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Lettre à M. Welcker, sur quelques inscriptions grecques de la Sicile

Je céde au désir que Vous m'avez plusieurs fois exprimé, εἰ que je partageais, de contribuer, autant qu'il pouvait être en moi, et pour une bien faible part sans doute, à la publication de Votre Rheinische Museum, en Vous adressant quelques observations sur des inscriptions grecques, déjà connues ou encore inédites, que j'ai eu occasion de voir et d'examiner par mes propres yeux, dans mon voyage en Sicile. Vous ferez de ces notes l'usage qui Vous conviendra; et pour Vous mettre plus à Votre aise, j'entre en matière sans autre préambule, ᾿ .

Un des monuïnens de la belle antiquité grecque qui avait excité le plus mon intérêt, en Sicile, était le théatre de Syracuses, où l'inscription de la Reine Philistis, BAXSI AIS- ZAZ OIAIZSTIAOZ, qui s'y trouve gravée m'offrait, comme l'existence même de cette reine, une sorte de problème archéologique, longtems agité entre les antiquaires. Il doit être maintenant reconnu que les médailles qui portent la même inscription, BAZIAIZZAZ @IAIZTIAOS, au revers d'une téte de femme voilée, qu'on ἃ prise, à tort suivant moi, pour le portrait de la Reine Philistis, appartiennent au règne d'Hiéron Il; c'était l'opinion de Visconti 1); c’est aussi celle qu'a établie, à l’aide de considérations nouvelles,

1) Zconogr. gr. Τὶ U, p.23, pl, XXXVIIL, πο. 5 et 8.

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le savant M. Osann 2); et je puis dire que c’est une vérité numismatique que je me suis attaché à démontrer, d'après des argumens qui me sont propres, dans un mémoire sur Les monnaies de Pÿrrhus, roi d'Épire » frappées en Sicile, mémoire destiné à faire partie du recueil de notre Académie 3). Ce point établi, il restait encore à résoudre plus d'ane question curieuse, au sujet de l'inscription du théatre de Syracuses; et c'était là aussi l'un des principaux motifs de la curiosité qui me portait à étudier ce monument, et qui m'y fit employer deux jours ‘entiers d'une observation attentive.

Il n'est pas nécessaire de s'attacher à prouver l'authen. ticité de cette inscription, quoiqu'il ne soit pas tout à fait exact de dire, comme l'a fait un critique , 4) qu'elle n'a été. mise en doute par personne; car le judicieux Eckhel avait commis cette faute; 5) sans compter ἢ opinion extravagante du géographe Mannert, qui croyait que les médailles de Philistis avaient pu être fabriquées par quelque faussaire qui aurait ensuite gravé l'inscription dans le théatre, pour accréditer son imposture. 6) Jamais peut-être l'envie de trouver en défaut les monumens ou l’histoire, cette envie, qui se prend, chez certaines gens, pour de la critique, et qui n'est bien souvent en eux que de l'ignorance, na fait accumuler plus de suppositionis gratuites et d'erreurs matérielles. 1 suffit d’avoir pu jetter un coup - d'oeil sur l'inscription dont il s'agit, pour être convaincu , non seulement qu'elle est anti. que, mais qu'elle est du même temps que la plupart des médailles de Philistis; car les caractères en sont absolument de

2) Fr. Osanni de | philiside Syraeusarum Regina ane Giessae, 1825, pag. 1—20.

3) Là le 16, Décembre, 1831.

4) Letronne; Journ. des Sav. 1827, Juillet, p. 389.

5) Eékhét Dôctr: Num. 1, 265: Si modo non ficta est (sad ptio; nam similem fraudem etiam Panormi intentatam refert Dors villius. Reliqua qruia incerta. cf. Dorvill. Sicul. p.43.

6) Mannert, Geophraph. der Alen, 1X,.336.

grecques de la Sicile. , 3 la même forme, qui est celle du plus bel âge de la paléographie grecque; et la gravure en est si soignée, qu'elle ne peut appartenir qu'à des mains grecques, certainement au siècle d'Hieron II. Cette inscription, du reste, n'était pas la seule qui fût gravée dans cette même partie du théatre de Syracuses. 11 en existe une seconde, presque anssi bien conservée, de la même forme et du même âge, BA- ZIAIZSAS NHPHIAOS, de la Reine Néréis; et l'on découvre Çà et à des traces de quelques autres inscriptions semblables, au sujet desquelles ïl sera d'autant moins hors de propos de consigner ici le résultat des observations, que j'ai pu faire, avec tont le soin dont j'étais capable, dans le théatre de Sÿracuses, que ces fragmens d'inscriptions ont été rapportés très diversement, 7) et que l'objet ne m'en semble pas avoir encore été bien déterminé.

Il faut d’abord rappeler la disposition générale du théatre de Syracuses, pour se faire une idée juste de la ‘place particulière que les inscriptions y occupent, 8) ZL’Æémi -Cycle, encore anjourd'hui conservé presque dans son entier, se compose de deux ordres de gradins, taillés dans le roc vif, et séparés par un darge pallier, ou précinction Ἵ les gradins forment neuf cunei, ou distributions verticales, au moyen d'escaliers qui montent de l'orchestre à l’extrémité supérieure de l’'Hémi- Cycle ; et c'est sur le podium, où mur d'appui, qui régne au dessus du Diazôma, ou de la Precinction, et qui est divisé en neuf compartiments, correspondant aux neuf

7) Entre autres, par l’auteur d'ane Lettera al Duca di Serradifalco \sopra una iscrizione del Teatro Siracusano, 1825, dont il scra plusieurs fois question dans le cours de ces observations,

8) Un architecte anglais, M. Donaldson, ἃ pablié récemmeüt, dans on Supplement 10 the Antiquities of Athens, London 1830, pl. IV et V, p. 48—51, un plan, accompagné de quelques details du Théatre de Syracuses ; mais ce travail n'est ni assez complet, ui assez exact, pour tenir lieu de celui que nous devons atteudre de M. Hittorif; j'aurai occasion d'y reiever plus bas quelques erreurs, qui ne sont pas propres à inspirer beaucoup de confiauce dans le résultat de ses recherches.

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cunei, que sont gravées les inscriptions ; en sorte que Ces ins scriptions elles-mêmes, deux desquelles seulement sont restées intactes, devaient être primitivement au nombre de neuf. Voici maintenant l'ordre dans lequel elles se trouvaient placées, et qui n'a pas été suffisamment observé, dans les relations qu'on en a données.

En se dirigeant de gauche à droite, le mur dela première division n'offre actuellement aucune trace de caractères. L'inscription, BASLAISTAZ NHPHIAOË, se lit sur la seconde; vient ensuite, sur la troisième, l'inscription, BASIAISSAZS OLAISTIAOS; sur la quatrième , en partie ruinée , on distingue encore les quatre lettres, ΣΤΑ͂, (sic) entre lesquelles, et les: trois lettres finales assez bien conservées , (sic) ZVOZ 9), s'étend ‘une lacune qui, d'après la dimension établie des garactères, et d'après la manière constante dont ils sont distribués, ne peut être remplie que par les mots: BAXIAEOZ TEAQNOS ou IEPONOZ. La division suivante, qui est la cinquième, est tellement endommagée , et pleine, dans les crevasses du roc, de plantes qui y ont pris racinC; qu'il m'a été impossible d'y rien dé-

9) Un antiquaire du pays, le chanoine Capodieci, dont le témoignage est cité par un voyageur allemand, Kephalides, Reise durch Italien, 11, 31, avait déterré en 1809 et tenu secret un fragment d'inscription qu'il lisait ainsi: .-. 4514... NO EZ...X...0.

est évidemment le même fragment que j'ai relevé, et qui se lit actuellement à découvert sur le mur d'appui du quatrième cuneusÿ et c’est du même fragment sans doute qu'il est question dans ce passage de la Lettera al duca di Serradifalco, citée plus haut, Ρ- 19: nel quale (Semicerchio del Teatro) si legge ancora adesso il principio della parola BAZSIAÏIZSA spesso ripetuta. À la page précedente, 18, il avait été dit, mais d’après une simple coujecture, che ΒΑΣΙΛΈΩΣ (lisez: BAZIAEOZ) TEANNOËZ era pure iscritto nella fascia del Teatro. Riedesel, témoin de la découverte récente de l'inscription BASIAIESAE ΦΙΑΙΣΤΙΖΟΣ, ajoute que le comte Gaëtani, auteur de cette découverte, lui montra, dans un autre endroit du théatre, une seconde inscription dont on ne pouvait plus distinguer que les lettres , ATAEOT; Voy. son Piaggio in Sicilia, p. 63, ediz. ital. Palermo , 1f#21. Or, ces lettres, ATAEOZ, peuvent se rapporter au mot SIAEUS, aussi bien qu'au mot HP4- KAEOZ. -

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couvrir, à l'exception d'uné 3. L'aquéduc d'un moulin, eonstruit dans cette partie du théatre, a caché ou détruit le reste de l’inecription qui s’y lisait encore entière, à ce qu’il parait, dans le dernier siècle, et qui se composait des deux mots : “ΟΣ (auquel doit appartenir le Z que j'ai retrouvé), 01 YM- ΠΙΟΥ. Au commencement de la sixième division, pareil. lement toute crevassée et remplie de petites plantes qu'y fait croitre l'humidité produite par l’aquéduc, je n'ai pu distinguer encore qu'un Z, dont il ne tiendrait qu’à moi de faire un élément du mot BAZIAEOZ, ou BASIAISEASZ, La septième offre encore plusieurs caractères, dans l'ordre et dans la distance respective que γα ἐφ PAT4 OPONO> (sic). Ce sont sans doute ces lettres mal lues par quelques antiquaires du pays, 10) qui ont donné lieu de composer l'inscription : HPAKAEOZ OPONIMOY, ou ETOPO:

NIOY, dont un autre antiquaire, qui ne parait pas avoir recherché par lui-même les traces de ces caractères, bien qu'il ait été sur les lieux, a voulu faire : 1EPOKAEOZ EY®OPONOË, ou même: HPAKAËETAZS IEPONOE w) :

toutes suppositions, trop éloignées des caractères qui subsistent , et trop contradictoires entre elles, pour mériter la moindre confiance. La’huitième et la neuvième division, enfin , ne presentent que des traces de lettres qu'il est absolument impossible de distinguer 12. ‘el est le résultat, assez

10) Voy, Capodicci, Antichi Monumenti di Siracusa illustrati "II, À. 17, 18, 20, Siracusa, 1813, 4°, et la Verità in prospetto, etc., p. 74, Messina , 1818, 8%. cf. Torremuz, cl, VII, ἢν 11, p. G2: .... AKAEOZ..... HPONI....

