‹ Lettre d'explications à mes amis collaborateurs [microforme]Chapitre 3 sur 4 · MES CHERS AMIS · texte numérisé non relu

MES CHERS AMIS

Depuis quelques années, c'est à dire depuis que j'ai mis à d'essai un plan spécial de Colonisation pour nos Canadiens-Français, dans la ProOvince d'Ontario, plan, comme fe l'ai déjà dit, béni par Notre Saint-Père Léon XIII, je me suis tenu en relations suivies avec un certain nombre d'amis dévoués à la cause, lesquels ont bien voulu, de leur charité, aider mes premiers pas. © est grâce à ces amis dévoués du Canada et des Etats-Unis que j'ai pu mettre en terre le petit grain de sénevé, Il germe encore à peine ; mais, Dieu aidant, il poussera.

N'ayant pour point de départ matériel absolument aucune autre ressource que mes bras, (wznistraverunt manus istæ ) n'étant attaché à aucune paroisse, ne percevant ni dime, ni casuel, ni revenu d'aucun gouvernement ; et, puisqu'il faut tout dire, ayant contre moi beaucoup d’ennemis, mon œuvre, j'en conviens, ne, purte pas en elle un caractère bien invitant.

Voilà pourquoi j'ai économisé les ‘invitations et j'ai pris tout le fardeau pour moi seul jusqu’au jour espéré où, ayant arraché le plus gros des!

ronces et des épines, mon entreprise n’effraiera plus les dévouements.

Cela fait asez comprendre que, les dévouements faisant défaut, il faut s'en remettre à la main mercenaire et remplaver le travail libre par la solde.

Je paie donc des mercenaires pour faire l'œuvre du public. Or, je le demande, ai-je droit, oui où non, à ce quele public qui en bénéficie me vienne quelques fois en aide? Quand je solkcite un 10 centins, est-ce une aumôme que je demande, ou un suprèmé cri d'appel que j’envoie à mes compatriotes pour les supplier de ne pas me laisser mourir. Quand je dis “ ne laisser mourir ’, je parie de ia Pur patriotique &vec laquelle je me suis identifié; car, pour moi-même persohnellement. s'imagine-t-on que si je voulais vivre dans mes aises, je ne poufiais accepter une grasse cure ?

Non, la vic d’un presbytère ne

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Aucune diligence ne fut épargnée.

Je fis imprimer 7000 petits cahiers que mes souscripteurs connaissent et les expédiai par ia malle dans toutes les directions du Canada et des Etats- Unis. Calculez déjà la somme que cela m'a coûté rien que pour les timbres poste dont plus de la moitie étaient de 7 centins. Mais, me disais-je :

Si chaque cahier qui est fait pour recueillir, en dix centins, la somme de $10.00 me rapporte seulement 50 centins en mayenne, j'aurai $2,500 et avec celà, je suis tiche.— J’atten:

dis les retours.— Ils vinrent: Lisez Nombre de livrets retournés 433 Contenant une souscription totale de $1956.65. C'était certainement beau, vu le petit nombre. Parmi lés donateurs, je compte 3 collèges classiques de la Prov. de Québec, 46 meabres du clergé dont l’un, que je puis considérer comme un insigne bienfaiteur, m'envoya %$100.00, un autre $30.00, un autre $25.00 et les autres respectivement $18, $13, $12, $10, jusau'à $1.00.

Soit donc, résultat total $1956.65, Frais et dépens, compte rond 500.00,

* 81456.65 Primes à payer, 1675.00 1675.00 1456.65

Déficit: 218.35 Evidemment je ne pouvais procéder au tirage des primes avec ce résultat. Je me dis: Nous allons remettre le tirage à un an et tenter une nouvelle épreuve, Je fis les frais d’impressions nouvelles plus dispendieu-| ses que les premières. Pour besifices spirituels, au lieu de 1 messe par jour pendant un an, j'offris les mêmes pendant 5 ans, toat cela pour un dix eentine de sowéerintion. Je lançai 5000 de ces rouyennx cahiers et j'attendis.— Les retours sont arrivés comme suit:

Retournés 93 livrets contenant une souscription totale de $418.10.

