SUR
JMLonsietir et très honore ami)
, , : |e .v^ous adrejMe; l'expo^ : suivant comme une premier re;pref^ve du désir que j'di. de contrilMier aussi pour ma part, quelque peu que ce soit, aux progrès de la science dont vou^ fiitçs toujours un 4es ^prenûevs appuis et dont V0I1S éte& inai9teiianl;, depuis la mort prématurée de son ilr l^ttrç. fonâlft^ua* , Je ViérilaUe représentant* Je vous d«vaiis cet l^pmmage k.plu$;d*un iitl:e.;iCAr d'un côté , «Ma place; émisante que votis occupez dtos les annales de la scien» ce égyptienne me 6.it f(m];>îtio^Diine]r votre protection éclairée , de Tautre il jfxp tardait de rencontrcïr une occasion naturelle, de vous pfffir un téqxoignag^ publique de reconnaissai^çe pour .^put.ce que Je vous dois dinstroction , de se^ CQurs ][itté;rs^rçs et( . d^e^coùragemens. dans ces études qui m'app^lèr<ç^t au printemps passé ^Upr^s de vous. Ayant vi« nt4i et ^étudié, alorj»:, -, gvÂce. à la muqifiçenca de T Académie Apyiali^ 4e^B|erUn9 les :dij^i:*en3 mu^es é^ptiens de la France., et de .VliM^li^ ef y ayant fait protisipu de la précieuse colleç^on 4e d^fs|nS| calques et^mpreiutes en papier^ d^ pi:ç^qï|e tqut ;ce,^i:3'y tjrouve d^ rfJmar^jttaWe en fait d'iniçijiptiiofls sur piejife, bois ou papyrus ,^ je venais chcas vous
pour apprendre k en profiter, et achever mon apprentissage dans cette science qui , jusqu'à présent » vit plutôt dans la tradition orale qu'eUe n'ett consignée dans les livres* L^ac-»' cueil plus qu'anucal que vous me fites alors , la joie profende et sincère que vous m'exprimâtes de trouver quelqu'un qui i avec un vif amour pour la science, voulût par* ticiper à vos travaux^ me laisseront des souvenirs bien chers pour toujours, en même temps que vos instructions précieuses et sans réserve, ainsi que le parfait et noble désin-» téressement avec lequel vous avez mis à ma disposition, non seulement les riches portefeuilles que vous aviez rapportés de l'Egypte, mais encore vos travaux manuscrits, surtout les vastes et précieux matériaux que vous avez rassemblés dans votre dictionnaire hiéroglyphique , m' imposeront le devoir bien doux..de me rappeler à chaque paa que je fais dansicea études , que c'est à vous que j*en suis redevable plus qu'à moi*
.. Il y a enfin une troisième eonsidératiôn qui me por^ te à vous adresser ces pages-, et qui s'unit à la jraison par^ ticulière qui m'a engagé à les écrire. L'Institut Archéologique vous compte parmi êeà membreis les jjus illustres et les plus biénveillans. Il s'agirait maintenant d'adjoindre^ une nouvelle branche de ^archéologie aux études actùeP les de notre Institut, une branché dont les matériaux le^ plus vaste;! et leur critique la plui* savatlté se trouvent déposés dans vôtre magnîfiq^le ouvrage i/ tnonumenti delP Egitt9 e délia" Nubitii Ne nous convenait-il donc pas dé uôu^ adresser de préféi*ence à vous, pour nous assurer de votre approbation, de vos bons conseils et de votre' coopération éclairée dans la réalisation dé ee projet qui votis parât , ]0rs de mon séjour auprès de vous , si bien à propos et d'une si grande importance soùs tous lès rapporta? ^ " ' En effet, l'introduction de l' archéologie é^yptîeniié dans le cercle des; réflexions > si non des occupations ha-
iâttteUai du |NibHo «ithéôlogtqaè de toute F Europe, r^ clamée, comme elle Test, par la position même qne la science e'gyptienne a acquise en peu d'années, ne serait pas seulement un événement heureux pour cette science elle-même, qui certainement a besoin avant tout d'une coo* pération plus générale , mais encore elle ferait espérer que les arcIiécJogues grecs et romains pourraient reprendrie de nouveau en considération une foule de questions du ploè haut intérêt pour Thistoire des arts et de toute la civilisation dés peuples anciens.
Devraîs-je rappeler ici les rapporta intimes et côiiti«* nuels qui existent entre la mythologie! égyptienne et gi^ec^ que , ou les rapports historiques qui , r^rdéa presque généralement piar la critique moderne comme des fables sans aucun fondement, ont gagné cependant nne toute autre importance depuis les dernières recherches sur V hi« stoire et la civilisation de FÉg^^pté ; dévi^is-je énuméi^r tous ces rapporta frappants^qu'on ne saurait plua ae défendre d'établir entre les diffiéremtes branches de l'art égy« ptien et grec T Devrais-je parler du génie admirable et ip^ contesté que les Égyptiens ont manifesté dans Icnii opnstfQ^ étions architectoniques , chefr-d'ceuyre qui du çôt^ 4^ U grandtosité de la conception et de la magiuificence de Ji'ex^ cution n'ont pas même été surpassés par -les Grecs et JliH méins; ou bien de lapparition isdéè , mata non mdinain* téressante pour «cda, d'un (nndre d*architectare qni, à pi\e-r mière vue, ressemble k s*y méj^endre à Tordre dorique des Grecs ^ bien qu'il appartienne à one époque Téculée de 2000 ans av. J. G; on de la ^«onstructioh du véritar Ue arc , remontant en lÉ^ypte au 17»c siècle avant notre èvCé Devrs^je parler de Tesprit grave et imposant qui. can tactérile leur scntpMire et dont le mérite panicolier f^t' aiE^onrd^tni m = soiuvent mécbnim , fimte éa jnq^irodiemiait des:me&l€Nira exemples et d* un jttste peint de ivne pour
l'es apfi^éoie^ t ou-bien da dévèlbi^pemetit' veiaArqoàble €l de remploi général dejl^ir peintuFe, compagne constante de Ik^T architecture et de leur sculpture et souvent employée isolément à des compositions historiques sur les pabrois des tombeaux et des ternes ; bu enfin dé la netteté, et du fini étonnant de leur gravure en pierre et ^n toute aorte 4& iDiatièferQ? n me faudrait à h. vérité passer en revue tous les «MTM» et leurs dijKrenteshTftnçhçs.,. pour faire comprendre combien. d'idées artistiques et; combien d^ formes plus ou moins essentielles, qui jusqu^ici pstssaient généralement pour das: inventions purement grecques avaient éU développées et pratiquées en Egypte ,. longtemps avant qu'on pût parler d^une icivilisatio^ou m^e d'une populatjion grecque,; et pouf pouivoir prouver «que ^nôtammenti tont> ce qui appartient-» la tedmiquCides arts etjnétiers a été perf^pctioinné en. Egypl4/)ditn9 leaplusiancieofli temps, à un:point qui lut à peine attèiiil; par les Grecs et Romidns* ^ ; )
-ii;;Mttt8 il ii'ést' plus temps dé soniia)ller avec des gén^âlit'és ' et d' indiquer de loin tous ces fruilâ^ à cueillir , lél^sqUe lés matériaux les plus riches sont déjà mis à notre ^^sitio^ dans les Inâgnifiqùes recueils dé F ancienne et de là iièfuvellè én^iéditîon de PEgypte , ni lorsque les musée^' de ÏEttifope rividisent, en metta;nt sous les |yeux de tout lé tnôttder lêrf précieux restés de l' antiquité, égjrptienne y et t[ué le voile mystérieux qui «âchnit jusqu^ioiî le sens^H^ milljeTsidfinsGriptions dont 'ils> sont coulirercs: s'est levé^ tl est; témips aïk contraire de i^oendre -dans, ies détails, de &ire connaitre et de discuter chaque point en particulier^ il eA tedqps enfin de-s^oecuper >éérseu5ement, .et. en commun^ dé Part le< plus ancien qui'Ticms «tit laissé, des monumens^et àki BiDnn]:|iens;^paa^liais;»d!un art, iqu'ôii ne raingf ra jpais eii.àiiêmé ligne'aveceelui tdés /Ghisbisi^ outdes^Iig^d&ens qui rescfe^a^ef doit sesierrpfnr ftôujtmrs hws\du / cercle- fden»Qsi»lfé)Bétir>|^ néraiix)»jcem!he'éfa^t élrafigur 'et enns toeune inAaétocitçrp^iV
ceptible ipat letarls des Grecs et Romains, modèles de l'art moderne {mais, d^nn art <{iu a précëdë de beaucoup, qui a aecompa^é jusquà la fin, et qui a influé très essenûefie* ment sur celui des Grecs ; d'un art qui, pour la première fois dans Thistoire de la ciYilisation humaine, a dévelèppe un élément idéal et forme par conséquent le premier an*neau de la loi^[iie ehatne de l'histoire de Fart a lai[{uelle nous travaillons nous-mêmes à ajouter va noureau chaînon* Voila pourquoi i'éinancipajtion de l'archéologie égyptienne serait un objet digne de fixer FattentiOn et dé capter les suffrages du public ai^ohéolo^que.
