‹ Lettre à M. le duc de Blacas d'Aulps,... sur le nouveau système hiéroglyphique de MM. Spohn et SeyffarthChapitre 2 sur 2 · Des caractères phonétiques ou représentant des sons · texte numérisé non relu

Des caractères phonétiques ou représentant des sons

Les anciens Auteurs grecs et particulièrement Clément d'Alexandrie (i), celui de tous qui a donné le détail le plus circonstantié sur le système des écritures égyptiennes, nous apprennent

(i) Slromatcs Liv. V §. 4.

en effet que récriture hiéroglyphique procédait de trois manières;

i.° Par le moyen des lettres, c'est à dire, par l'expression des mots, $ik ruv Tpurœv aro/^e/wv = ce sont les caractères phonétiques de mon système =.

2. 0 Par Ximitation même de l'objet à exprimer, kotûl (ufxfifftv = ce sont les caractères figuratifs de mon système =.

3.° Tropiquement par symboles et énigmes , TpoTtKÙç itctric thclç ctmyiJLovç = ce sont les caractères symboliques de mon système =.

Mes premiers résultats généraux, obtenus par le seul examen comparatif des monuments , sont donc parfaitement d'accord avec ce que l'Antiquité classique nous a unanimement transmis sur cette matière.

Le système de M. r Seyffarth est au contraire sur ce point fondamental, en opposition directe soit avec le Monuments, soit avec les Auteurs.

i.° Le Savant allemand n'admet point, en effet, dés caractères figuratifs dans les textes hiéroglyphiques (i); mais en récusant sans motif l'assertion de anciens Auteurs à cet égard, comment n'a-t-il point reconnu l'existence réelle de ces caractères sur les Monuments qu'il a pu étudier ! la copie qu'il possédait de l'Inscription hiéroglyphique de Rosette ( inscription sur laquelle il as-

(j) Rudiuictila hicroglyphiccs §. 35. cl Note 107.

sure avor fondé son système ) était donc bien inexacte, puisqu'il n'a point apperçu les caractères figuratifs: froment (ligne 4-) temple (lignes 4-9- 11 etc - ) enfant ( ligne 5 ) Prêtre et Prêtres (lignes 5. 12 deux fois et i3) 1 mage ( ligne 6 ) Images ( ligne 7 ) Statue ( ligne 8 deux fois ) Chapelle ( ligne 8 trois fois, ligne 9 deux fois ) Aspic ( ligne 9 ) Pschent ( ligne 9 deux fois ) Tetragone ( ligne 9 ) Phylactère (ligne g) Homme ( ligne i3 ) et Stèle ( ligne i4 ); caractères-images qui se présentent dans les parties du texte hiéroglyphique correspondantes à celles du texte grec où sont précisément mentionnés des objets semblables. J'ajoute à ces faits décisifs qu'il n'est point de Manuscrits, qu'il n'est point un seul parmi les milliers de bas-réliefs égyptiens existans en Europe ou aillieurs, dans les légendes hiéroglyphiques des quels il ne soit facile de montrer des caractères figuratifs en abondance ; ce genre de caractères existe donc dans l'écriture hiéroglyphique quoique MM. Spolin et Seyffarth ne les y aient point remarqués.

2. 0 Ces Savants ne réconnaissent point non plus l'existence des caractères symboliques , énigmatiques ou tropiques dans les textes hiéroglyphiques. J'avoue que sur ce point, je n'ai pu me défendre d'un profond étonnement en voyant contredire d'une manière formelle et sans aucune espèce de preuve, un fait que toute l'Antiquité classique s'est accordée à attester, et que

