‹ Lettre à M. de Falloux, ministre de l'instruction publique et des cultesChapitre 2 sur 65 · AVERTISSEMENT · texte numérisé non relu

AVERTISSEMENT

On ne me taxera pas d'impatience. Il y a aujourd'hui un an, que le Moniteur universel, obéissant aux ordres de mes ennemis personnels, me calomniait officiellement au nom du Gouvernement provisoire de la République française! Cette publication a rencontré le blâme général : ce Rapport, à l'aide duquel on avait espéré me perdre, est devenu la risée de l'Europe J , et pourtant, je n'ai encore vu mettre un terme à aucune des mesures exceptionnelles qui ont été prises contre moi. Tous mes biens saisis et mal protégés 3 ; ma bibliothèque, mes travaux scientifiques, ma correspondance la plus intime, tous mes papiers, livrés sans inventaire 3 , sans aucune forme protectrice, à mes ennemis devenus maîtres absolus chez moi; mon domicile violé pendant plusieurs mois par une foule d'individus 4 qui ont pénétré dans mon appartement, malgré les réclamations adressées à l'autorité même; l'intimidation 5 exercée sur ceux qu'on savait disposés à prendre ma défense; les journaux français en masse publiant sur mon compte les fables les plus absurdes et refusant d'écouter toute réclamation, d'admettre toute rectification 6 ; des experts, plus occupés du soin de répandre leurs calomnies et de publier leurs sentiments haineux contre moi 7 , que de terminer le rapport qu'on leur demande depuis un an 8 ; mon nom

disparaissant irrégulièrement du programme des Cours

1 Voyez plus loin,pag. 10, 83, etc. 8 Voyez pag. 6, 21. 1 Voyez pag. 23-27. e Voyez pag. 26, 10T.

* Voyez page 24. 7 Voyez page 24.

i Voyez pag. 24-26. • Voyez page 102.

dont je suis chargé 1 ; les magistrats les plus intègres, fascinés par les paroles du Moniteur, se refusant 2 à recevoir les dépositions des personnes qui demandaient à être entendues dans l'intérêt de la vérité autant que dans celui de mon honneur; moi-même, après avoir dû me soustraire à la menace d'une vengeance populaire, décrété d'arrestation 3 sans avoir jamais été appelé ni entendu, sur la foi de ce Rapport, que M. Boucly lui-même, mieux informé, désavouerait aujourd'hui et dont personne ne veut accepter la responsabilité; telles sont, en abrégé, les persécutions que j'ai eu à subir depuis un an.

Aucune instruction régulière n'est encore commencée; le rapport des experts n'est pas même déposé; les témoins que j'ai désignés dans ma Réponse au Rapport de M. Boucly, et qui doivent éclairer la justice, n'ont pas été appelés; mes ennemis seuls ont pu faire entendre leur voix, et l'on affecte pourtant de me traiter non comme un accusé, mais comme un coupable 4 . C'est là l'effet de cette publication officielle du Moniteur, sur laquelle comptaient avec raison mes ennemis, et qui, l'année dernière, a frappé de stupeur tous les esprits; tant il est difficile de rendre à des imaginations qu'on a fortement ébranlées le calme nécessaire pour bien juger une affaire grave, tant il faut craindre l'intervention passionnée de la politique dans les procédures judiciaires!

En cet état' de choses, stimulé par mes amis, qui voient avec quel acharnement on travaille à ma ruine, j'ai dû me décider à occuper encore de moi le public. Ma tâche a été très-simple. Je me suis borné à publier

* Voyez page 2. s Voyez page 102.

