DÉPUTÉ A LA CONVENTION NATIONALE
PAR J. RAYiMOND, COLON de Saint-Domingue.
Pans f le 2.1\ février lygS , l'an ze de la répuhlicjue.
V ous m'avez témoigné, citoyen, Fembarras où vous étiez pour prononcer entre les despotes de Saint-Domingue qui se disent patriotes, et le commissaire civil Sonthonax , dont vous connoissez le civisme. Vous m'avez demandé des notions sur les causes et les troubles de Saint-Domingue , afin de vous mettre' à portée de juger.
Cette lettre remplira votre objet. Je vais tout dévoiler avec la véracité que vous me connoissez, et de simples réflexions vous mettront à même , ainsi" qu'à la convention , de prononcer entre les commissaires civils qui sont à Saiiit-Do.mingue, et tous les despotes de cette colonie* ^ . '^ " ^
L assemblée législative , par' son décret du 24 mars 1792, reconnut les droits des citoyens de couleur. Elle décréta en même temps les mesures les plus sages, afin que l'orgueil de quelques colons et les vues d'indépendance à^s autres , ne missent point d'entraves à l'exécution de la loi. En conséquence , trois commissaires, accompagnés d'une force imposante, furent envoyés pour faire exécuter la lai.
Le tyran régnoit encore , il est vrai , comme le -, fait observer M, Page dans sa diatribe contre le com-
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mlssaire civil Sonthonax ; mais tout le monde sait qu'à cette époque le ministère^ composé d'hoinmes vraiment patriotes , réprimoit , avec force , tous les projets perfides du tyran. Dominé par eux, il feignit de vouloir marcher dans le sens de la révolution ; et en conséquence il sanctionna le décret , auquel hs aristocrates espèroient qu'il refuseroit sa sanction.
Dans ce même-temps, les mêmes ministres profitèrent du moment où le tyran paroissoit vouloir le bien, et firent nommer les patriotes Polverel et Sonthonax pour commissaires civils de Saint-Domingue. Ce choix étoit si contraire aux vues perfides du tyran, qu'il refusa long-temps de signer leurs pouvoirs, et qu'il fit faire, par son ministre Lacoste, toutes sortes de chicanes aux deux commissaires nommés , sur-tout au citoyen Sonthonax , pour l'écarter de cette mission. Les colons, partisans de rassemblée de Saint -Marc, qui entouroient alors le ministre Lacoste , épuisèrent tous les genres de calomnies pour y réussir ; et ne pouvant parvenir à leur but, ils engagèrent leurs agens de Saint-Domingue ( selon leur coutume) de répandre contre ce commissaire les calomnies les plus noires, (i) pour lui ôter, parce moyen, la confiance si nécessaire dans une pareille mission. Je m'arrête ici pour faire ce dilemme : ou le tyran que vous avez condamné étoit innocent et avoit de bonnes vues^ ou tous les Côlons, qui secondoient ses vues , étoient coupables avec lui. Vous vous rappelez sans doute toutes ces é pitres basses et rampantes , que les Gouy - d'Arcy , les l'ArchevêqLie Thibault , les d'Augi, etc. etc, adressoient au tytm , à sa femme ,
( I ) M. Bruiley m'a avoué que plusiefiirs colons , sanseoniîOitre les commissuires Polverel et Sonthonax , avoieiu te\it à S.iint-Dominga«L défavorablcinenc sar leur compta.
à son filsj efc. etc. lorsque tous les patriotes nj^ yoyoiv'nr que trahisons à la cour. Mais en suivant les faits ef lés événemens, nous prouverons encore bien riiieux cette coalition perfide.' 'Jé reprends onc. '
Le tyran er sph ministre Lacoste^ sachant que les patriotes miirmuroient des entraves qiiiis mettoient au départ çfes,\comn-iiosaires Polverel et Sonthonax , 5e :détXn-mînèrent enfin à leur adjoindre. M. Ailhaud , dontle civisiTT;è,étoit plus que douteux, et qui cependant remporta^, et fut préféré , parle mimstré^Lacoste, aux patriotes: les plus zélés qui lui avaient été présentés, (i) Ces trois commissaires partirent , avec les forces qui leur fiîrent confiées , pour faire exécuter la loi du 4 avril, qt ramener la paix et Tiinion entre tous les libres de la colonie.
