LONGUEUR
en lieues de 4,000 met.
DEPEHSE TOTALE «H
31 déc. 1835.
Il reste à dépenser un peu plus de 17 millions sur les fonds de la loi de 1833. En admettant qu*ils suffisent pour
t96 NOTES.
parfaire les ouvragescommencés , la dépense totale se trouvera de 969 millions , soit 430,000 fr. par lieue.
Ces canaux donnent déjà de notables résultats. Ainsi, sur le canal du Rhône au Rhin » au-dessus de Besançon , où le mouvement commercial est moins actif que dans la partie inférieure, on a livré passage, en 1 853, à 1,600 bateaux ou radeaux , et , en 1834 , à S,180. 11 en est passé sur le canal de Bourgogne :
A Dijon 835 3,324
Au bief de partage 327 1,388
Les receltes sur ce dernier canal suivent une progression non moins rapidement croissante. Elles ont été :
' En 1833, de 171,661 fr.
En 1834, de 211,530
En 1835, de 571,840
Pour compléter la nomenclature de la navigation artificielle de la France, il faut, aux travaux ci-dessus, ajouter les suivants :
Canal de Saint-Quentin. 23 lieues 1/4
de Briare, de Loing et d*Orléans. 45 — 1/4 du Centre. 29 — 1/4
du Midi. 61 — »
del'Ourcq. 23 — 1/2
Petits canaux du littoral de la Méditerranée. 52 — 3/4
Petits canaux du Nord et du Pas-de- Calais. 75 — n
Divers petits, canaux isolés , tels que ceux de la Rucbe,de Givors , de Vauban, de Brouage , de Saint-Denis , et travaux du Tarn. 34 — »
Total. 342
En y ajoutant les 15 lieues du canal de Roanne à Digoin, et les 16 1/3 lieues du canal de la Sambre à TOise, ainsi que les portions exécutées de divers canaux momentanément suspendus, tels que celui des Salines, ce chiffre
8*élèverait à
Le total général de la navigation artificielle de la France serait donc de
En outre nous avons une navigation fluviale dont la longueur peut être estimée à
400 lieues.
Ce qui donne pour total définitif de la navigation une longueur de
Quant aux communications par terre , nous possédions, au 1er janvier 1836, en fait de routes royales :
Routes à rétat d'entretien. 6,1 29 lieues.
Routes à réparer. 1,559
Lacunes de routes. 947
Total des routes royales. .8,635
8,635 lieues.
La classification analogue des routes départementales donnerait :
Routes à rétat d'entretien.
Routes à réparer.
Lacunes.
Total des routes royales et départementales,
18,135 lieues.
En fait de chemins de fer, nous n'avons encore en France que ceux qui s'étendent de Lyon à Roanne, 38 lieues en tout ; le chemin d'Ëpinac , qui a 6 lieues et denue , et quelques autres pelit8,qui élèveraient la somme totale des chemins de fer en France à 50 lieues à peine.
En résumé , il y a peu de pays au monde qui toienl en mesure de présenter la même étendue de communications que la France. Cependant il nous reste encore beaucoup ^ faire , même pour fouir de ce que nous avons fait.
