‹ Lettre aux Amis de la Croix [microforme] :Chapitre 1 sur 18 · LETTRE · texte numérisé non relu

LETTRE

——— EEE PE PDO mere

Aujourd’hui, dernier ; jour de ma retraite, je sors, pour ainsi dire, de l’attrait de mon intérieur, afin de former sur ce papier quelques légers traits de la Croix, pour en percer vos bons cœurs. Plût à Dieu qu’il ne fallût pour les aïiguiser que le sang de mes veines au lieu de l’encre de ma plume !

Mais hélas ! quand il serait nécessaire, il est trop criminel. Que l’esprit donc du Dieu vivant soit comme la vie, la force et

la teneur de cette lettre : que son onction FE

soit comme l’encre de mon écritoire, que la.

divine Croix soit ma plume, et qe votre cœur soit mon papier.

Vous êtes unis ensemble, Anis de la.

Croix, comme autant de soldats crucifiés :

D Ge Jésus-Christ vrai Dieu et vrai homme

pour combattre le noué; non en fuyant comme les religieux et religieuses, de peur

d’être vaincus, mais comme de vaillants et .

braves guerriers sur le champ de bataille, sans lâcher le pied et sans tourner le dos.

Courage! combattez vaillamment. Unissez-vous fortement de l’union des esprits et

des cœurs, infiniment plus forte et plus ter: ;

rible au monde et à l’enfer, que ne le sont aux Ennemis de l’Etat les forcesextérieures d’un royaume bien uni. Les démons s’unissent pour vous perdre, unissez-vous pour les terrasser ; les avares s’unissent pour trafiquer et gagner de l’or et de l'argent, unissez vos travaux pour conquérir les trésors de l'éternité, renfermés dans la Croix ; les libertins inissent pour se divertir, dhasér vous pour souffrir : vous vous appelez Amis de la Croix. Que ce nom esi grand! Je

. vous avoue que jen suis charmé et ébloui.

Îlest plus brillant que le soleil, plus élevé M que les cieux, plus glorieux et plus pompeux que les titres les plus magnifiques des

“rois et des empereurs. C’est le grand nom

yant peur

taille,

Unisrits et

is ters |

> sont ieyres It s’us pour ur tra- , unistrésors x ; les nissezz Amis [! Je sbloui.

élevé pomnes des 1 nom omme

nts et.

> dos. :

renfermées en ce nom, et exprimées par.ces paroks du Saint-Esprit: Genus electum, regale sacerdotium, gens sancia, popmlus acquistionis! Un ami detla Crc'x.est nn homme ‘choisi de Dieu entre dix mille, qui vivent selon les sens et la seule raison, pour être

la maison, et tout opposé aux sens par une

‘est ua roi tout-puissant et un héros triomphent du démon, du monde et de la ‘chair

chair. Un ami de la Craix est un homme

tout ensemble ; c’est le nom sans équivoque d’un chrétien.

Mais, si je suis ravi de son éclat, je ne suis pas moins épouvanté de son poids.

Que d’obligations indispensables et difficiles

ua homme tout divin, élevé au-dessus de

vie et une kumière de pure foi, et un amotr 4 stdent pour la Croix, -Un amidela Croix ff

dans leurs trois concupiscences ; par lamour des huuniliations il terrasse l’orgueil de Setan, par l’amour de la pauvreté il tiompbe de lPavarice du monde, par l’amour BE de la douleur il amortit ia sensualité de la

saint et séparé de tout le visible, dont le El eœur est sde au-dessus de tout æ pd aus 1

caduque et périssable, et dont la conversation est dans les cieux, qui passe sur la terre comme un étranger et un pélerin, et qui, sans y donner son cœur, la regarde de l’œil gauche avec indifférence et-la foule de ses pieds avec mépris Un ami de la Croix est une illustre conquête de Jésus-Christ crucifié sur le Calvaire, en union de sa sainte Mère ; c’est un bénonïi ou Benjamin, fils de la douleur et de la droite, enfanté dans son cœur douloureux, venu au monde par son côté droit percé, et tout empourpré de son sang; tenant de son extraction sanglante, il ne respire que Croix, que sang et que mort au monde, à la chair et au péché, pour être tout caché ici bas avec Jésus-Christ en Dieu. Enfin, un parfait ami dela Croix ‘est un vrai porte-Christ: ou plutôt un Jésus- ‘:Christ, en sorte qu’il peut dire avec vérité : Wivo jam non ego ; vivit vero in me Christus; Je vis, non je ne vis plus, mais Jésus-Christ vit en moi.

: Etes-vous par vos actions, mes chers darts) | de la Croix, tels que votre grand nom signi- * L fie, ou du moins avez-vous un vrai désir et

nversala terre et qui, le l’œil de ses , Croix ist crusainte , fils de ns son ar son de son glante, et que é, pour ist en Croix ésusérité :

ristus ; hrist

Amis signi-

sir et

une volonté véritable de le devenir avec la grâce de Dieu, à l’ombre de la Croix du Calvaire et de Notre-Dame-de Pitié? Prenez-vous les moyens nécessaires pour cet effet? Etes-vous entrés dans la vraie voie de la vie, qui est la voie étroite et épineuse du Calvaire? N’êtes-vous point, sans y penser, dans la voie large du monde, qui est la voie de la perdition? Savez-vous bien qu’il y a une voie qui paraît droite et sûre à l’homme et qui conduit à la mort ?

Distinguez-vous bien la voie de Dieu et de sa grâce d’avec celle du monde et de la nature? Entendez-vous bien la voix de Dieu,

notre bon Père, qui, après avoir donné sa

triple malédiction à tous ceux qui suivent les concupiscences du monde, væ, væ, væ habitantibus in terra, vous crie amoureusement en vous tendant les bras: ‘‘ Separa- Mini, popule meus, s5éparez-vous, mon peuple “ choisi, chers Amis de la Croix de mon “ Fils ; séparéz-vous des mondains, maudits ‘de ma Majesté, excommuniés de mon

“ Fils et condamnés de mon Saint-Esprit.

