‹ [Lettre à Mgr Ignace Bourget, archevêque de Martianopolis, Québec, 20 mai 1881] [microforme]Chapitre 2 sur 2 · Ê LA] CR : CE · texte numérisé non relu

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peuvent être des lettres adressées publiquement à des diocésain: de Montréal pour leur consoiller de tenir bon contre la volonté de leur évêque et du Saint Siège.

Mon devoir... ., u et” d'exhorter ceux qui sont venus chercher des conseils et des consolations dans ma pœs'ble retraite, 11 se soumettre au décret du Saïnt Siège, et à ecouter avec une humble soumis: sion les directions donnees par les pasteurs qui sont chargés du soin des âmes. 11 faut avouer que ces sages avis donnes dans l'intimité n’ont pas toujours produit leur effet et qu'on a mieux aime suivre les décisions données publiquement en sens contraire, notamment dans la lettre du 6 courant.

Mon devoir... à été de consriller à ceux qui croyaient avoir des droits à soutenir, de s'adresser humbdlement aux premiers pasteurs pour qu'ils usassent, s'ils le trouvaient à propos, de leur autorité, pour remédier aux maux ‘ont ils avaien! à se plaindre et ensuite au Souverain Pontife, qui est L: juge suprème de l'K: ylise, pour les juger en der. nier ressort. Conformément à cet exce:lent conseil, l'Ecole de Médecine s’est adressée aux premiers pasteurs ot n'ayant pas reçu

‘une réponse conforme à ses désirs, elle a eu recours au Souve-

rain Pontifs. Pendant plusieurs mois le députée de l’Rcole a

‘ plaidé sa cause de vivo voix et par écrit, et quoique l’Université

ne füt pas représentée “evant lo tribunal, la canse de l'Université a paru si claire et si juste que la succursale a été maintenue. Au-

jourd’hui cependant Votre Grandeur, dans ses lettres rendues publiques, semble dire à l'Ecole : “Si vous n'êtes pas contente ‘“ de ces décisions de vos premiers pasteurs et du Souverain Pon- ‘“ tifo, qui est le juge suprème de l'Église, parlant par celui qui ‘est son organe aut: o1isé pour cette province, vous avez en cons- “ cience, le droit de n’en tenir aucun compte.” Voilà ce qui résulte du cas de conscience résolu dans la lettre du 6 courant et du passage suivant de celle du 16:

Mon devoir … a été d'éclairer (avec touté la prudence possible) certaines consciences quand je me suis convaincu qu’on les égarait en leur représentant comme obligation de conscience ce qui ne l'était pas. En procédant de la sorte j'etais loin de croire que je me mélais de l'administration du diocèse... Si je ne me fais illusion, je crois avoir en agissant de la sorte, prévenu de serieux embarras et de graves di fieultes pour l'administration. Votre Grandeur oublie qu’on ne pent appeler de l’évêque diocésain qu’à son archevêque ou au Pape,

‘comme Elle l’a reconnu Elle-meme plus haut. L'évèque diocé-

sain de Montréal dit à ses sujets : “J’obeis au Saint Siège ‘en “ appuyant la succursale et je vou x que l’on suivé mon exemple ” Votre Grandeur dit au contraire publiquement : “ Je déclare que vous n'êtes pas tenus d'obéir à votre évêque qui vous égare.’ Voilà en trois mots tout le foud de ce cas de conscience et de ce passage. Dans mon humble opinion, c’est bien clairement se mêler de l'administration du diocèse et creer de sérieux embarras et de graves difficultés. Ce n’est guère le moyen d'aider, comme Île dit Votre Grandeur, les dincésains à bien remplir les de-

‘ voirs de la saumisaian , 6Ÿ: de: lpoassnce: ut": ils font profession à

l'égard de leurs:nastéuas: : rage 00

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4, Si Votre Grandeur en doute, qu'Elle interroge tous ceux aver qui j'ai ete en rapport. Puisque Votre Grandeur affirme avoir donné en particalier certains avis, je ne puis ni ne veux les revoquer en doute. Toute la difficulté est de trouver un moyen de les concilier ensemble et avec les protestations répétées dans vos lettres

du 6 et du 16 courant.

5. Me sera til permis de faire observer à Votre Grandeur qu'elle semble vouloir produire de l'effet sur l'esprit de ses lecteurs en se montrant si chagrin et si étonn’, quand Elle leur signale les préten: dues contradictions entre mes paroles et mes actes ; lorsqu'elle cherche à leur faire croire que je me mêle d'administration tout en disant que je m'abstiens ; lorsqu'elle t: moiïgne une nouvelle surprise en m'entendant discuter et juger le fait de l'établissement de la succursale de Laval à Montreal et autres. Tout homme qui parle ou écrit a nécessairement l'intention de produire quelqu'effet et je ne saurais jamais me persuader que Votre Grandeur, en publiant ses lettres, n'a pas voulu produire de l'effet, ni arriver à une fin.

