LETTRE XII
Ile d'Hydra.
Départ de Napoli de Malvoisie. — Côtes de l'île d'Hydra; signaux de nuit. Vue et description de la ville; cérémonies pratiquées au départ des bâtimens d'Hydra. Mœurs et costume des habitans de cette île. Notions intéressantes données par un homme de lettres, Grec d'origine.
JN oiis sommes enfin partis de Napoli de Malvoisie, laissant à notre droite les îles de Bellapoulo, Caravi et Falconera. Nous découvrions déjà Milo lorsque, le vent tournant tout à coup, nous nous sommes vus forcés de courir vers Hydra(i), dans la crainte de rétrograder. Bientôt après , un calme plat nous a surpris sur les côtes de cette dernière île, à la vue du Mont-Hymette et des côtes del'Attique. Comme le port d'Hydra
(i) L'île ôiHydra est peu célèbre dans la Géographie ancienne. Hécalée le Milésien , dans sa Dcsanption de l'Europe, l'avoit appelée Hydrea; mais Strabon , Pomponius-Méia , Pline et Ptolomée n'en ont fait aucune mention. Pausanias l'a nommée, mais sans rien ajouter, sinon qu'elle est voisine de la côte sur laquelle Hermione étoit située. Etienne de Bizance parott en avoir assez mal connu la position, puisqu'il la donne comme placée en face de Trézène. Ce que le lexicographe dit de plus se réduit à nous apprendre que les habitans s'appeloient Hjdriates , et qnHjdra fut
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prit un scheschdar (i), et, accompagnant sa voix decet instrument, il chanta d'un ton si pathétique la prise tragique de Bagdad et le triomphe d'Amurat , que ce prince fondit en larmes , et continua d'être attendri aussi long- temps que le musicien se fit entendre. L'empereur, à sa considération, ordonna non seulement qu'on sauvât la vie à ceux qui n'étoient pas encore exécutés , mais de plus qu'on leur rendît la liberté. Amurat voulut retenir le musicien auprès de lui, et en fit un très-grand cas.
(i) Sorte de psaltérion qui ressemble à la harpe, et qui a six cordes de chaque côté.
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