Yerlot, Hist. des ChevàUers de
Malte j grand papier 5
n* 290 (Wollers, Delion, 1842,
20 fr., ex. de Girardot
(le PréfoDd).
11 50 Labey. 60 fr., ex. Thoa.
398 Essling. 12 fr.
253 — 41 fr.
335 — 10 fr.
615 Labey,20rr.,ex.Thott.
346 Essling, 10 fr.
222 — I50fr.,ex.da
doc de Roxbarghe et
d*Heber.
318 Essling, 10 fr.
210 — 76 fr.
282 — 185 fr.| 1 1 43 Labey, 50 fr., ex. Thou; 167 Essiing, 450 fr.
58 — 1010 fr.
448 Labey, 30 fr., ex. Thon»
528 — 15lfr., — 661 - 40 fr., —
1106 — 15 fr., ~ 1304 — 10 fr., — 1174 — 15 fr., —
-> Labédoyëre» 340^fr.
Il faudrait trop de place et plus de temps que je n'en ai pour dresser ainsi en entier le tableau dont je ne vous donne ici qu'une très-petite portion. Je me borne à vous signaler, en passant, le n<* 644 comme venant de chez Heber, le n® 389 comme ayant été acquis à la vente du marquis de Coislin, et les n*** 777 et 778 comme ayant figuré dans les ventes.de Charles Nodier. Le catalogue de la vente faite à Londres étant presque inconnu en France, ces particularités ne seront pas ici sans importance (l)-
(1) Le catalogue de la vente en question pourraltt en oatre, donner lien à de curieax déUils de bibliographie; il présente diven articlei qal
Indépendamment de ses achats multipliés dans les ventes faites à Londres et à Paris, M. Libri était continuellement en marché avec les libraires les mieux fournis.
Tout bibliophile un peu actif, un peu au fait de la valeur des ouvrages et du mérite des éditions, a parfois, dans sa vie, obtenu la bonne fortune de conquérir, à bas prix, quelques volumes précieux. M. Libri, dont les connaissances bibliographiques sont des plus étendues, et qui n'épargnait ni démarches, ni soins pour découvrir quelque perle enfouie dans des tas de fumier, M. Libri a nécessairement fait des trouvailles heureuses.
S'il faut s'en rapporter à une note qui est jointe à mon exemplaire du catalogue de la vente de 1847, l'édition de YOrlando innamorato (Venise, 1543), ignorée de tous les
ne figurent point an Manuel du lAbrairey et qoi seraient très-dignes d'y
occaper une place honorable.
BemardOt monacho dt VaUmibrosa, Compendio delli Abbati général! di
Valombrosa : e dl alcuni roonaci e conversi di esso ordine. Venetia,
1510, in-4, L. A. de Gianta, exempl. sur vélin, adjugé à & 1. st. 2 sch. Historia de la provincia del Santo Bosario de lasFilipinas, Japon y China,
de la Sagrada Orden de Predicadores, escrita por Diego.Aduarle. Zara-
goça, 1693.
Tonio segondo por Baltazar de Santa Crnz. lUd,, 1693. Tercera parte, por Vincent de Salazar, impressa en d coUegio de Santo
Thomas de la ciudad deManUa, 1742.
Quarta parte, por Domingo Collantes. Manila, 1783.
Collection très-difficile à réunir et À irouYer coraplète, adjugée à 5 1. st. 18 sch. I^ Manuel, tom. J, p. tS, ne parle que des deux premiers volumes.
Ordini, leggi, concessioni e privilegii del magistrato de i novanta pace-
flci da Forli. Venetia, Bevilacqua, 1SÔ9, in-fol., «ur vélin, 4 1. st. Peregrinus [Petrus), de Magnete, seu Bota perpetui motus, per Achillem
Gasserum nuncprimum promulgatus. Augsburg, ]6ô8, in-4; 1 l.st.
18 sch.
Un des plus rares des anciens écrits relatifs aux sciences naturelles. Cet ouvrage, composé au treizième siècle, a souvent été cité i tort, d'après des copies interpolées, pour montrer que la déclinaison de l'aiguille aimantée était connue dès cette époque.