confirme l'étude même la plus superficielle des • monuments égyptiens: Diodore de Sicile, Plutarque, Clément d'Alexandrie, Eusébe, Porphyre, Jamblique, Ammien Marcellin, et une foule d'autres auteurs , parlent non seulement des caractères symboliques de l'écriture égyptienne, mais en citent même un très-grand nombre dont ils donnent l'explication et que nous retrouvons sur les Monuments originaux avec une valeur évidemment analogue. De plus nous possédons, dans l'ouvrage d'Horapollon, la traduction même d'un livre écrit par un ancien égyptien , dans le but formel d'expliquer une très-longue série de caractères symboliques appartenants à l'écriture hiéroglyphique égyptienne. Est-il permis de balancer un seul instant? d'un côté, les Auteurs classiques et les Monuments qui affirment et démontrent l'existence des signes symboliques dans l'écriture sacrée des Egyptiens; de l'autre MM. Spohn et Seyffarth qui prétendent nier systématiquement l'existence de cet ordre de caractères sans produire le moindre fait à l'appui d'une telle assertion. Je m'étonnerai enfin que M. r Seyffarth n'ait point vu dans l'inscription de Rosette les mots du texte grec or, argent, biens, bon, puissance , nom , Egypte , Panegyrie , Dieu , vie , vivant , jour , mois, année, écriture etc. etc. rendus dans les parties correspondantes du texte hiéroglyphique par des caractères isolés et bien évidemment symboliques.

3.° Suivant les mêmes Savants récriture hiéroglyphique se compose uniquement de earactères-lettres , c'est à dire, de signes qui pris individuellement réprésentent un son; tout hiéroglyphe est phonétique selon MM. Spohn et Seyfïarth qui ne voient qu une écriture toute alpliabetique dans l'ancienne écriture sacrée 'des Égyptiens. Cette opinion est à la fois contraire, comm'on vient de le voir, et aux Monuments et aux Auteurs qui s'accordent à signaler, dans l'écriture hiéroglyphique égyptienne, trois sortes de caractères, les uns figuratifs, les autres symboliques y d'autres enfin phonétiques.

J'ose me flatter d'avoir démontré, le premier, l'existence d'un certain nombre de caractères phonétiques dans le système hiéroglyphique égyptien; mais je me suis bien gardé de trop généraliser ma découverte; j'en ai restreint l'application dans les limites que les Monuments tracent eux mêmes. Mon alphabet, publié depuis plus de quatre ans, a reçu et reçoit tous les jours de nouvelles confirmations , soit par les inscriptions bilingues que l'on découvre en Egypte, soit par les heureuses applications que vient d'en faire aux grands Monuments de l'Egypte M* H. Sait consul général de S. M. Britannique au Caire, lequel, avant cette expérience, qu'il a eu la noble sincérité de rendre publique (i), s'était absolu-

(1) Essaj on D.r Young and M. Champollion's phonetic sj stcm of hierogljphics. Londres 1826 chez Valpy in 8 °.

ment prononcé contre mon système. Le succès des mes recherches est dû entièrement à la loi que je me suis faite en poursuivant des études aussi semées d'illusions, de ne marcher qu'avec des faits matériels , d'établir sur eux mes convictions et de les exposer ensuite clairement pour convaincre les autres. Ainsi par exemple mon alphabet est fondé sur la comparaison des noms propres Ptolémée et Cléopdtre écrits en hiéroglyphes , noms propres qui sont sans aucun doute ceux de ces deux personnages, ainsi que le démontraient préalablement les trois textes de l'inscription de Rosette et l'inscription grecque gradée sur la base de l'Obélisque égyptien de Philae. Au moyen des lettres hiéroglyphiques , dont ces deux noms me donnaient la valeur certaine, j'ai eu le facilité de retrouver sur les Monuments les noms hiéroglyphiques de tous les rois Grecs et de toutes le reines Grecques d'Egypte, ainsi que les légendes variées de quatorze Empereurs Romains; c'est par le moyen de ces noms, qui se controllent les uns par les autres que j'ai complété avec pleine certitude mon alphabet hiéroglyphique. Il ne compte au plus que 120 caractères véritablement distincts de forme. Mon alphabet répose enfin sur une base solide puisque il est possible de démontrer rigoureusement ( et je l'ai fait) la valeur de chacun des éléments qui le composent (1).

(1) M.' SeyfFarth voulant eu peu de lignes (Page 8 et

Quoique le système de M. r SeyfFarth n'admette, dans les écritures égyptiennes, que des signes purement alphabétiques l'on chercherait vainement dans ses ouvrages d'après quelles données, d'après quel fait démonstratif il offre à notre croyance, (et l'expression n'est point forcée) un immense Tableau renfermant l'alphabet d'un peuple, composé, à son avis (i), de 6000 caractères ! ! Ce nombre paraîtra du reste fort raisonnable si nous considérons que M. r Spohn a voulu démontrer par une formule algébrique la possibilité que le total des lettres alphabétiques égyptiennes, tant hiéroglyphiques que hiératiques,

