Sénèque le Philosophe
2. Suzanne, femme juive, accusée faussement par deoi tiôl* lards débauchés qui n'avaient pu la séduire, et condamnée à mort, fut sauvée par le jeune Daniel qui prouva son innocence.
3. Dalila, femme philistine, s'étanl fait aimer de Samson, loi coupa dans la nuit ses cheveux dans lesquels résidait sa force, et le livra à ses compatriotes qui lui crevèrent les yenz.
4. Zénocrate {i^O-yi^ avant Jésus-Christ), philosophe grec, disciple de Platon.
LETTRE D'UN STCILIE'N. 9
Stato, vitdj pensierj costumi^ et pelo^ Mai non cangîai fortuna,
5. Les étrangers sont bien venus en ce païs-ci pourvu qu'ils ne demandent rien. Ils n'y ont autre emploi que de se divertir et quelques-uns d'ôter la suye des cheminées qui est le privilège des Savoyards, qu^on voit dans les rues plus noirs que les Etiopiens, et plus puants qu'une synagogue. Au reste, j'ai fait le sage et quelquefois le fou, qui n'est pas un petit secret pour se faire aimer de tout le monde. J'ai écrit, et même imprimé, et j'ai trouvé des applaudissemens depuis le trône jusqu'à la houlette. Le Roi m'avoit donné une pension et la guerre me l'a ôtée*. Les Grands m'ont honoré de leurs paroles, et les gens de lettres, d'encens et de fumée. Les femmes m'ont pressé d'écrire des livres nouveaux, mais je n'ai jamais pu faire un mot pour elles, si ce n'est quand j'ai été amoureux ; alors ma muse, qui ne sçait pas chanter, a fait des poésies plus, tendres que celle de Guarini'.
6. Comme dans ce païs-ci, on dépense en tout tems, et beaucoup, à moins que d'avoir deux anges gardiens, un pour le corps ^ Vautre pour la bourse^ la propre sensualité et l'avarice d' autrui nous mettent premièrement en chemise, et puis nous mènent à l'hôpital. Si je n'ai plus
1. Notre Sicilien avait obtenu, comme artiste sans doute, une pension du roi que la guerre; avait fait supprimer par mesure d'économie.
a. Guarini, Jean-Baptiste (is37-i(>i2)y célèbre poète italien, ami du Tasse. Son ouvrage le plus célèbre est II Pastor fido.
lo MARANA.
ce que j'ai dépensé, je me trouve avec un nouveau bien que je n'ai jamais eu, je suis devenu flatteur. Il faut ici loiier tout et toujours, et lés mauvaises choses plus que les bonnes; et on est contraint d'applaudir même le vice pour vivre en paix avec les jeunes gens. Je n'ai fait la guerre qu'à Thipocrisie , ne pouvant souffrir qu'on trompe Dieu et les hommes pour honorer les démons. Je me suis rendu docteur dans les complimens et sur tout à demander pardon ; et ces sortes de cérémonies sont plus triviales en Prarice, que les soupirs ne sont communs en Italie. Les amitiez, les promesses, les offres de service, sont ici de la nature des rpssignols, Vox^ vox^ prœtéreàque nihil. On, ne se fait ni compliment, ni civilité, qu'on ne demande toujours pardon ; après cela vous pouvez bien croire que l'on pardonne les injures, et si quelqu'un se souvenoit d'avoir été offensé, il ne seroitpas bon Français.
7, Pour ce qui est de Paris, je ne sçai par où commencer, pour vous faire la peinture d'une ville dont les habitans sont logez jusques sur les ponts ^ de la rivière et sur les toits des maisons*, et où les femmes qui n'enfantent que des braves commandent plus que les hommes'. Cette grande ville est le siège du tumulte, et puisque vous en voulez une manière de '