SS
bîier celle qui J a précédée; je respecte le voik impénétrable qui ca couvre les opérations , et je detoiiiiie liâs yeux des calamufis inouïes qui en été la suite , pour ni arrêter avec complaisance à cette e'poque si glorieuse pour les armes Autrichiennes.
Brédéi éCüit pris; i’iinpoîtante place de Macsificht, bombardée avec vigueur , etoit menacée d'une destruction pro'chaine ; la Hollande alloit être envahie et assurer a jamais le tiiomphe du crinie; ii failoit une espèce de miracle pour conjurer 1 orage. Le Fnnce de Gebeurg , quoiqu’ateendanc encore oes renforts consicioiables , malgré les de la saison et la grande infériorité de ses forces , n liesita pas a le tenttr ; il n’y avoit un instant à perdre. Un succès, tel que les annales de Fliistoire nen oilieiu pas d’ex«.rnple, couronna cette héroïque résolution ; de toutes parts, regiciaes épouvantés, disperses, taillés en pièces, abandon liant magasins et artillerie , fuycieiu en dére devant uns petite armée , et dans es même pays que la réunion de toutes leurs forces n’avoit pu cune|uérir que pas a pas sur un corps de quir^ze iDiile hommes , barrasses de fatigue. Ils île seiu bièrent se rallier a Nirvïndt , à la voix de riniîépide Dumouria , que pour donner un nouveau lustre au triomphe de leurs vainqueurs,'' le nomore. i iropetuosne , l’iichaniement du déses-
dité lu-dessus de toç®
les éloges des braves autrichiens et à Ikabüetede leurs dignes chefs; jamais la renommée n’eût publier des exploits aussi rapides , aussi cclaiana ; chaque jour , cbacue heure etoit k signal d’un nonveau succès; on ne peut comparer cctse marche triomphale qu’aux flots irrités de l’Océan
qui S2 trouve sut leur p rejettent au loin, sur les îouies' ks, iap
renversent tout e!
qui' sovuilloient son seia
De quels succès , ces piemiers succès ne roissoisnt-ils pas l'hcureox présage ? la disg Diimoîirui 5 cet liomrne moins dangereuK encor ses rares takns que par sa profonde scélératesse, presqu’au même instant; le coup vigoureux d autorité qu’il frappa contre Bournonvillt et les que députés qui vinrent lui signifier ks crdres.su mes du tripot conveiitionncl , sa grande inHucn sur les troupes quil avait presqua décidées a H-archer vers Paris , tout sembloir annoncer que la dernière heure du crime étoit enfin venue. Uns foule d’inconséquences puériles que les fureurs d la vengeance et le déliTS de 1 orgueil peine expliquer, firent entièrement avorter le v |)laa qui eût brisé en un seul jour le sceptre la Convention ; mais, du moins il dut en résulter nécessairement use désorganisation totale, uhc cons® ternation dont on pouvoit se promettre les grands avantages. L’observateur éclairé sü impa f-it avec lan douloureux étonnsiXieiU lisàcuoa
, pendant av.= I)a,,pürr. ras.cmbîoû ave.
activité , autour de lui , les débris de rrrusëe et
en «at de vepù bientôt provoquer’ les
vainqueur.?. ^
Piein de respect pour les intenunns et les î,!»„s ^«gonôraux autrichiens , je supp, se' que de:»,, desratsons ont déterndue leur conduite ; fitnacine
çutls ont voulu attendre des renforts en hontmes et en arttltene. pour être sûrs de pouvoir ensuite frapper de plus grands coups; mais.en conrbattant sur-tout contre des français, « supplément de forces pouvoit-i! balancer fas-antage de profiter de la terreur généraie qu'aveit inspire le non, autnch.en ? Depuis, toutes leurs teruatives ndnt ces^é dette courottnées par la victoire , mais jamais on aa paru songer à tirer parti de ces succès ; chacue coup de vigueur a été le signal d'une longue inaclion qui eu a fait perdre presque tout le fruit. rus , frappes de terreur . prit toujours eu de se ras.eoir , et c’est cependant cette terreur qui p’auroit pas dû cesser d’être instant a lordrc du jour , pour se servir de i expression «ue les bourreaux appliquent à leurs
victimes ; c’est die qui a fait et m du te nu la ré- r ^ . et $1 die ne concourt puissamment à
«-struire son monstrueux ouvrage, ii est trop à crain- Çîe que les efforts des puissances ne fassent qu’a-
te les Diaiiix de rnumanité.
terreur
"le fa^ne’JX siège de V alcncîŒnCs , si Σ)ng •- îempfl difFcrc , si peu actif pendaut quelques in^tans , et
5m?i comme le reste des opérations , d\inc iinictiüa
rcmnclle, on se présenta devant ie camp de César, Avec quel plaisir on se reporte à cette epoqus triHante où rien ne put rassurer 1 armée convenîîonnciie » ni cette position que ia npUire semble avoir voulu rendre inexpugnable , lu ces travaux invmcns.es'où l’art avoit tout récemment épuisé .es ressources , ni cette anilleiie si terrible dont les nombreuses redoutes étoient hérissées. La terreur précédait les armes des alliés jusqu alors toujours victorieuses; leur intrépidité ,dirîgéepar une tactique lavante, n’avoit pas encore connu d obstacles. Le même sentîuienr. agite tous les cœurs des régicides; tenter un nouveau conibat , cest aux yeux de tous l’exposer à une nouvelle défaite , et 1 ou voit aban=* donner sans coup férir , à la simple approche de de l’ennctni, ce même camp que vingt mille bras ycnoient de mettre en état , dîsoit-on , de' lébistet victorieusement à tous ces efforts, qu on reprécentoit pagucres'à la convention comme le boulevard de |a France , et qu’on s’étoit accoutume à rcgaiOcr ^ssez généralement comme le plus grand obitaCie pour parvenir jusqu’à Paris. Quel moment précieux pour frapper des coups assures et décisifs , soit en poursuivant à outri.nce 1 armée fugitive, soit pour presser la reddition des places où cette ^«traite inaUead^e avoit répandu is découragement,
et qui se trouveient livrées à leurs propre, forces!
quel augure plus favorable pour Ig jestc de la
campagne! le Major dÀspre est 'chargé d'aller
sommer Camhra^ ; de routes ptrts il entend dira
clans cette ville que les habicans desireut de se
rendre; qu’il n'y g presque point de çaniison et
qu on saura bien triompher de sa résistance ,
parce eu on ne veut pas s’exposer à subir le sort
ae /ahna.>nnci- que la place est entièrement dé-
pourvue de inoytug de défenst-
/ t.LiCKSL , et qu a peine
quc-qu« canons en défendent les remparts, etc. . (i).