‘ Prenez garde de vous asseoir dans leur,

‘ chaire toute empestée, n’allez point dans leurs conseils, ne vous arrêtez pas même dans leur chemin. Fuyez du milieu de la grande et infâme Babylone, n’écoutez “ que la voix, et ne suivez que les traces de ‘“ mon Fils bien-aimé, que je vous ai donné ‘ pour être votre voie, votre vérité, votre vi, et votre modèle, ipsumaudite.” L’écoutez- -vous cet aimable Jésus qui vous crie chargé de sa croix : “ Verite post me, venez après ‘ moi; celui qui me suit ne marche point $ dans les ténèbres ; confidite, ego vici mun- “ dun, confiez-vous, j'ai vaincu le monde.” Voilà, mes chers Confrères, voilà deux partis qui se présentent tous les jours; celui de Jésus-Christ et celui du monde; celui de notre aimable Sauveur est à droite, en montant, dans un chemin étroit et rétréci plus que jamais par la corruption du monde.

Ce bon maître y est en tête, marchant les pieds nus, la tête couronnée d’épines, lé corps tout ensanglanté et chargé d’une

D “leurde croix; il n'y a qu’une poignée de y. #.q poign

gens, msis des plus vaillants, à de suivre, parce qu’on n’entend pas sa voix si délicate

nt dans sy même lieu de écoutez aces de | donné tre Vic, couteze vharz après > point À munronde.”?

À deux ; celui : celui ite, en rétréci onde.

int les es, le d’une ée de suivr

élicate

au milieu du tumulte du monde, ou on n’a pas le courage de le suivre dans sa pauvreté, ses douleurs, ses bumiliations et ses autres croix, qu’il faut nécessairement porter à son service tous les jours de la vie. A gauche est le parti du monde ou du démon, lequel est le plus nombreux, le plus magrifique et le plus brillant, du moins en apparence, Tout le plus beau monde y court, on y fait presse, quoique les chemins soient larges, et plus élargis que jamais par la multitude qui y passe comme des torrents ; ils sont jonchés de fleurs, bordés de riaisirs et de jeux, rouverts d’or et d’érgent.

A dioite, le petit troupeau qui suit Jésus- Christ, ne parle que de larmes, de pénitences, d’oraisons et de mépris du monde on entend continuellement ces paroles entrrcoupées de sanglots: ‘“ Soufiïons, pleu-:

‘ rons, jeûnons, prions, cachons-nous, humi- “lions-nous, appauvrissons-nous, mortifions “nous; car celui qui n’a pas l'esprit de

‘ Jésus-Christ, qui est un esprit de croix, :

“ n’est point à lui; ceux qui sont à Jésus.

“ Christ ont crucifié leur chair avec leurs :

‘ concüpiscences ; il faut être conforme à “TVimage de Jésus-Christ ou être damné.

“Courage, s’écrient-ils, courage, si Dieu est pour nous, en nous et devant nous, qui “ sera contre nous? Celui qui est en nous “est plus fort que celui qui est dans le ‘“ monde; le serviteur n’est pas plus que le “ maître ; un moment d’une légère tribula- ‘tion produit un poids éternel de gloire ; il y a moins d’élus qu’on ñe pense ; il n’y ‘ a que des courageux et violents qui ravis- ‘ sent le ciel de vive force ; personne n’y ‘“ sera couronné que celui qui aura com- “ battu légitimement seion l'Evangile, et . non pas selon la mode. Combattons donc ‘ avec force, courons bien vite, afin que “ nous atteignions le but, afin que nous ga- ‘ #nions la couronne.”

Voilà une partie des pa:oles divines dont les Amis de la Croix s’animent mutuellement. Les mondains, au contraire, pour s’animer à persévérer dans leur malice sans scrüpule, crient tous les jours : ‘ La vie, la “ vie, la paix, la paix, la joie, la joie ! Man- “ zeons, buvons, chantons, dansons, jouons:

nforme à > damné.

si Dieu nous, qui en nous dans le 18 que le > tribula- : gloire ; e; iln’y ui ravisnne n’y a comgile, et ns donc fin que OUS ga-

es dont tuellee, pour e sans vie, la Man-

DuOnS :

‘ Dieu est bon, Dieu ne nous a:pas faits “ pour nous damner. Dieu ne défend pas # de se divertir ; nous ne serons pas damnés “ pour cela, point de scrupule, non moriemimi, etc. ”

Souvenez-vous, mes chers Confrères, que notre bon Jésus vous regarde à présent, et vous dit à chacun en particulier : “ Voilà que quasi tout le monde m’abandônne dans “ Je chemin royal de la Croix : les idolâtres ‘ aveugles se moquent de ma Croix comme “ d’une folie, les Juifs obstinés s’en scau- “ dalisent comme d’un objet d’horreur, les.

“ hérétiques la brisent et l’abattent, comme ‘“ une chose digne de ménris : mais, ce que je ne puis dire que les larmes aux yeux ‘ et le cœur percé de douleur, mes enfants ‘“ que j'ai élevés dans mon sein et que j'ai ‘ instruits en mon école, mes membres que “ Jai animés de mon esprit, n’ont abandon- ‘ né et méprisé en devenant les ennemis de ma Croix. Numquid et vos vultis abire ?

