II
Il déclare que rien hc sera changé à l’état des personnes 5 que sur le vœu de la colonie. Et qui émettra ce vœu ? Qu’est-ce que la colonie ? Les blancs partiront de là pour exclure les sang-mêlés ; mais ceux-ci sont colons dans toute la force du term® , légalement libres , et conséquemment fondés à croire que le décret n’exclut que les esclaves. Qu’est-ce donc qu’une loi dont le texte amphibologique offre des germes de division ?
Je répète ce que j’avois imprimé précédemment, et qu’on s’est dispensé d’attaqi er , que des convenances politiques ne doivent pas fléchir la rigueur de cette morale invariable , émanée de Dieu, qui est la meme pour les nations et les individus ; que la vertu seule , dans les empires , est ua point fixe, et que leur Habilité , leur bonheur , résultent de l’heureux accord des principes politiques avec ceux de la justice. Mais il y a peu d’hommes , et les hommes seuls peuvent goûter ces vérités précieuses! Oublions donc que c’est ici la lutte de la cupidité contre la justice. Faisons * s’il est possible, momentanément , abstraction de cette justice , ec ne parlons que le langage d’une politique enfantée par des passions. , toujours abjectes , toujours atroces y qui se jouent de l’existence des hommes (i).
Les colons blancs nous disent que l’intérêt général s’oppose à la demande des sang-mêlés. Ceux-ci assurent le contraire ; et ces deux classes d’hommes étant à peu-près égales en nombre , ce conflit d’autorités les détruit respectivement. Ajoutons cependant que s’il fulloit compter les
( i ) Se jouer de ? existence des hommes est bien le terme propre : on fait quelquefois des loteries d’esclaves , et lû sort leur donne un maître.
suffrages , les sang mêlés y joindroiëht ceux d’une portion de blancs qui n’ont point abjuré les vrais principes. Mais le martyre de M. Ferrand de Baudières est bien capable d’effrayer les apôtres de l’humanité. J’ignore même comment a pu échapper à la proscription M. de Saint-Olympe , président de l’assemblée de la Cro'ix-des- Bouquets. Dans une circulaire, adressée aux 51 paroisses de l’île , et qu’on a eu la gaucherie de lire à la séance du 1 1 , il s’exprime ainsi :
ce Avant que l’énergie nationale eut ressuscité les droits 95 primordiaux de tous les hommes de Tabyme profond y> dans lequel ils sembloient être ensevelis pour les yy François , la saine politique avoit fait appercevoir aux » habitans de Saint-Domingue la nécessité de ne former yy ç[\iune seule classe de citoyens ,potir opposer une résistance y> ferme et constante à l’ennemi domestique j dont les » forces naturelles sont en si grande disproportion des yy nôtres 5 Saint-Domingue donnoit à l’univers le spectacle yy e 'raordinaire de l’union , commandée par la politique , as qui par-tuut ailleurs divise en créant des distinctions >3.
Le monde politique va certainement prendre une nouvelle face. Le volcan de la liberté allumé en France , amènera bientôt une explosion générale , et changera le sort de l’espèce humaine dans les deux hémisphères 5 l’intérêt de la colonie et de la métropole , leur sûreté au dedans et au dehors , exigent que toutes les forces aient une même tendance : c’est l’histoire du faisceau dont un père mourant offroit l’emblème à sa famille. Mais le sein de nos îles recèle et couve des germes destructeurs. C’est toujours une détestable politique d’avilir une partie du peuple , au lieu de l’intéresser au maintien de l’ordre. '
N'est-ce pas l'oppression exercée sur les soldats , qui , en causant l'insurrection des régimens , a failli entraîner la dissolution de l'armée de ligne ï Ce seroit une grande erreur d’imaginer que les colonies puissent conserve! longtemps cet état de contrainte qui violente la nature ; il faudrait, pour cela, bien peu connoître la marche des choses humaines ; et cette opinion se fortifie par les considérations suivantes.