Ncanraorns . le Commaiidant fdt la réponse «Sites en pareil tas. à' moins quVri ness soit assuré d^ance de ses dispositions; il proteste qu’il se de:«K,ra jusqu’à la dernière extrémité. Quelques -boulets rouges, et deux cem^ bombes venues en pwte eussent aisément iriomplié de ces prétendus p-ije.s Ge résistance et assuré la possession de cett^piacc importante; aujourd’hui, il faudroit censom- «rer sous ses murs un temps précieux et des militions immenses, tracer trois parallèles, sacriFcr beaucoup d’hommes daas les tranchées . avoir une .^niiee nombreuse pour couvrir le siégé, et remporter des victoires signalées, pour pouvoir en contiuer le* operations: c’est sur-tout en guerre que i occasion perdue ne se retrouve plus.
La réponse négative du Commandant , sans avoi*
*ouî P*'™”' certaine d-j dénueæîillt:
- pUce, par le* rapporîi lendüs à U CoavemioËo
écard aux circo?îStan(.ea où sc trouvoient et la yil et r’ainiée coiiveiuionncUe , fut le signal d marche rétrograde. C’est alors que cette fatalité ^ semble présider aux destinées de la France et 1 entraîner lapidement vers sa perte, fit prévaloir la résolution de diviser les forces des alliés pour po voir mener de front les sièges de Dmkcrqut et d Quanoi-, ccs.t aussi de cetic époepue que datent
tous leurs revers.
Le Duc d'Torck prit la route df Dunkerque , la tête d’une armée de quarante mille hommes d bonnes troupes. La célérité de ta marche, son arrivée sous les murs de cette ville sans grosse tillerie , long-temps avant le terme coirvcna a\ l’Amiral Mackhnde , qui devoit presser 1* siege côté de la mer; l’intrépidité 1 éroïeue mais pc mesurée avec laquelle on poursuivit les fuyar jusques sur le glacis de la place ; la fuite en An gleterre du Générai Irlandcis qui y cemmandou.. tout concourt à annonce^ qu’on aveu des intc ligences , et qu’on y compta au point de negh les précautions de la prüdence la plus commun- Si l’on s etoiî seulement pourvu de quelque artillen de siège , et qu’on eût eu le soin de mettre l Amiral Mackhnde dans le secret de cette marche maturée. pour pouvoir employer la force au de la persuasion , une place de la loice de hrque eût été probablement emportes avant^ jùt la secourir. Peut-être aisiae qurl eut suffi
forces fassent Jà poar é.re dispensé d’ r •
-.e;car le ,..,d -noyen de 1/7
eu cat de s'en passer. tocjonrs
des^ij::" taii"
g uces, maihcureiisement trop r-eard/e,
«UC sorte d’inacti or forc-ae r . ■ • a ’ de si-',-.. P,. 1 " ’ de lartilleria
OC ACndant ce tcmng it ^ i
• craps-ia, queloKes chaloiireç
cat-ionîîitfre& et une nn r!« ^ajoupes
une ou deux cana.sses de
S'rmecs, renouve iloi/’pt sanc •
I , ' ce.sse leurs rava'rcs dans
camp des adiés, et désolm.nf • rrt ' A • 'i "'^eut 1 lîi P une rn en t la
‘'““"U'"».. L, g„ni„„ , J, ,
: CT' ““ ■’”“™ '‘"“■'S' • I-. j . J
r-cevant a chaque instant par la voie de Cr.r, r des renforts de tous Jes , T
fcicB'â* fUi: ■' r • . * 1 assurance d’être
-i-i-c, r„.sou de frequentes sorties et repugnoit plus que ûn-als A . ,
pitulation. «Pèce de ca.
Ces mêmes bordes conventionnelles en-- .voient , P'- iuexnugnabies à
ia seule aporochr v. ‘ a
* ^ masse imposante des alliés
songèrent â leur tour rv
elles les virent se d^C TtZ'
^avance un succès certa^'. d
Kiutes leurs f ^ réunion de presque
prcc! contre «n? armée de quaraîiî|i
Hîîllc hommes , obligée de se subdiviser encore cm armée d’observation et de siège , et de contenir uns garnison dont on, pouvoir à tout moment augmenter le nombre et diriger les efforts. Le camp de Casid fut désigné ^comrae le heu du rendezvous des regicides ; peu à peu les troupes y arrivèrent par petits corps détachés sans c]aon ait tenté de troubler la marche d’un seul bataillon, ou de , les inquiéter sur d’autres points. Enfin , après avoir rassemblé leurs forces bien a loisir, puisque la place ne fut pas même investie un seul instant; après avoir bien combiné leur plan et s être assure de tous les moyens d’eiiécution , ils se répandirent comme un torrent dans la plaine. Mors , l’intrépide résistance des alliés ne servit qu’à prolonger le carnage , retarder de quelques instass leur défaite, et eyposer à des dangers plus imminens la personne du Gênerai en chef et d’un des Lis du Roi d’Angleterre , tous les deux blessés et au moment d etr© faits prisoiiRiers. On conncit 1 énormité de leurs ’ pertes en hommes, canons, magasins, etc,; on se souvient de la cruelle déroute des Hcdlandois , à Mtnin et à ftrwick , qvn en fut la suite immédiate; néanmoins le Général Houchard que la Victoire venoit de couronner d’une maniéré si éclatante^ ne tarda pas à porter sa tête sur 1 échafaud, et de tous les généraux immolés par la hache ac la guillotine, c’est peut-être le seul dont la mort ne puisse pas être regardée comme un assassinat, car il csj certain qu’il de voit naturelle cfteïit arriver pis encore.
i.a vïienr de 1 Année Autiécîumrt ei de ses chefs ne tardèrent pas à arrêter ! des régicides et à les faire rentrer sur I H'iais lico ne poiivoit réparer les des al.ics dans i< '*13 3 les genres, .les ani en Furent la su'.te , ie reiard oans une Suison si avancée rectO'iitable de tant et de 23100 , dans une guerre toute d ■les patriotes a voient combattu les funeste expérience dût faire regarder
es progrès ur territoire pertes énormes usités qui Siège du Mr-ubiuge i et U); r:s encore reflet S) grands succès sur lopi- O P i il ion. lu s q u ’i c i ad.és, quoiqu'une en quelque sorte les leur comme invincicies Ibbunkcrque îeus; inspira la nima dans leur cœur les les sauvages de i’A pour la première fois tomb Européens qu’ils avoient temps coaime des îîs crurent qu’il îiger leurs efforts justifier à leurs
la victoire de meme présomption , ramêmes espérances' que che^ meriquG . lorsqu ds virent pour er sous leurs coups ces
considérés pendant silong.
