IA
No. 9- Décret du peuple d'Athènes en faveur d'Osacharas, Macédonien, rendu sous Tarchontat de Nicodore, l'an 314 avant TE. C.
Le Dr. Chandler, qui a publié cette
inscription, P. II. No. XL pense que l'Agathon, père d'Osacharas, qui y est nommé, étoit le frère de Cassander.
L'abbréviation OIN qu'on lit dans cette inscription doit s'expliquer pour OIH0EN, du Deme d'olot : Oea.
No. 10. Inscription votive d'Antisthene, prêtredePandion,etdelatribuPandionide.
Ce marbre a été publié par le Dr. Chandler, dans l'ouvrage cité, P. II. No. VIII.
No. 11. Inscription votive de Polyllus, fils de Polvllidès Péanien. Elle étoit placée au-dessous d'un buste de Polyllus, qui dans les deux dernières lignes, écrites en vers, est appelle Polystratus. Le nom de Polyllus n'étoit donc qu'un diminutif ou vTTOKopio-TiKov du nom Poli/stratus.
Voici les deux vers que j'ai supplées vers la fin :
Eixovz tW avfOwe TIo\v<rToa,TOç «UT8 'AOjiva Mwi/Ao<rumi/ Omit» crw/xaToç uHoivoitw.
No. 12. Colonne sépulcrale d'Anaxicrates Athénien.
No. 13. Inscription votive d'une femme consacrée au culte d'une déesse. Le nom de la femme et celui de la déesse manquent avec les premières lignes de Finscription qui contient des détails d'une grande érudition. Le Dr. Chandler a publié ce marbre, P. IL No. XXIX. On peut corriger sa copie d'après l'original dans plusieurs endroits.
Les premières lignes qui restent doivent être lues ainsi qu'il suit :
yttovia. nctt ro usTtofjc.cc, AITX1M . . (dans le
marbre) xai rag KiyxXtSaç, KINKAIAAE (dans le
marbre) à la ligne 9, il faut lire :
(rro'ktZpvroç :
à la 12, £a,KopevovToç.
No. 14. Inscription agonistique présentant les noms de dix-sept vainqueurs aux courses du stade, du double stade, à la longue course, à la lutte, au pugilat, au pancratium, et au pentathle.
Depuis plusieurs années, M. Fauvel m'avoit communiqué une copie de cette inscription, en m'assurant qu'il l'avoit trouvée au village de Parapongia, situé à moitié chemin de Platée à Thespies de la Béotie. M. Fauvel croit que ce village étoit Leuctres.
No. 15. Fragment d'une inscription sépulcrale en vers. Les premiers mots sont:
Le nom de la femme manque.
No. 16. Inscription choragique en dialecte Dorique :
'A\$vaç Nmuvoç, KxtpKroSoopoç ' AyXxotpoaèxo uvèpurvi
XopCcyiOl/TSÇ, UÏHOMTOU/TlÇ
Aiuvv<ru> xuiQsroiv,
'AÔanao d^ovTûç, ocuAiqutoç KXeti/nx.0,
txêoi/roç KpCCTUVOÇ.
" Alevas fils de Nicon, et Cephisodore fils d'Aglaophêdas, chorèges pour les chœurs des hommes, ont consacré (cette offrande) à Bacchus, sous l'archontat
d'Athenias. Clinias a joué de la flûte ; Craton a chanté."
No. 17- Epitaphe en vers, séparée en deux morceaux, dont l'un se trouve sous ce nombre ; l'autre est sous le No. 34.
Cette epitaphe a été publiée par Spon, Miscellanea, Sect. X.; par Fabretti, Inscriptiones, p. 322 ; par Brunck, Analecta ; Adespota, No. 721 ; et par Chandler, P. II. No. LXI. Aucun ne Fa donnée exactement. En voici une copie fidèle :
'H 7T0TE HvêlOCOVOl fcoU/QûllÇ ITTl X.PXT0Ç 1§HPXIÇ * %10VIQIÇ Ti TrOiTniVGC 7TÛ0<nt)7r0lÇ, nOS TTCCOHXtÇ
non yXvKioa <Tro>j.ocroq ottx "hHPioi<r<Ta.v *}* jettra, •^étXKTi'j^ 7rop<pvpzoiç , ihi(pa.VTiViuv Si oSovtuv' ■rrccvroiriV à,pttw iriPix.a.'hXti <tù)[^xti^ 6«<ra* nv tiv.iv RvTV^iêvi Sôfi/a^co KiXixiot. 2£aojt/,a.,j|
ilxOfWriVTOCiTnç TpVCplPX TY$ IV p^ôoi/l XciTKl.^L
* E0IPAIS, sur le marbre.
f AIPIOE2SAN
l XIAE21.