* Voyez pag. 34 et 112. * Voyez page 108.

un certain nombre de documents qui font connaître les irrégularités accumulées contre moi. Je n'ai eu que l'embarras du choix dans la masse de pièces du même genre qui étaient à ma disposition. Chacune de mes assertions est appuyée sur un de ces documents. Ceux que je garde, pour m'en servir à l'occasion, ne sont pas les moins curieux. Je serai avare de paroles : pourquoi ajouter des réflexions, lorsque les faits parlent si haut! Comme en compromettant la fortune publique et privée, en excitant de si graves préoccupations, les événements qui se sont succédé depuis un an, en France, ont pu affaiblir l'intérêt qui s'attache à un des épisodes les plus odieux de la révolution de Février, j'ai voulu montrer aux gens qui traitent cette déplorable affaire avec tant de légèreté, quelle est l'opinion que les hommes les plus considérables de l'Europe ont manifestée dès l'origine au sujet des persécutions qu'on m'avait infligées ' . Ce ne sera pas ma faute si les faits que je publie aujourd'hui produisent une sensation encore plus fâcheuse et provoquent un blâme plus universel. Ce n'est pas moi qui le premier ai cherché la publicité dans ce débat; ce sont les dictateurs de Février qui m'ont attaqué dans le Moniteur, et ils porteront toute la responsabilité de leur procédé. En Angleterre, en Allemagne, en Belgique, en Italie, les juges les plus compétents (et il n'est pas inutile de posséder quelques connaissances bibliographiques pour se former une opinion dans cette affaire) se sont prononcés hautement pour moi. Quels que soient les malheurs qui ont pesé depuis un an sur la France, je ne saurais croire que le sentiment de la légalité, que le sentiment moral se soient tellement affaiblis dans ce grand pays,

• Voyez page t4.

qu'il puisse entendre sans émotion les cris de réprobation de l'Europe dans une affaire de cette nature. Au moment où les ouvriersanglais étaient expulsés violemment de France, le National, parlant de mon départ, qui fut l'œuvre d'un de ses rédacteurs, disait qu'après tout ce n'était qu'un Italien de moins l . Réduite à une question de concurrence et de salaire, mon affaire perdrait beaucoup de sa gravité ; mais ces sentiments de jalousie qui fermentent dans quelques cœurs dépravés , ne sauraient être ceux de la majorité du peuple français. Tous les excès ont trouvé des juges sévères dans la postérité, et, j'ose le dire, il n'y a pas de vanité à faire appel aux générations futures, lorsqu'on parle des persécutions exercées contre un homme dont le nom se rattache à l'histoire de l'Institut et à celle des premiers corps enseignants de la France. Dans le siècle dernier, un autre membre de l'Académie des sciences de Paris, le comte Marsigli de Bologne, accablé par la calomnie dans un pays étranger, fut injustement condamné à une peine infamante, et ne put jamais se faire réhabiliter par ses juges: il fut réhabilité par l'opinion, et il rentra dans son pays natal pour y vivre tranquille et honoré. La colère, les spoliations, les violences , tout cela est impuissant contre le sentiment de vérité et de justice qui tôt ou tard revient au cœur de ceux-là même qui l'ont le plus oublié. Ils sont bien dignes de pitié, ceux qui achètent une satisfaction passagère de leurs sentiments haineux au prix de la marque éternelle d'infamie 2 qui se grave au front des calomniateurs !

Réduit à repousser des ennemis qui, après avoir échoué dans des attaques ouvertes», ont repris leur

1 Voyez page 7.

* C'est là ce que dit M. Stem en parlant de mes ennemis. Voyez page 127.

ceuvre souterraine; forcé de répondre à des bruits d'après lesquels on voudrait me faire croire coupable, ' parce qu'on aurait, à ce qu'on prétend, trouvé dans ma bibliothèque plusieurs volumes portant l'estampille de quelque bibliothèque publique, j'ai dû montrer par des preuves matérielles que les livres, les manuscrits, les objets de toute nature provenant des établissements publics de la France se sont répandus partout et qu'il s'en trouve dans toutes les collections, dans tous les catalogues de vente, sans qu'on ait jamais songé à s'en formaliser. Comme, d'après les renseignements qui m'ont été fournis de Paris, certaines personnes, oubliant avec quelle facilité le Rapport de M. Boucly avait été renversé de fond en comble, semblent accueillir avec faveur les nouvelles insinuations qui se fixeraient plus spécialement sur des objetsayant appartenu à l'ancienne Bibliothèque royale et à l'Institut, j'ai dû m'occuper particulièrement de ces deux établissements, et démontrer, ce que d'ailleurs tant de personnes savent : 1 ° que les archives de I'l nstitut ont été mises au pillage *; 2° que tous ou presque tous les manuscrits sur vélin de la Bibliothèque de cet établissement ont été enlevés 2 depuis longtemps, sans que personne se soit jamais inquiété de rechercher ce qu'ils étaient devenus;- 3° que les collections de la Bibliothèque nationale ont été dépouillées d'une manière déplorable 3 . Ce sont les commissaires chargés de l'examen de mes collections, qui, par la nature des calomnies qu'ils ont mises en circulation, m'ont forcé de fournir de telles démonstrations. Je regrette d'avoir dû me défendre p^iy de semblables moyens , et il

