovale, un peu anguleuse en dehors: caractères qui conviennent entièrement aux individus de Ssaragoul.

Esp. 1063. Turb. bipartitus Roux.

PI. XXX, fig. 14 a gr. nat.; b grossi.

Bull. de Mosc. I. c. 1846, IV. PI. C, fig. 15 (moule grossi) p. 270, et Bull. de - Mose. I. c. 1847. IL, p. 402 (non décrit).

La coquille conique est composée de tours convexes grossissant doucement, ornés de 3 côtes transversales et de 8 ou plus sur le dernier tour; les côtes sont tranchantes et croisées par des stries longitudinales espacées, qui par là s'élèvent en petits nœuds. Le dernier tour à base convexe est pourvu d’une ouverture presque ronde, à bord columellaire échancré et réfléchi; l’ombilic est fermé.

Hab. dans le gault ou le grès vert supérieur de Khoroschéwo, et près d’Antipowka au bord du Volga.

Cette petite coquille, à 5 ou 6 tours, très rare, se trouve en moule; elle a 5 I. de long et près de 4L de large au dernier tour, qui est d’une hauteur de 212 1.; les premiers tours sont munis de 4 carènes légèrement noueuses, et le dernier offre 7, 8 ou plus de carènes semblables, dont les supérieures seules sont noueuses. Les sutures sont plus profondes et les tours plus convexes que ceux du Turbo Dubisiensis

Pror. et Came. *, espèce plus grande de l'étage urgonien de Ste-Croix, qui ne se distingue que par ses tours peu arrondis, séparés par des sutures peu profondes, et par ses côtes plus arrondies e6 moins tranchantes en carènes, comme celles du Turbo bipartitus.

La figure citée du Bulletin de Moscou est fortement grossie, et les 8 carènes ne sont distinctes que sur la base des tours, leur partie supérieure est pourvue de stries longitudinales; c’est un moule et par suite

: les caractères sont peu accusés.

Le Turbo subinflatus Reuss, du grès crétacé à Pyropes de la Bohème, a beaucoup de ressemblance avec le Turbo bipartitus; il a les tours également convexes, les sutures également profondes et les côtes transversales croisées par de semblables stries longitudinales, en sorte qu'il n’est caractérisé que par la coquille un peu plus courte et plus large au dernier tour; l’ouverture arrondie est un peu anguleuse, comme celle du Turbo bipartitus; cependant l'individu de ma collection la présente un peu plus longue que large, à bord columellaire légèrement échancré.

Un très petit moule, composé de trois tours, se trouve dans le grès vert des environs d'Antipowka sur le bord du Volga; il n’a que #41. de long et à peu près !}2 L. de large au dernier tour; les tours grossissent doucement, et la forme en général est celle du Turbo bipartitus, qui cependant est d’une longueur plus considérable.

C’est peut-être aussi le Trochus Basteroti Ar. Bronex. de la craie d'Udritza aux environs de Zamosc en Pologne, décrit par M. Puscx (Polens Paläont. p. 107. PI 10, fig. 15).

Esp. 1064. Turb. montanus Prcr. Came. aff.

Paléont. suisse I. c. p. 469. PI. 82, fig. 6.

La coquille, en moule, est allongée en cône court et à tours convexes, ornés sur le dernier tour de 6, 7 ou d’un plus grand nombre de côtes transverses, croisées par des stries longitudinales; l’ombilic est ouvert et entouré par les stries concentriques basales très grêles.

Hab. dans le calcaire néocomien sur le bord de la rivière Olenek de la Sibérie orientale, ainsi que dans le néocomien moyen des marnes de Haute-Rive, aux environs de Ste-Croix.

Le bord extérieur de l'ouverture est réfléchi et marqué de 6 côtes, plus épaisses à l’ouverture qu'aux points plus éloignés.

# Paléont. suisse 1, c. p. 476. PI. 83, fig, 3—4.

Le moule à une ouverture de 4 IL. de large et de 31/2 L. de haut; l’avant-dernier tour à 21h 1. de large et 1 1. de haut; l'ouverture est plus haute que large, plutôt ovalaire que ronde.

Esp. 1065. Turb. Mantelli Lex.

Mém. de la Soc. géol. de Fr. L. c. V, p.12. PI. 17, fig. 14. D’Orsicny, Paléont. fr. Terr. crét. I. c. II, p. 214. PI. 183, fig. 5—7.

La coquille, épaisse et ombiliquée, est aussi haute que large, à tours très convexes, arrondis et garnis de grosses côtes transverses, pourvues de lames imbriquées et saillantes : les interstices des côtes sont finement striés, à stries longitudinales très serrées; l’ouverture est ronde.

Hab. dans le calcaire crétacé néocomien de Werewkine, et près de Petrowskaya sur le Donetz aux environs d’Izoume, ainsi que dans le néocomien de l’Aube près de Marolles.

La coquille est presque sphérique, les tours sont garnis de trois côtes transverses à tubercules lamelleux; les interstices sont pourvus de stries parallèles très serrées, qui continuent les lames saillantes des côtes et passent également sur la base légèrement convexe du dernier tour; la base montre les mêmes côtes simples , dépourvues de lames saïllantes en tubercules.

L’individu de Petrowskaya à une hauteur de 1 p. et une largeur, au dernier tour, de 10 L., grandeur très considérable, qui le caractérise; car l'individu de l’Aube n’a que 4 I. de long, quoiqu'il présente des côtes semblables, au nombre de 3 sur chaque tour et pourvues de lames saiïllantes, qui se continuent également aux interstices des côtes et à la base du dernier tour.

De petits individus, en moules extérieurs, de grandeur normale, se trouvent près de Petrowskaya dans un calcaire kimméridien, et des individus très grands, d’un pouce et plus de long, se rencontrent en moules dans le calcaire crétacé inférieur de Kamenka: est-ce la même espèce qui se retrouve presque dans la même localité, mais dans des terrains différents ? :

Esp. 1066. Turb. Auerbachii TRAUTSCH.

Bull. de Mosc. I. c. 1858. IV, p. 548. PI. IV, fig. 1.

La coquille, assez grande, n’est connue qu’en un moule à spire peu saillante et formée de tours déprimés, anguleux et pourvus de deux rangées de tubercules assez grands et arrondis, dont l’une occupe le bord supérieur obtus, et l’autre, en dessous d'elle, le milieu du tour.

Hab. dans le grès néocomien supérieur ou gault de Kotelniki aux environs de Moscou.

La coquille est presque sphérique, à spire en gradins fortement déprimée; les premiers tours sont pourvus de tubercules allongés, et le dernier porte deux rangées de tubercules, qui sont confluents, ceux de la rangée supérieure avec ceux de l’inférieure; par là ils prennent la forme des côtes verticales tuberculeuses. TL’ouverture du dernier tour est ova-

aire, à bord extérieur arrondi et à bord columellaire profondément

échancré à la base. La coquille à 1 p. 8 1. de haut, le dernier tour est de 1 p. 9 1. de large; il à 1 p. 4 L. de haut, tandis que les 3 tours précédents très petits n’ont que 3 IL. de haut. L’ombilic est nul.

Cette espèce offre quelque analogie avec le Turbo elegans d’Ors.* du terrain néocomien de Marolles, dont les tours également convexes sont garnis de grosses côtes longitudinales, pourvues de tubercules allongés, et entre ces côtes, de légères stries, qui manquent au Turbo Auerbachii, car c’est un moule.

Esp. 1067. Turbo subinflatus Reuss.

Bôhmische Kreideformation 1. c. p. 49. PI. 11, fig. 12. Trochus duodecimceostatus E. Horwanx, Monographie der Gault-Verstein. v. Kursk. Petersb. 1867 (en russe), p. 63. PI. 18, fig. 2—3.

Petite coquille conique, à tours arrondis, grossissant rapidement et ornés de côtes longitudinales en tubercules allongés et serrés, la base du dernier tour est convexe, à ombilic ouvert et à ouverture ovalaire, un peu anguleuse.

Hab. dans le grès néocomien ferrugineux de Kursk, dans le calcaire cénomanien de Buczak aux environs de Kiew, ainsi que dans le sable crétacé à Pyropes de Meronitz en Bohème.

La coquille de Buczak est composée de 4 tours arrondis, qui grossissent assez rapidement en largeur et dont les premiers sont garnis de côtes à petits tubercules, et le dernier de côtes longitudinales plus nombreuses, croisées, comme celles des tours précedents, par des stries transverses serrées, les stries basales sont simples. Le moule à l’ombilic ouvert et l’ouverture ovalaire; il à 3 1. de long, et 21) L de large au dernier tour.

L’individu de Kursk est de grandeur double; il a 8 1. de long et autant de large, mesuré au dernier tour, dont l'ouverture est légèrement

* Paléont. fr. Terr. crét. 1 ec. p. 215. PI. 184, fig. 1—3.

anguleuse; les tours, très convexes, sont séparés par des sutures profondes ,- et munis de côtes longitudinales nombreuses et de stries trans- , verses serrées, qui viennent croiser les côtes. C’est le Trochus duodecimcostatus E. Horm., qui est même plus grand que l’individu de Bohème et dont les ornements rappellent beaucoup le Turbo Crivelli Prcr. Came. de l’urgonien de Ste-Croix, quoique la carène sur le milieu du dernier tour le distingue suffisamment du Turbo subinflatus.

Esp. 1068. Turbo obtusus Ress.

Bôhm. Kreideformation 1, c. p. 48. PI. 10, fig. 10. Turbo decussatus (non Desx.) Reuss, Geogn. Skizze IL, p. 207.

La coquille très petite est sphérique, à peine plus haute que large, à tours grossissant rapidement, et à spire composée de 2 tours à peine saillants, le dernier tour les enveloppe tous et Les surpasse beaucoup en hauteur; les tours sont garnis de côtes transverses, croisées par d’autres côtes longitudinales, légèrement obliques; il ee développe sur le dernier tour des facettes rhomboïdales.

Hab. dans le calcaire cénomanien de Buczak au midi de Kiew, ainsi que dans Le plänermergel de la Bohème.

La coquille à 112 1. de haut et autant de L de large; c’est un moule qui ne montre qu’à sa base les côtes transversales assez distinctes, croisées par de semblables côtes obliques.

Genre CXXXII. Trochus L.

La coquille, légèrement oblique, des Trochus est turbinée comme celle des Turbo, plus ou moins allongée ou déprimée, et pourvue d’une ouverbure souvent triangulaire, nacrée en dedans; la columelle est tor-

due ou arquée. Ce genre se trouve dans tous les terrains, et vit encore dans les mers actuelles.

Esp. 1069. Troch. Rouillieri d'Ors.

Prodr. Paléont. strat. [, p. 354.

Trochus monilitectus (Puizz.) Roux, Bull. Mosc. 1847. IT, p. 408, et Bull. Mosc. 1848. I, p. 281. PL G, fig. 21.

Coquille conique, un peu plus longue que large, à tours plans, garnis de 5 côtes transverses tuberculeuses, dont la dernière est un peu plus épaisse que les précédentes; les interstices des côtes contiennent des côtes plus minces, en stries transversales tuberculeuses; les petits tubercules des côtes principales sont placés en rangées obliques régulières.

Hab. dans l'argile jurassique noire de l’oxfordien supérieur de Goliowo aux environs de Moscou.

La coquille est composée de 7 tours, qui forment un cône aigu à large base, celle-ci est convexe lisse, à ouverture quadrangulaire et à ombilic nul; elle a 10 1. de haut, et 8 L de large à la base du dernier tour.

Ce n’est pas le Troch. monilitectus Pr. * du cave oolite du : Yorkshire, dont les tours sont garnis de côtes égales et plus nombreuses sur le dernier tour; il a plus de ressemblance avec le Troch. Daedalus d'Ors. de l'étage corallien du terrain jurassique ** de St. Mihiel au département de la Meuse, dont les tours sont garnis de 3 à 5 côtes tuberculeuses ; le dernier tour est lisse, non convexe en dessous et anguleux au bord inférieur; il est également aigu au sommet, et se distingue en outre du Tr. Rouillieri par les tours qui ne forment pas de gradins.

Esp. 1070. Troch. politus (ScaLorx.) Puscn.

Polens Paläeont. L c. p. 107. PI. 10, fig. 9.

Grande coquille conique, à large ombilic et à tours plans, au nombre de 5, garnis de stries longitudinales, obliques; l'ouverture est quadrangulaire.

Hab. dans le calcaire jurassique compacte aux environs de Czenstochowa en Pologne.

La coquille a 2 p. 6 L. et au delà de haut, eb autant de large, mésurée à la base, qui est légèrement convexe et presque lisse; l’ombilic est large et passe jusqu’au sommet.

Esp. 1071. Troch. constrictus Lyc. sp.

Chemnitzia (Kilvertia) constricta Lycerr, Supplement to great oolite mollusca, voy. Paleont. Soc. 1863, p. 14. PI. 44, fig. 8.

Coquille petite, turriculée, à tours grossissant doucement, parcourus de stries transversales égales et séparées par une carène, rapprochée du bord inférieur des tours, qui les divise en deux parties inégales, dont Lx supérieure, plus large, offre 11 ou 12 stries, et l’inférieure, plus étroite, 3 où 4 stries; les sutures sont profondes, et la base du dernier tour est pourvue d’une ouverture arrondie et d’un petit ombilic.

Hab. dans le calcaire jurassique grisâtre de l'étage oxfordien infé-

* Geology of Yorksh. 1. c. p. 123. PI. 9, fig. 33. ** Paléont. fr, Terr, jurass. p. 295. PI, 319, fig. 1—5.

rieur de Nigranden en Lithuanie, ainsi que dans le great oolite de Minchinhampton Common en Angleterre.

La coquille est composée de 7 ou 8 tours légèrement anguleux par la carène qui se trouve près du bord inférieur, au dessus de laquelle la moitié supérieure, plus large, est plane; la moitié inférieure, plus étroite et également plane, se réunit sous un angle obtus avec la moitié supérieure.

Les stries transversales sont égales et forment de petites côtes, qui sont moins distinctes eb moins nombreuses sur l'individu de l'Angleterre que sur celui de Nigranden; en outre ce dernier ne montre pas les stries longitudinales croisant les transversales, qui rendent la surface du premier comme treillissée.

L'individu de Nigranden a 3 1. de long, et 2 1. de large au dernier tour, qui à 1 1. de haut; le 3 premiers tours sont lisses, les 4 suivants garnis de stries transversales; il est associé au Dentalium tenue à couches transverses distinctes.

Esp. 1072. Troch. frumentum Pror. Came, Paléont. suisse. 3ïème Série p. 510. PI. 85, fig. 12. Trochus longus E. Horw., Monographie der Verst. v. Kursk. 1867, p. 62. PI. 18, fig. 1.

Petite coquille pupoïde, composée de tours à peu près plats; ces tours grossissent très lentement, le dernier est un peu plus grand que l’'avant-dernier, à ouverture triangulaire et à base parfaitement plane et non ombiliquée.

Hab. dans le gault ferrugineux de Kursk, ainsi que dans le calcaire urgonien blanc des environs de Ste-Croix en Suisse.

L’individu de Kursk est conique, ses tours sont plats, à sutures très fines et à ouverture plus large que haute, anguleuse; la coquille a 5 I. de haut et 4 L. de large au dernier tour, qui a 1 1. de haut, exactement autant que l’avant-dernier. L’individu des environs de Ste-Croix n’a que 3 L. de long, à peu près la moitié de la longueur de l’individu de Kursk, il s’en distingue en outre par l’ouverture du dernier tour, plutôt quadrangulaire que triangulaire et coupée carrément sur la columelle. Les caractères de ces deux coquilles offrent trop de similitude pour qu'on ne les réunisse pas en une même espèce.

Esp. 1073. Troch. albensis d'Ors. aff.

PI. XXXI, fig. À gr. nat.

D’Orgieny, Paléont. fr. Terr. crét. p. 183. PI. 177, fig. 1 —3. La coquille, très déprimée, est plus large que haute et ombiliquée ;

les tours convexes, croissant rapidement, sont lisses et seulement marqués de quelques stries d’accroissement ; le dernier tour est arrondi.

Hab. dans le calcaire néocomien noiïrâtre au nord de Bogoslowsk sur la rivière Ssoswa, dans le calcaire grisâtre néocomien sur le fleuve Outessouyouk aux environs d’Iletzkaya, ainsi que dans le néocomien inférieur de Marolles à proximité de l’Aube.

Les premiers tours sont peu saillants, car le dernier les recouvre

presque entièrement; on compte jusqu’à 5 tours, dont les 2 premiers sont

à peine marqués; les sutures sont indiquées par des stries délicates. La surface nacrée est lisse, la base est légèrement enfoncée et pourvue d’un très petit ombilic; l’ouverture est ronde, presque orbiculaire, sans montrer le bord extérieur en saillie étroite, comme le Troch. albensis de Marolles, qui est en outre plus petit que celui du nord de l’'Oural. Celui-ci a 61. de large et 5 1. de haut, et sa base est marquée de quelques stries

.Concentriques.

Le petit individu d’Iletzkaya n’a que 4 1. de large et 3 1 de haut, le dernier tour est arrondi, sans offrir le bord extérieur en saillie peu prononcée ; l’avant-dernier tour est un peu plus saïllant que sur l'individu du nord de l’Oural, et il paraît que c’est une espèce particulière.

Esp. 1074. Troch. tauricus ».

PI. XXXI, fig. 2 a gr. nat.; b tour grossi.

Testa acuto-conica, anfractus subconcavi, costulis superficiei transversis tenuissimis, approximatis ornati, margine inferiore ultimi anfractus basi subconcava, concentrice striata, apertura subtriangulari, umbilico nuclei profundo.

Hab. dans le calcaire néocomien ferrugineux à petits grains siliceux de Biassala en Crimée.

La coquille conique, à sommet très aigu, a les tours légèrement concaves, croissant doucement, ornés de côtes transverses fines et serrées, au nombre de 15 ou plus sur chacun des tours, excepté le dernier, où ils vont jusqu'à 20; les côtes sont égales et finement tuberculeuses ; la dernière, qui forme le bord inférieur des tours, est épaissie, tuberculeuse et fait une saillie très prononcée; on remarque des côtes saillantes au nombre de 9 ou 10 sur la surface de la coquille, comme sur le Troch. Pertyi Prer. ét Came. * de l'étage valangien du Locle près Neufchâtel. Celui-ci cependant est beaucoup plus petit, un peu plus large que long et

* Paléont. suisse. p. 507. PI. 85, fig. 7.

non ombiliqué; ses ornements diffèrent également de ceux du Troch. tauricus: les tours sont plans ou un peu excayés, garnis de 6 côtes transversales, granuleuses; l’inférieure correspond au bord inférieur, qui s'élève en carène; les côtes sont plus ou moins espacées et moins serrées que celles du Troch. tauricus.

La coquille à 1 p. 5 1. de haut, et 1 p. 2 1. de large à sa base, le dernier tour offre une hauteur de 4 lignes.

Le Trochus striatus Desx. du néocomien de la France a également une certaine affinité avec le Tr. tauricus, mais il s’en distingue par les bords inférieurs des tours saillants, tranchants et non tuberculeux.

Esp. 1075. Troch. verrucosus m.

PI. XX XI, fig. 3 a gr. nat.; b tour grossi. L

Testa obtuse conica, anfractus subconcavi, transversim striati, striis approximatis, exiguas verrucas, per series longitudinales dispositas excipientibus, striis superioribus passim simplicibus subconcavos anfractus ornantibus, inferioribus vero sex pluribusve convexum obtusumque marginem anfractuum inferiorem exstruentibus.

Hab. dans le calcaire néocomien ferrugineux de Biassala en Crimée.

La coquille grande et conique, à sommet à peine pointu, est pourvue de tours, croissant rapidement, légèrement excavés, à bord inférieur saillant, obtus; les tours sont garnis de stries en côtes transverses granuleuses, les supérieures ça et là simples, non granuleuses; les inférieures toujours granuleuses et réunies, au nombre de 6 ou 7, en une saillie transversale; il s’en développe des ceintures arrondies, composées de plusieurs stries granuleuses. Le dernier tour offre le bord inférieur arrondi et obtus; par là notre espèce se distingue du Troch.tauricus, dont le bord est tranchant. La base du Troch. verrucosus est convexe et pourvue, sur le moule, d’un ombilic profond et large.

La coquille à 1 p. 6 L. de haut, et 1 p. 9 1. de large au dernier tour, qui a une hauteur de 8 L. Le moule présente les tours arrondis et séparés par de profondes sutures. L'ouverture est triangulaire sur la coquille à test bien conservé, le bord extérieur est plan ou légèrement excavé en haut, anguleux au bord inférieur.

Genre CXXXIII Phorus Monrr.

Xenophora Fiscu.

La coquille des Phorus est trochoïde, déprimée, à tours larges, marqués d'impressions irrégulières, résultant de ladhérence des corps

marins étrangers; le dernier tour est fort déprimé, aplati, un peu creusé en dessous; l'ouverture est plus large que haute, et anguleuse. Ce genre se trouve dans les terrains crétacé et tertiaire, et vit encore dans les mers actuelles.

Esp. 1076. Phorus onustus Nicss. sp.

Trochus onustus Nicssow, Petrif. suec. I, p. 12, PI. IT, fig. 4.

Xenophora onusta Binknonsr VAN DEN Binxaorsr, Gastéropodes de la craie sup. de Limbourg. Bruxelles 1861, p. 38. PI. 3, fig. 14.

La coquille, de grandeur variable, est déprimée, orbiculaire, à tours aplatis et croissant rapidement, le dernier est fort tranchant au bord extérieur, à base légèrement enfoncée et marquée de stries d’accroissement très fines, concentriques et serrées; les impressions de la surface des tours sont très nombreuses, et d’autres petites coquilles sont agglutinées à toute la surface du test.

Hab. dans le grès cénomanien de Buczak au sud de Kiew, ainsi que dans le grès calcaire crétacé de Küpingen en Scanie, dans le sable vert d’Aix-la-Chapelle, et dans le calcaire crétacé supérieur de Kunraed au duché de Limbourg.

Les individus de la Scanie et de Buczak sont petits et de la même grandeur; celui de Buczak a 6 ou plus de lignes de large et 3 ou plus de lignes de haut, les individus du Limbourg offrent une largeur de 1 à 3 pouces, et les moules sont entièrement lisses, tandis que ceux de la Scanie présentent des stries d’accroissement distinctes.

La propriété d’agglutiner de petites coquilles ou d’autres corps étrangers prouve que le test a.dû être mou lors de sa croissance, car sans cela les corps étrangers n’auraient pas pu se coller dans la substance calcaire. à

C’est le Trochus agglutinans (Lam.) v. Buca * du terrain crétacé de Buczak, et non l’espèce du bassin de Paris, qui se distingue par la coquille plus grande, à tours plus saillants et non déprimés, et aussi aplatis que ceux du Troch. onustus Nrcss. de Buczak; sur ce dernier, la surface du dernier tour est pourvue de petits enfoncements, alternant avec des élévations plus grandes et toutes lisses.

Genre CXXXIV. Solarium Lau.

Architcectonica Boten.

La coquille des Solarium est encore plus déprimée que celle des

* Murcnison, Geology of Russia I, p. 286.

Phorus, et largement ombiliquée, en sorte qu’elle fait voir les tours de spire en dedans; le bord ombilical est souvent crénelé, l’ouverture du dernier tour, arrondie ou anguleuse, est couverte d’un opercule corné. Ce genre se trouve dans les terrains crétacé et tertiaire, et vit encore dans

Esp. 1077. Solar. moniliferum Mrcx.

Micæerin, Mém. de la Soc. géol. IIT. p. 99, et LevmériEe, Mém. de la Soc. géol.

Vp 31: 1P1M6 fie td” D'Orgr6ny, Paléont. fr. Terr. crét. 1. c. p. 197. PI. 179, fig. 8—11.

Picrer, Paléont. suisse 1. c. p. 538. PI. 88, fig. 1—2.

La coquille conique est un peu plus large que longue, à tours presque plans, à côtes transverses crénelées; le dernier tour porte deux côtes, dont l’une, située vers son milieu, forme une carène assez saïllante, et l’autre, plus petite, se trouve plus bas; une troisième côte, petite et également crénelée, longe la suture et disparaît, par la croissance, dans la suture; les tours sont en outre garnis de stries transversales très fines, croisées par des stries d’accroissement. La base du dernier tour est convexe, l’ombilic assez étroit et bordé par une rangée de petits tubercules.

Hab. dans le grès vert de Badrak en Crimée, ainsi que dans le gault inférieur de Ste-Croix en Suisse.

* L’individu de Badrak est plus petit que ceux du gault de la Suisse; il n’a que 2 1. de haut, et 3 L. au bord inférieur du dernier tour. Les tours croissent rapidement et constituent un cône déprimé, à sommet aigu. L’individu ressemble complétement au petit individu de l'argile téguline ou grès vert d’'Ervy du département de l’Aube.

Esp. 1078. Solar. Martinianum d’Ors.

Paléont. fr. Terr. crét. 1. c. p. 204. PI. 181, fig. 9—14.

La coquille, très déprimée, à spire légèrement concave, est enroulée sur le même plan; les tours du moule sont plus ou moins arrondis, et le test muni de côtes transverses granuleuses, dont l’une longe lombilic, et deux, plus saillantes, le bord en dessus et en dessous des tours finement treillissées entre les côtes.

Hab. dans le grès vert ferrugineux ou gault de Kursk, ainsi que dans le gault du midi de la France, près d'Escragnolles.

L’individu de Kursk, en moule incomplet, est enroulé irrégulièrement, en sorte que le côté supérieur devient plus enfoncé que l’inférieur; les tours croissent doucement et sont presque arrondis en coupe verti-

cale: il a 1 p. 1 L. de large au dernier tour, qui à l'ouverture présente une hauteur de 3!/2 1. égale à sa largeur; le tour précédent n’a que 2 1. de haut et de large, et le troisième est encore plus grêle.

Le moule est associé dans le grès ferrugineux de Kursk à un fragment d’un moule plus épais composé d’un demi-tour, que je suppose appartenir au Pleurotomaria Saussureana Picr. et Roux du grès vert de Genève *; le fragment de Kursk présente, au dernier tour, une * largeur de 7 lignes, et une hauteur de près de 6 L.; il est par conséquent un peu déprimé.

Esp. 1079. Solar. conoideum Pror. aff.

Mollusq. foss. des environs de Genève I. c. p. 223. PI. 21, fig. 10.

La coquille conique est composée de tours presque plans, marqués sur le test de stries transverses fines, croisées par des stries d’accroissement obliques; les stries sont plus marquées près des sutures, où leurs intervalles présentent de petits tubercules; le bord inférieur du dernier tour est légèrement caréné, l'ouverture presque carrée, l’ombilic profond et large.

Hab. dans le grès vert de Baktschissaraï en Crimée, ainsi que dans le même terrain ou le gault de la Perte-du-Rhône.

Le moule, que je connaïs seul du gault de Baktschissaraï, est composé de tours qui croissent un peu rapidement; ils sont légèrement arrondis, lisses et séparés par des sutures assez profondes, l’ouverture du dernier tour est presque quadrangulaire et l’ombilic de la même largeur.

Esp. 1080. Solar. granosum d’Ors. aff.

Paléont. fr. Terr. crét. 1. c. p. 203. PI. 181, fig. 1—7. Helix laevis Puscu, Polens Paläont. 1. c. p. 94. PI. 9, fig. 7.

La coquille, orbiculaire et déprimée, est composée de tours légèrement anguleux et portant de fortes granulations en rangées obliques, l’ombilic est étroit, et l’ouverture ovale, évasée.

Hab. dans la craie marneuse de Kadzimirz sur le bord de la Vistule en Pologne, ainsi que dans le gault d’Ervy près de l’Aube.

Ce n’est qu’un moule, qui à été décrit comme Helix laevis par M. Puscx parmi beaucoup de coquilles marines, se trouvant dans la craie marneuse de Kadzimirz. M. pe Bucx l’a pris pour une Delphinule; quant à moi, je serais plutôt porté à le placer parmi les Solariu m et à

* Mollusq. fossiles des grès verts p. 239. PI. 28, fig. 1.

le rapprocher du Solarium granosum, dont le moule lui ressemble le plus. Le moule, de 7 L. de large, est composé de 3 tours, qui croissent assez rapidement, et dont les premiers sont fortement déprimés; l’ouverture est ovalaire, et l’ombilic étroit, comme celui du Solar. granosum, qui est également entouré d’un large enfoncement autour de l’ombilic.

Famille quarante-troisième.

Paludinidées voy. vol. IL p. 265.

Les coquilles des Paludinidées ou Mélaninées sont pourvues d’une spire courte, de tours croissant rapidement, et du dernier tour à ouverture arrondie et entière; l’ombilic est nul.

Genre CXXXV. Paludina Law. voy. l. c. p. 282.

Ce genre vit actuellement dans des fleuves, dans des marais et dans l’eau saumâtre des grands lacs de Baïkal, d’Aral, des mers caspienne, noire, baltique et autres, et se trouve fréquemment dans le bassin volhyno-podolien, ainsi que dans les lacs du terrain jurassique.

Esp. 1081. Palud. pura ».

PI. XXXI, fig. 4 gr. nat.

. Testa parva, tenuis, subglobosa, anfractus sensim ambitu adaucti, apertura orbiculari, umbilico clauso.

Hab. dans un schiste calcaire jurassique du fleuve Onone de la Sibérie orientale, aux environs du village de Kondouyewskaya, associé à la larve de l'Ephemeropsis trisetalis et à des poissons lacustres.

Petite coquille mince, subsphérique, à tours croissant assez doucement, le dernier tour est épais et enveloppe les précédents; les tours sont parcourus de stries d’accroissement obliques, l’ouverture entière est orbiculaire, l’ombilic nul; les sutures sont assez profondes, et la grandeur est celle du Paludina impura des marais actuels; il a 2 I. de haut, et 1!) 1. de large au dernier tour, qui est égal en hauteur aux 4 précédents.

Le Paludina Roemeri Duwx. * du wealden schisteux des environs d’Oberkirchen à une grande ressemblance avec-le Palud. pura, mais il est moins grand, et le dernier tour à une hauteur double de celle des trois tours précédents.

Le Palud. impura est de grandeur double, comparé au Palud. pura, et est plus allongé que celui-ci.

* Norddeutsch. Wealdenbildung 1. c. p. 55. PI. 10, fig. 29.

Famille quarante-quatrième.

Strombidées.

La coquille des Strombidées présente la forme de cône ou de fuseau dans le jeune âge; plus tard elle s’arrête dans son accroissement, le bord extérieur de l'ouverture s’épaissit, se dilate en aïle et se prolonge souvent en digitations; la base de la coquille se continue.en un canal,

‘accompagné d’un sinus plus ou moins distinct.

Genre CXXXVI. Pterocera La.

La coquille ovale des Pterocera a le bord extérieur de l’ouverture très dilaté et épaissi; il se divise en longues digitations, d’abord canaliculées et puis fermées; les tours forment une spire courte, fort peu saillante. Ce genre se trouve dans les terrains crétacé et tertiaire, et vit encore dans les mers actuelles,

Esp. 1082. Pteroc. Desori Prcr. Came.

D’Orgieny, Paléont. fr. Terr. crét. p. 304. PI. 212 (var. Pteroc. pelagi). Picrer, Paléont. suisse. III. 1861, p. 575. PI. 91, fig. 3—4.

Le moule épaissi est aussi large que long, la spire est composée de 4 ou 5 tours, dont le dernier est deux fois aussi grand que l’ensemble de la spire; la surface du dernier tour est garnie de 5 carènes transverses, dont les trois les plus épaisses seules sont distinctes sur le moule de la Crimée.

Hab. dans le néocomien inférieur de Tschorgono en Crimée, ainsi que dans le calcaire valangien rôux de Ste-Croix en Suisse.

La coquille ne s’est pas conservée en Crimée, on n’y a trouvé que le moule incomplet; le dernier tour a près de 2 p. de long et un peu moins que 2 p. de large, l’avant-dernier tour a 4 1. de haut et 10 I. de large. Le dernier tour ne montre que 3 carènes: la médiane est la plus épaisse, la supérieure est plus rapprochée de la suture que de la grande carène médiane, et l’inférieure est à peine marquée entre la carène médiane et la base du canal, à laquelle manque la carène plus courte qui entoure le canal basal.

L'ouverture a la même forme et la même largeur que celle du Pteroc. Desori; son bord extérieur est anguleux par la présence de trois carènes, qui le rendent échancré; le bord columellaire est lisse et arrondi; Pouverture à 9 1. de large et 2 p. de long.

Le moule est intermédiaire entre le Pteroc. Desori et le Pter. Eichwald, Lethaea rossica. . II. 59

bicarinata Desx. du gault, par suite des carènes peu accusées; celui-ci n’a pourtant que deux carènes, la troisième ou l’inférieure lui manque, tandis que celui-là présente la troisième carène également marquée, mais il manque de la quatrième, la plus inférieure du Pteroc. Desori, peutêtre par suite de l’état incomplet du moule.

Esp. 1083. Pteroc. bicarinata Desx., d'Ors.

Rostellaria bicarinata Desu. Leymérie, Mém. de la Soc. géol. V, p. 14.

PI. 17, fig. 14.

Pterocera bicarinata d’Orgieny, Paléont. fr. Terr. crét. p. 307. PI, 208,

fig. 3—5.

Agicx, Fossilien aus der Umgebung des Aralsees, voy. Mém. de l’Acad. des Sc.

de Pétersb. V. 1, p. 569. PI. 2, fig. 3.

La coquille épaisse est composée de tours convexes, légèrement carénés, et garnis de côtes transverses inégales; le dernier tour est pourvu d’une gibbosité externe en saillie, à laquelle prennent naissance Les deux carènes, qui se prolongent en deux digitations allongées; une troisième s'élève en haut, pour accompagner la spire, et se jette en arrière; le canal basal est courbé en arrière.

Hab. dans le gault de la steppe des Kirghises au sud d’Orenbourg, ainsi que dans le gault de Ste-Croix.

‘ Ce n’est qu'un individu du jeune âge qui à été trouvé dans la steppe des Kirghises; il a 1 p. 2 IL. de long et 11 1. de large; les deux carènes médianes seules au milieu du dernier tour se sont développées, et au lieu des deux autres carènes on y observe plusieurs côtes transverses, surtout sur la base du tour, dont le canal est court; les 3 tours de la spire sont également striés, à stries transverses, assez épaisses.

Le Pterocera bicarinata du quadermergel de Nagorzany est la même espèce.

Genre CXXXVII Sirombus L.

La coquille ovale est composée de tours différant plus dans le jeune âge que dans l’âge adulte; le dernier tour est très large, gibbeux, à bord . extérieur de l'ouverture dilaté, épaissi et simple, sans digitations, pourvu d’un sinus et d’un canal court à la base. Ce genre se trouve dans les terrains crétacé et tertiaire, et vit encore dans les mers actuelles.

Esp. 1084. Stromb. inornatus d'Ors. aff.

Paléont. fr. Terr. crét. p. 314. PI. 214 (sous le nom de Pterocera). La coquille renflée, globuleuse, est composée d’une spire courte à

tours peu saillants et peu larges, le dernier tour est très long, conique, s’amincissant doucement vers la base rétrécie; l’ouverture est longue et large, à bord columellaire parcouru de stries obliques, serrées.

Hab. dans le turonien d’Ossinowo, au gouvernement de Kharkow, ainsi que dans la craie chloritée inférieure de la France et des Basses- Alpes.

Le moule, que je connais seul du village d’Ossinowo, est mal con- servé et incomplet, en sorte qu’il est difficile de le caractériser; le dernier tour est conique et a quelque ressemblance avec un Conus, mais l'ouverture est trop large pour qu’on puisse Le rapporter à ce dernier genre, et la spire est formée de 2 ou 3 tours à peine saillants. Le dernier tour à 1 p. 9 1. de long et 1 p. 3 L de large au sommet élargi; l'ouverture a la même longueur, et, au milieu, une largeur de 7 L., le bord extérieur n’est pas complétement conservé. Le moule manque du sinus basal réfléchi et de l’aile rudimentaire en haut de l’ouverture, en sorte qu’il ressemble plutôt à un Conus qu'à un Strombus.

Esp. 1085. Stromb. Duboisii Mayer.

Descript. d. coq. foss. du midi de la Russie, voy. Journal de Conchyliologie par MM. Fiscuer et BERNARDI. Paris. 1857. I, p. 58.

La coquille, fusiforme et lisse, est composée de tours peu convexes, élargis, presque contigus, le dernier est fort long, cylindrique, à bord extérieur de l'ouverture épais, court, et à canal très petit et oblique.

Hab. dans le calcaire nummulitique de Simferopol.

Cette coquille est incomplète; le bord extérieur, mal conservé, ne montre pas l’échancrure qui caractérise les Strombus, et c’est peut-être

un Rostellaria. On y voit 4 ou 5 tours, séparés par une suture oblique.

Genre CXXXVIII. Rostellaria Law.

Alaria Lvc. Morr.

La coquille turriculée est allongée et pointue, le dernier tour élargi, ailé et à digitations, l’ouverture se termine en un canal basal, et en haut en un rostre mince allongé et contigu à la spire. Ce genre se trouve dans les terrains jurassique, crétacé, tertiaire, et vit encore dans les mers actuelles.

Esp. 1086. Rostell. Lorieri d’OrB. sp.

Pterocera Lorieri d'Ors., Prodr. de Paléont. strat. vol. I, p. 270. Rostellaria tri fida (Pæz.) Eur. Desconcca., Mém. de la Soc. Linnéenne de Normandie vol. 7, p. 171.

Alaria Lorieri d’Ors., Paléont. fr. Terr. jur. Livr. 5ième, Paris 1864, p. 32. PI. 2, fig. 12—14. PI. 3, fig. 11—14. PI. 4, fig. 1—3. PL 6, Bg. 2 —7.

Rostellaria trifida (Par.) Rourr., Bull. de Mosc. 1846. PI. C, fig. 7, et 1847. II. p. 404.

La coquille turriculée, fusiforme, est composée de 9 tours: les premiers sont lisses et convexes, les suivants anguleux, transversalement striés et carénés vers le milieu, le dernier est muni de 2 carènes, qui se prolongent en digitations triangulaires à l'extérieur, et en gouttières à l’intérieur ; la surface, du dernier tour est couverte, comme celle des tours précédents, de stries transverses.

Hab. dans le terrain jurassique de l’oxfordien inférieur de Nigranden en Lithuanie, et de l'argile jurassique de l’oxfordien supérieur de Goliowo, et entre Mnewniki et Schelepikha aux environs de Moscou, ainsi que dans l'étage bathonien et bajocien de Bayeux et de Niort en France.

La coquille, offrant plusieurs variétés, se caractérise par trois digitations allongées au dernier tour, dont la supérieure, légèrement courbée, est la plus courte; la médiane également courbée, la plus longue et renflée à l’extrémité ; la troisième, infléchie du côté opposé, forme le canal basal de louverture, laquelle est presque quadrangulaire. La grandeur des individus de Nigranden est la même que celle des individus de la France.

* Les tours de la spire sont pourvus d’une seconde carène, inférieure à la médiane, contiguë à la suture, et par là peu distincte sur le tour lui-même.

Esp. 1087. Rostell. Keyserlingi d'Or. sp.

Rostellaria bispinosa (Prirr.) KeyserunG, Petschorareise |. c. p. 317. PI. 18, fig. 17.

Pterocera Keyserlingi d'Orgrenv, Prodrome de Paléont. stratigr. 1. c. I, p. 356.

La coquille fusiforme est composée de tours convexes, offrant une carène médiane et le dernier tour également convexe et caréné, à ouverture étroite et allongée; cette ouverture se prolonge en une digitation allongée et falciforme, et la base de louverture en un canal droit très long.

Hab. dans le calcaire néocomien sur la rivière Ssyssola, près du village de Wotscha au pays de la Petschora.

La spire se caractérise par les tours arrondis et garnis de la carène médiane, au dessus et en dessous de laquelle la surface est parcourue de stries transverses serrées; le bord extérieur de l’ouverture se prolonge en

une digitation étroite, allongée et courbée en faux aiguë vers la spire, ornement qui ne se trouve pas sur le Rostell. bispinosa PæzLc. du calcareous grit du Yorkshire, et dont le dernier tour grossit plus rapidement en largeur que les tours précédents; les carènes des tours de celui-ci ne sont pas situées sur leur milieu, comme dans le Rostell: Ke yserlingi, mais se trouvent plus rapprochées du bord inférieur des tours.

L’individu du nord de la Russie a 1 p. 11. de long, mesuré jusqu’au bout du canal basal; le dernier tour a 3!)2 1. de large et paraît avoir une seconde carène, située en dessous de la carène médiane.

Esp. 1088. Rostell. macrostoma Sow. Frrr.

L. v. Bucu, voy. Zeitschr. d. deutsch. geol. Gesellsch. Bd. 3, Heft 1, p. 27.

Coquille fusiforme, à tours convexes carénés; le dernier tour est pourvu de deux digitations divergentes, à carène tranchante; les tours précédents ne montrent que la carène supérieure au milieu de leur surface, l’inférieure est couverte des tours suivants.

Hab. dans le grès néocomien inférieur dans des géodes du Tourtschi-Dagh au Caucase.

Les tours sont parcourus finement de 5 stries, situées entre les deux carènes; 5 autres se voient entre la carène supérieure et la suture.

Je ne connais pas cette espèce par autopsie.

Esp. 1089. Rostell. carinella d'Ors.

Paléont. fr. Terr. crét. IL, p. 287. PI. 207, fig. 7—8.

La coquille conique est composée de tours tantôt lisses, tantôt striés, à stries transversales serrées, et pourvus d’une carène rapprochée du bord inférieur, le dernier tour est pourvu de deux carènes, dont la supérieure est plus forte que l’inférieure; il se prolonge en une digitation droite et allongée; la base du dernier tour se continue en un canal assez large, droit et court. Ce tour est strié, à stries transversales, comme les précédents; les stries sont croisées par des stries obliques d’accroissement.

Hab. dans le calcaire grisâtre compacte, appartenant au gault, sur la rivière Outessouyouk aux environs d’Iletzkaya, dans le calcaire compacte chlorité de l’île St. Nicolas de la mer d’Aral, dans le gault ferrugineux de Kursk, ainsi que dans le gault du bassin parisien.

L’individu de l’Outessouyouk de ma collection est incomplet, les premiers tours sont lisses, il y en a 4 ou 5, mais on observe déjà des stries transverses sous l’épiderme lisse, qui, à ce qu’il paraît, se perd entièrement sur le dernier tour et le fait apparaître strié transversale-

ment, les stries cependant sont croisées par des stries d’accroissement bien marquées, lesquelles caractérisent également le Rostell. carinella du gault de France et ne se trouvent pas sur le Rostell. Lorieri jurassique. L’individu de l’Outessouyouk est en outre pourvu de deux courtes et larges digitations toutes droites, qui sont de la même forme chez le Rost. carinella typique d'Ors.; ce n’est pas le Rostell. carinella Prior. et Roux du gault de Saxonet, que M. Prcrer rapporte maintenant au genre Apporhaïs, sous le nom de Apporh. o btusa.

Il paraît que le fossile décrit sous le nom de Pterocera sp. du gault ferrugineux de Kursk*, n’est qu’un moule du Rostell. carinella, avec lequel l'individu très incomplet a du moins la plus grande ressemblance.

Esp. 1090. Rostell. incerta Lor. Lorioz, Animaux invertébr. foss. du mont Salève. I. c. p.45. PI. 4, fig. 11—12.

La coquille allongée est composée de tours convexes, croissant assez rapidement et munis de tubercules oblongs et espacés, la surface des tours est en outre finement parcourue de stries transverses très rapprochées et croisées par de semblables stries longitudinales; l'ouverture est oblongue, le bord columellaire évasé au milieu, et le bord extérieur pourvu d’un bourrelet. ù

‘ Hab. dans le néocomien ferrugineux de Biassala en Crimée, ainsi que dans le grès vert du mont Salève près de Genève.

L’individu de Biassala est incomplétement conservé, comme celui du mont Salève; on remarque cependant très bien les tubercules allongés qui ornent les tours; les stries fines transverses ne sont pas exprimées sur le Rostell. incerta du mont Salève, et il se peut que l'individu de la Crimée appartienne à une espèce voisine.

Esp. 1091. Rostell. pyrenaica d'Ors.

Paléont. fr. Terr. crét. IE, p. 295. PI. 210, fig. 3.

La coquille allongée est composée de tours convexes, garnis de légères côtes longitudinales flexueuses et croisées par des stries fines transversales; les côtes, plus grosses sur les côtés, y forment des varices; le bord extérieur de l'ouverture est dilaté dans le haut en un long appendice, qui se prolonge jusqu’au sommet de la coquille.

Hab. dans la craie chloritée de Baktschissaraï et de Simferopol en Crimée, ainsi que près de Bains-de-Rennes dans le département de l’Aube.

* E. Hormann, Monographie d. Verst. v. Kursk 1. e. p. 57. PI. 16, fig. 5.

L’individu en moule de la Crimée est incomplet et composé de 4 tours, qui ont une longueur de 1 p. 8 L, le dernier tour offre une largeur de 9 1. et une longueur de 1 p. Il est bombé et montre distinctement les impressions de côtes longitudinales, dont il existe aussi quelques traces sur l’avant-dernier tour. Les tours en général sont plus convexes que ceux du Rostellaria inornata d'Ors. de la craie de Rouen; ils sont à peine convexes et très finement striés, sans montrer les côtes longitudinales du Rost. pyrenaica de la Crimée, qui n’est pas aussi élancé que celui-là.

Esp. 1092. Rostell. coarctata Gen.

Gernirz , Characteristik d. Kreide 1. c. p.71. PI. 18, fig. 10. Reuss, Kreide v. Bühm. IL. c. p. 44. PI. 9, fig. 1.

La coquille fusiforme, à spire courte, est composée de 7 tours peu convexes et garnis de plis longitudinaux, qui se continuent en stries sur le dernier tour ailé; ce tour est plus long que la spire et dilaté en une aile large, qui est évasée en haut et échancrée en bas, à canal court et aigu.

Hab. dans le calcaire crétacé noïrâtre à une petite distance du fleuve Jénisséi, à 300 verstes au nord de Touroukhansk dans la Sibérie septentrionale, ainsi que dans le plänermerge]l de Luschütz en Bohème.

La coquille en moule de la Sibérie à 6 1. de long, et, mesurée au travers de l’aile, 3!}2 1. de large; les tours sont peu convexes, lisses sur le moule et séparés par de profondes sutures; le dernier tour est légèrement convexe et se prolonge en un canal pointu et court; l'aile élargie est échancrée, et son bord antérieur, un peu oblique, se continue en haut en une petite digitation, offrant une échancrure large et superficielle, qui s’élève à la spire, où le bord supérieur de l'aile offre une petite impression, paraissant provenir d’une seconde digitation rudimentaire de laile.

Esp. 1093. Rostell. acutirostris Puson.

Polens Palaeont. 1. c. p. 128. PI. XL, fig. 14.

La coquille, fusiforme, turriculée, est composée de 6 tours légèrement convexes et plissés, à plis longitudinaux nombreux; le bord extérieur est muni de deux digitations; le canal est court et aigu.

Hab. dans la marne crétacée de Kadzimirz, et près d'Udriza aux environs de Zamosc au royaume de Pologne.

L’individu est incomplet et mal décrit; le bord extérieur de l’ouverture du dernier tour est muni de deux pointes en digitations, la sur-

face du tour est presque lisse et dépourvue de carènes transverses (selon

la fig. 14 citée); le canal est plus long et plus pointu. C’est une espèce douteuse.

Esp. 1094. Rostell. Grasiana Picr. Roux.

Grès vert de Genève I. c. p. 255. PI. 27, fig. 1.

La coquille, peu allongée, est composée de tours convexes, garnis, de stries transverses régulières et de petites côtes longitudinales atténuées à leurs extrémités, le dernier tour est égal à l’ensemble des tours; l'ouverture est ovale, et la base se prolonge en un canal court, échancré au bord columellaire.

Hab dans le cénomanien de Buczak au sud de Kiew, réuni au Turritella biserialis, ainsi que dans le grès vert de la Perte-du- Rhône.