é^res ü une classe supérieure, ne s’agissoit plus que de bien di- , il nen faliut j.as davantage pour ics trahison* qui avoient été le prétexte de la disgrâce ou du supplice de tant de généraux. On dut s'attendre à leur voir déployer dans peu une audace nouvelle ; ioccasion ^ en présenta bientôt.
Les Autrichiens qui étoient sur le point d’enpnrer quand la Cérr.cue de leurs alliés
obngea à se porter en toute hâte du côté de , sentant comhif-n • . s
pbcc assurcroU I?. t-'anquilu due de leurs fronuères , se de Tcmpouer avnni les redoutes qui en furent attaquées et en gré la rigueur de la tie et Ton pressoit le les régicides qui avoi sans obstacles , toutes leu Landrecics et d'Avesîies, vinrcn servation. N’ayant pas pu parvenir a cette première afîàîre, ils livrèrent de bataille générale le lendemain ; c’est alors qu’excités par le délire du fanatisme et l’abondance des liqueurs enivrantes , on les vit se précipiter a la bouche des canons qui moissotinoient les rangs CEliers, et ne cesser de chanter leurs airs révohitionnaires au milieu des ruisseaux de sang, des cris des blessés , et des cadavres des leurs , entassés par monceaux. Rien sans doute ne pouvo.t résister à tant d’acharnement , puisque les braves Autrichiens furent obligés d’abandonner leurs positions. Leur retraite fut celle du Lion accabla par le nombre et donc personne n’ose approcher de trop près , malgré la perte de son sang et l’épuisement de ses forces ; mais enfin il fallut lever le siège de Maubeuge et ne plus s’occuper qu’à défendre son propre territoire. Quelle con- Sance «a ses forces ne dût pas inspirer à la Coa-
la fin de la campagne, loutcs défendoient les approches levées à la fois ; déjà ? malsaison , la ville étoit inves- ;s travaux du siège , lorsque , lentement et J du. côté de ' l’armée d’obl’entamer dans nouveau une
veDÛori , ce grand succès c< ntfe les mJille'Hreî troupes et les ta.illeurs généraux de lEnr.-pe/ Pendarrt que cela se passo-it dans cette partie des frontière;, , 1, s fnr, eûtes lignes de V/eiss:,. bourgs qu’on avoitjara ong temps regertief comme inexpuguabies , furent foicees en moins d'une heure par farraée du général de IfttrtKier , et l’armée da Pritue de Ctmde ; les Prussiens' contribuèrent au Succès de cette journée par des tnanccuvres. On aceuit s attendre naUiieilemeDt à beaucoup plus de résistance , mais la victoire de Wcisùmboürg fut une suué de i’échec de Mauh.uge , car i' paf' ît qn un avoit fortement dégorai les lignes pour être lus .-tir de faire lever le .siège de cette place.'
Ne laissons pas passer l’occasion de faire une rciDaî.q’jè consolanic; ob,bervoDS cjue ces transport® coniiiiui fs de troupes si fatiguants et si destiucîcurs pour les homme- et sur-tout pour les chevaux,
( djisnu eu Fl&ndres et de Flandres tn Alsace , àe.
I arim c du .'\ ord à celle de la Fftidee , des gorges dé la Snveye sous les murs de Lyan , de Lyon k Toulon, et de Toulon à Perpignan ) et la longueinaction d-rs Annfe.s jusqu’au moment où elles ont eçii les renforts des autres points , prouvent d'une ntaniere incontestable que là t.oiiven.tion commence à porter la peine de ses monstrueux excès, ec qu obligée de repartir ses partisans dans tous les coins du royaume pour contenir. ses nombreux en-
peut pas envoyer
Goatrf
contre ceux du dehors, autant d hommes elle • l’air Me le croire et qu’elle est parvenue à le persuader; cela prouve encore que sa grande résistance tient sur-tout à la maniéré donc elle a été attaquée et à la liberté qu’elle a toujours eue de dégarnir sans inconvénient tous les points, pour réunir des forces immenses dans celui qui étoit menacé.
Revenons aux Lignes de ; après ce
grand succès, le plus important sans doute de lâ guerre , si 1 on en eut recueilli tout le fruit qu il étoit naturel d’en , Lauterbourg et Wds^
êtmhour g leurs portes ; l’armée victorieuse
lit une marche de plusieurs lieues sans rencontrer un seul ennemi; la ville de Haguenau, couverte par une forêt considérable qui pouvoit en Tetarder la prise , se rendit sans résistance ; les liahitans paroissoient dans les dispositions les plus favorables; l’armée régicide étoit en quelque sorte dispersée et frappée de consternation. Strasbourg même , s il falioit en croire un bruit public qui a prit une bien grande consistance et que personne ïi’a cherché à démentir, Strasbourg offrit au Général de Wurmser de lui ouvrir ses portes..... Mais , je ne me permettrai pas d’établir mes réflexions «ur des probabilités ou de simples conjectures , et je me plais à croire que lorsqu’il ne s’agissoit de rien moins que de frapper un coup décisif qui devoir hâter le terme des maux de l’humanité , il m’auroit pas pu ejtisteï de, clauses capables , je ne di*
( fio )
pas de provoquer un refus, mais mêare de fair# diiférer d’un instant la concUsion d’un pareil traité* Ce qu’il y a du moins d’incontestable , c’est que les alliés avoient un pani nombreu x et puissant dans les murs de Strasbourg et qu’on n'a pas songé à prcüter du premier moment de la consternation des. patriotes et de leur armée ^ pour tacher de «'assurer de celte place importante.; ce qu’il y a de «ûr encore, c’est qu’on a resté long-îems dans une inac» tion inexplicable, même par les rigueurs de la saison , puisque i’irciivité des patriotes ne s’est pas un moment ralentie ; c’est que h seule tentative de vigueur qu’oa -ait faite s’est réduite à l'attaque du Fort-Louis qui s QU rendu dans la première semaine ; c’est enfin , qu’aprè« avoir jette quelques bombes dans Landau , pen** dant trois ou quatre jours , on a eniicrement abandonné la partie pour adopter le système funeste et éternel du blocus, comme s’il eût été fort extraordinaire d’eprouver, de la part de la place la plus forte du royaume et de l’ouvrage le plus parfait de Mr. de faiihan, la résistance dont la moindre bicoque est êusccptule.
