CONDORCET
Messieurs,
La faveur signalée que vous m'avez faite, en me choisissant pour remplir une place dans votre célèbre Compagnie, me pénètre autant qu'elle m'honore. Moins j'avais de titres pour aspirer à une distinction si flatteuse, plus je dois sentir le prix de vos bontés et plus je dois faire d'efforts pour les mériter. Ma passion pour les sciences et mon attachement pour vous, à qui elles doivent leurs principaux progrès, sont sans doute les seuls motifs qui vous aient engagés à jeter les yeux sur moi et à m'accorder vos suffrages; et je regarde l'honneur que je viens de recevoir, moins comme une récompense que comme un encouragement. Heureux si je puis, par mes travaux, répondre à vos intentions et justifier votre choix!
Puisse, Messieurs, l'hommage sincère et vrai, que je vous fais ici de mes sentiments, satisfaire en quelque manière au de-
r que la reconnaissance m'impose en ce moment ; je vous >plîe de le recevoir du moins comme un gage du zèle que irai toute ma vie pour la gloire de votre illustre corps, à ladite celle des sciences est inséparablement attachée. Je suis, avec un profond respect, Messieurs,
Yotre très-humble et très-obéissant serviteur, De la Grange.
A Berlin, ce 29 juin 1772.
Extrait du Catalogue imprimé de la vente des autographes de Madame la marquise de Dolomieu, vente qui a en lieu le 15 mai 1843, à Paris 1 .
66. Cabanis (Jean-Pierre-George), médecin, philosophe et littérateur. N. 1757, M. 1818.
L. aut. sig. au président de l'Institut. D'Auteuil, ce 19 floréal an IX, 1 page in-4°, cachet.
69. Cambacérès (J.-Jacq. -Régis), archichancelier de l'Empire. N. 1753, M. 1824.
Aux membres de l'Institut national. Paris, 7 vendémiaire an IX. L. S., 2 pages in-4°.
On y a joint un fragmentant, de. 4 pages in-8° obi.
86. Chaptal (le comte Jean-Antoine), chimiste. N. 1756, M. 1832.
Manuscrit aut. du 16 fructidor an VI... 8 pages in-4°.
1 Dans cet extrait, comme dans ceux qui suivent , j'ai reproduit fidèlement les catalogues imprimés avec les numéros que portent, dans ce catalogue, les pièces dont il s'agit. Tous ces catalogues imprimés ont été adressés à M. le ministre de l'instruction publique avec les autres documents. Sur les vingt pièces que je donne dans cet extrait du catalogue de madame la marquise de Dolomieu, dixneuf appartiennent évidemment à l'Institut, et doivent être sorties des archives de cet établissement. J'ignore si la délibération du numéro 203 sort des archives de l'Académie des beaux-arts ou des archives de l'Opéra. Ce même catalogue contient beaucoup d'autres pièces qui sont sorties de divers établissements publics, mais je ne les signale pas ici, voulant me borner aujourd'hui, à l'égard de ce catalogue, à ce qui concerne l'Institut. J'ai déjà déclaré (page 41) que je ne citais ce catalogue et les autres catalogues dont on trouvera des extraits dans la suite, que pour montrer que des pièces sorties des établissements publics de France, avaient été mises en vente par des personnes dont, avec la meilleure volonté du monde, il serait impossible de mettre la probité en doute. J'ajouterai que, d'après les catalogues imprimés, on ne peut juger de l'origine de certaines pièces que lorsque les indications fournies dans ce catalogue sont suflisantes. Dans un grand nombre de cas, le nom seul de l'écrivain est indiqué dans la description imprimée , et il faudrait connaître au moins le nom de celui auquel la lettre a été adressée pour savoir si elle a pu appartenir à quelque établissement de l'Etat ou sortir des archives de quelque administration * publique. Cela s'applique surtout aux catalogues où, comme dans celui .de madame la marquise de Dolomieu, déjà cité, dans celui de M. Collier de Beaubois, dont il sera fait mention plus loin, et dans une foule d'autres , il se trouve des lots nombreux sous les titres génériques de Académiciens (ou Académies), Htstoriens, maréchaux de France, marins, ministres, Missionnaires, Rcns, Reines, Souverains étrangers, etc., etc., et sous le titre encore plus indéterminé de Divers qu'on voit plusieurs fois répété dans le. catalogue publié par M. Techener des autographes de M. Aimé-Martin (vente du 21 février \SA8). Sous ces dénominations, on a rassemblé des multitudes de pièces sans indications suffisantes. Si on avait les pièces sous les yeux, il serait possible de reconnaître la présence d'un nombre plus considérable encore d'autographes sortis des établissements publics et au sujet desquels on ne peut rien afiirmer dans l'état actuel de ces divers catalogues. Cependant, encore une fois, outre les extraits qu'on va lire, ces catalogues pourraient me fournir d'autres remarques plus curieuses que je réserve pour une meilleure occasion. J'ajouterai que L. signifie Lettre ; Aut. Autographe; Sig. Signée : R.Né: M. mort. 11 faut remarquer que les numéros 86, 125, 150, 205, 221 , 270, 371 , 507 sont des lots, et que les pièces qu'ils renferment ne proviennent pas toutes des archives de l'Institut. Dans quelques-uns de ces lots se trouvent des Mémoires autographes lus devant les différentes Académies.
Observations sur les différences qui existent entre l'acide aeéteux et l'acide acétique.