Nos canaux sont bien conçus et bien exécutés. La plupart offrent une section plus considérable que celle des canaux ordinaires d'Angleterre et d'Amérique» double au moins^ Ils auront de Peau toute Tannée au moyen des réservoirs alimentaires qui s*achèyent à grands frais. Une fuis nos canaux terminés, nous ne serons encore qu'à la moitié de la tâche ; car ils débouchent dans des rivières qui ne sont pas navigables en été. Ainsi le canal du Midi se termine dan» la Garonne à Toulouse , et la navigation du fleuve n'est régulièrement bonne que 50 lieues plus bas, à Casle&s, près Langon. Le canal du Berry , ceux du Nivernais, du Getilre» de Brlare , d'Orléans , aboutissent à divers points de la Loire , tous éloignés du confluent de la Maine; et c'est là seulement que le fleuve offre une profondeur d'eau toujours suffisante. La pensée de Henri IV et de Louis XIY , de lier deux à deux les trois mers qui baignent la France à IX)uest, au Nord et au Midi , est enfin réalisée ; mais la liaison , au lieu d'être permanente, comme l'exigerait le développement des relations commerciales , n^est encore qu'incertaine et interrompue. Jusqu'à eeque nos caoaux soient bien fouruis d'eau et nos rivières amélioréesjusqu'àcequela continuité des grandes lignes existe autre part que sur le papier, tous les transports qui exigent de la régularité seront effectués par le roulage : on ne confiera à la navigation que les objets qui peuvent sons inconvénient rester six mois en voyage , et nos routes continueront à être défoncées par d'énormes chariots. Nous aurons beau faire des lois sur la police du roulage, elles seront inexécutables et inexécutées. La meilleure loi , la seule bonne en cette matière, sera celle qui pourvoira à la navigation du territoire. L'administration n'a pas fait connaître les devis des travaux à entreprendre sur nos fleuves, quoique d*excellen(es études aient été Alites
relativement j|«n canal latéral an Rtrône , par exemple , el tiue d'inléressaota travaux aient été déjà exécutés sur le Rliin. Il ne parait pas qu*on doive les évaluer à moins de ^00 millions.
Ce n*est pas tout. Nos 18,135 lieues de routes ne sont pas toutes praticables. Sur nos routes royales , il y a des lacunes à combler, et delongues distances à réparer ; la somme nécessaire pour les porter toutes à Tétat d*entretien est évalué commee il ^uit :
Lacunes. 75,038,687 fr.
Routes à réparer. 56,915,881
ToUl. 131,954,568
Les départements auraient à débourser une somme au moins égale pour les routes départementales , sans parler des sommes qne les chemins vicinaux exigent, et qui vont, d'ailleurs , leur être consacrées en vertu de la loi de 1836.
Pour que la viabilité du territoire fût complète , il faudrait aux canaux et aux routes joindre les cliemins de fer. Les études entreprises en vertu de la loi du 27 juin 1833 sont achevées, et il n*y a plus à craindre qu'à Tégard des chemins de fer nous éprouvions les mécomptes qui ont signalé nos entreprises de canaux. Les nivellemenlsont été exécutés sur une longueur de 2,518 lieues. La longueur totale des projets étudiés est de 1 ,250 lieues , qui sont estimées à 908 millions , soit 730,000 fr. par lieue. S'il s*agissait de leur exécution aux frais de TÉtat, on pourrait réduire le nombre des lignes étudiées , ou du moins abandonner la plupart des embranchements aux compagnies qui , à Texception de quelques cas particuliers , les préféreraient certaihement aux grandes lignes. Les seuls chemins de fer que rÉtal pourrait jamais avoir à entreprendre, en supposant
qu*aucune grande ligne ne fût concédée aux compagnies « seraient , scion toute probabilité , les suivants :
De Paris au Hâ?re, par Rouen.
2Î5 lieues.
à Lille.
Embranchement de Valenciennes ( route
de Belgique).
Embranchement de Calais (roule d* Angle-
terre).
De Paris à Lyon et Marseille.
à Strasbourg.
à Bordeaux.
Embranchement de Bayonne (route d*Es-
pagne).
devantes.
Total.
746 1;4 lieues.
A raison de 800,000 fr. la lieue, la dépense de ce système serait de 597 millions.
En résumé , pour compléter la viabilité du territoire , la somme requise serait :
Lignes de navigation» 200 millions
Routes. 132
Chemins de fer. 507
Total. 929 millions.
A raison de 50 millions par an, rexécution de ces travaux exigerait de dix-huit à vingt ans.
Cinquante millions par an, c^est lourd. Mais si le désarmement pouvait enfin s*opérer, il serait aisé d*y ixiurvoir sans augmenter les charges publiques. lie serait-ce pas pas le cas d'emprunter , si toute autre ressource venait à manquer? S'abuserait-on beaucoup en espérant que les sources du revenu public, rendues plus fécondes par Pexécution de ces travaux, produiraient par cela seul unjsurplus de 40 mil-