Trumbeta {AnL), Questio profunda de efflcentia primi principiî ad men-
bibliographes et qui s'est élevée, au feu des enchèfes, jusqu'à la somme considérable de 760 fi*, (n® 1045), avait été conquise, moyennant le prix de vingt sous, à un étalage du quai Yollaire, après s'être présentée, en mauvais état, il est vrai, dans Une vente publique où elle avait passé inaperçue. La belle reliure, dont Bauzonnet Tavait depuis couverte, est dans doute pour beaucoup dans l'étonnante fortune de ce rarissime volume. H ne serait pas difBcile de citer des exemples analogues. J'ai le catalogue de la vente du biblio-
teni Aristotelis. Venetns, 1513, in-folio. Exempl. de dédicace i Lèoii X,
Imprimé iur vélin; 8 1. si. 10 sch.
Victoris (P.) De regionibus urbia RomaD libellus iinicas, in-4 (quinzième
aiècle). livret de 8 feuillets mus chiffres, oi signatures, inconnu à tous
les bibliographes, et qui parait avoir été imprimé à Naples; 6 1. st. 6 sch.
En fait d'ouvrages connus, mais qui se sont élevés à des prix d'adjudicaUon dignes d'être signalés, nous indiquerons : Les Tratadas de Barthélémy de las Casas, relaUvos é las Indiai oeeiden-
ià\ei (8 pièces), 22 1. st. 10 sch.
La Lettre de Colomb, d$ Intuiis nuper invenUSy livret tarisalme; 16 1. it.
lOsch. (412nr.).
0*ë8t l'eiemplalre dont II est question dans le Mannel du Hbraire (t. 1, p. Y8i) et que M. Libri avait acheté 97 fr. à la vente Heber à Paris, en 1836. On peut consulter à son égard un ouvrage anglais récent de Major: introduction to the sekct l$Ùer3 of CoUmUms, pubUshed by the Hakiuyt Society, Ajoutons que l'autre èdiUon, qui parait sortir des presses de Planck, à Rome, en 1493, est décrile dans le Serapmtm, tiib, page 350, d'après un exempl. appartenani au libraire Asher. à Berlin. Un autre exempl. s^est payé 15 I. st. b sob. à la vente du duc de Buckingham, en janvier 1849. La Iràdnetlon allemande, Imprimée à Strasbourg par B. Kustler, a été reproduite dans les Rheinische Archiven, tom. XV, p. 17, et en français dans les Annales eneycU^pédiques, 1818, tom. VI, p. 105. La Lettera publiée par Morelll, à Venise, en 1810, est reproduite dans les Opérette de ce philologue (tom. I, p. 243). Voir aussi V Esprit des journamxy mars 1786, p. 259. On peut consulter, pour des détails bibliographiques, la BibUotheca Grenviliana, p. 159.
Les Horœ beatiss, Virginie, en grec, Aide, 1497, in-24; 33 1. st. 10 scb. Les Justiniani Institutiones, Mayence, 1468, sur vélin, 73 I. st. Le Livre du roy Modus, Cbambéry, 1486, 27 1. st. 10 sch. Les Vite dei pittori, de Vasari, Florence, 1567, grand papiar, «lempl. da de Tbou, 17 1. st. 10 aeh.
graphe Barbier (Tauteur du Dictionnaire des jénom/mei), alite en 1824 : on y a mentionné à la main divers volumes qu'il avait trouvés sur les quais pour quelques sous et qui, signalés au catalogue, ont presque centuplé de valeur. Je renvoie à une note plusieurs faits du même getre que nié suggère le hasard des lectures (1).