‘ Voulez-vous point aûüssi, vous autres, m’a- “ bandonner en fuyant ma Croix, comme les “ mondains, qui sont en cela autant d’An

techrists, Antichristi multi? Voulez-vous, afin de vous conformer à ce siècle présent, ‘ mépriser la pauvreté de ma Croix pour ‘ courir après les richesses, éviter la dou- “€ leur de ma Croix pour rechercher les plai- “ sirs, haïr les humiliations de ma Croix

‘ pour ambitionner les honneurs ? J’ai beau-

‘ coup d’amis en apparence, qui protestent- “ qu’ils m’aiment, et qui dans le fond, me

‘€ haïsent, parce qu’ilsn’aiment pasma Croix,

beaucoup d’amis de ma table et très-peu

de ma Croix. ”

À cet appel amoureux de Jésus, élevons-

, nous au-dessus de nous-mêmes; ne nous KE ble ; laissons pas séduire par nos sens, comme À par Eve ; ne regardons que l’auteur et le con- unt sommateur de notre foi, Jésus crucifié ; fuy- cet ons la corruption de la concupiscence du j monde corrompu; aimons Jésus-Christ de Æ lon la belle manière, c’est-à-dire au travers de no toutes sortes de Croix. Méditons bien ces À pre admirables paroles de notre aimable Maître un qui renferme toute la perfection de la vie qu

chrétienne : Sc quis vult venire post me, abneget semetlipsum, et tolat crucem suam, et sequar

lez-vous, “présent, oix pour * la doules plaia Croix ai beauotestent” ond, me a Croix, très-peu

slevons- 1e nous comme le coné ; fuynce du rist de

turme. Toute la perfection chrétienne, en effet, consiste : 1° à vouloir devenir un saint : Si quelqu'un veut venir après moi ! 2° à s’abstenir: qu'il renonce à soi-même ; 3° à souffrir : qu’il porte sa Croix ; 4 à agir: et qu’il me suive.

St quis, si quelqu’un, quelqu'un et non pas quelques-uns, pour marquer le petit nombre des élus qui veulent se conformer à Jésus- Christ crucifié en portant leur Croix. Il est si petit, si petit, que, si nous le connaissions, nous nous en pâmerions de douleur, Il est si petit, que si Dieu voulait les assembler, il leur crierait comme il fit autrefois par la bouche d’un prophète : Congreg'amini unus et unus, assemblez-vous un à un, un de cette province, un de ce royaume.

St quis vult, si quelqu'un à une vraie volonté, une volonté entière, et déterminée non par la nature, la coutume, l’amour-propre, l’intérêt ou le respect humain, mais par une grâce toute victorieuse du Saint-Esprit, qui ne se donne pas à tout le monde, 10n omnibus datum est nosse mysterium.

naissance du mystère de la Croix dans la

La con-

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pratique n’est donnée qu’à peu de gens ; il faut qu’un homme, pour monter sur le Calvaire et s’y laisser mettre en Croix avec J£sus, au milieu de son propre pays, soit un courageux, un héros, un déterminé, un homme élevé en Dieu, qui fasse littière du monde et de l’enfer, de son corps et de sa propre volonté, un déterminé à tout quitter, à tout entreprendre, et tout souffrir pour Jésus- Christ. Sachez, chers Amis de la Croix, que-ceux parmi vous qui n’ont pas cette détermination, ne marchent qué d’un pied, ne volent que d’une aile, et ne sont pas dignes d’être parmi vous, parce qu’ils ne sont pas dignes d’être nommés Amis de la Croix, qu’il faut aimer avec Jésus-Christ, corde magno et animo volenti. Ilne faut qu’une demi-volonté de cette manière pour gâter tout Je troupeau, comme une brebis galeuse. Sil y en a déjà quelqu’une d’entrée par la mauaise porte du monde, dans votre bergerie, au nom de Jésus-Christ crucifié, qu’on la chasse comme une louve entrée parmi les “brebis.

Si quis vuli post me venire, si quelqu'un

le gens : il sur le Calx avec JéyS, soit un 6, un home du monde sa pro-

quitter, à our Jésusla Croix, s cette dé- 1 pied, ne as dignes Sont pas la Croix, corde ma- 1’une deâter tout use, S’il la mauvergerie, qu’on la armi les

élqu’un

veut venir après moi, qui me suis si humi-

lié et si anéanti, que je suis devenu plutôt un vermisseeu qu’un homme, ego sum ver-

mis et non homo ; après moi qui ne suis ve-

nu au monde que pour embrasser la Croix, ecce venio, que pour la placer dans le milieu de mon cœur, ## medio cordis, que pour l’aimer dès ma jeunesse, hanc amant à juventu-

le mea, que pour soupirer après elle pendant

ma vie, guomodo coarctor, que pour la porter avec joie en la préférant à toutesles joies etles délices du ciel et de la terre, proposito sibi gaudio sustinuit Crucem, et enfin qui n’ai été content que lorsque je suis mort ss ses divins embrassements.

Siquelqu’un donc veut veniraprès moi ainsi anéanti et crucifié, qu’il ne se glorifie comme moi que dans la pauvreté, les humiliations et les douleurs de ma Croix, abneget semetipsum, qu’il renonce à soi-même. Loin de la compagnie des Amis de la Croix,

I ces souffrans orgueuilleux, ces sages du | siècle, ces grands génies et ces esprits B'iorts qui sont entêtés et bouffis de leurs. lumières et de leurs talents ; loin d’ici ces

grands babillards, qui font grand bruit eth ai

point d'autre fruit que celui de la vanité, Join d’ici ces dévots oxgaeilleux qui portent partout le quant-à-moi de l’ergueilleux Lecifer, non sum sioul ceberi, qui ne peuvent souflrir qu’on les blâme sans s’exçuser, qu’on Jes attaque sans se défendre, et qu’on les abaisse sans se relever! Prenez bien garde d’admettre en votre compagnie de ces délicats et sensuels qui craignent la moindre piqûre, et qui s’écrient et se plaignent à la

moindre douleur, qui n’ont jamais goûté de Eh

Ja haïre, du cilice et de la discipline, et. des autres instruments.de pénitence, et qui, paz-

mi leurs dévotions à la mode, mêlent une | ‘ délicatesse et une immortification la plus

