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Ces volumes portent, en outre, soit en dehors, sur leur élégante eon- Tertore, soit écrit de la main du propriétaire, sur un des feuillets : Jo, GroUerii et amicorum; quelquefois, dans la note écrite, est le mot Lugdummfis, iUii de pouvoir plos libéralemeot communiquer ses richesses lit*
bibUottaèque de Carpentras, mais il est positif que M. Libri en est devenu acquéreur de très-bonne foi, par voie d'é-* change, discuté avec le bibliothécaire, en 1843. Il donna, pour
léraires, il faisait parfoiâ relier plasiears eiemplalres d'ane même édition. l\ rette trois de set Virgile d'Aide, 1&27; deui Erasnd Adagia^ 1520; deux Uhro âd CùrUgiano, 1&28, etc. (Voir, dans la BibUomania de DibdiD, 2*« édiUon, Londres^ 1842, p. 489, le fiic-«imiie d'une de ces reiiares.)
Achetée par Charles IX, et conservée durant plus d'un siècle à l'hôtel de Vie, la hlbliotbèque de Grolier fut vendue et dispersée dans les dernières années du règne de Louis XIV. Cet amateur célèbre ne se bornait pas à acheter des livres : il encourageait les éditeurs à entreprendre diverses impressions ; c'est à son instigation que les Aide exécutèrent le Bndé et le Térence dont nous avons parlé, et qui lui sont dédiés. En fait d'ouvrages originaux qui débutent par des épitres dédlcatoires à son adresse, nous pouvons indiquer une production de Stephanus Niger t DkOogut de ffrœds Uiteris (Milan, 1517, in-fol.).
La générosité avec laquelle Grolier faisait du communisme littéraire, en déclarant que ses livres étalent propriété de ses amis autant que sienne, fut Imitée par un autre amateur bien moins célèbre, mais qui avait recueilli des livres fort dignes d'entrer dans une collection d'élite. Marc Laurin, de Bruges, faisait mettre sur la couverture des volumes qu'il habillait de maroquin : Jf. Lcmrmi $t amicorum, M. Renouard possédait son Macrobe, Aide, 1528.
La devise gravée sur les plats des volumes de Maioli est celle-ci : /mffiict. mei. mkhi, tUKU tnê, michi.
J'ai cité la BibUothêca GrmvîUana, catalogue rédigé par les savants libraires de Londres BIM. Payneet Foss; laissez-mol ajouter ici quelques mots au sujet de cette publication, si importante ponr les bibliophiles.
Thomas Grenville, diplomate distingué, né en 1765, est mort à Londres en 1846. Retiré depuis plus de vingt ans des affaires publiques, il avait consacré ses vieux Jours à la formation d'une bibliothèque considérable et parfaitement choisie. Il l'a laissée, par son testament, au Musée britannique. Les anciens voyages, Thistoire des Iles-Britanniques (et spécialement celle de Tlrlande), la vieille littérature italienne etespagnole, les classiques grecs et latins, sont les classes qui présentent le plus de richesses dans cette admirable collection. Il en a été publié en 1842, A Londres, un catalogue raisonné qui ne remplit pas moins de 846 pages à 2 colonnes et qui, tiré è petit nombre, est extrêmement rare sur le continent. En fait d'ouvrages imprimés sur peau-véHn^ on en rencontre 78, parmi lesquels il s'en trouve du plus grand prix; entre antres, IMn^AoJ^, Flo*
avoir ce volume, un autre exemplaire relié du même ouvrage, même édition ; plus, une soixantaine de volumes de bons ouvrages scientifiques modernes qui manquaient à la bibliothèque en question. Vous savez, mon cher bibliophile, quels prix certains amateurs, plus fanatiques que sages, attachent à des exemplaires d'ouvrages anciens, lorsque les marges sont encore dans leur intégrité (1). Je m'amuse à en
renée, 14di; la Btbie imprimée à Mayence en 1455 ; le Voyage de Breydenbach en Orient, 1486 ; Titus Livius, Rom», 1469; Petrarcha, Veneliis, 1&73; le Psautier dt Mayence, 1457; Ptolémée, Ulm, 1482; le Testammtwn Aithiopicum 9 ^omm, 1548; Valerius Maximus , Mayence, 1471; Virgile, Venise, 1470, et Ft/ruv», Florence, 1515.