Un des points que la lettre de M. Libri met Hôfis de
(1) M. Renouard nous apprend, dans sa dernière édition des Annaln des Aides (1834, p. 250), quMl a obtenu nn avantage marqué sur quelques articles réalisés à ses ventes faites à Londres en 1828 et en 1830. On a payé : 9 1. st. 16. 6 (251 fr.) Adriani Venatio^ 1505, qui lui avait coûtés fr. 25 1. st. (637 fr.) yAcanthiilamentatio, acheté 48 fr. 11 1. st. (270 fr.) le CaiuUe d'Aide, 1554, grand papier, payé 20 tr. 20 1. st. 10 scb. (522 fr. 50) un opuscule de 6 feuillets (M niortem PausUni
Amici epistola ad Campesanum, 1554), acquis pour 2 fr. 52 1. st. 18 scb. (1,340 fr.) la Bible Sixtim, 1590, que Thistorien des Aides
avait eue pour 160 fr. à la vente Servais.
Dibdin raconte qn*un amateur obscur, nommé Da?y, obtint, pour 50 centimes, à l'humble étalage d'un bouquiniste du dernier ordre, iin exemplaire du Livre des Échecs, une des plus rares éditions deCaxton, le père d€ la typographie anglaise. Georges IH acheta, quelques années plus tard,ee même volume au prii de 170 1. st. (4,300 fr.)- Il n'y a pas fort longtemps que la bibliothèque d'un ami zélé de la vieille littérature anglaise, J. Bindley, a été livrée aux enchères; Ton a vu des livres, qu'il arait ramassés à de très-modestes étalages, se payer cinquante et cent fois ce qu'ils lui ataient coûté. Un petit poème de R. Herbert {Dick and Rotnny 1641], qu'il avait eu pour 2 fr. 50, s'est adjugé à 10 1. st. (255 fr.) ; le Rossignol de Patrick Hanway (1622), volume orné de deux portraits dus au burin de Crispin de Pas, et qui avait coûté 7 fr. à M. Bindley, a trouvé amateur à 35 1. 14 sch. (905 fr.) ; cinq opuscules de Robert Greene, dont 11 était devenu propriétaire moyennant une dizaine de francs, produisirent à sa vente 41 I. st. 14 sch. (1,065 fr.).
Un des exemples les plus frappants en ce genre, c>st celui que présente un volume dont il est fait mention au Manuel du Libraire; le duc de Roxburghe s'était procuré pour 12 sch. (15 fr.) ce précieux bouquin: il renfermait trois petits romans en langue anglaise imprimés en 1518. Ils furent divisés et, en 1812, mis en vente publique avec la bibliotbèqaa de ce célèbre collecteur; f^eStor^/ of Frederike ofJennen produisit 65 l.st. 2 sch. ; the Story ofMary of Nimegen, 67 1. st., et the Life of Vergeltas, 54 1. 13 sch. Total, 186 1. st. 14 sch., c'est-A-dire 4,741 fr. 50; trois cent soixantedix-huit fois le montant de la somme débonnéal
toute contestation, c'est qu'il existe, de par le monde et dans le commerce de la librairie, un grand nombre de volumes soustraits, on ne sait par qui, ni à quelle époque, à des dépôts publics. Il n'est pas rare de trouver de pareils livres dans des bibliothèques particulières ; des amateurs les ont achetés de très-bonne foi, les ont très-bien payés et peavent s'en regarder comme légitimes propriétaires.
Le Manuel du Libraire mentionne quelques livres des plus rares qui ont jadis fait partie des grandes bibliothèques publiques de Paris, mais qu'aujourd'hui on y chercherait trèsvainement.
Il signale notamment un des volumes les plus précieux et les plus rares qu'il y ait dans la classe de l'ancienne poésie française : VŒuvre nouvelle contenant plueieurs matièreê (Anvers), in-4«; ce livre disparut de la bibliothèque Sainte* Geneviève, se trouva, on ne sait comment, à Bruxelles, dans le cabinet de M»« d'Yves et fut acheté, en vente publique, en octobre 1819, par M. de Soleinne. (Voir la note du catalogue Soieinne, n^ 105 ; M. Aimé Martin a inséré dans le Bulletin du bibliophile^ 1845, page 471, une notice sur ce volume.)