1 Voyez page 41. ? voyez pag. 45, 55, 69-70, 136.

1 Voyez page 43.

me serait pénible d'être forcé de répondre à de nouvelles attaques par de nouvelles démonstrations. Les administrations qui se verraient mises en cause par ce genre de polémique ne devraient s'en prendre qu'aux personnes qui, dans le but de me nuire, auraient porté la discussion sur ce terrain.

Si je devais prêter l'oreille à certaines personnes qu'on est parvenu à intimider à l'aide de tout ce bruit soulevé contre moi, l'écrit que je vais mettre au jour serait de nature à susciter de nouveaux orages, et je me verrais à la veille de voir un soulèvement de magistrats et de bibliothécaires, irrités par les faits que je vais porter à la connaissance du public. Je repousse loin de moi ces craintes, qui sont encore l'œuvçe de mes ennemis. Ni la magistrature française, ni les administrations des diverses bibliothèques ne sont mises en cause par moi. Le pouvoir judiciaire a dû accepter en gémissant le concours passionné t de certains membres du Gouvernement provisoire, dont la conduite est aujourd'hui irrévocablement jugée, et qui, violant à mon égard toutes les règles de l'équité et de la justice, ont rendu, dès le commencement, si difficile, si pénible, la lâche des magistrats. Quant aux bibliothécaires, ne faisant que reproduire des faits généralement connus, qui pour la plupart datent de fort loin, et m' abstenant soigneusement de toute discussion personnelle, je ne saurais exciter le ressentiment que des gens intéressés à la continuation d'anciens abus. Or, il me faudrait des preuves bien évidentes, pour que je pusse croire que , dans l'espoir de cacher des pertes qui ne sont un secret pour personne, des hommes haut placés dans la science et parfaitement désintéressés dans la question s voulussent prêter les mains aux attaques dirigées contre moi. Il serait d'ailleurs étrange

que lorsque, sans jamais vouloir admettre aucune rectification, on a pu, depuis un an, répandre contre moi les calomnies les plus abominables, il ne me fut pas permis de me défendre en disant simplement la vérité. Je n'attaque pas, je ne juge pas : je raconte les fails, et j'espère qu'après avoir lu cet écrit, comme après avoir lu ma Réponse au Rapport de M. Boucly, on sera convaincu que je ne suis coupable que du crime énorme d'avoir toujours acheté beaucoup de livres, et d'avoir travaillé toute ma vie à former une grande bibliothèque.

En envoyant à M. de Falloux deux cent trois volumes qui proviennent la plupart des plus grands établissements publics de la France, ainsi qu'un nombre considérable de pièces autographes qui sont sorties des archives de l'Institut et de différents ministères, sans en excepter le ministère de l'instruction publique, je lui demande de nommer une Commission qui serait chargée d'examiner comment une telle masse d'objets, que j'ai achetés récemment de personnes connues, et dont les reçus détaillés sont joints à cet envoi, ont pu sortir des établissements auxquels ils appartenaient. Ces livres, ces autographes sont accompagnés d'un certain nombre de catalogues imprimés, dans lesquels se trouvent indiqués, pour la vente, d'autres objets semblables. En lisant ma Lettre à M. de Falloux, ainsi que les documents que j'ai placés à la suite, on se persuadera facilement de cette vérité, qu'il n'y a peut-être pas en France une seule collection publique de livres, de manuscrits, d'autographes, qui n'ait souffert de très-grandes dilapidations, et que les collections formées par les personnes les plus irréprochables contiennent des objets provenant des établissements publics. J'ignore si, malgré la masse de preu-

