‹ Letters on elementary and practical educationChapitre 5 sur 48 · LETTRE IL · texte numérisé non relu

LETTRE IL

Dans ma dernière lettre, j'ai fait allusion, en termes généraux, aux résultats que l'on doit attendre de l'opération d'un sys|ême convenable d'Education Elémentaire et Pratique : avant de soumettre au public, mes vues sur ce que je crois devoir être la base çle ce système, qu'il me soit permis de faire quelques autres observations.

Les écoles primaires sont une des institutions les plus intéressantes dans toute société bien organisée, elles sont regardées comme la source principale de l'instruction élémentaire ; sans elles, il n'y a aucune sécurité dans la société, il ne peut y avoir de stabilité dans un gouvernement qui les néglige ou les proscrit. Un peuple éclairé se garantira presque toujours contre l'influence corruptrice de gouvernails pervers; il échappera de même a<jx pièges que lui tendraient des démagogues ignorans, ou intrigans et sans principes ; dans Pun ou l'autre cas, les gouvernés évitent la tyrannie d'un seul, celle du' petit, ou celle du grand nombre. La cause de l'éducation, est donc la cause de la liberté.

Indépendemment de ces résultats si importans, l'action d'une Education Elémentaire et Pratique, en produira d'autres. L'éducation élève le caractère moral du peuple collectivement, elle élève aussi le caractère individuel de chaque membre de la société : l'homme devient meilleur, et par conséquent l'état de la société s'améliore. Les devoirs de l'homme envers son Créateur, ce qu'il doit à son gouvernement, et les règles d'après lesquelles il se conduira vis-à-vis de ses semblables, seront sacrées ou sans poids à ses yeuxx à proportion de la culture du sentiment moral chez lui.

La prospérité d'un pays, sera nécessairement proportionnée à l'industrie individuelle e\ collective de ceux qui l'habitent Le succès du cultivateur, du marchand et du commerçant, de l'ouvrier, du marin, en un mot le succès de tous, dépend de leur connaissance de l'art, de la profession ou du métier qu'ils suivent, et par conséquent la prospérité et le bonheur de la société et des individus, dépendent essentiellement du dégré d'intelligence et de connaissances pratiques qui existent dans un pays.

Les écoles primaires où l'on enseigne les élémens d'une éducation populaire, solide et utile, sont donc de la plus haute importance au bien être du pays, et* doivent faire naître le plus vif intérêt.

LETTRE lit

Dans un pays qui, pour line cause ou autre, a été prive d'un système efficace d'Education Elémentaire et Pratique, les besoins qui naissent d'une circonstance aussi malheureuse, sont grands, ils sont incalculables. Il est peu d'hommes qui ne ressentent plus ou moins, les effets d'urî état de société aussi dêsorgariisé. Celui qui ne les ressent pas, est ou un égoiste ou un sot, ori peut ramener le premier à la raison, mais il est difficile, pour ne pas dire impossible d'influer sur le second. Cependant, et il est heureux qu'il eri soit ainsi, la plupart dès hommes sont influencés parcequ'ils regardent comme leur intérêt ; dès l'instarit, par conséquent, que le peuple dans ce pays, comme ailleurs, s'apercevra qu'il a tout à gagner à être instruit, il cherchera à lé devenir.

Avarit que nous puissions espérer de parvenir à un état de société ou les notions de l'utilité ou plutôt de la nécessité de l'éducation, soient suffisamment répanddes, il est du devoir de tous les gens de bien, défaire usage de leur influence, pour aider à cette grande cause, la cause de l'éducation. Le vrai patriote, celui qui désire sincèrement le bien de son pays, l'homme qui aspire après sori propre bonheur et celui de ses semblables, dans ce monde, et un meilleur avenir dans l'autre, est obligé de faire tous ses efforts pour instruire ou faire instruire' le peuplé.

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