Le Manuel parle ailleurs (t. III, p. 9i) du Triomphe d'une très-haute et puissante Dame, livret dont on ne connatt que deux ou trois exemplaires. Celui du comte d'Hoym, acheté pour la Bibliothèque Nationale, fut volé en 1794, passa en Angleterre, et è la vente d'Héber, un bibliophile de Paris, M. Cigongne, en devint adjudicataire au prix de 29 liv. sterling (1).
Le savant auteur du Manuel (t. III, p. 651) afQrme n'avoir pu voir la Pastourade gascone sur la mort â^Anrich quart (Tolose, 1611), pièce qui est portée au catalogue de La Vallière, par Nyon, n« 18252, et qui, par conséquent, devrait se trouver à la bibliothèque de l'Arsenal.
(1) Voir, aa Mijet da cabinet de cet amaleor, le BuUefiii du Btblkip}^ publié par le libraire Techener, 1842, p. 213.
Une publication périodique justement estimée et qui a malheureusement cessé de paraître, la Revue de bibliographie analytique (t840, p. 634), s'exprime ainsi au sujet de Tédition originale (Constantinople, 1556) du texte hébreu de l'Itinéraire de Benjamin de Tudèle : a Cette édition est si a rare, que, malgré les recherches les plus soutenues, le « dernier éditeur de Benjamin, M. Asher, n'a pu en trouver « un exemplaire complet. Elle a été à la Bibliothèque royale u de Paris ^ mais elle ne s'y retrouve plus, d
Je viens de parcourir les OEuvres choisies d'Etienne Pasquier, éditées récemment par M. L. Feugère. Le judicieux éditeur indique {Introduction^ p. ccviii) les éditions données en"1564 et en 1572 des Ordonnances d'amour^ production de la jeunesse d'Etienne Pasquier, et il ajoute : « Sur les catalogues de la Bibliothèque Nationale {supplément^ Y 2, Romans) figure une autre édition, Paris, J. Saru, 1618 ; il est vrai que la Bibliothèque ne possède, en réalité, ni celle-ci ni les précédentes. »>
On ne saurait douter que, durant les troubles de la première Révolution, d'immenses soustractions n'aient été opérées dans les dépôts appartenant à l'Etat, aux villes et aux établissements scientifiques. Voici, à c?t égard, un fait que je puis vous garantir. L'Académie des sciences, belles-lettres et arts de Bordeaux, possédait un grand nombre de manuscrits précieux et importants; tous ont disparu, sans laisser de trace; il n'en est resté que le catalogue. Quel a été leur sort ? On l'ignore, à l'exception d'un seul, le tome second, demeuré inédit, de Y Histoire de Bordeaux, par Dom Devienne. Celui-ci est devenu, par voie d'héritage, la propriété d'un habitant du département de la Gironde , qui refuse de s'en dessaisir (1).
Vous me parlez, mon ami, de livres au timbre de la Bibliothèque de la rue de Richelieu, que vous rencontrez parfois
(1) MM. M. et J. Delpil ont publié, dans le tome XIV des Notices et Extraits des manuscrits^ des détaUi fort étendoi au sujet d'an précieui car-
iùT les quais. Avec uh peu de loisir et de persévéràtice, je ne doute pas qu'il né soil facile d'en décoilvrir. Je ne me suis jamais occupé d'une senablable recherche, mais lé hâSard à parfois amené sous mes yeux semblables volumes, et je ine rappelle fbrt bien qu'il y a quelques années, je trouvai, ft un étalage du Quai aux Fleurs, un volume à la reliure et au cachet de rétablissement en question. C'était, je crois, un des volumes de la collection des Mémoires relatifs à la Révoluiiony publiée par MM. Berville et Barrière.