ves de fait que je soumets à M. de Falloux, j'obtiendrai qu'une Commission forte et impartiale soit appelée à examiner sérieusement cette affaire ; il serait assez singulier que, tandis que sans aucune preuve, et sous prétexte d'examiner mes collections, on me fait subir depuis un an une spoliation véritable, on ne voulût pas même m'accorder un examen des faits sur lesquels repose en réalité toute la question, et qui touchent aux intérêts les plus graves des sciences et des lettres.

En lisant ce qui va suivre, on verra qu'on veut me faire passer, à Paris , pour un contumax , et que des magistrats se sont plaints de la méfiance que, par mon éloignement, je témoignais contre la magistrature française \ Quant aux menaces qui m'ont fait quitter la France, on les trouvera exposées * dans ma lettre à M. de Falloux. Le secrétaire de la Société astronomique de Londres disait que » j'aurais été fou si j'étais resté dans un pays où le Rapport de M. Boucly avait pu servir de base à une enquête judiciaire. Je laisse à mes lecteurs le soin de juger si j'aurais montré une plus grande dose de sagesse, en rentrant dans un pays où l'enquête judiciaire suivait son cours au milieu des circonstances que je viens d'exposer. C'est uniquement sur ce Rapport de M. Boucly, accueilli de la manière qu'on va voir par toute l'Europe et , renié par ceux même qui en .ont fourni les éléments, que s'appuient encore, à l'heure qu'il est, toutes les mesures de rigueur prises contre moi. Si j'étais resté en France , non-seulement je serais depuis un an privé de ma liberté, mais de plus j'aurais été réduit au silence ; car les papiers qui ont déjà servi à

• Voyez page 28. * Voyez page 165.

» Voyez page 7.

ma justification m'auraient été enlevés et remis , comme ceux qu'on a saisis, à mes ennemis. La confiance ne s'impose pas, elle se gagne; et sans manquer de respect à la magistrature française, je puis chercher à me garantir de l'effet des funestes préoccupations auxquelles on s'est laissé entraîner, au moment d'une immense commotion politique. Je ne prendrai pas la liberté de dire, comme le faisait l'autre jour M. Pierre Leroux devant l'Assemblée Nationale, que, quand on ne peut pas frapper un homme politique directement, on le frappe indirectement , déloijalement : on lui fait des accusations de vol et d'escroquerie \ Mais il me sera permis, j'espère, de reproduire quelques remarquables paroles d'un homme qu'on n'a jamais accusé de témoigner une injuste méfiance envers la magistrature française :

« Qui ne sait » (disait M. Guizot, à une époque où les luttes politiques étaient loin d'avoir ce caractère passionné qu'elles ont pris depuis), « qui ne sait « la puissance des préoccupations de l'esprit humain ? a Quand une idée le possède, quand il s'acharne à « quelque projet , tout s'y rattache , tout en dépend ; « le plus faible lien , le rapport le plus éloigné , lui of- « frent l'apparence d'un incontestable et rigoureux « enchaînement. Voilà le pouvoir judiciaire lancé dans « un certain ordre de faits qui excitait sa méfiance : «hommes, actions, paroles , tout ce qu'il y apercevra « lui sera suspect. A défaut de faits particuliers, les. « soupçons seuls lui serviront de départ, le nom d'un « individu lui suffira pour qu'il dirige vers lui toutes « ses pensées. Je ne suppose aucune intention per- « verse : je décris le cours naturel d'un égarement. »

1 Voyez le Journal des Débats du 32 février 1849.

Rien n'est plus loin de mon esprit, que la pensée de mettre en doute les lumières et l'impartialité de la magistrature française. Qu'on se rappelle ce qui a donné naissance au Rapport de AI. Boucly, et l'on verra qu'à la première annonce des calomnies répandues contre moi, j'ai voulu traduire devant les tribunaux les gens qui m'attaquaient dans l'ombre, et que c'est à ces mêmes magistrat:, , pour lesquels on m'accuse aujourd'hui de ne pas avoir assez de vénération , que j'ai voulu confier le soin de venger mon honneur. Cela se passait avant la révolution de Février, et je n'avais pas à craindre alors de voir un gouvernement révolutionnaire venir se jeter dans un des plateaux de la balance et employer le Moniteur pour me diffamer.