Note 10 de «on ouvrage ) mettre en e'vidence l'incertitude : ou plutôt le peu de fondement de mon Alphabet hiéroglyphique, se contente , pour toute démonstration , de faire remarquer que dans le nom propre de Cléopdtre , ]n donne au caractère semblable à une feuille ou plume la valeur E; tandis que je donne , dit-il , a ce même signe la valeur T dans le mot ALEK- SANTROS (Alexandre): cela peut en effet paraître vrai en s'en rapportant à la Gravure de ces deux noms-propres donnée dans la Planche I, n.° 28 de M. r Scyffarlh ; mais eu croyant copier exactement le nom hiéroglyphique d'Alexandre tel qu'il est dans ma Lettre à M. r Dacier ou dans nom précis du sjstème hiéroglyphique, le Savant allemand a omis, par inadvertance, le signe qui figure une main , le seul caractère auquel, dans ce nom propre, j'aye attribué la valeur T. L'objection tombe donc d'elle même; et si M. r Seyffarth eut voulu recourir tout simple» ment à mes Alphabets hiéroglyphiques publiés dans le deux ouvrages précités il se serait convaincu que je n'ai jamais donué à la feuille la valeur d'un T.

(1) Rudimcnta hieroglyphices pag. 17.

s'elévat a 676000!! (1) . . . Heureusement qu'une formule algébrique ne suffit pas , en matière de bonne érudition, pour établir en point de fait un assertion contraire au bon sens. Mais il ne s'agit ici , seulement, que des 6000 caractères alphabétiques de M.* Seyffarth.

Je répéterai à cette occasion ce que j'ai dit ailleurs : le nombre très-considérable de monuments égyptiens originaux que j'ai été à même d'étudier, depuis quinze ans, dans les Musées ou les collections de la France et de l'Italie, ne m'ont fourni tout au plus que huit à neuf cents caractères hiéroglyphiques véritablement distincts de forme. On se demandera donc , comment il a pu arriver que MM. Spohn et Seyffarth qui ne connaissaient ni les collections de France ni celles d'Italie et , probablement, fort peu d'entre celles que renferme l'Allemagne , se soient exagéré à ce point le nombre des signes de l'écriture égyptienne. On conçoit tout aussi difficilement comment M.r Seyffarth peut nous présenter a la fin de son ouvrage une si énorme série de prétendus caractères alphabétiques égyptiens. Il est possible que ce tableau colossal ait prévenu beaucoup de personnes en faveur du nouveau système ; j'avoue que c'est un chef-d'-œuvre de patience, mais à coup sur ce n'en est pas un d'exactitude ni de fidélité; je ne crains point de

(1) Idem pag. 18. noie 44'

dire en effet, i .° que les trois quarts , au moins , des signes gravés et expliqués dans ce tableau , n'ont jamais existé en réalité sur aucun monument égyptien original ; 2. 0 queles monuments originaux offrent habituellement un très-grande nombre de signes qu on chercherait vainement dans l'immense alphabet de M.* Seyffarth.

Mais tout ceci s'explique aisément: les deux Savants allemands ont eu le malheur de travailler

au déchiffrement des écritures égyptiennes, non d'après des textes originaux inscrits sur des stèles, des Momies, des bas-reliefs, des papyrus etc. etc. mais seulement d'après des dessins et des gravures d'inscriptions exécutés en Europe par des artistes qui , pour la plupart , n'exprimaint point ce qui se trouvait réellement sur les originaux qu'ils voulaient copier, mais seulement ce que leus yeux inhabiles croyaient y appercevoir. De là ce nombre si extraordinaire de prétendus signes hiéroglyphiques qui ne sont au fond que des erreurs ou des créations involontaires des dessinateurs et des graveurs modernes. H y a même plus:.M. r Seyffarth respectant jusques au moindre petit trait des caractères reproduits sur ces gravures, en a pris occasion d'y reconnaître ou un nouveau signe ou une décomposition de signes, soit des marques d'un changement de valeur qu'il a nommées lignes diacritiques (i), soit

(i) Rudim. hier. $. 9. pag. 17.

enfin de simples ornements , car ce Savant reconnaît des lettres ornées (i) même dans l'écriture Démotique dont le nombre des signes se trouve presque décuplé à l'aide de ces variations ou distinctions tout à fait imaginaires.