Une multitude de notes bibliographiques relatives à des ouvrages peu connus et parfois même Ignorés jusqu'à présent, donnent à la B&HiO' thêca GrenviUana une importance toute particulière. On y remarque une fonle de détails nouveaux sur les célèbres collections de voyages de De Bry et d*HuUiu8, sur les impressions originales des lettres de Colomb et de Vespuce. Noos mentionnerons en passant t
ï^ 61 éditions d'Ésope, en diverses langues, antérieures à Tan 1600 : la plupart sont du quinzième siècle; chaque volume est décrit avec soin* An sujet de l'un d*eux, composé de 11 feuillets et qu'on croit imprimé à Harlem avec les caractères de Laurent Coster, une longue lettre de M.Ottley, bibliographe et Iconographe distingué, est donnée tonte an long;
2* 35 éditions de VOrlando FuriosOy imprimées au seizième siècle; notons celle de 1516, édition originale , dont on connaît six exemplaires seulement et qui est toutefois moins rare que celle donnée à Venise, en 1530, par Francesco di Alessandro Blndoni et Mapheo Paslni. L'exemplaire Grenvllle est le seul de cette édition qui soit connu ;
3^ Vlnnamoramento di Rtnaldo, s. 1. ni d., in-fol. '(vers 1485), seul exemplaire connu d'une épopée chevaleresque; Il fut acheté 1,355 fr. à la vente Boutourlln, en 1840. Curieuse lettre de M. Panizzi, au sujet de ce volume ;
4» Tirant lo Blanch. Valencia, 1480, fol., exemplaire que Richard Heberse trouva heureux de conquérir moyennant 300 guinées (8,100 fr.}. On ne connaît que cet exemplaire et un autre qui se trouve dans la bibliothèque du Vatican. Longs détails au sujet de ce volume d'après un ma* Duscrit de Ritson, déposé aujourd'hui au Musée britannique.
(1) Il ne faut qu'un peu de mémoire et un peu de connaissance des choset bibliographiques, pour rénnir des exemples du prix que les araa-
-ib —
Jeter en note àa basdê cette page quelques exemples. C'est un caprice, si vous voulez, comme celui d'avoir des gravures avant la lettre ; mais, ce goût, fort innocent, ne fait tort à personne , si ce n'est à la bourse du dilettanie qui s'y abandonne.
lênrf attachent anxllvresanclénsqai conierrent Tintégritéde leitrsnatsèf . Un exemplaire non rogné de Tédition originale d'Horaëre {Florence, 1488), après avoir été payé 3,601 Tr. par M. Gaillard, à la vente de Cotte, en iBOl, fut, en 1808, acheté an même prix pour la Bibliothèque Nationale. Les Tol ornes imprimés par tes Aide augmentent énormément de valeur, lorsqu'on les trouve, ce qui est rare, avec loules leurs marges. L'Arislote, de 1495. en 5 vol. (4 noh rognés), s'életa è 660 fr. k la vente de Cotte, el il aurait été certainement porté bien plus haut, si tons les volumes avaient été de eondilion uniforme.
t*ersonne nMgnore è quel point les volumes d'impression eltevlrienne augmentent de Taleur, lorsqu'ils se rencontrent sans atoi^ été rognés, éirconstahce trés-pen commune. Réunissons, d'après les tiotes que notii avons recueillies , quelques faits en ce genre que présentent les ventes survenues à Paris depuis une vingtaine d'années, faits que, pour la plupart, on chercherait en vain au Mamd :
Horace, 1676; iOO fr. Firmin Didot, revendu 280 fr. Bérard, et 160 fraoee
Chalabre; un autre exemplaire non rogné, mais avec quelques taches,
80 fr. Chalabre.
