‹ Lettre a un jeune bachelierChapitre 9 sur 9 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

Concluons, mon cher ami, cette lettre que je confie à votre àme dans ce qu'elle a de plus élevé, de plus noble, de plus pur, à votre conscience dans ce qu'elle a de plus droit, à votre esprit dans ce qu'il a de plus juste.

Soyez ferme dans vos croyances. Faites front aux objections qui les attaquent.

N'ayez pas la foi du charbonnier, puisque, aussi bien, vous n'êtes pas charbonnier, c'est à dire ne vous contentez pas de croire aveuglément; au contraire, instruisez-vous de manière à pouvoir rendre raison de votre foi.

Mais que ce ne soit pas sèchement comme vous étudieriez un théorème. C'est avec votre âme tout entière qu'il faut aller vers Celui qui est la justice, la bonté, la vérité.

Que jamais on ne puisse dire de vous, mon jeune ami :

Celait l'homme vieilli des races séculaires,

Fils de la lassitude et des labeurs déçus,

Et qui, désabusé des dons qu'il a reçus,

A des printemps plus froids que les hivers polaires.

Non; qu'on ne dise jamais cela de vous'. Ayez un cœur chaud qui ait de l'ardeur et de la générosité, un cœur vibrant qui se laisse émouvoir par une grande action, par un beau sentiment.

Ne soyez pas vieux avant l'âge, prenant pour de l'expérience l'ironie qui plaisante de tout, le scepticisme qui ne croit à rien, surtout à la vertu, le dilettantisme qui s'amuse de la vie, sans la prendre au sérieux.

N'entrez pas dans la vie en calculateur d'argent et de plaisir, en jouisseur qui se répète sans cesse l'ignoble mot d'ordre que nous a légué la décadence romaine : Salve lucrum !

Faites- vous, au contraire, une âme sincère, une âme droite, une âme bonne, une âme ouverte à la compassion, dévouée au prochain, une âme qui monte vers Dieu avec les ailes sacrées de la prière pour redescendre

aux devoirs de la terre plus forte et meilleure. x\Iéritez qu'on dise de vous ces deux mots dont on caractérisait un grand chrétien d'autrefois : si damas et magnes. — Soyez un « diamant » par la fermeté infrangible de vos convictions, un « aimant » par le charme attirant qui se dégagera de vos vertus chrétiennes.

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