La coquille de Buczak a 7 1. de long et 3 L. de large au dernier tour, qui à 31) 1. de haut. Les tours, peu convexes, sont parcourus de stries transversales très régulières, au nombre de 6 ou 7 sur chaque tour; les premiers tours montrent, sur l'échantillon roulé de Kiew, les côtes longitudinales moins distinctes. Les sutures sont assez profondes. Le dernier tour, bombé, se prolonge en un canal basal réfléchi, et offre le bord columellaire profondément échancré. Un, moule extérieur de la même espèce est marqué de côtes longitudinales flexueuses très distinctes, et de stries transverses, croisées par les côtes.

Cette espèce a de grands rapports avec le Rostell. varicosa d'Ors. * du grès de la craie chloritée des Cassis aux environs des Bouches-du-Rhône, qui s’en distingue par sa forme un peu plus allongée et par les côtes longitudinales, croisées de stries plus nombreuses; au reste les deux espèces sont presque identiques.

Esp. 1095. Rostell emarginulata Gen.

Quadersandsteingebirge. Freiberg 1849, p. 136. PI. 9, fig. 7 à 9.

La coquille fusiforme est composée de tours convexes, ornés de côtes longitudinales serrées, et séparés par des sutures obliques ; le dernier tour est presque lisse, dilaté en une aile, qui est échancrée en haut

et en bas et pourvue d’un canal pointu allongé. Les côtes sont à peine marquées sur le dernier tour.

* Paléont. fr. Terr. crét. 1, c. p. 297. PI, 210, fig. 6—7.

Hab. dans le cénomanien de Buezak au midi de Kiew, ainsi que dans le quadersandstein supérieur de Nagorzany en Bohème.

L’individu de Buezak est changé en calcaire cristallin compacte; les tours sont garnis, les premiers de côtes longitudinales, et le dernier de stries également peu visibles, longitudinales; l'individu de Nagorzany, comparé à celui de Buczak, est de grandeur double.

Esp. 1096. Rostell. Parkinsoni Sow.

Min. conch. I. c. PL 558, fig. 5 (exclusis aliis). Rostellaria Reussii Gæmirz, Characteristik 1. c. p. 71. PI. 18, fig. 1. Reuss, Verstein. Bühm. p. 46. PI. 9, fig. 9.

Rostell. Parkinsonii Picrer, Grès vert de Genève I. c. p. 251. PI. 24, £. 5.

La coquille conique, allongée, est composée de tours presque plans, peu infléchis vers les sutures et garnis de stries transversales concentriques nombreuses et de rares tubercules allongés, obliques et inégaux; ouverture ovale se prolonge en un canal long et étroit.

Hab. dans le calcaire turonien d’Ossinowo du gouvernement de Kharkow, et de Buczak au sud de Kiew, ainsi que dans le plänermergel de Luschütz et le plänerkalk supérieur de Kutschline; enfin dans le quadersandstein inférieur de Tyssa et dans le grès vert de Genève.

La coquille est composée de tours striés, les stries transverses sont inégales, très serrées et nombreuses, principalement sur le dernier tour, qui dans le moule extérieur d'Ossinowo à 6 1. de large, tandis que l’avant-dernier tour n’a que 4 L. de large; elle est ornée de stries transverses, et de côtes longitudinales qui les croisent sous un angle droit. L’individu de Buczak se trouve en moule intérieur plus petit.

Esp. 1097. Rostell. subulata Reuss.

Bôhm. Kreide |. c. p. 46. PI. 9, fig. 8.

La coquille, petite et turriculée, est composée de 5 ou 6 tours convexes, dont le dernier est un peu plus long que la spire totale; les tours croissent assez rapidement, par suite la spire est courte, à sommet obtus ; leur surface est garnie de côtes longitudinales courbées et serrées, qui, sur des individus bien conservés, sont croisées par des stries transverses très fines: les deux digitations très étroites du dernier tour sont rarement conservées.

Hab. dans le cénomanien de Buczak près de Kiew, ainsi que dans le plänermergel de Priesen en Bohème.

Le petit individu de Buczak n’a que 5 1. de long, et 2 I. de large

au dernier tour. Les tours convexes sont séparés par de profondes sutures, et leur surface est marquée de côtes obliques et légèrement cour-

bées.

Esp. 1098. Rostell. polita ».

PI. XXXI, fig. 5 gr. nat.

an Rostellaria Parkinsoni Reuss (non Sow.), Bôhm. Kreide I. ec. p. 46.

Testa turrita, spirae anfractus 6—8 plani, ambitu celeriter increscentes, ultimo maximo reliquos omnes altitudine excedente, superficie laevissima splendente; margine aperturae externo nondum observato.

Hab. dans le calcaire cénomanien d’Ossinowo aux environs de Kharkow, ainsi que dans le plänermergel de Luschütz et de Priesen en Bohème.

La coquille, petite et turriculée, est composée de 6 à 8 tours à peine convexes, presque plans et séparés par des sutures assez profondes et obliques; les tours croissent assez rapidement et sont, quand le test est bien conservé, entièrement lisses et brillants. Le dernier tour de lPindividu cité de Bohème est convexe et orné d’une digitation élargie médiane au bord extérieur de l'ouverture, d’un canal allongé et pointu à la base, et d’une autre digitation étroite et pointue, qui monte vers le sommet de la spire et est fixée aux tours.

L’individu d'Ossinowo à 7 L. de long, et 3!/2 L de large au dernier tour. Le dernier tour de l'individu de Bohème est marqué de quelques côtes longitudinales légères, que je ne vois pas sur l'individu d’Ossinowo, qui manque même du dernier tour. M. Reuss 1. c. l’a pris pour le Rostellaria Parkinsoni ManrT., mais celui-ci porte des côtes long'itudiuales sur tous les tours, et l’aile présente en haut et en bas de profondes échancrures, qu’on ne remarque pas sur l'individu de Bohème.

Esp. 1099. Rostell Orbignyana Prcr. Roux.

Grès vert de Genève I. c. p. 249. PI. 24, fig. 4. Rostellaria Parkinsoni d’Ors. (non Sow.), Paléont. fr. Terr. crét. IE, p. 288. PI. 208, fig. 1—2.

La coquille allongée est composée de tours convexes, ornés de côtes longitudinales tuberculeuses, croisées par de fines stries transverses; le dernier tour perd ses côtes en dessous, et présente en dessus deux carènes transverses, bien distinctes, même sur le moule.

Tab. dans le calcaire cénomanien d’Ossinowo aux environs de Kharkow, ainsi que dans le grès vert de la Perte-du-Rhône.

L’individu en moule d’Ossinowo a 9 1. de long, et 4 1. de large au dernier tour; il est marqué sur ce tour des deux carènes, qui persistent après qu'il a perdu les côtes; les tours précédents sont légèrement convexes et montrent sur leur surface les traces des côtes. L’aile ne s’est pas conservée. |

Cette espèce est rangée maintenant par M. Prcrer dans les Aporrhaïis.

Esp. 1100. Rostell. Itieriana d'Ors. aff.

Paléont. fr. Terr. crét. I. c. II, p. 298.

Picrer, Mollusq. foss. des grès verts de Genève I. c. p. 260. PI. 25, fig. 9.

La coquille est fusiforme, allongée, à tours croissant doucement, arrondis et lisses, le dernier tour se prolonge en un long canal, est plus bombé que les tours précédents, qui forment une spire élancée et aiguë; les sutures sont déprimées, peu accusées.

Hab. dans le calcaire cénomanien de Buczak au midi de Kiew, où il est associé au Fusus glaberrimus, ainsi que dans le grès vert de la Perte-du-Rhône.

Le moule de Buezak a 1 p. 6 L. de long, le dernier tour est de 5 L. de large; il à 9 1. de long et présente par là la longueur de l’ensemble des tours de la spire, qui, composés de 7 tours, se terminent en une pointe aiguë; l’avant-dernier tour a 2 1. de haut, et au delà de 3 L de large; les précédents deviennent de plus en plus bas, etle premier n’a que 21]. de haut. Le moule extérieur du test montre des sutures à peine apparentes, déprimées; la surface est lisse, sans carènes ni tubercules; le canal allongé atteint jusqu’à 4 L., et se termine en pointe.

Esp. 1101. Rostell. anserina Nisss. af.

Petrific. suec. 1. c. p. 13. PI. 3, fig. 6.

Coquille fusiforme, turriculée; les six tours sont arrondis et croissent doucement, le dernier est convexe, à trois carènes moyennes, dont chacune se prolonge en pointe, une quatrième carène remonte en haut et se trouve fixée à la spire; le canal basal est allongé.

Hab. dans l'argile néocomienne de Bessonow près de Ssimbirsk, ainsi que dans le grès vert de Küpingen en Suède et dans le quader inférieur de Kislingswalde.

L’aile est dilatée et munie de quatre carènes divergentes prolongées en pointes, les interstices des carènes sont occupés par des côtes transverses et rapprochées.

L’individu n’est pas bien conservé, et son identité reste donc douteuse.

Esp. 1102. Rostell. aralensis m.

Rostellaria fissurella (Lam.) Agicu, Beitr, zur Paläont. des asiat. Russl., voy. Mém. de l’Acad. des Sc. de St. Pétersb. T. IX, part. I, p.556. PI. II, fig. 6.

Testa parva turrita, anfractus sensim ambitu increscentes, costati, costae planae transversim interstitiis latiores, margine superiore anfractuum leniter prosiliente, ultimo anfractu antecedentes simul sumptos vix excederte, basi transversim sulcata et in rostellum acutum excurrente, utroque margine aperturae ultimi anfractus calloso, in canalem digitiformem sursum adscendente. |

Hab. dans le calcaire compacte chlorité de l’étage crétacé supérieur à l’île St. Nicolas du d’Aral.

La coquille, petite et turricylée , est composée de tours plus larges que hauts, qui croissent doucement et sont ornés de côtes longitudinales, aplaties, presque droites et lisses; elles sont plus larges que leurs interstices, qui sont pourvus de côtes transverses, ne croisant les côtes longitudinales que près de la base du dernier tour. Les côtes longitudinales de ce tour ne descendent pas jusqu’à sa base, mais cessent à une grande distance du bord inférieur, qui est strié transversalement, à stries grosses et serrées, ne laissant presque pas d’interstices entre elles. Le bord supérieur des tours est légèrement saiïllant, et par suite la suture est assez profonde, et oblique. L’ouverture est ovalaire, les deux bords sont calleux et se prolong'ent vers le haut en un canal digitiforme, qui remonte jusqu'aux premiers tours; la base de l’ouverture est largement échancrée à côté du canal basal rostelliforme.

Je ne possède qu’un individu incomplet de 6 1. de long, et de 3 I. de large au dernier tour; l'individu figuré par M. Agrcu L c. est plus grand: il a 10 I. de long, et est également plus petit que le Rostellaria fissurella Law., figuré par M. Desuaves * du bassin éocène de Paris; cette espèce se distingue en outre par ses tours plissés et non pourvus de côtes. Les plis des tours sont tranchants et moins larges que les interstices, qui sont munis de plis transverses. Les plis descendent au dernier tour jusqu’à sa base et ne cessent pas à une grande distance du bord inférieur, occupée dans le Rostellaria aralensis par des

* Coquilles fossiles de Paris L. c. p. 622 PI 83, fig. 2—4, et PI. 84, fig. o—6.

rm

côtes transverses. Le canal, formé par les deux bords calleux de l’ouverture, est un peu plus large, plus ouvert dans le Rostellaria aralensis que dans le Rostell. fissurella, qui est d’ailleurs de grandeur double. M. Desxayes indique 12 ou 13 tours plissés sur l’individu de

Paris, celui du lac d’Aral n’a que la moitié de ce nombre, et mon indi-

vidu incomplet ne montre, sur une longueur totale de la coquille de 6 lignes, que 4 tours, dont le dernier à lui seul est aussi long que les trois

précédents réunis; sa spire est par conséquent plus courte que celle du

Rostell. fissurella; en général du reste, la forme de la coquille est bien différente.

M. ne Bucx * mentionne le Rostell. fissurella Lam. de Grignon et de Londres, comme se trouvant à Buczak, au midi de Kiew, dans un calcaire plus ancien, que je suppose être du cénomanien; je ne connais de Buczak que je Rostell. Itieriana en moule.

Esp. 1103. Rostell. eximia ».

Rostellaria macroptera (Lam.) Agicn, Zur Palaeont. d. asiat, Russl., voy. Mém. de Acad. des Sc. de Pétersb, IX. 1, p. 554. PI. 1, fig. 3. PI 3, fig. 1.

Testa maxima, anfractus ambitu satis celeriter increscentes, basi incrassata canalem rectum excurrente, ala maxima utrinque coarctata, appendice digitiformi angusto, spirae affixo, ad summitatem usque excurrente.

Hab. dans le calcaire chlorité du lac d’Aral, considéré par M. Agrca comme un terrain tertiaire. à

Cette coquille est caractérisée par sa grandeur et la largeur du dernier tour, qui se prolonge en un canal basal allongé tout droit; les autres tours sont également élargis e6 diminuent assez rapidement jusqu’au premier, qui semble manquer. La surface des tours est lisse et marquée, du côté de la grande aile, d’un appendice étroit digitiforme, qui se fixe aux tours de la spire. L’aïle n’est pas complète; elle est large et atteint toute la longueur de la coquille, comme celle du Rostellaria macroptera Lam. du bassin éocène de Paris, où elle dépasse même en un large lobe arrondi le sommet de la spire rétrécie et arrondie, qui ne grossit pas aussi rapidement que celle du Rostell. eximia. Un autre caractère que l’on remarque sur le Rostell. macroptera, est que la plus grande largeur se trouve au milieu de la coquille et non vers la

* Murcrison, Geology of Russia 1. c. I, p. 286.

base, comme dans le Rostell. eximia; le canal basal de ce dernier est en outre droit et non courbé, comme celui du Rostell. macroptera.

La coquille de PAral a 7 p. 4 L. de long, et 4 p. 6 I. de large, mesurée au milieu, le dernier tour offre une largeur de 3 p.; le Rostell. macroptera à 6 p. 9 1. de long, il n’atteint pas 4 p. de large, mesuré au milieu de la coquille; le dernier tour n’a que 1 p. 101. de large, mesuré au milieu; la coquille se rétrécit également vers les deux extrémités, et devient par là complétement fusiforme.

Genre CXXXIX. Aporrhais da Cosra.

Chenopus PuiLippr.

Coquille turriculée, à aile assez étendue et à canal antérieur très variable; l’aile est tantôt digitée, chaque digitation correspondant à une côte du dernier tour, tantôt elle est peu découpée et terminée latéralement par une pointe dirigée en arrière; les grosses côtes manquent, et le canal est court et non allongé, comme dans la section des espèces à laquelle appartient l'Aporrh. pes pelecani. Ce genre se trouve dans les terrains jurassique, crétacé et tertiaire, et vit encore dans les mers actuelles.

Esp. 1104. Aporrh. aralensis m.

Chenopus (Rostellaria) Sowerbyi(Philippi) Asicx, Tertiäre Muscheln d. Aral I. c. p. 557. PI. 2, fig. 1.

Rostellaria Parkinsoni Sow. IV, p. 69. PI. 349, fig. 1—5.

Testa turrita, alata, anfractus perpauci, 5 —6, convexi, celeriter ambitu increscentes, transversim striati et longitudinaliter costati, ultimo anfractu tricarinato, suprema et insequente carinis tuberculatis, infima simplici; margine aperturae alato, tridigitato, impresso et sulco longitudinali ab anfractu ipso diviso.

Hab. dans le calcaire chlorité de l’île St. Nicolas du lac d’Aral.

La coquille turriculée, aïlée, offre 5 ou 6 tours arrondis et croissant

assez rapidement, dont la surface est striée transversalement, à stries croisées par des côtes longitudinales légèrement infléchies; le dernier “tour est plus bombé et pourvu de trois carènes, dont la supérieure est garnie de tubercules en côtes allongées, eb la moyenne de quelques tubercules à côté du bord columellaire; la carène inférieure est simple; les stries transversales entre les deux carènes inférieures et la base du dernier tour sont inégales, des stries fines alternent avec de grosses.

Les carènes cessent brusquement au bord extérieur de l’ouverture,

et on remarque un profond sillon marginal, qui longe l’aïle étroite à trois digitations, dont la moyenne est la plus large et marquée de la continuation de la carène suprême à côtes tuberculeuses; l’inférieure est moins large, à carène rudimentaire et séparée de la digitation moyenne par une . échancrure arrondie. La supérieure est courte et plus pointue que les deux autres digitations, et remonte jusqu’au second tour, au dessus du dernier; il est fixé aux deux tours et marqué également du sillon marginal de l’aile.

L’individu à 8 1. de long, et le dernier tour à 4 1. de large, sans compter l’aile courte, avec laquelle il à 51/4 1. de large; il a 41. de haut.

Cette espèce se distingue du Rostell. Sowerbyi Pare. par l’aile plus étroite et par un enfoncement en long sillon marginal, qui le sépare du dernier tour; elle diffère également par la digitation supérieure, qui longe l’avant-dernier tour, rémonte plus haut que sur le Rostellaria Sowerbyi, mais pas aussi haut que sur le Rostell alata ». du bassin volhyno-podolien; par là ce dernier se distingue du Rostell. pes pelecani vivant et fossile du bassin de Vienne; la spire du RostelL alata est plus longue que celle du Rostell. pes pelecani, dont la seconde carène du dernier tour se prolonge en une digitation plus aiguë, eb le canal basal en une pointe droite et non infléchie, comme le canal du Rostell. alata; la troisième carène de celui-ci est à peine marquée, tandis qu’elle se prolonge également en un petit lobe sur le Rostell. pes pelecani. Le dernier tour du Rostell. ala &a est pourvu d’un enfoncement vers le bord extérieur, qui est fortement épaissi en dessous de la seconde carène, dans lequel se perd la troisième carène à peine marquée de celui-ci, qui par là indique légèrement le sillon marginal de lAporrh. aralensis.

Esp. 1105. Aporrbh. obtusa Picr. Came.

Rostell. carinella Picr. et Roux (non d’Or8.), Paléont. suisse I. c. p. 610. PL 93, fig. 9—13.

La coquille est conique, à spire courte, obtuse; les tours sont convexes, marqués de côtes longitudinales un peu obliques et à peine apparentes sur le moule; le dernier tour est garni de deux carènes: la supérieure, plus grosse que l’inférieure, se prolonge dans la pointe de l’aile.

Hab. dans le grès vert ou gault d'Antipowka près du Volga, ainsi que dans le gault inférieur du Saxonet et de la Perte-du-Rhône.

Je ne possède que les trois derniers tours en moule de la coquille d'Antipowka, et je les rapporte à cette espèce à cause de leurs tours con-

vexes, arrondis et pourvus, même sur le moule, de quelques traces des côtes longitudinales; les tours croissent rapidement, et le sommet du premier tour était obtus. Les trois tours en fragments ont une longueur de 3!}2 1, et le dernier d’entre eux a une largeur de 3 lignes.

Esp. 1106. Aporrh. bicornis Prer. Camp.

Paléont. suisse I. c. p. 613. PI. 94, fig. 8—9.

La coquille, en moule, peu allongée et conique, est composée de tours convexes, croissant assez rapidement et séparés par des sutures profondes; le dernier tour est parcouru de stries transverses serrées et pourvu de deux carènes parallèles, aiguës, simples et séparées par un enfoncement bien distinct près du bord extérieur de l'ouverture.

Hab. dans le calcaire chlorité du gault supérieur d’une île du lac d'Aral, ainsi que dans le gault supérieur de Ste-Croix.

Je ne connais qu'un moule à petits fragments du test, strié sur la base du dernier tour, n’offrant aucune trace des deux carènes; l’individu, composé de 4 tours, à 4 1. de long et 2 L et plus de large au dernier tour; il est un peu plus petit que l'individu de Ste-Croix, mais est du reste entièrement identique avec lui.

Esp. 1107. Aporrh. parallela ».

\ PI. XXXI, fig. 6 gr. nat.

Testa turrita, elongata, anfractus ambitu sensim increscentes, costati, costis 5 pluribusve transversis obtusis, media costa prominula paullo majore reliquis, interstitiis costarum subtiliter striatis, striis 4 pluribusve, costarum instar, parallelis, ultimo anfractu magno in appendicem digitiformem spiraeque affixum adscendente.

Hab. dans la craie chloritée de Badrak en Crimée.

La coquille, en moule, turriculée et allongée, a 4 ou un plus grand nombre de tours convexes, grossissant doucement, et ornés de côtes transverses obtuses et espacées; les côtes moyennes sont plus saïillantes que les autres, et les interstices parcourus de 4 ou 5 stries fines, et parallèles entre elles. Les sutures sont profondes et légèrement obliques. Le dernier tour est plus grand que l’avant-dernier, et marqué d’une côte moyenne un peu plus épaisse que les autres, et parcourue comme celles-ci de stries très fines transverses. (Ce dernier tour est muni de 10 côtes, dont les supérieures sont plus épaisses que les basales, qui entourent en stries le canal court de l’ouverture. Le bord extérieur de l’ouverture se prolonge en un appendice digitiforme, qui se fixe à l’avant-dernier tour.

Le moule, composé de 4 tours, a 1 p. 6 I. de long et 1 p. de large au dernier tour à aile en fragment.

Cette espèce a une grande ressemblance avec l’Aporrh. cingulata Prier. Roux * du gault de la Perte-du-Rhône et de Folkestone en Angleterre; les tours sont cependant garnis de 4 carènes simples, dont

deux plus fortes sont rapprochées du milieu, comme ïies tours de VAporrh. parallela, mais le dernier tour se prolonge en un appendice digitiforme fort étroit et courbé vers la base du tour, au lieu de remonter en haut, comme sur l’'Aporrh. parallela, qui est en outre plus grand.

Esp. 1108. Aporrh. orientalis ».

Melania fragilis (Law.) Asica, Palaeont. d. asiat. Russl. Mém. de l’Acad. des Sc. de St. Pétersbourg IX. 1, p. 561. PI. 4, fig. 4.

Testa fusiformis, parva, anfractus ambitu sensim increscentes, subconvexi, costati, costis longitudinalibus approximatis, sutura profunda divisis, aperbura ultimi anfractus ovato-oblonga, superne acuta, inferne rotundato-dilatata, margine externo aperturae incompleto ?

Hab. dans le terrain nummulitique du lac d’Aral.

Cette petite coquille est fusiforme, à tours qui, grossissant doucement, sont convexes, plus hauts que larges, le dernier est presque de la longueur double des précédents, et les tours en général sont plissés, à côtes longitudinales très rapprochées. Le dernier tour est pourvu d’une ouverture ovalaire, allongée, à bord supérieur aigu, et à inférieur arrondi à la base et élargi. Le bord extérieur de l’ouverture est tranchant, incomplet et dépourvu de l'aile; c’est pourquoi j'ai rapproché cette espèce du genre Aporrhaïis, car ce n’est pas le Melania fragilis Lam. du terrain éocène * de Grignon, qui n’a que 2 1. de long, et est orné de plis flexueux et non de côtes longitudinales, comme l’Aporrh. aralensis.

Famille quarante-cinquième.

Muricidées.

La coquille enroulée des Muricidées a l'ouverture pourvue d’un canal long, droit ou un peu arqué, en sorte que les Fusidées, selon M. Prerer, y appartiennent également; la coquille est tantôt sans varices et à ouverture simple, comme celle des Fusus, Pirula, Pleurotoma,

*# Paléont. suisse |. c. p. 618. PI. 94, fig. 10—11. ** Desnayes, Moll. foss. de Paris 1. c. p. 142. PI. 13, fig. 6—7. Eichwald, Lethaea rossica. IL. 60

tantôt sans varices, à plis columellaires, comme celle des Fasciolaria et des Turbinella, tantôt enfin elle est munie de varices, comme les Murex et les Tritonium. -

Genre CXL. Fusus Bruc.

La coquille fusiforme a l'ouverture entourée du bord extérieur simple, entier, sans bourrelet, et le bord columellaire sans plis. Ce genre se trouve dans les terrains jurassique, crétacé, tertiaire, et vit encore dans les mers actuelles.

Esp. 1109. Fus. formosus ».

PI. XXXL, fig. 7 gr. nat.

Fusus minutus (Rô.) Rouz., Bull. de Mosc. I. c. 1849. IT, p. 377, et Bull. Mosc. 1849, II. PI. L, fig. 94.

Testa parva, fusiformi, anfractus satis celeriter adaucti ambitu, costati, costis prosilientibus superne in spinam productis, interstitiis costarum transversim striatis, apertura obliqua, inferne in canalem acutum excurrente.

Hab. dans le grès néocomien noirâtre, superposé à l'argile noire jurassique de Goliowo aux environs de Moscou.

La coquille fusiforme est composée de tours croissant assez rapidement, ornés de côtes longitudinales et espacées, au nombre de 12 à 14 sur chacun de tours, les côtes sont saïllantes, légèrement comprimées et terminées près des sutures en une pointe émoussée, comme dans les Murex. Les interstices entre les côtes sont parcourus de stries transverses très fines et peu apparentes.

La spire est composée de 5 tours, le 6ième ou dernier est plus large et plus bombé que les précédents; ils grossissent assez rapidement et sont séparés par de profondes sutures. L'ouverture est allongée, oblique, plus large en haut et rétrécie à la base, où elle se continue en un canal court, légèrement courbé de côté. Le bord extérieur est épaissi, parce que la côté longitudmale s’y fixe, la moitié inférieure lisse du bord extérieur est plus mince que la supérieure, qui est épaissie, les côtes ne descendent pas jusqu’en bas et laissent la base du dernier tour libre. Le bord columellaire est pourvu de 3 plis très légers, à peine apparents, en sorte que cette espèce semble ménager la transition aux Murex. Elle a 5 L. de haut et le dernier tour 3 1. de large; celui-ci a 31/2 L. de long, et est par conséquent plus long que l’ensemble des tours.

Les stries transversales entre les côtes sont le plus marquées près

des sutures, où les côtes se continuent en une pointe émoussée; les stries disparaissent plus bas, et le dernier tour est marqué de quelques stries longitudinales, qui descendent jusqu’à la base pointue.

Cette espèce offre de l’affinité avec le Fusus Dupinianus d'Ors.*, du grès du gault d’Ervy au département de l’Aube, qui cependant s’en distingue par des carènes transversales, entre lesquelles on remarque une strie fine transversale; les côtes longitudinales sont également pointues en haut, comme dans le Fusus formosus.

Ce n’est pas le Fusus minutus Rôm.**, qui est beaucoup plus petit; il n’a que 1 ligne de long et se trouve dans la marne liasique d'Ahlfeld; ses tours sont munis de côtes longitudinales comprimées, qui se rétrécissent également aux extrémités et ne s'élèvent pas en pointes

émoussées près du bord supérieur des tours, comme dans le Fusus formosus.

Esp. 1110. Fus. incertus d’Ors. Sp.

Buccinum incertum d’Ors. VERNEUIL, Paléont. de Russie 1. ec. p. 453. PI, 38, fig. 6 -7.

Nassa sp. Fiscuer, Oryctogr. de Mosc. I. c. PI. 47, fig. 4—5. Fusus (Murex) Haccanensis (Pæzz.) d'Orgieny, Prodr. Paléont. strat. 1. ec.

La coquille est ovalaire, légèrement conique, à tours croissant assez rapidement, convexes, ornés de côtes longitudinales, au nombre de 14 à 16, plus ou moins serrées, et à interstices parcourus de stries transverses apparentes sur le test, mais nulles sur le moule; le dernier tour est bombé et prolongé en un canal court, infléchi.

Hab. dans le grès néocomien de Goliowo et de Khoroschôwo aux environs de Moscou, et dans le grès vert de Ssaragoul près d’Orenbourg.

La coquille est composée de tours convexes, saillants en gradins et garnis de côtes en tubercules, se rétrécissant aux extrémités et moins larges que les interstices entre elles, principalement sur le dernier tour; le bord supérieur des tours est caréné, l’inférieur arrondi et lisse; l’ouverture est grande, semi-lunaire, à bord extérieur simple, en demi-arc, à bord columellaire calleux et lisse; l’ombilic, fermé par le bord calleux, reste ouvert sur le moule. :

Les stries transverses des interstices manquent au moule, et ne se remarquent que sur le test.

# Paléont. fr. Terr. crét. p.334. PI. 222, fig. 6—7. *#* Norddeutsch. Oolith. L c. p. 140. PL 11, fig. 31. 60 *

l'individu figuré de Ssaragoul 1. c. par M. d'Orprenxy, à 9 IL. de long; un autre de Khoroschôwo est plus petit; il a 8 1. de long et 5 1. de large au dernier tour: c’est un moule dépourvu de stries transverses. Le plus grand que je possède a été trouvé à Goliowo; il est composé de deux tours, de l’avant-dernier et du dernier, dont chacun est muni de côtes longitudinales en tubercules allongés et dépourvus de stries, car c’est également un moule. Le dernier tour à 812 1. de large, 6 L. de haut à l'ouverture, et 3 1. de haut au côté opposé, étroit.

Ce n’est pas le Murex Haccanensis Par. * du coralline oolite de Hackness au Yorkshire, pour lequel l’a pris M. d’OrBreny; c’est un vrai Murex, plus allongé, à côtes longitudinales terminées en pointes à une petite distance des sutures, à bord columellaire plissé, et à échancrure basale située près du canal réfléchi.

L’individu du mont Ssaragoul est pourvu de son test; c’est pourquoi il montre les ornements bien conservés; les côtes longitudinales sont croisées par des stries transversales très fines, et l’ombilic est complétement fermé par le bord columellaire calleux.

Le Fusus Clementinus d'Ors.** du gault inférieur de Ste-Croix a la plus grande ressemblance avec le Fus. incertus, en sorte que le grand individu de Goliowo, composé des deux derniers tours, pourrait être presque identique avec lui. Le dernier tour du Fusus Clementinus est également bombé, élargi, orné de côtes en tubercules espacés, et pourvu d’un canal très court et rétréci; mais son second tour manque de côtes, peut-être parce que c’est un moule mal conservé. Quant à la spire du Fusus Clementinus, composée de 3 tours qui grossissent rapidement, elle est très courte, et se distingue par là de la spire plus allongée du Fus. incertus.

Esp. 1111. Fus. sabaudianus Pror. Roux.

Mollusq. foss. des grès verts de Genève I. c. p. 273. PI. 26, f. 7, et PI. 27, f.2.

La coquille oblongue est composée de tours très convexes, ornés de 2 ou 3 petites côtes transversales, croisées par des stries longitudinales fines, qui à leurs points d’intersection avec les côtes donnent naissance à des tubercules; le dernier tour, plus bombé et plus long que l’ensemble des tours, est garni de stries obliques, qui sont plus épaisses à la base du tour; le bord columellaire calleux se prolonge en un canal long et droit.

* Geology of Yorkshire 1. c. p. 102. PI. 4, fig. 18. ##* Paléont. fr. Terr. crét. p. 339. PI. 223, fig. 8—9.

Hab. dans le grès vert d’Antipowka sur le bord du Volga, ainsi que dans le grès vert de Genève.

Le moule d’Antipowka, seul individu que je connaisse, est lisse, et pourvu près du bord columellaire calleux du test assez épais, et orné de stries où plutôt de côtes obliques, qui recouvrent la base de la coquille et son Canal allongé. Le bord extérieur de l’ouverture est marqué d’impressions, traces de trois côtes transverses, qui sont caractéristiques pour

notre espèce; les tours sont séparés par de profondes sutures.

L’individu, composé de 3 tours, à 1 p. 2 L. de long et 7 1. de large

au dernier tour, qui avait une longueur de 1 p. à l’état bien conservé.

Esp. 1112. Fus. biplex ».

PI. XXXI, fig. 2 a gr. nat.; b spire grossie.

Testa parva fusiformis, anfractus ambitu sensim increscentes, margine superiore sulco medio in duas partes aequales convexas diviso, transversim quasi biplicato; ultimo anfractu elongato, sulco superne exarato et infra in canalem acutum excurrente, oblique costato.

Hab. dans le calcaire chlorité compacte et siliceux au bord septentrional du lac d’Aral.

Cette petite coquille est fusiforme, le plus bombée au milieu et s’'amincissant aux extrémités; les tours grossissent doucement et sont enveloppés jusqu’au bord supérieur, qui est marqué d’un sillon, parallèle au bord; ce sillon divise la surface des tours de la spire en parties égales, légèrement convexes et toutes lisses. Les tours à bord supérieur biplissé se suivent les uns les autres et constituent une spire conique, à sutures peu profondes et égales en profondeur aux sillons du bord supérieur des tours.

Le dernier tour est de la longueur de l’ensemble des autres tours; il est le plus bombé vers le bord supérieur, marqué du sillon transversal et pourvu de côtes transverses obliques, qui entourent la base jusqu'aux trois quarts de la longueur; ce n’est pas par des stries fines, mais bien par de grosses côtes que cette espèce se distingue du Fusus coronatus Law. * du calcaire éocène du bassin de Paris. Le canal est court, peu saillant, et l'ouverture est beaucoup plus étroite au canal que vers le haut, où elle se dilate sensiblement.

La coquille incomplète a 5 L. de long, et le dernier tour au milieu 3 L. de large; il a 4 L. de haut, tandis que l’avant-dernier tour n’a que

* Desuayes, Coq. foss. de Paris p. 575. PI, 74, fig. 15—17.

1 1. de haut, les suivants sont successivement encore moins hauts vers le sommet.

Cette espèce a une grande ressemblance avec le Fusus coronatus; celui-ci est composé de 8 tours plans, étroits, séparés, comme ceux du Fus. biplex, par un sillon en deux parties presque égales. Au dessus du sillon, vers la suture, on voit, selon la description de M. Des- HAYES |. c., un rang de petites granulations; au dessous d'elles et à la base des tours se montre une série de petites crénelures, sur lesquelles passent deux ou trois fines stries transverses. Tous ces ornements n’existent pas sur l'individu de l’Aral, et je le propose par conséquent comme espèce nouvelle crétacée, d'autant plus que le calcaire siliceux abonde en grains chlorités, caractéristiques pour le terrain crétacé.

Esp. 1113. Fus. gaultinus d’Ore. af.

D'Ors., Paléont. fr. Terr. crét. 1. c. p. 335. PI. 223, fig. 1, sous le faux nom de Fus. rusticus Firr.

La coquille, petite et oblongue, est composée de tours très convexes, ornée de côtes transversales, inégales, placées entre deux côtes plus grosses, qui forment deux carènes tuberculeuses, car elles sont croisées par des stries d’accroissement espacées. Le dernier tour contient plusieurs côtes tuberculeuses.

Hab. dans le calcaire crétacé des environs d'Orenbourg, ainsi que dans le gault de Gérodot au département de l'Aube. k

Je ne connais que le moule, que je crois appartenir à cette espèce gaultique; il est un peu incomplet, à 8 1. de long, et au dernier tour A2 1. de large et 5 L de haut, tandis que l’avant-dernier tour n’a que 2 1. de large et presque autant de haut. C’est là la raison qui m’a porté à réunir mon moule avec le Fus. gaultinus, dont les tours en gradins se dilatent de même brusquement aux tours suivants; les tours ont par suite le bord supérieur déprimé et saillant et le milieu de la surface sous le bord supérieur enfoncé, tout à fait comme les tours du test bien conservé du Fusus gaultinus. Le dernier tour du moule d’Orenbourg est fort bombé, l'ouverture oblongue, élargie en haut et rétrécie en bas, où

le canal basal se prolonge en pointe et offre à côté du bord columellaire l’ombilic étroit et allongé.

Esp. 1114. Fus. nobilis #.

PI. XXXI, fig. 8 gr. nat.

Nucleus testae solus notus, e duobus anfractibus exstructus, altero

antepenultimo multo minore insequente ultimo, maximo et convexo, utroque costis 6 —7, brevibus, tuberculorum instar prominulis ornato, apertura elongata, medio dilatata, basi paullo producta.

Hab. dans le cénomanien d’Ossinowo dans le gouvernement de Kharkow.

La coquille, en moule, est courte, .à dernier tour très ventru; les tours en général se dilatent rapidement, et le dernier est marqué, même sur le moule, de côtes longitudinales; le seul individu que je connaisse a 6 ou 7 grosses côtes en tubercules, qui garnissent la partie supérieure du dernier tour. Le bord supérieur du moule est tranchant et forme en dedans une pente oblique. Les tubercules larges et allongés sont fort espacés, absolument comme dans le Fusus Marrotianus:; ils sont éloignés l’un de Pautre jusqu'à 4 lignes. L’avant-dernier tour est muni de semblables côtes en tubercules, qui vont du bord supérieur jusqu’à la suture inférieure, tandis que les côtes du dernier tour se terminent au milieu de sa convexité. L’ouverture est oblongue, plus large au milieu, et va en se rétrécissant aux extrémités; le bord columellaire se continue en un canal presque nul, au cas qu’il est complet; l’ombilic du moule est large en bas et rétréci en haut. Le moule d’Ossinowo n’a que deux tours, l’avant-dernier et le dernier; celui-ci à À p. 3 1. de long, et. 1 p. 5 1. de large au milieu, tandis que celui-là n’a que 3 1. de long et 8 1. de large.

Il à quelque affinité avec le Fus. Marrotianus d’Onrs. * des couches supérieures de la craie de Couse en France, lequel se distingue pourtant par ses tours, qui ne grossissent pas en largeur aussi rapidement, le dernier tour ne se dilate pas autant au bord supérieur que celui du Fus. nobilis; le canal de celui-là est plus long et plus étroit, tandis qu’il paraît très court ou manque entièrement à celui-ci. Le Fusus Clementinus d’Ors. du gault de France a également une certaine ressemblance avec le Fus. nobilis, mais les côtes du dernier tour sont plus longues et moins larges que celles du Fus. nobilis, et le dernier tour west ni aussi large ni aussi bombé.

Esp. 1115. Fus. ornatus d'Or.

Paléont. fr. Terr. crét. p. 333. PI. 222, fig. 11—13.

La coquille petite, renflée et piriforme, est composée de tours très convexes, ornés de côtes fines, régulières, longitudinales et transversales,

* Paléont. fr. Terr. crét. L. c. p. 342. PI. 225, fig. 2.

et égales entre elles, qui se croisent sous un angle droit et forment un treillis régulier; le dernier tour se prolonge en un canal aigu, et l’ouverture est ovale, allongée et étroite.

Hab. dans le calcaire cénomanien de Buczak au midi de Kiew, ainsi que dans les terrains néocomiens de Marolles du département de l'Aube.

La coquille à la forme d’un Pirula; les tours sont arrondis, assez saillants et grossissent rapidement en largeur; par suite le dernier tour est fortement allongé et terminé en un canal long et aigu. La: surface est couverte d’un treillis en carrés très réguliers, semblable à la fig. 12 grossie de la PI. 222 de la Paléontologie française.

L’individu de Buczak est de la même grandeur que celui de Marolles; il'a 6 L. de long et 4 I. de large au dernier tour, dont la hauteur est de 5 L., tandis que la spire, composée de 3 tours, n’a que 1 1. de haut.

C’est peut-être le Pirula clathrata (Lam.) du terrain tertiaire de Dax, qui selon M. »e Bcox (1. c.) se trouve à Buczak, quoique celui-ci soit le Fusus ornatus d'Org. du terrain crétacé supérieur et non l’espèce tertiaire.

Esp. 1116. Fus. longicaudatus m.

Fusus conjun ctus (Desx.) Agicu, Paläont. d. asiat. Russl., voy. Mém. de VAcad. des Sc. de Pétersb. 1859. IX. 1, p 550 PI. 6, fig. 1.

Testa maxima, anfractus convexi, ambitu sensim increscentes, laeves, margine superiore sulcum transversum exstruente, ultimo anfractu globoso-inflato in longissimam rectamque caudam rostriformem excurrente.

Hab. dans le calcaire douteux, nummulitique ou gault, des bords du lac d’Aral.

La coquille, très grande, a des tours convexes, grossissant doucement en largeur et marqués près des sutures d’un sillon qui longe le bord des tours; le dernier est aussi haut que l’ensemble des tours précédents, et se prolonge à sa base en une queue très longue et droite en rostre acuminé. Les tours ne montrent que des stries d’accroissement longitudinales, par lesquelles le bord supérieur du dernier tour devient presque noueux.

La coquille, mesurée avec la queue, à 11 p. de long, et 3 p. de large au dernier tour, celui-ci est, la queue non comprise, plus haut que la spire, composée de 5 tours; la queue seule a près de 5 p. de long.

Ce n'est pas le Fus. conjunctus Desx. du bassin éocène de Paris,

Le

dont les premiers tours sont ornés de tubercules, croisés par des stries transversales assez grosses; le bord supérieur des tours est lisse et non marqué du sillon qui longe ce bord dans le Fus. longicaudatus. La surface de tous les tours du Fus. conjunctus est marquée au contraire de stries transversales légères, croisées par des stries d’accroissement, ornement qui ne se remarque pas sur l’espèce du lac d’Aral.

Le Fus. maximus Desx., du même bassin de Paris, a également quelque ressemblance avec le Fus. longicaudatus, mais il est un peu plus petit et plus épais, à tours plus convexes, enfoncés au milieu, et non pourvus d’un sillon près de leur bord supérieur; le canal est également plus épais et plus court que la queue fortement allongée du Fus. longicaudatus, qui, associé au Fus. bulbiformis Lam. se trouve dans une couche gaultique, à ce qu’il paraît, recouverte par le calcaire nummulitique.

M. Agrcu * fait en outre mention du Fus. longaevus Lam. et du Fus. crassicostatus Desx. du même terrain de Paris, comme se trouvant également sur les bords du lac d’Aral, mais il ne donne pas de figures de ces espèces; il est de la sorte difficile d'apprécier rigoureusement si ce sont effectivement les espèces en question; en attendant je dois abandonner la solution de ce point à des recherches ultérieures.

Il en est de même quant au Fus. intortus Law. dont M. Agron ** ne donne pas non plus de figure; d’après la description, l’espèce de l’Aral a 8 ou 9 tours, pourvus de 10 côtes longitudinales très épaisses, tandis que le Fus. intortus du bassin éocène de Paris n’en a que 5 à 7, en

sorte qu’elle s’en distinguerait également; elle à été trouvée dans une marne argileuse.

Esp. 1117. Fus. regularis Sow. aff.

Dxsuayes, Description des moll. foss. de Paris 1. c. p. 559. PI. 76, fig. 35—36. Fus. regularis Sow. var. depressa Traurscmozn, Bull. de Mosc. I. ce. 1859,

IL PI. 3, fig. 1.

La coquille allongée, à tours très bombés, au nombre de 8 ou 9, est ornée de 9 à 11 côtes longitudinales, épaisses, assez régulièrement espacées et courbées; le dernier tour offre une longueur double de la spire et est garni de côtes plus longues, croisées par des côtes transverses, ainsi que les tours précédents. Les tours en général sont plus saillants et même munis d’une carène vers leur bord supérieur.

Hab. dans le même calcaire douteux, gaultique ou nummulitique, des

* Mém. de lAcad. des Sc. de St. Pétersb. 1. ce. p. 551. le pu532:

bords du lac d’Aral, ainsi que dans le terrain éocène de Londres et de Paris.

La coquille de l’Aral a la plus grande ressemblance avec le Fus. regularis du bassin éocène de Paris, qui ne s’en distingue que par ses tours arrondis et non carénés vers leur bord supérieur, comme les individus de l’Aral; leur bord est déprimé en toit, c'est ce qui le rend anguleux et non obtus, comme les tours des individus de Paris et de Londres.

Cette espèce a la plus grande affinité avec le Murex genevensis Prcor. et Roux * du grès vert de Genève, et je serais porté à réunir ces deux coquilles, si le canal du Fus. regularis était plus étroit; la coquille épaisse du Murex genevensis est formée de tours convexes, anguleux, carénés et ornés de côtes longitudinales en varices, au nombre de 9 ou 10, peu saïllantes et tuberculeuses par la présence de carènes transversales, qui les traversent sous un angle droit; des stries fines et serrées sont parallèles aux côtes et en remplissent les interstices; le canal de l’ouverture est court, obtus et recouvert en partie par le bourrelet du bord extérieur de l'ouverture. Par ses tours anguleux, l'espèce de l'Aral offre par conséquent beaucoup plus de ressemblance avec le Murex genevensis qu'avec le Fusus regularis tertiaire, et fournit un argument de plus en faveur de l'opinion que c’est au grès vert qu’appartient

le terrain des bords de l’Aral, et non à l’éocène.

Genre CXLI. Pleurotoma Lay.

Le genre Pleurotoma ne se distingue des Fusus que par une échancrure en sinus au bord extérieur de l’ouverture; quand celle-ci est incomplète, on remarque très bien la direction des stries d’accroissement, qui forment une inflexion correspondante. Ce genre se trouve dans les terrains crétacé et tertiaire, et vit encore dans les mers actuelles.

Esp. 1118. Pleurot. Selysii Kox. aff.

Traurscnozr, Bull. de Mosc. I. c. 1859. IT, p. 136. PI. 3, fig. 2. Nysr, Coq. et polyp. de Belg., p. 525. PI. 13, fig. 11.?

La coquille fusiforme est composée de tours convexes grossissant doucement; ils sont garnis de tubercules arrondis, au nombre de 8 ou 9 sur chaque tour, et placés sur le milieu des tours de la spire et près du bord supérieur du dernier tour, tandis que la partie inférieure se prolonge en un canal long et étroit; des stries transverses garnissent les tours et descendent même jusqu’au canal du dernier tour.

* Mollusq. foss. des grès verts de Genève I. c. p. 269. PI. 26, fig. 3.

Hab. dans le terrain douteux des bords du lac d’Aral, que je suppose appartenir plutôt au terrain crétacé ou nummulitique qu’au tertiaire ancien.

Les tubercules du dernier tour sont plus grands, et les stries transverses, en côtes un peu effacées, plus marquées sur l’espèce de l’Aral que sur le Pleur. Selysii Kow. du terrain miocène de la Belgique, tandis que celui-ci n’a sur le dernier tour presque pas de tubercules, qui sont remplacés par des côtes transverses alternant avec des stries parallèles.

Le Pleurotoma heptagona Zexeur * du terrain crétacé de Gosau à une certaine affinité avec l'espèce de l’Aral, mais il s’en distingue par des côtes tuberculeuses allongées et par des carènes plus marquées,

croisant les côtes sous un angle droit; il n’a pas les nœuds et les fines stries de l’espèce de l’Aral,

Genre CXLII. Tritonium L.

La coquille, ovale ou oblongue, a les tours garnis de bourrelets ou varices, au nombre de deux par tour, qui ne forment pas des rangées régulières longitudinales, comme les Murex, dont les bourrelets sont en général plus nombreux. Le canal de l'ouverture est court. Ce genre ne

se trouve que dans les terrains crétacé et tertiaire, et vit encore dans les mers actuelles.

Esp. 1119. Trit. aralense ».

Trit. flandrium Kow. Traurscuozp, Bull. de Mose. I. c. p. 316. PI. 3, fig. 3. Triton. indet. Agicu |. c. p. 553. PI. 4, fig. 6.

La coquille, épaisse et fusiforme, est composée de tours convexes, croissant doucement, garnis de tubercules allongés en côtes mégales au nombre de 7 ou 8 sur chacun de tours ef croisées par des carènes transversales inégales; les 2 bourrelets sont plus longs que les tubercules, et offrent la forme des côtes; le bord extérieur de l'ouverture est épaissi en bourrelet.

Hab. dans le terrain douteux, crétacé supérieur plutôt qu’éocène, du lac d’Aral.

Ce n’est pas le Triton. flandricum du terrain miocène de la Belgique, dont les 2 rangées de tubercules lui manquent, car il n’offre qu'une seule rangée de tubercules allongés sur les tours de la spire, et deux bourrelets très longs sur le dernier tour; je suppose que c’est une

# Die Gasteropoden d. Gosau I. c. p. 91. PI. 16, fig. 8.

espèce particulière ; il a quelques rapports avec le Triton. gosauicum Zek.*, qui cependant s'en distingue par les côtes longitudinales tuberculeuses de la spire, au lieu des simples tubercules qui ornent les tours de l’espèce de l’Aral.

M. Agrcu L. c. le réunit au Trit. corrugatum Lam. du bassin éocène de Paris; le Trit. aralense a le canal beaucoup plus long que le Trit. corrugatum, dont le bord extérieur de l’ouverture au contraire est muni de nembreux plis, et n’est pas lisse en dedans, comme celui du Trit. aralense.