11) Panofka, Lestgra al duca di Serradifulco, p. 5, 20 et 41.

12) M. Donaldson rapporte de la manière suivaute les inseriptions dont il s’agit, sans dire d'après quel témoignage il les a relevées, ou si c’est d'après ses propres observations, p. 51:

Cuneus A: inscription effacée,

— — B: BASIAIÈZAZ NHPHIAOË.

: BACIAIÈDLAZ ΦΙΗΙΙΣΊΊΤΟΙΟΣ.

: BASLAIZTAZ .... NOË.

: A10Ë OAYMIIIOY.

ce]

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peu satisfaisant sans doute, mais aussi exact que possible, de deux journées entières d'observations employés au théatre de Syraouses, en mettant à profit les diverses projections d'ombre et de lumière qui s'y produisaient aux diverses heures du jour ; et voici maintenant ce qu'on peut, à mon avis, en ? inférer de plus probable.

I. Les noms de plusieurs Rois et Reines de Syracuses servaient à distinguer un nombre égal de cunei, d'après la place que trois de ces noms, au moins, ceux des Reines Neéréis et Philistis, et du Roi Gélon, ou Hiéron, occupent sur le mur d'appui de la précinction 13). 11. Si l'inscription 410Z OAYMIIIOY, qui dut être gravée sur le cinquième compartiment, a été fidélement relevée, ce qui est aujourd'hui impossible à vérifier, mais ce qui peut être admis comme probable, les noms des principales divinités. de Syracuses, telles que Jupiter Olympien, avaient été employés au même . usage. III. Les noms des princes et princesses de la dynastie des Hiéroclides, qui se lisent à une place aussi marquante du théatre de Syracuses, prouvent que la construction de ce théatre appartient à l’époque de Ja domination de cette

Cuneus F: JAN..,4,.,.... AN.

— — αΑ: HPAKAEOZ EYHPONIOY.

— — ll: effacée.

M, Hugues dans la description qu’il donne du théatre de Syraeuses, Zravels in Sicily , T. I, p. 99, cite comme étant entières les iuscriptions, 4JOZ OAYMITIOY ct HPAKAEOZ EYPONIOY; ce qui prouve qu’il n’y a pas regardé de très-près; sans compter que ce qu’il dit des médailles de Philistis, accuse bien peu de connaissance de ces monumens, On voit, avec quelle légèreté, artistes, voyageurs, antiquaires ont procédé iusqu’ici à l'examen d'inscriptions, dont il est cependant si facile de vérifier l'état actuel, pour peu qu'on y employät quelque tems et quelque attention.

que ces inscriptions occupaient/Jconogr. gr. I, 22, 1); et l'erreur que lui prête l'auteur de la Lettre du duc de Serradifalco, p: 26: la quale Visconti erroneamente pretese che appartenesse ad una statua di quella Regina , prouverait que cet auteur n’a pas très- bien lu, ou du moins qu'il n'a pas parfaitement compris le texte de Visconti,

13) C'est ce qu'avait ee Visconti, d'après la place même

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famille. 14) Telles sont les notions à peu près certainæ que l'on peut retirer de ces inscriptions. Il ne reste plus qu'une question à résoudre ; c'est de savoir si les noms qu'elles présentent, indiquent les places respectives affectées aux personnages dont il s'agit. Plus d'un savant s'est déjà prononcé pour l’aflirmative. Ainsi, l'un des antiquaires cités plus baut admet qu'aux mots BAZLIAIZSAS @IAISTIAOS et AI0Z OAYMHIOY, il faut sous-entendre ΤΌΠΟΣ, et traduire en conséquence: (place reservée) de la Reine Phidistis ; (place reservée du Grand- Prétre, ou des prétres) de Jupiter Olympien ; 15) et l'on ἃ cru trouver, dans des fragmens d'inscriptions, provenant du théatre de Milo, ainsi conçus: NEANISKo» TOïllos, ΤΟΠΟΣ YMNSdwv, place des Jeunes Gens, place des Hymnôdes, 16) un exemple toutἃ - fait analogue, Il n’y a cependant ancune parité à établir, entre des inscriptions, telles que celles du théatre de Milo, relatives à des ordres entiers de citoyens, qui avaient en tout tems leur place déterminée à ce théatre, et les περ inscrip-

14) À l'appui de cette induction, j'observe que la construetion de l'Olympieion d'Achradine était due à la munificence d'Hiéron II, Diodor. Sic. XVI, 82; c'était-aussi dans ce mème quarticr d’Achradine, où était situé Le théatre, qu'avait été érigé par le mème prince ce maguifique autel dont parle Diodore, ὅ πλησίον τοῦ ἊΣ: τροῦυ βωμός; en sorte qu'Achradine avait été particulièrement EMmnbellie, par Hiéron IL Je rémarque encore que M. Rathgeber, qui a réuni avec tant de soin toutes les notions qui concernent les deux Olympieion de Syracuses, Allgem. Encyclop. von Ersch uud Gruber, au mot Olympieion zu Syrakus, p. 246—49, n’a pourtant fait aucune mention de l'inscription 410Z OAYMIIIOY, qui devait, suivaut moi, se rapporter à l'Olympicion d’Achradine.

15) Annal. dell’ instit. archeol. ‘F, 1, p. 345. On remarquera que, dans le mème endroit, il est dit que les géaitifs BAZIAISZAZ PIAIETIAOZ, BAZIAISZAZS NHPHIAOZE, en sousentendant τόπος, désignent les places de La Reine Philistis et de la princesse royale Nereis; ce qui tend à attribuer au mot BAZJ.1122 AT, employé dans le même cas, deux significations différentes, uniquement pour parer à la difficulté qui résulterait de l'existence contemporaine de deux Reines, qui auraient siégé, au mème titre, dans le mème theatre.

16) Annal. dell’ institut, archeol. T. ΤΠ, p. 344,

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tions correspondant aux neuf cunei du théatre de Syracuses, PRE figurent des noms de personnages réels ou de divinités locales. 17) 11 est bien plus simple et bien plus paturel de croire, qu'on s’est servi de ces noms pour distinguer les diverses parties du théatre ; qu'on a dit, par exemple; le cuneus de læ Reine Philistis, le cuneus de Jupiter Olympien ; au lieu de dire, le troisième cuneus , le cinquième cuneus ; en ‘un mot, que ces désignations étäient purement honorifiques ; et cela, dis-je, est plus simple et plus naturél ; que de supposer qu'elles indiquaient la place réelle de la reine Philistis, eelle du Grand- Prétré, δὰ des prétres de Jupiter Olympien; et ainsi des autres. L'ellipse un peu forte qu'il faut admettre, et la supposition passablement arbitraire qu'il faut se permettre , pour interpréter cette derniere inscription, ΖΙΟΣ OAYMIMOY, comme s'il y avait ΤΌΠΟΣ ἹΕΡΈΩΝ AIOE OAYMMIOY, cette ellipse et cette supposition sont médiocremént autorisées par l'exemple qu'a imaginéun critique /’en”disant que chéz nons, si le clergé des diverses paroisses d'une ville avait ses places marquées dans un lieu public, on pourrait bien mettre au dessus des places, Place de St. Pierre, de St. Jacques ; de ϑὲ. Jean, pour dire; places réservées au clergé de St, Pierre, de St. Jacques, de St. Jeans) Je laisse à d'autres à décider si cet exemple est aussi heureux et aussi décisif qu'il le semble à son au-

17) Dans des théatres, comme ceux de la Grèce, presque tous taîllés dans le roe, ou revètus de marbre, et destinés à une longue existence, on conçoit qu’il y ait eu des places marquées pour des ordres de citoyens, pour des corporations d'individus; qu’il y ait eu la place des Éphèbes, τόπος ἐφηβικός, celle des Sénateurs, 16nos βουλευτιχός, comme dit Suidas; mais on ne conçoit pas de mème qu’il y ait eu des places pour tel ou tel personnage, pour la reine Philistis, pour la reine Néreis, à moins d’une raison particulière, d'une circonstance locale ou accidentelle ; car, dans le cours des siècles suivants, qui eût occupé ces places spéciales? qui eût siégé à ces places reservées? ct dès-lors, à quoi eussent servi, en d’au-

tres Lemps et pour d'autres personnes, ces inscriptions gravées pour des personnes qui n'étaient plus ?

18) Letronne, Journ. des Saw. 1827, Juillet, 391.

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‘teur ; et je ne m'arrête pas à discuter jusqu’à quel point cet expédient, tiré de la présence du clergé de nos paroisses dans un lieu public, est ingénieux en soi et applicable à une question d’antiquité grecque. Je me borne à dire que la première explication, proposée d'abord par Visconti, est véritablement la seule qui soit conforme à la nature des choses et à l'usage ordinaire de la langue. Je pourrais me contenter de citer, à l'appui de cette opinion, un seul exemple qui, bien qu'emprunté à l'antiquité romaine, ne s’en applique pas moins directement à notre objet. Entre autres honneurs rendus à la mémoire de Germanicus, Tacite rapporte que lordre équestre appella du nom de ce prince le cuneus distingué auparavant par le nom des Jeunes Gens: 19) equester ordo cuneum GERMANICI adpellavit qui IVNIORVM dicebatur, C'est absolument de la même manière et avec Ja même intention que les divers cunei du théatre de Syracuses portaient les noms de plusieurs Princes ou ‘Princesses de la race des Hiéroclides, joints à ceux des principales divinités de Syracuses. Mais 16 puis ajouter une dernière considération qui a été négligée par le critique. ‘11 existe des Tesséres, qui avaient servi pour la célébration des jeux du théatre et du cirque, et qui portent, avec des inscriptions , telles que celles ci, AAEAOOÏI, AICXYAOY, relatives à la représentation des Adelphes, à celle de drames d'Aeschyle, d’autres inscriptions, ÆAIOA4AQN, APHC, suivies de lettres numérales, qui ne pouvaient avoir pour objet que d'indiquer, par le nom du Dieu, le cuneus, et par la lettre numérale, la place qu'on devait y occuper. (C'est ce qui a été expliqué avec toute raison par le savant et iudicieux Morcelli, 20) et ce qui est prouvé par un certain nom-

19) Tacit. Annal. IL, 83.

