QUE LES PARENTS DOIVENT DONNER Â LEURS ENFANTS
2 février 18S9.
Nos Très Chers Frères,
Nous n'avons pas épuisé dans plusieurs de nos Lettres pastorales le sujet si vaste, si important, si pratique, de l'instruction et de l'éducation chrétiennes.
Faut-il le répéter ? Ce sujet est, au point de vue de la foi comme au point de vue do la raison, un des plus élevés et des plus nécessaires, il est décisif pour le bonheur des enfants et des parents, pour l'honneur et la prospérité des ramilles, pour la grandeur et la gloire des peuples.
Un philosophe illustre a dit: «J'ai toujours pensé qu'on réformerait le genre humain si on réformait la direction de la jeunesse » ; et il ajoutait : « La bonno éducation de
la jeunesse est le premier fondement de la félicité humaine1. »
L'année dernière nous avons traité de la vigilance que les parents doivent exercer sur leurs enfants: nous voulons en ce moment, à l'approche de l;i sainte Quarantaine, rappeler aux parents le grand devoir du bonexemple.
ici encore nous pouvons affirmer que les parents qui trahissent cette obligation compromettent absolument l'œuvre de l'éducation et la mission que Dieu leur a confiée.
Nous nous efforcerons d'unir à une démonstration inérusable les applications pratiques, d'affirmer la vérité, de révéler les périls et les fautes sans trahir la justice et la miséricorde.
Nous demandons aux pères et aux mères auxquels cette Instruction pastorale est spécialement destinée, d'élever leurs cœurs à la hauteur de ces enseignements, c'est-àdire à la hauteur d'un de leurs plus grands et de leurs plus difficiles devoirs.
L'influence de l'exemple a ses raisons et sa source dans la nature humaine. L'homme est naturellement porté à l'imitation. Les actes dont il est le témoin exercent sur lui comme une attraction d'autant plus puissante que ceux qui les accomplissent sont plus élevés par leur dignité, par leur autorité ou par l'ascendant de leurs qualités personnelles.
Le bon exemple trouve dans notre nature le concours des tendances élevées, du sentiment du devoir, des habitudes honnêtes ou généreuses. L'exemple mauvais a pour
1 1 EIBN1TZ.
complices et pour auxiliaires beaucoup plus puissants le erreurs de l'esprit,, les défaillances de la volonté, les instincts pervers, les prissions si facilenn ut soulevées par tout ce qui les Halle, en un mot le courant qui entraîne notre nature vers le mal.
L'exemple agit sur les sens eux-mêmes. Il produit dans l'imagination une impression vive, profonde et qui résiste souvent aux efforts les plus sincères de la vertu. 11 porte avec lui une démonstration dont l'évidence s'impose et parfois il émeut le cœur au plus haut degré. Il saisit donc l'homme tout entier avec une puissance bien supérieure à celle de la parole même la plus éloquente.
Un acte de faiblesse, une concession d'un instant faite à la lâcheté et à la peur, peuvent, à certaines heures, jeter le trouble dans une armée et la livrer tout entière aux mains de l'ennemi.
Un acte de valeur, un de ces traits d'audace héroïque, dans lesquels se révèle, avec le mépris de la mort, l'amour de la patrie et le sentiment de l'honneur, suffit parfois à relever les courages abattus, à entraîner les bataillons hésitants et à fixer la victoire.
Un grand acte de vertu et de sublime dévouement émeut les âmes les plus obstinées, fait monter du cœur jusqu'aux yeux des larmes d'attendrissement et impose à tous le respect et l'admiration. La trahison du devoir, les défaillances de la conscience peuvent provoquer tout d'abord l'étonnenement et l'indignation, mais bientôt, l'étonnenient et l'indignation diminuent, l'impression opposée grandit et le mal obtient une influence fatale.