;yous savez,, Monmur, que la première conception de ce projet , ainsi que sa poursuite constante et active , appartiennent à notire illusùre secrétaire général , Monsieur le chevalier Bunsen. C* est à lui aussi qu^appartîéndara la plus belle et la plus- glorieuse partie de' sa réalisaUon qui dépendra principalement de la basé, pluis solide et plus la]:^e,quil donnera à la chronologie égyptienne, au mo* yen de la critique apprôfontdie et., je .puis dire, énergi*que qu'il. a entreprise pour le hkabUssement définitif dcp dynasties égyptiennes 9 s'appuyant toujoiu*s sur les résul^ tata brillanset durables de la critique monumentale ;qne vous avez exercée le premier dans tdute son étendue > et avec tant de succès dans les deux volumes historiques , qui servent comme d'iiitroductlon k vo&e magnifique ouvrage* Je n' ai rien à ajouter sur le plan proposé à cet effet par M. le secrétaire général, dans son discours .lu k la iéatice publique de riiiatitut le îonr «liniversaire dc< la Soùr dation de Roiiie Ie<2i» avril 1B33 (1), si non le désir que la partnqhe jie^suis, api^Mslé à prendre à cette oçavre.is^it remplie i 4' une maiiièrer digne" d' elle^ ett digne des h«iujiifi# vues qui Font > <îQnçue* La.^iiri^tion y a été^neuemeM/posé^*
(i) Yoy. les Annal, de rin$t. iS34> P* ^7 9 suiyo.
Pour qu« nos lecteuvi puissent prendre part: aux tonamh nications^et discussions sur Farcb^logie égyptienne aree connaissance de cause y avec fruit et avec cette confiance dans la hase philologique y sans laquelle tout intérêt k ces études serait vain et même méprisable , il faudra leur faire connaître en deux articles préliminaires
1. Talphahet hiéroglyphique, notiimment la partie la plus nécessaire pour pouvoir lire les cartouches royaux et 2* un aperçu sur la chronologie égyptienne , fondement indispensable de toute recherche sur V histoire de l' art chez les Égyptiens y dont nous tâcherions alors dans un 3ine article général , d^établir le caractère particulier et les différentes époques.
Pessayerai donc de remplir aujourd'hui la première des tâches que nous nous sommes imposées en présentant à nos lecteurs un aperçu de récriture hiéroglyphique^ pro^ pre d^abord à leur faire connaître la base philologique de toute la science hiéroglyphique , particulièrement destiné ensuite à les mettre en état de lire les noms royaux, et pouvant peut-être contribuer aussi à avancer la science dle-méme, par une classification plus exacte qu*elle n'existait jusqu*ici, et par quelques observations nouvelles que j'espère y pouvoir insérer.
Découî^rte des hiéroglyphes phonétiques»
1. On me pardonnera de revenir d'abord encore une fois, en peu de paroles, sur la première découverte des hi^ roglyphes phonétiques ou signes de sons, découverte qui, petite et peu apparente en elle-même , a cependant opéré en peu d*années ce grand changement dans nos connaissant ces sur l'ancienne Egypte , changement qui équivaut à une nouvelle découverte de ce pays merveilleux.
Ce fiit éii 1Âi9. que le Dr. Yoiing (2) déckn le pre"* mier qtte les cartouelies^ on encâdx^mens eHipdqoes, dans le texte hiviioglypliiqae de rinscription de Rosette, correspondaient ani) noms propres grecs et parlicoliërement à celui de Ptolemée du texte grec, et aux groupes, du même ttom^ dans le texte intermédiaire en écriture égyptienne dé« motiqàé ou vulgaire , groupes qui avaient été déjà reconnus et décomposa par MM. Silyestre de Sacy et Aker^ blad. Il allait encore plus loin en supposant que cliaque signe du cartouche représentait tm son du nom de Ptolémée et en cherchant h les définir réellement un à un par, une analyse très ingémeuse* Il s'était aperçu que récriture de certains: papyrus fiinéraires était très, analogue à récriture intermédiaire de l'inscription de Bosette et que ces papyrus corres^ondfuient à leur tour, souvent signe par signe, à des papyrus hiéroglyphîqiieà du même contenu. En traduisant ainsi ^ moyenikaml' écriture curaive des papy*ru» , le noni démbtique de Ptolémée en Inéroglyphes , il avait la satis&ction de voir se reproduire à peu près lé groupe du bartoiiche à analyser* Mais ce procédé Àait trc^ eotnpliqué et reposait sur là supposition d'une affinité plus grande^(][û*elle n'était entre récriture démotiqtie de la pier* re de Rosette et l'écriture cursive des papyrus* PlusieiUn signes avaient '^té faussement interprétés et la preuve la plus évidente- en était qu'il ne réussissait pas à hte d-an^ejs noms que ceux de Ptolémée et de Bérénice. Il fiut donb avouer que, n^algré cette découverte^ les opinions du Dt Young, sur la nature du système hiéroglyphique, étaient encore essentiellement fausses et que cette déct^uverte el* le-méme serait jnrohahlWment restée infiructuense et à perM signalée comme découverte dans la science, si on^ah iuivt le chemin que son auteur lui-même avait proposé*
(a) StippIeHaènt of iha fourth aiid ûùh éditions of the Encyclopaedia britannica. Edîoburgli. 1819. vol. lY. t. partie.
2.; Quon^oUion amtait qudqae^ vaàieB phis 'tard! un irésulM d!àu|taht plus sfttk&isant et plus assturé ijùe lès môy* ensfd'j' parvenir etàîràtplus simples et xooins exposes à des mépmeé. Il partit de la comparaison dedenx non^s hiévogljphicpes dont il avait déterminé la lecture d'avancé àVec une très grande probabilité. L' obéli8q[ue- de-Plûiis:, qoi avait été transporté a Londres, contenait aussi le nom -d'uDi'Ptolémée écrit par les m^es signes que dans Tinscrir •ptîon de Bosêfite» 4^;la suite^de ce nom se ^trouvait uti abtM cartouche royale Or , 1^ inscription grec^[ae du^ socle, de cet ! obéliscpte , copiée par M. 'GàiBaùd; en 1 ^1 6; et publiée plus tard par M^ Letrûnne> contenait line supplique des'préf tre&.dUsis à Pbdl^' adressée au roi Pçolépiée, (Evergète II) à Çléopatre sa sceur et ^ Cléô^atre safemmew Q était doné a présumer que le second cartouche 4® iVobâisqiij3 iren^ ietQiait le nomidtunSc déppa^e , d^àdtant p|u^, qu'on avait dléjà Remarqué les deus signes ^ le .re^fme»f ^fe ]^pkire tt ^Vœufi qui fijaUsaient le: nom siipposé ^doi iCléopatrei, à ia -suite de plusieurs autres noms .féminins -.^ suvioui^ des! noms de i di^es^és. La $ comparaison àts ■. deux « bons de Ptolémée M >dè Qéopatre (3) , qui avaient cinq lettres communes ^ ». de^ vait immédiatèmeopit: décider i si la supposition iétâit vsaije« ou ^J^0Q;^fet Ypici ls< comparaison, qu'il étàb^iss^iu^ ; ;1 1» ; ..i . , Lie^ preimier «igne^ daâs le .nom die Oéopalârje,,.quiirch' ^f^égeiite.uii genou , K6^l (4) en -^yplien, devait côrrespotitdres.ai^iKi du ^07n de Cléopatra^t tue dievaiit par conséquent pa^ ^e tirouver dan$ le iM»n dpPlQléméfi;hil?np s'y trouve ipas.:en effet. i -.■ ■ «..-. .}^■■■
j, M Lç .second ^igne: ^ une /iwiie; co«cAéeV jAi-B.Q|y ,s« Ufouve comme secondé lettre dans, le nbm: dis ^SéopiKti^ et
oomme quatrième > dans i^elui de 'Ptolémëe^.tni
»\ •;'?•.;■•-;.; ; ■ ^v . î'' ■• '^W» î/ -/ri'i^ri
(3) Voy. pi. A. p. X.
(4):,yoy- left letlires eop^tessp], A.,i». |. et pV B^ i}, i
' ! .V i . • - ' ■. .: :\--- . ■ '.-A {■ tir.ir . 'i :!■ . .m;>, )•>
Hérodote nous disant déjà que les Égyptiens écrivaient de droite à gauche^ on ne pouvait pas hésiter entre lequel des deux signes suivans précédait l'autre. Celui de droite représente une feuille de roseauy &K6« H se trouve redoublé à la fin du nom de Ptolémée ; ici, il correspond k l'E de Cléopatre, là à la voyelle composée Aï ou AIO de Ptolemaios.