' Pendant ce la Convention , dont le grand
art consiste sur-tout à profiter des fautes nombreuses de ses erinemii et a eîii ployer les longs et mortels iaiervalles qui ont toujours sépaîc leurs opérations, s’est hâtée d’envoyer des commiisaires en Alsace. I-a terreur, les exactions et des flots de sang ont marqué leurs pas. Après avoir Fait immoler comme
$irspcct , à là tête de l’armés, tout ce qal ac t?ortoîî pas au ciemiri dc~rc d’exaltation le délire revu Üoüiiàne, pour ^ou£i-u.:r la p^-é tendue trahison qui avoit expliqué aux yeux de la u uuitude la prisedes lignes, ils vinrent régéneter à leur manière la villa de Slrasbourg ; c’est-à-dire , que toutes les places de i administration furent confiées à des Sans-Gulottes éprouvés par leur énergie et leur persévérance dans le crime ; que le sang des gens honnêtes coula à grands flots sous la hache de la Guillotine , et que les riches de toutes les clauses s’estimèrent trop heureux de- sauver leurs têtes, au prix de contributions pécuniaifGS énormes. De toutes parts les ré^ quisitioDS se firent avec une nouvelle activité; cii reçut des renforts conskiéràblesde l’armée àt Jourdan^ bien sûr de pouvoir se dé|arnir sans danger devant un ennemi qui avoit pris ses cantonnements; oa rassembla toutes les garnisons de ÏAUacc et de la Lorraine* .**•** On me dispensera d’entrer dans aucun détail sur le sort des lignes de la Motter de ses redoutes , ainsi que du blocus de Lardan d^nt un peu de vigueur et de constance auroit depuis long-temps assuré la possession , qui seule pouvôic procurer la' tranquillité aux armées alliées. L’iiu-^ pression en est trop douloureuse pour les âmes honnêtes; la plaie saigne encore, elle prolonge le règne du crime et les suites en seront à jamais irréparables pour tous les malheureux habitans de f Alsace nouveilemeat conquise, du Duché des Djéi4X^-
Fê?tts , et de la partie de ÏAlUmagne quon a éik obligé d’abaiadonncr anx dévastations sans exempU des régicides.
Ne craignons pas de trop nous appesantir sur des Yérités d’oîi dépend le salut des Empires ; et pour cela, mettons en opposition les différentes circonstances des succès et des revers; faisons une récapitulation plus étendue et plus rapide des principaux événements de la campagne derniere. Le Prince de Cobourg . à la tête d’une petite armée , culbute toutes les forées jusqu’alors victorieuses des patriotes, les poursuit toujours labayonnette dans les reins, délivre îa Hollande et fait la conquête des Pays-bas en mains de quatre semaines ; le camp de Famars , qui sous le le Maréchal de Villars , tint les ennemis en échec pendant toute une campagne , a été enlevé dans quelques heures avec une perte peu considérable; le fameux camp de César a été évacué d’après les seules dispositions d’attaque des alliés ; le camp retranché de Gkiveldett celui sons Dunktr que n’ont pas opposé une longue résistance ; quatre mille hommes attaqués dans Mar chiennes ^ ont été tous, sans exception, taillés en pièces ou faits prisonniers ; enfin , il n a pas fallu plus d’une heure pour se rendre maître des lignes formidables de Wdssmhettrg.
Passons aux revers : les retranche mens d'HondscêOU ont été pris, inondés du sang des alliés; l’armé® Hollandoise, qui défendoit et Verivick , a été
jèèke eu déroute; les Âutrichieus eux-même , cou-»
verts par de nombreux abbatis , ont été forcer ds ie« ver le siégé de Müubâîige ; les approches de Toulon^ d’où dépcrsdoitvie son de la ville, et qu’on avoit eu le temps de for iher pendant quatre mois, ont été forcées en ir.oins d’une heure; on a été obligé d abandonner, pre-oue ans c rabattre , les lignes delà ttr ou - iugiquatrf redoutes , garnies d’ariillcrie, croi* soient leurs feux. Le blocus de Landâu ■a. été levé, et le^ races futures ne voudront jamais ajouter foi aux^ tristes feuillets de l’idstoire de ce siècle de fer qui leur apprendront que les armées des deux plus puissants potentas de l’Europe , commandées par le general de Wurmser et le Duc de Brunswick ^ ont été repoussées dépositions que la nature, Fart et la saison concouroient à rendre inexpugnables, par un ramassis de brigands sous les ordres àt Hoche et de Biclugru; qu’elles ont été obligées d’abandonner non-sculetneuÊ toutes leurs conquêtes, mais encore leurs magasins^ et une partie fntéressante de leur propre territoire qu’elles ont vu ravager impunément cU ia manière la plus atroce , après avoir rois le Rhin entre elles et le«brigands victorieux.