: plâtrée.et la plus raffinée Toblat Crucem suam, qu'il porte sa Croix :

suam, la sienne. Que celui-là, que cet horm-

ame, que cette femme rare, de uléimis finibus |

pratium ejus, que toute la terre d’un bout à

Fautre ne saurait payer, prenne avec joie, |

embrasse avec ardeur, et porte sur ses épaules avec courage sa Croix, et non celle d’un

antre, sa Croix, que par ma sagesse je lui |

la vanité, jui portent illeux Lee peuvent xser, qu’on u’on les àien garde 8 ces délimoindre gaent à la

: goûté de |

t qui, paz- A a at une

sa Croix :

cet ho

his finibus |

ses épauelle d’un

Je je Jui |

ai faite avec nombre, poids et mesure; sa Croix, à laquelle j'ai de ma propre main mis ses quatre dimensions dans une grande justesse, savoir, son épaisseur, sa longueur,

sa largeur et sa profor.leur; sa Croix, que je lui ai taillée d’une partie-de celle que j’ai portée sur le Calvaire, par un effet de la bonté infinie que je lui porte ; sa Croix,qui est le plus grand présent que je puisse faire à mes élus sur la terre ; sa Croix, composée en son épaisseur des pertes de biens, des humiliations, des mépris, des douleurs, des maladies et des peinesspirituelles qui doi vent par ma Providence lui arriver chaque

[jour jusqu'à sa mort; sa Croix, composée

en sa longueur d’une certaine durée de mois ou de jours qu’il doit être accablé dela calomnie et étendu sur un it, être réduit à l’aumûne, et être en proie aux tentations, aux sécheresses, abandons et ad- : tres peines d’esprit; sa Croix, composée en sa largeur de toutes les circonstances les plus dures et les plus amères, soit de la part de ses amis, de ses domestiques, de ses parents; sa Croix enfin, composée em sa

profondeur des peinesles plus cachées dontk Cru je l’affligerai, sans qu’il puisse trouver de dés i do

consolation dans les créatures, qui même par mon ordre, lui tourneront le dos et s’u niront avec moi pour le faire souffrir.

Tollat, qu’il la porte, et non pas qu’il la traîne, et non pas qu’il la secoue, et non pas qu’il la retranche, et non pas qu’il la cache, c’est-à-dire qu’il la porte haute à la main, sans impatience ni chagrin, sans plainte ni murmure volontaire, sans partage et ménagement naturel, sans honte et sans respect humain. Zbüllat, qu’il la place sur son front, en disant avec saint Paul: Mihi absit glo-| riart nisi in Cruce Domini nostri Jesu Chris-

quelq hers heurs ne mé il faut onde ui-Ci, Dieu nous, iséri iera, ent

ti! A Dieu ne plaise que je prenne ma K® do gloire èn autre chose que la Croix de Jé- ira si le «

.sus-Christ mon maître! Qu’il la porte sur ses épaules à l’exemple de Jésus-Christ, POS afin que cette croix lui devienne l’arme de Æ ond -sés conquêtes et le sceptre de son empire, E Dieu. Emperium principatüs ejus super humerum ejus-; WC °C enfin qu’il la mette dans son cœur par l’a- Bw! mour, pour la rendre un buisson ardent qui brûle jour et nuit du pur amour de Dieu mise Sans se consumer.

qui même dos et s’u Trir.

as qu’il la et non pas

à la ‘main, plainte ni et ménans respect son front, absit glo-| esu Chris- ‘enne ma | x de Jéporte sur 1s-Christ, arme de empire, À par l’adent qui

de Dieu Ruiséricorde, judicum sine misericordid, sans:

chées dont Crucem, la Croix, qu’il la porte, puisqu'il trouver de

[ la cache,

y a rien de si nécessaire, de si utile et de: i doux, ni de si glorieux que de souffrir quelque chose pour Jésus-Christ. Eneffet, hers Amis de la Croix, vous êtes tous péheurs ; il n’y en a pas un parini vous qui ne mérite l’enfer, et moi plus que personne, Jl faut que nos péchés soient punis en ce onde, ou dans l’autre ;' s’ils le sont en ceui-ci, ils ne le seront pas dans l’autre ; si Dieu les punit en celui-ci de concert avec nous, la punition sera amoureuse, ce sera la, iséricorde qui règne en ce monde qui ch4iera, et non la justice rigoureuse ; le châtient sera léger et passager, accompagné de douceurs et de mérites, suivi de récom-

penses dans le temps et l’éternité., Mais,

si le châtiment nécessaire aux péchés que.

nous avons commis est réservé dans l’autre, monde, ce sera la justice vengeresse de:

Dieu, qui met tout à feu et à sang, qui fera, ce. châtiment! Châtiment épouvantable, ;

orrendum, ineffable, incompréhensible, gus.

ovit-potestatem iræ tuæ ? châtiment sans

pitié, stths soulagemetit, sais mérites, sans

bornes ét satis fin. Oui, sans fi; ce péché Ex

mortel d'un moment que voüs avez fait, cétte pensée mauvaise et volontaire qui à évhappé à votre connaissance, cette parole que le vent « emportée, cette petite action

contre la loi de Dieu, qui a si peu duré,

sera purie the éternité, tant que Dieu sera eu

Dfeu, avec les démons dans les enfers, sans que ce Dieu des vengeances aïît pitié de

vos effoyables tourments, de vos sanglots BTar

et de vos larmes, capables de fendre les ro:

chers. À Jamais souffrir, sañs mérite, säns miséiscorde et sans fin! Ÿ pensons-nous, res thers Frères et Sœurs, quand nous süuffrons quelques peines eh ce monde?