L'exemple a encore ce caractère spécial qu'il répond a\ •(• beaucoup plus d'autorité que la parole aux objections qui font si souvenl hésiter la volonté en présence du devoir. Il démontre à la lumière indiscutable des faits que les obstacles ne sont pas invincibles, que la vertu, même la plus élevée, est possible, que la victoire est certaine our les âmes vraiment dociles el vraimeni généreuses.
démontre que la paix de la conscience, les juins pures el 1rs plus précieuses récompenses sont accordées à ceux qui accomplissent la loi de Dieu dans sa perfection. Ainsi V 1 1 14 1 1 s t i n , touché par les larmes de sa mère, ébranlé par les sollicitations de la miséricorde de Dieu, convaincu de la vanité des plaisirs, des succès, de la gloire, mais encore captif du péché et de ses passions, s'écriait en admirant les exemples des Saints : « Eh quoi! ne pourras-tu pas ce qu'ont pu ceux-ci et celles-là ? ' »
D'autre part, le mauvais exemple, le spectacle du rôce, de ses audaces et de ses triomphes donne en quelques instants la science du mal, il surexcite jusque dans les profondeurs les plus intimes de l'âme, les instincts les plus avilissants, il supprime la dernière barrière de la honte et emporte les âmes aux ahîmes.
Certes, la puissance de la parole, de la presse, du théâtre, de la littérature corrompue et corruptrice esl redoutable ; elle est un des grands périls de notre temp-, et pourtant cette puissance n'est pas comparable à la puissance du mauvais exemple.
D'ailleurs, que pourrait la littérature la plus élevée, la presse la plus fidèle à sa noble mission, les conseils les plus éclairés, multiplies sous les formes les plus attrayantes, l'éloge le plus éloquent de la vertu, si les faits, si le mauvais exemple, le scandale contredisent toutes ces influences si précieuses et les retournent pour ainsi dire comme de terribles accusations contre ceux qui s'en servent. Ecoutez Platon, un des représentants les plus illustres de la philosophie païenne : « Lorsque j'entends parler de la science ou de la vertu par un homme digne de ce nom et qui sait se tenir lui-même à la hauteur de ses discours, alors c'est pour moi un charme inexprimable quand je songe que celui qui parle et les propos qu'il tient sont entre eux dans une convenance et une
1 Tu non poteris quod-isU'quod istae ? (Conf., lib.'.VlIl).
harmonie parfaites. Cet homme offre l'image d'un concert sublime qu'il ne tire ni de sa lyre, ni d'un autre instrument, mais de sa vie tout entière montée sur le ton le plus pur. Des qu'il ouvre la bouche, c'est une jouissance pour moi et l'on dirait à me voir que je suis insatiable de discours tant je saisis avidement toutes ses paroles. Mais celui qui fait le contraire, plus il parle avec éloquence, plus il m'est insupportable et alors il me semble que je déteste les discours l. »
Écoutez ce jugement porté par Notre-Seigneur Jésus- Christ contre les Scribes et les Pharisiens : « Ils disent et ils ne font pas ; ne faites pas ce qu'ils font2. » Et il ajoutait : « Malheur à vous, Scribes et Pharisiens hypocrites, vous êtes semblables à des sépulcres blanchis qui au dehors paraissent magnifiques, mais qui au dedans sont pleins d'ossements de morts et de toute sorte de pourriture3. »
L'exemple a sur l'enfant une puissance plus grande encore, il le saisit plus facilement et laisse souvent dans son âme une impression qui ne s'efface jamais.
Bien plus que l'homme arrivé à la jeunesse ou à l'âge mûr, l'enfant est porté à l'imitation. Il est incapable de longs raisonnements, il ne peut suivre les démonstrations (pii fatigueraient son intelligence et décourageraient sa légèreté : mais il est attiré, captive, dominé par tout ce qui se passe sous son regard. Sa première éducation se fait moins par des paroles que par des actes ; il ne peut (Tailleurs se défendre que bien difficilement contre les impressions qu'il subit, surtout si elles flattent ses défauts et son instinct d'indépendance.
L'enfant a de grandes et d'aimables qualités, mais ces qualités elles-mêmes le soumettent à l'influence de l'exemple. II est naturellement droit et sincère, la candeur
1 Platon : Lâchés.
2 Matth., xxiii, 3.
1 lr>., ibid., 27.
est un des charmes de son âge. 11 ne se défend pas contre les apparences trompeuses, il ouvre son intelligence à l'évidence des faits comme il ouvre ses peux à la lumière du jour. Il abandonnera son cœur à l'influence de l'exemple qui pourra le souiller et le perdre, comme il tendra la main vers le fruit qui renferme un poison mortel.
Qui donc voudrait ravira l'enfant ses attraits si aimables et si précieux et détruire en lui la confiance envers ceux qu'il doit entourer de respect et d'amour?