§ Les 7 dernières lettres manquent.
|| Les 2 dernières lettres manquent.
*U Les 5 dernières lettres manquent.
^Kp^puç <T ' Apktto^x^oio Trarpoç x«» f*r\TPOç Epii/v*]? *
Le poëte a pris dans cette épigramme de grandes libertés.
Au Ire. vers kuSiouo-o. est de trois syllabes : il faut, par une synalèphe, faire de hou une seule syllabe.
Le 2e. est un pentamètre.
Au 7e. xiXiKia. a les deux premières syllabes longues.
Le premier pied du 9me. vers est un ditrochœus. Brunck a changé le nom d'Herméros, et fait de ce vers un heptamètre.
En fin, le dernier vers est un pentamètre.
No. 18. Monument votif consacré à Mercure et à Hercule. Le bas-relief qui représentoit les deux divinités est presqu'entièremenl détruit : les deux vers qui sont gravés au bas, sont mutilés, ainsi qu'il suit :
* Les 10 dernières lettres manquent.
- - (Atrx rnç vutnç 'Qçxpw ^ - - -
- - a,TTa,$ocç 'Etf/Afj» 6>îX£ xa» H^ - - -
Horarius est un nom propre.
No. 19. Stèle sépulcrale d'Hierocléa, fille de Lucius : le bas-relief a été emporté.
No. 20. Colonne sépulcrale de Callis, fille de Straton.
No. 21. Colonne sépulcrale de Callimaque d'Aexone.
No. 22. Fragment d'un décret d'une ville dont le nom ne se trouve pas dans ce qui reste de l'inscription. Il est cependant probable que ce monument appartenoit aux Athéniens : il est remarquable par les caractères anciens qu'il présente, et il paroit avoir rapport à un traité avec d'autres peuples.
No. 23. Grande table de marbre contenant le catalogue des guerriers Athéniens morts l'an 424 avant J. C. sous Delium en Béotie, et ailleurs, pendant la huitième année de la guerre du Péloponnèse. Ce monument paléographique fait suite aux
célèbres inscriptions de Nointel, publiées plusieurs fois, et par Maflfei, Muséum Veronense, p. ccccvi.
Je me propose de donner un mémoire particulier sur cette inscription, où j'établerai l'époque que je viens d'indiquer.
No. 24. Epigramme sépulcrale d'un jeune homme nommé Plutarque, mort en Italie. En voici la copie :
T1\stxw}! roês <rv\px. caoïppovoç ôç 7roÀU|Uop^ôâ{
xvàsoç ifÂêiouv hàuQîi/ Avrovinv.
'EvOa 7roi/ojen ttovuç xui/xirpsi -ntÂoôe TrxTov\ii
fAtsvoyivriç ttîo loov xa» 7raT£fl£<r<n ipiXoç. 'AXA' tov an tri\£<r<rs 7rovov, pa.\a, ttid [mviouvuh'
TTOOtT^l yXP OC&TOOyg [AOlOtX. W)(IV QocvotTX,
No. 25. Fragment d'un décret en faveur d'un particulier, et de sa famille.
No. 26. Fragment d'un décret du peuple de Tenos, en faveur d'un particulier.
No. 27. Fragment de la stèle d'Euphrosynus.
No. 28. Fragment de la stèle ou pierre sépulcrale de Musonia.
No. 29. Fragment de lepitaphe en vers d'une femme nommée Briseïs.
No. 30. Fragment d'une inscription qui semble contenir une adresse à l'Empereur Adrien.
No. 31. Fragment d'un décret du peuple d'Athènes, fait sous la prytanie de la tribu Pandionide.
