ROMANVS FELICISSIMO PATRI QVI VIXIT AN P. M. XL. IN PA. QVIESCIT
a Romanus à Félicissime, son père, qui vécut quarante ans plus ou moins : il repose en paix. »
La mort, en effet, n'est-elle pas un sommeil? Ne se repose-t-on pas dans le sépulcre, en attendant le grand jour du réveil général? C'est, du reste, le dogme enseigné par les livres saints, et que nous retrouvons à chaque page dans les sublimes murmures de Job et les Psaumes prophétiques de David.
Le christianisme ne détruisant pas la nature, mais l'ennoblissant, la perfectionnant, nous retrouvons sur les tombes chrétiennes ces acclamations adressées aux morts, et qui s'échappent d'une âme déchirée par la douleur, d'un cœur brisé par l'affliction. Les acclamations des païens étaient mêlées de ce désespoir inévitable produit par l'ignorance du dogme consolateur de la résurrection future; elles traduisaient une affection tout hu-
maine : celles des chrétiens, au contraire, ne présentent qu'une douce et sainte résignation à la volonté divine, qu'un ardent désir d'être promptement réuni à l'être chéri qui a quitté le premier la triste vallée de larmes, nommée la vie. Ces acclamations sont des adjectifs qui peignent, qui rendent au vif la tendresse et la douleur ; ce sont les expressions de : tris-regrettables (desideratissimi), incomparables (incomparables), très-pieux (piissimi), très-chers (carissimi), doux, très-doux (dulces, dulcissimi), bien méritants (bene merentes), très-pleurès (pientissimi), (m-tnnocents (innocentissimi) ; ce sont des souhaits, des adieux touchants : Que la terre vous soit légère (sit tibi terra levis) ! Que vos os reposent tranquilles (ossa tua bene quiescant)! Adieu, adieu , adieu ( vale, vale, vale) !
A toutes ces acclamations, les chrétiens en ajoutent trois autres qui ne se retrouvent point ailleurs ; ce sont les souhaits de vie éternelle, de vie en Dieu, de paix.