Scarron cite, comme exception, la place Royale, nn
Pays où la botte Se conserve longtemps sans crotte.
Tallemant des Réaux raconte Phistorictte suivante, qui pourra donner une idée de Pétat de Paris à cette époque : « A la Saint- Martin (1636), ma veuve (M™* de Louvigny) revint à Paris; j'y allaix tout aussitôt. J'avois honte de parottre crotté devant elle; alors il n'y avoit ni chaises, ni galoches, et de la place Maubert, où je logeois, il y avoit bien loin à la rue Montorgneil, on elle logeoit avec sa sœur. Je cherche chez les loueurs; j'y trouve un cheval, qui pouvoit passer pour un cheval bourgeois; je loua une selle honnête et une bride à un sellier ; j'avois déjà un laquais. ■ Que de frais pour éviter la boue et aller de la place Maubert à Saint-Eustacbe !
3. « Paris, dit VHortentius du Francion, livre X, à cause de sa boue, fut appelé Lutèce, d'où il en prend l'occasion de « l'Oraison démonstrative des bottes. »
4. On jetait toutes les immondices et eaux ménagères dans les rues dont le pavé n'était pas parfaitement entretenu. Guy Patin, si mes souvenirs sont exacts, visitant un de ses amis qui habitait la Cité, fut étonné de voir les chenets en cuivre tout couverts de vert de gris. Sur la remarque qu'il en fit, son ami lui fit observer qu'ils étaient récurés tous les jours. On peut juger par ce fait de l'état hygiénique de Paris.
$. La Reynie commença à mettre « l'ordre et la règle dans Paris, n
cependant les Dames ne vont plus qu^en mulles^. Autrefois les hommes ne pouvoient marcher à Paris, qu'en bottines*, ce qui fit demander à un Espagnol, les voyant en cet équipage le jour de son arrivée, si toute la Ville partait en poste^.
20. On voit plusieurs Ponts sur la rivière, les uns de bois et les autres de pierres ; il y en a sur lesquels on a bâti quantité de maisons agréables, et plusieurs boutiques pleines de marchandises précieuses : mais le Pont-neuf paroît plus digne de la Ville que de la rivière ; il est soutenu par douze grandes arches de pierres massives, il est large et majestueux, et c'est là principalement, où les carosses, les chevaux, les charrettes, et le peuple y sont nuit et jour dans un mouvement perpétuel *. On y voit au milieu la Statue
1. Mule ou mulles, chaussure de dessus, que l'on mettait autrefois pour se garantir de là boue, et que nous nommons aujourd'hui galoches.
2. « Les cordonniers qui vendent des bottes vieilles et neufves et qui entreprennent la fourniture des régiments sont placés rue de la Barillerie, près le Palais. » Livre commode (1692). « Ce sont eux qui font les souliers de fatigue qu'on nomme souliers de bottes. » Édition de 1691. On s'en servait pour aller par les mes, tant elles étaient boueuses, comme le prouve ce passage de la Lettre d'un Sicilien^
3. On en abusa comme de toutes choses. Voir, sur le ridicule des gens qui restaient toujours bottés : La grande propriété des bottes, sans cheval, en tout temps. (Variétés historiques et littéraires, t. VI, p. 29.) VHortentius du Francion dans sa fameuse oraison à propos de bottes (Liv. X) en démontre les avantages. N'y a-t-il pas un adage, s'écrie-t-il, qui dit que la crotte de Paris ne s'en va jamais qu'avec la pièce? »
4. (]n vieux proverbe, d'abord appliqué au pont au Change, puis transmis ensuite au pont Neuf, disait que chaque passant devait y rencontrer : une de ces demoiselles, un moine, un cheval blanc.
ao MARÂNA.
équestre d'Henri le Grand élevé sur un ' magnifique pied d'escal, majestueux et digne d'un si grand Roi. Il semble que le bronze, tout froid qu'il est, respire encore Tardeur martiale de ce prince guerrier, tant l'ouvrier* Ta vivement représenté.
21. Les femmes aiment ici les petits chiens^ avec une passion extrême, et elles les caressent avec autant de tendresse que s'ils étoient de la race du chien qui suivit Tobie. Elles sont le plus beau, et le plus laid orrfement' de la Ville, parce que les belles sont rares; mais elles surpassent en agrémens et en vivacité toutes les femmes du monde, et cela fait qu'elles ont la facilité de persuader, de gagner tout à elles, et de ne perdre jamais rien. Elles ont aussi le privilège de commander à leurs maris*, et de n obéir à personne. La liberté de ce sexe est ici plus grande que celle dont jouissent à la campagne les Arabes, qui ne couchent jamais le soir dans le lieu où ils se sont levez le matin. Elles sont également fines et éloquentes, elles vendent publiquement les marchandises dans les boutiques, et dans les places, et ne cèdent aux hommes ni en Fart de compter, ni en celui de chicaner, et de vendre chèrement les choses mêmes qui leur demeurent.