Les sang-mélés voient arborer par-tout cette cocarde . qui , suivant la prédiction , doit faire le tour du monde ; ils voient promener avec pompe l’étendart de la révolution ; et croit-on que le cri de la liberté , qui retentit sans cesse à leurs oreilles . ne réveillera pas dans leurs coeurs le sentiment de leurs droits? Joignez.--/ celui de leurs forces, dont l'accroissement progressif est prodigieux. Je ne citerai qu'un fait. En 1779, il / avoit à Saint-Domingue 705 j gens de couleur (1).; en 17S7 . on en comptoir 19631 (#). Ainsi , dans un laps de huit ans , voilà une population plus que doublée ; tandis que , suivant M. Moheau , la France offre à peine un neuvième d'augmentation dans une période de 71 ans.
Bornerez -vous cette population , dont l’accroissement futur a pour caution certaine le libertinage effréné d’un grand nombre de blancs ? L’industrie des mulâtres , les fruits de leur industrie , suivront les mêmes gradations.
(1) Administration des finances par M. Necker , tome 1, chap. 1?.
(2) Relevé fait à Saint-Domingue, et déposé dans les bureaux de la marine.
Dans la crainte d’un soulèvement, désarmerez-vous toutes les milices de couleur et les maréchaussées ? Il faudra alors les remplacer, et les contenir par des envois multipliés de troupes , destinées à faire constamment tout le service , dans un climat brûlant , qui dévore les Européens efféminés et les Nègres excédés. f'
Qui peut nous dire si la caste dégradée , poussée au desespoir, nappelera pas la force au secours de la justice * si les mulâtres ne feront pas cause commune avec les Nègres , contre ceux vers qui l’amour filial ou l’habitude du respect , les eût portés sans effort ? Le parti le plus doux pour eux ne sera-t-il pas de passer chez l’Espagnol , qu’ils avoisinent , et chez qui la diversité des nuances du teint ii entraîne pas des distinctions civiles ? Déjà plusieurs ont adopte ce parti , et je vous donne pour fait certain , car jen ai les preuves , que si les injustices des blancs n’ont «n terme prochain , beaucoup de s ng-mêlés se proposent d abandonner une contrée où le soleil n’éclaire que leurs douleurs , et de porter ailleurs leur industrie et leurs richesses.
Ne redoutez-vous pas , en outre , la coalition des sangmêles et d une partie des blancs, qui virent à l’indépendance, avec d autres qui, devant immensément à la métropole , saisiroient avidement une occasion de se libérer sans payer?
L aigreur , 1 ambition des uns, Timprobité des autres, ne fomenteront-elles pas des troubles , pour amener une session , dont les résultats seroient incalculables ? Qui sait si des puissances rivales ne profiteront pas de ce choc intérieur, pour se porter en force sur les colonies.? Un passage imprime récemment dans le Mo'ning-post , esc bien propre a donner l’éveil 5 et j’entends mettre en question , si déjà
des agens secrets n’ourdissent pas la trame qui doit amener une rupture éclatante , dont ensui e ils rejetteront perfidement l’odieux sur les défenseurs de l'humanité.