Il me parait, donc évident, Monsieur le Duc, qu'un système établi sur des bases aussi ruineuses ne pouvait conduire qu'à des résultats contraires au vrai, et, si non nuisibles, du moins inutiles pour la science. La fâcheuse expérience qui a été faite de ce système par ses auteurs eux-mêmes , sur le manuscrit égyptien de Paris , dont ils ignoraient qu'il existât une traduction grecque, nous donne la juste mesure de la confiance que nous devons accorder à toutes les autres traductions tentées au moyen de cette même méthode.

Le système de MM. Spohn et SeyfTarth qui, comme on a pu le voir, est en opposition formelle avec l'autorité historique, et qui est pour ainsi dire étranger aux monuments égyptiens, puisqu'il expliquerait un nombre très considérable de signes que ces monuments n'ont jamais présenté, se trouve, outre cela, en contradiction avec la marche naturelle des choses dans tous les lieux et dans tous les temps :

Est-il croyable en effet qu'un peuple ait pu consentir à faire usage d'un sj stènie alphabétique composé de 6000 lettres ? Conçoit-on qu'un

(1) Idem pag. 18.

enfant dût classer dans sa mémoire plus de 200 signes arbitraires, avant que de pouvoir peindre, commodément un seul des 2.5 sons ou articulations de sa langue parlée?

Malheureusement M. r Seyffarth pousse encore plus loin l'invraisemblance , puisque , non content de l'énorme alphabet de 6000 caractères il est réduit, pour mettre un certain accord dans ce qu'il nomme ses transcriptions des textes égyptiens, à supposer encore qu'aucun signe, parmi ces milliers de caractères, n'avait une valeur fixe , mais que chacun était susceptible d'exprimer deux, quatre, et jusques à six lettres différentes (1). Quel Dédale sans fin! ... Quel Labyrinthe inextricable ! La lecture d'un texte

écrit suivant cette méthode n'aurait pu être qu'une divination continuelle. Un système appuyé sur de telles suppositions est condamné d'avance par le fait de l'impossibilité absolue de son existence.

Toute fois consentons à croire possible ce qui ne l'est point ; admettons avec l'Auteur les principes fondamentaux de son système, et voyons ce que produira son application aux textes égyptiens.

Si le système de M. r Seyffarth est fondé en raison , la transcription d'un texte hiéroglyphique au moyen du nouvel alphabet , doit pro-

(1) Rudiin. hierogl. §. i5. pag. a3. et *4«

duire nécessairement ( puisque tout est alphabétique selon ce savant) des mots, des phrases et des périodes propres à la langue égyptienne et disposés suivant les règles grammaticales de cette langue:

Or , il est démontré que la plus grande partie des mots de l'ancienne langue Égyptienne sont conservés dans la langue nommée Copte, laquelle n est que Fancienne langue égyptienne écrite avec des lettres grecques et entremêlée d'un certain nombre de mots grecs, introduits par la fréquentation mutuelle des deux peuples , mais soumis aux règles de la grammaire égyptienne. La lecture des textes égyptiens d'après la méthode du Savant allemand, si elle est la véritable, doit donc produire des mots et des phrases, si non absolument identiques , du moins infiniment rapprochés de la langue Copte:

Mais c'est ce qui n'arrive point. Si les Savants qui ont une véritable connaissance de la langue Copte examinent les transcriptions de M. r Seyffarth , ils s'appercevront, dès la lecture de la première ligne, qu'il n'y a dans tout cela, ni syntaxe égyptienne, ni formes grammaticales égyptiennes, ni mots égyptiens , à moins qu'ils ne consentent à considérer, par exemple les mots Ho, Noo, Oui, Qalou, Nocococ, Oucha, Tliebich etc. etc. etc., que M. r Seyffarth a cru lire dans les textes égyptiens, comme identiques avec les mots véritablement Coptes Ahi , ( la Vie ) Nouté ( Dieu ) Ouo/i

(Ajouter) SchlU ( Sacrifice) Nischeoui (les Autels) Ouèb ( Prêtre ) Ouoteb ( Libation ) que le Savant allemand cite pour justifier sa traduction. On verra enfin que ce n est même qu'à force de suppositions et de changements arbitraires de valeur dans les caractères , que M. r Seyffarth parvient â produire péniblement de tels mots, qui n'appartiennent à aucune langue connue et dont cependant il nous donne la signification.

