‹ Lettre encyclique de Sa Sainteté Benoît XV sur la prédication de la parole du Dieu [microforme]Chapitre 5 sur 7 · TE · texte numérisé non relu

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15. Selon le résultat de ce double examen, l'Ordinaire pourra déclarer le sujet idoine ou d'une façon générale ou pour un seul genre de prédication, pour un temps, à l'essai et sous certaines conditions, ou absolument, en lui donnant une feuille de pouvoirs de prédication, comme on en donne une pour les confessions ; ou lui refuser simple:1ent la faculté de prêcher.

16. Toutefois il n'est point défendu aux Ordinaires dans des cas particuliers, et par exception, d'admettre quelqu'un à prêcher sans qu'il ait subi l'examen susdit, pourvu que son idonéité soit constatée d'autre façon et avec certitude.

17. Il leur est absolument défendu d'accorder des diplômes de prédication, comme on dit, à ceux qui ne sont point leurs sujets propres, ou, même à leurs propres sujets, à titre d'honneur et comme marque d'estime.

18. Pour les réguliers et religieux exempts, leurs Ordinaires conservent la faculté de députer leurs sujets pour prêcher dans l'intérieur de la maison religiense ou du monastère, si suivant les règles et constitutions de l'Ordre, ils sont reconnus dignes et idoines, toujours en se conformant aux prescriptions du Code, canon 1338 : — mais s'ils veulent destiner quelqu'un des leurs à donner des prédications dans les églises publiques, sans exclusion des églises propres de leur Ordre, ils sont tenus de l’adresser à l'Ordinaire diocésain du lieu pour subir l'examen suivant les dispositions des articles 13, 14 et 15 ci-dessus.

CHAPITRE II CE QU’IL FAUT OBSERVER OU ÉVITER DANS LA PRÉDICATION SACRÉE

19. Les choses saintes doivent être traitées saintement. Que personne donc n’entreprenne de prédication sans s'être préparé d'une manière digne et prochaine par l'étude et la prière.

20. Que les sujets de sermons soient essentiellement des sujets sacrés (Cod. can. 1347). Si l’orateur veut traiter des sujets qui ne sont pas strictement sacrés, bien que convenables à la maison de Dieu, il devra en demander et en obtenir la faculté de l’Ordinaire du lieu : et l'Ordinaire n’accordera jamais cette faculté

qu'après mûre considération et seulement après en avoir reconnu lu nécessité, Quant aux affaires politiques, qu'il soit interdit à tous les prédicateurs complètement et absolument d'en parler dans les églises.

21. Qu'il ne soit permis à personne de prononcer des éloges funèbres sinon du consentement préalable et explicite de l'Ordinaire : celui-ci, avant de donner son consentement, pourra exiger que le manuserit lui soit communiqué.

22, Que le prédicateur ait toujours devant les veux et mette en pratique ce que saint Jérôme recommandait à Népotien : Lis souvent les Saintes Ecritures : bien plus, que cette lecture ne quitte pas tes mains. —— Que la parole du prêtre soit pénétrée de la lecture des Ecritures. Mais à l'étude des Saintes Ecritures, il faut joindre l'étude des Pères et Docteurs de l'Église,

23. Les citations et témoignages des écrivains où auteurs profanes ne doivent être employés qu'avec la plus grande réserve. surtout ceux des hérétiques, apostats et infidèles : que jamais on ne mette en avant des autorités de personnes encore vivantes. La foi et l'honnêteté chrétienne des mœurs n'ont pas besoin de pareils défnseurs.

24. Que l'orateur ne recherche pas les applaudissements de l'auditoire, mais uniquement le salut des âmes et. l'approbation de Dieu et de l'Église. Docente te in ecclesia non clamor populi sed gemitus suscitetur. Lacrymaæ auditorum laudes tua sint( Hieron., ad Népotian).

25. L'usage introduit en certains endroits, d'employer Îles journaux ou des imprimés, soit avant la prédication pour attirer les auditeurs soit après la prédication pour exalter le mérite de l'orateur, doit être complètement réprouvé et condamné, sous quelque prétexte de bien que cela se fasse. Les Ordinuires auront soin, autant qu'ils le pourront, d'empêcher cet usage.

26. Quant à l'action du prédicateur, aucune prescription ne vaudra les conseils de saint Jérôme à Népotien : Nolo te declam:atorem et rabulam garrulumque sine ratione, sed mysteriorum peritum et sacramentorum Dei eruditissimum. Verba voltere, et celeritate dicendi apud imperiltum rulgqus admirationem sui facere, indocto-

rum hominum est... Nihil tam facile quam rilem plebeculam et indoctam concionem linguæ rolubilitate decipere quæ quidquid non intelligit plus miratur.

27. Aussi le prédicateur, soit dans ses rai »nnements soit dans son langage, devra s'adapter à la capacité commune des auditeurs ; pour ce qui est de l'action et de la diction, qu'il observe cette modestie et cette gravité qui conviennent à l'ambassadeur du Christ,

28. De même qu'il se garde toujours et avec grand soin de faire de la prédication sacrée une affaire de lucre, en cherchant ses intérêts et non ceux de Jésus-Christ ; qu'il ne soit done point turpis Lucri cupidus, et ne se laisse pas prendre non plus à l'attrni de la vaine gloire.

Que jamais il n'oublie ce que, conformément à l'enseignen, : de l'Évangile et des Apôtres et aux exemples des Saints, ‘e même saint Jérôme écrivait à Népotien : Non confundant opera tua sermonem tuum : ne cum in ecclesia loqueris, tacitus quilibet respondeat : Cur ergo que dicis ipse non facis ? — Delicatus magister est qui, pleno ventre de jejuniis loquitur... Sacerdotis os, mens manusque concordent.

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