‹ Lettre à M. d'Alembert sur les spectaclesChapitre 64 sur 78 · Il y revient dans le Contrat social illl, i · texte numérisé non relu

Il y revient dans le Contrat social illl, i

successif jusqu'à sou dernier terme, c'est une grande imprudence de l'accélérer encore par dos établissemens qui la favorisent. Le grand Sully, qui nous aimoit, nous l'eût bien su dire : a Spectacles et comédies dans toute petite république, et surtout dans Genève, affoiblisse- ^nent d'État jJT}]

Si le seul établissement du théâtre nous est si nuisible, quel fruit tirerons-nous des pièces qu'on y repré- /i, ', sente? Les avantages mêmes qu'elles peuvent procurer aux peuples pour lesquels elles ont été composées nous tourneront à préjudice, en nous donnant pour instruc- Q tion ce qu'on leur a donné pour censure, ou du moins , en dirigeant nos goûts et nos inclinations sur les choses du monde qui nous conviennent le moins. La tragédie nous représentera des tyrans et des héros. Qu'en avonsnous à faire? Sommes-nous faits pour en avoir ou le devenir? Elle nous donnera une vaine admiration de la puissance et de la grandeur. De quoi nous servira-t-elle? Serons-nous plus grands ou plus puissans pour cela? Que nous importe d'aller étudier sur la scène les devoirs des rois, en négligeant de remplir les nôtres? La stérile"" 'T admiration des vertus de théâtre nous dédommagerat-elle des vertus simples et modestes qui font le bon citoyen? Au lieu de nous guérir de nos ridicules, la comédie nous portera ceux d'autrui : elle nous persuadera que nous avons tort de mépriser des vices qu'on estime si fort ailleurs. Quelque extravagant que soit un marquis, c'est un marquis enfin. Concevez combien ce titre sonne dans un pays assez heureux pour n'en point avoir; et qui sait combien de courtauds' croiront se

1. Courtaud, homme gros et 1 laient dédaigneusement les maicourt. Les gens de qualité appe- | chands, courtauds de Ijoutiqup.

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