Le quatrième -signe , une fleur siu* une tige recour* bée, doit représenter l'O dans le nom de Gléopatre et doit se retrouver, comme troisième signe, dans le nom de Pto^ lémée; il s'y retrouve en effet»
Le cinquième., un carre un peu obloUg, représente le P en Gléopatre , le P en Ptolémée.
Le sixième ^ un oiseau qu^on reconnaît facilement dans des représentations plus exactes pour un ^i^/e, ^«^CDJUt, ne doit pas se trouver dans le nom de Ptolémée ^ inais bien à la fin de Gléopatra , et il s'y retrouve à la véiSté*
Le T qui suit est représenté ici par ime inain; la seconde lettre au nom de Ptolémée au contraire par un seg" ment de sphère* G'était la seule lettre qui aurait pu cho*quer le décompositeur, qui ne savait pas encore que la même lettre pouvait ^tre représentée de différentes manières« Le T, représenté par la mairij était cependant confil>mé par le nom égyptien de la main qui est TOT , et le T, dans Ptolémée, par le même signe à la fin du nom de Gléopatre qu^on avait déjà reconnu auparavaiit comme désignant le genre féminin , T6 en copte.
Le signe qui suit et qui représente une bouche ^ pO çn égyptien, occupe la place de FR et ne se trouve pas dans Ptolémée qui n'a pas d'R.
ïu^aigiè réparait pour la seconde fois.
Le segment de sphère et V œuf ont déjà été men« tionnési
Dans le nom de Ptolémée ne restaient par conséquent que le cinquième et le dernier signe à expliquer ; tous les
autres s* etàîtint reproduits dans le àom de Cléopatre* Le cinquième devair représenter un M, le dernier un S« L91 voyelle brève entre L et M était on!d.se Qomme on le trouve souvent aussi dans la langue copte»
GhampoUion .avait gagné ainsi la valeur très probable de douze signes biéroglyphic^ues , et elle devait devenir incontestable ^ si , à Faide de cet alphabet, on parvenait k Kre d'autres noms royaux , renfermés en cartouches* J'ai ajouté sur notre planche le troisième nom, qu'il com^ parait aux deux précédens , celui d'Alexandre, qu'il avait trouvé dans la Description de l'Egypte. On voit facilement que celui-ci confirme par&itement la lecture des lettres A, L, S , T et R comiues précédemment, et qu'en outre il enseignait trois signes de plus , la ligne brisée pour N , le "vase à anneau , signe homophone du genou, pour; K , et le dernier signe représentant un \ferrou, homophone du dos de chaise , pour S*
3. Ces analyses, ainsi que plusieurs autres résultats de la plus liante importance furent publiés par GhampoUion dans sa célèbre Lettre à M* Dacier en f822. Deux ans plus tard parut son Précis du Système hiéroglyphique dans lequel il développa pour la première fois l'ensemble des principes qu'il avait reconnus dans l'écriture égyptienne*
La lecture de ces trois noms le conduisit successivement à la lecture des noms des empereurs romains , des Ptolémées , des rois de Perse maitres de l'Egypte, et d'une série d'anciens pharaons qui remonte presque sans interruption jusqu'à 20 siècles avant J* G* et à laquelle il faut ajouter un certain nombre de rois, encore plus anciens, dotit nous ne pouvons pas , jusqu'à présent^ fii^er exactement la succession*
Gette simple liste de rois relevée des monnmens authentiques et contemporains de TÉgypte , confirmée pleinement et complétée par les extraits que pous possédons
de r histoire cSgypCieime de MaïuSthoii , nous donne une chronologie de ce peuple cooune nous ne U pos^nidons d'aucun aucre peuple de Fantiijuité , ni sous le rapport de retendue» ni sous celui de l'authenticité.
Cette chronologie enfin s*applicp.e immédiatement» non seulement à l'histoire générale de ce peuple , mais surtout y ce qui nous intéresse ici plus particulièrement» à l'histoire de Fart égyptien* Car nous trouvons presque sur tous les monumens grands et petits » publics et privés, des noms de rois qui nous apprennent sur le champ dans quel temps chaque monument fut travaillé.
C'est donc seulement la lecture des noms propres et encore plus spécialement des noms propres de rois qui> constamment séparés par cet encadrement qu* on appelle cartouche» ne donnent lieu à aucune méprise » c* est cette lecture » dis-je » qui nous procure immédiatement l'immense avantage de pouvoir classer chronologiquement et avec certitude la plupart des monumens égyptiens» soit historiques» soit civils ou religieux qui sont parvenus jusqu'à nous. Voilà l'avantage que chacun de nos lecteurs peut se procurer» avec très peu de peine » sans avoir besoin d'étudier à fond la langue copte ni ménke de se familiariser avec tous les détails du système hiéroglyphique ; et voilà l'avantage dont nous voudrions» par l'article présent» leur faciliter l'accès.
4- II y a un champ beaucoup plus vaste qui ne sera accessible que pour ceux qui s'en occupent plus^^xdusivement; car la découverte des hiéroglyphes phonétiques a îeté en même temps les fondemens d'une philologie égyptienne reposant sur une connaissance approfondie de la langue copte et sur une étude comparative et souvent très compliquée des trois écritures ^yptiennes. Après que la lecture des noms roys^x eut fidt connaître un alphabet asses nombreux d'hiéroglyphes phonétiques» il était bien
naturel d'appliquer ce même alphabet à d'auurcs gn>upeâ composés des mâmiea caractères; et Ton trouvait d! abord ua nombre de noms propres romains , grecs et égyptiens, qui notaient pas renfermés dans des cartouches, comme le sont les noms royaux; Bientôt aussi on s' apercevait que d'antres groupes contenaient des mots qui se retrouvaient dans la langue copte, et, bien qu'il restait toujours encore nne quantité de signes symboliques, dont le déchiffire^ ment exigeait une nouvelle espèce de recherches philologiques, le fait est cependant, que nous connaissons déjà plusieurs milliers de groupes , formant un dictionmure assez considérable et, en outre, toutes les désinences et fermes grammaticales des noms et des verbes , ainsi que les prépositions et conjonctions , en un mot tout ce qui consti- . tue une grammaire égyptienne hiéroglyphique* Notre exposition donnera aussi une idée des fondemens de cette partie de la science hiéroglyphique en tant qu'elle repose sur le système de Técinture seulement. Je n*ai pas besoin de rappeler à nos lecteurs que c'est la Grammaire Égyptienne de Champollion (5) , ouvrage posthume , mais entièrement achevé par son auteur et dont nous attendons avec impatience la seconde partie , que c'est cet ouvrage « dis- je, étonnant sous tous les rapports qui fera connaître au monde savant, jusqu'à quel point la science hiéroglyphique , partie de la lecture du nom de Ptolémée sur la pier* re de Kosette, a été poussée, dans le court espace de huit ans , par son célèbre fondateur. Elle sera pour toujours l'ouvrage fondamental de la philologie égyptienne, comr me la Description des Monumens de l'Egypte et de la Nu-
(5) Grammaire Égyptienne ou Principes généraux de récriture sacrée égyptienne appliquée à la représentation de la langue parlée par Champollion le jeune» Paris, (p.rem. Part.) x856.
bîe (6) le sera pour Tarchcblogie ^yptienne prise dans le aens le plus élendu du mot.
Sur les différentes écritures des Égyptiens
en génétal.
5. La littérature égyptienne nous est parvenue en quatre écritures différentes qu'on appelle hiéroglyphique j lUératique ^ dérnoligue et copte^ et Ton croit communément que ces quatre écritures ne renferment qu'un seul et même langage. Je tâcherai de donner ici une classification plus exacte.
Les Egyptiens avaient de bonne heure deux écri^ tures nationales, V écriture sacrée {ypci[xpLOCta Ispoi (7), hjooypayoca' (8), 5£«y ypdfxiiaxa (9), yp. hpoykvftxd (10)), et C écriture populaire {yp. dijjxoTCxa (11), àyjli^vi (12), iy/oJpea (13), IniTCokoiypoiftiid {iA)y La première, dont
(6) I Monumenti dell'Egitto e délia Nubîa disegnati dalU spedizione sclentifico-letterarîa toicana în Egitto , distribuiti in ordioe d'i materie , interpretati ed illiutrati dal dott. Ipp, Bosel^ Uni, Pisa. i83a-i856. Texte vol. Î-^Y. Atlas Tom. T. Monumenti Storici pi. I-CLXIX/Tom. II. Mon. Civili pi. I-CXXXV. Tom. III. Mon, di Culto. pi. I-XIII. On trouvera une notice sur les publications relatives à l'antiquité égyptienne qui ont paru depuis Tannée x 833 dans la Revue Générale du Bulletin de décembre i836. p. i84« suiv. et p. 3i5. suiv.