20) Voy. sa dissertation delle Tessere degli Spettacoli Romani, publiée, avec des notes pleines de savoir et de critique, qui complétent et achévent d'éclaircir le sujet, par M. Labus, Milano, 1827, Ῥ. 1- 5.

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bre de Tesséres de plomb, connus des antiquaires, et por tant, au revers d’une Zéte ou d'unc figure de divinité, indiquant le cuneus, des lettres, telles que celles-ci: C. XIIC, ou XC qu'on ne peut interpréter que de cette manière: Cuneus Duodecimus , Circensibus , et Cuneus Decimus, Circensibus. 11) Mais en voilà suflisamment sur ce sujet. Ἢ,

Je ne m'éloignerai pas beaucoup du site de l'antique Syracuses et du siècle d'Hiéron 11, en Vous entretenant, eu second lieu, d'une inscription , qui appartient à une colonie Syracusaine et à la même époque, et dont je me crois pas qu'on ait encore donné la véritable explication, Cette inscription, découverte il y a peu d'années dans les ruines de l'antique Acrae, la moderne Palazzolo, est gravée sur une petite base de marbre, en caractères, d'une. forme excellente , et avec up soin extrême ,.qui exclut toute idée d'y soupcônner la moindre altération, qui s'oppose à toute envie d'y faire le moindre changement. Elle se trouvait, en 1827, dans le musée du baron Judica , où je pus la copier , ignorant encore qu'elle venait d'être publiée par l'auteur de la Lettre à M, le duc de Serradifalco.») En voici la teneur, fidélement reproduite:

at) Hparaitrait qu'après avoit admis sur ce point l'interprelation de Bianconi, dei Circhi, p. 26, Morcelli aurait depuis changé d'a vis, et préféré de lire Cenaculum duodecimum, de Styl. vet. inseripe. p. 257% voy. la note. XIX, p. 44, de M, Labus, C’est d'ail leurs une question d’antiquité que je me propose de traiter, en pu-

blisnt, avec des observations nouvellés, un assez grand nombre de Plombés antiques , ide qui font partie de notre cabinet.

Qerr Rocette fhéint den, Aufjag von Herr Prof. Gôttiing im Mein. Mufeum Th. ἢ S. 103, mit dem Nadtrage, ©. 189, nidt gelannt gu haben. nm. der Deratsg. Ê aa) Lettera ; ps 37—/4oe Ce savant à Lu, à la cinquième ligne, AINAILZ OGEAIZ, leçon qui se relrouve aussi, dans la copie de Feu M7 Thoïlacius, et qui, si elle est conforme à celle du marbresque je:erois avoir pourtant fidèlement transcrite, accuserait une inadvertance de la part de l'ouvrier. Le mème savant justifie cette expression par un texte de Pausanias 1V, 33, 5; cf. H,us,3. τὶ eût sé plus à propos de citer une inscription grecque de. Taurowmenium publiée par Torremuzza, Inscr. now. collect, el, 1, m 11, p. 1, ét ainsi conçue: O£AIZ ATNAIE X.1PIETHPION, εἰς. cf, Ar. chiloch. Fragm. LXX VII, 185—86, Licbel; Hymn. Homer, ad Cerer.

grecques de la Sicile. it

ENLAPISTOAAMOY TOY ΣΩΣΙΒΙΟΥ͂ NYMOOI IEPONOZ MNAMONEYZAZ ATNAIZS OEAIS La principale difficulté que présente cette inscription, vient du mot NYMOOÏI, mot inconnu jusqu’à présent, employé comme il l’est ici et suivi du participe MNAMHO- ΝΕΥΣΑ͂Σ. Une autre difficulté moins grave résulte du sens même qu'il semble naturel d'attacher à ce participe MNA- MONEYZSAS, celui de consacrer un souvenir ou un monument. Or, ni l'une ni l'autre de ces difficultés ne me paraissent encore résolues, ni par l'antiquaire, qui a le premier publié cette inscription, ni par le critique, qui en rendant compte de ces diverses explications, sans en approuver aucune ,. en a proposé. une nouvelle. 23) Le premier, après avoir essayé d'interpréter le mot NYMO@®OI, comme synonyme de NYM@OATATOI, arrêté par l'irrégularité de syntaxe qu'offre la construction de ce mot pluricl avec un participe singulier , s'est décidé à voir ici un nom propre NTM@OS, ou même NTHMONN, suivi d'un autre nom propre IEPSNOS; ce qui réduirait l'inscription à une forme très- ordinaire, et conduirait à l'interprétation que voici: Sous Aristodamus, fs de Sôsibius, (Prêtre ou Magistrat ?), Nymphus (ou Nymphôn) , fils d’Hiéron, ayant consacré ce souvenir aux Chastes Décsses. Suivant le second, à qui La leçon NYM®OZ, ou plutôt NYMOIOZ, parait certaine, et qui tranche ainsi Ja plus forte dificulté, le participe MN AMONEYZEAEZ doit s'interpréter par: ayant exercé la charge de Mnémon; d'où il suit que l'inscription devrait se traduire; sous Aristodamus, fils de Sôsibius, Nymphius, fils d'Hiéron, ayant été 438. Je pense, du reste, avec l’auteur de la Lettre, que les expressions TN AI OAI désignent exclusivemeut , sur nos inscriptions de Sicile, Cérés et Proserpine.

43) Letroune , Journ. des Savu. 1833, Juillet 391—92,

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Mnémon, a consacré ce monument aux Chastes Déesses. Tel est l'état de la question. ᾿ Les deux interprètes, en supposant qué le marbre pou-

. vait être corrigé, de manière à lire NYM@®OZ, ou NYH-

ΦΙΟΣ, ou NYMOON, ont fait une supposition inadmissible. S'il est en général imprudent et dangereux de corriger des textes, uniquement parcequ’on y trouve, soit des mots nouveaux, soit des locutions insolites , ce système, dont on a beaucoup abusé, a bien plus d'inconvénients encore, quand il s'agit d'inscriptions, comme la nôtre, simples dans leur objet ; autant que concises dans leur énoncé, gravées d'ailleurs avec tout le soin possible, dont la conservation est parfaite, et dont l'intégrité ne laisse absolument rien à desirer, rien à suppléer. Le mot NYMO@OÏ, quelle que soit la diffculté qu'il présente, est indubitablement la lecon antique ; je m'en suis assuré par une observation attentive, par uu examen répeté à plusieurs reprises: et sur ce point l'on aura d'autant plus lieu de s'en rapporter à mon temoignage, que ma copie s'est trouvée d'accord avec celle de M. Panofka ; et cela, quand nous ne pouvions manquer l’un et l’autre d'être frappés de la singularité de ce mot et de l'irregularité de cette construction. 2) C’est à quoi n'avait pas réfléchi le critique, qui avait admis si légèrement la leçon N YM®O

NYMO@OIOZ comme certaine, tandis qu'elle est certainement fausse. La lecon NYMO®OI ainsi constatée, toutes les suppositidns fondées sur une lecon différente, tombent necessairement d'elles mêmes, [1 ne s’agit donc plus que d'expliquer les mots, NYMOOI ΙΕΡΏΝΟΣ, si cela se peut faire à l’aide des og ην ἐς μὲ nous possédons, où de les déclarér inintelligibles, faute d'un pareil moyen; ce qui vaut encore mieux, tout facheux que cela puisse être, que de recouir à des corrections arbitraires et à des suppositions hazardées, qui

24) Feu M, Thorlacius avait lu aussi: NYMGOI IEPANOZ.

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sont, toujours faciles au savoir le plus médiocre, et qui ne produisent que des notions fausses. Mais ce n'est pas là heureusement le cas οὐ nous nous trouvons par rapport à notre inscription.

Bien que le mot NYMOOT soit nouveau pour nous, qu'il n'ait été indiqué par aucun lexicographe, et qu'il ne se soit produit encore sur aucun monument, ce mot, qui put fort bien exister dans la langue dont nous sommes si loin de possédet le vocabulaire entier, est en tout cas très facile à expliquet par l'analogie. Si le mot Νύμφη fat d'un usage général pour signifier une Jeune fille en âge d’être mariée, où recemment mariée, le maseulim Nvugos a pu être employé, dans quelque dialecte de la Sicile, 25) ou d’ailleurs, pour diré uh Jeune homme nubile, au lieu du dérivé Νυμφίος, qui exprimait généralement cette idée. 26) Les mots ἀδελφὸς et ἀδελφή, qui offrent la même composition et le même rapport que Νύμφος et Νύμφη, viendraient à l'appui de cette observation, et dispenscraient de citer d’autres exemples sem: blables. Mais, à défaut même de ces exemples, et sans considérer que le mot γύμφος est formé d'après toutes les règles dé’ la langue, et qu'il n’a contre lui que de ne s'être encore rencontré sur aucun monument : ce qui est le cas de tous les mots nouveaux qui s'y présentent pour la première fois ; j'observerai que ce mot a pu faire partie de quelque dia-

25) J'observe que Théocrite, dans son dialecte Syracusain, disait πότνα “Σελάνα, Idyll. W, 69 ; ce qui offre un exemple équivalent; et si l’on objectait que Πότνα pour 1Π]ότνεα est ici une forme poëtique, je répondrais que, sur un vase peint, où l’ou ne peut admettre une pareille explication, Visconti a lu la même acclamation, JIOTNA ZEAANA; Voy. daus le recueil de Tischbein, IU, 44, le vase qui a suggéré à "Visconti cette ingénieuse idée, et dans le Cabinet Pourtalès, p. 20, 54 l'observation même de Visconti.