Barékûi Satyrican, 1687 ; 63 f r. Libri.
SaUusiius, 1634 ; 106 fr. 50 Sensier, et 78 fr. Chalabre. CiJBsar, 1635; 49 fr. 50 Chalabre, Fhrus, 1657 ; 41 fr. E. P. en 1840.
VêUeius Patercuius, 1678; 40 fr. Chalabre.
Senecœ Opéra, 1640, 4 vol. ; 240 fr. Cotte ; cet exemplaire a suecessivemeiit
été revendu 435 fr. Firmin Didot, 520 fr. Bérard, 500 fr. Chalabre. Chamm, de la Sagesse, 1662; 330 fr. Bérard.
Satyre MérUppée, 1664 ; 40 fr. R. en 1836, 77 fr. Motteley. Adagiorum Erasmi Epitome, 1650; 91 fr. duc de Rivoli. lÀpsii, de Constantià, in-24, 1652; 44 fr. Motteley. Odes d'Horace en vers burlesqtêes, 1653; 90 fr. Bérard, 104 fr. Sensier»
61 fr. Marchand.
Menagii poemata, 1663; 50 fr. Renouard.
Histoire S Henry IV, par Pereflxe, 1664; 80 fr. Sensier, même prix Labé-
doyère.
Peirsius, 1664 ; 40 fr. Renouard, 60 fr. Bérard. Pmdenltus, 1667; 50 fr. Renouard, 72 fr. Bérard.
Un particfilîer pèot se passer semblable (kntaiële^ : elles ieraîeot absurdes de la part de la bibliothèque d'une petite Tille de province. Admettant qu'à Carpentras il y eût des lec-^ tourâpour un Théocrite grec de 1495, il était, à coup sûr, partaitement indifférent à ces amis du grec de lire les pastcH raies du poète sicilien dans un volume dont les marges eussent subi l'atteinte du couteau du relieur. Le bibliothécaire, ecclésiastique vénérable dont la loyauté et la bonne foi ne sont pas révoquées en doule^ a cru et a dû croire avec parfaite raison, que le dépôt conGé à ses soins faisait une très^ bonne affaire, lorsqu'en échange de deux ou trois centimètres de papier blanc, il obtenait une soixantaine de voluities vraiment utiles pour les lecteurs qui fréquentaient la bibliothèque de Carpentras. Il n'y a donc personne à reprendre en cette circonstance, et un puritanisme administratif ombrageux serait seul en droit de présenter quelques obser-» valions.
Pciydorus VergiUus, 1674 ; 74 fr. F. Didot, 58 fr. Coulon, 50 fr. Bérard,
49 fr. BtgnoD, 44 fr. Labédoyère.
BmmeU de pièces gaiantés, 1678 ; 60 fr. Bérard, tOO nr. Cbalibre. (Bwor$9 de Marot, 1700 ; 150 Tr. Mac Carthy, reTendn 130 tr. Labédoyère,
71 fr. Ghalabre, 82 fr. Seniler.
Lettres de Balzac, 16b9; 60 fr. Labédoyère.
Entretiens de Balzac, 1659 ; 35 fr. Ghalabre, 4t fr. Labédoyère. Œuvres satyriques de Blessebois, i676; 400 fr. Sensfer, 135 fr. MonCaran. Yàyage d^ Espagne, 1666 ; 81 fr. Bérard.
Belatkm d^un voyage en Angleterre (par Sorblère), 1666; 113 fr. Nodier. // CardmaUsmo dt Santa Chiesa, 1668; 60 fr. Mac Gar(hy, 62 fr. Ctaalabrt,
43 fr. Sainl-Morys.
