‹ Lettre d'un Sicilien à un de ses amisChapitre 27 sur 75 · M. Claudius Marcellus, le client de Cicéron · texte numérisé non relu

M. Claudius Marcellus, le client de Cicéron

2. Ce qui ne permet pas toujours au disciple d'Esculape d'établir avec certitude son diagnostic.

3. Ceci sent l'école de Molière : u Si vous êtes médecins, dit M. de Pourceaugnac, je n'ai que faire de vous, et je me moque de la médecine... Mon père et ma mère n'ont jamais voulu de remède; et ils sont morts tous deux sans l'assistance des médecins. »

4. « Ce serait à déserter la profession, qui voudrait être médecin le cas échéant? Je ne dirai pas, — c'est Edouard Fournier qui parle, — que la médecine moderne me fait regretter l'antique el que je mets sur la même ligne la pratique routinière de M. Purgon et la science si hautement philosophique de Bichat ; ce serait pousser mon système jusqu'à la barbarie. Mais ce que je regretterai bel et bien, par exemple, c'est l'ancienne législation sur les médecins. Quand me rendra-t-on cet excellent bailli de Dijon qui, en 1385, fit mettre en prison et condamna, de plus, à une amende de cinquante francs d'or un médecin qui n'avait pas guéri ses

47. Le plus adroit exercice est celui de certains voleurs, qu'on appelle ici Filoux^, leur métier est

malades? » Les Visigotbs faisaient de même. Oa trouve dans leurs lois des stipulations d'amende contre les médecins qui ne guérissaient pas. (Lindenbrog. Lois des Wisigoths, xi, 1, $•) « Asclépiade, disait encore Guy Patin, pensait que le devoir d'un médecin était de guérir les malades tuto, celeriter etjucundè; nos antimoniens nous envoient en l'autre monde, tutà^et celeriter. » On pourrait multiplier les citations, les faits ne manquent pas.

L'auteur écrit au courant de la plume sans ménager ses transitions, peut-être à dessein ; ainsi des médecins il passe aux filoux (47), de la célébration des mariages à la vente des huîtres, etc.

I. Un mémoire, qui remonte aux premières années de Colbert, ayant pour but « de remédier aux vols et assassinats qui se commettent de nuit dans la ville de Paris par le moyen de corps de garde qu'on pourra établir pour ce sujet », confirme la description de Boileau et va même au delà; il avisait aux moyens de débarrasser la capitale des coupe-jarrets, qui en rendaient le séjour si peu sCir aux honnêtes gens. Si connus que soient ces vers, il n'est pas hors de propos de les reproduire ici.

...Sitôt que du soir les ombres pacifiques

D*un double cadenas font fermer les boutiques ;

Qu*e, retiré chez lui, le paisible marchand

Va revoir ses billets et compter son argent.

Que, dans le Marché-Neuf, tout est calme et tranquille.

Les voleurs A Tinstant s'emparent de la ville ;

Le bois le plus hineste et le moins fréquenté

Est, au prix de Paris, un lieu de sûreté.

Malheur donc à celui qu'une aflaire imprévue

Engage un peu trop tard au ditofir d'un rue?

Bientôt quatre bandits lui serrant les côtés :

La bourse I il faut se rendre ; — ou bien non, résistez.

Afin que votre mort, de tragique mémoire.

Des massacres fameux aille grossir l'histoire.

Les guerres civiles, l'absence de police avaient multiplié le nombre des malfaiteurs, et c'est avec raison qu'on a pu publier les « reigles, statuts et ordonnances de la Caballe des filous reformée depuis huit jours dans Paris, ensemble leur police, estât, gouvernement, et le moyen de les cognoistre d'une lieue loing sans lunettes, n Voy. Variétés historiques et littéraires, t. III, p. 147.

plus subcil que celui de Geber ^; s'il a moncré à changer le plomb en or, ceux-ci font For avec rien ; ils volent avec tant d'adresse, que s^il n'écoic honteux de se laisser voler, ce seroit un plaisir de Têcre par des gens si fins et si rusez. Hercules n'auroic jamais sçu qui lui avoit pris ses bœufs, si Cacus * eue été filou de Paris : à vous dire la vérité, qui va la nuit est en danger de se trouver nud comme nos premiers parents, et qui dort pendant le jour fait souvent mendr Aristote, qui dit qu'il n'y a point de vuide dans la nature^; car ceux qui ne veillent pas assez, ne trouvent rien ni dans leurs coffres, ni dans leurs maisons. Ces filoux sont toujours punis par les juges, mais, c'est quand on les attrape, et qu'ils ne font pas leur métier adroitement*.

48. Les animaux sont ici plus doux qu'en pas un lieu du monde; on ne voit point de serpents, ni presque aucune sorte de bêtes venimeuses. Ce qui est admirable, c'est de voir que les chevaux qui sont les animaux les plus fiers, perdent ici leur fierté, et

I. Célèbre chimiste ou alchimiste arabe, qui vivait à la fin da viii" siècle ou au commencement du ix*. Un autre astronome de ce nom brillait au xii' siècle.

2 Géant monstrueux ayant un jour volé quelques génisses à Hercule, ce héros força l'entrée de la caverne où il s'était barricadé et l'étouffa.

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