Quel crime de ne pas profiter de ces qualités, à l'âge surtout où les penchants se dessinent, où la volonté se forme, où la conscience s'éclaire et où l'éducation décide de la vie tout entière !
Mais l'enfant a ses défauts et ces défauts ajoutent encore à l'influence de l'exemple. La nature déchue avec ses tendances au mal existe dans l'enfant. Les passions apparaissent de bonne heure et parfois avec une extrême vio lence.
L'enfant est léger, mobile, présomptueux; il subit à regret le jo'ig de l'autorité même la plus douce et la plus tendre; son imagination est vive, sa sensibilité souvenl développée jusqu'à l'excès et il n'a pour les diriger et les contenir, ni les lumières de l'expérience ni la force de In volonté.
Enfin l'enfant est entraîné et domine par la curiosité. Il veut voir et savoir. Ses yeux sont toujours ouverts pour saisir ce qui se fait autour de lui, son intelligence est tonjours en éveil. Plus on s'efforce de se dérober à cel incuriosité, plus elle est excitée. Les explications que l'on croit prudentes et habiles ne le déconcertent pas et ne sauraient le satisfaire longtemps. Tôt ou tard il arrive ;i pénétrer les secrets de la famille, à connaître ies défaillances et les fautes qu'il aurait dû ignorer et qui détruisent dans son âme la confiance et le respect.
Les natures les plus vives, les plus ardentes <ubi-<''ii
au plus haut degré ^influence do l'exemple. Elles peuvent être plus facilement entraînées sur les chemins du devoirs de la vertu et de la perfection chrétienne ou jetées en quelques instants dans ces abîmes où les familles elles-même, disparaissent dans le désespoir, la ruine et le déshonneur.
L'expérience, d'ailleurs, rend partout et toujours le plus éclatant témoignage à cette puissance de l'exemple. N'est-elle pas tout d'abord l'explication de la tyrannie des usages mondains qui créent les mœurs de tout un peuple et même de tout un siècle et auxquels des hommes de haute valeur, des femmes qui se disent des chrétiennes pieuses et zélées, sont incapables d'opposer la moindre résistance. « Malheur à toi, fleuve des usages humains, disait saint Augustin : jusques à quand entraîneras-tu les fils d'Eve à ce grand et redoutable océan du péché et de la mort? » Vœ tibi flumen moris humanœ, usquequo volves lilios Evœ usque ad mare magnum et formidandum1 ?
Mais, nous l'avons déjà dit, si l'exemple est un redoutable auxiliaire de l'erreur et du mal, il a pour le bien une admirable puissance. Dans la sainte E lise, les apôtres, les pasteurs et les docteurs ne peuvent sans son secours accomplir leur mission de régénération et de salut. L'apôtre doit ajouter à l'autorité de sa parole, l'autorité et le prix de ses sacrifices; le bon Pasteur doit « donner sa \ie pour ses brebis2» et « celui-là seul sera appelé grand dans le royaume des Cieux. dit l'adorable Maître, qui aura fait et enseigné : Qui feront et docuerit, hic magnas vocàbitur in regno cœlorum '. »
Aussi le premier devoir de tous ceux qui ont reçu à un degré quelconque la mission de diriger les âmes ou le far deau de l'autorité est d'enseigner le bien el de combattre le mal par l'influence de leur exemple, d'être partout des
1 Confess., lib. i
- JOANN, X, il..
■ M uni,: a. 19
chefs et des guides, c'est-à-dire les premiers dans le travail, dans le péril et dans le dévouement.
N'est-ce pas le secret de la puissance qui est la lumière, la force, la gloire de l'Eglise catholique, et qui dans tous les siècles et tous les jours brave les conjurations de h sagesse, de la science et de la politique humaines?
Cette puissance qui captive et entraîne les peuples, qui attire les'multitudes près de sépulcres devenus glorieux, serait-elle la puissance de la parole ou de la doctrine :' Non : l'éloquence de la parole et l'autorité de la doctrine n'ont point été données à tous les Saints. Serait-ce le prestige des miracles qu'ils ont accomplis :' .Non ; les miracles sont le témoignage de la sainteté, témoignage qui n'a pas été accordé à tous et qui ne constitue pas la sainteté elle-même; et il est moins difficile décommander en maître à la création matérielle, de modifier les lois de la nature, que d'éclairer et de sauver les âmes. Serait-ce l'abondance de la grâce et de la vie de Dieu dans les Saints? Sans doute ; mais il faut que cette grâce et cette vie divine rayonnent et resplendissent au dehors, dans leurs œuvres, dans leurs vertus, dans leurs travaux et leurs sacrifices, en un mot dans l'exemple qu'ils donnent au monde et qui tout à la fois l'étonné et le ravit. C'esl ainsi surtout que « Dieu est admirable dans ses Saints » : Mirabilis Deus in sanclis suis, et que par eux, par leur exemple, « il donne la vertu et la force à son peuple Dabit virtulem et fortitudinem plebi sitœ1.