C'est ici le lieu d'examiner dans quel état les commissaires trouvèrent la colonie à le^ir ^rriyée , pour juger ensuite leur conduite. v^:,^. ':rij
Deux partis trés-prononcés régnoientAS.t>omingue et se choquoient réciproquement ; tous les deux se qualif^oient de patriotes. L'un de ces parfis étoit composé des agens de la cour, et renforcé de tous ceux qui vivoient de ses dilapidations et des vices de l'ancien régime ; celui-là se disoit patriote , parce qu'il avoit soutenu les citoyens de couleur vexés, et qu'il avoit paru vouloir faire exécuter la loi du 15 mai. Mais il faut le dire, si ce parti ofFroit secours aux citoyens de couleur et paroissoit vouloir soutenir leurs droits, c'étoit pour les attirer dans le parti de la cour; et ils y seroient parvenus, si je n'avois ouvert les yeux de mes frères sut le piège qu'on leur tendoit. Ils disoient aux citoyens de couleur : nous
( ï) On sait de quel'e iftanière et dans quelle circonstance M. Ailhaud a quitté la colonie. ::^:^:.u J lon'i*
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sommes les ggens du roi , nous soutenons vos droits , et nous voulons les maintenir. Il n'en est pas de même de ces gens qui veulent une révoliition pour eux seuls, et qu'on nomme patriotes; ils sont vos. plus cruels ennemis ; donc vçus ne devez pv-^s plus vous attacher à eux qu'à la révolution qu'ils prêchent. L'autre parti , qui se disoit aussi ami de la révolution et des principes qu'elle établit, détestoit, dans son cœur , cette même révolution, et l'égalité des droits qui en fait la base. ïl abhorroit ai tant les citoyens 'de couleur par orgueil, que parce qu'il CwHioisso^t leur attachement a la France, et qu'ils savo ent que jamais ils n'auroiènt consenti à s'en séparer. Ce second parti étoit composé de tous les meneurs et intrigans de l'assemblée de Saint- Marc, qui passèrent ensuite dans celle du Cap; et il étoit renforcé , i^. . de tous les gros propriétaires perdus de dettes et insatiables d'or, de luxe et de plaisir; 2^. d'une infinité de blancs, sans fortune, qu'ils égavôXf ht et corrompoient avec l'argent de la nation, qu'ils diîapid oient avec profusion ; 3«>. de quelques brigands' qu'on avoit envoyé à Sainî-Bomingue, à la tête desquels étoient Praloto et autres de cette trempe. Ce second parti vouloit l'indépendarice dés colonies ; et s'il se paroit des couleurs du patrioîi^îme auprès des assemblées nationales, ce n'étoit que pour mieux y réussir. En combattant îe pnrti des premiers, auquel il croyoit les hommes de cûulerjr fortement attachés, on peut juger du patriotisme , des principes de liberté et d'égalité du parti de rassemblée 'coloniale , connu sous le nom de Léopaadins ^ par son" obstination à refuser les droits politiques aiux citoyens de couleur. £; si vous vous rippelez tous les arrêrés de cette assemblée de S;iint - Marc et la conduite de ses difîerens membres, vous, verrez que rien ne ressembloif plus à la plus dégoûtante aristocratie que le patriotisme de ces
messieurs. ( l ) Tel étoit le véritable esprit des deux: partis qui divisoient Saint-Domingue, Mais au milieu de ces deux partis, qui luttoient sans cesse Win contre l'autre , se trouvoient de ces hommes dont oa a peine à concevoir l'existence morale et physique, et qui semblent être attirés par les troubles , comme les animaux voraces dans les lieux d'une ample curée. Ces hommes , n'en doutez pas , lancés par les puissances ennemies , étoient les agens dont se servoient alternativement les chefs exagérés des deux partis ; et ce sont ces hommes de sang qui ont mis les poignards et les torches dans les mains des esclaves.
Maintenant , examinons quelle étoit la position des citoyens de couleur au milieu de tous les désordres qui régnoient dans la colonie , et dans quelles vues et d'après quels principes ils dévoient nécessairement agir. Hélas ! mes frères , pour qui j'^étois venu en France, en 1784, réclamer contre les vexations les plus odieuses et les humiliations les plus amères qu'ils éprouvoient, attendoient , dans le silence des tombeaux, une décision qui les ramenât à la vie politique dont ils avoient été rayés par l'orgueil des colons. Mais tout-à-coup ils apprennent les première-s nouvelles de notre révolution , qui entrainoit après elle la réintégration de leurs droits. Alors , foibles et tremblans ,ils essayent de se lever, et demandent, avec soumission , à leurs tyrans , s'ils ne doivent pas aussi partager avec eux les fruits de cette heureuse révolution. Dans quelques quartiers de ia colonie , s'ils ne sont pas accueillis comme des frères , au moins ils ne sont pas repoussés avec horreur et mépris. Mais dans d'autres , où les émissaires
(1) Je dois citer un fait rémarcjuable à ce sujet. M. BrulKy étant président de l'assemblée coloniale , son ami , M. Millet , fie la motion cjuc tous les blancs qui épousf roieac ane femme de couleur scroienc obliges de prendre u» nom afiicain.
