‹ Letters pastoralesChapitre 38 sur 46 · I . . xvii · texte numérisé non relu

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:! Rom., xv, 2.

* Luceal lux vestra coram uominibus nt videant opéra vestra bona el

ificenl Patrem vestrum qui in cu-lis est. (Matth., v, 16).

nous demandera compte du salut de leurs âmes ou de leur perle éternelle.

« Jésus ayant appelé un petit enfant le plaça au milieu de ses disciples et leur adressa ces paroles: Je vous le dis, en vérité, si vous ne vous convertissez et si vous ne devenez comme de petits enfants, vous n'entrerez pas dans le royaume des cieux. Quiconque s'humiliera comme cet enfant sera plus grand dans le royaume des cieux et quiconque reçoit en mon nom un de ces enfants mereçoil moi-même. Si quelqu'un scandalise un de ces petits enfants qui croient en moi, il vaudrait mieux pour lui qu'on lui attachât au cou une meule de moulin et qu'on le jetât au fond de la mer. Malheur au inonde à cause des scandales: car il est nécessaire qu'il arrive des scandales, mais malheur à l'homme par qui le scandale arrive. Que si votre main ou votre pied vous est un sujet de scandale, coupezle et jetez-le loin de vous ; il vaut mieux pour vous que vous entriez dans la vie n'ayant qu'un pied ou qu'une main que d'en avoir deux et être précipité dans le feu éternel. Et si votre œil vous est un sujet de scandale, arrachez-le et jetez-le loin de vous. Il vaut mieux pour vous que vous entriez dans la vie n'ayant qu'un œil que d'en avoir deux et être précipité dans le feu de l'enfer. Prenez bien garde de mépriser aucun de ces petits enfants ; car je vous déclare que dans les cieux, leurs anges voient sans cesse la face de mon Père qui est aux cieux '. »

Le péché du scandale atteint directement en effet les âmes de nos frères: il donne la mort à ces âmes en les privant de la grâce, delà vie divine et de leurs droits an royaume du ciel. C'est un homicide, mais bien plus coupable que celui qui n'atteint que la vie du corps et ne prive l'homme que des biens du temps.

« Ne craignez pas, disait le Sauveur, ceux qui tuent le corps, mais qui ne peuvent tuer l'âme". » L'auteur du

1 Matth.,'xyiii, 2-JU - Matth., x, 28.

scandale est homicide comme Satan qui, selon la parole de Notre-Seigneur Jésus-Christ: «fut homicide dès le commencement » : ffle homicida erat ab initio '.

Lucifer a entraîné avec lui dans sa révolte et dans son châtiment des légions d'anges, et il poursuit contre les hommes ce crime qui est sans égal. Le mauvais exemple est donc un crime vraiment satanique, car il dépeuple le ciel, il remplit les abîmes de l'enfer et ilesten opposition directe, absolue avec la mission deJésus-Christ et l'œuvre de la Rédemption. Le Fils de Dieu est descendu du sein de son Père et des splendeurs du ciel sur cette terre, il a pris notre nature et nos infirmités, il a travaillé, il a souffert, il est mort sur la croix pour racheter les Ames. >< Il est venu, disait-il lui-même, chercher et sauver ce qui étail perdu -. » Toutes ses paroles et toutes ses actions, sa doctrine, les prodiges de sa puissance et de sa bonté, sa passion et sa mort ont eu ce but suprême.

Tous les jours encore il frappe à la porte des cœurs, il les presse par les sollicitations de sa miséricorde, il poursuit les brebis perdues pour les ramener au bercail, et il a confié à son Église cette grande mission. Or le mauvais exemple, le scandale, comme un ennemi acharné et implacable, suil pour ainsi dire Jésus-Christ et son Église dans cette œuvre de rédemption et de salut ; à chaque rayon de lumière céleste, il oppose des négations saerilèges ; aux appels de la divine charité, le spectacle des plaisirs coupables : aux exemples de la vertu et de la sainteté, au prix du san-; qui a sauvé le monde, les attraits et les triomphes du vice.

Saint Paul demandait aux fidèles de Ron ! de Co-

rinthe de ne pas scandaliser, même par des actions irréprochables en elles-mêmes, la faiblesse de leurs frères : « Prenez garde, disait-il, que cette liberté que vous avez et que vous savez avoir ne soit aux faibles une cause de

1 Joann. . vin, 44.

2 Luc, xix, 10.

T. il. •>>.)

chute; car ainsi vous perdrez votre frère qui est faible él pour lequel Jésus-Christ est mort, et en péchant contre vos frères ou en attaquant leur conscience qui est faible, vous péchez contre Jésus-Christ \ »

Le scandale qui atteint ainsi directement l'œuvre de la Rédemption et Jésus-Christ lui-même est directement opposé à la souveraineté et aux droits de Dieu. Il est, comme tout péché, une violation de la loi de Dieu, et de plus il entraîne d'autres âmes à cette violation, et par conséquent, au mépris de l'autorité divine. Il n'est pas seulement une lutte directe contre Dieu, mais tout ce que l'auteur du scandale a reçu d'intelligence, de dignité, d'autorité,d'inlluence, il le retourne contre son bienfaiteur et son père, et c'est encore là un des caractères sataniques de ce péché.

