Lettre de monsieur Ernest Pacaud, protonotaire, à l'Hon. L.O. Loranger, procureur-général [microforme]
J'ai l'honneur de soumettre à votre considération, ainsi qu'à celle de vos collègues, les quelques remarques qui suivent :
Depuis quelques temps déjà, je suis informé que certaines personnes sollicitent du Gouvernement ma démission comme Protonotaire de la Cour Supérieure, Greffier de la Cour de Cireuit, et Greffier de la Couronne pour le District des Frots- Rivières.
Les démarches faites à ce sujet, depuis la formation de la nouvelle administration, sont trop publiques pour que je puisse même paraître les ignorer.
Des députations ont été envoyées auprès des ministres et le secours des amis influents du Gouvernement, recherché.
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Enfin, celui qui convoite ma position, pro-
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clame aujourd’hui, que déjà mon sort est scellé et la date de ma destitution, fixée.
Je ne puis. naturellement, M. le Procureur- Général, croire à des procédés aussi violents et aussi arbitraires.
Vous ne m'avez Jamais fourni loccasion de ne protéger contre ceux qui attaquent ainsi dans les secrets du cabinet, et Je compte trop sur votre lovanté et votre esprit de Justice pour supposer un seul instant, que vous auriez pris une telle détermination, sans m’accorder au moins le privilége d’être entendu.
Aussi je devrais attendre que vous m'ayiez communiqué officiellement ces plaintes avant d'y répondre. D'autant plus que vous m'avez déjà donné privément l'assurance que J'aurais toute la latitude nécessaire pour me justifier.
Toutefois, M. le ministre, la position exceptionnelle ou je me trouve placé par suite de toutes ces, intrigues, m’oblige de vous offrir de suite: certaines explications.
Je suis impatient, en eftet. de me disculper aux veux du Gouvernement comme aux veux de tout le publie, du rôle si injusteque l’on me prête, et qui aurait surtout consisté à ravir chement à mon prédécesseur, sans cause ni compensation, sa position et son salaire, et à chasser arbitrairement son député, M. Panneton. | |
Je comprends cependunt, que ‘je ne puis,
pour me défendre, suivre mon concurrent sur Île terrain qu'il à choisi pour iwm'attaquer.
Il ne me serait pasconvenable, en effet, avec nes antécédents, d'aller disputer à mon rival des faveurs dans les bureaux ministériels. Ceux de mes amis dont J'ai su gagner l’estime et la confinnce dans les luttes politiques, n'y seraient pas mieux accueillis que mor.
La seule voie qui me soit ouverte est donc la voie officielle. Vous êtes, M. le Procureur- Général, le chef du Département auquel j'appartiens—je suis votre officier —c'est à ce titre que je nr'adresse à vous.
Je ne crois pas commettre une indiscrétion, en constatant ici, que dans le cours d’une entrevue, vous m'avez félicité sur ce que vous n'aviez jamais entendu formuler de plainte sur mon administration du bareau dont J'ai le contrôle.
Le seul argument que lon invoque pour obtenir votre destitution, m'avez-vous dit alors, c’est que votre nomination aurait été une injustice dans son principe à l'égard de votre prédécesseur. et que cette injustice devrait être réparée.
Avant de répondre à cette objection, permettez-moi M. le Procureur-Général, de vous rappeler les circonstances sous lesqueiles j'ai été nommé, et ce qui s’est passé depuis cette nomination.
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