Genre CXLIII. Murex L.

La coquille des Murex est très semblable à celle des Fusus, mais elle est ornée de trois ou d’un plus grand nombre de varices régulières sur chaque tour; les varices sont tantôt épineuses, tantôt feuilletées, en sorte que la coquille devient hérissée; le bord extérieur de l'ouverture est entouré d’un bourrelet ou d’une inflexion semblable à une varice; le canal est infléchi. Ce genre se trouve dans les terrains jurassique, crétacé, tertiaire, et vit encore dans les mers actuelles.

Esp. 1120. Mur. conspicuus m.

PI. XXXL fig. 10 a gr. nat.; b tour grossi.

Testa parva, inflata, anfractus celeriter increscentes ambitu, convexi, ultimo maximo, inflato, costato, antecedentium instar, costis longitudinalibus maxime prominulis, earinis transversis parallelis costas earumque interstitia decussantibus, canali brevi prope basin marginis columel- Jaris emarginato.

Hab. dans l’argile jurassique de l’étage oxfordien supérieur de Goliowo, aux environs de Moscou.

Cette petite coquille est très renflée, surtout au dernier tour, tandis que les tours de la spire, composée de 4 tours très petits, sont légèrement convexes et séparés par des sutures profondes. Les deux premiers tours sont lisses, le 3ième et le 4ième offrent des côtes longitudinales tuberculeuses, car quatre carènes transversales croisent les côtes et forment de petits tubercules aux points d’intersection; les interstices sont un peu plus larges que les côtes. Le dernier tour, deux fois plus long que l’ensemble des tours de la spire, est orné de 6 ou d’un plus grand nombre de tubercules; les carènes transversales, qui croisent les côtes, sont

* Die Gasteropoden der Gosau. I. c. p. 82. PI. 15, fig. 1.

plus nombreuses; cependant les inférieures sont moins hautes et ressemblent plutôt à des stries qu’à des côtes ; elles arrivent jusqu’à l'extrémité du canal court de l’ouverture.

: Ma collection contient deux individus de grandeur différente de Goliowo : l’un n’a que deux lignes de long, et 1 IL. de large au dernier tour; il a été trouvé dans l’argile jurassique; l’autre est beaucoup plus grand: il a 5 L. de long, 31/4 L. de large, et 3 1. de haut au dernier tour, en sorte qu’il surpasse 112 fois la spire en longueur. Celui-ci a été trouvé dans l'argile noire micacée, superposée à l'argile jurassique, äGans laquelle cette coquille paraît former une couche supérieure coordonnée; ou bien appartiendrait-elle déjà au néocomien inférieur qui suit immédiatement l'argile jurassique? Il faudrait dans ce cas la ranger plutôt parmi les fossiles néocomiens, car l'individu se distingue par sa grandeur au moins 4 fois plus considérable que celui de l'argile jurassique.

Cette espèce rappelle beaucoup le Fusus subpyramidalis de la même localité jurassique (voy. plus haut), mais les côtes longitudinales de ce dernier sont garnies de pointes émoussées près des sutures supérieures, et les interstices des côtes sont lisses, et non carénés, les carènes tuberculeuses manquent également aux côtes. Cette espèce a été prise souvent pour le Buccinum incertum d’Ors.

Genre CXLIV. Pirula Lam.

La coquille piriforme est composée de tours de spire à peine saillants, et du dernier tour très bombé, recouvrant tous les tours précédents, le canal de l’ouverture est tantôt très long, tantôt court. Ce genre, très voisin des Fusus, se trouve dans les terrains crétacé, tertiaire, et vit encore dans les mers actuelles.

Esp. 1121, Pir. ornata m.

PI. XXXI, fig. 11 a gr. nat ; b surface grossie.

Pirula ornata voy. Bemerkungen üb. d. geogn Karten von Russl. Bull. de Mosc. I. c. 1865. IIL. p. 200.

Testa parva piriformis, anfractus spirae exigui, vix emergentes, prioribus duobus minimis, tertio multo latiore, convexe, et ultimo maximo, convexissimo, in longum canalem rectum acutumque excurrente, anfractus spirae sublaeves et ultimus striis longitudinalibus remotis ornatus, interstitiis laevibus.

Hab. dans le calcaire cénomanien de Buczak au midi de Kiew.

La coquille piriforme est composée de tours très petits, croissant

rapidement en largeur et fort peu saillants, les deux premiers sont en points à peine saillants, le suivant est beaucoup plus large et convexe, mais fort peu saillant, le dernier tour, très bombé, s’élargit d’une manière considérable et se prolonge en un canal allongé, droit et aigu. La surface de ce tour est garnie de quelques stries longitudinales, parallèles et espacées, entre lesquelles les interstices sont lisses, ou quand le test est décomposé à la surface, il devient comme poreux, à pores allongés, très rapprochés, formant un réseau à petites mailles.

La coquille a 8 1. de long, et 4 I. de large au dernier tour; elle a par conséquent une hauteur de 7 12 1., car les premiers tours de la spire s’élèvent à peine de l}2 1. au dessus du sommet du dernier tour.

Cette espèce rappelle beaucoup le Fusus ornatus d'Ors., mais elle s’en distingue par la spire, plus rudimentaire et à peine saillante, et par les ornements du test, qui sur ce Fuseau forment un treillis très régulier, à carrés également réguliers. |

L'ouverture du Pirula ornata ne m’est pas connue, mais son canal très étroit se rétrécit plus que celui du Fus. ornatus.

C’est peut-être le Pirula laevigata (Lam.) v. Bucx L.c. du bassin éocène de Paris, qui cependant est lisse, tandis que le Pirula ornata de Buczak se distingue par les stries longitudinales espacées de la surface, et par le dernier tour inférieurement beaucoup plus étroit et plus long que dans le Pirula laevigata.

Esp. 1122. Pir. decorata m.

PI. XXXI, fig. 12 gr. nat.

Pir. decorata m. Bemerk. üb. d. geogn. Karten Russl., voy. Bull. de Mosc. 1865. 13, p. 201. |

Testa major, piriformis, dilatata, anfractus ambitu celeriter increscentes, ultimo carinato, Carinis quatuor transversis tuberculosis, infima rudimentaria simplici, margine superiore depresso, plano, inferiore incompleto.

Hab. dans le calcaire turonien de Traktamirow près de Kiew.

La coquille, très grande, offre des tours croissant rapidement, et séparés par de profondes sutures; par suite ceux-ci forment des étages à bord supérieur déprimé et aplati. Le dernier tour est le plus large, bombé et muni de 4 carènes ou larges côtes transverses tuberculeuses, les tubercules sont espacés, et les carènes se trouvent séparées par de larges interstices lisses.

Le dernier tour, en moule, se caractérise par les carènes espacées

et tuberculeuses, dont les tubercules sont bien marqués sur la carène supérieure et sur la seconde, la troisième ne montre pas distinctement les tubercules, et l’inférieure en est dépourvue.

Le dernier tour à 1 p. 3 1. de large et 1 p. 4 I. de long’; les carènes sont espacées de 3 I. les unes des autres; le bord extérieur de l’ouverture est simple, presque tranchant.

Cette espèce a une légère ressemblance avec le Pirula carinata Münsr. * du grès vert de Coesfeld; celui-ci se distingue de l'espèce de Kiew par des carènes nombreuses et très espacées, dépourvues de tubercules. $

Le Pirula planissima Brrkx.**, de la craie supérieure de Kunraed près de Mastricht, a encore plus de ressemblance avec le Pir. decorata par sa forme déprimée en haut et conique en bas; il s’en distingue également par ses 3 carènes transversales, simples et non tuberculeuses.

Esp. 1123. Pirul. conformis ».

PI. XXX, fig. 15 gr. nat.: a vu de profil; b vu sur le sommet.

Testa clavata, superne quam maxime dilatata, inferne subito attenuata inque tenuem canalem longissimum excurrens, vertice depresso, plano, vix prominulo, anfractus 5 —6 celeriter ambitu increscentes, margine ultimi anfractus bicarinato, carinis acutis, basi ejus prolongata, conica, transversim costata et tenuissime longitudinaliter striata.

Hab. dans le calcaire néocomien compacte de Ssimbirsk.

La coquille en massue est fortement élargie près du sommet et se rétrécit brusquement vers la base en un canal étroit et bien allongé; le sommet déprimé est aplati; le canal allongé conique est pourvu de côtes transverses espacées, entre lesquelles on voit des stries longitudinales “très serrées et peu distinctes. Les premiers tours sont striés, à stries infléchies et serrées, le bord du dernier tour est bicaréné, les deux carènes sont égales en épaisseur et séparées par un enfoncement en légère gouttière.

La coquille a 2 pouces de. haut, et 1 p. 10 1. de large au bord du dernier tour.

Cette espèce a quelque ressemblance avec le Pirula planissima Birxx. *** du terrain crétacé de Kunraed; les 4 tours sont presque sur

* Gozprüss, Petref. Germ. 1. c. p. 27. PI. 172, fig. 11. #* Brrumorsr, Gastéropodes de Limbourg 1. c. p. 8. PI. Va, fig. 3.

#** Brrwnorsr von der Birknorsr, Coquill. fossil. de Limbourg. Bruxelles 1861, p. 8. PI. 5a, fig. 3.

le même plan, et le long canal offre des traces très vagues de côtes longitudinales. A leur partie supérieure les tours présentent un méplat, qui est coupé carrément à sa partie moyenne; celle-ci est limitée par deux carènes un peu arrondies ou atténuées. La largeur dépasse d’un tiers environ la hauteur; la base se rétrécit brusquement, pour donner naissance au canal. L’ouverture est quadrangulaire.

Le Pirula planulata Nrcss.* du grès vert carbonifère de Küpingen en Suède est plus petit, mais offre aussi quelque ressemblance avec le Pirula conformis, le bord du dernier tour présente également deux carènes, entre lesquelles il y a une semblable gouttière, mais la coquille est parcourue de stries transverses très serrées et égales.

Famille quarante-sixième.

Buccinidées.

La forme turbinée des Buccinidées rappelle plus ou moins les coquilles de la famille précédente, mais la famille qui nous oceupe a un canal court, tronqué et infléchi en arrière, le bord columellaire est lisse et l'extérieur, souvent épaissi.

Genre CXLV. Columbellina d'Ors.

La coquille des Columbellina est ovale, ventrue, épaisse et à ouverture étroite, rétrécie au milieu, munie d’un canal supérieur et même d’un canal inférieur réfléchi extérieurement, le bord columellaire est fortement encroûté en dehors. Ce genre se trouve dans le terrain crétacé.

Esp. 1124. Columb. maxima Lorror.

Columb. maxima, Bemerk. über die geogn. Karten von Russl., voy. Bull. de Mosc. 1865. IIX, p. 201.

Descript. des anim. invertéb. foss. du mont Salève, p. 48. PI. 5, fig. 2—4.

Picrer, Paléont. suisse I. c. p. 669. PI. 96, fig. 8—10. PI. 97, fig. 1.

La coquille oblongue, en moule, est composée de tours convexes, séparés par des sutures profondes, garnis de gros tubercules allongés, au nombre d'environ 10 par tour, et de traces de côtes transversales inégales. di Hab. dans l'argile bleue cénomanienne de Kiew, ainsi que dans les marnes néocomiennes de Haute-Rive aux environs de Genève.

Je ne connais qu’un individu fort incomplet, découvert par le pro-

* Nissson L. c. p. 13. PI. 3, fig. 5.

fesseur Borissik dans l’argile bleue de Kiew; c’est un moule, dont le dernier tour à trois côtes bien marquées entre les tubercules et le canal; elles semblent même tuberculeuses, comme celles du Columb. maxima.

Genre CXLVI. Cassidaria Lau.

La coquille solide est très bombée, à spire assez saillante et à dernier tour fort élargi et convexe, le canal est long et légèrement infléchi,

la columelle est plissée et le bord extérieur de l'ouverture épaissi. Ce

genre, identique au genre Morio Mowrr., se trouve dans le terrain crétacé supérieur et vit encore dans les mers actuelles,

Esp. 1125. Cassid. aralensis ».

Cassidaria striata (Sow.) Agicu I. c. p. 454 (non figuré).

La coquille est ovalaire, à spire saillante et aiguë, et à tours munis à leur bord supérieur de petits tubercules très serrés, et à surface du dernier tour fortement bombée; elle est parcourue de stries transversales égales.

Hab. dans le calcaire crétacé très compacte, à grains chlorités, du bord occidental du lac d’Aral.

Ce n’est pas le Cassidaria striata Sow. du terrain éocène de l'Angleterre, dont les stries transversales en côtes du dernier tour sont inégales, des côtes épaisses alternant avec des fines, tandis que les stries du Cassidaria aralensis sont toutes égales. M. pe Bucx* fait mention du Cassid. carinata (Lam.) de Grignon, comme se trouvant à Buczak; il se peut que ce soit une autre espèce crétacée qui se trouve dans cette localité, car M. Jos. Müzcer a observé une espèce très voisine,

le Cassid. cretacea **, dans le terrain crétacé supérieur d’Aix-la- Chapelle.

Genre CXLVII. Buccinum La.

La coquille du Buccinum est ovale, renflée, à ouverture large et longitudinale, à base échancrée et dépourvue de canal, le bord columellaire encroûté est renflé à sa partie supérieure et enfoncé à l’inférieure, le bord extérieur est convexe et simple. Ce genre se trouve dans tous les terrains, très rarement dans le jurassique et le crétacé, et très fréquemment dans les mers actuelles. — Quant au genre Buccinum je n’en

* Murcuisow, Geology of Russia IL. c I, p. 286.

*#* Monogr. d. Petref. d. Aachner Kreide II, p. 17. PI. 3, fig. 21.

connais pas d’espèces bien déterminées ni dans le terrain jurassique, ni dans le crétacé, ear le Buccinum incertum d’Ors. du mont Ssaragoul est un Fusus, selon M. d'Orgreny lui-même, et le Buccinum incertum (d’Ors.) d’autres auteurs est le Turbo subpyramidalis d’Ors.

Esp. 1126. Bucc. praecox ».

PI. XXXI, fig. 13 gr. nat.

Testa ovalis, utrinque attenuata, anfractus leniter increscentes ambitu, convexi, laeves et suturis profundioribus ab invicem dirempti, ultimo anfractu inflato, convexo, lineis elongatis costaeformibus quatuor pluribusve perquam remotis ornato, apertura elongata, supra attenuata, acuta, infra sensim dilatata et basi emarginata, margine columellari infra oblique denseque striata.

Hab. dans le calcaire cénomanien de Buczak au sud de Kiew.

La coquille, à tours convexes, est marquée sur le dernier tour allongé et renflé de 4 ou plusieurs stries longitudinales en côtes rudimentaires, elles sont très espacées les unes des autres et occupent toute la longueur de la coquille; la surface de cette dernière est lisse, ou pourvue, vers l'ouverture, de légères stries d’accroissement. La partie supérieure du bord columellaire est renflée, et l’inférieure enfoncée, comme échancrée. Par suite la partie basale columellaire est étroite, allongée, et marquée en dedans de stries obliques nombreuses et serrées.

La coquille incomplète a 1 p. de long, et près de 6 1. de large au dernier tour, mesurée au milieu de l’ouverture; l’avant-dernier tour a 2 1. de haut et le dernier, incomplet, 9 lignes.

C’est probablement le Buccin. stromboides (Lam.) du bassin éocène de Paris, dont M. L. pe Bucn * fait mention de Buczak, bien que cette dernière coquille se distingue par le test tout lisse, à spire plus courte, composée de 7 ou 8 tours étroits, par le bord columellaire fortement encroûté, et par le bord extérieur largement étalé, formant une couche brillante, comme vernissée.

Famille quarante-septième.

Volutidées.

…… Les coquilles des Volutidées sont enroulées, allongées à l’ouverture, échancrées à la base: la columelle est marquée de gros plis.

* Voy. Murcison, Geology of Russia I, p. 286.

Genre CXLVIITI. Voluta Lay.

La coquille conique à les tours de spire fort peu saillants, et louverture étroite et allongée; le bord columellaire est plissé, et l’extérieur simple. Ce genre se trouve dans les terrains crétacé, tertiaire, et vit encore dans les mers actuelles.

Esp. 1127. Vol. massagetes m.

Voluta canaliculata Wegsrer, Geol. Transact. vol. 2, p. 204.

Voluta suspensa Sozanp. Enwarps, Monogr. of éoc. moll. of England p. 158. PI. 20, fig. 4.

Voluta suspensa Soranr. Agicn, Palaeont. d. asiat. Russl., voy. Mém. de PAcad. des Sc. de St. Pétersbourg IX, 1. 1859, p. 549. PI. 4, fig. 2.

Testa fusiformis, laevis, anfractüs ambitu celeriter increscentes, plani, ultimo maximo, convexo, margine superiore infra canaliculato, striisque incrementi longitudinalibus ultimi anfractus approximatis conspicuis, apertura elongata ovali in brevem canalem excurrente.

Hab. dans le grès vert ou calcaire crétacé chlorité très compacte du bord occidental du lac d’Aral.

La coquille fusiforme est allongée, à tours plans, grossissant assez rapidement, séparés par des sutures peu profondes; le dernier tour est bombé, marqué de nombreuses stries d’accroissement et, comme les précédents, pourvu d’un sillon transversal, qui longe le bord supérieur; l’ouverture est allongée, ovalaire; le bord supérieur aigu, muni de 3 plis épais au bord columellaire et prolongé en un canal large et court, à base échancrée. Le bord extérieur est convexe et simple, la surface opposée du test est profondément échancrée près de la base, à échancrure occupant presque la moitié de la longueur de la coquille.

M. Agica IL. c. a pris notre espèce pour le Voluta suspensa So- LAND. du terrain éocène de Londres et de Paris, qui cependant s’en distingue par les tours à bord supérieur saillant en étage. Le Voluta massagetes a une plus grande ressemblance avec le Voluta line olata Desx. * du terrain éocène de Paris, qui a presque la même forme allongée; mais les 7 tours, principalement les premiers, sont garnis de petites côtes longitudinales très serrées, et traversées à leur partie supérieure par quelques stries; les côtes sont remplacées sur les derniers tours par une double série de tubercules très petits, ornements que je ne remarque pas sur le Voluta massagetes.

L’individu de l’Aral a 1 p. 9 1. de long, et 11 1. de large au der-

* Dxsuaves, Coq. foss. de Paris 1. c. p. 686. PI, 92, fig. 11—12. 61 *

nier tour; celui-ci a une hauteur de 1 p. 4 1., en sorte qu’il ne reste que 6 1. pour la hauteur de l’ensemble des tours de la spire. L'ouverture a 1 p. 2 1. de long et près de 6 1. de large sur le milieu. La surface des tours n’est marquée que par des stries d’accroissement longitudinales, qui sont le plus marquées sur le dernier tour, et légèrement infléchies à la base de la coquille.

Esp. 1128. Vol. consimilis #.

PI. XXXI, fig. 14 gr. nat.

Testa elongata, fusiformis, anfractus satis celeriter ambitu increscentes, costati, ultimo anfractu incrassato, prolongato costatoque, costis longitudinalibus incrassatis, elongatis approximatisque, apertura elongata semilunari, margine columellari.3-plicato.

Hab. dans le turonien de Novgorod-Ssewersk au gouveriement de Tschernigow. :

Petite coquille fusiforme, allongée, à 5 tours légèrement convexes, grossissant assez rapidement, ornés de côtes longitudinales épaisses et rapprochées, les sutures sont assez profondes et par là distinctes; Le dernier tour est allongé, renflé et orné de 10 côtes longitudinales, aussi épaisses que celles des tours précédents, et plus larges que les interstices; l’ouverture est allongée, plus large au milieu et rétrécie aux extrémités; le bord extérieur est convexe et le columellaire droit; par là l'ouverture est semi-lunaire; les trois plis columellaires sont bien marqués, la base de l'ouverture est courte et légèrement échancrée.

La coquille, en moule, a 9 L de long et 5 1. de large au dernier tour, qui à 7 1. de long; l’ensemble des tours de la spire n’a que 2 1. de long, mesuré au dessus de l’ouverture de la coquille. Le bord supérieur du dernier tour forme une saillie prononcée près de l’ouverture, et les côtes longitudinales prennent naissance sur cette saillie à extrémité renflée, tandis que leur extrémité inférieure se perd légèrement vers la base lisse et droite du moule.

Le Voluta consimilis de Novgorod-Ssewersk paraît être Le Vol. costaria (Lam.) v. Bucx * de Buczak; il a les plus grands rapports avec ce dernier; il s’en distingue pourtant par le dernier tour plus convexe et non aplati comme celui du Vol. costaria, dont l’ouverture n’est pas aussi large sur le milieu que celle du Vol. consimilis; les côtes sont presque les mêmes.

* Murcuisow, Geology of Russia L. c. [, p. 286.

Esp. 1129. Vol. exsecta m.

PI, XXXL, fig. 15 gr. nat.

Testa incrassato-elongata, anfractus celeriter ambitu increscentes, convexi, costati margineque superiore plano et producto instructi, ultimo anfractu convexo, costis 10 tenuioribus longitudinem anfractus tenentibus praedito et prope basin, ad aperturam profunde exsecto; apertura elon- . gata, medio dilatata, margine externo convexo, simplici, columellari me-

dio exsecto plicisque ad basin exsectam tribus pluribusve instructo.

Hab. dans le calcaire nummulitique de Karassoubazar en Crimée.

La coquille, en moule, est de grandeur moyenne, sa longueur est de 1 p.31. sa largeur, sur le milieu du dernier tour, de 10 {2 1; celui-ci a 1 p. de haut, tandis que l’ensemble des tours de la spire n’a que 3 I. de haut. Le moule est par conséquent plus large ou plus bombé que le précédent.

Les tours de spire sont séparés par de profondes sutures; les bords supérieurs forment une saillie considérable, arrondie; c’est d’elle que les côtes longitudinales à extrémité supérieure rétrécie prennent naissance pour se perdre immédiatement à la base de la coquille. Les 10 côtes du dernier tour sont très espacées, les interstices ont près de 3 1. de large, tandis que les côtes n’ont que %/4 1. de largeur. Le dernier tour, arrondi au bord antérieur, est profondément échancré près de l’ouverture à sa base, qui est légèrement élargie; l’ouverture est au contraire rétrécie en haut; les plis occupent la base échancrée du moule.

Esp. 1130. Vol. Abichii »m.

Voluta spinosa (Law.) Agicu, Palaeont. d. asiat. Russl., voy. Mém. de l’Acad. des Sc. de St. Pétersb. IX, partie I. L ec. p. 548. PI. 4, fig. 1.

Testa elongata, subfusiformis, anfractus celeriter ambitu increscentes, rotundati, superiores laeves, inferiores costati, costis ultimi anfractus nodulo terminali instructis, suturis subprofundis propter superiorem marginem anfractuum leniter prominulum; ultimo anfractu basin versus attenuato, columellari margine triplicato, externo superne convexo, infra leniter exsecto, costis longitudinalibus superne nodulo instructis vix tertiam longitudinis partem occupantibus.

Hab. dans l’argile compacte de l’étage crétacé supérieur du bord septentrional du lac d’Aral.

La coquille, allongée et presque fusiforme, a les tours de spire convexes, croissant assez rapidement en largeur et séparés par des sutures

peu profondes, à bord supérieur des tours prononcé et orné à sa saillie de côtes longitudinales rudimentaires, munies à leur origine d’un nodule. Le dernier tour se prolonge en une base rétrécie, légèrement échancrée sur le bord extérieur et concave près du bord columellaire, qui est pourvu de 2 ou 3 plis, dont l’inférieur est très long et très marqué. Les côtes longitudinales sont peu saïllantes et ne descendent que sur les ?/4 de la longueur du dernier tour; elles sont garnies de nœuds plus saillants à leur origine que près du bord supérieur du tour, où une autre rangée de nœuds plus petits occupe les sutures. Quand l’épiderme manque, la surface de la coquille est marquée de sillons obliques nombreux et serrés. L'ouverture est très longue, élargie sur la moitié supérieure et rétrécie à la base, qui se rétrécit et s’infléchit légèrement en arrière.

Un petit individu de ma collection a 1 p. 3 IL. de long, et 8 1. de large au dernier tour; ce tour à 11 L. de long, tandis que l’ensemble des tours de spire n’a que 5 I. de long; la spire est encore plus saïllante sur un autre individu incomplet de ma collection: il a les tours arrondis, convexes, et le dernier tour muni, à une distance de 3 1. du bord supérieur incliné, de côtes longitudinales très courtes et pourvues à leur origine d’un petit nœud, au lieu de l’épine qui se voit sur les côtes du Voluta spinosa du bassin éocène de Londres et de Paris. |

Le Voluta spinosa se distingue de notre espèce par la spire des fours moins saillante, plus courte, par les côtes plus longues, presque tranchantes et pourvues d’épines à leur origine, enfin par les tours de spire plans et non convexes, et hérissés par les épines saillantes des côtes ; la base, allongée et rétrécie, n’est pas infléchie vers le côté postérieur, comme celle du Vol. exserta, dont la spire se compose de 5 tours, et non de 8 ou 9, comme sur le Vol. spinosa.

Le Voluta ambigua (Sow.) Asrcu I. c. PI. 1, fig. 2, de la même localité du lac d’Aral, paraît être la même espèce et non le Vol. ambigua Sow. du terrain éocène de l'Angleterre, le dernier tour étant marqué par une double rangée transversale de nœuds, dont la supérieure occupe le bord supérieur du tour, et l’inférieure l’origine des côtes longitudinales, à une distance de 3 lignes de la suture. La spire des tours

est également plus saillante sur le Vol. exserta que sur l’ambigua de l'Angleterre.

Esp. 1131. Vol. contigua ». Voluta depauperata (Sow.) Agica |. c. p. 548. PI. 4, fig. 3.

Testa major, elongata, superne in apicem verticis brevem prosiliens

et inferne in conum elongatum producta, anfractüs spirae celerrime ambitu increscentes, ultimoque anfractu longissimo et conico marginem superiorem complanatum eique in ambitu affixa 10 tubercula offerente, tuberculis vix in costas productis; apertura longissima, angusta, infra sensim constricta et coarctata in basin elongatam rectamque execurrente.

Hab. dans l'argile compacte de l’étage crétacé supérieur du bord septentrional de l’Aral.

La coquille, assez grande, se compose d’un doublé cône, dont le supérieur est très court, à base élargie, et l’inférieur très long, à base également large; les tours de spire grossissent très rapidement et forment un plateau incliné, légèrement concave , à sommet fort aigu et à sutures à peine marquées en légers sillons, au dessus desquels s’élèvent les petits nœuds des tours. Le dernier tour est très grand et élargi à son bord supérieur incliné, aplati et entouré de nœuds saillants en tubercules. Ils se fixent à l’origine des côtes longitudinales très courtes, qui descendent à peine jusqu'aux °/4 de la longueur du dernier tour. Celui-ci se prolonge en un cône rétréci à la base, qui est légèrement infléchie du côté columellaire, où ce bord est largement échancré, tandis que le bord antérieur de l'ouverture est convexe et simple. En général l'ouverture est fort longue, étroite et à peine plus large au milieu que vers le bord supérieur, où le plateau incliné du tour forme deux angles, dont l’un est fixé à la suture et dont l’autre correspond à l’angle extérieur obtus. Le bord columellaire est muni de 3 plis épais, dont les deux inférieurs sont plus espacés que le supérieur du bord médian.

La coquille a 2 p. 8 L. de long et 1 p. 5 L. de large, mesurée au bord supérieur à tubercules du dernier tour, où la coquille est le plus large; le dernier tour a 2 p. 2 1. de long, en sorte qu’il reste à peine 6 L. de haut pour l’ensemble-des 4 tours de spire. Quand l’épiderme est bien conservé :, La surface du dernier tour est lisse; mais la surface décomposée fait voir les sillons obliques et profonds, qui occupent la surface jusqu’à la base rétrécie et ne laissent libre que la partie lisse près du bord columellaire.

Ce n’est pas le petit Voluta depauperata du bassin éocène de Londres et de Paris, dont la spire est plus saillante, plus allongée et les côtes plus marquées, descendant sur le dernier tour jusqu’à la base; celle-ci est moins rétrécie et moins longue que celle du Vol. contigua,. dont le bord columellaire est entièrement droit et non profondément échancré, comme l’est le milieu de ce bord sur le Vol. depauperata.

Famille quarante-huitième.

Olividées.

La coquille des Olividées est allongée, enroulée, lisse et brillante, à columelle encroûtée et plissée obliquement, et à base échancrée; Le bord extérieur est entier.

Genre CXLIX. Oliva Bruce.

La coquille est allongée, à spire légèrement saillante et à sutures canaliculées; le dernier tour est plus long que l’ensemble des tours de spire. Ce genre se trouve rarement dans le terrain crétacé supérieur, plus souvent dans le tertiaire, et vit encore dans les mers actuelles.

Esp. 1132. Oliv. exilis m.

PI. XXXL, fig. 16 gr. nat.

Testa elongata, anfractus sensim ambitu increscentes, margine superiore canaliculato, obliquo, ultimo anfractu dilatato, convexo.

Hab. dans le calcaire cénomanien de Buczak au sud de Kiew.

Petite coquille, en moule incomplet, allongée, à tours à peine convexes, qui, grossissant doucement, sont séparés par des sutures canaliculées, le bord supérieur des tours est saïllant et aplati. Le dernier tour élargi est de longueur double de l’ensemble des tours précédents; il est convexe et lisse, mais l’ouverture n’est connue que d’après le bord supérieur anguleux, qui se fixe au tour précédent, et montre en haut la suture canaliculée.

La coquille n'avait que 3 1. de long, mesurée à la partie basale restaurée de la coquille; la spire, composée de 3 tours, n’a que 1 L de long. 5

C’est donc une espèce très petite; sa forme est cependant tout à fait semblable à celle de l’'Oliva prisca Binxx. du terrain crétacé supérieur de Kunraed près d’Aix-la-Chapelle, dont la longueur dépassait probablement 1 p. 6 lignes.

Famille quarante-neuvième.

Conidées.

La coquille des Conidées est conique, enroulée, à base de plus en plus rétrécie et à spire à peine ou peu saillante au dessus du sommet élargi du dernier tour; l'ouverture est allongée, étroite et échancrée à la base; les bords sont simples.

Genre CL. Conus L.

La coquille, tout à fait conique, offre une ouverture longitudinale étroite et un bord columellaire lisse. Ce genre ne se trouve que très rarement dans les terrains crétacé supérieur et tertiaire, et vit encore en espèces très nombreuses dans les mers actuelles.

Esp. 1133. Con. latus ».

PI. XXXI, fig. 17 gr. nat.

Testa conica, involuta, anfractus celeriter ambitu increscentes, spiram turritam paullo prominulam exstruentes, ultimo anfractu lato maximo, margine anfractuum superiore oblique descendente versus interiora et canaliculato.

Hab. dans le calcaire nummulitique de Simferopol en Crimée.

La coquille est conique, à tours enroulés, au nombre de 6 ou 7, grossissant rapidement et formant une spire peu saillante, et obtuse; le bord supérieur des tours est canaliculé, enfoncé obliquement vers l’intérieur de la spire.

Je ne possède qu’un moule en fragment, qui se distingue par sa largeur; le dernier tour a 2 p. 4 1. de large, la longueur n’est pas connue; la spire, composée de 5 ou 6 tours, ne s'élève que de 7 L. au dessus du dernier tour; l’ouverture à 6 L. de large en haut; sa base manque.

Genre CLI. Terebellopsis Lsru.

La coquille enroulée, presque cylindrique, allongée, est composée de 6 tours de spire saillants, dont les premiers sont à peine distincts, et dont les suivants deviennent de plus en plus longs; le dernier tour est très long, élargi légèrement au milieu et se rétrécit à la base; l'ouverture est allongée, étroite, se fixant intimement à angle aigu au tour précédent et s’élargissant légèrement à la base, où le bord extérieur est coupé obliquement; le bord columellaire est lisse et légèrement infléchi à l’extérieur. Ce genre se trouve dans le terrain crétacé supérieur à Nummulites.

Esp. 1134. Terebellops. Borissäki m.

PI, XXXI, fig. 18 gr. nat.

Testa elongata, tenuis, medio leniter incrassata et dehinc inferiora versus sensim attenuata; anfractus 6 plani priores sensim ambitu increscentes, spiram componentes satis productam, obtusam, ultimus anfractus

multo longior lis, laevis: +

Hab. dans le calcaire cénomanien de Buczak au sud de Kiew.

La coquille, presque cylindrique, est légèrement renflée au milieu du dernier tour ; les 6 tours de spire croissent assez doucement, les deux premiers sont très petits, à peine visibles, et les 4 suivants, aussi plans et aussi lisses que ceux-là, deviennent de plus en plus longs, et sont séparés par des sutures fines en fil, en sorte que le bord supérieur des tours ne fait pas de saillie distincte. Le dernier tour allongé se rétrécit vers la base, qui est légèrement infléchie vers le côté postérieur, tandis que l’antérieur est marqué par l'ouverture étroite dans le haut et plus élargie dans le bas.

L'individu de Buczak à 10 L. de long et 3 L de large au milieu du dernier tour; la spire à 6 tours n’a que 3 1. de long, les autres 7 lignes appartiennent à la longueur du dernier tour.

Le Terebellopsis Braunii Leym., du terrain nummulitique de la Montagne-Noire près Montolieu, est d’une grandeur double, même triple, et se distingue principalement par la spire très saillante et allongée, et par les sutures obliques et faiblement accusées.

M. pe Bucu* à rapporté notre espèce au Terebellum fusiforme Lam. de l’étage éocène de Paris, qui cependant s’en distingue par l’ouverture du dernier tour fortement élargie à sa base et par son extrémité supérieure, qui, sur le côté de l’avant-dernier tour, est appliquée contre lui et présente une petite fissure très étroite, remontant perpendiculairement.

Sous-ord. IL Pomatobranchiées WIEGM.

Famille cinquantième.

Bullées.

Les Bullées sont pourvues de branchies en feuillets, recouvertes par leur manteau et fixées au dos; la coquille spirale n’est que lâchement enroulée.

Genre CLIT. Bulla KLEIN.

La coquille renflée est solide, ovoïde, sphérique ou cylindrique, recouverte par le dernier tour, et pourvue d’un petit ombilic. Ce genre se trouve dans les terrains jurassique, crétacé, tertiaire, et vit encore dans

* Murcnison, Geology of Russia 1. c. p. 286.

Esp. 1135. Bull. splendens ».

PI. XXXI, fig. 19 gr. nat.

Testa ovata, elongato-globosa, ultimo anfractu antecedentes obvolvente, apertura dilatata, elongata, margine columellari subrecto, sensim attenuato ac umbilicum subtilem elongatum excipiente, externo margine aperturae spiram supra excedente.

Hab. dans le terrain néocomien de l’étage aptien de la rivière Alma

. en Crimée.

La coquille ovale est globuleuse, lisse et brillante, le dernier tour enveloppe tous les tours précédents, et le bord extérieur de l’ouverture se prolonge en une saillie qui dépasse la spire cachée. L'ouverture est élargie et se rétrécit en haut et en bas. Le bord columellaire est presque droit, élargi et arrondi en haut, légèrement rétréci et presque aigu en bas, où l’on remarque l’ombilic en fente fine, allongée. La base de la coquille paraît finement striée, à stries transverses serrées.

La coquille a 4 1. de large et 6 IL. de long; elle n’est pas complète, car le bord extérieur de l’ouverture fait défaut.

Cette espèce a une certaine ressemblance avec le Bulla avellana Picr. et Camp. du calcaire roux valangien de Ste-Croix en Suisse; elle ne s’en distingue que par son bord columellaire droit, allongé, rétréci de plus en plus et acuminé.

Esp. 1136. Bull. punctata Agrcx.

Beitr. zur Palaeont. d. asiat. Russl., voy. Mém. de l’Acad. des Sc. de St. Pétersb. Vol. IX. I, p. 558. PL IL fig. 8

Petite coquille ovale, renflée, se rétrécissant aux deux extrémités enfoncées; la surface est parcourue de sillons transverses, finement pointillés et serrés.

Hab. dans le calcaire compacte crétacé de l’étage turgonien sur le bord du lac d’Aral, près du cap Koumssouate.

La spire de la coquille est complétement cachée, et l'ouverture présente la longueur de la coquilie, qui est rétrécie aux extrémités.

Cette espèce se distingue de toutes les autres par ses profonds sillons transverses, offrant de petits enfoncements. Elle n’a que 3 1. de long.

Genre CLIII. Bullina Riss.

Cylichna Lov. Volvaria Bronx, non Lam.

Petite coquille subeylindrique, étroite, enroulée, à spire cachée, et à sommet ombiliqué; l’ouverture linéaire est étroite et la columelle porte

un petit pli vers son extrémité antérieure; le bord antérieur est simple et dépasse souvent le sommet. Ce genre se trouve dans les terrains crétacé, tertiaire, et vit encore dans les mers actuelles.

Esp. 1137. Bullin. tenuis Reuss sp.

Volvariatenuis Reuss, Kreide von Bôhmen L. c. I, p. 50. PI. X, fig. 20.

Cette petite coquille s’amincit doucement vers les extrémités, la spire est complétement cachée, et la surface munie de lignes spirales fines, enfoncées et ponctuées; elles sont horizontales vers le sommet et obliques près de la base; le sommet est en outre marqué de stries longitudinales serrées.

Hab. dans le calcaire cénomanien de Buczak au sud de Kiew, ainsi que dans le plänermergel de Luschütz en Bohème.

La coquille de Buczak a 2 1. de long et près de 1 L. de large; elle est cylindrique; le bord extérieur de l’ouverture se prolonge légèrement au dessus du sommet et au delà de la base, qui fait également une saillie, même plus longue que celle de la supérieure, au sommet. Le bord extérieur de l’ouverture est assez épais et parallèle au bord columellaire ; il présente des lignes pointillées transverses serrées.

De cette espèce je ne connais qu'un individu incomplet, dont la forme et les ornements sont les mêmes que ceux du Volvaria tenuis Reuss. Il à également une grande ressemblance avec le Bulla avellana Prcr. et Came. du terrain valangien de la Suisse, qui offre la même forme, mais est plus grand, et se distingue par sa surface lisse.

C’est également le Bulla cylindrica (Bruc.) v. Bucx * du bassin éocène de Paris, dont le test s’élargit à sa base et se rétrécit dans le haut, tandis que le Bullin. tenuis est presque cylindrique et aussi rétréci à la base que près du sommet.

# Murcrison, Geology of Russia I. c, I, p. 286.

Classe cinquième.

Céphalopodes voy. vol. E, pag. 1180.

La coquille des Céphalopodes est symétrique, tantôt externe, tantôt interne, droite ou contournée en spirale, et se compose de trois parties distinctes, c’est-à-dire: 1) de l’alvéolite ou phragmocône cloisonné qui, perforé par le siphon, occupe la cavité alvéolaire ou l’alvéole; 2) de la lame cornée ou de l’osselet en cornet, qui enveloppe l’alvéolite et descend ensuite dans la Seiche en bouclier élargi jusqu’à la tête, placée au bord inférieur du corps, et 3) de la gaîne à couches concentriques ou de la bélemnite proprement dite, qui se termine en un rostre plus ou moins allongé. k

Les Céphalopodes se trouvent dans toutes les périodes paléontologiques et vivent encore. bien que rarement, dans les mers actuelles, mais les genres ont subi de nombreuses modifications, ce qui a donné lieu à de notables différences entre les genres des deux époques.

Ordre premier.

Dibranchiés voy. vol. FE, pag. 1190.

Les coquilles cloisonnées sont internes dans les Dibranchiées et diffèrent dans les trois familles en ce que d’abord dans les Orthocératidées l’alvéolite se développe le plus, la gaîne bélemnitaire ne res-

tant que rudimentaire, ensuite que dans les Belemnitidées la gaîne se développe le plus et l’alvéolite ne présente qu’un développement retardé beaucoup moindre, et enfin que dans les Sépidées la lame cornée ou le conotheca devient la plus grande, et qu’elle se dilate en un bouclier allongé, qui occupe le côté dorsal de l’animal. La partie principale de tout l'appareil est l’alvéolite cloisonné, à loges, dites hydrostatiques, ou cavités distinctes, placées entre ses cloisons. Les cavités contiennent, à ce qu’il paraît, l’ovaire et les embryons, qui commencent à se développer dans le siphon et passent de là successivement à la dernière loge, où le nombre des embryons très développés devient de plus en plus grand.

C’est Le dard ou la pointe du cornet qui, correspondant au corps ovoïde de l’alvéolite des Bélemnites, donne d’abord origine au siphon, se développe ensuite en cloisons, et compose enfin les paroïs de ces dernières. Les loges contiennent l’ovaire, qui, en se développant de plus en plus, se retire d’une loge aux autres plus grandes et laisse par conséquent la loge précédente vide; par là elles deviennent hydrostatiques. Les cloisons paraissent avoir été membraneuses au commencement, pendant la vie de l’animal, et se décomposèrent facilement par le développement ultérieur des embryons, qui passèrent d’une loge à une autre. C’est pourquoi on trouve celles-ci souvent détruites et entièrement disparues, comme par exemple dans les Orthocératites, qui en général se distinguent le plus par le développement de l'appareil alvéolaire. M. BARRANDE à donné, dans son grand ouvrage sur les Céphalopodes *, plusieurs figures qui me semblent se rapporter aux embryons des Orthocératites développés dans les loges. Je range ici l'Orthoc. rivale Barr., dont une portion du siphon grossie montre plusieurs embryons emboîtés, les uns placés au dessus des autres, et dont les tests se composent de nombreuses loges, percées par le siphon central. Les petits Orthocératites occupent une position légèrement oblique du côté gauche de la coquille-mère.

Un autre Orthocératite, l’'Orth. mutabile Barr., montre une série de loges, dans lesquelles a disparu la trace des cloisons, qui ne restent visibles que sur la surface externe. L’intérieur des loges présente une multitude de fragments d’Orthocères comme embryons, disposés sans ordre dans là dernière ou grande loge. Les embryons sont au nombre d’envi-

# BArRANDE, Système silurien de la Bohème: les Céphalopodes vol. II. PI. 209. 216. 217.

ron trente individus et de la longueur d’un demi-pouce ou plus, et d’une largeur de deux à trois lignes. La section transverse * montre la disposition relative du grand Orthocératite et des embryons qu’il renferme. L'ovaire était fixé dans la dernière loge, et c’est aussi elle qui à dû contenir le plus grand nombre des embryons, comme l’Orthoc. mutabile les montre effectivement. M. BARRANDE suppose que les petits individus sont tombés: par hazard dans la grande loge et se sont glissés de là suc- . Gessivement dans les loges les plus petites; il donne même la figure de l'Orthoc. decipiens Barr. qui renferme, selon lui, le fragment de l’'Orthoc. dulce Barr. Cependant je ne vois pas de grandes différences entre ces deux espèces, excepté que les cloisons de l’Orth. decipiens sont légèrement ondulées, tandis qu’elles sont toutes droites dans l'O. dulce; donc c’est une compression latérale qui les à infléchies légèrement. Je ne veux pas nier que la grande loge des Orthocères, se trouvant au fond de la mer primitive, puisse contenir quelques autres fossiles, comme de petits Trilobites, mais c’est une exception à la règle, et le plus souvent ce sont les embryons d’Orthocères qui se trouvent dans le siphon des loges précédentes, dans lequel on n’a pas encore observé d’autres corps fossiles.

M. BarranDe à également donné la figure de la section longitudinale de lOrthoceras exoticum, dont le siphon grossi ressemble au siphon de l'Orthoceras cochleatum; le petit embryon occupe une position oblique dans le grand siphon, et la section transverse montre deux cercles, résultant de la présence de deux individus, dont l’un est placé en dedans de l’autre. Cela rappelle la conformation des dards des siphons, dont l’un est comme enchâssé dans l’autre, car la section transverse y montre plusieurs cercles, qui s’enveloppent les uns les autres. C’est également la conformation de l’'Endoceras Hazz. **, dont les pointes ou

dards des siphons emboîtés appartiennent à autant de tubes embryonnaires, destinés au développement des œufs. M. Quexsrenr ***, à qui ne sourit pas l’idée de M. Hazr, c’est-à-dire de voir dans les siphons et les loges des Céphalopodes des tubes embryonnaires, regarde les cornets emboîtés comme tombés ou parvenus par hazard les uns dans les autres, quoiqu'il y aitun genre, le Plioceras Sr. du calcaire ancien de l’Ecosse,

CNP 21 fe 12

#* Paleontology of New-York I, p. 58: voir là dessus QuexsrenT, Handb. d. Petrefacienkunde, Tübingen, 1867, p.404. PI. 33, fig. 1.

qui prouve le contraire, car les cloisons y sont formées par les dards ou cornets, disposés régulièrement les uns au dessus des autres, formant en même temps les cloisons des loges elles-mêmes. C’est par conséquent la conformation la plus simple d’une coquille concamérée à siphon très élargi passant immédiatement aux loges, et offrant la dernière loge fortement développée.

Les cloisons restent quelquefois rudimentaires, ou se développent à muitié d’un seul côté, tandis que l’autre côté est occupé par une grande loge, qui à dû recevoir l'ovaire et servir au développement des embryons: c’est la conformation de l’'Ascoceras, quise trouve en Esthonie aussi bien qu’en Bohème *. Le siphon ne manque pas à ce genre; il y est, selon M. BarranDe, très développé et forme en même temps la grande et unique loge qui occupe Le côté opposé de la coquille. Cependant quelquefois le siphon manque entièrement, comme au Nothoceras de l’Esthonie; il se compose de loges simples, concamérées et superposées les unes aux autres, et d’une grande cavité ou loge unique qui a dû contenir l’ovaire. C’est le genre qui fait passage aux Seiches de l’océan actuel et qui prouve que l’alvéolite peut également manquer au profit de la lame cornée, laquelle dans ce cas se développe d’une manière extraordinaire. La lame ovalaire allongée est lisse en dehors, contient en dedans un grand nombre de cloisons d’un faux alvéolite, et se termine dans le haut par un petit rostre à couches concentriques, qui ressemble au rostre des bélemnites. Nous voyons par conséquent dans la lame cornée des Seiches l’alvéolite et le rostre réunis et rudimentaires, tandis que ces deux parties sont très développées, l’alvéolite dans les Orthocératidées et le rostre dans les Bélemnitidées. |

La lame cornée est placée chez les Seiches au milieu des parties musculaires du manteau; elle leur donne plus de solidité et soutient en même temps les viscères, surtout l’estomac, le canal intestinal, le foie, l'ovaire, le sac à encre et les autres organes. Elle correspond dans ce cas au squelette des animaux vertébrés, et ne manque pas aux Tétrabranchiées, aux Ammonites, dans lesquels l’aptychus, composé de deux parties symétriques, occupe la place et les fonctions de la lame cornée, offrant presque la même conformation anatomique; elle se retrouve même chez les Nautilidées, sous la forme d’une partie charnue semi-cireulaire, fixée en arrière de la tête du Nautile vivant.

*#* M. Barranne, Céphalop. vol. II, doute sans raison de l'identité de l’Ascoceras esthonien avec celui de la Bohème.

Cr

Famille première.

Sépidées voy. vol. EL pag. 1192.

Ce n’est qu'avec doute que je place dans les Sépidées un genre dont la structure rappelle un peu le Belemnoteuthis: il se peut que c’est un genre d’une tout autre famille; c’est ce que nous apprendrait un individu mieux conservé, qui par la suite serait trouvé dans la localité d’où provient celui que nous possédons.

Genre I. Macrochone m (uaxçog, grand; yœovy, entonnoir).

Testa magna, infundibuliformis, calcarea, epidermide undatim ac concentrice striato contecta, altera testa interna corneo-calcarea, dilatatoconica, e stratis concentricis lamelliformibus exstructa; altera vel lamina triangulari aptychum referente, inter molles pallii viscerumque aliorum partes pridem procul dubio praevio.

La coquille calcaire, assez grande, est infundibuliforme et striée, à stries transverses ondulées et couverte d’un épiderme corné également strié; un second test, interne à ce qu’il paraît, corné, en large et court cône, occupait le côté gauche de cette grande coquille, et au milieu de la cavité supérieure de celle-ci se trouve une lamelle calcaire triangulaire, comme un troisième test sillonné concentriquement, imitant la forme d’un aptychus; les parties charnues du manteau et d’autres viscères paraissent avoir entouré l’aptychus.

