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provinee, ont renoñcé à l'influence qu’ils étoient censés avoit ddns le Gouvernement général de l’Empire, qui seul a:le pouvoir dé nous imposer des lois; ils se sont volontairement soumis à celles qui étoient en force dans le pays avant leur arrivée; ils ne représentent pas ici ls mère-patrie; elle ne leur a délégué aucun pouvoir spétial, aucune prérogative sut les autres sujets anglois de la
volqnie. Prétendre le contraire; seroit vauloir qu'une partie des
habitants du pays, pât en cette qualité prendre part au gouvernement local, et en mème temps exercer en vertu de son origine; bne autorité supérieure à toutes les autorités coloniales. -Ils n’ont done pas en vertu de ce titre ou d'aucun autre; le droit de récuser Ja langue du pays. Ce droit d’ailleurs ne pourroit tout au: plus qu'être présumé, Or les présomptions légales sont une matière très-délicates on n’en fait usage que pour suppléér à la loi en suivant l'ordre naturel des ehoses; et on n’en tire que des conx clusions si évidentes, que ve serait faire injure à la justice ou à l'intelligence du Législateur, que de supposer qu'il auroit établi, le contraire Nous avons d’ailleurs des droits positifs qui ren dent les présomptions inutiles. Certainement il ne faut pas être: très-fort en dialectique pour voir qu’une telle présomption donne: toit à une foible partie des habitants du pays une supériorité énorme sur la masse de sa population, pendant que la mère-patrie n’a rién épargné pour y faire règner l'égalité la plus parfaite. Les Canadiens anglois de naissance ne sont pas plus étrangers: ici que les Canadiens françois;: ils ont les mêmes droits que nous, ils sont protégés par les mêmes lois, et soumis aux mêmes usages; ils ont dû considérer avant de se fixer ici, l’ordre de choses qui y étoit établi, Nous ne leur contestons pas la légalité de leur lan’ gage; nous voulons seulement défendre celle du nôtre; il seroit. même a désirer pour prévenir toutes les méprises, qu’on accom-
pagnût les pièces de procès d’une traduction avouée, lorsque les:
parties n’entendent pas la langue Pune de l'autre. Les Canadiens w’auroient aucune objection a le faire, pourvû que le mème avan: tage ne leur fût pas refusé.
Mais je veux pour un moment, Monsieur, que la langue frans.
çoise ne soit nullement nécessaire à l'opération de nos lois et à
notre condition politiques que l’usage en soit un abus et une vio=’
lation. directe des principes fondamentaux de létat; que Sa Ma:
jesté ne puisse faire rendre-la justice à ses sujets dans une autre.
langue que la sienne; qu’une nation ne puisse être ni grande ni florissante, en conservant la leur aux paisibles habitants d’une.colenie qui chérit et respecte son gouvernement: on m'accordera aussi sans doute que si la langue françoise n’est pas légale, elle ne Va jamais été depuis la conquête; qu’elle fut toujours et quelle est eneore politiquement pour nous ce qu'est l'arabe ou le chinois.
Or comment se fait-il que depuis plus de soixante ans des magistrats éclairés aient autorisé un abus:si palpable et prononcé dans.
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une Jangne noh reconnue par la mère-patrie des jugemenñts qui affectaient les propriétés de sujets britanniques, et qui par consé< quent équivaloient à une spoliation directe? Tous les officiers pu: blics qui y ont participé n’auroient-ils pas été responsables à l'Eme pire d'avair mis la patrie en danger, en violant cette uniformité de langage si absolument requise? Vous même, Monsieur, que vos hautes fcnctions ont mis si à portée de remédier à de telles pratis
ues, deviez-vous attendre pour les proscrire la réquisition spéciale de quelques personnes que le joug importun da deu langue mas ternelle commencçoit sans doute à fatiguer?