No. 32. Inscription précieuse, gravée sur les deux faces d'une grosse table de marbre, brisée en deux morceaux qui se rattachent l'un à l'autre.
On y lit d'un côté le décret du conseil général des Béotiens, (KOINON BOinTXlN) qui ordonne que l'on élise trois magistrats extraordinaires qui, de concert avec les magistrats ordinaires des Béotiens, seroient chargés de la refonte de plusieurs objets d'or et d'argent, appartenant au temple d'Amphiaraiïs, et dégradés par la vétusté ; ainsi qu'à celle de plusieurs pièces de monnoie, consacrées dans le même temple : Le tout pour en former de la vaisselle
neuve, et pour restaurer l'ancienne. On détermine la manière de procéder légalement à l'exécution de ce décret, et l'on y enjoint que tous les objets dont la refonte est ordonnée soient pesés, décrits, et registres sur une table de marbre avec les noms et les patries des donateurs. En effet, le derrière de cette même table présente le catalogue de ce qui a été refondu, avec tous les détails prescrits dans le décret des Béotiens.
Il y a plusieurs années que Mr. Fauvel, vice-consul de France à Athènes, avoit copié cette inscription dans le village de Càluno, qui est à trois lieues d'Oropus, et â la même distance de Marathon. Je possède cette copie, qui avoit été prise lorsque le marbre étoit moins dégradé.
Ainsi, quoique peu correcte, elle m'a servi pour suppléer dans la mienne quelques mots importans. Je me propose de donner à part ce monument, qui appartient à Tépoque des successeurs d'Alexandre, et
qui ne sauroit être postérieur à Tan 171 avant l'E. C, époque où le conseil général des Béotiens fut dissout par les Romains. V. Tite Live, L. xlii. c. 44.
No. 33. Inscription du Gymnasiarque Gorgias.
No. 34. Le marbre coté sous ce Numéro fait partie de l'inscription indiquée cidessus au No. 17-
No. 35. Fragment précieux d'une inscription Athénienne, contenant l'état des dépenses que les trésoriers de la déesse avoient faites, d'après les décrets du peuple, pendant une année qui n'est point indiquée par le nom de l'Archonte, ce nom ayant disparu par la mutilation du marbre ; mais cette année est probablement la 8me. de la guerre du Péloponnèse (424 avant J. C.) Le Dr. Chandler a publié cette inscription (P. IL No. IL); mais il n'y a presque rien compris. Le marbre offre des variantes très importantes. Ce monument est précisément dans la même cathégorie que
celai que Fabbé Barthélémy a publié dans une dissertation particulière, et auquel il a donné le nom de Marbre De Choiseul. Je me propose de faire quelques remarques sur ce fragment, où j'éclaircirai aussi quelques phrases du Marbre de Choiseul.
Les caractères de cette inscription sont les anciens caractères usités à Athènes avant l'archontat d'Euclide, et semblables à ceux des inscriptions cotées No. 22 et 23.
No. 36. Grand fragment inédit de l'inventaire des objets d'or et d'argent qui se trouvoient dans le trésor de la déesse, et que les questeurs des richesses de son temple, TAMIAI TX1N IEPX1N XPHMATnN, reconnoissent leur avoir été remis par leurs prédécesseurs. Les objets sont dénombrés, et la plupart pesés ; mais quelques uns ont été livrés, AITA0MOI, sans en marquer le poids.
Cette inscription est écrite en caractère ancien ainsi que la précédente, et couvre l'un et l'autre côté du marbre. D'un côté
il en reste quarante lignes, et plus de cinquante de l'autre.
La première ligne présente d'un côté la phrase suivante :
'Ex. TIxvocQyivcciuv tç UxvccQywxhi,
phrase qui marque l'époque de Tannée où cette remise solernnelle avoit lieu.
No. 37- Autre fragment inédit du même genre, écrit en caractère ancien, sur les deux faces de la même table de marbre. Chaque face présente plus de quarante lignes d'écriture. La phrase hîoo-m tov Xvyov forme la première ligne de Tune des faces ; et l'autre commence par les chiffres HHHHAA (420).