Là encore est le secret du charme et de l'influence de ces livres qui ne peuvent être compares à aucun autre et que nous appelons la Vie des Saints.
Les récits des actions et des travaux des Sniiils. s'ils sont écrits sous l'inspiration de la Foi et la Charité, si l'historien disparaît pour laisser apparaître les serviteurs de Dieu dans la beauté de leur âme et la grandeur de leurs
1 Ps. uxvii. 36.
vertus, sont bien plus puissants que toutes les démonsrations et que tous les discours pour entraîner les Ames sur le chemin de la perfection.
Quel est d'ailleurs le jour et l'heure où l'influence salutaire du bon exemple ne se manifeste à nous à quelque degré? Combien d'âmes ont été ramenées à Dieu par un acte de vertu qui les a touchées, par le souvenir que leur a laissé le zèle et le dévouement d'un prêtre vénérable, par le souvenir de la foi et de la piété d'une épouse ou d'une mère?
Combien d'âmes distraites par des pensées profanes, par les futilités d'une vie mondaine ou dominées par l'indifférence et l'incrédulité, après avoir résisté jusque dans nos temples à la parole qui descend de la chaire chrétienne, à la majesté des cérémonies religieuses, à la beauté des chants montant vers le ciel avec les parfums de l'encens, ont été tout à coup saisies et comme inclinées, malgré elles, devant Dieu, en apercevant quelques pieux chrétiens prosternés dans la ferveur de leurs prières ?
La puissance de l'exemple est si grande que Dieu luimême Ta employée pour nous sauver. Il a offert sa sainteté et sa perfection, la sainteté et la perfection de son Fils comme les modèles que nous devons reproduire.
Déjà dans la loi ancienne Dieu disait à son peuple : « .le suis le Seigneur votre Dieu; soyez saints parce que je suis saint » * ; et il donnait cet ordre à Moïse : « Parlez à rassemblée des lils d'Israël et dites-leur : Soyez saints parce que je suis saint a. »
Quelque sublime, (pie fui la doctrine de Jésus-Christ, elle n'aurait pu entraîner l'humanité, la régénérer et la sauver, si le Fils de Dieu n'avait ajouté à la prédication de son Evangile l'autorité de ses exemples. C'est pourquoi « .lesus-Christ a commencé à faire et à enseigner 3. »
1 Le vit. . xi, 44.
2 Ibid., xix, 2.
3, Act., i, 1.
chefs et des guides, c'est-à-dire les premiers clans le travail, dans le péril et dans le dévouement.
N'est-ce pas le secret de la puissance qui est la lumière, la force, la gloire de l'Église catholique, et qui dans tous les siècles et tous les jours brave les conjurations de la sagesse, de la science et de la politique humaines?
Cette puissance qui captive et entraîne les peuples, qui attire lesjnultitudes près de sépulcres devenus glorieux, serait-elle la puissance de la parole ou de la doctrine ? Non : l'éloquence de la parole et l'autorité de la doctrine n'ont point été données à tous les Saints. Serait-ce le prestige des miracles qu'ils ont. accomplis ? Non : les miracles sont le témoignage de la sainteté, témoignage qui n'a pas été accordé à tous et qui ne constitue pas la sainteté elle-même; et il est moins difficile décommander en maître à la création matérielle, de modifier les lois de la nature, que d'éclairer et de sauver les âmes. Serait-ce l'abondance de la grâce et de la vie de Dieu dans les Saints? Sans doute ; mais il faut que cette grâce et cette vie divine rayonnent et resplendissent au dehors, dans leurs œuvres, dans leurs vertus, dans leurs travaux et leurs sacrifices, en un mot dans l'exemple qu'ils donnent au monde et qui tout à la fois l'étonné et le ravit. C'est ainsi surtout que « Dieu est admirable dans ses Saints » : Mirabilis Deus in sanclis suis, et que par eux, par leur exemple, « il donne la vertu et la force à son peuple » : Dabit virtulem et fortitudinem plebi suce l.