(7) Hérod. 3>36. Diod. 3,3. Inscr. de Ros. 1. 54*
(8) Manéth. ap. Syncell. Gbron. p. 4o*
(9) Id-
(10) Clém. d*Alex. Strom. Y. 657. Car chez le Syncelle p. 4o. ce n*est qu'une, glos^ du mot Upoypotfixd qui précède.
(n) Hér. 1. 1.
(la) Diod. 1. 1.
(i3) Inscr. de l^os. 1. 1. et Inscr. de Turin.
(i4) Clém. d*Al. l.I.
tous les caractères représentent des objets plus oa moio^ reconnaissables , se voit sur tous les monument sculptés oi» peints, ainsi que dans une foule de papyrus écrits ; la se^ conde est cette écriture qu'on ne voit , à peu dTexception» près , que dans les papyrus.^
A la place de la seconde écriture , Cléitnent d^AIe* / xandrie nous nomme deux subdivisitms j récriture hiéra" tique ou sacerdbtale («sporw^ (Jué^cioç) et 1* écriture épi-' stolograpJUque ( kntGXokcrfpofUfV^ jx.) Ces à&ax subdivisions aussi ont été retrouvées par Cfaampidfion sur tes monumens%
Depuis le S"» siècle de notre ère les chrétiens de TÊ- ^pte dits Coptes adoptèrent récriture grecque, augmentée de quelques signes hiératiques, pour des sons qui leur étaient particuliers (t5). C'est ce qu*ou appelle V écriture copte-
6. Les Égyptiens avaient aussi deux dialectes bien distincts, savoir Tancien dii^cte classique et sacre (Upcc yXi5;)^flrot(16), ?g|Mc J^O^SXTOff (1 7) ) et le dialecte y^o^yu/a/re
(i5) On trouve sur notre planche B. n. i. les six lettres coptes 9vèc les caractères hiéroglyphiques et hiératiques correspondans^ Les lettres cy, ^, J^ n'ont p«s besoin d'explicatioo. Le P ne dérive n-i de la corde nouée, m du méamù'e pi. A. L i5. ; tous les <leax diffèrent beaucoup dans récriture hiératique. Il dérive plut6t de raigle,dontla forme hiératique lui ressemble parfaitement; " nous verrons plus ha» que i' aigle désigne originairement comme tous les autres signes «voyelles une aspiration. Le^ se retrouve entièrement dans le signe hiératique de la queue du crocodile. Je ne croîs cependant pas que ce soit le même signe, maïs un antre qu'on a pu employer quelques fois i sa place bien qu'il nous soit encore inconnu. La lettre ne diffère pas beancoup , quant a la prononciation, de la suivante ^; elles se remj^acent l'une par Tautre souvent dans les différens dialectes eoptes , et se trouvent ordinairement rendues toutes les deux en hiéroglyphes paf le vase à anneau , duquel dérive la forme du OT
(i6) Manéth. ap Jos. c. Ap. p. 44^*
(tj) Man. ap. Syncell. Chron. p. 40.
(XôCï^ Sixhutroi (18) ) LVcrilure sacrée, ainsi cjue récri* • v ture popudaire-rhiératiquey nous présente de tous temps le dialecte sacré ; et T écriture populaire^-èpistolographique *
ainsi que la littérature copte nous présente le dialecte po-^ pulaire (19).
Les hiérogrammates devaient de bonne heure sen- ^ tir le besoin d' avoir à côté de V écriture sacrée et éminemment monumentale des hiéroglyphes une écriture cursive pour Tusage privé et pour les livres , soit sacrés soit . scientifiques. Aussi trouvons-nous des manuscrits hiératiques depuis r époque florissante de la 1Bm« dynastie, et il est bien probable que son usage remonte encore plus haut. Nous possédons des manuscrits historiques , astrologiques ^ magiques y des registres de comptabilité , et surtout une grande quantité de manuscrits funéraires en écriture hiératique. Ces derniers appartiennent presque tous au grand rituel funéraire, le même que nous possédons aussi en écri* ture sacrée ou hiéi*oglyphique et dont l'exemplaire com-* plet| existant à Turin, contient près de 150,000 caractères. La confrontation de ce texte étendu , répété dans une fou*. le d'exemplaires , nous met par conséquent en état de connaître récriture hiératique tout aussi bien que l'écriture hiéroglyphique, et elle nous^ apprend qu'il n y a absolument aucune différence de dialecte entre ces deux classes de manuscrits. La différence ne regarde que l'écriture en elle-même , savoir sa direction, le. tracé des signes, leur arrangement calligraphique et 1* emploi plus fréquent ou plus rare de certaines espèces de signes.
7. Du temps des Psamétiques au 6»e ou k la fin du 7™e siècle av. J. Chr. , nous rencontrons les premiers manuscrits de cette écriture , qu on appelle dèmatiquc d* un
(t8} Manéth. ap. los. 1. 1.
(19) Voy. sur la diffërence des opinions ëmîses ici, d'avec celles reçues jusqu'à préseal , TAppendix not. A.
nom trop général, comme nous avons vu. Outre une trentaine de papyrus contenant des contrats , des lettres et autres pièces judiciaires , nous connaissons encore plusieurs dé- ' crets en écriture démotique sculptés sur pierre et avec la traduction grecque, comme. la pierre de Rosette et celle du musée de Turin. L' aspect extérieur de cette écriture ne diffère presque pas , à la première vue , de Técriture hiératique (20) ; mais un examen plus attentif nous montre des caractères plus cursi& en général et plusieurs altérations de différentes lettres en particulier* La différence la plus essentielle, et qui sans doute a motivé les autres altérations extérieures , est cependant celle du dialecte. Ou comprend que la stabilité du dialecte sacré , religieusement observé dans les monumens écrits^ ne pouvait pas arrêter la marcbe de la langue parlée* Plus la langue écrite et la langue parlée du peuple s* éloignaient ï une de V au<tre y plus le besoin devait se faire sentir d'une nouvelle orthographe, plus adaptée à la langue populaire que n était récriture du dialecte sacré. Or , cette circonstance que , dans les anciens temps , le marne dialecte et la même écriture servaient pour tous les usages et que seulement depuis Psamétique 1' écriture hiératique et le dialecte sacré se trouvent exclusivement employés pour les écrits d^une nature sacrée ou scientifique, tandisque l'écriture démotique et le dialecte populaire au contraire ne servaient qu'à la vie civile et pinvée , me fitit soupçonner que la séparation des deux dialectes s'est principalement effectuée dans
(lo) Yoy- les ëchaatillom des trois écritures sur aotre planche B. n. a. J'ai choisi pour cela ua passage de rinscriptiou de Rosette dont j*ai donné le texte hiéroglyphique qui se trouve sur la pierre 1. 6. f la transcription en caractères hiératiques, la transcription en lettres coptes , lé passage correspondant du texte démotique 1. sa. , la traduction en copte , le passage correspondant du texte grec 1. 58. , et la traduction française.
les siècles de décadence , entre la 2ù^* et 26">* dynastie qui nous ont laissé si peu de monumens. Les deux écritures restent en usage y et V écriture sacrée avec elles > jusqu'au commencement du S»® siècle de notre ère. Les derniers cartouches hiéroglyphiques que nous connaissions , nomment les empereurs Garacalla et Géta ; le dernier manuscrit y mélangé d'écriture hiératique et démotique , paraît être le célèbre papyrus à transcriptions num« 65. et 75. du musée de Leide , appartenant, d'après M. ReuYens , au commencement du 3>n* siècle. La littérature copte commence bientôt après , et ce n est qu'au 1 1 "»« ou 1 2™« siècle, que la langue égyptienne cesse d'appartenir aux langues vivantes. Quelle moisson immense ne promet pas Té* tude historique de cette langue , dont nous possédons une suite y presque non interrompue de plus de 3000 ans , de monumens authentiques, dont nous connaissons trois phases successives , marquées par trois écritures, toujours spécialement adaptées , et qui nous présente encore le grand avantage d' une comparaison de trois dialectes contemporains, bien distinctement marqués, au moins dans la lan« gue copte!
Alpkahet hiéroglyphique.
8. Après avoir parlé des différentes écritures en général, je me bornerai dès à présent à l'écriture sacrée ou hiéroglyphique seule.
Un des embarras les plus grands pour tous ceux qui désirent se familiariser avec les découvertes de Champollion , est sans doute ce mélange curieux de signes , d'une nature toute différente, qui composent un seul et même alphabet. On se demande s'il était possible de se retrouver dans une écriture qui embrassait k la fois des images , des symboles et des caractères phonétiques , ou signes de sons ?
Dq le trouve encore d^autant plus étrange que par ibis le même caractère peut changer de signification et on est tout épouvanté d'un alphabet purement phonétique de plus de 200 lettres, représentatat 16 à 20 différentes articulations de la langue parlée.