No. 38. Autre fragment inédit du même genre, écrit, comme les précédens, en caractère ancien.
No. 39- Fragment précieux, écrit en caractère ancien. Il appartient à un traité qui eut lieu entre les Athéniens et les habitans de Rhegium, ville des Bruttiens, sous Tarchontat d'Apseudès, qui répond à
l'an 433 avant J. C. Thucydide, L. ni. § 86, nous apprend qu'à la suite de ce traite, les Athéniens envoyèrent, quelques années après, une flotte à Rhegium, sous le prétexte de défendre cette place contre les tentatives des Syracusains. Ainsi ce marbre éclaircit et confirme la narration de Thistorien.
No. 40. Fragment de colonne, sur lequel on lit une inscription, partie en vers partie en prose. Il résulte de ce qui en reste, que la colonne supportoit la statue d'un Athénien nommé Pison, qui étoit de l'ordre équestre et avoit été archonte éponyme à Athènes. Cette petite statue étoit consacrée à Esculape, et Pison étoit représenté un flambeau à la main, comme quelques autres figures votives.
Ce monument est du tems des empereurs romains.
No. 41. Inscription sépulcrale fort ancienne, remarquable par plusieurs formes paléographiques ou singulières. Le
mot YIOS (fils) est ici écrit deux fois sans
la subjonctive de la diphtongue, TO£,
orthographe dont les exemples sont fort
îares.
No. 42, et 43. Table de marbre, écrite
sur les deux faces. On y lit l'inventaire des objets précieux qui étoient conservés dans TOpisthodome du Parthénon d'Athènes. L'orthographe de l'inscription est postérieure à l'archontat d'Euclide, c'est à dire à l'an 403 avant J. C. époque où l'orthographe actuelle fut adoptée par les Athéniens. En effet l'inscription même fait mention d'un don de Lysandre fait à Minerve, sans doute à l'occasion de la prise d'Athènes, où ce général entra l'an 404 avant l'E. C. Cette partie de l'inscription fixe d'une manière certaine le nom du père de Lysandre qui étoit Aristocritus, ainsi que Pausanias le nomme, et non Aristocleitus, comme nous le lisons dans Plutarque, et ailleurs.
Le Dr. Chandler a publié le premier
ces deux inscriptions (P. II. No. IV. 1. el IV. 2.), mais en les copiant il a sauté quelques lignes. Cependant le marbre, au tems de Cliandler, étoit moins dégradé, et moins mutilé qu'il ne l'est maintenant sur les deux extrémités latérales, de manière que l'imprimé du Docteur peut servir à suppléer en quelques parties le texte des inscriptions ; et en revanche le marbre original rectifie l'imprimé en plusieurs endroits.
Malgré la nouvelle orthographe introduite sous l'archontat d'Euclide, l'O simple est encore employé ici pour la diphtongue OT. Il n'est pas de même de l'E pour la diphtongue El, malgré l'observation contraire du Dr. Chandler.
No. 44. Inscription en dialecte Eolique Béotien. Elle est singulière. On y découvre des formes, soit grammaticales, soit paléographiques, ignorées de tous ceux qui ont écrit sur les dialectes de la langue grecque, et sur la paléographie. On y
trouve des mots qu'on ne connoissoit pasv ainsi que des noms de mois et de magistratures qui paroissent pour la première fois.
Le sujet de l'inscription, dont il reste jusqu'à 55 lignes, est. un traité entre les villes d'Orchomenos de la Béotie et d'Elatée de la Phocide, relatif aux redevances des Orchoméniens envers les citoyens d'Elatée. Ces redevances tiroient leur origine de la permission accordée aux Orchoméniens de faire paître leurs troupeaux dans les pâturages des Elatéens.
L'inscription qui a été tracée à Orchomenos, constate le payement des sommes convenues, et la prolongation du traité de pâturage, EïlINOMIAE, durant l'espace de quatre années.
L'inscription doit appartenir à une époque très peu antérieure à l'an 370 avant J. C, année où les Thébains assujettirent les Orchoméniens.