Qué nous sommes donc heureux de faire ut si heureux échange d’utte peïre éternelle et mfruétueuse en urie passagère et méris

toire, en portant cette Croix avec patience ! Combien avons-hous de dettes rron payées f cotnbien avors-nous de péchés comrinis, pour l'expiation derquels, même après une céhtrition amère et wne confession sincère, iF fatidre que-nou sotrffrions dansie Ptirs

cire des siècles entiérs, parce qhe nous

rites, sans

ce péchéous sümmes eoftentés en ce monde de avez fait, Rjuelques pénitences fort légères ! Ah ! pay ire qui à Br s dans ce monde à l'amiable, em portant e parole pien notre Croix ; tort est payé à la rigueur Îte action Basqwat dernier dernier, jusqu’à une parole peu duré, DiSERSE, dans l’autre, Si nous pouvions

seulement ravir au démon le Hivre de mot, Dù il à marqué tous nos péchés et la peine qui leur est due, que noûs trouverions tn prund débet de compte, et que nous seriotié > les ro: ravis de souffrir des armées entières ici-Bas, rite, samy plutôt que de souffrir ane setile journée eh ONS-nous, Put !

and nous BR Ne vous flattez:vous pas, mes Amis dé : monde? la Croix, d’être les amis de Dieu, où de - de faire Mvouloir le devenir? Résolvez-tous donc à ‘éternetle Mboire le calice, qu’il faut Boire nécessaires ét miéris Brent pour être fait ami de Dieu: Cäicemn Datierreé !' M Doméné Diberunt, et amici Det facti sunt. Le: r payées’f M bien-tinié Benjamin eût le calice, et ses aus:

Dieu sera Ièrs, sans pitié de > sanglots E

cônmis, Ætres frères n'eutenit que le froment ; le grand près me ol de Jésus-Christ aeuson cœur, # monté L a ù è ( t'a bu at ealice: Pofestis d-

be IL est bon de dévirer la pluie

de Dieu; mais la désirer et la demander,

sans se résoudr" à tout souffrir, c’est une folle et extravagante demande, Nescitis quid petatis..... oportet per mullas tribulationes ;

il faut, :oportet, c’est une nécessité ; c’est}

une chose indispensable ; il faut que nous entrions dans le royaume des cieux par beaucoup de tribulations et de croix. Vous vousglorifiez avec raison d’être les enfants de Dieu, glorifiez-vous donc des coups de fouet que ce bon Père vous a donnés, et vous donnera dans la suite, car il fouette tous ses enfants. Si vous n’êtes pas du nombre de ces fils bien-aimés, vous êtes, 6 quel malheur ! ô quel coup de foudre ! vous êtes, comme dit saint Augustin, du nombre des réprouvés. Celui qui ne gémit pas dans ce mon‘e corame un pélerin et un étranger, ne se réjouira pas dans l’autre monde comme un citoyen du ciel, dit le même saint Augustin. Si Dieu le Père ne vous envoie pas de temps en temps quelques bonnes Croix, c’est qu’il ne se soucie plus de vous, c’est qu’il est en colère contre vous ;.ilne.xQ

on eue 2 4 ,4 AE, 28

regarde plus que comme un étrangef#hor

, c’est une escilis quid bulationes ; sité ; que nous cieux par 1x. Vous enfants de os de fouet s, et vous ette tous u nombre 5, Ô quel vous êtes, mbre des pas dans étranger,

e monde À

ème saint 18 envoie

demander,

c'est

de sa maison et de sa protection, cu comme un enfant bâtard qui, me méritant pas d’avoir sa portion dans l’héritage de son Père, n’en mérite pas les soins et la correction.

Amis de la Croix, écoliers d’un Dieu crucifié, le mystère de la Croix est un mystère inconnu des Gentils, rejeté des Juifs, et méprisé des hérétiques et des mauvais Catholiques ; mais c’est le grand mystère que vous devez apprendre en pratique dans l’Ecole de Jésus-Cluist, et que vous ne pouvez apprendre qu’à son école. Vous chercherez en vain dans toutes les académies de l’antiquité un philosophe qui Pait enseigné ; vous consulterez en vai la lumière des sens et de la raison : iln’y a que Jésus-

| Christ qui puisse vous enseigner et faire

goûter ce mystère, par sa grâce victorieuse, Rendez-vous donc habiles en cette science suréminente sous un sil grand maître, et vous aurez toutes les autres sciences, puisqu’elle les renferme toutes éminemment :

c’ést notre philosophie naturelle et surnatunotre théologie divine et mystérieuse, e-pierre philosophale, qui change, par

ei ne

la patience, les métaux les plus grossiers

en précieux, les douleurs les plus aigües en;

délices, les pauvretés en richesses, les humiliations les plus profondes en gloire. Cefui parmi vous qui sait mieux porter sa Croix, quand il ne saurait d’ailleurs ni a, ni b, est le plus savant de tous. Ecoutez le grand saint Paul qui, à son retour du troisième ciel, où'ïlapprit les mystères cachés aux Anges même, s’écrie qu’il ne sait, et

qu’il ne veut savoir que Jésus-Christ eruci- X

fié. Réjouissez-vous, pauvre idiot, pauvre femine sans esprit et sans science ; si vous

savez souffrir joyeusement, vous en saurez |

plus qu’un docteur de Sorbonne, qui ne sait

pas si bien souffrir que vous. Vous êtes

membres de Jésus-Christ, quel. honneur !

mais quelle nécessité de souffrir en cette | qualité ! Le chef est couronné d’épines, et À

les membres seraient couronnés de roses !