La conduite de tant d'hommes publics seroit séulé une preuvé suffisante à la cause que je soutiens, et je bornérois iei mon tra: vail si je n’avois quelques mots à dire de ceux qui sans nier la va« lidité actuelle sd langue françoise dans le pays trouvent juste et convenable de ramener les Canadiens par tous les moÿens poss sibles à cette uniformité de langage qui leur paroit si nécessaire: Comme leurs plans ne sont qu’en théorie, ils donnent plis de la: titude à leurs raisonnements, et font reparvitre sous de nouvelles vouleurs les objections que j'ai déja combattues. .
Ils fondent aussi leur doctrine sur l'exemple des Romains: & Cette sage nation,” disent-ils, % n’est parvenue à un si haut point de gloire et de puissance qu'en forçant les peuples conquis d’adopter ses lois, ses manières et surtout son langage; l’Angleterre re. peut mieux s'attacher les Canadiens qu’en imitant cet acte de leur politique.” Cette conclusion ne peut se concilier avec les principes équitables d’après lesquels la Grande-Bretagne règle sa conduite. Les Romains ne cherchoient pas même de prétextes aux guerres les plus injustes, et arrachoient impitoyablement des peuples entiers à leur patrie, pour les réduire à l’esclavage ou les transplanter dans une terre étrangère. Je ne conteste pas au Peuple Rortiainses vertus domestiques; je rends hommage à la mémoire de ses hommes-célèbres; j'avoue que je trouve dans son histoire plus de traits de véritable héroïsme, que dans celle d’aucun autre peuple ancien; mais je nie Li l'esprit de ses conquêtes soit un modéle à suivre, Il fonda sa liberté sur les débris de celle du monde connu, et le titre de barbares qu’il donnoit à tous les autres peuples, montre assez avec quelle justice il se croyoit obligé de les traiter. Les Romains sont leurs propres panégyristes, et leurs victimes n’ont pas transmis à la postérité le détail de leurs injustices. Ils se regardoient comme les maîtres-nés de l'univers, et pour les peindre d’un seul trait, il suffit de dire que Caton, le plus vertueux de leurs citoyens, disoit chaque fois Fe ns dans le Sénat: j'opine aussi pour la destruction de
art +
Cnam ils ne purent donner leur langue à la Grèce policée, la Grèce savante, qui plus foible par les armes, fut toujours la maîtresse de Rome du çôté des aris-et des talents. Cependant
quand les barbares envahissoient de toutes parts les provinces romaines, cette-même Grèce, qui avoit conservé sa langue, soutint seule pendant des siècles la gloire et le nom de cet empire déchu. Cet exemple prouve qu'il est d’autres liens que celui de l’unité de langage, qui peuvent attacher un peuple à la commune pa: trie. Ainsi quand l’honneur et le devoir attachent les Canadiens à l'Empire Britannique, quand ils montrent par leur fidélité qu’ils sentent l'excellence de son gouvernement et le bonheur qu’il leur procure, quels principes nouveaux, quelles idées, quels sentiments veut-on leur inculquer au moyen de la langue angloise, que lx leur ne puisse rendre faute d’expressions ou d'énergie? Qu'on ne dise pas que l'abolition de cette dernière peut s’opé: rer par des moyens lents et peu sensibles. Je ne citerai pas à des sujets britanniques un exemple trop connu, pour prouver, que cette extinction graduelle de notre langue, ou plutôt cette longue agonie de cinq générations, ne formeroit qu’un peuple démoralisé par l’habitude des souffrances, rempli d’aversion pour ses maîtres, et dépouillé de toutes ses vertus privées: à Je termine ici, Monsieur, en repétant que je n’attribue pas a Votre Honneur toutes les opinjons dont j'ai tâché de démontrer la fausseté; et, me flattant de n’avoir pas manqué aux égards que m'imposoit votre rang, j'ai l'honneur de me souscrire, &c.
UN ETUDIANT EN DROIT; Montréal, Novembre, 1825.
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