N est-il pas bien naturel de conclure de cet apperçu , que le peu de succès de ia campagne doit être beaucoup moins attribué à l’insuffisance des forces qu’à Femiploi qu’on en 2 fait? n en résulte* til pas évidemment qu’on n’a eu égard ni à la nature de cette guerre , ni à l’espèce d ennemiâ ^u’üH avüit à c®xxjbattre ? dans ïsas guerre
Lf; co'itr- dcl Ffâriç-.d , qui juk:‘j :nê
'; xj^urc/eld ^u-ucwosue r-êrireikç » t-uî ., L- nsoioidr'? c'’uef' qu r^n
Je dtjiiî f'W-" iqi-' , -
epruiiVc esi u.: a -v,-: :;-v,her pf-uv- \ ^■u^vluc..Æ=»
le qu’on ue ra^'dor'^î prs a épipuv^er ; it moiDaîS tard tdt une fa^u-e aoii» 1 ennemi profite pour redr son éto^ôernfnt , et réparer rUns un msscs forces! ‘C système s-'uoe guétm oeîe:::srre eptr^îrieroit la perte iiits^iiable des pins nCiiiejieu- £5 et des plus vaulautes arinfes. H îeuc tcujeurs tequer les régicides, dissiper à tems leurs lassemblemeos , marcher a eux avant qu ils ne s ébranpour présenter le combat ; les prévenir en tout, les harceler sans cesse, les poursuivre à outrance quand on est vainqueur, les attaquer encore le lendcînain du jour oli ia victroire se sera rangée . avec une pareille conduite , des treunaires pîourrout les soumettre ; avec de la lenteur , des cordons , des abbaus et des lignes , brigands , par leur activité dévorante, et leur : féroce, triompheroient a la longue de^ Alexandre, ou en choisissant plus près les d'héroïsme P des Autrichiens eux-rnemes, qui déployeroieu t en pure perte toute leur et leur habiletés
Les raisons qui viennent à 1 appui dune trop funeste expérience , se pressent sous ma plume j j’en choisirai une d’un grand poids , qui tient esiçmiçlkme&t circôasts,uccg. Personne nigiiQr^
la Vivacité 6t la clialcur cjui distinguent les Fran** ^ais ; leur état habituel seroit im état violcn t pour tout autre peuple, Qu on songe maintenant que tous ies prestiges sont mis ^n œuvre pour exbaiter ces disposuîons inPiammable^ , et l’on acua trouvé resplicadon de tant d’effets en apparence si extraordinaires ) mais qui n étonnent cependant que ceux qui ont négligé d’en approfondir les causss. On verra que les armées patriotes sont composées en frrnnrlf' nnnie d’une foule d’aveuffles , mais reunis
mêp. ; îês Commissaires paroissent, décorés de tes leurs marques distinctives ; ils font lecture de quelque flagornerie de la Convention ou du Comité, et ils y ajoutent une harangue dans le style oriental du jôur. Les aboyeurs jurés se répandent dans les rangs pour en faire le commentaire , applaudir les forcenés, et travailler les ttrdes ; 1 air retentit au loin des cris de Vive la Rèpuhl nuf ! d imprécations et de blasphèmes contre tnjs les Rois, sous le nom de tyrans ^ contre tous leurs sujets sous le nom à' esclaves ou de vils satellites du despotisme, Des femmes , ou plutôt des F'ixries ou des Bâcchantes font couler Feau-de-vie à grands flots; une musique guerrière qui CAciteroit les plus lâches , vient mettre le dernier terme à l'égarement et à la fureur , et cinquante mille bêtes féroces écuraant de rage , vont fondre à pas redoublés et en poussant Res cris de cannibales , sur des soldats dont la valeur n’est excitée par aucune passion doit on être bien étonné qu’un pareil
choc les ébranle et finisse par les enfoncer ?
En attaquant les patriotes, au contraire, on est toujours sûr de les prendre en quelque sorte aia dépourvu, c’est-à-dire, qu’on n’a plus à craindre cette impétuosité fougueuse' si redoutable , cette masse, cette réunion d’efforts qui n’etoient que l’effet de la réunioa de toutes les illusions et. de tous les prestiges. L’accès de cette fièvre ardente, qui augmente si procigieusement les forces des fie-
ectiques, est passé; cViacun est dans son état naturel, aucun lien commun ne réunit plus tant de parties incohérentes; rien ne peut plus^ suppléer aux grands talens ; la défiance et le defaut de discipline amènent bientôt la confusion et la crainte. C'est alors que les troupes les plus braves , commandées par le Prince de Cebourg et le Général Clairfayt , reprennent toute leur supériorité sur des brigands farouches aux ordres itjouraan , Michau,
et de cette foule de petits scélérats suoal' ^rn s , que
la renommée n’a tirée de looscurité, qn.- po..r ^.s vouer à l'opro’ore et à l’exécration -le rat -s t.;tures. On pourroit se rendre sen iblcs, par uiu. comparaison , ces deux états si dl ferens des rvgi iG-*lorsqu’ils fondent sur leurs ennemis ou qu’on h» attaque à leur tour, en se représîo'ant ces vicmt chevaux, jadis l’honneur du manège, qui , transi î.és par un écuyer habile;, se rappellent en.ort :eurs anciennes prouesses , rtlcvent iruts mmivf iienU , reprennent toute leur fierie. et devienr ent eu état de se mesurer avec les coursiers les plus généreux; mais ces ressources factices ciisparc:SEentaveciac„v— e qui lésa fait naître; et si ! oe les surprend l.nsuut d’après, on ne retrouve plus qu’une foiblesse puoportionné à l’état violent auquel ils devoi.-u. ...u.s succès.
Le même esprit d’impartialité qui me guide,. et
qui me fait former des vœux si ardents pour 1 heu-
teuse issue des grands cvénemeBCs qui faalsaceaî
-KZ ' ^
.-■y.fafe«..der .ncor,
la ,::nJu..e d« aihé? ; car ' ■' ' '■ '<'-> ‘‘^ »-* ft '' ? € P r n t.1;. (^f gj (j^ ^ gQ^
ac«Uu;: opération; Jesiï^:.
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't,ÿc,î aa caœojc;:. :;‘îi<'.nt: J.- :-, d^,.,
P'*'®''''’ ‘■i'*' P«udu!ï de Mon-ôcw- ', 5"r,ô»f Ktatduu toujours sur ccl'e du lamhfèr, A-.’ds; avec queHeraison ne pourrnit-on pas e:, tj:.-; ootar t aujourd hui des pendules de tous les cabinets de id,urope sur celle du comité de ss/t-r p^H/, ?■ ne xhoisirai que 'deux exemples à l’appui d’une vérité, heias trop évidente. Le premier est cette e guerre de la Fcradie . soutenue par des fidélité à toute epreuire , parvenus à ss pssembier comme par miracle, àse maintenir par une activité , une harmonie, çt une persévérante sans exema se pourvoir d'armes, de jijunition et darllüerie, en^ ics enlevant sur les régicides à force de résolution. EsMi bien possible que ce soit ces hommes généreux, profess.-nt liputement dans toute leur pureté les principes delà religion et de la monarcfeie . ou on a laisses peudaxotsept ou huit mois, livrés leurs p, v'pits forces , entoures d’ennsrais de toutes , sans magasins, sans places fortes , n’aVant
jamais que la meme armee à opposer à des armées ut se '^«forçoient etserenouvdloientsans cesse?