26) Magn. Etymol. V. Nouglos: ὅ γαμετῆς τυχών. l’idée qu ‘exprimait le mot ἠΐϑεος, des les temps homériques, Phot, Lexic, v. ‘Hideos* ὁ ὥραν yéuou ἔχων χαὶ μηδέπω γεγαμηχώς, repondrait à celle que j'attacherais au mot Nüugos. Voy. Münter, Amig. Abhandt, p. 213.

14 Sur quelques inscriptions

lecte particulier de la Sicile. 11 n'est pas de monuments écrits de la langue des Grecs de ce pays, qui ne nous offrent, à mesure qu'on en découvre, des expressions nouvelles et

. singulières, qu'il faut bien nous résoudre à accepter comme

authentiques, en attendant que nous puissions leur trouver un sens propre ou une expression analogue, et ce n’est pas un si grand malheur, que cette nécessité d'enrichir nos dictionnaires , au moyen de ces mots nouveaux, qui peuvent ajouter à nos connaissances. Sans sortir d’Acrae, colonie Syracusaine, dont presque tous les monumens, recouyrés dans ces derniers temps , portent l'empreinte d'un goût exquis et d’une des plus belles époques de l’art et de la langue grecques , les inscriptions qu’on Υ a découvertes en dernier lieu et que j'y ai copiées, renferment quelque autres mots tout aussi nouveaux , et non pas plus. inintelligibles, que celui de ΝΝύμφοι; tel est, pour n'en citer qu'un exemple, le mot OPAAATHP, pour désigner un emploi public, que sa relation avec celui d'écrivain, de secrétaire, TPAMMATEYZ KAI OPAAATHP, nous permet d'expliquer comme une espèce de Scribe et d’Orateur public, diffèrent du KPAYE, Praeco. Vous ne serez sans doute pas fâché de trouver ici une de ces inscriptions d’Acrae, vs se produit le tître en question, fidélement copiée ; elle est suf une base de marbre blanc : 27) OIAOKPATHE ADPOAITAI

ATOPANOMOI KPITONKPITANOZ

AION Y5049POZZAQI1 YPO YEIHITONOE ENITONOY

37) Cette inscription, copiée aussi par Feu M. Thorlacius, qui visita Palazzolo daus le cours de la même anuée que moi, ἃ été publiée, avec d’autres marbres de la collection du baron Judica, dans le Giorn. Arcad, di Roma, Ὁ, XXXV, p. 339 544. Cela ne m'empèche pas de reproduir ici la copie que j'en avais faite; et j'userai de la mème liberté pour quelques autres de ces inscriptions, où ma copie diffère en un petit nombre d'endroits de la leçon suivie par le savant antiquaire Danois, Ce sont autant de variantes qui peuvent servir à constater le vérilable texte des monumens; et plusieurs témoignages, au lieu d’un seul, ne sont pas inutiles, quand il s'agit de fixer une leçon, telle que NY#1401,

grecques de la Sicile. 15

EYOPAIOSKAAAIKPATEOZS TPAMMATEYE ΚΑῚ TPIAKAAAPXOI OPAAATHP AAMOKPATHE APISTOKPATEOZSN YPPIXOZAPISTOFEITOY ATEAZ ATEA YIHOTPADEYE ATIOAANNIOZ ATAOQNOE AAMOKPATHE ΦΙΖΙΟΥ EAQPISAMOAAQNIOY YILHPET AZ APISTODANHEAPXATAO0YAPISTOMENHE ΖΏΠΥΡΟΥ HPAKAEIAAZ AAMATPIOY KAPYE . APISTEAE ΞΕΝΩΝΟΣ MENEKPATHZSQ3IOZ Mais, pour ne pas nous écarter de notre inscription, je pense qu'en voyant, dans les NYMOOÏZ qui y sont nommés, une classe de jeunes gens en âge d’être mariés, nous serons bien près de la vérité, sans avoir fait aucune violence ni au monument, ni au génie même de la langue, C'est d’ailleurs une notion qui s'accorde parfaitement avec le mot qui suit ἹΕΡΏΝΟΣ; et pour montrer cet accord, qui me fournira un moyen d'interprétation péremptoire, j'ai bésoin de rappeler auparavant une inscription, publiée dans les recueils d’inscriptions de la Sicile, et qui se trouve à peu de distance de Noto : 28) ἘΠΙΡΓΥΜΝΑΗΣΙΑΡΧΩΙν) “ῬΡΙΣΤΙΩΝΟΣΤΟΥΜ“Γ.Θ[άρχου] ΦΙΖ“ΙΣΤΙΩΝΟΣΤΟΥΕΠΙΚΡΑΤΙεος] NEANIZKOI IEP9NEIO(:] | Ἡ n'a pu échapper à aucun des savants qui ont publié ou reproduit cette inscription, parmi lesquels je citerai seulement Torremuzza , Burmann, et en dernier licu M. Osann, qu'il s'agissait ici d'un voeu, accompli par les jeunes gens d’un gymnase, fondé par le Roi Hiéron. Les mots, Νιεανισχοὶ ‘I8ρωνείου, sous entendu Γυμγασίου, ou, comme j'aimerais

28) Voy. Biscari, Piaggio, etc. p. 101. L'inscription est rapportée par Gualtheri, Antig. Tabul, p. 50, n. 339; par Gruter, p, 109, 4; par Burmann, ad Dorvill. Sieul. p. 544; par ‘J'orremuzza, Sicil. ver. inscripe. cl. VII, n, 8, p. 101, et en deruier lieu par M. Osaun, de Philistid, p, 17.

16 Sur quelques ivscriptions

mieux, “Ἱερώνειοι, ne peuvent s'interpréter autrement que ne

l'a fait Burmann: Juvenes Hieronei, id est, Gymnasii ab Hierone condüi, 9) et à l'appui de cette explication, M. Osann ἃ rappelé fort à propos le témoignage d’un écrivain grec concernant les établissements gymnastiques dus à la mu-

nificence d'Hiéron II, 30) Ce point établi, il reste une ob-

servation à faire; c'est que, par le mot Νεαγισχοὲ 31) on entendait une certaine classe de jeunes gens, parmi eeux qui fréquentaient le Gymnase, et qui devaient être distribués en plusieurs troupes ou catégories, en raison de leur âge. Il est probable en effet que sous la dénomination générale d’Ephèbes , Ἔφηβοι, qui désignait la totalité des jeunes gens admis aux exercices du gymnase, on comprenait plusieurs divisions, correspondant aux principales époques de l'adolescence; et sans sortir de la Sicile cette notion résulte positivement du passage de la célèbre inscription de Géla, 532) où il est question τῶν τε Ἐφήβων καὶ Newtégwy καὶ τῶν ἄλλων τῶν ἀποδυομένων ἐς τὸ γυμνάσιον; car ce passage nouë fait connaître trois classes de personnes admises dans le Gymnase; I. les Ephèbes, proprement dits, ou Jeunes gens, de

‘seize à dix- huit ans ; 33) Al. les Adolescents, d'un age plus

29) Ignarra, qui admettait dans le mème sens l'expression Wexψισχοὶ Ἱερώνειοι, trouvait un exemple analogue dans ces mots: /4χτιαχῶγν παίδων, de l'inscription de Naples qu’il a publiée, V, 14 et

* 27, de Pal Neapol. c, AV, p. 66, et dans ceux ci: “Ππηολετεχῶν Ilat=

dwy , d'une autre inscription napolitaine, ap. Corsin. Dissert. Agon. P- 103.

30) Athen, V, 10, ho6, E: 6 δὲ “έρων, ὃ Συρακουσίων βασιλεὺς, ὁ πάντα Ῥωμαίρις φίλος, écnoudadxes μέν xai περὲ ἱερῶν χαὶ γυμγασίων χατασχϑίές.

31) J'ai cité plus hant, p.6, une inscription du théatre de Milo, où il est question de la place qu'occupait à ce théatre une classe d'Ephèbes ainsi nommée: NEANIZEKAON TOIIOZ. Sur un marbre

rec de Thyatire, apud Gud, Praefat. Append. n XXVII, 2, il est ait mention des VEAWLÈKOI d'un Gymnase,

32) Burmann. ad Dorvill, Sicul. p. 510, sqq.

33) Van - Dal. de Gymnas. p. 661; lrid, Marm, Oxon. XV, 87,

grecques de la Sicile. 17

tendre, Νεώτεροι: 111. et le, reste des personnes, qui: sans doute ayant passé l'âge de la jeunesse, avaient obtenu la permission ou conservé l'habitude de s'exercer dans. le gym. d nase, où ἄλλοι οἱ ἀποδυόμενοι ἐς τὸ γυμνάσιον. On: sait qu'il exista ailleurs des catégories de ce genre, plus ou moins. nombreuses , à raison des coutumes particulières des villes grecques. Sans parler des ἀλειφόμενοι, nommés sur une ἐπα scription de la Sicile, 34) on connait les ᾿Δγέγνειοι καὶ Παῖδες, dont il est fait mention sur plusieurs marbres grecs, 35)

34) “γριὰ Gualther, n, 316, p. 48. Cette inscription se lisoit sur une base de statue érigée à un perse nowumé ATAG- APXON HPAKAEIOY (sons- entend. ἀνέστησαν, ἐτίμησαν). Les mèmes noms se reproduisent souvent sur des inscriptions d’Acrae, entre lesquelles je choisis encore celle-ci, que j'ai copiée à Palozzolo :

EULIHP AK A |[s10|YHOSEIAIO YAPPO[derea

ATOPANOMOI AAIKPATHEAPIZETOEENOY

HP AK AEIAAZAI1O AAOASPOYNIK AZION APTEMANOZ HPAKAFEIOZATAGNNOZ E[qunn)OZ ΘΕΟΦΙΑΟΥ͂

TPLAK AAAPXOI IPAMMATEY.