Tous les fruits d'une éducation chrétienne obtenus parles plus sages conseils, la vigilance la plus active, le plus admirable dévouement, ces fruits bénis, ces moissons qui ont grandi pour le ciel, sous la rosée de la grâce et les ardeurs de la charité, peuvent être anéantis en quelques instants parmi seul exemple mauvais. Ces parents, nous le voulons bien, ont été dans une certaine mesure fidèles à leur sainte mission, mais ils n'ont pas eu l'énergie de combattre leurs défauts, d'éviter dans leurs paroles et dans leurs actes toute occasion de scandale, d'accomplir les devoirs que la religion impose, et ils ont perdu tous les fruits de leur sollicitude, de leurs efforts et de leurs sacrifices. Ils ont vu leurs enfants dépouilles de toutes les vertus qu'ils devaient à la bonté de Dieu et à la tendresse privilégiée du cœur de Jésus-Christ. Quelle désolation et quelle terrible responsabilité !

Des pasteurs pieux et zélés, des maîtres et des maîtresses dignes de toute confiance ont multiplié auprès de ces enfants les preuves de leur dévouement : ils jouissaient

* I CORÎNTH., VIII, 9, 11, 11.

et des suceès obtenus et des espérances de l'avenir; Dieu lui-même, encore une fois, avait comblé ces enfants des dons les plus précieux. Mais, auprès du foyer domestique, sous ce toit qui devait les protéger contre tous les périls, par les exemples de ceux qu'ils doivent vénérer et aimer, les âmes de ces enfants ont été troublées, -égarées, elles ont perdu leur innocence et leur vertu. Qui dira ce qu^est un pareil crime et quel châtiment lui réserve la justice de Dieu?

Le mauvais exemple a encore ce double et redoutable caractère de se propager avec une effrayante fécondité et d'être presque toujours irréparable.

Les âmes entraînées et égarées par l'erreur et le mal entraînent et égarent à leur tour d'autres âmes : les enlents pervertis par les exemples de leurs parents seront incapables d'accomplir plus tard la difficile et sainte mission de la paternité et de la maternité chrétiennes ; et qui pourra dire où s'arrêteront dans les générations futures les conséquences fatales des exemples mauvais donnés par un père ou par une mère?

Depuis longtemps, depuis des siècles peut-être, ces parents infidèles à leur mission, dormiront dans leur tombe, leur souvenir aura complètement disparu; mais les péchés, les desordres et les ruines qui ont eu pour principe leur faiblesse et la trahison de leurs devoirs iront en se multipliant, pareils à un fleuve qui croît sans cesse et qui déborde portant au loin d'effroyables ravages.

Nous le voulons bien, les parents qui ont au cœur le désir sincère de donnera leurs enfants une éducation chrétienne s'efforceront de détruire les conséquences fatales de leurs failles et de ramener ces enfants au chemin du devoir, mais, ces conséquences fatales, pourront-ils les connaître et surtout les connaître dans toute leur étendue? Ces jeunes gens, ces jeunes tilles ont acquis avec la science du mal son habileté et sa perfidie. Ils s'efforceront de dissimuler les cireurs de leur intelligence et. [la corruption de leur cœur.

- un

0 pères! ô mères ! si vous connaissez les ruines et les désastres que vous avez faits, pourrez-vous les réparer ? Vos enfants sont-ils encore auprès devons? et votre autorité et votre influence existent-elles encore? La pente du mal estrapide aux jours de la jeunesse; il faudrait remonter un terrible courant, briser des chaînes qui sont douces, rejeter Terreur, repousser les plaisirs qui captivent, courber sous le joug les passions en révolte, pratiquer des vertus qui, même avant ces chutes profondes, imposaient de douloureux combats. O pères! ô mères! n'avez-vous point sous vos regards désolés, une des victimes de ces vices qui, selon le langage énergique de nos Livres Saints, « pénètrent jusqu'à la moelle des os de l'adolescent, qui dormiront avec lui dans sa tombe et qui souilleront sa cendre jusqu'au dernier des jours » :' Ossa ejus impiebuntur viliis adolescentifs ejus et cum eo in pulvere dormient \

Cette puissance de l'exemple dans l'éducation des enfants est si grande, elle porte avec elle si manifestement un principe d'édification ou de ruine que nous voulons insister encore sur le devoir du bon exemple en invoquantla mission des parents, le respect qui leur est dû, l'autorité qui leur est nécessaire et leur amour pour leurs enfants.

Tout d'abord cette puissance de l'exemple dans la famille, agit sur les enfants dès que leur raison s'éveille et dans tous les détails de la vie. Tous les sentiments qui les unissent à leur père et à leur mère, tous les souvenirs de )a famille, toutes les traditions du passe, tous les témoignages déboute, d'affection dont ils sont combles ajoutent à cette puissance de l'exemple. Quel n'est pns Pascendanl

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