Meletius a rapporté, dans s&Géogî'aphie,
une copie de cette inscription, copie qui fourmille de fautes, et qui est remplie de lacunes. Telle qu il Fa donnée, elle auroit toujours été inexplicable: le marbre original peut seul constater la leçon, et en faire connoître le sens. (v. Meletii Geographia, sect. xnx, c. 9, p. 342 de l'édition de Venise 1728 in folio.)
J'ai une copie exacte de Finscription dont il s'agit ; et je me propose de Faccompagner d'une autre copie où les mots seront séparés l'un de l'autre, suivant ma manière de la lire et de l'entendre. Enfin j'y ajouterai une version en langue grecque commune.
Le marbre contient du côté gauche un fragment d'une autre inscription ; mais comme on l'a scié pour en employer une partie à quelqu'autreusage,on n'y découvre que la fin de quelques mots, qui semblent tous être des noms propres, soit des Orchoméniens possesseurs du bétail, soit des Elatéens propriétaires des pâturages.
No. 45. Fragment d'une inscription gravée avant l'archontat d'Euclide, comme on peut s'en convaincre par la forme des caractères, et contenant un inventaire des richesses et objets précieux qui se trouvoient dans TOpisthodome du Parthénon.
Nous avons indiqué dans ce catalogue plusieurs autres inscriptions du même genre et de la même orthographe. J. Stuart a fait graver celle-ci dans le cul-de-lampe du licr chapitre du 11e. volume des Antiquités d'Athènes. Le marbre offre un plus grand nombre de lignes que la planche de Stuart, mais en revanche le marbre est plus dégradé qu'il ne l'étoit au tems de ce voyageur. Cette dégradation est une nouvelle preuve de la destruction dont étoient menacés tous ces monumens, s'ils étoient restés à Athènes encore quelques années.
No. 46. Fragment d'une inscription du même genre, en caractères antérieurs â l'archontat d'Euclide. Il est plus dégradé
que le précédent ; il en reste quarante cinq lignes.
No. 47- Fragment d'un décret. Les premiers mots qui restent sont :
TnETerNoi eitxîsan.
No. 48. Fragment d'un psephisme ou décret dont il ne reste que la fin. Il semble appartenir à la ville de Corinthe ; car il est ordonné, que ce marbre sera placé dans le temple de Neptune et d'Amphitrite (V. Pausanias, L. 11. ch. 1).
No. 49- Fragment d'un décret. On y lit à la pénultième ligne, le nom d'Hierapytna, ville de la Crète. Il y est ordonné que ce décret sera muni du sceau public.
No. 50. Grand fragment d'un inventaire d'objets précieux, consacrés dans quelque temple. Si ce temple étoit, comme on a lieu de le supposer, le Parthénon d'Athènes, la différence dans la forme et dans la dimension des caractères, qui dans ce marbre sont plus petits et plus éloignés des formes paléographiques que sur les
autres marbres du même genre, prouveroit que l'inscription dont il s'agit appartient à une époque postérieure à celle des monumens que nous venons d'indiquer. Les caractères cependant sont beaux et nettement tracés, et l'inscription contient des détails d'archéologie fort intéressans.
No. 51. Fragment d'un décret fait par une société consacrée à l'honneur de Bacchus et de l'Empereur Antonin Pie, et composée de personnes de tous les pays. Cette société y prend aussi les titres de société scenique et peripolitique. Cette dernière épithète semble indiquer une troupe ambulante, prête à se transporter de ville en ville.
No. 52. Stèle sépulcrale ornée dans le haut d'un fleuron. On y lit les noms de deux époux, Hippocrate et Baucis.
No. 53. Inscription sigéenne, monument paléographique le plus célèbre qui existe. C'est un prisme quadrangulaire de marbre, ayant plus de huit pieds et demi
anglais de hauteur, sur un pied et demi de base. Cette inscription est écrite boustropliêdon, c'est à dire qu'une ligne se lit de la gauche à la droite, l'autre de la droite à la gauche, de la même manière qu'un laboureur trace ses sillons. Elle est répétée deux fois sur la même face, et à différentes hauteurs. Celle qui est écrite en bas est la plus ancienne, puisqu'il n'y a pas deux formes différentes pour Te et l'H ; ni pour l'o et l'xi ; différences qu'on trouve dans l'inscription gravée au haut du prisme. De plus, la première semble écrite du vivant de Phanodicus; la seconde, c'est à dire celle d'en haut, après sa mort. Je crois qu'on a gravé celle-ci au haut du prisme parcequ'on a voulu en diminuer la hauteur ; et on a en même tems enfoncé la partie inférieure dans le pavé, de manière que l'inscription de Phanodicus n'étoit plus visible, ce qui a déterminé à la répéter vers le haut du pilier, avec quelques légères différences, qui avoient
rapport à la différence des circonstances et des tems.