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(8) des colons , envoyés de France, étoient parvenus, ils furent taxés ( l ) d esprit de révolte , et des crimes les plus atroces. Il est vrai que le plus grand forfait, aux yeux de ces amis de 1 égalité et des loix , c'étoit que les hommes de couleur osassent demander de n'être plus vexés sous le nouveau régime qui alloit s'établir , comme ils lavoient été sous l'ancien ; et ce^ crime les fit poursuivre avec un acharnemenf qu on a peine à croire. Par- tout où on les rencontroit, ils étoient fusillés impitoyablement ; et lorsqu'ils restoient paisibles sur leurs habitations, on y enyoyoit des partis de brigands soldés , pour leur faire éprouver les tourmens hs plus cruels , et la mort. Dans cette position cruelle , on ne cessoit encore de leur répéter qu'ils n'étoient pas faits pour participer mix bienfaits de la révolution. Enfin, au milieu de de toutes ces horreurs , (qu'ils me faisoient connoître par les lettres qui échappoient à la surveillance de leurs tyrans (i), ils étoient privés des consolations et des espérances que je leur donnois par celles que je leur •adressois, qui, toutes, étoient interceptées, quoique toutes ne continssent que des exhortations à le patience. (2) Telle étoit la position des hommes de couleur libres , jusqu'à Tépoque du premier décret de l'assemblée constituante , relatif aux colonies. Ce décret , en date du 24 mars 1790 , fut suivi d'une instruction, dont l'article IV indiquoit les qualités nécessaires pour être citoyen actif. Cet article étoit ainsi conçu : Toutes ks persojines , dgêcs de 2^ ans^ propriétaires ou domiciliées depuis deux ans , "et payant
( I ) Lisez la îettre des députés colons , dont je vous ai parlé, datée du 1 2 aoûr.
( 2) Plusieurs de ces lettres ont éré mises à J'im pression par les blancs même , pour eng 'ger Ijs Iiom.'r.es de coul-.ur à suivre mes avis , dans les momens où , indignés de fouc ce cju'ils avoient éprouvés, ils s'armcrtnt , pour repoussfcr îa force par la force.
itnt contribution^ sont citoyens actifs^ eic. Or, assurément, les hommes de couleur , réunissant ces qualités , dévoient être reconnus citoyens actifs. Mais rassemblée de Saint-Marc et les membres qui la composoient , qui affichent aujourd'hui tant de patriotisme , étoient alors si peu pénétrés des principes de notre révolution , que 5 malgré la précision de la loi , ils refusèrent constamment ces droits aux hommes de couleur, en se permettant d'interpréter cet article IV, dans lequel , disoient-ils , rassemblée nationale n'avoit entendu désigner , par ces mots , toutes personnes , que ÙQ,s colons blancs.
Les hommes de couleur, au contraire, en prenant le décret à la lettre , disbient qu étant des personnes aussi , et ayant les qualités exigées par la loi , ils dévoient jouir des droits attachés à la qualité de citoyens. Cette juste réclamation, à^s citoyens de couleur , ne ^t que leur attirer de nouvelles persécutions ; et elles furent alors poussées si loin , qu'ils furent obligés de se rassembler dans les divers quartiers cil ils étoient le plus vexés , pour résister aux entreprises des blancs. L'assemblée de Sainte Marc , effrayée elle-même Aqs excès auxquels les principes qu'elle développoit contre les citoyens de couleur , entraînoient s^s agens , crut devoir cacher la part qu'elle y prenoit, en faisant faire , à deux époques différentes, des proclamations , par lesquelles elle paroissoit prendre les citoyens de couleur sous sa protection ; mais ele ne fît jamais sévir contre tous les auteurs des meurtres commis sur leurs personnes.
Dans cet état de chose , ces mêmes assemblées coloniales ( dont les partisans et anciens membres affichent tant de patriotisme aujourd'hui ) faisoient demander à l'assemblée constituante , par des patriotes dé leur trempe , tels que les Barnave , Iqs. Lameth , les Gouy-d*Arcy , les Moreau de Saint- Méry, les l'Archevêque Thibault , etc. etc. etc. un
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/( 10 ) MÈ I , décret qui les mît à même d'établir dans les co-
lonies des distinctions de rangs et de classes entre les hommes libres. Mais Fadroit et coupable Barnave , n'osant alors ouvertement proposer un décret aussi aristocratique ^ dans Ja crainte de se voir démasqué :, prépara , dans un considérant perfide de la loi du 12 octobre de la même année , le fatal décret 'Mu 24 septembre 1791 ; il fit glisser dans ce considérant une promesse que l'assemblée constituante n'avoit jamais faite ni pu faire aux colons I blanc* , celle de de ne point faire de loïx sur tltat
des personnes daiis les colonies , que d^aprls le vœu spontané des colons , exprimé par les assemblées coloniales , ( composées , bien entendu , de colons blancs ). Ce considérant astucieux , et la loi qui le suivit pour l'organisation des assem.blées coloniales , fut reçu , par les colons, avec une joie indicible. Dans leur enthousiasme , ils qualifioient le traître Barnave de sauveur des colonies ; des statues dévoient s'élever pour lui ; enfin , leur délire étoit au comble. Secondés puissamment par des ministres plus perfides encore que leur maître , les colons firent promptement passer cette loi et son considérant , pour organiser leurs assemblées coloniales , qui Tétoient déjà de leur propre mouvement. Ils pensoient qu'à l'aide de ce considérant , qu'ils s'obstinoient à regarder comme loi , leurs assemblées coloniales ayant le droit] de faire seules les loix sur Tétat des personnes 5 elles ameneroient les hommes de couleur à agir dans leur sens , et à les détacher de k métropole , en leur faisant insinuer qu'elles seules étoient maîtresses de leur sort.