Les catalogues de collections d'autographes, dont les ventes se succèdent à Paris depuis quelques atinées, fournissent des preuves multipliées des dilapidations commises dans les archives de la France et de l'étranger. Prenons le premier dé ces catalogues qui nous tombe sous la main, celui de M. Gott« lieb W. (Merlin, 1839). Le n® 1 est une lettre de Louis XI, sur parchemin, à la ville d'Amiens. Cette lettre aurait-elle dù sortir des archives de cette ville? Les n«» 5 et 41 sont des dépêches adressées à des papes; leur place serait au Vaticati. Diverses lettres sont écrites à des rois de France ; aux n*»* 145, 146, 148, 151, on trouve des lettres adressées par divers généraux au ministre de la guerre ; le n*» 153 présente un rapport de A. -G. Camus S la Convetition; le n» 159 est adressé au Directoire par les commissaires délégués à Rome. Comment toutes ces dépêches se trouvent-elles répandues dans le public?
Prenons un autre catalogue, celui d'une vente faite par M. Charon, à la salle Silvestre, en février 1844.
N~ î4 Lettre au ministre de l'intérieur.
27 — au ministre de la guerre.
43 — au môme.
55 — au môme. (Celle-ci estdu premier
Consul !)
tulaire des ducs de Guyenne qui, soastrait d'an dépôt public, est tirivé, on ignore par quelle voie, dans la bibliothèque de VVolfenbuttel. Le catalogue des manuscrits de Richard Heber présente divers roantucrits do même genre pronntiit d'archifes du midi do la France.
N«« 57 Lettré à TEmpereur.
71 — ail ministre de la guerre.
108 — à l'Empereur, avec renvoi au ministre de
la guerre. ' 138 — au ministre de la guerre (ainsi que les n«- 168, 268, 279, 320, 401 , etc.).
D'autres lettres sont adressées au ministre de Tintérieur. Le n"" 245 est une lettre de Laharpe à rAcadémie firançaise. N"" 249, lettre de l'abbé de Lamennais au ministre de la police ; n® 273, bref (sur parchemin) du pape Léon XII au duc d'Angouléme ; n"" 445^ lettre de Talleyrand au premier Consul, il est de toute évidence que c^ pièces ont été enlevées à des dépôts publics, et il faut convenir que ceux qui les ont ainsi fait disparaître n'ont pas choisi ce qu'il y avait de moins intéressant dans les immenses piles de papier qui s'accumulent aux divers ministères.
Veut-on un autre exemple qui démontre que, dans le commerce et dans les collections des amateurs, on trouve une multitude de pièces qui sont sorties, oii ne sait i quelle époque, des dépôts où elles auraient dû rester, et qui circulent de main en main, sans que la bonne foi et la loyauté des propriétaires actuels puissent être révoquées en doute? Prenons le catalogue d'une vente faite à la fiii de'mars 1848, par M. Laverdet ; nous y trouverons :
N"» 54 Lettre du duc dePadoiJe au ministre delà gilèrre. 18 ^ du général Augereau (depuis maréchal) au
Directoire.
52 -« de Berthier (depuis prince de Neufcbfttel et de Wagram), au ministre de la guerre.
87 — du maréchal Brune au duc de Fellre, ministre de la guerre.
118 — de Championnet au ministre de la guerrt. 366 — du général Lecourbe au min. de la guerre. 399 — du maréch. Macdonald au môme ministre.
462 — du maréchal Moncey au même ministre.
471 — du général Moreau au même ministre.
N"" 609 Lettre du maréchal Suchet au même ministre.
Les n«» 31, 63, 92, 132, 197, 201, 275, 308, 346, 407, 444, 463, 473, 483, 495, 497, 507, 5l0, 527, 536, 544, 551, 652, 588 , 596, 637, sont également des lettres adresséesau ministre de la guerre. Le no l4i est une lettre du général Clarke au ministre des relations extérieures; c'est aussi à ce même ministre que sont envoyées diverses autres lettres, et il s'en trouve un assez grand nombre qui sont écrites au préfet de police, au ministre de Tintérieur, au chancelier. Toutes ces lettres portent les dates de 1792 à 1835-, elles démontrent que les papiers de tous les ministères, provenant de toutes les époques, n'ont point été respectés et qu'ils se sont répandus par masses considérables dans la circulation.