Ce genre se trouve dans le terrain jurassique ou plutôt dans le néocomien.

Esp. 1138. Macroch.striata m ” PI. XXXII, fig. 1 gr. nat.

Testa magna infundibuliformis, concentrice et undatim tenuiter striata, epidermide tenui similiter striato, secunda testa laterali e laminis concentricis subito dilatatis exstructa, ac tertia lamina triangulari aptychum referente, concentrice striata.

Hab. dans le calcaire ferrugineux jurassique ou néocomien aux environs de Ssysran dans le gouvernement de Ssimbirsk.

La coquille, assez grande et calcaire, simule un entonnoir, qui s’élargit rapidement; elle est ornée de nombreuses stries d’accroissement, les stiies fines et très rapprochées sont concentriques et s’infléchissent d'un côté, à peu près comme les stries du godet de la lame cornée des

Bélemnites. I’épiderme corné, recouvrant la coquille infandibuliforme, Eichwald, Lethaea rossica. IL. 62

est marqué de semblables stries infléchies, très fines et rapprochées; cette structure nous rappelle le godet de la lame cornée des Bélemnites. La seconde coquille latérale est petite et composée de stries concentriques, entre lesquelles on remarque de larges rubans, comme dans le Belemnoteuthis antiquus Mawr. (Belemnites Oweni Prarr), qui se rapproche le plus du Macrochone *. La petite coquille occupait probablement le dedans de la grande valve et servait à soutenir l'ovaire, qui a dû occuper l'estomac et le sac à encre dans la cavité de la coquille en entonnoir.

Un corps tout à fait particuher, c’est l’aptychus, placé au milieu de la coquille entre des parties charnues du manteau et d’autres viscères, qui y ont laissé leurs moules. TL’aptychus calcaire a une forme triangulaire, un peu irrégulière, à surface striée, les stries d’accroissement concentriques commencent au bout aigu et vont en se dilatant vers le bord élargi. Ce n’est qu’une lame, c’est-à-dire la moitié d’un aptychus qui s’est trouvé jusqu’à présent dans ce genre inconnu de Céphalopodes douteux; il se peut que la lame triangulaire, quant à son usage primitif, se rapportait à la lame cornée des Seiches et des Bélemnites plutôt qu'aux aptychus des Ammonites, dont la fonction cependant a dû être la même, à savoir de soutenir les parties charnues du manteau et les autres viscères de la Seiche et de leur donner plus de solidité. Par suite la lame triangulaire est placée au milieu de toutes les parties molles viscérales qui s’y trouvent en moules, tandis que d’autres organes, imitant les œufs de l'ovaire, s’attachèrent à la petite coquille à bandes concentriques.

L'ensemble de toutes ces parties est tellement extraordinaire que je ne vois qu’une légère affinité avec le genre Belemnotheutis Parce, auquel M. Bronx à réuni le Belemnites Oweni Prarr. Dans ce cas le Macrochone aurait eu un corps charnu allongé, à tête pourvue de grands yeux, et à pieds munis de deux rangées longitudinales de crochets cornés, comme les Onychoteuthis des mers actuelles; en outre le manteau était composé de couches musculaires concentriques très fines et se dilatait en arrière en deux nageoires charnues. Le corps se prolongeait en arrière, et y renfermait la grande coquille, enveloppée par l’épiderme strié; celle-ci gardait dans sa grande cavité la petite coquille à bandes concentriques, dépourvue de loges et de cloisons alvéo-

# Voy. Bronx, Leth. geogn. IT, p. 403. PI. XXIV!, fig. 12—13 et Owen, Description of certain Belemnites, preserved, with a great portion of their soft parts, in the oxford clay a Christian Malford, Wilts. Plate IE, p. 77.

laires, parce que sa cavité à dû servir à recevoir l'ovaire. La coquille se dilatait brusquement et par là elle différait des Bélemnites, qui ne deviennent jamais aussi larges à leur ouverture que le Macrochone.

Le fragment de la grande coquille en entonnoir à 2 p. 41. de long, il offre une largeur de 7 1. en bas et de 1 p. { L. à son ouverture.

Il est également fort singulier de trouver un demi-aptychus au milieu des viscères du fossile, c’est-à-dire un corps calcaire qui ne s’est rencontré jusqu’à présent que dans les Ammonites; cette partie pourrait par conséquent nous aider à expliquer la fonction des aptychus et fournir la preuve que le Macrochone appartient plutôt aux Céphalopodes qu’à un autre groupe de Mollusques.

Il se peut donc que le Macrochone rentre dans un genre voisin du Conoteuthis Dupiniana d'OrB. du terrain néocomien, dont là coquille en godet est interne et renferme un cône alvéolaire, pourvu de cloisons distinctes; mais comme je ne vois pas de traces de cloisons dans la petite coquille à bandes concentriques, jé suppose que ce genre cs tient plutôt aux Sépidées qu'aux Bélemnitidées.

La fig. 1 de la PI. XXXIT est dessinée en grandeur naturelle: a —b représentent la grande coquille (b) couverte de l’épiderme (a); ce l’aptychus; d le test à bandes concentriques; e les viscères moulés. L'individu est conservé au Muséum paléontologique de l’Institut des mines.

M. TrautscHozD vient de décrire un fragment très indistinct de Conotheutis hastiformis Rèüpr., qui s’est trouvé dans le schiste argileux de Ssimbirsk (Bull. de la Soc. des Naë&ur. de Mosce. 1866. I, pag. 15. PL IV). Le fragment, de */4 de pied de long, est allongé, orné de verrues nombreuses et très petites, situées en rangées obliques divergentes sur le milieu de la surface, et de stries longitudinales sur les flancs du fossile: c'est tout ce qu'on voit, et cela ne suffit pas pour prouver que le fragment appartient effectivement à l'espèce jurassique de Solenhofen, quoiqu'il ait la forme générale de losselet de Seiche. Un autre fossile du même terrain néocomien de Ssimbirsk, décrit et figuré dans le même Bulletin (1. c. p. 15. PI. III, fig. 1) sous le nom d’Auloceras inaequilaterum TR. n'appartient pas non plus aux Céphalopodes, car il manque du siphon et des cloisons régulières, mais il a les plus grands rapports avec les Rudistes, et rappelle le Radiolites Fleuriausianus d'Ors. du cénomanien de la Charente-[nférieure, de sorte que je serais même porté à le réunir avec celui-ci (Paléont. Îr. Terr. crét. pag. 204. PI. 548).

GA à

Famille seconde.

Bélemnitidées.

Les Bélemnites, animaux très extraordinaires, sont fort peu connus d’après leur forme générale, car ce ne sont que des tests intérieurs que l’on trouve assez bien conservés dans les terrains jurassique et crétacé, tandis que les parties molles, la tête, les pieds et tous les viscères, même le sac à encre, manquent totalement; par suite il n’est pas possible de rétablir leur forme extérieure. Les parties fossiles se composent: 1) de lalvéolite, nommé aussi phragmoconus, en cône concaméré et pourvu d’un siphon ventral; 2) de la lame cornée à godet pointu, nommée aussi conotheca, correspondant au dard des Orthocératidées, et 3) de la gaîne à couches concentriques, et terminée en rostre, c’est-à-dire de la bélemnite proprement dite, correspondant à la gaîne pointue à couches concentriques du Spirulirostra *. Le eône concaméré à siphon se développe du corps ovoïde et se compose de eloisons nombreuses, devenant de plus en plus larges et présentant la forme des disques concaves. Le godet de la lame cornée se compose également de couches concentriques, qui enveloppent l’alvéolite et présentent la forme conique en plusieurs couches de l’alvéolite: rarement on retrouve fossile la large production du godet ou cornet, en lame cornée, comme celle de lOmmastrephes angustus d'Ors. du terrain oxfordien supérieur. Ce genre fossile a servi à M. d’OrBrany pour rétablir la forme extérieure des Bélemnites **. Cependant la gaîne extérieure ou la bélemnite manque à lOmmastrephes, et ce n’est que le petit rostre de la lame cornée ou de l’osselet de la Seiche qui puisse être comparé au rostre bélemnitaire, car l’un et l’autre se composent de couches concentriques et se terminent en une pointe pourvue d’une cavité, comme le grand rostre du Belosepia sepioidea Fors. du terrain tertiaire, qui rappelle beaucoup le rostre ou la gaîne des Bélemnites.

Genre II. Belemnites AGR1coza.

La bélemnite proprement dite n’est que la gaîne à couches concentriques et à rostre ou pointe terminale d’un animal céphalopode inconnu, que nous rangeons parmi les Sépidées nus, tandis que M. Quenstept en

# Comparez le Spirulirostra Bellardi du terrain tertiaire moyen du mont Superga aux environs de Turin, Quensrepr, Petrefactenkunde pag. 473. PI. 41, fig. 7.

#* Paléont. fr. Terr. jur. Céphalopodes. PI. 2, fig. 1—2, p. 33.

fait une famille intermédiaire entre les Mollusques céphalopodes dibranchiés et tétrabranchiés. Par suite les Bélemnites appartiennent aux parties internes des Sépidées et étaient enveloppés par le manteau à nageoires terminales, auxquelles la gaîne à rostre donne plus de solidité pour se fixer. La bélemnite conique, lancéolée, hastée ou pistilliforme, est composée de couches concentriques, qui laissent en dedans une cavité conique pour recevoir le dard ou le godet de la lame cornée et l’alvéo-

lite concaméré. L'intérieur de la bélemnite est traversé par un canal

très étroit, qui forme la ligne apiciale et se termine quelquefois au bout par un enfoncement profond. La ligne apiciale se compose de très petits dards de la gaîne alvéolaire, qui forment des couches concentriques, situées les unes au dessus des autres. La concavité de ces petites lamelles concentriques est tournée vers la cavité alvéolaire; elles sont les traces de dards de la gaîne alvéolaire qui descend de plus en plus bas vers l'ouverture de la bélemnite. Cependant on rencontre très rarement les traces des dards bien conservés. Je les vois bien accusés chez les Bélemnitelles, tandis qu’ils montrent dans des Bélemnites une ligne presque dépourvue d’une structure quelconque. M. d'OrBreny * présume que les Bélemnites sont voisines des Ommastrèphes et des Onychoteuthis; elles ont également l’osselet corné, allongé et pourvu du rostre au sommet ou à sa partie supérieure; mais elles diffèrent pourtant des Ommatostrèphes par l’alvéolite concaméré, contenu dans le godet conique de la lame cornée. L’animal, muni de huit pieds à doubles rangées de crochets cornés, à en juger d’après les empreintes d’osselets fossiles connus et la longueur des rostres, avait une forme allongée, analogue à celle des Ommastrèphes et d’autres Céphalopodes pélagiens.

La bélemnite n’est pas encore bien connue quant à ses relations avec l'animal. M. d’OrBreny suppose ,que l’alvéolite remplace tout simplement la vessie natatoire des poissons, parce que, dit-il **, le nombre des loges hydrostatiques s’augmente en raison proportionelle de la pesanteur du corps de l’animal. Quant au rostre, on pourrait, d’après lui, facilement déduire ses fonctions de sa position par rapport à la nage rétrograde des Céphalopodes; car tous ces animaux, avançant par l’extrémité opposée à la tête, et n’appréciant pas toujours les obstacles qui pourraient les arrêter dans un élan donné, avaient besoin d’une partie plus ferme, qui pût résister aux chocs.“

# Le. p. 32.

** Terrains crétacés |. c. p. 34—35.

Si c'était là effectivement le cas, la bélemnite ou le rostre bien développé ne manquerait pas aux Seiches, animaux voisins des Bélemnites, qui, ayant presque la même conformation, doivent avoir aussi les mêmes mœurs. Néanmoins, excepté la grande lame cornée, elles n’ont que la pointe bélemnitaire très peu développée en un petit piquant qui ne peut pas résister aux chocs pendant la nage des Seiches.

Je suppose par conséquent une autre fonction de l’alvéolite et de la bélemnite *: l’alvéolite dans sa dernière loge soutient l'ovaire et les œufs, qui chez les Orthocératites se développent également dans le grand siphon et dans les loges, et passent chez les Bélemnites de l'ovaire au rostre bélemnitaire, qui correspond à l’oviducte, pour ieur développement ultérieur. Le rostre est d’après cela la glande nidamentale des Seiches vivantes et appartient aux organes de génération. Relativement à cette conformation, M. G. Cuvier dit ** que les sexes des Céphalopodes sont séparés et. que l’ovaire de la femelle est dans le fond du sac musculeux qui enveloppe tous les viscères. Deux oviductes en prennent les œufs et les conduisent au dehors au travers de deux grosses glandes (les glandes nidamentales), qui les enveloppent d’une matière visqueuse et les rassemblent en une espèce de grappes. — On les trouve aussi quelquefois fossiles, tantôt arrondies en forme d'œufs, tantôt allongés, en embryons, qui percent la bélemnite, comme nous le verrons plus loin.

La bélemnite ou le rostre se trouve rarement très bien conservée dans le terrain néocomien; je possède, de Khoroschéwo, des fragments de bélemnites, dont l’un est figuré à la Planche XXXII, fig. 2 a—f. Ilse compose de petites lamelles rayonnées 1. c. fig. 2 a—b en grandeur naturelle, dont la fig. 2 a les présente en coupe horizontale et la fig. 2 b en coupe verticale. Les lamelles grossies en coupe horizontale (1. c. fig. 2 c d) sont inégales en épaisseur, et dans les mêmes (fig. 2 b) en coupe verticale et grossies (1. c. fig. 2 e) alternent des lamelles fines avec des épaisses; la fig. 2 f montre la réunion des lamelles entre elles en coupe verticale et parallèle à l'axe de la bélemnite; elles forment par là un réseau de cellules. La conformation celluleuse paraît la naturelle ou la primitive, qui par la fossilisation a dû se changer plus tard en une masse

# Voy. Über fossile Insekten und Belemniten, Amtlich. Bericht über die

39. Versammlung deutscher Naturforscher und Aerzte in Giessen 1865, p. 169 bis 173.

** Cuvier, Règne animal vol. IE, p. 10 -

fibreuse ou compacte, siliceuse ou calcaire. Dans tout état de cause, la bélemnite était primitivement, comme la glande nidamentale des Seiches des naturalistes d'aujourd'hui, un corps mou, qui pouvait se fléchir en différentes directions et dont deux pouvaient même se souder intimement. La masse bélemnitaire, supposée molle, a dû servir au développement des œufs, et on trouve souvent ces derniers, quelquefois en grand nombre, dans la bélemnite en dessous des membranes qui l’enveloppent. On observe les œufs le plus souvent chez le Belemnitella mucronata et le Belemnites Grasianus Duv. Ils se montrent à la surface des Bélemnites (PL XXXIII, fig. 17 a b) sous la forme de cercles ondulés concentriques, ayant à leur centre un petit tubercule *. M. Rasparz décrit dans les plus grands détails ce genre de disposition et la regarde comme résultant de la présence d’un animal parasite cartilagineux, habitant dans les Bélemnites, dont il corrodait la substance; il le nomme Spirozoites belemnitiphagus. M. Az. Bronenrarr ** pense au contraire que cette disposition résulte simplement de la tendence particulière qu'a la silice à se déposer en couches ou cordons concentriques; maïs il n?en est pas moins remarquable que cette disposition de la silice ne se rencontre qu'à l’intérieur des Bélemnites et jamais à leur surface. C’est toujours sous l’enveloppe extérieure calcaire des Bélemnites que les corps con-. centriques à petit tubercule se rencontrent; je les considère par. suite plutôt comme des œufs des Bélemnites, et je vois dans le tubercule le noyau primitif des œufs.

On remarque également dans les Bélemnites de petites cavités allongées ***, remplies d’une masse crétacée très régulière, présentant une ouverture fort étroite. Les petits corps, dont Denis DE Moxtrorr a fait un genre de vers sous le nom de Porodragus, se trouvent, selon M Duvaz-Jouve, sur toutes les espèces de Bélemnites. M. DE BLaINvizcef attribue ces excavations à l’action de quelque animal marin, et M. Duvaz- Jouve dit à cette occasion qu’il ignore complétement à quelle cause il faut les rapporter, et qu’il n’a rien trouvé qui pût servir de base à cette, opinion, mais qu’il a été toujours surpris de n’en point trouver d’isolées, M. ne BLAINviLLE ajoute en outre: ,si ces cavités sont dues à un mollusque perforant, comment a-t-il perforé le côté de la bélemnite appuyée sur

* Duvar-Jouve, Bélemnites des terrains crétacés inférieurs de Castellane. Paris 1841, p. 25. PI. 7, fig. 6—7.

PIN Cnp.21 ### |, ce. p. 26.

le fond des eaux?“ * Je suis par là porté à supposer que ces nombreux trous proviennent des embryons des Bélemnites, et que les Bélemnites qui n’en présentent aucune trace peuvent être des mâles, et celles qui en sont entièrement couvertes, des femelles. Je donne sur la PL XXXII la fig. 3 du Belemnites canaliculatus BL. du terrain jurassique de Ssoudagh en Crimée; on remarque dans cette espèce, remplie de trous, au milieu de la bélemnite, un canal distinct, par lequel les embryons — et comme tels je prends les corps allongés crétacés qui remplissent les trous — pouvaient sortir et passer à la rainure ventrale de la Bélemnite. Le canal central a dû recevoir les œufs, des loges de l’alvéolite et les conduire à la bélemnite celluleuse, où ils se sont développés en embryons. Ils y devaient prenäre les éléments calcaires pour leurs parties solides intérieures. C’est probablement là aussi la fonction de la glande nidamentale des Seiches actuelles.

Les embryons occupent en grand nombre tantôt la surface des bélemnites, tantôt ils se trouvent dans l'intérieur de la masse, voy. PI. XXXIIT, fig. 10 b c., en sorte qu'ils s’y trouvent au passage par cet organe, qui à dû servir comme glande ou oviducte à leur a ultérieur.

Je possède une Bélemnite d’Iletzkaya, figurée à à la PL XXXIL, PEL a—b, qui est remarquable sous plusieurs rapports. Elle montre d’abord un alvéolite à loges hydrostatiques très rapprochées et très nombreuses; la petite quantité d’air qu’elles ont dû contenir, ne pouvait pas rendre plus légère la bélemnite épaisse pour faciliter la natation de l’animal, en maintenant l'équilibre de la bélemnite. La cavité, au dessus de la dernière loge, est en outre remplie d’une masse calcaire en grumeaux, que je suppose être l’ovaire rempli d'œufs. La croûte ou l’enveloppe extérieure de la bélemnite est comme tuberculeuse, la surface montrant les grumeaux en tubercules qui se voient en dedans de la masse que je prends pour l'ovaire (voy. PI. XXXIL, fig. 11 d). À

Les Bélemnites en général diffèrent beaucoup par leur enveloppe externe: quelques unes — et c’en est le plus grand nombre — n’en pré-

* Il se peut même que le genre de vers marins, nommé par M. DE HAGgewow Talpina, ne sont que les embryons des Bélem nites, qui, sortant de l’oviducte, laissent de longs canaux, comme on en observe souvent sur le Bele mnites giganteus ScaLot. (Quensr., Cephalopoden p. 432. PI. 28, fig. 1); M pe HAcenow en fait plusieurs espèces de Talpina, le foliacea, solitaria, ramosa, et d'autres, dont quelques unes appartiennent peut-être effectivement au genre Entobia.

sentent pas du tout; d’autres, comme le Belemnites absolutus Frscx., sont couvertes d’une enveloppe calcaire tantôt très mince, tantôt fort épaisse. Quand l'enveloppe ou la croûte\est mince, elle est intimement fixée à la bélemnite; mais quand elle devient épaisse, elle se détache de la surface de la bélemnite, conserve la même forme extérieure avec celleci, et laisse un espace vide entre la surface de la bélemnite et elle-même, voy. PI. XXXII, fig. 6 z. Ces individus, qui semblent appartenir à la même espèce, au Bel. absolutus, sont couverts d’une croûte calcaire épaisse (1. c. x), qui, se détachant de plus en plus sur les quatre côtés, y laisse autant de canaux longitudinaux (1. c. z) longeant la bélemnite et semblant avoir été destinés à conduire les embryons au dehors. La croûte calcaire de ces individus est carrée et marquée sur les quatre côtés d’un profond sillon longitudinal, qui est le plus profond du côté ventral, sur lequel la rainure du Belemnites absolutus est aussi le plus large et le plus profonde. J’ai cru d’abord que la croûte calcaire est un dépôt accidentel; maïs, en raison de sa forme très régulière, je suppose maintenant que lenveloppe (1. c. fig. 5 et 6 x) appartient aux parties essentielles de la Bélemnite, qui auraient été couvertes en outre par le manteau de Panimal. La structure est la même que celle de la bélemnite: elle se compose de couches calcaires concentriques, traversées par des rayons calcaires, comme la bélemnite, et n’en diffèrent que par sa masse calcaire plus molle et blanche, tandis que la bélemnite est plus dure, presque siliceuse. La surface de la croûte est inégale et rude, celle de la bélemnite, au contraire, lisse et égale.

Les Bélemnites crétacées ou Bélemnitelles se distinguent de tous les autres Céphalopodes par leur surface, munie de nombreuses impressions longitudinales simples et par d’autres impressions bifurquées vasculaires, que je voudrais rapporter aux empreintes vasculaires de l’oviducte ou de la glande nidamentale. J’ai donné à la fig. 18 c de la PI. XXXIIT le Belemnitella mucronata var. inflata de la craie blanche, dont la surface est marquée du côté dorsal de deux impressions longitudinales et parallèles, laissant l’espace dorsal entre elles entièrement lisse, tandis que les deux côtés sont ornés de nombreuses impressions obliques et bifurquées, qui proviennent des vaisseaux longitudinaux de la glande nidamentale.. Le Belemnitella mucronata (PL XYXIIT, fig. 17 a b) ordinaire de la même craie blanche présente la disposition des vaisseaux d’une autre manière: ils occupent les deux côtés de la fente (1. c. x) en un réseau formé de nombreux vaisseaux courts et ramifiés.

Esp. 1139. Belemn. digitalis Fauvre-Bic.

PI, XXXIL fig. 4 gr. nat. a la bélemnite vue de côté; b sa Éobpe transversale.

Fauvre-Biçuer, Sur les Bélemnites. Paris 1810.

Belemn. irregularis Scarorn., Miner, Taschenb. 1813. PL. 3, fig. 2. — digitalis BLamvize, Sur les Bélemnites 1. c. p. 88. PL 3, fig. 5-6. — digitus Quensr., Cephalop. I. c. p. 416. PI. 26, fig. 1—11.

Le test conique est comprimé et diminue lentement à partir de la base vers le sommet, qui est marqué d’un pore profond; la coupe est elliptique.

Hab. dans le calcaire jurassique noïrâtre aux environs de Ssoudagh en Crimée, ainsi que dans le schiste à Posidonomyes de la Franconie et du Wurtemberg, également dans un grès jaune du jura brun de Heiningen dans le Wurtemberg.

Le test petit a la forme d’un doigt, surtout au sommet arrondi et obtus; les côtés latéraux sont comprimés, le dorsal plus large que le ventral, qui est marqué d’un sillon assez profond.

L’individu de la Crimée a 1 p. de long, et ne montre pas encore l’alvéole; il est lisse à sa surface et à 5 I. de large dans une direction et 61,2 1. dans l’autre.

L'espèce du lias de l'Allemagne offre le côté ventral plus étroit que le dorsal; elle est marquée du sillon ventral, tandis que le sillon de l’individu de la Crimée se trouve au dos, qui est plus large que le côté ventral, en sorte que la coupe transversale (1. c. fig. 8 b) est presque triangulaire, à angles obtus.

Esp. 1140. Belemn. canaliculatus ScacoTx.

PI. XXXII, fig. 3 en gr. nat.; a vu du côté ventral; b coupe transversale.

Petrefactenkunde vol. I, p. 49.

D'Orsiçny, Terr. jur. vol. I, p. 108. PI. 13, fig. 1—6.

BLain vice, Sur les Bélemnites 1. c. p. 67. PI. 2, fig. 1—3.

Quexsrenr, Cephalop. 1. ec. p. 436. PI. 29, fig. 1-7, Handb. der Petrefactenk. 1. c. p. 468. PI. 40, fig. 14.

Le test allongé et effilé s’amincit assez régulièrement; il est comprimé et pourvu d’un large et profond sillon ventral, qui se prolonge de la base jusqu’auprès du sommet.

Hab. dans l’étage du jura brun aux environs de Popilani en Lithuanie, près de Bzéw en Pologne, et dans un semblable calcaire ferrugineux du jura brun de la vallée de Naridon au Caucase du nord, ainsi que dans

le jura brun de l’Allemagne, de la France, de l'Angleterre et même de l'Himalaya et de Cutsch dans l'Inde.

Cette espèce diffère du Belemnites ab solutus Fisc. par son sillon profond plus étroit que celui du Belemn. absolutus, lequel se dilate beaucoup plus, devient par là moins profond et occupe aussi le sommet. Les Belemnites altorfiensis BLaINv., apiciconus BL. et acutus Bz, du terrain jurassique de la France ne différent pas du

- Bel. canaliculatus. M. Bronx présume même que lespèce de la

Russie est le Belemn. Puzosianus d’Onrs.* du terrain oxfordien de la France, mais celui-ci n’a pas le canal ventral si long et si profond: il ne forme qu'un sillon occupant le tiers du test, et laisse libre le sommet, M. De Bucu ** le cite aussi de Ssimbirsk et de Ssysran sur le Volga, maïs je suppose qu’il l'aura confondu avec quelque autre espèce, et notamment avec le Bel. absolutus.

Les mâles sont plus grêles que les femelles; celles-ci sont plus larges et remplies d’un grand nombre d’impressions allongées d’un blanc jaunâtre, que je suppose être des embryons; ils occupent tous les côtés de la bélemnite et sont de différente grandeur (PI. XXXII, fig. 3). L’individu à 1 p. 71 de long et près de 6 1. de large, mesuré entre les deux côtés, et près de 5 L. de large, mesuré entre les côtés dorsal et ventral (1 c. fig. 4 b). L’alvéole se prolonge au centre en un petit canal; une fente part du canal et descend jusqu’au sillon ventral. Le sommet de la

femelle est plus obtus que celui du mâle, qui est plus étroit et plus pointu.

Esp. 1141. Belemn. hastatus BLanv.

PI. XXXIL fig. 13 gr. nat. (l’alvéolite). BLanvizce, Sur les Bélemnites |. c. p. 71. PI. 1, fig. 00. PI. 2, fig 4.

D’Ongieny, Paléont. fr. Terr. jur. E, p. 121. PI. 18, 19. Belemn. semisulcatus Münsr., Bemerk. zur Kenntn. d. Belemniten 1830. PI. 1, fie. 1—8.

Belemn.unicanaliculatus ZiETEen, Verstein Würitembergs. PI. 24, fig. 8. Le test allongé est pointu au sommet, renflé d’abord, et s’étrangle

ensuite en forme de col, pour se dilater de nouveau en un bouclier ovalaire

et allongé, jusqu’à l’ouverture ou la base; un seul sillon en canal étroit

et assez profond occupe le côté ventral, sans se prolonger jusqu'au

sommet.

Hab. dans l'étage du jura brun de Bzôw en Pologne, de Popilani,

- * Paléont. fr. Terr. jur. |. c. PI. 16, fig. 1—6. ## Beitr. zur Kenntn. d. Gebirgsform. Russl. J. c. p. 94.

de Nigranden en Lithuanie, de Koltzowo aux environs de Twer, près de Tambow, en Crimée près de Cobsel, au Caucase dans la vallée de Naridon et aux environs d’Iletzkaya près d’Orenbourg, ainsi que dans le jura blanc du Wurtemberg, en France et en Angleterre dans un terrain jurassique plus ancien.

C’est une espèce très curieuse existant aussi dans l’étage jurassique supérieur de Solenhofen en Bavière en individus très bien conservés, qui, étranglés au milieu de leur bélemnite, se dilatent peu à peu en un bouclier allongé, correspondant à la lame cornée des Seiches; à la base de cette dernière sortait la tête de l’animal, pourvue de dix pieds à crochets. M.QuexsrenT a même observé*, sur l'individu de Solenhofen, la manière dont se développait l'Actinocamax parmi les Bélemnites: il suppose que des deux côtés du corps ovoïde ou de la petite vésicule primitive, au commencement de l’alvéolite, se trouvait un calcaire crétacé mou, qui se détacha peu à peu et laissa apparaître une couche calcaire plus solide. Celle-ci tomba par la suite, de la sorte il y resta un espace vide entre la bélemnite à bord large et saillant et l’alvéolite rétréci; l’alvéolite se perdit ensuite, et la partie inférieure bélemnitaire seule forma lActinocama x, dépourvu de l’alvéole et de l’alvéolite à siphon.

Les individus de Bzéw ont 1 p. 6 L. de long et 4 1. de large; Île sillon ne dépasse pas la moitié de leur longueur; le sommet est toujours très pointu; il y a même un individu qui manque tout à fait du sillon au bout rétréci et qui par là ressemble plutôt an Belemn. pistilliformis qu'au Bel. hastatus. En d’autres endroits de la Pologne, comme à Konopisko, le calcaire jurassique compacte brun renferme l’alvéolite seul de 4 1. de large, à loges d’une demi-ligne de haut. De semblables alvéolites se trouvent aussi dans le calcaire jurassique grisâtre à Posidonomyes de Nigranden; ils ont 7 1. de large et les loges sont de 1/2 L de haut; l’alvéolite, d’une longueur de 11 L, contient jusqu'à 16 loges, recouvertes par la gaîne élargie eb amincie de la bélemnite; elle forme une membrane lisse et luisante ou le godet alvéolaire, qui dans sa cavité élargie reçoit toutes les loges.

Je possède un grand alvéolite de Koltzowo aux environs de Twer, et un autre alvéolite d’Iletzkaya (,) aux environs d’Orenbourg, que je suppose appartenir au même Belemnites hastatus. L’alvéolite de Koltzowo, qui a au commencement la même largeur que celui de Nigranden, s’élargit peu à peu jusqu'à 1 p. 2 L., et contient sur la longueur de

# Quensrenr, Handb. d. Petrefactenkunde I. c. 1865, p. 469.

1 p. 3 L. jusqu’à 10 loges, dont chacune a la hauteur de 11) ].; il est tout à fait pyritisé. L’alvéolite d’Iletzkaya (PL XXXIT, fig. 13) est de la même forme conique, offre en haut une largeur de 9 L., et s’'élargit successivement en bas jusqu'à 1 p. 1 L.; les loges, au nombre de 17, sont couvertes de l’expansion lisse et très mince de la gaîne bélemnitaire, qui paraît comme striée, à stries transversales très fines et très rapprochées.

M. Puscx * dit que le Belemn. fusiformis Mrec. *, qui est identique avec le Belemn. hastatus BL., se trouve aussi dans des rognons ferrugineux jurassiques à sphérosidérites de Dankowice et de Zwierzynice près de Krzepice et de Jaworznik aux environs de Zarki en Pologne, mais comme 1l ne donne pas de figure de son espèce, ce gisement reste douteux, ainsi que celui du Belemn. lanceolatus Sow. espèce crétacée, qui se trouverait, selon M. Puscx, dans les mêmes localités.

Le comte de KeyserziNG a fait figurer l’alvéolite très grand d’une Bélemnite problématique du bord du fleuve Olenek de la Sibérie orientale, qu’il rapporte avec doute au Belemn. hastatus; l’alvéolite s’en distingue effectivement par ses loges plus rapprochées et par leurs bords renflés et presque ondulés. T’alvéolite, d’une longueur de 1 p. 4 Let d’une largeur de 11 1., se compose de 6 loges, qui ont 2 1. de haut ***.

Esp. 1142. Belemn. semihastatus BL.

Bzanvize, Sur les Bélemnites 1. c. p. 72. PI. 2, fig. 5. PI. 5, fig. 1—2. Quexstepr, Handb. d. Petref. 1. c. p. 468. PI. 40, fig. 11.

Le test, assez court et comprimé, est fusiforme ou lancéolé, le canal ventral étroit a les bords évasés et s’élargissant au bout inférieur; deux sillons fort légers sont bien distincts de chaque côté; le test se distingue par plusieurs difformités au sommet.

Hab. dans l'étage du jura brun à Ammonites ornatus de Popilani en Lithuanie, de Tambow et de Dorogomilow aux environs de Moscou, ainsi que près d'Aalen, Eningen et Lautlingen au Wurtemberg.

Cette espèce se trouve en deux variétés, dont l’une est comprimée et l’autre cylindrique; la première, Bel. semihastatus depressus Quensr. f ou Bell. calloviensis OPr. ŸŸ, se trouve à Popilani et res-

* Polens Paläontologie I. c. p. 162.

#* ParxiNson, Organ. rem. III. PI. 8, fig. 13. ##% MippENDORFr, Sibirische Reise Bd. TI. Thl. 1, p. 251. PI. 4, fig. 6. + Quensrent, Petrefactenk. 1867, p. 469.

++ OPrez, Die Juraformation 1. c. 1858, p. 546.

semble beaucoup, à cause de son canal profond, au Bel. canaliculatus, duquel elle se distingue par les deux sillons latéraux très fins, mais bien exprimés ; tandis que la seconde se rencontre, comme Bel. semihastatus rotundus QuexsT., à Dorogomilow; elle est renflée au sommet très déformé *. L’individu de Popilani ** est comprimé, à large et profond canal et à deux sillons latéraux; il a 1 p. de long et près de 4 L de large d’un côté à l’autre, tandis que sa largeur dans la direction d'avant en arrière ne montre que 3 lignes.

Les individus des environs de Tambow ont 1 p. 2 1. de long et 2h 1. de large au milieu, où ils sont très larges; ils sont bruns, comme de l'ambre et demi-transparents.

Esp. 1143. Belemn. clavatus Scaorx.

Petrefactenkunde I, p. 49.

Belemnites clavatus BLainv., Sur les Bélemnites 1. c. p. 97. PI. 3, fig. 12 abet B. pistilliformis BL. I. c. p. 58. PI 5, fig. 16.

D’Orgiexy, Paléont. fr. Terr. jur. p. 103. PI. 11, fig. 19—25.

Le test en massue est court, étroit à sa base et renflé vers le sommet, qui est obtus et très surchargé; la surface est lisse, sans canal et sans lignes longitudinales.

Hab. dans l'étage jurassique brun de Popilani en Lithuanie, ainsi que dans le jura brun du Wurtemberg, réuni à l'Ammonites torulosus, et même plus bas dans le lias à Ammonites amaltheus.

L’individu de Popilani est très petit; il n’a qu'environ 1 p. de long, 21/2 1. de large vers le sommet, et 1/4 1. de large à la base, qui est légèrement comprimée, en sorte que la coupe transversale est un peu elliptique.

Cette espèce rappelle le Belemn. fusiformis; celui-ci cependant est fusiforme et marqué d’un sillon basal très accusé et de légères lignes latérales, qui manquent au Bel. clavatus, mais se rencontrent également sur les Belemn. hastatus et semihastatus. Le Bel. clavatus est couvert d’un épiderme lisse, qui se détache facilement, surtout sur deux côtés opposés, et c’est alors que sa forme cylindrique basale devient légèrement comprimée et elliptique en coupe. -

* Traurscaozp, Bull. de la Soc. des Nat. de Mosc. 1859. PI. IT, fig. 28. ** Zoologia spec. 1. c. vol. IE, p. 27. PI. IL fig. 7.

Esp. 1144. Belemn. bessinus d'Ors.

Paléont. fr. Terr. jur. LL. c. p. 110. PL 13, fig. 7—13.

Le test allongé est cylindrique et rétréci vers le sommet, qui est fort aigu; le côté ventral est marqué d’un canal profond, qui n’arrive pas jusqu’à la pointe du sommet; le test, cylindrique à la base, devient de plus en plus comprimé vers le sommet.

Hab, dans l’étage oxfordien de Bz6w en Pologne, ainsi que dans le terrain oxfordien de la France,

Cette espèce se distingue par son sommet très pointu et par son canal fort large, qui n’atteint pas la pointe du sommet. C’est là presque la seule différence d’avec le Belemn. canaliculatus, dont le sommet est plus obtus; il manque en outre des deux sillons latéraux du Bel. semihastatus, tandis que le Bel. hastatus ne se distingue que par son canal ventral moins long et par le test un peu plus renflé, avant d'arriver à la pointe du sommet.

Le plus grand individu de Bzôw de ma collection a 1 p. 2 L de long et de 4 L. de large à la base, mesuré d’un côté à l’autre, tandis que épaisseur du côté ventral vers le dorsal n’est que de 3! L D’autres individus plus petits me semblent appartenir au Belem. hastatus.

Esp. 1145. Belemn. Beaumontianus d’Ors.

Paléont. fr. Terr. jur. L. c. I, p. 118. PI. 16, fig. 7—11.

Le test, allongé et cylindrique, est légèrement comprimé du côté ventral vers le dorsal, et se prolonge successivement en un sommet pointu; le canal ventral est évasé et fort peu profond, surtout près de l’'alvéole; il devient plus étroit au milieu du côté ventral. Hab. dans l'étage oxfordien de Popilani et aux environs de Tambow, ainsi que dans le même terrain en France.

Le test a 4 p. et plus de long, et s’élargit près de l’alvéole jusqu’à 9 L; sa largeur entre les deux côtés est un peu plus grande que d'avant en arrière; le côté ventral est plus ou moins excayé, à canal élargi et superficiel; celui-ci devient même quelquefois si peu profond que le côté ventral paraît plat, comme dépourvu du canal. C’est surtout par ce caractère que notre espèce se distingue du Belemn. absolutus Fiscx. du grès néocomien de Khoroschéwo, dont le canal ventral est plus étroit et plus profond, à bords fortement accusés. Le test du Belemn, absolutus à le sommet plus court et plus obtus, tandis que celui du Bel. Beaumontianus se rétrécit successivement, devient, plus grêle, plus

pointu, et présente le canal fort élargi et superficiel; il se prolonge jus-

qu’à la pointe émoussée du sommet, où, en coupe transversale, il est plus

long que large. Le sommet du Belemn. absolutus est en outre orné. de plusieurs plis longitudinaux, qui manquent au Belemn. Beaumon-

tianus.

C’est aussi le Belemn. giganteus, dont M. pe Bucx fait mention dans le calcaire jurassique de Popilani *.

M. pe Fisouer, a décrit et figuré** assez mal une Bélemnite de Kolomensk, à 10 verstes de Moscou, qu’il a reconnue pour le Bel. aalensis VorTz du lias du Wurtemberg, mais la figure citée est si peu distincte que cette espèce reste douteuse; ce n’est pas non plus le Belemn. giganteus ScucLoTx., comme le suppose également M. pe Fiscner.

Esp. 1146. Belemn. giganteus ScaLorx.

D’Orgiexy, Paléont. fr Terr. jur. 1. c. p. 112. PL 14 et 15. Zoologia specialis Rossiae I. e. vol. IT, p. 28. PI 2. fig. 8. Belemn. gigas BLanvizze |. c. p.91. PI. 5, fig. 20 et Belemn. gladius Bi. L. c. p. 89. PI. 2, fig. 10.

Quexstenr, Cephalopoden I. c. p. 432. PI. 28, fig. 2—4.

Le test, très allongé, cylindrique, est légèrement comprimé, surtout vers le sommet, tandis qu’il reste presque tout à fait cylindrique vers sa base, près de l’alvéole; le sommet se rétrécit successivement, et est marqué de 4 sillons inégaux, dont le dorso-latéral est le plus grand, le ventro-dorsal le plus petit.

* Hab. dans le jura brun de Popilani, ainsi que dans le même terrain jurassique du Wurtemberg, où il est très fréquent et d’une grandeur considérable.

Cette espèce atteint au Wurtemberg une longueur de 11}2 pied et une circonférence de 6 pouces; elle est plus petite à Popilani, et cylindrique, car les fragments, de la longueur de 2 pouces, n’ont que la largeur de 101 C’est, à ce qu’il paraît, le Belemn. giganteus procerus Quexsr., cylindrique et presque de la même largeur dans toute sa longueur, qui est d’un pied et au delà, tandis que l’autre variété, le Bel. giganteus ventricosus Quensr. devient plus bombé ou ventru sur le côté; la ligne apiciale s'approche de ce côté, et se prolonge en un sommet très rétréci et allongé.

* L. v. Buca, Beitr. z. Bestimm. d. Gebirgsform. Russl. ]. c. p. 77. ** Bull. de Mosc. I. c. 1842, p. 120 et Oryctographie de Mosc. 1837, p. 173. PI. 49, fig. 1. La figure y ressemble plutôt à un Orthocératite, à cause de Palvéolite à larges loges.

L’alvéolite, composé dans l'individu de Popilani de 30 loges, s’élargit doucement, en sorte que la base de la bélemnite devient toute mince, l’'alvéolite n’ayant à sa base incomplète que 10 L. de large. Je ne connais le Belemnites giganteus que de la Russie occidentale; il semble manquer à la Russie centrale et au Caucase.

Esp. 1147. Belemn. absolutus Fiscx.

PI. XXXIL fig. 5, 6, 7, 8 gr. nat.

Oryctographie de Moscou 1837, p. 173. PI. 49, fig. 2. — Bull. de la Soc. des Nat. de Mosc. 1842, p. 121. PI. 1, fig. 1 et 1843, p. 101.

d’Orgieny, Paléont. de la Russie par M. De Verneuis |. c. p. 421. PI. 29, f. 3-9 (exclusis 1—2) et Belemn. volgensis d'Ors. 1. c. PI. 28, fig. 1—14.

Le test cylindrique, allongé, devient légèrement conique vers le sommet, qui se rétrécit doucement, sans devenir pointu; le canal ventral est profond, à bords très distincts, et se dilate légèrement au sommet, qui est pourvu dans le canal d’un ou de deux plis, tandis que d’autres plis se trouvent sur son bout obtus; l’alvéolite est très pointu, et la pointe se dirige un peu obliquement vers le côté ventral.

Hab. dans le néocomien inférieur de Khoroschéwo, de Mniowniki . sur le bord du Volga, dans la ville de Moscou sur le bord du fleuve Jaouza; près de Kolomna au bord du Volga, dans Pargile de Bessonow près de Ssimbirsk, sur le bord du Volga, également aux environs d’Orenbourg, à 45 verstes de cette ville dans un grès néocomien sur les fleuves Berdjanka et Kourala, près d’Iletzkaya, et au nord de la Russie sur les fleuves Ssyssola et Wisinga, près des villages de Kargor et de Wotscha, enfin ça et là sur la Petschora.

Le test allongé est presque conique, lisse et un peu plus large à la base que vers le sommet, qui se rétrécit en une pointe obtuse; le canal commence près du sommet et descend, en s’élargissant, à la base du test; Palvéole cylindrique se dirige légèrement avec sa pointe vers le côté ventral.

Cette espèce n’est pas jurassique, mais néocomienne; elle ne se trouve pas à Popilani, où elle a été confondue, par M. d’Orgiany lui même, avec le Belemnites Beaumontianus, qui se distingue par le canal moins profond et plus évasé, tandis que le canal du Belemn. absolutus est plus profond, plus étroit sur le milieu du côté ventral et s’élargit brusquement près du sommet. Celui-ci se rétrécit très doucement, et est moins pointu que le sommet du Belemn. Beaumontianus, qui est

beaucoup plus pointu et tout lisse, tandis que le sommet du Belemn. Eichwald, Lethaea rossica. II. 63

absolutus est ridé longitudinalement, ou pourvu de petits plis dont un ou deux occupent le canal. Les plis sont plus distincts sur les individus jeunes que sur les adultes, sur lesquels ils disparaissent tôt ou tard; néanmoins ils se conservent quelquefois aussi sur des individus adultes, auxquels M. d'ORBIGNY * à donné le nom de Belemn. volgensis, espèce qui ne s’en distingue presque pas, si ce n’est par la forme un peu plus carrée à son ouverture, par la pointe un peu plus-effilée, et par sa largeur plus grande dans tous les sens. M. d’Orgreny ajoute à cela: ,si les individus du Belemn. volgensis s'étaient trouvés dans le même lieu que le Belemn, absolutus, j'aurais pu les considérer comme une variété de sexe de ce dernier; mais là présence du B. absolutus seulement aux environs de Moscou, tandis que le B. volgensis ne s’est montré que sur les bords du Volga, m'a donné la certitude que ces deux formes ne peuvent dépendre d’une même espèce.“

Je crois au contraire que le Bel. absolutus se rencontre aussi en beaucoup d’autres localités de la Russie, surtout sur les bords du Volga, et que cette espèce doit être réunie avec le B. volgensis, d’autant plus que les individus grêles, à bords du canal profond fortement accusés, sont les mâles et se trouvent fréquemment près du village de Mniowniki, à côté de Khoroschéwo, où ils se rencontrent également réunis aux individus plus gros ou femelles; celles-ci contiennent seules les œufs, c’est-à-dire les petits enfoncements en trous allongés.

M. Quexsrent ** a figuré un mâle, reconnaissable à sa forme allongée très grêle, tandis que les femelles sont plus grosses et plus épaisses, et atteignent quelquefois une largeur, près de l’alvéole, de 14 lignes, mesurées entre les deux côtés, tandis que la largeur d’avant.en arrière n’est que de 10 1. Les plus grands mâles n’ont à l’ouverture que 71. au diamètre transversal et longitudinal; ces individus aussi montrent les petits plis au sommet mieux accusés que les femelles.

Notre espèce se distingue également par un épais encroûtement calcaire, que je n’ai pas observé sur d’autres bélemnites. La surface de la bélemnite (PI. XXXII, fig. 6 x) est composée d’un calcaire à fibres rayonnées, et couverte d’abord d’une mince couche calcaire assez compacte (L c. fig. 5 x), qui se détache de la bélemnite (1 c. fig. 6 z) de plus en plus et forme enfin une couche plus épaisse à fibres également rayonnées. J’en ai donné les fig. 6 a-b en x de la Planche XXXII, pour

* Paléont. de Russie 1. c. p. 420 et 422.

#* Petrefactenkunde 1865, p. 468. PI. 40, fig. 15.

montrer la couche, qui diffère selon son épaisseur plus ou moins grande. Le caual de la bélemnite est très large et superficiel, et montre par là que c’est effectivement le Belemn. absolutus, qui présente cet encroûtement extraordinaire. Le sommet 1. c. fig. 7 d jusqu’à sa pointe est couvert d’une semblable couche calcaire (1. c. x). L’enduit qui revêt la surface de la bélemnite est trop régulier pour pouvoir être considéré comme accidentel. La croûte moins épaisse (IL. c. fig. 5 x) se fixe plus

* ou moins intimement à la surface de la bélemnite; elle est calcaire, fer- LA

rugineuse, rude à la surface et se détache peu à peu. Un autre fragment du Belemn. absolutus (1 c. fig. 6 x) est revêtu par une semblable couche calcaire, mais très épaisse et d’une forme tétragone; elle laisse sur le dos de la bélemnite deux espaces ridés (L c. z.) qui en longent tout le dos. Cette couche se compose d’un calcaire blanc fibreux; elle est sillonnée sur le dos et sur les côtés, mais le plus profondément sur le côté ventral, où le canal de la bélemnite est en outre très profond; la couche forme de la sorte quatre canaux longitudinaux, dont les postérieurs sont les plus profonds.

Doit-on voir dans cet encroûtement de la bélemnite une enveloppe qui proviendrait d’un dépôt accidentel de la mer primitive, ou doit-on y supposer une conformation particulière, qui pourrait appartenir dans ce cas à d’autres espèces aussi de Bélemnites? Je laisse à décider cette question aux naturalistes plus habiles que moi.

J'ai fait représenter sur la PI XXXIT, fig. 8 a b, un individu du Bel. absolutus de Khoroschôwo, qui se distingue par un sillon ventral très large et superficiel; il s’élargit au milieu du côté ventral d’une manière très considérable, et est marqué, au fond de sa cavité, par plusieurs couches concentriques détachées des couches extérieures, dont les bords sont fortement accusés. M. pe Fiscner a considéré autrefois (1 c. 1842, p. 121) le Belemn. paxillosus Sccorx. du terrain liasique comme son Bel. absolutus, mais il a reconnu lui-même son erreur plus tard (1. ce. 1843, p. 101). J'ai recueilli en outre à Khoroschôwo un alvéolite couvert par sa gaîne et composé de 10 loges; je l’attribue au Belemn. absolutus: il a 1 p. de long, 1 p. de large à la base, et 7 I. de large plus haut.