Mais ce fameux considérant , que les colons avoient annoncé devoir ramener le calme dans la colonie , ne produisit point cet effet ; et les œuvres du sauveur Barnave ne servirent qu'à en augmenter les troubles. Les hommes de couleur , qui sont au moins
en nombre égnîdes blancs, trouvèrent injuste , puisqu'ils étoient propriétaires et soumis à toutes les charges de la colonie, d'être exclus de la participation aux avantages de la société. Ils rroin oient encore plus injuste , qu'une partie de ces mêmes hommes qui ne possèdent rien dans les colonies , et qui n'y ont même pas acquis Iqs droits de citoyenneté , en prenant naissance sur le sol , voulussent leur imposer des loix aussi dures que vexatoires.
Les hommes de couleur , révoltés d'une pareille concession de droits, faite à ceux qui les avoient toujours vexés et avilis, en témoignèrent hautement leur mécontentement; et beaucoup d'entre eux , dont l'énergie ne pouvoit plus se contenir, firent entendre à leurs frères, qu'il falloir , à l'exemple du peuple français , forcer leurs tyrans à reconnoitre leurs droits. Conduits à cet état de désespoir, les agens du gouvernenent n'eurent pas de peine à les attirer dans leur parti ; et ils y réussirent avec d'autant plus de facihté , qu'ils leur offroient en même-temps protection , pour les soustraire à- cet état d'oppression cruelle où les avoient conduits ceux qui se prétendent aujourd'hui si patriotes et si amis de Pénalité.
Dans cet état de choses, qui ne faisoit qu'augmenter les troubles de. Saint-Domingue, les bons esprits de l'assemblée constituante sentirent la nécessité de donner des îoix aux colonies, qui, en rassurant les colons sur leur propriété , rassurassent aussi les citoyens de couleur sur les droits qu'on vouloit leur ravir. En conséquence , le comité colonial fut chargé de présenter ces Ioix. Ce fut alors que les Barnave, les Malouet, de concert avec totis les contrerévolutionnaires , conçurent le plan d'un congrès , où les députés de toutes les colonies françaises se rendroient, pour faire les Ioix qui dévoient régir les colonies. Ce plan, rédigé dans le conciliabule que
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tenoient tous les traîtres qui se sont si bien démasqués depuis, ne pouvoit réussir quen écartant l'opposition des quatre-vingt-cinq de l'assemblée deS.Marc, qiiQ Barnave, lui-même, avoit gourmandes, et qu'il faisoit tenir à la suite de l'assemblée par un décret. Ainsi, pour ne pas exciter ces hommes contre son projet, il se rapprocha d'eux , et les fît absoudre par lin nouveau décret , leur sacrifia les citoyens de couleur. Tout fut arrangé; et les patriotes ne furent pas peu étonnés de voir Barnave à la tribune^excuser les hommes contre lesquels il avoit le plus tonné , et proposer ensuite son plan de congrès , dans lequel perçoit déjà le royalisme qui Fa perdu depuis. Ce phn ne passa pas , malgré tous les efforts de Barnave , et tou; se termina par le décret du IJ mai, qui accordoît aux assemblées coloniales l'initiative sur Tétat des personnes non libres et sur les affranchis , proprement dit j et les droits politiques des hommes de couleur , nés de pères et mères libres , furent reconnus.