Le catalogue de la curieuse collection d'autographes formée par M. de Pixerécourt et vendue publiquement au mois de novembre 1840, présente également nombre de lettres adressées à des ministres par des maréchaux, par des hommes d'Etat contemporains. Voir, entre autres, les n**» 36, 84, 91, 138, 149, 164, 278, 281, 311, 321, 346, 419, 426, 476, 481 (lettre de M. JoUivet, conseiller d'£tat, au ministre des finances, affaire secrète) y 543, 604, 636, 802 (remisé des actes de l'état civil de la famille impériale, signée par le duc de Bassano et par Regnault de Saint-Jean-d'Angély ; document du plus haut intérêt), 891, etc.
Il n'est pas très-rare de rencontrer sur les catalogues des bibliothèques d'élite, des exemplaires de dédicace à des monarques ou à des papes, des volumes dont la reliure porte les armes de rois de France. Les collections de ces pontifes, de ces souverains n'ont jamais été mises en vente ; elles sont encore conservées dans des dépôts appartenant à l'Etat ; c'est donc à des soustractions commises, sans doute, à l'époque des troubles révolutionnaires, qu'il faut attribuer l'apparition de ces volumes précieux chez des particuliers. Leurs nouveaux propriétaires ne songeaient nullement à les celer ; au contraire, ils les montraient avec orgueil ; ils publiaient leur bonheur, et jamais il, n'est entré dans Tidée de qui que
ce soit de les chicaner sur la légitimité de leur possession.
M. Renouard enregistre, dans son Catalogue de la Biblio» ihéque d'un amateur j t. II, p. 335 et t. IV, p. 293, an Yalère- Maxime (Aide, 1534), et les poésies latines de Hugo Ambertanus (Paris, 1516) ; l'un et l'autre de ces volumes avaient appartenu à François P% dont ils portaient les emblèmes. Un Pindare, aux armes de Henri II (Aide, 1513}, s'est adjugé à 800 fr. , vente Duriez, en 1827, n<> 1906.
Des manuscrits d'une haute valeur ont eu le même destin que les livres imprimés. A la vente de J.-L. B. (Bourdillon), Paris, Tilliardj 1847, il s'est trouvé un manuscrit du quatorzième siècle, de Parthenopex de Blois. Il a été annoncé comme le seul complet et comme venant du cabinet particu^ lier de Louis XF! à f^ersailles; il portait sur le dos le chiffre de ce monarque, et il a été adjugé au prix de 1085 francs (n'* 37), à M. Libri, par Tentremise de M. Techener. Si je n'étais forcé d'abréger, je citerais sans peine d'autres faits du môme genre.
Les catalogues des livres d'assortiment que publient chaque année les grandes maisons de librairie de Londres, offrent une multitude de livres et de manuscrits qui appartinrent jadis à des corps constitués, à des monarques, à des administrations, et dont la destinée régulière n'était pas de passer dans le commerce. Je ne veux pas remplir cinquante pages d'indications à ce sujet ; je m'en tiens à quatre articles pris au hasard dans les deux premiers catalogues qui me tombent sous la main.
Rituale ad usum Ecclesiœ Senonensis^ très-beau manuscrit sur vélin, avec 70 miniatures, aux armes du siège archiépiscopal de Sens. (Catalogue d'Harding et Lepard, 1829, n" 1718.)
Racconto délia sollevatUme di Napoli, accaduta neW atino 1647; manuscrit in-P de 284 pages, provenant de la bibliothèque royale de Naples. (Même catalogue, n"" 1744.)
Missale Ecclesiœ Rothomagi^ superbe manuscrit du treizième siècle, à l'usage de la cathédrale de Rouen. (Cat. Thorpe, 1830,
Q* 13598; il avait passé de la bibliothèque Mac Garthy dans celle de IL Drury.)
Pièces officielles, papiers, lettres relatives aux opérations de Tarmée d'Italie en Tan IX ; nombre de lettres adressées au grand-chancelier de la Légion-d'Honneur. (MAme catalogue, n*" 14580.)
