‹ Letters à Édouard sur les catacombes romainesChapitre 11 sur 85 · XXX111. H. V. D. XV. IN PAGE DEP · texte numérisé non relu

XXX111. H. V. D. XV. IN PAGE DEP

a Léon et Pétronie à Paul leur très-doux fils, qui vécut vingt-trois ans, cinq mois, quinze jours. Déposé en paix. »

Cette dernière acclamation se trouve presque sur chaque tombe chrétienne; c'était un cri du cœur que nos pères ne pouvaient étouffer. Cette parole de paix, ils l'avaient reçue du Sauveur du inonde; ils se la répétaient dans leurs salutations, dans leurs as-

semblées ; et, après l'avoir méditée et pratiquée toute leur vie, ils voulaient encore qu'on la gravât sur leurs tombeaux.

Vous avez déjà remarqué, mon cher Edouard, le B employé pour le V dans les inscriptions que je viens de citer. « Rien de « plus inconstant, dit l'abbé Gaume, dans sort histoire des Trots « Rome (i), que l'orthographe et la ponctuation des anciens mo- « numents chrétiens et païens. La cause en est tout ensemble « dans les changements de prononciation auxquels la langue « latine ne fut pas moins sujette que les autres; dans l'habitude «r d'écrire comme on prononçait, sans repos marqué entre « chaque membre de phrase; dans l'ignorance et le caprice des « ouvriers ; dans la douleur des parents, qui, pour donner plus « de solennité à leurs regrets, séparaient chaque mot par un ou « plusieurs points, afin d'obliger le lecteur à faire autant de ce pauses que l'inscription comptait de paroles et même de lettres ; « enfin, dans l'amour des vivants, qui, pour exprimer leur tente dresse envers les défunts, remplaçaient les points par de petits « cœurs, ou par des palmes, si les morts étaient des marte tyrs. »

Les anciens mettaient les points au milieu des lettres, et non pas au bas, comme nous le faisons.

Voici un loculus dont la pierre nous présente une inscription entremêlée de cœurs :

| JVLIA STERCORIO CONJVGI

QV. AN. XXV111. CVM Q. V. ANN. V. BM. IN PACE.

■ a Julia à Stercorius, son époux, qui vécut vingt-huit ans, avec

lequel elle vécut cinq ans, bien méritant, en paix. »

On trouve quelquefois dans les catacombes des inscriptions

dont les caractères sont moitié latins et moitié grecs ; on en rencontre même qui sont entièrement grecques, surtout parmi

(1) Totoe III, page 173.

celles qui remontent au milieu du quatrième siècle. Telles sont les suivantes :

SOCRATBS IN PAGE.

« Socrate en paix. »

AAEZANDPO BENE MEPENTI IN IIACE.

« A Alexandre, bien méritant, en paix. »

ETTÏXIANH THXON nAKE.

a Eutychiana, que la paix soit avec toi 1 »

Avant de remonter à la surface de la terre, enfonçons-nous au hasard dans ces sombres et vastes galeries, afin d'interroger encore les pierres sépulcrales.

Voici un bisomum , ou loculus à deux corps ; ce sont des fossoyeurs qui y reposent :

SEBGIVS ET JVNIVS FOSSORES B. N. H. IN PACE. BISOM.

<x Sergius et Junius, fossoyeurs, qui ont bien mérité, en paix dans le même tombeau, »

Plus loin, c'est une jeune épouse morte à dix-sept ans; elle a échangé son lit nuptial pour la froide couche du tombeau ; mais ce tombeau a été pour elle la porte des cieux :

VALENT1NE CONJVGf BENEMEREN

TI FECIT MARITVS QVE V1XIT

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