Ce décret mécontenta et les royalistes et les indépendans, parce que les uns et les autres voyoient échapper de leurs mains les citoyens de couleur , que ce décret alloit plus que jamais attacher à la France. Alors tous cqs hommes s'agitèrent en tous sens auprès des ministres Bertrand et Duport-Dutertre , pour que ce décret ne fut ni sanctionné , ni envoyé dans les colonies. Etoient-ils patriotes alors tous ces viîs et bas courtisans ; étoient-ils pénétrés des principes d'égalité, comme ils pensent le faire croire aujourd'hui ? Quoi qu'il en fût, ces patriotes de circonstances réussirent auprès des ministres , coalisés avec eux , pour tout bouleverser et tout détruire; et le décret ne fut ni sanctionné^ ni envoyé dans les colonies ; mais il n'en fut pas moins connu des hommes de couleur à Saint-Domingue , malgré les soins que prirent ces vertueux patriotes dmtercepter toutes
mes lettres. Ce décret, une fois connn,encouragea les citoyens de couleur ; et ils Teussent fcùt exécuter avec leurs propres forces , sans TafFreux moyen employé de faire révolter les esclaves , ( I ) pour en arrêter TefFet. Mais la révolte des noirs devenant plus sérieuse qu'on n*avoit pensé, on eut recours aux citoyens de couleur , pour se défendre des révoltés ; des concordats furent passés dans TOuest et le Sud , par lesquels on reconnoissoit les droits que le décret du 1 5 mai leur accordoit. Les habitans de la Province du Nord , oii avoit commencé la révolte, et qui vouloient échapper à la ruine dont ils étoient menacés , sollicitoient sans cesse l'assemblée coloniale de reconnoitre les droits des citoyens de couleur , et de faire, par ce moyen, cause commune avec eux , afin de réprimer les brigands qui dévastoient cette belle Province. Eh bien ! pourra- 1- on croire que ces hommes qui s'affichent aujourd'hui comme des êtres si humains , si amis de l'égalité, refusèrent constamment de reconnoitre les droits des citoyens de couleur ? Cependant le péril devenant de jour en jour plus imminent, l'assemblée coloniale prit enfin cinq à six arrêtés , par lesquels elle promettoit de s'occuper du sort des hommes de couleur; ensuite de faire exécuter le décret du 1 5 mai , lorsqu'il lui parviendroit officiellement. Mais ce qui fut le comble de la perfidie , c'est que dans le même-temps qu'elle prenoit tous ces arrêtés , elle faisoit solliciter la révocation de ce même décret; et voilà quel étoit le patriotisme et l'amour de l'égalité des membres de cette assemblée par excellence ! Un pareil patriotisme ne ressemble-t-il pas parfaitement àcelui de nos plus déterminés contrerévolutionnaires }
Enfin , la coalition des Barnave , des Maîoiiet, des Lameth , avec les réfractaires , l'emporta ; le
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(;t) Voyez mes réflexions , etc.
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décret du JJ mai fut révoqué, et celui du 24 septembre rendu, contre toute justice. Ce dernier décret, qui arriva à Saint-Domingue au lieu de celui du i ç mai qu'on y attendoit, jetta les citoyens de couleur dans la consternation ; ils ne pouvoient se persuader que les représentans du peuple, les soutiens des opprimés, eussent pu les abandonner aussi lâchement, et les sacrifier aussi impitoyablement. Confondus de se voir tantôt accueillis , tantôt repoussés , par les représentans du peuple , ils pouvoient se porter aux oermeres extrémités. Mais les lettres qu'ils reçurent de moi et les sages conseils du respectable Pinchinat les retinrent , les déterminèrent à recourir à la nouvelle législature , et en appeler à sa justice. En effet, ils envoyèrent trois de nos frères ici, pour réclamer cette justice : mais leurs vœux étoient déjà exaucés , et 1 assemblée législative avoit rendu , à l'unanimité, le décret qu'ils venoient solliciter. Ce fut à cette époque , que les commissaires civils Polverel et Sonthonax, partirent de Paris pour aller à Saint-Doniingue. Comme ils avoient été témoins de toutes les intrigues de ceux qui avoient machiné à Paris pour oc casionner les troubles des colonies, ils connoissoient parfaitement leur esprit, et les ressorts qu ils faisoient jouer pour parvenir à leurs fins. Maintenant , si vous vous retracez l'état dans lequel les commissaires Polverel et Sonthonax ont trouvé la colonie , et que vous suiviez , avec moi , les mesures qu'ils ont prises pour y ramener la paix , il vous deviendra facile de prononcer entre eux , les déportés et les commissaires de L assemblée coloniale^ Page et Brullay.
Les premiers regards des commissaires civils, à leur arrivée à Saint-Domingue , durent nécessairement se porter sur les citoyens de couleur, en faveur desquels ils alloient faire exécuter la loi du 4 avril. Ils virent ces hommes, tels que je vien: de vowsles présenter, i?. Devant être les plus ardens défendeurs
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de la révolution^ puisque leur intérêt leur enfaisoit la loi. 2^. Egarés , comme je lai expliqué , par les agens de la cour ; enfin , dans une affreuse incertitude sur le sort que cqîîq révolution devoit leur fixer ; incertitude bien naturelle et bien pardonnable , d'après la versatilité des difFérens décrets du corps constituant sur les colonies.
