‹ Letters à Édouard sur les catacombes romainesChapitre 40 sur 85 · LE CHANT DE LA SOURCE · texte numérisé non relu

LE CHANT DE LA SOURCE

— Cette source, pourquoi son onde fugitive N'a-t-elle pas gardé sa forme primitive?

En un bassin pourquoi tous ses flots retenus Ne sont-ils pas encore aujourd'hui contenus ?

— Le temps,qui détruit tout de sa faux abhorrée, Le temps a dégradé la piscine sacrée ;

Et ses flots, dans la nuit se glissant au hasard, Vont se perdre, en chantant, bien loin de tout regard. Depuis qu'ils ont miné la pierre de leur digue , Ils sèment leurs trésors comme l'enfant prodigue. De ses feux le soleil ne les dore jamais ; Nés dans la solitude, ils coulent dans la paix ; L'écho du souterrain seul redit leur murmure, Et la terre des morts boit seule leur eau pure !

— Arrêtons-nous, ami, quelque temps sur ses bords, Et prétons une oreille à ses charmants accords ;

Sa voix, dans la nuit sombre, est plaintive et touchante : J'aime un ruisseau caché, j'aime un ruisseau qui chante.

— Qu'il soit fait, voyageur, selon ton bon plaisir : Mon âme, en ce moment, partage ton désir.

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