Le gouvernement
2. Argument peu flatteur pour la clientèle ordinaire des théâtres.
5. Ainsi le fameux café Procope, en face du Théâtre-Français d'alors, était le rendez-vous des amateurs: c'est là souvent que se
décidait la fortune des pièces nouvelles,
•4. C'était le cas à Genève. Toutes les irrégularités de la vie privée y étaient épiées et dénoncées au Consistoire, qui après enquête les censurait, ou. suivant les cas
J.-J. ROUSSEAU
lice a sur tous une inspection facile, il faut suivre des maximes toutes contraires. S'il y a de l'industrie, des arts, des manufactures, on doit se garder d'offrir des distractions relâchantes à l'âpre intérêt qui fait ses plaisirs de ses soins, et enrichit le prince de l'avarice des sujets. Si le pays, sans commerce, nourrit les habitans dans l'inaction, loin de fomenter en eux l'oisiveté à laquelle une vie simple et facile ne les porte déjà que trop, il faut la leur rendre insupportable, en les contraignant, à force d'ennui*, d'employer utilement un temps dont ils ne sauroient abuser. Je vois qu'à Paris, où l'on juge de tout sur les apparences, parce qu'on n'a le loisir de rien examiner, on croit, à l'air de désœuvrement et de langueur dont frappent au premier coup d'œil la plupart des villes de province, que les habitans, plongés dans une stupide inaction, n'y font que végéter, ou tracasser et se brouiller ensemble. C'est une erreur dont on reviendroit aisément si l'on songeoit que la plupart des gens de lettres qui brillent à Paris, la plupart des découvertes utiles et des inventions nouvelles, y viennent de ces provinces si méprisées. Restez quelque temps dans une petite ville, où vous aurez cru d'abord ne trouver que des automates; non seulement vous y verrez bientôt des gens beaucoup plus sensés que vos smges (les grandes villes, mais vous manquerez rarement d'y découvrir dans l'obscurité quelque homme ingénieux qui vous surprendra par ses talens, par ses ouvrages, que vous surprendrez encore plus en les admirant, et qui.
les déférait aux conseils. Rousseau pouvait savoir que plusieurs memhres de sa famille, son père, son oncle et sa tante Bernard, avaient été l'objet de ces dénonciations
et de cette censure. (Voy. Eug.
Ritter. la Famille de Jean-Jacques, 1878.)