Dans un pareil état de choses , que dévoient faire les commissaires ? Cétoit, sans contredit, ce qu'ils ont fait. F. Persuader et assurer les citoyens de couleur, que la loi du 4 avril étpit la seule qui prévaudroit sur toutes celles qui avoient été faites jwsqu'à ce jour. 2°. Les éclairer sur les intentions perfides de ceux qui les avoient égarés , en se donnant Fair de les protéger. Enfin, fixer leur incertitude , en les faisant jouir, de la manière la plus positive , des droits qui leur avoient été alternativement accordés et rétirés.
Mais comme ce triple objet ne pouvoit être rempli j qu'au préalable les commissaires n'eussent établi une confiance réciproque entr'eux et les citoyens de couleur , il à donc fallu tout faire pour établir cette confiance , parce que d'elle dépendoit la paix de la colonie.
MiM. Brullay et Page font un crime au citoyen Sonthonax, de s'être trop prononcé en faveur de§ citoyens de couleur... La justice, son devoir, et l'intérêt de la nation , lui dictoient cette conduite , eÉ les citoyens de couleur qu'il a servis en servant la chose pubUque , n'oublieront jamais que deux fois sa vie à été exposée au plus grand danger. N'étoit-il pas temps enfin que des hommes qui avoient jeté si souvent trompés par les corps prétendus populaires des colonies , dans la rupture des concordats passés de bonne foi de la part des citoyens de couleur ; trompés par les assemblées coloniales , qui leur promettoient tout, lorsqu'elles agissoient au contraire pour leur ravir jusqu'à l'existence morale
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et politique ; trompés par les députés des colonies à rassemblée constituante, qui écrivoient à leurs commettans : « Dites] aux hommes de couleur^ de qui » nous sommes aussi les nprésentans , que nous ne nidi- » gcrons rien auprès de L'assemblée constituante pour leur » faire obtenir^ etc. » lorsqu'ils étoient eux-mêmes les plus ardens opposans aux droits qu'ils réclamoient; trompés enfin par le corps constituant , qui reconnoissoit leurs droits , puis vouloit les leur ravir ; n'éroit-il pas temps, dis-je , que ces hommes, toujours trompés, en trouvassent un qui fût assez courageux , en «n mot , assez'Vépublicain pour soutenir des opprimés, et fliire exécuter une loi qui mc'ioit un terme à tous les maux qu'ils éprouvoient depuis si îong-tems ? Faîloit-il qu'au lieu de cette fermeté qu'a déployée le citoyen Sonthonax , il tergiversât avec la loi , qu'il augmentât l'incertitude ^tÏQ désespoir des citoyens de couleur , et perpétuât , par ce moyen , les troubles de la colonie ? Sans doute c'étoient là les vues des ennemis de l'ordre et de la république (i) ; mais pouvoient- ils s'attendre de les faire partager au républicain Sonthonax? Non , sans doute. Aussi , pour s'en venger , vous les voyez, dans leur haine impuissante, vomir les plus atroces calomnies contre cet homme respectable. Le commissaire Sonthonax , après avoir montré aux hommes de couleur, comme il le devoit , la ferme résolution de faire exécuter la loi qui étoit en leur faveur , a dû ensuite s'occuper du soin de débarrasser la colonie de ces hommes justement suspectés d'avoir voulu égarer ces mêmes citoyens de couleur , en leur présentant l'ancien régime et le gouvernement militaire , comme le seul qui convenoit à leurs intérêts et à la colonie. En conséquence, il a examiné de près la conduite de ceux qui , par
( I ) Voyez la Iettr« de Rochambeau, ci-après, p. 17.
leurs principes , leurs rapports avec la cour perfide qui nous trahissoit , troiibloient Tordre, et il les a fait déporter. Si alors les partisans de rassemblée de Saint -Marc et de Tindépendance ont applaudi à cette mesure , c'est moins parce qu'elle menoit au rétablissement de l'ordre , que parce qu'ils croy oient qu'elle leur laisseroit le champ libre pour arriver sans coup-férir à l'indépendance de la colonie , puisqu'ils étoient débarrassés d'un parti qui ne vouloit la conserver que pour la remettre au roi avec tous les abus de l'ancien régime.
11 est si vrai que tel étoit l'espoir des partisans de l'indépendance, qu'à peine les premiers déportés ont-ils été embarqués, qu'on a vu les indépendans sV.giter en tous sens pour fomenter de nouveaux troubles. Ce sont eux qui ont été les moteurs de la journée du i décembre , où des hommes, égarés par eux , se portèrent à l'arsenal , s'emparèrent des canons et fondirent à Timproviste et sans sujet sur les citoyens de couleur , paisibles dans leurs cazcrî-ïes. ( i ) Ce n'est qu'après une connoissance'
(i) Liiez les détails de cette afFieusc jouraée , dans les lettres de Boisrond, Pinchinac et de mon frère; les deux dernières , insérées dans le Parriote Français , le 15 février, et les deux pre» mièrcs dans celui du 10 du même mois j et voyez comme ces récits cadrent avec ce que disent Rochambeauet des négocians de Saine-Marc.