Esp. 1148. Belemn. efflorescens ».

PL. XXXIL, fig 10 gr. nat.; a vu du côté veniral; b en coupe transversale près de l’ouverture.

Die Fauna und Flora d. Grünsandes v. Moskwa, Bull. de Mosc. 1862. IT, P- 48. Testa conica, elongata, canali latiusculo vix indicato, totam testae

longitudinem servante, prope verticem magis conspicuo quam aperturam versus, superficie testae tribus pluribusve stratis tunicarum concentricis exstructa, externo numerosis iisque minimis tubereulis, tanquam pustulis | obsito. |

Hab. dans le néocomien inférieur de Khoroschéwo près de Maine

Le test, allongé et conique, est pourvu d’un large canal superficiel, qui commence à l’alvéole, s’élargit légèrement près du sommet et devient sur la pointe même étroit et plus profond; la surface de la bélemnite est couverte de trois ou plusieurs couches calcaires, qui sont perforées par de petits trous, dus à des vers marins perçants, suivant plusieurs auteurs, mais, à ce que je suppose, ce sont plutôt des enfoncements occupés antérieurement par des embryons de la bélemnite. Ils se rencontrent par suite en dessous des deux couches calcaires extérieures, et sont le plus nombreux à la pointe du sommet, où ils ont dû sortir de l’oviducte; car c’est pour tel que je prends la bélemnite. La couche externe de la surface bélemnitaire est munie de petits tubercules ou de pustules très rapprochées et nombreuses, occupant la partie dorsale de la bélemnite, près du sommet; elles manquent aux deux côtés et au bord ventral, qui est au contraire occupé par les petits trous, et la couche externe à petites pustules semble y manquer tout à fait. Les petits trous sont par conséquent placés en dessous de la couche pustuleuse, qui semble avoir été la membrane externe de la glande nidamentale.

L’alvéolite est long, pointu et rapproché du bord soute il était enveloppé par la gaîne ou le godet alvéolaire, soit par le cône basal de la lame cornée, car on remarque distinctement les traces concentriques du cône dans l’alvéole, où elles se sont fixées étroitement à la paroi interne de la gaîne bélemnitaire.

Le test a 6 pouces de long et 10 1. de large à l’ouverture, mesurée entre les deux côtés; il est un peu moins large dans la direction d’ayant

en arrière; l’alvéolite CEupE près des ?/3 de la longueur totale de la bélemnite.

La Musée paléontologique de l’Institut de Mines de St. Pope possède. un individu de Khoroschéwo qui est caractérisé par la pointe assez allongée du sommet, comme le Belemnitella mucronata la montre également. Cet individu est très comprimé près du sommet d'avant en arrière, et marqué du côté ventral ou antérieur d’un petit sillon élargi et superficiel, comme l'échantillon de ma collection. Il a 4 p. de long et l’alvéole a 31/2 L de large; les parois alvéolaires sont épaisses et se composent de trois couches, superposées. La surface des deux

‘couches intérieures présente, près du canal superficiel et des deux côtés,

de petits enfoncements, qui semblent la suite des embryons pourris ou sortis. La couche extérieure est munie de petits tubercules en pustules, conformation que je n’ai observée jusqu’à présent sur aucune autre espèce; les enfoncements lui manquent tout à fait, car ils ne se trouvent que dans l’intérieur de la bélemnite, sous la membrane extérieure.

La largeur de l'individu est au milieu de la bélemnite de 10 L au diamètre transversal, et de 8 L. au longitudinal; l'ouverture est un peu plus large entre les deux côtés que d’avant en arrière. TL’alvéole occupe près du tiers de la longueur totale de la bélemnite. Le test en général est légèrement carré près de l’ouverture, cependant ses bords sont arrondis, en sorte que la forme carrée est peu appréciable, d'autant moins qu’une légère carène se développe des deux côtés latéraux, vers la partie rétrécie de la bélemnite, et disparaît sur la partie basale, qui est légèrement comprimée ou aplatie. La fig. 10a de la PL XXXII montre la bélemnite du côté ventral, perforée par des trous nombreux très petits vers la base, et pourvue de nombreuses pustules vers le sommet sur la membrane extérieure. La fig. 10 b donne la section transversale à ouverture arrondie.

Esp. 1149. Belemn. magnificus d'Ors.

PI" XXXIL, fig. 11 a b c fragment en grandeur nat.

VerneuiL, Paléont. de Russie I. c. p. 425. PI. 31, fig. 1 - 5.

Le test, très allongé et subcylindrique sur la moitié de sa longueur, s’atténue ensuite peu à peu vers l’extrémité rétrécie et allongée, qui en outre est ridée longitudinalement au sommet pointu; le côté ventral est pourvu près de la pointe d’un long et large sillon, qui est divisé au milieu par une carène longitudinale en deux sillons latéraux très étroits. Ceux-ci se réunissent plus bas en un -seul sillon superficiel, qui s’efface vers la base cylindrique de la bélemnite. Les côtés sont, surtout vers la base, marqués de légers méplats.

Hab. dans le terrain néocomien des bords du Volga en aval de Kostroma, plus au sud près de Gorodischtsché aux environs de Ssimbirsk, au mont Ssaragoul près d’Orenbourg et au fort Khanski près d’Iletzkaya.

Le test conique est lisse, le sillon ventral est plus large et plus profond vers le sommet aigu; il s’efface de plus en plus vers la base, où, au lieu du sillon, commencent sur les deux côtés les méplats, peu distincts. Les rides longitudinales du sommet pointu sont plus développées sur le Bel. magnificus que sur le Bel. absolutus, où elles ne for-

ment pas des plis réguliers, et se trouvent plutôt sur les mâles encore jeunes que sur les femelles adultes.

L’individu de Gorodischtsché à 6 p. 3 L. de long, et à la base 11 1. de large dans une direction et !J2 L. de moins dans l’autre; l’alvéole a 1 p. 3 L. de long et 7 IL. de large, en sorte que les parois y sont-très épaisses. L’alvéole est incliné en dessous, et la ligne apiciale très excentrique. Cette espèce à beaucoup de ressemblance avec le Bel. absolutus; elle s’en distingué par le sillon ventral, qui ne forme pas de canal aussi large, et qui ne longe pas toute la bélemnite jusqu’à l'ouverture alvéolaire, comme sur le Bel. absolutus, var. volgensis, dont les rides du sommet ne sont jamais aussi distinctes que celles du Belemn. magnificus.

J'ai fait figurer la partie basale d’une bélemnite (PI. XXXIE, f. 44) que je crois se rapporter également à cette espèce; elle fut trouvée à Iletzkaya et ne montre pas de sillon ventral, car ce n’est qu’un fragment, près de la cavité alvéolaire; on remarque en coupe longitudinale dans la cavité, au dessus de l’alvéolite, une. masse calcaire en grumeaux, que je suppose être l'ovaire à ovules pétrifiés. L’encroûtement de la surface de cette bélemnite est également muni de petites élévations, qui appartiennent peut-être aussi aux ovules.

La fig. 11 à représente la bélemnite couverte de ses enveloppes calcaires à nombreuses élévations, et pourvue de la masse en grumeaux (1... fig. 11 d) qui remplit la cavité alvéolaire. La fig. 11 b montre la section verticale, à alvéolite placé obliquement et muni de loges très rapprochées; la cavité alvéolaire y est également remplie de la masse en grumeaux, qui représente l’avaire à ovules. La fig. 11 fait voir la section transversale à ouverture parfaitement circulaire; les parois sont de différente épaisseur.

Esp. 1150. Belemn. Panderianus d’Ors.

PI. XXXIIL, fig. À a b gr. nat. PI. XXXIL fig. 14 alvéolite en gr. nat. de Bogoslowsk.

Belemp. Panderianus d'Ors. Verveuiz, Paléont de Russie Î.c. p. 423. PI. 30, fig. 1—12 (exclusis fig. 13—14) et Belemn. Kirghisensis d'Ons. Le. p. 423. PE 29, fig. 17—21.

Belemn. aalensis (Vozrz) Fiscn., Oryctogr. Mosq. IL. c. p. 173. PI. 49, fig. 1 et Bull. Mosc. |. c. 1842, p.120. Belemn. paxillosus (Scazorx.) Fiscs. 1. c. 1842, p. 121. PI. 1, fig. 1. Belemn. compressus (Vourz) Fisc. |. c. 1843, p. 101 et Bel. excentricus (BLamnv.) Fiscu. I. c. p. 100.

Le test conique et lisse est très pointu au sommet, qui est tout droit

et non infléchi à sa pointe; les deux côtés sont aplatis, et le côté ventral pourvu d’un enfoncement court et peu marqué; le test en coupe transversale est légèrement carré, surtout à sa base; l’ouvérture est légèrement comprimée , et l’alvéolité placé obliquement, à ligne apiciale très excentrique, formant un arc, dont la convexité est en dessous, én se rapprochant de plus en plus du côté ventral jusqu’à 4fleurer presque le bord vers l'extrémité. ne

Hab. dans l'argile noïre jurassique sur le bord du Jaouza, dans la ville de Moscou; près de Khoroschôwo, de Goliowo, de Kolomensk, de Kolomna, aux environs de Kostroma, au nord de l’Oural, près de Bogoslowsk et même sur le bord du fleuve Olenek en Sibérie orientale.

Les individus sont un peu différents selon leur âge ; les adultes sont coniques, légèrement carrés, surtout vers le sommet pointu, et plus cylindriques vers la base élargie. Le côté ventral est dépourvu d’un canal distinct; il ne montre qu’une dépression superficielle près du sommét, qui s’'élargit un peu après et s’efface bientôt, sans arriver jusqu’au milieu de la distance entre le sommet et la base de la bélemniteé.

L’alvéolite figuré 1. c. fig. 14 de Bogoslowsk a la même forme que celui du Belemn. Panderianus de Khoroschéwo; ses 30 loges sont très rapprochées et pourvues d’un siphon latéral très grêle.

Un individu de la Bélemnite, trouvé à Goliowo, de ma collection, a 4 et plus de pouces de long et 1 p. de large; les côtés sont plans par les méplats latéraux, qui s’enfoncent légèrement; le côté dorsal est convexe, le ventral aplati et pourvu d’un enfoncement qui s’élargit vers le sommet. La largeur de la bélemnite adulte, d’un pouce près de la base, reste lä4 même, mesurée d'avant en arrière et aussi entre les côtés; elle est toute différente sur les mêmes individus vers le sommet, où la largeur entre les côtés dorsal et-ventral est plus grande que celle entre les deux côtés. M. d’OrBreny (1. c.) en a donné de bonnes figures; le sommet de la bélemnite se rétrécit doucement et se termine en une pointe très aiguë (Paléont. de Russie L. c. PL 30, fig. 1—2); la coupe transversale (L. c. fig. 3—4) montre la bélemnite plus haute que large, et les paroïs de la base presque d’égale épaisseur; les côtés sont plans par les méplats qui les forment, le dos est convexe et un peu plus épais que le côté ventral, qui est légèrement convexe. Quant aux jeunes individus, ils montrent les méplats latéraux vers le sommet plus développés, le côté dorsal plus convexe et la paroi dorsale très épaisse, tandis que la paroi ventrale devient de plus en plus mince (voy. la coupe transversale PL XXXIIT, fig. 1 b).

Le Belemn. kirghisensis d'Ors. appartient en partie au Bel. Panderianus, en partie au Bel. curtus, surtout les individus dont M. pe KeyseruwG * a fait mention au nord de la Russie. M. d’OrBrawy 1. c. a décrit le Bel. kirghisensis comme allongé, comprimé sur les côtés et fortement acuminé au sommet, qui est pourvu d’une légère rainure; l’ouverture est presque carrée, et la ligne apiciale excentrique et en arc, comme celle du Bel. Panderianus. Selon M. d'Orgreny cette espèce a été trouvée dans le grès de l’étage oxfordien des environs d’Orenbourg; maïs ce grès appartient plutôt au terrain crétacé; il est chloriteux et contient le Belemn. signifer »., qui cependant se distingue tout à fait du Bel. kirghisensis.

M. pe Fiscer à pris antérieurement le Bel. Panderianus pour le Bel. excentricus BL. de l’oxfordien inférieur de la France, qui pourtant s’en distingue par son épaisseur plus considérable, par le sommet dépourvu d’un enfoncement quelconque et se rétrécissant brusquement en une pointe un peu excentrique, et par la ligne apiciale, qui west pas excentrique, mais plutôt médiane et droite.

Esp. 1151. Belemn. nitidus Dozrrus.

La faune kimméridienne Paris. 1863. p. 38. PL. 3, fig. 2—7.

Le test, de grandeur moyenne, est cylindrique, allongé et lisse, à sommet pointu et pourvu d’un canal court en sillon très étroit et profond; les côtés du sommet sont légèrement comprimés par des méplats, qui font paraître le bout du sommet un peu carré et rectangulaire.

Hab. dans le calcaire jurassique de l’étage kimméridien de Traktemirow près de Kiew, ainsi que dans le même terrain du cap de la Hève en France.

La bélemnite est caractérisée par le sommet comprimé des deux côtés et par le canal très étroit qui occupe le côté ventral du sommet et s'élargit à mesure que sa profondeur diminue, en se perdant entièrement à peu près au tiers de la longueur de la bélemnite. Elle devient presque cylindrique vers la base; les compressions méplates ne sont que très légères et disparaissent tout à fait près de la base. L'ouverture est circulaire et formée de parois également épaisses; la cavité alvéolaire à 9 1. de diamètre et les paroïs en outre 11/4 1. d'épaisseur, La bélemnite de Traktemirow a 4 p. 5 1. de long et 10 IL. de large à la base. L’alvéolite s'enfonce jusqu’à 1 p. 91. dans la bélemnite; la direction de la ligne Me n’est pas connue.

* Petschorareise 1. c. p. 335.

Cette espèce est intermédiaire entre les Bel. Panderianus et kirghisensis;, et rappelle tellement ce dernier que je serais presque porté à les réunir; le Bel. kirghisensis a le sillon également étroit au sommet très pointu; sa coupe transversale est également comprimée entre les deux côtés, comme le sommet du Bel. nitidus, mais la compression se perd peu à peu vers la base, qui par là devient tout à fait cylindrique.

Esp. 1152. Belemn. curtus m. * PI. XXXIIL, fig. 2 a b gr. nat.

Géognosie de la Russie (en russe) l. c. St. Pétersb. 1846, p. 483. Belemn. Panderianus d'Ors. |. c. PI. 30, fig. 12—13 (excel. reliq.).

— (d’Ors.) TraurscH. Bull. de Mosc. I. 1865, p. 24. PL 3, fig. 14.

Belemn. kirghisensis Keys. Petschorareise I. c. p. 335 (en partie).

Testa curta incrassata, subquadrata, latere ventrali plano, apicem versus leniter impressa, nec sulcata, vertice brevi declivi ac tumido, ad latus ventrale inflexo, linea apicis arcuatim inflexa.

Hab. dans le grès noirâtre néocomien de Khoroschéwo et de Mniowniki près de Moscou; aux environs de Tambow, sur le bord de l’Oka; près de Ssyszan dans le gouvernement de Ssimbirsk; aux environs d’Orenbourg, près du fort Khanski, et au nord de la Russie, sur la Petschora, la Wisinga, la Ssyssola, près du village de Wotscha et d’Oust-Ssyssolsk; sur le fleuve Wol, sur la Ssoiwa, sur lIshma et la Tolya, au nord de l’Oural.

Le test, court et trapu, est presque carré et pourvu aux deux côtés et au ventral de méplats légèrement enfoncés; le sommet est très court, obtus et infléchi vers le côté ventral, par là la pointe émoussée devient excentrique; la base de la bélemnite est composée de parois très épaisses, et la cavité alvéolaire située obliquement vers le bord ventral; l’alvéolite se termine en une ligne apiciale, qui est fortement arquée et se rapproche également du bord ventral, comme sur le Bel. subquadratus Rô. du terrain crétacé inférieur. Celui-ci ne se distingue que par le sommet tout droit, comme le Bel. Panderianus, qui présente aussi la même direction de la ligne apiciale, arquée et parallèle au bord ventral.

Les plus grands individus d’Oust-Ssyssolsk ont 5 p. de long et 1 p.

* M. d'Orgieny avait nommé en 1850 une espèce liasique Belemn. curtus dans-le Prodrome de la Paléont. stratigr. 1, p. 244, il l’avait décrite auparavant dans la Paléont. fr. Terr. jurass. comme Bel. brevirostris. Le nom donné par moi en 1846 a la priorité. M. pe Bucu l'avait confondu dejà en 1840 avec le Bel. canaliculatus (Beitr. z. Gebirgsform. Russl. |. c. p. 104).

4 L. de large à la base; l’alvéolite s'enfonce jusqu’à 2 p. 4 1. dns la cavité alvéolaire, et celle-ci a 10 L de large à son ouverture; la coupe transversale de la bélemnite est presque carrée.

Le Bel. Panderianus, figuré par M. d'Orgreny sur la PI. 30, fig. 12—13, et le Bel. Panderianus Traursox. (1 c. PL 3, fig. 14) appartiennent au Bel curtus du terrain néocomien à cause de leur forme trapue et de leur sommet légèrement infléchi vers le bord ventral.

Le Bel. sub quadr atus, du hils de Hannovre est presque identique avec le Bel. curtus et ne s’en distingue que par sa bélemnite moins trapue et son sommet moins infléchi vers le bord. ventral; il est également carré en coupe transversale, et la ligne apiciale fait le mêmé arc, très rapproché du bord ventral.

L’individu des environs d’Oust-Ssyssolsk rappelle également le Bel. subquadratus du hils *; il à 1 p. 8 L. de long et 6 IL. de large; le sommet, pourvu d’un enfoncement allongé superficiel, se prolonge en une pointe légèrement excentrique, et la cavité alvéolaire commence a 1 p. 3 L à partir de la pointe.

L’individu décrit sous le nom de Bel. excentricus BL. var. impressa * de l'étage néocomien supérieur de Khoroschéwo, est aussi le Bel. curtus, car il est court, trapu, à pointe légèrement excentrique et à sommet renflé et obtus; le petit mucro à son extrémité n’est que la pointe terminale émoussée plus prononcée; le sillon est court, comme sur les grands individus.

J’ai recueilli dans le grès noirâtre néocomien de Khoroschéwo un fragment d’une petite Bélemnite qui rappelle le Bel. sub quadratus par son sommet épaissi et conique, mais le sommet près de la pointe est garni de plusieurs rides allongées, et l’alvéolite commence déjà à la distance de 4 I. à partir de la pointe, conformation toute particulière; le bord ventral est aplati et les autres bords arrondis, également convexes. Le fragment n’a que 7 L de long et 4 1. de large; il appartient à une espèce jusqu’à présent inconnue, que je propose de nommer Bel. Pallasii.

*# Rôuer, Norddeutsch. Oolithgeb. I. c. I, p. 166. PI. 16, fig. 6. ## TraurscHoLD, Bull. Mosc. 1. c. 1861. IL, p. 272. PI. 7, fig. 10

Esp. 1153. Belem. bicanaliculatus Br PI. XXXHII, fig. 16 gr. nat. ; a vu du côté ventral; b vu du côté latéral; c coupe transversale.

BLanvizze, Sur les Bélemnites 1, e. p. 120. PI. 5, fig. 8 (excel. fig. 9). D'Orgieny, Paléont. fr. Terr. crét. p. 47. PL. 3, fig. 13—16.

Le test, petit et allongé, est presque cylindrique et acuminé; il est aussi large entre les deux côtés que d'avant en arrière; le bord ventral . est pourvu d’un canal assez profond, qui ne se continue pas jusqu’au sommet, et d’un léger sillon en strie longitudinale des deux côtés. Hab. dans le grès néocomien ferrugineux d'Antonowo-Poustosch sur le bord de l’Oka près de Jelatma, ainsi que dans le midi de la France. Le Bel. bicanaliculatus à quelques rapports avecle B. canaliculatus Scacorx. du terrain jurassique, mais celui-ei est fortement comprimé et plus large entre les deux côtés que d'avant en arrière. L’individu d’Antonowo à 1 p. 4 L de long et plus de 2 L de large près de la base du test, qui est dépourvu de la cavité alvéolaire, parce que c’est un petit fragment. Le test se rétrécit doucement vers le sommet acuminé; le canal ventral est fortement accusé, profond et ne cesse qu’à quelques lignes à partir du sommet. Les sillons latéraux longent les deux côtés sur toute leur longueur, et le sommet s’amincit doucement vers son extrémité.

Esp. 1154. Belemn. mamillaris # *.

PI. XXXIIT, fig. 3 gr. nat.; a vu sur le côté ventral; b vu sur la cavité alvéolaire; c ouverture.

Testa conica, curta, crassa, in apicem excurrens brevem et acutum, extrema parte impressionibus inaequalibus tuberculisque mamillaribus praedita; cavum alveolare longius, extrema parte solida; alveolites leniter obliquus in lineam apicis excurrens lateri ventrali proxime appositam nec extremum verticem attingentem.

Hab. dans le calcaire néocomien du nord de la Russie sur les bords du fleuve Tolya et de l’Oussa dans l’Oural septentrional.

Le test très court, conique et épais a le sommet obtus et pourvu

* Ce n’est pas le Belemn. mamillatus Vozrz, qui selon M. Bron

(Nomenclator palaeont. p. 157) ne diffère pas du Belemnitella subventri-

. cosa Was. de la craie blanche, en sorte que le nom de Belemnites ma-

millaris, donné par moi en 1846, peut être conservé; le Belemnites ma-

millatus Nizss. ou Scaniae BLunv. (sur les Bélemnites p. 61. PI. 1, fig.7

et d'Orgieny |. e. T'err. crét. 1. c. 1, p. 59) est également le Belemnitella subventricosa.

d’une courte pointe émoussée; la surface de la béleminite, surtout près du sommet, porte de nombreux enfoncements plus ou moins larges et profonds, et des tubercules en mamelons inégaux, situés entre les enfoncements. La cavité alvéolaire est plus longue que le reste du test, placé entre la pointe de l’alvéolite et le sommet; la ligne apiciale est légèrement inclinée, rapprochée du bord ventral et se terine”à à une petite distance du sommet.

Le test, recouvert de petits inhereniée mamelonnés, caractérise cette espèce; le sommet se continue en une petite pointe en nœud, à peu près comme dans le Belemnitella mucronata. Les enfoncements et les mamelons rendent la surface de la bélemnite fort inégale et la distinguent facilement de toutes les autres espèces. Il n’y a pas de trace de sillon, pas même près du sommet, où l’on en observe encore une légère trace sur les Belemn. curtus et subquadratus; sa surface par suite est tout à fait lisse. ;

L’alvéolite se compose de 25 ou d’un plus grand nombre de loges

très rapprochées; il est recouvert de $a gaîne, qui s’élargit jusqu’à 6 1. de l'ouverture; il est obliquement placé dans l’alvéole, et sa pointe se continue dans la ligne apiciale, qui, inclinée vers le bord ventral, se termine à la distance de quelques lignes avant d'atteindre la pointe du sommet.

Les parois du test près de l’ouverture sont fort épaisses, la dorsale a 3 1 d'épaisseur, la ventrale à peime 2 1.; la longueur de la bélemnite est de 2 p. 6 L., et son épaisseur à l’ouverture de 11 L.; elle s’atténue très peu vers la base et à peine jusqu’à 9 1. près du sommet, qui est en outre légèrement comprimé entre les deux côtés.

La gaîne alvéolitaire est formée de nombreuses couches concentriques, qui deviennent de plus en plus larges, sont dépourvues à l’ouverture des loges de lalvéolite, et contiennent une masse en grumeaux, que je suppose être l’ovaire.

Esp. 1155. Belemn. prolifer m.

PI. XXXII, fig. 9 a bélemnite en grand. nat.; b pointe de la gaîne de l’alvéolite, gTrossie.

Testa curta, crassiuscula , laevissima, digitiformis, latere ventrali subplano, vertice obtuso, apicem vaginae alveolaris acutum inflexumque emittente, utroque latere sulcum indistinctum offerente.

Hab. dans le terrain néocomien douteux près d'Iletzkaya, aux environs d’Orenbourg.

Le test court, légèrement conique et lisse, est un peu épais et aplati vers le côté ventral ; les deux côtés sont pourvus d’un sillon longitudinal assez bien accusé, qui commence près du sommet et descend jusqu’à la base obtuse. Un sillon du côté ventral semble manquer, ou est à peine reconnaissable; le sommet est exfolié et fait sortir, au milieu des couches concentriques, une petite pointe infléchie, comme le dard de la gaîne alvéolitaire. C’est une conformation toute particulière, qui montre quelque : ressemblance de notre espèce avec la Seiche vivante, dont la lame cornée se prolonge également en une semblable pointe aiguë.

L’alvéolite a 1 p. 5 L de long, et l’ouverture toute ronde à 7 1. de diamètre; la longueur de la bélemnite entre la pointe de l’alvéolite jusqu’à son sommet est de 1 p. 11, c’est-à-dire l’alvéolite dépasse de 6 1. le reste de la bélemnite.

. Notre espèce est caractérisée par les deux sillons collatéraux, dont l’un est simple et l’autre double, car une crête longitudinale assez distincte occupe le milieu de ce côté-ci et divise en deux le sillon longitudinal. Le sillon ventral n’est que faiblement accusé par des trous irréguliers, placés en rangée longitudirale au milieu du côté ventral; ceux-ci sont peut-être la suite d’une destruction de la surface, car le test a été probablement longtemps roulé dans l’océan primitif.

Esp. 1156. Belemnites biprorus w.

PI XXXIIT, fig. 5 gr. nat.; a vu sur le côté ventral; b vu sur la cavité alvéolaire ; c ouverture en gr. nat.

Testa mediocris cylindracea, leniter compressa, laevis, sulcata, sulco anteriore et posteriore paralleliter decurrente, utroque latere convexo, dilatato, dorsali et ventrali lateribus angustioribus.

Hab. dans la marne néocomienne de Kataras, entre Féodosie et Ssudagh, en Crimée.

Le test, de grandeur moyenne, est cylindrique, légèrement comprimé entre les deux côtés latéraux, qui sont convexes et plus larges que les côtés dorsal et ventral; un profond sillon longitudinal descend sur ces côtés et divise le test en deux parties égales. L'un des sillons correspond au sillon dorsal, l’autre à la fente ventrale des Bélemnitelles, mais ils sont tous les deux également profonds et forment presque une double fente, dont l’une est la dorsale et Pautre la ventrale. La dorsale est même plus profonde et se présente plutôt en fente que la ventrale. L’alvéolite se prolonge en une pointe, qui s'approche du côté ventral et se continue en une ligne apiciale droite et rapprochée de ce côté. Les loges

de l’alvéolite sont très rapprochées les unes des autres, en sorte que cinq en occupent l’espace d’une ligne.

Je ne connais qu'un fragment de 1 p. 2 1. de long, occupé par l’alvéolite de la même longueur; le test a 6 1. de large, mesuré entre les deux côtés latéraux très convexes; il a 7 L de large, mesuré d'avant en arrière, parcequ'il est légèrement comprimé.

Je ne connais pas d'autre espèce qui soit également pourvue de deux sillons , d’un dorsal et d’un ventral; le test ne rappelle que le Belemnitella mucronata de la craie blanche, qui est pourvu de deux sillons dorsaux longitudimaux et d’une fente ventrale longue, quoiqu’elle ne soit pas de la longueur totale des sillons dorsaux.

Cette espèce se distingue du Belemnites bipartitus Br. * du néocomien de la France par les deux sillons situés sur les côtés, qui sont plus étroits que les côtés latéraux, tandis que les deux sillons du Bel. bipartitus se trouvent sur les deux côtés plus Sn et une petite fente sur l’un des côtés latéraux.

Esp. 1157. Belemn. russiensis d’Ors.

D’Orsiexy, Paléont. de Russie 1. c. p. 422. PI. 29, fig. 10 — 16.

Le test médiocrement allongé, acuminé aû sommet et sur le milieu, comprimé des deux côtés d'avant en arrière, s’élargit légèrement vers la base, qui est plus ou moins cylindrique; la cavité alvéolaire est conique et comprimée vers la pointe; la ligne apiciale est excentrique et rapprochée du bord ventral, qui est marqué vers le sommet d’une légère rainure en sillon court et évasé.

Hab. dans le grès néocomien de Khoroschéwo aux environs de Moscou, également à Tambow dans un semblable terrain, et dans le schiste bitumineux du même terrain de Gorodischtsché près de Ssimbirsk, très fréquent au nord de la Russie sur le fleuve Ishma **, au delà du village de Poroshewskaya.

Le test, très voisin du Belemn. subquadratus par son sillon basal également court et évasé, s’en distingue par sa grande compression vers le sommet et par ce qu’il est plus allongé dans la jeunesse et s’élargit dans la vieillesse en se raccourcissant beaucoup. |

Jé ne connais cette espèce qu’en échantillons moins marqués, récueillis par moi dans le grès néocomien noirâtre de Khoroschôwo; l’un

# Quensrepr, Cephalopoden p. 453. PI. 30, fig. 15—16. ** KEeysERLING, Petschorareïse I. c. p. 336.

d'eux à 2 p. 7 L. de long, 7 1. de large près de louverture de l’alvéole, mesuré entre les deux côtés, et 6 L. de large, mesuré d’avant en arrière; il devient encore plus comprimé vers le sommet, où il n’a que 5 L Le sillon ventral y est presque nul; il s’est changé en un évasement, qui forme plus bas vers l’ouverture un aplatissement fort appréciable. Le sommet est court et moins pointu que celui du Belemn. subquadratus, qui n’a pas les côtés aussi convexes que le Bel. russiensis. La partie extrême solide, parcourue par la ligne apiciale, à 1 p. 9 1. de long, et les parois de la cavité alvéolaire sont plus épaisses près de la pointe de lalvéolite que près de l’ouverture arrondie, où elles. deviennent très minces. En général cette espèce est plus grêle que le Bel. subquadratus et le Bel. curtus, qui se distinguent par leur grande épaisseur. Les individus des environs de Tambow sont très grêles et dépourvus près du sommet du sillon bien accusé; ils ont 1 p. 7 1. de long et 23/4 1. de large près de l'ouverture alvéolaire, et ressemblent tout à fait aux jeunes individus du Bel. russiensis de Gorodischtsché.

Esp. 1158. Belemn. signifer ».

PI. XX XIIL, fig. 4 gr. nat. ; a vu sur le côté; b ouverture.

Belemn. Blainvillei (Vozrz) Fiscu., Bull de Mosc. 1842. I, p.123. PI. 1, f. 3.

Testa parva, gracilis, elongata, sensim in verticem acutiusculum excurrens, ventrali latere prope verticem impressione lineari vel sulco exiguo ornato, utroque margine laterali convexo linea longitudinali signato, aperturae margine leniter dilatato et reflexo.

Hab. dans le grès néocomien chlorité du mont Ssaragoul près d’Orenbourg, et dans le même terrain du mont Worobjew, sur Le bord du fleuve Moskwa à Moscou.

Le test est petit, cylindrique, allongé et grêle; il a le sommet légèrement rétréci en pointe aiguë, la base près de l’ouverture est légèrement élargie et à bord légèrement réfléchi de l’ouverture, qui est échancrée. Les deux côtés latéraux sont marqués d’une impression linéaire en sillon, qui tient toute la longueur du test; une autre impression linéaire se trouve sur le côté ventral près du sommet. Elle occupe plus que le tiers de la longueur du test et s’évase quelquefois sur les jeunes individus, en sorte qu’elle disparaît tout à fait et que la place occupée par elle auparavant n’est marquée que par une couleur blanche, de laquelle s'approche la ligne apiciale.

Le bord basal du test est lisse, réfléchi légèrement et dé de la fente, que je ne vois pas même sur le plus grand individu de ma col-

lection; il montre cependant une courte impression au bord, si toutefois celle-ci n’est pas simplement accidentelle.

Le plus grand individu complet a 1 p. 11 L. de long et 21/2 L. de large près de l’ouverture basale; le test y est très mince. Le fragment d’un autre individu présente à l’ouverture une largeur de 312 1, et l'épaisseur de la paroï est de 1 ligne.

Cette espèce est caractérisée par l'impression du côté ventral près du sommet, qui s’élargit plus bas en évasement et disparaît entièrement sur d’autres individus. On observe un semblable sillon presque effacé sur le Belemn. russiensis, qui cependant se distingue par une plus grande épaisseur et par un sillon plus large et superficiel, sans impression linéaire, au milieu. Les petits individus, de 1 p. 4 1. de long et de 11/2 1. de large, se rapprochent beaucoup du Belemn. minimus Iasr. du grès vert de la France et ne se distinguent que par le manque de la fente à la base de l'ouverture alvéolaire.

C’est peut-être le Belemn. Blainvillei (Vorrz) Fiscx., qui a la même forme cylindrique et la même grandeur, à sommet conique, pourvu d’un sillon allongé.

Esp. 1159. Belemn. centralis ».

PI. XXXII, fig. 12 gr. nat.; a vu du côté dorsal; b ouverture.

Testa conica, elongata, laevissima, vertice sensim acuminato, apice tanquam bifido, externo strato perquam laevi, interno corroso, embryonum forsitan exitu perforato, sectione transversa elliptica, alveolite subventrali.

Hab. dans le grès néocomien de Khoroschéwo près de Moscou.

Le test allongé, conique et très lisse, s’amincit assez lentement vers le sommet, qui est comme bifide; la surface du test est parfaitement lisse (PI. XXXIT, fig. 14 x), les couches suivantes, au dessus de la surface, sont comme corrodées ou perforées par de petits trous allongés, laissés peut-être par des embryons sortis au dehors. La section transverse est elliptique, comme Palvéolite, les côtés ventral et dorsal sont légèrement convexes et très larges, les côtés latéraux sont plus convexes et plus étroits, à parois plus épaisses que les bords dorsal et ventral, qui sont plus minces; celui-ci est un peu aplati. La pointe de l’alvéolite est légèrement rapprochée du bord ventral.

Le test, comprimé d’avant en arrière, rappelle le Belemn. dilatatus BL. du néocomien des Basses-Alpes aux environs de Castellane, qui est également comprimé, mais pourvu d’un sillon longitudinal plus ou moins fortement accusé, tandis que le Bel. centralis est tout à fait

lisse, sans montrer ni sillon, ni enfoncement latéral quelconque. Il a 4 pouces de long et 111. de large entre les deux côtés latéraux, et 8 1. de large entre les bords ventral et dorsal.

Les couches concentriques, placées sous la couche extérieure, sont perforées par des trous, qui sont plus grands vers la pointe du sommet; il y est comme bifide, parce que les embryons plus avancés en âge, à ce qu’il paraît, ont laissé, en sortant, des trous plus grands et la fissure au . sommet.

L’alvéolite commence à la distance de 1 p. 11 1. à partir du sommet et s’élargit brusquement, il offre en section transversale la forme elliptique un peu irrégulière.

L'Institut des mines possède un fragment à surface marquée d’enfoncements presque semblables à ceux dessinés par M. Duvaz-Jouve * et composés de stries ou cordons concentriques, que M. Az. BRONGNIART pense résulter de la tendance particulière qu’a la silice à se déposer en couches ou cordons concentriques, mais cette disposition de la silice nè se rencontre qu’à l’intérieur des tests calcaires; il me paraît plus naturel d’y voir des œufs de Bélemnites.

Le test, tout lisse, ne s’est conservé qu’en un fragment très petit (1. c. fig. 14 x) sur la surface de la bélemnite; celle-ci est comprimée à la base (1.c. fig. 14b) et devient cylindrique vers le sommet (1. c. f. 14a). L'ouverture elliptique est pourvue de côtés latéraux plus épais et plus étroïts que les côtés dorsal et ventral, qui sont plus minces et plus larges. La ligne apiciale est presque entièrement centrale.

sp. 1160. Belemn. extensus TRAUTSCH.

Bull. des Nat. de Mosc. 1. c. 1862. IL, p. 214. PI. VIL, fig. 4.

Le test allongé, assez grêle et lisse, se continue légèrement vers la pointe du sommet, pourvu d’un sillon qui occupe près d’un quart de la longueur totale; la section transversale est légèrement elliptique; l’alvéolite est un peu excentrique, à pointe légèrement inclinée vers le bord ventral.

Hab. dans le grès ferrugineux néocomien de Dmitriyewo sur le bord de l’Oka, près de Tambow.

- Le test est caractérisé par sa surface lisse, par sa longueur et son diamètre peu considérable; il se continue doucement dans le sommet conique, marqué d’un sillon très distinct.

* Sur les Bélemnites |. c. p. 25. PI. 7, fig. 6—7. Eichwald, Lethaea rossica. II. 64

Il a près de 7 pouces de long et 8 I. de large près de l'ouverture, tandis que sa largeur d'avant en arrière n’est que de 8 L. La section est parfaitement elliptique, et les bords, le dorsal et le ventral, sont presque également convexes. Le sommet est plutôt obtus que pointu, la cavité alvéolaire s’enfonce jusqu'à 1 p. 3 1. dans la bélemnite.

Le Belemn. Puzosianus d’Ors., du terrain oxfordien de la France, se distingue du Bel. extensus par son sillon, qui s’élargit de plus en plus aux deux extrémités, et est plus étroit au milieu. Il se peut pourtant que c’est la même espèce, qui se trouverait par conséquent dans le terrain jurassique supérieur et le crétacé inférieur.

Esp. 1161. Belemn. minimus Lasr.

PI. XXXIIT, fig. 6 gr. nat.: a individu de Traktemirow, vu du côté latéral ; b individu de Féodosie. Quewsrepr, Cephalopoden 1. c. p. 463. PI. 30, fig. 21—25. Picrer et Cawpicne, Terr. crét. de Sie-Croix L. ce. p. 103. PI. 13, fig. 1—6. Belemn. Listeri Manrezz, Geol. of Sussex. PI. 19, fig. 17—18—19.

Le test petit, allongé, fusiforme, légèrement comprimé près de l’ouverture alvéolaire et cylindrique dans tout le reste, se termine par une pointe régulière; l’alvéolite allongé descend presque jusqu’au milieu de la bélemnite, dont les sillons latéraux sont peu profonds, se prolongeant du sommet jusqu’à la base; la fente de l'ouverture alvéolaire est fortement accusée. j xs

Hab. dans le calcaire marneux ferrugineux du terrain néocomien entre les villages de Traktemirow et de Monastyrsk aux environs de Kiew, dans le néocomien de Féodosie en Crimée, près d’Iletzkaya aux environs d’Orenbourg, ainsi que dans le gault de l'Angleterre et de la France, dans le gault de la Perte-du-Rhône , et dans le plänerkalk du nord de l'Allemagne.

Le test des environs de Kiew, en fragment, n’a que 1 p. 2 1. de long et 2 1. de large à la base, dépourvue de la cavité alvéolaire; d’autres fragments, de 3 1. d'épaisseur, montrent une partie de l’alvéolite, dont la pointe est rapprochée du bord ventral, mais l’ouverture basale de la cavité alvéolaire n’est pas complète, c’est pourquoi on n’y observe pas la fente, que je n’ai pas encore retrouvée dans Pindividu de Kiew; il manque également de la forme rétrécie basale de l’Actinocamax, mais je remarque distinctement des deux côtés de la bélemnite un sillon léger, même double, qui se prolonge sur presque toute sa longueur et se retrouve toujours sur le Bel. minimus. La couleur de l'échantillon est blonde, comme de l’ambre clair et demi-transparent,.

Les individus d’Iletzkaya sont très incomplets, mais assez grands; lun d’eux a:1 p. 5 1. de long, et 412 1. de large à la base; il est dépourvu de la cavité alvéolaire, arrondi et légèrement anguleux; la surface est toute lisse, le sommet conique, à pointe courte et obtuse. Les plus grands individus sont ceux de Féodosie; ils ont 1 p. 6 1. de long et 3 1. de large vers le sommet, et 21) 1. de large à l’ouverture. La fente a 3 L. de long et les sillons latéraux sont bien accusés.

Esp. 1162. Belemn. terminalis .

PI. XXXIIL, fig. 7 gr. nat.; a vu du côté ventral; b vu du côté latéral; c coupe transversale.

Testa parva, cylindracea, verticem versus attenuata, inque apicem acutum longitudinaliter tenuiterque sulcatum excurrens, latere ventrali prope verticem longitudinali sulco praedito.

Hab. dans le g'ault ferrugineux de Kursk.

Petit test, cylindrique près de la base, et conique près du sommet, qui se continue en une pointe courte, infléchie vers le dos et rayée longitudinalement: un sillon ventral occupe la moitié du test.

Cette espèce a quelque affinité avec le Belemn. breviformis. VozTz du jura brun de Gundershofen en Alsace, qui est également cylindrique, à pointe du sommet inclinée légèrement vers le côté dorsal, mais elle n’est pas plissée ou rayée; les petits. plis sont nombreux, très courts et n’occupent que la courte pointe, qui à 2 1. de long. La base est incomplète et ne montre pas la cavité alvéolaire, qui manque à l’individu de 1 p. 4 L. de long; l’épaisseur de la base est de 4 L.; elle est un peu plus grande d'avant en arrière que dans la direction entre les deux côtés. Le sillon ventral est bien accusé près du sommet, et occupe, à partir de là, la moitié du test; il s’élargit légèrement au milieu et finit par s’effacer tout à fait Un autre individu de la même localité a la pointe du sommet toute droite et lisse, et le sillon presque effacé, en sorte que c’est peut-être une variété sexuelle ou une autre espèce; les deux individus sont de la même couleur brunâtre, et transparents comme de l’ambre.

Le Belemn. latus Bc., du néocomien moyen de Ste- Con rappelle un peu le Bel. terminalis, mais il se distingue par sa compression latérale et par le sillon longitudinal à la base; cena le sommet est également excentrique et rapproché d’un côté.

Esp. 1163. Belemn. latus Br.

PI. XXXIIL, fig. 8 gr. nat.: a vu du côté ventral; b coupe transversale; c coupe

longitudinale; d individu plus comprimé; e coupe transversale.

Sur les Bélemnites 1. c. p. 121. PI. 5, fig. 10. Duvaz-Jouve 1. c. p. 61. PI. 6.

Picrer et Camp., Paléont. suisse I. c. p. 106. PI. 13, fig. 10 —11.

Le test, médiocrement grand, est très comprimé, la largeur d’avant en arrière est plus grande que le diamètre transversal; le sommet pointu est court et asymétrique; le côté ventral est étroit et pourvu d’un sillon creusé en gouttière.

Hab. dans le calcaire néocomien des environs de Féodosie en Crimée, ainsi que dans le néocomien inférieur des Voirons en Suisse, comme aussi dans les Hautes et Basses-Alpes du midi de la France.

Le test fortement comprimé est lisse et s’amincit brusquement vers le sommet, qui est quelquefois légèrement infléchi vers le côté ventral: le sillon occupe ?/3 du test et davantage.

Le test a 1 p. 7 1. de long et 5 1. de large, mesuré d’avant en arrière, le diamètre transversal n’est que de 4 lignes. /

M. ALEXANDRE DE Norman à recueilli à Biassala en Crimée un grand alvéolite, qu’il m’a communiqué et que j'ai fait représenter à la PI. XXXII, fig. 15. Il paraît se rapporter au Bel. latus. M. DuvaL- Jouve * a décrit un semblable alvéolite, qu’il suppose appartenir également au Bel. latus; il est de la même grandeur et de la même forme que l'individu de Biassala. Celui-ci se compose de 3 ou d’un plus grand nombre de loges, qui s’élargissent doucement et ont toutes ensemble la longueur de 1 p. 61. et la largeur de 9 1., mesurées à la base alvéolaire; les loges isolées ont la hauteur de 1%/4 1. La fig. 15a montre trois loges réunies, vues de côté, et la fig. 15 b une loge, vue de l’intérieur.

M. Prorer ** a observé de semblables grands alvéolites dans le gault de Ste-Croix, réunis au Belemn. minimus; cependant ils n’appartiennent peut-être pas à cette espèce, qui n’atteint jamais la grandeur de l’alvéolite figuré; néanmoins le gault de Ste-Croix n’a pas fourni d’autres espèces de Bélemnites que le minimus.

* Duovaz-Jouvs I. c. PI. 6, fig. 11.

*# Prcrer et Cawricus I. c. p. 104. PI. 13, fig. 7—8.

Esp. 1164. Belemn. subfusiformis Rasp.

PI. XXXIIT, fig. 9 gr. nat ; a l'individu d’Antonowo ; b celui de Kursk, et c celui de Khoroschéwo.

Raspaiz, Sur les Bélemnites |. c. p. 55. PI. 8, fig. 92—93,.

D’Orgieny, Paléont. fr. Terr. crét. I, 50. PI. 4, fig. 9 —16.

Duvaz-Jouve, Les Belemnites 1 c. p. 66. PI. 9 et 10,

Belemnites pistillum Rômer, Norddeutsch. Oolith. I, p. 168. PI. 16, fig. 7. . Actinocamax fusiformis Vozrz, Sur les Bélemnites p. 34. PI. 1, fig. 6.

Le test, allongé et fusiforme, est cylindrique, légèrement comprimé vers le sommet, qui est acuminé; le sillon ventral en canal profond est marqué de bords arrondis; les deux côtés du test sont pourvus d’une ligne longitudinale, quelquefois à peine accusée; la ligne apiciale, presque centrale, ne s'approche que fort peu du côté ventral. La base du test, au lieu de présenter la cavité, est marquée de couches CORCPRtAUES en retrait, en forme d'A ctinocamax.

Hab. dans le néocomien des environs de Féodosie en Crimée, dans le gault ferrugineux de Kursk, dans le néocomien de Khoroschôwo près de Moscou, et d’Antonowo-Poustosch près de Tambow sur l’Oka.

Le test fusiforme est renflé vers le sommet et s’amincit fortement vers la base, où il est marqué d’un sillon longitudinal tantôt très apparent, tantôt presque imperceptible. Les deux sillons latéraux sont linéaires, peu apparents et même nuls. La base rétrécie est généralement dépourvue de la cavité alvéolaire et laisse sortir le centre en axe étroit.

Les individus de Féodosie ont 1 p. 2 1. de long, et 3 L. et plus de large près de la base; le centre du test est parcouru par la ligne apiciale, toute droite jusqu’au sommet pointu.

Les individus d’Antonowo (PL. XXXIII, fig. 9 a) sont un peu plus longs, fusiformes; ils ont 1 p. 9 L de long et 3 1. de large au milieu de leur longueur au diamètre transversal, tandis que leur épaisseur d’avant

“en arrière n’est que de 2! 1. La base rétrécie est entourée par de nombreuses couches concentriques, comme l’Actinocamax, et montre au bout la petite cavité alvéolaire arrondie. Le sillon ventral profond commence à la distance de 7 L. à partir du sommet, s'élargit immédiatement, et s’amincit près de la base alvéolaire; les lignes latérales ne sont pas bien accusées. L’individu à quelque ressemblance ‘avec le Belemn. hastatus rotundus Quensr., qui cependant s’en distingue par le manque complet des couches concentriques en retrait et par sa forme parfaitement cylindrique.

L'individu de Kursk (1. c. fig. 9 b) n’a que 1 p.21. dé long, et 2 I.

de large au milieu de sa longueur; il est fusiforme, presque cylindrique au milieu et se rétrécit vers les extrémités; les deux sillons en lignes longitudinales des côtés latéraux sont à peine accusés, mais au lieu du sillon basal sur le côté ventral on ne voit que les couches concentriques en retrait très nombreuses.

L’individu de Khoroschéwo (1 c. fig. 9 c) à 1 p. 3 L de long et presque la même forme en fuseau un peu plus élancé; l’épaisseur au milieu de la longueur du test est de 2 1.; les sillons latéraux sont bien accusés, mais au lieu du sillon basal on y observe un enfoncement indistinct et les couches concentriques en retrait, à axe saillant et complétement dépourvu de la cavité alvéolaire.

Esp. 1165. Belemnit. platyurus Duv.-Jouvz.

