‹ Lettre à M. d'Alembert sur les spectaclesChapitre 55 sur 78 · Voy. p. 113. note b · texte numérisé non relu

Voy. p. 113. note b

•î.. Saint-Gervais et les Pàquis sont situés sur la rive droite du

Rhône. le Molard sur la rive gauche et les Eaux-Vives hors de la ville, sur la même rive au bord du lac.

J.-J. ROUSSEAU

crement. et un quatrième* en certains temps de l'année. Supposons ce quatrième* permanent. Je vois que, dans plus de six cent mille habitans, ce rendez-vous de l'opulence et de l'oisiveté fournit à peine journellement au spectacle mille ou douze cents spectateurs, tout compensé. Dans le reste du royaume, je vois Bordeaux, Rouen, grands ports de mer; je vois Lille, Strasbourg, grandes villes de guerre, pleines d'officiers oisifs qui passent leur vie à attendre qu'il soit midi et huit heures, avoir un théâtre de comédie : encore faut -il des taxes involontaires pour le soutenir. Mais combien d'autres villes incomparablement plus grandes que la nôtre, combien de sièges de parlemens et de cours souveraines, ne peuvent entretenir une comédie à demeure !

Pour juger si nous sonmies en état de mieux faire, prenons un terme de comparaison bien connu, tel, par exemple, que la ville de Paris. Je dis donc que, si plus de six cent mille habitans ne fournissent journellement et l'un dans l'autre aux théâtres de Paris que douze cents spectateurs, moins de vingt-quatre mille habitans n'en fourniront certainement pas plus de quarante-huit

Si je ne compte point le concert spirituel, c'est qu'au lieu d'être un spectacle ajouté aux autres, il n'en est que le supplément. Je ne compte pas non plus les petits spectacles de la Foh-e ; mais aussi je la compte toute l'année, au lieu qu'elle ne dure pas six mois. En recherchant, par comparaison, s'il est possible qu'une troupe subsiste à Genève, je suppose partout des rapports plus favorables à l'affirmative que ne le donnent les faits connus.

Page 1