‹ Lettre d'un Sicilien à un de ses amisChapitre 13 sur 75 · Les Tuileries · texte numérisé non relu

Les Tuileries

En sortant des Palais des Grands, je n'ai pas honte d*entrer dans ma petite retraite : les habits d'or et d'argent ne couvriroient pas mieux mon corps, que fait un habit de laine. Si )'ai disette de quelque chose, je le cherche dans les livres de Sénèque ^ : Voulei'wms être riche^ ne désirei rien. Je m'abstiens de tout ce que l'on vend cher et qu'on ne peut acheter qu'avec un repentir. Avec cette modération, )e fais mourir de faim ISi volupté : et si quelquefois la chair se révolte, l'avarice du sexe sert de remède à sa rébellion. J'aime à faire l'amour à Suyuine^ plutôt qu'à Daliïa*y et je ne donne pas volontiers mes cheveux, si je ne les coupe moi-même. Comfhe il est plus difficile d'être Zénocrate*, que de le parottre, nous serons toujours hommes tant quil y aura des femmes; et le me3leur moyen est de nous soumettre le plaisir, et non pas de lui être soumis.

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