PI. XXXIIT, fig. 10 a femelle vue sur le sillon ventral; b coupe longitudinale

pour montrer le corps central elliptique (y); e coupe transversale à trous laissés

par des embryons pourris; d mâle vu sur le sillon; e coupe verticale à corps central elliptique (c); f coupe transversale à centre blanc (2).

Sur les Bélemnites de Castellane 1. c. p. 73. PI. 11, fig. 1—4. Rasparz, Histoire des Bélemnites I. c. p. 49. PI. 4, fig. 69.

Le test allongé est cylindrique vers la base et fortement comprimé vers le sommet, qui est très pointu; le sillon ventral est très prononcé, s’ayançant au moins jusqu’à la moitié du test, en même temps la face ventrale s’aplatit et se continue jusqu’à la pointe en une surface plane.

Hab. dans le néocomien de Katarasse entre Féodosie et Ssudagh en Crimée, ainsi que dans le même terrain de Robion et d’Escragnolles en France.

Le test est presque lancéolé; il est plus large à la base cylindrique, et à partir de là il se rétrécit de plus en plus vers le sommet, où il devient très comprimé d'avant en arrière; par là la coupe transversale est elliptique. Il à 51. de large d’avant en arrière, et 7 1. de large entre les deux côtés latéraux.

J'ai fait représenter une femelle et un mâle, la première (PI. XXXITT, fig. 10 a b c) est plus épaisse à la base que le mâle (1. c. fig. 10 d e f), qui est plus élancé et moins épais. Le sillon ventral est représenté par une fente allant jusqu’à l’alvéolite conique, qui occupe plus que le tiers de la longueur du test. Le centre de la femelle (L c. fig. 10 b) est parcouru par la ligne apiciale toute droite, au commencement de laquelle près de la pointe alvéolaire on observe, des deux côtés de la ligne, un <orps allongé fusiforme et également pointu aux deux bouts, lequel se

retrouve aussi chez le mâle (1. ce. fig. 10 x). Les deux corps pointus, en se continuant vers le sommet, enveloppent un autre corps fusiforme, central (1. c. fig. 10 o), qui occupe le centre de la bélemnite et est parcouru par la ligne apiciale. Il semble former les premières couches concentriques, autour desquelles se déposèrent les dernières couches. Le corps central paraît être une bélemnite embryonique, autour de laquelle se développa une seconde bélemnite prolifère.

Cet individu (1. c. fig. 10 a—c) est considéré par moi comme une femelle, parce qu’il contient, dans l’intérieur de sa masse, des trous (1. c. y}, qui me semblent de petites cavités allongées, laissées par des embryons, qui parfaitement développés quittèrent l’oviducte bélemnitaire.

Cette espèce se distingue du Belemn. latus par son test, qui est comprimé vers le sommet d'avant en arrière, et presque cylindrique à la base, tandis que le Bel. latus est comprimé, comme le Bel. dilatatus, entre les côtés latéraux.

Esp. 1166. Belemn. dilatatus BLarnv.

PI. XXXIIT, fig. 11 gr. nat.; a l'individu d'Antonowo: b l’individu de Féodosie. Sur les Bélemnites I. c. p. 99. PI. 3, fig. 13 et PI. 5, fig. 11. Duvaz-Jouve |. c. p. 54. PI. 4.

D’Onrgiexy, Terr. crét. p. 39. PI. 2, fig. 1—23 et PI. 3, fig. 1—5.

Le test, très variable dans sa forme, est allongé, fortement comprimé entre les deux côtés et légèrement fusiforme; le sommet est plus ou moins pointu, les côtés sont lisses dans les individus âgés, et marqués dun sillon double chez les jeunes; le sillon ventral est bien accusé.

Hab. dans le néocomien du fleuve Oka près d’Antonowo-Poustosch, aux environs de Tambow, et près de Féodosie en Crimée, ainsi que dans le terrain néocomien de-Castellane.

C’est de toutes les espèces de Bélemnites la plus variable dans la forme, en sorte que M. Rasparz en a fait trente-deux espèces, pour lesquelles M. pe BLaivizze n’a conservé que le nom de Belemn. polygonalis.

Les individus de la localité d’Antonowo-Poustosch sont très petits, comprimés d'avant en arrière, surtout près du sommet; ils ont 2 1. de large entre les côtés latéraux, et 1!}3 L d'avant en arrière. [ls deviennent un peu plus larges vers le sommet et par là fusiformes, et ont 1 p. de long. Le sommet se compose de couches concentriques et de l’axe saillant, dépourvu de la cavité: c’est donc également un Actinocamax, comme le Belemnites subfusiformis, qui n’est jamais aussi com-

primé que le Bel. dilatatus, spécialement caractérisé par les sillons doublement impressionnés des deux côtés, le sommet exfolié et le sillon ventral court.

L’individu de Féodosie est un peu plus long; il à 1 p. 8 L. de long et 6 1. de large au diamètre transversal, l’épaisseur d’avant en arrière n'offre que 3 L. La surface est pourvue de plusieurs enfoncements superficiels et élargis, qui prouvent que la bélemnite était jadis molle. Le sommet est obtus et renflé, la base très comprimée et étroite; elle n’est pas exfoliée, comme celle de l’individu d’Antonowo, mais ressemble parfaitement à l’espèce de Castellane.

Esp. 1167. Belemn. Orbignyanus Duv.-Jouves.

PI. XXXIU, fig. 13 a gr. nat.; b coupe transversale.

Duvaz-Jouve |. c. p. 65. PI. 8, fig. 4—9.

Le test allongé est cylindrique, presque de la même épaisseur sur toute sa longueur, et se termine brusquement en une pointe mamelonnée; le sillon ventral est profond en un canal distinct à bords légèrement anguleux, occupant plus de la moitié de la longueur totale.

Hab. dans le néocomien de Féodosie en Crimée, ainsi que dans les Basses-Alpes près de Castellane.

Le test est caractérisé par sa forme cylindrique, et par son canal ventral fort allongé, qui ne laisse libre qu’une petite partie du test près du sommet. Je ne possède que des fragments de la longueur de 1p. 81, de la largeur de 51/21. des deux côtés, et de 5 1. d'avant en arrière. Les côtés arrondis semblent offrir quelquefois une ligne longitudinale en sillon à peine accusé.

Esp. 1168. Belemn. Fischeri m.

PI. XXXIIL, fig. 12 gr. nat.; a test vu de côté; b coupe transversale grossie.

Über den Eisensand von Kursk. Bull. de Mosc. 1853, p. 18

Testa mediocriter longa, lanceolata, sensim sensimque in verticem acutum excurrens; superficies epidermide corneo contecta, impressionibus exiguis elongatis iisque numerosis ornata, sed canali sulcoque destituta.

Le sommet est ridé vers la pointe acuminée, les rides longitudinales sont courtes, au nombre de cinq ou six, et entourent la pointe en rangée régulière.

Hab. dans le gault ferrugineux de Kursk.

Le test est petit, allongé et lancéolé à base cylindrique et à sommet légèrement pointu, s’amincissant de plus en plus; la surface est

couverte d’un épiderme comme corné, lisse vers la base et marquée vers le sommet de nombreux enfoncements linéaires de 1 ou de 2 lignes de long. Un autre individu est pourvu sous l’épiderme de nombreux enfoncements linéaires, de la longueur d’une demi-ligne, qui paraissent la suite de petits embryons sortis. Ils se trouvent partout dans l’intérieur du test, mais principalement près de la surface.

Le test a 2 p. 4 L de long, et offre près de 3 L. d'épaisseur, mesuré au milieu de sa longueur.

Le manque de la cavité alvéolaire et du canal ventral distingue cette espèce de toutes les autres; le test, d’une longueur de 2 pouces et au delà, ne présentant pas encore de cavité alvéolaire, le rapproche du Belemn. ponticus, qui est également dépourvu de la longueur très considérable de la cavité alvéolaire, mais la forme parfaitement lancéolée le distingue du Bel. ponticus, qui est conique et non lancéolé.

Esp. 1169. Belemn. borealis d'Ors.

PT. XXXIIT, fig. 14 a gr. nat.; b grossi, vu du côté ventral.

Paléont. de la Russie par M. ne Verneuiz |. c. p. 40. PI. 28, fig. 15—22.

Petit test allongé, subfusiforme ou droit, lisse, comprimé d’avant en arrière; le bord ventral est marqué d’une impression plane, sans sillon latéral; la coupe transversale est ovale dans toute sa longueur.

Hab. dans le néocomien supérieur de Khoroschôwo près de Moscou, et dans les marnes du terrain néocomien en aval de Kostroma sur les bords du Volga. À

Espèce très petite et fortement comprimée d'avant en arrière; le bord ventral, dépourvu d’un sillon quelconque, est aplati (dans l'individu de Khoroschôwo), ou marqué d’une légère impression (dans l'individu de Kostroma, comme le décrit M. d’OrBreny). Il se peut que l'impression se rapporte également à l’aplatissement ventral, et ce serait alors l'espèce que j'ai recueillie dans le grès néocomien supérieur de Khoroschéwo, réunie au Pecten orbicularis.

Le petit individu de Khoroschôwo avait au moins 1 p. 2 1. de long eb une épaisseur de 2 L J'ai fait dessiner un petit fragment de la bélemnite, qui est toute droite, aplatie au bord ventral, les deux côtés sont arrondis et convexes; le côte ventral est plan, le dorsal convexe. Le diamètre transversal est de 2 IL. et plus, et celui d'avant en arrière de 1%/4 LL Il est donc de la même grandeur et presque aussi de la même forme que le Belemn. borealis, cependant celui-ci se distinguerait peut-être par son impression latérale, indiquée par M. d'Orgiény, à moins

toutefois qu’elle ne se rapporte à l’aplanissement ventral. Le sommet de cette espèce est décrit et figuré par M. d'OrBreny comme acuminé: c’est . ce que je vois également dans le moule de l'individu de Khoroschéweo. Quant à la fig. 21 grossie de la PL citée de M. d'OrBreny, je ne saurais la rapporter au Belemn. borealis de Khoroschéwo; je suis plutôt porté à y voir le Belemn. subfusiformis, car il est fusiforme et rétréci aux deux extrémités, qui offrent, comme l’A ctinocamax, des couches concentriques en retrait; on les voit de la même manière sur les deux extrémités rétrécies du Belemn. dilatatus, et ilse pourrait que l’individu grossi de Kostroma appartienne plutôt à cette espèce, qui se trouve à Antonowo sur les bords du Volga. La couleur de l’individu de Khoroschéwo est d’un brun foncé, ou jaune; il est transparent comme de l’ambre à la manière des bélemnites crétacées en général.

Esp. 1170. Belemn. Eichwaldi Jaz.

PI. XXXIIL, fig. 15 gr. nat., vu de côté; b sommet grossi. Jazvxow (in literis) 18417.

Testa gracilis, tenerrima, laevis, elongata, vertice acuto, leniter ac longitudinaliter plicato, fissura basali curta, cavitate alveolari cireulari, margine basali leniter dilatato.

Hab. dans la craie blanche des environs de Ssimbirsk.

Le test, très grêle et allongé, est presque lisse; il commence par un sommet aigu, allongé et légèrement plissé, à plis longitudinaux peu ac- ! cusés; le test devient ensuite un peu plus large, et se continue en une -

baguette très grêle et également mince jusqu’à la base, qui près de l’ouverture s’élargit un peu, en se réfléchissant. Un autre individu est presque fusiforme, ce qui m'avait fait prendre d’abord cette espèce pour le Belemn. subfusiformis du néocomien, dont quelques individus deviennent également très grêles *; mais la forme plus fusiforme et les nombreuses couches concentriques en retrait distinguent le Bel. subfusiformis de l’espèce de la craie blanche.

Le test a 2 p. et plus de long, et 12 1. d'épaisseur; la cavité alvéolaire s’enfonce à peine à la profondeur de 1 ligne au bord basal, en sorte qu’elle ne commence qu’à 2 p. du sommet. La petite fente dépasse de 1 ligne la cavité alvéolaire.

J'ai reçu deux individus de M. ne Jazyxow, dont l’un est tout à fait cylindrique et doucement acuminé vers le sommet, l’autre est au contraire légèrement fusiforme vers le sommet, le bord basal à fente est un peu

* Voy. Duvaz-Jouvs L. c. p. 69. PI. 9, fig. 13-—14.

élargi et réfléchi, mais également lisse, comme toute la surface de la bélemnite, en sorte qu’il n’y a pas de trace de couches en retrait, et que cette espèce ne saurait appartenir au Belemn. subfusiformis du néocomien de la Russie.

Une petite Serpule est fixée sur la petite bélemnite; elle est très voisine du Serpula ou Spirorbis rotula Gozpr. du plänerkalk inférieur de Bohème, mais elle se distingue par une grandeur moindre ef par le dernier tour, qui couvre tous les précédents et porte quelques légers enfoncements à la surface, tandis que le Serp. rotula est garni de nombreuses stries d’accroissement transversales.

Genre III. Belemnitella d'Ors.

Le test des Bélemnitelles est pourvu d’une fente au bord de Palvéole, et de deux impressions dorsales latérales, qui occupent toute la longueur du test, à partir de la base jusqu’au sommet, s’élargissent de plus en plus sur le milieu du test, et limitent un espace légèrement saillant au dessus de la surface; les côtés de la bélemnite sont occupés par d’autres impressions ondulées et ramifiées, qui semblent correspondre à des vaisseaux de l’oviducte. Ce genre ne se trouve que dans l'étage senonien ou la craie blanche.

Esp. 1171. Belemunitella mucronata ScHLorx. sp. PI. XXXIIE, fig. 17 gr. nat.: a vu de côté; b vu du côté dorsal; c vu du côté ventral ; fig. 18 var. renflée: à gr. nat ; b ouverture; c réseau vasculaire grossi.

Petrefactenkunde I. c. 1820 p. 47. No. 4.

BLainvizce, Sur les Bélemnites I. c. PI. 1, fig. 12.

D’Orgieny, Terr. crét. 1840. 1 c. p. 6. PI. 7

VerneuiL, Paléont. de Russie I. c. p. 489 var. renflée. PI 43, fig. 1 et 4. SHARPE, Paleontograph. Soc. 1853. p. 6. PI. 1, fig. 1 —3.

Belemnites ponticus Rouss. Demmdow, Voyage dans la Russie méridionale.

Mollusca p. 608. PI. IL, fig. 1.

Le test, allongé et cylindrique, est légèrement conique vers le sommet, qui est obus et pourvu d’une pointe souvent assez allongée; les deux impressions latérales en sillons longitudinaux longent le test de la base jusqu’au sommet, et il en part d’autres impressions, courtes et ramifiées, qui occupent les deux côtés de la bélemnite; la fente basale allongée est marquée aux bords de petites rugosités, qui sont opposées au côté dorsal à légère saïllie entre les deux impressions longitudinales.

Hab. dans l'étage senonien ou la craie blanche des environs de

Grodno *, sur les bords du fleuve Desna près de Bränsk, aux environs de Kursk, de Penza, de Ssimbirsk, comme par exemple près des villages de Nikitenko sur le fleuve Ssoura, de Klimowka, de Blagodaska, de Tjuschna, de Kaschpour, de Ssemenowka, de Panschina, aux environs de la ville de Khwalinsk, près du village de Terssa, de Nishny-Novgorod sur le bord du Volga, dans le pays du Don, près de Slavänosserbsk, et aux environs de Baktschissaraï et de Simféropol en Crimée, ainsi que partout dans la craie blanche de l'Allemagne, de la France et de l'Angleterre.

Le test est cylindrique ou fusiforme, tantôt grêle, tantôt plus épais; dans les individus de Ssimbirsk il a 4 p. de long, et 6 1. de large au milieu, et se rétrécit légèrement vers les extrémités; la fente occupe plus du tiers de la longueur totale; l'ouverture basale est circulaire, et la région dorsale fait une petite saillie entre les deux impressions linéaires. Les deux côtés sont légèrement rayés, à sillons longitudinaux peu visibles, et les bords de la fente pourvus de très petites rugosités; la surface est presque lisse et munie d’une mince couche de calcaire blanc, en dessous de laquelle on remarque la masse compacte calcaire, brun foncé comme de Pambre. C’est elle qui contient, près de la surface et sous la couche extérieure, de petites vésicules ou corps arrondis, en couches concentriques (voy. PI. XXXIIL, fig. 16 xx), qui semblent être des œufs en grappes, situés des deux côtés de la saillie dorsale et sous celle-ci; le côté ventral, marqué de la fente basale, est dépourvu d'œufs.

Je ne crois pas que ces corps oviformes soient accidentels et qu’ils tiennent de la décomposition de la bélemnite, ou qu’ils résultent de la tendence de la silice à se déposer en couches concentriques, car dans l’individu représenté, la bélemnite se compose de chaux carbonatée et non de silice.

Les individus coniques de Baktschissaraï sont petits et se trouvent dans la craie chloritée; ils ont 2 p. 3 L. de long et n’ont qu'environ 4 1. de large; d’autres, les femelles à ce qu’il paraît, sont plus courts et plus épais, et offrent jusqu’à 41/2 1. de large; la fente n’a que 4 1. de long dans ces individus, mais la base est incomplète. Les sillons latéraux sont quelquefois profonds, et les impressions vasculaires toujours distinctes. La petite pointe du sommet est toujours appréciable, en nœud et plus isolée que sur le Belemn. lanceolatus, dont le sommet se continue en pointe, sans former de nœud isolé.

Les plus gros individus se trouvent à Simféropol; ils ont 10 I.

* Zoolog. special. Rossiae IL. I. e. p. 27. PI. 2, fig. 6.

d'épaisseur d’avant en arrière, et 9 1. d'épaisseur entre les deux côtés, mesurés près de l’ouverture alvéolaire, dont la fente incomplète a 7 L de long. A une distance de 2 p. de l’ouverture, l’épaisseur de la bélemnite est de 8!) 1., mesurée d'avant en arrière, et de 9 1. entre les deux côtés; l'individu est légèrement comprimé. L’espace dorsal, non saillant et limité par les sillons latéraux à peine visibles, est tout à fait lisse; les impressions vasculaires ne se voient fortement développées que des deux côtés de la fente.

Le Belemnites ponticus Rouss. 1. c. appartient également au Belemnitella mucronata, car il a la fente alvéolaire, les impressions vasculaires des deux côtés de la fente, et la forme presque cylindrique à sommet obtus, muni d’un petit nœud, tout à fait comme le Bel. mucronata; il s’en distingue par le test plus élancé et moins lisse. M. RoussEAU 1. c. dit lui-même qu’il a les plus grands rapports avec le Bel. mucronata; il est allongé, droit, et son sommet est terminé par une pointe qui s’arrondit à l'extrémité; l’ouverture cependant est ovale, la région ventrale amincie et le dos arrondi. C’est donc une variété due à un âge moins avancé, dont la surface est marquée de la partie saillante dorsale, limitée des deux côtés par un double sillon longitudinal, et la base par une fente allongée; celle-ci est moins longue que la cavité alvéolaire, qui atteint presque la moitié de la longueur totale de la bélemnite. Cette espèce se trouve dans la craie blanche et chloritée de la Crimée, à Baktschissaraï, à Sabli, à Akkaya, à Simféropol et en d’autres localités de la Crimée. Elle a 3 p. 4 1. de long et 5 1. de large.

Le Belemnitella pontica (PI. XXXIITI, fig. 19) montre très bien la ligne apiciale, composée de petits cornets ou de nombreuses lamelles concentriques, situées les unes au dessus des autres. Les lamelles, tournées avec leur concavité vers l’ouverture alvéolaire, correspondent aux pointes ou dards de la gaîne alvéolaire et naïssent des couches concentriques de la gaîne: Ce sont par conséquent les traces des dards pointus de la gaîne; ils forment les lamelles concentriques, et par le développement ultérieur de l’alvéolite ils deviennent de plus en plus larges et constituent ensuite la gaîne, qui enveloppe l’alvéolite. La fig. 19 a montre la bélemnite en coupe verticale, pourvue de la gaîne alvéolaire et de la ligne apiciale. La fig. 19 b fait voir la ligne apiciale grossie, composée de nombreux cornets ou dards concentriques, enchâssées les unes dans les autres.

Un autre individu, très gros etrenflé, qui fut trouvé, à ce qu’il paraît, aux environs dé Nishny-Novgorod sur les bords de l’Oka (voy. PI. XXXIII,

fig. 18), est épais vers le sommet, marqué d’une courte pointe en nœud saillant, et s’élargissant peu à peu vers l’ouverture alvéolaire, qui est très large et prend son origine à une petite distance du sommet; la pointe de l’alvéolite occupe le milieu de la cavité alvéolaire. La surface se distingue par deux sillons doubles (1. c. fig. 18 c grossis), placés de chaque côté de l’espace dorsal à peine saillant et garni, sur les deux côtés de la bélemnite, de plusieurs impressions obliques et bifides, qui descendent vers le bord ventral. L'ouverture circulaire à 10 L de diamètre dans chaque direction, ou plutôt l}2 1. de moins dans la direction d'avant en arrière. Cette espèce se distingue du Belemnitella mucronata ordinaire par la forme conique, fortement élargie, la cavité alvéolaire est en outre beaucoup-plus rapprochée du sommet que chez celle-ci, en sorte que ces caractères pourraient suffire pour en faire une espèce particulière (1 c. fig. 18 a vue de côté et fig. 18 b ouverture).

Esp. 1172. Belemnitella lanceolata SCHLOTH.

Petrefactenkunde I. c. p. 49. No. 8.

Belemnites mucronatus Scaiors. BLanvirze, Sur les Bélemnites 1. c. PI. 1, fig 2.

Vaio Paléont. de Russie p. 489. PI. 43, fig. 2 et 3, sous le nom de Bele mnitella mucronata var. fusiformis d'Ors.

Belemnitella lanceolata Sxarre, Paleont. Soc. L. c. p. 7. PI. 1. fig. 4—6.

Le test allongé, lancéolé ou fusiforme, s’élargit légèrement vers la base à fente distincte; il s’amincit doucement vers le sommet simplement pointu, l'ouverture basale est circulaire.

Hab. dans la craie chloritée de Biassala et de Baktschissaraï en Crimée, ainsi que dans le même terrain de la France et de l’Angleterre, aux environs de Norfolk.

Vers le sommet acuminé, le test cylindrique devient légèrement conique; il s’élargit un peu vers le milieu et paraît alors fusiforme. L’espace dorsal, limité par les deux légers sillons, est peu saillant, car les sillons sont moins profonds que dans le Belemnitella mucronata, auquel il à été réuni par M. d’'OrBreny sous le nom de Bele m n. mucronata fusiformis, tandis que le vrai Bel. mucronata est rapporté par cet auteur à la variété renflée du Belemnitella mucronata.

L’alvéolite est beaucoup plus court que chez le Bel. mucronata; il est surtout très court sur les individus jaunes et transparents de Baktschissaraïi, qui n’ont que 2 p. de long et 4 1. de large; leur cavité alvéolaire a 21. de large à l'ouverture incomplète, et 5 1. de long, à pointe

allongée, placée un peu plus près du côté ventral que du dorsal; la ligne

. apiciale part de la pointe alvéolaire et ne se termine qu’à la pointe du

sommet, ayant presque 1 p. 9 1. de long. Les impressions vasculaires se voient le mieux exprimées à l’entour de la fente basale. Il en existe quelques individus de 3 p. de long, qui offrent la même épaisseur de 4 1 et dont les impressions vasculaires sont à peine visibles.

Le Belemnites ponticus paraît être la même espèce, qui est

. pourtant incomplète et dépourvue de la cavité basale; l'individu que je

dois à la bienveillance de M. ne Norman, est petit et roulé : on ne remarque pas sur lui les impressions vasculaires, mais les sillons latéraux de l’espace dorsal sont légèrement accusés, et la pointe de la cavité alvéolaire placée tout à fait au milieu de la bélemnite, comme dans le Belemnitella lanceolata.

Esp. 1173. Belemnitella subventricosa Wang.

Nov. act Acad.-scient. Upsal. VIT, p. 80.

Belemnites mamillaris Nirss., Petrif. Suec. L. cp. 10. PL 2, fig. 2. = Scaniae BLainv., Sur les Bélemnites p. 61. PI. 1, fig. 7.

Le test allongé est presque triquètre à la base, à fente plus courte que la cavité alvéolaire; l’alvéole est presque triquètre, arrondi, et les deux sillons latéraux limitent l’espace dorsal, qui est plus saillant que dans lPespèce précédente; sa forme est par là triangulaire.

Hab. dans la craie blanche sur les bords de la Desna et du Volga près de Ssimbirsk, ainsi qu'en Scanie près Ignaberg, dans la craie chloritée.

L’espèce de la Desna a 9 1. de large dans presque toutes les directions; les côtés de la fente sont munis de nombreuses impressions ramifées; le côté dorsal est lisse.

Esp. 1174. Belemnitella plena BLarnv. sp.

Sur les Bélemnites 1. e. p. 59. PI. 1, fig. 6.

Belemnites lanceolatus Sowersy, Miner. conch. PI. 600, fig. 8 -9. Belemnitella vera d’Ors., Paléont. fr. Terr. crét. Suppl. PI. 2. Belemnitella plena BL. Sxarpe, Paleont. Soc. IL. c. p. 9. PI 1, fig. 12—16.

Le test allongé est fusiforme, presque lisse, à base légèrement trigone et arrondie, à sillons latéraux longitudinaux profonds, et à espace dorsal bien limité, mais les impressions vasculaires sont indistinctes; le sommet est conique, presque obtus ou à peine acuminé.

Hab. dans la craie grisâtre dite opoka près de Kursk, ainsi que

dans la craie blanche inférieure de l'Allemagne, de la Belgique, de la France et de l'Angleterre.

Le test fusiforme se rétrécit aux deux extrémités et devient plus . large vers le sommet, qui se rétrécit légèrement en pointe conique. Les sillons des deux côtés de l’espace dorsal sont profonds, et l’espace allongé fait une petite saillie près de l’ouverture basale, qui par là paraît triangulaire. Les couches concentriques basales ne montrent que l’ouverture très petite et dépourvue de la cavité alvéolaire, comme sur l’'Actinocamax, qui cependant se distingue par la bélemnite tout à fait cylindrique, à base non triangulaire. L’épiderme du Belemnitella plena est entièrement lisse et marqué seulement, de chaque côté de l’espace dorsal saillant, de deux sillons, qui occupent en doubles impressions de chaque côté toute la longueur du test.

Le test a 3 p. 3 L. de long; son épaisseur vers le sommet est de 6 L, et celle de la base de 4 L. ou encore moins; près de l’ouverture les individus de Kursk montrent assez bien l’exfoliation accidentelle des couches concentriques, comme l’A ctinocamax: c’est donc un Actinoca max parmi les Bélemnitelles, comme le Belemnites subfusiformis et d’autres espèces en sont parmi les Bélemnites.

M. Sämaxx * a publié récemment quelques observations sur le développement de l’Actinocamax; il dit que l’espace entre le cône basal de la bélemnite et l’alvéolite ne pouvait pas rester vide et qu’il était primitivement rempli d’une substance plus molle crétacée, dont la disparition s’est opérée assez lentement. Par là la région alvéolaire présente toujours un petit trou central, servant à l’insertion de la pointe alvéolaire , et entouré par les couches concentriques en retrait de la pointe alvéolaire; dans les jeunes individus celle-ci est conique et saïllante, dans les adultes elle devient creuse au milieu, après la complète disparition de la substance crétacée qui entourait l’espace entre l’alvéolite et le cône basal. On ne peut, ajoute M. Sämann, nullement prouver que VActinocamax est une bélemnite, cassée dans le corps et du vivant de l'animal, et que la facette conique est l’effet du frottement des deux bouts de la cassure.

* Observations sur Belemnites quadratus, voir Bull. de la Soc. géol. de France. Tome XVIIT. 2e Série 1862. Paris. p. 1025.

Ordre second.

T'étrabranchiees.

Voy. vol. I, p. 1296.

Les Céphalopodes à quatre branchies ne se trouvent fossiles qu’en tests calcaires; on ne voit nulle part ni la trace de la tête, ni celle des pieds, ni même l'impression du corps à manteau; on suppose même que le sac à encre leur manquait, parce qu’on ne voit nulle part la moindre trace de ce sac. Le nombre des Tétrabranchiées de la mer primitive est très grand; il est très limité dans l’océan actuel, dans lequel les Dibranchiées nues prévalent: le Nautilus Pompilius est l’unique espèce tétrabranchiée qui l’habite encore maintenant,

Famille troisième.

Nautilidées voy. vol. I, p. 1297.

Les Nautilidéesse distinguent des Ammonitidées par leur test cloisonné, contourné en spirale complète et composé de deux couches, dont l’extérieure est calcaire, et l’intérieure nacrée; les cloisons sont concaves et lobées, à lobes simples et entiers; lo siphon occupe tantôt le centre, tantôt il est rapproché du bord dorsal, tantôt du ventral; il est peu développé, très court et entier ou continu dans les premiers tours, où il commence par le corps ovoïde et forme ensuite le dard du siphon, qui s'élargit successivement et donne naissance aux cloisons et aux parois des loges; celles-ci deviennent de plus en plus larges et s’enveloppent mutuellement. Ce sont les loges qui prévalent chez les Nautiles, tandis que les dards ou godets du siphon restent rudimentaires et rappellent dans ce cas les dards siphonaux des Bélemnites. La bélemnite ou gaîne bélemnitaire, très développée dans les Bélemnites, manque entièrement aux Nautiles, ainsi qu'aux Ammonites.

Genre IV. Nautilus IL.

Les tours en spirale sont tellement involvants que les derniers couvrent complétement les précédents; l’ombilic par suite n’est que petit. C’est l’unique genre cloisonné qui traverse toutes les périodes, l’ancienne,

la moyenne et la moderne et vit encore dans l'océan actuel, quoique le test du Nautile vivant semble se distinguer par une troisième couche cor-

née et noire, placée entre la couche calcaire extérieure et la couche nacrée intérieure.

Esp. 1175. Naut. granulosus d'Ors.

Paléont. fr. Terr. jur. I. c. p. 162. PI. 35, fig. 3—5.

Le test globuleux est composé de tours de spire qui se dilatent brusquement, l’ombilic est petit et profond, la surface ornée de stries serrées longitudinales, coupées par d’autres stries transverses, également serrées: sur le dos elles forment un arc large, et par leur croisement il se développe de petites-granulations sur la surface.

Hab. dans le terrain jurassique de l’étage oxfordien près du: village de Koltzowo au gouvernement de Twer, ainsi que dans le jura brun du Wurtemberg et de la France.

Le dos du test est élargi et doucement aplati, l'ouverture plus haute que large et légèrement comprimée entre les côtés ; les cloisons sont fort peu ondulées. Le test a plus de 2p. de haut et ressemble complétement à l’espèce oxfordienne de la France.

Esp. 1176. Naut. sinuatus Sow.

Min. concb. I. c. II, p. 213. PI. 194.

D’Ongieny, Paléont. fr. Terr. jur. 1. c. p. 157. PI. 32.

Quexsrepr, Jura |. c. p. 547.

, Le test très grand est légèrement comprimé, et la surface finement striée, à stries longitudinales très serrées et croisées ça et là par quelques stries transverses; les cloisons sont fortement sinueuses.

Hab. dans le grès néocomien ferrugineux de Biassala en Crimée, ainsi que dans le terrain oxfordien inférieur de la France, de lAngleterre et de l'Allemagne; il traverse dans le Wurtemberg l’étage du jura brun jusqu’au jura blanc supérieur.

Le test a 6 pouces de haut, et est comprimé jusqu’à la largeur. de 2 p. 5 L; l’ombilic est assez petit et légèrement anguleux; l'ouverture presque triangulaire, plus haute que large et comprimée des deux côtés.

Cette espèce paraît traverser tout le terrain jurassique, le jura brun et le blanc supérieur, et semble se trouver dans le néocomien ferrug'ineux de la Crimée près de Biassala *.

* Rousskau, Voyage en Russie méridionale par A. Dewinorr 1. c.; p. 607. PI. I, fig. 2, où cette espèce est citée dans un calcaire néocomien de Biassala ; je la possède dans le grès néocomien ferrugineux de Biassala.

Esp. 1177. Naut. subaratus Keys.

Graf Keyseruine, voy. Miopenporrr, Sibirische Reise Bd. I, Thl. 1, p. 250. PI. 4, fig. 1—3.

Le test globuleux est légèrement comprimé, à ouverture ovalaire, un peu plus large que haute, l’ombilic est assez grand et profond, le siphon rapproché du bord ventral ; la surface finement striée, à stries longitudinales croisées par des stries transverses.

Hab. dans le terrain jurassique ou crétacé sur le bord du fleuve Olenek en Sibérie orientale.

Le test est composé de tours qui s’élargissent assez doucement et forment un ombilic plus large que celui du Nautilus aratus du terrain liasique du Wurtemberg. Le lobe ventral aigu caractérise le Naut. subaratus, qui pourtant à les plus grands rapports avec le Naut. Deslongchampsianus d'Or8. de la craie chloritée de Rouen, en sorte que je suis porté à considérer ces deux comme identiques; car le Naut. Deslongchampsianus est de la même grandeur et de la même forme; il a l’ombilic également large et anguleux, le siphon placé plus près du bord ventral et la surface ornée de fines stries longitudinales croisées par des stries transverses; les cloisons sont, légèrement sinueuses, comme dans le N. subaratus, tandis que les cloisons du N. Deslongchampsianus sont décrites par M. d'OrBreny comme légèrement anguleuses et sinueuses près de l’ombilic. L’affinité du N. subaratus n’étant pas aussi grande avec le Naut. aratus du lias qu'avec le N. Deslongchampsianus, je suppose que le terrain sur le bord du fleuve Olenek est plutôt crétacé que liasique, d’autant plus que le comte De KeyseruING a décrit de cette localité, où il se trouve réuni au Naut. subaratus, un Inoceramus retrorsus n.sp., que J'ai rapproché de l’Inoceramus mytiloides de la craie *.

Esp. 1178. Naut. hexagonus Sow. aff.

Min. conch. VI, p. 55. PI. 529, fig. 2.

D’Ongieny, Paléont. fr. Terr. jur. 1. c. p. 161. PI. 35; fig. 1—2. Nautilusziczac(Sow.) Fiscuer, Oryctogr. Mosc.p. 181. PI, 45, fig. 3—4.

Le test globuleux est légèrement comprimé, à dos doucement enfoncé et anguleux, l'ouverture trapézoïdale est plus haute que large; les cloisons sont peu sinueuses et le siphon est rapproché du bord dorsal.

Hab. dans le terrain jurassique de l'étage oxfordien sur le bord du

# Voy. plus haut vol. IT, p. 492.

fleuve Moskwa près de Moscou, ainsi que dans un semblable terrain de l'Angleterre et de la France.

Je ne connais que la figure donnée par M. de Fiscer 1. c., et je ne sais pas si c’est effectivement le Naut. hexagonus Sow.; il lui ressemble beaucoup plus qu'au Naut. ziczac, avec lequel M. pe FiscHer le considère comme identique; les cloisons ne sont pas aussi sinueuses que celles du N. ziczac, mais légèrement ondulées, comme celles du N. hexagonus, dont le dos est également enfoncé, comme dans l'espèce de Moscou, qui a par conséquent le bord supérieur de l’ouverture également déprimé. L'ombilic est petit et anguleux, et la grandeur des deux espèces est la même. La plus grande largeur se trouve à la base de l’ouverture ; elle à 1 p. 3 L. et une hauteur de 1 p. 9 L., un peu moins grande que celle du Naut. hexagonus; le test n’est pas complet; il manque de la dernière grande loge, car les cloisons passent chez lui jusqu’à l’ouverture. |

Esp. 1179. Naut. latedorsatus ».

PI. XXXIV, fig. 1—2 gr. nat.; 1 vu du côté de la coquille: 2 vu du côté de l'ouverture.

Géogn. de Russie I. c. (en russe) 1846, p. 481.

Testa mediocris, anfractus satis celeriter increscentes, compressi, lateribus planis, dorso depresso, angulis obtusis, umbilico mediocri, profundo, angulis aeque obtusis, apertura pentagona, basi dilatata, medio profunde exsecta, superne coarctata, plana; siphone prope dorsum sito; septis approximatis, undatis, in dorso et utroque latere concavis.

Hab. dans le grès néocomien ferrugineux, sur le bord de l’Ounsha, au gouvernement de Tambow.

Le test, de grandeur moyenne, est composé de tours très comprimés, qui s’élargissent assez brusquement, les côtés et le dos sont aplatis, à angles obtus; l’ombilic est assez grand et profond, à angle également obtus ; les tours précédents y sont apparents. . L'ouverture, presque pentagonale, est aussi haute que large, se rétrécit vers le dos et s’élargit à la base, qui est profondément échancrée par le retour de la spire; le siphon est rapproché du bord supérieur de l’ouverture.

Les cloisons sont assez rapprochées et ondulées; elles commencent d'abord par un sinus court, qui occupe le bord anguleux de l’ombilic, passent ensuite en un sinus plus profond et plus large sur chaque’ côté, et montent de là vers le dos, où elles forment un sinus à convexité contournée vers l’ouverture.

La surface du test est finement parcourue de stries très rapprochées et légèrement infléchies.

Le test a 2 p. 10 I. de haut; il est le plus large entre les côtés inférieurs de l’ouverture, et offre une largeur de 1 p. 10 L.; c’est là aussi la hauteur de l’ouverture.

Cette espèce a les plus grands rapports avec le Naut. hexagonus et principalement avec la figure donnée par M. pe Fiscxer, en sorte que es deûx espèces seraient peut-être identiques ; néanmoins le sinus dorsal du Naut. latedorsatus se tourne avec sa convexité vers l’ouverture, tandis que le N. hexagonus de Moscou y tourne sa concavité; les côtés sont légèrement convexes dans celui-ci, et entièrement plats dans le N. latedorsatus.

La forme générale du Naut. latedorsatus rappelle un peu le Naut. Lallierianus d’Ors. * des marnes aptiennes de Ste-Croix, qui cependant est beaucoup plus comprimé, à dos étroit et muni d’une légère carène entre les deux angles aigus du dos; son ouverture est presque triangulaire, étroite et plus longue que large. Le Naut. latedorsatus tient alors le milieu entre le N. Lallierianus et le N. Rhodanïi Roux et Prcr. **, qui est légèrement aplati sur les côtés , très anguleux aux bords du dos enfoncé, et creusé en canal sur son milieu. -

Esp. 1180. Naut. pseudo-elegans d'Ors.

Paléont. fr. Terr. crét. I. c. I, p. 70. 1840. PI. 8 et 9. Naut. pseudo-elegans d'Ons. Picr., Terr. crét. de Ste-Croix 1. c. p. 123. PI. 14—14 bis.

Nautilus costatus Fiscn., Oryctogr. de Mosc. 1. c. 1837, p. 181. PI. XVI et Bellerophon caucasicus Fiscn., Bull. de la Soc. des Nat. de Mosc. I. c. 1829.1, p. 318.

Le test très grand, renflé et convexe, a la région externe large et arrondie, l’ombilic est presque fermé, petit, en dépression peu profonde, l'ouverture est semi-lunaire, plus large que haute; le siphon est rapproché du bord inférieur; les cloisons sont peu sinueuses; la surface est garnie de côtes bien marquées, égales, partant de l’ombilic, arquées en avant sur les flancs et formant sur le dos un sinus peu profond, arrondi en arrière. | à Hab. dans le grès néocomien de Kislawodsk à la pente septentrionale du Caucase, et près de Biassala en Crimée, ainsi que dans l'étage

* Prcrer et Campicur |. c. PI. 19, fig. 6.

** Mollusq. du grès vert de Genève I. c. PI. 1, fig. 4.

valangien, dans les marnes de l’étage néocomien, et dans le calcaire jaune, à la base de l’urgonien de la Suisse près de Ste-Croix aux environs de Genève.

Grande coquille, ornée de grosses côtes, qui forment un large sinus sur les côtés du test, à convexité contournée vers l’ouverture, et un sinus moins large sur le dos, à convexité contournée en arrière, où elle forme un angle presque aigu sur le milieu du dos. Il en existe plusieurs variétés, décrites par M. Prcrer (1 c.).

L'espèce du Caucase a 3 p. 10 L. de hauteur, le diamètre longitudinal de son ouverture est 1 p. 9 1. et le diamètre transversal 2 p. 7 1. M. DE FiscHer l’a nommé en 1837 Nautilus costatus, et ce nom aurait même la priorité sur celui de Naut. pseudo-elegans d'Or. de l’année 1840; mais comme il existe déjà un N'aut. costatus Broccui, plus ancien, il est plus naturel de conserver à l'espèce le nom donné par M. d'Orgieny. Le Naut. radiatus Sow. * du grès vert de l'Angleterre est peut-être identique avec l’espèce du Caucase, mais lombilic est plus grand et plus profond que chez celle-ci, et l'espèce de Sowergy, du grès vert inférieur, serait même, selon M. Prcter, à réunir en partie avec le Naut. Neckerianus Prcr., tandis que le N. radiatus des craies marneuses devrait porter le nom donné par M. Sowergy.

Le Naut. pseudo-elegans de Biassala est plus grand que l’individu du Caucase; il a 5 p. 4 L de large, mesuré au dessus de l’ouverture jusqu’au dos, et 3 p. de large, mesuré entre les côtés; sa hauteur est de 6 p. et davantage. Le test bien conservé montre des côtes très grosses et l’ombilic presque fermé, l’ouverture est plus large que haute.

Un autre individu de la même localité est de la même grandeur, mais les côtes moins marquées disparaissent tout à fait sur le: dernier tour, comme aussi sur le test de la variété de Maurement, représentée par M. Prcrer L. c. PI. 14, fig. 2, sur laquelle on voit, comme sur le test de Biassala, toutes les cloisons converger sur un axe saillant ou columelle, occupant la place de l’ombilic. Le dernier tour de l'individu de Biassala

est presque entièrement lisse, sauf quelques traces de côtes que l’on remarque sur le dos.

Esp. 1181. Naut. albensis d'Or.

Prodrome I. c. 1850. IL, p. 122.

Picrer et Campicue, Fossiles du terr. crét. de Ste-Croix 1. c. p. 134. PI. 17.

Le test, très renflé et presque globuleux à l’âge adulte, a le dos ©# Min. conch. L, p. 78! PL. 356,

arrondi et l’'ombilic marqué par une simple dépression; il devient infundibuliforme, et, profond dans le moule; l’ouverture est plus large que haute; le siphon un peu plus près du bord inférieur; les cloisons peu sinueuses sont très écartées, et les côtes de la surface fortement marquées sur le dos et faibles au pourtour de l’ombilic.

Hab. dans le néocomien supérieur de Biassala en Crimée et dans le gault du Caucase septentrional, sur les bords des fleuves Tscherek et Khoulam, jusqu’au fleuve Ouroukh, qui vient du pays de Digouri, ainsi que dans le gault de Ste-Croix.

Le test est moins grand que le précédent, il pu presque globuleux, à côtes grosses et espacées sur les flancs du milieu du test, plus étroites et rapprochées vers l'ouverture; les cloisons, sont très espacées et caractérisent notre espèce: sur le dos elles sont écartées les unes des autres jusqu’à 8 L., tandis que celles du Naut. pseudo-elegans plus grand sont espacées de 6 L. ou un peu plus.

Le test a 4 p. de large dans une direction, et 3 p. 2 1. dans l’autre entre les côtés; sa hauteur est de 5 p. 3 1. Les jeunes individus, à cloi-

sons espacées jusqu’à 6 1. et plus, montrent au milieu du bord inférieur de l’ouverture une légère dépression, qui se prolonge en un Los cornet, mais qui ne se retrouve plus dans l’adulte.

Je suppose que le Naut. elegans d'Ors., cité par M. Asrcn * dans le gault du Caucase septentrional, appartient aussi au Naut,. albensis, qui se trouve également en Crimée; je ne le connais pas par autopsie et il me reste donc douteux.

Esp. 1182. Naut. Neckerianus Picr.

Fossiles du terr. crét. de Ste-Croix 1. c. p. 132. PI. 16.

Nautilus radiatus Firron, Geol. Transact. 1836 (non Sow.).

Le test, médiocrement renflé, est légèrement comprimé et pourvu d’un dos arrondi; l'ouverture est presque aussi haute que large, à siphon submédian, placé un peu plus près du bord inférieur de ouverture; l’ombilic est presque fermé quand le test existe, et infundibuliforme dans le moule. La surface est ornée de côtes bien marquées, fortement courbées en avant sur les flancs.

Hab. dans le grès néocomien ferrugineux de Biassala en Crimée, ainsi que dans les grès durs aptiens de Ste-Croix.

Les cloisons sont très écartées; elles sont bien plus écartées et plus

* Agicx, Mém. de l’Acad. des Sc. de St. Pétersb. Tom. IX, part. [, p. 493.

sinueuses que dans le Naut. pseudo-elegans, qui est en outre moins comprimé que le N. Neckerianus; il ressemble également au N. neocomiensis, mais son ombilic est plus étroit dans le moule, le siphon plus médian et les côtes sont plus arquées en avant.

Le test a 3 p. 2 1. de haut et 2 p. de large, mesuré entre les côtés.

M. Ausrsaca* fait mention d’un fragment très indistinct du Naut, Neckerianus Prer., qui a été trouvé dans l’argile siliceuse crétacée entre les villages de Khotkow et de Troitza dans le gouvernement de

Vladimir; mais la figure jointe à sa notice ne vient pas confirmer cette découverte. "

Esp. 1183. Naut. Clementinus d’Ors.

Paléont. fr. Terr. crét. I, p. 77. PI. 13 bis. Picrer et Cawpicne 1. c. p. 144. PI. 19, fig. 1—5.

Le test peu renflé est légèrement comprimé, et aplati sur les flancs, l’ombilic est presque fermé dans le jeune âge, quand le test épais existe; il devient plus apparent dans le moule. Les cloisons sont légèrement sinueuses et médiocrement rapprochées; près du retour de la spire elles présentent au milieu une dépression profonde, qui correspond à une pointe assez marquée au côté postérieur, les pointes formant une série de cônes emboîtés.

Hab. dans le calcaire néocomien ferrugineux de Biassala, ainsi que dans le gault de la Perte-du-Rhône, et d’Escragnolles dans le département des Alpes-Maritimes.

Le test est très épais; on le retrouve par conséquent plus fréquemment bien conservé que celui d’autres espèces; à l’âge adulte il est très lisse et marqué seulement de quelques lignes d’accroissement peu profondes, en ondulations plus appréciables sur le dos. La surface du test est en outre ornée de lignes transverses régulières, coupées par des stries longitudinales, ce qui constitue un treillis élégant.

L'ouverture est à peine plus haute que large, et le siphon placé au tiers inférieur de l’ouverture.

Le test a 1 p. 2 1. de haut, 8 L. de large, mesuré au bord inférieu de l’ouverture; il n’a que 5 1. de large près du retour de la spire. Cette espèce répond tout à fait à la figure donnée par M. d’OrBreny et à la description de MM. Prcrer et Campicxe.

# Bull. de Mosc. I. c. 1865, II, p. 115. PI. V, fig. 22.

Esp. 1184. Naut. expansus Sow.

Min. conch. I. c. PI. 458, fig. 1.

Naut. Archiacianus d’Ors., Paléont. fr. Terr. crét. 1. c. p. 91 PI. 21. SarPg, Paleont. Soc. I. c. 1853, p. 11. PI. 2, fig. 3—5.

Le test globuleux est légèrement comprimé et marqué de lignes d’accroissement très rapprochées et nombreuses; le moule est entièrement lisse, l’ombilic peu large est légèrement caréné à son pourtour extérieur.

Hab. dans le grès néocomien supérieur de Biassala en Crimée, ainsi que dans la craie chloritée des environs de Rouen et de l'Angleterre.

D'orditaire l'ouverture du test est plus large que haute, élargie à la base et rétrécie vers le bord supérieur; les flancs du moule sont légèrement enfoncés, le dos est arrondi. Les cloisons sont sinueuses et très espacées sur le dos.

Je trouve une grande affinité entre cette espèce et le Naut. Archiacianus d'Ors. de la craie chloritée, avec lequel M. Prorer l’a également réunie:* l’ouverture, arrondie au bord supérieur et légèrement anguleuse sur les côtés, différencie un peu le N. Archiacianus du N expansus; celui-ci a l'ouverture plus large que haute, à bord supérieur semi-lunaire; cependant près de Biassala il se trouve associé à l’autre espèce, qui a les flancs marqués d’une impression longeant le milieu du test, comme sur le N. expansus de Biassala.

