Apostrophée, dans ce sens
tournée en forme dapostrophe.
serait un néologrisme bien hardi.
On se demande s'il ne conviendrait pas de lire : « la censure intrépide de la conversation chez la coquette et la véhémente apostrophe.... »
L'objection la plus forte contre
Rousseau à corriger les épreuves de ses ouvrages, particulièrement de celui-ci. — Voir les deux errata de la première édition et les corrections nouvelles qui ont pris place dans celle de 1782.
5. Il a parlé plus haut (p. 62) de « ce caractère âpre et dur. qui lui donne tant de fiel et d'ah/reur dans l'occasion «.
Mais, en général, on ne peut nier que, si le misanthrope étoit plus misanthrope, il ne fût beaucoup moins plaisant, parce que sa franchise et sa fermeté, n'admettant jamais de détour, ne le laisseroient jamais dans rembarras. Ce n'est donc pas par ménagement pour lui que l'auteur adoucit quelquefois son caractère, c'est au contraire pour le rendre plus ridicule. Une autre raison l'y oblige encore, c'est que le misanthrope de théâtre, ayant à parler de ce qu'il voit, doit vivre dans le monde, et par conséquent tempérer sa droiture et ses manières par quelques-uns de ces égards de mensonge et de fausseté qui composent la politesse, et que le monde exige de quiconque y veut être supporté. S'il s'y montroit autrement, ses discours ne feroient plus d'effet. L'intérêt de l'auteur est bien de le rendre ridicule, mais non pas fou; et c'est ce qu'il paroîtroit aux yeux du public', s'il étoit tout à fait sage.
On a peine à quitter cette admirable pièce quand on a commencé de s'en occuper; et, plus on y songe, plus on y découvre de nouvelles beautés 2. Mais enfin, puisqu'elle est, sans contredit, de toutes les comédies de Molière, celle qui contient la meilleure et la plus saine morale, sur celle-là jugeons des autres; et convenonT que, l'intention de l'auteur étant de plaire à des esprit: corrompus, ou sa morale porte au mal, ou le faux bien qu'elle prêche est plus dangereux que le mal même; en ce qu'il séduit par une apparence de raison ; en ce qu'il fait préférer l'usage et les maximes du monde à l'exacte probité; en ce qu'il fait consister la sagesse dans un certain milieu entre le vice et la vertu; en ce qu'au.
1. Et c'est en effet ce que parait 1 2. L'homme de goût admire, le Rousseau. | misanthrope regimbe.
ROUSSEAU
grand soulagement des spectateurs, il leur persuade que, pour être ^anète homme, il suflit de n'être pas un franc scélératTB^J
J'aurois trop d'avantage si je voulois passer de l'examen de Molière à celui de ses successeurs, qui, n'ayant ni son génie ni sa probité, n'en ont que mieux suivi ses ^\ Mies intéressées, en s'attachant à flatter une jeunesse débauchée et des femmes sans mœurs ^ Ce sont eux qui les premiers ont introduit ces grossières équivoques, non moins proscrites par le goût que par l'honnêteté, qui tirent longtemps l'amusement des mauvaises compagnies, l'embarras des personnes modestes, et dont^ le meilleur ton, lent dans ses progrès, n'a pas encore purifié certaines provinces. D'autres auteurs, plus réservés dans leurs saillies, laissant les premiers amuser les femmes perdues, se chargèrent d'encourager les filous. Regnard, un des moins libres, n'est pas le moins dangereux. C'est une chose incroyable qu'avec l'agrément de la police on joue publiquement au milieu de Paris une comédie où, dans l'appartement d'un oncle qu'on vient de voir expirer, son neveu, l'honnête homme de la pièce, s'occupe avec son digne cortège des soins que les lois payent de la corde ; et qu'au lieu des larmes que la seule humanité fait verser en pareil cas aux indifierens mêmes, on égayé à l'envi de plaisanteries barbares le triste appareil de la mort. Les droits les plus sacrés, les