API MAXOSHIONYZOAQPOYITAYS ANT ASSOSIOZ AAMŸ AINETOZAYKQNOZ (YHOJPABEEZ 21 εἰ EENONAPISTEA ὙΒΡΙΜΟΣΣΩΣΙ. lo

NIKASIAONHPPAIETOY PIAISTIONENSIOZ. / Cette inscription est aussi du nombre de celles qu'avait copié Feu 2 *4 M. Thorlacius, avec quelques variantes, trop peu importantes pour | mériter d'être relevées,

35) Gruter, p. 558 et 5. Sar un marbre de l'Asie mineure, on lit les mots suivants, enfermés chacun dans une couronne, l'un au dessus de l’autre, ZLAIAEZ, HHBOI (sic), ATTAAEZTPAI , apud Gud. Praef. Append. n. XIV/ce dernier mot, qu'il faut lire , AITAAAIZTPOI , désigne probablement les enfants d'un âge trop 7) / tendre pour prendre part aux exercices de la Palestre; ce que Pausanias exprime ainsi, VI, 14, 1: οὐχ ἐπιτηδειός πω νομισϑεὶς aa: λαίειν cf. IT AÏIAEZ TIAAAIZTAI ap. Boeckh, n. 1969, 1°. Il, p. 54. Notre célèbre inscription de Cume offre une distinction analogne, dans ce passage: Y/10 TE ἘΦΑΒΩΝ ΚΑΙ TON ΝΕΩΝ, Caylus, Recueil 11, pl. LV, lign. 50; et il n'est pas douteux que les Nécé du gymnase de Cume ne repondissent aux MWeurépoe de celui de Géla. Quant aux ᾿γένειοε, qui formaient parmi les Æphébes, une classe particulière, par rapport à celle des “Παῖδες, Pausan. VI, 6, 1 et 14, 1; ef. Polluc. 11, 10 et IV, 135 ; il n'est pas-trés facile de déterminer l’âge d'après lequel se séparaient les Ephébes rangés. dans ces deux catégories; Voy. à ce sujet l'inscription de Cyzique, dans Caylus, Recueil 11, pl. LXIII, p, 223; et surtont les observations de AL Boeckh, Corp. inscript. gr. n. 1590, p. 772.

18 Sur quelques inscriptions

comme formant une classe particulière, au sein dé la jeunesse habituée d'un gymnase. Sur un marbre attique, il est question d'Enfants, παῖδες, distribués, à raison de lâge, en trois catégories ;- 36) la même classification se retrouve, en d’autres termes, sur une inscription béotienne ; s7) ailleurs enfin notamment, sur une curieuse inscription de l'île de Chios, récemment découverte et publiée par M. Boeckh, 38) les divers habitués du Gymnase nous apparaissent distribués en cinq classes, dont celles des Enfants, Παῖδες, et des Hommes , ”Avdoes, forment les deux extrémes, et celle des Adolescens,”"Egnfo, se subdivise seule en trois classes, désignées de cette manière: Ἔφηβοι νεώτεροι, μέσοι, πρεσβύτεροι. Ces exemples, qu'il ne serait pas dificile de multiplier, suffiraient bien, à défaut de témoignages plus directs, pour au toriser l'explication que je vais proposer. 1] existe pourtant un de ces témoignages, que je ne puis me dispenser de produire ; c'est celui d’Aristote, qui prescrit positivement d'observer, dans Ja construction et dans la disposition relative des Gymnases, des convenances propres à chaque âge: 39) πρέπει γὰρ διῃρῆσϑαι κατὰ τὰς ἡλικίας καὶ τοῦτον τὸν κύσμον (τῶν γυμνασίων). C'est aussi ce que Platon recommandait dans ses Lois : 40) πανταχῆ δὲ ἐν τοῖς τοιούτοις γυμνάσια χϑὴ κατασκευάζειν τοὺς NÉOYE αὑτοῖς τε καὶ τοῖς γέρουσι x. τ. À. Et cette disposition n'était pas restée exclusivement dans le domaine de la spéculation philosophique ; elle avait été appliquée en fait, et convertie en usage pratique, dans la plu-

36) Boeckh, Corp. inscr. πὶ 232. ces trois classes sont indiquées bien clairement par les mots: παῖδες τῆς πρώτης, τῆς δευτέρας, τῆς τρίτης ἡλικίας; ΝΟΥ, les notes de M, Boeckh.

37) Apud Boeckh. ibid. n, 1590.

38) Bullet. dell’ instit. archeol. 1831, p. 71—72. 39) Arist. Polit. VII, 11, 23 cf. Schneider. ad ἢ. ἐ,

40) Platon. de Legib, VI, 961, e (T. VII, p. 270, Bip); cf. Xenoph. Cyropaed. 4, 2, 3.

grecques de la Sicile, 19

part des villes grecques, à en juger par les exemples que l'on connait de Gymnases des Jeunes Gens, Tuuvaoiu τῶν Νέων, qui existaient dans la même ville, séparément du Gymnase des hommes faits, ou des Vieillards, τὸ γεροντικὸν yvuvaσιον, où γερόντεια παλαίστρα. 41) Quelques- uns de ces exemples sont rapportés par Strabon; 41); et je citerai surtout celui que nous fait connaitre Plutarque, lequel se rappôrte précisément à Syracuses, métropole d’Acrae, où 1] existait, entre plusieurs Palaestres, un gymnase des Jeunes Gens, décoré du nom de Timoldeon. 43).

D'après de tels exemples, et en me fondant sur l’analogic qu'ils me fournissent, je crois pouvoir interpréter les mots NYMO®OOI IEPANOZ de notre inscription d'Acrae, 42} comme offrant , dans 16 dialecte de cette ville, une locution équivalente à celle de NEANIZKOI IEPQNEIOIÏ, du marbre de Noto; et comme il s'agit manifestement sur celle-ci d'une certaine classe de Jeunes gens, ou d’adolescens du Gymnase d’Hiéron, il me parait certain que les NYMOOÏ] IE- PANOS, de l'inscription d’Acrae, formaient, dans le même Gymnase, une autre classe de Jeunes Gens, d'un age un peu plus avancé. Avant de procéder plus loin dans l’explication de ce monument curieux, j'ai besoin d'établir de plus en plus et de justifier par un nouvel exemple l'emploi de certains mots, ou de certaines formes de mots, propres aux dialectes grecs de la Sicile, et ce nouvel exemple, je le prendrai sur un marbre grec, qui appartient, suivant toute äpparence, à cette même ville d’Acrae, et qui concerne aussi une certaine classe d’habitués d'un Gymnase.

41) Arlstoph. apud Polluc, IE, 13. 42) Strabon. XIV, p. 559: τῷ δὲ ϑεέτρῳ duo ἄχρκι, ὧν τῇ μὲν ὑπόχειται τὸ Γυμνάσιον τῶν Νέων, τῇ δ᾽ ἀγορὰ καὶ τὸ Γεροντιχὸν

43) Platarch. in Timol. $. 39, T.I1, 240, Reisk.: xai παλαίστρας ἐνοιχοδῤῥομήσαντες, Τυμγάώσιον τοῖς Νέοις ὠἀνῆχαν, xas Τιμολεύν.τειον τέροςηγύρευσαν, ἢ

41) Je ne puis m'empècher de rappeler à cette occasion que,

20 Sur quelques inscriptions

Le marbre dont il s'agit a la forme d'une base carrée, ou d'un autel, et il offre, dans sa partie supérieure, le mot NAYPOIÏ, gravé en gros caractères, suivi d'une liste de noms propres, qui remplissent toute la hauteur du monument, et terminé par le mot AOPOZAITAI : 25) c'est donc un monument dédié à Vénus par divers membres d'une corporation , compris tous ensemble sous le titre général de NAYPOI. J'ai lieu de croire, d'après la forme dorique sous la quelle se produisent la plupart de ces noms, et d'après la consécration de ce marbre à Venus ,* ADPOAITAI, que l'autel en question appartient à l'antique ÆAcrae, dans les inscriptions de la quelle figurent une partie de ces mêmes noms, avec la même dédicace: ADPOAITAI, 46) Quoi qu'il en

suivant toute apparence, la colonie Syracusaine d’Acrae dut plus d'un embellissement à la munificence d’Hiéron II, dont le nom s'y lisait encore, gravé ρα beaux caractères, 1EPAN, sur un fragment d'architrave servant} dessus de porte à un couvent, au rapport de

© Boyanni, témoin odulaire, l’antica Sjracusa, libr. 1, p. 219, ed.

Méssin. 1614. A cette époque du seirième siècle, il subsistait en-

. core à Palazzolo beaucoup de restes de l'antique splendeur d'Acrac;

et tous les monumens, qui en ont été retrouvés de jours , portent l'empreinte du goût et de l'élégance d’un sièclé, tel que celui d'Hiéron 1.

ἡ) Apud Gualther. 4. 3; Murator. p. 631, 4; Torremuz, cl, 1, 4 XVI, p. 8.