C’est ici le cas de relever une fourberie , dont la honte appartiendra à qui de droit. L’assemblée provinciale du Nord envoie une adresse à l’assemblée nationale : j’en ai diverses éditions , faites , les unes à Saint-Domingue , les autres en France. Quel est le faussaire qui, dans les éditions faites en France , a retranché divers passages , dont l’effet infaillible eût été de révolter les paeriotes ? En voici quelques citations : « A Dieu ne plaise que nous entendions » vous dénoncer nos frères et nos défenseurs ( les membres » de l’assemblée de Saint-Marc ) 3 nous rendons justice à leurs
33 vues , nous les partageons Iis ne peuveut avoir
33* en vue que le bien de la colonie. — Mais avant d’enta- » mer le nouveau pacte , qui doit lier à jamais Saint- » Domingue à la France , etc. » Et le mot pacte, qui annonceroit des provinces fédérées, es; répété en divers autres passages également supprimés. Mais je prie le lecteur de s’arrêter sur celui-ci , qui est important : « Si la division » subsiste , elle peut mener à une guerre intestine 5 si 33 l’assemblée générale propage des idées qui ne sont » absolument étrangères à aucun individu , la réunion » peut entraîner une scission absolue avec ia France , qui » ne sera que trop sûrement soutenue ». Et c’est pourtant à cette assemblée , qui a tenu un langage si séditieux , qu’on a fait voter des remercimens par l’assemblée nationale , qu’elle outrageoit ]
Puissé-je être faux prophète î Mais si mes frayeurs étoienc justifiées par l’événement , je n’aurois point à me reprocher de n’avoir pas appelé l’attention sur ces considérations
majeures. N*est-il donc pas évident que , si l'orgueil vouloir abjurer ses prétentions , la classe des citoyens , devenue plus nombreuse , rendroit celle des esclaves moins formidable ? Les sang-mêlés et les blancs , étant rapprochés par les mêmes intérêts, les mêmes avantages, la masse de leurs forces combinées assureroit plus efficacement la tranquillité des colonies. Tenez pour certain que , tôt ou tard , l’énergie comprimée des mulâtres se relèvera avec une violence irrésistible. Ce repos contraint des opprimés , ne peut avoir d’autres bornes que le temps de leur foiblesse : apathie dangereuse 1 silence effrayant du malheur! qui ne se rompt ordinairement que par un élan tumultueux vers la liberté !
A ce qu’on vient de lire , voyons ce qu’opposent nos antagonistes.
i°. L’assemblée nationale , disent-ils , ne connoît pas l’état des colonies. En concluent-ils qu’il faille les en croire aveuglément ? Les sang*mêlés , partant du même point > infèrent Je contraire. S’agit-il des principes ? Il seroit absurde de prétendre qu’il faut avoir habité* une contrée , pour saisir des vérités indépendantes des temps et des lieux. S’agit-il de faits ? Pourquoi les planteurs blancs auroient-ils le privilège exclusif de nous les manifester ? Ils pérorent à merveille , pour dévoiler l’oppression ministérielle qui pesoit sur eux ; mais vous ont-ils jamais dit un mot des Vexations odieuses qu’ils exercent contre les mulâtres , des atrocités exercées contre les défenseurs des mulâtres r Les lâches assassins de M. Ferrand de Baudières sont responsables de ce crime à la nation, à l’univers., à l’Erernel. Pour comblée la mesure , il ne s’agit plus que de
bâtir
bâtir un roman , dans lequel on supposeroit que le défunt ctoit un conspirateur.
2°. Jamais , dit-on , la colonie ne sacrifiera le préjugé de la couleur. Sans doute il y a d’étranges préjugés dans un pays où le mariage d’un blanc avec une mulâtresse le déshonore, tandis qu’il n’est pas déshonorant de vivre avec elle dans un concubinage grossier. Il est avoué que la flétrissure imprimée à la couleur , esc la principale cause de la dissolution qui règne dans les colonies. Sommes-nous donc venus ici pour pactiser avec les abus ? et l’assemblée nationale , qui décrète que l’infamie d’un supplicié ne rejaillira point sur ses proches , malgré le préjugé général, ne peut- elle pas , ne doit-elle pas extirper celui-ci ?
3°. Mais les gens de couleur tiennent de nous leur liberté. Je vous demande si , à côté d’un acte de bienfaisance et de justice, on doit jamais placer les humiliations. Observons d’ailleurs que le très-grand nombre possède la liberté à titre héréditaire , et lorsqu’un marchand •de chair humaine , arrivé de la côte , vous vend un esclave qui méritera d’être affranchi , vous transmet-il des droits imprescriptibles sur toute sa postérité?