Quant à la prétendue incompréhensibilité d'un systètnc pareil, nous n'aurions qu'à nous en rapporter aux faits irrévocablement démontrés pour tous ceux qui les ont examinés de plus près» Mais je crois que l'on peut répondre à cette objection à priori d*une manière plus digne de la science, en faisant comprendre, par une analyse raisonnée, que l'ensemble de ces signes, si variés, n'est point un assemblage arbitraire et confus, ni le choix prémédité d'un inventeur qui ne savait imaginer une manière plus simple , mais que c' est un organisme , o'est-à-dire un tout , qui porte sa vérité et sa nécessité en lui-même, comme chaque organisme qui se développe dans le temps, d'après des lois internes et invariables. On n'a besoin que de décomposer un organisme , de Tanatomiser en recherchant les rapports de tous »es détails pour se convaincre de sa réalité et pour le comprendre autant qu'il nous est possible de comprendre un organisme»
Une simple division, plus exacte qu*on ne Ta Ëiite jusqu'ici , une distinction plus détaillée de toutes les parties qui composent le système hiéroglyphique, seront déjà un grand pas pour &ire comprendre non seulement la possibilité, mais encore la nécessité , l'économie et mt^me l'extrême beauté de cet organisme qui paraît si compliqué , pour ne pas dire confus, au premier abord. Ici, ou jamais, s'applique la maxime Qui bette distinguil , bene docet*
9. Division générale* ChampoUion divise tous les signes hiéroglyphiques en trois classes , savoir :
en cai*actères figuratifs ou mimiques ^ qui peignent Tobjet même qu'on veut exprimer,
en caractèrefi tropiques ou sjrmholiquesj qui indicpient l'objet ou ridée qu'on veut exprimer d'une manière indirecte , et
en caractères phonétiques ou signes de son , qui représentent de véritables lettres alphabétiques.
C'est à peu près la division de Clément d'Alexandrie excepté que celui-ci embrasse , sous le nom commun de symbolique^ les caractères -figuratifs et tropiques de ChampoUion, dont il ne fait que des subdivisions en y ajoutant une troisième subdivision qu*il appelle énigniatique y c'està-dire des caractères dans lesquels on ne reconnaît plus les rapports physiques ou imaginaires d'avec les objets ou idées qu'ils expriment.
10* La division de Qément me paratt à la vérité préférable, vu que les signes figuratif et tropiques ne forment qu'une seule classe vis-à-vis des signes phonétiques, en cela qu'ils ne représentent qu'un seul degré de perfectionnement dans rhistoire générale de toute Técriture. Car les degrés de perfectionnement d'une écriture doivent s'apprécier d' après ses rapports plus ou moins intimes avec la langue parlée ; et, eonune chaque langue est composée, d après sa nature, de mots exprimant des objets physiques et de mots exprimant des idées abstraites , et que les signes tropiques sont, pour les idées abstraites, absolument ce que les signes figuratifs sont pour les objets physiques, il ne peut pas y avoir d'écriture qui ne renferme, dès son origine , ces deux espèces de signes. Ëe^^fjôint essentiel et historique est que toutes les deux espèces correspondent à des mots entiers dans la langue parlée et non à des syllabes, ou lettres séparées. J'appellerai , pour éviter tout malentendu , cette classe idéographique , en laissant subsister les subdivisions utiles dès caractères /Eguratifs et tropiques*
L'écriture idé(^rapbiqae et phonétique sont les deux limites qui embmsse^t toutes les écritures que nous con* naissons chez d' autres peuples. Mais il importe de connaître les diiFérens degrés intermédiaires pour comprendre le progrès successif, non seulement de récriture égyptienne , mais de l'écriture en général , vers le^plionétisme dont nous voyons le développement le plus parfait dans les écritures européennes*
L Caractères idéographiques*
il. On a souvent demandé s^il serait raisonnable de croire que l'écriture égyptienne ait été jamais purement idéographique. Le fait est que nous ne la trouvons jamais telle. Dans les temps les plus anciens oii nous puissions remonter par des monumens contemporains , nous voyons toujours le même système d'écriture , le même mélange de signes idéographiques et phonétiques* Mais il n' en est pas moins vrai pour cela qu^une écriture purement idéographie que n est pas une chose impossible ; nous en connaissons même des exemples en réalité. On sait que les Mexicains ont une écriture entièrement symbolique , si toutefois on peut appeler écriture ces représentations qui ressemblent plutôt à des tableaux parlans , cet assemblage bizarre d*images et de symboles qui n' expriment qu'un sens vague et presqu*indépendant de la langue parlée. De même les Chinois ont une écriture idéographique, avec des modifications cependant c[ui désignent déjà un grand progrès vers la représentation de la langue parlée.
12. Or j je crois que les Égyptiens aussi avaient ori^ ginairement une écriture toute semblable et entièrement idéc^raphique. Si nous ne pouvons pas remonter a un temps oii les signes phonétiques n' étaient pas encore en usage chez les Egyptiens , au moins nous trouvons plus tard en-
core des formules et des phrases entières composées mûquement de caractères symboliques*
Le prénom du roi Thoutmosis IV. qui a fiiit seul* pter Tobélisqae du Latéran ( voy. pL A. XL ) est composé ainsi de trois signes dont chacun représente un mot entier* Le disque représente le dieu Soleil , prototype des rob , en égyptien pH i?é , et avec T article $-pH Ph-Ré ^ forme primitiYe du nom Pharaon* Le parallélc^amme crénelé exprime Tidée établir , AiHIt mèn ; et le scarabée est le symbole du monde , OO tho. 11 faut donc Ure ce titre-prénom comme une phrase chinoise, ou comme / nous traduirions en mots les chiffres d'un compte arithmétique* On ne peut pas se tromper sur le sens de la phrase ; mais il pouvait y savoir de légères différences dans la prononciation. On pouvait, dans notre cas, aussi bien lire : Ph'Rè établissant le monde et Ph--Ré stabiliteur du monde»
On trouvera sur notre planche un choix de caractères idéographiques, choix que j*ai fait principalement parmi ceux que l'on rencontre dans les cartouches royaux*
1 3* Quant à V interprétation de ces signes on sent qu'elle ne saurait dépendre d'une seule découverte comme celle des hiéroglyphes phonétiques. Cependant nous ne manquons pas de moyens pour expliquer aussi ces caractères idéographiques. C'est d'un côté la partie dont les Grecs et Komains se sont occupés le plus, parcequ'elle leur parut la plus étrange et la plus caractéristique de l'écriture égyptienne ; de l'autre câté l'accompagnement ou le remplacement de ces signes par des groupes phonétiques les rend ordinairement tout aussi intelligibles que la partie phonétique même. Comme je ne pourrais pas toujours .revenir aux sources de l'interprétation en parlant d'un signe idéographique , il sera bon de réunir ici les différen-
Xes manières â'expliqaer cette partie de caractères et d'«*
jouter à chacune quelques exemples.
Il y a dix sources principales qui peuvent servir k nous faire connaître, soit le sens seulement d^un hiéroglyphe 9 soit le sens et la prononciation à la fois.
a* La représentation de -T hièroglyjJie même sufj^ 49Uuent pour faire reconnaître sa significcdion.
Ainsi s'expliquent d'eux-mêmes presque tous les hiéroglyphes figuratifs, comme la lune^ Il-OOg (pi. A. IV» n* 1 1 *); le soleil f II-pH ( n. 26. ) ; la statue n-T(JUOYT (n- 9.), le crocodile j Il-ilC^^ (n. 28.).
b. Les images ou taUeiUix que le caractère aC" compagne* .
