‹ Lettre [de De Sellon, Charles Lucas, Alexandre Vinet] et un extrait d'un discours [de De SellonChapitre 2 sur 45 · AVERTISSEMENT DE L'AUTEUR · texte numérisé non relu

AVERTISSEMENT DE L'AUTEUR

Ju£ Compte rendu des opérations du Jury^ qu! o bien voulu se charger d'ad* juger le prix ( olFert par moi, pour le meilleur Mc^moire en faveur de l'abolition delà peine de mon), aurait pu, peut-être, me dispenser de publier cette lettre; mais j^^prouvais le besoin de témoigner moi-même aux concurrens ma reconnaissance pour les lumières qu'ils m'ont fournies. Le travail de M. de Chateauvieux, membre lui-même du Jury, a exprimé la pensée d'hommes distingués, qui ne voulaient point se prononcer sur le fonds de la question mise au Concours, et qui jugeaient chaque Mémoire sur le style employé par son auleiir, et sur son ensemble; ma position, fori différente de celle du Jury , me porte à n^chciclu r dans les trente Mémoires qui ont concouru , les argumens (i) qnr }p crois les plus propres à soutenir \?i proposition que j'ai déjà faite , et que j'ai rintenlion de renouveler.

Le compte rendu de M. de Chateauvieux a été publié dans la Bibliothèque Universelle du mois de Mai 1827; il est inséré dans l'ouvrage de M. Lucas, cou-

(1) Souvent un argument victorieux peut se trouver dans un ouvrage qui, d'ailleurs, 2icut péclirr par la inëthode et par le style, surtout dans une nr.aticre telle que celle qui faisait l'objet du Cûncoiirs ; c'est au rédacteur du Gode à placer açec ordre les m.i((*'iiaux qui lui sont fournis par tous ceux qui ont fait des recherches sur Tune des parties les plus esseulielles de ce Code. Les concurrens n'ayant pas publié leurs ouvrages , c'est à moi de les utiliser en les faisant conuaîlre.

ronnë soll à Paris, soîl à Genève, ouvrage quî lui a valu la plus doure r<?compense qu'il pûl obtenir (après rabuliilon de la pt.'iue de mon, objel de ions ses vœux ), puisque M. le Syndic I\îgand, premier magistral du Canlon de Genève, a bien voulu en faire agréer la Dédicace au Conseil Souverain qu'il jîré^iJe. {dans la Séance du ii Août 1627, où t*ûn vota en même temps des remercie^ mens à M. Lucas. )

Comme auteur d'un Concours ouvert pour provoquer la lumière sur un snje qui intéresse également tous les habitans du Canton, j'ai cru devoir faire hommage du Mémoire couronné à la bibliothèque publique, où tous les ciloyins oui un libre accès, à la Société de Lecture du Musée, et à la Société Littéraire, où un grand nombre d'hommes de tous les âges se rendent chaque jour pour acquérir de nouvelles connaissances; ceuK qui liront cet ouvrage y verront que l'auteur y déclare solennellement qu'aucun pays n'est mieux préparé que Genève, pour abolir sans délai la peine de mort. Les argumens qu'il emploie pour le prouver sont tous puisés dans l'opinion trèsfavorable qu'il a conçue de ce pays (1).

La Société de Morale chrétienne de Paris qui voit figurer parmi ses membres un Prince du sang royal , et des hommes aussi distingués par leur position sociale, que par leurs vertus et leurs talens, a aussi mis au Concours la question de la peine de mon ; onzeconcurrensse sont présentés, et dix ont réclamé la suppression de cette peine. Cette /^/î^^/ï^^, signalée par ]NL Rénouard, rapporteur de la Société de la Morale chrétienne, et par M. de Chatcauvieux , me semble faite pour fixer l'attention du Législateur.

Si l'ouvrage de Bcccaria, couronné à Berne en 1763, par la société typogra-

(i) Les hommes passent^ les institutions restent ; or Genève en voit créer ch-iqn*» jour qui promettent aux genérAtions présentes et à venir des fruits bien doux ù recueillir. I^a Société des Catéchumènes^ la nouvelle Ecoh d^Enfans sont autant de girauli«s que l'instructiou religieuse de la jeunesse ne sera pas négligée. Un asile, plusieurs ?s'\Us sont ouverts au malheur, le travail est en honnrur, l'oisiveté est méprisée , des hommes de Lien sont toujours prêts à concourir graluilemf nt à surveiller les F'tiblisscmens publics et particuliers, telles sont les sources où ;V1. Ln«ras a »«ns doute puisé, quand il s'e^t prononcé sui» la conTeouice d'abolir la peine de flUgit, à Genèyc, plus encore que partout ailleurs.

phique, influa si puissammerit sur les Codes de Catherine II, de Joseph II et de Léopold, qui abolit la peine de mort en Toscane , n'est-il pas permis d'espérer qu'au 19.® siècle, celui de M. Lucas fera faire quelques réflexions sur la convenance démettre la législation pénale en harmonie avec P Esprit du Christianisme et les institutions civiles et politiques qui conviennent au degré de civilisation, où est arrivé une partie du globe?

J'avertis, une fois pour toutes, que je ne prétends point m'adresser aux Juges dans cet écrit, mais que c'est aux Législateurs que je présente celte supplique; care Juge doit renoncer à ses fonctions ou appliquer la loi (1). Presque toutes les nations civilisées sont actuellement occupées à faire confectionner de nouvelles lois pénales , et invitent ceux qui ont une opinion sur l'esprit qui doit y présider, à les publier; ainsi je ne crains point le reproche denoyateur^ et j'ai la conscience d'obéir au mandat qui m'a été donné par mes concitoyens, en réunissant quelques matériaux pour l'habile architecte qui sera chargé d'é« lever l'édifice du Code pénal destiné à régir notre pays.

J'ai fait précéder 772^ lettre d'un sommaire des matières contenues dans cet écrit, pour que le lecteur pût apercevoir d'un coup-d'œil les choses auxquelles il attacherait le plus de prix ; c'est un historique en abrégé de mes re-cherches sur la question qui est l'objet de la proposition que j'ai faite, et de l'appui que m'a prêté le concours que j'ai ouvert ; concours dont la publicité ne m'a pas seulement valu les trente mémoires soumis au Jury, mais encore un grand nombre de lettres d'hommes éclairés, dont la plupart sympathisaient avec moi sur l'abolition de la peine de mort. Le monde civilisé renonce chaque jour davantage aux préventions, aux<«anthipaties nationales ; les hommes qui veulent le tien de leur pays ne se croient plus obligés à désirer le 771^7/ des autres ; aussi h peine une idée favorable & l'humanité est-elle éclose qtielque part, qu'aussitôt un écho généreux vient y répondre dans tous les langages connus. Nous sommes à une époque où l'opinion permet au cœur d'être cosmopolite^ où il est permis d'aimer son semblable avant de l'avoir interrogé sur sa patrie , sur sa croyance religieuse , sur ses opinions politiques, avant de réfléchir siu: la couleur de sa peau } où,

(1) Tant qu'elle est en vigueiur»

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