46) Aux exemples que j'ai déja cités d’une dédicace semblable, fournis par des marbres d'Acrae, j'en puis ajouter un troisième qui bien qu’il ne soit pas inédit, n’est pas inutile à reproduire, Feu M. Thorlacius avait lu, à la troisiéme ligne, HPOZXT'ATEIZ, qui west certainement pas la vraie lecon, A la ligne suivante ül a cru voir:

HPAI Καὶ APPOAIT A];

d'où il résulterait une double dédicace à Hera et à Aphrodite, dont je ne crois pas qu’il y ait d'exemple sur les marbres de la Sicile. Enfin, il a lu, à la ligne d’après, 4PIZTOTEITONOZ, au génitif; ce qui produit une assez grave difliculté ; tandis que le nom ΡΙΣ- TOTEITOZ, tel que je l'ai lu, et qu'il est gravé sur le marbre, nom qui se trouve, d’ailleurs, sur d’autres marbres d’Acrac, notamment sur celui que j'ai donné plus haut, p.11, est justifié par l'exemple de Dionysiodore et de Philistion, nommés dans la mème inscription, sans l'addition du nom de leur père. Voici, du reste, ma copie : :

grecques de la Sicile. 01

soit, il se présente une difficulté grave dans ce mot NAY- POI, formant à lui seul le titre d’une inscription ; attendu que ce mot ne se rencontre nulle part ailleurs, à ma connaissance, et que la forme en parait aussi insolite, que l'étymologie en est obscure. 47) “ Des savants ont voulu voir dans ces NAYPOI des espèces de Mimes ou d’Acrobates, comme si le marbre portait NAYPOBATAI, pour NEYPOBA- ΤΑ͂Ι; et je ne crois pas que cette idée mérite une réfutation sérieuse. Torremuzza soupconnait qne ce pouvait être une classe de magistrats où de Prétres, sans s'expliquer sur la signification propre du mot grec. Un critique moderne fait de ces NA YPOI des inspecteurs de Temples, au moyen d'une étymologie forcée, et tout-à- fait contraire au génie de la langue. 48) Entre toutes ces opinions incertaines ou contradictoires, si quelqne chose peut être admis comme probable, c'est que le mot dont il s’agit, absolument inconnu d'ailleurs, est un terme de quelque dialecte particulier de la Sicile, l'une de ces expressions locales, qui dussent se trou-

EII1 HPAKAEIOY TOY NYM4OANPOY JIPOSTATAI ANAPEZ H KAI KAPYKEZ AdPOAIT Ai APIETOTEITOZ APTEMSN ILAYZANLA AIONYZI019POZ KPITON PIAISTIONOZ BIAIETIAHE ΣΏΣΙΟΣ KAESN NYMPOASPOY TPAMMATEYE DILAIETION

47) Les mots Naïpu et Ναυρέξζειν, qui sont rapportés pat Hesychius, T. 11, p. 656, ne fournissent aucune lumitre,

48) Lettera al Duca di Serradifalco. p. 38: à quali Navgoi forse saranno Stati ispettori dei Templi (a νος ed ὁρῶν ossia ὥρα, cura). Cette étymologie est si forcée, pour ne pas dire pis ; qu’elle ne comporte pas de réfutation. L'auteur aurait pu essayer du moins de lui donner une sorte de vraisemblance, à l’aide de cettf glose d’Hésychius, Ναρούς, τοὺς φύλαχας, qu’expliquent et justi: lient ces deux autres passages du mème lexicographe, Mori: τὴρὲτ: εἰ Δίάρειν, κρύπτείν, ζητεῖν.

22 Sur quelques inscriptions

ver en si grand nombre dans le language riche et varié des populations grecques de ce pays ; ou tout au moins, l’un de ces mots, empruntés à la langue commune, qui prenaient, en passant, dans divers dialectes une forme particulière. Cela posé, rien de plus facile , ‘à mon avis, que de rendre compte du mot NAYPOI. |

On a déjà pu se convaincre que la plupart des inscriptions, qui nous restent des Grecs de Sicile, telles que celles de Géla, de Tauromenium , de Neetum et d’Acrae même, se rapportent à l'institution des Gymnases , à un divers ordre de personnes qui les fréquentaient, aux distinctions et aux dépens que ces établissements occasionnaients et il est inutile de rappeler la multitude d'inscriptions semblables, appartenant à presque tous les peuples de la Grèce, qui sont venues jusqu'à nous. Je présume que l'inscription qui nous occupe est dans le même cas; et que les Ναύροι, auteurs de ce monument, formaient une classe de Jeunes gens, ainsi nommés dans le dialecte Syracusain d’Acrae, En effet, le mot grec Neupoi, synonyme de Néo, 49) a bien pu s’écrire et se prononcer Νᾶροι, dans ce dialecte, où la diphthongue, ea, de certains mots, se contractait en &, ainsi qu'on en a plus d'un exemple dans Théocrite. 50) Une contraction du même genre nous est révélée sur des terres cuites, où le nom du mois, appelé par les Attiques BOHAPOMIQN , est écrit, dans le dialecte dorien de la Sicile, BAÆAPOMIOY; 91)

&o) Hesych. v. δίεαροί: Néo; cf. Furipid. road, 848, ed. Scidler: Τυμνγασίων te δρόμοι βεβᾶσε. σὺ δὲ πρόσωπα NEAPA χιίρεσε παρὰ “ιὸς ὅρόνοις, x. τ. À. Euripid. Hypsipyl. Fragm. Neaoûç ἀντὶ τοῦ νέος; T. IX, p. 195, Matthiae.

5o) Par exemple, Θᾶσαι, 1.1, 149; Θασόμεναι, Id. XV, 23.

51) Burmann ad Dorvill. Sicul, p. 559; Torremuzza, Prolegomen. p. LXXV, Le dernier de ces savants s’est laissé tromper par le désir de compléter le nombre des mois de l’annte dorienne de Sicile, en faisant du mois Badromius , qu'il place le cinquième, un mois différent de Laromius, qu'il nomme l’onzième, d'aprés une seule terre euite, où se lit Æ4POMIOY, évidemtnent pour B4- APOMIOY. Il a commis la mème erreur, en faisant deux sol dif-

grecques de la Sicile. 93

et le soupçon qu'avait exprimé à cet égard Burmann est changé en certitude, par l'observation que j'ai été dans le cas de faire à Palazzolo même , d'un grand nombre de ces anses d'amphores, où se lit le nom du magistrat mensuel, accompagné du nom’du mois. 52) Ce point établi, il ne resterait plus ἃ rendre compte du changement de la Voyelle ἃ en la diphthongue αὐ, ce qui se ferait aisément , en vertu d'un usage propre aux dialectes dérivés de l'éolien, qui inséraient lv après | &; surtout au devant d’une lettre habituellement aspirée comme le @. 55) On pourrait encore ex-

férens de ATPIANIOY et de AAPIANIOY; et si je relève ici ces deux fautes échappées à ‘l'orremuzza, c'est qu’elles out été tout récemment encore reproduites par le savant Müuter; Voy. Son Epistol. dc Monum. αἰΐφ. script. etc., p, 10, Hafn. 1822. Il est super flu de dire que les deux mêmes noms se retrouvent encore estropiés dans le livre de M. Avolio, sulle antiche fatture di argilla, p. 83, Budromio et Loromio. De pareilles fautes sout trop fréquentes daus cet ouvrage pour mériter d'être relevées; mais il n’est pas inutile Ü'y signaler la mention du mois ÆTPIANIOY, qui s’y reucoutre Plusieurs fois, tav. Π|, 3, 25, 1V, 38.

52) 11 existe un grand nombre de ces anses d’amphores, avec des noms de mois et de magistrats Syracusains, dans la collection du baron Judica à Palazzolo; et je regrette bien de n'avoir pu, fau'e de tems, profiter de la permission qui me fut donnée de rechercher et de copier les noms de mois nouveaux qui s’y trouvent, afin d'1voir la liste complète et authentique des douze mois Syracusaind:.

Plusieurs de ces cachets imprimés sur des vases de terre cuite ont

été publiés par le baron Judica lui- mème, dans ses Antichita di Acre, tav. VI; mais on n’y trouve que les noms des mois JAN AMOY, APTAMITIOY et YAKINOIOY, déja connus. Je possède une de ces anses, provenant de la même localité, avec cette inscription : ἘΠ ἹΕΡΕΩΣ AOPKYAIAA, curieuse par cette mention du nom du prêtre, au lieu de celui du magistrat. La Fleur du grenadier sauvage, βαλαύστιον, Dioscorid. 4. PL 1, 155, ὥνϑος αἰγρίας forts, est le type ordinaire de ces sortes de cachets, et c’est très- probablement la marque de la fabrique, insigne officinarum figulinarum ; Torremuz. inscript. p. 204; Münter, Æpistol. etc. p. 10. Je remarque encore, bien qu'avec quelque regret, que la mème formule ΕΠ ΙἹΕΡΕΩΣ, suivie du nom T/MOYPAA, et de la mention du mois, AIPIANIOY, s’est rencontrée sur d'autres anses d’Amphores trouvées à Girgenti, et ailleurs, et publiées par M. Avolio, tav. IV, n. 38, qui en a donné cette traduction bizarre: Sub Eriosio Ti-

muradis Agrianio mense , p. 89.

53) Eustath. apud Maittair. de Dialect, gr. p. 150: «ἹἹολέων τὰ,

agosredépar τῷ α τὸ νυ,

94 Sur quelques inscriptions

pliquer d'une autre manière un changement de cette espèce, conforme aux règles les plus ordinaires du dialecte dorique. Rien n'est plus fréquent dans ce dialecte, que la substitution de lv à l'&, si ce n’est peut- être celle de l & à 1 εἰ or, au moyen de cette double permutation le mot Navoo est identiquement , lettre pour lettre, celui de Neabor. Je pourrais me dispenser de citer des exemples à l'appui de cette observation ; ceux qu'a rassemblés Maittaire, 53) paraitraient sans doute suflisants; mais il s’en faut bien qu'il ait recueilli les plus décisifs, ceux que fournissent les marbres ou les médailles ; deux sortes de monumens, bien moins suspects que les livres / d'altérations de la part des copistes, ou de celle des savants. L'usage fréquent qui se faisait de l'u, en guise de l'&«, dans le dialecte Syracusain, est prouvé, entre autres exemples, par le mot ualux0ç, μαλκός, changé en μυρχύς; 55) d'où vient sans doute, comme Vous l'avez présumé Vous - même, 56) le nom de la Venus Mgἐξα , adorée à Rome. 57) Un exemple plus remarquable en core est celui du nom d’Æercule, Ἡρακλῆς, qui se pro. noncait Ἥρυκλες dans ce même dialecte , tel qu'it était parlé dans les mimes de Sophrôn, 68) et je puis Vous rappeler le nom AËTOAYMAEZ, pour ASTYAANAZ, qui se trouve sur une inscription grecque de Sicile, citée daus ma Lettre à M. Schorn. 59) Quant à l'emploi de ἃ pour δ, dans le même dialecte, je devrais me borner aux exemples que nous en offrent sur tant de terres Syracusaines les noms ν] de mofs ILANAMOY, APTAMITIOY, pour ΠΑ͂ΝΕ.

