DE LA BIBLIOTHÈQUE NATIOIVALE
Dans une lettre à moi adressée, imprimée chez Crapelel, et qui se vend chez Durand, libraire, rue des Grès, M. Cretaine se plaint de ce que j’ai affirmé à tort, sur ma foi et sur ma conscience , que je n’avais jamais vu M. Cretaine, et que je ne lui avais jamais parlé.
J’ai eu tort , en effet , d’avoir entièrement oublié , j’ai tort de ne me rappeler encore aujourd’hui que très-confusément, malgré les circonstances qu’il retrace, mes rapports avec M. Cretaine, soit en 1844, lorsqu’il fit recouvrer deux volumes de Bumey, soit en juin 1848, lorsqu’il m’apporta cinq volumes que je dus faire remettre aussitôt à MM. les conservateurs du département des imprimés , pour qu’il eût à s’entendre avec eux sur la suite à donner à cette affaire*. J’ai torf
' J'apprends de MM. les conservateurs des imprimés qu’un de leurs collègues, et une autre personne, s’étalent entremis auprès d’eux à plusieurs reprises, dans les derniers mois de 1848, pour qu’ils voulussent bien donner satisfaction à M. Cretaine; et il dit lui-même qu’un des conservateurs des imprimés lui en avait écrit le 29 janvier 1849. Toute cette correspondance avait lieu à mon insu , comme les transactions par lesquelles se préparent les propositions que MM. les conservateurs doivent présenter au Conservatoire. M. Cretaine accuse mon oubli; qu’il me permette de lui reproclier d’en avoir été un peu la cause. Pourquoi ne l’ai-je pas revu depuis le mois de juin 1848? Pourquoi , renonçant à l’objet de réclamations
tle n’avoir pas gardé dans ma mémoire vestige de cette courte entrevue, qui m’avait paru alors sans importance. J’explique mon oubli, je ne le conteste point.
Mais , comme je suis très-sûr de la pensée et du principe dont je ne me dépars jamais dans les affaires de ce genre , qu’il m’arrive d’avoir à traiter pour la Bibliothèque nationale , je rectifie ainsi le passage de ma lettre à M. Libri , p. 9 :
«J’affirme, sur ma foi et ma conscience, que, dans les rencontres que j’ai pu avoir avec M. Cretaine , je ne lui ai rien dit qui pût l’autoriser à écrire que les marchands sont instruits qu'il suffit de présenter les livres sortis de l’ancienne Bibliothèque royale à l’administrateur pour en recevoir le payement Je n’ai donné ni à lui, ni à personne autre, ni verbalement , ni par écrit, aucun avis d’où il fût permis d’inférer que l’administration de la bibliothèque a pris le parti de faire sa-
voir sous main aux libraires qu’on rachèterait tous les livres sortis de. l’ancienne Bibliothèque royale qui seraien t présentés .
M. Cretaine convient lui-mème que l’interprétation de quelques expressions de sa lettre h M. Libri va au delà de sapensée, et il me rend ce témoignage : « Vous avez oublié que vous m’avez encouragé (comme j’encouragerai toujours en effet ceux qui feront rentrer les livres de la Bibliothèque) à songer aux intérêts de cet établissement quand mes occupations feraient passer par mes mains des livres qui lui auraient appartenu ; ajoutant , il est vrai , que tout remboursement de votre part, remboursement que vous accordiez quelquefois, n’était qu’une appréciation de votre équité, et non une obli-
réilérées, a-l-il laissé sans réponse la lettre de M. le conservateur des imprimés, qui n’a précédé que de vingt-sept jours la publication de celle lie M. Libri à M. de Falloux?
' Lettre de M. Libri à M. de Falloux, page 48, note.
■ Thid. , page 47.
gnlion ; que vous aviez le droit et le pouvoir de faire saisir fout*volume portant le timbre de la Bibliothèque, etc. ••
J’ai réparé le tort de ma mémoire; je regrette que le tou et tes termes de la lettre de M. Cretaine ne me laissent point la liberté de faire rien de plus qu’une simple rectification , et sous tonte réserve au sujet de l’exagération singulière des expressions dans le compte rendu à M. Libri des rentrées dont la Bibliothèque a l’obligation à M. Cretaine'.
Les questions personnelles et les piqûres d'amour-propre, qu'il le croie bien , m’émeuvent peu. Et que font d’ailleurs à . mon amour-propre tes pertes éprouvées par la Bibliothèque longtemps avant mon administration? Ce qui me touche et me préoccupe avant tout et par-dessus tout , ce sont les intérêts de rétablissement dont la garde m’est confiée conjointement avec mes collègues. Aussi je me félicite de cette nouvelle occasion de proclamer l’imprescriptibilité du droit de la Bibliothèque nationale contre les prétendus possesseurs de bonne foi, bonne foi qui, dans l’hypothèse la plus favorable, va bien jusqu’à ne pas voler soi-même, et à payer le prix des livres qu’on achète, mais qui ne va pas jusqu’à s’enquérir de la provenance d’un livre suspect , marqué d’un caractère de suspicion.
Voilà précisément l’omission qui me donnera la force de [loursuivre par tous les moyens de droit , nonobstant protestation de bonne foi , les vendeurs du bien de la Bibliothèque et de la propriété de l’État.
Nauket.
' • Je me suis parliculièrement occupé de ceux-ci (les livres de la Biblio-
llièque), et j’en ai fait rentrer un bon nombre. Dernièrement j’ai
trouvé parmi ces bouquins, etc. >. (Suit l’énumération, en tout cinq volumes, qui, ajoutés aux deux de Biirney, font sept.)
lie L’ivrtiiMEnie de ciuru.ET, r.cE de VAiurKAïui, ».