‹ Letters à Édouard sur les catacombes romainesChapitre 36 sur 85 · AUX CATACOMBES · texte numérisé non relu

AUX CATACOMBES

Anges, semez de lis, Anges, semez de rose La tombe solitaire où la vierge repose !

Quelle est celle qui dort, seule, en ce long tombeau?

Comme ses traits sont doux ! comme son front est beau !

On dirait une reine, en sa couche vermeille,

Qui sur la pourpre et For profondément sommeille.

Le trépas, de son corps respectant la beauté,

A sur sa peau d'albâtre empreint sa majesté;

Le sourire est encor sur ses lèvres muettes ;

Ses pieds sont entourés de fines bandelettes;

Sa main tient une palme, et ses riches cheveux

Répandent sur son cou leurs flots blonds et soyeux.

Anges, semez de lis, Anges, semez de rose La tombe solitaire où la vierge repose !

Sa robe virginale a des taches de sang ;

Les saints martyrs du Christ Font admise en leur rang ;

Comme eux, elle a foulé la céleste vendange

Et regardé la mort avec un œil étrange.

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