Esp. 1185. Naut. sublaevigatus d'Ors.

Prodrome de Paléont. strat. Il, p. 189. — Naut. laevigatus d'Ors., Paléont. fr. Terr. crét. 1. c. p. 84. PI. 17.

Sarre, Paleont. Soc. 1. c. 1853, p. 11. PI. 2, fig. 1—2.

Ginirz, Quadersandsteingeb. 1. c. PI. 3, fig. 2.

Le test très grand est globuleux, à dos et à flancs arrondis, lisses, et à ouverture semi-lunaire, plus large que haute; l’ombilic est très petit, mais toujours appréciable.

Hab. dans la craie tufeau de Baktschissaraï en Crimée, ainsi que dans les couches crétacées blanches, correspondant aux craies chloritées de Royan et de Rochefort.

L’individu de Baktschissaraï est plus petit que l’espèce figurée par M. d’OrgBreny, mais il lui ressemble tout à fait; l’ombilic est petit et profond; les cloisons sont légèrement sinueuses, et non droites, comme celles du Naut. simplex, du pläner inférieur de Saxe, qui manque aussi de l’ombilic.

# Pcrer et Camricue L. c. p- 139.

L’individu de la. Crimée a 2 p. de haut et: 1 p. 6 1. de large, il est comprimé par accident et se trouve en moule, en sorte que sa forme n’est pas bien distincte.

Esp. 1186. Naut. simplex Sow.

Min. conch. 1. c. II, p. 47. PL 122.

Gæinirz, Quadersandsteingebirge 1. c. PI. 3, fig. 1.

Le test assez grand a le dos et les flancs arrondis; il est par là globuleux, maïs un peu plus comprimé que le Naut. sublaevigatus; l'ouverture est presque plus haute que large, et les flancs du bord inférieur sont saillants et recouvrent l’ombilic, qui n’est pas apparent; les! cloisons sont droites, à peine infléchies au milieu des flancs.

Hab. dans la craie tufeau de Karassoubazar et dans le turonien de Novgorod-Ssewersk, ainsi que dans le pläner inférieur des environs de Dresde et dans le grès vert supérieur de Boreham en Angleterre.

L’individu de Novgorod-Ssewersk a 2 {2 p. de haut et 2 p. de large,

mesuré au dessus du bord inférieur de l’ouverture; il est par conséquent plus petit que celui de Dresde. La surface est toute lisse et le dos élargi très arrondi.

+ M. Pusce * fait mention du Naut. simplex Sow., ainsi que du Naut. expansus Sow., comme se trouvant dans le klippenkalk des Karpathes, maïs sans en donner ni une description, ni des figures; il est par conséquent impossible de vérifier ces déterminations, qui restent très douteuses. F

Esp. 1187. Naut. usturtensis ABicx sp.

Aganites usturtensis Agicu, Beitr. z. Paläont. des asiat. Russl. Mém. de l’Acad des Sc. de St. Pétersb. 1859. Scienc. math. et phys. vol. VIL, p. 562° Le test globuleux est formé de tours grossissant brusquement, le dernier, très grand, recouvre l’avant-dernier qui est plus petit; l'ouverture est plus haute que large, se rétrécit vers le dos légèrement comprimé et s’élargit à la base légèrement échancrée; le lobe latéral unique est très profond, allongé et étroit, en entonnoir, comme le lobe ventral, également étroit et infundibuliforme, qui y forme le siphon. Hab. dans la craie tufeau de la pente orientale de l’Usturt, près du cap Aktoum-Ssouk, au bord du lac d’Aral.

Cette petite coquille, de la grandeur de l’'Aturia Aturi Basr.

# Polens Paläontologie 1, c. p. 150.

sp.*, a aussi de grands rapports avec celui-ci, qui cependant se distingue par ses tours moins embrassants et plus comprimés; le lobe latéral de chaque côté est également profond et étroit; le lobe ventral en entonnoir forme le siphon ventral, comme chez le Naut. usturtensis et le Spirula Peroni vivant. Les siphons de toutes les cloisons du N'aut. usturtensis sont emboîtés les uns dans les autres comme des cônes, et rappellent les dards siphonaux des Orthocères, qui ont la même conformation et prouvent que le siphon n’est qu’un emboîtement ventral de la cloison, ou plutôt que le siphon commence par le corps ovoïde des Gomiatites et Nautilés, se prolonge d’abord en une petite dépression, comme dans le Naut. albensis d'Ors., ou comme dans le Naut. usturtensis et la Spirule, en un petit tuyau, qui s’élargit de plus en plus et passe enfin en la cloison, et celle-ci en la paroi extérieure de la coquille.

Les cloisons du Naut. usturtensis sont très rapprochées les unes des autres, et les lobes latéraux si longs qu’ils touchent presque les cloisons précédentes. L'ouverture de la grande loge est caractérisée par sa forme presque triangulaire; le bord dorsal est comprimé et légèrement arrondi, le basal très élargi, à côtés arrondis et à base profondémentéchancrée. La coquille présente un diamètre de 7 lignes et au delà.

Le Naut. lingulatus v. Buca** du terrain subalpin de Kressenberg ne s’en distingue que par la coquille plus comprimée et par l’échancrure plus profonde; ses tours ne grossissent pas aussi rapidement que ceux du Naut. usturtensis. C’est en tout cas un véritable Nautile.

Esp. 1188. Naut. Perezi BeL.

PI XXXIV, fig. 3—4 gr. nat.; 3 vu de côté; 4 du côté de l’ouverture; 4 x vu

du côté du bord dorsal à échancrure.

BeLzLaRrni, Sur les fossiles nummuliliques du comté de Nice, voy. Mém. de la Soc. géol. de France. 2. Sér. vol. 4, p. 208. PI. 12, fig. 1.

Petit test globuleux lisse, à bord supérieur pourvu d’une profonde échancrure ; les tours s’élargissent brusquement, et par suite l’ombilic est fermé, l’ouverture est semi-lunaire et très large; la dernière loge est très profonde, en sorte qu’on ne remarque pas encore de cloisons.

Hab. dans un calcaire supracrétacé gris verdâtre à très petits grains siliceux des bords du fleuve Wytschegda, à Fest d'Oust-Ssyssolsk au nord

* Brown, Leth. geogn. VI, p. 594. PI. 42 fig. 17. #* Quensrenr, Cephalopoden I. c. p. 59. PI. 2, fig. 12.

de la Russie, ainsi que dans le terrain supracrétacé nummulitique du comté de Nice.

Le test est plus petit que celui des environs de Nice; il est parfaitement globuleux, de 5 1. de haut, mesuré au dessus du bord supérieur de l’ouverture, et d'autant de large, mesuré au travers du bord inférieur de l’ouverture; le dernier tour près de l'ouverture n’a que 21} I. de large. La surface est lisse, l'ouverture a 2 1. de haut et 5 I. de large, lombilic est nul, le bord supérieur de l’ouverture profondément échancré, comme dans quelques Bellérophons, le bord de l’échancrure est légèrement saillant et infléchi. Le dernier tour ne présente pas encore de cloisons, qui doivent commencer plus tard à l’intérieur du second tour. Le siphon est inconnu.

Le calcaire à grains siliceux paraît rappeler le terrain néocomien supérieur ou au moins un terrain supracrétacé, tandis que celui de Nice est dit par M. BezzarDr un terrain nummulitique ou éocène; cependant la plupart des nombreux fossiles y sont nouveaux et rarement identiques avec ceux de Paris.

Dans la craie blanche de Ssimbirsk se trouvent quelquefois des fossiles qui ressemblent à des becs de Nautiles: M. pe JazyKkow en a observé un de 4 1. de large et de 31/4 L. de long; il est triangulaire, à dos arrondi-convexe, et à base concave; sa surface est ornée de côtes rayonnées plus épaisses vers la base; elles sont croisées par des stries transverses très rapprochées et nombreuses. Les côtes commencent au sommet aigu, au nombre de 8, et la surface devient un treillis élégant par les stries transverses. Cette espèce de Nautile a dû être très petite.

Famille quatrième.

Ammonitidées.

Le test des Ammonitidées, contourné en spirale ou tout droit, est pourvu des cloisons découpées, digitées, anguleuses ou arrondies sur leurs bords, qui forment des lobes profonds. Le siphon est toujours marginal, dorsal ou ventral; le bord supérieur de l’ouverture se prolonge en un lobe saillant double. Les Ammonitidées commencent dans le terrain carbonifère avec les Goniatites, et dans le trias avec les Cératites, auxquels se réunissent déjà quelques Ammonites peu développés. Ceux-ci montrent le plus grand développement dans le terrain jurassique; ils diminuent notablement dans le crétacé, et à partir de là ils disparaissent.

Genre V. Ceratites HAAx.

Le test, en spirale parfaite, est pourvu de cloisons convexes, à bords lobés, les selles sont simples, les lobes dentelés; le siphon dorsal est contourné en avant et non en arrière, comme dans les Nautiles: c’est la suite de son développement par le corps ovoïde, auquel prend naissance le siphon, à chaque nouvelle cloison. Le corps ovoïde, en se développant en siphon, garde son extrémité inférieure calcaire et se continue plus haut vers la cloison suivante en une partie membraneuse qui disparaît dans la suite, et l’extrémité siphonale supérieure seule reste dans les Nautiles; elle se dissout au contraire et se perd par la fossilisation dans les Cératites et les Ammonites. Le genre Ceratites ne se trouve bien caractérisé que dans le trias; d’autres Cératites moins bien caractérisés habitent le dyas et même le terrain crétacé, et rappellent par là les Ammonites, comme par exemple les Ammonites Senegueri d'Ors. et Vibrayanus d’Ors. du gault et du grès vert supérieur de la France. D’autres espèces, comme le Ceratites Bogdoanus, qui provient du terrain dyasique du mont Bogdo *, ont été placées parmi les Goniatites; M. pe Verneurz ** le nomme maintenant Goniatites Bogdoanus, car ses lobes très simples forment seulement un fer de lance.

Esp. 1189. Cerat. nodosus ScHLoTH. sp.

Ammonites nodosus Scaors. , Petrefactenkunde 1, p. 67. — II, p. 81 et 106. PI. 31, fig. 1.

Ceratites nodosus Bron, Leth. geogn. IT, p. 82. PI, 11, fig. 20.

Le test, comprimé en spirale régulière, est pourvu de nombreux lobes, de deux lobes latéraux plus grands et dentelés, et de 3 ou 4 lobes auxiliaires, dont les deux premiers sont quelquefois dentelés, comme les lobes latéraux, qu’ils rappellent; le dos est déprimé et peu convexe, et les flancs pourvus de 12 à 15 côtes épaisses, dirigées légèrement en avant et formant des nœuds près du bord dorsal.

Hab. dans le calcaire coquillier de Tarnowitz en Silésie supérieure, et en quelques localités du royaume de Pologne, ainsi que dans le même terrain de l'Allemagne et de la France.

C’est la seule espèce de Ceratites qui se trouve dans le vrai muschelkalk ou calcaire coquillier du terrain triasique; elle ne se re-

# Voy. vol. I, p. 1327.

#* Voy. Paléont: de Russie par M. DE VERNEUIL, p. 366.

trouve nulle part dans la-Russie d'Europe ni dans la Russie asiatique. Une espèce, dont j’ai le premier fait mention *, comme se trouvant dans un terrain triasique d’une localité inconnue de la Sibérie orientale, sur une île de la Mer glaciale, est, à ce qu’il paraît, le Cerat. semipartitus v. Bucx.

Esp. 1190. Cerat. semipartitus v. Bucx. |

Ceratites sp.m. Bull. de l’Acad. des Sc. de St. Pétersb 1. c. IX, p. 113. Ceratites Hedenstroemi Mine. , Sibir. Reise 1. c. I. 1, p.244. PI. II, 5—7. PI. II, 1—6.

Ammonites semipartitus v. Bucu, Über Ceratiten 1. c. p. 9. PI. 2, fig. 2-3. PI. 3, fig. 1—2.

Ceratites semipartitus Brown, Leth. geogn. Il, p. 83.

Le test grand, très comprimé, a le dos fort étroit et tranchant; les flancs comprimés sont plats, légèrement convexes vers le milieu et augmentent brusquement en largeur; des côtes à peine visibles se remarquent quelquefois sur les flancs.

Hab. dans un calcaire, à ce qu’il paraît coquillier, de Kotelny, île de la Mer glaciale, à côté de la Nouvelle-Sibérie, ainsi que dans le vrai calcaire coquillier de l’Allemagne, près de Gôttingen sur le Heïmberg, près du Weïmar et ailleurs, associé au Cerat. no dosus.

Le fragment du test, décrit par moi, avait été trouvé sur l’île de Kotelny de la Mer glaciale près de l'embouchure de la Léna; 40 ans après, M. De MiDDENDORFF à reçu à Irkoutzk plusieurs autres fragments de Cératites, décrits ci-dessous, qui selon le récit du donateur, ont été trouvés sur le bord du fleuve Olenek, et dont l’un était la moitié du test publié par moi en 1842 comme provenant de l’île Kotelny. Il n’y a donc plus de doute que ces échantillons s'étaient trouvés ensemble sur une île de la Mer glaciale, entre les embouchures de la Léna et de l’Olenek, qui se jette dans la Mer glaciale à l’ouest de la Léna. Néanmoins il est très difficile de prouver que c’est le terrain triasique dans lequel l’espèce a été trouvée, et même que c’est effectivement le Cerat. semipartitus du muschelkalk de l'Allemagne, comme le suppose M. De Bucs. Le vrai muschelkalk n’a pas encore été trouvé en Russie, et les autres espèces de Cératites, trouvées avec le Cer. semipartitus ou Hedenstroemii, se distinguent notablement, par leurs lobes, du genre Ceratites.

# Bull. scientif. de l’Acad. des Scienc. vol. IX, p. 113.

Esp. 1191. Cerat. Middendorffii Keys.

Mippenporrr, Sibir. Reise 1. c. p. 246. Pl L'et PI. IL fig. 1—4.

Grand test légèrement comprimé, à tours s’élargissant brusquement ; la surface est munie au bord sutural de grands tubercules, qui se bifurquent en deux côtes indistinctes. Les côtes atteignent jusqu’au bord dorsal convexe et assez large; lPombilic est grand et laisse apparaître les tours de spire précédents.

Hab. dans le calcaire coquillier douteux du bord de l’Olenek en Sibérie orientale.

Espèce très variable selon l’âge ; les tubercules du dernier tour forment des côtes quise bifurquent quelquefois, ou les côtes restent simples et disparaissent même tout à fait. Ce n’est pas un vrai Cératite, parce que les lobes n’ont pas les dents égales; il y à 8 dents aux lobes, dont les moyennes sont plus longues et plus larges que les latérales, caractère qui distingue notre espèce des Cerat. nodosus et semipartitus; les selles sont également très inégales en largeur et en hauteur, en sorte que les lobes placés entre les selles deviennent très inégaux.

Le test a 6 p. de haut, sa largeur est de 2 p. 6 1.; c’est l’espèce -la:plus grande de ce genre.

Esp. 1192. .Cerat. anomphalus Keys.

Mippexoorrr, Sibir. Reise 1. c p. 248. PI. II, fig. 7—10.

Le test comprimé, à dos tranchant, est parcouru de stries fines, rayonmées et serrées, l’ouverture est plus haute que large, à bord inférieur profondément échancré; l’ombilic est assez large et superficiel.

Hab. dans le même calcaire coquillier douteux des bords du fleuve * Olenek de la Sibérie orientale.

Les lobes sont dentelés; le dorsal est peu profond, d’une largeur presque double de la hauteur, et il est divisé au fond par une petite selle en deux parties égales; les lobes latéraux sont beaucoup plus pro- ‘fonds que larges, le lobe latéral supérieur est symétrique et d’une hau- ‘teur double de celle du lobe dorsal; le lobe latéral inférieur est plus étroit que le supérieur et muni de 3 dents, au lieu de 5 ou 6 qui se voient au lobe latéral supérieur; un lobe auxiliaire à 3 dents est us “au dessous de lui.

Le test a 1 p. 5 L. de haut et 4 L de large, mesuré au dessus du bord inférieur de l'ouverture.

Esp. 1193. Cerat. Eichwaldi Keys.

Miopenoonrr, Sibir. Reise 1. c. p. 249. PI. 11—14.

Le test est petit, composé de tours peu embrassants et garnis de côtes simples ou bifurquées près du bord supérieur; elles sont divisées sur le dos par une raïnure longitudinale; par 1à le dos est enfoncé; les côtés sont comprimés, et les lobes simples, dépourvus de dents.

Hab. dans le même calcaire coquillier douteux sur l’Olenek en Sibérie orientale.

Les lobes simples prouvent positivement que ce n’est pas un Cératite, mais plutôt un Ammonite, qui par ses lobes offre la plus grande ressemblance avec l’Amm on. Vibrayeanus d’Ors. du grès vert supérieur du canton de Vibraye en France; quant aux ornements du test, le Cératite dela Sibérie ressemble presque parfaitement à l'Amm. Feraudianus d’Ors.* du grès vert supérieur de Vergons en France. Cependant les cloisons de cette dernière espèce sont inconnues, et je suis assez porté à lui supposer des cloisons semblables à celles du Ceratites Eichwaldi, ce qui prouverait que le calcaire coquillier douteux de la Sibérie se rapporte plutôt à un grès vert supérieur, car le terrain crétacé est fortement développé en Sibérie, à l’ouest. sur le bord du Jenisséi aussi bien qu’à l’est sur le bord de l’Olenek.

Genre VI. Ammonitles Bruc.

Le test, discoïde ou globuleux, est enroulé sur le même plan, le siphon est placé près du bord dorsal; les cloisons des loges sont très dentelées, découpées et ramifiées vers leurs bords; les lobes sont profonds, l’un en est dorsal, l’autre ventral, et il y a plusieurs lobes latéraux. Les lobes sont séparés par des selles saillantes, également divisées, mais à découpures arrondies. Les tours sont tantôt découverts, tantôt non visibles à l’extérieur et recouverts par le dernier tour, qui embrasse tous les précédents; les tours sont toujours en contact, ils s’enroulent en une spirale régulière, et chaque tour est creusé, par le retour de la spire, au bord inférieur pour recevoir le tour précédent. L'ouverture est souvent rétrécie et munie de bourrelets et d’appendices latéraux de forme très variable; l’ombilic est plus ou moins profond. Les espèces de ce genre sont très nombreuses et il devenait indispensable d’y établir des coupes pour faciliter la détermination des espèces. Ce genre caractérise, comme les Bélemnites, la période #oyenne, surtout les terrains jurassique et

* Paléont. fr. Terr. crét. 1. c. p. 324. PI. 96, fig. 4—5.

crétacé; il manque aux périodes ancienne et moderne, ainsi qu’à l'océan actuel. Les Ammonites — il y en a déjà jusqu'à 700 espèces fossiles bien connues — sont très difficiles à caractériser ; les principales espèces de la Russie sont les suivantes, que je décris ici, comme connues depuis longtemps, par des phrases très courtes, d’après l’âge relatif de leur gisement dans les différentes formations géologiques.

Esp. 1194. Ammon. Parkinsoni Sow. (FAM. DENTATI).

Miner. conch, 1. c. IV. PI. 307.

Amm. dubius Scarorn. Petrefactenkunde. vol. I, p. 69.

Amm. bifurcatus (ScuLors.) Zieren, Verst Württemb. IV. PI. 3, fig. 3, et A. subfurcatus Zier. I. c. X. PI. 7, fig.6.

Anm. Parkinsoni Sow. Puscn, Polens Paläontologie p. 156. PI. 14, fig. 1.

Le test discoïde est composé de 6 ou 7 tours comprimés et plissés, à plis nombreux, infléchis vers l'ouverture et bifurqués vers le dos, qui est arrondi et enfoncé au milieu.

Hab. dans la couche supérieure de l’oolithe inférieur du royaume de Pologne, près de Kostrzym, de Konopisko, et de Zawodzie aux environs de Czenstochowo, très fréquent dans les rognons aplatis de sphérosidérite, ainsi que dans plusieurs localités du Wurtemberg, de la France et de l'Angleterre.

Cette espèce caractérise la couche inférieure du jura brun du Wurtemberg et offre de nombreuses variétés, dont plusieurs se trouvent en Pologne, d’un diamètre d’un pied et plus. Le test adulte devient plus ou moins lisse sur les flancs du dernier tour, les plis, tranchants sur les tours précédents, forment des côtes plus obtuses et plus espacées près du bord inférieur du dernier tour, où elles sont beaucoup moins nom- -breuses que sur le dos arrondi. Les côtes dorsales, interrompues sur le milieu du dos, se dirigent vers l'ouverture et sont séparées par un ou deux arrêts d’accroissement sur les deux derniers tours; l'ouverture, plus haute que large, est profondément échancrée au bord inférieur, et arrondie au supérieur.

Cette espèce, au jeune âge, se distingue par les côtes qui se bifurquent alternativement, et présentent alors quelque ressemblance avec l’A. angulatus Scacors. du lias, tandis que l’adulte devient entièrement

lisse et rappelle l'A. discus Zrer. du jura brun. Eichwald', Lethaea rossica. El. 66

Esp. 1195. Ammon. Humphriesianus Sow. (FAM. CORONARIT). Min. conch. 1. c. V, p. 106. PI. 500, fig. 1. v. Zimren, Verstein. Württembergs I. c. p. 89. PI. 67, fig. 2. Quensrepr, Cephalopoden p. 180. PI. 14, fig. 7 et 11. D’Orgiény, Paléont. fr. Terr. jur. I, p. 389. PI. 133—35.

Le test est grand, discoïde et composé de 4 ou 5 tours, qui grossissent doucement en largeur et ne s’embrassent que fort peu, en sorte que les côtes, qui prennent naissance aux tubercules latéraux, restent libres sur les flancs; l’ombilic est large et superficiel; l’ouverture est arrondie, presque aussi haute que large.

Hab. dans l’oolithe inférieur ferrugineux de Koumouk au Daghestan, et sur le mont Alaghir près d'Ounal au Caucase“, ainsi que dans le même terrain du Wurtemberg, de la France et de l'Angleterre.

L'ouverture du test est circulaire ou ovalaire, et non tétragone; les 30 à 60 côtes commencent aux tubercules arrondis, se trifurquent, et passent de là sur le dos. Le dos très convexe, la forme plus comprimée du test, l’ombilic large et superficiel caractérisent cette espèce ; les côtés sont obtus et non carénés, les côtes sont toujours trifurquées et non bifurquées. On a souvent confondu cette espèce avec les Ammonites convolutus et Astierianus, dont le dernier offre la plus grande ressemblance avec l'A Gowerianus.

Esp. 1196. Ammon. Gowerianus Sow. (FAM. CORONARII). Min. conch. 1. c. p. 573. PI. 549, fig. 3—4.

Le test assez grand a les tours peu embrassants et garnis de côtes épaisses, légèrement infléchies en S. et enflées en tubereules sur le milieu des flancs; c’est de ces tubercules que naïssent 3, 4 ou un plus grand nombre de côtes grêles, qui se dirigent sur le dos arrondi et se réunissent avec celles du côté opposé; l'ouverture est arrondie, un peu plus large que haute et légèrement échancrée à la base.

Hab. dans la marne ferrugineuse du jura brun à très petits grains de quarz près du village de Mikhaïlowo sur le bord du fleuve Pronja dans le gouvernement de Rjazan, ainsi que dans le grand oolithe de Brora en Angleterre.

L’échantillon découvert par M. WeneTzkr, conservateur du Musée paléontologique de l’université de St. Pétersbourg, se distingue un peu de l'individu anglais par les côtes principales moins infléchies en $ et par leur épaisseur plus grande, sans montrer pourtant des tubercules bien développés à leur extrémité; c’est d’elles que naissent quatre ou plûs

* Agicn, Vergleich. Geognosie d. Kaukasus I. c. p. 474 (114).

de côtes secondaires fort peu saillantes. Les côtes principales de l'A. Gowerianus de Brora sont plutôt comprimées et ressemblent à des plis, tandis qu’elles sont plus épaisses sur l'individu de Rjazan; ses tours sont également moins embrassants. Ils n’embrassent que le tiers des tours précédents et laissent les côtes principales entièrement libres. L’ombilic est large et peu profond. Les côtés des tours sont convexes et le dos légèrement rétréci, tandis que la base s’élargit presque plus que le milieu des tours. La base de l’ouverture à 1 p. 8 1. de large, et 1 p. de haut au milieu; la hauteur du test est de 3 p. 4 lignes.

C’est une espèce très rare, même en Angleterre, qui se trouve aussi rarement en Allemagne. M. OPPez* la suppose identique avec l'A. calloviensis (Sow.) d’Ors. de l’étage callovien, qui se rencontre dans le département du Pas-de-Calais. L’A. Gowerianus rappelle beaucoup VA. Humphriesianus Sow. de l’oolithe inférieur de l'Angleterre, dont les tours cependant sont plus nombreux, moins embrassants, et l’ombilic plus large et superficiel.

M. pe Buca ** fait mention de l'A. Brocchi Sow. de l’oolithe inférieur de l'Angleterre, qui, selon lui, se trouve dans un grès grisâtre à grains fins des environs de Ssysran sur le bord du Volga. Je ne le connais pas de cette localité et je suppose que c’est peut-être l'A. Gowerianus qu’on y à trouvé, ce que la description donnée par M. pe Bucx paraît indiquer.

Esp. 1197. Ammon. convolutus Scazorx. (FAM. PLANULATTI,). :

Petrefactenkunde I, p. 69.

Quensrepr, Cephalopod. p 168. PI. 13, fig. 1 3.

Ammonites rotula Ziær., Verstein. Württemb. p. 20. PI. 15, fig. 5.

Ammon. annularis Bros, Leth. geogn. Il, p. 451. PI. 23, fig. 9.

Ammon. Humphriesianus (Sow.) Rouizzrer, Bull. Mosc. 1849. II, p. 369. PI. L, fig, 92-93, et Ammon. coronatus (Bru6.) Rouiee, |. c. p. 374. PI. L, fig. 91.

Ammon. Humphriesianus (Sow.) Traurscn., Moskauer Jura, voy. Zeitschr. der deutsch. geol. Gesellsch. Berlin 1861, p. 370.

Ammon. contractus (Sow.) v. Bucn, Beitr. zur Geogn. Russl. I. ce. p. 77.

Ammon.plicatilis (Sow.) Traurscn., Bull. Mosc. 1861. III, p. 274. PI. VIT, fig. 12—13.

Le test, plus ou moins grand, est composé de 4 ou 5 tours, qui grossissent doucement et s’embrassent fort peu; les plis se bifurquent

* Die Juraformation. Stuttgart 1858, p. 551.

** Beiträge zur Kenntn,. d, Gebirgsform. 1..e. p.93. 66 *

près du dos convexe et sont séparés par des arrêts d’accroissement très constants, au nombre de 2 ou 3 sur les tours; des plis rudimentaires très rares sont intercalés parmi les plis bifurqués; l'ouverture est plus large que haute et presque en croissant.

Hab. dans l'argile jurassique noire de Mniowniki, de Khoroschéwo, de Goliowo près de Moscou et au bord du fleuve Jaouza dans la capitale elle-même, dans le calcaire oxfordien supérieur de Nigranden en Lithuanie, sur le bord du fleuve Windau, ainsi que dans l’oolithe inférieur de l'Allemagne, de la France et de l'Angleterre.

Le test de cette espèce est toujours pyritisé et A répandu dans le jura brun à A. ornatus, surtout au Wurtemberg, où il en existe plusieurs variétés, marquées toujours par les arrêts d’accroissement ou les étranglements. Ceux-ci deviennent quelquefois plus nombreux et les plis moins marqués.

Les individus de Khoroschéwo et de Goliowo ont tous les caractères de l’A. convolutus et se distinguent par là de l'A. Humphriesianus, pour lequel on les a pris antérieurement. Ils ont 11/2 pouce et plus de large, l'ouverture a 7 I. de large et 4 1. et plus de haut.

La fig. 91, représentée sur la PI. L 1 c. par M. Rourzuter sous le nom d'A. coronatus, donne exactement la forme de l'A. convolutus; les figures 92 et 93 s’en distinguent un peu par les arrêts d’accroissement à peine marqués sur les tours, peut-être par la faute du dessinateur, car la forme est exactement la même; cependant la fig. 92 grossie montre assez bien l’étranglement au milieu du dernier tour, et quant à la fig. 93, M. Rourzuer (1. c. p. 374) dit que deux étranglements, qu’on ne voit pas bien exprimés sur la figure, indiquent l’âge peu avancé de la coquille.

Les deux petites coquilles décrites dans le Bulletin de Moscou (1861. livr. IIT, p. 274) sous le nom d'Ammonites plicatilis Sow. ne sont que l’'Ammonites convolutus de l’argile jurassique de Goliowo; elles portent tous les caractères de cette espèce; les côtes bifurquées s’infléchissent en avant, en passant sur le dos arrondi, et les tours sont marqués par des étranglements bien indiqués sur les figures citées; c’est la même espèce que M. RourzzteR (1. c.) représente sous le nom d'Ammon. coronatus BRoN&Gx.

Esp. 1198. Ammon. triplicatus Sow. (FAM. PLANULATI).

Min. concb. 1. c. I, p. 208. PI. 92, fig. 2 (mala). Quensrenr, Cephalop. I. c. p. 171. PI. 13, fig. 7 et Jura p. 480.

Ammon. uralensis d'Ors. (ex parte); VerneuiL, Paléont. de Russie 1. c. p. 429.

Ammon, Bakeriae Sow. d'Orgieny, Terr. jur. I, p. 424. PI, 148.

Le test, légèrement comprimé, a des tours plus hauts que larges, munis en travers de côtes comprimées et tranchantes, qui partent du bord ombilical et forment, au tiers de la largeur des flancs, des faisceaux de 2 ou 3 côtes plus grêles, qui vont sur le dos et se réunissent avec celles du côté opposé; leur nombre s'élève jusqu'à 60. L'ouverture est légèrement comprimée, ordinairement plus haute que large, et fortement échancrée à la base.

Hab. dans le jura brun de Nigranden et de Popilani, non loin de Kowno, près de Kineshma sur le bord du Volga, près de Kotéitschi et de Khoroschéwo dans le gouvernement de Moscou, sur le fleuve Ounja aux environs de Tambow, et près de Doschtschetinsk aux environs de Murom, gouvernement de Vladimir, près de Koltzowo aux environs de Twer, plus à l’est sur le bord du petit fleuve Outessouyouk aux environs d’Iletzkaya près d’Orenbourg, et en Sibérie sur le fleuve Jenisséi, au nord de Jenisséisk; ainsi que dans le jura brun du Wurtemberg, associé à l'A. macrocephalus, et dans l'étage oxfordien inférieur de la France.

Espèce très variable, suivant l’âge; jeune, ses tours sont un peu plus larges et les côtes, irrégulières en grosseur, se bifurquent sur le dos, comme les petits individus de Popilani et de Twer; quand elle est âgée, la bifurcation des côtes commence plus près du bord ombilical ou sur le milieu des flancs, comme sur les individus de Nigranden, qui ont 2 p. 3 1. de haut et 8 p. de large à l'ouverture, dont la hauteur est de 10 L Le fragment du plus grand individu de Koltzowo appartient peut-être au dernier tour, qui à 1 p. 4 1. de haut, et 1 p. 1 1. de large au milieu des flancs.

L’'A. uralensis d’Ors. (ex parte) paraît être très voisin de l'A. triplicatus; son dos arrondi et très convexe est marqué sur les adultes d’une dépression médiane étroite, qui interrompt un peu les côtes, sans former un sillon distinct; c’est là une conformation qui le caractérise le plus. Un semblable trait médian se trouve sur l'A. Bakeriae, figuré 1. c. par M. d’Orgreny, et vient prouver l’affinité de notre espèce; le test de l'A. uralensis var. montre en outre un ou plusieurs étranglements sur le dernier tour et confirme par là encore plus l’affinité des deux espèces.

Quant aux cloisons, je ne les vois pas dans l’individu de ma collection, mais d’après la figure donnée par M. d’OrBreny des cloisons de PA, ‘uralensis (1 c. fig. 5 très grossie), elles ont quelque ressemblance avec

celles de l'A. Bakeriae (1. c. fig. 3) et de l'A. triplicatus (Quexsr. Cephalop. PI. 13, fig. 7 c).

Je possède également un petit fragment de l’'Amm. triplicatus du Jenisséi, dont les lobes fortement découpés rappellent tout à fait ceux de l'A. triplicatus var. Bakeriae, du jura brun du Wurtemberg.

Les petits individus de l’Ounja ont la forme normale, ils sont comprimés, à petites côtes bifurquées, entre lesquelles se voit une côté secondaire plus courte, qui occupe le dos arrondi; l’ombilic est petit, mais assez profond; il montre de légers gradins, car les tours n’embrassent que la moitié des tours précédents; l'ouverture est plus haute que large. Les individus sont couverts quelquefois d’un test irisant à couleurs métalliques. Leur hauteur est de 1 p., et la largeur du dernier tour de 5 1.; elle à également 5 1. de haut.

Le petit individu figuré par M. E. Horrmanx * sous le nom d’A. Panderi Ercaw., du calcaire jurassique des bords du petit fleuve Outessouyouk d’Iletzkaya, est également l'A. triplicatus var. albus du jura brun du Wurtemberg. La forme et la grandeur sont les mêmes que dans les individus de l’Ounja; les côtes principales se bifurquent et offrent en outre, intercalée entre elles, une côte secondaire. Les tours précédents sont recouverts par les suivants jusqu’à la moitié des flancs; lPouverture est aussi haute que large, et les lobes découpés comme ceux de l'A. trifidus albus, figurés par M. Quensrepr **; le lobe dorsal se continue en deux pointes et a presque la même largeur et la même longueur que le lobe latéral supérieur à trois pointes; le lobe latéral inférieur est beaucoup plus court et bien moins large; les trois lobes accessoires diminuent successivement en profondeur. :

Le fragment d’un petit individu que je possède de l'argile jurassique noire de Khoroschéwo, est légèrement comprimé, à dos arrondi, presque plat; les côtes se bifurquent près du dos et sont séparées les unes des autres par une côte simple; les côtes ne passent pas directement par le dos aux côtes du côté opposé, mais sont comme interrompues sur le milieu du dos, à extrémités légèrement infléchies en arrière, se réunissant sous un angle obtus avec celles du côté opposé: l’individu a 1 p. de large. Je ne connais pas l'A. uralensis d'Or. du terrain jurassique des environs de Kineschma sur le Volga, et je suppose que c’est plutôt

* Der Jura in der Umgegend von Iletzkaya, voy. Verhandl. d. miner. Geséllsch. St. Petersb. 1864, p. 157. PI. 2, fig. 5 — 7.

** Cephalop. I. c. p. 162. PI. 12, fig. 1.

VA. triplicatus qui s'y trouve, et qui à été confondu par son auteur * avec l’A. uralensis du terrain néocomien.

Esp. 1199. Ammon. subfascicularis d'Ors. (FAM. PLANULATH).

Paléont. fr. Terr. jur. 1. e. p. 119. “PI. 80, fig. 1—2. Quexsrenr, Cephalop. p. 161, et Petrefactenkunde 1867, p. 443.

Le test discoïde, comprimé, à dos arrondi et à flancs lisses vers le bord ombilical, est pourvu de côtes épaisses et espacées, qui y naissent et passent ensuite par le dos, où en avant d'elles on remarque 2 où 3 côtes petites et aiguës; toutes les côtes traversent le dos et vont se réunir avec les côtes du côté opposé; l’ombilic est très large et marqué de gradins, les tours ne s’embrassant que fort peu.

Hab. dans le calcaire jurassique de l'étage supérieur à l’éembouchure du fleuve Schtschougor dans la Petschora, dans des géodes calcaires très grandes et globuleuses, qui ressemblent à des boulets de canon, ainsi que dans le jura blanc du Wurtemberg et de Caussol dans le département du Var. M. d'Orsreny l’a cité par inadvertance du néocomien de Castellane; c’est une espèce distinctement jurassique.

Je ne connais que des fragments du test luisant et corime nacré, dont les côtes principales sont séparées par des distances de 3 lignes, et entre lesquelles il y à 2 ou 3 côtes situées près du bord dorsal.

Esp. 1200. Ammon. coronatus Bruc. (non ScaLotx.) (FAM. CORO- NATI).

Encyclopédie méthodique vol. I, p. 43. Paris. 1789.

Verneulz, Paléont. de Russie I. c. p. 440. PI. 36, fig. 1—3.

Ammon.perspectivus m. Zool. spec. IL, p. 29. Vilnae 1830. PI. 2, fig. 12.

D’Orgieny, Paléont. fr. Terr. jur. Il, p. 466. PI. 168—169.

Le test fortement renflé est pourvu de grosses côtes dorsales, qui, le plus fréquemment au nombre de deux, prennent naissance aux tubercules latéraux; les tours sont deux fois plus larges que hauts et par conséquent très déprimés; l'ouverture est tétragone, l’ombilic, très profond et étroit, est moins large que l’ouverture.

: Hab. dans le jura brun de Popilani et de Nigranden sur le bord du Windau, de Jelatma sur l’Oka près de Tambow, du village de Wotscha sur le fleuve Ssyssola au nord de la Russie, ‘ainsi que dans l'étage jurassique à Ammonites anceps ZT. du Wurtemberg, de la France et de l'Angleterre.

* D'Orgicny, voy. Paléont. de Russie par M. pe VERNEUIL |. c. pag. 429.

Le dos très large et convexe est garni de côtes épaisses et espacées, qui deux à deux prennent naissance aux tubercules latéraux arrondis; les flancs sont obliques et marqués de côtes courtes et à peine apparentes. Les cloisons symétriques sont découpées, de chaque côté, en 3 lobes, et en selles formées de parties impaires, comme sur l'A. Hu mphriesianus.

L’individu de Popilani a 2 p. 8 L. de haut, mesuré au dessus de ouverture, et celle-ci a 2 p. de large et 9 I. de haut; un autre individu est plus grand.

L’A. perspectivus de Popilani, figuré dans ma Zoologie, diffère de l'A. coronatus par le nombre des côtes dorsales double; quatre et non deux côtes frennent constamment naissance aux tubercules latéraux, pour se rendre sur le dos, qui est convexe et un peu moins large que celui de l'A. coronatus: il y a même sur l'A. perspectivus des côtes simples surnuméraires, formant avec les quatre côtes des faisceaux de cinq côtes très minces, qui naissent aux tubercules latéraux, tandis que le nombre des côtes de l’A. coronatus reste toujours moins grand. A l’état adulte celui-ci devient, d’après M. d’OrBreny *, tout à fait lisse; il perd les côtes latérales et dorsales, et il ne reste que des ondulations au pourtour de l’ombilic et les tubercules arrondis; le dernier tour est alors plus comprimé, plus haut que large, et l'ouverture presque circulaire, offrant une petite échancrure à la base. Ce serait là une raison pour considérer l'A. perspectivus comme une espèce effectivement différente, d'autant plus que ses tours grossissent moins rapidement et ne deviennent pas aussi larges que ceux de l'A. coronatus de la France.

M. 2e Buca** avait pris l'A. perspectivus de Popilani pour l'A. contractus Sow. de l’oolithe inférieur de l'Angleterre, qui se distingue par son ouverture et par son ombilic moins larges, par ses côtes plus nombreuses et plus étroites, en sorte qu’il paraît appartenir plutôt à l'A. Humphriesianus qu'à l'A. coronatus.

L’A. coronatus BruG. var. anceps Keys.***, du terrain jurassique des bords du Ssyssola au nord de la Russie, semble former une espèce intermédiaire entre les À. coronuatus et perspe ctivus, car les petits tubercules sont plus nombreux, au nombre de 25, le bord latéral est fort tranchant, et les côtes, au nombre de trois, naissent, de chaque côté, aux tubercules latéraux; les individus plus grands se distinguent aussi un

# Paléont. fr. Terr. jur. L. c. p. 467.

#* Beitr. zur Bestimm. d. Gebirgsformat. Russl. 1. c. p. 77. *## Petschorareise L.c p. 332. PI. 20, fig. 11 — 12.

peu de l'A. coronatus en ce que le second lobe latéral n’est pas situé en dessous de l’arête latérale, maïs en partie au dessus d’elle; le bord latéral entre les tubercules n’est pas tranchant, comme dans l'A. coronatus, mais arrondi, et les tubercules ne se continuent pas en côtes distinctes, comme chez celui-ci, mais se perdent peu à peu.

LA. anceps carinatus (Quensr.), dont M. TraurscHop * a fait mention comme se trouvant dans l'argile jurassique de Moscou, appartient à VA. alternans.

Une autre espèce encore, l'A. euryotus ** Scmipr. QuÊÉksr., du jura brun du. Wurtemberg, a de grands rapports et même de l’identité avec l'A. perspectivus; c'est l'A. ziczac d'Ors. Les côtes latérales ne naissent pas aux tubercules pointus, comme dans l’A. coronatus, mais aux petites proéminences en oreillettes au nombre de 16, comme dans l'A. perspectivus; le premier lobe latéral est situé sur le dos, comme chez celui-ci. Les tours grossissent rapidement, comme ceux de VA. perspectivus, et les côtes naissent, au nombre de 4, aux tubercules latéraux, et présentent quelquefois une côte libre accessoire entre les côtes en faisceau; l’ouverture est plus ou moins arrondie et non anguleuse.

Les embryons de Nigranden sont très petits, ils ont tantôt 1 | ES tantôt 3 L. de large ; ils sont presque entièrement lisses, m’offrent que des tubercules latéraux arrondis, et le dos est légèrement marqué de côtes dorsales à peine distinctes.

Esp. 1201. Ammon. macrocephalus ScaLorm (FAM. MACRO- , CEPHALI).

Mineral. Taschenb. 1813, p. 70.

D’Orgiexy, Paléont. fr. Terr. jur. 1, p. 430. PI. 151.

Quenstenr, Cephalopoden I. c. p.182. PI 15, fig. 1—2.

Amm. Ishmae Keys., Petschorareise I. c. p. 331. PI. 20, fig. 8—9.

Le test, légèrement comprimé ou renflé, est orné, en travers, sur chaque tour, de 25 à 50 côtes assez étroites et infléchies en avant, qui, se bifurquant ou se trifurquant à la moitié de la largeur du test et passant sur le dos, vont se réunir aux côtes du côté opposé; les tours convexes se recouvrent presque en entier et ne laissent qu'un étroit ombilic au centre.

Hab. dans l’oxfordien inférieur du royaume de Pologne sur les bords

* Moskauer Jura I. c. p. 371.

** Quexstenr, Jura I. c. p. 475. PI. 63, fig. 20—21.

de la Vistule, au nord de la Russie sur le bord de l’Ishma, affluént de la Petschora, sur le bord de la Lenwa, affluent de l’Oussa, qui se jette dans la Petschora, sur le bord de l’Oka dans le gouvernement de Tambow, sur le bord du Volga, dans les gouvernements de Moscou et de Ssimbirsk, ainsi que dans le jura brun du Wurtemberg, où cette espèce est si commune que l'étage où elle se trouve a été nommé l’étage à A. macrocephalus; en France ellé se trouve dans les couches en contact du grand oolithe le plus supérieur et de l’étage oxfordien inférieur, surtout aux environ® de Niort dans le département des Deux-Sèvres.

Les tours renflés et les côtes bifurquées rapprochent cette espèce de lAmm. Herveyi, dont l’ombilic est plus large et les côtes plus épaisses.

MM. Bronx * et d'OrBieny ** ont réuni l'A. Ishmae Keys. ** avec l'A macrocephalus, car il est comprimé, muni de semblables côtes bifurquées ou rarement trifurquées, et d’un ombilic très étroit et profond; l'ouverture est comprimée, plus haute que large, et sa base profondément échancrée; les lobes sont de la même forme que ceux de l'A. macrocephalus. Le test a 3 p. 2 l. de haut, mesuré au dessus de l’ouverture, et 1 p. 5 1. de large à la base de l’ouverture. L’individu de la Lenwa de ma collection a l'ouverture de 1 p. de haut et d'autant de large, Pombilic-a 9 1. de large, et les côtes bifurquées sont pourvues dans les interstices d’une côte intercalée, qui n’atteint pas jusqu’au bord ombilical obtus.

Esp. 1202. Ammon. Herveyi Sow. (FAM. MACROCEPHALIT).

Min. conch. Il, p. 215 PI. 195.

Puis, Geology of Yorksh. IT. 1829, p. 145.

Amm. Braikenridgii (Sow.) Fiscu., Oryctogr. Mose. p. 171. PI. 5, fig. 4. Ammon.macrocephalus Bronx, Leth. geogn. L c. IE, p. 455. PI. 23, f. 11. ; Herveyi Sow., d'Orgrëny, Terr. jur. p. 428. PI. 150. 5 Frearsii d'OrB., voy. VeRNEUIL, Paléont de Russie I. c. p. 444. GREY ANT EC Û Le test très renflé est garni de 25 côtes épaisses et tranchantes, qui se bifurquent à la moitié de la largeur des flancs; les tours se recouvrent sur plus de la moitié et laissent un ombilie plus large que sur

PA.macrocephalus; l'ouverture est déprimée et forme un large croissant,

* Leth. geogn. IL, p. 356.

** Prodrome de Paléont. stratigr. 1, p. 328.

##* Petschorareise le. p. 327. PI 20, fig. 8—10.

Hab. dans l’oxfordien inférieur des toundres du nord de la Russie, et sur le bord du fleuve Jaouza à Moscou et aux environs de Khoroschôéwo sur le fleuve Moskwa, dans la capitale Moscou (d’Or8.).

L'A. Frearsii paraît être identique avec l'A. Herveyi; ses tours grossissent rapidement; ils sont très embrassants et très convexes, le dos est arrondi, avec une tendance à devenir anguleux ; l'ouverture arquée est souvent plus large que haute et fortement échancrée à sa base. Les côtes épaisses font des saïllies pointues au bord ombilical, et les côtes intercalées sont de la même épaisseur que les côtes bifurquées. Les individus de VA. Frearsi du pays de la Petschora se trouvent dans de grandes géodes calcaires en boules toutes rondes de 8 pouces de diamètre, surtout près de l’embouchure du fleuve Schtschoug'or dans la Petschora, où ils sont associés à l'A m. subfascicularis d'Ors.

M. Roue à figuré * l'A. Herveyi, d’une localité inconnue du terrain jurassique de Rjazan, qui paraît plutôt appartenir à l'A. macrocephalus ScaLorn. car les côtes sont plus fines et plus nombreuses, et Pombilic est plus petit que celui de l'A. Harveyi; le bord ombilical est en outre entièrement lisse et dépourvu des saillies costales aiguës, comme celui de l'A. macrocephalus; je suis par suite porté à le ranger plutôt parmi les nombreuses variétés de celui-ci, qui rappellent l'A. tu midus Zrer. du jura brun du Wurtemberg **; c’est une espèce intermédiaire plus globuleuse, dont les côtes sont moins nombreuses, transversales et non inclinées en avant, les bifurcations des côtes sont plus nombreuses sur le dos, l’ombilic lisse est plus profond et non pourvu en dedans de petits tubercules, comme l'A. Herveyi.

Esp. 1203. Ammon. modiolaris Lwyp sp. var. striatissima (FAM. MACROCEPHALI).

Lithopb. brit. !. c. p. 18. PI. 16, fig. 292.

Mornis, Catalog. fossil. p. 174.

Ammonites sublaevis Sow., Min. conch I, p. 117. PI. 54. S Bron, Lethaea geognost. Il, p.354. PI. 23, fig. 10.

D'Orgiexv, Terr. jur. I, p. 468. PI. 170. ù Ammon. Tscheffkini (d’Or8.) Rourzz., Bull. de Mosc. 1846. PI. B, fig. 1.

Le test fortement renflé est globuleux, lisse à l’âge adulte, et garni en travers de côtes nombreuses dans la jeunesse; les tours sont presque entièrement .embrassants, déprimés, arrondis sur le dos et plus larges sur

* Bull. de Mosc. |. c. 1846. PI. B, fig. 2 et 1849, p. 265. ** Zigren, Verstein. v. Württemb. 1. c. p. 7. PI. V, fig. 7.

le bord ombilical, où ils forment une partie anguleuse, qui descend obliquement dans l’ombilic, sans laisser de séparation entre les tours; l’ouverture est transverse, arquée sur le dos et anguleuse sur les côtés.