Priolus, de rdjus galUcis, 1669; 47 fr. Bignon. Vie du roy Almansor (par d'Obeilh), 1G71 ; 66 fr. Bérard , 80 fr. Ghalabre,
70 fr. Labédoyère.
Vie de César Borgia, 1671 ; 67 fr. 50 Bérard. Vie de Monk, 1672 ; 50 fr. Benoaard.
Buchanany 1676, in-24 ; 76 fr. Mac Carthy, 30 fr. Nodier. Pfcmto, 1652. iD-16; 36 fr. Bérard, 59 fr. ReDouard, 2 I. si. 14 sch. Hàn-
roU.
JuitmimU Imtitutionês^ 1S»4; 81 fr. F. DMet.
C'est avec la même netteté, avec la môme abondance de preuves sans réplique, que M. Libri discute trois ou quatre inculpations qu'on avait tâché de préciser; il ne laisse pas subsister à leur égard l'ombre d'un doute, le semblant d'une incertitude. Quant aux accusations vagues et insaisissables que d'infatigables calomniateurs, tapis dans Fombre, ont répandues à profusion , il faut bien ,1 pour les démolir à leur tour, attendre qu'elles aient pris un corps, qu'elles articulent enfin quelque chose sur laquelle un débat puisse s'engager.
Une machination odieuse, mais habilement calculée, se révèle dans tout ceci : elle saute aux yeux.
Au moment où le Gouvernement provisoire avait les plus sérieux sujets de préoccupation, lorsque de vives querelles séparaient ses membres, qui se menaçaient mutuellement de faire appel aux coups de fusil {voir U Rapport de la Commission d'enquête\ et le jour même où une manifestation redoutable avait amené des masses immenses qui venaient à l'Hôtel-de-YiUe dicter leurs volontés à un pouvoir chancelant, comment s'expliquer cette étrange publication, dans la feuille ofiicielle, du Rapport confidentiel de M. Boucly, Rapport adressé à M. Guizot et trouvé au ministère des afiaires étrangères à la suite de la révolution qui mit les papiers du ministre de la veille à la disposition du ministre du lendemain ? Rien de plus vague, de moins précis, de moinsétabli,que les allégations contenues dans ceRapport: des suppositions, des faits qu'on avoue avoir été démentis, des délations anonymes, rien de plus, mais il y en avait assez pour produire un grand efTet. On savait que le public est toujours avide de scandale, et les mesures étaient prises pour que le coup fit du bruit.
La publication étrange, insolite, d'un pareil document, en un pareil instant, avait pour but d'écraser un adversaire complètement hors d'état de répondre. Les gens sérieux furent frappés de la préférence donnée au Moniteur ; certes, il ne manquait pas alors de journaux qui auraient accueilli avec
bonheur une attaque contre un écrivain attaché aux opinions que les barricades venaient de terrasser. Le Natùmaly h Ré forme j la Commune de Paris, etc., auraient fait leur joie de semblable révélation, mais on voulait qu'elle partit de plus haut, n fallait qu'elle eût un cachet authentique et gouvernemental, afin de mieux commander la conGance. Le mot d'ordre fut ensuite donné à toute la presse non oQicielle appartenant au parti vainqueur, et cette presse, qui avait si vivement reproché au Gouvernement de Louis-Philippe l'assassinat commis par le duc de Prasiin, se mit tout entière à fulminer contre M. Libri. Il avait écrit dans des journaux conservateurs ; il avait soutenu la politique de M. Guizot; il avait une bibliothèque considérable. N'était-il pas évident qu'il avait volé les livres qui formaient cette bibliothèque ? Est-il possible qu'un conservateur ne fasse pas du larcin la plus constante de ses occupations ? Et M. Guizot, lui-même, n'aurait-il pas trempé dans le pillage de nos bibliothèques publiques?