Lettre du citoyen Rochamhau , gouvirneur- général au Cap , en datt
du <ojanviir lyçs.
Je préviens le ministre de la marine , que les cordons de TEst et de l'Ouest sout en pleine marche ; que M. Candy , homme dt coultiLT ^ a colonel des iroupt s patriotiques ^ a évacué tous hî postes occupés par Noël , chef des brigands, à la tête d'une partie dia cordon de l'Est ; que l'adjoint à rétat-major, Auguste Grâce, avec les troupes du Port-de-Paix" et lieux circonvoisins , s'est emparé des camps , commandés par Joseph et Zéphina ; que de Neilly , lieutenant-colonel du quatre-vingt-quatrième régiment , marché pour aaaquer et enlever tous les postes d^s nègres révoltés, La
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bien approfondie sur les auteurs de ces manœuvres atroces , que le commissaire Sonthonax fit embarquer les chefs des agitateurs , à la tête desquels se trouve larchevêque Thibault , que M. Page qualifie de patriote. Lui patriote ! lui qui , pendant toute la durée de ra:semblée constituante , n'a cessé d'agir et d'intriguer pour faire refuser aux citoyens de couleur les droits dont il paroît vouloir les faire jouir de si bonne grâce ! Lui patriote ! lui qui ne cessoit de faire des voyages de Saint - Domingue ici , et d'ici à Saint - Domingue , et qui s'étoit rendu comme le paquebot des colons , pour porter dans la colonie les plans d^'indépendance qu'ils formoient ici , et les projets d'intrigue qu'il falloir mettre à exécution pour les faire réussir. Lui patriote ! lui dont on voyoit le nom au bas de tous les écrits contre les citoyens de couleur! Voilà pourtant le patriote et l'ami de l'égalité, qu'on fait un crime au citoyen Sonthonax d'avoir fait embarquer ; voilà le patriote tant vanté par M. Page ! Certes le caractère d'un tel homme , sa vie intrigante , et ce que toutes les lettres de Saint- Domingue s'accordent à dire , prouvent que ce n'est
Province du Nord strolt déjà nétoyéi ^ slles citoyens du .Cap avoie voulu charger , le 4 de ce mois , lorsque le commissaire civil rendit sa proclamation.
Nous n'avons pas cependant été dans l'inaction depuis c|'jclque temps . M. Sonthonax s'apercevant du projet de ia faction de l'assemblée de Saint-Marc , ^ui ne chcrchoH quà s.agncr du temps , qu'à traîner en longLeur , afin de pcrpe'ucr cette guerre , de dégoiiter 1er. métropole d'envoyer des vaisseaux^ des t'cupes et des fonds , et p.irflr de cet abandon qu'ils supposent , pow prononcer i' indépendance de la colonie, M. Sonthonax ma requis d'employer la fcrcc publique, pour embarquer et renvoyer à la conveiuion nationale les citoyens l'Archevêque Thibault , d'Augi , Dela-r, Ldans, R.arctcau , les chers de cette faction de Sainr-Marc , qui étoient renfermés dans la ville du Cap , et qui dirigeoient toutes les comîT-o ions Qu'elle ressentoit depuis plus d'une année. J'ai obéi à certc r:qui;irion , et ces pertwbateii: s sont à bord y prêts à partir.
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pas sans de puissantes raisons que le commissaire s'est déterminé à le déporter.
11 résulte de ce que vous venez de lire , que loin que le citoyen Sonthonax soit blâmable de ces déportations, sa conduite mérite au contraire qu'on lui vote des remercmiens , pour avoir purge la colonte des agitateurs de tous les partis.
Déjà plusieurs lettres , venues de divers quartiers de la colonie , et écrites par différentes personnes , annoncent que depuis la déportation des derniers Léopardins , le Cap jouit de la tranquillité ( i ) ; et. rien ne prouve mieux que le citoyen Sonthonax a agi comme il devôit en frappant sans distinction sur les chefs des difFérens partis. Enfin, si vous considérez que les déportés et leurs adhérens , p-cfessant tous les principes d'indépendance des assemblées coloniales, sont Jes seuls qui accusent le commissaire d'incivisme ; si vous considérez encore que les deux commissaires , le citoyen Fvochambeau , le citoyen Lassale , le citoyen Ddpech , secrétaire de la commission , et une infinité d'autres patriotes , qui ont fait leurs preuves , rendent tous justice au citoyen Sonthonax, et approuvent sa conduite ; alors vous concluez, avec raison, que Sonthonax est vraiment patriote et républicaui^ et qu'il a fait tout ce qu'il falloit faire pour conserver la colonie de Saint-Domingue cà la France , et que , ceux qui l'accusent sont des intrigans , qui sont désespérés de n'avoir pu exécuter le projet le plus ridicule , celui de rendre les colonies indépendantes, et frustrer la France de son commerce, et hs nét^ocians français des capitaux immenses qui leur sont dus.