Qu'on me permette de le dire, la question est trèssimple. Depuis un an , j'ai été officiellement accusé d'avoir dérobé trente mille volumes aux bibliothèques publiques de la France; depuis un an, ma bibliothèque, mes papiers, tous les éléments d'information, ont été saisis et remis à une Commission qui certes ne manque pas de bonne volonté, et pourtant on n'a pas encore pu produire UN SEUL FAIT POSITIF contre moi. Des insinuations, des bruits, des calomnies, on en a répandu par milliers; mais les faits, où sont les faits? Est-ce que le temps aurait manqué pour découvrir les preuves d'un crime qu'on disait si connu, si bien constaté? Quelles preuves avait-on l'année dernière pour m'accuser de crimes si odieux 9 puisqu'on ne donne pas encore aujourd'hui l'ombre même d'une preuve?

On verra plus loin que certains journaux ont reconnu avoir accueilli sans aucun fondement les accusations portées contre moi *. N'est-ce pas là une preuve

1 Voyez page 305.

qu'il y avait des gens intéressés à me nuire, colportant sous le manteau les calomnies (|ui ont (ait explosion après la révolution de Février? Aurait-on fait d ailleurs toute cette fantasmagorie, tout ce fracas, si l'on avait eu des preuves? Est-ce ainsi qu'on cherche la vérité? Les accusations dirigées contre moi jouissent-elles donc du privilège de n'avoir pas besoin delre prouvées? Je ne crains pas de l'affirmer, maigre les preuves que je donne, malgré les documents que je publie, dans quelques années, personne ne voudra croire qu'une affaire de cette gravité ait pu être traitée avec si peu de réflexion.

Au reste, tout annonce que cette persécution touche à son terme. Les œuvres du Gouvernement provisoire commencent à être jugées comme elles le méritent. L'intimidation exercée à mon détriment ne survivra pas au pouvoir de mes ennemis. Je suis informé que des magistrats intègres, qu'on avait pu prévenir un moment contre moi, ont compris que j'étais devenu la victime des plus mauvaises passions, et que j'avais été calomnié comme tout le monde l'a été en France dans ces derniers temps. Encore un pas, et la vérité se montrera dans tout son éclat; il ne faut pour cela qu'examiner les faits, et opposer aux calomnies anonymes dont je suis poursuivi les déclarations publiques des hommes éminents qui ont pris ma défense. Malgré tout ce qu'on m'a fait souffrir, j'ai encore trop à cœur le bonheur de la France, pour ne pas désirer vivement que toutes les affaires reprennent dans ce grand pays leur cours régulier. Je serai heureux le jour où je verrai se dissiper ce funeste nuage qui semble obscurcir les esprits en ce qui me concerne. Je ne négligerai rien pour détruire les préventions conçues contre moi, et je saisirai le premier indice d'un

changement véritable dans la conduite de l'autoril mon égard, pour donner à la justice tous les éclair sements, toutes les satisfactions qu'elle pourrait d rer. Mais si malheureusement ce bonheur m'était fusé, je me contenterais de raconter les faits à mes qu'ils se développeraient , et je léguerais à des ter plus heureux le soin de venger une grande erre une déplorable injustice. Qu'on n'attende pas de i que je m'attache à des questions mesquines et sut ternes. On pourra me dépouiller définitivement . tous mes biens, on pourra rayer mon nom des li où il figurait; mais ce n'est pas moi qui risque le; j gros enjeu. Où je n'aurai laissé que ma fortune, d' très laisseront quelque chose de plus précieux.

Londres , le 19 mars 1849.

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