ADDITIONS DE L'ÉDITEUR
Au moment de mettre sous presse , l'éditeur de ce Mémoire a reçu la lettre suivante qu'il croit utile de publier , pour rendre hommage à la vérité et dans l'intérêt de la justice même, ^ux faits signalés dans cette lettre, l'éditeur pourrait en ajouter d'autres qui sont à sa connaissance personnelle ; mais , au surplus , son témoignage n'ajouterait rien à la notoriété touchant la générosité et la bienfaisance de M. Libri. Qu'on fasse appel aux souvenirs de tous ceux qui ont eu l'honneur de le connaître ; s'il est une seule de ces personnes qui puisse mettre <f accord ce qu'il a vu et ce qu'il sait avec le caractère que l'accusation doit supposer, il peut renoncer à croire à toute probité et à tout dévouement. M. Libri n'est pas seulement généreux et bienfaisaut, il a le goût ingénieux et la passion de ces vertus.
PAULIN, libraire-éditeur.
20 avril 1840.
Monsieur l'éditeur,
Ayant appris que vous devez faire paraître une nouvelle publication de M. Libri, permettez que je vous signale quelques faits à ma connaissance personnelle ; ils sont honorables pour M. Libri, et de nature à faire mieux comprendre l'absurdité des bruits et des insinuations malignes répandues contre lui.
Après la tentative révolutionnaire de Rimini en 1845, des centaines de Romagnols furent obligés de se réfugier en France. Je fis en: sorte, avec M. le comte Mamiani, de recueillir des fonds pour venir au secours de ces exilés. Je m'adressai d'abord à M. Libri, dont la bienfaisance m'était connue. Ce savant compatriote, bien que n'approuvant pas les tentatives de révolutions violentes, s'empressa cependant de secourir fraternellement les Italiens que le mouvement de la Romagne jetait sur le sol français. Il ouvrit le premier, dans le Journal des Débats, une liste de souscription en s'inscrivant lui-même pour la somme de 600 fr., ainsi qu'on peut le voir par sa lettre insérée dans celte feuille lé 23 novembre 1845 '.
1 Voici cette lettre :
« Monsieur,
« Eu reproduisant dans votre numéro d'aujourd'hui l'article dans lequel le Journal de l'Indre fait un appel en faveur des cinquante réfugiés italiens arrivés récemment à Ghâtcauroux , vous avez eu. une excellente pensée dont , pour ma part, je viens vous remercier vivement. Veuillez, je vous prie, compléter votre œuvre en ouvrant les eoloniïjj|de votre journal aux personnes qui s'intéressent
M. Libri ne se montrait pas généreux seulement envers des Italiens. J'ai entendu raconter plusieurs actes de bienfaisance exercés aussi envers des Français; entre autres, M. Libri a donné plusieurs centaines de francs pour un établissement de bienfaisance dans le quartier Notre- Dame- de- LoreLLe, que j'habite. La Réponse de M. Libri au Rapport de M. Bouc! y nous apprend d'ailleurs les dons considérables qu'il a faits en livres à plusieurs bibliothèques de France. Un sentiment de justice m'a porté à rappeler les fails que je viens de citer en fa?eur de M. Libri , et vous rendrez hommage à la vérité en les répétant.
Je vous prie, monsieur, de vouloir bien agréer l'assurance, etc.
P. Canuti.
aux souffrances de ces infortunés. Dépourvus de ressources, arrivant, à l'entré* de l'hiver, daus un pays dont le climat doit leur paraître fort rigoureux , ignorant pour la plupart la langue et les habitudes des populations au milieu desquelles ils se trouvent subitement transplantés* leur suri serait bien à plaindre s'ils ne pouvaient compter sur cette noble hospitalité française qui n'a jamais fait défaut aux malheureux. Satisfaire aux premières nécessités du uniment , procurer des moyens de travail et d'instruction à ceux qui en auraient besoin , voilà ce qu'il est urgent de filtre, voilà ce qu'on obtiendra facilement, si r dans lés Yllles qui servent de dépôt aux réfugiés italiens , les citoyens les plus honorables veulent s'entendre » non pas dans une pensée de parti , mai» dans une œuvre de bienfaisance , et si „ comme le commande la véritable charité* ï\% cousentent à donner aux émigrés une partie de leur temps el de leurs soins, choses souvent plus utiles que l'argent,
« Il serait nécessaire que le Journal de l'Indre voulut indiquer an banquier à Paris qui put réunir les dons des souscripteurs . et les transmettre aux Comitéi locaux chargés de l'emploi des fonds ; mais, tout en répondant à rappel l'ail par ce journal , il est impossible d'oublier que les mêmes causes politiques viennent d'amener dans d'autres ville* de France d'autres réfugiés italiens dont la position n'est pas moins digne il intérêt. Il semble donc que la souscription à laquelle je vous prie , monsieur, d'accorder voire utile et bienveillant concours, devrait avoir pour but de soulager l'infortune de tous les émigrés italiens que les derniers événements de In Romagne ont amenés ou peuvent amener encore eu France. Pour prévenir toute discussion a ee sujet, je proposerais d'appliquer anx réfugiés de Chàteauroux la moitié des sommes qui seraient souscrites, et de réserver le restant pour les autres Italiens que les mêmes circonstances ont forcés de quitter leur patrie.
« C'est par suite de cette proposition, monsieur, que je viens souscrire pour 300 francs destinés aux réfugiés italiens à Chàteauroux, gardant eu réserve pareille somme que je ferai parvenir à leurs compagnons d'infortune, lorsque , dans les localités où ils pourraient se trouve!*; Use sera formé des Comités chargés de distribuer les secours, et dirigea par des personnes notables du pays.
« Recevez, etc.,