Pas n’est besoin de couvrir cette

Dnllrie lang mômeog

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n'est tenu à l'impl me issue honorabl:

Une garantie ] conditions seront c'est qu'un grand primé, par lettre, daientsien aux | rielles ; leur ambi de faire du bien à du fruit des Mess est daus le fait qu des souscripteurs urenvoyer leur cc date fixée pour le doute pas que be.

encre de le faire.

A cé sujet voici établir :

Mon intention plus faire aucune € comme par le pas nir en aide scront dans la mesure d de leurs moyens.

continuer, sous la tits livrets, mais < fait la desaande.

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m'éerivent lettre voir si leur en Cette anxicté est effet, il paraît Gt envoyées en Se] 1893 n'aient pas ‘ponses au mois € Ce qui paraît :

d’être tel, si l'on perdi£ de vue qu des bdis, que je :

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a pas de service ] les besoins dé m nent au Lac Tim d #6 cd

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1iers it et utes tatsque time oitié s-je :

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SeZ nn tOaine- Par-

n'est tenu à l'impossible ”, mais comme issue honorable de la situation.

Une garantie pour moi que ces conditions seront bien acceuillies, c'est qu'un grand nombre m'ont exprimé, par lettre, qu'ils ne prétendaienwfien aux. récompenses. matérielles ; leur ambition suprême était de faire du bien à l'Œuvre, et de jouir du fruit des Messes. La preuve en est dans le fait que la majeure partie des souscripteurs ont continué de uenvoyer leur contribution après la date fixée pour le tirage. Et je ne doute pas que beaucoup continuent encure de le faire.

A cé sujet voici ce que nous allons établir :

Mon intention arrêtée est de ne plus faire aucune démarche. Ceux qv';, comme par le passé, voudront me venir en aide seront libres de le faire dans la mesure de leur générosité et de leurs moyens. Ou pourra même continuer, sous la forme établie, de petits livrets, mais seulement sion m'en fait la desaande. Dans ce cas, ce sera une:œuvre de zèle pure et simple où chaque souseripteur de 10 centins aura AA du moment qu'il versera son obole, à toutes les messes qui se diront dès ce jou" jusqu’au ler janvier 1899 pour les bienfaiteurs, tel que déjà expliqué.

En terminant, un mot d'explication sur les causes de mon retard :

“! Plusieurs de mes correspondants, m'éerivent lettre sur lettre pour savoir si leur envoi m'est parvenu.

Cette anxiété est bien naturelle, En effet, il paraît étrange que des lettres envoyées en Septembre et Jctobre, me 1893 n'aient pas encore rcçu de ré- » HARAS ‘ponses au mois de Juin, 1894, ve Jour Ce qui paraît un mystère cesserait nÊMES | ati bol si |’ DhAEre US être tel, si l'on voulait bien pe pas | | perdis de vue que je demeure au ‘ond at: j'at. | des bdis, que je suis à deux jours de rrivés mire 16 du premier bureau de poste à qu'entre ce bureau et ma mission, ilwy a pas de service postal. Arrive-t-H° que les besoins dé mon œuvre me retiennent au Lac Timagami. je suis comme paré #6 du monde, et je suis des

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vais m'en revenir à Timagami en plus grande hâte, ce n’était donc pas le temps de répondre à cette multitude de correspondants. J’apportai la malle chez moi et là, à loisir, j'en pris connaissance ; voilà ce que je fais actuel.

lement, je réponds. Comme il eut été long et fatiguant de donner ces explications à chaque lettre, j'ai fait faire cet imprimé pour simplifier la besogne.

Maintenant que le mystère est élucidé, j'espère qne personne ne m'en voudra, Jene puis faire tout simplement que le possible et pasdavantage ; cela, avec la meilleure volonté dulmonde. Encore, à l’heure qu'il est, je ne puis absclument quitter ma mission et je dois attendre, pour mettre toutes mes réponses à la poste, que je puisse descendre. Si j'avaisce qu'il me faut pour vivre, je ferais bien autrement ; mais, obligé que je suis de gagner mon pain et celui des autres à la sueur de mon front et du labeur de mes mains, je reste là où la nécessité m’enchaîne.