Les images des divinités connues par leurs attributs, ou un métier , une action quelconque représentée en grand deviennent ainsi Texplication naturelle du signe qui Fexpri-* me à son tour. Sur la pL XLYI. des Monumens Civils de Rosellini on voit plusieurs groupes de sculpteurs qui travaillent à des statues; au dessus il est écrit un groupe (pl.A. ly. n. 29.) composé de deux instrumens qui expriment sym« boliquement V action de sculpter , c7^d.Z?v6% ; sur la même planche audessus d*un peintre qui peint une statue et audessus de deux autres qui peignent un meuble , on voit le signe idéographique composé de la palette et du pinceau (pi. A. VII.^ n. 29.) le même qui dans Tinscription de Rosette désigne aussi V écriture , ( C&«Ô , écrire et peindre en copte.) C'est ainsi enfiu que les représentations peintes audessus des papyrus funéraires expliquent bien des groupes soit phonétiques soit idéographiques du texte.
c. L'explication directe des auteurs grecs et romains»
Le livre d'Horapollôn ne contient que de telles explications , et beaucoup d'autres, auteurs conmie Diodore , Plutarque, Clément d'Alexandrie, Eusèbe, en donnent accidentellement. „ Voulant écrire le fils , dit Horappol-
l6n (21) 9 ils représentent itne tadorne (espècci àe canard égyptien) ^arce^ue cet animal aime beaucoup ses enfans.^ C* est la même image qui entre toujours dans le groupe {i|6 n pH (22), fils du Soleil ^ qui précède le nom pro* pre de chaque roi (pL A. YIL^ n. 2*y ffPer speciem apis ^ dit un autre écrivain (23) , mella conficientis indicant regem : moderatori cum jucunditate aculeos innasci debere his signis ostendentes **. C'est l'abeille , déterminatif symbolique du mot COTTit \ roi qui précède cliaque cartôu* che-prénom de roi (pL A. VH*^ n. I.). Des témoignages pareils nous confirment que le cercle indique le soleil (24), et un croissant la lune (25) , que le scarabée (pi. A. IV» n. 24») est le symbole du monde, 0O (26), la plume d* au^ truche (n« 27.) symbole de la justice ou de la vérité , T^AitHi (27); que F épertner ^ (n. 8.) emblème du dieu
(qi) I, 5o : Tfoy 9i pwXôfjuwi ypûf^^fcu yçyiJfothSntta ^99ypuf9Ûût>ro(it9 jyoif ^0 ^tîoif (fiKoTtxvôrarov Ciraip^ti*
(aa) La transcription de Voie , de Voeuf et de V enfant par CI ne repose que sur les transcriptions des Grecs , qui ne faisaient pas de distinction entre C et (^. Le groupe phonétique
Cxjp (pi. Â. yi. n. 10.) met hors de doute qu'au dialecte sacré tout aussi bien que dans la langue copte la parole se prononçait (^Hp6 9 et les transcriptions grecques nous apprennent de plus , que dans les composes on prononçait seulement Clje comme dans la langue copte. Nous ne trouvons aucune trace d'une prononciation CJ ni dans le dialecte sacre , ni dans la langue
copte, m et C se confondent rarement dans la langue égyptienne.
(a3) Amm. MarcelL XVJI^ 4* cf* Horap. I, 59. et Rosell. M. St. t. L p. ii4*
{^4) Clém. d'Alex. Strom. V.
(25) Clém. ibid.
(iQ) Horap. I, 10.
(27) Id. IT, iio.
Horus (26) en particulier ^ désigne aussi un dieu en gé^ néral (2d); la tête de lion (n. 10.) la vigilance (30); Té* toile (n. 23.) le divin (31) , etc. etc.
d. Des traductions anciennes , comme Tinscription de Rosette et la traduction d*un obélisque par Hermapion.
L'instrument pour approuver les pierres (n. 1 3.) que r on trouve dans le prénom de Ramses III y du grand Sésostris des Grecs, ensemble avec la ligne brisée n\ par^ et le disque solaire, a été traduit par Hermapion , év i^Xtoç npoinpcu^ y le choisi, l'approuvé par le Soleil* Le titre bien connu des rois itHK Jt* Jtl-OO , (pi. A. VII.1> n. 4.) y est traduit par ieçTto^ç ob(oujUL€Vi7Ç , seigneur de la terre. Les deux lignes audessous de la cqr«* beille représentent proprement deux couches de terre et signifient les deux Égyptes. L'inscription de Rosette nous apprend que V Egypte supérieure et inférieure furent aussi exprimées par la partie supérieure et inférieure de la coiffure royale du pschent , suivies du déterminatîf des villes et des pays (pi. A. VIL« n. 12.) ; elle traduit la hache ( pi. A. IL n. 9. ) par ^eo'ç , dieu , (nOTTCp) ; la corbeille audessous des coUonnes d'un hypostyle.(pl. A. IV. n. 20.) par panégyrie , (g&&X) ; le vase renversé avec la hache symbole du dieu (pi. A. VII.^ n. 25.) par hp&}çf prêtre (OTH&) ; etc.
e. Le contexte lui-même ne laisse souvent pas de doute sur la signification d'un groupe idéographique.
Je citerai pour cela une phrase de Tobélisque qui est resté à Louqsor (32), où on parle „ des deux grands obé-
(28) Âelîan. de Ânîm. YII, 9. X, 14. Eiuèb. Praep. Ev. III^ 12. Strab. XVII. p. 562.
(29J Horap. I, 6. ^
(3o) Horap. I, iq.
(3i) Horap. II, i.
(32) Voy. Champ. Gr. p« 204.
lisques en pierre de méhèt (ue^KT) '< (pi B« n. 6.) Il est clair que les deux caractères ayec le signe du genre féminin qui forment le groupe de méhèt doivent exprimer le nom de la pierre dont les deux obélisques étaient faiu , savoir le granit rose. Dans le grand rituel de Turin , à la dixième ligne après la grande représentation agricole (33) on parle d*un serpent sur le haut d^une montagne et dit qu'il a „ 1 30 coudées dans sa ( longueur ) , 33 dans sa largeur et quatre en £ice Aliftl îy€ K6 àX&»à*&, kX
(caje)-q A1&8X Aii5.<s.BL Ke cyoAinT ul OTouyc-q
&TCJI) iUti.ftf qTOOT ut' ôH-THq. (pi. B. n. 7.) (34). Le signe qui exprime la longueur est idéographique ; mais à cette place il ne peut pas avoir d'autre signification. Un seul passage n'est pas toujours aussi concluant que ceux-ci i mais on concevra que les différentes combinaisons auxquels l^s un caractère quelconque est soumis, doivent presque toujours décider, avec plus ou moins de certitude , de sa signification particulière, parceque la plupart des paroles qui le précèdent ou le suivent sont connues.
Si les ilifferentes manières d'interprétation que j'ai énumérées jusqu'à présent peuvent souvent déterminer le sens d'un caractère ou d'un groupe idéographique sans nous fournir à la fois sa prononciation , il y en a d' autres qui nous apprennent et Fun et l'autre. Je parlerai donc d'abord des cas où
(33) P. II. $. IX. n. 5. d'après la division de GhampoUion que j*aî suivie par tout l'article.
(34) On Toit qu*en gëaëral je suis , dans les transcriptions, le dialecte sacré des hiërogljrphes mêmes; il n^est cependant pas encore possible jusqu'à présent de se passer entièrement de la langue copte , soit dans la transcription des voyelles j soit dans l'emploi de- certains mots entiers*
£ Le groupe phonétique accompagné le signe idéo^ graphique»
A ceci appartient surtout la classe nombreuse des signes détermina ti& dont nous parlerons plus au long dans ]a suites Nous ne pouvons pas nous tromper sur le sens et la prononciation de V ellipse représentant un cartouche , parceque ce siene (pi* A* VL !•) est précède du groupe phonéticpie pJt y en copte p& Jt 9 le nom ; le veau courant suivi des trois lignes brisées qui représentent Teau, exprime la soif(j^ A. YI. 2.) ; sa prononciation O&vc* O&B précède* Deux petits vases d'une certaine forme (pl« A* VL 3») désignent le vin , Hpjl ; cette parole les précède en toutes lettres.
g. Les %^ari€mtes dans les differens textes du même contenu ou dans la suite d'un même texte sont ici de la plus haute importance.
Le nom du prêtre défunt Pét-'Amon qui se répète plua de cent fois dans le grand papyrus funéraire de Paris est écrit untôt en toutes lettres (pi. B. n. 8.*), tantôt avec Vobélisque au lieu du nom d*Amon (n. 8>) tantôt avec le rond elliptique renfermant la ligne brisée (n. 8.*^). Nous savons par cela que les deux caractères menti(Hmés sont des signes idéographiques pour exprimer le nom du dieu Amon. Le nom du roi Nectanèbe , it&«^Tit6&q^ y Nachi^ nebf , est écrit ou avec la corbeille (rfR& y neb, seigneur) (n. 9.^) ou avec le sphinx (n. 9.^). Cela nous apprend que le sphinx avait la même signification et la même prononciation que la corbeille. Nous ne pouvons par conséquent pas nous étonner de trouver au commencement du rituel complet de Turin dans la 1 7"** ligne le groupe ordinaire de JtHfii si Itl-nOTTp', nèb en nî-nouter, seigneur des dieux (n. 10.*), écrit par le sphinx (n. 10.]») 9 ou de trouver au commencement du grand rituel de Paris (3ô) la
(35; P. II. $. L n. 21.
corbeiOe, dans la même phrase ou le rituel de Turin don« ne le sphinx. Le caractère COUTTI , sâlpy approuver^ dont nous avons parle plus haut (n» 11.a) ne se troure îamais avec sa prononciation dans les cartouches royaux >' mais M» RosdAini (36) Ta rencontré sur quelques monumens et je l'ai trouvé aussi dans le Rituel (37) de Paris ti de Turin (m 11*^) 9 tandisqué le groupe phonétique manque dans le passage correspondant d'un troisième rituel appartenant à M. le marquis Busca» La comparaison des différens textes du Rituel, qui se trouvent dé}à par centaines dans les musées de l'Europe, est donc du plus haut intérêt pour nos connaissances hiéroglyphiques à cause do grand nombre de variantes que chacun de ces textes nous présente.
h. D* autres signes idéographiques furent employés comme initiaux de certains groupes dont le reste est phonétique.