Quelle est la main d'où partit ce coup? En France, à l'étranger, l'opinion publique a désigné M. ***. Si ce n'est pas M. *** lui-même qui dirigea cette machination^ elle fut l'œuvre de ces amis zélés, qu'un monarque absolu trouve toujours prêts à se mettre en avant, à lui rendre service, voire même sans attendre ses ordres, à frapper courageusement sur les ennemis de leur maître, lorsque ces ennemis sont à terre et lorsque ce maître est tout simplement à la tête d'une république démocratique, ce qui lui confère le droit de s'arroger (au nom de la liberté, comme de juste) les pouvoirs dont jouit un despotisme bien vert et bien cru, tel que l'abbé Galiani l'aimait. Il est de notoriété générale, que depuis douze années, M. Libri n'avait cessé de lutter, soit à l'Académie des sciences, soit dans les journaux, contre M. *** \ c'est à lui qu'on attribue un article de la Revue des Deux-Mondes, dans lequel les travaux scientifiques de M. *** sont réduits à leur juste valeur, tandis que l'esprit de domination implacable, les sentiments haineux et vindi-
catifs d^ cet acadéioicieo sont mia au grand jour. Les dénoiH- Gialions anonymes qui servent de base au Rapport de M.Âou* cly, et l'insertion de ce Rapport au MomleuTj ont paru une réponse indirecte, mais des plus claires, aux critiques dirigées contre le savant qui s'était mis 4 la t6te de la démocratie.
Vous me demandez» mon anU , si je sais personnellement quelque chose au siijet de M. Libri ; cela se réduit à de bien minces détails, mais du moins je puis vous en garantir l'exactitude.
M. Libri passa 4 Bordeaux, il y a quelques années ; il examina les maouscrits que possède la Bibliothèque publique, manuscrits qui ne sont pas en très-grand nombre, et parmi lesquels il en est de précieux. J'ai appris depuis que l'autorité judiciaire s'est enquise auprès du conservateur, aOn de savoir si aucun de ces manuscrits n'avait disparu ; le bibliothécaire» dont le zèle et l'intelligente activité sont bien connus, s'est empressé de répondre que tous les ma* nuscrils, sans exception, étaient à leur poste.
Durant le séjour qu'il fit à Bordeaux, M» Libri visita avec ardeur les libraires, les bouquinistes, afin d*arriver, s'il était possible, à quelque acquisition intéressante. Il put examiner les collections de quelques amateurs. Je sais qu'il ma-t* nifiesta le désir de {aire Templète d'un exemplaire du Ginme il Cortese d'Alamanni, exeipplaire orné d'une reliure ancienne, aux armes de Diane de Poitiers : le propriétaire de ce volume ne voulut pas s'en dessaisir.
Dans l'été de 1847, M. Libri fit veudre publiquement, i Paris, une portion de sa biblioUièque ; s'il fallait s'en rapporter aux insinuations de ses ennemis, il y aurait au daiw cette vente beaucoup d'ouvrages (et les plus précieux, biea entendu) doqt la possession ne pourrait être justifiée. J'a| voulu exapiiner avec soin, et par le moyen des catalogues de vente, quelle était la provenance de ces ouvrages. Vous savez, mon ami, que las beaux exemplaires des livres rares circulent (et, en général, assez rapidement), par la voie des wcbères» des m^oos d'un amateur dans celles d'uA autre* tt
Ê8t donc Irte^isé de les suivre à la piste, au moyen des catalogues de vente.