Je viens de vous faire connoitre l'esprit et les in-
( I ) Voyez la lettre au citoyen Villeneuve, insérée dans le Patriote Français , du 4 niars.
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tentions des deux partîs qui ont si long-temps divisé Sainr-Domingue, et qui ont amené la triste situation ou il se trouve. Je vous ai également fiit connoître les citoyens de couleur et leur intérêt d'êc^re attachés a la révolution et à la France. Je vous ai prouvé ensuite la nécessué de faire régner la plus intime confiance entre ces hommes et ks commissaires oviis chargés de faire exécuter la loi qui les attacl^eroità la révolution. D'après cela, il vous sera facile déjuger les intentions de ceux qui dénoncent le commissaire civil Sonthonax, comme l'ennemi de la révolution et des vrais patriotes.
^ Maintenant, quelques réponses courtes et orécises a quelques Pourquoi de M. Page, vont achever de démasquer les indépendans. Po'ur cela, je transcris ce qua imprimé M. Page, lun des commissaires de rassemblée de Saint-Marc.
Extrait des réflexions de M. Page , sur la déportation des citoyens Verneuil ^ Bailly ^ Fournier et Gervais.
A cetera ^ le 2 décembre^ Somhonix ordonna k rassemblement des troupes de ligne , pour prêter le serment à la loi du 4 avril, « Ce serment , répondirent les soldats i) des régimeris du Cap et de Walsh ^ a été prêté ^ même » avant l'arrivée des commissaires civils >k
Sonthonax insista , et quelques soldats lui refusèrent obéissance. Il ordonna leur déportation ^ et fit trh-bien ; le reste de la troupe de ligne jura ^ et Sonthonax dut are satis^ fait,
Pre M I ER /> o t/ i? (2 17 o / de M. Page.
^ Mais pourquoi ce commissaire civil na-t-il pas appelé les citoyens blancs et la gardé nationale à cette cérémonie ?
Réponse. Pourquoi ? C'est parce que le commissaire
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savoit que les inclépenclans dévoient faire introduire dans cette garde nationale un grand nombre de leurs sgens , pour soutenir les soldats égarés qui dévoient refuser le serment à la loi, et occasionner par ce iTioyen un massacre et faire recommencer les troubles et la désunion parmi les citoyens. Voilà ce que la prudence du commissaire a su éviter.
II. Pourquoi y a-t il appelé hs citoyens de coulciir qui prisintoient un front de 600 hommes en face de la troupe de ligne , plus foible en nombre?
R, Pourquoi? Cest parce que le commissaire Soii^ thonax, assuré des citoyens de couleur, les avoit appelés pour donner force à la loi , et que sans cette précaution, le régiment du Cap pouvoir être entraîné par ceux de leurs frères que lés indépendans avoient égarés , et désobéir en totalité , ce qui eut produit les effets désastreux que les indépendans désiroient, et que Sonthanax a su déjouer par la mesure qu'il 4 prise.
lîl. Pourquoi a-t-il donné aux citoyens de couleur des
cartouches que n ''avoient pas les troupes de ligne ?
R. Pourquoi ? C'est parce qu'un homme prudent et sage ne doit armer que ceux dont il est sûr, et tenir désarmés ceux de qui il ne l'est pas. 1. événement du refus de quelques soldats de prêter le serment de faire exécuter la loi du 4 avril , prouve que le commissaire a agi prudemment en tenant ce régiment dé-* Sârmé, /usqu'à ce qu'il pût connoître le nombre de ceux sur lesquels on pouvoit compter. Comme les mesures prises par le commissaire ont maintenii Tordre et contenu le parti des indépendans^ ils ont dû s'élever contre ces mesures.
ÏV. Pourquoi a-t-il fait charger les armes des citoyens de couleur ?
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R, Pourquoi ? Cest qu'il falloit se mettre en garde contre les intentions perfides des indépendans, quin'alloienî pas moins qu'à faire embarquer de force et lés' commissaires et le gouverneur général Rochambeau, et tous les patriotes qui se montreroiep.t ré-^okis à tout sacrifier pour conserver la Colonie à la métropole. Cet embarquement devoir s'opérer après le refus que feroienties troupes, de prêîer serment d'obeii à la loi du 4 avril ; refus sur lequel comptoienr les indépendans , par le soin qu'ils avoient pris d'égarer beaucoup des soldats de SYalsh et du régiment du Cap.