‹ Lettre à M. de Falloux, ministre de l'instruction publique et des cultesChapitre 64 sur 65 · A M. GUILLAUME LIBRI · texte numérisé non relu

A M. GUILLAUME LIBRI

Paris, 25 avril 1849.

Je viens de lire avec le plus vif intérêt, mon cher ami, ce nouveau Mémoire justificatif, qui va détruire de fond en comble le nouveau système d'accusation que vos ennemis essayent encore dans l'ombre de bâtir contre vous. Il ne restait plus rien du trop fameux Rapport Boucly, après votre première Réponse. Vous avez bien fait de foudroyer par avance le Rapport moins naïf et plus perfide encore que la Haine, la Prévention et l'Ignorance (ces trois experts jurés qu'on retrouve dans les meilleures caus ses) préparent en silence pour vous perdre:

Vous avez bien fait d'en appeler à l'opinion publique.

Et maintenant ayez foi dans le bon sens des juges, ayez confiance dans la loyauté de la magistrature.

Votre tâche est finie ; la mienne, celle de votre frère d'armes en bibliographie, va commencer.

C'est à moi dorénavant de descendre pour vous sur le lorrain de la discussion, et de combattre face à face, en plein soleil, les odieux et ridicules adversaires qui voudraient vous attaquer avec l'arme de la calomnie savante. Je suis fort de votre innocence, mais je suis fort aussi de ma conscience qui se révoltera toujours contre les choses basses et honteuses.

J'espère que le jour de la justice est proche ; celui de la réparation ne se fera pas attendre.

Courage donc, mon ami : ne succombez pas à la maladie et au chagrin qui vous minent depuis quatorze mois: vous verrez bientôt la fin des persécutions que vous avez dénoncées à tous les honnêtes gens. Mais si la fatalité, qui vous a déjà laal frappé, voulait que vous ne fussiez pas témoin du triomphe de la cause la plus juste et la moins douteuse; je poursuivrai, moi, pendant ma vie entière, l'œuvre sacrée de votre réhabilitation, et mon dernier cri de joie serait celui de Voltaire à son lit de mort : Lally est réhabilite.

Paul LACROIX

(Bibliophile Jacob).

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