‹ Lettre d'un Sicilien à un de ses amisChapitre 20 sur 75 · C'est la seconde fois que l'auteur revient sur ce point · texte numérisé non relu

C'est la seconde fois que l'auteur revient sur ce point

quartier à personne; et quand elles tiennent dans la tête les Maximes à^Aminte et de Corisque^^ il n'y a point de Zénocrate^ assez sévère qui ne se laisse persuader. Quelques-unes vont au Parnasse en la compagnie des Poètes ; et comme ici on condamne l'ignorance des choses, même inutiles, presque toutes les femmes se glorifient d'avoir eu des maîtres pour les apprendre, et d'être sorties de quelque école; ainsi il y en a qui écrivent et qui font des Livres ; les plus sages font des enfants, et les plus pieuses consolent les affligez; les plus sobres mangent par jour autant de fois que les Musulmans font oraison, étant la coutume du païs de saliier le Soleil levant le pain à la main.

23. Elles s'habillent toutes avec beaucoup de bienséance, on les voit à toute heure, elles aiment la conversation des personnes gayes, elles vont par la Ville comme il leur plaît ; la porte de leur maison est toûjours ouverte à ceux qui y sont entrez une seule fois ; elles ne haïssent personne, si ce n'est quand on les raille de ces choses que Lamia ' fit entendre au Roi Démétrius*, qu'elles étoient injurieuses à ce sexe, c'est-à-dire quand un homme se vante de ce qu'il ne fait pas, et qu'il ne tient pas la parole qu'il a donnée;

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