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[Lettre justificative d'Alphonse Villeneuve au Cardinal Franchi] [microforme]

Sa Grandeur Mgr. de Montréal me commumique une admonition trés-sévère, venue du St. Office, par l'entremise de Votre Eminence, en date du 16 avril, 1874.

D'après ce document, le St. Office a, dans les comices du 4 mars, 1874, examiné scrupuleusement et trouvé fort répréhensible une fraction de lettre (1) publiée dans le Franc-Parleur du 16 Janvier, 1874.

Comme la soumission entière à mes supérieurs est la règle inviolable de ma vie, j'ai, en recevant cette admonition, commandé à mou libraire de suspendre, jusqu’à nouvel ordre, la vente de la brochure contenant la lettre condamnée et de ne plus l’annoncer dans les journaux.

Cet acte d'obéissance accompli, je crois devoir exposer respectueusement à Votre Eminence certains renseignements que mon

dénonciateur, quelqu'il soit, n’a pas eu la justice, l'honnêteté et la franchise de porter à la connaissance du St. Office.

(1) Cette lettre, mise en brochure fait partie du dossier de ce mémoire Elle a été condamnée le 4 mars 1874, et n’a été complètement publiée en janada que le 13 Mars de la mème année, comme on pouria s’en convaincre en référant aux numéros du #ranc-F'arleur QUI aCCompagneront ce IHÉMOITE»

Mon accusateur devait faire connaitre à mes juges les cireons tances particulières qui m'ont amené à traiter le sujet de la C. médie Infernale.

En effet, je n’ai point pris la plume pour désobéir au St. Siévr en revenant sur des questions et des disputes qu’il nous a défendu d'aborder d’une façon irrespectueuse pour l'épiscopat et le clergé. :

J'ai pris la plume pour réfater un pamphiet plein d'impiété ei qui circulait ljbrement partout en Canada, excepté à Montréal où la lecture en était interdite par l'ordre de Mvr. lEvêque.

Ce pamphlet, intitulé : « La Grande Guerre Kcclésiastique (1) vomissait un torrent d'insultes et de blasphèmes contre le Papes, les conciles, les dogmes, les congrégations romaines, les encycliques, le syllabus, les bulles, les institutions catholiques.

Il ne trouvait de respectable et de raisonnable dans l'Eglise, que la côterie des évêques oppositionnistes du Concile du Vati. can et quelques évêques qui niaient au clergé le droit d’appliquer, en chaire, les principes généraux de la politique.

Mais pour arriver à parler ainsi de tant de questions religieuses diverses, l’auteur de l’infâme pamphlet traitait des débats religieux qui ont eu lieu ces dernières années en Canada. Après avoir reconnu l'existence, chez nous, de l’école libérale catholique et de l’école ultramontaine, l'écrivain impie, défigurant tout,

jusqu'aux faits les mieux établis, s’efforçait de couvrir de ridicule, de honte et d’ignominie les évêques, les prêtres et les laïques connus pour leur attachement inviolable et leur soumission entière à la chaire de St. Pierre. Et comme la Comédie Infernalr proclamait des doctrines toutes romaines, le pamphlétaire fesait de ee livre l’objet de tous ses mépris et de tous ses anathèmes.

Ayant entrepris, pour la plus grande gloire de Dieu, de réfuter « La Grande Guerre Ecclésiastique,»j'étais done forcé d'aborder la

(1) Des exemplaires de ce pamphlet accempagnent ce srémoire.

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ee que mon aceusateur aurait dû faire connaître au tribunal au-

question de nos luttes religieuses et celle de la Comédie,

près duquel il sollicitait la condamnation d’une fraction infinie de mes écrits. Sans cette injustice le St. Office n'eut pas été trompé lui-même sur la pensée qui a inspiré ma Veuvième Lettre à l'Honorable L. A. Dessaulles, auteur de « La Grande Guerre Ecclésiastique » et de plusieurs autres productions impies dont quelques-unes ont été mises à l'Index.

Mon accusateur devait encore à la justice de dire au St. Office, lo qu'en abordant les questions religieuses locales, je prenais le plus grand soin de ne rien dire de tant soit peu injurieux à l'adresse de NN, SS. les évêques :

béir aux ordres du St. Siéwe, j'évitais de me prononcer sur le

20 que, dans la crainte de déso

mérite des questions qui divisent nos évêques, me bornant à rétablir la vérité historique que le pamphlétaire maltraitait aussi tristement que possible ; 30 qu'afin que le publie ne se méprit pas sur mon intention de respecter la volonté du St. Siége, j'avais, à différentes reprises, formellement déclaré m'abstenir de traiter le mérite de certaines contestations, précisément parce que l’autorité des évêques s’y trouvait engagée. C’est ainsi que dans une de mes premières lettres, (1) et dansle Franc-Purleur du 18 novembre 1873, je disais à l'Honorable Dessaulles : «4e n'ecamine pas si vous avez raison au sujet de lu divergence d'opinions entre NN. SS. les Evêques de la Province. Encore moins de quel côté est lu vérité, si divergence il y «a. J'ai des raisons infintment respectables de ne pas aborder un tel sujet.» Ces raisons infiniment respectables, c'était, personne ne pouvait l’ignorer en Canada, la direction que le St. Siége avait récemment donnée à la presse religieuse du pays.

Certes, si tous ces faits étaient parvenus à la connaissance du St. Office, ce sacré et saint tribunal aurait vu autre chose dans ma « Neuvième Lettre » qu’une provocation et qu’une désobéis-

(1) Le dossier de ce mémoire contient les dix premières lettres qui forment le commencement de la réfutation que j’offre à l’honorable M. vessaulles. Il sera facile de juger de l’esprit qui m’anime par cette partie de mon travail, la seule qui ait pu ètre publiée jusqu’à ce jour.

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