Nous savons alors par ces complémens phonétiques , quelle était la prononciation du signe symbolique* La croixansée , symbole de la vie , se prononçait (JUrC*^, 6nch , comme en copte > parceque nous trouvons souvent le 11 et le «O comme complément phonétique de ce symbole (n« 12«). Il en est de même pour le luth^ symbole du bien y JlOÇf pe , (n. 13. ) ; pour la branche de pal^ mier y symbole du prince, COTTIt (n. f4.) y etc. (38).
i» Plusieurs signes idéographiques furent employés phonétiquement ^ par une espèce d'innovation y au tempsf des Romains*
Le scarabée (pi. A. IV. n. 24,) et la eouche de ter-
(36) Man. Cîvil. IL p. 52.
(5'j) Sme ligne ayant le tableau des noms des ^2. parédrca d'Oâiris. P. II. î. X. n. 9, (38J Voy. pi. A. VI,
rc (n. 25.) exprimaient T ou TO ; Venfant (pL A. VII.c 4,) et le canard ( îbid« ) S , etc* G' est ainsi que les noms propres grecs et romains nous apprennent ou confirment souvent la prononciation de certains caractères qui, dans les temps pharaoniques, n avaient qu*une signification idéographique*
k. Les transcriptions enfin par les auteurs grecs et romains suppléent ou complètent souvent nos connaissances relativement à la prononciation des signes idéographiques*
C^est Plutarque (39) qui, en expliquant le nom d'Osiris, nous apprend que les Égyptiens appelaient Tœil îpij fpX , mot qui appartient exclusivement au dialecte sacré , tandisque la langue copte ne connatt que le mot nf->fi.&?V , pi-bal (40). La prononciation de la corbeille et du sphinx itH&,rt6& est confirmée par le nom du roi Necta-neb-us ; et les noms "A-jx^creg et Tov^^iKuaiç chez Manéthon nous apprennent, qu'il faut prononcer la luae dans le nom du premier (pL B. n. 19.) &&g 9 et Y ibis n Toiseau de Thot, dans le nom du second (pi. B. n. 20.) 9 non pas gJK , comme il s' écrit hiéroglyphiquement ( pi. A. VL n. 6») , mais 0UIX>YT comme le dieu dont il était Pemblëme.
jr ai mentionné , dans cette énumération des principaux moyens pour expliquer les caractères idéographiques, la plupart des signes de cette nature qu*on rencontre dans les cartouches royaux ; mais on conçoit que ï interpréution d^un symbole repose rarement sur une seule des preu» ves énumérées , mais presque toujours sur le concours de plusieurs , et s*il reste néanmoins encore une grande quan* tité de caractères dont nous ne connaissons pas encore soit la signification, soit la prononciation , quelques fois ni Tune ni Tautre y la nature même de ces sources d'interprétation
(Sg) De Is. et Os. p. 355. cf. Diod. I, ix. (4o) Yoj, TAppendix not. B.
doit nous convaincre que le nombre de ces caractères inconnus diminuera toujours à mesure que nous avancerons dans ces études*
14* Parmi les signes représentés sur notre planche sous n. IV. il ne reste à expliquer que les numéros suivans.
n. 12. le bras étendu tenant un bouton de fleur, Cp copt. coup, distributeur j se trouve accompagné de son groupe phonétique , et parfois comme initiale du même* {Voy* plus bas §• 37. not. 57.)
n« 1 S* L'homme assis tenant le fouet ^ est traduit par image j statue (^oovdv) , dans Finscription de Rosette (L 8.) Sa prononciation n est pas connue*
n. 16. La barque est figurative et se trouve souvent avec son groupe phonétique , formé du poulet et de la feuille de roseau OT& , (c. B.45.-p J.)
n. 17. La bandelette , le fronteau , symbole d' une charge d'inspecteur, de commandant, est souvent précédé ou remplacé par le groupe phonétique , la cliouette et la bouche , ULOTp , préposé (copt. vinculum)*
n. 18. V archer à genou est figuratif, et désigne en général les soldats ; le groupe phonétique : la chouette , la citerne et le bras , qui le précède parfois , correspond au mot copte AitîUj6 , pugnare , miles»
n. 1 9* est le symbole de la ville de Thèbes et paratt représenter une mangeoire* Son groupe pho&étique se prononce ouït , avec l'article féminin T*Cil)TT , et se compose de la feuille de roseau et du carré , suivi du segment de sphère comme article féminin. C'est l'origine du nom grec Thebae. Le pluriel aussi se trouve souvent exprimé en hiéroglyphes par le second déterminatif du trône affecté de la marque du pluriel. Il fallait alors te prononcer nooH ou ItU)^, ce qui parait être 1' oi'îgine du nom hébreu «3, JVo.
n. 21. 22. sont ordinairement suivis du déterminatif 4u plan de ville, ce qui les caractérise comme symboles de villes ou contrées. Ils ne se trouvent qu'aux titres de certaines divinités ou rois. Ce sont des régions sacrées. Le second caractère est quelques fois employé comme initiale phonétique dans le mot 111X6 j Varc , et est souvent ^suivi du uase , ou bien de la ligne brisée ; sa pro'nonciation TTIt n'est donc pas douteuse.
n. 30. paratt être une naifette , et est le symbole de la déesse Neith. Il est souvent remplacé par la ligne bri^ séç n et le segment de sphère T»
n. 3 1 . représente un champ couvert de roseaux avec le déterminatif des régions , en copte KOf • Il est parfois exceptionnellement employé comme K, ce qui confirme sa traduction par KOI*
IL Caractères phonétiques.
15. Les Égyptiens devaient bientôt sentir le besoin de rendre aussi des mots qu'ils ne pouvaient représenter ni figurativement ni symboliquement , ces mots n'étant pour eux que des sons , notamment comme les noms propres de peuples et d'individus étrangers. On sait que les Chinois aussi se sont écartés dans ce cas de leur système purement idéographique. Ils décomposèrent les noms propres en syllabes dont chacune exprime une idée distincte dans leur langue , mais qu'on dépouille de leur valeur primitive dans le cas spécial oit elles doivent former des noms propres»
Nous trouvons absolument la même manière de décomposer des noms propres étrangers chez les Egyptiens. Ils auraient pu employer toujours leur alphabet phonétique général , comme ils l'ont fait ordinairement y témoins les noms des Ptolémées , des empereurs romains , et de tant d'autres; mais il parait qu'une certaine réminiscence
des temps où ils n' avaient pas encore les lettres alphabétiques j les engagea à se servir quelques fois de la manière dont je viens de parler. Nous trouvons par exemple sur les parois du Ramesséum à Thèbes (41) le nom d'un prince étranger (pl.B. n. 21.) composé de quatre paroles, êSLY oir partie^lç'fils»boucJw C^-ne-cyG-pO, Sa-pe-sche-ro. Cette réunion de paroles n'a pas de sens, et si elle en avait, ce ne serait jamais la signification du nom de ce prince* De même nous trouvotis le nom de la reine Arsinàé (42) écrit phonétiquement en toutes lettres (pl.B.n.22.«) &pCin& et autrefois (n. 22*^) écrit par deux signes idéographiques dont le premier (43) se prononce &pX, et le second^ symbole du frère et de la sœur , COIt ou COUItX, soit que le complément phonétique Mt ajouté, comme il Test accidentellement ici y soit qu*il fût omis ; de manière que les deux caractères qui originairement avaient une toute autre signification , forment ici le nom d'Arsinoé. G*était un pas très important de fait vers le caractère phonétique que cette écriture développait de plus en plus.
16. On devait s'apercevoir qu^ il y avait bien des mots dans la langue qui , comme les noms étrangers , n'étaient plus que des sons qui s'opposaient à toute représentation figurative ou symbolique, comme les prépositions, les conjonctions , les désinences grammaticales et autres ; toute la langue devenait toujours plus conventionnelle et par con^ séquent plus difficile à être représentée par une écriture idéographique. On allait donc plus loin et on commençait à décomposer de la même manière tous les mots qu'il était
(4i) Champ. Gr. p. 139.
(42) Rosell. M. St. t. II. p. XVII. n. a.ç 2.d.
(43) Ros. M. St. t. IL p. 3i5. - Voy. pi. A. II. col. i. J'ai souvent trouvé ce même signe au Rituel comme dëterminatif du groupe phonétique écrit par la feuille de rpseau.
imposfsible ou trop incommode de représenter d*une autre manière. Il était^ naturel d'observer dans ce nouveau procédé deux choses. 1 . On devait chercher à décomposer les mots en des élémens aussi simples que possibles , c'est à dire en des syllabes ; car on comprend qu'on ne pouvait pas encore songer à la séparation de la voyelle et de la consonne , parceque ni V une ni V autre ne pouvait avoir VLti sens à elle seule dans la langue parlée et ne pouvait par conséquent pas avoir non plus une représentation figurative ou symbolique dans récriture primitive. 2* On devait se restreindre à un petit nombre de ces signes sylla<* biques auxquels on ôtait leur valeur primitive pour en composer d'autres noms.
