‹ Lettre adressée à M. de VoltaireChapitre 1 sur 2 · Lettre adressée à M. de Voltaire · texte numérisé non relu

Lettre adressée à M. de Voltaire

Comme depuis long temps vous êtes reconnu pour l’Apollon de la France , & qu en lifant Votre beau Poème fur la Bataille de Fontenay , Vous m’avez infpire les Couplets que je vous envoyé fur le même fui et ; j’ai crû qu’à l’abri de votre nom ils ne pourvoient manquer d’être bien reçus du Public Perfuadé qu’en aprouvant mon zele, vous me pardonnerez la liberté que je prends ; je vais vous communiquer les

Ohfer valions que j’ai entendu faire fur votre Poëme Tel étoit mon deff’ein

en commençant cette Lettre ; mais comme ce feroit anticiper fur les droits de L Auteur des fugemens furies nouveaux Ouvrages 3 je lui laide la gloire d’en enrichir fes Feuilles 5 s’il veut les rapporter avec impartialité. C’eft une occafion favorable pour donner un nouvel effort à fa Mule , qui , fans vouloir emboucher la Lyre d’Apollon , que ce Dieu ne confie qu’à vous , mais en s’a ffociant à celui qui chanta les Conquêtes du î{oi , tentera peut erre de faire par forme de Suplément YEloge b iftori- poétique des autres Officiers qui ne font point nommés dans vos Vers. Pour moi, Moniteur , qui fuis un Pierrot dont l’unique talent elt de rimer des Chanfons , je n ai point voulu forrir de ma Sphere , pour celebrer un Roi qu’il n’appartient qu’à vous de fuivre dans fes Vidfoires , pour en inftruire la France donc il vous a nommé Hi (lcr logr dp be. Je n’ai feulement voulu imiter que les Auteurs de la Foire : trop heureux fi mes Couplets ont le meme foi z de ceux que le Public a chanrés

avec tant de plaifir en aplauJiffant leur» Ouvrages

Air, Adieu , ma ûhere M 'aitrcjje , &ct

Mais en fini (fane ma Lettre,

Au lieu de ligner mon nom.

Ma Mufe m’a fait promettre De vous faire une Chanfon.

Air, De l'Amour je pubis les leix ,

Lorfquej’ofe chanter mon R.oi ,

Je fçais que je fuis téméraire j Mais mon cœur m’en fait une loi.

Mon zele peut-il lui déplaire?

Si jepofTedois vostalens,

Qu’il récompenfe & qu’il admire Je lui peindrois mes fentimens Je les fens ,

Je ne puis les écrire.

J’ai i’h onneur d’être , votre , ôcc.

A Paris , ce 1 5 Mat 3745,

- hsji - e. gfta / ras ' **{:&.«&*•

8VS -s» /*«' #St iW'VJ :Jî5Sj';ÿa sï ■¥;•*« îïS^f*l

Page 1