Tout le monde comprend qu'il est assez difficile de faire de la colonisation de cétie manière : cependant, j'ai lobstination de croire encore au succès ; car, Dieu a des voies et des desseins qui ne ressemblent pas à ceux des hommes et en Lui seul est toute mon espérance.

Je prie mes amis, ceux qui m'ont assisté, et en particulier, les zélateurs qui ont bien voulu se charger de collecter pour mon œuvre, de recevoir de nouveau mes plus sincères remerciemeuts. J'espère qu’ils continueront à m'écrire comme par le passé, et je serai toujouix heureux de leur rendre tous les services qu'ils requerront en vue de la colonisation, Cependant si la réponse se fait attendre, je prie bien tous ces bons amis, de vouloir ne pas oublier que je demeure à deux cents milles au milieu des hois.

| GQ, À, M, PARADIS, ÊTRE, MISSIONNAIRE-CORONISATEUR.

Sturgeon Falls, (a) Ont., 2 Juillet, 1894,

(a) N. B.— C'est aux ateliers du jour-

cents milles au milieu des bois.

preme UUUUI" RAUNAU:

compatriotes pour les supplier de n pas me laisser mourir, Quand je dis | “ ne laisser mourir’, je parle de la causefpatriotique ævec laquelle je me suis identifié; car, ‘pour moi-même versohnellement. s’imagine-t-0n que si je voulais vivre dans mes aises, je ne poufiais accepter une grasse cure ?

Non, la vie d’un presbytère ne m'a jamais tenté; jé resterai à mon poste pour y travailler et y mourir. Là, sans doute, aboutira mon humble mission ; d’autres hériteront du fruit de mes sueurs et les verront mûrir !

je le souhaite.

En attendant, est-ce délicatesse de conscience ? je me crois obligé de rendre compte, ou mieux, de rendre mes comptes,

Voici strictement où j'en suis vis-à.

vis du public envers lequel jai contracté des obligations au nom. de” la cause, ,

Ayant résolu de faire appel aux amis de l'œuvre et afin d’écarter toute interprétation malveillante, je me nunis à ect effet, d'une autorisation écrite de mon Evêque, Mgr. O'Connor.’ Les secours arrivèrent, juste pour me permettre de donner le premier élan.

Ces ressources épuisées quoique, plusieurs dé mes amis m'écrivissent :

«Tirez sur nous, LOUS sommes vos obligés” je me fis ccrupule de toujours fatiguer les mêmes, et j'avisai aux moyens d'atteindre un public nouveau. Or le moyen, c'est l'intérêt.

Tout en faisant d’abord appel au cœur, à la charité, au sentiment patriotique, je mis en avant des avantages spirituels, un certain nombre de messes. Qui me niera ce droit ? Ces messes furent déduites de mes honoraires et placées au bénéfice des bienfaiteurs. Dieu les a appliquées aux morts et aux vivants.

Pour céux que l'intérêt religieux seul n'aurait ému, j'ajoutai, sous forme de prime, au total de $1675.00, dix tableaux magnifiques que j'ai apportés de Rome. Pour lancer cette affaire dans“le public, il fallait des fonds. Les ‘impressions, timbres de poste, ete..... me revenaient à plu-

sieurs centaines de piastres. N'ayant pas certe somme, que fis-je? Je plaçai les dits tableaux en gage sur un emprunt de $13.000, comptant, avec une certitude morale bien légitime, faire au moins le double de cette somme, ce qui m'aurait valu une fortune.

5000 de ces tendis.— 14 comme suit:

# pendant un an, j'offris les mêmes pendant 5 ans, tout cela pour un dix centins de fpuveaux 6

Je langai rouveaux cahiers et j'ats retours sont arrivés

Retournés 93 livrets contenant

une souscription totale de $418.10.