ΠΟΥ, APTEMITIOY. Je pourrais ajouter d’autres exem-

54) De Dialect. gr. p. 155.

55) Hesych. ὦ +.

56) Annal. de l'instit. archéol, T, IV, p. 390, not, 2.

57) Arnob. adv. Gent, IV, 16, ἽΝ ΤΙ, p, 199, ed, Orell.

58) Hesych, νυ. ‘Houxaloy: τὸν Ἡραχλέα Σωφρων; Voy. Val- «ken, ad Adoniaz. 200.

59, Au mot Epicrates, p. 67. 08,

grecques de ἴα Sicile, 25

ples semblables, fournis par des médailles grecques, d'ancien. ue fabrique, tels que F LAPON, pour IEPON, sur une didrachme de Crotone, de notre cabinet. Mais je citerai encore la legende AITAPAIQN, des médailles autonomes d’'Aptéra, de Crète, afin d’avoir occasion de reproduire l'opinion que j'avais énoncée , au sujet de l'inscription 444, pour SEA, des médailles primitives de Delphés ; 60) opinion à la quelle je regrette que mon savant ami, M. Creuzer, ait refusé son assentiment. 61)

Mais pour revenir au mot NAYPOF, que je crois une forme Syracusaine de NEAPOIÏ, voici la maniére la plus plausible , à mon avis, de rendre compte de cette transformation. On lit dans Hesychius, que Νάρη est synonyme d' ἄφρων; 62) conséquemment, que νάρη est sous une autre forme le même mot que γεαρή. Ailleurs on trouve le mot Νέρας expliqué par Νέος; et les interprètes d’Hesychius ont déjà remarqué , d'après l’ordre même où le mot γέρας est placé, entre Ναιρᾶς et Ναισιελία,, qu'il fallait lire ce mot vaioas , ou plutôt, »æœoûc , évidemment, pour γεαρύς. En continuant de parcourir Hesychius, j'observe qu'on disait γειρή, νειρόν, pour ἐσχάτη, ἔσχατον, et que l'on disait aussi VEUT, VEUT, γειαίρῃηγ) pour ἐσχάτη : toutes formes d'un même mot, avec une signification équivalente. J'observe de plus que, suivant le témoignage da même grammairien, le mot γέατη se contractait en vf: et l'analogie seule

auctoriserait à admettre la contraction νεαρὸς en νηρύς. El-

fectivement, je trouve qu'on a dit γηρόν pour πρόσφατον; et°

, ; à , CE πρύσφατον élant un synonyme de νέον ct γνεωρύν, 63) il s'ensuit nécessairement que r/o0», avec celte signification, est une

coutractlion de γεαρύν,, ainsi que l'avait déjà soupçonné ua

Go) Voy. ma Lettre à M, Schorn , au mot faiion , pe 25.

04} Creuzcr, eur Gemmenhunde , p, 162, 7%

ὃ.) Hesych. 4. vw.

63) Hesyÿch ν. Necqg' πρύσφατο, ct ὦ Vecpol: nebsquics.

26 Sur quelques inscriptions

des interprètes d'Hesychius. 61) Cela posé, la forme dorique vapor, avec l'interposition du digamma, vaFooy, vafloôr, vavoor, ne présente plus aucune difficulté. Il est évident, pour quiconque est:tant soit peu habitué à suivre les mots grecs dans les diverses transformations qu'ils éprouvent, en passant d’un dialecte dans un autre, il est, dis-je, évident, que γεαρός, νηρύς, ναρύς, Ψψειρός, ναιρός, ναυρός, ne sont que des formes différentes d'un même mot.

Quelleque soit l'opinion que l’on adopte sur le mode de formation du mot Navoof, il me semble qu'en l'interprétant comme synonyme de Neagot, on satisfait, de la facon la plus naturelle, à toutes les conditions de l’analogie, sans blesser aucune des régles de la langue; et, si l'on admet cette interprétation, notre vocabulaire grec de la Sicile s’enrichit d'un mot nouveau, qui ajoute en même temps un témoignage de plus à l'appui de mon explication du mot γύμφοι, et un exemple propre à justifier l'emploi de ce dernier mot, fourni de méme par la langue des institutions gymnastiques de ce pays.

Vous trouverez peut - être que je me suis beaudoup trop étendu sur l'explication, d’un seul mot ; et je reviens , après ce long détour, à notre inscription d’Acrae, où il reste encore plus d'une difficulté à résoudre. La plus grave de ces dificultés, celle qui résulte de la construction vicieuse d'un mot pluriel, tel que Νύμφοι, avec le participe μνωμογεύσας 7 serait cependant bien facile à lever , s'il suflisait pour ccla de recourir aux exemples cités par les grammairiens, 65)

64) Hesych. iaterpret, ad v. Νηρόν.

65) Maïttair, de Dialect. gr, p. 256, ed. Reitz. L'auteur de ia Lettre à M. de Serradifalco s'est servi d’uu seul de ces passages, cités par Maittaire, avec ἀπὸ confiance que je ne partage pas; Voy. Ῥ. 39. on trouverait bien plus d'exemples de La locution contraire, tels, Cntre autres, que celui-ci, Dion, chrysost, Orat. XX XVIII : d δὲ djuos ... τούτους ἐξ ἐχείνου ὁρᾷν Govro, ὅρῶν ‘doxtirs χ το A. Cf. Heliodor. Aechiop. X, 31, T. 1, p. 433, Coray: ὁ ϑᾷῆμο; κελεύουσι

grecques de la Bicile. 97

de cette espéce d'irrégularité, propre au dialecte dorique, qui était précisément celui d’Acrae, colonie Syracusaine. Mais ces exemples, tirés de quelques passages de Pindarc, et dont on conteste encore la valeur, pourraient bien ne pas être explicables au monument qui nous occupe ; et dans le doute, ce ne serait qu'une dificulté de plus. J'aime donc mieux supposer que le mot MNAMONEYEAE a été écrit pour MNAMONEYZANTEZS, par une de ces inadvertances de l'ouvrier, dont il y a tant d'exemples sur les marbres antiques. 66) Quant au sens propre de ce mot, qui je regarde comme synonyme de MNHMHE ENEKEN, ou MNEIAZ XAPIN , formules si souvent employées en pareil cas sur une foule de monumens de tout age, il serait sans doute bien superflu de s'arrêter à en justifier ici l'emploi avec cette signification. Nous sommes si loin de con naitre. toutes les acceptions particulières, qu'un même mot put recevoir dans chacun des nombreux dialectes des peuples grecs, qu'il serait au moins bien hazardé de n'admettre qu'une-seule de ces acceptions, fût-celle qui paraitrait le plus conforme à l'usage général de la langue; et quand on sait d'ailleurs que dans le dialecte dorique on disait ναμονώ, pour ΠΗνημοσύνη, dans le sens de mémoire ; 67) on a bien pu, dans le dialecte dorique d’Acrae , tirer de ce mot μραμονὰ le verbe μναμογεύειν, avec le même sens, 68) sans qu'il soit nécessaire de recourir, pour expliquer ce verbé, aux Mnémons et aux Hiéromnémongs de la Grèce. Notre inscription doit donc se traduire ainsi qu'il suit:

66) Si l’on pouvait se pérmettre une correction, quand il s'agit d'ane inscription parfaitement gravée οἱ conservée de même, on pourrait lire MVAMONEYZAN ; forme poëtique, qui n’est pas sans exemple sûr les marbres; Voy. Boeckh, n. 1594, a, δ, T. I, p. 3; mais je répète que dans l'état actuel du monument il n'y a rien à y changer.

67) Lacon ap. Aristophan, vid. Maittair, ibid. p: 200, B.

68) ΠῚ est superflu d'observer que μνημονεύειν, dans le sens de recordari, est d'un usage vulgaire; Voy. Sturr, Lexic. Xénoph, k ©:

28 Sur quelques inscriptions

Sous Aristodamns , Fils de Sôsibius (Gymnasiarque), Les Nymphi (Jeunes gens Nubiles) (du Gymnase) d'Hiéron , Comme voeu de Souvenir, aux Chastes Déesses {ont consacré ce monument).

J'observerai cependant à cette occasion, que l'emploi d’Hiéromnémon n'était pas inconnu aux Grecs de Sicile, bien que M. Letronne , dans un mémoire qu'il a composé sur ce sujet, 69) n'en ait cité aucun exemple tiré de la Sicile. C’est qu'en effet le seul monument où ce titre se trouve, à ma connaissance , est une inscription grecque, restée jusqu’à ce jour inédite, ou à peu près telle, et que Vous me permeltez sans doute de consigner ici. Elle est encastrée dans le mur extérieur d’une maison de Calatafñimi , 1) près de deux autres inscriptions, publiées dans le’ recueil de Torremuzza, Ces inscriptions provenaient des ruines de l'antique Ségeste, qui existent à quelque’ distance de celte petite ville moderne. La troisième que je fais connaitre pour la première fois, doit avoir la même origine , attendu que les caractères en sont absolument de la même forme et du même âge, et qu'il y est question du même personnage, à l’occasion de travaux qui ont aussi quelque rapport. Voici d'abord les deux inscriptions, déjà publiées, que je reproduis, telles absolument qu'elles se voient aujourd'hui, ou du moins que je les ai copiées, avec tout le soin que j'ai pu y mettre:

009) Mém, de l'Acad. des inscript. T. VI, p. 221—60.