Chishull a le premier publié cette inscription dans ses Antiquitates Asiaticœ : le Dr. Chandler Ta donnée plus correctement, à la tête de son ouvrage intitulé Inscriptiones in Asia minoré et Gracia.
No. 54. Inscription sépulcrale gravée sur un entablement. Les deux premières lignes sont en prose, et sont suivies d'une épitaphe en seize vers élégiaques.
Le mort est Publius Aelius Phaedrus, fils de Pistotelès de Sunium. Son père étoit revêtu de la dignité d'Eihégète, et d'autres distinctions honorables : le père de Cecropia sa mère étoit Athénion de Phalère, Périhégèie à vie. Voici l'épigrame :
Kf>cpo7na* piv ipoi <ra.o<ppuv 7rsXet, co fcvs, priTyp,
Svvov rriç 7ra,T(>i(X.ç avo^' IVSyxotfAlVll. 'Ex Si 7rocTpoç yivofjurw lAtyxxvSsoç lv TLixpoTri<r<ri
* Ici la césure allonge Ta, ou il faut lire Kexpo7r»j.
QsioÇiXx ,* Trpoyovoiç xxi yzvH îwrxTpiSov. IIocç T8T&:i> )t<x.i Trpiv fxiv ocvriçTrxtriv xycioç aura,
Tî^tvoj/ 7ry.pQivix.r\v a'fôoç AQwxiêx .
AfxÇi et usv KXi J'îijU.oç xirxç îêxx.pv<rtv AQwr\ç,
Eivsxtv v\Kmixç TV\$£ (TKQIpeO&VliriÇ,
Kat xxXXivç fxtXswv xvSpr,u:, u<nt [axXkttx
Ylxièax 7ti]/vty) xxi 1,o<piYi [*e\o[*nv. Aaxjiua Scv yvyjt ytv?rr\q ly-og omtpoç oXsircrxç
TLvÇpoitvvw (3»ot8 xou yjpx yYipox.o[Aov. Mtrçov juoi %ur)Ç £t*i hxoviv, xvopx <&xidpog'
Xripxç Aivytnxç Xîktd' xXoyji Xittojjiyiv. Kopnv iriu Tixopw yiçxçoi hojxss^i roxr\£çt
Bmtiv oLyti ro<rriç, JW|U.o£ot, xyXxïfiç.
No. 55. Colonne sépulcrale de Biottus de Diradium.
No. 56. Colonne sépulcrale de Mysta Milésienne, femme de Rhaton de Thria.
Le nom de cette bourgade Attique est gravé sur le marbre d'une manière équivoque. Au lieu de 0PIAIIOY, les caractères semblent présenter 0HAIIOT.
No. 51. Colonne sépulcrale de Thrason,
* Le marbre a 0EO<Ï>IAOT.
fils de Thrasyphonte, de la bourgade de Cicinna. Ce marbre est remarquable par sa grande dimension, et par celle des caractères gravés.
No. 58. Stèle d'Asclépiodore Olynthien, et de son fils.
No. 59- Colonne sépulcrale d'Aristide, fils de Lysimaque Estiéen. Ce monument n'appartient pas au célèbre Aristide fils de Lysimaque et surnommé le Juste. Aristide le Juste étoit, non de la bourgade d'Estiaea, mais de celle d'Alopèce. (Plutarque, vita Aristidis, § 1.) En outre, les caractères sont d'une époque moins ancienne.
Cependant le nom de la bourgade d'Estiaea est remarquable, parce qu'on le rencontre très rarement. Ce monument en fixe l'orthographe. D'autres l'ont appelée Istiaea.