Le. chef est bafoué et couvert de boue dans le chemin du Calvaire, et les membres seraient

couverts de parfums sur le trône ! Le chef À n’a pas un oreiller pour se reposer, et les | membres seraient délicatement couchés sur

grossiers aigües en es, les hu-

rloire, Ce!

porter sa ursS ni a,

Ecoutez retour du res cachés 1e sait, et ist cruci- )f, pauvre 3; Si vous

en saurez | jui ne sait ous êtes à

honneur !

en cette |

pines, et À

le roses !

ie dans le seraient

Le chef #

7, et les

chés sur

Linoul.

la plume et le duvet! Ce serait un monstre Non, non, mes chers compagnons de la Croix, ne vous y trompez pas: ces Chrétiens que vous voyez, de tous côtés, ornés à la mode, délicats à merveille, élevés et graves à l’excès, ne sont pas les vrais disciples ni les vrais membres de Jésus cru-

iciñié: vous feriez injure à ce chef couronné

d’épines, et à la vérité de l’Evangile, que de croire le contraire. O mon Dieu! que

ù de fantômes de chrétiens, qui se croient

être les membres du Sauveur, et qui sont ses persécuteurs les plus traîtres; parce que, tandis que de la main ils font le signe de la Croix, ils en sont les ernemis dans leurs cœurs! Si vous êtes conduits par le même

Hesprit, si vous vivez de la même vie que

Jésus-Christ, votre chef tout épineux, ne vous attendez qu’aux épines, qu'aux coups

de fouets, qu’aux clous, en un mot qu’à la

Croix, parce qu’il est nécessaire que le diseiple soit traité comme le maître, et le membre comme le chef; et si le Ciel vous pre-

| sente, comme à sainte Catherine de Sienne,

une couronne d’épines et une couronne de

roses, choisissez avec elle la couronne d’6pines, sans balancer, et vous l’enfoncez dans la tête pour ressembler à Jésus-Christ.

Vous n’ignorez pas que vous êtes les temples vivants du Saint-Esprit, et que vous devez comme autant de pierres vives, être placées par ce Dieu d’amour au bâtiment de la Jérusalem céleste ; attendez-vous donc à être taillées, coupées et ciselées par le marteau de la Croix ; autrement, vous de-} meureriez comme des pierres brutes qu’on n’emploie à rien, qu’on méprise et qu’on| rejette loin de soi. Prenez garde de faire| regimber le marteau qui vous frappe, et k prenez garde au ciseau qui vous taille et à | la main qui vous tourne. Peut-être que} cet habile et amoureux architecte veut faire de vous une des premières pierres de son édifice éternel, et un des plus beaux portraits de son royaume céleste. Laïssez-le donc faire, il vous aïme, il saït ce qu’il fait, il à de lexpérience ; tous ses coups sont adrôits et amoureux: il n’en donne aucur de faux, si vous ne le rendez inutile par votre impatience. Le Saint-Esprit com- Æ

Abel juste est tué par son frère; un Abra ham juste et étranger sur la terre ; un Loi juste et chassé de son pays; un Jacob juste et persécuté par son frère; un Tobie juste et frappé d’aveuglement; un Job juste et appauvri, humilié et frappé d’une plaie

depuis les pieds jusqu’à la tête. Regardez}

tant d’Apôtres et de Martyrs empourprés de leur sang ; tant de Vierges et de Confesseurs appauvris,humiliés,chassés,rebutés,qui tous s’écrient avec saint Paul: Regardez notre bon Jésus, l’auteur et le consommateur de la foi que nous avons en lui et en sa Croix: il a fallu quil ait souffert pour entrer par la Croix dans sa gloire. Voyez, à côté de Jésus-Christ, un glaive perçant qui pénètre jusqu’au fond le cœur tendre et innocent de Marie, qui n’avait jamais eu aucun péché ni originel, ni actuel. Que ne puis-je m’étendre ici sur la passion de l’un et de l’autre, pour montrer que ce que nous souffrons n’est rien en comparaison de ce qu’ils ont souffert ! Après cela, qui de nous pourra s’exempter de porter sa Croix ? Qui de nous ne volera pas avec rapidité dans le lieu où il sait que la Croix

; un Abra re ; un Lot Jacob juste lobie juste ob juste et une plaie

Regardez}

Jourprés de onfesseurs és,qui tous 2 notre bon

e la foi que

il a fallu roix dans us-Christ, u’au fond è, qui n’aiginel, ni e 1Ci sur r montrer n coMpaprès cela, porter sa

avec rala Croix

l'attend ? Que le feu, que la potence, que les bétes et tous les tourments du démon viennent fondre sur moi, afin quejejouissé de Jésus-Christ. Mais enfin, si vous ne voulez pas souffrir patiemment, et porter votre Croix avec résignation, comme les prédestinés, vous la porterez avec murmure et impatience comme les réprouvés ; vous serez semblabies à ces deux animaux qui traînaient l’arche d'alliance en mugissant ; vous imiterez Simon de Cyrène, qui mit la main à la Croix même de Jésus-Christ, malgré lui, et qui ne faisait que murmurer en la portant. Il vous arrivera, enfin, ce qui est arrivé au mauvais larron, qui, du haut de sa Croix, tomba dans le fond des abîmes. Non, non, cette terre maudite où nous vivons ne fait point de bienheureux ; on ne voit pas bien clair en ce pays de ténèbres; on n’est point dans” une parfaite tranquillité sur cette mer orageuse ; on n’est point sans combats dans ce lieu de tentation et ce champ de bataille ; on n’est point sans piqûre sur cette terre couverte d’épines ; il faut que les prédesti-

nés et les réprouvés y portent leur croix bon gré mal gré. Retenez ces quatre vers :

Choisis une des croix que tu vois au Calvaire,

Choisis bien sagement ; car il est nécessaire

De souffrir comme un saint ou comme un pénitent, \ Ou comme un réprouvé qui n’est jamais content.

C'est-à-dire que, si vous ne voulez pas souffrir avec joie, comme Jésus-Christ, ou avec patience, comme le bon larron, il faudra que vous souffriez malgré vous comme le mauvais larron ; il faudra que vous buviez jusqu’à la lie du calice le plus amer, sans aucune consolation de la grâce, et que vous portiez le poids tout entier de votre Croix, sans aucune aide puissante de Jésus-Christ.

Il faudra même que vons portiez le poids fatal que le démon ajoutera à votre Croix, par Pimpatience ou elle vous jetera, et qu’après avoir été malheureux avec le mauvais larron sur la terre, vous alliez le trouver dans les flammes.

