LETTRE XXIV
100. Pour mettre efficacement à exécution, le présent système d*éducation la première chose à faire, je pense, sera de diviser le pays entier, en arrondissemens d'écoles.
101. Une commission devra., en teras et lieu, être nommée, à cette fin ; elle
devra comme de raison, être composée d'hommes connaissant bien le pays, et dont le caractère soit pour le public, une garantie qu'ils s'acquitteront correctement et avec impartialité, de leurs devoirs. Je me tiens pour assuré que leurs pouvoirs seront bornés à l'objet en contemplation, et que du moment que les divisions auront été effectuées, et qu'ils auront fait leur rapport aux autorités compétentes, leur jurisdiction cessera.
102. Le territoire et la population devront être combinés ; le territoire, afin de centraliser les chefs-lieux, de manière que les habitans et leurs enfans jouissent de cet avantage ; la population, afin d'égaliser autant que possible, les octrois d'argens, et les taux des taxes ou cotisatisations, et afin qu'il y ait une base déterminée sur laquelle l'on puisse appuyer une répartition fixe et uniforme3 et que justice soit rendue à chacun.
103. En principe, il me parait qu'il en doit être ainsi. Lorsque nous en viendrons à l'opération pratique, l'on s'apercevra que ce procédé est non seulement conforme à la justice, mais que l'exécution en est facile, tellement que peu ou personne n'y trouveront à redire.
104. En référant à la Lettre XVIII, No. 73, on verra que j'ai fait usage de certains calculs tirés d'un Rapport y mentionné, qui reposent sur la supposition qu'il y aurait 1300 arrondissemen d'écoles. Il est évident qu'une telle division de la population et du territoire, ne peut convenir à mon système dont les départemens inférieurs, s'ils sont greffés sur les deux ordonnances dont il sera question dans ma prochaine lettre, requiereront des divisions sectionnelles bien différentes, comme il sera expliqué au No. 115.
105. L'on aperçoit de suite, la convenance de poser un principe ou base fixe. La population allant toujours croissant, ce mode est équitable, et il n'est susceptible d'aucune difficulté.
106. Le territoire étant aussi pris en considération, il s'ensuit que jusqu'à ce qu'un nouvel arrondissement soit formé, à raison de l'accroissement d'une population de 300 habitans, les enfans de cette population surnuméraire, fréquenteront l'école de l'arrondissement voisin. A la demande des habitans, et subséquemment sur la réprésentation qu'en feraient les Gardiens des écoles, aux Inspecteurs, puis sur celle "de ces derniers au Surintendant, l'on ferait une nouvelle division. Ceci se comprendra mieux, lorsque nous en viendrons à cette partie du système, qui a rapport plus immédiatement à ces différens officiers.