Divers ouvrages importants, eompris dans la bibliothèque 4e M. Libri, furent achetés par lui en 1844^ lorsque la charmants oollection formée avec tant de soin et de goût par Charles Nodier, fut livrée aux enchères. Afin d'établir le (tait dans toute son évidence (c'est une véritable instruction ju* dîeiaire A laquelle je procède), je prends la peine d'inscrire, pour certains articles, la concordance détaillée des deux ca* talogues, avec les prix des deux ventes :
TariflkdelUpQtUDa.... 1 5:15, 395^* Nodier, n* 672; 855 c Llbri,B*lS09
U Yendemiatere 1529, 35 — 662; 21 — 1525
SaUre di Ariosto 1537, 20 — 665; 40 — 729
La Massera da be 1565,103 — 68d; 109 — 1646
Naspo bizarro s. a., 20 ~ 676; 19 ^ 1666
Oomposlzionf in lingoa
▼eneslana 69 ^ 677| 64 — 1678
Tragi^omeiiia di Carne-
vale 6 Quaresma 15 ~ 969; 37 ^ 2064
OlympiaDMorats opéra.. 1580, 16 ~ 1075; 27 -> 25|i^ Tacifici Maxlmi Hecatele-
Sium U89, 466 — 252; 570 — 892
Quelques volumes précieux, dont Torigine est d'ailleurs spécifiée, ont été achetés en Angleterre. Le livret, n* 1534
(Indovinelliy riboboli 1566), fut payé 3 L st. 3 sch., à la
vente Hibbert, en 1824. VArcadia de Sannazar (Aide, 1514), sur grand papier bleu , n"" 2675 , a été acquise à la vente de la précieuse bibliothèque de Tarchidiacre S. Butler, opulent dignitaire de Téglise anglicane et fervent aldo^ mane; la Gierusalemme liberata^ avec additions manuscrites (n® 750), a été emplétée au prix de 31 livres sterl. 10 sch. chez MM. Payne et Foss , célèbres libraires de Londres. C*est également à ces bibliopoles, et moyennant 30 1. st. que M. Libri est redevable du bel exemplaire, plus que complet, des Novelle de Bandello (n^* 2374, vendu 805 fr.), ainsi que des iVot7eZte de Morlini (n» 2210, payé 42 1. st., revendu 1,0S0 fr.), et de l'édition aldine, avec date de 1546, des £«-
blêmes d'Alciat (n*" 2550, payé 6 guinées, revendu 156 fr.)*
Les ventes faites à Paris, ventes qu*il est si facile de suivre soi-même ou de faire suivre par un commissionnaire, ont fourni un large contingent aux collections de M. Libri. Il y achetait souvent des volumes fort rares, dont la condition était des plus défectueuses ; il se plaisait à les faire restaurer avec soin, à les faire habiller par d'intelligents relieurs.
Une des ventes du fameux bibliophile Richard Heber lui offrit pour 21 fr. un exemplaire non rogné de la Comedia di amicitia de Nardi, (revendu 66 fr., n® 1879, en 1847).
L'importante bibliothèque du comte Boutourlin, apportée de Florence à Paris et vendue en 1839, 1840 et 1841, fut pour M. Libri une mine abondante; c'est de là que proviennent, entre autres joyaux bibliographiques, le précieux exemplaire du Décaméron, 1527 (n"* 2264), les Opuscules de Plutarque, Aide, 1509, exemplaire non rogné (adjugé à 380 fr., n» 2575; il avait été obtenu pour 20 fr., n* 49 des éditions aldines) ; YOrlando Furioso, 1562, in-4«, sur papier bleu (290 fr., n* 712; ce volume avait été adjugé à 32 fr., catal. Boutourlin, 1^ partie, n** 1369), etc.
Ces exemples montrent qu'en achetant des volumes rares et précieux lorsqu'ils sont abandonnés à bas prix, et qu'en améliorant ensuite leur condition, il est facile d'en augmenter la valeur d'une manière considérable. Mais c'est une opération qui n'est profitable qu'à celui qui possède une connaissance parfaite du mérite des livres et de la rareté des éditions.
Je possède un exemplaire des trois catalogues de la vente Boutourlin, avec les prix d'adjudication et les noms des acquéreurs; ces détails ont été transcrits sur l'exemplaire de M. Julien , libraire à Paris, dont l'obligeance égale le zèle intelligent et qui a fait de la catalogographieVohiei des études les plus persévérantes. Le nom de M. Libri se rencontre à chaque instant parmi ceux des adjudicataires; la plupart des manuscrits ont passé entre ses mains; le relevé suivant va démontrer ce fait :
Caulogae
Prix
Gtlalogiie
Cittlogae
Prix d'a^Hlea-
d«Ia
vente Silvestre,
imprimé
à Florence,
en 1831.
d adjudication.
delà fente SiWeitre,
imprimé
à riorenee,
en 1831.