Mais si, au contraire, vous souffrez comme il faut, la Croix deviendra un joug trèsdoux, que Jésus-Christ portera avec vous ; elle deviendra les deux ailes de l’âme qui s'élève au ciel ; elle deviendra un mât de

roix bon TS :

aire,

re pénitent, ontent.

lez pas hrist, ou

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er, sans jue vous > Croix, s-Christ.

ids fatal ox, par qu'après vais larrer dans

ez comug très- C VOUS ; me qui mât de

navire, qui vous fera heureusement et facilement arriver au port du salut. Portez votre Croix patiemment, et par cette Croix bien portée, vous serez éclairés en vos ténèbres spirituelles ; car qui ne souffre rien par la tentation, ne saït rien. Portez votre Croix joyeusement, et vous serez embrasés du divin amour : car personne ne vit sans douleur, dans le pur amour du Sauveur.

On ne cueille de roses que parmi les épines ; la Croix seule est la pâture de l'amour de Dieu, comme le bois est celle du feu. Souvenez-vous donc de cette belle sentence du livre de l’Imitation: Autant que vous vous ferez de violence, en souffrant patiemment, autant vous avancerez dans l'amour divin.

N'attendez rien de grand de ces âmes délicates et paresseuses qui refusent la Croix quand elle les aborde, et qui ne s’en procurent aucune avec discrétion ; c’est une terre | inculte qui ne donnera qué des épines, parce qu’elle n’est point coupée, battue ni remuée par un sage laboureur ; c’est une eau éroupissante qui n’est propre ni à laver ni à boire. Portez votre Croix joyeusement, et

vous y trouverez une force victorieuse, à laquelle aucun de vos ennemis ne pourra résister, et vous y goûterez une douceur charmante, à laquelle il n’y a rien de semblable. Oui, mes frères, sachez que le vrai Paradis È terrestre est de souffrir quelque chose pour Jésus-Christ. Interrogez tous les Saints, ils vous diront qu’ils n’ont jamais goûté un festin si délicieux à l’âme, que lorsqu’ils ont souffert les plus grands tourments. Que tous | les tourments du démon viennent fondre sur moi, disait saint Tgnace, martyr. Ou souffrir ou mourir, disait sainte Thérèse. Non pas mourir, mais souffrir, disait sainte Madeleine de Pazzi. Souffrir et étre méprisé pour vous, disait le bienheureux Jean-de-la-Croix ; et tant d’autres ont tenu le même langage, comme on lit dans leur vie. (Croyez Dieu, mes chers Frères : quand on souffre joyeusement pour Dieu, la Croix, dit le Saint-Esprit, est le sujet de toutes sortes de joie pour toutes sortes de personnes. La joie de la Croix est plus grande que celle d’un pauvre que l’on comble de toutes sortes de richesses ; que la joie d’un paysan qu’on

élève sur le trône ; que la joie d’un marchand qui gagne des millions d’or; que la joie des généraux d’armée, qui remportent des victoires ; que la joie des captifs qui sont délivrés de leurs fers : enfin, qu’on s’imagine toutes les plus grandes joies d’ici-bas, celles d’une personne crucifiée, qui souffre bien, les renferme et les surpasse toutes.

Réjouissez-vous donc et tressaillez d’allégresse, lorsque Dieu vous fera part de quelque bonne Croix; car ce qu’il y a de plus grand dans le ciel et en Dieu même tombe en vous, sans vous en apercevoir. Le grand présent de Dieu que la Croix! Si vous le compreniez, vous feriez dire des messes, [vous feriez des neuvaines aux tombeaux

euse, à lapourra réceur charsemblable, 1 Paradis à hose pour Saints, ils Âté un fesqu’ils ont . Que tous | ondre sur Ju souffrir Non pas fadeleine Dour vous, Croix ; et

langage, des Saints, vous entreprendriez de longs yez Dieu, voyages, comme les Saints ont fait pour fre joyeu- Æ obtenir du ciel ce divin présent. Le monde Saint-Es- Æ lappelle une folie, une infamie, une sottise,

Lune indiscrétion, une imprudence ; laissez dire ces aveugles : leur aveuglement, qui leur fait regarder la Croix en hommes, et tout de travers, fait une partie de notre gloire | toutes les fois qu’ils nous procurent quelques

croix par leur mépris et leurs persécutions, ils nous donnent des bijoux ; ils nous met.

tent sur le trône; ils nous couronnent de lauriers : que dis-je ? toutes les richesses, tous les honneurs, tous les sceptres, toutes les couronnes brillantes des potentats et des empereurs, ne sont pas comparables à la gloire de la Croix, dit saint Jean-Chrysostôme; elle surpasse la gloire d’Apotre et d'écrivain sacré. Je quitterais volontiers le

ciel, s’il était à mon choix, dit ce saint homme éclairé du Saint-Esprit, pour endurer pour le Dieu du ciel.

Je préférerais les cachots et les prisons aux trônes de l’empyrée, je n’ai pas tant d’envie de la gloire des Séraphins que des plus grandes Croix. J’estime moins le don des miracles par lequel on commande aux démons, on ébranle les éléments, on arrête le soleil, on donne la vie aux morts, que l’honneur des souffrances. Saint Pierre et saint Paul sont plus glorieux dans les cachots, les fers aux pieds, que de s'élever au troisième ciel, et de recevoir les clefs du Paradis. En eflet, n'est-ce

pas la Croix qui a donné à Jésus-Christ. 1 |

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iel, lé ême ommé es Sa ir SU i cett erre, € dans lé brendr ju’opè loiX uw’ une entière e ciel roix, le gra e Sair ne c} de soi de Saiï de la (

écutions, nous metnnent de richesses, es, toutes ats et des bles à la -Chrysos- Apotre et lontiers le ce saint our enduérerais les e l’empyrloire des oix. J’esar lequel branle les donne la souffransont plus ux pieds, t de rece- , n'est-ce