6. Toujours est-il admis que la l’gislature n'a point à s'occuper de la succursale. Cette assertion gratuite, destinée à produire de l'effet, est fort contestable et sera contestée en temps et lieu. C’est là et alors aussi que sera discutée de part et d'autre la réponse du conseil privé, dont on prétend faire une machine de guerre contre les déclarations du Saint Siègo, qui a continué et veut continuer de soutenir la succursale, même après que le député de l’Ecole à Rome a soulevé cette objection. |

7. Parlant de la réponse du conseil privé, Votre Grandeur ajoute: Comme vous le voyez, Monseigneur, ce n’est pas moi qui ai Juge et qui ai juge EX PARTE, Mais un tribunal compétent. Chose singulière ! Les partissns de l’école contestent l’autorité du Car.

.dinal Préfet de la Propagande, qui affirme clairement que la 8.

C. NE CESSERA CÉRTAINEMENT PAS DE SOUTENIR LA SUUCURSALE da Montréal; puis, prenant une nouvelle balance et de nouveaux poids, ces mêmes partisans veulent faire passer comme une déecision finale d’un tribunal compétent, un simple rapport du Secrétaire d’État, qui s'exprime d’une manière tout à fait dubitative sur la convenznce et la justice d'accorder une noëvelle charte ! Le Cardinal affirme que la $. C. soutiendra toujours ce qui a été fait; le Secrétaire d’Ktat declare ne vouloir pas chercher à éelaircir son doute et trouve plus court de recommander l’abstention jusqu’à nouvel ordre. Croira qui voudra que ce soit là ün jugement.

8. Mais, continue Votre Grandeur, ce que je ne puis, ce semble, passer sous silence, c’est l'application du trop fameux jugemént des Communeux de France lancé contre les communautes : Vons u’êtes pas autorisées, allez-vous-en, /aite aux membres de l'Ecole. En novembre dernier et encore dernièrement, l’£cole n’'a-t-elle pas fait signifier à l'Université Laval de quitter Montréal, sous peine d’être poursuivie devant les tribunaux ? J'aime à croire que l'intention et le motif n’étaiont pas les mêmes dans les deux Cas; mais le lantage ont apselament:ileufique.. é

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9. Votre Grandeur parle ensuite de cette multitude de pélitions qui sont udressées à la legislature contre la passation du bill qui met en émoi toute la province. On a cru sans doute qu'on produirait de l'effet en faisant signer une multitude d’enfants et de personnes qui, peut-être croyaient signer autre chose, ou bien ne savent pas ce que c’est qu’ Universite, Succursale, École de Médecine, etc. J'ai entendu un citoyen haut placé, fuvorable à la succursale, se prendre de ce que l’on avait fait signer son fils âgé de 12 ans! Je n'ai pas vu ces innombrables pétitions, mais je serais curieux de connaître le nombre de croix qu’elles contiennent. De toute cette multitude de personnes combien y en a-t-il qui interrogées sous serment pourraient répondre qu'elles avaient une idée bien nette et bien claire de la question ? On fait sonner bien haut le nombre des paroisses d’où sont venues des petitions, mais on ne dit pas combien il y a de signatures. J'ai entendu dire que dans certaines paroisses il n’y en avait que trois ?

Quoiqu'il en soit, n'est-ce pas un désordre et une espèce de scandale, de voir des prêtres signer et recommander de semblables requêtes contre la volonté bien connue de leur Ordinaire ? Un jour on demandera si Votre Grandeur par ses écrits n’a pas

contribué à ce renversement de la discipline ?

10. Parlant des lettres et décisions venues de Rome, Votre Grandeur dit: Quelque graves et respectables que soient ces lettres, elle ne portent pas le sceau êt le cachet de l'autorité pontificale. Car l’on n'y voit pas une uecision officielle de lu S. C. in sacro concilio, comme or. dit,exprimant le sentiment de la majorité des Eminents Cardinaux consulteurs de cette venerable assemblée, formellement approuvée par le svuverain Pontife. C’est pourtant ce qu’il faudrait paur trancher les présentes difficultés. J'ai déjà signalé avec quelle facilité

. Votre Grandeur amplifie la portée d’un simple rapport fait à Sa

Majesté, pour en faire un jugement final d’une autorité compétente ; à cette occasion, vous n’exigez aucune formalité, ni sceau, ni cachet de l’autorité royale, ni decision officielle de la majorite

, du Conseil privé, ni approbation formelle de Sa Majeste. Tout

est bon, touÿ est final, tout est écrasant, quand il s’agit d’un document qui parait défavorable à la succursale ; mais ce n’est plus la même chose quand il s’agit d'une lettre du Cardinal prefet d’une Congrégation, favorable à l’Université l' Double poids et double niesure ! Je doute fort qu’à Rome on trouve bien exacte et bien respectueuse cette manière de procéder et cette detiance à l'égard de documents portant la signature du Cardinal Préfet et le contreseing du Secrétaire d’une Congrégation.

Je prie Votre Grandeur d’agréer l’assurance de mon respect et de mon dévouement.

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