Dieu veuille e.ncore que tant d'indifférence n’ait fas et*' k résultat des combinaisons d’une politiqu*
^lüssî aveugle qu’inhumaine, hniin , cepenaanc, oaa a paru vouloir les secourir , et l’on a pris des mesures à cet effet; mais soit par la fatalité des circonstances, ou la gaucherie des dispo&itions , iors^ que les Royalistes se sont présentés sur les côtes, iiâ n ont apperçu aucun des secours qu ils esperoient y trouver. Dépourvus d’artillerie de siège et de tous moyens d’attaque ; iis sont venus verser des flots de sang en pure perte, sous les murs d’une bicoque telle que Granville ; la craînte dêtre tiahi , de manquer de vivres , et de te trouver acculé contre rOcéan , ' sans aucun moyen de salut, s engagé ces généreuses victimes à rentrer dans i intérieur des terrés , et à se frayer une roule au milieu d une multitude innombrable d’ennemis , avec les seules ressources du désespoir. L arraeincnt deâ A v-irt-loîc ^rr\vo. à Guerniscv « bien peu de tems
la eontre-ri?v6lutioa tenoit sur-tout aux Succès dit lioyshiUs-, que la forraation de leur armée étoit de aat.-ite à sc grossir de cette Joule de sujets fidèles, ^. primes GU contraints de feindre le patriotisme ; f'nnn e:;e etoii établie dans un canton extrêmement ’ entièrement dégarni de places fortes , Il iC c!u es uéeuif d un seul jour pouvoit déter- :a conquête de plusieurs départements, et con juïre i ârmée triompliante sous les murs de Pa ,is. ' . 1 '
Je passe au second exemple qui n est guères moins affligeant pour le cœur de Fbomme sensible, ni moins décisif pour les progrès des alliés; il suffira maliieureusement d exposer les faits. Ua bonheur insigne, et tel que les chances de la guerre n en peut-être jamais fourni d’exemple , a mis Toulon entre les mains des Anglais , sans qu’il leur en ait coûté ni un seul homme, m un seul coup de canon ; ils y ont trouvé vingttrois vaisseaux de ligne superbes , dont deux de î îfo , trois de 8o et tous les autres de yp pièces de canon , avec un nombre proportionné de fiégates et autres bâtiments de guerre ; trois mille canons appartenant a la marine , sans csnipter une artillerie considérable pour la terre ; des munitions de loutc espèce en abondance; toutes sortes d’appro- ■visionncmcrjtfi pour 1 équipement des vaisseauxj et nncpopulatios devingc-éiuq à trente mille habitants, ©fl général bice dispesés à soutenir vig^ariusesa^ni
la dématclje jd^cisive qu’ils avoient faite, en commençant par méconnoitrc 1 autorité de la Convention et finissant par se livrer à ses ennemis. Tout cencouroit à engager les alliés à se mettre le plutôt possible en état de faire une guerre offensive , f l ) et la position géographique de Tonie» offroit pour cela les plus grands avantages , entr’autres celui de ne rencontrer aucune place , dans quelque direction qu’on voulût porter ses efforts. Tes régicides n étoient pas en force dans cette partie , n avoient presque point de troupes de ligne , ne se procu** TGÎent des munitions de guerre et des vivies quavsc une difficulic extrême. Cétoit le seul moyen de faire évacuer le Comté de J^ict , de rendre par Ist à lardée Piémontaise et Autrichienne toute son activité; de se concerter avec les Espagnols du Roussillon y et^de profiter du voisinage de quelques départements , dont les dispositions nt sont pas équivoques, pour opérer la contre-révolution dans le midi. — ^
Qua-t-on fait pour conserver une conquête si précieuse et si inespérée ? on y a mis une asse» foible garnison , coniposée de quatre nations étran-
(i) Il n’auroit pas fallu beaucoup plus forces que pour gard» «onvenableroent la ville et la rade de TcuZctî , où l’on éteit obU^i 4e répartir les troupes en dix-sept postes important? , dont les priuj^ipaux , tels que la redoute de BuLi^uier et la montagne de Pharo^ qui ont été forcés par les patriotes , étoient éloignés de près d.ç deux lieues et séparés par la mer, de mardère l ne pouVQk «« roiaueüement auçan* espèce
gères, parlant autârit de langues bien distinctes/ et plus divisées encore par les vues et les anU juosités que par lé langage. Sans doute , il a bien fallu dans le premier moment, se servir de tout ce dont on pouvoit disposer ; rirais par quelle fatalité na-t-il été question que dans les gazettes, de ces six mille Autrichiens qui dc^-^oient s’embarquer d abors a Gènes , ensuite à Livourne. , et pour lesquels OH avoit préparé depuis si long-temps des bâti-* jrnents de transport ? qu’est-ce qui a pu différer l’en- V(ài d’un pareil nombre d’Anglais rassembles à Cojh en Irlande presque dans les premiers momeni^ ^ au point dç les faire arriver, un mois apr^s i’éyacuation ? un seul de ces renforts eût prc^bablement suffi pour ^^défendre cette place importante contre les efforts d’un ramassis de vingt-cinq mille hoinmes » levés à la hâte. Sa perte a dépendu de ia prise d’ une seule redoute, qu’on '^voit eu ie ternes de fortifier bien à loisir et qui ii a pas tenu une heure, tandis qu’à , vis-à-vis de Maju^ce ^ nfi
il n’existoit pas de vestige de^ fortificatio . , i.c gîcides a voient fait en un inj^tant des ouvrages ca terre, si fdrmidabies, que les Autricuiens -wi. -"russiens réunis n’ont pas paru croire à la possibilitc d le» attaquer avec succès.
Pénétré de la conduite , au-dessus de tous IcS éloges , que tient maintenant le gouvernement et le Peuple Erritannique , je rejette foin de moi tous les braiu QUirageants pour la loyauté Anglaise , aux/f
quels cet événement a. donné lieu; je les regarda comme l’effet de la malveillance , ou de l’injustice qu’inspire trop souvent le malheur. Mais , avec le même esprit d’impartiaiité et de justice , j’insisterai sur un objet qu’on n’a pas assez relevé , et "qui Kc pourroît être qu’une combinaison de politique atroce , si l’on ne devoii l’attiibucr à une négligence sans excrapie , comme sans excusa ; je demanderai pourquoi on n’a pas du moins songé à mettre en sûteté , en Italie ou en Espagne , toua les vaisseaux Français , dès le moment oii l’on a commencé à avoir des inquiétudes fondées sur la conservation de la place , le jour où le Commissaire Britannique Gilhert Elliot , falsoit part de scs vives craintes au Gouvernement et firiissoit par dire , qu’à moins d’un renfort prochain , on pourroit à peine se flatter de posséder Toulon jusqu’au sS Décembre.. . . Les bons Français , réduits à regrette» en quelque sorte que tous les vaisseaux nayent pas été réduits en cendres , ne peuvent néanmoins s’empêcher de pleurer la perte de ceux qui ont été la proie des flammes , et qu’on eût pu sauver û aisément.