4°. Mais les gens de couleur peuvent compter sur nos bontés , ce sont nos enfans. Vos enfans ; et le cœur paternel les repousse ! Nous adoucirons , dites-vous , leur sort. Est-ce le passé ou l’avenir , que vous offrez pour garant ?
Articulez nettement vos intentions, prétendez-vous composer avec eux ? ils refusent la capitulation ; voulez-vous les faire monter au rang de citoyens , les associer à tous les avantages de citoyens ? Pourquoi cet acharnement contre ceux qui tentent d’opérer cette bonne oeuvre? pourquoi
vouloir courber sous le joug, sans les entendre , des hommes qui ne veulent pas anticiper sur vos droits , mais jouir de ceux que leur assurent la nature et la loi (i) ?
A défaut de raisons, les colons blancs sèment des terreurs paniques; tantôt ils nous disent qu’un décret en faveur des mulâtres , les feroit tous égorger ; ce qui annonce des dispositions fort charitables de la part des blancs j tantôt c’est l'inverse. Vous allez, disent-ils , nous faire massacrer tous. Tt par qui, messieurs? par les noirs 5 pouvez-vous craindre des hommes que vous nous peignez si heureux sous votre régime, que leur sort est infiniment préférable à celui de nos villageois? Selon vous, les Nègres se refuseroient à l’échange, ils ne voudroient pas retourner en Guinée , ni même accepter le don de la liberté , par les sang- mêlés. Calomnie grossière : ils ne demandent paisiblement gué la rentrée dans leurs droits ,
(1) Je reçois en ce moment un mémoire intéressant , que m’envoie M. ïdarneville , capitaine au régiment de Fondichéri ; j’y lis ce passage honorable pour les sangmêlés de nos colonies dans certe partie du monde : « Les .sa gens de couleur libres, ont réclamé le droit de porter » la cocarde nationale : après beaucoup de difficultés , yy la permission leur en a été accordée. Le refus eût yy été de toute injustice. Cette espèce d’hommes a rem- » pli , dans tous les temps , les devoirs de bons citoyens, m et de sujets fîdeles : pendant toute la guerre , ils ont servi yy avec zèle sur notre escadre, et par- tout ou l’on a voulu sa les employer. Au dernier siège de Pondichéry , j’ai été té- . yy mcin delà valeur des Topasses ( soldats mulâtres) , dont i». on avoit formé une troupe particulière. Cette classe in~ 33 téressante est victime d’un préjugé cruel ; mais son sort 33 est infiniment plus doux dans les colonies françoises , yy au-delà du cap de Bonne-Espérance , que dans celles de 3» l’Amérique 33.
et l’accès dans vos cccùrs j mais qui peut nous dire à quel terme les forceront vos duretés?
Avant de finir , qu’on me permette quelques réflexions sur le sort de ce nouvel écrit. Ou les blancs n’y répondront pas y et franchement quand la logique est pressante, c’est le parti le plus sage ; on affecte alors un ton dénigrant , qui signifie : cela ne mérite pas une réfutation ; et d’après l’axiome de Boileau , on est sûr d’avoir des admirateurs. Ou les blancs tenteront de répondre, et voici un échantillon de leurs preuves , recueillies dans des brochures, des colloques particuliers, et dans l’assemblée, autour delà tribune. « En défendant les mulâtres , vous êtes des fous , des convulsionnaires , des énergumènes , des hommes pétris d’amour-propie » , et ces éloquentes apostrophes détruisent merveilleusement tous les syllogismes. C’est une heureuse resssource que les calomnies et les injures : j’en atteste celles que j’ai vu pleuvoir sur moi , et que je méprise à l’égal de leurs vils' auteurs $ j’en atteste ces pamphlets imprimés contre moi , en France, à Francfort, à Saint- Domingue , pour m’être constitué avocat de causes que je n’abandonnerai jamais : celles des juifs , des Suisses- Fribourgeois , des gens de couleur (i). Je place sur la même
(i) Lecteurs, je vous confie, sous le plus grand secret , une anecdote sur mon compte, que les colons blancs se soufflent à l’oreille : Il défend les sang mêlés , rien (détonnant en cela , son frère a épousé une fem™e de couleur. Assurément , si j’avois pour belle-sœur une vertueuse métive , je la priserois plus que la presque totalité de vos femmes, dont on vante l’amabilité , mais qui ne savent pas même , sous les dehors d’une pudeur apocryphe , masquer, la laideur du vice ; qui réunissent liffronterie du regard , l’impudence du propos , le cynisme des actions.