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om au-dessus de tous les noms, afin qu’au nom le Jésus tout genou fléchisse, au ciel, et sur la erre, et dans les enfers? La gloire d’une per-

Bonne qui souffre bien est si grande, que le

iel, les anges, et les hommes, et le Dieu ême du ciel la contemplent avec joie, omme le plus glorieux spectacle, et que si es Saints avaient un désir, ce serait de reveir sur la terre porter quelques croix. Mais i cette gloire est si grande même sur la erre, quelle sera donc celle qu’elle acquiert lans le ciel ? Qui expliquera et qui comprendra jamais ce poids éternel de gloire ju’opère en nous un seul moment d’une roix bien portée ? Qui comprendra celle ju’une année, quelquefois une vie tout entière de croix et de douleurs, opère dans e ciel ? Assurément, mes chers Amis de la roix, le ciel vous prépare à quelque chose le grand, vous dit un grand Saint, puisque e Saint-Esprit vous unit si étroitement dans ne chose que tout le monde fuit avec tant le soin. Assurément Dieu veut faire autant de Saints et de Saintes que vous êtes d’Amis de la Croix, si vous êtes fidèles à votre vocao

tion, si vous portez votre Croix comme il faut, comme Jésus-Christ l’a portée.

Mais il ne suffit pas de souffrir; le démon et le monde ont leurs Martyrs ; mais il faut souffrir et porter sa Croix sur les traces de Jésus-Christ, sequatur me, qu’il me suive, c’est-à-dire de la manière qu’il l’a portée, e voici pour cela les règles que vous deve garder : |

1° Ne vous procurez point exprès et par votre faute des croix ; il ne faut pas faire du mal pour qu’il en arrive du bien; il ne faut pas, sans une inspiration spéciale, faire les choses d’une manière, pour sattirer le mépris des hommes: il faut plutôt imite Jésus-Christ, dont il est dit qu’il a bien fai toutes choses, non pas par amour propre où par vanité, mais pour plaire à Dieu et po gagner le prochain. Et si vous vous ac quittez le mieux que vous pourrez de vos emplois, vous n’y manquerez pas de contra dictions, de persécutions ni de mépris, que la divine Providence vous enverra, contre votre volonté et sans votre choix.

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rent, dont le prochain se scandalise, quoique mal à propos, abstenez-vous-en par charité, pour faire cesser le scandale des petits ; et Pacte héroïque de la charité que vous faites en cette occasion, vaut infiniment mieux que la chose que vous faisiez ou que vous vouliez faire. Si cependant le bien que vous faites est nécessaire ou inutile au prochain, et que quelque Pharisien où mauvais esprit s’en scandalise mal à propos, consultez un sage pour savoir si la chose que vous faites est nécessaire et beaucoup utile au commun du prochain, et s’il la juge telle, continuez-la, et les laissez dire pourvu qu’ils vous laissent faire, et répondez en cette occasion ce que répondit Notre-Seigneur à quelques-uns de ses disciples, qui vinrent lui dire que les Scribes et les Pharisiens étaient scandalisés de ses paroles et de ses actions: Laissezles, ce sont des aveugles.

3° Quoique quelques saints et grands personnages aient demandé, recherché, èt même se soient procuré par des actions ridiculés, des Croix, des mépris et des humiliations, adorons et admirons seulement l’o:

rès et par pas faire en; il ne iale, faire attirer le tôt imite à bien fai propre où Peu et po vous ac ez de voi de contra spris, que ra, contre

d’indiffé

pération extraordinaire du Saint-Esprit dans leur âme, et humilions-nous à la vue d’une À si sublime vertu, sans oser voler si haut, n'étant auprès de ces aigles rapides et de à ces lions rugissants, que des poules mouillées et des chiens morts.

4 Vous pouvez cependant, et même vous!

devez demander la sagesse de la Croix, qui est une science savoureuse et expérimentale de la vérité, qui fait voir dans le jour de la foi les mystères les plus cachés, entre autres celui de la Croix, ce qu’on n’obtient que par de grands travaux, de profondes humiliations et des prières ferventes. Si vous avez besoin de cet esprit principal, qui fait por. ter les croix les plus lourdes avec courage : de cet esprit bon et doux, qui fait goûterk dans la partie supérieure de l’âme, les amertumes les plus dégoûtantes ; de cet esprit sain et droit, qui ne cherche que Dieu ; de cette science de la Croix, qui renferme toutes choses ; en un mot de ce trésor infinil dont le bon usage rend une âme participante de l’amitié de Dieu : demandez la sagesse, demandez-la incessamment et fortement

sprit dans

vue d’une |

* si haut,

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ême vous Droix, qui rimentale our de la tre autres

vous avez | fait por:

courage ;

sans hésiter, sans crainte de ne pas l’obtenir, et vous l’aurez immanquablement, et puis vous verrez clairement par expérience comment il se peut faire qu’on désire, qu’on recherche et qu’on goûte la Croix.

5° Quand vous aurez, par ignorance ou même par votre faute, fait quelque bévue qui vous procure quelque croix, humiliezvous-en aussitôt en vous-mêmes, sous la main puissante de Dieu, sans vous en troubler volontairement, disant, par exemple, interieurement : Voilà, Seigneur, un tour de mon métier ; et s’il y a du péché dans la faute que vous avez faite, prenez l’humiliation qui vous en revient comme son châtiment, et s’il n’y a point de péché, comme une humiliation de votre orgueil. Souvent et même très-souvent, Dieu permet que ses plus grands serviteurs, qui sont les plus élevés en sa grâce, fassent des fautes des plus humiliantes, afin de les humilier à leurs yeux et devant les hommes, afin de leur 6ter la vue et la pensée orgueilleuse des grâces qu’il leur donne, et du bien qu’ils font, afin, qu'aucune chair, comme dit le Saint- Esprit,ne se glorifie devant Dieu.

n 1 } fi} sir , [1 = me.

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