‹ Lettre de B. Holmes, écr., aux membres de l'Hon. Assemblée législative [microforme]Chapitre 1 sur 3 · CHEMIN DE FER DU CANADA · texte numérisé non relu

CHEMIN DE FER DU CANADA

Lettre de Benjamin Holmes, Ecuyer, aux Membres de l’Honorable Assemblée Législative.

Messieurs, —Comme je gouvernement exécutif s’adressera bientôt à vous relativement au grand tronc de chemin de fer et à l’état dans lequel s’en trouvent actuellement les finances, dans le but, ainsi que je l’apprends, d’accorder quelqu’assistance à cette compagnie, je me sens porté à vous soumettre un état des affaires de la compagnie qui, je le conçois, vous aidera considérablement à en venir à des conclusions correctes sur l’état réel dans lequel se trouvent actuellement les finances de cette grande entreprise nationale,—et je le fais avec d’autant plus d’empressement que j’ai la conviction que si les fausses représentations (pour ne point me servir d’expressions plus fortes) quiont été dernièrement et si souvent répétées, et avec des motifs si sinistres en apparence, restaient sans réfutation, vous pourriez en venir à des conclusions erronées et par conséquent vous former de bien fausses idées sur l’affaire que j'ai à vous soumettre. Et afin que cette communication ne soit pas mal interprétée et que l’objet n’en soit pas perverti, mais soit apprécié comme j'entends le faire apprécier c. a. d., comme un état correct de la condition actuelle de la compagnie du grand tronc de chemin de fer—n’étant dans le fait que le reflet des connaissances et des opinions que j’entretiens sur l’entreprise— reflet absolument exempt de toute couleur politique, de tous rapports même les plus éloignés avec la crise ministérielle qui se rattache actuellement au grand tronc,—je crois de mon devoir de vous déclarer que je suis responsable et seul responsable des opinions qui se trouvent énoncées plus loin ; et je désire qu’il soit bien compris qu'aucun membre du gouvernement ou de administration du grand tronc n’a jamais vu ni connu l'existence de ce document.

Je m’adresse à vous non-seulement comme l’un des directeurs de la compagnie du grand tronc de chemin de fer, mais encore comme Canudien ; et comme tel, j’ai Ja confiance de paraître devant vous fort de la conviction que ma carrière passée est une

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garantie suffisante pour tous les membres de l’assemblée législative et pour tous les Canadiens que, sous nulle circonstance, je ne voudrais imprimer quelque chose pour avocasser la cause de tout mouvement qui, directement ou indirectement, pourrait pour un instant nuire à la réputation de la province ou qui ferait de moi, même pour le plus court instant, l’instrument d’intentions frauduleuses. Et, pour aucune considération que l’on puisse imaginer, je ne voudrais m’associer à une entreprise, y paraître même attaché comme l’un des directeurs, si pour un instant je concevais que l’objet en est mal représenté, que les chiffres en sont falsifiés, comme il n’a été que trop gratuitement et trop injustement avancé depuis quelque temps.

Ce que j'ai écrit ici—je le crois consciencieusement, et je suis prêt à risquer ma réputation sur l’exactitude de toutes mes assertions. Je ne parais dans le moment actuel que pour donner des explications sur l’origine des difficultés dont cette compagnie se trouve actuellement environnée, et avec ces remarques préliminaires, je vais maintenant tracer la marche de la compagnie depuis sa création jusqu’à l’époque actuelle, le faisant en toute franchise,et me contentant de vous demander une oreille impaitiale, un jugement sans prévention.

Les discussions qui s’élevèrent dans le parlement, durant la session tenue à Québec dans l’automne et l’hiver de 1852-83, ne sont certainement pas sorties du souvenir d’un grand nombre de membres qui occupent aujourd’hui des siéges dans les salles législatives de Toronto. On accordait alors la charte qui conférait à la compagnie du grand tronc de chemin de fer du Canada le privilége d'ouvrir une ligne de chemin de Trois-Pistoles à Sarnia, avec pouvoir de s’unir à tout autre chemin en existence ; et l’on disait en même temps à la chambre que 14 maison riche et bien connue dans Londres, de MM. Peto, Brassey, Betts & Cie., était prête à entreprendre la construction du chemin, et le faire d’une manière égale, à tous égards, aux chemins de fer anglais de première classe.

Avant cette époque il y avait, bien que non encore fini, le chemin du St. Laurent et de l'Atlantique en partie en opération et devant se rattacher, quoiqu'il ne le fut pas encore, au chemin de l'Atlantique et du St. Laurent ou chemin de Portland. Se faisaient aussi les chemins de Québec et Richmond et le chemin de Toronto et Guelph.

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