Pas n’est besoin de couvrir cette

feuille d'aauitionset de soustractions pour démontrer que tout simplement je suis en ‘“ banqueroute ”, puisqu'il faut me servir du seul mot qui désigne exactement ma situation financière.

Du moins, personne ne dira que

c'est une banqueroute qui m'enrichit. | Après avoir beaucoup travaillé, je!

suis plus pauvre qu'au début. Le seul total de mes honoraires de messes sa-

d'être tel, si l’on perdre de vue que des bis, que je ral n preinie qu'entre ce b'rea a pas de service } les besoins dè mc nent au Lac Tim:

séparé du resté di mois et puis des 1 se passe dans le rondé. Je n’en $s cela à des inconvt même temps joui Or} pour le'cas ce qui est arrivé je repenais de M pédié mes cireule

crifié pendant cinq ans, aù minimum Mattawa, derniè, du tarif, 25 centins, me prive d’un |fique, je donnai revenu (le seul que j'aie ) de $156.25 | de Poste de retet et pour compenser celà, outre quel- comptant descen ques centaines de piastres de débour- prenliers chemin sées, j'ai un retour de $418.10. | Je n’insisterai pas d'avantage sur ces chiffres. Tous mes amis comprendront du coup que je suis dans l'im-|.

possibilité de faire face à mes obliga- Es chance q tions. On ne tire pas du sang des; Voyage; à êté to pierres, Cependant, je ne veux pas de Mars, 1894 rester on dette d'honneur avec mes | périt dans les gl créanciers. Procéder au tirage et|sousmes pieds. payer mes primes, je ne le puis, | »yh pas eu ‘de puisque je n'ai pas même la somme aie a iaus re nécessaire pour dégager mes tableaux. || ae Ceux-qui m'ont donné l'ont fait libéralément, de grand cœur et accompagnant presque toujours leur offrande de paroles les plus encourageantes, tions que pr le les plus aimables. Ceux-là sont mes voyager des cel amis. Ce sont eux'et eux seuls qui |glace. C’est la ont le droit de me dire: Payez-nous ; |attendous, et qt mais, ils ne le diront pas; Car, CheZ|on.fait.ce que j eux, l’aumône n'a‘pas été déterminée | cet hiver, on par un motif d'intérêt, Si ce n'est nou faites là, l'intérêt vif et sincère qu'ils portent à la grande cause que je soutiens.

Ils feront donc etavec grâce le sa- :

crifice du bénéfice temporel. De|Cerfain APP mon côté, je ferai, en leur faveur, ce- | au'fn pays de : lui des bénéfices spirituels. Rien ne a un si nous sera changé, quand à l'offrande du | 4es/pays coloni St.-Sacrifice de la messe, pendant cinq | jes Éhoses vont années consécutives. J'en réitère, à saube da débou mes amis, l'assurance sur ma pärole 2 pr NES d'honneur. Et je prie ces mêmes amis| 5 de vouloir bien accepter ce règlement, réYBHONS à ROB non pas précisément pour l'acquit de | MA malle enta ma conscience, puisque ‘ personne bateau de post

Je ne ferai pa chemins cet hive courtgu'il suffis

rop grande abo On he sait E gt vonk ici, én five

bien peu encou de tolonisation

lômes n dix langçai

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d'être tel, si l'on voulait bien ne pas perdre de vue que je demeure au “fond t j'at- des er que je suis à doux jours de rrivés | mareWé du ÿromier bureau Cu poste gt qu'entre ce bureau et ma mission, iln'y a pas de service postal. Arrive-t-ii" que les besoins dé mon œuvre me retiennent au Lace Timagaini. je suis comme tions | séparé du resté du monde, et je suis des ement | mois et puis des mois sans suvoir ce qui isqu'il | se passe daus le reste de la machine | dési- | ronde. Je n'en suis pas faché; mais, finan- | cela à des inconvénients. On ne peuten même temps jouir de tous les avantages.

cents milles au milieu des bois,

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