Là encore est le secret du charme et de l'influence de ces livres qui ne peuvent être comparés à aucun autre et que nous appelons la Vie des Saints.
Les récits des actions et des travaux des Saints, s'ils sont écrits sous l'inspiration de la Foi et la Charité, si l'historien disparaît pour laisser apparaître les serviteurs de Dieu dans la beauté de leur âme et la grandeur de leurs
1 Ps. lxvii, 36.
vertus, sont bien plus puissants que toutes les démonsrations et que tous les discours pour entraîner les âmes sur le chemin de la perfection.
Quel est d'ailleurs le jour et l'heure où l'influence salutaire du bon exemple ne se manifeste à nous à quelque degré? Combien d'âmes ont été ramenées à Dieu par un acte de vertu qui les a touchées, par le souvenir que leur a laissé le zèle et le dévouement d'un prêtre vénérable, par le souvenir de la foi et de la piété d'une épouse ou d'une mère ?
Combien d'âmes distraites par des pensées profanes, par les futilités d'une vie mondaine ou dominées par l'indifférence et l'incrédulité, après avoir résisté jusque dans nos temples à la parole qui descend de la chaire chrétienne, à la majesté des cérémonies religieuses, à la beauté des chants montant vers le ciel avec les parfums de l'encens, ont été tout à coup saisies et comme inclinées, malgré elles, devant Dieu, en apercevant quelques pieux chrétiens prosternés dans la ferveur de leurs prières ?
La puissance de l'exemple est si grande que Dieu luimême l'a employée pour nous sauver. Il a offert sa sainteté et sa perfection, la sainteté et la perfection de son Kils comme les modèles que nous devons reproduire.
Déjà dans la loi ancienne Dieu disait à son peuple : « Je suis le Seigneur votre Dieu; soyez saints parce que je suis saint » '; et il donnait cet ordre à Moïse : « Parlez à rassemblée des fils d'Israël et dites-leur: Soyez saints parce que je suis saint 2. »
Quelque sublime que fût la doctrine de Jésus-Christ, elle n'aurait pu entraîner l'humanité, la régénérer et la sauver, si le Fils de Dieu n'avait ajouté à la prédication de son Evangile l'autorité de ses exemples. C'est pourquoi « Jésus-Christ a commencé à faire et à enseigner 3. »
1 Levit. . xi, 44.
^ Ibid., xix, 2.
s, Acr., i, 1.
« Von» m'appelez votre Maître et votre Seigneur, disait-il à ses disciples, et vous avez raison, je le suis en effet, car je vous ai donné l'exemple alin que vous fassiez comme vous m'avez vu faire \ »
C'est aussi l'enseignement des apôtres: «Jésus-Christ a souffert pour vous, écrivait saint Pierre, vous laissant l'exemple afin que vous marchiez sur ses pas 2. »
La doctrine de saint Paul sur ce grand devoir de l'imitation de Jésus-Christ est vraiment admirable : « Ceux que Dieu a connus par sa prescience, dit-il, il les a prédestinés à être conformes à l'image de son Fils 3. » Il faut que nous portions en nous le sceau, l'image vivante de notre divin Maître: In Christo signati'*. Toute la mission de la sainte Église, des apôtres et des ministres de Dieu a pour but de former en nous Jésus-Christ : Donec formetur Christus in vobis °. Saint Paul résume en <•<■> sublimes paroles le travail et le progrès de In perfection chrétienne: « Mais nous, n'ayant point de voile qui mms couvre le visage et arrête notre vue, nous contemplons comme dans un miroir la gloire du Seigneur et nous sommes transformés en cette divine image en allant de clarté en clarté comme emportés par l'Esprit de Dieu ". »
Cette beauté, cette perfection de Notre-Seigneur Jésus- Christ il faut que nous la révélions à nos frères par nos bons exemples, par la lumière et l'édification de nos vertus. « Le Dieu qui du sein des ténèbres a fait d'un mot jaillir la lumière, dit encore le grand Apôtre, resplendit lui-même dans nos cœurs afin que nous illuminions les âmes, leur enseignant la science de la gloire de Dieu rétlétée en la personne de Noire-Seigneur Jésus-Christ'. » El faut que tous ceux auxquels Dieu adonne la dignité,