17. Toutes les écritures plus développées que nous connaissons ont passé par un état syllabique; mais la syllabité pure n'était presque partout qu'un état transitoire. La voyelle, variable de sa nature, devenait plus indifférente et, à force d'altérer les voyelles dans la prononciation des mêmes syllabes, écrites avec tel ou tel signe simple, la consonne seule restait à la fin fixe, et il fallait indiquer la nuance de la voyelle inconstante, ou par de petites lignes et crochets, comme dans l'écriture sanscrite, ou par des points mis audessus et audessous, comme dans les écritu-* res sémitiques , ou bien par des signes entiers , intercalés comme voyelles proprement dites, quoiqu'ils représentaient originairement des syllabes complètes , pour la plupart légèrement aspirées , comme dans les écritures européennes^
18. C'est ce qui est arrivé aussi à récriture phonétique des Égyptiens. Les syllabes, indivisibles auparavant, se sont décomposées à la fin en consonnes et voyelles , mais il faut bien remarquer que leurs rapports mutuels sont toujours encore bien différons de ceux que nous somr^ mes accoutumés à leur supposer et ce ne sont guère quô les noms étrangers des Grecs et Romains dans lesquels on
â7 s^est permis de négliger tes^ anciennes règles pour sVpprocher de la coutume européenne* Uancienne syllabité se manifeste, encore partout. La- preuve la plus évidente » pour qui a compris V absurdité de la supposition qu' on aurait jamais pu inventer une écriture à consonnes pures , est celle que récriture hiéroglyphique et hiératique ne se ser* vent point d'un des signes en» voyelles comme complé* ment d* une consonne précédente a une syllabe entière» Que Ton parcoure, pour se convaincre de ce que j'avance» les longues séries de paroles phonétiques qui maintenant sont accessibles à tout le monde dans la précieuse grammaire de Champollion. On ne trouvera de caractères-vo-* yelles k peu d'exceptions près qu'au commencement et à la fin des mots , très rarement au milieu» Les rares exceptions s^ expliquent facilement. Parlons d* abord des voyelles initiales*
1 Ô* S* il en était véritablement de l'écriture égyptienne comme des écritures sémitiques, oii ^ , D, y n'étaient point des voyelles complémentaires comme A, E, O le sont dans les écritures européennes, mais de légères aspirations auxquelles certaines voyelles étaient inhérentes (44), il est clair que les voyelles que nous trouvons au commencement des mots coptes doivent toujours se retrouver dans les paroles hiéroglyphiques , parcequ' au commencement d^un mot la voyelle ne peut point être complémentaire, mais doit former une syllabe entière , savoir Y aspiration plus ou moins forte avec sa voyelle inhérente* G' est ce que nous trouvons en effet ; la règle est constante ; et voilà la pi^emière exception à la supposition gratuite que
(44) J'ai développe plus en détail mes opinions sur V état sjllabique primitif des écritures sémitiques et sanscrite dans une dissertation sur l'ordre alphabétique dans les différentes écritures des peuples, lue à Tacadémie de Berlin en i83j. et imprimée dans ses Mémoires de i836. 5* 12-22.
les Égyptiens auraient mis ou omis arbitrairement les toyelles de la langue parle'e , et la première preuve de récriture syllabique.
20. Quant aux voyelles interme'diaires dans la langue copte j elles sont pour la plupart , comme dans les autres langues , complémentaires , et ne peuvent par conséquent pas être écrites séparément dans une écriture syllabique. Et en effet la règle générale pour l'écriture hiéroglyphique est de n'écrire au milieu des mots aucune voyelle complémentaire , soit longue soit brève. Nous trouvons par conséquent constamment écrit CTIT (pi. A. YI. 4.) pour CnOTOT les lèvres; liHT (pi. A. Vl. 5.) pour AinOT, les mamelles ; ^ (n.6.) pour glfi, Tibis; *ènaj^. 7.) pour SîJCJOnaj, la cuisse; 'à.^^ (n. 8.) pour^^CCUAl, l'aigle; ?\?C (n. 9.) pour Tslhort , Tenfant ; OJp (n. 10.) pour ÇèJHpe, Tenfent; *^h^ (n. 11.) pour e?\HA, raisin; CTUC (n- 12.) pour CTHUt , crr/fx/xr, ^tibium, le collyre; SaçaftK (pi. B. n, 23.) pour léaay/tç, le Sîsak, ptC?*tt; , de la bible; HCAITK (pi. A. XL) pour ^focfiii^tx^oçi OTCy (pLA.VI.n.l3.) pour OTOJH, la nuit, etc. etc. Dans tous ces exemples , ainsi que dans une foule d' autres , r omission des voyelles complémentaires n' est nullement arbitraire , elle est une loi constante.
2l. On trouve cependant des paroles qui tout aussi constamment sont écrites avec des signes voyelles au milieu de la parole, comme COTg (A. VI. 14.), copt. COOTge, Tœuf ; TOTT (n. 15.) c. OOUOTT la statue; COTH (pi. B. n. 24.) c- COT&n , la ville de Syène ; KOft (pi. A.VI. 1 6.). c. KOOg , angulus , cubitus ; eoft (n. 1 7.) c OOft , JOft la lune; OOnX , (n. 18.) c. en, le singe etc. Mais je n'aurai guère besoin d'en indiquer la raison que chacun aura déjà vue en lisant ces exemples. C'est que dans ces cas la voyelle écrite n'est point complémentaire , mais syllabe complète , où on entendait V aspiration qu' on devait
représenter aussi bien que chaque autre consonne. Quelquesfois nous trouvons dans la langue copte une contraction des deux voyelles primitives* G 'est ce qu'il faut pré* sumer pour le nom de F épervier , fi.HX en copte , qui en hiéroglyphes a constamment la feuille de roseau entre les deux consonnes (pLA.VI*<9.) Or nous savons par hasard d' HorapoUon (45) que le nom de 1' épervier était an-» ciennement au dialecte sacré ^aiioB, âLd»lHX (46) y nom qui est d'autant plus sdr, que cet auteur le décompose en /Sai' et )?!&• Il nous fournit par conséquent les deux vo-* y«;lles qu*il fallait supposer, d'après l'orthographe hiéroglyphique , comme nous devons le faire dans les autres cas rares oii la prononciation copte nous échappe*
22. Restent à expliquer les voyelles qui se trouvent en grande quantité à la fin des mots* Quelques unes s'expliquent naturellement conmie les voyelles médiales ; ce ne sont pas des voyelles complémentaires, mais des syllabes complètes et la langue copte , dans ces cas , nous présente deux voyelles. Voyez par exemple C OT (pi. A. VI. 20.) c COTO « froment; (JJOTX (n.21.) c.OJHOTX Fautel; qXQT (n.22.) c. qTOOT? quatre; UtK (n. 23.) c. AAHX, lACeX, la vérité; C^'X (pi. B. n. 25.) c. Cj(iô.ij l'écriture; Sld. (pi. B. n. 26.) c. Itâ^A* , grand , et d'autres. Quelques fois la langue copte ne donne plus l'ancienne prononciation , comme dans le mot pH^ ou p& le soleil écrit en hiéroglyphes avec la voyelle (pi. A. VII* 1 2,) ; 1* aspiration perdue dans la langue copte se trouve encore dans la transcription hébraïque de cette parole dans Taïn des mots yi^ , ^p& t
(45) Hîérogl. I, 7.
(46) Le 3 grec au lieu du ^ copte n'a rien d'extraordinaire; les Grecs n'avaient pas d'expression exacte dans leur langue pour cette lettre, et la rendaient tantôt par G, tantôt par S, tan* tôt enfin par T , comme en transcrivant la ville Xd.JtH 5?*** Tciviç, Le S est encore plus près de la vraie prononciation.
iPharaoïï ; DDD-yi , p&-jUCV (pi. B. n. 27..) ville qui porte le nom du grand conquérant , et yiE)-*niS) , Potîphar , c. à. d. JTeT-$-p& (pi. B. n. 27.^) , celui qui appartient à Phré (47).
23. Mais un grand nombre d' autres exemples n' admettent point cette explication; un examen attentif nous fait au contraire reconnaître une particularité très remar^ quable dont je ne connais rien d' analogue dans aucune autre écriture. C'est que nous trouvons très souvent les voyelles y prononcées au milieu du mot, rejetées a la fin dans récriture. On écrit donc s XpgOU pl* B. n. 28. pour îSCUpg , k nuit.
ngoT &nnoT
JJUtO
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KÇfCU
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