Hab. dans l’étage oxfordien inférieur de Nigranden en Lithuanie, sur les fleuves Ounja et Oka près de Jelatma dans le gouvernement de Tambow, près de Rjazan et au nord de la Russie, dans l’Oural, au gouvernement de Perm, ainsi qu’en beaucoup de localités de la France et de l’Angleterre, où cette espèce caractérise l’étage kellovien à Amm. macrocephalus.

L’individu de Perm, conservé dans l’Institut des mines d’une localité inconnue, est fortement renflé, finement parcouru de stries transverses serrées et passant sur le dos large et convexe; l’ombilic est profond, conique et fortement élargi, à bord crénelé. Le dedans de l’ombilic est en gradins, et garni de légères côtes en stries transverses, qui descendent des bords des tours. Il a 4 p. de haut, mesuré au dessus du milieu de l’ouverture, et 3 p. 9 1. de large, mesuré au dessus du bord anguleux de l’ouverture, où le test est le plus large; l’ombilic à 2 p. de large; c’est une variété que j'appelle var. striatissima.

Ses cloisons sont symétriques, découpées de chaque côté en trois lobes. Le lobe dorsal est divisé par la selle dorsale assez large, Le lobe latéral supérieur est un peu plus long et plus large que l’inférieur, et pourvu de trois pointes, dont la moyenne est plus longue que les latérales, qui sont égales entre elles; le lobe latéral inférieur offre également trois pointes, mais moins symétriques. Les selles latérales sont larges et fortement découpées.

L’individu de Tambow est plus petit et garni de côtes transverses; celles-ci naissent aux tubercules en plis, qui descendent dans lombilic profond et large d’un côté et de l’autre, se bifurquent en côtes passant par le dos convexe; une côte intercalée occupe en outre l’espace entre deux côtes bifurquées. Le test n’a que 2 p. de haut.

LA. Tscheffkini, figuré sous ce nom d’une localité inconnue près de Rjazan par M. Rourzuter (1. c.), n’est pas l'espèce lisse à ombilic tout droit et dépourvu de gradins, mais l'A. modiolaris, dont le test est garni de côtes bifurquées et d’autres côtes incomplètes intercalées, et dont l’ombilic est muni de tours formant des saïllies en dedans.

L’'A. Braikenridgii (Sow.) Fiscx. *, de l'argile noire jurassique du fleuve Jaouza à Moscou, paraît être l'A. modiolaris, caractérisé par ses côtes bifurquées épaisses et par son ombilic large et profond.

AE Oryctogr. Mosc. L. c. p. 171. PI. V, fig. 4.

Esp. 1204. Ammon. Tscheffkini d'Ors. (FAM. MACROCEPHALI).

VerneuIL, Paléont. de Russie p. 439. PI. 35, fig: 10—15. Ammonites sublaevis (Sow.) v. Bucx (passim), Gebirgsform. Russlands L. c. a n. Tscheffkini Keys., Petschorareise p. 329. PI. 20, fig. 6 et PI. 22, fig. 11—12, var. stenoloba PI. 20, fig. 7 et PI. 22, fig. 13—14. Amm. Gowerianus (Sow.) Fiscuer, Oryctiogr. Mosc. !. c. p. 171. PI. V, fig. 6 et Amm. sublaevis (Sow.) Fiscx., Bull. Mosc. 1843. I, p. 112.

Le test adulte très renflé est légèrement strié, presque lisse, à dos très large etconvexe; jeune il est orné de côtes transverses, qui partent du bord ombilical, se bifurquent irrégulièrement sur les côtés, et passent par le dos; l'ouverture très large est pourvue de côtés anguleux et d’une base largement échancrée; les tours grossissent rapidement, et l’ombilic est par suite profond et étroit.

Hab. dans l’oxfordien inférieur de Nigranden en Lithuanie; au nord de la Russie, sur le bord du fleuve Ssyssola, près des villages de Wotscha et de Kargor, sur le bord de la Wisinga et près du village de Troitzkoyé sur la Petschora; au centre de la Russie sur le Jaouza à Moscou, près de Kotéitschi, village du gouvernement de Moscou, aux environs de Jelatma sur le bord du fleuve Oka, associé aux [socardia corculum et scythica, qui forment des géodes dans le terrain jurassique du gouvernement de Tambow; se retrouve en d’autres localités près de Rjazan.

L’individu de Tambow à 2 p. 10 1. de haut, et, mesuré au dessus du bord anguleux de l'ouverture, 2 p. 2 1. de large; l'ouverture a 8 IL. de haut; l’ombilie à 1 p. 2 L. de large, et une profondeur de 1 p. et davantage. L’ombilic descend en entonnoir; les bords des tours ne forment pas de saiïllies, et le dedans de l’ombilic est de la sorte dépourvu de gradins, qui se voient toujours dans l’ombilic de PA. modiolaris.

L’ombilic cependant diffère, d’après l’âge, par sa largeur; il est plus étroit dans PA. Tscheffkini var. stenoloba du nord de la Russie, et plus large sur l'individu de Tambow du centre de la Russie, comme aussi sur l'Ammonites Tscheffkini var. stenoloba, dont les lobes, selon les observations du comte KeysERLING, sont découpés plus étroitement que ceux de l’espèce type, laquelle cependant, provenant de Tambow, a l’ombilic également très élargi et les côtés munis en dedans de stries en côtes obliques, comme l'A. Tscheffkini var. stenolobus.

Les jeunes individus se distinguent des adultes par leur test très comprimé, par des côtes bifurquées plus épaisses et par des côtes intercalées plus fortement marquées; l’ouverture est plus haute que large et

les bords sont arrondis, non anguleux, comme chez les adultes. Les tours des jeunes Amm. modiolaris sont au contraire plus larges que hauts, mais ont la même forme et la même disposition des côtes; l’ombilic des jeunes individus de ces deux espèces est également étroit et pourvu en dedans de gradins, car les tours à côtes y forment des saillies égales. L’individu de Kotéitschi est très petit; il n’a que 9 1. de haut, et 4 ]. de large au dernier tour: c’est par conséquent un jeune, dont les côtes et l’ombilic rappellent cependant l'A. Tscheffkini typique.

Esp. 1205. Ammon. okaensis d’Ors.

Ammon. okaensis d'Or8. VerneuiL, Paléont. de Russie I. c. p. 436. PI. 34, fig. 13—17.

Ammon. Tscheffkini (d'Ors.) E. Horrmann , Jura v. Iletzkaya L c. p. 159. PI. 2, fig. 12—14.

Le test, assez renflé ou comprimé, est marqué de 57 côtes dorsales, qui occupent aussi les côtés, et laissent lisse le pourtour de l’ombilic; les tours sont fortement embrassants et convexes, l’ombilic est petit, profond et en gradins; l'ouverture est semi-lunaire, plus large que haute, à bords latéraux arrondis et à base profondément échancrée.

Hab. dans l’oxfordien inférieur ferrugineux du bord de l’Oka près de Jelatma dans le gouvernement de Tambow et aux énvirons de Koltzowo près de Twer, ainsi que sur le fleuve Khobda, aux environs d’Iletzkaya, au midi de l’Oural.

Le plus grand individu de Koltzowo est presque globuleux et d’une largeur de près de 2 p.; les côtes sont plus épaisses et espacées; elles s’effacent sur le dernier tour, qui devient entièrement lisse; l’ombilic à 6 |, de large; il est très profond et montre des gradins.

Les petits individus sont plus comprimés, à tours grossissant assez brusquement et s’embrassant presque entièrement, les côtes sont bifurquées, leur bifurcation commence presque au bord ombilical; les côtes légèrement infléchies passent par le dos arrondi; l’ouverture est semilunaire; elle a 6 1. de large et 5 1. de haut, le test lui-même offre 1 p. de haut.

Les cloisons sont symétriques et découpées de chaque côté en 5 lobes et en selles formées de parties impaires; le lobe dorsal est plus large que le lobe latéral supérieur, pourvu de chaque côté de 4 branches, dont la moyenne est la plus longue et pointue comme les latérales; le lobe latéral inférieur est de la même forme, mais plus petit que le supérieur; les lobes auxiliaires sont obliques et très étroits; les selles sont

fortement découpées et arrondies, la plus large c’est la dorsale qui, comparée à la latérale, est presque de largeur double; en général les lobes et les selles sont plus courts que ceux de l'A. Tscheffkini, avec lequel notre espèce offre divers points de ressemblance.

L’A. okaensis (Tscheffkini Horr. 1. c.) des bords du fleuve de la petite Khobda près d’Iletzkaya, est légèrement comprimé, à tours dont le bord ombilical n’est pas tranchant, comme celui de l'A. Tsche f fkini, mais est arrondi; le dernier tour, à ouverture plus haute que large et à ombilic très petit, est pourvu de gradins costulés; il est orné de côtes principales droites et infléchies vers l'ouverture, de côtes secondaires grêles et simples ou doubles intercalées entre celles-ci; les lobes rappellent ceux de l'A. Tscheffkini var. stenolobus Keys. du nord de la Russie.

Esp. 1206. Ammon. Jason Rex. sp. 1818 (FAM. DENTATI).

Ammon. Guilelmi Sow., Min. conch. 1821. PI. 311.

Amm.gemmatus Parc, Yorksh. 1829. PI. 6, fig. 17. » Jason Zxr, Verstein. Württemb. p. 19. 1830. PI. 14, fig. 4. » Argonis Eicaw., Zoolog. spec. |. c. Vilnae 1830. II, pag. 29. PH 2, fig. 10, var. distincta.

Amm. Jason d'Ors., Terr. jur. p. 446. PI. 159, 160. ; ù Fiscer , Oryctogr. Mosc. 1837, p. 172. PI. V, fig. 7. Ammon. Duncani (Sow.) Fiscu. 1. c. p 172. PI. 5, fig. 5. PI. 6, fig. 6, 7 et 9.

Quexsrepr, Cephalop. I. c. p. 140. PI. 10, fig. 4—5,

Ammon. Jason d’'Ors., voy. VERn., Paléont. de Russie 1. c. p. 442. PI. 36, fig. 9 — 15.

Ammon. Jason Keys., Petschorareise |. c. p. 324. PI. 19, fig. 10—13. PI. 22, fig. 3—7.

Le test, de grandeur variable, est comprimé et garni de chaque côté du dos d’une rangée de tubercules en pointes, et au bord ombilical de deux autres rangées de tubercules, unis par une côte transverse; de chaque tubercule de la rangée externe ou plutôt médiane partent deux côtes grêles qui vont se terminer au tubercule dorsal. Les tubercules dorsaux sont pointus, et réunis à ceux du côté opposé par des côtes légèrement

arquées, qui. occupent le dos plat (Amm. Argonis), ou qui manquent au dos lisse et plat (A mm. Jason).

Hab, dans l’oxfordien inférieur de Popilani et de Nigranden en Lithuanie, dans le même terrain jurassique de Koltzowo près de Twer, aux environs des villages de Kotéitschi, de Khoroschéwo et de Tatarowo près

‘ de Moscow, sur le hord du fleuve Oka près de Jelatma, aux environs

d'Orenbourg, au pied du mont Ssaragoul, au nord de la Russie sur les bords du fleuve Ssyssola près du village de Wotscha, et sur le fleuve Wisinga, affluent de la Ssyssola, au sud de la ville d’Oust-Ssyssolsk; dans les toundres du haut plateau de Timan, et au midi de la Russie, au Caucase septentrional dans la vallée de Naridon, dans un calcaire jurassique ferrugineux, var. gemmata *, ainsi que dans le kelloway-rock de l’Angleterre, de la France et de l'Allemagne, comme au Wurtemberg dans la zône à Ammon. anceps, près de Gammelshausen et d'Oberlenningen.

Les variétés de cette espèce sont très nombreuses et ont été considérées comme espèces particulières par plusieurs auteurs. Le dos de la coquille est tantôt bicaréné, tantôt dépourvu de carènes et arrondi dans la même localité, comme à Popilani et à Nigranden. Un individu de 3 p. de large de Popilani montre le bord ombilical orné de tubercules, le bord en paraît crénelé; des côtes épaisses naissent de ces tubercules, s’enflent, à une petite distance du bord ombilical, en tubercules allongés, et s’infléchissent ensuite pour passer sur le dos, et vont se réunir aux côtes du côté opposé. Les espaces entre les grosses côtes fort espacées sont occupés par trois ou quatre côtes moins épaisses et rudimentaires, qui se dirigent également sur le dos plat. Le dernier tour a 1 p. 4 1. de haut et près de 1 p. de large; l’ombilic est large et peu profond; il a 1 p. 4 |. de large. C’est la variété qui pourrait conserver son ancien nom de Ammon. Argonis, caractérisée par ses côtes épaisses à tubercules et alternant avec d’autres côtes grêles situées dans les interstices. Les tours précédents ont des côtes d'épaisseur égale et munies de tubercules plus gros. TL’individu du callovien de la France se caractérise par des oreillettes étroites et très longues, qui sont marquées par de nombreuses stries concentriques d’accroissement: je n’ai pas encore observé ces Stries sur les individus de Popilani.

Une autre variété de Nigranden, et surtout de Koltzowo où elle se trouve tout à fait pyritisée, se distingue par des côtes très rapprochées et très grêles; elles naissent par paires aux tubercules de la seconde rangée ombilicale et vont se réunir avec les tubercules du dos, qui sont rarement bien développés, tandis que le dos est orné de grosses côtes transverses. Les individus du calcaire ferrugineux de Nigranden ont 1 p. 3 L. de haut au dernier tour, 10 I. de large à la base et 31) l..de large au dos de l'ouverture; les flancs sont légèrement convexes et munis de côtes très fines, qui par deux naissent aux tubercules de la seconde

* Agicx, Mém. de l’Acad. des Sc. de St. Pétersb. 1859, p. 454.

rangée, et des côtes simples d’égale ténuité avec les premières. Les tuhercules pointus du bord dorsal sont toujours développés, ainsi que les - côtes dorsales qui les réunissent, ceux-là d’un côté avec ceux-ci du côté opposé.

Les individus du nord de la Russie ressemblent tantôt entièrement à ceux de Nigranden et de Tambow à côtes paires très fines, tantôt ils ménagent la transition vers l'A. ornatus; le test comprimé est muni de tubercules plus développés, surtout au bord ombilical et au dorsal, sur lequel ils deviennent très pointus, tandis que les tubercules de la seconde rangée sont les plus petits; c’est d’eux que naissent les côtes légèrement arquées et presque toujours simples, pour se rendre aux tubercules dorsaux; les côtes du dos plat sont à peine distinctes. L’individu figuré par M. pe KeyserziNG du bord de la Ssyssola (L. ce. fig. 10 —11) a 2 p. 8 1. de large et offre la plus grande ressemblance avec l'A. gemmatus Pare. de l’oolithe du Yorkshire. Quant à l'A. apertus v. Bucx, il est difficile de dire si c’est effectivement l’A. Jason, comme le suppose M. pe KeyseruinG *; M. Bronx “* est aussi de cet avis. La description de VA. apertus v. Buca *** est si courte qu’il est presque impossible de constater l'identité de l’espèce du nord de l’Oural, sans avoir sous les yeux l'échantillon original, qui se trouve dans la collection de feu M. pe Bucx.

LA. Jason de Tambow a la grandeur et la forme de l’espèce de l'oxfordien inférieur des Vosges, décrite et figurée par M. d'OrBrany (1 c. PI. 160, fig. 1—2); âgé il est presque lisse, marqué sur le dernier tour comprimé de côtes flexueuses, surtout près de l’ouverture, et au commencement du dernier tour de nombreuses côtes serrées, qui naissent de petits tubercules, situés des deux côtés du dos. Les lobes sont presque de la même forme que ceux de l’A. Jason, dessinés par M. le comte Keyser- LING (1. c. PI. 22, fig. 3—5) d’après un individu du nord de la Russie; les lobes se distinguent surtout dans la fig. 3 par une petite branche accessoire en selle rudimentaire au milieu du lobe latéral inférieur; cette partie accessoire ne se trouve pas sur l'A. Duncani.

Le petit individu de Kotéitschi est fortement comprimé, à dos aplati, étroit et marqué des deux côtés de petits tubercules à peine distincts; le dernier tour s’élargit brusquement et se continue en haut de l’ouverture en une saillie allongée et légèrement rétrécie à l’extrémité.

7 # Petschorareise L. c. p- 25.

** Nomencl. palaeont. I. c, p. 46.

#*# Beiträge z. Kenntniss d. Gebirgsform. I. c. p. 100. Eichwald, Lethaea rossica. II. 67

Les petits individus de Tatarowo, décrits par M. pe Fiscer, paraissent avoir été trouvés dans l'argile noire jurassique du fleuve Moskwa près du pont où l’on passe le fleuve, pour aller, en montant toujours, à Tatarowo.

Esp. 1207. Am m. aculeatus ». (FAM. ORNATI).

PI. XXXIV, fig. 5 gr. nat.; a coquille vue de côté; b vue sur l’ouverture; c surface grossie.

Zoolog. spec. Vilnae 1830 IT, p. 29. PI. 2, fig. 9.

Testa mediocris leniter compressa, aculeata, dorso laevi, impresso et angusto, serie tuberculorum majorum aculeiformium utrinque instructo, alia tuberculorum majorum serie in utroque latere medio obvia, costis medio impressis, tanquam binis, a tuberculis dorsalibus in lateralia descendentibus, et aliis costis rudimentariis ïisque longitudinaliter sulcatis dorso in interstitia costarum principalium excurrentibus; infima serie tuberculorum plicarum formam prae se ferente, interstitiaque inter eas transversim ac leniter sulcata et costata.

Hab. dans le calcaire grisâtre de l’étage oxfordien inférieur, c’està-dire le jura brun à A. ornatus de Nigranden en Lithuanie.

Cette espèce, couverte de son épiderme, montre des caractères qui l’éloignent de l’A. Jason, avec lequel elle offre une très grande ressemblance, en sorte qu’elle y a été réunie par-plusieurs auteurs. Le caractère distinctif essentiel repose sur de petits sillons transverses, qui se voient sur les interstices entre les tubercules inférieurs et même entre les supérieurs, et qui manquent à toutes les variétés de l'A. Jason; -en outre les épines dorsales sont plus longues et les tubercules latéraux plus épais que sur d’autres variétés; les côtes entre les deux rangées de tubercules sont également remarquables; elles sont assez épaisses et comme bifides, ou plutôt pourvues d’un sillon qui tient toute la longueur des côtes entre deux tubercules. Le dernier tour a les flancs légèrement convexes et marqués de côtes rudimentaires, qui occupent les espaces entre les côtes complètes; l’ouverture est plus haute que large, et légèrement anguleuse; il a 6 1. de haut, 5 1. de large à la base, et va en diminuant de plus en plus vers le dos. Les tours sont peu embrassants, recouvrent à peine le tiers des tours précédents jusqu'aux tubercules de la seconde rangée. La coquille a 1 p. 3 L. de haut et.5 1. de large au milieu des flancs; l’ombilic à 4!}2 1. de large et montre tous les tours précédents.

On voit 12 tubercules de le seconde rangée sur le dernier tour; ils sont par conséquent plus espacés .que dans d’autres «espèces ’Am m o-

nites qui rappellent l'A. Jason; les côtes paires sont munies d’un sillon longitudinal, et entre les tubercules naissent des côtes dorsales plus nombreuses, au nombre de 22 à 24; les petites côtes inférieures du bord ombilical forment des plis plutôt que des côtes et caractérisent notre espèce, de même que les sillons transversaux, separés par des côtes transverses, qui manquent à toutes les espèces voisines.

TA. Duncani Sow. n’est pas A. aculeatus, comme le suppose - M. d'OrBieny: car celui-ci est marqué des tubercules dorsaux épineux et du dos lisse et enfoncé, et le dos de celui-là est pourvu de côtes transverses, dont il n'existe pas de trace sur l’A. aculeatus; en général sur les Ammonites Jason, Duncani et ornatus prédominent les côtes longitudinales serrées, tandis que les sillons et les côtes transverses du bord ombilical sont fort caractéristiques pour l'A. aculeatus.

Esp. 1208. Ammon. athleta Prize. (FAM. ARMATI).

Geology of Yorksh. IL, p. 128. PI. 6, fig. 19. D’Orgieny, Paléont. fr. Terr. jur. I, p. 457. PI. 163—164. Quensrepr, Cephalop. p. 189. PI. 16, fig. 1—4.

Le test adulte, très grand et comprimé, est composé de tours étroits, presque carrés, garnis de 16 grosses côtes transverses, qui partent du bord ombilical et forment aux extrémités une pointe émoussée; les côtes sont plus grêles sur leur ligne médiane et quelquefois dépourvues des extrémités renflées en tubercules pointus; le dos est aplati et orné de côtes, qui naissent par paires aux tubercules dorsaux et vont se réunir avec les tubercules du côté opposé. L'ouverture est carrée, presque aussi haute que large.

Hab. dans l’oxfordien inférieur près du village de Koltzowo dans le gouvernement de Twer, et dans le même terrain près de Kolomna sur le bord du fleuve Moskwa, ainsi que dans le jura brun supérieur à À mmonites ornatus du Wurtemberg, et dans le callovien de la France et de l'Angleterre.

Cette espèce est très remarquable par les changements que l’âge lui fait subir: jeune elle montre des tours arrondis, ornés de côtes aiguës simples ou bifurquées; plus âgée elle pousse des côtes qui s’éloignent de plus en plus et cessent à se bifurquer, en s’élevant en tubercules pointus ; ceux-ci se divisent en 2, 3 ou 4 côtés, qui traversent le dos élargi jusqu'au tubercule opposé, auquel ils se joignent; l’ouverturo est un peu plus large au dos que vers la base, et l’ombilic fort large; les tours, s’embrassant fort peu, apparaissent presque entièrement dans l’ombilic.

Les individus, dont je ne connais que des fragments, sont tout à fait pyritisés et très grands, le dernier tour à 2 p. 10 1. de haut, et ses côtes sont espacées jusqu'à 1 p. les unes des autres, ce qui prouve que les individus peuvent atteindre un diamètre d'au moins 2 pieds. Le test est épais et forme plusieurs couches calcaires, tandis que le test des À mmonites en général est mince et fort délicat.

M. Quensrepr (1 c. fig. 3) a fait figurer un fragment de l’A m m. athleta bispinosus, que je possède de Koltzowo, changé en pyrite, tout à fait de la même forme et de la même grandeur et pourvu de semblables cloisons comme celui-ci; le lobe latéral supérieur est situé entre les deux selles, qui embrassent, la dorsale le grand tubercule pointu dorsal, et la ventrale le tubercule inférieur comprimé plus petit, comme sur celui-ci: j'avais supposé déjà antérieurement, et à ce qu’il paraît avec plus de raison, que c'est l'Ammon. bispinosus Zrer. du jura blanc du Wurtemberg.

Esp. 1209. Ammon. biplex Sow. (FAM. PLANULATI).

Miner. conch. I. c. IL, p. 167. PI. 293, fig. 1 —2. Quensrenr, Cephalop. I. c. p. 162. PI. 12, fig. 6—7. D’Orgieny, Terr. jur. 1 c. p. 509. PI. 191, 192.

Le test discoïde est comprimé, à tours un peu carrés, se recouvrant peu et aplatis sur les côtés, qui sont garnis de 60 à 80 côtes droites, partant du bord ombilical, se dirigeant obliquement en avant et se bifurquant très régulièrement sur les côtés du dos; elles passent ensuite sur le dos, qui est légèrement arrondi et se réunissent avec les côtes du côté opposé; l'ouverture est un peu carrée, plus haute que large, à base légèrement échancrée; l’ombilic est très large et laisse voir tous les tours.

Hab. dans le jura blanc du royaume de Pologne, près de Zawadzie aux environs de Czenstochowa, à Roudnitzki près de Wlodowitzé, au gouvernement de Twer près de Koltzowo, au sud de Moscou, près de Kolomna dans le gouvernement de Tambow, sur l'Oka près de Jelatma, sur le Volga près de Kineschma, sur le Ssyssola près du village de Wotscha, aux environs d'Orenbourg à la base du mont Ssaragoul, et aux environs de Ssimbirsk près de Ssysran (d'OrBreny et VERNEUIL).

De très grands individus se trouvent en Pologne, près de Zawadzie, dans le jura blanc; les tours sont peu embrassants, aplatis sur les côtés eb déprimés sur le dos; l’ouverture du dernier tour devient par là presque carrée; elle est légèrement anguleuse, fort peu échancrée à sa base et un peu plus étroite sur le dos que sur les côtés; les côtes sont plus

nombreuses et plus grêles sur les tours précédents que sur le dernier, où elles passent en tubercules énormes allongés, qui, plus espacés que les côtes, sont situés obliquement; le dos est entièrement plat, mais on y remarque quelques traces de 2 ou 3 côtes qui, naissant au tubercule, traversent le dos; l'individu de ma collection a 10 pouces de diamètre, le dernier tour est pourvu de 10 énormes tubercules, qui deviennent moins gros à l'ouverture et rappellent les côtes obliques plus grêles sur le commencement de ce tour.

LA. biplex, figuré par M. d'Orgteny 1. c. dans la Paléontologie de la Russie, a les tours carrés, et les côtes se bifurquent sur le bord dorsal des tours, mais on remarque entre les côtes bifurquées quelques côtes simples, qui se retrouvent également sur un individu de la même espèce que j'ai ramassé dans l’oxfordien inférieur argileux de Kostroma. Cet individu a l'ouverture plus haute que large, la base légèrement échancrée et plus large que le dos, qui se rétrécit un peu et s’arrondit légèrement; le dernier tour n’a que 1 p. 7 1. de haut et 1 p. 3 L. de large; …l est marqué d’un léger étranglement, qui indique larrêt d’accroissement de la coquille.

En général il est très difficile de caractériser cette espèce. M. dOr- BIGNY l’a réunie * avec les Ammonites plicatilis, polyplocus, triplicatus etplusieurs autres, qui forment cependant autant d'espèces particulières, assez bien caractérisées de l'étage oxfordien et du kimmeridgeclay. C’est aussi la raison que l’Amm. biplex ne passe pas au terrain néocomien de Khoroschéwo près de Moscou, et que l'A. biplex truncatus TrauTscs. et l'A. biplex longifurcatus TrauTsox. n’appartiennent pas à l'A. biplex Sow., mais à l'A. Auerbachi, car leur ouverture n’est pas carrée, mais triangulaire, à dos fortement rétréci et obtus.

Esp. 1210. Ammon. patruus m. (FAM. DISCI).

PI XXXIV, fig. 6 gr. nat.: a vu du côté; b vu sur l’ouverture; c fragment de la surface, grossi.

Testa magna, tenuis, compressa, disciformis, anfractus celerrime increscentes altitudine seque invicem omnino involventes, compressi, dorso non scindente, obtusiuseulo, interni anfractus striati costatique, dorso obtuso, externi striatuli, striis radiantibus, apprime appositis aliasque strias minutissimas approximatas decussantibus, umbilico parvo profundo gradatim descendente.

* Paléont. fr, Terr. jur. 1. c. p. 509.

Hab. dans le calcaire oxfordien supérieur ferrugineux des environs du village Koltzowo près de Twer.

La coquille mince, discoïde, comprimée, est formée de tours très embrassants, se recouvrant presque entièrement et ne laissant qu’un ombilic très petit en entonnoir; les tours précédents sont striés et costulés, à côtes et stries rayonnantes et rapprochées les unes des autres, le dernier tour est plutôt lisse que costulé; les stries fines et serrées, cou- . pées par d’autres stries transverses encore plus fines et plus serrées, ne se montrent que près du bord ombilical; le milieu des côtés ainsi que le dos sont entièrement lisses et dépourvus de stries. L'ouverture est très haute, en flèche, à côtés à peine convexes, plutôt plans, à dos non caréné, légèrement obtus, et à bord inférieur profondément échancré par le retour de la spire; le tour précédent a le dos beaucoup plus obtus que le dernier. L’ombilic est petit, profond et marqué de gradins, résultant de la - circonstance que les tours ne se recouvrent pas tout à fait.

Les cloisons sont bien apparentes; elles diffèrent, ainsi que la forme de la coquille, de celles de l'A. discus Zrer. et v. Bucx; les lobes ne sont pas profonds, mais très larges, et les selles composées de 4 ou d’un plus grand nombre de branches bifides, qui forment des selles larges et peu hautes; les 5 lobes auxiliaires sonë situés presque au même niveau avec les lobes latéraux.

Le dernier tour à 2 p. 2 1. de haut, et 1 p. 3 L. de large à sa base; il est par conséquent plus large que l’'Amm. discus Sow., avec lequel il a une grande ressemblance à cause des stries rayonnantes très fines de la surface; mais son ombilic est plus petit que celui de l’Amm. patruus, qui à 6 1. de large. Le tour précédent a 1 p. de large et 1 p. 4 1. de haut; il est plus distinctement strié que le dernier tour.

Je possède, presque de la même localité de Twer, encore deux autres fragments d'Ammonites, qui rappellent plutôt l'A. Greenoughii Sow. du lias de l'Angleterre que l'Amm. discus des auteurs; le dernier tour présente au bord ombilical des tubercules rapprochés qui se continuent en côtes aplaties; de semblables tubercules se remarquent aussi sur le bord ombilical de l’avant-dernier tour; l’ombilic est plus large, les gradins sont également plus larges, et les tours en général plus comprimés, plus tranchants au dos et à côtés plus plats. Le fragment est changé en pyrite.

Le second fragment est moins comprimé; il est plus large, à dos du dernier tour plus obtus et arrondi, sa hauteur est de 2 p. 1 L, et sa argeur à sa base de 1 p. 9 L; l’avant-dernier tour est plus élargi au

dos arrondi, et pourvu de grosses côtes, qui passent par le dos pour se réunir aux côtes du côté opposé. Les deux fragments sont d’ailleurs très incomplets. L’individu a également quelque ressemblance avec l'Amm, Lalandeanus d’Ors. de l’oolithe inférieur de la France,

Esp. 1211. Ammon. ornatus Scxorx. (FAM. ORNATI).

Petrefactenkunde 1820 1. c. p. 79.

Ammon. ornatus rotundus et compressus Quensr., Cephalop. p. 138. PI. 9, fig. 18—19.

Ammon. Castor et Pollux Zigren, Verstein. Württemb. I. c. p. 45. PI. 11, fig. 3 et 4.,

Ammon. Jason Fiscu., Oryctogr. mosc. p.172. PI. 5, fig. 5 et 7.

Druncani Sow. d'Ors., Terr. jur. p.451: PI. 161, 162.

Le test est plus ou moins comprimé suivant l’âge des individus, et garni au jeune âge, de chaque côté du dos, d’une rangée de gros tubercules en pointe, et, sur la moitié des flancs, d’une seconde rangée de tubercules moins nombreux; de chaque tuhercule partent deux côtes et souvent une troisième intermédiaire, les deux premières se réunissent en zigzag aux tubercules dorsaux; le dos est lisse, marqué de côtes transverses à peine développées.

Hab. dans l’oxfordien inférieur de Popilani et de Nigranden en Lithutnie, et en grands individus près du village de Koltzowo aux environs de Twer, à Tatarowo non loin de Moscou, près de Michaïlowo sur le fleuve Itzka dans le gouvernement d’Orel, ainsi que dans le callovien supérieur à Ammonites athleta de l'Allemagne, de la France et de l'Angleterre.

Les deux variétés, les À. ornatus compressus et rotundus, se trouvent à Popilani et à Nigranden; le rotundus est toujours plus petit, à tours plus arrondis que le compressus; il n’a que 2 rangées de petits tubercules, dont l’inférieure se perd tout à fait avec l’âge près de l’ouverture du dernier tour; les côtes, légèrement infléchies, se bifurquent sur la moitié latérale des tours eb se rendent sur le dos arrondi, qui est à peine enfoncé eb pourvu de côtes transverses rudimentaires; l’ombilic est petit et profond. L’A. ornatus rotundus est quelquefois déprimé et marqué de petits tubercules situés en deux rangées, entre lesquelles des côtes dorsales simples et épaisses occupent le dos, tandis que deux ou trois côtes moins épaisses vont des tubercules inférieurs aux supérieurs: c’est avec ces modifications que cette grande variété déprimée se trouve à Nigranden; elle a plusieurs pouces en diamètre, de même que ‘ les grands individus pyritisés de Koltzowo, près de Twer.

La variété À. ornatus compressus est toujours plus grande, étant plus âgée; elle est comprimée; Les côtes sont nombreuses, serrées ; des côtes complètes bifurquées naissent près du bord ombilical aux petits tubercules à peine appréciables et montrent d’autres côtes incomplètes situées sur les flancs et vers le dos entre les côtes complètes. (C’est la plus grande variété, intermédiaire entre l’A. ornatus et l'A. Jason; elle a quelquefois un diamètre de plusieurs pouces, et se trouve à Popilani dans le grès jurassique ferrugineux, et tout à fait pyritisée à Koltzowo. Celle-ci manque de traces quelconques de tubercules, tandis que celle-là offre encore quelques tubercules changés en plis sur le bord inférieur des tours. Le tour précédent de la grande variété de l'A. ornatus depressus de Koltzowo est pourvu de petits tubercules pointus, situés en rangée des deux côtés du dos plat et étroit, tandis que le dernier tour n’en montre pas du tout; le dos est arrondi et les flancs fortement comprimés, en sorte que l’ouverture est plus haute que large.

Les lobes dessinés par M. d'Orgreny L. c. PL 161, fig. 3 rappellent ceux de l’A. Jason du nord et du centre de la Russie, mais se distinguent par le lobe latéfal supérieur très grand et pourvu de trois branches allongées, qui descendent beaucoup plus bas que le lobe dorsal à deux branches très courtes, et que le lobe latéral inférieur, qui reste sur le même niveau avec le dorsal et les lobes auxiliaires. Le lobe latéral inférieur de l'A. Jason offre presque la même largeur au lobe supérieur, et la ligne du rayon central, qui coupe sur une grande longueur le lobe latéral supérieur de l’A. Duncani, ne coupe que la pointe du lobe latéral supérieur de l'A. Jason.

Esp. 1212. Ammon. lunula Mëxnsr. Zrer. (FAM. FALCIFERI).

v. Zigten, Verstein. Württemb. Stuttg. 1830, p. 14. PI. 10, fig. 11 et Ammon. hecticus Zier. I. c. p. 14. PI. 10, fig. 8.

Ammon. lunula Fiscu., Oryctogr. mose. I. c. p. 169. PI. V, f.. 2. PI. VI, f. 4. ÿ hecticus Rene v. Bucu, Bull. de Mosc. 1846, p. 249 et Brown, Leth, geogn. IL, p. 327. PI. 22, fig. 9—10.

Ammon. Brightii (Prarr.) d'OrBIGNY, voy. VERNEUIL, Paléont. de Russie L. c. p. 431. PI. 33, fig. 9—13.

Le test, comprimé et caréné au dos, à les tours tranchants, fortement comprimés et garnis de près de 40 côtes arquées près du dos, et de 15 à 17 tubercules transverses près du bord ombilical, qui est arrondi et embrasse le tour précédent, en laissant libre Ÿ/4 des côtes.

Hab. dans l’argile jurassique noïre du bord de la Jaouza à Moscou, et dans l’oxfordien inférieur près du village de Koltzowo aux environs

de Twer, dans le même terrain aux environs du couvent de Legow près de Rjazan, ainsi que dans l'étage callovien ou oxfordien inférieur de la France et de l’Angleterre.

La coquille de Twer, changée entièrement en pyrite, est caractérisée par l’ombilic large et moins profond; les premiers tours sont fort peu embrassants et presque lisses, les suivants sont marqués de côtes espacées, à bords ombilicaux à peine proéminents; le dernier tour est fort saillant au bord ombilical et y forme un gradin très fortement accusé. L'espèce de Twer a 1 p. 10 1. de haut et 5 L. de large à la base du dernier tour; elle est plus grande que celle du Wurtemberg.

LA. hecticus Münsr. ne se distingue que fort peu, par des festons sur la carène, de VA. lunula Zrer., que M. Bronx I.c. considère comme identique; les festons se développent par des tubercules, auxquels se terminent les côtes près de la carène. Le bord ombilical de l'A. hecticus est lisse, au jeune âge, comme celui de l'A. lunula; il se garnit ensuite de tubercules sur les deux espèces, et plus âgé il perd de nouveau les tubercules, et devient entièrement lisse. L'individu de Rjazan a près de 3 p. de haut, et 9 L de large à la base du dernier tour, l’ouverture a 1 p. 2 L. de haut. L’ombilic a 7 1. de large, et est en gradins. Les côtes arquées à l’entour du dos sont espacées et garnies d’un épiderme à stries serrées concentriques, qui cependant ne se voient pas sur d’autres individus venant de pays étrangers. Le dernier tour est entièrement lisse. Cette espèce a beaucoup de ressemblance avec PA. canaliculatus Mäüxsr. * de l’oxfordien de l'Allemagne et de la France, qui se distingue

cependant par le canal, concentrique aux tours, sur le milieu des flancs, et par l’ombilic très petit.

Esp. 1213. Ammon. duplicatus ». (FAM. PLANULATI).

PI XXXIV. fig. 7 gr. nat.; a coquille, vue de côté; b vue sur le dos. Zool. spec. IL, p. 29. PI. 2, fig. 11.

Ammon. Duncani (Sow.) Fiscn., Oryctogr. mosc. p. 172. PI. 6, fig. 5. 7 -8 (excel. reliq.).

Testa mediocris, anfractus paullo se invicem amplectentes, costati, costis in dorso bifurcatis anteriorum anfractuum perquam approximatis, gracilioribus, üis posteriorum crassioribus, remotis, in dorso rotundato sub angulo acuto inter se connexis.

Hab. dans l’oxfordien inférieur de Popilani et dans l'argile noire callovienne de Khoroschôwo près de Moscou.

* D'Orgreny, Terr. jur. 1. c. p. 525. PI. 199. ,

Le test discoïde est légèrement comprimé, à tours peu embrassants, nombreux, étroits, et garnis de côtes, très serrées sur les tours précédents et espacées sur les derniers; les côtes sont légèrement arquées en avant et bifurquées sur le dos, qui est arrondi et presque plat; une: côte rudimentaire, intercalée, très courte, est située entre les branches: bifurquées; les côtes ne se réunissent pas sur le milieu du dos, mais y laissent un petit espace libre; elles y sont comme interrompues et très serrées des deux côtés du dos au dernier tour, parce que la bifurcation des côtes primaires: et les côtes intercalées secondaires y recouvrent les côtés dorsaux: Les flancs du dernier tour sont couverts de côtes plus espacées, car ce sont les côtes primaires seules qui les couvrent. Les tours précédents sont garnis de côtes très fines et serrées, montrent à peine la bifurcation de quelques côtes; l'ouverture des tours est presque circulaire, à base à peine échancrée. L’ombilic est très large et superficiel, les premiers tours occupent presque le même niveau, le dernier seul se présente en gradin.

Les tours, au nombre de 7, grossissent très lentement et montrent dans l’ombilic les flancs entièrement découverts jusqu’au dos; le test a 1 p. 7 1. de haut, l’ouverture du dernier tour à côtes très espacées a 41. de haut et près de 5 L. de large, les côtes sont espacées de 1/12 1. les unes des autres, tandis que les côtes des tours sont si serrées qu'il y en a tantôt 4, tantôt 5 ou 6 sur l’espace d’une ligne.

Le petit individu pyritisé de l'argile jurassique de Khoroschôwo n’a que 81. de large, est composé de tours presque arrondis, à peine embrassants, et garni de côtes simples et bifurquées entremêlées, qui ne passent pas par le dos, mais y sont interrompues légèrement; elles laissent sur le milieu du dos, comme sur l'individu de Popilani, un trait longitudinal, qui se compose des extrémités des côtes, réunies sous un angle obtus.

Esp. 1214. Ammon. caprinus Scacorx. (FAM. ARMATTI).

ScazotTaeim, Petrefactenkunde 1820. I, p. 74. Quensrenr, Petrefactenkunde 1867, p. 448 et Cephalop. L. e. p. 490. PE 16, f. 5. Ammon. varicoso-costatus BucxLanp, Min. and Geol. PI. 42, fig. 6.

5 Braikenridgii (Sow.) v. Buca et Bronx, Leth. geogn. Il, p. 450.

Le test discoïde est légèrement comprimé et muni de côtes aiguës, qui vers le bord ombilical se bifurquent et passent, légèrement infléchies, par le dos, où elles deviennent un peu plus épaisses, pour se réunir avec les côtes du côté opposé; l'ouverture est très haute et. comprimée, Le dos

est légèrement aplati et la base très peu échancrée, car les tours sont fort peu embrassants.

Hab. dans l’oxfordien inférieur près de Mjatschkowo dans le gouvernement de Moscou et aux environs de la capitale, ainsi que dans l’argile jurassique à Ammonites ornatus du Wurtemberg.

Le test est caractérisé par ses côtes tranchantes, qui se bifurquent vers le bord ombilical, sans former des tubercules pointus à leur réunion. LA, Braikenridgii se distingue par des côtes qui se bifurquent sur le milieu des flancs, et par des tubercules pointus, situés à la bifurcation des côtes. Jé ne vois, sur les mdividus de Moscou, ni les cloisons, ni louverture parfaitement développée et ignore par conséquent si elle se continue en une oreillette élargie et infléchie, comme dans l'A. Braikenridgii, lequel par là se distingue également de l’A. caprinus.

Le fragment de Mjatschkowo a 6 1. de haut au dernier tour et 5 1. de large; les côtés sont entièrement comprimés et le dos déprimé.

Esp. 1215. Ammon. Murchisoniae Sow. (FAM. FALCIFERI).

Min. conch. 1827. VI, p. 93. PI. 550.

v. ZTEN, Verstein. Württemb. p. 8 PI. VI, fig. 1—4. Bron, Leth. geogn. IL, p. 426. PI. 22, fig. 2. D'Onsieny, Paléont. fr. Terr. jur. L, p. 367. PI. 120.

Le test, de grandeur moyenne, est comprimé et garni de côtes flexueuses, plus ou moins nombreuses, les unes bifurquées, les autres simples, inégales, très marquées dans les jeunes et disparaissant à l’âge adulte; le dos est caréné où anguleux.

Hab. dans l’oxfordien inférieur de Doschtschetinski dans le gouvernement de Vladimir, ainsi que dans le Wurtemberg, dans la Vendée et d’autres localités de la France et de l'Angleterre.

Les tours sont comprimés, plus épais près du bord ombilical, où ils sont anguleux et forment en dedans un méplat concave nettement accusé; ouverture est fortement échancrée à la base. Les cloisons sont de la même forme que celles décrites par M. d'OrBreny 1. c.; la ligne du rayon central, en partant de l'extrémité du lobe dorsal, coupe un quart du lobe latéral supérieur, touche la pointe du lobe latéral inférieur et passe bien au dessus des autres.

Je ne connais qu’ün fragment du gouvernement de Vladimir, qui est conservé au Musée paléontologique de l’Université de St. Pétersbourg ; le dernier tour a 1 p. de haut et 6 I. de large; les côtes flexueuses bifur- * quées et simples du moule sont plus marquées près du dos caréné que

vers le bord ombilical, où elles disparaissent presque entièrement; l’ombilic est très petit, et les jeunes tours, pourvus de côtes, forment des gradins distincts.

Esp. 1216. Ammon. dentatus Rex. sp. (FAM. DENTATI).

v. ZietEn, Verstein. Württemb. 1. c. p. 17. PI. 13, fig. 2. Ammon. crenatus Bruc. d'Ors., Terr. jur. p. 521. PI. 197, fig. 5 —6. ; dentatus Quensr., Jura 1. c. p. 438. PI. 36, fig. 5 et Cephalop. PI. 9, fig. 14.

Ammon. crenatus Fer. Rômer, Reisebericht, deutsche geol. Zeitsch. 1861, p. 227.

Petit test comprimé, lisse, à tours peu embrassants; le dos est garni de dents ou crénelures en festons très saillants; une rangée transversale de tubercules occupe le milieu des deux côtés, et l'ouverture se prolonge sur son milieu en une longue oreillette.

Hab. dans le terrain jurassique de la ville de Moscou sur les bords des fleuves Jaouza et Moskwa, dans le jura brun du Wurtemberg à A. ornatus, et en plus grand nombre dans le jura blanc du Wurtemberg et dans l’oxfordien de la France et de l’Angleterre.

Cette petite coquilie à quelques lignes de large et les lobes très découpés: les dents du dos ne se continuent pas jusqu’à l'ouverture du der- nier tour, qui devient plus lisse et plus large près du dos, les dents se perdent de plus en plus, et les individus des étages plus hauts paraissent par là subir un changement de forme différent de ceux qui se trouvent dans des étages plus anciens. (Cette espèce traverse par conséquent l'étage oxfordien d'en bas jusqu’en haut, car elle se trouve dans le jura blanc à Barème en France, ainsi qu’au Wurtemberg, et prouve par là qu’elle a dû subir des changements très remarquables d’après l’âge plus ou moins ancien des étages jurassiques.

C’est là l'espèce représentée par M. De Fiscxer * sous le nom d’A. Duncani du terrain jurassique , près de Tatarowo sur le fleuve Moskwa aux environs de Moscou.

Esp. 1217. Ammon. polygyratus Re. sp. (FAM. PLANULATI).

Ammon.polygyratus Quensr., Cephalop. p. 161. PI. 12, fig, 3—4. triplicatus Sow., Min. conch. III. PI. 292—935.

colubrinus major Zrer., Verstein. Württemb. p. 9. PI. 9, fig. 3 et Amm. plicatilis Zrær. I. c. p. 9. PI 7, fig. 1.

* Oryctogr. de Moscou I. c. PI. V, fig. 5.

Ammon. plicatilis (Sow.) E. Horxann, Jura v. Iletzkaya 1. c. p. 156. PI. 2, fig. 3—4 à

Le test, légèrement comprimé, est composé de tours nombreux et peu embrassants; ils sont à peine convexes sur les côtés et marqués de côtes principales, qui se bifurquent vers le dos et y présentent une côte secondaire simple; les côtes passent sur le dos et se réunissent avec celles du côté opposé; les tours sont plus hauts que larges, le dernier embrasse fort peu le précédent, en sorte que l’ombilic très grand forme de larges gradins entièrement découverts; l'ouverture est allongée, convexe au dos’et largement échancrée à la base.

Hab. dans le calcaire jurassique de Popilani aux environs de Kowno, sur le bord de l’Oka aux environs de Jelatma; plus loin vers le sud-est près d’Iletzkaya d’Orenbourg sur le fleuve Outessouyouk, ainsi que dans le jura blanc du Wurtemberg près de Balingen et Nussplingen, et dans un semblable terrain de l'Angleterre.

L’individu de l’Outessouyouk est très bien conservé; il montre les côtes trifurquées, quelques étranglements ou arrêts d’accroissement, surtout près de l’ouverture, où par suite se développe le capuchon, dont le milieu antérieur se prolonge en une oreillette parabolique, étroite au commencement et ensuite élargie à l'extrémité ; l’oreillette a 7 L de long et 3 1. de large à l'extrémité, et 1!}2 1. seulement de large au milieu; elle rappelle entièrement l'oreillette de l'A. planulatus parabolis Quexsr. * du jura blanc du Wurtemberg, ou de l'A. polyplocus parabolis Quexsr. (Cephalop. 1. c. PI 12, fig. 2), et cette espèce pourrait être même réunie à ce dernier. L’individu est conservé au Musée paléontologique de l’Université de St. Pétersbourg. Ce n’est pas l'A. plicatilis Sow. du portlandien anglais, qui se distingue par des côtes bifurquées, ne passant pas sur le dos. L’individu a 2 p. 5 1. de haut et 6 L. de large au milieu de l’ouverture, dont la hauteur est de 8 1. Les lobes et Les selles ne diffèrent pas de ceux de l’A. polygyratus, figurés par M. Quexsrenr L. c. PI 12, fig. 4a.

Esp. 1218. Ammon. perarmatus Sow. (FAM. ARMATI).

Min. conch. IV, p. 72. PI. 352.

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