No. 60. Onze inscriptions votives consacrées à Jupiter Hypsistos, ou le très haut, qui avoit un temple à Thebes (Pausanias,
L. ix. c. 8). Ces marbres sont tous de petite dimension, et portent des bas-reliefs qui représentent les différentes parties du corps dont les guerisons ont donné lieu à Térection de ces monumens votifs.
Ainsi celle de ClaudiaPrépousa présente deux bras.
Celle d'Evhodus, un œil:
Une autre, où le nom de la personne est presqu'entièrement effacé, une main :
Celle de Paedéros, une oreille :
Celle de Philématium, deux veux :
Celle d'Onésimê, une mamelle :
Le même bas-relief est sur celle d'Isias et sur une autre d'Eutychis.
Celle d'Olympius présente la partie sexuelle d'une femme.
Celle de Tertia, la partie inférieure d'un visage.
Celle de Syntrophus n'a aucun bas-relief.
Au contraire, un douzième marbre représente un pied, et il n'a pas d'inscription.
No. 61. Fragment d'une inscription en
caractères anciens, contenant un traité entre les Athéniens et quelqu'autre peuple. Le Dr. Chandler a publié cette inscription, P. II. No. XXVI.
No. 62. Colonne sépulcrale deBotrichus d'Héraclée.
No. 63. Fragment d'un acte public des Athéniens, qui semble relatif à quelques localités des environs d'Athènes, sous le rapport de la restauration des chemins. Ce fragment, en vingt et une lignes, contient des particularités fort intéressantes pour l'érudition, et quelques mots nouveaux.
No. 64. Epigramme sépulcrale en douze vers élégiaques. Ce marbre, trouvé dans le Céramique extérieur, avoit appartenu au tombeau des guerriers morts à l'attaque de Potidée, l'an 432 avant l'E. C.
J'ai lu à la classe d'histoire et de littérature ancienne de l'Institut de France, au mois de Septembre dernier, un Mémoire* dans lequel j'ai tâché de restituer les huit
* Voyez .p. ] 68, post.
derniers vers de cette épigramme, monument contemporain qui confirme la vérité de la narration de Thucydide.
Parmi les vases cenéraires, remarquables par leurs formes, par les sculptures dont ils sont ornés, et leurs inscriptions ; et parmi les stèles sépulcrales ornés d'inscriptions et de bas-reliefs, monumens dont il existe un grand nombre dans la Collection de Mylord Elgin, il y en a deux dont la mention ne doit pas être négligée dans ce Catalogue.
Sur une stèle est représenté un jeune homme à cheval, suivi de son palefrenier à pied. Au-dessus des figures on lit l'inscription suivante, composée de trois vers dont le second est un pentamètre, les deux autres sont des hexamètres :
YloXXa. [A& yXiXKZç ô[ji.ori\Moç v\èta 7txktxç, 'Ex. yxixg fi\a,<TTUv yxix irx'hw yiyovx'
El[Xl <T ' AçHTTOXXyiÇ UçiOXlîVÇ, TTXtÇ Si MiMVOÇ,
Le mort étoit donc le jeune Aristoclès, fils de Menon, et né au Pirée.
Le Dr. Chandler avoit publié cette inscription, P. II. page 69, No. LXXVIIL et l'éditeur du 3me. volume des Antiquités d'Athènes par Stuart, a fait graver dans une vignette le monument entier (page 56); mais la copie de l'inscription manque d'exactitude.
Le bas-relief d'une autre stèle est plus remarquable. Il représente deux femmes. L'une plus grande, dans le costume de la déesse Isis, est revêtue d'une Calasiris nouée sur la poitrine. Elle a une sistre dans sa main droite, un petit seau (situla) dans la gauche. L'autre femme est coiffée suivant la mode du règne des Antonins.
L'inscription, gravée au-dessus de la
seconde figure, lui donne le nom d'Aphrodisias de Salamine, femme d'Olympius.
L'autre qui repond à la figure d'Isis, est tracée en caractères, qui par leur forme ressemblent à ceux de Taphabet Egyptien ou Cophte, et les mots qu'ils expriment paroissent appartenir à la même langue.