Que la nature a horreur du vide
4. Ce passage voudrait-il dire que la justice d'alors, comme les Spartiates, punissait, non le fait délictueux, mais la maladresse de celui qui s'était laissé prendre? Ce serait le cas d'appliquer le vers :
Victrix causa Dits placuii, sed victa Caioui,
deviennent plus doux que ne sont les ânes d^Arcadie. Les François en font tout ce qu'ils veulent, il s'en faut peu qu ils ne les fassent mettre à genoux, comme les Turcs font aux chameaux de leurs caravanes. Ils les battent, ils les châtient, et quand ils ne sçavent plus comme les tourmenter, il les réduisent à la vilaine figure de singe en leur coupant la queue et les oreiller ; c'est de là qu'est venu le proverbe, que Paris est le Paradis des femmes^ le Purgatoire des hommes et V Enfer des chevaux^,
49. Quant à la dévotion, je n^ai jamais vu peuple plus dévot, prêtres plus retenus, clergé plus réglé et religieux donner meilleur exemple. Le peuple fréquente les églises avec piété ; les marchands vont demander à Dieu que leur négoce prospère, il n'y a que les nobles et les grands qui y viennent pour se
I. Variantes : « J'ai tousjours ouy dire que Paris estoit le purgatoire des plaideurs, Penfer des mules, et le paradis des fem'mes.
Ancien théâtre français, VII, 207,'
On a dit aussi que c'était l'enfer des hommes et des' chevaux, mais le paradis des dames. >
î>. — Qu'est-ce que Paris?
R. — Le paradis des femmes, le purgatoire des hommes et Venfer des chevaux. Catéchisme des Courtisans, i(5(58.
« Ce proverbe, qu'on croyait ne remonter qu'à la fin du xvii^ siècle, dit Ed. Fournier, se trouve ainsi au' complet dàiis le plaisant galimatias d* un Gascon et d* un Provençal, Hous l'avons vu servir de texte à une caricature parue dans la dernière année du règne de Louis XIV, et qui a été reproduite dans le Musée de la "Caricature, II« livre, et par le Magasin pittoresque, tome VII, p. 36. Le proverbe liégeois était différent : Liège, à l'entendre, était \t paradis des prêtres, Venfer des femmes, le purgatoire des hommes. Voir Variétés historiques et lit ter air es, t. II," p. 284.
^a HARANA.
divercîr, pour parler, et faire Painoar: et on vole quelquefois des hommes qui y encrenc avec des bottes \ sans se souvenir du respect qu^onc les Mahomécans, qui avant d'entrer dans leurs mosquées laissent leurs souliers à la porte.
50. Quoi qu'on vive long-tems id, cependant oq n'y voit presque point de vieillards, les hommes n'y portent point de barbe, ni leurs propres cheveux, ee ils couvrent avec beaucoup de soin les défauts des années avec les cheveux d'autrui, qui leur donnent une perpétuelle jeunesse. Depuis que la perruqae a été reçue ', les têtes des morts et ceïles des femmes se vendent cher, étant la mode que les sépulcres et les femmes fournissent le plus bel ornement à la céte des hommes.
51. Tout le monde s'habille avec beaucoup de propreté : les rubans, les miroirs et les dentelles sont trois choses sans lesquelles les. François ne peuvent pas vivre. L'or et l'argent est devenu si commun, comme j'ai déjà dit, qu'il brille sur les habitt de toutes sortes de personnes, et le luxe démesuré a confondu le maître avec le valet, et les gens de la lie du peuple avec les persoimes les plus élevées. Tout le monde porte Pépée ', ce qui les rend tous soldats, et
I» Ce qu'on ne se permet pas qaand on va dans un talon.
a. Saint-Evremond, qui avait voulu toujoars garder «et cheveux blancs, pouvait se moquer de ses contemporains qui portaient perruque.
|. Malgré de nombreuses ordonnances.