Pensez-y bien, vous tous entre les mains de qui reposent les destinées de l’Europe ; il vaut incomparablement mieux n’avoir point de succès que de faire sans cesse des pas rétrogrades. Quelle confiance espérez-vous maintenant inspirer aux mal-* keureux Fiançais , les plus ennemu même de h
tyrannie actuelle? les honnêtes gens de Lêngwy , de Verdun, et d’une partie de la Champagne , qui témoigné qmelqu’intérêt , Font payé de ou bien ils expient , dans îa misere et dans Fexil , leurs efforts p^ur favoriser les progrès de vos armes ; vingt mille habitans de Toulon ^ de tout âge , de tout sexe et de toute condition , errent sur une terre étrangère en proie aux horreurs de rindigence et du désespoir , et plusieurs centaines de ^eux qui sont restés dans les murs de cette ville infortunée , condamnée à une destruction totale, ont maudit, au milieu des supplices , votre qruelle visite; les dignes habitans âdHagutnau et ce toute la partie de ï Alsace conquise , sont immolés ou fugitifs ; ceux du Fort Louis , ne sachant plus ou reposer leurs têtes , regrettent de n’avoir p>as , à Fexemple àt Landaü ^ cherché à vous opposer toute la résistance dont leur ville étoit susceptible; les ravages partiels de vos bombes n eussent fait qu’endommager plus ou moins leurs demeures , dont vos mines ont bouleversé le sol de fond en comble.. . Non , des batailles perdues ne vous auroient pas nui aussi essentiellement que Vos succès éphémères.
Mais jettons un voile lugubre sur des calamités ÿ malheureusement irréparables , et ne rappelions 1 fautes du passé que pour y puiser de salutaires I : ‘S pour l’avenir. Ce qui fait aujourd’hui l’objet c ‘S regieis , doit être m mêoie temps le motif
(le r os plus vives espérances ; il est .î:
les Gouvernements de l’Europe sont loin ’ v ^“c déployé t@us les moyens qui sont à leurs sillons , et d’en avoir toujours fait un emplo' c venabic , tandis qu’on peut défier le Comité de public de montrer plus d’ensemble , d’activité , ct> vigueur et d'énergie. Que les Koi» dépesent enC'î ( ou du moins qu’ils les ajournent à des moment plus calmes ) ces vues d’intérêt , ces projets d’agrandissement, ces kaincs personnelles , ces calculs funestes de i’égoïsme qui fournissent aux malveilfans . des armes si dangereuses, qui refroidissent et découragent les sujets fîdeles ; qu’ils soient toujours justes et grands , qu’ils se .montrent dignes de leurs, hautes dstinées ; que la Glemence et la Bonté pfésidcat à leur gouvernement et leur gagnent touf les cœurs honnêtes , mais en même-temps que I3 verge de fer soit prête à frapper le premier perturbateur du repos public, qui seroiî tenté de pre^ dre cette , bonté pour de la faiblesse.
Que les géae'raux sachent se mettre au-dessus de ces culcuU misérables et rétrécis de l’orgue qui ont si souvent fait couler les larmes de l’hu-» manité ; qu’ils se pénétrent bien de la sublimité de leurs fonctions augustes ; qu’ils ne perdent pas de vue qu’ils n’appartiennent plus à telle ou telle • nation en particulier, mais que l’Europe entière les a chargés de défendre sa gloire , ses intérêts , sort ©xiatence ^ contre des hordes Gpni baies qui m
dîujuré la iubversîon et ianéaîîtissemcntîquc tôatcî' les laciilés de leur ame soient dirigées vers ce bur unique; qu’ils se rappeiienr que c’ea étoit fait de Rome, û Anmhal y eût esnduit son armée victor-ieusc immédiatement après la bataille de Cannes , et que Rome ^e tarda pas à détruire Carthage ; enfin , que l’exemple du Maréchal de Bvüjlers allant se ranger à Malplaquet^ sous les ordres àt Villars ^ qu’il avoit le droit de commander et qui le preisoiÊ' d’accepter le commandement, leur apprenne que la vraie gloire et le comble de l’héroïsme consistent' a faire le sacrifice des coMsidéranons personnelles toutes les fois qu’il peut en résulter quelque avan»* tage pour Futilité publique. ..... Alors , suc».
combant de tomes parts , le crime expiera ses trophées ensanglantés ; la réligion éplorée pourra es^ pérer de voir affermir et relever scs autels; tant" de victimes , qui gémissent dans Fexil ou dans l’oppression , sentiront renaître un doux rayon d’espoir^ dans leurs âmes flétries par la réunion de touÿ les maux qui peuvent affliger l’humanité ; les pro^ priétaires^allarmés seront sûrs de transmettre à leurs enfans , le patrimoine de leurs pères ou les fruits* de deur industrie ; le citoyen Vertmeux , dans queP que classe qu’il ait plu au ciel de le faire naître, verra luire encore quelques jours sereins.
Maintenant que ja-i soulagé mon cœur oppreS”*’ se, et remplis la tâclie imposée à tout homme, 4^ CQî^iribucr au bien publie p.^r iîsüyeus qui'
jOKt en son pouvoir ; raaintGnant que j’ai amioricé par mes cris la présence du danger qui me- .laace le Capitole, il scroit peut-être convcnabî>« de garder le silence ; mais je crois cependant ,dcvoir faire connaîtra la grande opération qui .scroit la base du plan de campagne que jai conçu , et que je n,e hasarderai pas de Eaettre au jour^ par respect pour les talens dgs habiles généraux .^qui sont à la tête des années , et de crainte de ,mc baisser .égarer par mon zèle.