Puisqu’on gratifie d’une belle-sœm un homme qui est
îignc les reptiles esches sous l’herbe et les libellâtes souÿ 1 anonyme -, pour darder plus sûrement leur veniir, Rerranchez - vous dans l’ombre , et de-là , criez que les amis des noirs , qui le sont de tous les hommes $ sont les ennemis des blancs \ qu’ils sont soudoyés par les Anglois. Peignez- les comme des monstres qu’il faut étoufier , parce qu intrépidement ils font la guerre aux tyrans : mais j sur-tout, évitez de raisonner; car c’est -là l’écueil. Imitez la prudence de l’assemblée provinciale du nord de Saint-Domingue : dans son adresse , elle impure les tioubles des colonies en partie à mon livre sur les gens de couleur. Elle se garde bien de détruire les faits que j’ai énoncés , les principes que j’ai posés ; contente de qualifier mon Ouvrage , elle croit , sans doute , qu’une épithète injurieuse est une preuve triomphante.
Non, non, messieurs les colons , cette marche n’est pas loyale ; ] ai pour moi ces ma ornes sublimes de justice y contre lesquelles s amortissent tous les outrages, tous les paralogismes. Voulez-vous me combattre ? au lie# d’être lâchement anonymes , montrez-vous à front découvert , n incidentez pas, ne divaguez pas hors de la question; attaquez mes principes , descendez dans î’arene ; je vous
fils unique, il n’en coûroit guères plus de lui composer une famille entiers , de lui donner, par exemple, un père Juif, une mere Suisse, erc. Cette dialectique formidable seroit une réfutation victorieuse de tout ce qu’il avance en faveur des malheureux.
Eh î messieurs les colons , pourquoi vous ingénier à chereiler des argumens péremptoires ? Il en est un plus obvie que je m’empresse de vous offrir. Il défend, les sangmêks , parce quH a reçu d’eux quelques millions , ainsi que des
( il )
promets de ramasser le gantelet , et de n être point en demeure pour la réplique.
Au reste , en déduisant mes preuves, je n’ai pas eu la présomption d’opérer des miracles , de convaincre la vanité , d'humaniser la cupidité. Loin de nous cette tourbe d'êtres sans caractère, stupéfaits de trouver en autrui ce saint amour de l’humanité , qui leur paroît une démence insigne ou ua sentiment exagéré. Mais il est encore des âmes droites , capables de s’élever à ces grandes vues morales , qu’on désignoit à la tribune comme des spéculations métaphysiques.
Un jour ils seront appréciés , les vrais amis des hommes , se croiroient indignes du bonheur , s’ils ne cherchoient à le répartir sur tous leurs frères. Ils ne caressent point les opinions dont on s’engoue ; ils ne fléchissent pas le genou, devant les idoles que la mode encense ; ils n’aspirent point à la dictature dans les clubs , pour y exercer le monopole des suffrages, pour y distribuer et recevoir des honneurs, que l’homme sensé repousse , dès qu’ils sont présentés par la main souillée de l’intrigue. N’aspirant qu’à être utiles , bravant les clameurs de la haine , ils s’exposeroient à toutes les vengeances , pour venger ces grands principes d’égalité , de liberté , de justice , que la nature inspire, que la religion consacre , et sans lesquels on voit bientôt les hommes s’avilir et les empires s’écrouler.
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