Mais ces détails m'écartent du point d-où j'étais parti : j'ai hâte d'y revenir.
Je crois, mon cher Bibliophile, que cette concordance entre tels et tels livres, inscrils au catalogue de vente de M. Libri, et tels ou tels numéros d'autres catalogues do ventes diverses, faites à Paris, établissent invinciblement, péremptoirement, l'origine de la possession des ouvrages dont j'ai fait passer la liste sous vos yeux. Remarquez d'ailleurs que, pour ne pas abuser de votre patience, et pour ménager mon temps que réclament d'aulres travaux, je n'ai pas donné à la liste que j'ai dressée le quart del'élenduo à laquelle j'aurais pu la porter-, observez que j(; suis loin d'avoir tous les catalogues qui seraient nécessaires pour établir la provenance de bien d'autres ouvrages que M. Libri a, au vu et au su de tous les bibliophiles et de tous les libraires de Paris, achetés dans ces enchères presque continuelles dont la salle de la rue des Bons- Enfants est le théâtre.
La haine des calomniateurs et des adversaires politiques de M. Libri s'est montrée peu ingénieuse. On a dit qu'il avait formé une bibliothèque des plus considérables et des plus riches, en dépouillant les dépôts de Paris et de la province ; on n'a pas craint d'aflirmer que la valeur de ces soustractions n'était pas moindre de 300,000 à 400,000 fr. Pareilles rumeurs, une fois lancées dans le public, propagées par le Jtfoniteur^ amplifiées à Tenvi par tous ceux qui les répétaient, devaient finir par acquérir des proportions considérables. On voulait les ériger en article de foi, et défense, au nom de la liberté et de la fraternité, de les révoquer en doute. Certes, il n'est aucune absurdité, quelque flagrante qu'elle soit» qu'on M vienne à bout, avec un peu de savoir-Aure, de p«r-
suadcr à cette portion aveugle et ignorante du public, qui mord toujours, avec le plus vif empressement, à Tappàt du plus grossier mensonge. L'hisloirc , depuis une soixantaine d'années surtout, offre, à cet égard, de bien frappants exemples ; mais, ce qui dépasse les limites du genre, c'çst de vouloir faire croire qu'un membre de Tlnstitut eût pu impunément, durant des années, dépouiller à son proOt les bibliothèques publiques de la France, et enlever par charretées livres précieux et manuscrits; c'est qu'il ait entassé le produit de pareilles soustractions dans son domicile où, d'un moment à Tautre, une visite était si facile ; c'est qu'il ait luimême offert toute facilité pour se faire prendre en flagrant délit, en publiant les titres des livres ainsi soustraits, en les insérant dans un catalogue destiné à la plus grande publicité, et mis entre les mains de quiconque s'occupe d'ouvrages rares et recherchés. Puisqu'une multitude de livres avaient (disait-on) disparu des depuis de Paris et de la province, quoi de plus simple que de commencer par indiquer les volumes qu on ne retrouvait plus aux lieux où ils avaient été et où ils devaient se trouver encore ? C'était par là qu'il fallait commencer. On ne Ta point fait, et pour cause ; on s'est borné, sur plus de quinze mille ouvrages que possède M. Libri, à signaler deux volumes, dont il a sur-le-champ prouvé l'acquisition par des moyens parfaitement loyaux. L'un avait été acheté chez un libraire de Paris dont le nom seul est une garantie de loyauté : voici les preuves matérielles de cette transaction ^ elle date de plusieurs années. L'autre volume a été l'objet d'un échange avec la bibliothèque d'une petite ville du Midi, échange tout a fait à l'avantage de cette bibliothèque. Il est positif que les adversaires de 31. Libri ont remué ciel et terre pour trouver dans la masse de ses livres, livres resté» à leur disposition , quelque ouvrage dont l'origine fût suspecte. Quel bruit ils auraient fait d'une semblable découverte ! Avec quel bonheur et quel fracas retentissant auraientils annoncé que tel ou tel volume avait appartenu incontestablement à la Mazarine ou à l'Arsenal, aux bibliothèques de