70) Celle de l'Arciprete d. Fr. Avila; Voy. le livre intitulé : Cenni sulle Antichità di Segesta, Palermo, 1829, p. 51—52, où l'inscription est rapporlée, mais d'une mauitre peu exacle, el inter. pre tout de travers. Du reste, le témoignage de l'autenr de ce ivre est important à recueillir, parcequ'il nous fait counailie avec certitude l'époque récente de la découverte de ce marbre, et sou extraction des ruines de l'antique Ségeste.

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AI0A9POZS TITTHAOY AIEPPAIOS TANAAEADANAYTOYTA MINYPAN APTEMAQNOS IEP ATEOYSA(r) AOPOAITAI OYPANIAI.

Par cette inscription Diodorus, fils de Ti ittelos, de La cité d’Aperrae, recommande à Vénus Uranie, sa soeur (de mére) Taminyra, fille d’Artémon , consacrée au service de cette divinité. ‘Telle est dumoins l'interprétation que je donne à ce monument, et à l'appui de la quelle il ne sera pas hors de propos d'ajouter ici quelques observations.

Je remarque d'abord que cette inscription a été rapportée d'une maniére assez fautive par la plupart des antiquaires, 71) y compris D'Orville lui-même, dont voici le témoignage original: 72) lapidem graece inscriplum, jamque in muro Orphanotrophii versus publicam viam insertum, ita alte, ut scalis opus sit, dum legere cupias; quae nobis non ad manus erant, Du temps de D’Orville il n'existait donc à l'extéricur de cette maison, qui était alors l’hospice des Orphedins, et qui est aujourdhui l'habitation d'Arciprete Canonico ef Abbate Dott. D. Francesco Avila, il n'existait, dis-je; que cette seule inscription, qu'il ne put bien déchiffrer, faute d'une échelle pour la voir de près. La même cause dut produire les variantes et les inexactitudes qui se rencontrent dans les autres copies ; mais j'ose croire que la mienne est exempte du même défaut; attendu que j'avais de meilleurs yeux que D'Orville: seul avantage assurément que je puisse me flatter d'avoir eu sur cet habile homme.

J'observe, en second lieu, au sujet du mot AIHEPPAI- OZ, qui a été rapporté diversement par tout le monde, que ἴα vraie lecon, telle qu’elle résulte de ma copie, où le

71) Gualther, n. 32; Torremuzza, cl. ΠῚ, n, III, p. 10; Muratori, 'E, 1, p. CLXXI, τὶ

72) Doxvill. Sicul, c. V, p. 54eb 56; cf, Durmann. #ppend p. 552.

30 Sur quelques inscriptions

premier P est réduit par la vetusté à la forme d'un EF, est certainement AITEPPAIOZ. Or,ce nom désigne, sans nul doute, un habitant de la ville nommée par Pline, 13) Æpyré, et rangée par Ptolémée, qui l'appelle "Ærégÿ ar , parmi les villes maritimes de la Lycie. Cette ville figure aussi dans le catalogue d'Étiénne de Byzance, 73) parmi les cités Lyciennes, mais sous le nom de "Anrepa; ce qui ne peut être de la part de cet auteur qu’une faute de mémoire causée par la ressemblance du nom avec celui de la Ville d’Aptéra, en Créte. La lecon de Ptolémée se trouvait d’ailleurs confirmée pas une médaille unique qni nous a offert le nom AILEPAITON, au revers de la tête de Gardien pieux; 74) et notre marbre de Séseste, gravé à une bien plus ancienne époque, nous présente le même nom, sous une forme plus d'accord avec la manière de parler de la haute antiquité, où l’ethnique ’Arreputos était en usage pour Δπτερα ; cette notion d'une ville d’Aperrae, en Lycie, constatée par notre inscription de Ségeste, se trouve d'accord aussi avec le nom de la personne, TAMINYPAN,. Taminyra , dont il y est fait mention ; car c'est bien la vraie leçon, au lien TAN- WMINYPAN, qu'avait la D'Orville; et ce nom même de Taminyra offre une forme étrangère à la Gréce, et sans doute particulière à la Lycie, qui n’est pas non plus sans quelque intéret, J'ajoute que le nom TITTEAOY, d'une forme pareillement peu commune, et défiguré dans les copies de notre inscription données par les antiquaires, est justifié, comme Vous le verrez bientot, par la troisième inscription que je rapporterai. ᾿

Je ferai enfin une troisième observation sur le mot 1- PATEOYSAN, forme que Burmann condamnait à tort,

73) Plin, H. Ν. V, 25.

94) Stephan. Byz. v. “πτερα, 75) Cette médaille, publicé d'abord par M, Millingeu, Choix de Méd, grecg. pl. If, n, 26, p. 67, et encore aujourdhui la seule grecq. ἢ p- 67 r que l’on connaisse, est maintenant au cabinet du Roi,

grecques de la Sicile. 31

attendu qu'elle est propre au dialecte dorien des Grecs de Sicile, et qu'on la retrouve en effet sur les deux antres inscriptions de Ségeste. 16) Mais c'est la véritable signification de ce mot, qu'il importe sur tout de déterminer, En citant cette inscription, d'après Muratori, avec quelques inexactitudes qu'il y ajoutait, telles que la suppression du nom 4P- TEMANOS, feu le D. Münter crut pouvoir s'en servir, pour prouver que le sacerdoce de la déesse d'Eryx était exercé exclusivement par des femmes. 77) Mais, en admettant que l’Aphrodite Uranie, nommée dans cette inscription, soit en effet Ia Vénus d’Éryx, comme je le pense, l'antiquaire Danois n'a pu arriver à la conclusion qu'il tirait de notre marbre, qu'au moyen de deux suppositions, qui se trouvent l'une et l'autre contraires à la vérité; l'une que ce marbre existait à Eryx, tandis qu'il est de fait qu'il vient des ruines de Ségeste; l'autre, que l'inscription portait: IEP ATEOY- ΣΩ͂Ν ADPOAITAZ OYPANIAZ, tandis que la vraie le-

76) Je dois cependant observer, à cette occasion, que le mot IEPATEYONTO®, conforme à l'usage le plus ordinaire, se lit sur uue inscription d’Acrae, que j'ai copice dans la collection du baron Judica , à Palazzolo ; elle est gravée, en beaux caractères, sur une base destinée sans doute à porter les Statuettes, Sigilla, de Bacchus et de Proserpine; la voici, avec les lettres que j'y supplée:

AIONvEov Κα] Σωτείρας

IEPATEYONTOZ APIZTANOZ OEOuvdorov, EYXAN.

Ou remarquera ici le nom ÆPIETAN, comme un nouvel exemple à ajouter à ceux qu'a cités Burmaun, ad Dorvill. p. 550 ; mais sans qu'il en résulte la moindre présomption en faveur de la correction ἐμὰ: voulait faire du nom ΑΡΙΣΤΙΩΝ, qui se lit sur l'inscription e Noto ; voy. plus haut, p. 97, et qui n’est ni moins régulièrement formé, ni moins usité, que celui d’ 4PIZTAN, ainsi que l’a judicieusement observé M. Osaun, de Reg. Philist, p. 17. Quant au uom ΘΕΟμνάστου que j'ai cru pouvoir suppléer, ce nom m'a été suggéré par Cicéron, qui cite un Syracusain Theomnastus, employé par Verres, in Verr. IV, 26, J'observe enfin que feu M. Thorlacius avait copié cette inscription avec d'assez notables différences, sur le mérite et l'exactitude desquelles il ne m'appartient pas de prononcer.

79) Religion der Karthager, %. VII, p. 84.

32 Sur quelques inscriptions

con est: ADPOIITAI OYPANIAL Or, il me parait certain ; d'après la teneur même de cette formule, qu'il s’agit ici non d'un sacerdoce proprement dit, mais bien de l'espèce de consecration religieuse, nommée iérodulie, laquelle avait lieu, comme cela est notoire, dans la plupart des temples de cette divinité asiatique, et qui, admise sur la vraisemblance du fait par quelques antiquaires, 78) peut être regardée comme avérée, d'après ce marbre de Ségeste. Le témoignage de Strabon 79) en recoit ainsi une pleine confirmation, aussi bien qu'une expression de Diodore , 80) qui avait paru équivoque aux critiques.

Voici la seconde inscription encastrée dans le mur de la maison de Calatafimi :

[Περοϑυτ] EONTOS®DASNOZ

[Νύμφω] ΝΟΣΣΩΠΟΜΙΑΝΟΥ L'Ayoguvou] ἙΟΝΤΟΣΞΕΝΑΡΧΟΥ [4ιοδώρου] KAITANETIMEAETAN

Ce fragment d'inscription offrait aux temps de Gualteri, qui l'a publie, 81) quelques lettres de plus au commencement de chaque ligne, lesquelles en rendent la restitution à peu près certaine. 11] résulte de cette restitution, telle que je l'ai proposée, que sous le sacerdoce supréme de Phaon, fils de Nymphon, surnommé Sopolianus, 81)

78) Hirt, Hierodulen , p. 41; Münter, ibid. p. 80.

79) Strabon, VI, 272, B: Ἱερὸν Aqyoodtrns,. . . ἹΙεροδούλων γυγναιχῶν πλῆρῥς τοπαλαιόν' ἃς ἀνέϑεσαν χαϑ' εὐχὴν οἵι' ἐκ τῆς Σιχελίας καὶ ἔξωϑεν πολλοί.

80)/Diodor. Sic. IV, 83: μεταβάλλουσίν εἰς... ΓΥΝΑΙΚΩΝ γε; οἵ, Wesseling. ad h. ἰ,

81) Gualther. τι, 322; reproduite par Torremuzza, CI, VIT, ἢ. XX, p. γι. su "

τ Βὼ) La forme de ce uom me parait propre à indiquer que le per-

grecques de la Sicile. 33

Xénarque, fils de Diodore, étant agoranome , avait fait, en cette qualité, l'inspection d'une certaine partie des travaux du Xyste, qui était alors terminée. 83)

Voici maintenant la troisième inscription, encastrée au même endroit; elle est à peu près intacte; et la lecture et l'interprétation n’en offrent heureusement aucune difficulté :

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