No 79
Passeron9«nous aux livres imprimés qui Qgurent dans la
preipière partie du catalogue Boutourlin? Je trouve sur mon exemplaire le nom de M. Libri revenant sans cesse parmi les acheteurs, et plusieurs des volumes empiètes alors se montrent à la vente du mois de juillet 1847. £n voulezvous quelques exemples ? Rien de plus facile :
Diomedes ; Phocas, etc. i 476 20 '• c Boutourlin, n» 877 ; 15 f- Libri, n» 25
Rellorlcad*Arl»lolele.. 1570 7 60 — 906; 9 — 179
Maturanlius 1468 3 50 — 1006; 15 — 265
FrammenUdiOTidio.. 1752 1 — 1079; 4 ^356
Je ne continuerai pas cette énumération qui deviendrait fastidieuse ; mais, aftn de vous faciliter les moyens do faire, de votre côté, toutes les vériGcations que vous voudrez entreprendre, je vais placer ici, d'après mon catalogue, les numéros des ouvrages imprimés qui, à la première vente Bou*tourlin, furent adjugés à M. Libri, sans parler de ceux qu'il fit acheter sous les noms de difTérentes personnes:
Vous jugerez comme moi, mon ami, que ces détails minutieux ne sont pas indifférents. Ils mettent au grand jour des vérités utiles.
Je pourrais entreprendre un pareil travail sur la seconde et sur la troisième partie du catalogue Boutourlin ^ je pourrais
suivre, de même, les catalogues des ventes les plus importantes faites à Paris, durant le cours de ces dernières apnées, et je constaterais ainsi très-aisément l'origine d'une grande partie des livres qui formaient la bibliothèque de M. Libri ; mais ces recherches prendraient trop de place et trop de temps, pour qu'il y ait moyen de les exposer ici en entier: aussi, pour en finir sur ce point, je me bornerai i trois exemples que je prends au hasard sur les premiers catalogues qui me viennent sous la main.
Les deux exemplaires sur vélin (n°" 1 408 et 1409) des jémori du comte SavioU Fontana, proviennent l'un et l'autre de la bibliothèque de Rosny (de M"« la duchesse de Berry, en 1837).
Le rare et curieux volume de Theseus Ambrosius, tntrôductio in chaldaicam linguam... 1539, provenait de emportante bibliothèque de M. Silvestre de Sacy : il y est inscrit aii n^ 2485 du catalogue rédigé, avec tant d'habileté et de soin, PdT M. Merlin , et il fut adjugé pour 20 fr. Ayant été relié è neuf et restauré, il s'est élevé à 150 fr., à U vente de M. Librî, n<> 11. Remarquons, en passant, que le Jiiamiel du Libraire^ article Alhonensts^ ne cite aucune adjudication de ce volume ; David Clément en parle, Biblioth, curieuse^ t. I, p. 964.
La Lettre de M. Libri au ministre de l'instruction publique constate que quelques caisses de livres lui ont été envoyées à Londres, et qu'il a mis en vente] publique les ouvrages qu'elles contenaient. Les calomniateurs n'ont pas manqué de répandre, au sujet de ces livres, les inculpations qu'ils propagent avec tant d'ardeur. Il est toutefois aisé d'établir comment les ouvrages qui figurent dans la vente faite par Leigh, Sotheby et C«, sont devenus la propriété de M. Libri. Il n'y a qu'à consulter les catalogues des grandes ventes faites à Paris depuis quelques années pour les retrouver. Effectuons ce travail pour quelques articles.
éâ. krgolU Pand€9içm 6>M^;nM376Ubei. 30f. M, n- de