Four débuter dignemenil; dans la campagne d'à îygl, il ms semble qu’il faudroit l’ouvrir par je siège de Lilk^ A l’insUnt oi le drapeau tricolof .cessera de flotter sur ses remparts , on aura fait un grand pas v.ers la contre-révolution et Foft commencera à y croire sérieusement en France ; les régicides seront consternés ; les autres villes ©uvrlront plus aisément leurs portes.; la V/est-Tlandrè n’aura plus à redouter les incursions continuelles qui la dévastent ; les alliés pourront s’avancer avec .confiance dans l’intérieur, laissant derrière euï uns place aussi importante , et y porter plus de forces , puisqu’ils n auront rien à craindre pour uos grande étendue de leurs frontières. Cette mesura me paroît indispensable ; naais je suis loin da m’en dissimuler les difficuîlés, ci je commence par supposer une grande réunion de troupes , car avec des demi moyens , aucune
LüïîiLC cînfl mUlc homm au moins doî
VSÏÎÈ
areés r'-:s travaux et de la conduire ü îirtné df soixante-dix mille hom-
, J';', dont on sera toujours prêt a eues , sera destir^ée à en couvrir lés
- 1 nis ; vn autre corps de neuf à dix mille ■ ânes , presque entièrement composé de trouves légères , sc portera successivement en avant et sur ces ailes , pour karceUr i^ennemi , l’inquiéter sur différents points , dissiper les rassemblements dans leur origine , et éviter à la grande armée toutes les marckes , tous les mouvements qui la fatigueroient en pure perte. Qu’on ne se flatte pas de procéder sai^s troiible au siège de Lillt comme à celui de YaUnciennes ; il faut au contraire compter sur les efforts les plus énergiques et les plus multipliés. Qu’on songe encore moins à en attendre passivement l’effet dans des positions redoutables , ou derrière des abbatis , comme à Mmhcuge ; les alliés doivent redouter les obstacles qui pburroient les empêcher un instant de poursuivre l’eanemio ïl faut que cette armée soit toujours agissante ; il faut qu’elle marche en tout ou en partie , pour dissoudre à temps les rassemblewicnts <l« nature à résister aux troupes légères qui pourvoient SC former dans ion voisinage. Si une moisitude ittnembrable se réunit au loin pour venir fondre ■ sut 'die ' en masse , qu’elle t’ebranle d« fbonne fecuri pour ail ir Imf préssutfr le ccHabai
ires de triompher de ecs t sous les étendards da ctoire pourra être thé-
tnt le terrein le plus découvert ; c’est Ik îe digne théâtre de la valeur' invincible des Autricdnen-ç €c 4e leurs alliés ; c’est là que toutes les vcitus militaires réunies seront sûres hordes pHiardes , marcha crime ; c’est là qu’une vi
lement achetée, mais c’est là aussi que rien n empêchera d’en recueiliir les fruits , d’en poursuivre k outrance tous les avantages , et de mettre pour long-temps l’ennemi horsy d’état de nuire ; car , si l’on parvient à mettre de pareilles troupes en deroute dans la plaine , il leur sera impossible de se rallier.
La conduite de î’armée de siège doit réponclrq ' en tout à celle de l’armée d’observation, c'est-àdire, que leurs moindres démarches auront pour bat de concilier la plus grande activité possible , avec les réglés indispensables de la prudence; et, ta général , il faudra souvent se départir des anciens errements dans des circonstances si nouvelles. Que d’immenses munitions soient préparées d’avance pour ctre sûr de ne pas se voir obligé , je ne dis pas de suspendre , mais même de rallentir un instant ses efforts» Qu ors transporte sous les murs de Lille un grand nombre de bouches à feu ; qu’on ouvre la tranchée dès le jour même que les troupes se présenteront ; qu’on ne néglige rien pour faire naître I étonnement et la terreur par c|æs coups de force d activité extraordinaires, car ^’est sur-tout d’usine
grande impb^aü ce dans une ville dont la popu^ îation nombreuse doit avoir nécessairement plus ou moins d’influence sur la garnison. Que les travaux du siège soient suivis d’après es plan et Ic^ eirconstances éventuelles qui pourront le modifier , înais que rien au monde ne puisse rallentir le feu de& batteries ; elles tireront seulement de plus près ou de plus loin, selon le plus ou moins de progrès des ouvrages. Que jamais un seul boulet froid ne soit dirigé sux la ville ; qu’on s’attache de préférence à l’usage de^ bombes dont l’effet terrible est n propre à atteindre k but proposé; que le nombre de coups que dck •tirer chaque pièce soit invariablement fixé d’avance , et qu’à la minuie précise chacune d’elles lance rtffroi ^
la dévastation , et la mort le cœur me saigne
en traçant ces lignes cruelles; est-ce bien raoi qui rkuis former de uareils vœux ? moi, sur qui les maux
mites
lient scrüît un crime ; cette pitié funeste leroît cclk de l’homme crucilemcnc sensible, q^i ^ dans la vu© d’épargner quelques instants de douleur à son malade, crain droit de tailler dans le vif pour arrêter les pregrès de la gangrène; toute considération timide auroit le meme effet que le zeie peu éclairé de ceux qui, au lieu de détruire à temps lamaison voisine de ^incendie , se consument en effors pour diriger d© maigres filets deau au milieu de l’embrasement , efi donner par U une nouvelle activité aux flammes dévorantes»
II ne me reste plus , ainsi qu’aux âmes honnêtes de tou^ les pays, qu’à tenir kg mains élevées pendant le combat, à supplier le Dieu des armées de bénir cette nouvelle croisade , entreprise pour la plus sainte des causes et vraiment digne d’un siècle éclairé. Malheur aux insensés dont ces jours de tribulation n’ont pu dessiller les yeux, et qui, dans cette étonnante série d événements tout surnaturels , n’ont pas reconnu et adore la main qui nous frappe ! mais leur nombre diminue tous les jours, et la religion voit avec attendrissement rentrer dans le bercail, une foule de brebis qui prroissoient égarées sans retour^ Daignez,, Dieu puissant, achever votre ouvrage , désarmervotre juste colcre, retirer votre bras vengeur, soulever le band«au funeste qui dérobé la vértité à cette foule d’ameg rachetées par vbtré âang précieux, et qui skbstinent à courir à leur perte; daignez veiller sur Itl ciiiiiera de yicttrac^ laoïncnt d’etre jmmo^
îêes par le fer assassin , sauver les restes infonnnés de cette famille auguste qui nous offre un si terrible exemple du néant des grandeurs humaines, retenir tant de bras déjà levés pour se frapper, arrêter tant de £ots pe sang prêts à se répandre. En employant, comme vous nous Tordonnez, tous les moyens qui sont à notre disposition , c’est en vous seul que nous mettons toutes nos espérances. Ne permettez pas plus long-temps le triomphe du crime; brisez les instruments de VOS vengeances, et que les impies apprennent enfin à ie coanoitre, ce Dieu qu’ils ont tant outrage.
Tomes ces épreuves passagères, quelquerigoureuscs qu’elles nous paroissent, seront autant de faveurs signalées, si, par l’effet de votre grâce, elles peuvent apprendre aux P^ois à se montrer vos dignes images s^Lir la terre ; aux peuples, à ne jamais s écarter des bornes d’une soumission que lear véritable intérêt leur commande plus impérieusement encore que leur devoir ; k nous tous , que ce monde n’est qu’nn Êcjour de douleur et d’exil , et qu’il faut se hâter de mettre à profit les peines du tems , pour se rendre digne de gdûterunjour des jouissances plus durables*