Les personnes qui sachant le Copte ont fait de mon système un étude raisonnée, rémarqueront , au contraire , que dans mes divers ouvrages, l'application de mon alphabet formé de signes dont la valeur est à la fois fixe et démontrée par des faits palpa bles , étant faite aux parties des textes hiéroglyphiques ou se trovent des caractères de son , on obtient toujours des mots parfaitement identiques aux mots Coptes que le sens général de l'inscription exige à cette même place. C'est ainsi que dans mon Précis du système graphique égyptien j'ai constaté, dans les textes hiéroglyphiques, l'existence de la plupart des monosyllabes ou des dissyllabes qui dans le Copte expriment les modifications grammaticales. Ainsi que celle d'une foule des mots soit noms, pronoms, verbes, adjectifs, prépositions et conjonctions qui se retrouvent dans le Copte ; j'ai lu, de plus, sur les Monuments, les noms de la plupart des Dieux égyptiens tels que les anciens Grecs nous les ont conservés , noms propres toujours

( ai )

écrits hiéroglyphiquement d'une manière fixe et invariable au point que je ne me suis jamais vu dans la nécessité de supposer, comme a dû forcement le faire M. r Seyffarth, que le nom d'Osiris par exemple, se trouvâit, dans un seul et même texte de sept petites colonnes, écrit de cinq manières différentes savoir : Osàraz, Osr 9 Osâr, Otzar, et enfin Osâiraz (i).

Tels sont, Monsieur le Duc; les différences i 01 ici a nue n taies qui distinguent le système de M. r Seyffarth de celui que j'ai proposé moi-même antérieurement. Mon travail est étayé sur des faits matériels ; celui du Savant allemand ne repose que sur une suite de suppositions. Aussi les résultats déjà obtenus des nombreuses applications de mon système, ont ils déjà enrichi l'histoire de

(i) Rudim. hier. Spécimen 1. p. 47. et suiv. M.' Seyffarth a pris pour le nom d'OstWs^un groupe qui exprime un simple litre ordinairement place après les noms propres des individus de tout sexe et de tout âge , comme on peut s'en convaincre rn jet tant les yeux sur une stèle funéraire quelconque. Au reste Je Savant allemand assure (Voyez son petit Glossaire) avoir trouvé le nom d'Osiris c'erit de 21 manières différentes. Quant/au nom vc'ritable d'Osiris forme' hie'roglyphiquement de l'œil, du ihroiie et du caractère d'espèce Dieu t M.J Seyffarth en fait le mot Kma c'est à dire, VEgjple; et je demanderai a cette occasion pourquoi ce nom prétendu de VEgyple ne parait point dans le texte hiéroglyphique de l'Inscription de Rosette, quoi» que le mot Eçjpte se home reprtc, dans le texte grec, un très grand nombre de l'ois. Cela ne prou\ erait-il point que le Savant fillemand se méprend sur la valeur de ce groupe comme sur celle

de tant d'autre*?

plusieurs siècles de certitudes en mêmetems qu'ils éclaircissent chaque jour d'avantage le système religieux de l'ancienne Egypte , conception immense qui renferme la source originale d'une très-grande partie des croyances religeuses et des systèmes philosophiques adoptés par les anciennes nations de l'Occident. C'est par de tels fruits que j'ai la satisfaction de voir légitimer les encouragements que l'un des premiers corps littéraire de l'Europe a donnés à mes travaux et le jugement approbateur qu'en ont publiquement porté des hommes dont le monde savant respecte les décisions à de si justes titres. C'est ainsi que je suis heureux de voir justifier, en partie, l'actif et constant intérêt que Vôtre Excellence n'a cessé de montrer pour le succès et l'avancement des études égyptiennes.

Je me plais à espérer que sur cette rapide exposition de faits, les Erudits qui les ignoraient ou qui ne s'étaient point rendu compte de leur ensemble, pourront maintenant, après la vérification préalable de ces faits, se prononcer avec connaissance de cause sur le système de M. r Seyffarth et sur le mien. Ils auront à choisir entre un système en opposition avec les autorités classiques , en contradiction avec les monuments , et dont toutes les inscriptions bilingues démontrent le peu de fondement ou l'entière impuissance ;

Et une méthode en concordance parfaite avec

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