‹ Lettre à M. d'Alembert sur les spectaclesChapitre 72 sur 78 · Plutarque. Apophterjm. Inconicn (Lycurg.. 12-li · texte numérisé non relu

Plutarque. Apophterjm. Inconicn (Lycurg.. 12-li

ravages; c'est elle qui prend soin d'irriter les désirs, en prêtant à leurs objets encore plus d'attraits que ne leur en donna la nature; c'est elle qui découvre à l'œil avec scandale ce qu'il ne voit pas seulement comme nu, mais comme devant être habillé. Il n'y a point de vêtement si modeste au travers duquel un regard enflammé par l'imagination n'aille porter les désirs. Une jeune Chinoise, \ avançant un bout de pied couvert et chaussé, fera plus l de ravage à Pékin que n'eût fait la plus belle fdle du monde dansant toute nue au bas duTaygète. Mais quand^J on s'habille avec autant d'art et si peu d'exactitude* que les femmes font aujourd'hui, quand on ne montre moins que pour faire désirer davantage, quand l'obstacle qu'on oppose aux yeux ne sert qu'à mieux irriter l'imagination, quand on ne cache une partie de l'objet que pour parer celle qu'on expose, —

« Heu! maie tum mite? defendet pampinus uvas*. »

(Virg., Georg.. I, v. i48.j

Terminons ces nombreuses digressions. Grâce au ciel, voici la dernière : je suis à la fin de cet écrit. Je donnois les fêtes de Lacédémone pour modèle de celles que je voudrois voir parmi nous. Ce n'est pas seulement par j leur objet, mais aussi par leur simplicité, que je les trouve recommandables : sans pompe, sans luxe, sans / appareil, tout y respiroit, avec un charme secret doJ^ • patriotisnie, qui les rendoit intéressantes, un certain esprit martial convenable à des hommes libres *\î sans

' Je me souviens d'avoir été frappé dans mon enfance d'un spectacle assez simple, et dont pourtant l'impression m'est tou-

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